Les enjeux de l’accessibilité numérique et de l’inclusion dans les métiers du digital
Notes du podcast et liens utiles :
Notre invité : Fabienne Latxague – Profil LinkedIn
Interview faite par : Bertrand Jonquois – Profil LinkedIn
Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier d’Atelier Accessibilité Numérique
Bertrand
Merci Fabienne d’avoir accepté notre invitation. Fabienne Latxague est Head of UX chez UserADgents, une agence digitale mobile first. Fabienne a piloté un guide pratique sur l’Accessibilité Numérique. Comment rendre vos sites Web et vos applications accessibles au plus grand nombre ? Un guide très complet publié en mars 2025. Fabienne est donc bien placée pour répondre à nos questions concernant l’Accessibilité Numérique. Mais avant ça, est-ce que tu voudrais te présenter en quelques mots ?
Fabienne
Oui, merci Bertrand pour cette invitation. En quelques mots et pour faire un lien avec l’accessibilité, j’aime bien dire que finalement, je suis né dedans puisque je l’ai rencontré chez Apple, dans mon premier job. Chez Apple, dans les années 90, c’était l’intuitivité des interfaces. A l’époque, on disait que « c’était la machine qui devait s’adapter à l’homme et non l’homme à la machine ». Donc ça m’a marqué dans ces premières années de carrière. Après, j’ai travaillé chez SFR sur des premiers services sur téléphone mobile. Et puis dans diverses sociétés, jusqu’à aujourd’hui, et intégrer UserAdgents. Et ça fait 10 ans que je travaille dans cette agence. Finalement, ce qui m’a animé depuis le début, c’est de travailler sur des interfaces et des services qui soient faciles à utiliser, accessibles pour le plus grand nombre, pour des services qui soient utiles. C’est ça qui fait le lien, finalement, avec notre discussion d’aujourd’hui.
Bertrand
Merci Fabienne. L’atelier du Gagne-Pain a pour objectif de proposer des conseils pour trouver un job et construire sa carrière dans le digital. Comme discuté pour préparer cet entretien, j’aimerais t’interroger sur l’Accessibilité Numérique, notamment sous l’angle de l’impact sur les métiers. Si tu en es d’accord, on pourrait commencer notre entretien avec un certain nombre de thèmes. C’est quoi l’Accessibilité Numérique ? Quel est le cadre réglementaire de l’Accessibilité Numérique ? Comment expliquer des recommandations utiles pour ceux qui nous écoutent et comment s’y mettre concrètement ? Si ça te va, on peut commencer par, c’est quoi l’Accessibilité Numérique ?
Fabienne
Oui, c’est important de commencer par ça parce que l’accessibilité, ce n’est pas nouveau du tout. C’est aussi vieux que le Web et ça en est même un principe fondateur. L’idée de l’accessibilité, c’est que les services en ligne soient utilisables par tous, quel que soit l’équipement, tes capacités ou le contexte dans lequel tu te trouves. Et ça, dès le début, finalement, c’est né avec le Web. Dès le début, ça s’est traduit par des normes. Des normes qui ont été rédigées par les gens du MIT. Et c’est ça qu’on appelle le WCAG, les Web Content Accessibility Guidelines.
Bertrand
D’accord. Et donc ça, ça régit globalement la façon dont on crée un site Web. Et puis plus tard, comment on crée une application mobile ?
Fabienne
Oui, en tout cas les critères d’accessibilité à respecter pour que ces services soient en effet utilisables par tout le monde. Donc, tu as eu ce WCAG qui a été finalement cette norme internationale avec des niveaux, le A, le AA, le triple A. Et en France, on a adapté ça avec le RGAA, le Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité. L’idée, c’était d’avoir un référentiel qui facilite la recette des services pour vérifier qu’en effet, il respectait bien ces critères à l’origine.
Bertrand
D’accord. Toutes ces règles ont aussi pour but de s’adresser à tout le monde. Ça veut dire y compris aux personnes qui ont des handicaps ?
Fabienne
C’est ça. Ce qui est intéressant de voir, c’est qu’il y a effectivement les handicaps qui sont visés. Là, on sait les quatre grands types de handicaps : Les handicaps visuels, moteurs, auditifs, cognitifs. Donc cognitifs, pour tout ce qui est lié à la compréhension, à la mémorisation, à la concentration. Mais ce qui est moins évident, c’est de penser qu’on ne parle pas seulement des handicaps : On parle des situations de handicap. Et là, les situations de handicap, elles peuvent être permanentes, effectivement, pour les personnes qui sont malvoyantes, pour des personnes qui sont sourdes ou dyslexiques, par exemple. Mais elles peuvent être aussi temporaires. Et temporaires, ça touche tout le monde. Quand on a une infection dans l’œil, c’est temporaire.
Bertrand
Quand on a le bras dans le plâtre ?
Fabienne
Exactement, ça ne va pas durer toute la vie. On peut être dans un contexte avec une lumière très, très forte et que l’on essaye de regarder son téléphone. Parfois, on n’y voit rien à cause du soleil. Ou alors, dans le métro et on n’a pas ses écouteurs. Ca peut être l’écran de ton téléphone qui est cassé. Ou alors si tu as une mauvaise connexion Internet. Donc, en fait, ce sont des situations aussi de handicap. Ce n’est pas seulement les handicaps permanents. Et c’est pour ça que finalement, ces règles, ces critères d’accessibilité, elles touchent tout le monde. On a l’habitude de dire que tu as à peu près un quart de la population qui est touchée par des handicaps lourds, des déficiences lourdes. Mais si tu l’étends aux situations de handicap, finalement, tout le monde, à un moment donné, peut être touché par l’accessibilité ou être concerné par l’accessibilité.
Bertrand
Maintenant, quand on regarde les entreprises qui sont confrontées à ces situations de handicap, que font-elles aujourd’hui ?
Fabienne
Ça dépend des entreprises. Certaines sont mobilisées et d’autres non. En tout cas, jusqu’à fin juin 2025, certaines pouvaient considérer que ce n’était pas leur sujet. Il y avait cette notion de situation de handicap qu’elles n’avaient pas forcément en tête. Il y a deux chiffres, qu’on a d’ailleurs mis dans notre Guide pratique sur l’accessibilité numérique, qu’on a publié en mars. Il y a moins de 1% des sites qui étaient réellement accessibles en 2023.
Bertrand
C’est très peu…
Fabienne
Très, très peu. Et début 2025, il y avait 68% des gros acteurs du e-commerce qui n’avaient toujours pas de site accessible.
Bertrand
D’accord. Donc, il y a beaucoup de travail et il y a aussi beaucoup de travail pour des acteurs comme vous pour accompagner ces marques et faire en sorte qu’ils soient plus accessibles.
Fabienne
Oui, et l’accompagnement, finalement, il se fait en deux temps. Il se fait par des acteurs comme nous qui accompagnons les marques d’un point de vue transversal sur tous les sujets. Et l’accompagnement, il peut aussi se faire par des sociétés spécialisées. Et nous, on travaille vraiment main dans la main avec ces sociétés expertes comme Urbilog, comme IPedis ou Access42. Et c’est aussi pour ça qu’on a fait ce guide, parce que fin juin 2025, il se passait quelque chose…
Bertrand
On va y revenir. Deuxième partie de notre entretien, le cadre réglementaire et les changements en juin 2025. Quelle est la réglementation sur ces sujets aujourd’hui ?
Fabienne
Il y a le Cadre européen, donc European Accessibility Act, qui oblige à rendre accessibles les sites et les applications. Et comme je le disais tout à l’heure, en France, on s’est basé sur le RGAA. Donc, on avait une obligation d’accessibilité qui ne concernait que le secteur public et les entreprises de plus de 250 millions de chiffres d’affaires.
Bertrand
Ça, c’était la réglementation française telle qu’elle était avant juin 2025 ?
Fabienne
Oui et depuis le 28 juin 2025, cette obligation s’est étendue aux entreprises du secteur privé. Et finalement un peu à toutes les entreprises, car ça concerne les entreprises qui ont plus de 10 salariés avec un chiffre d’affaires de plus de 2 millions d’euros. Et pour tous les nouveaux services. C’est une notion intéressante parce que les nouveaux services qui sont mis en ligne après cette date du 28 juin, mais ça peut être aussi les refontes de services existants. Donc, il ne faut pas penser qu’une mise à jour en profondeur d’un service qui existe depuis deux, trois ans ne serait pas concerné par cette nouvelle réglementation.
Bertrand
Donc, notre interview tombe à point nommé, parce qu’évidemment, c’est un cadre très important et ça contraint les entreprises à faire plus d’efforts sur l’accessibilité de leurs services ?
Fabienne
Oui, et en tout cas, ça les contraint à vraiment prendre conscience parce que finalement, pour être en conformité, il suffit de publier une déclaration d’accessibilité avec un niveau de conformité. Donc, il faut auditer son site ou son application. Il faut simplement publier le fait que l’on n’est pas conforme, partiellement conforme ou totalement conforme. Et surtout publier un plan d’action sur plusieurs années qui montre la façon dont on va améliorer l’accessibilité de son service.
Bertrand
Quelles sont les contraintes ?
Fabienne
Les contraintes, c’est une amende de 25 000 € pour les entreprises et qui se répète tous les six mois, si rien n’est fait. Mais je dirais que c’est presque plus symbolique, parce que finalement, l vrai sujet, c’est de laisser de côté un quart de son audience si on ne traite pas l’accessibilité. Alors que dans le e-commerce, on cherche à gagner un dixième de point de conversion. Donc, ce n’est pas logique de ne pas commencer par ça. Finalement, la pénalité que l’on s’auto-inflige en ne respectant pas l’accessibilité, c’est d’être moins performant, en termes d’usabilité et en termes de SEO.
Bertrand
Ça a un impact sur le SEO ?
Fabienne
Oui, bien sûr. Parce que tu as tous les labels qui doivent être mis pour que les images soient lues par les lecteurs d’écran. Ces labels, ils sont aussi reconnus par les moteurs de recherche.
Bertrand
Donc, Google fait un travail là-dessus pour améliorer l’accessibilité ?
Fabienne
Oui, tout ce qui est dans le code sert à être mieux indexé. Et puis, au final, la plus grosse amende que tu as, c’est une amende en termes d’images de marques. Il suffit que ton site ne soit pas accessible et que tu aies une association de personnes en situation de handicap qui commence à faire un recours. Et là, ça coûte beaucoup plus que 25 000 € en termes d’images de marque.
Bertrand
Je comprends. La troisième partie de notre entretien, ce sont tes recommandations pour bien comprendre l’impact de l’accessibilité dans les métiers du numérique. Qu’as-tu comme recommandation à faire ?
Fabienne
Oui, alors moi, je dirais, il y a effectivement les gens qui ont fait leur métier de l’accessibilité. Mais tous ceux qui travaillent dans le numérique sont concernés. Les Designers, les Développeurs, les Product Managers, les Chefs de Projets. Donc, tout le monde est concerné par l’accessibilité et tout le monde doit maîtriser au moins les bases de l’accessibilité. Et quand on parle d’accessibilité, ça va même au-delà. On peut étendre ça au RGPD pour le respect de la vie privée et à l’éco-conception.
Bertrand
J’ajoute juste qu’effectivement, ces sujets, on les a déjà traités dans le podcast. Donc, si les gens sont intéressés par ces sujets-là, tout ce qui concerne le RGPD et l’éco-conception, on mettra des liens aussi vers des métiers qui ont déjà été évoqués dans le podcast.
Fabienne
Voilà, ce qui est important, c’est de ne pas être « siloté » et tous les métiers du numérique doivent avoir une base transversale de compétences, autant sur l’accessibilité, que le respect de la vie privée, que l’écoconception. Et puis chaque profil, selon son expertise, va mettre en œuvre du mieux possible ces guidelines. Bien sûr, c’est un travail d’équipe, mais c’est vrai qu’il y a quand même une grande partie qui repose sur le Design d’Interface, à proprement dit, et sur le développeur.
Bertrand
D’accord. Donc, les designers et les développeurs sont au cœur de ce sujet. Mais il faut tout de même qu’il y ait une décision qui soit prise au-dessus pour dire « on y va » ?
Fabienne
Oui, il faut une impulsion, il faut une ambition. Et après, c’est vrai que l’on a des guidelines iOS, Material Design (Google) ou Flutter, qui, de toute façon, donnent une bonne base. Si on respecte ces guidelines, on garantit quand même un certain niveau d’accessibilité.
Bertrand
Fabienne, respecter les guidelines, ça veut dire respecter les normes qu’imposent, disons, Google, Apple, Flutter, pour la conception des sites ou des applications ?
Fabienne
Oui, qu’ils imposent et qui nous aident, parce que respecter ces guidelines c’est déjà un gage de qualité.
Bertrand
Si on fait ça, c’est déjà pas mal ?
Fabienne
C’est déjà pas mal, c’est déjà très bien, mais ça ne garantit pas une totale accessibilité. Parfois, on a des choses sur mesure à imaginer, à faire, à développer. Et donc, c’est là qu’interviennent les spécificités des différents métiers. Le rôle de l’UX que ça va être davantage de penser le service pour tous ses utilisateurs, y compris ceux en situation de handicap. Donc, ça va se traduire par la recherche utilisateur, par l’observation des comportements, des usages. Le rôle de l’UX, ça va être aussi de travailler sur des parcours simples, des parcours courts, avec un contenu clair, hiérarchisé. De pratiquer évidemment des tests utilisateurs en situation de handicap et de faire des audits qui intègrent l’accessibilité pour faire des recommandations d’optimisation. Souvent, les clients aussi viennent nous voir avec ça comme première demande. Voilà mon site, dites-moi où j’en suis, faites-moi un état des lieux. Et donc, on intègre l’accessibilité. Donc ça, c’est l’UX. Ensuite, tu vas avoir l’UI.
Bertrand
Donc, User Interface (Interface Utilisateur) ?
Fabienne
La User interface, qui va être finalement : Comment je mets en scène ce service ? Comment je facilite l’interaction ? Comment je rends des feedbacks positifs à l’utilisateur quand il fait une action ? Et là, c’est vrai que les guidelines, iOS, Matérial Design ou Flutter ne suffisent pas. Quand on a besoin de faire des modules un peu spécifiques comme un comparateur ou faire de la Data Visualisation dans une application, par exemple, bancaire On a besoin de voir des courbes, des camemberts…
Bertrand
Pour gérer son compte ?
Fabienne
Oui, et l’information ne doit pas être uniquement portée par le visuel. Il faut qu’il y ait du texte associé. Donc, tout ça, c’est vraiment le métier de l’UI, de tenir compte de ces critères d’accessibilité quand il est obligé d’aller au-delà des composants qui sont un peu normés par iOS, Material Design et Flutter.
Bertrand
Fabienne, lorsque l’on a préparé cette interview, tu as aussi cité quelques exemples qui me semblent intéressants pour d’expliquer à nos auditeurs. Tu as parlé, de la taille des caractères, de la possibilité d’augmenter les caractères pour qu’ils soient visibles, notamment pour les personnes à déficience visuelle. Est-ce que tu peux en dire un mot ?
Fabienne
Oui, c’était plus un exemple pour les applications mobiles. Là, encore un nouvel acronyme, ça fait partie des critères du RAM, le référentiel d’accessibilité des applications mobiles. Le critère, c’est qu’en effet, l’interface doit rester consultable et lisible, même quand tu agrandis les caractères 200%. Ça, c’est un travail conjoint entre l’UI et le développeur. Parce que l’UI doit penser sa maquette, en tout cas, vérifier sur Figma par exemple, quand on grossit à 200%, est-ce que la maquette tient la route et le développeur doit la mettre en œuvre. Donc, c’est un travail conjoint, le développeur sera d’autant plus aidé que la maquette aura été pensée pour ça.
Bertrand
Ok, excellent. On peut passer à la quatrième partie de notre interview, si tu le veux bien. Comment s’y mettre concrètement ? Et là, j’aimerais bien que tu nous expliques globalement comment on fait quand on démarre dans les métiers de l’UX ?
Fabienne
Oui, il y a des formations, il y a des certifications. C’est intéressant et on le verra pour son CV, c’est intéressant de mettre ça en avant. Après, la meilleure façon de progresser, c’est de pratiquer. Et la pratique dans l’UX, ça commence par l’observation. Donc, observer son environnement, observer les gens qui sont en situation de handicap. Et ça peut passer par les gens de sa famille, des seniors, ses grands-parents qui n’arrivent pas à faire un « Double Tap » rapide sur une application mobile. Ça, c’est une situation de handicap. Donc, comment éviter de faire ce qu’on appelle les « gestures », de faire des gestes qui sont trop compliqués ou en tout cas de lui proposer une alternative. Donc, comment s’y mettre ? C’est observer. Quand on a la chance d’être sur un projet où il y a effectivement une société experte, spécialiste de l’accessibilité, on progresse très, très vite parce qu’ils challengent, ils aiguillonnent. Il y a évidemment tous les outils qui sont à disposition. Les designers vont utiliser des plugins Figma pour tester l’accessibilité des maquettes. Les développeurs chez nous, ici, ils utilisent SonarQube, ils utilisent Google Lighthouse. Ça permet d’avoir des repères.
Bertrand
Comme tout à l’heure, on mettra les liens vers toutes les sociétés que tu cites, tous les services que tu cites pour que tout le monde puisse y avoir accès facilement.
Fabienne
Et puis, je dirais que comme pour tout, il faut continuer à suivre le sujet via des webinars, des articles, se former en continu. On se rend compte à l’agence qu’il y a eu un vrai shift depuis fin juin 2025.
Bertrand
Donc la législation impulse une nouvelle dynamique sur l’accesssibilité ?
Fabienne
Oui, c’est le sentiment qu’on a. Est-ce que ce sont les départements juridiques dans les entreprises qui ont mis un petit coup de pression en interne, je ne sais pas. Mais les entreprises sont plus demandeuses. Et du coup, pour les jeunes qui nous écoutent, mettre en avant des compétences en accessibilité sur un CV, au-delà de certifications. Montrer, par exemple, des projets sur lesquels ils ont pu travailler avec un score d’accessibilité qui a été fait. C’est la meilleure des preuves d’une compétence qui est acquise.
Bertrand
Excellent. Fabienne, en conclusion, que souhaiterais-tu ajouter, notamment, pour accompagner ceux qui nous écoutent avec d’autres conseils ?
Fabienne
Oui, les conseils du vieux sage. Le premier conseil, ce serait qu’il ne faut pas prendre l’accessibilité comme une contrainte et qu’il ne faut pas se laisser impressionner par toutes ces guidelines. On a vu beaucoup d’acronymes, mais au final, ce sont plutôt des outils qui nous aident à améliorer la qualité des services que l’on conçoit. J’aime bien l’analogie des artisans qui ont des bons outils pour faire du bon travail. Mon deuxième serait d’observer au quotidien les usages. De repérer toutes les situations de handicap pour que petit à petit, ça devienne naturel d’y penser dans tous les sites ou les apps que l’on Design. Finalement, l’accessibilité, c’est plus un état d’esprit qu’une série de critères à appliquer. Et c’est d’avoir cet état d’esprit qui va contribuer à un numérique plus éthique et plus inclusif. Et ça, c’est quand même une vraie raison de se lever le matin pour aller travailler.
Bertrand
Donc, toujours un peu un conseil qui revient dans nos interviews, être curieux, regarder autour de soi, qu’est-ce qui se passe, voir les utilisateurs se comporter, comment ils font ?
Fabienne
Oui, exactement. Parce que dans tous les cas, les interfaces évoluent très rapidement. Cette série de critères-là, peut-être que demain, elle sera complètement remise en cause. Mais en tout cas, si on a l’état d’esprit, si on a cette culture, on s’adaptera très vite.
Bertrand
Ok. Dernière question, Fabienne. Pour ceux qui ont aimé cet entretien et qui ont envie de discuter avec toi, comment est-ce qu’ils peuvent faire ?
Fabienne
Via mon compte LinkedIn, c’est parfait.
Bertrand
Ok, merci beaucoup.
Fabienne
Merci à toi, Bertrand.

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Thank you for your kind comment.