page title icon Trader Programmatique – Adilson Correia Mendes

Tout savoir sur le métier de Trader Programmatique : missions, salaire et compétences clés

Trader Programmatique Salaire

Junior : 30-35K€ brut/an ; Senior : 38-44K€ brut/an.

Trader Programmatique Formation

École de commerce, communication ou marketing digital. Apprentissage surtout en entreprise.

Trader Programmatique c’est quoi

Gère des campagnes pub digitales via plateformes d’achat programmatique pour des annonceurs.

Notes du podcast et liens utiles :

Notre invité : Adilson Correia Mendes –  Profil LinkedIn

Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn

La transcription de l’interview d’Adilson Correia Mendes, trader programmatique

Majdeline
Merci Adilson d’avoir accepté l’invitation du Gagne-Pain. Tu es Programmatic Trader chez Havas, plus particulièrement Havas programmatic Hub. On va avoir l’occasion d’y revenir en détail. Mais avant cela, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Adilson
Alors, j’ai 31 ans, je suis originaire de la région parisienne. J’ai fait mon bac dans un lycée privé du 18ᵉ arrondissement en 2010. Ensuite, j’ai enchaîné avec la fac, mais j’ai abandonné parce que ça me plaisait pas. Je me suis réorienté en classe préparatoire pendant trois ans, ce qui m’a été bénéfique humainement surtout. Et ensuite, j’ai terminé sur une école de commerce à l’ISC Paris qui fait partie du réseau des grandes écoles de commerce où j’ai eu une spécialisation en marketing digital.

Majdeline
Ok, Peux-tu nous présenter ton parcours professionnel ?

Adilson
Alors, pendant mes études, j’ai eu beaucoup de petits jobs pour subvenir à mes besoins, street marketeur, ce genre de choses. Ma véritable première expérience professionnelle, c’était au sein de la banque BNP Paribas en stage de six mois. C’était un stage de césure où j’ai vraiment pu comprendre comment marchait une grande entreprise. La culture d’entreprise, ce genre de choses, comment se comporter et tout ce qui va avec. Ensuite, j’ai eu une expérience un peu plus enrichissante en partant en Argentine en stage, pour découvrir une autre culture. C’était dans une agence création, une petite startup argentine dans la seconde ville du pays. Ensuite j’ai fait mon stage de fin d’études suite à ma spécialisation en école de commerce au sein de Klox Entertainment. Où j’ai commencé à développer les compétences dont je me sers à l’heure actuelle.

Majdeline
On l’évoquait en début d’épisode. Tu travailles aujourd’hui chez Havas. Peux-tu nous présenter cette entreprise ?

Adilson
Alors Havas, c’est une des grandes agences de communication en France. C’est une agence française. Elle est située à Puteaux, à la lisière de la frontière parisienne. Elle dispose de beaucoup d’entités qui ont toutes leur spécialité. La création, le social et moi, j’ai été recruté dans l’entité qui gère l’achat programmatique qui s’appelle Havas Programmatic Hub, et cela depuis trois ans.

Majdeline
Qu’est-ce qu’un achat programmatique ?

Adilson
Alors, l’achat programmatique, c’est une technologie, le programmatique, comme on l’appelle ça communément. En réalité ça nous permet, via des plateformes, d’acheter des inventaires publicitaires qui peuvent être sur des sites, à la télévision, la télévision connectée… Et, rapidement, il faut le concevoir comme sur le marché de l’art dans lequel il y a des ventes aux enchères. C’est celui qui enchérit le plus, qui remporte l’impression publicitaire, par rapport à un autre annonceur ou à un autre trader qui va enchérir pour un autre annonceur.

Majdeline
Ok, c’est clair. Effectivement, Programmatic Trader, c’est un métier assez atypique. C’est quoi concrètement, ton activité et tes missions quotidiennes ?

Adilson
Alors, pour faire simple, je gère des campagnes publicitaires pour un annonceur, sur les canaux de communication online. Je fais de l’achat publicitaire au nom du client sur ces canaux. Ça peut être des campagnes avec différents types d’objectifs, de la notoriété pour la marque ou un produit, vendre un produit, rediriger vers le site du client ou inciter les gens à se rendre en magasin. Pour résumer, mes missions se résument par la mise en place d’une stratégie digitale via un plan média. Le paramétrage de la campagne techniquement sur des plateformes d’achat programmatique. La réalisation d’un rapport intermédiaire ou d’un bilan pour justifier les résultats auprès du client.

Majdeline
Alors pour ceux qui nous écoutent et qui aimeraient faire ce job, quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ?

Adilson
Je pense que ce qu’il faut surtout de l’organisation et de la rigueur. Bon, comme pour tous les jobs, je dirais. Dans un second temps, il faut avoir le goût du digital, de la culture web et des médias en général. Ensuite, troisièmement, la curiosité et l’esprit d’aventure. Parce que c’est un métier qui évolue forcément avec l’actualité du digital et il faut vraiment s’informer de certaines choses.

Majdeline
Ok, attention, la question Gagne-Pain : combien ça gagne un programmatic trader ?

Adilson
Alors ça dépendra forcément du type d’agence où on se trouve, du type de trading desk. Mais pour un junior, ça oscille entre 30 et 35K€ brut annuel et pour un senior entre 38 et 44K€ brut annuel. À ce sujet, je conseille la lecture de Combien gagne un Media Trader ?.

Majdeline
Ok, tu as parlé de trading desk. Qu’est-ce que c’est ?

Adilson
Un trading desk, c’est communément le nom qu’on assigne aux entreprises qui sont spécialisées dans l’achat programmatique. En réalité, Havas, est une agence de communication globale, qui opère aussi bien des campagnes de publicité classique traditionnelle, l’affichage dans la rue par exemple, ce genre de choses. Havas a à sa disposition un trading desk qui est Havas programmatic Hub.

Adilson
D’accord.

Adilson
Généralement, on peut aussi bien parler d’agence, de trading desk. Mais le trading desk est vraiment dédié à l’achat programmatique, de manière générale.

Majdeline
Adilson, forcément, dans tout métier, on a des tâches qui ne nous plaisent plus et d’autres qui nous plaisent moins. Chez toi, qu’est ce que c’est ?

Adilson
Alors moi, la tâche qui me plait le plus, c’est de mettre en valeur ce que j’ai fait aux yeux du client. Par conséquent ça passe par ce qu’on appelle le rapport intermédiaire et les bilans. Où, je présente les résultats de la campagne aux clients. Et c’est un élément que j’aime bien parce que c’est là où tu t’aperçois de ce que tu as pu apporter au cours du lancement, de la gestion de la campagne sur le long terme. Ensuite, il n’y a pas meilleure personne pour parler de ce qu’on fait que soi. Donc, à ce niveau-là, c’est vraiment une activité que j’apprécie. Ensuite, ce qui me plait nettement moins, ce sont les problèmes techniques qu’on peut rencontrer sur les campagnes qu’on lance. En réalité, une campagne, pour tout un tas de raisons, peut ne être pas diffusée. Et, finalement, cela nécessite un temps d’investigation sur les plateformes avec des supports et tout ça peut prendre beaucoup de temps. Et ça peut vraiment être fastidieux en termes de charge de travail, surtout si on n’a jamais rencontré ce problème lors des précédentes campagnes. Par conséquent, ça c’est une tâche qui est assez pénible.

Majdeline
Mais qui te permet de découvrir d’autres aspects de ton métier ?

Adilson
Exactement, qui permet aussi de mieux rebondir par la suite et l’expliquer aussi bien à d’autres collègues trader qui n’auraient jamais été confrontés à ce type de problème.

Majdeline
Ok, est-ce qu’il y a une journée type comme trader programmatic ?

Adilson
Alors oui, généralement il y a une journée type. Je commence par faire une veille digitale pour m’informer de l’actualité en général, sur tout les leviers digitaux, le social… Habituellement, le matin, on a aussi des réunions, que ce soit interne ou externe, avec des partenaires. On a la gestion des campagnes à réaliser, donc des optimisations à mettre en place en fonction des objectifs de la campagne. Du reporting a envoyer si nécessaire. Mais, cela peut être plus ponctuel. Habituellement il y a des déjeuners avec les partenaires parce qu’on a des partenaires privilégiés sur ce type de métiers, que ce soit les régies publicitaires, les partenaires, les plateformes technologiques aussi. Il y a également l’après-midi le paramétrage de nouvelles campagnes à mettre en place. Ou la mise en place d’un nouveau plan média, d’une stratégie digitale à développer pour une future campagne. Mais généralement, les journées ne se ressemblent pas forcément en fonction des circonstances de l’environnement du trader. Fréquemment, un trader peut avoir un compte ou plusieurs comptes et il va organiser ses journées en fonction.

Majdeline
D’accord, donc cela varie au regard de ton environnement ?

Adilson
Exactement

Majdeline
Adilson, quel est le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier ?

Adilson
Pour moi, le plus grand défi c’était de gérer la présentation d’un bilan de campagne auprès d’un annonceur qui est à l’étranger. Par conséquent c’est la nécessité de parler en anglais et surtout c’était l’une des premières fois que je faisais une présentation client de manière générale. Mon manager était hésitant à l’époque, mais pour ma part, je lui ai dit pas de souci, faudrait bien que j’apprenne un jour ou l’autre. Puis c’était une bonne occasion et ça m’a permis par la suite de recontextualiser ce que je faisais au quotidien, de le valoriser aussi. Par conséquent c’était un beau déclic.

Majdeline
Adilson, la communauté du gagne pain nous interroge régulièrement sur l’utilisation de l’anglais dans le travail. Est ce que dans ton métier c’est utile d’avoir un anglais professionnel ?

Adilson
Alors moi, à titre personnel, dans mes expériences, j’utilise l’anglais essentiellement pour discuter avec les plateformes. Les plateformes techniques, sont généralement gérées par des personnes qui se situent à l’étranger afin communiquer avec eux et résoudre des problèmes. J’utilise évidemment l’anglais. Après, il se peut qu’avec les clients, comme je l’ai dit précédemment, je sois amené à parler anglais. Mais jusqu’à maintenant, j’ai pas réellement de clients qui se situent à l’étranger. Je suis vraiment centré sur la France. Mais, l’anglais sur ce type de métier, cela dépendra si tu as un annonceur situé à l’étranger ou qui utilise tout simplement l’anglais dans ses relations professionnelles. Par conséquent, c’est surtout à ce niveau que l’anglais sera utile. Ça dépend forcément des circonstances. Dans le sens où un Media Trader, c’est absolument des tâches opérationnelles. En fonction de l’agence où il se trouve, les contacts client varient. Ainsi, selon le poste et l’agence cela peut être important.

Majdeline
On a déjà reçu une Media Trader. Quelle est la différence entre un Media Trader et un programmatic Trader ?

Adilson
Il y en a pas. C’est la même chose que programmatique trader. Tu sauras immédiatement que c’est quelqu’un qui achète via les technologies programmatiques. Je dirais que Media Trader, c’est juste pour valoriser l’aspect où tu achètes vraiment. Mais, les deux sont des synonymes. En soi, il n’y a pas réellement de différence. Je pense que Media Trader, tu pourrais également l’employer pour parler de quelqu’un qui gère des campagnes sur le social. Moi j’étais Media Trader, par exemple chez Klox Entertainment. J’avais réellement le titre de Media Trader. Je gérais des campagnes sociales en programmatique sur un écosystème digital vraiment très large. Et, je faisais aussi ce qu’on appelle des campagnes à la performance, via des mots clés sur Google.

Majdeline
Par conséquent la différence est extrêmement mince ?

Adilson
Il y en a même pas en vérité.

Majdeline
Ok.

Adilson
Je pense que le Programmatic Trader accentuera le côté expertise. C’est simplement ça.

Majdeline
Est-ce qu’il y a de bonnes formations pour faire ce métier ?

Adilson
Ben en fait, ce métier, il n’y a pas forcément de formation qui se prépare à ce type de métier. Parce le métier demande de gérer des budgets, les dépenses au nom d’un client pour tel ou tel objectif de campagne, pour telle ou telle marque, tel ou tel produit à mettre en avant. Par conséquent c’est forcément une activité que tu découvres en entreprise. Après, certaines formations préparent à la compréhension du digital de manière globale. Que ce soit en faculté, en école de commerce, en école de communication, tu as toujours des spécialisations labellisées marketing, digital, culture web et digital. C’est une bonne base. Après il y a des formations spécialisées. Je pense notamment à Oreegami. J’ai des collègues qui ont suivi cette formation. Mais, pour le coup, c’est vraiment un métier qui s’apprend en entreprise.

Majdeline
Est-ce que toi tu continues à te former régulièrement ?

Adilson
Avec Havas, j’ai la chance d’être informé de ce qui se passe sur l’actualité digitale via des veilles. On a des newsletters et tout pour s’enrichir à ce niveau. À titre personnel, je continue à me former, mais plus sur les langues.

Majdeline
OK. Est ce qu’il y a des certifications professionnelles utiles pour faire le métier de Programmatic Trader ?

Adilson
C’est une bonne question parce que oui, effectivement, il y en a sur les plateformes qu’on utilise. Il y a beaucoup de plateformes qui sont mises à notre disposition et ils nous font tous passer à leur rythme des certifications. Ce qui est bénéfique à plus d’un à plus d’un titre. Déjà aux yeux du client, ca certifie qu’on est expert par rapport à tel ou tel type de plateforme. Nous pouvons le valoriser à titre personnel sur notre CV. D’ailleurs, on peut de l’ajouter sur notre profil LinkedIn pour améliorer notre visibilité et montrer cette compétence.

Majdeline
Adilson, est-ce qu’il y a une différence entre le métier de Programmatic Trader et ce que tu imaginais avant de le faire au quotidien ?

Adilson
Je n’ai pas été forcément étonné parce que ce métier m’a été présenté lors de mes cours. Mais, j’ai plus été surpris, quand j’ai changé d’entreprise. Quand je suis passé de Klox à Havas en fait, car ce sont des réalités qui sont totalement différentes. Havas c’est un grand groupe, on a des partenaires privilégiés, on a beaucoup de choses qui sont mis à notre disposition pour opérer et gérer des campagnes. Par conséquent ça permet de développer des compétences plus poussées et plus variées. En soi, on jongle avec des budgets qui sont plus conséquents, donc ça nous offre beaucoup de possibilités en termes de faisabilité et de variété de missions.

Majdeline
Est-ce que tu as des conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ?

Adilson
Le principal conseil, c’est d’aiguiser son goût du Digital d’apprendre au quotidien à un rythme régulier pour s’informer de l’actualité. Ça permet de valoriser son discours dans ce métier. Ensuite, de contextualiser ce qu’on fait. Parce que avec ce type de métier très opérationnel, quand on débarque comme junior, c’est vraiment opérer des campagnes pour opérer des campagnes. Derrière, on le valorise pas, on se rend pas compte de l’impact que ça peut avoir. Ensuite, je trouve que c’est cool de le prendre dans ce sens. Ensuite, mine de rien, c’est un métier qui nous apprend beaucoup sur la population française en général, comment elle consomme des contenus. Il y a une valeur sociologique, je dirais, et c’est toujours intéressant, mais en tout cas ça me passionne.

Majdeline
Donc, avoir un esprit ouvert à l’environnement et apprendre en entreprise, finalement ?

Adilson
Exactement. Je dirais que c’est comme dans tout type de métier, mais encore plus sur celui-là, comme c’est un secteur qui évolue beaucoup.

Majdeline
Est-ce que tu pourrais nous conseiller des films, des séries, livres, podcasts en rapport avec ton métier ?

Adilson
Malheureusement, c’est un nouveau métier. Je pense pas qu’il y ait une littérature hyperdéveloppée sur ce métier. Le seul film qui me vient à l’idée, c’est Mad Men. C’est parce que j’aime beaucoup les séries, et ça parle du milieu de la publicité. En termes de podcast, ce que je conseille, c’est The Programmatic Society. C’est disponible sur YouTube et sur les plateformes de contenus audio type Spotify, Deezer. On nous explique beaucoup de choses sur l’univers du programmatique, du digital de manière plus globale. Que ce soit dans le monde des agences, sur tout type de sujets, que ce soit la diversité dans les agences, ou ce genre de choses.

Majdeline
Pour conclure, est-ce que tu souhaites ajouter quelque chose ?

Adilson
Alors je dirais que si le digital vous plait, ce métier est une belle porte d’entrée dans cet univers. Ensuite, derrière cela peut vous ouvrir la porte à d’autres postes. Que ce soit dans la même entreprise ou dans des entreprises partenaires avec lesquelles vous serez amenés à collaborer.

Majdeline
Quelles évolutions envisages tu pour la suite ?

Adilson
Je me sens très bien chez Havas. Je considère que j’ai encore des choses à apprendre. Mais, j’envisage aussi de retourner dans le secteur dont je parlais, la musique. C’est vraiment une activité qui me passionne, mais toujours sur le type de métier que je fais en relation avec le digital.

Majdeline
D’accord, et bien on te souhaite le meilleur pour la suite. Merci !

Adilson
Merci. À bientôt.

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