Métier de Consultante en Digital Learning : missions, compétences, salaire et perspectives d’évolution
Consultante en Digital Learning Salaire
Entre 45 000€ et 80 000€ brut/an selon l’expérience, plus en indépendant.
Consultante en Digital Learning Formation
DUT/Licence multimédia, école de commerce, MBA ou formation certifiante digital learning.
Consultante en Digital Learning c’est quoi
Accompagne la digitalisation des formations, de la stratégie à la création de contenus.
Notes du podcast et liens utiles :
Notre invité : Visouda Luangkhot – Profil LinkedIn
Interview faite par : Bertrand Jonquois – Profil LinkedIn
La transcription de l’interview de Visouda Luangkhot, consultante en digital learning
Bertrand
Visouda, tu es consultante en digital learning. On va avoir l’occasion d’expliquer ça dans le détail. Mais avant, est-ce que tu peux te décrire en quelques mots ?
Visouda
Merci beaucoup de me recevoir, Bertrand. Oui, je m’appelle Visouda, j’ai 37 ans, je suis d’origine Laotienne. Mon prénom veut dire « Petite Étoile ». Je vis à Strasbourg actuellement et ça fait 12 ans que je suis experte dans ce qu’on appelle aujourd’hui le digital learning.
Bertrand
On va raconter ça dans le détail, expliquer le digital learning, mais avant, est-ce que tu peux te présenter, notamment sous l’angle de ta formation ? Comment as-tu appris ce métier ?
Visouda
Ce n’était pas du tout inné. J’ai commencé par un bac S avec une spécialité Archimède au lycée Fustel de Coulanges, à Strasbourg. Il n’y a rien qui me dit prédisposé à faire de la formation. Après, j’ai enchaîné un DUT dans le multimédia. J’ai fait de l’événementiel aussi avec une licence pro et après un diplôme de grande école en gestion des entreprises. Et c’est là que j’ai eu le coup de cœur pour la formation et que je me suis spécialisée dans la formation à distance.
Bertrand
D’accord. Est-ce qu’également, pour te présenter, tu peux nous dire quelles sont les entreprises dans lesquelles tu as travaillé, les expériences professionnelles ?
Visouda
Très jeune, à partir de 16 ans, j’ai commencé à faire tout ce qui était travail saisonnier. Pour payer mes études au Canada, j’ai enchaîné trois jobs, deux dans la journée, et un le soir dans un restaurant. Et puis, dans mes expériences professionnelles, en lien avec la formation, je suis passée par la case startup, où j’ai été chef de projet digital learning. C’était la première marche. Et après, comme je t’ai dit tout à l’heure, je savais quelles étaient toutes les marges que je voulais gravir. Donc, j’ai commencé comme chef de projet en digital learning. Après, j’ai géré une équipe de chef de projet Digital Learning et j’ai géré un organisme de formation. Et ensuite, je me suis mis à mon compte en tant que consultante spécialisée.
Bertrand
Eval Formation, on va en parler juste après. Avant ça, il y a une question que j’avais envie de poser par rapport à ce que tu as dit quand on a préparé cette interview. Tu es « très famille ». Tu as même indiqué : Je suis « Tata gaga ». Qu’est-ce que ça veut dire ?
Visouda
Oui, c’est vrai. La famille, pour moi, c’est une valeur très importante. D’ailleurs, aujourd’hui, je travaille entourée de ma famille. Je suis passée d’une personne à quatre personnes et c’est des membres de ma famille qui m’accompagnent. Et le côté Tata gaga dont je te parlais, c’est que j’ai beaucoup de neveux et de nièces qui m’inspirent énormément. J’ai des nièces qui sont issues de la génération Z, et que j’ai appris à découvrir, passionnante et complètement différente de notre génération. Et elle m’inspire.
Bertrand
Ok. Et donc, j’aimerais bien que tu nous parles d’eVaL Formation, que tu as créé ?
Visouda
Ca fait un an maintenant qu’eVaL Formation existe, un peu plus d’un an. L’objectif d’eVaL Formation, et c’est ce qui m’anime, c’est mon rêve. C’est de créer un campus, un peu comme les Xmen, pour les profils neuroatypiques. Ce sont notamment les échanges avec mes nièces qui m’ont poussé à me dire qu’au-delà des profils atypiques, il y a des générations qui sont tellement différentes. Qu’en fait, si tu ne t’adaptes pas dans la formation, à un moment donné, tu ne peux pas exceller dans ce travail-là.
Bertrand
Que fais-tu avec Eval Formation ? Avec qui tu travailles ? Comment ça se passe ?
Visouda
Avec Eval Formation, on accompagne les professionnels de la formation à se développer leur business grâce au digital et à l’IA. Donc, le travail de concepteur digital learning, il alimente, par exemple, la création de projets. Tu as une formation présentielle, tu veux la mettre en distanciel, tu es un formateur et tu ne sais pas comment animer une classe virtuelle. Tu es une entreprise et tu as besoin de former tous tes salariés sur une même problématique ou sur une réglementation, on va venir créer pour toi une formation en ligne, mais ça va aussi sur l’accompagnement stratégique.
Bertrand
Ça veut dire que dans le métier que tu fais, tu accompagnes à la fois des entreprises, des organismes de formation, éventuellement même des écoles. C’est ça ton boulot ?
Visouda
C’est ça. J’accompagne des organismes de formation, comme tu le disais, des formateurs aussi indépendants qui sont en reconversion et aussi des écoles, tout ce qui tourne autour de la profession de la formation.
Bertrand
Merci beaucoup, Visouda. Maintenant, est-ce que tu peux nous expliquer ton métier, ton métier de consultante en digital learning et les missions qui sont associées à ce métier. D’abord, ton métier STP.
Visouda
Le métier de consultante en digital learning, c’est quoi ? C’est être consultante en transformation digitale dans la formation. Il consiste à accompagner tous les professionnels de la formation pour digitaliser, aider sur la transformation numérique des offres de formation, de leur stratégie et aussi de la promotion de leur contenu.
Bertrand
Ok, on va pouvoir décliner tes fameuses missions. C’est quoi tes trois principales missions ?
Visouda
Les trois missions principales d’un consultant en digital learning, c’est d’abord accompagner sur une stratégie digitale. Ensuite, créer les contenus de formations digitaux et après, promouvoir toute l’offre de formation qu’on a créée en digital.
Bertrand
D’accord. Si on revient sur chacune de ces missions, la première, la stratégie, ça veut dire quoi ? Il faut comprendre le client, savoir ce qu’il veut, c’est ça l’idée ?
Visouda
Exactement. On commence par un audit, en général, de l’existant chez le client ou alors des fois, il part de la page blanche. Et ensuite, on fait ce qu’on appelle un audit, une analyse des besoins, pour construire quelle est la meilleure stratégie à avoir qui combine souvent des formations en présentiel et du digital qui se rajoute derrière.
Bertrand
D’accord. Après, tu as dit: On crée la formation. Là, ça veut dire que tu accompagnes encore une fois tes clients pour former, pour créer la formation complètement ?
Visouda
C’est ça, un peu comme des séries qu’on voit à la télé. Quand tu crées un film, tu commences par un scénario pédagogique, il y a du storyboarding, etc. Comme quand on crée un film, on vient créer un parcours de formation digital.
Bertrand
Ce parcours, il peut être hybride, c’est-à-dire qu’il peut être à la fois en ligne avec des choses à avoir en replay, soit en présentiel ou évidemment un peu des deux ?
Visouda
C’est ça. De l’hybride, en plus, dans la partie digitale. Tu peux avoir du digital qui est en live, comme tu viens de le dire, des classes virtuelles, etc. Mais on peut aussi avoir du digital disponible sept jours sur sept et 24 heures sur 24 sur des plateformes en consultation comme du streaming. Là, on travaille vraiment différemment. C’est deux modalités différentes qui peuvent compléter.
Bertrand
Ok. Et troisième mission, tu as dit : accompagner la promotion. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?
Visouda
C’est tout le marketing digital de l’offre. Ça va avec le métier de community manager parce qu’il faut bien travailler le personal branding du formateur. Travailler sur la création de contenu, sur le réseau, travailler aussi sur la création de vidéos. Il y a tout un volet digital marketing, mais adapté à la formation. Puisqu’on ne vend pas la formation de la même façon qu’on vend des chaussures, par exemple.
Bertrand
D’accord, c’est très clair. Est-ce que maintenant, tu peux nous expliquer pourquoi tu as choisi ce métier ? Je crois qu’il y avait trois raisons principales. Est-ce que tu peux nous les décrire ?
Visouda
Oui, à 24 ans j’ai découvert ce qui m’animait vraiment et pourquoi j’ai choisi ce métier-là. Dans un cours de développement personnel, quand je faisais mon MBA au Québec. Tu es obligée, quand tu veux être diplômé d’un MBA, au Canada, de t’interroger sur ce qui t’anime personnellement dans ton développement. Et la première chose qui est arrivée chez moi, c’était que j’ai besoin d’aider les autres.
Bertrand
D’accord. Et ça, tu arrives à l’expliquer ? Tu arrives à comprendre d’où ça vient ?
Visouda
Je pense qu’il y a un peu de lien avec le fait que la famille, c’est très important pour moi. Que je sois aussi la première fille qui est arrivée. Et dans une famille asiatique, la position de la première fille, c’est important. Il y a beaucoup de choses qui reposent sur toi et tu t’occupes tout le temps des autres. Donc ça, c’est un truc qui est peut-être inné chez moi.
Bertrand
Donc ton métier, clairement, continue à te permettre d’aider les autres ?
Visouda
Exactement. Concrètement, quand tu aides des gens à monter en compétence, je m’inscris clairement dedans.
Bertrand
Ok. Après, tu as dit dans les deuxièmes éléments essentiels de ton métier : Apprendre en continu ?
Visouda
Exactement, j’ai un profil atypique, neuroatypique, qui fait que mon cerveau a besoin tout le temps d’être stimulé. Et j’ai compris très vite que j’avais besoin d’apprendre en continu. Donc, travailler sur du multi-secteur pour plein d’entreprises, peu importe le secteur, c’est ce qui me plaît beaucoup plus que de travailler juste dans un secteur en particulier, par exemple. D’accord.
Bertrand
Donc ça explique le côté consultant. Tu peux travailler, changer de client, changer de métier, changer de secteur. Et troisième chose : transmettre tes compétences. Ça faisait aussi partie des éléments essentiels pour toi ?
Visouda
Oui, j’ai remarqué quand j’avais 24 ans. Je suis passée du multimédia à l’événementiel et que je ne pouvais pas transmettre, que je ne pouvais pas utilise la création avec Adobe et ça me manquait. Et j’ai compris rapidement que si je ne mettais pas à profit les compétences que j’avais dans mon quotidien, j’avais l’impression de me sentir bête ou inutile. Donc transmettre ce que je sais, ce que j’ai appris, c’est aujourd’hui un moteur pour moi.
Bertrand
C’est important, je pense, pour ceux qui nous écoutent, de comprendre que le métier de consultant en digital learning repose sur ça. Je pense que c’est tout à fait bien décrit par ce que tu viens de dire. Aider les autres, apprendre et puis transmettre, c’est la base. Merci beaucoup pour C’est ça. Maintenant, on va passer aux compétences requises pour ce job ? Là aussi, je crois que tu en avais trois ?
Visouda
Je dirais que la première, c’est l’écoute. Aujourd’hui, notamment dans la partie stratégique, c’est 80% d’écoute. Tu écoutes 80% du temps. J’écoute 80% du temps les clients plutôt que de parler, parce que beaucoup, quand ils arrivent, non pas conscience de leurs besoins. Ils ont des problématiques, ils ont des enjeux, ils ont des éléments de stress, mais souvent, ils n’arrivent pas à formuler leurs besoins.
Bertrand
Dans les autres compétences que tu as citées quand on a préparé cette interview, c’est l’expertise. Là, ça se traduit comment dans ton métier, l’expertise ?
Visouda
L’expertise, contrairement à d’autres des métiers dans des digital, quand on fait de la formation digitale, on est obligé de s’y connaître déjà dans la formation. Donc expert en pédagogie, ça, c’est très important. Mais c’est aussi une expertise hybride parce que tu dois aussi t’y connaître dans des outils digitaux.
Bertrand
D’accord. Donc, il y a une double expertise ?
Visouda
Exactement.
Bertrand
Et puis, dernière chose que tu as citée dans les compétences, la veille. Là, ça rejoint un peu ce que tu disais tout à l’heure sur apprendre en continu. Mais comment elle se traduit, la veille ? Elle se fait comment, la veille, dans ce métier de consultant en digital learning ?
Visouda
On doit toujours apprendre en continu sur les outils. Quand je dis outils, ça va être des outils de création, de vidéos ou des outils de formation. Maintenant, depuis quatre ans, on intègre aussi l’IA, donc les outils. Il y a de la veille juridique qui est importante parce qu’on ne fait pas de la formation n’importe comment en France. Et on a cette chance d’être un des seuls pays dans le monde, à pouvoir bénéficier de subventions de formation pour former nos salariés.
Bertrand
Ok, excellent. On reviendra sur la question de l’IA qui est évidemment importante. Mais avant, j’aimerais que tu nous parles de tes tâches quotidiennes. Et quand je t’ai interrogé, je t’ai demandé quelle était la tâche quotidienne qui te plaisait le plus, et puis celle qui te plaisait le moins.
Visouda
Moi, j’adore être en relation avec mes prospects. J’adore ces premières connexions, plus que de closer.
Bertrand
Closer, pour ceux qui nous écoutent, ça veut dire finaliser la vente ?
Visouda
Oui, c’est ça, conclure la vente. J’adore ce premier moment où les gens vont s’ouvrir à toi, vont te de parler des problématiques qu’ils ont. C’est la partie dans laquelle tu commences à créer le lien de confiance. J’en parlais tout à l’heure, la compétence dans laquelle tu écoutes à 80%. C’est ce moment-là que je préfère de ma journée.
Bertrand
Et après, dans la tâche quotidienne qui te plaît le moins, tu as dit l’administratif ?
Visouda
Oui, depuis toujours. Dans la formation, sachez-le, vous ne pouvez pas vivre sans une assistante.
Bertrand
Il y a beaucoup d’administratifs, justement liés à ce que tu disais tout à l’heure, c’est-à-dire les subventions liées à la formation. Et donc comment fais-tu ? Tu arrives à te faire aider pour faire ça ?
Visouda
Moi, c’est la première chose que j’ai déléguée. Mais avec quelqu’un de confiance. Et dans toutes mes expériences passées, j’ai toujours eu, et je touche du bois, j’ai eu cette chance-là d’avoir des assistantes en or avec qui on travaillait vraiment en binôme. Mais sans assistante dans la formation. Même alors que je travaille avec l’IA au quotidien, j’ai besoin d’une assistante.
Bertrand
Visouda, attention QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne une consultante en digital learning ?
Visouda
Au démarrage, quand j’étais juste chef de projet digital learning, j’étais entre 45 et 50K€. Après, quand tu évolues, que tu deviens directrice et que tu gères d’autres chefs de projet digital learning, tu prends entre 5K€ et 6K€ de plus par an. Et ensuite, quand j’ai été responsable d’un organisme de formation, là, j’étais plutôt entre 70 et 80K€.
Bertrand
Et aujourd’hui, avec ta propre société, tu es dans ces eaux-là encore ?
Visouda
Un peu plus, du coup. L’objectif, c’est toujours plus, mais dans la rémunération, après, j’investis tout dans ma société, mais oui, je gagne plus qu’avant.
Bertrand
Ok. Est-ce que maintenant, tu peux nous parler du plus grand défi que tu as eu à relever dans ce métier ?
Visouda
Le plus grand défi pour ce genre de métier où tu es acteur du changement, c’est de convaincre tes prospects. Même une fois que c’est signé, il est nécessaire pour eux et d’accepter ce changement. Donc, la première étape à chaque fois que tu viens sur un projet, c’est un peu comme d’accompagner quelqu’un sur un deuil, mais presque. Parce qu’ils doivent accepter que le présentiel, ou que tout ce qu’ils faisaient avant, doit évoluer.
Bertrand
D’accord. Ça, c’est vraiment la notion de convaincre. Et ce qu’on a dit en préparant cette interview, c’était qu’il y avait aussi dans la notion de convaincre. Dans ta société, il y a aussi cette idée de convaincre des prospects ?
Visouda
Exactement. Le côté prospection, il est le même si on fait du digital, que l’on est derrière notre écran. On doit passer des appels, faire du « cold call », comme on appelle ça aujourd’hui. On doit aller sur le terrain et réseauter énormément. À la fois dans des réseaux d’entrepreneurs, mais aussi dans des réseaux de formation. Donc l’aspect prospection et connexion avec le monde humain, je dirais, c’est hyper important quand tu entreprends. Il ne faut pas avoir peur.
Bertrand
Excellent. Il y a une question qui revient souvent dans la communauté du Gagne-Pain, c’est l’utilisation de l’anglais. Est-ce que l’anglais dans ce métier de consultante en digital learning est important ?
Visouda
Ça t’ouvre des portes énormes. C’est pour moi indispensable. C’est grâce à ça, quelque part, que j’ai pu travailler avec des grands comptes et des projets multilingues. En même temps, ça t’ouvre aussi un marché à l’international quand tu crées ta boite. Parce que là, j’ai notamment des pistes d’ouverture pour travailler avec l’Asie ou d’autres pays, mais pas anglophones.
Bertrand
Ça veut dire que l’anglais, globalement, il est à la fois utile pour les outils, les plateformes, mais il est aussi utile pour le développement ?
Visouda
Exactement. Déjà, c’est vrai, tu as raison, je ne l’ai pas mentionné, mais beaucoup d’outils de création dans l’e-learning ou dans le digital sont en anglais. Singulièrement, on le dit, digital learning, c’est en anglais, donc tu as quand même beaucoup de mots en anglais.
Bertrand
Visouda, pour ceux qui nous écoutent, est-ce que tu peux nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour ce métier de consultant en digital learning ?
Visouda
Il y a plusieurs formations qui existent, spécifiquement dans le campus de Nanterre, qui sont en lien avec le chef de projet digital learning. Je vous invite à faire attention au niveau du programme sur le côté pédagogie, ludo-pédagogie, parce que c’est souvent quelque chose qui est un peu oublié dans les programmes.
Bertrand
D’accord. Est-ce qu’il y a des certifications ou est-ce qu’il y a des formations certifiantes ?
Visouda
Des formations certifiantes, tu vas en avoir avec Open Classroom, notamment en ligne. Il y en a pas énormément.
Bertrand
C’est encore assez neuf.
Visouda
C’est encore assez neuf, oui. Clairement.
Bertrand
Et est-ce qu’il y a quelques ressources importantes disponibles en ligne pour ceux qui veulent aller un peu plus loin sur le sujet ?
Visouda
Ma référence à moi sur la formation professionnelle, ce serait Centre Inffo. Et le salon Learning Technologie qui a lieu tous les ans autour de janvier, février.
Bertrand
D’accord. On mettra des liens dans les commentaires du podcast pour renvoyer nos auditeurs vers ces deux informations. Quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ?
Visouda
Le premier, le plus important pour moi, c’est qu’il faut aimer le digital autant que l’humain. C’est un métier qui n’est pas fait pour les personnes qui, par exemple, un créateur de jeux vidéo ou quelqu’un qui code. Non, on a besoin d’un profil qui a besoin de relations humaines parce qu’il faut aller chercher les besoins du client. Donc, la relation cliente est très importante. En deuxième, je dirais qu’il faut aimer tout ce qui est la connaissance ou les nouveaux outils. C’est-à-dire que si tu te concentres sur un seul outil et tu te dis : Je reste dans ma zone de confort. Ça ne suffit pas.
Bertrand
Il faut être curieux ?
Visouda
Curieux, c’est ça. Je dirais aussi d’avoir l’amour de travailler sur des sujets différents tout le temps. Ça rejoint le fait de pouvoir apprendre en continu. Je te disais, j’aime bien travailler sur le multi-secteur…
Bertrand
Mais ça veut aussi dire avoir une gymnastique intellectuelle, de pouvoir sauter d’un sujet à l’autre quand même ?
Visouda
C’est ça, exactement. Ok. En cinq, la gestion du temps, c’est clair. Contrairement à quand tu fais du présentiel, déjà, tu as une grosse logistique dans la formation, mais quand on fait du présentiel, l’organisation est assez simple. Dans le digital, comme tu as plusieurs étapes. Comment on crée un film, ça demande vraiment beaucoup d’organisation et une bonne gestion du temps.
Bertrand
D’accord. Et puis, il me semble qu’il y avait une sorte de phrase un peu type que tu avais envie de répéter ?
Visouda
Pour moi, c’est clair « la perfection n’existe pas ».
Bertrand
Ok. Il ne faut pas toujours chercher la perfection, il faut faire bien les choses ?
Visouda
Exactement, j’ai vu beaucoup de formateurs qui ne s’arrêtent jamais. Ils ont toujours envie de continuer, de continuer…. Tout peut s’améliorer, mais à un moment donné, il faut savoir s’arrêter.
Bertrand
Ok. Est-ce que tu pourrais également nous conseiller des films, des séries, des livres, des podcasts en rapport avec ton métier ? Je crois que tu en as sélectionné quelques-uns ?
Visouda
Moi, une série qui m’a marquée, c’est Black Mirror. Parce que Comme je le disais tout à l’heure. Le digital est là pour sublimer l’humain et ça, il ne faut pas l’oublier que l’outil est un moyen. Mais notre objectif à nous, même si on utilise le numérique, c’est de faire briller les talents des gens. Donc, voilà pourquoi Black Mirror. En podcast, pour moi, c’est Podcast Never Stop Learning qui est vraiment très intéressant dans le digital learning. J’ai oublié tout à l’heure de mentionner, mais il y a un autre salon référence qui est le Learning Show à Rennes (Salon), en octobre-novembre, qui est incontournable. Et en film, je te dirais tous les films qui sont autour de l’IA, comme I, Robot. Moi, ma vision, c’est que non, la machine ne peut pas remplacer l’humain.
Bertrand
Ça nous amène à parler de l’IA et il y a aussi un livre dont tu avais parlé sur l’IA, que tu avais cité dans tes références ?
Visouda
Je maîtrise l’IA pour la formation de Lucie Dhorne D’ailleurs, une nouvelle édition qui va sortir prochainement. Pour moi, c’est la référence. On t’apprend dans ce livre l’art du prompt, mais adapté à la formation.
Bertrand
On est vraiment au cœur du sujet, là ?
Visouda
Oui.
Bertrand
Ok, l’IA, plus généralement, ça veut dire quoi dans ton métier ? Ça change quoi ? Et comment tu vois les perspectives de l’IA pour le digital learning ?
Visouda
Pour moi, l’IA, je la vois comme une intelligence augmentée de ce qu’on peut faire au quotidien. Un élément qui te permet de trouver des solutions pour faire toutes les tâches chronophages administratives dont je parlais tout à l’heure que je n’aime pas. Et c’est le cas. Moi, j’automatise énormément de tâches administratives. Comme je fais une visio avec un prospect, mon CR est automatisé par un assistant. Mais c’est moi qui corrige, qui vérifie et qui l’envoie. Et dans la formation, concrètement, aujourd’hui, le premier usage de l’IA qu’on en fait, c’est l’amélioration de tes créations de PowerPoint ou de présentation. La facilitation de tes programmes de formation. Après, dans mon activité quotidienne, j’optimise tout.
Bertrand
Il y avait une question qui n’est pas très éloignée, qui nous avait été posée par Lorène, qui souhaitait qu’on interroge les futurs interviewés du Gagne-Pain : comment est-ce que tu vois ton métier dans 5 ou 10 ans ? Et là aussi, je crois qu’il y avait de l’IA ?
Visouda
Exactement. Pour moi, dans 5 ou 10 ans, l’IA, ça va être une pratique comme, le moteur de recherche Google. Aujourd’hui, tout le monde fait des recherches via Google, tout le monde sait le faire de manière très intuitive. Pour moi, l’IA, dans 5 ans, va devenir un incontournable. Il va falloir se recentrer vraiment. Aujourd’hui, le formateur ou le concepteur en digital learning, il va devoir se réinventer. Être beaucoup plus créatif, beaucoup plus tourné vers l’humain, mieux accompagner le client, mieux comprendre ses besoins, parce que tout ce qui va être automatisable, on va pouvoir l’automatiser avec l’IA.
Bertrand
Il y a une question que tu aurais envie que l’on pose aux personnes qu’on va interviewer dans le gagne-pain ? Et j’avoue que j’ai assez envie que tu la poses et on va la répéter plusieurs fois, mais elle me plaît beaucoup.
Visouda
C’est une question que je pose souvent à mes clients au départ : c’est quoi ton why ? Qu’est-ce qui t’anime ? Quel est ton rêve ? Et pourquoi tu te lèves tous les matins ?
Bertrand
On posera cette question dans nos prochaines interviews. En conclusion, Visouda, que souhaiterais-tu ajouter pour ceux qui nous écoutent ?
Visouda
Moi, j’ai envie que les auditeurs retiennent que le digital est un lien. Il n’est pas là pour vous remplacer, mais pour sublimer l’humain et le talent. Et quand vous faites un métier qui est hybride, n’oubliez pas que ce n’est pas parce que vous êtes derrière la machine que vous maîtrisez les outils, que ça fait de vous des bons humains. Il faut quand même travailler votre relationnel, il faut travailler sur la connaissance de l’autre, même si on a cette barrière de l’écran, c’est important.
Bertrand
L’humain est important. Visouda, dans les conclusions de cette interview, en préparant l’interview, tu avais évoqué une rencontre importante, un moment important qui t’avait éclairé sur ton parcours. Je veux bien que tu en parles.
Visouda
Oui, bien sûr. C’est un de mes professeurs quand j’étais en MBA dans le cours de développement personnel. C’est son interrogation qui m’a permis de répondre à la question : Pourquoi je fais ça ? Apprendre à se découvrir soi-même et découvrir ce qui t’anime, c’est essentiel. C’est là que tu découvres, tu comprends pourquoi tu te lèves tous les matins. Tu comprends quel métier va t’animer tous les matins et tu ne vas pas au travail à contre-cœur. Parce que c’est quelque chose qui doit te rapporter de l’argent, mais tu le fais avec le cœur.
Bertrand
Excellent, ça me semble pas mal comme conclusion. Savoir pourquoi on se lève le matin. Est-ce qu’il y a un moyen pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient aller un peu plus loin avec toi ? Comment peuvent-ils faire ?
Visouda
Oui, vous pouvez me retrouver sur LinkedIn, Visouda Luangkhot
Bertrand
Merci beaucoup Visouda.
