Quelles sont les missions, salaires et compétences requises pour devenir Product Owner Blockchain ?
Product Owner Blockchain Salaire
38 à 48k€ brut/an (+5 à 10k€ de primes selon résultats).
Product Owner Blockchain Formation
École de commerce, appétence tech, MOOC ou certif. blockchain (Alyra, Pyratz).
Product Owner Blockchain c’est quoi
Chef d’orchestre du projet blockchain, lien client/devs, organisation agile.
Notes du podcast et liens utiles :
Notre invité : Mélissa Desde – Profil LinkedIn
Interview faite par : Bertrand Jonquois – Profil LinkedIn
La transcription de l’interview de Mélissa Desde, Product Owner Blockchain
Bertrand
Merci beaucoup Mélissa d’avoir accepté l’invitation du Gagne-Pain. Tu es Product Owner Blockchain chez Smart Chain. On va avoir l’occasion d’expliquer ça dans le détail. Mais, avant, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Mélissa
Bien sûr. Alors, je m’appelle Mélissa, j’ai 25 ans, jeune Alsacienne qui a quitté sa ville pour aller étudier à Lyon. Je suis diplômée de l’EM Lyon et de Berkeley, là où j’ai fait une spécialisation en tech et en entrepreneuriat avant de signer mon CDI il y a près de six mois.
Bertrand
Ok, Mélissa peux-tu également nous présenter ton parcours professionnel avant cette première expérience dont on va parler en détail ?
Mélissa
Donc en premier stage que j’ai effectué à Lyon, j’ai choisi de le faire en banque d’investissement dans un département innovation au sein d’une banque qui s’appelle Natixis, qui est dans le groupe BPCE.
Bertrand
Après, tu as une deuxième expérience en M2. Là, c’était plus de l’entrepreneuriat ?
Mélissa
C’est ça. Finalement, j’ai suivi un parcours d’un an qui a été co-créé par School Lab, qui est un incubateur de Berkeley, une université prestigieuse aux États-Unis. Un programme qui s’appelle le bridge, qui vise à accompagner les étudiants sur un an d’échange. Où on a un premier semestre qui sert à vraiment donner toutes les bases de l’entrepreneuriat avant d’intégrer Berkeley pour un semestre académique. À San Francisco, en Californie, où on étudie des sujets qui tournent autour de la tech et de l’entrepreneuriat. Donc là, je me suis spécialisée sur la technologie blockchain et ensuite on a trois mois d’incubation. On incube un projet qu’on a décidé de lancer ou une startup qu’on voulait lancer. Ensuite, c’est là que j’en ai profité pour lancer ma startup qui s’appelle Start in Blockchain.
Bertrand
On arrive à se concentrer à San Francisco, à Berkeley, sur le business ?
Mélissa
On y arrive plutôt bien parce qu’il y a beaucoup d’étudiants qui sont là et tout l’écosystème est là pour aider.
Bertrand
Mais on en profite un peu quand même ?
Mélissa
Oui, bien sûr.
Bertrand
Ok, donc maintenant tu as rejoint une entreprise qui s’appelle Smart-Chain. Pourrais-tu nous dire ce que fait cette entreprise ?
Mélissa
Bien sûr. Smart-Chain accompagne les entreprises ou les porteurs de projets dans la création de projets qui vont tourner autour du Web3. Donc va vraiment les accompagner, leur donner les codes de l’écosystème et les aider à créer leur projet, les accompagner de bout en bout sur ces sujets.
Bertrand
Le Web3, peux-tu dire à nos auditeurs sa signification en quelques mots ?
Mélissa
Oui, donc pour pour te l’expliquer, je commencerai par ce qu’est le Web1. Ainsi à l’époque où Internet a été créé, on avait les Minitels et tout ce qu’on faisait, c’était simplement aller lire de l’information sur Internet. On pouvait lire des articles. Puis arrive le Web2, l’ère dans laquelle on est maintenant. Non seulement on peut lire des choses sur Internet, mais on peut également interagir ensemble. Par conséquent je peux t’envoyer un message, tu peux me répondre sur LinkedIn…
Bertrand
Et, les réseaux sociaux ?
Mélissa
Exactement, et le gros problème avec le Web2, c’est que les GAFAM détiennent toutes nos informations personnelles. Qu’aujourd’hui, si je veux me créer un compte sur une plateforme, je mets mon nom, prénom, adresse, email, numéro de téléphone… Toutes ces informations, je ne vais pas les détenir. Ce sont ces sites internet qui vont les utiliser, qui vont souvent aller les revendre à d’autres entreprises pour se faire de l’argent.
Bertrand
Comme on dit : « Si c’est gratuit, c’est toi le produit » ?
Mélissa
Oui, et alors le Web3, il arrive et va contribuer à rendre le pouvoir à l’utilisateur. Ainsi, garantir que l’utilisateur puisse détenir ces données.
Bertrand
Ça s’appuie sur les technologies spécifiques dont la blockchain ?
Mélissa
Oui exactement.
Bertrand
Ok, on va revenir sur ton métier qui est le cœur du sujet. C’est-à-dire ton métier de Product Owner Blockchain. Peux-tu expliquer ce qu’est ce métier ? sa signification ?
Mélissa
Bien sûr. Un Product Owner blockchain, c’est une personne qui va s’occuper de prendre la place du client au sein d’un projet. Qui va essayer de garantir que, quand on crée un projet, quand on accompagne un client sur un projet, on respecte bien les besoins du client de A à Z. On respecte bien les délais, on respecte bien le budget que le client a voulu mettre en place.
Bertrand
Souvent, on tente de traduire le métier. J’ai trouvé une traduction intéressante. Pourrais-tu me dire si tu considères que c’est la bonne traduction ? Cela pourrait être « chef de projet numérique en mode agile ». Est-ce que ça permet d’expliquer bien ce métier ?
Mélissa
Oui, je pense que la fin de la traduction indique vraiment ce que c’est que ce métier. Parce qu’un Product Owner travaille forcément en méthodologie agile. Il peut pas réellement fonctionner d’une autre manière. C’est concrètement la seule méthode qui va garantir que l’on soit absolument sûr que le client valide à chaque itération ce qu’on a développé pour lui.
Bertrand
D’accord. Dans la définition, il y avait aussi « produit numérique ». On fait bien des produits numériques. Cela veut dire que les personnes avec qui tu travailles sont des développeurs ?
Mélissa
C’est ça, je travaille au quotidien, j’interagis comme Product Owner (que l’on appelle souvent P.O.) avec les développeurs full stack. Qui vont s’occuper de faire tout ce qui est front-end et back-end. Des développeurs qui sont plutôt autour des Smart Contracts, des contrats intelligents sur la blockchain, spécifiques à certains types de blockchain, et mais également avec les UX designers ou des UI.
Bertrand
UX expérience utilisateur et UI interface utilisateur, c’est bien ça ?
Mélissa
Eux s’occupent plutôt de créer tout le parcours, de créer les maquettes et de vérifier que les maquettes ressemblent vraiment au produit final.
Bertrand
D’accord, donc, on est bien dans un univers 100 % digital. En conséquence, la traduction que l’on a évoquée tout à l’heure correspond plutôt bien à ton métier. Si on veut essayer de le rendre simple pour ceux qui nous écoutent, est-ce correct ?
Mélissa
Pour le rendre encore plus simple, je dirais que le Product Owner, c’est le chef d’orchestre, qui va être au cœur. Et qui va articuler tout le projet, donc s’adresser à toutes les bonnes personnes et faire en sorte de donner à chaque fois des feedback au client pour qu’il sache où on en est.
Bertrand
Est ce que tu peux expliquer ce qu’est la méthode agile ?
Mélissa
Alors, la méthode agile vient pour répondre à un problème qu’on avait avec le cycle en V. On commençait à développer, on consultait le client, on collectait son besoin, puis on commençait à développer. Ensuite, une fois qu’on avait terminé de développer toutes les features (fonctionnalité), donc toutes les petites étapes du projet, on lui livrait le projet final. On lui disait : voilà le projet que tu m’as demandé. En fait, le problème, c’est que souvent à la fin, on s’apercevait que ce n’était pas exactement ce que le client voulait. Là, on s’aperçoit qu’on doit tout recommencer du début.
Bertrand
D’accord, donc il y avait trop d’écart par rapport à l’objectif. En conséquence, on a inventé une méthode qui permet plus rapidement de s’apercevoir si on est bien en phase avec ce qu’on a prévu ?
Mélissa
C’est ça la nouvelle méthode, qui est beaucoup plus cyclique. Ce que l’on fait, c’est qu’on va diviser le projet en plusieurs petites étapes, qu’on va appeler des sprints.
Bertrand
Des sprints, au sens où on donne aussi l’impulsion pour que ça aille vite ?
Mélissa
Oui, un petit coup de boost, c’est une semaine ou deux pour un sprint. Et, c’est qu’à la fin de ce sprint, on va présenter au client ce qui a été développé. De cette façon, il nous fait un retour sur ce qui est bien et s’il y a des problèmes ou des choses qui ont été mal comprises. Au moins, ça permet d’avoir plus de flexibilité pour qu’au cours du sprint suivant, on puisse développer la feature d’après. Pour que l’on puisse revenir sur ce qui fonctionnait pas et le modifier directement. De cette manière, pas de surprise à la fin. Le client s’aperçoit qu’il a un projet qui correspond entièrement à ce qu’il attendait.
Bertrand
Par conséquent, cette méthode agile est-elle réellement adaptée au développement web ?
Mélissa
Absolument.
Bertrand
Ok. Ensuite, qu’y a-t-il d’intéressant encore dans cette méthode agile ? On a parlé du Daily. Pourrais-tu expliquer ce qu’est le Daily pour ceux qui connaissent pas ?
Mélissa
Le Daily, comme son nom l’indique, c’est au quotidien. Ainsi, ce qu’on fait quotidiennement, c’est qu’on se regroupe avec les développeurs et toutes les personnes du projet en interne et qu’on fait un point sur ce qu’on a fait hier. Que va-t-on faire aujourd’hui ? Ensuite, a-t-on rencontré des difficultés hier ?
Bertrand
D’accord, ça implique combien de personnes un Daily ?
Mélissa
Ça dépend de la taille du projet, mais en général, c’est tous les développeurs du projet. Par conséquent, pour un petit projet, cela peut simplement être un ou deux développeurs. Ensuite, quand ce sont des plus gros projets, on peut tourner autour de sept à huit développeurs.
Bertrand
Ensuite, on fait ça à quelle heure ?
Mélissa
On fait ça le matin ? Pour bien commencer la journée, et en général c’est autour de 9h30 / 10h.
Bertrand
Pas trop tôt pour les développeurs ?
Mélissa
C’est ca.
Bertrand
Ça te change un peu de la banque ?
Mélissa
Exactement.
Bertrand
Est ce que tu peux maintenant nous expliquer quelles sont les missions quotidiennes d’une Product Owner Blockchain ?
Mélissa
Alors les missions quotidiennes, ça va être un peu compliqué. Mais ce que je peux faire, c’est que je peux te dire mes missions hebdomadaires…
Bertrand
Très bien, ça me va très bien.
Mélissa
Donc comme je te le dis, on commence la journée par un Daily. Ensuite, je t’ai expliqué tout à l’heure qu’on divisait notre projet en sprint. Ainsi, un sprint d’une semaine. Ce qu’on va faire, c’est qu’on va commencer par faire le sprint planning. On va tout simplement faire un premier meeting de 1h ou 2h où on va se dire tout ce qui est à faire cette semaine. Diviser en tickets, qui expliquent à chaque fois toutes les petites choses qu’il faut faire. Et, dès qu’on a terminé une chose à faire, on déplace le ticket en disant : « Ça, c’est fait ! »
Bertrand
Ça, c’est inclus dans la méthode agile ? C’est une sorte de tableau de bord de la méthode agile pour suivre ce qui se passe ?
Mélissa
Exactement et tout le monde voit ce qui se passe. Au tout début, on met les tickets dans ce qu’on appelle le backlog. C’est un un endroit qui regroupe tous les tickets qui restent à faire. Et ensuite on les déplace sur des colonnes spécifiques qui sont « en train d’être fait », donc Doing. Ensuite, on a la colonne « terminé » et la colonne « PO to Review ». Donc là ça veut dire à toi P.O. de vérifier si c’est ok pour toi ou pas.
Bertrand
Donc la on te passe le bébé ?
Mélissa
Oui, et ensuite ca passe en « Done ». Après le « sprint planning », on a ce qu’on appelle notre période de sprint où les Dev font faire leurs sprints et quand c’est terminé, on a nos « sprint review ». Où là on va revoir un par un tous les tickets pour voir si c’est exactement ce qu’il fallait, s’il y a des bugs ou pas. Et une fois que c’est terminé, on a la « sprint rétro », donc le rétroplanning sprint qu’on ne fait pas tout le temps, c’est un peu facultatif, ca dépend si on a eu des problèmes pendant le sprint et sinon on passe à la présentation au client.
Bertrand
D’accord. Par conséquent, une fois qu’on a fait tout ce travail. On fait une interaction avec le client pour vérifier qu’on est bien en phase avec ce qu’il a souhaité faire avec vous ?
Mélissa
Absolument.
Bertrand
Ok, est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier de Product Owner Blockchain ?
Mélissa
Bonne question. Alors, comme je te l’ai dit, j’ai fait une école de commerce. Mais, ce qu’il faut savoir, c’est que j’ai toujours été passionné par la tech. J’avais commencé par un bac S et initialement je voulais faire une école d’ingénieur. Mais, j’ai changé d’avis entre-temps parce que j’aimais le côté managérial. Cependant, j’ai toujours eu un manque avec cette partie technique, si je restais uniquement dans un métier de management. Par conséquent, ça m’a toujours passionné et j’ai appris moi-même à coder en Python, j’ai pris des cours d’HTML, de CSS et de JavaScript, donc tous les langages de programmation.
Bertrand
C’était une option dans ton master ou c’était en plus ?
Mélissa
C’était un petit cours à la carte qu’on pouvait prendre en facultatif.
Bertrand
D’accord.
Mélissa
A la suite de quoi, j’ai appris à utiliser beaucoup d’outils qui allaient me servir. Ce que j’ai réellement aimé dans le métier de Product Owner, c’est que ça permet d’avoir un pied dans la tech, mais sans forcément mettre les mains dans le cambouis à 100 %.
Bertrand
Ainsi, cela correspond à ce que tu avais envie de faire. Mais, comment as-tu choisi ce métier ? Comment as-tu compris que le métier de Product Owner était celui qu’il te fallait ?
Mélissa
Ça m’a pris du temps, ce fut un gros travail de recherche. Au début, je pensais que j’aimais le métier de Product Manager. Donc, chef produit, dans lequel j’appréciais cette partie de création d’un produit, création d’une offre pour la boîte ou pour un client. Ensuite, je me suis vite rendu compte qu’en réalité le métier de Product Owner était beaucoup plus axé sur la partie des « Delivery ». Celle où les développeurs développent le projet. Les interactions avec les développeurs sont hyper importantes parce que les développeurs et les clients ne parlent pas le même langage.
Bertrand
C’est clair.
Mélissa
Par conséquent, il faut un traducteur ou une traductrice.
Bertrand
Alors, un rôle de décodeur ?
Mélissa
C’est un peu un « Google Traduction de la méthode agile »…
Bertrand
Mais, par ailleurs, tu sais coder. Et, pour discuter avec les développeurs, il faut quand même comprendre ce qu’ils font ?
Mélissa
Alors, je suis très rouillé. Mais, effectivement, j’avais appris à coder à une certaine période. Aujourd’hui, je sais lire la plupart des lignes de code, néanmoins je serais peut-être incapable de les refaire toute seule. Voir ça me prendra énormément d’heures et de jours de boulot.
Bertrand
Mais, la question que je pose est aussi pour ceux qui nous écoutent. Cela veut dire que pour faire ce métier, il faut quand même avoir une appétence avec le code et le développement ?
Mélissa
Ou il faut avoir au moins une appétence sur à quoi ressemble une architecture technique. À quoi s’attendre quand on parle avec un développeur. Par conséquent, ce n’est pas forcément une chose qu’il faut maîtriser à 100 %. Quand je suis arrivé chez Smart-Chain, je n’avais pas forcément ce bagage technique. J’ai beaucoup appris sur le terrain, j’ai appris à discuter avec les différentes personnes qui travaillaient au sein de la boite. C’est hyper important de se dire qu’on a besoin d’avoir un petit bagage technique tout de même, mais on peut quand même apprendre aussi en faisant.
Bertrand
Ok Mélissa, c’est très clair. Quelles sont les quatre qualités requises pour ce job ?
Mélissa
Alors la première, je dirais que c’est vraiment la structure et l’organisation. Il faut absolument pouvoir découper le projet en des tickets qui vont être très clairs pour les développeurs, réussir à bien traduire le besoin. Par conséquent la structure est très importante, l’organisation aussi.
Bertrand
Ma grand-mère dirait : « Il faut avoir une tête bien faite. » N’est-ce pas ?
Mélissa
Oui, ensuite pour la deuxième qualité, je dirais que ce seront les qualités humaines parce qu’on est amené à interagir avec énormément de personnes, avec des profils très différents. Alors, il faut avoir de l’empathie et cette manière de savoir parler avec des personnes qui vont être très différentes.
Bertrand
Donc, on pourrait parler de Soft Skills ?
Mélissa
C’est ça, l’humain. En dernière qualité, je dirai quand même les qualités techniques, enfin, les compétences techniques plutôt. Parce qu’arriver sans réellement savoir à quoi s’attendre, cela peut être très compliqué et extrêmement décourageant. Quand le développeur va vous parler en langage technique et que vous n’allez rien comprendre, vous allez vous dire mais qu’est-ce que je fais là ?
Bertrand
va-t-il se moquer de toi ?
Mélissa
Un peu. Mais, ils vont se moquer de toi ensemble. Enfin, la dernière compétence, c’est de savoir dire non. Ça, on s’y attend pas forcément toujours. Comme Product Owner, il faut savoir dire non à son client, même si c’est son projet et il décide de ce qu’il veut à la fin. Quand on arrive en plein milieu d’un sprint et qu’il faut livrer une solution le lendemain, si le client vient vous demander d’ajouter ces quatre features pour demain. Parfois il faut savoir lui dire non, cela sera impossible et on ne peut pas faire de cette façon.
Bertrand
Ok alors attention QGP la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un product owner ?
Mélissa
Alors, combien ça gagne un Product Owner, ça va dépendre de l’entreprise dans laquelle on est. Et ça va dépendre des projets sur lesquels on travaille. Globalement, pour pour te donner une fourchette assez large, je dirais que c’est entre 38 et 48K€ annuel brut, à savoir que 48K€ ce sera plutôt pour des grosses entreprises.
Bertrand
Et 38K€, cela correspond à un profil junior ?
Mélissa
Exactement, et 38K€ correspondra plutôt au junior. En général, ce sont des postes pour les personnes qui sortent d’école ou jeunes diplômés d’une école de commerce, par exemple.
Bertrand
D’accord. Est-ce qu’il y a des primes ? Est-on « incentivé » dans ce métier ? Peut-on gagner un peu plus si on fait plus vite et mieux ?
Mélissa
On a souvent des primes qui peuvent être aux alentours de 5k€ à 10K€ en moyenne sur l’année.
Bertrand
Sur le travail effectué par le Product Owner ?
Mélissa
Si on respecte bien ce qui a été défini au départ, c’est la prime qui nous est versée.
Bertrand
Merci Mélissa. Peux-tu nous dire quel a été le plus grand défi que tu as dû relever dans ce métier de Product Owner Blockchain ?
Mélissa
Donc, le plus gros défi que j’ai dû relever, je pense que c’était de m’acculturer à la Tech.
Bertrand
D’accord.
Mélissa
Donc comme je te l’ai dit, on a les développeurs qui parlent tous un langage différent. Donc réussir à savoir exactement ce qui correspond à quoi. Dans quel ordre devait-on le faire ou devait-on aller chercher les informations ? Ça a été mon plus gros défi.
Bertrand
Mélissa, quelle a été la plus grande surprise dans ce métier de PO ?
Mélissa
Ma plus grande surprise, ce fut de m’apercevoir que les développeurs travaillent énormément ensemble. Par conséquent ils sont vraiment très soudés dans leur manière de travailler. Ils font ce qu’on appelle du peer-coding. Ils travaillent ensemble pour coder, même parfois ils s’appellent les uns les autres. Ainsi, on a souvent l’image d’un développeur seul derrière son ordi, un peu le geek dans le noir derrière son PC. Alors qu’en réalité absolument pas. Ils s’appellent régulièrement et ils collaborent sur les projets.
Bertrand
Ils ne sont pas seuls dans leur coin comme on peut l’imaginer ?
Mélissa
Non
Bertrand
Est-ce qu’il y a une anecdote dont tu voudrais nous parler ?
Mélissa
Chez Smart-Chain, ce qui étonne un peu les personnes quand elles arrivent la première fois, c’est qu’on travaille tous en chaussettes.
Orateur 3
D’accord, donc on enlève ses chaussures ?
Mélissa
Ouais, c’est ça. Le sol est full moquette et on est tous en chaussettes pour bosser. Pour être plus à l’aise…
Bertrand
D’accord, il faut le prévoir ?
Mélissa
Il faut le prévoir quand on est client aussi. On arrive, parfois, on se dit oh là, je dois enlever mes chaussures…
Bertrand
On doit porter les bonnes chaussettes… Pour ceux qui nous écoutent, peux-tu nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier de Product Owner ?
Mélissa
Je dirais de faire une école de commerce sans hésiter, c’est vraiment la formation qui va vous apprendre à travailler en équipe et à savoir manager aussi une équipe.
Bertrand
Et, il faut aussi un peu de formation technique comme toi tu l’as fait en parallèle ?
Mélissa
C’est toujours bien de se former par soi même. Il y a énormément de mooc aussi qui sont qui sont mis à disposition sur internet de manière totalement gratuite. Sur Coursera ou peu importe. Par conséquent je dirais oui, c’est bien de se former aussi à côté.
Bertrand
Ok, donc école de commerce, mais avec une spécialisation un peu technique ?
Mélissa
Curiosité, aller chercher sur internet.
Bertrand
Et toi, est ce que tu continues à te former régulièrement, et si oui, comment ?
Mélissa
Au quotidien, j’aurais bien aimé apprendre et d’un coup arrêter d’apprendre. Mais, je suis dans un écosystème qui évolue constamment, et dans lequel on a besoin d’apprendre constamment de nouvelles choses. Ensuite, je me forme beaucoup sur internet. Beaucoup à travers des vidéos, beaucoup à travers des articles et je me forme qui plus est beaucoup en travaillant dans le média que j’ai lancé, Start in Blockchain.
Bertrand
Donc, ça c’est une start up, on a évoqué ça tout à l’heure en introduction de cet entretien. Ainsi, ta formation, c’est aussi ce que tu fais à côté comme entrepreneuse ?
Mélissa
C’est ça, en fait, je suis amené à corriger des articles que des rédacteurs vont rédiger. Je suis amené à me renseigner au quotidien sur ce qui se passe dans l’actualité, donc forcément, j’apprends au quotidien. En me disant mais c’est quoi exactement ça ? Je ne le maîtrise pas totalement, mais pour le vulgariser, il faut que je le maitrise.
Bertrand
Pour expliquer ça clairement à ceux qui nous écoutent. Start in Blockchain un média auquel ceux qui nous écoutent peuvent accéder pour en savoir plus sur la blockchain, c’est bien ça ?
Mélissa
C’est ça Start in Blockchain. C’est un média de vulgarisation de la blockchain. Par conséquent, l’objectif, c’est de cibler les personnes qui sont débutantes et de leur donner vraiment toutes les bases et toutes les clés en main pour comprendre l’écosystème. Ainsi, ce qu’on aime bien faire, c’est l’illustrer à travers des cas d’usage. Donc, on va prendre des cas d’usage quotidiens que l’on va décortiquer, que ce soit sous la forme de publications ou sous la forme de vidéos ou d’interviews écrites.
Bertrand
Est-ce qu’il y a des certifications professionnelles dans ton métier ?
Mélissa
Alors ce qu’il faut savoir, c’est que la blockchain, est encore une technologie très jeune. Donc, il est très dur de pouvoir se former à la blockchain au sens d’une école ou d’une certification. Par conséquent, ce que je recommanderais, c’est surtout d’aller chercher des informations sur internet, de beaucoup lire, de regarder de vidéos. Il y a des certifications qui existent, des certifications type Alyra ou Pirate Land qui a lancé sa nouvelle école blockchain très récemment. Mais, le mieux, c’est toujours de chercher l’information sur internet parce qu’aujourd’hui on trouve vraiment tout sur tout, sur l’écosystème, sur internet.
Bertrand
Mélissa, quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ?
Mélissa
Alors, je vous dirais de bien vous renseigner sur la méthodologie Agile. Il y a beaucoup de manières de faire, que ce soit sur internet, de petites formations, des livres. Et, de bien échanger avec des personnes qui font ce métier pour réussir à ficeler les différences entre l’endroit dans lequel vous allez travailler et le type de technologie sur lequel vous travaillerez, la manière de travailler. Parce qu’il y a réellement des spécificités entre les entreprises et j’estime ça hyper intéressant d’en parler avec les personnes directement.
Bertrand
Très bons conseils Mélissa. Pour conclure, est ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose pour ceux qui nous écoutent et qui désireraient en savoir plus sur autant sur ton métier que sur la blockchain ?
Mélissa
Je dirais : soyez curieux et allez directement chercher l’information. Allez rencontrer des personnes directement pendant des événements. Je pense notamment à des événements blockchain ou Web3. Aller directement échanger avec les personnes, lire du contenu sur internet. Par conséquent, je peux vous conseiller la super page Start in Blockchain et nos différents réseaux sociaux. Mais, n’hésitez vraiment pas à chercher l’information et à être proactif dans vos recherches.
Bertrand
Merci Mélissa. Une dernière petite question. Si ceux qui nous écoutent souhaitent te contacter, ils peuvent le faire, comment ?
Mélissa
Ils peuvent directement le faire sur LinkedIn ? Alors via Melissa Desde Et, n’hésitez pas, je suis assez open pour répondre.
Bertrand
On mettra ton profil également dans les commentaires du podcast, Mélissa. Merci beaucoup !
Mélissa
Avec grand plaisir !
