Salaire, missions et compétences : tout savoir sur le métier de Growth Hacker.
Growth Hacker Salaire
De 32 à 38k€/an pour un junior ; jusqu’à 75k€/an pour un senior expérimenté.
Growth Hacker Formation
Pas de parcours type, mais maîtrise du marketing digital, code, curiosité et auto-formation.
Growth Hacker c’est quoi
Le growth hacker développe la croissance d’une entreprise, génère leads et notoriété.
Notes du podcast et liens utiles :
Notre invité : Amza Nasri – Profil LinkedIn
Interview faite par : Majdeline Mazza – Profil LinkedIn
La retranscription de l’interview d’Amza Nasri pour le métier de Growth Hacker
Majdeline
Merci Amza d’avoir accepté l’invitation du Gagne-Pain. Tu es Growth Hacker. On va avoir l’occasion de revenir en détail, mais avant ca, peux-tu te décrire en quelques mots ?
Amza
Je m’appelle Amza, j’ai bientôt 30 ans et je vis en région parisienne, près de Versailles. J’ai toujours vécu en région parisienne. J’ai passé un bac littéraire et je suis ensuite parti vers des études d’art. J’ai fait un double cursus, licence en art plastique et licence esthétique et sciences de l’art à l’université Paris 1. Ensuite, je suis parti vers un master en médiation de l’art contemporain où j’ai pu faire un mémoire sur le marché de l’art. Pour finir, je me suis dirigé ensuite vers un début de thèse que je n’ai pas fini.
Amza
D’accord. Après ce master et après toutes ces recherches autour de l’art contemporain, qu’as-tu fait ?
Majdeline
Ensuite, parallèlement à mes études, j’ai fait un certain nombre de métiers. J’ai un parcours assez atypique. J’ai travaillé dans le milieu de l’éducation. J’ai aussi été professeur d’art plastique, mais sans avoir le diplôme, en contractuel. J’ai travaillé aussi dans le domaine bancaire, dans le domaine des assurances. J’ai été aussi hôte de caisse plusieurs années. Et ensuite, le Covid est arrivé et j’ai dû me remettre en question comme énormément de personnes. Chercher ce que j’allais bien pouvoir faire parce que le milieu de l’art est très bouché. J’ai décidé de me réorienter vers le domaine du marketing digital et donc d’être « Growth ». J’ai travaillé quelques mois en freelance dans ce domaine là. Et ensuite, j’ai fait un an d’alternance dans une boite canadienne. C’était assez cool. Et ensuite, j’ai fait trois mois dans une boite en Suisse. Là, j’essaye de faire un peu des missions en freelance de nouveau.
Amza
Amza, pour ceux qui ne connaissent pas le terme « Growth Hacking », peux-tu nous traduire ce que c’est qu’un « Growth Hacker » ?
Majdeline
Je ne pourrais pas t’apporter de définition, mais ce que je peux dire, c’est que le « Growth Hacker » est un générateur de croissance des entreprises. Il peut très bien travailler pour une grosse entreprise, une start-up ou une licorne. Il doit trouver des techniques en marketing digital qui permettent de faire grossir l’entreprise en générant un maximum de leads, dans un premier temps. Pour faire grossir l’entreprise, faire connaître le service ou le produit de l’entreprise et ensuite faire grossir le chiffre d’affaires parce que c’est ça le but. Le Growth Hacker, il est surtout considéré comme le magicien du digital. Il va pouvoir générer un maximum de prospects (de leads) et faire grossir l’entreprise et son chiffre d’affaires, avec le moins de moyens possible. Des personnes pensent que tu n’as pas besoin de mettre un euro dans des techniques de Growth ou des techniques de Marketing Digital. C’est totalement faux. Tu dois payer les outils et cela prend pas mal de temps à mettre en place. Notamment pour avoir de la data, mais ça, j’y reviendrai plus tard. Ce que je peux dire, c’est que c’est un générateur de croissance. Il doit trouver des techniques pour faire grossir l’entreprise, peu importe sa taille. Faire grossir son chiffre d’affaires, amener un maximum de leads, faire connaître un maximum le service ou le produit proposé par l’entreprise avec le moins de moyens financiers possibles.
Majdeline
Quelles sont les missions quotidiennes d’un Growth Hacker ?
Amza
Pour un Growth, aucune mission n’est ancrée et figée. Cela dépend de la structure dans laquelle tu es. Cela dépend du business model de l’entreprise. Cela dépend aussi des envies de l’entreprise. Cela dépend de si elle veut axer ses actions sur de la stratégie de contenu ou sur du marketing pur et simple. Cela dépend aussi si le service proposé est en B2B ou en B2C. Cela dépend aussi de la zone géographique dans laquelle tu es, parce que tu ne vas absolument pas avoir les mêmes clients et absolument pas avoir le même business model, tout simplement. Mais, je dirais que les missions principales sont surtout liées au fait de générer des leads, faire connaître l’entreprise ou le service ou le produit, mettre en place des stratégies de contenu, stratégie SEO et stratégie SEA. Il peut être amené à partir « from scratch » (à partir de rien), créer intégralement le site Internet, mettre un tracking complet sur le site : si un Growth Hacker arrive dans une boîte où il n’y a rien, par exemple.
Amza
Tu es un peu un « couteau suisse » du marketing digital ?
Majdeline
C’est vrai que dans le growth hacking, je crois que c’est un des seuls métiers où tu es vraiment un touche-à-tout. Il y a quand même des entreprises qui aiment un peu étiqueter les Growth Hacker en leur disant : « tu vas être expert CRM, expert SEO ou t’occuper de la stratégie de contenu ou du community management ». Finalement, le métier de Growth Hacker est un métier ultra-complet. Pour les personnes qui veulent faire ce métier, je leur conseille absolument de se renseigner sur toutes ces branches du « growth ». Parce que si tu tombes dans une entreprise étiquetée, experts SEO ou autres, c’est bien de toucher à tout, y compris au code.
Amza
D’accord, y compris dans le code ? Car tu as cité six, sept métiers du marketing digital ?
Majdeline
Bien sûr, je dirais, moi, qu’il y a peut-être une quinzaine, voire une vingtaine de métiers différents qui font partie du Growth mais qu’il est vraiment bon de maîtriser le code.
Majdeline
Ok. Par conséquent, pour être Growth hacker, il faut avoir cette compétence. Verrais-tu d’autres compétences importantes à avoir pour faire ce métier ?
Amza
Alors, justement, tu mets le doigt dessus. Pour exercer ce métier, il faut avoir une curiosité extrême. Ce que je dis toujours, c’est que plus les personnes se cultivent de manière générale et mieux c’est. Par conséquent oui, il faut avoir cet esprit curieux et être avide de connaissance. Posséder un aspect aussi artistique et avoir des qualités rédactionnelles, savoir écrire, savoir vendre, savoir se vendre. Évidemment, il y a une grosse part de création dans le « Growth » souvent minimisée, toutefois qui est une vraie valeur ajoutée. Je peux qu’encourager les personnes qui veulent faire ce métier à travailler cette fibre artistique. C’est extrêmement important.
Majdeline
Attention, Amza, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un Growth hacker ?
Amza
Ça dépend, en même temps, de la taille de l’entreprise dans laquelle on travaille, de son portefeuille client, du service et du produit proposé. Mais pour donner une réponse concrète, tu peux commencer entre 800 et 1.200 € nets par mois quand tu es en alternance. Après, quand tu es junior, quand tu as entre 0 et 3 ans d’expérience, tu peux être entre 32 et 38k€ par an net, ce qui fait à peu près entre 2 300€ et 2 500€, voire 3 000€. Pour les seniors, quand tu as 10 ans d’expérience, tu peux aller vers du 65, 75K€ annuel net. Ça doit faire entre 6 000, 7 000 euros net par mois.
Amza
D’accord, alors, on l’a entendu, il y a énormément d’acronymes anglais. Est-ce que l’anglais est important pour le métier de Growth hacker ?
Majdeline
Alors, pour le métier de growth hacker, je ne dirais pas que l’anglais est absolument fondamental. C’est important, mais en réalité, même si vous avez un niveau de troisième, vous allez pouvoir vous en sortir. Là, il y a énormément d’acronymes, il y a beaucoup de mots anglais. Réellement, une fois que vous connaissez la définition de tous ces acronymes et de ces mots anglais, vous allez pouvoir vous en sortir. C’est juste des mots à apprendre et à maîtriser, comme quand vous maîtrisez le français lorsque vous êtes enfant. C’est la même chose. Vous rentrez dans une mécanique qui fait que ces termes-là, vous les utilisez de manière totalement naturelle, sans réfléchir. Par conséquent non, l’anglais n’est pas impératif.
Majdeline
Tu nous as dit que tu t’étais formé très vite à ce métier. Est ce qu’aujourd’hui, tu continues à te former régulièrement ?
Amza
Oui, le métier de Growth Hacker, comme tous les métiers du digital évolue à grande vitesse, j’ignore si les personnes s’en aperçoivent. Il y a des techniques, qui existaient il y a deux ou trois mois, qui n’existent plus aujourd’hui ou qui ont changé. Pour te dire, même les plateformes Facebook, quand tu veux faire de la publicité sur Facebook, tout a évolué. Tu dois te renseigner sur les nouvelles techniques qui apparaissent. Tu dois te former sur des choses liées au « Growth » ou au digital, mais auxquelles tu t’attendais pas forcément. Comme je le disais en préambule, je me suis formé au « Growth », mais je me suis aussi formé aux méthodes Agile. Ça, c’est des choses qui sont de plus en plus demandées, de maîtriser les méthodes Agile, la méthode Kamban par exemple. D’autant plus que t’as de nouveaux outils sur le marché, qu’il faut savoir maîtriser. Par conséquent oui, il faut se former en continu.
Majdeline
Amza, quel est le mode de vie type d’un Growth Hacker ?
Amza
Je dirais que déjà, un « Growth » peut très bien travailler sur site toute sa vie, aucun souci n’existe avec ça. Là encore, cela dépend aussi de la taille des entreprises et cela dépend aussi des envies des entreprises. Tu as des entreprises qui ont une stratégie qui ne permet pas le « full remote » (en distantiel) mais, en parallèle, si tu n’es pas que sur site, tu peux faire aussi de l’hybride. On le voit partout. Mais tu peux aussi tomber sur des entreprises qui acceptent le « full remote ». Ce sont des entreprises qui sont en full télétravail. Soit c’est des entreprises qui sont en France, soit les personnes ont réussi à trouver une entreprise à l’étranger. Moi, à titre d’exemple, j’ai toujours été en full remote et pendant un an, quand je faisais mon alternance, j’étais Digital Nomad. Moi, j’ai déjà vécu dans plusieurs pays. À chaque fois, je revenais en France quand j’avais cours avec mon école, que j’avais des réunions assez spécifiques ou des salons professionnels en présentiel. Sinon, je n’étais jamais sur Paris. Honnêtement, si vous tombez sur une entreprise qui veut vous payer 1 800 €, mais que vous êtes en full remote, honnêtement, il faut le prendre. Parce que ce que vous allez apprendre, en voyageant un peu partout, en ayant cette possibilité là, vous ne le retrouverez peut être jamais et surtout nulle part ailleurs. C’est une expérience qu’il faut prendre, et effectivement, le digital le permet.
Majdeline
Fais-nous rêver un peu, tu es parti où dans cette année à l’étranger ?
Amza
Moi, je suis parti un peu dans plusieurs pays. J’ai fait tous les pays un peu limitrophes de la France. L’Allemagne, Luxembourg, le Portugal, l’Italie, plusieurs fois. J’ai fait un road trip en Inde et en Écosse. Voilà, des pays où je ne pensais jamais aller et ça, c’est vraiment cool. Surtout que, je suis photographe amateur à côté, donc ça m’a permis aussi de faire beaucoup de photos. Je sais que, par exemple, quand j’étais en Inde, j’ai pris des photos et j’ai pu les exposer dans une petite galerie. Ça, c’était cool aussi à faire.
Majdeline
Trop bien. Tu peux lier ta passion à ton métier, finalement ?
Majdeline
Exactement.
Amza
Ok, c’est limpide. Aurais-tu des films, des séries, des livres, des podcasts en rapport avec ton métier à nous conseiller ?
Amza
Je n’ai pas de podcast ou de série à conseiller. Toutefois, j’ai quelques films. Comme je disais tout à l’heure, le métier de Growth Hacker, il faut avoir un esprit d’entrepreneur et je vous conseille grandement de vous intéresser à tous les films ou aux docu-séries qui parlent d’entrepreneuriat. Par exemple, des films comme Le Mans 66. Mine de rien, c’est quand même un film d’entrepreneur. Des films comme Le Fondateur, qui parle de McDonald’s, c’est à voir. Je crois qu’il y a un docu-série sur Starbucks, sur Netflix, j’ai adoré. Et je vous conseille un film aussi que beaucoup de personnes ne connaissent pas, qui s’appelle Joy, qui parle d’une femme entrepreneure en qui personne ne croyait. Qui a eu l’idée incroyable de faire un ballet révolutionnaire, une sorte de serpillière ? Elle a créé ça dans les années 70.
Majdeline
On voit qu’Amza, n’a pas l’habitude de passer la serpillière 😉
Amza
Non, clairement mais c’est un film qui est hyper intéressant. Et après, je peux conseiller aussi des gens à suivre sur LinkedIn qui traitent du Growth. Sean Ellis, le papa du Growth et aussi Neil Patel, qui a révolutionné le SEO. Il a créé un outil pour ça. Il a écrit énormément de choses à le sujet. Et après, en français, je peux vous conseiller Kevin Dufraisse que j’ai rencontré une fois, qui etait venu donner un cours dans mon école de marketing digital. Très sympa et qui a de bonnes idées. Quand vous allez rentrer dans le « Growth », peut être que vous allez adorer un outil comme Notion Et là, je vous conseille par exemple Shubham Sharma qui a également une page sur YouTube.
Majdeline
Qui nous donne des conseils, des tutos sur les outils ?
Amza
C’est ça, comment maîtriser Notion, qui est un outil incroyable, il faut le dire. Je pense que si vous n’utilisez pas Notion, vous êtes un mauvais Growth Hacker. Je rigole un peu, mais tout le monde l’utilise. C’est un outil fondamental.
Majdeline
Ok merci Amza, à bientôt.
Amza
Merci à toi.
