Tout savoir sur le métier de Consultant SEA : missions, salaire et parcours de formation
Consultant SEA Salaire
En début de carrière : 33 000€ brut/an, avec évolution de 10% tous les 2 ans.
Consultant SEA Formation
Bac+5, souvent école de commerce ou fac d’éco-gestion, stages en digital recommandés.
Consultant SEA c’est quoi
Le SEA Manager crée, gère et optimise des campagnes publicitaires sur moteurs de recherche.
Notes du podcast et liens utiles :
Notre invité : Julien Champenois – Profil LinkedIn
Interview faite par : Majdeline Mazza – Profil LinkedIn
La transcription de l’interview de Julien Champenois, consultant SEA
Majdeline
Bonjour Julien, merci d’avoir accepté cette invitation du Gagne-Pain. Tu es SEA Manager chez Havas Market, on va avoir l’occasion de revenir en détail sur ton métier, mais avant, peux-tu te décrire en quelques mots ?
Julien
Bien sûr, c’est un plaisir d’être là. Je m’appelle Julien, j’ai 27 ans et je suis originaire de la région parisienne.
Majdeline
Ok, peux-tu nous parler de ton parcours scolaire ?
Julien
Bien sûr, j’ai fait un baccalauréat ES spécialité mathématiques. À la suite de ce baccalauréat, je suis parti en classe préparatoire. Ca a duré un an, je me suis réorientée après en fac d’éco gestion avant de terminer mes études supérieures dans une école de commerce. Dans laquelle j’ai pu réaliser des stages qui m’ont permis ensuite de m’orienter.
Majdeline
Ok, tu as pu faire des stages dans quel type d’entreprise ?
Julien
Alors, trois grandes expériences ont orienté mon choix professionnel. Le tout premier, c’était chez une entreprise qui s’appelait Awin une plateforme d’affiliation. J’ai ensuite fait un autre
s leur département de régie publicitaire. Enfin, j’ai fait une dernière expérience de stage de fin d’études en agence de communication chez Orixa Media. L’idée, c’était de découvrir un peu d’autres sujets du digital, d’avoir une vision la plus élargie possible de ce qu’on pouvait faire. Pour pouvoir décider ensuite tout simplement de ce qui m’intéressait le plus et de ce que je voulais faire plus tard en CDI.
Majdeline
Ok. Et, après ce dernier stage de fin d’études, tu as intégré Havas ?
Julien
C’est exactement ça, c’était mon premier CDI. Depuis trois ans, je suis chez Havas au poste de consultant SEA. Globalement, Havas est une agence-conseil et stratégie qui accompagne les entreprises dans la gestion de leurs opérations digitales. Dans l’entité dans laquelle je suis, on est plus particulièrement sur les activations à la performance pour générer des ventes ou communiquer sur un objectif business pour les clients.
Majdeline
Ok, parfait, tu es consultant SEA, quelle est ton activité et tes missions quotidiennes ?
Julien
Oui, bien sûr. Alors SEA, en anglais, c’est le Search Engine Advertising, c’est la publicité qui se fait autour des moteurs de recherche. Donc, un consultant SEA va être responsable auprès de ses clients et des marques de la réalisation de A à Z des campagnes de publicité. La première mission, ça va être la conception de ces campagnes. Par conséquent, ça passe par l’étude des mots-clés que l’on va utiliser pour cibler nos campagnes. Ça va être la réalisation également des annonces. Par conséquent, on s’occupe de tout de notre côté. L’étude du potentiel chiffré et de ce que ça va rapporter à l’annonceur pour lequel on fait ce travail. Tout ça, c’est la mission, la grande famille de mission, une préparation à la conception des campagnes. Le deuxième, ça va être la gestion des campagnes au quotidien. Donc cette partie consiste à vérifier quotidiennement comment se déroulent les campagnes en termes de statistiques, en termes de retombées, de retour sur investissement. La partie trois, ça va être la partie reporting. C’est tout simplement la conception de bilan. C’est le fait de tirer des insights pour pouvoir éclairer les décisions de nos partenaires, de nos clients dans le cadre des prochaines campagnes. Et, dernière mission, gérer la relation client. C’est une activité qui est pas forcément intégrée dans la fiche de poste sur l’ensemble des agences. Et, ça va être l’échange au quotidien avec ses clients pour maintenir la relation et expliquer le déroulement des campagnes. Les faits majeurs, faire des recommandations, des stratégies, maintenir le lien…
Majdeline
Et, tu trouves que c’est un plus d’avoir cette relation client dans tes missions ?
Julien
Oui, carrément. C’est un plus. Qui est mieux placé que les personnes qui ont mis les mains dans le cambouis au quotidien, pour expliquer tout ce qui se passe, pour donner les bonnes raisons.
Majdeline
Ensuite, tu as parlé d’insight. Pourrais-tu juste donner une définition pour ceux qui ne connaissent pas ce mot ?
Julien
Bien sûr, un insight, c’est une clé de lecture. En réalité, c’est tirer une clé de lecture d’un chiffre, tout simplement. Le traduire en quelque chose de plus concret que juste deux statistiques sur un Excel.
Majdeline
Faire parler les chiffres ?
Julien
Exactement.
Majdeline
Ok. C’est très clair, Julien. Pourquoi as-tu choisi ce métier de consultant SEA ?
Julien
Le SEA, c’est un levier dans le marketing digital qui est en constante évolution. Par conséquent, il faut tout le temps apprendre de nouvelles choses, s’adapter. Cela nécessite un exercice intellectuel que je trouve très intéressant. Des exemples concrets sur les derniers mois, c’est comprendre Google. On entend parler de Google, on voit sur les résultats de recherche qu’il y a beaucoup de choses qui changent. Par conséquent, il y a beaucoup plus d’images, beaucoup plus de résultats un peu différents quand on tape des recherches. Ça change beaucoup de choses dans nos métiers.
Majdeline
Dont la conférence de presse qui a eu lieu hier (quand on l’enregistre ce podcast) sur Google et le nouveau chatbot. Et forcément, ça impacte ton quotidien et ton travail ?
Julien
Oui, bien sûr. C’est comprendre aussi ce que ça va changer pour les annonceurs. Parce que mine de rien, parler à des chatbots, il y a moins d’occasions de présenter des publicités ou en tout cas, c’est des occasions différentes, des façons différentes de prendre la parole. Ensuite, ça nécessite beaucoup de réflexion en amont pour pouvoir justement donner les meilleures recommandations à nos clients.
Majdeline
Quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ?
Julien
Alors si je devais en citer que trois, ce serait d’abord d’avoir un profil analytique. On a les mains quotidiennement dans des Excel, dans des chiffres, dans des statistiques. Donc, c’est important de pas avoir peur. Ne pas avoir peur des chiffres, tout simplement. La deuxième compétence, c’est d’avoir de bonnes qualités rédactionnelles, car même si on parle beaucoup de chiffres, il y a aussi tout ce qui va être la relation client. Tout ce qui a trait à la réalisation de bilans et à ces fameux insights, dont on parlait tout à l’heure, qui nécessite d’être à l’aise avec la langue française. Ensuite, je dirais que la troisième compétence, c’est d’être curieux. On se parlait aussi tout à l’heure, qu’il y avait beaucoup de choses qui variaient tout le temps. Et, cela nécessite de se tenir au fait, de regarder l’actualité et de faire cet exercice intellectuel, de comprendre où est-ce qu’on se situe dans l’écosystème digital.
Majdeline
Attention, la question Gagne-Pain combien ça gagne un consultant SEA ?
Julien
Ça va varier en fonction des entreprises et des agences. Chez Havas Market le salaire d’un consultant junior SEA est de 33k€ annuels brut. Il existe des réévaluations d’environ 10 % tous les deux ans. Sur les premières années, si nos compétences sont au rendez-vous. Et après, comme on le disait tout à l’heure, il y a beaucoup d’agences intégrées chez Havas. Et, les perspectives d’évolution sont extrêmement variées. C’est aussi l’intérêt de travailler dans une agence comme Havas. En fonction de nos envies, on peut faire beaucoup de choses différentes.
Majdeline
Tu peux bouger en interne, et ainsi tu peux évoluer ?
Julien
Totalement. Pour l’anecdote, j’ai entendu parler d’une personne qui était au service comptabilité, qui a fait dix ans de comptabilité et, il y a quelques années, il a décidé de se réorienter complètement pour devenir trader programmatique. De cette façon, il a pu faire cette évolution au sein de Havas Media.
Majdeline
Tout est possible quand on en a la volonté ?
Julien
Exactement.
Majdeline
Quel est le plus grand défi que tu as dû relever en arrivant dans ton métier ?
Julien
En arrivant, je pense que pour un débutant, c’est la quantité d’informations à assimiler. En vérité, il y a tout ce qui est relatif au job de consultant en lui-même, qui nécessite une compréhension du fonctionnement des moteurs de recherche. Mais, il y a aussi tout ce qui va tourner autour dans l’écosystème du digital. Je pense que c’est un aspect qui a déjà dû revenir dans d’autres interviews. Comprendre où l’on se situe dans l’écosystème digital pour faire son travail au mieux. Il y a une quantité d’informations qu’il faut assimiler et qui peut faire peur au début.
Majdeline
D’où la culture, l’ouverture, la curiosité qui rejoignent ce défi ?
Julien
Absolument.
Majdeline
Dans tes tâches quotidiennes, tout à l’heure, tu nous parlais de tes missions quotidiennes. Quelle est celle qui te plait le plus et celle qui te plait le moins ?
Julien
Alors c’est une bonne question, ce qui me plait le plus, je pense que c’est le moment des reporting. Parce que c’est le moment où on va aller faire parler les chiffres. Transformer tout cet aspect un peu abstrait, de statistiques sur un écran, en concret. En pour action et en recommandations qui vont vraiment apporter de la valeur à nos clients. Donc ça je pense que c’est la partie qui est la plus intéressante de mon métier. La partie un peu moins plaisante, mais il faut y passer, ce sont toutes les tâches manuelles parce qu’il y en a encore beaucoup de choses à faire manuellement aujourd’hui. La modification et les petites variations des mots dans nos annonces, la construction des campagnes, ce sont des choses qui demandent beaucoup de temps qui peuvent être assez contraignantes. Il faut en passer par là, et j’ai des collègues qui adorent faire ça. Moi, c’est une partie qui m’intéresse peu.
Majdeline
Ton rêve, ce serait d’automatiser ?
Julien
Exactement, c’est exactement ça.
Majdeline
On va peut-être y arriver ?
Julien
Il y a moyen.
Majdeline
Quelle est finalement la journée type d’un consultant SEA ?
Julien
Alors, il n’y a pas réellement de journée type pour un consultant SEA, parce que ça va dépendre des sujets un peu chauds du moment. Mais, je vais quand même faire l’exercice d’une journée type. Ainsi, je dirais que, dans un premier temps, en arrivant sur le lieu de travail, je vérifie les campagnes en cours. Vérifier que tout se passe bien, qu’il n’y a pas eu de problème dans la nuit ou sur les dernières journées. Ensuite une partie liée au traitement des e-mails en cours, que ce soit de la part des clients ou des partenaires. On travaille, comme on le disait avec Bing, avec Google, et beaucoup de personnes chez eux. De plus, on va ensuite faire les modifications après l’analyse de ce qui se passe. Les modifications qui seront nécessaires, les ajustements budgétaires, les optimisations des campagnes pour améliorer les performances. Après, une fois ces étapes passées, on va s’attaquer aux différents sujets de fond. Donc c’est des projets qui souvent prennent plusieurs jours, voire parfois plusieurs semaines. Sur lesquels on travaille sur des laps de temps plus ou moins longs. Enfin, je dirais qu’il y a une activité qui revient régulièrement dans la journée d’un consultant SEA, ce sont les points clients. Ils nous permettent de faire le point sur ce qu’il s’est passé sur les derniers jours, les encours et les actions sur les prochains jours. Par conséquent, c’est un peu des points de passage. Ça, c’est les fameux dialogues dont je parlais tout à l’heure avec nos clients.
Majdeline
Hyper riche, tu t’ennuies pas ?
Julien
On n’a pas le temps de s’ennuyer, effectivement.
Majdeline
Alors on l’entend, certains acronymes anglais reviennent souvent. Par conséquent, j’imagine que l’anglais est important dans ton métier. Confirmes-tu ? Est-ce qu’une personne qui ne serait pas à l’aise en anglais peut faire ce métier ?
Julien
Effectivement, on tombe assez vite dans les déformations professionnelles. Il y a beaucoup d’acronymes, et très fréquemment en anglais. Le marketing digital une discipline qui a un peu d’avance, chez nos cousins anglo-saxons. Ce n’est pas forcément nécessaire et ça dépend de l’agence pour laquelle on travaille. Il y a des agences franco-françaises, d’autres internationales. Ainsi, on va travailler pour des clients qui ne vont pas forcément parler anglais. Par conséquent, on en aura pas besoin. Parfois on travaillera avec des clients internationaux et donc, on aura besoin de parler anglais. Je pense que ce n’est pas quelque chose qui doit effrayer des personnes qui s’intéressent à la discipline. Tout simplement parce que, en général, l’employeur fait aussi en fonction des compétences de ses salariés. Si on n’est absolument pas à l’aise avec l’anglais, ce n’est absolument pas un frein pour pouvoir exercer le métier. Ainsi, il faudra juste assimiler la compréhension de deux ou trois acronymes.
Julien
OK, ce n’est donc pas très compliqué ?
Julien
Absolument.
Majdeline
As-tu des conseils pour ceux qui ont été séduits par ton métier et qui souhaiteraient se lancer ?
Julien
Je pense que vous l’aurez deviné maintenant, c’est de rester curieux, de s’intéresser à ces sujets. Ne pas hésiter à poser des questions aux professionnels, à des personnes qui sont déjà en poste sur ces métiers. Comme je le disais tout à l’heure, il y a beaucoup de témoignages sur les réseaux sociaux. Il y a une vraie communauté autour de ces métiers. Après, il y a une flopée de livres, de podcasts disponibles pour approfondir vos connaissances. Par conséquent, n’hésitez pas à aller voir tout ça.
Majdeline
Justement, as-tu des livres, des films, podcasts à nous conseiller ?
Julien
Oui, quelques-uns. Pour les personnes qui comprennent bien l’anglais, un livre s’appelle « Join or Die : Digital Advertising in the Age of Automation » de Patrick Gilbert C’est un auteur américain qui a fait un livre sur le sujet de l’automatisation et de l’intelligence artificielle. C’est extrêmement intéressant, cela traite de l’évolution de nos métiers sans trop rentrer dans le détail, sans entrer trop dans la technique et rendant ça incompréhensible. Par conséquent, je conseille de s’attarder sur cet auteur. Pour un podcast sur le SEA et le SEO, je conseille « Le Search Engine Journal Show » C’est le podcast d’une revue spécialisée autour des moteurs de recherche disponible sur toutes les plateformes de podcast et qui est assez intéressant à suivre.
Majdeline
En conclusion, souhaites-tu ajouter quelque chose qu’on n’a pas évoqué ?
Julien
Pour ceux qui seraient intéressés par ce métier à la fin de cette interview. Je vous conseille d’aller voir les agences, d’aller travailler en agence et de commencer sa carrière en agence. Ce sont des années formatrices, fondamentales pour vous, permettent d’acquérir les connaissances et les compétences qui nous serviront partout. Après qu’on parte du métier, qu’on reste dans le métier, qu’on reste en agence ou qu’on parte chez l’annonceur : foncez !
Majdeline
Merci Julien.
Julien
C’était un plaisir.
