page title icon La Publicité Digitale – Léo Goldfeder

Découvrir les métiers de la publicité digitale : conseils et retours d’expérience

Notes du podcast et liens utiles :

Notre invité : Léo Goldfeder –  Profil LinkedIn

Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn

Retrouvez la transcription intégrale de l’interview de Léo pour trouver toutes les informations concernant le métier de la publicité digitale.

Bertrand
Pour ce nouvel atelier du Gagne-Pain, nous avons le plaisir d’accueillir Léo Goldfeder. Bonjour Léo.

Léo
Salut Bertrand.

Bertrand
Merci beaucoup Léo d’avoir accepté notre invitation. Tu es expert sur la publicité digitale, notamment en programmatique. Tes formations s’adressent aux annonceurs, aux agences, aux régies ainsi qu’aux écoles. Tu interviens parfois comme responsable pédagogique chez Oreegami, particulièrement pour les promotions Publicis. Bref, tu es particulièrement bien placé pour répondre à nos questions, mais avant ça, voudrais-tu te présenter en quelques mots ?

Léo
Oui, je m’appelle Léo, j’ai la trentaine et mon métier, c’est d’apprendre des trucs pour les réapprendre à d’autres gens, et spécialement sur le sujet de la publicité en ligne, notamment pour former les gens qui affichent des pubs à nos écrans au quotidien.

Bertrand
D’accord. Et, dans ce contexte, tu es particulièrement attentif à aider les plus jeunes, c’est ce que j’avais compris dans la préparation de cette interview ?

Léo
Oui, je travaille avec des étudiants aussi en école. Je vois que c’est compliqué d’identifier le métier qu’on a envie de faire plus tard. Je vois qu’aussi, le marché de l’emploi, actuellement, en 2026, il est plus tendu qu’il y a quelques années. Donc, j’ai à cœur que les étudiants trouvent un métier et qu’ils les fassent kiffer parce qu’en vrai, s’ils aiment leur métier, ils vont forcément être bons. Moi, c’est mon cas, j’ai cette chance-là depuis 10 ans d’avoir trouvé un métier qui me plaît et donc avec plaisir pour aider les plus jeunes, évidemment.

Bertrand
On passera un peu de temps, justement, pour tes conseils. L’atelier du Gagne-Pain a pour objectif de proposer des conseils pour trouver un job et construire sa carrière dans le digital. Comme discuté pour préparer cet entretien, j’aimerais t’interroger sur le marché de la publicité digitale et notamment les opportunités d’offres d’emploi dans ce secteur. Si tu en es d’accord, on pourrait organiser notre entretien autour de quatre thèmes. C’est quoi le marché de la publicité digitale ? Quels sont les acteurs ? C’est souvent une question qui nous est posée par les plus jeunes. Quels sont les acteurs de ce marché et comment l’IA impacte-t-elle le marché de la publicité ? Et dernière partie où on passera du temps, comment aider les autres ? Comment leur donner les bons conseils pour les aider à trouver un job ? Si tu en es d’accord, on peut commencer par le début. C’est quoi le marché de la publicité digitale et qu’est-ce que ça représente aujourd’hui ?

Léo
D’abord, c’est environ 12 milliards d’euros investis par les marques en France en pub digitale. C’est donc un secteur qui est toujours en croissance. On est à environ un plus 10% d’année en année. Donc, par rapport au PIB français, c’est vraiment bien. C’est pour ça qu’on dit que c’est un secteur en croissance, qu’il y a plein de gens qui font des reconversions pour travailler dans ce secteur-là. Et on est environ à 50 000 travailleurs directs entre employés et travailleurs indépendants en France.

Bertrand
D’accord. Donc, c’est d’abord un marché important en volume et puis c’est un marché important en croissance, parce que effectivement, ce que tu dis, 10% de croissance dans une économie qui croît d’un petit pour cent chaque année, ça fait beaucoup de croissance, donc ça fait beaucoup d’emplois ?

Léo
Oui, travailler dans une entreprise qui est en croissance ou un secteur en croissance, c’est comme être un poisson dans le sens du courant, tout est beaucoup plus simple. Donc, c’est à prendre en considération dans ses choix de carrière.

Bertrand
Avoir le vent dans le dos, ça peut être utile pour construire sa carrière ?

Léo
Exactement.

Bertrand
Ok. Tu es aussi spécialiste de la publicité programmatique dans ce marché de la publicité. Qu’est-ce que ça veut dire la publicité programmatique ?

Léo
Programmatique, dans ce cas-là, ça veut dire les publicités qui sont affichées sur des sites et des applications qui ne sont pas un moteur de recherche de sites web, pas du search, qui ne sont pas des réseaux sociaux et qui ne sont pas des sites e-commerçants comme Amazon, par exemple. En fait, on pourra appeler ça tout le reste. Mais cette définition, elle varie selon les entreprises. Il y a beaucoup de quiproquos autour de ce mot. Programmatique, il a aussi une deuxième définition qui est moins utilisée. Pourtant, c’est celle qui est correcte en français. Programmatique, c’est un synonyme du mot automatisé. Et, donc, quand on parle de mode d’achat programmatique, c’est lorsqu’on peut acheter de la pub en quelques clics depuis un d’un ordinateur. Et dans ce cas-là, on peut le faire pour aller mettre des pubs Search, mettre de la pub sur les réseaux sociaux ou alors en retail média exactement.

Bertrand
C’est une méthode d’achat d’une certaine manière. On va utiliser tout un tas de techniques pour pouvoir afficher la publicité où on veut, mais automatiquement ?

Léo
Oui, c’est la deuxième définition que j’ai donnée, ça devrait être la définition correcte. Cependant, très souvent, le mot programmatique est utilisé dans une autre définition, la première que j’ai donnée juste avant. Il faut demander aux gens de clarifier lorsqu’ils utilisent le mot programmatique, parlent-ils d’où est la pub, le levier de communication, ou parlent-ils de comment on l’achète ? Moi, j’ai compris que dans ta question, tu demandais quel était le levier plutôt. En tout cas, on a un bon exemple ici de mettre des mots compliqués, avec le mot programmatique. Là, on pourrait mettre des mots simples et dire juste automatisé pour parler du mode d’achat. Le marketing digital, c’est ça. Et, j’espère que dans ce podcast, on va réussir à clarifier plein de ces termes-là, comme tu le fais habituellement dans tous tes épisodes.

Bertrand
Quand on parle de publicité programmatique, on parle aussi de gens qui doivent être plus experts pour pouvoir gérer ces publicités programmatiques ?

Léo
Oui, C’est un secteur qui évolue très vite, donc il y a constamment de nouvelles choses à apprendre. Concrètement, aujourd’hui, afficher une pub à un écran, c’est beaucoup plus analytique. On doit passer par plus d’analyses de chiffres que peut-être il y a 40 ou 50 ans lorsqu’on ne le faisait qu’à la télé. Ça, c’est un exemple d’évolution. Évidemment, ce n’est pas les mêmes profils, ce n’est pas les personnes qui ont forcément les mêmes goûts de ce qu’elles font de leur journée au travail. C’est l’une des évolutions que l’on a pu voir parmi les travailleurs du secteur.

Bertrand
Ok, c’est très clair. Si on passe à la deuxième partie, on avait évoqué la question des acteurs de la publicité. Et, je pense que c’est important de bien expliquer qui sont les acteurs. On l’a dit tout à l’heure, les agences, les annonceurs, les régies, les Ad tech, tout ça, c’est intéressant d’expliquer que c’est un écosystème. Et que l’on peut travailler dans la publicité digitale ou dans la publicité programmatique, mais dans plein de sociétés différentes, non ?

Léo
Oui, et quand on regarde le site d’une entreprise, on ne comprend jamais ce qu’elle fait exactement. Ce n’est jamais clair, c’est fou. C’est vrai. Déjà que c’est compliqué d’identifier le métier que l’on veut faire, en plus, c’est compliqué de comprendre ce qu’elle fait exactement. On va résumer ça très rapidement, même si c’est très bien fait dans l’épisode avec Yann Gabay Les métiers de la publicité digitale,

Bertrand
On mettra le lien vers cet épisode avec Yann Gabay, où l’on parlait déjà de ces sujets.

Léo
Les différentes entreprises, c’est d’abord les marques que l’on voit apparaître à notre écran qui font des pubs. Ces marques-là, lorsqu’elles achètent des espaces de publicité, on appelle ça des annonceurs. Dans ces équipes-là, très souvent, en tant que junior, on peut commencer à travailler comme chargé de communication ou chef de projet digital, on en reparlera. Ces entreprises-là, elles font appel à des agences pour effectuer leur campagne de communication. Il y a deux grandes familles d’agences, les agences de création, qui créent la stratégie de marque, le contenu des publicités. On peut imaginer les visuels, par exemple. Il y a les agences média, de l’autre côté, qui, elles, achètent les espaces de pub où elles vont coller ce contenu. Donc, elles achètent le contenant. Et, le propre des agences média, c’est de recommander où communiquer pour parler aux gens qui intéressent une marque. Les agences média, elles traitent avec les entreprises qui, elles, vendent des espaces de pub et que l’on appelle les régies publicitaires. On peut aussi appeler ça les éditeurs. En tout cas, il y a d’un côté, ceux qui achètent et de l’autre côté, ceux qui vendent.

Bertrand
On voit déjà que c’est assez complexe. Les annonceurs, les agences qui sont soit média, soit créatives, après les éditeurs, ça fait déjà beaucoup d’entreprises différentes pour travailler dans le marché de la publicité ?

Léo
Oui, exact. En plus de ça, on va rajouter les ad tech, des entreprises qui possèdent des logiciels qui ne sont pas juste des entreprises servicielles, mais un produit technique. Par exemple, ces logiciels permettent en quelques clics d’acheter des espaces de pub sur tout plein de sites web pour plein d’autres humains dans le monde. On appelle ça des plateformes d’achat média ou dans le jargon, on appelle ça les DSP pour Demande Side Platform. Voilà un exemple d’ad tech. Mais ça, ça concerne assez peu de travailleurs en France, parce que la majorité des logiciels avec lesquels on travaille sont plutôt américains. Donc, On a plutôt des entreprises servicielles en France, il faut le dire. Donc, surtout les quatre qu’on a énumérées au début.

Bertrand
D’accord. Et tout à l’heure, tu as dit que tu intervenais chez Publicis. Donc ça, c’est une des grandes agences de publicité françaises ?

Léo
Oui, c’est ça. C’est l’une des top 5 du marché en France. Et, c’est une entreprise française, mais qui représente beaucoup d’employés.

Bertrand
D’accord, si on passe à la troisième partie de notre entretien, il y a une question qui se pose maintenant régulièrement dans toutes nos interviews. Quel est l’impact de l’IA sur le marché de la publicité digitale ? Qu’est-ce que tu peux dire de l’impact actuel de l’IA sur ce marché ?

Léo
L’IA générative, elle nous aide pour trois tâches dans le métier d’afficher des pubs à l’écran des gens. La première tâche, c’est pour faire le plan média, c’est-à-dire c’est un peu le travail de l’architecte. On fait un plan théorique de à quoi va ressembler la campagne de communication et décider où on va mettre des pubs. Va-t-on en mettre sur TikTok ? sur Insta ? sur Google ? sur Le Monde ou sur Leboncoin, par exemple ? Ensuite, la deuxième tâche sur laquelle l’IA générative nous aide, c’est sur le fait de créer les campagnes de pub dans les plateformes d’achat média. Donc c’est vraiment traduire ce plan média sur la campagne réellement. Et enfin, la dernière tâche, ça va être d’analyser les données de la campagne pub pour ensuite l’optimiser optimiser au mieux. Aujourd’hui, sûrement, c’est cette troisième tâche qu’on perd le plus de temps, manuel, de réflexion d’humain. Et c’est là où je pense qu’il y a des prouesses à faire actuellement avec l’IA générative.

Bertrand
Donc, ça veut dire que L’IA générative, elle est présente déjà à toutes les étapes de la publicité digitale, au départ, pendant et après ?

Léo
Oui, exact. Puis là, je n’ai parlé que des tâches pour une agence média, ceux qui achètent les espaces de pub. En amont, on a la création du contenu. Et là, évidemment, l’IA générative fait gagner un temps énorme et permet de réduire les coûts éventuellement, si les marques le souhaitent, pour générer des audios, du texte, mais surtout des images et des vidéos.

Bertrand
Léo, tu as déjà parlé tout à l’heure des métiers ? Pourrais-tu préciser quels sont les principaux métiers de la publicité digitale ?

Léo
Oui, les principaux métiers, ça va être chargé de communication côté marque. Et dans ce cas-là, on peut dire du côté annonceur, si la marque achète des espaces de pub. Et on a ensuite tous les métiers en agence média. Là, on appelle ça plutôt acheteur média ou Media Trader, ou les personnes qui s’occupent du client qu’on appelle directrice ou directeur clientèle.

Bertrand
D’accord, donc tous ces métiers sont quand même relativement différents ?

Léo
Oui. Pour les préciser, chargé de communication côté marque, on s’occupe surtout du contenu organique de son entreprise, que ce soit pour de la communication externe ou interne.

Bertrand
Alors, contenu organique, ça veut dire le contenu que possède la marque ?

Léo
Exactement. C’est par exemple son site web, ses comptes sur les réseaux sociaux ou les listes d’e-mails à qui elle envoie justement une newsletter.

Bertrand
Donc là, on ne parle pas de publicité, on est déjà propriétaire de ce contenu ?

Léo
Oui. Les chargés de communication travaillent dessus principalement, mais aussi pour certains, on leur demande au travail de faire du Google Ads et du Meta Ads. Dans ce cas-là, ça veut dire acheter des espaces de pub à des régies publicitaires, donc des entreprises comme Google et Meta qui vendent des espaces de pub. Et, là, on parle d’un profil un peu mouton à cinq pattes, qui sait faire beaucoup de choses différentes. C’est aussi un profil qui est attendu dans les petites agences de communication qui font à la fois la partie créa et à la fois la partie média. Je dis petite lorsqu’elles n’ont pas les plus gros annonceurs, les marques qui investissent le plus d’argent en France. D’accord.

Bertrand
Après, il y a d’autres métiers qui sont plutôt cette fois en agence ?

Léo
Oui, exactement. Les métiers en agence, ça va être plus d’un côté les opérationnels, on peut dire, qui travaillent dans l’équipe expertise. Ça, c’est les gens, si on veut faire une métaphore, qui sont les maçons, qui posent des pierres pour construire un mur. En amont de leur travail, et surtout du côté des clients de l’agence, qui sont donc ces marques dont on a parlé juste avant, on a les directrices et directeurs clientèles. Eux travaillent dans l’équipe conseil. Je vais décrire rapidement ces deux métiers. Tout d’abord, pour revenir à l’équipe expertise, les acheteurs média, eux, c’est avec leurs mains sur le clavier d’ordi qu’ils construisent réellement et qu’ils gèrent au quotidien les campagnes de pub. Chaque jour, ils investissent des milliers d’euros pour acheter des espaces de pub sur beaucoup de sites web, plein d’applications différentes. Ils ont cette responsabilité importante. C’est vraiment le métier qui est au cœur du réacteur de comment ça marche techniquement. Ça, c’est un super métier à faire en début de carrière parce qu’on est vraiment là où il y a la connaissance la plus précieuse à acquérir. Et ensuite, on peut remonter avec une vision un peu plus globale et passer du côté équipe conseil.

Bertrand
Et, on peut aussi, quand on est dans cette expertise, travailler pour plusieurs marques et donc avoir une vision plus générale du marché. Travailler pour différentes marques, ça apporte aussi une expertise ?

Léo
C’est l’intérêt de travailler en agence, que ce soit en équipe expertise ou conseil, versus travailler directement chez une marque. Il y a vraiment des plus et des moins et J’ai toujours beaucoup de questions des étudiants : Est-ce que je devrais commencer côté marque directement, côté agence ? Les clichés sont plutôt vrais. Côté agence, on est moins bien payé. On travaille plus, c’est plus dur, on nous demande toujours de faire des choses pour la veille et on doit tout faire, pas parfaitement, mais tout faire un peu et que ça passe.

Bertrand
Il y a aussi une qualité de travail dans les agences qui est assez agréable, globalement. Des petites fêtes, des petits cadeaux, c’est ce que j’entends ?

Léo
Oui, dans ce cas, je dirais plutôt qualité des conditions de travail que de travail, parce que l’agence, malheureusement, ne peut pas faire de la top qualité partout. Mais, les conditions de travail, quand on est en début de carrière, on peut apprécier le fait d’avoir des soirées régulièrement. En effet, on passe de bons moments avec des gens de son âge globalement. C’est une prolongation de l’ambiance qu’on a en tant qu’étudiant en école. C’est cool. Et, on peut aussi ne pas en avoir envie et au bout d’un certain moment, on a envie d’utiliser son temps le soir pour faire autre chose. C’est un plus, mais ça dépend de l’envie des gens selon leur période de vie.

Bertrand
Léo, après l’équipe expertise, il y a aussi les équipes conseil ?

Léo
Exact. L’équipe expertise ont vraiment la tête dans le guidon, si on peut dire. Et, l’équipe conseil, c’est justement l’interface de l’agence avec leurs clients, c’est-à-dire les gens qui travaillent côté marque. Et côté conseil, on doit comprendre tous les leviers de communication, c’est-à-dire tous les endroits où on peut trouver de la publicité, que ce soit sur les réseaux sociaux, que ce soit dans le search, que ce soit à la télé, en presse. Vous voyez vraiment une vision globale de la communication, en tout cas de pub payante. Ça, c’est vraiment les métiers qui ensuite amènent à travailler côté marque, parce qu’on est toujours payé pour le travail de son client. Une fois qu’on l’a bien fait côté agence, c’est là, on peut prétendre au mieux aller ensuite le faire côté marque et ensuite gérer la relation qu’on a avec son agence.

Bertrand
Dans l’équipe conseil, il y a aussi a de la relation client, il faut aussi aimer ça. Il faut aimer discuter avec les gens, expliquer des choses, faire des rendez-vous, faire des présentations ?

Léo
Ça joue aussi, exactement. C’est un métier où on passe la majorité de sa journée à faire des réunions et on parle avec des gens qui ont des langages différents et parfois des intérêts différents. C’est de la chèferie de projet.

Bertrand
On n’a pas parlé des régies et des ad tech. Est-ce qu’il y a des métiers aussi là qui sont intéressants ? Est-ce qu’on retrouve des métiers assez proches de ce qu’on vient d’évoquer ?

Léo
Oui, ad tech, c’est assez peu de travailleurs en France, donc c’est pour ça que j’en parle assez rapidement. Toutefois, si vous avez l’occasion de travailler pour une ad tech, c’est super. Parce que vous apprenez à découvrir comment marche les logiciels que les autres utilisent. Vous acquérez une connaissance précieuse et vraiment qui peut vous servir tout le reste de votre vie. Moi, j’ai eu cette chance-là en travaillant chez Rakuten, qui à l’époque s’appelait Nexperf, qui est un concurrent direct de Criteo. Et, tout ce que j’ai appris là-bas sur comment ça marche, les systèmes d’enchères. C’est toujours ce qui me permet aujourd’hui d’être ultra-pertinent dans mes formations.

Bertrand
On n’est pas seulement la tête dans le guidon, on sait réparer le moteur ?

Léo
Exactement. Et ça fait une vraie différence. Si vous avez l’occasion dans votre carrière, il y a peu qui auront cette occasion-là, saisissez-la. Et Les derniers points, c’est les régies. Là, c’est quand même plus d’emplois que les ad techs en France. Et les régies, c’est les entreprises qui vendent des espaces de pub. La plupart des métiers là-bas sont plutôt à finalité commerciale. Donc si vous aimez faire des réunions avec des gens différents, vous déplacer, changer de bureau, avoir des enjeux commerciaux, ça, c’est un métier pour vous. Il y a des gens qui travaillent côté agence, qui se font plein de copains au travail et qui ensuite réutilisent ce réseau en allant vendre des espaces de pub à leurs anciens collègues en travaillant du côté OK, excellent.

Bertrand
Je crois que c’est très clair. On va passer à la quatrième partie qui est le cœur de notre entretien, c’est tes conseils. C’est quoi les conseils que tu aurais aujourd’hui pour accompagner les plus jeunes vers l’emploi et notamment vers l’emploi dans la publicité digitale ?

Léo
Mon conseil principal, c’est de trouver un métier qui nous fait passer des bonnes journées. Je pense que la plupart des gens qui travaillent en marketing digital, ils font un métier où ce n’est pas un métier passion. C’est-à-dire, on ne sort pas du collège-lancé en se disant: C’est ça que j’aime dans la vie, j’ai trop envie de devenir ce métier-là. Mais par contre, on peut trouver des choses très plaisantes dans ces métiers, dans le marketing digital. Par exemple, il y a 10 ans, ce que j’aimais bien, c’est lire des graphiques et comprendre comment fonctionne ce monde des humains à travers la lecture des chiffres, avec une approche rationnelle. Il y a plein d’autres façons de commencer à aimer son métier. On peut aimer lire, faire des synthèses, on peut aimer faire du travail de pédagogie, on peut aimer être chef de projet et parler à des gens très différents et harmoniser leur travail. Il peut y avoir plein de motivations ou alors des motivations externes. Moi, je crois beaucoup à ça. Par exemple, des gens qui veulent terminer à 18h00, avoir un bon salaire pour avoir le temps de faire leur passion le soir, par exemple, être DJ ou alors avoir un bon revenu pour sa famille, épargner n’importe quoi. Toutes les motivations annexes sont aussi potentiellement très bonnes. Mais le nerf de la guerre, je trouve, c’est de trouver un métier qui nous fait passer des bonnes journées.

Bertrand
Aimer son métier. Et on peut facilement aimer son métier dans le marché de la publicité ?

Léo
Oui, je pense que c’est possible pour plein de gens, notamment parce qu’on peut vraiment faire son nid et se mettre à la position où on aime travailler. D’ailleurs, les offres d’emploi que l’on peut lire, finalement, le métier va être très différent en fonction de qui l’exerce. C’est très modulable tout ça et je pense que c’est l’une des chances pour les travailleurs. Aussi, on peut changer son métier tous les un ou deux ans. Ça évolue très vite. Quand on commence à faire, par exemple, acheteur média dans le digital, on n’est pas en concurrence face à des des gens de 50, 60 ans comme si on était avocat ou médecin. Par conséquent, c’est plus facile de devenir le boss du game rapidement parce qu’il y a moins de concurrence et donc de voir son métier évoluer. Moi, par exemple, j’ai appris la programmatique parmi les premières générations Ça m’a appris ensuite à recruter, à former des gens. Aujourd’hui, c’est mon travail de former des groupes de gens toutes les journées. Et parler en public, je n’étais pas à l’aise du tout quand j’ai commencé à 10 ans à travailler. Et maintenant, je le suis devenu grâce au travail. Donc c’est l’occasion, je pense, ces métiers-là qui évoluent très vite, d’apprendre des choses toujours nouvelles, de rajouter des cordes à son arc, qui en plus sont utiles dans la vie perso en dehors du taf. Et ça, c’est hyper appréciable.

Bertrand
Ok. Donc c’est quand même quelque chose qui bouge. C’est aussi un des éléments importants de l’intérêt du métier. Ça change, ça bouge, c’est en permanence en évolution. On a parlé de l’IA tout à l’heure. Tout ça fait un cocktail assez agréable ?

Léo
Exactement, mais je tiens à préciser parce que dire que ça bouge pour que ça bouge, plein de gens disent ça. Mais je trouve que c’est assez creux parfois du moins. Ça mérite d’être clarifié. Moi, je dis c’est bien parce que ça bouge et ça permet d’accélérer son développement personnel, d’apprendre des choses nouvelles dans la vie. Pour le dire d’une manière plus poétique, ça permet de davantage découvrir ce monde en faisant des choses qu’on n’imaginait pas faire cinq ans en avant.

Bertrand
Ok. Dans les conseils très opérationnels qu’on peut donner aux jeunes, je sais que tu avais envie de réfléchir à ça et d’aider ceux qui nous écoutent. C’est quoi tes conseils opérationnels pour entrer dans ce marché ?

Léo
Aujourd’hui, en 2026, le marché de l’emploi, quand même, est moins florissant qu’il y a quelques années. Donc, quand le chemin classique d’envoyer son CV, d’une lettre de motivation ne marche pas, il faut trouver des chemins parallèles. Moi, je n’en connais pas beaucoup. C’est LinkedIn, contacter des gens qu’on ne connaît pas et rencontrer des gens dans la vraie vie. En fait, mon conseil clé, et c’est le conseil que vont donner quasiment tous les pros, c’est parler avec des gens.

Bertrand
Qu’y a-il d’autre d’important à faire pour travailler dans le marché de la publicité ?

Léo
J’ai quelques étapes à recommander, notamment aux étudiants. La première étape, c’est se poser la question de: qu’est-ce qu’on aime faire dans la vie ? Qu’est-ce qu’on n’aime pas faire ? Et Il faut réfléchir en termes de type de tâches. Il y a trois choses importantes au travail. On m’a dit une fois, c’est le salaire, les gens avec qui on bosse et ce qu’on fait, les missions de son travail. Le salaire et les gens, ça, je vous laisserai… Chacun se débrouille. Pour les types de tâches, la mission, moi, je pense que c’est hyper important de réfléchir à ça. Est-ce que ce que vous allez faire va vous faire passer une bonne journée ou pas ? Moi, par exemple, au début, j’aimais bien lire des graphiques. Je faisais plus de la moitié de mon temps de travail, ça m’allait bien. Aujourd’hui, je n’aimerais pas que ce soit autant. Donc c’est important de réfléchir en termes de répartition de son temps et des différentes tâches que l’on a dans la journée. Une fois que vous avez identifié ça, étape deux, identifier le métier qui correspond à ça. Et c’est là où moi, j’aide beaucoup les étudiants parce qu’eux, en général, ils ne connaissent pas les noms en entreprise pour appeler tel ou tel métier.

Léo
C’est tellement changeant que dès qu’on leur dit quelque chose, par exemple dans ce podcast, deux ans après, ce ne sera pas pareil. Donc identifier le métier, ce n’est pas simple. Et une fois qu’on a identifié le métier, il faut identifier aussi toutes les autres façons dont ce métier est appelé dans d’autres entreprises.

Bertrand
C’est clair que dans la publicité, dans le marketing digital, il y a une multitude de noms pour dire les mêmes choses ?

Léo
Exactement. Et troisième étape, une fois qu’on a fait ce métier, évidemment postuler, mais pas que, trouver des gens qui font ce métier-là et leur dire: J’aimerais bien faire ton métier. Est-ce qu’on ne pourrait pas travailler ensemble ? Ou déjà, est-ce que tu ne pourrais me parler de ton métier ? Et donc, concrètement, contacter des gens sur LinkedIn, envoyer des mails, aller à des événements de professionnels où vous pouvez rencontrer. Et il y a tellement peu de gens qui font ça sur la totalité des gens qui y prétendent, que quand vous le faites, vous faites la différence.

Bertrand
Pourrais-tu donner des conseils pratiques ? Tu dis aller à des événements, aller à des rencontres. Quels sont les endroits où on peut rencontrer les professionnels ?

Léo
Les endroits physiques, ça va être des événements organisés par la presse spécialisée. Je pense à Minted, qui organise des événements ou Open Garden, notamment, ou des événements d’assos inter-entreprises, ce qu’on appelle des lobbys comme Alliance Digitale ou le Syndicat des Régies Internet.

Bertrand
On mettra des liens comme ça, tout le monde pourra aller voir l’agenda organisé, proposé par ces différentes associations ou organisations. Léo, en conclusion de notre entretien, quels seraient tes derniers conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient travailler dans ce marché de la publicité digitale ?

Léo
J’en ai peut-être trois pour terminer. Le premier, c’est n’ayez crainte de contacter des gens. Vous allez faire du mal à personne si vous envoyez un message sur LinkedIn ou un email. Donc, faites-le. Et attendez-vous, dans la plupart des cas, à vous prendre des râteaux, on ne vous répondra pas. Donc, faites-le pour plein de gens, envoyez plein de messages. Deuxième conseil, c’est justement ce message. Soyez un maximum synthétique. Plus les gens sont occupés au travail, plus ils ont des responsabilités et plus il faut leur parler comme si c’était un enfant de 10 ans. Là, j’abuse, mais ce que je veux dire par là, c’est qu’il faut mettre des mots simples et être très synthétiques, aller droit au but. Par exemple, pour écrire à quelqu’un sur LinkedIn, je pense que c’est bien d’écrire: Bonjour Olivier, j’aimerais travailler dans votre équipe. Est-ce qu’on pourrait s’en parler au téléphone ? Et vous mettez votre numéro. Concrètement, va droit au but. Ne perdez pas de temps à mettre bien cordialement, bien à vous, mes sincères salutations. Tout ça, c’est du texte qu’on ne lira pas et qui fout la flemme. Donc, synthétique C’est hyper important. Troisième conseil, c’est identifier ce qu’on aime faire ou pas. C’est dur. La plupart des gens en réalité ne savent pas bien, surtout dans le secteur du marketing digital, puisqu’on n’est pas sur des métiers patients. Donc, si vous, vous arrivez en entretien et vous dites: Moi, j’aime bien faire ça la moitié de mon temps ou j’aime bien faire ça, parler avec des gens ou faire des synthèses. En fait, on va savoir si vous allez aimer le métier. Et peut-être que vous n’aimerez pas les collègues. Ça, on n’y peut rien, mais si on sait que vous allez aimer les tâches du métier, il y a quand même beaucoup de chances que vous passez des bonnes journées. Donc, quelqu’un qui arrive en entretien et qui dit: Moi, j’aime le digital parce que ça change tout le temps, les nouvelles technologies, les nouveaux machins, c’est peut-être vrai. Et on l’entend plein de fois. Et personnellement, la plupart du temps, je me dis: Je n’y crois pas, c’est bidon. La personne, elle va travailler pendant un an, puis après, elle va partir faire autre chose. Non, alors que si vous avez identifié ce que vous aimez vraiment, on est rassuré sur le fait de vous recruter, parce que nous, on sait à quoi ressemble le métier, on l’a fait et on sait que ce métier-là, il vous fera passer des bonnes journées.

Bertrand
Ok, ça me semble trois très bons conseils. Pour terminer, ceux qui ont aimé cet entretien et qui souhaiteraient continuer la conversation avec toi, comment ils peuvent faire ?

Léo
Ils peuvent m’envoyer un long message sur LinkedIn, que je ne lirai pas. Non, ils peuvent m’écrire sur LinkedIn et la plupart des messages, j’y réponds. Et le plus c’est court et le plus, j’y réponds, évidemment. Donc, voilà, avec plaisir pour rester en contact. De toute façon, les boss du game, c’est les plus jeunes qui marchent sur le travail d’aujourd’hui. C’est eux qui nous écoutent. Exactement, c’est eux qui poncent qui vont penser les sujets que nous, ensuite, plus expérimentés, on aura besoin de connaître aussi. Donc, en général, les plus déterminés, c’est eux qui font des carrières les plus intéressantes au travail. Donc, contactez-moi. Je vous mettrai dans la case dans ma tête des gens déterminés. Avec plaisir pour rester en contact. Vous aurez des choses à m’apprendre. Peut-être que moi, je pourrais vous aider aussi. Peut-être qu’on va pouvoir se teamer comme ça en équipe.

Bertrand
Léo, merci beaucoup. C’était parfaitement clair. À très bientôt.

Léo
Merci Bertrand.

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