Découvrez les secrets du marché caché de l’emploi digital avec les conseils de recruteurs
Notes du podcast et liens utiles :
Notre invité : Mélanie Flouhr – Profil LinkedIn
Interview faite par : Bertrand Jonquois – Profil LinkedIn
Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier et le marché caché de l’emploi
Bertrand
Pour ce nouvel atelier, nous avons le plaisir d’accueillir Mélanie Flourd. Bonjour Mélanie.
Mélanie
Bonjour Bertrand.
Bertrand
Merci beaucoup Mélanie d’avoir accepté notre invitation. Mélanie est la cofondatrice de Purple Squirel, une experte carrière, une « Top Voice carrière » sur LinkedIn. Elle publie régulièrement, notamment sur le marché caché de l’emploi. Bref, Mélanie est parfaitement adaptée pour répondre à nos questions sur ce fameux marché caché de l’emploi. Mais avant, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
Mélanie
Avec plaisir Bertrand. Merci de m’avoir invité sur ton podcast. Avant de me présenter, je vais peut-être expliquer Purple Squirrel. Pourquoi ce nom d’entreprise ? Ça veut dire l’écureuil violet. C’est l’alternative anglophone de notre fameux « Mouton à cinq pattes » qui est un peu la bête rare que le RH recherche.
Bertrand
Qu’on ne trouve jamais ?
Mélanie
Et qu’on ne trouve jamais exactement. Et qui a un clin d’œil au fait que j’ai commencé ma carrière dans le monde du recrutement, dans un cabinet de recrutement anglais. C’est là que j’ai rencontré mon associé Maeva. Et quand on a cherché un joli nom pour notre entreprise, on s’est dit que c’était une bonne idée de prendre celui-là.
Bertrand
C’est une bonne introduction pour expliquer ce que tu fais.
Mélanie
Exactement. On est un cabinet d’accompagnement de carrière. Donc on aide vraiment les professionnels à définir ou obtenir ce qu’ils veulent dans leur vie pro. Parce que de nos jours, et tu en parlais tout à l’heure, il y a énormément de métiers dans le digital et ailleurs. C’est des fois difficile un peu de savoir où est-ce que l’on va s’épanouir. Donc c’est la définition du métier, et puis l’obtention. De nos jours, ce n’est pas toujours facile de se différencier sur un marché de l’emploi toujours plus compétitif. Donc, on aide aussi avec des techniques pour obtenir un peu le Saint Graal du job parfait.
Bertrand
Merci beaucoup. Avec toi, on va parler du marché caché de l’emploi qui est une question qui revient de la part des auditeurs du Gagne-Pain. Aider ceux qui nous écoutent à construire leur carrière, mais aussi à aider à « percer » ce marché caché de l’emploi. Et comme on en a discuté ensemble, j’aimerais t’interroger sur quatre thématiques. D’abord, quel est le marché caché de l’emploi ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Comment est-ce qu’on définit ça ? Comment intégrer le marché caché de l’emploi dans sa recherche ? Comment estimer le marché caché de l’emploi, notamment sur la partie du digital, puisque c’est ça qui nous occupe principalement sur ce podcast. Et après, on écoutera évidemment tes conseils d’experts en accompagnement. Donc forcément, ça intéressera tous ceux qui nous écoutent. Pour débuter, si ça te va, on peut commencer par qu’est-ce que c’est que le marché caché de l’emploi, comment l’expliquer simplement aux plus jeunes qui nous écoutent ?
Mélanie
Le marché caché de l’emploi, c’est assez simplement toutes les offres, et je dis bien toutes les offres d’emploi que vous ne voyez jamais apparaître en ligne.
Bertrand
Elles ne sont pas publiées ?
Mélanie
Elles ne sont pas publiées. Il y a plusieurs raisons derrière ça. Premièrement, il y a une confidentialité autour du poste. On veut remplacer quelqu’un dans l’entreprise, on ne peut pas vraiment dire qu’on cherche quelqu’un pour le remplacer. Ça peut aussi être pour des métiers où il y a plus d’offres que te demandent. L’entreprise a un peu la flemme de lire 150 candidatures 24 heures après avoir posté son annonce. Et du coup, elle choisit de passer par son réseau plutôt que de passer par les réseaux comme LinkedIn, Indeed ou autres.
Bertrand
D’accord. Elle ne veut pas publier parce qu’elle ne veut pas gérer beaucoup de réponses à faire aux candidats qu’on va refuser ?
Mélanie
Exactement. Et puis, par exemple, car je sais que c’est un métier où il y a beaucoup de candidatures. Ça va être des gens en communication, par exemple, ou en marketing. C’est beaucoup plus facile d’aller demander à quelqu’un du département « est-ce que tu connais quelqu’un qui ? » que de poster une annonce, d’avoir 150 candidatures à trier auxquelles il faut répondre, positivement ou négativement. Ça prend trop de temps.
Bertrand
D’accord. C’est aussi pour une question d’efficacité, de rapidité ?
Mélanie
Bien sûr.
Bertrand
Et puis aussi une question de cooptation. C’est-à-dire qu’on peut demander simplement à la personne juste à côté : « Est-ce que tu ne connais pas quelqu’un qui ferait bien le job ? «
Mélanie
Exactement.
Bertrand
Ça, c’est vraiment le marché caché de l’emploi. Et on arrive à estimer ce que c’est le volume du marché caché de l’emploi ?
Mélanie
On dit qu’en moyenne, c’est 40% des postes.
Bertrand
Énorme. C’est énorme.
Mélanie
C’est presque un poste sur deux qui n’est pas en ligne. Que vous ne voyez, vous ne le verrez jamais.
Bertrand
Donc, ça veut dire que si je me mets à la place de celui qui nous écoute, si je ne fais que répondre aux annonces, je perds pratiquement une offre sur deux ?
Mélanie
Exactement, c’est dommage. Il vaut mieux le réaliser maintenant. Et d’ailleurs, en parlant du trop tard, sachez que plus, vous allez monter en séniorité et plus ce marché caché va grandir. Moi, j’accompagne énormément de dirigeants et là, on est plutôt à 80% qui n’est pas visible.
Bertrand
Donc quand on cherche un dirigeant, on fait encore plus appel au marché caché de l’emploi que quand on fait appel à un junior ?
Mélanie
Exactement. En général, pour un dirigeant, imaginez un directeur général, il cherche son directeur commercial, il va aller demander à son réseau. Puis après, il va aller peut-être demander à un cabinet d’exécutif Search pour qu’il cherche, mais c’est très rare que l’annonce, elle arrive en ligne. D’accord.
Bertrand
Donc ça veut dire que plus on est senior, plus le marché caché de l’emploi est important. Est-ce qu’il y a d’autres critères comme ça ? Tu parlais des tensions, donc les marchés en tension sont plus forts en marché caché ?
Mélanie
Exactement, et les métiers d’expertise aussi. Quand il y a des compétences très spécifiques, par exemple la data analyse, qui sont des nouveaux métiers. Il n’y a certainement pas encore assez de personnes compétentes dans certaines spécificités de la data analyse. C’est beaucoup plus facile de demander à ses potes data analyst, les gens avec qui il a été dans sa promo, qui pourraient recommander pour un type de poste.
Bertrand
Je comprends bien la tendance. C’est effectivement beaucoup plus facile de faire comme ça.
Mélanie
Ça fait gagner du temps. Et puis la personne qui recommande à tout intérêt à ce que la personne qu’elle recommande soit une bonne personne pour l’entreprise. C’est vraiment du « win-win » pour l’entreprise et pour le recruter et celui qui l’a recommandé.
Bertrand
Ok, c’est très clair. Ça veut dire presque une offre sur deux n’est pas publiée, donc elle n’est pas accessible si on ne fait que regarder les offres d’emploi. Maintenant, et c’est la deuxième thématique de notre entretien, comment est-ce qu’on intègre le marché caché de l’emploi quand on cherche et qu’on veut trouver ces offres ?
Mélanie
C’est la question à un million de dollars, Bertrand. Déjà, première chose, pour moi, c’est trop tard de vouloir intégrer ce marché caché quand on est déjà en recherche. L’intégration du marché caché se fait par des petites actions, des habitudes tout au long d’une carrière. Ces petites actions, ces habitudes ont pour objectif, un, de vous faire monter en visibilité auprès des décideurs et deux, de faire en sorte qu’on pense à vous, pour certains métiers, certains types de compétences.
Bertrand
Est-ce que je peux faire un parallèle pour une partie des étudiants qui nous écoute. C’est comme quand je lève la main en classe pour qu’on sache que j’ai une question à poser et qu’on sache qui je suis ?
Mélanie
Et qu’on sache que vous existez. Exactement, c’est vraiment ça. Il y a une phrase que j’aime beaucoup et que je répète souvent, c’est : « l’important, ce n’est pas ce que vous connaissez, ce n’est pas qui vous connaissez, mais c’est qui vous connaît qui va faire la différence dans une carrière ».
Bertrand
C’est se faire connaître par les autres ?
Mélanie
Exactement.
Bertrand
D’accord. Mais que fait-on ? Quelles sont les actions pour qu’on se fasse connaître par les autres ? Et si j’ai bien compris, qu’on le fasse un peu comme un marathon, qu’on démarre assez tôt avant qu’on recherche réellement un boulot ?
Mélanie
Exactement. Ce sont de bonnes habitudes, c’est de la discipline à mettre en place. Il faut savoir qu’il y a plusieurs outils ou plusieurs méthodologies qui peuvent vous aider à faire ça. Premièrement, le sacré profil LinkedIn. Il est sous-estimé parfois, mais tellement important de nos jours. C’est important d’avoir un profil déjà qui est bien optimisé, avec les bons mots clés du type de poste que vous cherchez pour que les recruteurs vous trouvent quand ils vous cherchent.
Bertrand
Évidemment, des mots clés pour qu’on vous trouve quand on vous cherche ?
Mélanie
Ça, c’est super important. Et puis après aussi, LinkedIn est une plateforme absolument incroyable pour développer son réseau. Mais il n’y a pas que LinkedIn non plus. Vous avez des réseaux d’alumni, vous avez des réseaux même sportifs ou les gens autour de vous qui ne comprennent pas toujours bien ce que vous faites, pourquoi vous le faites, quel type d’entreprise vous intéresse. En fait, tirer profit de son réseau et d’étendre son réseau, c’est ça qui permet d’accéder au marché caché tout doucement.
Bertrand
Même dans son cercle sportif, par exemple, il peut y avoir quelqu’un demain qui cherche un Data Analyst et il va se dire : « Tiens, j’en connais un, on fait du foot ensemble !
Mélanie
Exactement. Et c’est assez intéressant de se rendre compte qu’on a cette tendance, surtout dans un métier du digital. Nos parents ne comprennent pas vraiment ce qu’on fait. Nos potes ne comprennent pas réellement ce qu’on fait. Et en fait, des fois, on a du mal à l’expliquer. Alors que si on pouvait expliquer simplement, moi, je suis Data Analyst, c’est-à-dire que je fais X, Y,& Z comme type d’activité. Le type d’entreprise qui me plaît. Donc, si tu entends parler quelque chose, pense à moi. Là, ça permet aux gens de penser à nous quand ils échangent avec quelqu’un de ce type de domaine-là.
Bertrand
En conséquence, son réseau est absolument partout. Évidemment, tu as parlé de LinkedIn, c’est quand même incontournable, mais ce n’est pas seulement LinkedIn. C’est aussi le réseau relationnel, le réseau amical, le réseau sportif et associatif ?
Mélanie
Exactement. Il ne faut rien sous-estimer. On a un réseau, mais votre réseau a un réseau et le réseau de votre réseau a un réseau. Et en fait, grâce à ça, on peut des fois avoir des mises en relation très intéressantes. Moi, par exemple, j’ai un client qui a réussi à avoir un entretien via sa dentiste. Parce que le mari de sa dentiste travaillait dans le secteur qu’il voulait atteindre, mais il ne le savait même pas…
Bertrand
C’est la bonne vieille Maxime : « Les amis de mes amis sont mes amis » ?
Mélanie
Exactement.
Bertrand
C’est ça le réseau. Exactement. Donc tu as dit : « Il faut travailler son profil LinkedIn, il faut travailler son réseau LinkedIn, il faut inviter des gens sur LinkedIn ». Et je crois que tu avais envie de dire : « il faut suivre des entreprises, suivre des personnes qui peuvent nous intéresser demain » ?
Mélanie
Je vais commencer par inviter quand même. Tu l’as dit, je suis très active sur LinkedIn. Je reçois tous les jours des demandes de connexion, des trucs sans messages, de gens que je ne connais pas. Autant vous dire que je ne les accepte jamais. C’est très important que vous, par exemple, si vous allez à une conférence intéressante, vous rencontrez un intervenant dans vos cours qui vient d’une entreprise qui vous intéresse. Connectez-vous avec cette personne de manière proactive et envoyez-lui un petit message en disant : « Bonjour Marc, vous êtes venu aujourd’hui faire un speech sur telle thématique. C’était très intéressant. J’ai particulièrement apprécié X ou Y au plaisir de pouvoir échanger ». En fait, c’est une première graine qui est plantée et après, vous allez pouvoir plus facilement recontacter la personne en cas de besoin.
Bertrand
Donc, on ne fait pas une invitation sèche comme on peut le faire à ses copains sur Instagram ? On met un petit mot et on dit bonjour… ?
Mélanie
Oui, on dit bonjour. Moi, j’aime quelque chose un peu personnalisé, une petite accroche qui marque un peu les esprits pour pouvoir faire en sorte que la personne se rappelle de vous.
Bertrand
Il faut vraiment personnaliser son invitation tout simplement parce qu’on a plus de chance que la personne vous accepte ?
Mélanie
Surtout si ce sont des profils plus séniors. Ils ne savent pas pourquoi vous les invitez. Et j’ai un super exemple. J’ai mon associé Maeva qui a fait une conférence il y a quelques semaines au Salon de l’emploi. Il y a pas mal d’étudiants qui l’ont ajoutée sur LinkedIn, mais sans aucun message. Elle a supprimé toutes les invitations. Il y a une qui est revenue avec un message personnalisé en disant : « Je vous ai ajouté, mais c’est parce que je vous ai vu au salon ». Et là, elle a accepté.
Bertrand
Ça change tout ?
Mélanie
Exactement. Il faut absolument voir le réseau comme un compte en banque. Il faut mettre de l’argent dessus avant d’en retirer des profits. Donc, des petites actions avec un petit message, un petit compliment ou un autre vous permettent de mettre de l’argent sur ce compte en banque avant de le retirer. Et du coup, j’enchaîne sur la deuxième thématique que tu voulais, c’est suivre des profils ou des entreprises sur LinkedIn…
Bertrand
Oui.
Mélanie
Alors, moi, je vous recommande de réfléchir aux 20, 30, ou 40 entreprises où vous vous dites : « J’aimerais trop bosser pour eux ». Suivez-les sur LinkedIn, activez la cloche. Ça veut dire que dès que l’entreprise publie quelque chose, vous avez une notification. Vous pouvez réagir, liker, commenter, partager. Et faites la même chose avec les profils, les personnes qui travaillent dans cette entreprise. Vos futurs potentiels collègues, vos futurs N+1, allez les suivre pour pouvoir interagir avec le contenu qu’ils publient et vous rendre visibles auprès des bonnes personnes.
Bertrand
Ça veut dire qu’on suit ce qu’ils postent sur LinkedIn, ce qu’ils racontent, ce qu’ils aiment et on peut mettre un petit commentaire en disant : « Je suis d’accord, j’aime bien ça ou au contraire cette thématique de la data analysis, ça m’intéresse beaucoup »… Là, on est visible au moment où ces gens-là vont se poser la question du Data Analysist qu’ils vont rechercher.
Mélanie
Exactement. Peu de gens sont super actif sur LinkedIn, mais ils le sont de plus en plus. Imaginez un Data Analyst qui poste quelque chose sur un des derniers projets qui a fait dans son entreprise. Vous mettez un petit like et puis vous lui envoyez un message personnalisé en disant : « Bonjour Stéphane. Félicitations à l’équipe d’avoir réussi à atteindre son objectif. C’est assez impressionnant. Je serais intéressé de pouvoir échanger avec l’un d’entre vous pour mieux comprendre X ou Y ». En fait, vous venez créer du lien et entretenir du lien avec des personnes intéressantes.
Bertrand
D’accord, c’est très clair. Ça veut dire qu’il faut développer son réseau dans le monde réel, on va dire, les gens, les amis, les réseaux dont tu parlais tout à l’heure. Mais il faut aussi développer son réseau sur LinkedIn. Et il faut interagir avec ces contacts en ligne. Et c’est un travail de tous les instants, petit à petit. Et ce n’est pas un travail qu’on fait d’un seul coup au moment où on cherche du boulot.
Mélanie
Oui, en fait, accéder au marché caché, ce sont des compétences liées au réseautage et à la visibilité. Comme pour toutes les compétences, on est tous hyper nuls au début. On ne sait pas, on n’a jamais fait. Donc, il faut que vous vous forciez à le faire. Vous vous forciez à être nuls au début pour pouvoir devenir meilleur. Il faut commencer par ces petites actions pour tout doucement monter en puissance. Et avoir un cerveau qui après devient vraiment formaté au réseautage et qui voit des opportunités de développement et d’entretien de réseau à tous les coins de rue.
Bertrand
D’accord, OK, c’est très clair. Le marché caché devient moins caché grâce à toi. Est-ce qu’on peut parler du marché caché dans le secteur du digital ? Est-ce qu’on a une idée par rapport au 40% dont tu parlais ? Est-ce que c’est plus ? Est-ce que c’est moins ? Est-ce qu’il y a des études là-dessus ?
Mélanie
Bertrand, je me suis renseigné pour toi, je n’ai pas trouvé de data.
Bertrand
D’accord.
Mélanie
Je pense qu’on reste avec les mêmes 40% minimum et que ça monte en fonction de la séniorité. Il faut juste être conscient à nouveau que le marché du digital est un nouveau marché. C’est un des domaines qui se développe le plus, il y a le plus de création de nouveaux postes. Donc d’après moi, en toute logique, il devrait être plus important que le reste. Pourquoi ? Parce qu’il y a même dans des entreprises, il y a des entreprises qui n’ont pas encore de Data Analyst. Quand ils vont en rechercher un pour la première fois. J’ai l’impression qu’ils vont d’office commencer par le réseau, car ils n’auront jamais fait ce type de recrutement. Ils vont tâtonner. Ils vont aller demander : « Je vais recruter un Data Analyst pour la première fois. Tu as quelqu’un à qui je peux échanger pour mieux comprendre ce que je dois chercher d’office ? » Contrairement à quelqu’un en RH, en finance ou autre, où ce sont des fonctions qui sont en entreprises depuis très longtemps. Où on comprend beaucoup mieux ce qu’on veut et ce qu’on attend de la personne.
Bertrand
D’accord. Donc, le fait que le marché soit neuf, ça favorise le marché caché ?
Mélanie
Pour moi, oui.
Bertrand
Et le fait que le marché soit en tension. Parce que sur beaucoup de métiers dans le digital, il y a une certaine tension. C’est-à-dire que l’on a plus d’entreprise qui cherchent que d’offres de profils disponibles. Ça aussi, ça favorise le marché caché ?
Mélanie
Oui, je pense que ça favorise le marché caché. Mais ça doit surtout vous pousser, si vous êtes dans ces métiers en tension et que vous m’écoutez aujourd’hui. S’il vous plaît, commencez à prendre des actions de réseautage et à vous rendre visibles. Il faut que vous puissiez être visible auprès des bonnes personnes pour qu’elles pensent à vous le jour où elles ont envie de recruter. Parce que sinon votre candidature va se perdre parmi les 150 autres. On a vraiment besoin de nos jours de faire des démarches non traditionnelles pour se rendre visible. Parce que le traditionnel ne fonctionne plus. Postuler un job suite à une annonce, ça ne fonctionne plus. Et si cela fonctionné pour vous, contactez-moi car j’aime bien qu’on me prouve que j’ai tort. Mais de ce que je sais, ça ne fonctionne pas.
Bertrand
Après, sur le marché du digital, Peut-on trouver une tendance, pour ceux qui nous écoutent ? Plus ils vont devenir seniors, plus le marché caché va devenir important pour eux. Donc de toute façon, quoi qu’il se passe, il faut qu’ils le travaillent ?
Mélanie
Exactement, c’est vraiment important. Et il faut le répéter. Tout part de votre compétence à vous rendre visible et à réseauter. Ce sont ces deux compétences-là que vous devez absolument développer pour accéder au marché caché de l’emploi.
Bertrand
D’accord. Et selon toi, si on veut revenir sur ce sujet de séniorité, c’est-à-dire qu’on va travailler dans le long terme, ça démarre même déjà quand on est étudiant à l’école. C’est à ce moment-là que ça commence ? Il y a une carte absolument fantastique à jouer quand on est étudiant, c’est la carte de la personne qui ne connaît encore rien ou pas grand-chose ?
Mélanie
On parlait de Data Analyst, j’ai accompagné récemment un jeune qui vient de sortir d’un master en data analyse. Ce que je lui ai dit, c’est : « Contacte des gens qui travaillent dans une entreprise qui te plait. Envoie-leur un message sur LinkedIn en disant : « Voilà votre parcours, je le trouve vraiment intéressant. Vous avez réussi à faire X, Y, Z. C’est réellement inspirant pour moi. Je ne sais pas si vous vous rappelez à quel point ça peut être dur de trouver un premier job, mais je suis en plein dedans. J’aurais été curieux d’échanger avec vous pour voir si vous avez des conseils à me donner sur la thématique ? ». Il a généré plusieurs entretiens avec des personnes qui font exactement ce qu’il a envie de faire. Donc, c’est faire preuve d’audace, de culot. Et l’audace, ça paye réellement.
Bertrand
Ok, ça veut dire ne pas non plus avoir peur d’ouvrir toutes les portes ?
Mélanie
En fait, si vous ne les ouvrez pas, personne ne va les ouvrir pour vous.
Bertrand
Ok. Une des choses qui m’intéresse par rapport à l’expérience que tu viens de citer, c’est que je me suis aperçu que quand on posait la question à un professionnel, notamment sur LinkedIn, il répondait souvent. Si c’est un étudiant qui pose la question, franchement, on répondait et on était content de répondre. C’est ce que tu constates aussi ?
Mélanie
Oui, mais uniquement si la question est bien posée, le message est bien rédigé. Il y a une grande tendance contre laquelle je me bats, c’est qu’on a une tendance à envoyer des messages qui sont très « je, je, je ». Je suis un étudiant, j’ai besoin, je suis en train de… Pour moi, ce n’est pas la bonne manière d’approcher les gens. La bonne manière, c’est de venir avec des messages que j’appelle en « vous, Je, Nous ». C’est-à-dire que la première partie de votre message est orientée vers la personne ou sa carrière (vous). Ensuite, vous parlez du « Je », donc pourquoi est-ce que vous faites une demande. Ensuite, vous proposez un échange (Nous). Parce que c’est ça qui va faire que la personne aura plus envie de vous répondre. Et deuxième partie, il faut demander quelque chose qu’il peut vous donner. Autrement dit, contacter un manager et lui demander : « Est-ce que vous avez une heure à m’accorder pour m’expliquer votre carrière ? » Ça ne marchera pas. Par contre, s’il y peut vous proposer un échange de 15 minutes, ce n’est pas grand-chose, 15 minutes. Il y a quelque chose de précis que la personne peut vous donner, ça, c’est possible. Evitez de faire l’erreur que beaucoup d’étudiants font, c’est : « Bonjour, j’ai vu un poste sur votre site. Je trouvais ça intéressant. Est-ce que vous pouvez passer mon CV à la RH ? » Ça ne fonctionne pas. Les gens ne vous connaissent pas, ils ne peuvent pas vous recommander, ils ne peuvent pas vous donner ce que vous voulez.
Bertrand
Si je résume ce que tu dis, il y a le « Vous, Je, Nous » que j’aime bien. C’est facile à retenir. Vous d’abord, le Je, après le Nous, ensemble ?
Mélanie
Exact.
Bertrand
Et puis, la deuxième chose, c’est demander des choses possibles ?
Mélanie
Exactement.
Bertrand
Des choses atteignables, des choses qu’on peut demander aux gens ? C’est-à-dire, pas « La Lune », mais un petit bout de quelque chose qui peut nous aider ?
Mélanie
Exactement.
Bertrand
J’aime beaucoup cette démarche.
Mélanie
C’est une démarche qui fonctionne. Au niveau de la conversion surtout, elle est bien plus haute qu’avec les autres démarches.
Bertrand
Ok, c’est très clair. On voit beaucoup mieux le marché caché, d’un seul coup, c’est clair. Est-ce qu’en dernière partie de cet entretien, tu pourrais nous dire quels seraient les conseils d’une experte pour aider ceux qui cherchent un boulot ? Est-ce qu’il y aurait une sorte de choix royal pour trouver son premier job ?
Mélanie
Première chose, il n’y a pas de potion magique. Trouver un job, premier job, deuxième job, cinquième job, 10ᵉ job, 15ᵉ job, ce n’est pas quelque chose de facile de nos jours. Il faut que vous soyez conscient qu’il faut prendre des actions non traditionnelles, comme je le disais, pour atteindre vos objectifs. Ça, c’est le premier conseil. Deuxième conseil que je vous donne que j’aurais voulu moi-même avoir quand j’étais plus jeune. Je suis très consciente que quand on sort des études, le marché de l’emploi, c’est un vaste monde et on n’arrive pas trop à y trouver sa place. Start-up, grosse boîte, de quel type de secteur. Il y a tellement de possibilités qu’on se retrouve parfois un peu bloqué par ces choix. Le meilleur moyen de confirmer là où vous êtes bon et ce que vous aimez, c’est un de tester. Mais surtout d’échanger avec des personnes pour mieux comprendre si ça peut vous intéresser ou pas. Donc vraiment, allez dans une démarche de curiosité, échangez avec des professionnels, et poser des questions. C’est ça qui va vous permettre d’obtenir des bons conseils pour potentiellement avoir un poste. Et j’ai une phrase qu’on répète souvent à nos clients avec mon associé, c’est : « Demandez un job et vous aurez des conseils, demandez des conseils et vous aurez un job ». Et fréquemment, c’est comme ça que ça fonctionne.
Bertrand
Ok, ça veut dire qu’il faut commencer par demander des conseils avant de demander un job. C’est ça que ça veut dire ?
Mélanie
Souvent, le fait de demander du conseil, fait qu’on montre qu’on est sympathique, qu’on est brillant et ça donne envie à la personne de nous mettre en contact avec les bonnes personnes qui pourront nous donner un job.
Bertrand
Tout à l’heure, tu as parlé des alumni. On est passé un peu vite là-dessus. Et je me disais qu’il y a peut-être des personnes à qui on peut justement demander des conseils assez facilement. Ceux qui ont déjà fait son diplôme, son école, on peut les interroger assez naturellement. Est-ce que tu penses que c’est une bonne solution ?
Mélanie
Tu sais déjà ce que je vais te répondre. Oui, évidemment que c’est une très bonne solution. Mais ce qui est vraiment important, ce que je vous recommande, quand vous aurez fini d’écouter ce podcast. Il faut vous donner un objectif chiffré et vous dire : « OK, d’ici à la fin de la semaine, j’ai contacté trois alumni. Ce n’est pas grand-chose, trois personnes ». Parce que le problème, c’est que vous savez que vous devez contacter les alumni, vous savez que vous devez être sur LinkedIn, vous savez que vous devez faire du réseau, mais finalement, vous ne faites rien. Donc moi, ce que je vous recommande, c’est de vous donner un petit objectif chiffré. Un petit challenge et d’aller contacter trois alumni et de pouvoir un peu mieux comprendre quel type de métiers ils font et dans quel type de secteurs. Et d’organiser un échange avec eux.
Bertrand
Donc, ça veut dire qu’il faut mettre en place une petite routine, à faire régulièrement chaque semaine. Un petit quelque chose pour développer mon réseau et accéder à ce fameux marché caché de l’emploi ?
Mélanie
Exactement. Parce que comme je le disais en tout début de ce podcast, quand on est en recherche, c’est déjà trop tard. Donc, il faut pouvoir le faire en amont. C’est une compétence qui se développe. On est nuls au début, en conséquence il faut commencer par des toutes petites actions. Et faire juste une petite chose, mais de manière régulière. Prendre de bonnes habitudes et surtout vous faire vous sentir plus confiant par rapport à cette approche.
Bertrand
Ok, merci. C’est plein de bons conseils, ça me plaît beaucoup. Est-ce que dans les conclusions, il y aurait des choses que tu as envie de dire sur les sujets sur lesquels toi, tu travailles personnellement ou les prochains rendez-vous qui te semblent importants. Les études qui te paraissent pertinentes ? Est-ce qu’il y a des choses comme ça, des petits conseils qu’on pourrait mettre en commentaire du podcast avec ce que tu trouves utile pour ceux qui nous écoutent ?
Mélanie
Je vais te dire quelque chose qui peut être un peu déprimant, mais moi, j’accompagne majoritairement des dirigeants. Il faut que vous vous rendiez compte que même des personnes qui ont 25, 30 ans d’expérience galèrent à trouver un job pour des raisons différentes. Mais elles galèrent. Mais le dénominateur commun, toujours, c’est le réseau. Et que j’ai beaucoup de personnes que j’accompagne qui me disent : « Je regrette de ne pas avoir entretenu mon réseau ». Donc, même quand vous aurez un poste, s’il vous plaît, continuez à nourrir et à entretenir ce réseau. Même en interne ou en externe. Pour que le jour où il y a une transition qui doit se faire, voulue ou non, vous puissiez beaucoup plus facilement aller retirer « vos intérêts sur votre compte en banque ». Et pouvoir déclencher quelque chose qui est intéressant pour vous et que vous galériez moins. Parce que le marché de l’emploi est compliqué en ce moment. La situation géopolitique, elle est tendue partout. Donc, il faut se donner les moyens de réussir. Et au niveau du contenu, Bertrand, j’ai 15 000 bouquins à recommander, des podcasts, dès ce que tu veux. Mais en fait, la seule chose que moi, je veux que les étudiants fassent aujourd’hui ou les gens qui nous écoutent fassent, c’est passer à l’action. Donc, je ne partagerai rien. Et je vous incite à faire cette routine de prise de contacts chaque semaine pour commencer à des bonnes habitudes.
Bertrand
Si jamais ceux qui nous écoutent ont trouvé intéressant notre échange et si il ont envie d’en savoir plus sur ce que tu fais, comment ils peuvent te contacter ?
Mélanie
Via LinkedIn, avec un message personnalisé, s’il vous plaît. Et cela sera avec plaisir que je me connecterai avec vous. Et que je partagerai mes ressources favorites pour vous aider dans votre carrière.
Bertrand
Excellent. Je vous conseille de le faire et je vous conseille surtout de suivre son profil parce qu’elle publie plein de choses. C’est très intéressant. Merci Mélanie.
Mélanie
Merci Bertrand. À très bientôt.
