Les missions, salaires et parcours pour réussir en Design Ops
Design Ops Salaire
De 35-40k€ (junior) à 50-55k€ (senior) brut/an, selon l’expérience.
Design Ops Formation
Parcours en design (web/design, licence ou master) + expérience designer, formations courtes.
Design Ops c’est quoi
Le Design Ops facilite le travail des designers : outils, méthodes, ateliers, gouvernance.
Notes du podcast et liens utiles :
Notre invité : Marie-Valentine Gallon – Profil LinkedIn
Interview faite par : Bertrand Jonquois – Profil LinkedIn
Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de DesignOps
Bertrand
Merci beaucoup Marie-Valentine d’avoir accepté l’invitation du Gagne-Pain. Tu es Design Ops chez Mirakl. On va avoir l’occasion d’expliquer ça et de lever le voile sur ce métier et sur cette entreprise. Mais avant, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
Marie-Valentine
Je suis Marie-Valentine, une Bretonne qui habite à Paris depuis une dizaine d’années et qui nourrit le rêve d’y retourner un jour.
Bertrand
Comme tous les Bretons ?
Marie-Valentine
Oui, je viens de Vannes, dans le sud de la Bretagne, et j’ai 31 ans. Je suis Design Ops chez Mirakl.
Bertrand
Ok. Est-ce que tu peux, avant qu’on parle de ton entreprise et de ton métier, expliquer ton parcours académique ? Qu’as-tu fait pour arriver là ?
Marie-Valentine
Moi, j’ai un parcours un petit peu haché en plusieurs étapes, mais tout s’est très bien passé finalement. Moi, j’ai passé mon bac en 2011, un bac économie et sociale en Bretagne. Ensuite, j’ai fait une licence, puis une pause, ensuite un master. C’est un parcours hachuré, mais qui s’est très bien terminé. J’ai fait une licence Info-com à Angers. Une licence très intéressante qui mêle technique, professionnelle et sociologique, un peu plus dure. Néanmoins, j’ai eu un stage qui s’est un peu moins bien passé en fin de licence, qui m’a un petit peu dégoûté du monde du travail. Et après ça, j’ai eu besoin de faire une pause pour me recentrer, trouver d’autres ressources en moi.
Bertrand
Tu as bougé, tu as voyagé pour changer d’air ?
Marie-Valentine
Effectivement, j’ai bougé en France, à l’étranger, en Asie. J’ai travaillé via un stage, du volontariat à l’étranger. Ça a été deux années d’exploration, autant personnelles que professionnelles, mais qui m’ont requinqué après pour reprendre mes études ensuite en master à Paris, Gustave Eiffel, dans le master CMW en alternance.
Bertrand
D’accord, CMW, c’est technique du Web ?
Marie-Valentine
Oui, Culture et Métier du Web.
Bertrand
Là, tu as fait de l’alternance et ça t’a rabiboché avec l’entreprise ?
Marie-Valentine
C’est ça. Grâce à l’alternance, j’ai intégré IBM où j’ai appris le métier de designer. Ça a été une révélation parce que c’était vraiment tout ce que j’aimais faire dans un seul métier. Je ne connaissais pas ce métier, je l’ai appris sur place. Et depuis, je suis Designer.
Bertrand
Merci Marie-Valentine. Est-ce que maintenant, tu peux nous expliquer dans quelle entreprise tu travailles ?
Marie-Valentine
Oui, je travaille chez Mirakl, qui est une entreprise française dans la tech. Donc, c’est une Licorne. C’est-à-dire que c’est une entreprise qui a beaucoup grossi ces dernières années.
Bertrand
C’est une belle entreprise de la French Tech, comme on dit. Que fait-elle précisément ?
Marie-Valentine
On fait un logiciel B2B, qui s’adresse aux professionnels. Ce n’est pas un logiciel qu’on peut utiliser en tant que personne lambda dans la rue. On travaille dans le domaine du e-commerce. Très concrètement, nos clients, par exemple, sont Maison du Monde ou La Redoute. Avant, Maison du Monde ou La Redoute, ne vendaient que leurs produits sur leur site internet. Grâce à notre logiciel, ils peuvent vendre les produits d’autres vendeurs externes.
Bertrand
Ça permet de créer des places de marché spécifiques ?
Marie-Valentine
C’est ça, des marketplaces, exactement. Ça permet à ces beaux sites internet français de concurrencer Amazon. Nous, on s’adresse aux professionnels qui travaillent chez La Redoute ou Maison du Monde.
Bertrand
Excellent, c’est très clair. Est-ce que maintenant, tu peux expliquer ton métier ?
Marie-Valentine
Oui, je suis Design Ops. « Ops » est l’abréviation d’opérations. On pourrait traduire ça en français par chargé des opérations design. Je travaille au sein d’une équipe d’une dizaine de product designers. Les product designers, ce sont les designers qui travaillent sur les produits qu’édite Mirakl. Je travaille avec le head of Design quotidiennement. Mon objectif, c’est de supporter l’équipe dans ces productions.
Bertrand
Ça veut dire que quand on parle de design, pour bien expliquer à ceux qui nous écoutent, c’est ce qu’on voit quand on accède aux plateformes de Mirakl ? On accède via une interface web ou une interface mobile et c’est ce qu’on voit. Ce que tu fais, c’est améliorer ce qu’on voit et comment on l’utilise ?
Marie-Valentine
C’est ça. Le métier des product designers, comment on fait évoluer les produits de Mirakl, les interfaces. Que ce soit pour améliorer l’expérience utilisateur, mais aussi pour intégrer des nouvelles fonctionnalités ou créer des nouveaux produits. Ça permet effectivement à la fois d’utiliser mieux le produit, mais aussi d’utiliser mieux les autres produits.
Bertrand
Pour bien comprendre comment on peut accéder à tous les produits ?
Marie-Valentine
Il a cinq produits Mirakl. Ces cinq produits qui peuvent être utilisés séparément, mais l’objectif, c’est que ces cinq produits puissent avoir une continuité entre eux aussi. Et donc, mon objectif, c’est que les designers qui travaillent chacun sur des produits de Mirakl puissent avoir cette continuité d’expérience design à travers toutes les interfaces.
Bertrand
Ok, l’interface principale, c’est le Web ? Ça reste le Web pour le B2B ?
Marie-Valentine
Oui, on n’a pas d’interface spécifique pour le mobile. On travaille sur des logiciels métiers, donc des personnes travaillent sur des ordinateurs, principalement.
Bertrand
Peux-tu nous expliquer tes missions quotidiennes ? Quelles sont les principales missions quotidiennes d’une Design Ops ?
Marie-Valentine
Oui, les missions sont très variées. Je peux donner 4 exemples non exhaustifs. Ce sont les missions principales que je peux faire en tant que Design Ops. Il y a les outils, les méthodes de travail, les workshops ou les ateliers de travail collaboratifs ou encore le Design System.
Bertrand
Ok. Si on s’arrête sur chacune de ces missions non exhaustives, mais importantes, est-ce que tu peux expliquer les outils ? Ça veut dire quoi ? Quels outils vous utilisez ? Comment vous travaillez avec les outils ?
Marie-Valentine
Oui. Designer, c’est un métier dans la tech, dans le numérique. On utilise essentiellement des outils pionniers dans le marché comme Figma. Mais moi, mon rôle, c’est aussi d’aller voir d’autres outils qui vont nous permettre de mieux travailler. Aujourd’hui, Figma est le leader, mais il y a d’autres outils comme Penpot, par exemple, que je regarde. Je fais de la veille sur ces outils pour savoir comment mieux travailler au quotidien.
Bertrand
Donc, ça veut dire que tu analyses les différents outils du marché et après, tu proposes une utilisation de ces outils dans les équipes ?
Marie-Valentine
Oui, ainsi que l’implémentation et la formation, tout ce qui va autour de l’outillage.
Bertrand
Après, tu as parlé dans tes missions des méthodes de travail. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?
Marie-Valentine
Oui. Il y a plein de méthodes dans le métier de designer, que ce soit des méthodes autour de la création d’interfaces, mais aussi de la User research, la recherche utilisateur, ou de l’IA. C’est mon rôle aussi d’uniformiser les méthodes de travail pour que tous les designers puissent travailler avec les mêmes bases communes.
Bertrand
D’accord. L’idée est, à la fois, de sélectionner les meilleurs et de faire en sorte que l’ensemble des designers travaillent avec les mêmes outils. Pour mettre en place une expérience uniforme sur les différents produits ?
Marie-Valentine
Et aussi d’intégrer ces méthodes à notre mode de travail. Les méthodes, ce sont des outils très théoriques et moi, mon rôle, c’est aussi de faire en sorte qu’elles soient opérationnelles dans notre équipe par rapport à notre environnement de travail.
Bertrand
Tu avais utilisé l’expression « mettre de l’huile dans les rouages », c’est là qu’on retrouve ça. Tu vas faire en sorte que ça fonctionne bien, qu’il n’y ait pas d’accro et que tout le monde comprenne bien comment d’utiliser ces outils ?
Marie-Valentine
C’est ça. L’idée, c’est que les designers peuvent apporter des idées et des solutions. Mais que ce ne soient pas des initiatives individuelles, mais que ce soit collectif et que je sois la personne de référence pour la mise en place de ces méthodes et de ces outils.
Bertrand
Tu as parlé d’ateliers ou des workshops. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?
Marie-Valentine
C’est un peu une méthode de travail qui vient du design, mais dont l’objectif, c’est de l’implémenter au sens large dans l’entreprise. Ça vient du domaine du Design Thinking, quelque chose qui était très américain. Mon rôle, c’est d’être une facilitatrice. Je veux que les équipes, les métiers différents puissent bien collaborer ensemble et je vais créer, organiser et animer des ateliers de travail collaboratifs pour justement mettre plus d’huile dans les rouages et faire en sorte que les différents métiers puissent travailler ensemble.
Bertrand
Les ateliers, tu en organises combien ? une fois par mois ?
Marie-Valentine
C’est à la fois pour les designers et pour les développeurs. Quand on développe des logiciels, c’est une boîte de Lego avec des composants qui permettent aux designers et aux développeurs de créer et de développer plus rapidement et avec plus d’harmonie des interfaces Web.
Marie-Valentine
D’accord.
Marie-Valentine
Et donc c’est un outil qui évolue constamment en fonction des besoins des équipes et du produit. Et moi, mon rôle là-dedans, c’est d’assurer qu’il y ait une gouvernance. Et de communiquer les mises à jour de ces composants pour que tout le monde puisse bien utiliser cette boîte de Lego à bon escient.
Bertrand
Ok, chacun fait un peu de Lego, mais tous avec les mêmes Lego.
Marie-Valentine
C’est ça, et avec les mêmes règles.
Bertrand
Excellent. Effectivement, tu avais dit que ça change très vite. C’était un des sujets que tu avais évoqués sur ton métier. Donc, on le retrouve là. Ça veut dire qu’à chaque fois, il faut s’adapter. Tout le temps ?
Marie-Valentine
Et il y a toujours des nouvelles méthodes, toujours des nouveaux outils, surtout là, avec l’IA, il y a beaucoup de choses qui sortent. L’idée, c’est d’être en veille, de voir les points positifs des nouvelles choses qui sortent et en même temps, de ne pas toujours changer les modes de travail non plus. C’est d’être ouvert sur le monde et intégrer les bonnes choses qui sont intéressantes pour l’équipe.
Bertrand
Il faut être curieux ?
Marie-Valentine
Oui.
Bertrand
Ok. Est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier ?
Marie-Valentine
Moi, en tout six ans, j’étais une pure designer. J’ai créé des interfaces sur plein de projets différents. Et en fait, au bout de six ans, ce n’est pas que je me suis un petit peu lassée, mais j’avais envie d’aller un peu plus loin dans la résolution de problèmes. Aujourd’hui, je suis Design Ops, mais je considère que je suis quand même designer. La base du métier, c’est de partir d’un problème, que ce soit un problème métier ou un problème global, et de trouver des solutions. En tant que design Ops, mes solutions ne sont pas limitées au digital. Je ne vais pas que créer des interfaces. Mes solutions, elles sont dans l’organisation des équipes, elles sont dans les outils, dans les méthodes. J’ai plein de terrains de jeu différents pour trouver des solutions à mon équipe. Et l’idée, c’est justement de tester, d’itérer, de mettre en place, de voir si ça fonctionne, si ça ne fonctionne pas et de recommencer.
Bertrand
C’est très opérationnel. C’est aussi pour ça qu’on retrouve le Ops. Ça veut dire que c’est vraiment dans l’action, dans les choses opérationnelles ?
Marie-Valentine
Au quotidien avec les équipes, les mains dans le cambouis.
Bertrand
Marie-Valentine, est-ce que maintenant, tu peux nous parler des principales compétences pour ce job de Design Ops ?
Marie-Valentine
Moi, je dirais trois compétences principales. La première, le savoir tech. La deuxième, les savoirs en communication. Et la troisième, tout ce qui tourne autour de l’autonomie et de la gestion de soi.
Bertrand
Ok. Si on revient sur la partie tech, le savoir technique, qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?
Marie-Valentine
Pour moi, il me semble difficile de vouloir être Design Ops sans avoir été designer déjà avant. Le métier consiste à faciliter et à accompagner des designers. Donc, il me parait très important d’avoir toutes les compétences qu’ont les designers au quotidien. C’est-à-dire le maquettage, les outils, les méthodes de travail. On peut difficilement supporter d’autres personnes si on n’a pas ces compétences soi-même déjà d’abord.
Bertrand
Donc, c’est un peu classique, disons, dans l’évolution d’un job. Il faut d’abord savoir faire avant de savoir faire faire ?
Marie-Valentine
Tout à fait.
Marie-Valentine
Après, tu as dit des compétence en communication. Qu’est-ce que ça veut dire d’utiliser la communication dans ton job ?
Marie-Valentine
Pour « mettre de l’huile dans les rouages », il y a beaucoup de travail autour de la communication. Moi, j’ai un parcours de communicante d’abord avant d’être designer. Ça m’a apporté beaucoup de choses positives, que ce soit pour écrire, pour parler, pour savoir laisser les autres parler, pour l’anglais, pour savoir utiliser des outils comme Mailchimp pour envoyer des mails… C’est plein de petites choses qui facilitent le travail au quotidien.
Bertrand
Ok, donc il ne faut pas rester tout seul dans son coin. Il faut savoir discuter avec les autres, expliquer les choses aux autres, les écouter ?
Marie-Valentine
Et diversifier aussi ses communications, parce qu’on peut avoir un message à passer. Et il faut savoir classifier ses méthodes de communication.
Bertrand
Ok, c’est très clair. Et après, tu as dit organisation, comme troisième compétence ?
Marie-Valentine
Oui, c’est très important, car c’est un métier dans lequel on peut faire beaucoup de choses. Il y a plein de priorités, tout est prioritaire et il faut savoir s’organiser. Il faut savoir prioriser ses tâches, il faut savoir communiquer ce que l’on fait et il faut savoir être autonome et aller voir les bonnes personnes au bon moment. Savoir travailler en autonomie et être organisé, avoir des deadlines et s’y tenir.
Bertrand
Ce n’est pas si simple que ça d’allier toutes ces compétences ensemble. C’est là qu’on comprend la complexité du travail. Est-ce que maintenant, tu peux nous dire quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ?
Marie-Valentine
Moi, je n’ai pas de tâche favorite en tant que telle. Et c’est un peu la beauté du métier, il y a plein de choses à faire et, j’adore pouvoir changer de tâche. J’aime avoir un métier dans lequel je ne fais la même chose tous les jours. J’aime bien avoir plein de missions différentes. Il faut juste un bon équilibre entre des sessions de concentration où je peux produire ce que j’ai à faire et des sessions de collaboration avec des collègues dans lesquels je peux échanger et communiquer…
Bertrand
D’accord. Et dans les choses qui t’intéressent le moins, ça serait quoi ?
Marie-Valentine
Moi, je n’aime pas du tout les « microtâches ». Notamment dans le Design Système, dont en parlait tout à l’heure, une de mes tâches, c’est de mettre à jour des composants. Parfois, il Je dois aller mettre à jour une phrase dans une documentation. Et ça, j’avoue, j’ai tendance à procrastiner. Parce que ces « microtâches », ce n’est vraiment pas ce qui m’intéresse.
Bertrand
D’accord, tu aimes bien les chantiers un peu long, pas les tout petits trucs à faire ?
Marie-Valentine
Oui, les gros travaux…
Bertrand
Alors attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un ou une, Design Ops ?
Marie-Valentine
C’est une question difficile parce que c’est un métier récent. Et donc, il n’y a pas de métrique sur laquelle on peut se baser. Mon sentiment, c’est que le métier de Design Ops se calque sur des salaires de designers, senior, expérimenté ou lead. C’est un métier qui a de la responsabilité, d’autant plus si on est manager d’une équipe d’Ops. Ça, c’est quand même très spécifique. Là, on est encore sur un salaire différent, mais je ne saurais pas communiquer une bonne fourchette.
Bertrand
Si je te dis que dans une interview précédente, on a interrogé un UX Designer qui nous disait qu’un junior en UX design, c’était entre 35 et 40K€ brut annuel et un senior, entre 50 et 55K€ brut annuel. Est-ce qu’on est dans ces eaux-là ?
Marie-Valentine
Oui, je pense que ce n’est pas mal de se calquer sur ces salaires-là. On n’est pas très loin, effectivement.
Bertrand
Marie-valentine, est-ce que tu changerais quelque chose dans ton parcours ? et si oui quoi ?
Marie-Valentine
Pas du tout. Je pense que même les années de galère, même les jobs étudiants, même le stage désastreux que j’ai fait, je garderais tout. C’est toujours compliqué quand on est étudiant et qu’on a l’épée de Damoclès, sur la tête notamment à cause de l’argent, et qu’on se dit que le monde professionnel est très compliqué. Mais finalement, chaque expérience, même les moins bonnes, m’ont appris la débrouillardise. M’ont appris aussi à avoir un meilleur jugement de ce que je fais et du monde du travail.
Bertrand
Tu as dit aussi que de temps en temps, tu te posais la question de ne pas avoir fait d’école de design ?
Marie-Valentine
Oui. Pour moi, pendant très longtemps, j’ai cru que c’était la source de mon « syndrome de l’imposteur ». Je me disais, je suis designer, mais je n’ai pas fait d’école de design, je ne suis pas une vraie designer. Et au final, je me rends compte avec le temps que mes études en communication et mes études en web en général ne m’ont beaucoup apporté. Pas exactement le métier de designer, mais m’ont apporté plein d’autres choses autour de ce métier : la communication, le web, les bases de données… Et en fait, ça, je m’en sers beaucoup dans mon métier. C’est de la connaissance générale qui m’aide beaucoup dans mon métier aujourd’hui de design up. Donc, je ne changerai rien du tout. Il n’y a pas de formation reine, il n’y a pas de parcours roi. Toutes les galères m’ont appris la gestion et la débrouillardise. Et c’est grâce à ça aussi que je suis là aujourd’hui.
Bertrand
Est-ce que tu peux également nous parler d’un projet sur lequel tu as vraiment aimé travailler ?
Marie-Valentine
Oui, je n’en ai pas parlé tout à l’heure, mais un de mes sujets, c’est l’accessibilité. Donc l’accessibilité, c’est comment les personnes en situation de handicap peuvent accéder aux outils numériques. Et c’est un sujet sur lequel j’ai beaucoup aimé travailler parce que l’on faisait de l’accessibilité chez Mirakl avant. Il y avait des développeurs qui faisaient un petit peu d’accessibilité. Il y avait des designers qui faisaient un petit peu d’accessibilité, mais il n’y avait pas de projet global et il n’y avait pas de mesures non plus. Donc moi, j’ai fait ce projet depuis l’année dernière où on a commencé à mettre des métriques, à savoir ce que l’on fait de bien et ce que l’on fait de moins bien sur l’accessibilité. Et on a commencé à avoir des premiers résultats. C’est un sujet que j’ai porté via mon rôle de design up, mais via aussi mon engagement personnel. Et j’étais très intéressée, très contente de voir que mon entreprise était très contente de voir ce sujet aussi arriver.
Bertrand
C’est un sujet que l’on traitera dans les prochaines interview du Gagne-Pain. Dans les questions que nous posent souvent les auditeurs du Podcast, c’est l’anglais. Est-ce que tu peux nous dire si l’anglais est important dans ton métier ?
Marie-Valentine
Oui, c’est très important. On est dans une entreprise française, mais en fait, il suffit qu’une personne dans une réunion ne soit pas francophone pour qu’on switch en anglais. Il ne faut pas être anglais avec un super accent, mais il faut comprendre et se faire comprendre en anglais. Il ne faut pas avoir peur de son accent, il ne faut pas avoir peur d’essayer, mais l’anglais est très important.
Bertrand
Ok. Pour ceux qui nous écoutent, pourrais-tu nous dire quelles sont les bonnes formations ? On a vu tout à l’heure que ton parcours n’était pas forcément classique, mais quelles sont les bonnes formations pour ce métier de Design Ops ?
Marie-Valentine
Sur le métier de Design Ops, pas beaucoup, parce que c’est un nouveau métier. Et il n’y a pas de formation initiale spécifique pour ce métier-là. Mais, il y a plusieurs formations, que ce soit pour des formations de Designers et ensuite qui évoluent vers Design Ops. Mais il y a aussi des formations plus courtes et plus professionnalisantes. Je pense au Laptop, par exemple, qui propose des formations de Design Ops.
Bertrand
Est-ce que tu continues à te former ? Et si oui, comment ?
Marie-Valentine
Oui, c’est hyper important de continuer à se former puisque c’est un métier justement axé sur la mise à jour continuelle de compétences et d’outils. Moi, je fais des conférences, des tables rondes, des certifications et du e-learning. Pour partager mes sources de référence, en de conférences, il y a Flupa, qui organise tous les ans les UX Days à Paris mais ils ont aussi des antennes en région. Il y a Friends of Figma. Il y a aussi, les Designers Ethiques qui est une source de référence très intéressante. Pour les certifications, il y a toujours le Laptop qui propose pas mal de programmes autour du design à Paris, mais aussi en distanciel. Il y a la Content Square Foundation qui propose un certificat en ligne de 20, 30 minutes sur l’accessibilité accessible à tout le monde. Donc vraiment, je le recommande, et c’est gratuit. Je peux partager aussi Yeita qui propose du e-learning, payant cette fois-ci, mais sur des sujets très précis de la tech. Et enfin, j’ai envie de mettre en lumière le programme Hexagon UX, un programme de mentorat dédié aux femmes et aux personnes non-binaires dans le design. Moi, je suis mentor et j’accompagne des personnes et c’est une super source de contacts et de réseautage, donc allez-y.
Bertrand
Excellent. Y a-t-il une journée type dans ton métier ?
Marie-Valentine
Pas du tout. Absolument pas. Et c’est ça qui est bien.
Bertrand
Ça fait partie de la diversité des activités que tu as ?
Marie-Valentine
Oui, et c’est pour ça qu’il faut être organisé, parce qu’il n’y a pas de journée type.
Bertrand
Bonne remarque. Est-ce qu’il y a un mode de vie ? On pose cette question, évidemment, après le confinement. Pour savoir comment s’organise ta journée. Doit-on se déplacer ? Est-ce qu’on fait du télétravail ? Est-ce qu’il y a beaucoup de réunions ? Comment expliquer ça simplement à ceux qui nous écoutent ?
Marie-Valentine
Suite au confinement, Mirakl, comme beaucoup d’entreprises de la Tech, ont mis en place un télétravail flexible. Moi, je vis à Paris, donc je peux me rendre facilement au bureau de Paris. J’y vais deux, trois jours par semaine, comme je le souhaite. Il y a aussi des bureaux à Bordeaux, donc pareil, il y a des équipes qui sont à Bordeaux qui peuvent se rendre régulièrement au bureau. Mais on a aussi des collaborateurs qui travaillent en Full Remote, comme on dit, en télétravail complet, depuis chez eux, depuis n’importe où en France. Du coup, notre mode de travail est très hybride. Dans nos réunions, il y a toujours au moins une personne qui est en remote, et qui n’est pas là physiquement. On s’adapte. Depuis le confinement, on s’adapte et ça me fonctionne très bien, que ce soit les réunions, les déplacements. On se voit quand même de temps en temps en présentiel, et on fait des déplacements.
Bertrand
Ok. Est-ce qu’il y a beaucoup de réunions dans ton métier ? Ces réunions, peuvent-elles avoir lieu à l’extérieur ?
Marie-Valentine
Il y a beaucoup de réunions parce qu’il s’agit souvent de communiquer avec les autres. Donc forcément, que ce soit des réunions en One-to-One, comme on dit, en binôme ou dans des réunions plus larges. Pour aller à l’extérieur, ça dépend des sujets. Mais globalement, je fais beaucoup de réunions depuis chez moi parce que des personnes en face aussi, que ce soit en interne ou en externe. Je rencontre beaucoup de gens extérieurs, mais elles font aussi leurs réunions en full remote.
Bertrand
D’accord, donc il n’y a pas énormément de déplacements au vrai sens du terme pour aller chez des clients ou rencontrer des gens ?
Bertrand
C’est ça.
Bertrand
Ok. Il y a une question aussi qui est évidemment centrale sur l’intelligence artificielle. Est-ce que ça commence déjà ? Est-ce qu’elle est déjà en place ? Est-ce que ça modifie déjà ton métier ?
Marie-Valentine
Oui. Le métier de designer de manière globale, oui. Il y a beaucoup de choses qui se mettent en place. On n’a pas encore de résultat très concret. On ne peut pas encore dire que l’IA a remplacé le designer sur telle tâche, mais il y a plein d’outils qui évoluent, il y a plein de tentatives. Moi, je vois plein d’avantages dans mon quotidien. Déjà, j’ai un assistant à qui parler, pour poser des questions et qui peut m’aider à avoir un autre avis sur mes questions. Donc, je l’utilise au quotidien. Tous les métiers vont évoluer et moi, j’espère simplement, par exemple, quand on parlait des microtâches plus tôt. J’espère que l’IA va m’aider dans ces microtâches que je n’aurais plus à faire. Et que je puisse me concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Bertrand
Ok, va déposer ça dans le fichier et fais-le pour moi ?
Marie-Valentine
C’est ça, dis-moi vite fait ce que je dois faire et en une heure, c’est plié.
Bertrand
On a aussi des questions croisées qu’on aime bien poser à la fin de nos interviews. Des questions qui nous viennent de personnes que l’on a interviewées. Il y en a une qui revient maintenant très souvent dans nos interviews, c’est, qu’est-ce qui donne du sens à ton travail ?
Marie-Valentine
C’est un peu dans le sens de l’évolution de mon passage entre Product Designer Numérique à Design Ops. Moi, ce que j’adore, c’est que je vois concrètement les effets de mon travail. Je vois ce qui fonctionne et je vois ce qui ne fonctionne pas auprès de mes équipes. Il y a plein de façons de le voir et j’ai l’impression d’avoir un impact sur mes collègues. Donc c’est vraiment très gratifiant et j’aime beaucoup ça.
Bertrand
D’accord, C’est l’évolution du travail en équipe qui te semble intéressante en termes de changement ?
Marie-Valentine
Oui, et puis de voir qu’on évolue positivement, que je vois mes collègues qui évoluent dans leur métier, qui se sentent plus à l’aise aussi. C’est réellement très positif.
Bertrand
Ok. Il y a une autre question croisée qu’on aime bien. Comment est-ce que tu vois ton métier dans 5 ou 10 ans ?
Marie-Valentine
Il y a cinq ans, je ne connaissais pas le métier de Design Ops et je ne pense pas qu’il existait du tout en France. Donc dans cinq ans, peut-être que ce sera un autre titre et encore autre chose ? Je pense qu’il faut juste dire que les métiers de la Tech évoluent tout le temps. Il y a des nouveaux titres tout le temps, on redonne des nouveaux noms, ça change, il y a des petites subtilités. Donc, il ne faut pas rester figé. Ça va évoluer. On ne sait pas ce qui va arriver dans cinq ans. En fait, il faut se former à faire plein de choses. Et toutes les compétences vont être utiles à un moment donné.
Bertrand
Ok. Rester en alerte, rester en veille et observer ce qui se passe ?
Marie-Valentine
Prendre les opportunités et aller avec…
Bertrand
C’est un sujet qui revient très souvent dans nos interviews, être curieux. En conclusion, est-ce que tu voudrais ajouter des choses et qu’est-ce qui te semble important d’ajouter pour ceux qui nous écoutent ?
Marie-Valentine
Justement, ce qu’on disait, c’est que le monde de la Tech, ça évolue tout le temps. On voit l’évolution ces cinq dernières années, on ne sait pas où on sera exactement dans cinq ans. Donc, il faut aller de l’avant. Il faut se louper, il faut essayer, il faut tenter, il faut prendre les opportunités qu’on peut avoir. Et être moteur du changement. Je pense que ce qui est important. C’est difficile de se mettre en avant dans ce domaine où on a l’impression que tout le monde est expert autour de nous. Et du coup, on a envie de se cacher parce qu’on ne se sent pas aussi expert que les autres, Mais précisément, le monde de la tech a besoin de nouvelles voix, il a besoin de nouveaux profils. On a besoin de prendre la parole et c’est hyper important et c’est hyper bénéfique pour les personnes qui osent parler. Donc, je ne peux qu’en joindre tout le monde à le faire.
Bertrand
Ok, merci Merci beaucoup, Marie-Valentine, c’était très intéressant. Si ceux qui nous écoutent souhaitent prolonger la discussion avec toi ou te poser des questions, tout simplement, comment ils peuvent faire pour te contacter ?
Marie-Valentine
Sur LinkedIn, Marie-Valentine Gallon.
Bertrand
Merci beaucoup.
