Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir, Julie Khoum. Julie nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier.
Merci à Julie pour sa participation et nous espérons que l’écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager.
N’hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l’adresse legagnepain@gmail.com
Notes du podcast et liens utiles :
Notre invité : Julie Khoum – Profil LinkedIn
Interview faite par : Bertrand Jonquois – Profil LinkedIn
La retranscription de l’épisode 82 :
Bertrand
L’atelier du Gagne-Pain, c’est l’occasion d’interroger des professionnels pour vous aider à trouver votre job dans le digital. Pour ce nouvel atelier, nous avons le plaisir d’accueillir Julie Khoum. Bonjour Julie.
Julie
Bonjour Bertrand.
Bertrand
Merci beaucoup Julie d’avoir accepté notre invitation. Julie est UX Writer. Elle est la fondatrice du collectif Meraki, une équipe d’UX Writer, des talents ayant pour point commun l’envie de construire un web meilleur, empreint d’accessibilité et d’inclusivité. Tout un programme qu’on aura l’occasion de détailler ensemble. Julie, on va aborder un sujet autour du nomadisme digital, mais avant, j’aimerais bien que tu te présentes de façon un peu plus personnelle. Qui es-tu, Julie ?
Julie
Ok. Merci pour l’invitation. Je suis Julie, j’ai 38 ans. Je vis dans le Pays basque parce que je suis passionnée de surf. J’essaie donc d’aller surfer le plus de fois possible. Je fais aussi de la musique et je suis passionnée d’écriture, ce qui est directement lié à mon travail. Je suis ainsi entrepreneur et j’ai monté le collectif Meraki dont je suis la fondatrice.
Bertrand
Ok, on va avoir l’occasion d’UX Writer ça dans le détail. Comme tu le sais, l’Atelier du Gagne-Pain a pour objectif de proposer des conseils pour aider les jeunes à trouver un job. Comme on en a discuté un peu avant cet entretien, j’aimerais t’interroger sur plusieurs questions. La première concerne évidemment le nomadisme digital, ça veut dire quoi ? Qu’est-ce que ça veut dire pour ceux qui nous écoutent ? Comment mettre en œuvre ce nomadisme digital ? Ce sera la deuxième question. Comment le faire concrètement et comment toi, tu le vois au quotidien ? Comment intégrer le nomadisme dans son job et notamment vis-à-vis de son employeur ? Cela sera le troisième thème. Et puis le dernier thème, tes conseils. Qu’est-ce que tu vois comme conseil pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient mettre en œuvre ce nomadisme digital dans leur job ? Pour commencer, tu peux-tu nous expliquer ce qu’est le Collectif Meraki ?
Julie
Oui, tout à fait. Le Collectif Meraki, c’est une équipe d’UX designers. La définition de Meraki, ça vient du grec et ça signifie donner de sa personne pour une œuvre.
Bertrand
D’accord, c’est beau.
Julie
Oui, c’est vrai. Je suis très habitée par cette mission et c’est très lié aux valeurs que vous avez aussi dans Le Gagne-Pain. C’est quelque chose que j’ai fait comme une mission de vie. Et donc, dans notre collectif, on est habité, passionné par la mission de construire un Web meilleur, en conséquence de construire de meilleurs écrans. On a la conscience que les mots sont précis, qu’il faut bien les choisir. Parce que les mots peuvent créer de la magie, mais ils peuvent aussi tordre des âmes. C’est très important pour nous de bien utiliser les mots, de faire de bons écrans, car qu’aujourd’hui, tout passe par le web. Et donc, c’est important d’essayer de rendre ça meilleur en travaillant l’accessibilité, l’éco-conception, l’inclusivité.
Bertrand
Si tu es d’accord, on va commencer par un peu le début. C’est quoi le nomadisme digital ? Qu’est-ce que ça veut dire ? On essaiera de creuser un peu cette notion, mais comment tu définirais, aujourd’hui le nomadisme digital qui est une question qui revient souvent chez les plus jeunes ?
Julie
Tout à fait. Moi, ce que j’ai observé, c’est une expérience qui est personnelle. Ce que je vois du digital nomadisme et ce que je comprends aujourd’hui. J’ai monté le collectif Meraki, ça ne s’appelait pas du tout comme ça à l’époque, à partir d’une expérience personnelle, d’avoir envie de parcourir le monde. Et j’étais en Asie au moment où j’ai commencé à travailler sur ce projet. Je n’avais pas du tout conscience de ce qu’il allait devenir. Et en fait, le digital nomadisme, selon moi, il y a beaucoup de définitions. C’est de pouvoir se déplacer et de créer un contexte de travail, peu importe la mission, et de pouvoir le créer n’importe où. Alors, il y a eu des dérives. Aujourd’hui, on a souvent l’image du digital nomade qui a une course effrénée, qui publie sans cesse sur Instagram les endroits qu’il visite, etc. Moi, ce n’est pas ce que je prône. Ça existe et ça vient de ça d’ailleurs, le digital nomadisme. Mais en fait, le digital nomadisme, ça peut aussi être quelqu’un qui veut vivre plus proche de sa famille. Qui souhaite vivre à l’extérieur des villes et en même temps avoir des missions professionnelles stimulantes très proches des pôles d’activité des villes, par exemple.
Bertrand
D’accord. Donc, ça veut dire qu’il faut allier les travaux des entreprises qui sont fréquemment concentrées dans les centres urbains, mais pouvoir le faire un peu où on veut. Et où on veut, ça peut être un peu l’image d’Épinal qu’on a, c’est-à-dire au bord d’une plage. Mais ça peut aussi être à côté d’une forêt et à quelques dizaines de kilomètres simplement du centre-ville ?
Julie
Tout à fait. Sur la plage, avec son laptop, c’est un peu le cliché. Et c’est un peu ce que l’on peut avoir comme image qui apparaît spontanément quand on parle du digital nomadisme. Mais en réalité, c’est beaucoup plus que ça. C’est quelque chose qui participe pleinement à l’équilibre pro-perso qu’on ne devrait plus avoir aujourd’hui en tant que personne qui travaille.
Bertrand
Est-ce qu’il y a aussi dans cette équation de digital nomadisme une question d’empreinte carbone ? Parce que c’est aussi quelque chose qui revient souvent, se dire qu’on se déplace à l’autre bout de la planète pour travailler depuis son ordinateur. Est-ce que c’est vraiment raisonnable ?
Julie
C’est difficile et complexe comme question, mais en réalité, le digital nomadisme, ça peut aussi supprimer la majorité des déplacements qui servent, entre guillemets, à rien.
Bertrand
Les déplacements quotidiens ?
Julie
Moi, j’ai côtoyé des personnes qui devaient faire une heure et demie de transport allé, une heure et demie de transport retour. Pour faire exactement la même chose que si cette personne était chez elle. Dans un cadre de travail plus confortable et à pouvoir en plus allouer du temps à sa dimension perso dans sa vie.
Bertrand
Là, ça rejoint le télétravail à partir du moment où on a un cadre de vie qui le permet ?
Julie
Oui, c’est vrai que ça rejoint le télétravail. Les frontières sont assez fines parfois. Mais le digital nomadisme, pour revenir sur la question de l’empreinte carbone, ce n’est pas que voyager dans une course effrénée à l’autre bout du monde et de sauter d’avion en avion. C’est parfois tout simplement instaurer un mode de vie pour faire en sorte de travailler parfois loin des structures qui nous emploient.
Bertrand
OK. Et ça fait partie de l’objectif de ton collectif ?
Julie
C’est une des valeurs que je souhaite conserver au sein du collectif, la flexibilité de pouvoir travailler d’où l’on souhaite. En revanche, je ne vais pas encourager directement les gens à prendre l’avion.
Bertrand
Merci beaucoup Julie. Pour cette deuxième partie de notre entretien, j’aimerais bien qu’on parle de la mise en œuvre de ce nomadisme digital. Comment ça se passe et peut-on expliquer à ceux qui nous écoutent sur comment ça fonctionne ?
Julie
Tout à fait. Si on est une personne qui souhaite aborder le digital nomadisme et le mettre en place dans sa vie, il y a plusieurs façons de le faire. Il existe des entreprises qui sont parfaitement matures pour avoir éprouvé justement cette manière de travailler. Elles vont proposer à leurs salariés un mode de travail en total remote, très lié au télétravail ou au digital nomadisme. Il y a des structures qui sont bien armées pour ça et dans ce cas-là, il y a des sites de recherche d’emploi qui sont orientés autour de ça exclusivement. Il faut quand même réfléchir qu’en tant que futur employé, vous avez des forces, vous avez un talent et il faut que la structure soit capable de vous accueillir. Donc, aller vers des entreprises matures qui ont déjà éprouvé le digital nomadisme ou le télétravail à 100%. Il y a tout un tas de choses dans la pratique à mettre en œuvre pour que ça marche. Et vous n’êtes pas seuls responsables et c’est vraiment quelque chose que je souhaite vous transmettre.
Bertrand
C’est-à-dire que les entreprises sont aussi prêtes à accompagner, elles sont responsables. Elles sont prêtes à accompagner les salariés pour mettre en œuvre les bonnes pratiques ?
Julie
Oui, exactement. Parce que le digital nomadisme, c’est bien, mais après, il y a quand même des choses à retenir. C’est qu’en étant en présentiel, il y a des choses qui passent, il y a du non verbal, et il y a des choses qui sont importantes. Et vous, en tant que jeune professionnel qui démarre dans la vie active, si vous voulez absolument commencer par du digital nomadisme, pourquoi pas ? Cependant, il y a quand même beaucoup de choses à apprendre en présentiel dans les entreprises. Il ne faut pas le négliger. Et il faut aller vers des structures qui sont prêtes à vous accueillir. Et ça, c’est la première étape, je pense.
Bertrand
Donc, ça veut dire qu’il y a peut-être une première étape. Se dire pas de 100% en télétravail ou de 100% en digital nomadisme au tout début de son activité professionnelle. Et avoir comme objectif de le faire un peu plus tard ?
Julie
Pourquoi pas ? Il n’y a pas une seule vérité absolue et la réponse, c’est vous qui l’avez en vous. En revanche, c’est vrai que ce n’est pas un parcours classique de démarrer par du digital nomadisme à 100% au tout début, mais ça peut marcher.
Bertrand
OK, et après, il y a une question qui peut aussi arriver tout de suite derrière. Soit je suis dans une entreprise qui accepte le 100% télétravail, soit je suis freelance ? Et je pense que c’est aussi une façon d’aborder son travail différemment ?
Julie
Tout à fait. Le freelancing ou le statut d’indépendant offre énormément de flexibilité. C’est un statut qui vous pousse presque aux portes de l’entrepreneuriat et où vous avez un pied dedans. C’est gérer ses factures, gérer sa propre commercialisation, trouver des missions, etc. En revanche, il y a énormément de missions en freelancing, en tant qu’indépendant. Il y en a plus qui sont proposés dans le cadre du digital nomadisme que des postes de salariés. Et donc, pour aborder le digital nomadisme, le télétravail et ce mode de vie, c’est une voie à étudier si vous souhaitez appliquer ça dans votre travail.
Bertrand
Et toi, dans ton collectif, on en parlait aussi avant l’interview, tu travailles pas mal avec des freelances. Ça veut dire que c’est quand même adapté à ce statut-là ?
Julie
Tout à fait. Au sein du collectif, on est principalement constituée de freelances et d’indépendants. C’est quelque chose que je souhaite faire évoluer, mais c’est un statut qui est bien adapté à ça. Après, il y a des entreprises qui sont 100% remote et qui ont des salariés pourtant.
Bertrand
Oui, je comprends. Ok. Et si on va un peu plus loin, est-ce qu’on peut aller chercher un peu la responsabilité ? Est-ce qu’il y a une responsabilité de l’employeur ? Est-ce qu’il y a une responsabilité sur la vie privée de son salarié quand il est en nomadisme digital ?
Julie
Je pense en effet que Déjà, de toute façon, je pense que tant qu’employeur, on a une énorme responsabilité aujourd’hui de protection et de bien-être de l’équipe et des employés. Il y a eu beaucoup de troubles qui sont apparus par rapport au travail. Je pense qu’il faut prendre conscience que ce sont aux entreprises et aux employeurs d’absorber tout ça et de faire preuve de créativité pour améliorer les conditions de travail. Pour revenir sur la question de digital nomadisme et de responsabilité de l’employeur, je pense qu’en effet, il faut être vigilant sur le suivi. Il faut créer des points réguliers pour que personne ne se sente isolée ou accumule peut-être des barrières psychologiques à s’exprimer. En tant qu’employeur, quand on est en présentiel, en particulier, les employeurs et les managers empathiques peuvent ressentir des choses. En distanciel, ça va passer à travers des écrans et donc il faut être encore plus alerte, encore plus sensible sur le bien-être de ses employés. Et après, en tant que personne qui travaille justement pour une entreprise ou pour une mission, vous devez aussi améliorer votre capacité à parler de vos problèmes. C’est de votre responsabilité de donner la transparence sur les points que vous ressentez qui peuvent-être bloquants.
Bertrand
Et ça, quel que soit son statut, parce que là, ça ne change rien. Le statut, qu’on soit employé ou qu’on soit freelance, on doit faire part de ces blocages potentiels ou des barrières qui existent ?
Julie
Totalement et je dirais que ce n’est pas une vérité absolue, mais en tant que freelance, en tant que personne qui travaille en 100% remote, c’est de votre responsabilité de donner la visibilité sur ce que vous faites. Il n’y a pas cette notion de présentéisme. Et peut-être que votre rendu ou la présence peut être mal interprétée. Si vous n’êtes pas connecté ou autre sur Teams ou sur Slack, etc. C’est votre rôle, à vous, de donner de la visibilité claire sur ce que vous faites.
Bertrand
Si on veut aller un peu plus loin, que la responsabilité, c’est aussi celle du salarié ou du freelance, de faire passer ses messages ?
Julie
Moi, je pense que dans une collaboration, en tant que personne, qui allez intégrer la vie professionnelle, vous devez évidemment aller vers des structures qui sont capables et qui vous méritent. Qui sont capables de vous accueillir. Mais vous aussi, vous devez donner le meilleur de vous-même et développer sans arrêt vos compétences, vos apprentissages. Et communiquer sur votre travail, donner de la visibilité sur ce que vous faites et poser les questions au moment où il faut les poser. Ça va faire partie des compétences que vous devez développer dans le monde de l’entreprise.
Bertrand
Ca veut dire qu’il faut dépasser la simple réunion, mais aussi réussir à briser la glace alors qu’il y a un écran entre celui qui travaille. Il faut réussir à le faire, ce n’est pas évident ?
Julie
Ce n’est pas évident. Les bons managers vont faire preuve de créativité, créer des jeux en ligne, créer des ateliers brise-glace. Au sein du collectif, nous, on a fait un séminaire, il n’y a pas longtemps et c’était mixte. Il y avait des personnes à distance, des personnes en présentiel et on a fait un atelier brise-glace avec des questions ou des jeux, du style de classer quel est mon plat préféré. Et ça permet de parler des gens. Et c’est important. Et on travaille avec des gens, donc il faut se souvenir que Julie, par exemple, elle adore le surf. Du coup, quand on commence une réunion, on va peut-être parler de ce que tu as fait ce week-end ? ça fait partie de votre rôle. Il faut s’intéresser aux gens.
Bertrand
D’accord, c’est de l’empathie ?
Julie
C’est de l’empathie et c’est presque un peu du bon sens, mais on peut le décupler quand on est à travers les écrans, ce n’est pas facile. Il faut y mettre du sien.
Bertrand
Julie, il y a une question auquel on n’a pas répondu. Quels sont les métiers qui sont concernés ? Évidemment, on parle dans ce podcast des métiers du digital, mais je veux bien t’entendre sur UX, évidemment, mais est-ce qu’il y a des métiers qui ne seraient pas concernés par ce sujet-là ? Comment tu vois les choses ?
Julie
Bien sûr, tous les métiers de la tech, du digital, peuvent être concernés plus ou moins facilement par le digital nomadisme ou le 100% télétravail. Cependant, moi, je pense qu’on fait partie d’une ère dans laquelle les barrières sont presque à lever aujourd’hui. Et du coup, si vous êtes fleuriste et que pour X ou Y raison, vous avez envie de changer de vie, de vous rapprocher de ce que vous avez vraiment envie de faire. Au fond, pourquoi pas lancer chaîne et créer des contenus sur les fleurs ? Il y a énormément, par exemple, de chefs de restaurants étoilés qui sont devenus des stars des contenus. Qui ont commencé à envisager des nouveaux types de business à travers du digital. Donc, j’ai envie de vous dire, Écoutez-vous, ce que vous avez envie de faire ? Et pas pour se lancer dans une course et freiner au digital nomadisme et cocher des endroits comme ça sur une liste. En revanche, accorder de la place à, où est-ce que vous avez envie de vivre, comment vous avez envie de vivre et essayer de faire preuve de créativité. Il n’y a presque aucun métier aujourd’hui qui ne peut pas être fait sans aborder le digital nomadisme.
Julie
Il y a des domaines qui seront plus faciles que d’autres, évidemment. Mais quand on voit qu’aujourd’hui, j’ai lu un article qui m’a fasciné. Il y avait un chirurgien émérite qui avait une spécificité, et qui a opéré grâce à des machines et une intelligence artificielle à distance un patient chinois. Il a opéré chirurgicalement. Donc, à partir de ce moment-là, on peut tout imaginer ou presque…
Bertrand
Ok, c’est intéressant parce qu’effectivement, ça ouvre de nouvelles perspectives. Ça permet de penser différemment son métier. Pour conclure cet entretien, j’aimerais bien qu’on parle de tes conseils, de tes expériences, de tes retours d’expérience sur ce que tu as fait en digital nomadisme et qui pourraient intéresser ceux qui nous écoutent ?
Julie
Oui. Alors moi, pour vous avouer quelque chose de très personnel. J’ai commencé à envisager le digital nomadisme et le travail à distance quand j’ai voulu quitter cette routine de métro, boulot, dodo. Et, j’ai commencé à voyager pour mon bien-être personnel, pour mon bien-être mental. Et j’ai appris progressivement qu’il était important de s’organiser, de bien anticiper les questions de décalage horaire, les questions d’accessibilité à Internet, d’accessibilité à de l’électricité. J’ai appris quand il y avait des deadlines, des dates de rendu à anticiper, prévoir que le rendu était prêt à 95%, trois jours à l’avance. Parce que finalement, c’est une espèce de discipline et de rigueur que je pense est important à mettre en œuvre, à instaurer dans sa routine de travail quand on veut profiter de tous les avantages de la flexibilité.
Bertrand
On ne peut pas se décider au dernier moment, on ne peut pas faire les choses à la dernière minute. Donc, il faut anticiper encore plus. C’est quelque C’est quelque chose que je répète souvent à mes étudiants, Anticiper. Mais là, je crois qu’effectivement, tu as raison, il faut anticiper vraiment.
Julie
Oui, il faut vraiment anticiper encore plus. Je pense que dans une routine faite avec des habitudes, il me semble que c’est des études qui le démontrent, mais je crois qu’il y a 30% d’imprévu. Et je pense que dans le digital nomadisme, le travail à distance, le mode de vie qu’on décrit depuis tout à l’heure, au-delà du terme en lui-même, je pense que ça doit être du 50%. Et de toute façon, il faut garder en tête qu’apprendre l’anticipation, c’est quelque chose qui va vous permettre de décharger votre charge mentale. Pour vous concentrer sur ce qui fait que vous, vous êtes bon, sur ce qu’on attend de vous réellement et d’aller plus loin dans les réflexions.
Bertrand
Est-ce que c’est quelque chose qui est clair avec les personnes avec qui tu travailles ? Comment ça se passe cette relation que tu as avec les clients avec lesquels tu travailles ? C’est toujours clair ?
Julie
Je pense que ça fait partie des valeurs qui sont reflétées dans le collectif. C’est assez clair de manière générale. Et en plus, je trouve qu’on n’a même pas besoin trop de se parler. Moi, je vais facilement voir les gens aussi en présentiel. Je me déplace facilement.
Bertrand
De temps en temps, tu fais ça ?
Julie
Oui, et je trouve que c’est important. Ça dépend du contexte, mais mes clients, je vais les voir une fois par mois ou une fois tous les deux mois. L’équipe, j’aime bien la voir une fois par mois ou tous les deux mois aussi. Et en fait, cet équilibre est assez naturel. On n’en parle pas tant que ça, mais par contre si il y a besoin, c’est important d’en parler.
Bertrand
D’accord. Donc, ça veut dire que s’ilil y a des questions qui sont posées sur, comment tu gères ta relation professionnelle en nomadisme ? Tu vas l’expliquer, le dire ?
Julie
Je vais le dire très simplement, très concrètement : Je vous propose une fois par mois, à telle date, je viens tant de jours. Est-ce que ça vous convient comme rythme ? Est-ce que vous avez autre chose en tête ? Parlons-en, il faut parler et dire pratiquement ce qu’on a en tête.
Bertrand
Et pour reprendre tes retours d’expérience dans le collectif, comment tu gères ce nomadisme ? Il y a quand même aussi des questions qui peuvent être liées au décalage horaire ? Des gens qui ne sont pas sur le même fuseau horaire. Comment tu gères ça ?
Julie
Concrètement, comment ça se passe ? Une fois par semaine, parce qu’aujourd’hui, on est une petite équipe d’une dizaine au sein du collectif. On peut se le permettre de se voir une heure tous les lundis pour parler brièvement chacun de nos trois priorités de la semaine. Et donc, ça nous permet d’avoir une vision de ce que tout le monde fait. Après, moi, je laisse vraiment la flexibilité et la liberté. C’est vraiment des valeurs très importantes pour moi. Donc, je laisse tout le monde gérer son temps à sa sauce. En revanche, on se met d’accord sur les tâches à réaliser, le temps qu’il faut pour le réaliser et une date de livraison. À partir de ce moment-là, je laisse les gens libres. Je demande aux gens aussi de lever des alertes. Si jamais ils s’aperçoivent qu’ils en sont qu’à 20% de la réalisation de la tâche, mais qu’ils ont déjà passé 80% du temps estimés pour réaliser la tâche dans son entièreté. Il y a tout un tas d’astuces comme ça, de choses à tester, à mettre en place au quotidien pour que ça fonctionne.
Bertrand
Ok, excellent. Et la réunion, le weekly, c’est un truc qu’on retrouve dans les équipes de tech. C’est important, ça veut dire qu’il y a un moment où tout le monde se réunit au même moment ? vous êtes en visio ou au téléphone, et là, on expose tous les sujets de la semaine ?
Julie
Exactement, on expose tous les sujets de la semaine, on est concis et on parle des principales problématiques qu’on a rencontrées la semaine précédente. Il y a une culture de dédiaboliser les problèmes au sein du collectif. On essaye de donner de la visibilité sur ce qu’on fait parce qu’on peut créer des synergies entre les gens.
Bertrand
Ça me semble hyper clair et j’aime beaucoup cette idée de weekly. Ça me rappelle plein de choses qu’on a déjà fait dans le Gagne-Pain. Est-ce qu’il resterait des choses que tu as envie de transmettre, à ceux qui nous écoutent pour les préparer ça ? Est-ce qu’il y a des petits trucs, des petites astuces que tu aimerais partager ?
Julie
Oui, Il y a une chose qui me vient en tête. Il y a un livre qui a changé ma vie. Ça s’appelle The Strengths Finder, Trouver ses forces de Tom Rath
Bertrand
On mettra les liens de ton bouquin dans les commentaires du podcast pour que chacun puisse le retrouver facilement.
Julie
Oui, tout à fait. Je l’ai relu récemment. Je dirais qu’il a peut-être un peu mal vieilli. Néanmoins, je vous parle quand même de cette référence parce qu’il y a un message fort que j’aimerais vous transmettre, c’est : Prenez conscience de vos forces. Le monde du travail s’est un peu construit aujourd’hui en essayant de former des gens qui sont moyens en tout. Ce n’est pas possible. Ce n’est pas la force, ce n’est pas la richesse qui on est en tant qu’être humain. Prenez conscience de vos forces, appuyez-vous dessus et n’hésitez pas à demander de l’aide sur vos faiblesses. Et peut-être que vous pouvez, à terme, en évoluant dans votre carrière professionnelle, peut-être complètement abandonner vos faiblesses pour vous concentrer sur ce qui vous fait kiffer, ce que vous adorez et ce dans quoi vous êtes bon. Donc, prenez conscience de vos forces et demandez de l’aide pour le reste.
Bertrand
Ok, se connaître soi-même. C’est super important. C’est un peu le début, mais c’est évidemment hyper important. J’ai une dernière question. Ceux qui nous écoutent et qui ont envie de prolonger la discussion avec toi, comment ils font ? Comment ils peuvent te contacter ? C’est quoi la meilleure solution ?
Julie
J’ai un profil LinkedIn. Je suis hyper accessible. J’adore transmettre, j’adore aider parce que moi, quand j’étais petite, j’étais confrontée au manque d’informations, justement. Au moment où il fallait prendre des décisions hyper stressantes et hyper décisives pour sa vie, donc sur LinkedIn.
Bertrand
Ok. Pareil, on mettra ton profil LinkedIn dans les commentaires du podcast pour que chacun puisse te trouver facilement. Julie, merci beaucoup.
Julie
Merci beaucoup. À vous, Le Gagne-Pain.
Bertrand
Merci beaucoup. À bientôt.





