# Le Gagne-Pain | Comprendre les métiers du digital > Le média qui vous fait découvrir et comprendre les métiers du digital ### Combien gagne une ingénieure système ? Ingénieure Système Salaire 38-42K€ brut/an junior, 55-65K€ lead, primes selon entreprise. Ingénieure Système Formation École d'ingénieur avec spécialisation technique (automatique, systèmes). Ingénieure Système c’est quoi Analyse besoins, rédige specs techniques, gère évolutions et documentation de systèmes. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Cassandre, Ingénieure Système chez Exotec Écouter le podcast Rémunération d'une ingénieure système ? Le métier d'ingénieure système consiste à concevoir, spécifier et garantir la cohérence technique d'un ensemble d'équipements et de logiciels pour répondre à un besoin utilisateur. Cassandre Ricou, ingénieure système chez Exotec, partage son expérience et donne des indications précises sur les salaires auxquels peuvent prétendre ces spécialistes de l'architecture système. Salaire débutant d'une ingénieure système Selon Cassandre, un ingénieure système junior, fraîchement diplômée d'une école d’ingénieurs spécialisée en automatique et systèmes, peut généralement espérer un salaire compris entre 38 000 € et 42 000 € bruts par an. Cette fourchette varie en fonction de la filière (aéronautique, automobile, robotique) et de la taille de l'entreprise d'accueil. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d'expérience, notamment sur des systèmes complexes comme le SkyPod d'Exotec, une ingénieure système expérimentée peut prétendre à un salaire entre 55 000 € et 65 000 € bruts par an. Les postes de lead système ou les responsabilités managériales constituent des leviers majeurs pour dépasser ces niveaux. Facteurs influençant la rémunération Cassandre explique que plusieurs critères impactent la rémunération : le secteur d’activité (logistique robotique, aéronautique, automobile), la complexité et l’envergure du système, ainsi que la taille de l’entreprise. Chez Exotec, les « Exo-share » (bons de souscription d’actions) et la prime d’intéressement viennent compléter le salaire fixe et valoriser la croissance de la licorne industrielle. ### Ingénieure Système - Cassandre Ricou Missions, compétences et salaire d’une Ingénieure Système dans la robotique et la logistique automatisée Ingénieure Système Salaire 38-42K€ brut/an junior, 55-65K€ lead, primes selon entreprise. Ingénieure Système Formation École d'ingénieur avec spécialisation technique (automatique, systèmes). Ingénieure Système c’est quoi Analyse besoins, rédige specs techniques, gère évolutions et documentation de systèmes. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Cassandre Ricou –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Cassandre Ricou, ingénieure système BertrandMerci beaucoup Cassandre d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. On va parler de ton métier d'ingénieur système chez ExoTec. Mais, avant ça, j'aimerais bien que tu te présentes en quelques mots. CassandreJ'ai 32 ans, je suis originaire de banlieue parisienne, j'habite maintenant à Lille, j'ai une petite fille et j'ai fait mes études à Versailles. Ensuite, une école d'ingénieur à Rennes avec une option automatique et système. BertrandDéjà les systèmes dès l'école ? CassandreC'est ça. BertrandOk, pourrais-tu nous présenter ton parcours professionnel, tes stages, tes alternances, tes premiers jobs avant d'arriver chez Exotec ? CassandreAlors, j'ai toujours été ingénieur système. J'ai commencé par mon stage de fin d'études à Dassault Aviation où j'ai été embauchée par la suite pour travailler sur le pilote automatique des avions civils à commande de vol électrique. BertrandC'est sérieux ? CassandreOui, j'y suis resté quatre ans. Ensuite, j'ai été embauché chez Renault où j'ai travaillé sur le système de « maintien dans la voie » pour les véhicules de la gamme Espace, Mégane et Talisman. BertrandMerci Cassandre. Pourrais-tu nous dire dans quelle entreprise tu travailles ? CassandreJe travaille chez ExoTec, c'est une entreprise de robotique logistique et c'est la première licorne industrielle française. BertrandExcellent ! Donc robotique, logistique, cela veut dire que vous faites des robots pour les entrepôts de logistique, c'est bien ça ? CassandreC'est ça la solution phare d'Exotec. C'est le système SkyPod dans lequel des robots vont chercher des bacs qui peuvent être stockés jusqu'à douze mètres de haut et les amènent au préparateur pour qu'il puisse réaliser les commandes. BertrandEt donc ça aide les commerçants & les e-commerçants à gérer leurs stocks ? CassandreOui, parce que ça permet d'avoir une densité de stock plus importante comme on peut mettre des étagères vraiment très haut. Ça permet aussi d'avoir une efficacité de préparation plus importante. BertrandIngénieur système, c'est quoi le système dans les différents métiers, que tu as faits dans l'aéronautique, dans l'automobile et maintenant dans la robotique ? CassandreAlors le système, d'un point de vue général, c'est un objet qui va rendre un service. Pendant mes expériences, quand j'étais dans l'aéronautique, c'est le pilote automatique qui apporte un confort de pilotage. BertrandDe l'aide au pilote, c'est bien ça ? CassandreQuand j'étais dans l'automobile, c'était sur le système de maintien dans la voie pour garantir que le véhicule ne sorte pas de sa trajectoire. BertrandDonc, cela permet d'intégrer le fait qu'il est sur une route. Qu'il y a un côté droit et un côté gauche et de rester dedans ? CassandreEt, chez Exotec, le système sur lequel je travaille est en lien avec les robots que je vous ai décrits tout à l'heure. BertrandOk, c'est très clair. Merci beaucoup. Est-ce que maintenant tu peux nous dire quelles sont tes missions quotidiennes comme ingénieure système ? CassandreAlors, j'ai trois missions principales. La première, c'est de définir les spécifications techniques. La deuxième, c'est d'être garante de la documentation de ce système. Et, enfin, c'est de gérer les demandes d'évolution du système. BertrandOk. Première mission, définir les spécifications, comment ça se passe ? Que fais-tu concrètement ? CassandreAlors pratiquement, j'essaye de trouver quels sont les besoins des utilisateurs et à quels besoins on va répondre par le système. Pouvoir les mettre sous forme de spécifications techniques. Par conséquent, expliquer quelles sont les contraintes à respecter lors du développement, rédiger les contraintes réglementaires, par exemple, qu'il peut y avoir sur un système. Pour que lors du développement, on puisse bien avoir en tête toutes ces contraintes, le besoin utilisateur et ne pas partir dans une mauvaise direction. BertrandQuand tu parles des spécifications techniques, tu discutes avec les clients ? CassandreAlors oui, il y a les clients, mais il y a également les équipes internes qui sont en relation avec les clients. Dans mes précédentes entreprises, il y avait des personnes qui représentaient le client, la prestation pour vérifier que le système répond bien au besoin du client. BertrandPar conséquent, tu es assez proche du client pour définir exactement son besoin et y répondre ? CassandreC'est ça. Ensuite, il y a les équipes internes qui vont être en relation avec les clients plus tard, notamment avec les personnes qui font la maintenance et qui sont aussi très importantes. BertrandOk, très clair. Dans la deuxième mission, la documentation technique, qu'est-ce que ça veut concrètement dire ? Tu dois rédiger une multitude de choses ? CassandreC'est ça, rédiger les fameuses spécifications techniques dont je viens de vous parler, mais également s'assurer que les autres documents nécessaires au développement sont bien présents. Particulièrement, les plans de validation. Ensuite, vérifier que les plans validation ont bien été suivis, que les rapports de tests sont conformes. Et, éventuellement, faire la certification du produit ou du système pour eux. BertrandL'objectif, c'est de pérenniser ce qu'on a fait. De s'assurer qu'on a bien écrit et que s'il y avait un besoin, on peut revenir sur ce qui a été écrit, pour un éventuel besoin d'évolution ? CassandreOui, il y a ça. Il faut vérifier qu'aucun bug n'existe et que, notamment, les spécifications techniques issues de la réglementation, elles sont bien suivies à la lettre. Pour de la certification, aucune mauvaise surprise n'existe, et on a un produit non conforme. BertrandÉvidemment, quand on parle de robotique, que ce soit dans l'aviation, l'automobile ou chez Exotec, Il faut être bien attentif à la législation ? CassandreTout à fait. C'est l'un des gros points de développement. C'est justement quelles sont les réglementations applicables pour pouvoir les suivre et ne pas se retrouver une fois le système développé avec quelque chose qui n'est pas vendable ? BertrandOk, je comprends. Et, troisième mission : les demandes d'évolution ? CassandreOui, parce que lorsqu'un système est en développement ou en cours de développement, il y a toujours les retours utilisateurs à étudier et à analyser. Pour voir si ça vaut le coup de faire des modifications. Ou lorsque des bugs sont détectés, les corriger et observer dans quelle mesure cela affecte le système. BertrandD'accord, ça me semble hyper clair. Cela veut dire que l'on est assez proche du client ou des utilisateurs pour comprendre comment faire évoluer le système ? CassandreC'est exactement ça. BertrandEnsuite, les clients, tu les rencontres directement ? Ça t'arrive d'aller dans les entrepôts, de voir comment ça fonctionne ou c'est plutôt avec des interfaces avec lesquelles tu travailles ? CassandreAlors maintenant, je suis beaucoup avec les personnes du déploiement qui eux, sont vraiment en relation avec le client. Toutefois, nous sommes encouragés à aller régulièrement dans les entrepôts des clients pour nous apercevoir de la vraie vie. Comment sont utilisés les systèmes pour faire soit des améliorations. En voyant des agacements des personnes de la maintenance ou alors en faisant des améliorations sur le produit. BertrandD'accord, voir fonctionner les petits robots. Cassandre, peux-tu nous expliquer pourquoi tu as choisi ce métier d'ingénieur système ? CassandreA l'école, déjà, j'aimais bien l'automatique. Parce que c'était réellement trouver un algorithme pour répondre à un besoin. Et, j'apprécie aussi avoir la vision utilisateur, pourquoi on fait en produit ? Comment ça fonctionne et la raison du pourquoi. Et, ce que je trouve intéressant, c'est que c'est un métier qui est riche en interactions. Par conséquent, je ne reste pas tout seul dans ma bulle, je rencontre les différents métiers. C'est l'ingénieur système qui fait le lien entre différents métiers qui collaborent pour un système. Alors, c'est quelque chose qui me plaisait bien. BertrandÇa se voit, tu as fait ça dans trois entreprises différentes, donc cela semble assez clair. Cassandre, peux-tu nous expliquer quelles sont les trois principales qualités qu'il faut pour ce métier d'ingénieur système ? CassandreAlors, je dirais avoir un bon esprit d'analyse et de synthèse. Ensuite, je dirais savoir bien travailler en équipe et être pragmatique. BertrandD'accord, l'esprit d'analyse et de synthèse, cela veut dire quoi ? CassandreC'est analyser tous les besoins utilisateurs, les remontées de bugs, les remontées de nouvelles fonctionnalités sur le système. Par conséquent, les analyser et essayer de trouver une solution et un dénominateur commun, c'est proposer des solutions simples. BertrandEst-ce que ça veut dire que tu gères un volume de données important ? CassandreOui, il peut y avoir un volume d'anomalies et de nouvelles fonctionnalités assez importants à traiter. BertrandDonc, tu utilises quels outils ? Tu le gères comment ? CassandreAlors, cela dépend des entreprises, là, actuellement on est sur Monday BertrandC'est quoi Monday ? CassandreMonday, un outil de gestion de projet. On l'utilise pour que les différentes entités de l'entreprise puissent remonter les bugs, au design, et ensuite qu'on puisse faire nos améliorations. BertrandOk, tu as dit : savoir travailler en équipe. C'est aussi un trait commun. Il faut savoir travailler avec une multitude d'autres personnes dans l'entreprise ? CassandreÇ'est bien ça. Avec d'autres ingénieurs systèmes. Bien souvent il y a plusieurs systèmes, dans un produit. Alors, il faut que tout le monde se parle. Ensuite, travailler avec les différentes équipes du système en lui-même pour faire en sorte d'offrir une solution cohérente. BertrandLa dernière chose : être pragmatique. Alors, je vois bien, mais je veux bien que tu le détailles. Cela veut dire quoi être pragmatique dans ton métier ? CassandreAlors, c'est trouver des solutions au juste nécessaire. Ne pas en faire trop, parce qu'il y a toujours des contraintes de coûts et de délais, on est dans l'industrie. Mais suffisamment pour s'assurer que le besoin utilisateur a bien été entendu, ainsi que le besoin réglementaire. BertrandAlors, attention QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne une ingénieure système ? CassandreÇa va vraiment dépendre de l'expérience, du secteur d'activité et de la complexité du système sur lequel on travaille. Un ingénieur système junior gagne entre 38 et 42K€ annuels. Chez Exotec, un ingénieur lead est plutôt autour de 55 à 65K€ annuels. BertrandD'accord. Est-ce qu'il y a des primes dans ce métier ? CassandreAlors, il y en a. Cela dépend beaucoup des entreprises. Chez Exotec, on a ce qu'on appelle les « Exo-share », qui permettent de bénéficier du succès de l'entreprise. Ensuite, on a une prime d'intéressement qui est la même pour tous les salariés. BertrandLes Exo-share ce sont des bons de souscription en action, c'est ça l'idée ? CassandreOui. BertrandAinsi, tu peux participer au succès de l'entreprise. Ensuite, avec une entreprise qui se développe, une jeune licorne, cela peut faire un peu d'argent ? CassandreC'est ça. BertrandOk, excellent ! Quel est le plus grand défi que tu as dû relever en arrivant dans ce métier ? CassandreC'était de m'adapter au système sur lequel j'allais travailler. Comme je le disais, ce sont des systèmes complexes qui sont très proches du cœur de métier des entreprises dans lesquelles j'ai travaillé. Par conséquent, à chaque fois, il a fallu tout réapprendre : le fonctionnement du système, les organisations en interne. C'était difficile de tirer profit de mes expériences passées autrement que par la méthodologie. BertrandC'est-à-dire qu'il y a pas tant de points communs entre l'aéronautique, l'automobile et la robotique ? CassandreOui, c'est ça. Ça va dépendre de l'entreprise, du secteur d'activité. Ensuite, il y a la méthodologie qui est le dénominateur commun sur lequel je peux m'appuyer. BertrandCassandre, quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? CassandreCe qui me plait le plus, c'est de réfléchir à une solution pour répondre à un besoin et trouver le dénominateur commun de plusieurs demandes. Pour essayer de proposer quelque chose de simple mais qui fonctionne aussi dans des cas dégradés. BertrandDégradé, cela veut dire qu'il manque des choses au robot pour pouvoir travailler. Il faut quand même trouver des solutions pour que ça marche ? CassandreC'est ça, quand il va y avoir la panne d'un capteur, par exemple. Vérifier qu'on ait un système qui fonctionne malgré tout et qu'au moindre problème du robot ou du système, tout ne soit pas à l'arrêt. BertrandEt, cela fait partie de ton travail de réfléchir à ça ? De penser à toutes les solutions s'il y a une panne ? CassandreOui, c'est ça. BertrandEt, quelle est la tâche qui te plait le moins ? CassandreC'est l'aspect plus administratif. BertrandC'est la rédaction, n'est-ce pas ? CassandreOui, c'est ça, la rédaction en elle-même. Ensuite, gérer l'ensemble des tickets, les bugs qu'il faut voir, analyser, comprendre, et y répondre. Cette partie, un petit peu moins sympa... BertrandQuelle est la plus grande surprise que tu as eue dans ce métier d'ingénieur système ? CassandreÇ'a été de voir à quel point les systèmes varient d'une entreprise à l'autre. Dans certains postes, j'étais sur des sujets très techniques. Sur d'autres, c'était un peu plus au niveau de la gestion de projet. Pourtant c'était le même métier d'ingénieur système. BertrandEst-ce qu'il y a une journée type pour un ingénieur système ? CassandreEuh, non. Ce n'est pas routinier et ça évolue avec les phases de développement du système. Par conséquent, il peut y avoir des journées où c'est très orienté réunion, partage, information, brainstorming. Ensuite, il y en a d'autres où il n'y a pas une seule réunion. Là, je peux me poser pour réfléchir et faire des spécifications techniques si besoin. Chez Exotec, on a une routine tous les matins avec le stand-up et un partage d'informations. Toute l'entreprise est réunie pendant dix minutes pour donner les grosses nouvelles les différents projets. BertrandPas mal comme organisation, Tout le monde est là ? CassandreC'est ça. BertrandLa communauté du Gagne-Pain nous interroge très souvent sur l'utilisation de l'anglais. Est-ce important l'anglais dans ton métier ? CassandreOui, c'est obligatoire à l'écrit comme à l'oral. À l'écrit, car toutes les spécifications techniques sont écrites en anglais. Pour un partage aux fournisseurs qui ne sont pas forcément français. Ensuite, à l'oral, dans une entreprise internationale où des personnes viennent des États-Unis, du Japon, d'Allemagne… Par conséquent, on parle en anglais quand il y a des personnes non francophones avec nous. Alors, c'est vraiment important. BertrandPourrais-tu nous dire quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier d'ingénieur système ? CassandreUne formation technique, classiquement une école d'ingénieurs. BertrandQuand tu regardes autour de toi, c'est uniforme ou y a-t-il également des personnes qui arrivent avec d'autres formations ? CassandreIl y en a quelques-uns mais pas forcément sur le poste d'ingénieur système. BertrandEt, toi, continues-tu à te former ? Et, si oui, comment ? CassandreOui, donc à chaque nouveau poste, avec un nouveau système, il faut que je me forme pour comprendre et apprendre comment il fonctionne. Ensuite, c'est le gros challenge de ce métier. Ainsi, la manière de me former, c'est soit en regardant sur internet des tutos, des formations, ou alors les formations proposées en interne pour pouvoir justement bien s'approprier le système. Souvent il y a des parcours de formation. À Exotec notamment, on a une journée en production, une journée sur site pour précisément s'approprier un peu le système de l'entreprise. BertrandPeux-tu évaluer combien de temps cela prend de se former à un système ? Quelques semaines, quelques mois ? CassandreÇa va vraiment dépendre du système. Je me suis sentie à l'aise chez Renault au bout de six mois et à Exotec, c'est aussi à peu près le même ordre de grandeur. BertrandCassandre, quel est le mode de vie d'un ingénieur système ? On pose cette question, pour les déplacements, le télétravail. Pour comprendre comment s'organise la vie professionnelle d'une ingénieure système ? CassandreLes ingénieurs systèmes sont principalement sur les sites de R&D des entreprises, que ce soit à Paris ou en région. J'ai quitté Paris pour rejoindre Lille. Ensuite, j'ai pu trouver ce poste d'ingénieur système. On peut aussi faire des mobilités à l'étranger, en fonction des besoins, des projets de développement de systèmes. BertrandAlors, ça t'arrive de te déplacer depuis ton bureau de Lille pour aller voir quelques clients ? CassandreOui, je suis déjà allé sur le site de Carrefour, par exemple. BertrandAinsi, donc tu vas observer comment fonctionne le système chez les clients et regarder comment fonctionnent les robots ? CassandreExactement BertrandEst ce que tu peux également nous dire comment ça se passe au quotidien, les horaires, le télétravail, comment ça s'organise pour une ingénieure système ? CassandreAu niveau ingénieur système, on est assez autonome. Par conséquent, les horaires sont en fonction des besoins. Moi j'arrive généralement vers 8h / 8h30 et je pars à 17h30 pour aller chercher ma fille. BertrandD'accord. Est-il possible de faire du télétravail ? Ça s'organise comment, chez Exotec ? CassandreOui, c'est assez libre chez Exotec. Demander à son manager pour avoir un télétravail régulier, en discuter avec lui. Ou sinon, en fonction des besoins, pourrais-je faire du télétravail demain ? Ce n'est pas un problème. BertrandOk, pourrais-tu nous dire quelle est la différence entre le métier que tu fais et celui que tu imaginais ? CassandreAlors au début, je pensais vraiment travailler que sur la partie définition de besoin, conception, nouvelles fonctions. Je ne m'attendais pas à ce que la partie résolution de bugs, analyses des problèmes remontés prenne autant de temps. Ensuite, toute cette partie robustification, notamment sur les cas dégradés. Pour garantir qu'un système qui aurait un capteur qui est en panne puisse continuer à fonctionner de manière sécurisée. BertrandÇa veut dire que tu pensais que c'était plus, disons « hors-sol », alors qu'en réalité, il faut être ancré dans le système pour que ça marche ? CassandreC'est ça. BertrandOk. Est-ce qu'il y a des conseils que tu aurais envie de donner aux jeunes qui nous écoutent et qui auraient envie de se lancer dans le métier d'ingénieur système ? CassandreOui, vous pouvez postuler sur des systèmes que vous ne connaissez pas, ce n'est pas grave, on se forme une fois arrivé. Ensuite, venez postuler chez Exotec, cela recrute beaucoup. Il y a encore de très beaux challenges à relever. On était quand même 310 personnes de plus cette année. BertrandPar conséquent, c'est un métier qui recrute et ton entreprise elle aussi recrute ? CassandreOui BertrandOk, est ce que tu pourrais nous conseiller un film, une série, un livre ou un podcast qui serait en rapport avec ton métier ? CassandreAlors c'est pas réellement lié au métier d'ingénieur système, mais plus aux systèmes et aux produits qui sont développés par les entreprises. Ainsi, par exemple, chez Dassault, on parlait beaucoup du film Flight avec Denzel Washington puisque c'était sur le sujet du pilotage automatique. BertrandEnsuite, tu m'as dit aussi que tu déconnectais plutôt ta vie perso et ta vie professionnelle. Par conséquent, ce n'est pas un truc que tu avais envie de retrouver à la télé ? CassandreOui, c'est pour ça que je n'ai pas énormément de références sur le métier d'ingénieur système. BertrandOk, est ce que tu changerais quelque chose à ton parcours et si oui, quoi ? CassandreOui, si j'avais eu l'occasion, j'aurais bien voulu travailler à l'étranger pendant quelque temps. Mais, bon, ça s'est pas fait. Ensuite, mes projets à court terme ont changé. BertrandEnsuite, si tu avais eu la possibilité d'aller à l'étranger, tu serais allée dans quel coin ? CassandreJ'aurais bien voulu aller au Japon. BertrandPeux-tu également nous parler d'un projet sur lequel tu as aimé travailler ? CassandreOui, j'ai réellement adoré travailler sur le système de maintien dans la voie de la nouvelle Mégane. Je sortais du développement du même système, mais sur la génération précédente. Par conséquent, je connaissais bien les enjeux, les problématiques et le système. En revanche, j'ai eu à me réinventer puisque le système avait réellement évolué d'une génération à l'autre. Et, en plus de ça, j'ai rejoint une équipe top, donc c'était vraiment agréable. BertrandExcellent, merci beaucoup. Est ce que tu pourrais, en conclusion, ajouter quelques conseils à ceux qui nous écoutent et qui auront envie de suivre ta voie ? CassandreOui, intéressez-vous à la robotique, c'est très complet. Et, cela relie beaucoup de sujets, le software, le hardware, l'électronique. Si vous voulez le découvrir, il y a l'Exolegend. Un événement qui est organisé au sein d'ExoTec. C'est une compétition de robotique, en mode Battle Royale, sur trois jours. Cela permettra d'en savoir un peu plus sur la robotique. BertrandExcellent ! Ensuite, toi, quelle évolution envisages-tu ? CassandreJe suis chez Exotec depuis moins d'un an, donc j'ai encore beaucoup à faire sur ce poste. Je n'ai pas envie de changer de métier, parce que l'ingénierie système, cela me plait bien. Mais, j'aimerais peut-être par la suite travailler sur des systèmes de plus en plus complexes. BertrandCassandre, merci beaucoup pour cet échange. CassandreAvec plaisir. ### Combien gagne un Consultant SEA ? Consultant SEA Salaire En début de carrière : 33 000€ brut/an, avec évolution de 10% tous les 2 ans. Consultant SEA Formation Bac+5, souvent école de commerce ou fac d'éco-gestion, stages en digital recommandés. Consultant SEA c’est quoi Le SEA Manager crée, gère et optimise des campagnes publicitaires sur moteurs de recherche. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Julien, Consultant SEA chez Havas Market Écouter le podcast Rémunération d'un consultant SEA ? Le métier de consultant SEA, ou Search Engine Advertising, consiste à concevoir, déployer et optimiser des campagnes publicitaires payantes sur les moteurs de recherche pour maximiser le retour sur investissement des annonceurs. Julien Champenois, consultant SEA chez Havas Market, partage son expertise et détaille les salaires auxquels peuvent prétendre ces professionnels du marketing digital. Salaire débutant d'un consultant SEA Selon Julien Champenois, un consultant SEA débutant, fraîchement diplômé d'une école de commerce ou d'une formation spécialisée en marketing digital, peut espérer un salaire annuel brut compris entre 30 000 € et 36 000 €. Chez Havas Market, le premier poste en CDI est généralement proposé autour de 33 000 € bruts par an, avec des réévaluations biennales pouvant atteindre 10 % sur les premières années selon les performances et les certifications obtenues (Google Ads, Microsoft Advertising, etc.). Évolution du salaire avec l'expérience Avec quelques années d'expérience, les consultants SEA voient leur rémunération progresser significativement. Un consultant SEA confirmé peut prétendre à une rémunération située entre 45 000 € et 60 000 € bruts par an. Cette hausse dépend de la maîtrise des outils d'automatisation, de la capacité à gérer des budgets publicitaires élevés et de l'expertise en reporting et data analyse. Par ailleurs, l'évolution vers des responsabilités managériales, comme Lead SEA ou Team Lead, ou la spécialisation sur des secteurs à forte demande (e-commerce, finance, B2B) peut faire grimper les salaires au-delà de 70 000 € bruts annuels, notamment dans les grandes agences ou chez l'annonceur. Facteurs influençant la rémunération Julien Champenois explique que plusieurs variables influent sur la rémunération : la taille et la renommée de l'agence, le volume et la complexité des budgets gérés, le secteur d'activité des clients, le niveau de certifications obtenues, ainsi que la localisation géographique. Travailler en interne chez un annonceur peut offrir une stabilité salariale différente de celle d'une agence orientée performance, où des bonus peuvent être liés aux résultats atteints. ### Consultant SEA - Julien Champenois Tout savoir sur le métier de Consultant SEA : missions, salaire et parcours de formation Consultant SEA Salaire En début de carrière : 33 000€ brut/an, avec évolution de 10% tous les 2 ans. Consultant SEA Formation Bac+5, souvent école de commerce ou fac d'éco-gestion, stages en digital recommandés. Consultant SEA c’est quoi Le SEA Manager crée, gère et optimise des campagnes publicitaires sur moteurs de recherche. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Julien Champenois –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Julien Champenois, consultant SEA MajdelineBonjour Julien, merci d'avoir accepté cette invitation du Gagne-Pain. Tu es SEA Manager chez Havas Market, on va avoir l'occasion de revenir en détail sur ton métier, mais avant, peux-tu te décrire en quelques mots ? JulienBien sûr, c'est un plaisir d'être là. Je m'appelle Julien, j'ai 27 ans et je suis originaire de la région parisienne. MajdelineOk, peux-tu nous parler de ton parcours scolaire ? JulienBien sûr, j'ai fait un baccalauréat ES spécialité mathématiques. À la suite de ce baccalauréat, je suis parti en classe préparatoire. Ca a duré un an, je me suis réorientée après en fac d'éco gestion avant de terminer mes études supérieures dans une école de commerce. Dans laquelle j'ai pu réaliser des stages qui m'ont permis ensuite de m'orienter. MajdelineOk, tu as pu faire des stages dans quel type d'entreprise ? JulienAlors, trois grandes expériences ont orienté mon choix professionnel. Le tout premier, c'était chez une entreprise qui s'appelait Awin une plateforme d'affiliation. J'ai ensuite fait un autre s leur département de régie publicitaire. Enfin, j'ai fait une dernière expérience de stage de fin d'études en agence de communication chez Orixa Media. L'idée, c'était de découvrir un peu d'autres sujets du digital, d'avoir une vision la plus élargie possible de ce qu'on pouvait faire. Pour pouvoir décider ensuite tout simplement de ce qui m'intéressait le plus et de ce que je voulais faire plus tard en CDI. MajdelineOk. Et, après ce dernier stage de fin d'études, tu as intégré Havas ? JulienC'est exactement ça, c'était mon premier CDI. Depuis trois ans, je suis chez Havas au poste de consultant SEA. Globalement, Havas est une agence-conseil et stratégie qui accompagne les entreprises dans la gestion de leurs opérations digitales. Dans l'entité dans laquelle je suis, on est plus particulièrement sur les activations à la performance pour générer des ventes ou communiquer sur un objectif business pour les clients. MajdelineOk, parfait, tu es consultant SEA, quelle est ton activité et tes missions quotidiennes ? JulienOui, bien sûr. Alors SEA, en anglais, c'est le Search Engine Advertising, c'est la publicité qui se fait autour des moteurs de recherche. Donc, un consultant SEA va être responsable auprès de ses clients et des marques de la réalisation de A à Z des campagnes de publicité. La première mission, ça va être la conception de ces campagnes. Par conséquent, ça passe par l'étude des mots-clés que l'on va utiliser pour cibler nos campagnes. Ça va être la réalisation également des annonces. Par conséquent, on s'occupe de tout de notre côté. L'étude du potentiel chiffré et de ce que ça va rapporter à l'annonceur pour lequel on fait ce travail. Tout ça, c'est la mission, la grande famille de mission, une préparation à la conception des campagnes. Le deuxième, ça va être la gestion des campagnes au quotidien. Donc cette partie consiste à vérifier quotidiennement comment se déroulent les campagnes en termes de statistiques, en termes de retombées, de retour sur investissement. La partie trois, ça va être la partie reporting. C'est tout simplement la conception de bilan. C'est le fait de tirer des insights pour pouvoir éclairer les décisions de nos partenaires, de nos clients dans le cadre des prochaines campagnes. Et, dernière mission, gérer la relation client. C'est une activité qui est pas forcément intégrée dans la fiche de poste sur l'ensemble des agences. Et, ça va être l'échange au quotidien avec ses clients pour maintenir la relation et expliquer le déroulement des campagnes. Les faits majeurs, faire des recommandations, des stratégies, maintenir le lien... MajdelineEt, tu trouves que c'est un plus d'avoir cette relation client dans tes missions ? JulienOui, carrément. C'est un plus. Qui est mieux placé que les personnes qui ont mis les mains dans le cambouis au quotidien, pour expliquer tout ce qui se passe, pour donner les bonnes raisons. MajdelineEnsuite, tu as parlé d'insight. Pourrais-tu juste donner une définition pour ceux qui ne connaissent pas ce mot ? JulienBien sûr, un insight, c'est une clé de lecture. En réalité, c'est tirer une clé de lecture d'un chiffre, tout simplement. Le traduire en quelque chose de plus concret que juste deux statistiques sur un Excel. MajdelineFaire parler les chiffres ? JulienExactement. MajdelineOk. C'est très clair, Julien. Pourquoi as-tu choisi ce métier de consultant SEA ? JulienLe SEA, c'est un levier dans le marketing digital qui est en constante évolution. Par conséquent, il faut tout le temps apprendre de nouvelles choses, s'adapter. Cela nécessite un exercice intellectuel que je trouve très intéressant. Des exemples concrets sur les derniers mois, c'est comprendre Google. On entend parler de Google, on voit sur les résultats de recherche qu'il y a beaucoup de choses qui changent. Par conséquent, il y a beaucoup plus d'images, beaucoup plus de résultats un peu différents quand on tape des recherches. Ça change beaucoup de choses dans nos métiers. MajdelineDont la conférence de presse qui a eu lieu hier (quand on l'enregistre ce podcast) sur Google et le nouveau chatbot. Et forcément, ça impacte ton quotidien et ton travail ? JulienOui, bien sûr. C'est comprendre aussi ce que ça va changer pour les annonceurs. Parce que mine de rien, parler à des chatbots, il y a moins d'occasions de présenter des publicités ou en tout cas, c'est des occasions différentes, des façons différentes de prendre la parole. Ensuite, ça nécessite beaucoup de réflexion en amont pour pouvoir justement donner les meilleures recommandations à nos clients. MajdelineQuelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ? JulienAlors si je devais en citer que trois, ce serait d'abord d'avoir un profil analytique. On a les mains quotidiennement dans des Excel, dans des chiffres, dans des statistiques. Donc, c'est important de pas avoir peur. Ne pas avoir peur des chiffres, tout simplement. La deuxième compétence, c'est d'avoir de bonnes qualités rédactionnelles, car même si on parle beaucoup de chiffres, il y a aussi tout ce qui va être la relation client. Tout ce qui a trait à la réalisation de bilans et à ces fameux insights, dont on parlait tout à l'heure, qui nécessite d'être à l'aise avec la langue française. Ensuite, je dirais que la troisième compétence, c'est d'être curieux. On se parlait aussi tout à l'heure, qu'il y avait beaucoup de choses qui variaient tout le temps. Et, cela nécessite de se tenir au fait, de regarder l'actualité et de faire cet exercice intellectuel, de comprendre où est-ce qu'on se situe dans l’écosystème digital. MajdelineAttention, la question Gagne-Pain combien ça gagne un consultant SEA ? JulienÇa va varier en fonction des entreprises et des agences. Chez Havas Market le salaire d'un consultant junior SEA est de 33k€ annuels brut. Il existe des réévaluations d'environ 10 % tous les deux ans. Sur les premières années, si nos compétences sont au rendez-vous. Et après, comme on le disait tout à l'heure, il y a beaucoup d'agences intégrées chez Havas. Et, les perspectives d'évolution sont extrêmement variées. C'est aussi l'intérêt de travailler dans une agence comme Havas. En fonction de nos envies, on peut faire beaucoup de choses différentes. MajdelineTu peux bouger en interne, et ainsi tu peux évoluer ? JulienTotalement. Pour l'anecdote, j'ai entendu parler d'une personne qui était au service comptabilité, qui a fait dix ans de comptabilité et, il y a quelques années, il a décidé de se réorienter complètement pour devenir trader programmatique. De cette façon, il a pu faire cette évolution au sein de Havas Media. MajdelineTout est possible quand on en a la volonté ? JulienExactement. MajdelineQuel est le plus grand défi que tu as dû relever en arrivant dans ton métier ? JulienEn arrivant, je pense que pour un débutant, c'est la quantité d'informations à assimiler. En vérité, il y a tout ce qui est relatif au job de consultant en lui-même, qui nécessite une compréhension du fonctionnement des moteurs de recherche. Mais, il y a aussi tout ce qui va tourner autour dans l’écosystème du digital. Je pense que c'est un aspect qui a déjà dû revenir dans d'autres interviews. Comprendre où l'on se situe dans l'écosystème digital pour faire son travail au mieux. Il y a une quantité d'informations qu'il faut assimiler et qui peut faire peur au début. MajdelineD'où la culture, l'ouverture, la curiosité qui rejoignent ce défi ? JulienAbsolument. MajdelineDans tes tâches quotidiennes, tout à l'heure, tu nous parlais de tes missions quotidiennes. Quelle est celle qui te plait le plus et celle qui te plait le moins ? JulienAlors c'est une bonne question, ce qui me plait le plus, je pense que c'est le moment des reporting. Parce que c'est le moment où on va aller faire parler les chiffres. Transformer tout cet aspect un peu abstrait, de statistiques sur un écran, en concret. En pour action et en recommandations qui vont vraiment apporter de la valeur à nos clients. Donc ça je pense que c'est la partie qui est la plus intéressante de mon métier. La partie un peu moins plaisante, mais il faut y passer, ce sont toutes les tâches manuelles parce qu'il y en a encore beaucoup de choses à faire manuellement aujourd'hui. La modification et les petites variations des mots dans nos annonces, la construction des campagnes, ce sont des choses qui demandent beaucoup de temps qui peuvent être assez contraignantes. Il faut en passer par là, et j'ai des collègues qui adorent faire ça. Moi, c'est une partie qui m'intéresse peu. MajdelineTon rêve, ce serait d'automatiser ? JulienExactement, c'est exactement ça. MajdelineOn va peut-être y arriver ? JulienIl y a moyen. MajdelineQuelle est finalement la journée type d'un consultant SEA ? JulienAlors, il n'y a pas réellement de journée type pour un consultant SEA, parce que ça va dépendre des sujets un peu chauds du moment. Mais, je vais quand même faire l'exercice d'une journée type. Ainsi, je dirais que, dans un premier temps, en arrivant sur le lieu de travail, je vérifie les campagnes en cours. Vérifier que tout se passe bien, qu'il n'y a pas eu de problème dans la nuit ou sur les dernières journées. Ensuite une partie liée au traitement des e-mails en cours, que ce soit de la part des clients ou des partenaires. On travaille, comme on le disait avec Bing, avec Google, et beaucoup de personnes chez eux. De plus, on va ensuite faire les modifications après l'analyse de ce qui se passe. Les modifications qui seront nécessaires, les ajustements budgétaires, les optimisations des campagnes pour améliorer les performances. Après, une fois ces étapes passées, on va s'attaquer aux différents sujets de fond. Donc c'est des projets qui souvent prennent plusieurs jours, voire parfois plusieurs semaines. Sur lesquels on travaille sur des laps de temps plus ou moins longs. Enfin, je dirais qu'il y a une activité qui revient régulièrement dans la journée d'un consultant SEA, ce sont les points clients. Ils nous permettent de faire le point sur ce qu'il s'est passé sur les derniers jours, les encours et les actions sur les prochains jours. Par conséquent, c'est un peu des points de passage. Ça, c'est les fameux dialogues dont je parlais tout à l'heure avec nos clients. MajdelineHyper riche, tu t'ennuies pas ? JulienOn n'a pas le temps de s'ennuyer, effectivement. MajdelineAlors on l'entend, certains acronymes anglais reviennent souvent. Par conséquent, j'imagine que l'anglais est important dans ton métier. Confirmes-tu ? Est-ce qu'une personne qui ne serait pas à l'aise en anglais peut faire ce métier ? JulienEffectivement, on tombe assez vite dans les déformations professionnelles. Il y a beaucoup d'acronymes, et très fréquemment en anglais. Le marketing digital une discipline qui a un peu d'avance, chez nos cousins anglo-saxons. Ce n'est pas forcément nécessaire et ça dépend de l'agence pour laquelle on travaille. Il y a des agences franco-françaises, d'autres internationales. Ainsi, on va travailler pour des clients qui ne vont pas forcément parler anglais. Par conséquent, on en aura pas besoin. Parfois on travaillera avec des clients internationaux et donc, on aura besoin de parler anglais. Je pense que ce n'est pas quelque chose qui doit effrayer des personnes qui s'intéressent à la discipline. Tout simplement parce que, en général, l'employeur fait aussi en fonction des compétences de ses salariés. Si on n'est absolument pas à l'aise avec l'anglais, ce n'est absolument pas un frein pour pouvoir exercer le métier. Ainsi, il faudra juste assimiler la compréhension de deux ou trois acronymes. JulienOK, ce n'est donc pas très compliqué ? JulienAbsolument. MajdelineAs-tu des conseils pour ceux qui ont été séduits par ton métier et qui souhaiteraient se lancer ? JulienJe pense que vous l'aurez deviné maintenant, c'est de rester curieux, de s'intéresser à ces sujets. Ne pas hésiter à poser des questions aux professionnels, à des personnes qui sont déjà en poste sur ces métiers. Comme je le disais tout à l'heure, il y a beaucoup de témoignages sur les réseaux sociaux. Il y a une vraie communauté autour de ces métiers. Après, il y a une flopée de livres, de podcasts disponibles pour approfondir vos connaissances. Par conséquent, n'hésitez pas à aller voir tout ça. MajdelineJustement, as-tu des livres, des films, podcasts à nous conseiller ? JulienOui, quelques-uns. Pour les personnes qui comprennent bien l'anglais, un livre s'appelle "Join or Die : Digital Advertising in the Age of Automation" de Patrick Gilbert C'est un auteur américain qui a fait un livre sur le sujet de l'automatisation et de l'intelligence artificielle. C'est extrêmement intéressant, cela traite de l'évolution de nos métiers sans trop rentrer dans le détail, sans entrer trop dans la technique et rendant ça incompréhensible. Par conséquent, je conseille de s'attarder sur cet auteur. Pour un podcast sur le SEA et le SEO, je conseille "Le Search Engine Journal Show" C'est le podcast d'une revue spécialisée autour des moteurs de recherche disponible sur toutes les plateformes de podcast et qui est assez intéressant à suivre. MajdelineEn conclusion, souhaites-tu ajouter quelque chose qu'on n'a pas évoqué ? JulienPour ceux qui seraient intéressés par ce métier à la fin de cette interview. Je vous conseille d'aller voir les agences, d'aller travailler en agence et de commencer sa carrière en agence. Ce sont des années formatrices, fondamentales pour vous, permettent d'acquérir les connaissances et les compétences qui nous serviront partout. Après qu'on parte du métier, qu'on reste dans le métier, qu'on reste en agence ou qu'on parte chez l'annonceur : foncez ! MajdelineMerci Julien. JulienC'était un plaisir. ### Combien gagne un Product Owner Blockchain ? Product Owner Blockchain Salaire 38 à 48k€ brut/an (+5 à 10k€ de primes selon résultats). Product Owner Blockchain Formation École de commerce, appétence tech, MOOC ou certif. blockchain (Alyra, Pyratz). Product Owner Blockchain c’est quoi Chef d’orchestre du projet blockchain, lien client/devs, organisation agile. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Mélissa, Product Owner Blockchain chez Smart Chain. Écouter le podcast Rémunération d'un Product Owner Blockchain ? Le métier de Product Owner Blockchain consiste à piloter le développement de produits numériques basés sur la blockchain, en faisant le lien entre les besoins du client et les équipes techniques. Mélissa, Product Owner Blockchain chez Smart Chain, partage son expérience et donne des indications précises sur les salaires auxquels peuvent prétendre ces professionnels du Web3. Salaire débutant d'un Product Owner Blockchain Selon Mélissa, un Product Owner Blockchain débutant, fraîchement diplômé d'une école de commerce avec une spécialisation tech ou issu d'une formation en management agile, peut généralement prétendre à un salaire compris entre 38 000 € et 48 000 € bruts par an. Cette fourchette varie en fonction de la taille de l’entreprise et du niveau de maturité de ses premières compétences en blockchain, comme la compréhension des smart contracts et des écosystèmes Web3. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d'expérience, notamment après avoir mené plusieurs projets blockchain complexes et maîtrisé les méthodologies agiles, un Product Owner Blockchain peut voir sa rémunération progresser jusqu'à 50 000 € et 75 000 € bruts par an. Les profils les plus recherchés disposent en plus d’expertises pointues en Solidity, en audits de contrats intelligents ou en architecture décentralisée. Par ailleurs, évoluer vers des postes de Senior Product Owner, de Chief Product Officer ou de manager d'équipe agile constitue un levier majeur pour augmenter encore plus son package salarial, en intégrant des bonus et des stock-options. Facteurs influençant la rémunération Mélissa explique que plusieurs variables impactent le salaire : la localisation (Paris et grandes métropoles offrent souvent des salaires supérieurs), la taille et le secteur de l’entreprise (start-up crypto versus grand groupe tech), ainsi que la complexité des projets Web3. Les certifications blockchain, la maîtrise des outils de product management (Jira, Confluence) et la possibilité de primes annuelles (souvent de 5 000 € à 10 000 €) sont également des facteurs déterminants. ### Product Owner Blockchain - Mélissa Desde Quelles sont les missions, salaires et compétences requises pour devenir Product Owner Blockchain ? Product Owner Blockchain Salaire 38 à 48k€ brut/an (+5 à 10k€ de primes selon résultats). Product Owner Blockchain Formation École de commerce, appétence tech, MOOC ou certif. blockchain (Alyra, Pyratz). Product Owner Blockchain c’est quoi Chef d’orchestre du projet blockchain, lien client/devs, organisation agile. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Mélissa Desde –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Mélissa Desde, Product Owner Blockchain BertrandMerci beaucoup Mélissa d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Product Owner Blockchain chez Smart Chain. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail. Mais, avant, peux-tu te présenter en quelques mots ? MélissaBien sûr. Alors, je m'appelle Mélissa, j'ai 25 ans, jeune Alsacienne qui a quitté sa ville pour aller étudier à Lyon. Je suis diplômée de l'EM Lyon et de Berkeley, là où j'ai fait une spécialisation en tech et en entrepreneuriat avant de signer mon CDI il y a près de six mois. BertrandOk, Mélissa peux-tu également nous présenter ton parcours professionnel avant cette première expérience dont on va parler en détail ? MélissaDonc en premier stage que j'ai effectué à Lyon, j'ai choisi de le faire en banque d'investissement dans un département innovation au sein d'une banque qui s'appelle Natixis, qui est dans le groupe BPCE. BertrandAprès, tu as une deuxième expérience en M2. Là, c'était plus de l'entrepreneuriat ? MélissaC'est ça. Finalement, j'ai suivi un parcours d'un an qui a été co-créé par School Lab, qui est un incubateur de Berkeley, une université prestigieuse aux États-Unis. Un programme qui s'appelle le bridge, qui vise à accompagner les étudiants sur un an d'échange. Où on a un premier semestre qui sert à vraiment donner toutes les bases de l'entrepreneuriat avant d'intégrer Berkeley pour un semestre académique. À San Francisco, en Californie, où on étudie des sujets qui tournent autour de la tech et de l'entrepreneuriat. Donc là, je me suis spécialisée sur la technologie blockchain et ensuite on a trois mois d'incubation. On incube un projet qu'on a décidé de lancer ou une startup qu'on voulait lancer. Ensuite, c'est là que j'en ai profité pour lancer ma startup qui s'appelle Start in Blockchain. BertrandOn arrive à se concentrer à San Francisco, à Berkeley, sur le business ? MélissaOn y arrive plutôt bien parce qu'il y a beaucoup d'étudiants qui sont là et tout l'écosystème est là pour aider. BertrandMais on en profite un peu quand même ? Mélissa Oui, bien sûr. BertrandOk, donc maintenant tu as rejoint une entreprise qui s'appelle Smart-Chain. Pourrais-tu nous dire ce que fait cette entreprise ? MélissaBien sûr. Smart-Chain accompagne les entreprises ou les porteurs de projets dans la création de projets qui vont tourner autour du Web3. Donc va vraiment les accompagner, leur donner les codes de l'écosystème et les aider à créer leur projet, les accompagner de bout en bout sur ces sujets. BertrandLe Web3, peux-tu dire à nos auditeurs sa signification en quelques mots ? MélissaOui, donc pour pour te l'expliquer, je commencerai par ce qu'est le Web1. Ainsi à l'époque où Internet a été créé, on avait les Minitels et tout ce qu'on faisait, c'était simplement aller lire de l'information sur Internet. On pouvait lire des articles. Puis arrive le Web2, l'ère dans laquelle on est maintenant. Non seulement on peut lire des choses sur Internet, mais on peut également interagir ensemble. Par conséquent je peux t'envoyer un message, tu peux me répondre sur LinkedIn… BertrandEt, les réseaux sociaux ? MélissaExactement, et le gros problème avec le Web2, c'est que les GAFAM détiennent toutes nos informations personnelles. Qu'aujourd'hui, si je veux me créer un compte sur une plateforme, je mets mon nom, prénom, adresse, email, numéro de téléphone... Toutes ces informations, je ne vais pas les détenir. Ce sont ces sites internet qui vont les utiliser, qui vont souvent aller les revendre à d'autres entreprises pour se faire de l'argent. BertrandComme on dit : "Si c'est gratuit, c'est toi le produit" ? MélissaOui, et alors le Web3, il arrive et va contribuer à rendre le pouvoir à l'utilisateur. Ainsi, garantir que l'utilisateur puisse détenir ces données. BertrandÇa s'appuie sur les technologies spécifiques dont la blockchain ? MélissaOui exactement. BertrandOk, on va revenir sur ton métier qui est le cœur du sujet. C'est-à-dire ton métier de Product Owner Blockchain. Peux-tu expliquer ce qu'est ce métier ? sa signification ? MélissaBien sûr. Un Product Owner blockchain, c'est une personne qui va s'occuper de prendre la place du client au sein d'un projet. Qui va essayer de garantir que, quand on crée un projet, quand on accompagne un client sur un projet, on respecte bien les besoins du client de A à Z. On respecte bien les délais, on respecte bien le budget que le client a voulu mettre en place. BertrandSouvent, on tente de traduire le métier. J'ai trouvé une traduction intéressante. Pourrais-tu me dire si tu considères que c'est la bonne traduction ? Cela pourrait être "chef de projet numérique en mode agile". Est-ce que ça permet d'expliquer bien ce métier ? MélissaOui, je pense que la fin de la traduction indique vraiment ce que c'est que ce métier. Parce qu'un Product Owner travaille forcément en méthodologie agile. Il peut pas réellement fonctionner d'une autre manière. C'est concrètement la seule méthode qui va garantir que l'on soit absolument sûr que le client valide à chaque itération ce qu'on a développé pour lui. BertrandD'accord. Dans la définition, il y avait aussi « produit numérique ». On fait bien des produits numériques. Cela veut dire que les personnes avec qui tu travailles sont des développeurs ? MélissaC'est ça, je travaille au quotidien, j'interagis comme Product Owner (que l'on appelle souvent P.O.) avec les développeurs full stack. Qui vont s'occuper de faire tout ce qui est front-end et back-end. Des développeurs qui sont plutôt autour des Smart Contracts, des contrats intelligents sur la blockchain, spécifiques à certains types de blockchain, et mais également avec les UX designers ou des UI. BertrandUX expérience utilisateur et UI interface utilisateur, c'est bien ça ? MélissaEux s'occupent plutôt de créer tout le parcours, de créer les maquettes et de vérifier que les maquettes ressemblent vraiment au produit final. BertrandD'accord, donc, on est bien dans un univers 100 % digital. En conséquence, la traduction que l'on a évoquée tout à l'heure correspond plutôt bien à ton métier. Si on veut essayer de le rendre simple pour ceux qui nous écoutent, est-ce correct ? MélissaPour le rendre encore plus simple, je dirais que le Product Owner, c'est le chef d'orchestre, qui va être au cœur. Et qui va articuler tout le projet, donc s'adresser à toutes les bonnes personnes et faire en sorte de donner à chaque fois des feedback au client pour qu'il sache où on en est. BertrandEst ce que tu peux expliquer ce qu'est la méthode agile ? MélissaAlors, la méthode agile vient pour répondre à un problème qu'on avait avec le cycle en V. On commençait à développer, on consultait le client, on collectait son besoin, puis on commençait à développer. Ensuite, une fois qu'on avait terminé de développer toutes les features (fonctionnalité), donc toutes les petites étapes du projet, on lui livrait le projet final. On lui disait : voilà le projet que tu m'as demandé. En fait, le problème, c'est que souvent à la fin, on s'apercevait que ce n'était pas exactement ce que le client voulait. Là, on s'aperçoit qu'on doit tout recommencer du début. BertrandD'accord, donc il y avait trop d'écart par rapport à l'objectif. En conséquence, on a inventé une méthode qui permet plus rapidement de s'apercevoir si on est bien en phase avec ce qu'on a prévu ? MélissaC'est ça la nouvelle méthode, qui est beaucoup plus cyclique. Ce que l'on fait, c'est qu'on va diviser le projet en plusieurs petites étapes, qu'on va appeler des sprints. BertrandDes sprints, au sens où on donne aussi l'impulsion pour que ça aille vite ? MélissaOui, un petit coup de boost, c'est une semaine ou deux pour un sprint. Et, c'est qu'à la fin de ce sprint, on va présenter au client ce qui a été développé. De cette façon, il nous fait un retour sur ce qui est bien et s'il y a des problèmes ou des choses qui ont été mal comprises. Au moins, ça permet d'avoir plus de flexibilité pour qu'au cours du sprint suivant, on puisse développer la feature d'après. Pour que l'on puisse revenir sur ce qui fonctionnait pas et le modifier directement. De cette manière, pas de surprise à la fin. Le client s'aperçoit qu'il a un projet qui correspond entièrement à ce qu'il attendait. BertrandPar conséquent, cette méthode agile est-elle réellement adaptée au développement web ? MélissaAbsolument. BertrandOk. Ensuite, qu'y a-t-il d'intéressant encore dans cette méthode agile ? On a parlé du Daily. Pourrais-tu expliquer ce qu'est le Daily pour ceux qui connaissent pas ? MélissaLe Daily, comme son nom l'indique, c'est au quotidien. Ainsi, ce qu'on fait quotidiennement, c'est qu'on se regroupe avec les développeurs et toutes les personnes du projet en interne et qu'on fait un point sur ce qu'on a fait hier. Que va-t-on faire aujourd'hui ? Ensuite, a-t-on rencontré des difficultés hier ? BertrandD'accord, ça implique combien de personnes un Daily ? MélissaÇa dépend de la taille du projet, mais en général, c'est tous les développeurs du projet. Par conséquent, pour un petit projet, cela peut simplement être un ou deux développeurs. Ensuite, quand ce sont des plus gros projets, on peut tourner autour de sept à huit développeurs. BertrandEnsuite, on fait ça à quelle heure ? MélissaOn fait ça le matin ? Pour bien commencer la journée, et en général c'est autour de 9h30 / 10h. BertrandPas trop tôt pour les développeurs ? MélissaC'est ca. BertrandÇa te change un peu de la banque ? MélissaExactement. BertrandEst ce que tu peux maintenant nous expliquer quelles sont les missions quotidiennes d'une Product Owner Blockchain ? MélissaAlors les missions quotidiennes, ça va être un peu compliqué. Mais ce que je peux faire, c'est que je peux te dire mes missions hebdomadaires... BertrandTrès bien, ça me va très bien. MélissaDonc comme je te le dis, on commence la journée par un Daily. Ensuite, je t'ai expliqué tout à l'heure qu'on divisait notre projet en sprint. Ainsi, un sprint d'une semaine. Ce qu'on va faire, c'est qu'on va commencer par faire le sprint planning. On va tout simplement faire un premier meeting de 1h ou 2h où on va se dire tout ce qui est à faire cette semaine. Diviser en tickets, qui expliquent à chaque fois toutes les petites choses qu'il faut faire. Et, dès qu'on a terminé une chose à faire, on déplace le ticket en disant : « Ça, c'est fait ! » BertrandÇa, c'est inclus dans la méthode agile ? C'est une sorte de tableau de bord de la méthode agile pour suivre ce qui se passe ? MélissaExactement et tout le monde voit ce qui se passe. Au tout début, on met les tickets dans ce qu'on appelle le backlog. C'est un un endroit qui regroupe tous les tickets qui restent à faire. Et ensuite on les déplace sur des colonnes spécifiques qui sont "en train d'être fait", donc Doing. Ensuite, on a la colonne "terminé" et la colonne "PO to Review". Donc là ça veut dire à toi P.O. de vérifier si c'est ok pour toi ou pas. BertrandDonc la on te passe le bébé ? MélissaOui, et ensuite ca passe en "Done". Après le "sprint planning", on a ce qu'on appelle notre période de sprint où les Dev font faire leurs sprints et quand c'est terminé, on a nos "sprint review". Où là on va revoir un par un tous les tickets pour voir si c'est exactement ce qu'il fallait, s'il y a des bugs ou pas. Et une fois que c'est terminé, on a la "sprint rétro", donc le rétroplanning sprint qu'on ne fait pas tout le temps, c'est un peu facultatif, ca dépend si on a eu des problèmes pendant le sprint et sinon on passe à la présentation au client. BertrandD'accord. Par conséquent, une fois qu'on a fait tout ce travail. On fait une interaction avec le client pour vérifier qu'on est bien en phase avec ce qu'il a souhaité faire avec vous ? MélissaAbsolument. BertrandOk, est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier de Product Owner Blockchain ? MélissaBonne question. Alors, comme je te l'ai dit, j'ai fait une école de commerce. Mais, ce qu'il faut savoir, c'est que j'ai toujours été passionné par la tech. J'avais commencé par un bac S et initialement je voulais faire une école d'ingénieur. Mais, j'ai changé d'avis entre-temps parce que j'aimais le côté managérial. Cependant, j'ai toujours eu un manque avec cette partie technique, si je restais uniquement dans un métier de management. Par conséquent, ça m'a toujours passionné et j'ai appris moi-même à coder en Python, j'ai pris des cours d'HTML, de CSS et de JavaScript, donc tous les langages de programmation. BertrandC'était une option dans ton master ou c'était en plus ? MélissaC'était un petit cours à la carte qu'on pouvait prendre en facultatif. BertrandD'accord. MélissaA la suite de quoi, j'ai appris à utiliser beaucoup d'outils qui allaient me servir. Ce que j'ai réellement aimé dans le métier de Product Owner, c'est que ça permet d'avoir un pied dans la tech, mais sans forcément mettre les mains dans le cambouis à 100 %. BertrandAinsi, cela correspond à ce que tu avais envie de faire. Mais, comment as-tu choisi ce métier ? Comment as-tu compris que le métier de Product Owner était celui qu'il te fallait ? MélissaÇa m'a pris du temps, ce fut un gros travail de recherche. Au début, je pensais que j'aimais le métier de Product Manager. Donc, chef produit, dans lequel j'appréciais cette partie de création d'un produit, création d'une offre pour la boîte ou pour un client. Ensuite, je me suis vite rendu compte qu'en réalité le métier de Product Owner était beaucoup plus axé sur la partie des "Delivery". Celle où les développeurs développent le projet. Les interactions avec les développeurs sont hyper importantes parce que les développeurs et les clients ne parlent pas le même langage. BertrandC'est clair. MélissaPar conséquent, il faut un traducteur ou une traductrice. BertrandAlors, un rôle de décodeur ? MélissaC'est un peu un « Google Traduction de la méthode agile"... BertrandMais, par ailleurs, tu sais coder. Et, pour discuter avec les développeurs, il faut quand même comprendre ce qu'ils font ? MélissaAlors, je suis très rouillé. Mais, effectivement, j'avais appris à coder à une certaine période. Aujourd'hui, je sais lire la plupart des lignes de code, néanmoins je serais peut-être incapable de les refaire toute seule. Voir ça me prendra énormément d'heures et de jours de boulot. BertrandMais, la question que je pose est aussi pour ceux qui nous écoutent. Cela veut dire que pour faire ce métier, il faut quand même avoir une appétence avec le code et le développement ? MélissaOu il faut avoir au moins une appétence sur à quoi ressemble une architecture technique. À quoi s'attendre quand on parle avec un développeur. Par conséquent, ce n'est pas forcément une chose qu'il faut maîtriser à 100 %. Quand je suis arrivé chez Smart-Chain, je n'avais pas forcément ce bagage technique. J'ai beaucoup appris sur le terrain, j'ai appris à discuter avec les différentes personnes qui travaillaient au sein de la boite. C'est hyper important de se dire qu'on a besoin d'avoir un petit bagage technique tout de même, mais on peut quand même apprendre aussi en faisant. BertrandOk Mélissa, c'est très clair. Quelles sont les quatre qualités requises pour ce job ? MélissaAlors la première, je dirais que c'est vraiment la structure et l'organisation. Il faut absolument pouvoir découper le projet en des tickets qui vont être très clairs pour les développeurs, réussir à bien traduire le besoin. Par conséquent la structure est très importante, l'organisation aussi. BertrandMa grand-mère dirait : « Il faut avoir une tête bien faite. » N'est-ce pas ? MélissaOui, ensuite pour la deuxième qualité, je dirais que ce seront les qualités humaines parce qu'on est amené à interagir avec énormément de personnes, avec des profils très différents. Alors, il faut avoir de l'empathie et cette manière de savoir parler avec des personnes qui vont être très différentes. BertrandDonc, on pourrait parler de Soft Skills ? MélissaC'est ça, l'humain. En dernière qualité, je dirai quand même les qualités techniques, enfin, les compétences techniques plutôt. Parce qu'arriver sans réellement savoir à quoi s'attendre, cela peut être très compliqué et extrêmement décourageant. Quand le développeur va vous parler en langage technique et que vous n'allez rien comprendre, vous allez vous dire mais qu'est-ce que je fais là ? Bertrandva-t-il se moquer de toi ? MélissaUn peu. Mais, ils vont se moquer de toi ensemble. Enfin, la dernière compétence, c'est de savoir dire non. Ça, on s'y attend pas forcément toujours. Comme Product Owner, il faut savoir dire non à son client, même si c'est son projet et il décide de ce qu'il veut à la fin. Quand on arrive en plein milieu d'un sprint et qu'il faut livrer une solution le lendemain, si le client vient vous demander d'ajouter ces quatre features pour demain. Parfois il faut savoir lui dire non, cela sera impossible et on ne peut pas faire de cette façon. BertrandOk alors attention QGP la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un product owner ? MélissaAlors, combien ça gagne un Product Owner, ça va dépendre de l'entreprise dans laquelle on est. Et ça va dépendre des projets sur lesquels on travaille. Globalement, pour pour te donner une fourchette assez large, je dirais que c'est entre 38 et 48K€ annuel brut, à savoir que 48K€ ce sera plutôt pour des grosses entreprises. BertrandEt 38K€, cela correspond à un profil junior ? MélissaExactement, et 38K€ correspondra plutôt au junior. En général, ce sont des postes pour les personnes qui sortent d'école ou jeunes diplômés d'une école de commerce, par exemple. BertrandD'accord. Est-ce qu'il y a des primes ? Est-on "incentivé" dans ce métier ? Peut-on gagner un peu plus si on fait plus vite et mieux ? MélissaOn a souvent des primes qui peuvent être aux alentours de 5k€ à 10K€ en moyenne sur l'année. BertrandSur le travail effectué par le Product Owner ? MélissaSi on respecte bien ce qui a été défini au départ, c'est la prime qui nous est versée. BertrandMerci Mélissa. Peux-tu nous dire quel a été le plus grand défi que tu as dû relever dans ce métier de Product Owner Blockchain ? MélissaDonc, le plus gros défi que j'ai dû relever, je pense que c'était de m'acculturer à la Tech. BertrandD'accord. MélissaDonc comme je te l'ai dit, on a les développeurs qui parlent tous un langage différent. Donc réussir à savoir exactement ce qui correspond à quoi. Dans quel ordre devait-on le faire ou devait-on aller chercher les informations ? Ça a été mon plus gros défi. BertrandMélissa, quelle a été la plus grande surprise dans ce métier de PO ? MélissaMa plus grande surprise, ce fut de m'apercevoir que les développeurs travaillent énormément ensemble. Par conséquent ils sont vraiment très soudés dans leur manière de travailler. Ils font ce qu'on appelle du peer-coding. Ils travaillent ensemble pour coder, même parfois ils s'appellent les uns les autres. Ainsi, on a souvent l'image d'un développeur seul derrière son ordi, un peu le geek dans le noir derrière son PC. Alors qu'en réalité absolument pas. Ils s'appellent régulièrement et ils collaborent sur les projets. BertrandIls ne sont pas seuls dans leur coin comme on peut l'imaginer ? MélissaNon BertrandEst-ce qu'il y a une anecdote dont tu voudrais nous parler ? MélissaChez Smart-Chain, ce qui étonne un peu les personnes quand elles arrivent la première fois, c'est qu'on travaille tous en chaussettes. Orateur 3D'accord, donc on enlève ses chaussures ? MélissaOuais, c'est ça. Le sol est full moquette et on est tous en chaussettes pour bosser. Pour être plus à l'aise... BertrandD'accord, il faut le prévoir ? MélissaIl faut le prévoir quand on est client aussi. On arrive, parfois, on se dit oh là, je dois enlever mes chaussures... BertrandOn doit porter les bonnes chaussettes... Pour ceux qui nous écoutent, peux-tu nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier de Product Owner ? MélissaJe dirais de faire une école de commerce sans hésiter, c'est vraiment la formation qui va vous apprendre à travailler en équipe et à savoir manager aussi une équipe. BertrandEt, il faut aussi un peu de formation technique comme toi tu l'as fait en parallèle ? MélissaC'est toujours bien de se former par soi même. Il y a énormément de mooc aussi qui sont qui sont mis à disposition sur internet de manière totalement gratuite. Sur Coursera ou peu importe. Par conséquent je dirais oui, c'est bien de se former aussi à côté. BertrandOk, donc école de commerce, mais avec une spécialisation un peu technique ? MélissaCuriosité, aller chercher sur internet. BertrandEt toi, est ce que tu continues à te former régulièrement, et si oui, comment ? MélissaAu quotidien, j'aurais bien aimé apprendre et d'un coup arrêter d'apprendre. Mais, je suis dans un écosystème qui évolue constamment, et dans lequel on a besoin d'apprendre constamment de nouvelles choses. Ensuite, je me forme beaucoup sur internet. Beaucoup à travers des vidéos, beaucoup à travers des articles et je me forme qui plus est beaucoup en travaillant dans le média que j'ai lancé, Start in Blockchain. BertrandDonc, ça c'est une start up, on a évoqué ça tout à l'heure en introduction de cet entretien. Ainsi, ta formation, c'est aussi ce que tu fais à côté comme entrepreneuse ? MélissaC'est ça, en fait, je suis amené à corriger des articles que des rédacteurs vont rédiger. Je suis amené à me renseigner au quotidien sur ce qui se passe dans l'actualité, donc forcément, j'apprends au quotidien. En me disant mais c'est quoi exactement ça ? Je ne le maîtrise pas totalement, mais pour le vulgariser, il faut que je le maitrise. BertrandPour expliquer ça clairement à ceux qui nous écoutent. Start in Blockchain un média auquel ceux qui nous écoutent peuvent accéder pour en savoir plus sur la blockchain, c'est bien ça ? MélissaC'est ça Start in Blockchain. C'est un média de vulgarisation de la blockchain. Par conséquent, l'objectif, c'est de cibler les personnes qui sont débutantes et de leur donner vraiment toutes les bases et toutes les clés en main pour comprendre l'écosystème. Ainsi, ce qu'on aime bien faire, c'est l'illustrer à travers des cas d'usage. Donc, on va prendre des cas d'usage quotidiens que l'on va décortiquer, que ce soit sous la forme de publications ou sous la forme de vidéos ou d'interviews écrites. BertrandEst-ce qu'il y a des certifications professionnelles dans ton métier ? MélissaAlors ce qu'il faut savoir, c'est que la blockchain, est encore une technologie très jeune. Donc, il est très dur de pouvoir se former à la blockchain au sens d'une école ou d'une certification. Par conséquent, ce que je recommanderais, c'est surtout d'aller chercher des informations sur internet, de beaucoup lire, de regarder de vidéos. Il y a des certifications qui existent, des certifications type Alyra ou Pirate Land qui a lancé sa nouvelle école blockchain très récemment. Mais, le mieux, c'est toujours de chercher l'information sur internet parce qu'aujourd'hui on trouve vraiment tout sur tout, sur l'écosystème, sur internet. BertrandMélissa, quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ? MélissaAlors, je vous dirais de bien vous renseigner sur la méthodologie Agile. Il y a beaucoup de manières de faire, que ce soit sur internet, de petites formations, des livres. Et, de bien échanger avec des personnes qui font ce métier pour réussir à ficeler les différences entre l'endroit dans lequel vous allez travailler et le type de technologie sur lequel vous travaillerez, la manière de travailler. Parce qu'il y a réellement des spécificités entre les entreprises et j'estime ça hyper intéressant d'en parler avec les personnes directement. BertrandTrès bons conseils Mélissa. Pour conclure, est ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose pour ceux qui nous écoutent et qui désireraient en savoir plus sur autant sur ton métier que sur la blockchain ? MélissaJe dirais : soyez curieux et allez directement chercher l'information. Allez rencontrer des personnes directement pendant des événements. Je pense notamment à des événements blockchain ou Web3. Aller directement échanger avec les personnes, lire du contenu sur internet. Par conséquent, je peux vous conseiller la super page Start in Blockchain et nos différents réseaux sociaux. Mais, n'hésitez vraiment pas à chercher l'information et à être proactif dans vos recherches. BertrandMerci Mélissa. Une dernière petite question. Si ceux qui nous écoutent souhaitent te contacter, ils peuvent le faire, comment ? MélissaIls peuvent directement le faire sur LinkedIn ? Alors via Melissa Desde Et, n'hésitez pas, je suis assez open pour répondre. BertrandOn mettra ton profil également dans les commentaires du podcast, Mélissa. Merci beaucoup ! MélissaAvec grand plaisir ! ### Combien gagne un Trader Programmatique ? Trader Programmatique Salaire Junior : 30-35K€ brut/an ; Senior : 38-44K€ brut/an. Trader Programmatique Formation École de commerce, communication ou marketing digital. Apprentissage surtout en entreprise. Trader Programmatique c’est quoi Gère des campagnes pub digitales via plateformes d’achat programmatique pour des annonceurs. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Adilson, Trader Programmatique chez Havas Media France. Écouter le podcast Rémunération d'un trader programmatique ? Le métier de trader programmatique consiste à gérer l'achat d'espaces publicitaires en ligne via des enchères en temps réel sur des plateformes spécialisées. Adilson Correia Mendes, trader programmatique chez Havas Media France, partage son retour d'expérience et détaille les salaires auxquels peut prétendre ce professionnel du marketing digital. Salaire débutant d'un trader programmatique Selon Adilson, un trader programmatique junior, fraîchement recruté en agence ou sur un trading desk interne, perçoit généralement un salaire annuel brut compris entre 30 000 € et 35 000 €. Cette fourchette dépend principalement de la taille de l’agence, de la localisation du poste (Paris ou province) et du portefeuille de clients confié dès l’arrivée. Évolution du salaire avec l'expérience Avec quelques années d'expérience, les rémunérations grimpent : Adilson indique qu'un trader programmatique senior peut toucher entre 38 000 € et 44 000 € bruts par an. Les profils maîtrisant plusieurs DSP (Demand-Side Platforms) ou capables de gérer des budgets conséquents obtiennent souvent la fourchette haute. Par ailleurs, évoluer vers des postes de lead trader, manager d'équipe ou consultant en stratégie programmatique constitue un levier majeur pour augmenter encore sa rémunération et diversifier ses missions. Facteurs influençant la rémunération Adilson souligne plusieurs variables qui pèsent sur le salaire : le type de structure (agence globale versus trading desk dédié), le portefeuille de clients (grandes marques ou PME), la localisation géographique, ainsi que les certifications obtenues sur les plateformes (Google DV360, The Trade Desk, etc.). La capacité à produire un reporting efficace et la maîtrise de l’anglais pour échanger avec des équipes internationales sont également des atouts valorisés. ### Trader Programmatique - Adilson Correia Mendes Tout savoir sur le métier de Trader Programmatique : missions, salaire et compétences clés Trader Programmatique Salaire Junior : 30-35K€ brut/an ; Senior : 38-44K€ brut/an. Trader Programmatique Formation École de commerce, communication ou marketing digital. Apprentissage surtout en entreprise. Trader Programmatique c’est quoi Gère des campagnes pub digitales via plateformes d’achat programmatique pour des annonceurs. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Adilson Correia Mendes –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview d’Adilson Correia Mendes, trader programmatique MajdelineMerci Adilson d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Programmatic Trader chez Havas, plus particulièrement Havas programmatic Hub. On va avoir l'occasion d'y revenir en détail. Mais avant cela, peux-tu te présenter en quelques mots ? AdilsonAlors, j'ai 31 ans, je suis originaire de la région parisienne. J'ai fait mon bac dans un lycée privé du 18ᵉ arrondissement en 2010. Ensuite, j'ai enchaîné avec la fac, mais j'ai abandonné parce que ça me plaisait pas. Je me suis réorienté en classe préparatoire pendant trois ans, ce qui m'a été bénéfique humainement surtout. Et ensuite, j'ai terminé sur une école de commerce à l'ISC Paris qui fait partie du réseau des grandes écoles de commerce où j'ai eu une spécialisation en marketing digital. MajdelineOk, Peux-tu nous présenter ton parcours professionnel ? AdilsonAlors, pendant mes études, j'ai eu beaucoup de petits jobs pour subvenir à mes besoins, street marketeur, ce genre de choses. Ma véritable première expérience professionnelle, c'était au sein de la banque BNP Paribas en stage de six mois. C'était un stage de césure où j'ai vraiment pu comprendre comment marchait une grande entreprise. La culture d'entreprise, ce genre de choses, comment se comporter et tout ce qui va avec. Ensuite, j'ai eu une expérience un peu plus enrichissante en partant en Argentine en stage, pour découvrir une autre culture. C'était dans une agence création, une petite startup argentine dans la seconde ville du pays. Ensuite j'ai fait mon stage de fin d'études suite à ma spécialisation en école de commerce au sein de Klox Entertainment. Où j'ai commencé à développer les compétences dont je me sers à l'heure actuelle. MajdelineOn l'évoquait en début d'épisode. Tu travailles aujourd'hui chez Havas. Peux-tu nous présenter cette entreprise ? AdilsonAlors Havas, c'est une des grandes agences de communication en France. C'est une agence française. Elle est située à Puteaux, à la lisière de la frontière parisienne. Elle dispose de beaucoup d'entités qui ont toutes leur spécialité. La création, le social et moi, j'ai été recruté dans l'entité qui gère l'achat programmatique qui s'appelle Havas Programmatic Hub, et cela depuis trois ans. MajdelineQu'est-ce qu'un achat programmatique ? AdilsonAlors, l'achat programmatique, c'est une technologie, le programmatique, comme on l'appelle ça communément. En réalité ça nous permet, via des plateformes, d'acheter des inventaires publicitaires qui peuvent être sur des sites, à la télévision, la télévision connectée... Et, rapidement, il faut le concevoir comme sur le marché de l'art dans lequel il y a des ventes aux enchères. C'est celui qui enchérit le plus, qui remporte l'impression publicitaire, par rapport à un autre annonceur ou à un autre trader qui va enchérir pour un autre annonceur. MajdelineOk, c'est clair. Effectivement, Programmatic Trader, c'est un métier assez atypique. C'est quoi concrètement, ton activité et tes missions quotidiennes ? AdilsonAlors, pour faire simple, je gère des campagnes publicitaires pour un annonceur, sur les canaux de communication online. Je fais de l'achat publicitaire au nom du client sur ces canaux. Ça peut être des campagnes avec différents types d'objectifs, de la notoriété pour la marque ou un produit, vendre un produit, rediriger vers le site du client ou inciter les gens à se rendre en magasin. Pour résumer, mes missions se résument par la mise en place d'une stratégie digitale via un plan média. Le paramétrage de la campagne techniquement sur des plateformes d'achat programmatique. La réalisation d'un rapport intermédiaire ou d'un bilan pour justifier les résultats auprès du client. MajdelineAlors pour ceux qui nous écoutent et qui aimeraient faire ce job, quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ? AdilsonJe pense que ce qu'il faut surtout de l'organisation et de la rigueur. Bon, comme pour tous les jobs, je dirais. Dans un second temps, il faut avoir le goût du digital, de la culture web et des médias en général. Ensuite, troisièmement, la curiosité et l'esprit d'aventure. Parce que c'est un métier qui évolue forcément avec l'actualité du digital et il faut vraiment s'informer de certaines choses. MajdelineOk, attention, la question Gagne-Pain : combien ça gagne un programmatic trader ? AdilsonAlors ça dépendra forcément du type d'agence où on se trouve, du type de trading desk. Mais pour un junior, ça oscille entre 30 et 35K€ brut annuel et pour un senior entre 38 et 44K€ brut annuel. À ce sujet, je conseille la lecture de Combien gagne un Media Trader ?. MajdelineOk, tu as parlé de trading desk. Qu'est-ce que c'est ? AdilsonUn trading desk, c'est communément le nom qu'on assigne aux entreprises qui sont spécialisées dans l'achat programmatique. En réalité, Havas, est une agence de communication globale, qui opère aussi bien des campagnes de publicité classique traditionnelle, l'affichage dans la rue par exemple, ce genre de choses. Havas a à sa disposition un trading desk qui est Havas programmatic Hub. AdilsonD'accord. AdilsonGénéralement, on peut aussi bien parler d'agence, de trading desk. Mais le trading desk est vraiment dédié à l'achat programmatique, de manière générale. MajdelineAdilson, forcément, dans tout métier, on a des tâches qui ne nous plaisent plus et d'autres qui nous plaisent moins. Chez toi, qu'est ce que c'est ? AdilsonAlors moi, la tâche qui me plait le plus, c'est de mettre en valeur ce que j'ai fait aux yeux du client. Par conséquent ça passe par ce qu'on appelle le rapport intermédiaire et les bilans. Où, je présente les résultats de la campagne aux clients. Et c'est un élément que j'aime bien parce que c'est là où tu t'aperçois de ce que tu as pu apporter au cours du lancement, de la gestion de la campagne sur le long terme. Ensuite, il n'y a pas meilleure personne pour parler de ce qu'on fait que soi. Donc, à ce niveau-là, c'est vraiment une activité que j'apprécie. Ensuite, ce qui me plait nettement moins, ce sont les problèmes techniques qu'on peut rencontrer sur les campagnes qu'on lance. En réalité, une campagne, pour tout un tas de raisons, peut ne être pas diffusée. Et, finalement, cela nécessite un temps d'investigation sur les plateformes avec des supports et tout ça peut prendre beaucoup de temps. Et ça peut vraiment être fastidieux en termes de charge de travail, surtout si on n'a jamais rencontré ce problème lors des précédentes campagnes. Par conséquent, ça c'est une tâche qui est assez pénible. MajdelineMais qui te permet de découvrir d'autres aspects de ton métier ? AdilsonExactement, qui permet aussi de mieux rebondir par la suite et l'expliquer aussi bien à d'autres collègues trader qui n'auraient jamais été confrontés à ce type de problème. MajdelineOk, est-ce qu'il y a une journée type comme trader programmatic ? AdilsonAlors oui, généralement il y a une journée type. Je commence par faire une veille digitale pour m'informer de l'actualité en général, sur tout les leviers digitaux, le social... Habituellement, le matin, on a aussi des réunions, que ce soit interne ou externe, avec des partenaires. On a la gestion des campagnes à réaliser, donc des optimisations à mettre en place en fonction des objectifs de la campagne. Du reporting a envoyer si nécessaire. Mais, cela peut être plus ponctuel. Habituellement il y a des déjeuners avec les partenaires parce qu'on a des partenaires privilégiés sur ce type de métiers, que ce soit les régies publicitaires, les partenaires, les plateformes technologiques aussi. Il y a également l'après-midi le paramétrage de nouvelles campagnes à mettre en place. Ou la mise en place d'un nouveau plan média, d'une stratégie digitale à développer pour une future campagne. Mais généralement, les journées ne se ressemblent pas forcément en fonction des circonstances de l'environnement du trader. Fréquemment, un trader peut avoir un compte ou plusieurs comptes et il va organiser ses journées en fonction. MajdelineD'accord, donc cela varie au regard de ton environnement ? AdilsonExactement MajdelineAdilson, quel est le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier ? AdilsonPour moi, le plus grand défi c'était de gérer la présentation d'un bilan de campagne auprès d'un annonceur qui est à l'étranger. Par conséquent c'est la nécessité de parler en anglais et surtout c'était l'une des premières fois que je faisais une présentation client de manière générale. Mon manager était hésitant à l'époque, mais pour ma part, je lui ai dit pas de souci, faudrait bien que j'apprenne un jour ou l'autre. Puis c'était une bonne occasion et ça m'a permis par la suite de recontextualiser ce que je faisais au quotidien, de le valoriser aussi. Par conséquent c'était un beau déclic. MajdelineAdilson, la communauté du gagne pain nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais dans le travail. Est ce que dans ton métier c'est utile d'avoir un anglais professionnel ? AdilsonAlors moi, à titre personnel, dans mes expériences, j'utilise l'anglais essentiellement pour discuter avec les plateformes. Les plateformes techniques, sont généralement gérées par des personnes qui se situent à l'étranger afin communiquer avec eux et résoudre des problèmes. J'utilise évidemment l'anglais. Après, il se peut qu'avec les clients, comme je l'ai dit précédemment, je sois amené à parler anglais. Mais jusqu'à maintenant, j'ai pas réellement de clients qui se situent à l'étranger. Je suis vraiment centré sur la France. Mais, l'anglais sur ce type de métier, cela dépendra si tu as un annonceur situé à l'étranger ou qui utilise tout simplement l'anglais dans ses relations professionnelles. Par conséquent, c'est surtout à ce niveau que l'anglais sera utile. Ça dépend forcément des circonstances. Dans le sens où un Media Trader, c'est absolument des tâches opérationnelles. En fonction de l'agence où il se trouve, les contacts client varient. Ainsi, selon le poste et l'agence cela peut être important. MajdelineOn a déjà reçu une Media Trader. Quelle est la différence entre un Media Trader et un programmatic Trader ? AdilsonIl y en a pas. C'est la même chose que programmatique trader. Tu sauras immédiatement que c'est quelqu'un qui achète via les technologies programmatiques. Je dirais que Media Trader, c'est juste pour valoriser l'aspect où tu achètes vraiment. Mais, les deux sont des synonymes. En soi, il n'y a pas réellement de différence. Je pense que Media Trader, tu pourrais également l'employer pour parler de quelqu'un qui gère des campagnes sur le social. Moi j'étais Media Trader, par exemple chez Klox Entertainment. J'avais réellement le titre de Media Trader. Je gérais des campagnes sociales en programmatique sur un écosystème digital vraiment très large. Et, je faisais aussi ce qu'on appelle des campagnes à la performance, via des mots clés sur Google. MajdelinePar conséquent la différence est extrêmement mince ? AdilsonIl y en a même pas en vérité. MajdelineOk. AdilsonJe pense que le Programmatic Trader accentuera le côté expertise. C'est simplement ça. MajdelineEst-ce qu'il y a de bonnes formations pour faire ce métier ? AdilsonBen en fait, ce métier, il n'y a pas forcément de formation qui se prépare à ce type de métier. Parce le métier demande de gérer des budgets, les dépenses au nom d'un client pour tel ou tel objectif de campagne, pour telle ou telle marque, tel ou tel produit à mettre en avant. Par conséquent c'est forcément une activité que tu découvres en entreprise. Après, certaines formations préparent à la compréhension du digital de manière globale. Que ce soit en faculté, en école de commerce, en école de communication, tu as toujours des spécialisations labellisées marketing, digital, culture web et digital. C'est une bonne base. Après il y a des formations spécialisées. Je pense notamment à Oreegami. J'ai des collègues qui ont suivi cette formation. Mais, pour le coup, c'est vraiment un métier qui s'apprend en entreprise. MajdelineEst-ce que toi tu continues à te former régulièrement ? AdilsonAvec Havas, j'ai la chance d'être informé de ce qui se passe sur l'actualité digitale via des veilles. On a des newsletters et tout pour s'enrichir à ce niveau. À titre personnel, je continue à me former, mais plus sur les langues. MajdelineOK. Est ce qu'il y a des certifications professionnelles utiles pour faire le métier de Programmatic Trader ? AdilsonC'est une bonne question parce que oui, effectivement, il y en a sur les plateformes qu'on utilise. Il y a beaucoup de plateformes qui sont mises à notre disposition et ils nous font tous passer à leur rythme des certifications. Ce qui est bénéfique à plus d'un à plus d'un titre. Déjà aux yeux du client, ca certifie qu'on est expert par rapport à tel ou tel type de plateforme. Nous pouvons le valoriser à titre personnel sur notre CV. D'ailleurs, on peut de l'ajouter sur notre profil LinkedIn pour améliorer notre visibilité et montrer cette compétence. MajdelineAdilson, est-ce qu'il y a une différence entre le métier de Programmatic Trader et ce que tu imaginais avant de le faire au quotidien ? AdilsonJe n'ai pas été forcément étonné parce que ce métier m'a été présenté lors de mes cours. Mais, j'ai plus été surpris, quand j'ai changé d'entreprise. Quand je suis passé de Klox à Havas en fait, car ce sont des réalités qui sont totalement différentes. Havas c'est un grand groupe, on a des partenaires privilégiés, on a beaucoup de choses qui sont mis à notre disposition pour opérer et gérer des campagnes. Par conséquent ça permet de développer des compétences plus poussées et plus variées. En soi, on jongle avec des budgets qui sont plus conséquents, donc ça nous offre beaucoup de possibilités en termes de faisabilité et de variété de missions. MajdelineEst-ce que tu as des conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ? AdilsonLe principal conseil, c'est d'aiguiser son goût du Digital d'apprendre au quotidien à un rythme régulier pour s'informer de l'actualité. Ça permet de valoriser son discours dans ce métier. Ensuite, de contextualiser ce qu'on fait. Parce que avec ce type de métier très opérationnel, quand on débarque comme junior, c'est vraiment opérer des campagnes pour opérer des campagnes. Derrière, on le valorise pas, on se rend pas compte de l'impact que ça peut avoir. Ensuite, je trouve que c'est cool de le prendre dans ce sens. Ensuite, mine de rien, c'est un métier qui nous apprend beaucoup sur la population française en général, comment elle consomme des contenus. Il y a une valeur sociologique, je dirais, et c'est toujours intéressant, mais en tout cas ça me passionne. MajdelineDonc, avoir un esprit ouvert à l'environnement et apprendre en entreprise, finalement ? AdilsonExactement. Je dirais que c'est comme dans tout type de métier, mais encore plus sur celui-là, comme c'est un secteur qui évolue beaucoup. MajdelineEst-ce que tu pourrais nous conseiller des films, des séries, livres, podcasts en rapport avec ton métier ? AdilsonMalheureusement, c'est un nouveau métier. Je pense pas qu'il y ait une littérature hyperdéveloppée sur ce métier. Le seul film qui me vient à l'idée, c'est Mad Men. C'est parce que j'aime beaucoup les séries, et ça parle du milieu de la publicité. En termes de podcast, ce que je conseille, c'est The Programmatic Society. C'est disponible sur YouTube et sur les plateformes de contenus audio type Spotify, Deezer. On nous explique beaucoup de choses sur l'univers du programmatique, du digital de manière plus globale. Que ce soit dans le monde des agences, sur tout type de sujets, que ce soit la diversité dans les agences, ou ce genre de choses. MajdelinePour conclure, est-ce que tu souhaites ajouter quelque chose ? AdilsonAlors je dirais que si le digital vous plait, ce métier est une belle porte d'entrée dans cet univers. Ensuite, derrière cela peut vous ouvrir la porte à d'autres postes. Que ce soit dans la même entreprise ou dans des entreprises partenaires avec lesquelles vous serez amenés à collaborer. MajdelineQuelles évolutions envisages tu pour la suite ? AdilsonJe me sens très bien chez Havas. Je considère que j'ai encore des choses à apprendre. Mais, j'envisage aussi de retourner dans le secteur dont je parlais, la musique. C'est vraiment une activité qui me passionne, mais toujours sur le type de métier que je fais en relation avec le digital. MajdelineD'accord, et bien on te souhaite le meilleur pour la suite. Merci ! AdilsonMerci. À bientôt. ### Combien gagne un Consultante Data & Analytics ? Consultante Data & Analytics Salaire 39 à 45k€ brut/an pour un junior, avec primes et augmentations annuelles. Consultante Data & Analytics Formation École d’ingénieur, commerce, ou bootcamp type DataBird + certifications outils data. Consultante Data & Analytics c’est quoi Analyse de données, création de dashboards, conseils clients sur besoins et outils data. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Karen, Consultante Data & Analytics chez Pwc France. Écouter le podcast Rémunération d'une Consultante Data & Analytics ? Le métier de consultante Data & Analytics consiste à accompagner les entreprises dans la collecte, le traitement et l’exploitation de leurs données afin de produire des analyses pertinentes et des outils de pilotage. Karen, consultante Data & Analytics chez PwC France, partage son retour d’expérience et détaille les salaires auxquels peuvent prétendre ces spécialistes de la donnée. Salaire débutant d'une consultante Data & Analytics Selon Karen, une consultante Data & Analytics junior, fraîchement arrivée après une formation en Data analyse ou une école spécialisée, perçoit généralement entre 39 000 € et 45 000 € bruts par an. À titre d’exemple, elle-même est rémunérée à 43 000 € brut annuel, ce qui correspond à la moyenne haute de cette fourchette compte tenu de sa formation accélérée et de son implication chez PwC. Évolution du salaire avec l'expérience Avec l’expérience, la rémunération d’une consultante Data & Analytics progresse significativement. Karen indique qu’après 3 à 5 ans, on peut espérer un salaire compris entre 55 000 € et 75 000 € bruts par an. La fourchette haute s’obtient pour les profils maîtrisant des outils avancés (Python, machine learning) et capables de prendre en charge des projets de bout en bout. Par ailleurs, l’évolution vers des grades supérieurs au sein du cabinet (manager, senior manager) ou la spécialisation sur des niches sectorielles (finance, retail, télécoms) sont de puissants leviers pour augmenter davantage sa rémunération. Facteurs influençant la rémunération Karen explique que plusieurs variables impactent le salaire : la taille et la notoriété du cabinet (Big Four ou boutique spécialisée), le secteur d’activité du client, la complexité technique des missions et le grade interne. En consulting, chaque promotion de grade s’accompagne d’une revalorisation automatique, et des primes de performance ainsi qu’un intéressement annuel peuvent ajouter jusqu’à 5 % à 10 % de rémunération variable. ### Consultante Data & Analytics - Karen Petit Missions, Compétences et Salaire d’une Consultante Data & Analytics en 2024 Consultante Data & Analytics Salaire 39 à 45k€ brut/an pour un junior, avec primes et augmentations annuelles. Consultante Data & Analytics Formation École d’ingénieur, commerce, ou bootcamp type DataBird + certifications outils data. Consultante Data & Analytics c’est quoi Analyse de données, création de dashboards, conseils clients sur besoins et outils data. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Karen Petit –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Karen Petit, consultante Data & Analytics BertrandMerci beaucoup Karen d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es consultante Data & Analytics chez PwC. On va avoir l'occasion d'y revenir en détail. Mais avant ça, peux-tu te décrire en quelques mots ? KarenBien sûr. Merci de m'avoir invitée. J'ai 27 ans. J'ai fait six années d'études juridiques qui m'ont permis de découvrir Issy-les-Moulinaux, Bordeaux, Tours et Lille. BertrandLa Catho à Lille c'est bien ca ? KarenC'est ça, exactement à la BU Vauban. Après ça, le Covid a fait que je n'ai pas pu totalement terminer mes études. Mais j'ai repris avec une formation de deux mois chez Data Bird en Data analyse. C'est ainsi que je suis devenue consultante en Data & Analytics. BertrandExcellent, c'est clair, et on va avoir l'occasion d'y revenir. Peux-tu présenter ton parcours professionnel ? Ce que tu as fait professionnellement avant d'arriver chez PwC ? KarenJ'ai eu très peu d'expériences professionnelles. J'avais fait une semaine de stage pour mon master en droit pénal. J'avais fait quelques emplois étudiants en parallèle de mes études, serveur, FNAC, etc... Et il se trouve qu'en 2020, j'ai fait la connaissance de Rima Hassan, qui est la présidente de l'Observatoire des camps de réfugiés et qui a été une super expérience pour moi. Parce que dans le cadre associatif, on a l'occasion de pouvoir porter des projets et réaliser une multitude de choses. C'est principalement par rapport à ce canal associatif que j'ai réussi à développer mes compétences, et notamment en Data, justement, suite à ma formation en Data analyse. BertrandD'accord, donc ce ne sont pas les stages, les expériences professionnelles qui ont orienté ce que tu fai, mais plutôt une expérience, disons, de générosité auprès des réfugiés dans une association qui a changé ton parcours professionnel ? KarenOn peut dire ça, oui. Ainsi, la réflexion du sens que je voulais donner à ma vie professionnelle et à ce que je voulais finalement faire dans les années après mes études. BertrandPeux-tu nous préciser les missions d'une consultante Data et Analytics chez PwC ? KarenOui, je dirais qu'on en a trois essentiellement. C'est le cadrage des besoins d'abord, ensuite la réalisation, l'exécution technique et finalement la capitalisation de ce qu'on a fait et le suivi tout au long de la mission. BertrandSi on revient sur chacune de ces missions, le cadrage des besoins, ça veut dire quoi ? KarenC'est vraiment le début de toute mission. C'est les discussions avec le client pour bien comprendre quel est le problème rencontré ou la solution recherchée. Qu'est ce qui, aujourd'hui, pourrait être amélioré ? Comment pourrait-on les aider ? Vraiment comprendre à la fois les besoins, mais aussi les contraintes qui peuvent être techniques ou humaines ou vraiment liées au secteur d'activité. Alors, c'est très intéressant parce que ça va nous donner le périmètre de notre action. BertrandAprès, tu as dit réalisation technique comme deuxième mission, ça veut dire quoi ? KarenC'est la partie où on va pouvoir utiliser justement les analyses. Mais aussi le développement de certains outils. C'est par exemple développer des dashboards (tableaux de bord), développer des analyses à partir des données partagées par le client. Et pouvoir répondre techniquement aux besoins, parce qu'en tant qu'équipe Data, évidemment, c'est sur ca qu'on nous attend. BertrandCapitalisation, tu as dit ça comme troisième mission. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est un peu obscur, ça, non ? KarenOui, c'est une composante réellement principale dans le métier de consultant. Parce que l'on pose tout à l'écrit, que ça soit pour les comptes rendus de réunion et toujours avoir une trace des choses importantes dites. Ensuite, sur quoi on doit avancer, que ce soit sur les slides, dès qu'on a cadré les besoins tout au long de la mission, quand on la termine. Tout doit vraiment être posé dans le marbre, dans nos slides et c'est ainsi qu'on tirera profit de ce qu'on a fait. Et, par ailleurs on prouve aux clients qu'on a une écoute active, comme on dit, et qu'on a bien compris ses besoins, bien compris les problèmes et bien répondu. BertrandDonc, on est un peu dans le syndrome des présentations "PowerPoint", quand même ? KarenOn est sur Google Slides, mais c'est vraiment la même chose. Pour les plus créatifs d'entre nous. Il y a quelque chose d'assez sympathique, et je le découvre aussi parfois, ça fait du bien avec de la musique dans les oreilles de faire quelque chose de beau. BertrandD'accord, de belles slides ? KarenC'est ça. BertrandPeux-tu nous dire, Karen, pourquoi tu as choisi ce métier de consultante Data & Analytics ? KarenOui, je pense que par rapport à mon parcours et à mon profil un peu atypique. C'était une super porte d'entrée, parce que je pouvais vraiment vendre la transversalité de mes compétences et cela me correspondait plutôt bien... BertrandQuand tu dis « transversalité des compétences », cela veut dire en même temps juridique et Data ? KarenC'est ça. Finalement, ces compétences humaines, sont exigées dans le métier du conseil. Le fait d'être réactif, d'être rigoureux, et c'est quelque chose que l'on apprend en droit, évidemment. Le fait d'avoir une communication facile, cela dépend des personnes, mais plein de compétences qui permettaient de mettre à profit qui j'étais. Parce que mes expériences professionnelles n'étaient pas forcément à la hauteur. Bertrand.Quand je t'ai posé la question, j'ai dit « Pourquoi ». Si je pose maintenant la question « Comment tu as choisi ? », on en reviendrait à ton engagement associatif ? KarenOui, forcément, car comme je le disais, ce qui est hyper intéressant dans le milieu associatif, c'est qu'on n'a pas beaucoup de moyens, donc ça repose vraiment sur la bonne volonté des personnes. Si on a envie, on peut énormément faire de choses. Finalement, dans le cadre de ma formation avec DataBird, les deux dernières semaines, c'était pour un projet que j'ai dédié à l'Observatoire des camps de réfugiés. Et après, j'ai pu continuer. C'était finalement comme être consultante. C'est-à-dire que l'OCR n'avait pas un dashboard pour suivre ce qui se passait sur les réseaux sociaux et le site internet. Je l'ai mis en place, je l'ai suivi, je l'ai fait évoluer selon leurs besoins. BertrandDonc, c'était une vraie expérience professionnelle ? KarenFinalement, oui. C'est ce que j'ai pu vendre en entretien et ce qui m'a permis, je pense aussi, d'avoir mon poste. BertrandKaren, est ce que maintenant tu peux nous dire quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job de Consultante Data & Analytics chez PwC ? KarenOui, alors je dirais qu'évidemment, en premier, les compétences techniques. On a aussi l'écoute active dont j'ai parlé tout à l'heure et puis la rigueur, qui est très importante. BertrandTu as évoqué quand on a préparé cet entretien une quatrième compétence dont tu avais envie de parler ? KarenOui, un petit plus que je rajouterais, c'est la communication. Par rapport au fait qu'on est amené de plus en plus à discuter directement avec les clients. Forcément, si on est à l'aise en communication, c'est un vrai plus. BertrandSi on revient sur la partie technique, quelles compétences techniques faut-il ? KarenLes compétences techniques, ça va vraiment être sur l'analyse de la donnée. On est sur SQL, Excel, la Data visualisation (Data Viz), Power BI et Tableau principalement. Ensuite, Python, pour ceux qui sont un peu plus "ingénieur", on va dire, un peu plus poussés... BertrandÇa veut dire que dans ton job, il faut maîtriser tout ça pour pouvoir le faire au quotidien ? Tu te reposes aussi sur des équipes qui vont un peu plus loin sur ces sujets ou tu fais tout ? KarenÇa dépend un peu des appétences et des parcours de chacun. Évidemment, moi, j'avais beaucoup à apprendre et pour l'instant, les technologies sont restées très Data Analystes. On va dire, de la data visualisation, Excel, etc... Mais, j'ai des collègues qui ont un background d'ingénieur et qui travaillent beaucoup plus avec Python et développent des algorithmes, font du forecast (prévision) etc.. Par conséquent, c'est plus poussé. BertrandOk. En parallèle de la technique, il faut aussi l'écoute. On est assez loin là ? L'écoute, cela veut dire des compétences humaines ? KarenComplètement. Ensuite, c'est très intéressant parce que si on écoute mal, on développe mal techniquement et on doit refaire. Très important l'écoute active, ça a été un des premiers conseils qu'on m'a donné quand je suis arrivée. C'est vraiment le fait d'écouter et de prendre des notes et d'immédiatement cibler les points majeurs, les choses à régler et finalement, ce qui fera qu'on va réussir et aller au bon endroit avec le client. BertrandQuand j'entends « écoute active », cela veut aussi dire qu'on montre à l'autre qu'on l'écoute ? C'est bien ca ? KarenComplètement. BertrandOk, il faut qu'il le comprenne aussi ? KarenExactement. BertrandDans les troisième compétences que tu as données, tu as mis la rigueur. KarenOui, la rigueur, évidemment. Pour tous ceux qui font de la Data, c'est quelque chose qu'on apprend assez vite. Parce qu'il y a un protocole pour vérifier que les données sont propres. Comment on nettoie des données, comment on les analyse, etc... Si on n'est pas rigoureux, on peut avoir de la donnée peu propre et potentiellement des résultats faux. Donc, très important d'être rigoureux. BertrandEt puis, la dernière compétence, tu as dit la communication. Tu en as déjà un peu parlé, mais ça se sent, c'est quelque chose qui te plaît, que tu maîtrises ? KarenOui, que j'aime beaucoup et je « tire un peu mon épingle du jeu » là-dessus, justement. BertrandOk. Si on revient maintenant sur les tâches quotidiennes. Est-ce qu'il y en a une qui te plaît davantage et une qui te plaît moins ? KarenOui. Je pense que sans surprise, celle qui me plaît le plus, c'est la communication. C'est le fait d'échanger avec les clients, des personnes différentes à chaque mission, de découvrir un peu leur secteur d'activité, ce qu'ils font. En effet, ce sont des échanges toujours très passionnants et très instructifs. BertrandEt celle qui te plaît le moins maintenant ? KarenJ'avoue, il y en a peut être une qui me plaît un peu moins. C'est parfois faire des slides, mais pas n'importe lesquelles. C'est quand on nous demande de faire des slides très vite sur un sujet qu'on ne comprend absolument pas. Là, c'est vraiment compliqué… BertrandC'est le fameux effet PowerPoint dont on parlait tout à l'heure ? KarenC'est ça. BertrandAttention QGP, la question Gagne-Pain, combien ça gagne une consultante Data & Analytics ? KarenEn tant que junior, on se situe dans une fourchette entre 39 et 45K€ brut annuel. Moi, à titre personnel, je suis à 43K€ brut par an. BertrandOk. Ensuite, est-ce qu'il y a des incentive, des primes sur les choses que l'on fait ? KarenL'avantage du consulting, c'est que tous les ans, on augmente d'un grade. Par conséquent on a une augmentation sans avoir à la demander, ce qui est un petit luxe. On a aussi une prime de performance tous les ans et je crois qu'on a aussi un intéressement par rapport à la performance de l'entreprise au global. BertrandDonc, il y a un peu de prime, on peut se faire un peu de gras en plus ? KarenVoilà, un peu. BertrandKaren, quel a été le plus grand défi que tu as dû relever en arrivant dans ce métier de consultante Data ? KarenJe pense que ça a été de combattre mon syndrome de l'imposteur. Forcément, par rapport à mon parcours et au fait d'arriver dans une grande entreprise. Je savais qu'on comptait sur moi et qu'il fallait que je prouve que j'étais à la hauteur. Ça a été légèrement compliqué, mais je suis contente aujourd'hui, un an et demi après, de dire que c'est bon, je l'ai combattu… BertrandEst-il passé, ce syndrome de l'imposteur ? KarenOui, dans mon travail, oui. BertrandQuelle a été ta plus grande surprise dans ce métier ? KarenL'entraide. Je pense que comme pour beaucoup, quand on sort d'école ou de formation, on a un peu peur de se retrouver dans une entreprise. Que l'on attend de nous, que l'on sache tout et que personne ne nous aide. C'est tout l'inverse chez PwC, et c'est la première chose qu'on nous dit. Il y a forcément quelqu'un qui a déjà fait et qui peut t'aider. J'ai eu la chance que des collègues m'ont réellement aidé dans mes missions. Justement à mieux comprendre les outils et à répondre aux besoins clients. BertrandKaren, est-ce qu'il y a une anecdote que tu aurais envie de partager avec ceux qui nous écoutent ? KarenOui, j'ai une anecdote mignonne. Dans le cadre de ma mission actuelle où on accompagne beaucoup de personnes au sein des entreprises clientes. L'une d'elles, une fois, m'a dit : « Je pense que je suis dans cette entreprise depuis avant ta naissance. » En effet, elle avait raison et j'ai trouvé ça absolument génial de pouvoir discuter avec des personnes aussi différentes. BertrandDonc, elle avait presque 30 ans d'expérience dans sa boîte ? KarenExactement c'est ça. BertrandKaren, si tu le pouvais, qu'est ce que tu changerais dans ton parcours ? KarenJe pense que je ferais plus d'expériences professionnelles en entreprise pour avoir une idée beaucoup plus réaliste de ce qu'est la vie en entreprise et le marché du travail. Parce que je pense qu'en effet, on a tendance à penser que les études, l'école, c'est là qu'on apprend. Mais en fait, on apprend toute sa vie. Même quand on arrive en entreprise, on continue d'apprendre quotidiennement... BertrandExcellent, ça me plaît beaucoup ça. La communauté du Gagne-Pain nous interroge très régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. Est-ce que l'anglais, c'est important dans ton métier ? KarenOui, c'est essentiel. Toutes les missions ne sont pas en anglais. C'est plutôt une minorité même, mais il est crucial de savoir se débrouiller. Et, puis, je pense que quand on fait de la data, il y a beaucoup de choses qui sont en anglais, donc c'est plus simple. Après, on ne parle pas d'avoir un accent américain parfait. On parle juste de se débrouiller en anglais et de savoir être compris par les clients. BertrandOk. Pour ceux qui nous écoutent, pourrais-tu indiquer quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier de consultant de Data ? KarenJe dirais qu'il y a les formations basiques en école de commerce et en école d'ingénieurs. Pour ceux qui, finalement, ont l'envie très tôt de se plonger vers ce beau métier. Après, on a les formations comme j'ai pu faire avec DataBird, des formations en accéléré. Ils proposent aussi maintenant en temps partiel quand on veut le faire à côté de ses études ou d'un emploi. Par conséquent, il y a beaucoup de choses désormais qui existent et qui permettent de se former à la Data. BertrandD'accord. Continues-tu à te former régulièrement chez PwC ? KarenOui, énormément. On est beaucoup poussés à le faire. On a une plateforme en interne avec énormément de formations, que ce soit pour des soft skills comme pour des compétences vraiment techniques, notamment Data etc. Donc, on est incité à le faire et c'est très important, je pense. BertrandEst-ce qu'il y a des certifications professionnelles utiles dans ce métier de consultante Data ? KarenOui, parce qu'en réalité, les certifications prouvent en effet qu'on atteste de compétences, prouvent aussi qu'on s'est motivé à le faire pendant la recherche d'emploi, par exemple, ou en parallèle de nos études. Donc franchement, je conseillerais toutes les certifications proposées par les fournisseurs d'outils, que ce soit Google, Microsoft, même LinkedIn par rapport à Excel… ne hésitez pas. Cela prouve réellement une motivation et une envie de démontrer ses compétences. BertrandEt, c'est utile pour faire ce job ? KarenOui, même si en fait, il n'y a pas meilleure école que de faire et finalement de faire des missions en utilisant les outils. BertrandKaren, pour ceux qui nous écoutent, est ce que tu peux nous dire quelles sont les ressources disponibles pour en savoir plus sur ce sujet ? KarenOui, il y en a beaucoup sur Internet, que ce soit YouTube avec des supers tutos de personnes qui rendent ça le plus compréhensible possible et règlent des questions très compliquées . On a aussi Open Classrooms qui propose des cours gratuits. On a aussi les forums parce qu'il y a beaucoup d'entraide dans le milieu de la Data. Par exemple, StackoverFlow, c'est un des plus connus. Il y a GitHub aussi. Ensuite, si on tape sa question dans Google, on trouvera forcément quelqu'un qui y a répondu. BertrandKaren, est-ce qu'il y a une différence entre le métier que tu fais et celui que tu imaginais avant de le faire ? KarenPas forcément sur le métier en lui-même, mais plus sur la posture que je devais avoir au travail. Parce que en n'ayant pas eu trop d'expériences professionnelles, en intégrant une grosse boîte, forcément, ça m'a rappelé ce que j'ai pu entendre petite de mes parents. Ensuite, je me suis grandement mis la pression sur « On ne se fait pas d'amis au travail, il faut être très sérieux, il faut bien paraître ». Ça a été vraiment très compliqué au début, jusqu'à ce que je comprenne, il fallait juste que je sois moi. Parce que je ne pouvais pas être autre chose et ça se passe beaucoup mieux. BertrandTu viens comme tu es ? KarenExactement. BertrandOk, excellent. Est ce que tu pourrais également nous conseiller des films, des séries, des podcasts qui sont en rapport avec ton métier ? KarenOui. Pour ce qui est des films, documentaires, je conseille à tous, « Derrière nos écrans de fumée », une série documentaire sur Netflix, qui a réellement fait parler. BertrandÇa, c'est une série documentaire ? KarenJe crois que c'est un film documentaire, mais hyper intéressant, qui parlera à tous. Vraiment, montrez-le à vos parents, à tous, c'est trop bien. Il y a aussi "Coded Bias" série sur Netflix, qui est un peu moins connu, mais qui est sur la reconnaissance faciale. Finalement, comment les algorithmes reproduisent les clichés et les biais humains de ceux qui les créent. BertrandTrès intéressant. Je crois que tu avais aussi un podcast à nous proposer. KarenOui, le Podcast "Data Driven 101" que j'ai découvert récemment parce que l'un des fondateurs de DataBird l'a fait et les discussions sont hyper intéressantes. BertrandKaren, en conclusion, que souhaiterais-tu ajouter à ceux qui nous écoutent pour aider ceux qui veulent faire de la data ? KarenJe leur dirais « d'oser ». Si vous avez envie de le faire, que vous êtes motivé, soyez confiant. Il y a énormément de ressources et ça sera valorisé et ça se sentira finalement dans votre discours. BertrandKaren, merci beaucoup. KarenMerci Bertrand. À bientôt. ### Combien gagne un Consultant Digital Analyst ? Consultant Digital Analyst Salaire Entre 37-40K€ brut/an (junior), confirmé 45-50K€, senior 55-65K€ brut/an. Consultant Digital Analyst Formation Master digital, spécialisation data/analytics, idéalement en alternance + certif outils. Consultant Digital Analyst c’est quoi Implémente, configure et analyse des outils Analytics, accompagne et forme les clients. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Florent, Consultant Digital Analyst chez Piano Analytics. Écouter le podcast Rémunération d'un consultant digital analyst ? Le métier de consultant digital analyst, ou consultant digital analytics, consiste à accompagner les entreprises dans la collecte, la configuration et l'interprétation des données web pour optimiser leurs stratégies digitales. Florent, consultant digital analytics chez Piano Analytics, partage son expérience et détaille les salaires auxquels peuvent prétendre ces spécialistes de la data. Salaire débutant d'un consultant digital analyst Selon Florent, un consultant digital analyst junior, fraîchement diplômé d’un master en digital analytics ou issu d’une formation en alternance, peut prétendre à un salaire compris entre 37 000 € et 40 000 € bruts par an. Cette fourchette dépend notamment du prestige de l’établissement de formation et d’une première expérience en web analytics ou Tag Management System. Évolution du salaire avec l'expérience Avec quelques années d’expérience, la rémunération progresse significativement. Florent indique qu’un profil confirmé peut gagner entre 45 000 € et 50 000 € bruts par an, tandis qu’un consultant senior atteint généralement 55 000 € à 65 000 € bruts par an, voire plus pour les experts reconnus ou ceux évoluant vers des postes de management ou de spécialisation en data science. La montée en compétences sur des outils spécifiques (Piano Analytics, Google Analytics 4, Tealium), la responsabilité de projets d’envergure et l’encadrement d’équipes sont des leviers majeurs pour franchir ces paliers salariaux. Facteurs influençant la rémunération Florent explique que plusieurs variables impactent la rémunération : le type d’employeur (agence, éditeur de solution analytics ou client final), la localisation géographique (Paris et grandes métropoles vs province), le statut (salarié en CDI versus consultant freelance) et la maîtrise de l’anglais pour des missions internationales. Les certifications sur les outils Analytics et les compétences techniques en JavaScript ou en data engineering sont également valorisées. ### Consultant Digital Analyst - Florent Quan Consultant Digital Analyst : missions, salaire, études et parcours professionnel Consultant Digital Analyst Salaire Entre 37-40K€ brut/an (junior), confirmé 45-50K€, senior 55-65K€ brut/an. Consultant Digital Analyst Formation Master digital, spécialisation data/analytics, idéalement en alternance + certif outils. Consultant Digital Analyst c’est quoi Implémente, configure et analyse des outils Analytics, accompagne et forme les clients. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Florent Quan –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Florent Quan, consultant digital analyst MajdelineMerci Florent, d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es consultant digital analytics chez Piano Analytics. On va avoir l'occasion de revenir en détail sur ton poste, sur ton entreprise. Mais avant, peux-tu te présenter en quelques mots ? FlorentOui, bien sûr. Je m'appelle Florent, j'ai 32 ans. J'habite en région parisienne, dans le Val-de-Marne. J'ai passé un bac ES, économique et social, au lycée Gabriel Forêt, à Paris. MajdelineFlorent, tu m'as indiqué en off que tu avais eu pas mal d'étapes avant d'arriver au poste que tu occupes aujourd'hui, peux-tu nous décrire ton parcours professionnel ? FlorentOui, bien sûr. Après mon bac, j'ai fait une année en école de commerce. À la fin de cette année, je voulais prendre plus de temps pour moi et pour avoir un projet plus concret. C'est pour ça qu'ensuite je me suis dirigé vers l'université où j'ai entamé une formation de langue pour approfondir le chinois. Ainsi, j'ai fait une formation LLCE (langues, littératures et civilisations étrangères) chinois. Après deux ans d'école, le temps libre que donnait l'université m'a permis de me remettre en question, de faire un choix sur mon avenir. À ce moment-là, j'ignorais vraiment que faire. J'étais un peu perdu. Heureusement que j'ai une grande sœur qui m'a permis de me poser les bonnes questions. Elle m'a mis sur le bon chemin et elle m'a tout simplement dit de faire ce que j'aimais. Ça m'a réellement aidé. À la suite du conseil de ma sœur, je me suis dirigé vers une formation en hôtellerie. J'ai fait une école hôtelière en trois ans avec une année de mise à niveau, ensuite un BTS. À la fin de mon BTS, j'ai entamé une licence RH. Pendant cette année, j'ai été RH, donc je donnais des formations, j'accueillais les nouveaux. C'est à ce moment-là, que j'ai mis un pied dans le digital. Je travaillais sur l'analyse de données et sur la refonte du site Internet interne avec un collègue UX designer. L'UX design, ça ne me parlait absolument pas. C'était vraiment nouveau pour moi. L'analyse de données, pareil. C'est pour ça qu'à la fin de ma licence, j'ai fait un bilan de tout ce que j'avais fait en entreprise. Ce qui est ressorti, c'était que le digital, ça me plaisait et que j'avais envie de terminer mes études dans le digital pour un master. J'ai fait une formation dans le digital, au pôle Léonard de Vinci, la formation DMDA. Ça m'a permis de découvrir tous les métiers du digital mais également de le faire en alternance comme web analyste dans l'audiovisuel. C'est ce qui m'a permis de découvrir ce métier, ce que je fais aujourd'hui. À la fin de cette alternance, il y a eu le Covid et j'ai dû attendre que ça se calme et ensuite, j'ai intégré les équipes Piano Analytics comme consultant. MajdelineC'est le bel exemple qu'aucune voie royale n'existe et qu'on peut tous arriver au métier que l'on souhaite de différentes manières ? FlorentOui, je pense qu'il faut juste s'en donner les moyens et persévérer et e ne pas lâcher, tout simplement. MajdelineAujourd'hui, tu travailles chez Piano Analytics. Peux-tu nous dire quelques mots de cette entreprise ? FlorentOui. Piano Analytics, cette société est anciennement connue sous le nom d'AT Internet rachetée en 2021 par Piano Analytics. C'est une société qui fournit des solutions d'outils Analytics. Ça veut dire qu'on va pouvoir analyser les audiences et le trafic sur un site. Pour tous ceux qui veulent connaître un peu le trafic de leur site, ils vont implémenter un outil Analytics et on fournit la solution. MajdelineChez Piano Analytics, quelle est ton activité quotidienne et tes missions ? FlorentEn tant que consultant digital analytics, on a pas mal de missions. Je vais vous en citer quelques-unes. On peut être amené à gérer des projets d'implémentation. Ça veut dire qu'une personne qui n'a pas d'outil Analytics sur son site, peut faire appel à des consultants pour implémenter notre solution sur leur site Internet. Ça peut aussi être le cas d'un client qui souhaite changer d'outil Analytics. Ça veut dire qu'il a déjà un outil d'intégré qu'il aimerait changer. Nous, on intervient pour prendre la prise de besoin. On challenge un peu le marquage existant pour ensuite l'adapter au nôtre ou éventuellement proposer des fonctionnalités que l'outil Analytics précédent ne possédait pas. En termes de mission, on peut également intervenir directement chez le client pour des missions diverses et variées. Ça peut aller de missions techniques sur la configuration de notre outil ou bien sur des aspects plus Analytics, faire des analyses directement sur le produit et les aider à répondre à des objectifs bien plus précis. On peut être amené à créer des dashboards, à configurer des TMS (Tag Management System ou Système de gestion de balises). Je peux en citer quelques-uns, les plus connus, comme Google Tag Manager ou Tealium. Un TMS, c'est un gestionnaire de tag. Lorsqu'on implémente un outil tiers sur son site web, on doit intégrer un code qui va faire le lien entre l'outil et le site web. Dès qu'un client utilise un outil, il va devoir intégrer ce code dans son code source. Là où le TMS va venir simplifier la vie des clients, c'est qu'il n'y a qu'un seul code à intégrer et ce TMS va gérer tous les autres outils. Et, cela aura pour conséquence d'optimiser la rapidité du site du client. MajdelineFlorent, en introduction, tu nous as dit que tu es tombé un peu sur ce métier par hasard. Quelle est la raison pour laquelle tu continues, que ça te passionne toujours autant et pourquoi ça a du sens pour toi ? FlorentAlors, c'est une très bonne question, parce que effectivement, je suis tombé par hasard sur ce métier. Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, je continue le métier de Web analyste ? J'ai appris avec le temps que finalement, les données ont beaucoup d'importance. Mais si on n'a personne pour les expliquer, on peut ne pas prendre les bonnes décisions. Aujourd'hui, on a des outils qui analysent des données, on a énormément d'outils digitaux. Par conséquent, mon métier prend tout son sens. C'est dans l'expertise, dans la configuration des outils Analytics, mais également sur l'interprétation des données. Ce que j'ai appris dans mes missions comme consultant, c'est de vulgariser la donnée. Ça veut dire qu'on essaye de faire en sorte que la donnée soit la plus accessible à tous. On essaye de simplifier son explication tout en prenant le soin de bien définir les termes. Par exemple, expliquer ce qu'est une « visite » ? un visiteur ? un utilisateur ? Une propriété ? un événement ? En fait, tous ces termes, si on ne les explique pas, chacun peut avoir sa propre interprétation des données et peut ensuite mal interpréter et donner de mauvaises conclusions ou de mauvaises recommandations. Par conséquent, notre rôle c'est un peu d'être garant de la donnée et aussi de transmettre ce savoir pour ensuite répondre à des objectifs précis. Concrètement, c'est ça que j'apprécie beaucoup dans le métier. MajdelineSi tu devais résumer ton métier en trois principales compétences, ce seraient lesquelles ? FlorentPour le métier de consultant Web Analytics, je dirais en premier sens du service, ensuite force de proposition et enfin sens relationnel. MajdelineFlorent, quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? FlorentCelles qui me plaisent le plus, je dirais, les formations, échanger avec les clients et partager ses connaissances sur des sujets analytics. C'est ce que j'apprécie le plus. Celles que j'apprécie le moins, je dirais que c'est l'écriture de comptes rendus. C'est beaucoup de prises de notes qu'on doit mettre au propre. Évidemment, cela sert aux deux parties, mais celle que j'apprécie le moins dans mon métier. MajdelineAttention QGP, la question « Gagne-Pain ». Combien ça gagne, un consultant Digital Analytics ? FlorentUn consultant Digital Analytics junior peut gagner entre 37 et 40 K annuels brut. Ensuite, sur un profil confirmé, je dirais de 45 à 50K€. Enfin, un profil senior, là, on est plus sur du 55-65K€ brut annuels. Découvrez le salaire d’un Consultant Analytics et Tracking. MajdelineFlorent, quel est le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier ? FlorentLe plus grand défi, je pense que pour ma part, ç'a été de donner des formations en anglais à un public anglophone à l'étranger sur des sujets analytics. À la fin, il fallait que ce public passe une certification qu'il devait valider. Personnellement, c'était un sacré challenge parce qu'il fallait déjà que les explications soient claires, précises et compréhensibles. Surtout, je devais avoir confiance en mes capacités analytics ainsi qu'en ma capacité en anglais. Finalement, ç'a été une très belle victoire personnellement, car tous les participants ont été satisfaits de la qualité de la formation. J'ai eu de la chance de tomber sur un groupe hyper intéressant qui posait beaucoup de questions, qui était aussi compréhensif par rapport au fait que je n'étais pas natif en anglais. Ensuite, petit bonus, ils ont tous eu la certification. MajdelineOk, donc, tout le monde était content ? FlorentOui une réussite pour tout le monde. MajdelineNotamment, on parle de l'anglais. C'est bien d'en parler. Est-ce que c'est important pour toi dans ton métier au quotidien ? FlorentOui, effectivement. L'anglais est essentiel. Aujourd'hui, on est tous confrontés à l'anglais, que ce soit dans les séries, dans la vie quotidienne ou autre. Je dirais que dans le métier de consultant digital analytics, oui, c'est important. Déjà, parce que toute la documentation technique en général est en anglais. Les entreprises, aujourd'hui, travaillent beaucoup avec des étrangers ou même parfois les équipes techniques sont à l'étranger. Donc, un consultant, il peut être amené à communiquer en anglais, soit à l'écrit ou à l'oral. Donc, je dirais que oui, si on a un bon niveau et qu'on est bilingue, c'est très bien, c'est mieux. Après, voilà, une langue, ça s'apprend, ça se développe, ça se travaille. Surtout si on a des ambitions de travail à l'étranger, l'anglais, c'est toujours un plus. MajdelineFlorent, est-ce qu'il y a finalement une bonne formation pour faire le métier de consultant digital analytics ? FlorentLes bonnes formations pour le métier de digital analytics, honnêtement, j'ignore si aujourd'hui, on a des formations spécialisées dans ce domaine. Mais, je pense qu'une formation dans le digital avec une sensibilisation à l'analyse de données est déjà un bon début. Ensuite, ce que je recommande, c'est effectivement l'alternance. Si on peut une formation dans le digital avec de l'analyse de données et en plus de ça, en alternance, je trouve que ça, c'est hyper intéressant. Parce que grâce à l'alternance on voit le métier, on le vit, et puis on sait directement ce qu'on attend de nous sur le terrain, en entreprise. MajdelineOk. Et toi, continues-tu à te former régulièrement ? FlorentOui, toujours. Je dirais que la formation, c'est à vie et c'est en continu. Le digital, c'est un monde qui va très vite et on ne peut jamais se reposer sur ses acquis. Notre outil Piano Analytics évolue. Par conséquent, nous, consultants, on est en permanence amenés à se former, à apprendre de nouvelles choses. Et, puis, même dans nos métiers, on a aussi l'aspect compétences techniques. Ainsi, on doit aussi se former nous-mêmes en JavaScript par exemple. Donc, il y a une formation continue sur toutes les nouveautés, sur toutes les nouvelles règles et les nouvelles technologies qui arrivent sur le marché. MajdelineEst-ce qu'il y a des certifications professionnelles utiles pour faire le métier de digital analytics ? FlorentOui, effectivement, des formations peuvent être utiles, nous sensibiliser au métier et également rassurer les employeurs. Parmi les certifications, je peux déjà citer toutes les certifications des outils Analytics. Chez Piano, on propose des certifications, sur l'utilisation de notre outil ou bien sur la technique, sur l'implémentation de notre outil. Au-delà des formations d'outils Analytics, on peut citer des formations au Tag Manager System. Le fait de maîtriser la configuration, c'est aussi un plus. Et, je peux aussi citer d'autres certifications comme des A/B tests, parce que dans le métier, on est amené à travailler sur ça, ou aussi des certifications dans des langages de programmation type JavaScript. MajdelineFlorent, quel est le mode de vie dans ton métier ? Peut-on travailler depuis l'étranger ? Est-ce que le télétravail est autorisé ? FlorentLa présence au bureau est assez flexible. Le consultant sera amené à se déplacer chez un client, soit dans le cadre d'une régie ou dans le cadre de formations. Se déplacer, ça peut être en France, à l'étranger. Tout dépend du client et de l'accord donné entre l'agence et le client. Ensuite, le télétravail, ça s'est développé. Nous avons besoin d'une bonne connexion, donc on peut faire du télétravail soit chez soi, soit en agence. Ensuite, pour ce qui est de la mobilité à l'étranger, tout va dépendre de l'entreprise où on est et des opportunités qui se présentent. MajdelineFlorent, pour conclure, aurais-tu un dernier conseil à donner à ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ton métier ? FlorentBien sûr. Ce que je peux conseiller à ceux qui nous écoutent, c'est vraiment de se lancer dans l'aventure. Si jamais vous voulez découvrir le métier, donnez-vous les moyens de pouvoir le faire. J'ai parlé de l'alternance, c'est un très bon moyen de découvrir ce métier. Cela permet d'avoir une idée concrète de « Est-ce que ce métier me plaît ou non ? ». Autre chose, ne pas hésiter à sortir de sa zone de confort. Testez, échouez et tirez les leçons de ce que vous apprenez. Il faut toujours se relever dès qu'on tombe et continuer d'avancer. MajdelineOk, c'est très clair. Quelle évolution envisages-tu pour la suite ? FlorentAlors, pour la suite, en termes d'évolution, j'aimerais bien être expert dans le métier. Continuer d'être confronté à des situations, à des problématiques et à les résoudre. Je souhaiterais vraiment aiguiser mes compétences en analytics et, pourquoi pas, manager une équipe, transmettre mes formations, les former et miser sur la nouvelle génération. MajdelineOk, on l'espère pour toi. Merci beaucoup. ### Combien gagne un Growth Hacker ? Growth Hacker Salaire De 32 à 38k€/an pour un junior ; jusqu'à 75k€/an pour un senior expérimenté. Growth Hacker Formation Pas de parcours type, mais maîtrise du marketing digital, code, curiosité et auto-formation. Growth Hacker c’est quoi Le growth hacker développe la croissance d'une entreprise, génère leads et notoriété. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Amza, Growth Hacker chez Free Lance. Écouter le podcast Rémunération d'un Growth Hacker ? Le métier de Growth Hacker vise à stimuler la croissance d'une entreprise en combinant techniques de marketing digital, data analytics et développement agile. Amza Nasri, Growth Hacker en freelance, explique : « Mon rôle consiste à concevoir et exécuter des stratégies pour générer un maximum de leads et augmenter le chiffre d'affaires avec des moyens financiers limités. » Salaire débutant d'un Growth Hacker Selon Amza Nasri, un Growth Hacker en alternance perçoit généralement entre 800 € et 1 200 € nets par mois. Une fois embauché en tant que junior (0 à 3 ans d'expérience), il peut prétendre à un salaire annuel net compris entre 32 000 € et 38 000 €, soit environ 2 300 € à 3 000 € nets par mois. Cette première étape dépend fortement des compétences acquises en SEO, SEA, CRM et en automatisation des outils marketing. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d'expérience et un portefeuille de réussites prouvées, un Growth Hacker senior (10 ans d'expérience) peut atteindre un salaire annuel net de 65 000 € à 75 000 €, soit environ 6 000 € à 7 000 € nets par mois. Amza précise que la montée en compétences sur le développement (HTML/CSS, JavaScript) et la maîtrise des méthodes Agile renforcent sensiblement la valeur de ces profils. Par ailleurs, l'évolution vers des postes de Manager Growth ou de consultant indépendant permet souvent d'optimiser ses revenus en facturant des prestations sur-mesure et en négociant des contrats de performance. Facteurs influençant la rémunération Amza Nasri souligne plusieurs variables clés : la taille et le stade de maturité de l'entreprise (start-up vs licorne), le statut (salarié ou freelance), la localisation (Paris, full remote), ainsi que la capacité à générer des résultats tangibles en leads et CA. La maîtrise d'outils payants (automation, CRM, analytics) et la réputation sur des cas d'usage concrets sont également déterminantes pour négocier des packages attractifs. ### Growth Hacker - Amza Nasri Salaire, missions et compétences : tout savoir sur le métier de Growth Hacker. Growth Hacker Salaire De 32 à 38k€/an pour un junior ; jusqu'à 75k€/an pour un senior expérimenté. Growth Hacker Formation Pas de parcours type, mais maîtrise du marketing digital, code, curiosité et auto-formation. Growth Hacker c’est quoi Le growth hacker développe la croissance d'une entreprise, génère leads et notoriété. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Amza Nasri –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La retranscription de l'interview d'Amza Nasri pour le métier de Growth Hacker MajdelineMerci Amza d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Growth Hacker. On va avoir l'occasion de revenir en détail, mais avant ca, peux-tu te décrire en quelques mots ? AmzaJe m'appelle Amza, j'ai bientôt 30 ans et je vis en région parisienne, près de Versailles. J'ai toujours vécu en région parisienne. J'ai passé un bac littéraire et je suis ensuite parti vers des études d'art. J'ai fait un double cursus, licence en art plastique et licence esthétique et sciences de l'art à l'université Paris 1. Ensuite, je suis parti vers un master en médiation de l'art contemporain où j'ai pu faire un mémoire sur le marché de l'art. Pour finir, je me suis dirigé ensuite vers un début de thèse que je n'ai pas fini. AmzaD'accord. Après ce master et après toutes ces recherches autour de l'art contemporain, qu'as-tu fait ? MajdelineEnsuite, parallèlement à mes études, j'ai fait un certain nombre de métiers. J'ai un parcours assez atypique. J'ai travaillé dans le milieu de l'éducation. J'ai aussi été professeur d'art plastique, mais sans avoir le diplôme, en contractuel. J'ai travaillé aussi dans le domaine bancaire, dans le domaine des assurances. J'ai été aussi hôte de caisse plusieurs années. Et ensuite, le Covid est arrivé et j'ai dû me remettre en question comme énormément de personnes. Chercher ce que j'allais bien pouvoir faire parce que le milieu de l'art est très bouché. J'ai décidé de me réorienter vers le domaine du marketing digital et donc d'être "Growth". J'ai travaillé quelques mois en freelance dans ce domaine là. Et ensuite, j'ai fait un an d'alternance dans une boite canadienne. C'était assez cool. Et ensuite, j'ai fait trois mois dans une boite en Suisse. Là, j'essaye de faire un peu des missions en freelance de nouveau. AmzaAmza, pour ceux qui ne connaissent pas le terme « Growth Hacking », peux-tu nous traduire ce que c'est qu'un « Growth Hacker » ? MajdelineJe ne pourrais pas t'apporter de définition, mais ce que je peux dire, c'est que le « Growth Hacker » est un générateur de croissance des entreprises. Il peut très bien travailler pour une grosse entreprise, une start-up ou une licorne. Il doit trouver des techniques en marketing digital qui permettent de faire grossir l'entreprise en générant un maximum de leads, dans un premier temps. Pour faire grossir l'entreprise, faire connaître le service ou le produit de l'entreprise et ensuite faire grossir le chiffre d'affaires parce que c'est ça le but. Le Growth Hacker, il est surtout considéré comme le magicien du digital. Il va pouvoir générer un maximum de prospects (de leads) et faire grossir l'entreprise et son chiffre d'affaires, avec le moins de moyens possible. Des personnes pensent que tu n'as pas besoin de mettre un euro dans des techniques de Growth ou des techniques de Marketing Digital. C'est totalement faux. Tu dois payer les outils et cela prend pas mal de temps à mettre en place. Notamment pour avoir de la data, mais ça, j'y reviendrai plus tard. Ce que je peux dire, c'est que c'est un générateur de croissance. Il doit trouver des techniques pour faire grossir l'entreprise, peu importe sa taille. Faire grossir son chiffre d'affaires, amener un maximum de leads, faire connaître un maximum le service ou le produit proposé par l'entreprise avec le moins de moyens financiers possibles. MajdelineQuelles sont les missions quotidiennes d'un Growth Hacker ? AmzaPour un Growth, aucune mission n'est ancrée et figée. Cela dépend de la structure dans laquelle tu es. Cela dépend du business model de l'entreprise. Cela dépend aussi des envies de l'entreprise. Cela dépend de si elle veut axer ses actions sur de la stratégie de contenu ou sur du marketing pur et simple. Cela dépend aussi si le service proposé est en B2B ou en B2C. Cela dépend aussi de la zone géographique dans laquelle tu es, parce que tu ne vas absolument pas avoir les mêmes clients et absolument pas avoir le même business model, tout simplement. Mais, je dirais que les missions principales sont surtout liées au fait de générer des leads, faire connaître l'entreprise ou le service ou le produit, mettre en place des stratégies de contenu, stratégie SEO et stratégie SEA. Il peut être amené à partir « from scratch » (à partir de rien), créer intégralement le site Internet, mettre un tracking complet sur le site : si un Growth Hacker arrive dans une boîte où il n'y a rien, par exemple. AmzaTu es un peu un « couteau suisse » du marketing digital ? MajdelineC'est vrai que dans le growth hacking, je crois que c'est un des seuls métiers où tu es vraiment un touche-à-tout. Il y a quand même des entreprises qui aiment un peu étiqueter les Growth Hacker en leur disant : « tu vas être expert CRM, expert SEO ou t'occuper de la stratégie de contenu ou du community management ». Finalement, le métier de Growth Hacker est un métier ultra-complet. Pour les personnes qui veulent faire ce métier, je leur conseille absolument de se renseigner sur toutes ces branches du "growth". Parce que si tu tombes dans une entreprise étiquetée, experts SEO ou autres, c'est bien de toucher à tout, y compris au code. AmzaD'accord, y compris dans le code ? Car tu as cité six, sept métiers du marketing digital ? MajdelineBien sûr, je dirais, moi, qu'il y a peut-être une quinzaine, voire une vingtaine de métiers différents qui font partie du Growth mais qu'il est vraiment bon de maîtriser le code. MajdelineOk. Par conséquent, pour être Growth hacker, il faut avoir cette compétence. Verrais-tu d'autres compétences importantes à avoir pour faire ce métier ? AmzaAlors, justement, tu mets le doigt dessus. Pour exercer ce métier, il faut avoir une curiosité extrême. Ce que je dis toujours, c'est que plus les personnes se cultivent de manière générale et mieux c'est. Par conséquent oui, il faut avoir cet esprit curieux et être avide de connaissance. Posséder un aspect aussi artistique et avoir des qualités rédactionnelles, savoir écrire, savoir vendre, savoir se vendre. Évidemment, il y a une grosse part de création dans le "Growth" souvent minimisée, toutefois qui est une vraie valeur ajoutée. Je peux qu'encourager les personnes qui veulent faire ce métier à travailler cette fibre artistique. C'est extrêmement important. MajdelineAttention, Amza, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un Growth hacker ? AmzaÇa dépend, en même temps, de la taille de l'entreprise dans laquelle on travaille, de son portefeuille client, du service et du produit proposé. Mais pour donner une réponse concrète, tu peux commencer entre 800 et 1.200 € nets par mois quand tu es en alternance. Après, quand tu es junior, quand tu as entre 0 et 3 ans d'expérience, tu peux être entre 32 et 38k€ par an net, ce qui fait à peu près entre 2 300€ et 2 500€, voire 3 000€. Pour les seniors, quand tu as 10 ans d'expérience, tu peux aller vers du 65, 75K€ annuel net. Ça doit faire entre 6 000, 7 000 euros net par mois. AmzaD'accord, alors, on l'a entendu, il y a énormément d'acronymes anglais. Est-ce que l'anglais est important pour le métier de Growth hacker ? MajdelineAlors, pour le métier de growth hacker, je ne dirais pas que l'anglais est absolument fondamental. C'est important, mais en réalité, même si vous avez un niveau de troisième, vous allez pouvoir vous en sortir. Là, il y a énormément d'acronymes, il y a beaucoup de mots anglais. Réellement, une fois que vous connaissez la définition de tous ces acronymes et de ces mots anglais, vous allez pouvoir vous en sortir. C'est juste des mots à apprendre et à maîtriser, comme quand vous maîtrisez le français lorsque vous êtes enfant. C'est la même chose. Vous rentrez dans une mécanique qui fait que ces termes-là, vous les utilisez de manière totalement naturelle, sans réfléchir. Par conséquent non, l'anglais n'est pas impératif. MajdelineTu nous as dit que tu t'étais formé très vite à ce métier. Est ce qu'aujourd'hui, tu continues à te former régulièrement ? AmzaOui, le métier de Growth Hacker, comme tous les métiers du digital évolue à grande vitesse, j'ignore si les personnes s'en aperçoivent. Il y a des techniques, qui existaient il y a deux ou trois mois, qui n'existent plus aujourd'hui ou qui ont changé. Pour te dire, même les plateformes Facebook, quand tu veux faire de la publicité sur Facebook, tout a évolué. Tu dois te renseigner sur les nouvelles techniques qui apparaissent. Tu dois te former sur des choses liées au "Growth" ou au digital, mais auxquelles tu t'attendais pas forcément. Comme je le disais en préambule, je me suis formé au "Growth", mais je me suis aussi formé aux méthodes Agile. Ça, c'est des choses qui sont de plus en plus demandées, de maîtriser les méthodes Agile, la méthode Kamban par exemple. D'autant plus que t'as de nouveaux outils sur le marché, qu'il faut savoir maîtriser. Par conséquent oui, il faut se former en continu. MajdelineAmza, quel est le mode de vie type d'un Growth Hacker ? AmzaJe dirais que déjà, un "Growth" peut très bien travailler sur site toute sa vie, aucun souci n'existe avec ça. Là encore, cela dépend aussi de la taille des entreprises et cela dépend aussi des envies des entreprises. Tu as des entreprises qui ont une stratégie qui ne permet pas le "full remote" (en distantiel) mais, en parallèle, si tu n'es pas que sur site, tu peux faire aussi de l'hybride. On le voit partout. Mais tu peux aussi tomber sur des entreprises qui acceptent le "full remote". Ce sont des entreprises qui sont en full télétravail. Soit c'est des entreprises qui sont en France, soit les personnes ont réussi à trouver une entreprise à l'étranger. Moi, à titre d'exemple, j'ai toujours été en full remote et pendant un an, quand je faisais mon alternance, j'étais Digital Nomad. Moi, j'ai déjà vécu dans plusieurs pays. À chaque fois, je revenais en France quand j'avais cours avec mon école, que j'avais des réunions assez spécifiques ou des salons professionnels en présentiel. Sinon, je n'étais jamais sur Paris. Honnêtement, si vous tombez sur une entreprise qui veut vous payer 1 800 €, mais que vous êtes en full remote, honnêtement, il faut le prendre. Parce que ce que vous allez apprendre, en voyageant un peu partout, en ayant cette possibilité là, vous ne le retrouverez peut être jamais et surtout nulle part ailleurs. C'est une expérience qu'il faut prendre, et effectivement, le digital le permet. MajdelineFais-nous rêver un peu, tu es parti où dans cette année à l'étranger ? AmzaMoi, je suis parti un peu dans plusieurs pays. J'ai fait tous les pays un peu limitrophes de la France. L'Allemagne, Luxembourg, le Portugal, l'Italie, plusieurs fois. J'ai fait un road trip en Inde et en Écosse. Voilà, des pays où je ne pensais jamais aller et ça, c'est vraiment cool. Surtout que, je suis photographe amateur à côté, donc ça m'a permis aussi de faire beaucoup de photos. Je sais que, par exemple, quand j'étais en Inde, j'ai pris des photos et j'ai pu les exposer dans une petite galerie. Ça, c'était cool aussi à faire. MajdelineTrop bien. Tu peux lier ta passion à ton métier, finalement ? MajdelineExactement. AmzaOk, c'est limpide. Aurais-tu des films, des séries, des livres, des podcasts en rapport avec ton métier à nous conseiller ? AmzaJe n'ai pas de podcast ou de série à conseiller. Toutefois, j'ai quelques films. Comme je disais tout à l'heure, le métier de Growth Hacker, il faut avoir un esprit d'entrepreneur et je vous conseille grandement de vous intéresser à tous les films ou aux docu-séries qui parlent d'entrepreneuriat. Par exemple, des films comme Le Mans 66. Mine de rien, c'est quand même un film d'entrepreneur. Des films comme Le Fondateur, qui parle de McDonald's, c'est à voir. Je crois qu'il y a un docu-série sur Starbucks, sur Netflix, j'ai adoré. Et je vous conseille un film aussi que beaucoup de personnes ne connaissent pas, qui s'appelle Joy, qui parle d'une femme entrepreneure en qui personne ne croyait. Qui a eu l'idée incroyable de faire un ballet révolutionnaire, une sorte de serpillière ? Elle a créé ça dans les années 70. MajdelineOn voit qu'Amza, n'a pas l'habitude de passer la serpillière ;-) AmzaNon, clairement mais c'est un film qui est hyper intéressant. Et après, je peux conseiller aussi des gens à suivre sur LinkedIn qui traitent du Growth. Sean Ellis, le papa du Growth et aussi Neil Patel, qui a révolutionné le SEO. Il a créé un outil pour ça. Il a écrit énormément de choses à le sujet. Et après, en français, je peux vous conseiller Kevin Dufraisse que j'ai rencontré une fois, qui etait venu donner un cours dans mon école de marketing digital. Très sympa et qui a de bonnes idées. Quand vous allez rentrer dans le "Growth", peut être que vous allez adorer un outil comme Notion Et là, je vous conseille par exemple Shubham Sharma qui a également une page sur YouTube. MajdelineQui nous donne des conseils, des tutos sur les outils ? AmzaC'est ça, comment maîtriser Notion, qui est un outil incroyable, il faut le dire. Je pense que si vous n'utilisez pas Notion, vous êtes un mauvais Growth Hacker. Je rigole un peu, mais tout le monde l'utilise. C'est un outil fondamental. MajdelineOk merci Amza, à bientôt. AmzaMerci à toi. ### Combien gagne une cheffe de projets web ? Cheffe de projets web Salaire De 40 à 80 K€ brut/an selon expérience, prime possible équivalente à 1 mois. Cheffe de projets web Formation Niveau master, école d’ingénieurs, de communication ou gestion de projet web. Certifications utiles. Cheffe de projets web c’est quoi Pilote des projets web : analyse, conception, suivi coût/qualité/délais, coordination équipe. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Emeline, Cheffe de projets web chez Klee Group. Écouter le podcast Rémunération d'une cheffe de projets web ? La cheffe de projet web, parfois appelée pilote de projet digital, coordonne la conception et le déploiement de sites Internet, intranets ou applications mobiles. Emeline Parizel, cheffe de projet Web chez Klee Group, livre son retour d’expérience et présente les salaires auxquels peuvent prétendre ces professionnelles du pilotage digital. Salaire débutant d'une cheffe de projet Web En sortie d’école, une cheffe de projet web peut toucher un salaire compris entre 30 000 € et 40 000 € brut par an. Emeline précise qu’un premier poste en agence de communication démarre souvent autour de 30 K€, alors qu’une prise de fonction dans une ESN comme Klee Group, avec un bagage technique, peut débuter aux alentours de 40 K€. Évolution du salaire avec l'expérience Après quelques années d’expérience, les cheffes de projet web voient généralement leur rémunération grimper à 60 000 € à 80 000 € brut par an, comme le confirme Emeline. Cette progression s’appuie sur la prise en charge de budgets plus importants et sur l’expertise en méthodologies agiles ou en écoconception numérique. Comme dans de nombreuses fonctions managériales, évoluer vers un poste de responsable de pôle ou directeur de projet digital reste un levier majeur pour franchir de nouveaux paliers de rémunération. Facteurs influençant la rémunération Emeline indique que la nature de l’employeur (ESN, agence ou client direct), le secteur d’activité (culturel, associatif ou sportif) et les certifications (Scrum Master, Product Owner) jouent un rôle crucial. Le mode de facturation (interne vs consulting externe), la localisation géographique et l’intéressement, comme un 13ᵉ mois, impactent également le package salarial. ### Cheffe de projets web - Emeline Parizel Métier de chef de projets web : missions, compétences, salaire... Cheffe de projets web Salaire De 40 à 80 K€ brut/an selon expérience, prime possible équivalente à 1 mois. Cheffe de projets web Formation Niveau master, école d’ingénieurs, de communication ou gestion de projet web. Certifications utiles. Cheffe de projets web c’est quoi Pilote des projets web : analyse, conception, suivi coût/qualité/délais, coordination équipe. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Emeline Parizel –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview d’Emeline Parizel, cheffe de projets web BertrandMerci beaucoup Emeline d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es cheffe de projet Web chez Klee Group Nous allons regarder cela dans le détail. Mais avant ça, peux-tu te décrire en quelques mots ? EmelineOui, j'ai 33 ans. J'ai passé les 15 premières années de ma vie en Lorraine, mais en cours de scolarité, je suis arrivée à Paris pour passer mon baccalauréat en même temps que mon frère et ma sœur. BertrandAlors ça, je m'arrête, parce que c'est quand même étonnant. Tu es une triplée, donc tu as un frère et une sœur jumelle ? EmelineOui, et on a passé notre bac en 2007, tous les trois, dans trois lycées différents, dans trois villes différentes. BertrandExcellent. Après, qu'as-tu fait ? EmelineJ'ai fait une classe préparatoire aux grandes écoles, la filière physique techno, qui m'a permis d'intégrer sur concours l'École d'ingénieurs Télécom Paris. D'ailleurs, c'est un petit clin d'œil du destin puisque c'est une école d'ingénieurs qui prépare à l'informatique. J'ai créé mon site Internet sur les chevaux à l'époque du collège, à 14 ans, donc petit retour aux sources... BertrandExcellent. Avais-tu déjà cette fibre ? EmelineOui BertrandMerci Emeline. Est-ce que maintenant tu peux nous présenter ton parcours professionnel, c'est-à-dire tes expériences avant l'entreprise dans laquelle tu travailles aujourd'hui ? EmelineOui. Je pense à trois stages. Deux stages que j'ai faits pendant une année de césure. Un stage de six mois chez Orange et un deuxième stage de six mois également dans une agence d'ingénierie culturelle en pilotage de projets Web. BertrandEt après, tu retournes sur les bancs de l'école ? EmelineOui, à HEC Paris, pour obtenir mon diplôme. Et, puis, je trouve mon premier CDI et j'évolue depuis neuf ans chez Klee Group et on aura l'occasion d'en parler. BertrandExactement. On va s'arrêter deux secondes sur Klee Group. Qu'est-ce que fait cette entreprise ? Et, tu y fais quoi ? EmelineC'est une Entreprise de Services du Numérique (ESN) qui compte environ 800 personnes en France. Entreprise de services numériques, ça veut dire concevoir et réaliser des applications métiers et des services Web. BertrandQu'on appelle ca une ESN ? EmelineExactement, et moi, je suis dans une entité qui s'appelle Klee Interactive, qui est l'agence Web du groupe. Et, donc nous, on se focalise sur la création de site Internet, de sites intranet et d'applications mobiles pour différents clients. BertrandD'accord. Et, toi, tu es particulièrement sur un secteur qui te plaît ? EmelineOui, je me suis positionnée très rapidement sur des clients du secteur culturel, associatif et sportif. Des secteurs qui me font vibrer à titre personnel. Par conséquent, j'aime particulièrement travailler pour ces clients. BertrandEmeline, est-ce que tu peux maintenant décrire ton activité et plus particulièrement tes missions au sein de Klee Group ? EmelineOui, alors je pilote des projets Web pour différents clients et ça se traduit concrètement par trois missions. Ces missions suivent le déroulement classique d'un projet. Pour commencer, l'avant-vente. Dans un second temps, la conception fonctionnelle. Et, troisièmement, c'est la vie du projet, le suivi d'un triptyque coût, qualité et délai. BertrandSi on revient sur la première mission, la phase d'avant-vente, ça veut dire quoi concrètement ? EmelineÇa veut dire qu'on reçoit une consultation publique ou privée. Un cahier des charges de la part d'un client et on va essayer de formuler une offre, la meilleure offre possible, en termes de prix, en termes de moyens humains, en termes d'organisation projet. On va préparer cette réponse sous PowerPoint qu'on va être amené à défendre en soutenance souvent, de vive voix. Là, on va rencontrer pour la première fois notre prospect qui sera notre futur client. BertrandAprès, on a une deuxième mission qui est les spécifications fonctionnelles. Là, on a déjà gagné ce client et on lui propose des choses ? EmelineOui, le projet est signé. On va faire des ateliers de travail avec différents experts et expertes. La conception fonctionnelle, c'est un de ces ateliers où mon objectif, c'est de traduire le besoin du client dans des écrans et des règles de gestion. On va préciser combien il y a d'écrans, de gabarits, sur quoi on clique, qu'est-ce que déclenche le clique sur un écran, sur un bouton, etc... BertrandD'accord. Après, dans la troisième mission, tu as dit le triptyque coût/ délai/qualité. J'aime bien ça. Comment ça se passe ? Qu'est-ce que ça veut dire ? BertrandL'objectif, c'est de livrer un projet dans les temps, dans un budget imparti et avec une qualité qui est certaine. Donc maintenant, on va tester ce qu'on a développé. Alors, on teste tous les écrans, les boutons, tous les cas fonctionnels qu'on a imaginés et on va déclarer des tickets d'anomalies sur un outil de ticketing. Nous utilisions Jira pour le faire. BertrandD'accord. Là, cet outil s'adresse aux développeurs qui vont faire les modifications ? EmelineOui. Et, le client rejoint aussi cette plateforme quand il va faire sa propre recette, qui est la phase de test du projet. BertrandD'accord. Pour s'assurer qu'on va bien jusqu'au bout et que ça correspond bien à ce qui était prévu ? BertrandOui, c'est ça. BertrandOk. Dans ton travail, Emeline, il y a une notion d'engagement forte, que tu as évoquée quand on a préparé cette interview. J'aimerais bien que tu nous expliques ça. Quels sont tes engagements pour le numérique ? EmelineJe pense qu'on ne peut plus travailler dans le numérique sans penser à un numérique responsable. Je pense que c'est un sujet qui intéresse beaucoup de gens. Le numérique responsable, c'est créer des services Web pour toute une population, donc des services accessibles, mais c'est aussi étudier l'impact environnemental du numérique. BertrandCe qu'on appelle l'écoconception ? EmelineL'écoconception, c'est une toute petite partie du numérique responsable. Moi, concrètement, comment j'agis sur le numérique responsable ? J'aide déjà de l'intérieur mon entreprise à se transformer et à proposer des offres responsables. De ce point de vue. Là, on va effectivement agir sur le volet écoconception des services numériques. Mais à titre personnel, je suis aussi investie dans l'association La fresque du numérique et qui veut sensibiliser les citoyens, le grand public, les professionnels et également les scolaires, les étudiants à l'impact environnemental du numérique. BertrandDonc maintenant, on élargit le spectre, on n'est plus juste dans une entreprise, on va vraiment, disons, vers les citoyens au sens large ? BertrandOui, c'est important parce que, au niveau de l'entreprise, je peux agir sur les services qu'on conçoit et qu'on réalise. Mais en réalité, la majeure partie de l'impact du numérique aujourd'hui, ce qui se situe sur les terminaux utilisateurs, ce qu'on a dans les mains, nos smartphones, nos ordinateurs, etc. BertrandBien sûr, c'est ça qui consomme le plus. Tu t'investis personnellement et en dehors de tes heures de travail, tu animes des fresques du numérique, n'est-ce pas ? BertrandOui, j'en anime soit le week-end, mais également sur le temps de travail pour les clients. Dans mes engagements, j'ajouterais un deuxième engagement sur la mixité. Puisqu'on est dans un domaine qui est quand même très masculin encore aujourd'hui. Là, je suis dans une autre association qui s'appelle Quelques femmes du numérique et qui valorise, par le portrait photographique, les métiers de femmes dans le numérique. BertrandÇa produit des semaines chargées. Est-ce que maintenant, tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier de cheffe de projet Web ? Comment ça s'est passé et pourquoi ? EmelineC'était assez naturel parce que j'ai eu l'occasion de faire des stages, on l'a dit, dans ce domaine-là. C'était assez évident pour moi, et principalement car ça me permet d'être en interaction avec beaucoup de personnes, beaucoup de métiers différents. C'est une grande richesse, ce métier. BertrandLe Petit Prince disait "créer des liens". C'est la même chose ? EmelineOui, c'est ça, c'est beau. Des liens entre nous, entre collègues, mais également des liens avec nos utilisateurs et nos utilisatrices. BertrandEmeline, est ce que tu pourrais nous indiquer quelles sont les trois principales compétences d'une Cheffe de Projet Web ? EmelineJe dirais qu'il faut être organisée, avoir une bonne résistance à la pression et être un bon communicant ou une bonne communicante. BertrandOrganisée, pourquoi ? EmelineParce qu'on peut être amené à gérer plein de projets en même temps et donc il faut savoir jongler entre ces différents projets. BertrandRésister à la pression, ça veut dire quoi ? EmelineÇa veut dire respecter les deadline (les dates limites). Il faut livrer en temps et en heure. Ensuite, on a le client qui met la pression, on a les collègues stressés. BertrandGérer aussi une équipe ? EmelineDerrière soi. Oui, on reste des humains. BertrandEt puis après, tu dis communication ? EmelineOui, je fais un parallèle avec le métier de traducteur parce qu'il y a du vocabulaire, il y a un jargon dans le métier. Et, nos clients et nos clientes n'ont pas forcément, ne maîtrisent pas forcément ce vocabulaire. BertrandD'accord, un rôle de décodeur. Quelle est la tâche qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? EmelineCelle qui me plaît le plus, elle n'arrive qu'une seule fois par projet. Elle n'arrive pas quotidiennement, c'est le moment de la mise en ligne. C'est le fait de voir le site actif avec les contenus réels. D'observer des utilisateurs et des utilisatrices consulter le site. On a parfois accès aux statistiques et on voit que le service rend vraiment service. BertrandEnsuite, la tâche qui me plaît le moins ? EmelineJe dirais que c'est prendre des risques, notamment en début de projet. Quand on ignore encore comment le projet va être fait. C'est lié à la nature de mon métier, puisque c'est un métier non spécialisé. Je ne suis pas une spécialiste, je ne suis pas une experte. Je suis plutôt une généraliste, donc je touche à tout, mais sans être experte. BertrandD'accord, il y a parfois des choses que tu maîtrises pas, il faut quand même les présenter aux clients ? BertrandC'est ça, tu dois prendre des décisions et prendre des risques. Ok, attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne, une cheffe de projet Web ? EmelineJe dirai une fourchette et on va dire entre 60 et 80 K€ bruts annuels. BertrandD'accord. EmelineAttention ce n'est pas ce qu'on gagne quand on sort d'école. Personnellement, le métier de cheffe de projet Web, c'est un métier passion et j'ai accepté d'être embauchée en deçà de ce qui est normalement le salaire à la sortie d'école d'ingénieur. J'ai été embauchée à 30 K€ brut annuels dans une agence de communication. Ensuite, quand j'ai changé de structure, et dès que je suis arrivée dans une ESN ç'a été des grilles de salaire de 40 K€ brut annuel qui est le salaire en sortie d'école d'ingénieur. En tout cas, à l'époque. J'ai eu la chance d'être augmentée chaque année de façon régulière. Ça permet d'arriver en fin de carrière à de belles rémunérations. Mais je précise quand même qu'il y a beaucoup d'autres choses qui comptent. BertrandEst ce qu'il y a également, des primes, des intéressements ? Est ce que tu es "incentivée" dans ton métier ? EmelineOui, au total, je dirais que ça revient à quasiment un treizième mois. BertrandD'accord. Emeline, peux-tu nous dire quel a été le plus grand défi que tu as dû relever dans ce métier ? EmelineÇ'a été en changeant de structure, de gérer des projets avec des montants complètement différents. Dans la première structure, j'encadrais des projets de 10 000€. En changeant de structure, ç'a été fois 10 sur le budget, donc des budgets à 100 000 €, 200 000 € ou 300 000€. Ce n'est pas mon argent, mais c'est quand même une grande responsabilité. Ça, c'est assez impressionnant au début. BertrandOn fait attention à l'argent des autres... Pourrais-tu nous parler d'une anecdote qui te serait arrivée dans ce métier ? EmelineJe pense à une structure dans laquelle il n'y avait pas d'outil de versionning, pour versionner le code des développeurs. Donc régulièrement, on avait deux personnes qui écrasaient le code de l'autre. En conséquence, cela veut dire reprendre à zéro le projet : tout a disparu, il faut tout recommencer. BertrandIl y avait de la bataille en interne et ce n'était pas géré ? BertrandNon, ce n'était pas bien géré. BertrandChangerais-tu quelque chose dans ton parcours si tu avais une baguette magique ? EmelineJe ne changerais une seule chose, et ce serait d'avoir une expérience en anglais. Soit en étant scolarisée dans un pays anglophone, soit à travers une expérience professionnelle à l'étranger. BertrandÇa tombe bien parce que la communauté du Gagne-Pain nous interroge souvent sur l'utilisation de l'anglais dans les métiers du digital. Tu vois ça comment ? C'est important ? EmelineC'est essentiel à l'écrit puisqu'on a beaucoup de documentation en anglais. Toutefois, à l'oral, personnellement, ça ne m'arrive quasiment jamais. Ça a dû m'arriver une fois en neuf ans d'utiliser l'anglais en soutenance. BertrandParce que tu as peu de clients internationaux. C'est des clients français, donc on leur parle en français ? EmelineOui, c'est ça. On est une boite franco-française. On a des clients, beaucoup du secteur public en France. BertrandPeux-tu également nous décrire un projet sur lequel tu as aimé travailler ? EmelineJe citerai le Téléthon, organisé par l'AFM Téléthon qui est un projet associatif. C'est la plus grande collecte de fonds en France et surtout, c'est un projet qui a du sens. J'ai eu l'occasion d'être investie personnellement auprès de mon client pendant le week-end du Téléthon. Par conséquent les 30 heures, le premier week-end de décembre. Depuis deux ans je le fais avec eux. La première année comme bénévole et la deuxième année comme la cheffe de projet qui est d'astreinte pour gérer le site s'il y a des problèmes. Etre dans la Buzz Room des plateaux de France Télévisions avec les stars, les bénévoles, les parents, les malades, c'est une très, très belle expérience. BertrandEmeline, peux-tu nous dire quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier de chef de projet web ? EmelineJe doute qu'il y ait une formation type. Je pense qu'il faut juste un niveau master dans une école, soit une école généraliste, soit une école spécialisée en gestion de projet Web. Mais ça va être important pour les différents types de structures dans lesquelles on peut évoluer. Typiquement, dans une agence de communication, on peut sortir d'une école de communication. Pour rentrer dans une ESN, il est important d'avoir un bagage technique pour toute la logique de traduction dont j'ai parlé tout à l'heure. Et d'avoir fait une école d'ingénieurs. BertrandD'accord, cela dépend vraiment de l'entreprise dans laquelle tu travailles et certainement aussi du secteur sur lequel l'entreprise travaille ? EmelineOui, et ça peut jouer aussi sur le salaire. Et c'est la question qu'on a vue tout à l'heure. BertrandD'accord. Et, toi, continues-tu à te former régulièrement ? EmelineOui, j'ai la chance de cumuler du CPF (compte personnel de formation). Donc ça, c'est dans l'entreprise, les années de travail dans l'entreprise qui permettent d'avoir un budget pour se former. Moi, j'ai eu plusieurs formations proposées par l'entreprise. Scrum Master, Product Owner, également une formation à la facilitation graphique. C'est trois formations. Plus récemment, j'ai suivi le MOOC de L'INRIA sur le numérique responsable. BertrandC'est assez sérieux en termes d'intensité ce que tu fais sur ta formation ? EmelineOn essaie de se garder à jour. BertrandEst-ce qu'il y a des certifications professionnelles dans ce métier ? Si oui, lesquelles ? EmelineJe pense que c'est lié aux deux premières formations que j'ai citées. La certification Scrum, c'est une certification proposée par Scrum Alliance et d'autres organismes. Et PSPO avec la certification Product Owner BertrandEst-ce qu'il y a des ressources disponibles en ligne ou ailleurs pour se former soi-même à ce métier ? EmelineLe grand classique, c'est Open Classrooms. Bien sûr, on va trouver tout type de formation et je pense qu'il y en a sur la gestion de projet Web. Mais il y en a aussi sur l'intelligence artificielle, sur différents langages Web de programmation, etc. Et, je suis un peu obligée de citer aussi les Meetup. Ce n'est pas des ressources en ligne, mais c'est des ressources physiques, c'est juste de l'humain. BertrandPeux-tu expliquer à ceux qui nous écoutent ce que c'est qu'un meetup ? EmelineCe sont des rencontres organisées par des particuliers ou des professionnels autour de thématiques. Il y a des meetup dans tous les domaines, pas que dans le milieu professionnel. Il y a des Meetup pour aller voir une expo, pour aller dessiner, pour aller faire du sport, etc. C'est très riche, la communauté des meetup à Paris pour développer ses compétences professionnelles également. BertrandÇa permet un peu de networking ? EmelineOui, complètement. On rencontre des gens. BertrandC'était un des sujets que tu évoquais tout à l'heure qui plaisaient dans ce métier ? BertrandOui, on rencontre des gens et on découvre des locaux aussi et d'autres entreprises. C'est intéressant aussi ce type d'échanges. BertrandEmeline, peux-tu nous décrire la journée type d'une cheffe de projet Web ? EmelineUne journée type, c'est beaucoup d'emails et beaucoup de réunions. Je passe peut-être entre deux heures et quatre heures par jour, entre 25% et 50% de mon temps en réunion, des réunions clients ou des réunions d'équipe. Les réunions tournées vers l'extérieur. Ça va être des ateliers de conception fonctionnelle. On en a parlé, mais des réunions de pilotage, de suivi du projet et les réunions internes pour s'assurer qu'on a toutes les bonnes ressources à disposition sur le projet, que tout le monde est staffé. BertrandD'accord, donc t'as vraiment cette partie interface entre l'interne de ta boîte et les clients à l'externe ? EmelineOui, complètement. Et, je rajouterais qu'il ne faut pas avoir peur d'être interrompu dans ce métier. Ça fait partie du quotidien, malheureusement. C'est aussi la chance qu'on a de parler à plein de gens. Mais cela veut dire que je peine à trouver quatre heures de libre pour me concentrer sur la production d'un document en particulier. Je vais plutôt le découper, ce temps, en deux fois deux heures, quatre fois une heure. BertrandTu vas prévoir que tu peux être dérangée ? EmelineOui. BertrandOk. Et, la gestion des emails, tu as dit que c'était important aussi. Ca veut dire là aussi gérer de l'interne de l'externe ? À chaque fois, c'est le même miroir ? EmelineOui, surtout de l'externe. Ce qu'on m'a appris très tôt, c'est que je n'ai pas forcément besoin de répondre immédiatement aux mails. En revanche, accuser réception, c'est quand même important dans notre métier. Donc dire : "Oui, j'ai vu, mais j'y répondrai plus tard". BertrandPour la gestion interne, vous n'utilisez autre chose que l'email ? Avez-vous un outil de gestion de projet ? EmelineOui, on est sur Microsoft Teams. On a des canaux et on échange directement sur Teams. BertrandOk. Il y avait une question, quand on a préparé cet entretien, qui était la vie pro, la vie perso. Comment tu gères ça ? EmelineMoi, j'ai la chance d'être dans une structure qui a un grand respect de la vie pro et perso. On a des horaires tout à fait raisonnables. On a beaucoup de chefs de projet qui ont mon âge avec des enfants. Personnellement, je n'ai pas d'enfant, ce qui me laisse une plus grande liberté, l'occasion de faire beaucoup de projets à côté. Donc, la Fresque du Numérique, l'association Quelques femmes du numérique et des conférences, TedX que j'organise à côté. BertrandExcellent. On l'a dit déjà, tu es hyperactive. Merci. Est-ce qu'il y a un mode de vie type dans ce métier ? EmelineDu coup, mode de vie ? Je pense que tu parles du télétravail, c'est un peu la question. Qui nous occupe. C'est le mode de vie qui a éventuellement changé depuis le confinement. On a appris comme tout le monde à télétravailler. Aujourd'hui, Klee Group n'a pas fait le choix de proposer du 100% télétravail. On a trois jours de présence sur site par semaine, donc deux jours de télétravail. Ce qui est bien, je trouve, c'est un bon équilibre parce que c'est confortable d'être chez soi. On a tous appris à avoir ce cadre de travail pendant le confinement, mais c'est aussi important d'avoir les connexions et les discussions autour de la machine à café, autour du déjeuner. C'est ces discussions informelles qui sont importantes aussi dans le métier. BertrandPour les plus jeunes qui nous écoutent, peut-on directement commencer en télétravail Ou est-ce quand même bien d'être un peu accompagné au démarrage dans l'entreprise ? EmelineÇa me paraît compliqué de démarrer 100% en télétravail. On a besoin d'avoir quelqu'un à nos côtés, d'être accompagné. Je pense que c'est hyper important. BertrandQuels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier de cheffe de projet ? EmelineJe leur conseillerais d'aller parler aux autres. On a souvent l'impression que les gens sont inaccessibles et tout le monde est passé par là. Tout le monde a envie aussi d'aider les autres. Allez discuter avec les autres, allez à des meetups, on en a déjà parlé... BertrandNe pas avoir peur et poser des questions ? EmelineOui, c'est un peu la philosophie « Qui ne tente rien n'a rien ». BertrandC'est plutôt bien. Est-ce qu'également, tu pourrais nous conseiller des choses d'un point de vue plus culturel, des films, des séries, des podcasts, en rapport avec ce que tu fais et ce que tu as présenté aujourd'hui ? EmelineJe pense à des séries ou des podcasts autour du numérique responsable. Je pense à L'Octet Vert de Tristan Nitot, qui fait aussi beaucoup de vélo. On n'en a pas parlé, mais je vais au travail à vélo... Le podcast Techologie. Il y a aussi le documentaire sur Arte, Invisibles : les travailleurs du clic qui permet de s'apercevoir de la face cachée du numérique et de nos métiers. BertrandExcellent. Il y avait une question abordée quand on a préparé cette interview, sur le sens au travail. Peux-tu nous dire deux mots là-dessus et notamment sur ce petit souvenir d'enfance que tu as ? EmelineJe crois que l'objectif, c'était de trouver une question à poser au prochain interviewé sur Le Gagne-Pain. La question que j'ai reprise, c'est celle que j'ai posée à ma mère très tôt, qui travaille en santé. Je lui ai dit « Maman, comment tu trouves du sens dans ton travail ? » Pour un médecin, c'est facile, de trouver du sens. Et je me suis donc régulièrement posée cette question. J'ai bien conscience que c'est un luxe de se poser cette question. Mais, si on a la chance de se la poser, alors il faut se la poser. Ça permet de se réaligner, de se dire « Pourquoi je fais ce que je fais ? Est-ce que je suis toujours alignée sur mes valeurs ? » Et si besoin, envisager une réorientation. BertrandD'accord, excellent. Je trouve que c'est une très bonne réflexion à avoir en permanence. En conclusion, quelles sont les évolutions envisages-tu ? EmelineÉvolution professionnelle, j'aimerais conserver 50% de mon temps à de la gestion de projet, très opérationnelle, dans le concret. Et 50% de mon activité à des activités transverses, de la facilitation graphique, de la prise de parole en public, de la formation aussi et toujours aussi le numérique responsable. BertrandD'accord. J'ai une toute petite question complémentaire. Tu as dit que tout à l'heure, il ne fallait pas craindre de rencontrer les autres. Si ceux qui nous écoutent veulent te questionner, comment peuvent-ils le faire ? EmelineLinkedin, je recommanderais d'utiliser mon compte LinkedIn. C'est une plateforme propriétaire, il faut avoir un compte, tout ça. Il y a aussi Mastodon le nouveau Twitter, entre guillemets, plus libre, plus respectueux. BertrandOk, on choisira l'un des deux. Merci beaucoup Emeline. EmelineMerci, à bientôt. Bonne journée. ### Combien gagne un Développeur Mobile ? Développeur Mobile Salaire 35 à 40K€ brut/an en début de carrière, jusqu'à 80K€ en Tech Lead sur Paris. Développeur Mobile Formation École d'ingénieur, école 42 ou université, alternance recommandée. Expérience clé. Développeur Mobile c’est quoi Développe, teste et améliore des applications mobiles, surtout sur Android et iOS. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Dimitri, Développeur Mobile chez Devoteam . Écouter le podcast Rémunération d'un développeur mobile ? Le métier de développeur mobile consiste à concevoir, développer et maintenir des applications pour smartphones et tablettes, qu’il s’agisse de projets natifs (Android ou iOS) ou cross-platform (Flutter, React Native). Dimitri Leurs, développeur mobile chez Devoteam, détaille les fourchettes de salaires et les facteurs à prendre en compte pour évaluer sa rémunération. Salaire débutant d'un développeur mobile Dimitri indique qu'un développeur mobile junior, sortant d’école d’ingénieur ou d’une formation spécialisée, peut prétendre à un salaire compris entre 35 000 € et 40 000 € bruts par an en région parisienne. En province, la fourchette se situe plutôt autour de 30 000 € à 35 000 € bruts par an, avec une légère marge de négociation selon l’école, les stages réalisés et la maîtrise des technologies (Flutter, Kotlin, Swift, React Native). Évolution du salaire avec l'expérience En quelques années, le développeur mobile peut gravir les échelons techniques et passer au poste de confirmé puis de Tech Lead. Selon Dimitri, un profil senior atteint généralement 50 000 € à 65 000 € bruts par an en tant que développeur confirmé. En évoluant vers un rôle de Tech Lead—responsable de l’architecture, de la relation client et de la coordination d’équipe—la rémunération peut culminer autour de 80 000 € bruts par an en région parisienne. La transition vers le management ou la spécialisation (expert UX mobile, architecte Flutter, security mobile) constitue un levier important pour augmenter son salaire au-delà de la fourchette technique classique. Facteurs influençant la rémunération Dimitri précise que plusieurs variables jouent sur la rémunération : la localisation géographique (jusqu’à 20 % de moins en province qu’en Île-de-France), le type d’entreprise (ESN vs client final), la taille du premier employeur, la complexité des projets et la capacité à négocier son parcours. L’alternance ou un premier stage significatif facilite souvent la signature d’un meilleur contrat de départ. ### Développeur Mobile - Dimitri Leurs Métier de Développeur Mobile : missions, salaire, compétences et parcours à suivre Développeur Mobile Salaire 35 à 40K€ brut/an en début de carrière, jusqu'à 80K€ en Tech Lead sur Paris. Développeur Mobile Formation École d'ingénieur, école 42 ou université, alternance recommandée. Expérience clé. Développeur Mobile c’est quoi Développe, teste et améliore des applications mobiles, surtout sur Android et iOS. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Dimitri Leurs –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Dimitri Leurs, développeur mobile MajdelineMerci Dimitri d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es développeur mobile chez Devoteam. On va avoir l'occasion de rentrer dans le détail de ton métier et de ton entreprise. Mais, avant, peux-tu te décrire en quelques mots ? DimitriJe m'appelle Dimitri, j'ai 25 ans et je suis développeur d'applications mobiles. MajdelineDepuis combien de temps ? DimitriDepuis trois ans. MajdelineOk, super. Peux-tu nous présenter ton parcours professionnel ? DimitriJ'ai eu un parcours assez classique, bac scientifique, après prépa maths pour préparer les concours d'ingénieurs nationaux à Télécom Sud Paris en école d'ingé pendant trois ans. Après, une fois mon diplôme d'ingénieur en poche, j'ai commencé à m'intéresser au développement d'applications mobiles. Notamment avec la techno Flutter. J'ai travaillé ça dans différentes entreprises pour développer des applications mobiles pour des clients dans le luxe ou actuellement, la vente de vêtements. Dans le développement mobile, on a trois grandes catégories, les développeurs natifs sur Android et iOS, avec des développeurs spécialistes sur chacune de ces technos et une troisième catégorie, les développeurs cross plateformes. Avec des technos comme principalement Flutter et React Native qui permettent d'avoir les deux applications mobiles Android et iOS avec un seul code. MajdelineD'accord. On rentre directement dans le dur, mais c'est très intéressant. Je le disais en introduction, tu travailles chez Devoteam. Peux-tu nous parler un peu de cette entreprise en quelques mots ? DimitriC'est une ESN (Entreprise de Services du Numérique), une entreprise qui compte environ 10 000 collaborateurs un peu partout dans le monde. Le but d'une ESN est de faire levier sur le numérique pour améliorer, que ce soit les process de l'entreprise, améliorer les ventes, améliorer son fonctionnement et également la sécuriser. Nous travaillons avec quasiment toutes les entreprises qui ont besoin d'un système informatique à peu près partout dans le monde. Que cela soit dans la grande distribution, la vente sur Internet, l'énergie, le luxe, bref, vraiment tous les secteurs. MajdelineSuper. Pourrais-tu nous décrire ton activité et tes missions quotidiennes comme développeur mobile ? DimitriAu quotidien, c'est du développement. C'est-à-dire que dans mon emploi du temps, j'ai peu de réunions. On a une réunion quotidienne le matin pour un peu décrire potentiellement nos problèmes ou les tâches qu'il faut faire en priorité. Et, après, on se concentre principalement sur les objectifs de développement de code, de fonctionnalités. Essentiellement, cela peut être de développer de nouveaux écrans ou bien cela peut être de corriger des bugs, de nettoyer certaines parties du code, mettre en place des tests. Ça, c'est réellement 80% de notre travail. Et ça, après, on a quelques réunions mises en place. On a aussi des réunions pour évaluer le temps que va prendre certaines fonctionnalités, pour obtenir une idée de la durée de chaque objectif à réaliser pour l’application. MajdelineEnsuite, dans toutes ces tâches, quelle est celle qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? DimitriEn étant développeur mobile, on fait partie des développeurs front (chargés principalement de la conception d'interfaces graphiques ergonomiques, intuitives et visuellement attrayantes). Vraiment, c'est ce que j'aime le plus dans notre métier. C'est d'apporter une fonctionnalité utile aux clients. Ça passe souvent par des interfaces, qui sont facilement utilisables, qui répondent aux besoins du client. C'est le côté interactif et visuel de notre métier qui est extrêmement agréable. Celle qui me plaît le moins, je dirais les tests. C'est nécessaire pour avoir une application robuste. C'est-à-dire que si on code une fonctionnalité assez isolée, que ça n'affecte pas l'authentification ou dans mon cas, l'affichage des produits. Ce qui pourrait avoir un impact très négatif sur l'application et sur l'expérience de l'utilisateur. Alors, les tests permettent réellement d'avoir une application robuste. Mais, c'est une partie pas très fun parce qu'il faut prévoir tous les cas, les mettre en place, vérifier que tout fonctionne bien, récupérer des jeux de données de test et voilà. MajdelineDimitri, pourquoi avoir choisi le métier de développeur mobile ? DimitriJ'aime le développement d'applications mobiles, tout d'abord car j'aime l'informatique. Je trouve qu'il y a un côté magique à transformer une idée abstraite en un outil concret avec des lignes de code, avec de la programmation. Par la suite, dès le collège et lycée, dès que j'ai découvert l'informatique, j'ai vraiment apprécié créer de petits sites web dans mon coin pour moi ou ma famille. MajdelineOk, très bien. Tu disais quand tu étais plus jeune, tu t'amusais un peu à créer des sites et des applications. Ça veut dire que quand on est développeur mobile, il faut être curieux ? DimitriOui, ça, c'est essentiel, je pense, parce que les technologies évoluent sans cesse et il faut pouvoir savoir ce qui est le plus efficace pour résoudre un objectif ou un besoin. Moi, dans mon cas, c'est ça. Je me suis rendu compte que j'aimerais bien avoir une application mobile et un site web et je me voyais pas passer du temps à faire l'application Android et l'application iOS et le site web. C'est pour ça que la techno Flutter était intéressante et c'est sur mon temps perso que j'ai découvert la techno. Ainsi, après, je me suis dit qu'il y a beaucoup de potentiel et que j'ai voulu en faire un métier. MajdelineGénial. Vois-tu d'autres compétences clés pour faire ce job ? DimitriJe pense qu'il est très important d'avoir un esprit logique. Ce n'est pas nécessaire d'être un crack en maths, mais il faut pouvoir comprendre. Il faut savoir lire un algorithme. C'est sûr, au début, c'est compliqué. Il faut comprendre les "boucles forts", les fonctions, aussi comprendre la récurrence ou des choses un peu plus abstraites, la structure de données, les arbres. Et, une fois qu'on a intégré ces différents éléments, là, on peut vraiment s'amuser avec l'informatique, mais ça reste quand même un langage qu'il faut maîtriser et qui est très, très logique. Finalement, il faut avoir cette capacité d'abstraction. Ensuite, les autres points, je dirais qu'il est fondamental de savoir travailler en équipe et d'aimer ça. Parce que l'informatique, il ne faut pas avoir ça comme une activité qu'on fait tout seul dans son coin. Ça peut être valable pour un projet perso, mais dans le monde professionnel, on travaille avec des équipes, avec des êtres humains. Alors, il faut savoir communiquer, il faut même aimer partager ses connaissances. Et je trouve que ce sont les moments les plus stimulants en informatique, c'est quand on est cinq développeurs avec qui on s'entend bien. Avec qui on a confiance et on cherche à résoudre un problème complexe autour d'un tableau blanc. C'est vraiment les moments les plus enrichissants. Ensuite, une dernière qualité, c'est être curieux en permanence, chercher l'information et essayer de prévoir quels seront les besoins et comment y répondre. MajdelineOk, si on résume, avoir un esprit logique, un esprit d'équipe et la curiosité. Dimitri, attention, la question « Gagne-Pain ». Combien ça gagne un développeur mobile ? DimitriTout dépend, en sortie d'études, de son école ou de son parcours. Cependant, je pense qu'on peut avoir une fourchette entre 35 et 40 K€ annuels bruts en région parisienne et je pense un peu moins en région. Que ce soit dans les grandes villes Nantes, Lyon ou autres, on restera, je pense, plus autour des 35K€. Après, il faut savoir défendre son parcours. Ainsi la première entreprise dans laquelle on va rentrer aura un énorme impact sur son salaire. Ensuite, au niveau des perspectives, l'idéal pour évoluer au niveau du salaire est de tendre vers un poste de Tech Lead. Ce n'est pas seulement savoir développer, mais également, de savoir encadrer une équipe, savoir communiquer directement avec le client pour défendre un projet ainsi que de manager des équipes. Le salaire grimpe, il est multiplié par deux, on est autour des 80K€ annuels bruts. Il y a une différence entre la région parisienne et la province, les grandes villes de France, que ce soit Lille, Nantes, Lyon. En tout cas, dans les entretiens que j'avais passés, souvent, il fallait retirer 20 % si on voulait avoir le même poste, même parfois dans la même entreprise, alors qu'on travaille pour les mêmes clients. Dans mon cas, j'habite à Nantes, le salaire a été retiré de 20 %. Alors, si on veut essayer de maximiser le salaire et tenter de travailler en province, on peut faire le trajet toutes les semaines. C'est ce que je fais. Je travaille deux jours par semaine en présentiel à Paris et le reste du temps, je vis à Nantes. Il faut se réveiller tôt le lundi matin, mais c'est un rythme qu'on peut prendre. MajdelineDe manière générale, pour ce métier là, est-ce que c'est un métier qui est possible en Nomadisme Digital ou c'est le présentiel qui est important ? DimitriJe pense que ça dépend de son ancienneté. En début de carrière, j'estime que c'est essentiel d'avoir du présentiel au maximum. Parce que c'est en présentiel, comme je l'avais dit, qu'on est le plus stimulé et qu'on apprend le métier. Finalement, même ça, si je peux donner un conseil à tous les débutants, bien choisir son Tech Lead. C'est vraiment lui qui va vous apprendre le métier. Essayez, pendant vos entretiens, de sentir si la personne veut transmettre ses connaissances et veut vous faire progresser et aura confiance en vous. Pour le début de carrière, faites un maximum sur le présentiel. Ensuite, je pense que c'est bien d'avoir un rythme deux ou trois jours de présentiel et le reste en distanciel. Parce que rien que déjà la communication passe beaucoup mieux en présentiel, que via un ordinateur. Il y a beaucoup de choses qui passent pas. Ensuite, même pour notre attention, on peut beaucoup plus facilement se laisser aller ou être distrait chez soi. Alors qu'en présentiel, naturellement, on va faire l'effort d'écouter les personnes, de comprendre et d'être attentifs à tout ce qu'ils cherchent à nous transmettre. MajdelineOk, c'est limpide. Dimitri, est ce que l'anglais est essentiel pour être développeur mobile ? DimitriOui, en tout cas l'anglais technique. Parce que en informatique, toute la documentation est systématiquement en anglais, et souvent traduite en français. Même le langage informatique est en anglais, alors, il faut comprendre l'anglais. Toutefois, l'anglais est une langue quand même assez facile. Avec 500 mots, on peut vraiment se débrouiller en anglais. Même, on est couramment noyé dans une culture avec les séries et on peut naturellement se débrouiller. Le niveau d'anglais sera plus exigeant si on travaille dans une équipe non francophone. Là, il va absolument falloir savoir se débrouiller parce que ça, comme je le disais, dans le développement mobile, il n'y a pas que de l'informatique. Il y a aussi une partie communication, pour créer une équipe. Là, il faut savoir un peu faire ce qu'on veut, des petites discussions en anglais et savoir discuter de tout et de rien. MajdelineEnsuite, toi, est-ce que tu te formes régulièrement ? DimitriAu niveau de développement d'applications mobiles, on n'a pas réellement de certification en tant que tel. C'est plus un travail continu en regardant sur YouTube. Dans mon cas, sur Flutter, il y a eu beaucoup de changement au niveau de la navigation. Il y a différents packages qui permettent de faciliter le fait de se déplacer dans l'arborescence de l'application. Il faut s'informer des derniers packages. Là, actuellement, c'est Go Router. Pour etre vraiment spécifique qui a été mis en avant et savoir comment ça fonctionne. Même chose dans la gestion de l'état. Avant, Provider était très en vogue et maintenant, c'est de plus en plus remplacé par River Pod. Il faut se mettre à jour et comprendre ces frameworks pour potentiellement les utiliser. Quand je pense certification, je pense au cloud où là, il y a réellement des certifications AWS ou des certifications Google Cloud. On n'a pas réellement ce genre de paliers ou d'étapes qui permettent vraiment de certifier d'un niveau. C'est plus un travail régulier. Ensuite, ce genre de questions, sur la gestion de l'état ou la navigation, ce sont des questions récurrentes en entretien. Il faut savoir défendre tel ou tel framework, tel ou tel outil par rapport à un autre. Ça, c'est plutôt un travail quotidien sur YouTube ou sur la documentation officielle de Flutter. MajdelineQu'est ce qu'un framework ? DimitriC'est une boîte à outils qui permet de répondre à un problème. Un framework d'applications mobiles, c'est une boîte à outils qui assure de développer une application mobile correctement. MajdelineQuelle est la journée type d'un développeur mobile ? DimitriSouvent, la journée commence par un quart d'heure de réunion d'équipe (le Daily). Après, si la plupart des personnes de l'équipe sont en distanciel, ça peut durer un peu plus longtemps. Rien que pour faire un peu de discussion comme on le disait. Après, globalement, toute la journée du développeur, tant qu'on n'est pas Tech Lead, est vraiment focalisée sur le développement d'applications mobiles. Ça veut dire que pendant le point du matin, on sait les priorités ou les difficultés de chacun et après, on va s'assigner un ticket et le coder. Au début, on va essayer de résoudre le problème, vérifier que la fonctionnalité ou l'écran sont programmés. Après, on a une partie dédiée à rendre le nouveau code qu'on a apporté le plus propre possible. C'est dire, est-ce que l'on a écrit notre code de la bonne façon ? Les fichiers sont-ils au bon endroit ? Est-ce la bonne structure ? On répond à tout ce qui est Clean Architecture ou SOLID. Une fois qu'on a vérifié ce point là, la troisième partie est dédiée à ce qu'on appelle une "Merge Request" (MR). C'est-à-dire que le bout de code qu'on a fait en plus, au moment de l'intégrer à l'ensemble du code, on va avoir une validation par un collègue. Et par la suite, le collègue va pouvoir voir si tout est bien codé comme il faut et même débattre sur la manière dont on a codé cette fonctionnalité. Est-ce qu'il y avait un code plus optimisé ou plus propre ? Une fois que ça c'est validé, ce sont les chefs de projet qui vont valider de leur côté. Mais, là pas d'un point de vue de la programmation, mais depuis une perspective pratique. Est-ce bien la fonctionnalité qu'on devait faire ? MajdelineEst-ce que ça répond bien à ce que le client voulait au départ ? DimitriOui, c'est ça. MajdelineDonc ça, c'est que le matin ? DimitriNon, c'est toute la journée. MajdelineC'est typiquement la journée type d'un développeur mobile ? C'est de prendre un problème dans un ticket et de le résoudre sur une journée ou plus ? DimitriOui, c'est ça, c'est réellement les trois quarts de son temps sont basés dessus. Après, pendant les points quotidiens, si un collègue relève un point ou un ticket, ou on peine sur un point. C'est réellement le moment de travailler à plusieurs pour essayer de débloquer la situation ou d'apporter un conseil. MajdelineOk. Ensuite, le quart du temps restant ? DimitriOn a aussi une partie design où on va proposer aux clients différentes interfaces. MajdelineEt donc, on s'aperçoit, que c'est un métier qui va très vite, il faut se mettre à jour régulièrement dans ce métier. Toi, quelles sont les ressources qui t'aident à t'actualiser ? DimitriPrincipalement YouTube. On a la chance d'avoir vraiment une belle communauté sur Flutter ou même le développement mobile en général, notamment en français, la chaîne YouTube Dev Café, qui est vraiment exceptionnelle. Quotidiennement, il sort des vidéos quotidiennes sur le développement d'applications mobiles et le développement en général. Ensuite, il y a beaucoup de développeurs francophones ou anglophones spécifiques à Flutter. Je pense à Flutter Guys, Flutter Mapp qui font du très bon contenu. Ensuite, en dehors de YouTube, on a les documentations officielles Flutter qui sont très structurées. De plus en plus, je regarde aussi ChatGPT qui peut être intéressant. Je n'ai pas encore pu tester la dernière version. Mais, quand cela commence à devenir assez spécifique, il peut s'embrouiller les pinceaux. Et, on peut lui poser trois fois la même question, il va répondre trois fois différemment. Et, ce n'est pas forcément à chaque fois les meilleures façons. Je dois être curieux des nouvelles sources d'informations potentielles. MajdelineDimitri, toi, tu as fait une école d'ingénieurs du numérique. Recommandes-tu ce parcours ou y a-t-il d'autres voies pour devenir développeur mobile ? DimitriIl y a différentes manières. L'école d'ingénieurs, c'est un peu la voie de la sécurité, dans le sens où on est sûr de trouver un travail à la sortie de son école. J'avais passé, je crois, six entretiens pour six entreprises différentes a la sortie de l'école et j'ai eu cinq propositions. J'étais l'un des seuls à avoir passé autant d'entretien, mais on est garanti d'avoir un pied à l'étrier pour commencer. C'est souvent le plus dur, c'est d'avoir son premier CDI. Ensuite, une fois qu'on a des années d'expérience, trois ans, cinq ans, au fur et à mesure, les études s'effacent sur le CV. C'est l'expérience en entreprise qui va prendre de plus en plus de place. Cependant, il y a d'autres options. Il y a des écoles comme 42. C'est un peu le même système que l'université. C'est-à-dire qu'il faut vraiment être un battant et savoir pourquoi on le fait. Parce que si on ne possède pas réellement la motivation, c'est très facile de se démotiver, d'arrêter. Après, les formations, je pense qu'il faut absolument essayer de miser sur l'alternance. C'est quelque chose que j'aurais bien aimé faire plus dans ma scolarité. L'alternance permet d'avoir un pied directement dans l'entreprise. Même après, pour son premier CDI, on va pouvoir plus facilement négocier son salaire. MajdelinePour conclure, Dimitri, aurais-tu un dernier conseil à nous donner ? DimitriSi j'avais un dernier conseil à donner, je pense que ça serait de rester passionné et attentif. Parce qu'on peut aisément se laisser entraîner dans une routine. En étant développeur, on est au quotidien sur son ordinateur, surtout en full remote (travail à distance complet). On peut aisément s'isoler du monde. Et, j'estime important de garder son âme d'enfant, d'être réveillé, d'être attentif à tout ce qui nous entoure pour vraiment apprécier sa journée et grandir en tant qu'individu. MajdelineMerci Dimitri. DimitriMerci Majdeline. ### Combien gagne une consultante en cybersécurité ? Consultante en cybersécurité Salaire 38-50K€ brut/an junior, 50-100K€ brut/an senior, plus selon expérience. Consultante en cybersécurité Formation Pas de formation unique. Master, autoformation, certifications (ISO 27001, EBIOS-RM) possibles. Consultante en cybersécurité c’est quoi Accompagne les entreprises à sécuriser leurs systèmes et gérer les risques numériques. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Marie, consultante en cybersécurité chez mc2i Écouter le podcast Rémunération d'une consultante en cybersécurité ? Le métier de consultante en cybersécurité consiste à accompagner les entreprises dans l'identification, l'évaluation et la réduction des risques liés à la sécurité des systèmes d’information. Marie Montuis, consultante en cybersécurité chez mc2i, partage son retour d'expérience et livre des chiffres précis sur les salaires pratiqués dans ce secteur. Salaire débutant d'une consultante en cybersécurité Selon Marie, une consultante débutante, issue d'une double formation en marketing digital et data analytics et ayant basculé en cybersécurité, peut prétendre à un salaire annuel brut compris entre 38 000 € et 50 000 €. Cette fourchette varie en fonction de la taille du cabinet, du type de missions (régie ou projet), ainsi que de la maîtrise d’outils d’analyse de vulnérabilités et de normes telles que ISO 27001 dès le début de carrière. Évolution du salaire avec l'expérience Avec 5 ans d’expérience et après avoir occupé des postes de cheffe de projet cybersécurité en régie chez des grands comptes comme L’Oréal, une consultante peut voir son salaire progresser entre 50 000 € et 100 000 € bruts par an. La partie haute de la fourchette est atteinte par celles qui combinent expertise technique, management d’équipes et certifications reconnues (EBIOS-RM, RGPD, cloud security). L’évolution vers des responsabilités managériales ou la création de centres d’expertise internes constitue également un levier fort pour augmenter significativement sa rémunération. Marie explique que plusieurs variables jouent sur la rémunération : le type de cabinet (conseil boutique vs grand cabinet), le secteur d’activité (banque, énergie, grande distribution), le mode de facturation (régie chez le client versus missions forfaitaires) et les certifications détenues. Par ailleurs, la localisation géographique et le réseau professionnel (networking) peuvent également faire évoluer les prétentions salariales. Comment maximiser sa rémunération en tant que consultante en cybersécurité ? ### Consultante en cybersécurité - Marie Montuis Les missions, salaires et parcours pour devenir Consultante en cybersécurité Consultante en cybersécurité Salaire 38-50K€ brut/an junior, 50-100K€ brut/an senior, plus selon expérience. Consultante en cybersécurité Formation Pas de formation unique. Master, autoformation, certifications (ISO 27001, EBIOS-RM) possibles. Consultante en cybersécurité c’est quoi Accompagne les entreprises à sécuriser leurs systèmes et gérer les risques numériques. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Marie Montuis –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Marie Montuis, consultante en cybersécurité BertrandMerci beaucoup Marie d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es consultante en cybersécurité chez mc2i. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail, mais avant, voudrais-tu te décrire en quelques mots ? MarieMerci de me recevoir et enchantée, je m'appelle Marie Montuis, j'ai 29 ans. Je vis en région parisienne où j'ai grandi. J'ai passé un Bac scientifique en 2014 et par la suite, j'ai arrêté deux années de suite mes études. Comme beaucoup d'étudiants, on se perd, on se cherche. Ensuite, j'ai finalement trouvé ma voie. J'ai commencé un BTS MUC, donc pour Management des Unités Commerciales. Ensuite, j'ai suivi un bachelor en marketing digital et communication. Et finalement, je suis arrivée sur un Double Master (DMDA) en marketing digital et analyse des data, qui m'a ensuite amenée à devenir plutôt consultante en cybersécurité. Sinon, sur un aspect plus personnel, je suis maman depuis quelques mois. BertrandFélicitations Marie. Pourrais-tu nous parler de ton parcours professionnel avant l'entreprise dans laquelle tu travailles aujourd'hui ? MarieOui, bien sûr. Cela fait un peu plus de 10 ans que je travaille. Comme tout étudiant, j'ai commencé par des petits boulots, par-ci, par là. Durant mon master, pendant mes deux années d'alternance, j'ai intégré Place des Éditeurs, un groupe d'édition, et qui m'a permis par la suite, d'arriver dans mon premier cabinet de conseil, Teaminside. Cette expérience a été relativement courte car je suis partie au bout de six mois. Puisque j'ai été recommandée par une ancienne camarade de classe au sein de mon cabinet actuel. BertrandPar conséquent, tu fais la promotion du networking ? MarieExactement, c'est tout à fait ça. Il est vraiment très important de continuer à partager avec des personnes qui ont partagé une expérience avec vous, professionnelle ou personnelle. Et, par ailleurs, d'aller à la rencontre de nouvelles personnes de manière assez régulière. BertrandDévelopper & cultiver son réseau professionnel. C'est ça que tu dis ? MarieTout à fait. BertrandMerci Marie. Pourrais-tu nous décrire dans quelle entreprise tu travailles ? MarieOui, ça fait bientôt quatre ans maintenant que je travaille chez mc2i et j'interviens actuellement comme manager fraîchement promu. J'ignore si tu connais ce cabinet de conseil de référence dans la transformation numérique ? On est présents dans des secteurs d'activités très variés. Ça peut aller de la banque à l'énergie, en incluant les médias, le social. On intervient un peu partout. Notre raison d'être réside dans l'accompagnement des grandes entreprises, du secteur privé comme du secteur public, à innover et à saisir durablement les nouvelles opportunités qu'offre le digital. BertrandOK à présent, peux-tu nous décrire les missions quotidiennes d'une consultante en cybersécurité ? MarieOui, tout à fait, j'interviens aujourd'hui chez L'Oréal comme cheffe de projet cybersécurité, dans les équipes infrastructure plus exactement. Globalement, j'accompagne L'Oréal dans l'identification, l'évaluation, mais également tout ce qui va être autour de la réduction des risques liés à la sécurité des systèmes d'information. BertrandOn a dit en préparant cette interview que tu étais « en régie » dans les locaux de L'Oréal. Qu'est-ce que ça veut dire ? MarieConcrètement, cela veut dire que je suis quotidiennement dans les locaux de L'Oréal et non pas ceux de mc2i. Évidemment, je suis amenée à aller chez mc2i parfois pour une raison X ou Y, mais quasiment 100% de mon temps, je suis chez L'Oréal. BertrandPar conséquent, tu travailles dans un cabinet de conseil et celui-ci t'envoie en mission chez un de ses clients, en l'occurrence L'Oréal. C'est bien ça ? MarieC'est tout à fait ça. BertrandMerci Marie. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire en termes de missions quotidiennes d'être une consultante en cybersécurité ? MarieJe dirais que j'occupe trois missions principales. La première autour de la sécurité opérationnelle, la deuxième plutôt autour de la qualification et l'identification des vulnérabilités. Et ensuite, je coordonne certaines équipes au sein de L'Oréal. BertrandOk. Si on revient sur chacune de ces missions, la première mission, « piloter les activités de sécurité opérationnelle ». Qu'est-ce que ça veut dire pratiquement ? MarieConcrètement, c'est de l'animation de réunions pour aider les différentes zones à remédier aux non-conformités de la politique de sécurité de L'Oréal. BertrandD'accord. Donc les différentes zones, cela veut dire des zones géographiques ? MarieTout à fait, exactement. L'Oréal évoluant dans un contexte international, on est répartis en zones géographiques. BertrandEt toi, tu t'occupes de l'Europe ? MarieExactement. BertrandOk. Après, tu as dit « identifier et qualifier les vulnérabilités ». Ça nous intéresse beaucoup. Ça sent la cyber, vraiment, non ? MarieExactement, une vulnérabilité, c'est une faille qu'une personne malintentionnée peut utiliser à des fins qui sont très rarement bienveillantes. Ça peut être, par exemple, subtiliser des données. BertrandD'accord. Là, on est dans le cœur de ton métier. Il faut vérifier ce qui se passe dans chaque organisation pour s'assurer qu'aucune « porte dérobée » existe par laquelle on pourrait entrer ? MarieExactement. On a évidemment des outils pour nous aider à faire cela. BertrandEn mission 3, tu as dit « coordonner les équipes». Qu'est-ce que ça veut dire ? MarieConcrètement, il y a une volonté d'uniformiser, d'homogénéiser les bonnes pratiques au sein des différentes zones géographiques de L'Oréal. BertrandMarie, peux-tu nous expliquer pourquoi tu as choisi ce métier de consultante en cybersécurité ? MarieJe dirais plutôt qu'il m'a choisi… c'est assez drôle dit de cette façon, mais il faut savoir qu'en tant que consultante on n'a pas la possibilité de choisir réellement ses missions. Bien sûr, on peut émettre des souhaits auprès de son management, mais c'est finalement la demande client qui va orienter notre prochaine mission. C'est comme cela qu'après ma deuxième mission au sein du cabinet, j'ai pu intégrer L'Oréal comme chef de projet cybersécurité. J'ai simplement passé ce qu'on appelle une audition, c'est tout simplement un entretien, et le client final a validé mon profil. BertrandEt ça t'a plu ? MarieÇa m'a réellement plu. Oui, j'étais très contente. J'avais initialement fait une demande d'évolution sur une mission Data ou cybersécurité. Quand on m'a proposé une mission cybersécurité, j'ai donné mon feu vert immédiatement. BertrandOk. Pourrais-tu également nous dire quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ? MarieJe dirais la curiosité, l'organisation et surtout le savoir-être. BertrandOk. Si on s'arrête très rapidement sur chacune de ces compétences, pourquoi la curiosité ? MariePuisque c'est un monde qui évolue très, très vite. Il faut vraiment rester en veille presque quotidiennement. BertrandPar conséquent, il faut être très curieux sur tout ce qui se passe dans la cybersécurité ? MarieExactement. Ensuite, il faut être très autonome parce qu'il faut aller chercher les informations soi-même. BertrandOk. Après, tu as dit l'organisation. Là, ça me mérite peut-être une petite explication aussi ? MarieOui, tout à fait. On fait beaucoup de la chefferie de projets. Donc forcément, il est important d'avoir un cadre et de suivre ce cadre qu'on installe. BertrandOk. Et en dernière compétence, tu as dit le « savoir-être ». Et là, je crois que tu avais aussi envie de t'arrêter là-dessus ? MarieTout à fait. Alors forcément, on est amené à être intégrés dans des équipes différentes les unes des autres sur chacune de nos missions. Donc, il faut s'adapter aux personnes que l'on a en face, à nos différents interlocuteurs. C'est très important, justement, de garder ce savoir-être, ce savoir-vivre avec les différents clients chez lesquels on intervient. BertrandEst-ce que c'est quelque chose que tu as appris dans ton parcours scolaire ? On appelle cela les « soft skills » dans la formation. Est-ce que ça te rappelle quelque chose ? Est-ce que cela t'a servi à quelque chose ? MarieTout à fait. Après, avait-on des cours dédiés au savoir-être en entreprise ? Je n'irais peut-être pas jusque-là, mais en effet, ça fait partie des soft skills d'un consultant et c'est une chose très importante pour nous, à mc2i, notamment lors des phases de recrutement. On va chercher à identifier si la personne est capable de s'adapter à ces différents contextes. BertrandOk, excellent. Si on s'arrête sur les tâches quotidiennes, pourrais-tu nous dire quelles sont les tâches ou quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? MarieIndéniablement, je dirais que celle qui me plaît le plus, c'est le suivi de projet de A à Z. Je suis quelqu'un de très organisé, aussi bien dans le monde professionnel que dans le monde personnel. C'est quelque chose que j'adore et je pense que c'est toujours apprécié d'avoir quelqu'un qui est très carré dans ce qu'elle fait et qui respecte aussi ses engagements. Sur la partie de ce que j'aime le moins, c'est un peu difficile à dire, mais je dirais, justement, les personnes qui ne respectent pas leurs engagements. Qui ne respectent pas les deadlines sur lesquelles ils se sont engagés. Également, je pense, les personnes réfractaires au changement, sans vraiment de raison. Ceux qui traînent les pieds. On est dans un monde qui évolue tellement que la conduite du changement, c'est très important. Ainsi, il est parfois dur de faire adhérer au changement, mais il faut aussi donner de sa personne et être positif au changement. BertrandOn sent ce côté carré dans notre entretien. Ça me semble effectivement essentiel dans ton caractère, je me trompe ? MarieCe n'est pas étonnant et je pense que si tu demandais à n'importe qui autour de moi, je pense que c'est la première compétence qu'on te donnerait en ce qui me concerne. BertrandOk, pour organiser, mais parfois aussi diriger ? MarieOui, tout à fait. Alors peut-être un peu trop, parfois. Se sentir "lead" alors qu'il n'y en a pas besoin. Mais oui, sans conteste, je pense que ça en fait partie. BertrandMarie, attention, QGP, la question ne Gagne pain. Combien ça gagne une consultante en cybersécurité ? MarieJe suis assez d'accord avec ce qui avait été partagé dans l'épisode 67 par Charly Consultant Cybersécurité chez Orange Globalement, je dirais, pour un junior entre 38 et 50K€ brut annuel. Pour les postes plus senior, pour quelqu'un à partir de 5 ans d'expériences, de 50K€ brut annuel à des sommes parfois astronomiques pour certaines entreprises. Donc, je dirais autour de 90 à 100K€ brut annuel, peut-être même plus. BertrandOk, excellent. Après, peux-tu nous parler d'un défi ? Ou plutôt, quel a été le plus grand défi que tu as dû relever en arrivant dans ce métier ? MarieUn sacré défi, et pas des moindres, c'était celui d'arriver sur une mission de cybersécurité sans avoir le moindre parcours en cybersécurité. Ça a été vraiment très challengeant. Concrètement, la difficulté, résidait surtout dans le fait de devoir maîtriser très rapidement un vocabulaire qui était assez technique. Et, de dialoguer avec des personnes qui, pour la plupart, sont des ingénieurs IT, qui ne sont souvent pas particulièrement pédagogues. Et, pas forcément très patients et qui attendent de toi, donc une expertise que tu n'as pas forcément. BertrandIl y avait aussi dans l'échange qu'on avait eu en préparant cet entretien l'idée que c'est un univers très masculin ? MarieExactement, tout à fait. Pour donner un chiffre, on est à 80% d'hommes, 78% pour être exact, et donc 22% de femmes. Donc, ce n'est pas énorme et nous sommes parfois un peu sous-évaluées... BertrandOk, je comprends. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu changerais dans ton parcours ? Et, si oui, quoi ? MarieC'est une bonne question. Je dirais à la fois tout et rien. Tout pour la simple et bonne raison que cette expérience en cybersécurité m'a permis de revoir mon parcours. Ainsi, de me dire si je devais refaire les choses, est-ce que je n'irais pas forcément en cybersécurité ? Ça, je pense que c'est quelque chose qui m'intéresserait beaucoup. Et si c'était à refaire, je le referais dans ce sens. Et en même temps rien, parce que finalement, toutes les étapes, toutes les personnes qui m'ont accompagnée durant ces cinq dernières années font que je suis arrivée là où j'en suis aujourd'hui. Donc d'ailleurs, un grand merci à elle. BertrandPar conséquent, cela veut dire qu'il est possible de faire de la cybersécurité sans l'avoir apprise à l'école ? MarieTout à fait. Je pense qu'il y a une multitude de façons de se former et de changer de métier en plein milieu de sa carrière. BertrandJustement, Marie, quelles sont les ressources disponibles les plus intéressantes, selon toi, sur ce métier de consultante en cyber ? MarieIl en existe de nombreuses. Il y a notamment une plateforme collaborative qui regroupe des communautés de sachants et de personnes qui souhaitent se former, qui s'appelle GitHub. On a aussi de nombreuses formations en ligne, donc des MOOC, des cours structurés, singulièrement sur OpenClassrooms. D'ailleurs, pour la petite anecdote, j'ai récemment reçu en entretien quelqu'un qui s'était autoformé sur OpenClassrooms. BertrandDonc c'est possible ? MarieC'est tout à fait possible. Ensuite, il a aussi d'autres outils, des plateformes comme TryhackMe qui là sont plus orientées apprentissage par la pratique ou encore HackTheBox. Là, cette fois-ci, plus orientées sur la partie hack. BertrandEt, toi continues-tu à te former et si oui, comment ? MarieOui, tous les ans, j'ai presque envie de dire au quotidien. Mais, ce qui est très bien au sein des cabinets de conseil, c'est qu'il y a plusieurs façons de se former. On a forcément les formations en interne. Souvent, ce sont des formations qui sont animées par des consultants pour des consultants. On a également des formations externes. Là, ce sont des formations qui sont proposées par des tiers et qui sont très régulièrement certifiantes. On a également la formation continue au sein de sa propre mission. Ce qui est surtout très intéressant dans les cabinets de conseil, et particulièrement chez mc2i, c'est ce qu'on appelle les centres d'expertise. Ce sont des incubateurs d'innovation où vont venir converger nos expertises métiers, sectorielles et les besoins clients. BertrandD'accord. Ça, ça te permet de régénérer tes connaissances en permanence ? MarieExactement. Particulièrement au sein de ces clubs. On peut intervenir sur des activités diverses, de la rédaction de newsletters à la réponse à un appel d'offres, au tournage d'une vidéo ou d'un podcast, par exemple aussi. Donc, c'est très intéressant. BertrandTu as parlé de certification. Des certifications professionnelles sont importantes pour ce métier ? MarieOui, évidemment. On en a notamment autour de la GRC, la gouvernance risque et conformité, avec la ISO 27001 qui est plutôt assez connue dans le métier. Également, EBIOS-Risk Manager (RM). Et on a aussi des formations sur le cloud ou des certifications et des formations sur la protection des données, la gestion de crise, le RGPD, etc. BertrandOk. Une autre question nous est souvent posée par la communauté du Gagne-Pain, c'est l'anglais. Est-il important de bien maîtriser l'anglais à l'écrit et à l'oral pour ton métier ? MarieOui. Ce qui est assez drôle, c'est que je faisais partie de ces personnes qui avaient un peu peur, qui étaient un peu effrayées par l'anglais dans le monde professionnel. Je craignais finalement de ne pas être à la hauteur. Après, on s'aperçoit que finalement, ce qui est important, c'est le fait de pouvoir comprendre et surtout de répondre à la personne qui est en face sans avoir forcément un vocabulaire très recherché. Notamment, on s'aperçoit aussi que finalement, neuf Français sur dix ont un accent vraiment à couper au couteau. Par conséquent, je pense qu'on revoit un peu ces exigences à la baisse en s'apercevant de tout ça. Mais globalement, pour donner quelques chiffres, sur les trois missions que j'ai pu occuper, je dirais que 30 à 40% de la mission se déroule en anglais, à l'écrit comme à l'oral. C'est simultanément écrire des e-mails ou animer des réunions en anglais. Ce n'est pas forcément très grave si on n'est pas bilingue, mais il faut quand même savoir s'exprimer et comprendre l'anglais. BertrandMarie, est-ce qu'il y a une journée type comme consultante cyber ? MarieNon, absolument pas. Aucune journée n'est type. Les journées défilent et ne se ressemblent pas. Évidemment, on a une fiche de poste à notre entrée et à notre arrivée sur la mission. Mais, on évolue dans un contexte qui est vraiment très évolutif. Et, dans ce cadre-là, qui dit évolution dit changement de priorité assez fréquent. Par conséquent, la journée type n'existe pas. BertrandCela fait aussi partie du charme du métier ? MarieExactement, tout à fait. Moi, en tout cas, c'est ce qui me plaît encore aujourd'hui et qui fait que je reste dans le consulting. C'est vraiment ce côté journée, ou on ne sait jamais à quoi s'attendre. BertrandAlors justement, Marie, est-ce qu'il y a une différence entre le métier de consultant cyber que tu fais et celui que tu imaginais avant de le faire ? MarieComplètement, j'avais cette vision du consultant qui intervient uniquement sur des aspects très stratégiques. En fin de compte, toutes les missions que j'ai pu occuper sont sur un aspect beaucoup plus opérationnel. Évidemment, en fonction de l'entreprise qui vous emploie, il y pourra y avoir des missions beaucoup plus stratégiques, mais ce n'est pas nécessairement le cas. BertrandMarie, pourrais-tu également nous conseiller des films, des séries, des livres ou des podcasts qui sont en rapport avec ton métier ? MarieJ'ignore si tu connais la série de livres Pour les Nuls, mais je sais qu'il existe une édition dédiée à la cybersécurité. Ça peut être vraiment un bon début. Côté série, tout de suite, je pense à Black Mirror. Ce n'est pas forcément une série dédiée au sujet de cybersécurité, mais, très souvent, sont abordées les questions de sécurité des informations, des données personnelles. Je pense que il est intéressant de la citer. BertrandC'est-à-dire que là, on est plutôt du point de vue du grand public et on essaie de comprendre un peu comment ces données, il faut les protéger. MarieExactement. Et, comment protéger l'ensemble des systèmes numériques modernes. BertrandMarie, l'intelligence artificielle a-t-elle déjà un impact sur ton métier ? Et, si oui, comment ? MarieOui, je pense comme pour beaucoup d'entre nous, finalement. À titre personnel, j'utilise aujourd'hui l'intelligence artificielle comme un véritable compagnon. Finalement, un copilote qui optimise mon quotidien dans des tâches de rédaction de comptes rendus, de traduction de textes, par exemple, ou même à la conception de supports, finalement. BertrandDonc, c'est très opérationnel. Et, si on se projette un peu plus loin, disons 2030. Vois-tu des évolutions arriver avec l'IA ? MarieJe pense que d'ici 2030, on entrera dans l'ère d'une cybersécurité hybride et presque autonome. Ici, le rôle de chef de projet de cybersécurité, il passera certainement d'un profil technico-organisationnel, si je puis dire, à un profil plus de chef d'orchestre des agents intelligents. BertrandCe chef d'orchestre, il fera jouer ensemble des humains et des agents d'intelligence artificielle. C'est ça que tu dis ? MarieExactement. BertrandOk. Il faudra trouver une bonne symphonie pour que ça marche ? MarieTout à fait. On n'aura pas le choix. BertrandEn conclusion, est-ce qu'il y aurait des conseils que tu souhaiterais donner à ceux qui nous écoutent et qu'on n'a pas encore évoqués ou sur lesquels tu souhaiterais insister ? MarieJe pense que ça va être une redite, mais évidemment, dans le fait d'être curieux, de se faire confiance. C'est aussi très important. J'ignore si on nous le dit assez souvent, mais se faire confiance, c'est quand même très important, surtout comme femme. On est légitime, donc c'est vraiment essentiel. Également développer ses compétences continuellement et particulièrement sur des sujets de cybersécurité. BertrandOk, excellent. Si certains ont apprécié cette interview, et je pense qu'ils seront nombreux, et s'ils souhaitent te contacter ou te poser des questions, comment ils peuvent le faire ? MarieBien sûr via mon compte LinkedIn, je dirais que c'est la façon la plus simple. N'hésitez pas à m'envoyer un message, j'y répondrai avec plaisir. BertrandMerci beaucoup Marie. MarieMerci beaucoup Bertrand. ### Combien gagne une Cheffe de Projet SEO Amazon ? Cheffe de Projet SEO Amazon Salaire Entre 32 000€ et 35 000€ brut/an pour un junior, primes variables possibles. Cheffe de Projet SEO Amazon Formation Pas de voie unique : anglais courant, rédaction, soft skills, bac+5 marketing apprécié. Cheffe de Projet SEO Amazon c’est quoi Accompagne les marques pour optimiser la visibilité et les ventes sur Amazon. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Megan Shope, Cheffe de Projet SEO Amazon chez Bizon . Écouter le podcast Rémunération d'un chef de projet SEO Amazon ? Le métier de chef de projet SEO Amazon consiste à accompagner les marques sur la marketplace d’Amazon afin d’optimiser leur visibilité et leur performance commerciale. Megan, cheffe de projet SEO Amazon chez Bizon, partage son retour d’expérience et détaille les salaires que peuvent viser ces spécialistes du référencement sur Amazon. Salaire débutant d'un chef de projet SEO Amazon Selon Megan, un chef de projet junior, souvent embauché après un stage ou une première expérience en marketing digital, débute généralement entre 32 000 € et 35 000 € bruts par an. Cette fourchette peut s’élargir si le candidat maîtrise déjà plusieurs langues (anglais, allemand, espagnol) ou dispose de compétences en Retail Media, particulièrement valorisées dans une agence internationale comme Bizon. Évolution du salaire avec l'expérience Avec quelques années d’expérience, notamment après avoir géré plusieurs comptes clés et monté en compétence sur la stratégie SEO Amazon, les rémunérations grimpent. Megan indique qu’un chef de projet expérimenté peut espérer un salaire compris entre 45 000 € et 60 000 € bruts par an. L’évolution vers des postes de senior ou de coordinateur Retail Media constitue également un levier important pour atteindre la tranche haute. Par ailleurs, la prise de responsabilités managériales, comme le pilotage d’une équipe de rédacteurs ou la gestion de plusieurs projets simultanément, contribue à accélérer cet échelon salarial. Facteurs influençant la rémunération Megan précise que plusieurs variables infléchissent le salaire : la taille des clients pris en charge (PME vs grandes marques), la polyvalence (capacité à intégrer des leviers Retail Media), le multilinguisme et le type de contrat (CDI en agence vs freelance). Travailler pour une agence du groupe Publicis, comme Bizon, assure une stabilité de revenu mais aussi un système de primes liées aux objectifs annuels. ### Cheffe de Projet SEO Amazon - Megan Shope Tout savoir sur le métier de Chef de Projet SEO Amazon : missions, salaire et compétences Cheffe de Projet SEO Amazon Salaire Entre 32 000€ et 35 000€ brut/an pour un junior, primes variables possibles. Cheffe de Projet SEO Amazon Formation Pas de voie unique : anglais courant, rédaction, soft skills, bac+5 marketing apprécié. Cheffe de Projet SEO Amazon c’est quoi Accompagne les marques pour optimiser la visibilité et les ventes sur Amazon. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Megan Shope –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Megan Shope, cheffe de projet SEO Amazon BertrandMerci beaucoup, Megan, d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Chef de Projet SEO Amazon chez Bizon, une agence du Groupe Publicis. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail, mais avant, peux-tu te présenter en quelques mots ? MeganBien sûr. Je suis Megan, j'ai 29 ans, je suis franco-américaine, j'ai grandi en Suisse, j'ai fait mes études en France, en Alsace, à la frontière. Puis, j'ai décidé de faire une prépa pour préparer les concours aux grandes écoles de commerce. C'est là que j'ai intégré Skema pour faire un master international Marketing and Business Development. BertrandOn l'entend, tu as une bonne maitrise de l'anglais. Pendant tes études, tu es partie aux États-Unis pour compléter ton parcours ? MeganAbsolument. C'était une volonté de partir rapidement aux États-Unis. J'ai eu l'opportunité de le faire en M1 sur le campus de NC State en Caroline du Nord. BertrandEt, après, tu as un parcours professionnel qu'on va rapidement regarder, avec les stages, les premières expériences, alternant entre la France et les États-Unis. Raconte-nous ça STP ? MeganAbsolument. Mon parcours professionnel se résume vraiment en deux stages et deux jobs avec des allers-retours entre l'Europe et la Californie. Finalement, un premier stage à San Francisco, chez Petit Pot, une start-up qui fait de la "Danette" de luxe. BertrandFait par les Français ? MeganAbsolument. Ensuite, je suis partie à Francfort pour faire un deuxième stage très différent en communication au sein du groupe IT. Enfin, pour les deux jobs, je suis repartie à San Francisco pour rejoindre Enso, une start-up, en marketing digital, avant de revenir à Paris, pour rejoindre une autre start-up qui s'appelait Chefing (ex Alchimii) une agence événementielle d'entreprise. BertrandOk, donc une alternance entre la France, l'Europe et les États-Unis. Maintenant, tu travailles chez Bizon une agence du groupe Publicis. Peux-tu nous présenter cette entreprise ? MeganAbsolument. Bizon, on est une agence e-commerce et on accompagne les marques à se lancer et se développer sur Amazon. BertrandC'est la possibilité pour toutes les marques d'aller sur la marketplace d'Amazon et de vendre ses produits aux clients d'Amazon ? MeganAbsolument. On accompagne les marques sur toute la chaîne de valeur d'Amazon. Que ce soit dans la stratégie, dans le contenu de marque ou encore sur l'activation média pour faire en sorte de vendre plus et d'être ultra-visible sur la marketplace. BertrandD'accord, c'est très clair. Peux-tu nous présenter ton métier ? Chef de projet SEO Amazon, cela veut dire quoi ? MeganBien sûr. C'est tout simplement accompagner les marques sur la marketplace pour qu'elles vendent le mieux possible et que leurs produits se trouvent facilement. BertrandC'est limpide. Pourrais-tu nous donner un exemple de marque pour laquelle tu travailles ? MeganCarrément, Haribo et tous leurs bonbons. BertrandSi on achète des bonbons Haribo sur Amazon, c'est grâce à toi ? MeganC'est grâce à moi que vous les trouvez, en tout cas. BertrandMegan, peux-tu décrire les missions quotidiennes de ton métier ? MeganOui. Alors, ça se résumerait à trois missions principales. La recherche sémantique, la réflexion marketing et enfin, la rédaction des fiches produit. BertrandSi on revient sur chacune de ces missions, la recherche sémantique, ça veut dire quoi ? MeganLa recherche sémantique, c'est le cœur du SEO. Ça va être de trouver les bons mots-clés qui matchent avec les requêtes utilisateurs sur Amazon. Pour ensuite pouvoir les implémenter dans la fiche produit et faire ressortir la marque sur ces recherches. BertrandL'idée, c'est de repérer les bons mots pour que les utilisateurs trouvent des bonbons Haribo facilement quand ils les cherchent. Ils ne cherchent pas forcément Haribo, ils cherchent peut-être des "bonbons goût fraise" par exemple ? MeganExactement. BertrandTu as dit dans la deuxième mission la « réflexion marketing », qu'est-ce que c'est ? MeganLa réflexion marketing, c'est comment positionne-t-on son produit sur Amazon par rapport à la concurrence, en fonction de la maturité du marché et surtout pour la marque, comment elle souhaite s'exprimer sur la marketplace. BertrandD'accord, troisième mission : « Rédaction des fiches produit », donc maintenant, on parle des mots clés ? MeganExactement, une fois qu'on a fait la recherche sémantique, qu'on a fait notre réflexion marketing produit, c'est là où la rédaction rentre en jeu. On a tous les éléments pour construire une fiche produit optimisée et qui peut performer pour justement aller convaincre les utilisateurs d'acheter. BertrandLa finalité, c'est de rédiger les fiches produit. Il y a la rédaction et après, les autres équipes amèneront, les images, tout ce qui va autour dans la fiche produit, mais la clé, c'est de « rédiger » la fiche produit ? MeganExactement. Ce qu'on va livrer aux clients comme produit final, c'est vraiment sa fiche produit rédigée. BertrandMegan, quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job de chef de projet SEO Amazon ? MeganTrès bonne question. Comme c'est un nouveau métier, je pense que c'est plus une question de mindset, ou d'état d'esprit, que de « hard skills » de compétences requises. Si on devait résumer les choses en trois grands axes, ce serait l'organisation, l'adaptabilité et enfin la curiosité. BertrandSi on s'arrête sur l'organisation, qu'est- ce que ça veut dire ? MeganJe pense que c'est le maître mot de notre métier. On est chef de projet, donc on encadre énormément de projets et de clients différents. Chaque projet doit aussi être conduit en propre. Enfin, on manage une équipe de rédacteurs pour donner vie au projet. BertrandPar conséquent, être bien organisée pour répondre aux besoins des clients ? MeganAbsolument. BertrandAprès, il y a l'adaptabilité. Qu'est-ce que ça veut dire dans ton job ? MeganJe pense que ça, c'est l'élément essentiel, c'est s'approprier la marque pour laquelle on travaille. Chaque marque est différente, chaque produit est différent et il s'agit vraiment de les positionner de la manière dont la marque souhaite être représentée sur la marketplace. BertrandD'accord, là, on est dans une logique d'agence, on s'adapte à son client. Après, tu as dit curiosité ? MeganLa curiosité, ça va justement être d'aller benchmarker la concurrence pour en sortir tous les éléments clés de la réflexion marketing, pour faire en sorte, de proposer la meilleure rédaction possible. BertrandD'accord, c'est limpide. Parmi les tâches quotidiennes de ton job, quelle est celle qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? MeganC'est ultra-difficile de choisir parce que j'adore tout ce que je fais. Mais, si je devais choisir le truc que je préfère, je dirais que c'est de confronter le client à la réalité des choses et lui dire qu'on peut optimiser son positionnement. Pour un peu faire une comparaison, c'est comme si le client arrive en Ferrari et que je lui dit : « Je peux te faire une Rolls Royce ». BertrandD'accord. Tu vas montrer ce que peut proposer l'agence pour améliorer ce qu'il fait actuellement ? MeganAbsolument. BertrandAprès, dans les tâches que tu fais quotidiennement, quelle est celle qui te plaît le moins ? MeganJe pense que ce serait de batailler avec la règlementation de chaque marque qui est finalement l'ennemi numéro un des équipes marketing. Parce qu'il y a des règles à respecter et le marketing, lui, veut vendre. Nous sommes entre les deux et on se retrouve souvent bridés dans la créativité et dans l'implémentation des best practices. BertrandQuand tu dis « la règlementation », tu veux dire le cadre juridique qui encadre chaque produit ou secteur ? MeganOui. BertrandD'accord, c'est le juridique des marques qui a des règles et qui doit aussi vérifier qu'on les respecte ? MeganAbsolument. BertrandAttention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne, une cheffe de projet SEO Amazon ? MeganJe dirai, que dépend des expériences précédentes, des skills (compétences) transférables dans ce nouveau métier et des langues qu'on parle. Un chef de projet junior, sur ce poste-là, il va rentrer entre 32K à 35K€ annuels bruts. BertrandD'accord. Il y a des primes aussi ? MeganOui, toujours chez Bizon. En tout cas, nous, on fonctionne beaucoup aux variables. Là, ce sont des objectifs qui sont décidés en début d'année et qu'on doit remplir pour aller chercher les primes. BertrandTu as parlé des langues et la communauté du Gagne-Pain nous interroge régulièrement sur l'usage de l'anglais. Est-il important de maîtriser l'anglais dans ton job ? MeganDans notre job, c'est essentiel, puisqu'on travaille sur des clients qui ne sont pas uniquement français. En plus de ça, nous, on est garant de l'implémentation sur les autres marketplaces dans les autres pays. Pour commencer, l'anglais, c'est ultra-important, mais finalement, toutes les autres langues européennes le sont. Qu'on se le dise, je recrute que des personnes qui sont à minima bilingues. BertrandMegan, quelle a été ta plus grande surprise dans ce métier de chef de projet SEO Amazon ? MeganJe pense que ma plus grande surprise, ça a été de faire face à un produit qui n'était absolument pas utilisé de la même manière en France ou aux États-Unis. Un produit qui nécessitait absolument un marketing produit différent. Je parle d'un sachet de congélation puisque c'est de cette façon qu'on l'utilise en France. Aux États-Unis, on n'utilise pas réellement le sachet de congélation. On l'utilise plutôt comme un "snack bag" pour mettre des gâteaux apéritifs ou de petits légumes coupés. BertrandLà, on rejoint la qualité dont tu parlais tout à l'heure, l'adaptabilité. Ainsi, il faut s'adapter aux produits pour pouvoir s'adapter aux marchés ? MeganOui, il y a une question d'adaptabilité, mais il y a aussi une question d'intelligence culturelle. On ne l'invente pas et, cela passe par la curiosité d'aller voir ce qui se passe ailleurs. BertrandOk, excellent. Pour ceux qui nous écoutent, est- ce que tu pourrais indiquer quelles sont les bonnes formations pour ce métier et comment tu recrutes dans ce métier ? MeganC'est une très bonne question et on me la pose souvent. Je ne pense pas qu'il y ait de bonnes formations pour ce métier. Encore une fois, c'est un métier qui est nouveau. Alors, nous allons vraiment aller regarder plus sur tout le côté attitude, soft skills. Forcément, on va aller regarder les langues que tu parles, principalement l'anglais. Enfin, on est quand même dans un métier dans lequel il s'agit de rédiger, donc c'est tout de même important d'avoir une plume. BertrandD'accord, l'anglais, les soft skills et la rédaction, ce sont les sujets essentiels quand tu recrutes. Toi, continues-tu à te former régulièrement et si oui, comment ? MeganÉvidemment qu'on continue à se former régulièrement. On est sur un écosystème qui bouge ultra vite, où les règles du jeu évoluent constamment. On doit benchmarker toujours les changements du côté d'Amazon. Ensuite, comment adapte-t-on nos stratégies en fonction de tout l'écosystème ? Aujourd'hui, on est sur une grosse accélération sur le Retail Media et on doit construire les ponts sur comment nous, on rend service pour faire grandir davantage le Retail Media. BertrandMegan, peux-tu nous décrire le mode de vie dans ton travail, notamment pour cette question à propos du télétravail ? MeganAbsolument. Je pense que la première chose à dire, c'est que tous nos outils sont faits pour travailler à distance et que le télétravail fait partie intégrante de notre quotidien. Ainsi, nous avons droit jusqu'à deux jours de télétravail chez Bizon. En plus de ça, petite particularité, on a deux bureaux, un basé à Clichy, proche d'Amazon, et un à Bastille, au cœur de Paris, dans les locaux de Publicis. BertrandLà, cela veut dire que toi ou les autres collaborateurs de Bizon peuvent choisir d'aller soit à Bastille, soit à Clichy ? MeganAbsolument, oui. BertrandÇa, c'est quand même une particularité incroyable ? MeganC'est la particularité que les outils nous permettent de travailler à distance et surtout d'avoir une confiance presque aveugle, envers les équipes. BertrandPeux-tu aussi préciser des choses qui nous sont souvent demandées ? Les e-mails, les présentations, les réunions. Comment ça se passe ? Est-ce qu'il y a beaucoup d'e-mails, beaucoup de réunions, beaucoup de présentations ? MeganOui, tout simplement parce que l'e-mail, c'est vraiment le canal de communication avec les clients. BertrandTu commences la journée par une petite lecture d'e-mail ? C'est comme ça que ça démarre ? MeganSouvent, les e-mails, je me les laisse pour le midi parce que souvent, c'est quelque chose qui est facile à traiter. Je préfère faire les tâches compliquées en début de journée. BertrandPrésentations, il y en a beaucoup ? MeganOui, les présentations, on a un devoir de pédagogie envers les équipes des marques pour expliquer notre démarche. Comment on construit notre travail. Une pédagogie interne au sein de Bizon aussi, puisque tous nos métiers sont reliés. BertrandEnsuite, les réunions ? MeganOui, ce sont surtout des réunions internes pour de la coordination de projet. Comme tu t'en doutes, on n'a pas forcément que la rédaction d'une fiche produit. Il va y avoir aussi tout l'aspect visuel, tout l'aspect stratégique, tout l'aspect advertising qui viennent s'ajouter. Finalement, si on ne coordonne pas en interne, il est impensable de conduire un projet correctement. BertrandEnsuite, les réunions, elles provoquent des déplacements ou on les fait principalement en visio ? MeganNous, les réunions, avec les clients en tout cas, elles sont toujours à distance. Je ne suis jamais allée chez un client. Puis les réunions internes, c'est un peu en fonction de qui est sur quel campus ou s'il est en télétravail. Tout peut se faire par visio. BertrandOk. Est-ce qu'il y a une différence entre le métier que tu fais et celui que tu imaginais avant de le faire ? MeganOui, et c'est essentiellement la différence entre le SEO Google et le SEO Amazon. Dans le podcast, Léa (épisode 47), décrivait les trois piliers du SEO Google avec la ligne édito, la popularité et la technique. Finalement, sur Amazon, on va garder ce choix-là. Le champ édito avec toute la recherche sémantique, mais tout ce qui est technique et popularité, un peu moins, puisqu'on va implémenter une grosse brique marketing produit dans tout ça. BertrandD'accord. Megan, peux-tu nous expliquer quelles sont les évolutions possibles pour ce métier de chef de projet SEO Amazon, notamment dans une agence comme Bizon ? MeganOui. Je pense que la principale évolution, c'est le management. Manager plus de projets tout d'abord et manager plus de collaborateurs. BertrandTu as déjà fait cette évolution ? MeganAbsolument. J'ai pris plusieurs casquettes depuis que je suis arrivée chez Bizon. J'ai commencé comme chef de projet SEO Amazon et puis j'ai rapidement pris des responsabilités marketing et communication. Aujourd'hui, je pilote toute la partie SEO chez Bizon. En plus de ça, je suis responsable de la marque et de son expansion à l'international. BertrandSi on consulte ton profil LinkedIn, on verra autre chose que chef de projet SEO Amazon, on verra un titre de brand manager, est-ce correct ? MeganExactement. BertrandOk, donc les personnes ne seront pas surprises s'ils consultent ton profil ? MeganAprès, j'ai quand même laissé la casquette SEO sur mon profil LinkedIn. BertrandMegan, pourrais-tu nous conseiller des films, des séries, des livres, des podcasts en rapport avec ton métier pour que ceux qui nous écoutent puissent aller plus loin ? MeganOui. Première chose, je dirais allez regarder les webinars Bizon. Nos métiers sont nouveaux et, on fait énormément de pédagogie autour via de superbes ressources. Et dans un second temps, je dirais, allez écouter le podcast de Tommy Beringer qui travaille chez MerchantWords, qui est un de nos outils qu'on utilise en SEO Amazon et qui s'appelle « Sell, rank, win ». BertrandMegan, en conclusion, que souhaiterais-tu ajouter pour ceux qui nous écoutent ? MeganJ'aimerais partager une citation, une citation qui me tient à cœur, une citation de Monique Rodriguez : « Success is not owned, it's rented and rent is due every day ». BertrandQue l'on traduirait par ? Megan« le succès n'est pas une propriété, on le loue et le loyer est dû chaque jour ». BertrandOk, excellent. J'adore. Tu as envie de le transmettre ? Tu penses que c'est important pour ceux qui nous écoutent ? MeganOui, parce que je pense que ça rappelle que le succès n'est pas permanent et que c'est plutôt un processus qui est dynamique. BertrandMegan, merci beaucoup. MeganAvec plaisir. Merci Bertrand. ### Combien gagne un Data Scientist ? Data Scientist Salaire Environ 40k€ brut/an en début de carrière, hors primes et variable. Data Scientist Formation École d'ingénieur en stats/data science, maths appliquées ou informatique, plus spécialisation. Data Scientist c’est quoi Analyse et traite des données pour répondre aux besoins métiers, crée des modèles prédictifs. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Amandine, Data Scientist chez SNCF Connect & Tech. Écouter le podcast Rémunération d'un Data Scientist ? Le métier de Data Scientist, ou « scientifique de la donnée », consiste à collecter, nettoyer et modéliser des volumes de données pour en extraire des indicateurs et des recommandations stratégiques. Amandine Tran, Data Scientist chez SNCF Connect & Tech, livre son témoignage et précise les salaires auxquels peuvent prétendre ces professionnels du traitement de la donnée. Salaire débutant d'un Data Scientist Selon Amandine Tran, un Data Scientist junior, fraîchement diplômé d’une école spécialisée en statistiques ou data science, perçoit généralement un salaire brut annuel situé entre 38 000 € et 42 000 €, hors primes et variables. Cette fourchette varie selon la renommée de l’école, la qualité des stages effectués en machine learning et la maîtrise d’outils comme Python, R ou TensorFlow. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d’expérience et une spécialisation dans des domaines pointus (deep learning, NLP, big data), le salaire peut augmenter de manière significative. Amandine Tran indique qu’un Data Scientist confirmé peut espérer gagner entre 55 000 € et 80 000 € bruts par an, primes incluses. Les postes de lead data scientist ou de manager data font souvent basculer la rémunération vers la partie haute de cette fourchette. Par ailleurs, l’évolution vers des responsabilités managériales ou vers des missions de consulting externe permet souvent de négocier des compléments variables plus importants. Facteurs influençant la rémunération Amandine Tran explique que plusieurs paramètres jouent sur le niveau de salaire : la taille de l’entreprise (startup vs grand groupe), le secteur d’activité (e-commerce, ferroviaire, finance), la localisation géographique (Paris et grandes métropoles en tête) et la complexité des projets (data engineering, production de modèles en temps réel). La possession de certifications cloud (AWS, Google Cloud) et la capacité à facturer des projets en freelance constituent également des leviers majeurs pour augmenter la rémunération. ### Data Scientist - Amandine Tran Découvrir le métier de Data Scientist : missions, études, salaires et défis Data Scientist Salaire Environ 40k€ brut/an en début de carrière, hors primes et variable. Data Scientist Formation École d'ingénieur en stats/data science, maths appliquées ou informatique, plus spécialisation. Data Scientist c’est quoi Analyse et traite des données pour répondre aux besoins métiers, crée des modèles prédictifs. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Amandine Tran –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview d’Amandine Tran, Data Scientist BertrandMerci beaucoup, Amandine, d'avoir accepté l'invitation du Gagne Pain. Tu es Data Scientist chez SNCF Connect & Tech. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail, mais avant, peux-tu te décrire en quelques mots ? AmandineOui, j'ai 24 ans. J'ai effectué mon bac en 2015 dans ma ville d'origine, Lyon. À la suite de mon bac, j'ai fait une classe préparatoire qui mêle les lettres, les sciences sociales et les mathématiques. Alors, j'ai décidé de plutôt m'orienter vers des études en mathématiques appliquées. BertrandAs-tu hésité à un moment ? AmandineOui, j'ai réellement hésité entre les deux domaines. BertrandEt, maintenant, tu n'hésites plus, ce sont les maths ? AmandineC'est ça. Vraiment, j'ai découvert en classe préparatoire que j'étais davantage "appétente" aux maths. BertrandD'accord. Après, tu as fait une école spécialisée dans la data science ? AmandineOui, c'est ça. J'ai fait une première partie de mes études à l'ENSAI en statistiques, puis en data science à l'ENSAE à Paris. BertrandD'accord, peux-tu nous expliquer quel a été ton parcours professionnel ? Tes stages, tes expériences professionnelles avant SNCF Connect & Tech ? AmandineLes stages, je les ai surtout effectués dans le cadre de mon cursus en école d'ingénieur à l'ENSAE. J'ai effectué un premier stage chez Orange où mes missions, c'étaient celles d'un data scientist auprès des équipes marketing. Et un second stage, à la Banque de France où mes missions étaient plus comme chargée d'études statistiques, d'analyser les comportements des citoyens. BertrandMerci Amandine. Est ce que maintenant, tu peux nous présenter l'entreprise dans laquelle tu travailles actuellement ? AmandineOui, je travaille aujourd'hui chez SNCF Connect & Tech, qui est une filiale privée de SNCF Voyager. C'est aujourd'hui l'un des leaders du numérique et du e-commerce dans le secteur des mobilités. BertrandIl y a deux activités, tu me disais, en préparant cette interview ? AmandineOui, on a une première activité de e-commerce et une seconde activité qui est plutôt tech. BertrandSi on parle de la première activité : qu'est ce qui se passe au niveau du e-commerce chez SNCF Connect & Tech ? AmandineOui, nous sommes principalement connus pour notre application. Le service SNCF Connect, qui vous permet notamment d'acheter des billets de train, mais également de gérer vos mobilités du quotidien via le rechargement de votre passe Navigo. BertrandD'accord. Tu me citais quelques chiffres qui m'ont impressionné, des chiffres qui étaient en équivalent aux Stades de France. Peux-tu préciser ça ? AmandineC'est ça. En 2022, on a vendu à peu près 190 millions de billets. Ça équivaut à plus de six stades de France complets vendus par jour. BertrandÉnorme. La deuxième activité est une activité tech. Pourrais-tu nous expliquer ce que ça veut dire ? AmandineOui, bien sûr. On fournit aussi des services, des produits numériques pour le groupe SNCF. Ça va passer surtout par les services d'affichage en gare ou bien des logiciels d'éco-conduite pour les conducteurs de train. BertrandD'accord, c'est très, très clair. Maintenant, j'aimerais bien que tu rentres un peu plus dans tes missions. Quelles sont les missions d'une data scientist chez SNCF Connect & Tech ? Est ce que tu peux nous expliquer ça et nous expliquer d'abord comment on traduit ton métier ? AmandineOui. Data scientist, on peut le traduire en français littéralement par « scientifique de la donnée ». AmandineJ'ai principalement trois missions. La première, c'est de recueillir les besoins de nos clients, en l'occurrence, plutôt des clients internes. La deuxième mission, c'est d'explorer, de traiter la donnée pour apporter des solutions. La troisième, c'est d'acculturer l'entreprise à la data science, qui est encore un domaine assez nouveau. BertrandSi on vient sur chacune de ces missions, recueillir les besoins, ça veut dire quoi et quels besoins ? AmandineC'est-à-dire qu'on va soit aller au contact des équipes métiers, soit elles viennent à notre contact pour nous exprimer leurs besoins. Par exemple, on aurait besoin d'identifier les clients qui seraient davantage appétants à la première classe pour promouvoir cette première classe en train. BertrandOk, donc on va aller chercher dans les données tout ce qu'on peut savoir sur ceux qui utilisent la première classe ? AmandineTout à fait ça. BertrandAlors après, il y a la deuxième mission qui est de recueillir les informations, les datas. Ça veut dire quoi ? Comment ça se passe ? AmandineAutrement dit, pour répondre aux besoins du client, on a besoin de savoir quelles sont les données qui sont à disposition. A-t-on besoin de les collecter nous-mêmes ou sont-elles déjà disponibles ? Ensuite, on va effectuer des traitements, des analyses pour apporter des solutions aux clients. BertrandDonc maintenant, on va fouiller dans tout l'espace de SNCF Connect & Tech pour trouver les données qui nous intéressent et les collecter. Et, c'est là qu'on va utiliser des outils un peu spécifiques ? AmandineOui, tout à fait. BertrandUne troisième mission me semble également très intéressante, c'est acculturer l'entreprise, expliquer à l'intérieur de l'entreprise quel est ton métier, à quoi ça sert ? Comment ça se passe ? Tu organises des réunions ? AmandineOui, ça va passer tout d'abord par des formations internes organisées par l'équipe Data Science pour présenter à différents types de publics ce qu'est la data science, comment ça fonctionne. Ensuite, on va aussi organiser des sessions de présentation, participer aux présentations de différentes directions pour pouvoir partager nos réalisations. BertrandDans les réponses que tu avais faites en préparant cette interview, tu avais aussi parlé de machine learning. Explique-t-on aussi le machine learning pendant ces réunions ? On doit expliquer comment ça fonctionne, ça ? AmandineÇa dépend si on rentre dans les détails, mais on est obligé au moins d'expliquer les principes fondamentaux du machine learning. C'est-à-dire que le machine learning, ça se base tout d'abord sur les données et c'est la machine qui va apprendre à partir des données certains comportements. BertrandD'accord. Merci beaucoup. Amandine, pourrais-tu nous dire pourquoi tu as choisi ce métier de data scientist ? AmandineOui, j'ai choisi ce métier parce que, tout d'abord, j'aime beaucoup les mathématiques, mais en particulier, j'apprécie les mathématiques appliquées. Autrement dit l'utilisation des maths dans des cas concrets. Le métier de data scientist, c'était l'occasion d'appliquer ces mathématiques pour divers types de secteurs. BertrandL'idée, c'était que d'abord, tu avais une appétence pour les maths, que tu aimais ça. Mais qu'en plus, il fallait que cela soit concret ? C'est le cas, dans ton métier, ça rend des services concrets dans les entreprises ? AmandineC'est ça. BertrandAmandine, est-ce que tu pourrais nous dire quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job de data scientist ? AmandineOui. Tout d'abord, je pense qu'il faut avoir une certaine appétence pour les mathématiques et en particulier les statistiques. Ensuite, je pense qu'il est intéressant de savoir faire preuve de curiosité. C'est un domaine qui est assez récent dans les entreprises et en constante évolution. Enfin, je pense qu'il faut aussi avoir une certaine maîtrise du code informatique, par exemple la programmation en Python qu'on fait très régulièrement. BertrandSi on revient rapidement sur les points que tu évoques. Posséder une appétence pour les maths, on l'a compris, les maths, les stats... Mais être curieux, ça m'intéresse plus. Ça veut dire quoi ? Il faut parfois fouiller, il y a un petit côté mineur, il faut aller chercher au fond des choses ? AmandineOui, tout à fait. Parce que tout d'abord, c'est un métier assez récent dans les entreprises, donc il y a constamment de nouveaux outils qui apparaissent et il est intéressant d'essayer de les explorer. Pour un projet, il est aussi intéressant de se renseigner : quels sont les outils qui existent, quels sont les types de modèles qui existent pour pouvoir répondre aux besoins. BertrandD'accord, en conséquence il y a une évolution constante et il faut rester curieux de tout ce qui se passe autour de ton métier ? AmandineC'est ça. BertrandOk. La dernière chose, c'est évidemment le code. Tu as parlé de Python, mais on peut discuter des autres codes qui sont vraiment importants pour les data scientists ? AmandineÇa va dépendre des entreprises. Beaucoup d'entreprises utilisent Python, mais d'autres langages aussi sont utilisés comme R par exemple. BertrandD'accord. J'ai vu le language SAS aussi sur ton CV. C'est important ? BertrandC'est un langage qui était très utilisé auparavant, mais qui tend un peu à disparaître au profit de R ou de Python. BertrandDonc, il faut principalement maîtriser R et python. AmandineOui, c'est ça. BertrandAmandine, quelle est la tâche quotidienne dans ton métier de Data Scientist qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? AmandineLa tâche qui me plaît le plus, c'est le fait d'explorer la donnée lorsqu'on commence un nouveau projet. Faire les premières analyses sur cette nouvelle donnée. BertrandÇa, c'est un côté un peu Indiana Jones. On va chercher un peu partout les infos, les données, celles qui vont être utiles pour le travail que tu as à faire ? AmandineC'est ça. On va identifier quels sont les champs à utiliser pour notre projet. A-t-on besoin de chercher des données ailleurs ? C'est toujours très enrichissant. BertrandEt la tâche qui te plaît le moins maintenant ? AmandineDans le machine learning, il y a toujours une part d'incertitude. C'est le fait de ne pas toujours avoir le résultat attendu. BertrandTu avais dit, quand on avait préparé cette interview, qu'il y avait des failles. Qu'est-ce qu'une faille ? C'est un moment où ça marche mal ou ça ne marche pas comme on voudrait ? AmandineC'est ça, c'est lorsque, par exemple, en calculant les performances théoriques de notre modèle, on s'aperçoit que notre modèle présente des performances qui ne sont pas celles attendues. Par conséquent, je dois aller encore chercher et itérer. BertrandOk, Amandine. Attention, QGP, la Question Gagne-Pain. Combien ça gagne, une Data Scientist ? AmandineUn junior à la sortie de l'école, généralement, on va être aux alentours de 40 K€ bruts par an, hors primes et hors variable. BertrandD'accord. Si on parle des primes et des variables, ça veut dire quoi ? C'est incentivé sur quoi ? AmandineDans notre prime variable, il y a une part déterminée en fonction de la réalisation de certains objectifs fixés et qui dépendent du poste. BertrandOk. Ainsi, tu as une incentive personnelle sur des choses que tu réalises personnellement ? AmandineC'est ça, oui. BertrandChangerais-tu quelque chose dans ton parcours ? Et si oui quoi ? AmandineOui. Je pense qu'en complément de ma formation d'ingénieur, j'aurais ajouté une formation plus en gestion de projet. C'est toujours très utile lorsqu'on mène un projet de Data Science d'avoir cette double compétence. BertrandQuand tu dis « gestion de projet », ça veut dire comment on encadre le projet, comment on planifie les réunions, comment on organise les réponses pour ce projet ? AmandineOui, c'est tout à fait ça. BertrandLa communauté du Gagne-Pain nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. Est-ce important, l'anglais, dans le métier de Data Scientist ? AmandineJe dirais qu'il est très utile d'avoir un anglais professionnel. Pour ma part, je n'utilise pas l'anglais dans mes communications au quotidien. Cependant, je vais souvent utiliser l'anglais pour me documenter sur de nouveaux packages, pour lire des articles sur la data science. Là, on aura quasiment toujours une documentation en anglais. BertrandAmandine, quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier de Data Scientist ? AmandineOui. Pour ma part, j'ai effectué une école d'ingénieurs spécialisée en statistiques, mais il y a d'autres façons d'arriver au métier de data scientist. Par exemple, en passant par une école d'ingénieurs généralistes, mais en ayant, pourquoi pas, une spécialisation en dernière année en data science. D'autres personnes viennent d'autres types de formations, notamment les mathématiques appliquées, l'informatique, l'économie, et peuvent avoir mené des projets de data science. BertrandOk, c'est assez ouvert pour les différentes formations que ceux qui nous écoutent peuvent préparer ? AmandineOui. BertrandEt toi, Amandine, continues-tu à te former régulièrement ? AmandineOui, tout à fait. Tout d'abord, comme data scientist, dans notre quotidien, on va être amené à faire de la veille documentaire, c'est-à-dire se renseigner sur les derniers outils sortis ou sur les nouveaux modèles. Ensuite, l'entreprise nous propose aussi des formations. La dernière que j'ai faite, c'est une formation sur Tensorflow, qui est un outil de deep learning. BertrandPeux-tu nous donner l'explication de deep learning ? C'est quoi le deep learning par rapport au machine learning dont on parlait tout à l'heure ? AmandineLe deep learning, c'est en fait une sous-catégorie du machine learning. Et, ce qui caractérise le deep learning, c'est le fait d'utiliser ce qu'on appelle des "réseaux de neurones" qui sont un type assez complexe de modèles. BertrandC'est encore plus compliqué que le machine learning ? AmandineC'est ça. BertrandEst-ce qu'il y a également des certifications professionnelles utiles pour faire ce métier ? AmandinePour ma part, je n'ai pas effectué de certification. Cependant, il en existe beaucoup et je pense qu'il est utile d'avoir des certifications dans le domaine du cloud, par exemple Google Cloud ou AWS BertrandD'accord. Peux-tu nous dire pourquoi le cloud, c'est aussi intimement lié au métier de Data scientist ? AmandineOui, c'est parce qu'aujourd'hui, de plus en plus, on va être amené à manipuler de très, très grandes quantités de données. Et on ne peut pas toujours tout stocker dans notre ordinateur ou même sur des serveurs physiques en entreprise. C'est pour ça qu'on utilise le cloud. BertrandIl faut beaucoup de place pour mettre toute cette information et la seule solution, c'est de la mettre dans les nuages (cloud) ? AmandineOui, c'est ça, beaucoup de données. BertrandQuand on dit « beaucoup de place », en préparant l'interview, tu as parlé de millions de lignes, est-ce correct ? On est dans ces ordres de grandeur ? AmandineOui, ça va dépendre des entreprises, mais chez SNCF Connect & Tech, on est dans cet ordre là. BertrandAmandine, est ce que tu peux nous dire quelles sont les principales ressources disponibles sur Internet pour se former à ton métier ? AmandineSur Internet, on va avoir beaucoup de blogs spécialisés. Par exemple, un blog qui s'appelle Towards Data Science. Ensuite, on peut aussi retrouver des tutoriels de machine learning fournis gratuitement par Google. BertrandD'accord. Ensuite, tu as parlé aussi d'un outil avec des possibilités de jouer avec les données ? AmandineOui, ça s'appelle Kaggle Et sur ce site, on va pouvoir retrouver beaucoup de jeux de données sur lesquels s'entraîner. BertrandOk. Merci. Est ce que tu peux maintenant nous dire quelle est la journée type d'une Data Scientist ? AmandineÇa va varier selon les profils, mais dans mon cas, on va commencer en début de matinée par surveiller nos produits en production. Ensuite, on va poursuivre sur le projet qui est en cours. Les tâches peuvent être assez diverses. BertrandDans tes tâches, comme on l'a déjà précisé, il y avait une partie veille. Cela représente beaucoup de temps dans ta journée de faire un peu de veille ? AmandineOui, on va consacrer une petite partie de la semaine à la veille, à peu près 10 à 20% de notre temps de travail. BertrandEst-ce que, d'ailleurs, une data scientist reçoit beaucoup d'e-mails? Tu fais beaucoup de réunions et de présentations ? AmandineBeaucoup d'e-mails, pas tellement, mais on peut être amené à faire pas mal de réunions également à présenter nos projets et nos réalisations auprès de diverses directions. BertrandD'accord. Cela rejoint un peu ce que tu évoquais avec l'acculturation tout à l'heure ? Il y a des réunions aussi pour présenter ton métier ? AmandineC'est ça. BertrandOk. Est ce que tu peux nous expliquer aussi le mode de vie ? On pose souvent cette question pour savoir s'il y a du télétravail, l'organisation d'une journée, combien de temps durent les rendez-vous à l'extérieur ?Peux-tu nous parler un peu de ce mode de vie d'une Data Scientist ? AmandineChez SNCF Connect & Tech, on peut faire du télétravail. C'est au choix. Dans mon cas, c'est trois jours de télétravail par semaine. Sinon, sur les horaires, c'est plutôt des horaires assez classiques de bureau. On commence aux alentours de 9h00 et on termine vers 18h00, mais cela varie selon les journées. BertrandQuestion rendez vous, tu disais que c'était surtout des rendez vous internes ? AmandineC'est ça. BertrandÇa veut dire que c'est pas des rendez vous où t'as besoin de te déplacer à l'autre bout de la France ? AmandineNon, pas des rendez-vous dans mon cas. Je n'ai pas besoin de faire ce type de rendez-vous. BertrandPour le télétravail, je me posais une question concernant l'utilisation du cloud dont on parlait tout à l'heure. Il faut quand même une bonne connexion Internet pour pouvoir correctement travailler ou on peut s'en passer ? AmandineAlors, on a besoin d'une connexion Internet assez satisfaisante. On préfère tout de même avoir de la fibre. C'est tout de même mieux pour travailler, mais pas besoin d'avoir une machine de guerre pour ça. BertrandAmandine, y a-t-il une différence entre le métier de data scientist que tu fais aujourd'hui chez SNCF Connect & Tech et celui que tu imaginais ? AmandineOui. La première différence se fait entre la pratique à l'école où l'on va traiter généralement une table de données, voire deux, faire des petits croisements. Et la pratique en entreprise, surtout chez SNCF Connect & Tech, on va se retrouver avec des millions de lignes, une multitude de sources de données différentes qu'il va falloir croiser. BertrandC'est le volume de données sur lequel tu travailles qui fait la différence ? AmandineOui, tout à fait. BertrandIl y avait aussi l'utilisation des modèles construits que tu avais évoqués quand on a préparé cette interview ? AmandineOui, c'est le fait que lors de mes études, quand je menais des projets, les modèles qu'on créait, on n'en faisait rien, puisque c'était dans le cadre d'un exercice. Alors qu'en entreprise, lorsqu'on a des performances théoriques qui nous semblent satisfaisantes, on va chercher à mettre en production ces modèles au service, par exemple, de l'application SNCF Connect. BertrandD'accord, donc ça rejoint ce que tu disais tout à l'heure sur ton plaisir de faire des mathématiques qui servent à quelque chose ? AmandineOui. C'est ça. BertrandOk, excellent. Pour ceux qui nous écoutent, est ce que tu pourrais nous dire quels sont les conseils que tu donnerais pour ceux qui hésiteraient à se lancer dans le métier de data scientist ? AmandineOui, je conseillerais tout d'abord d'essayer de se renseigner via des ressources disponibles sur Internet, sur des blogs. Lorsqu'on a un peu mis les mains dans le domaine de la data science, s'entrainer, par exemple, sur Kaggle, comme je l'évoquais tout à l'heure. BertrandD'accord, en même temps comprendre et essayer de faire ? AmandineEssayer de faire, oui, tout à fait. BertrandEst ce que tu as également des conseils pour ceux qui nous écoutent sur un sujet un peu plus culturel par rapport à ton métier ? Peut-on comprendre le métier de Data Scientist grâce à des films, des séries, des livres, des podcasts ? AmandineOui, il y a une chaîne YouTube que j'ai découverte récemment qui s'appelle Crash Course. C'est une chaîne de vulgarisation scientifique qui a notamment plusieurs vidéos sur la data science et permet de vraiment découvrir différents aspects de la data science. BertrandIl y a un film aussi, je crois ? AmandineC'est un incontournable, donc je vais quand même l'évoquer. C'est Imitation Game, qui est un biopic sur Alan Turing considéré comme le père du machine learning. BertrandExcellent. Ensuite, une série aussi ? AmandineOui. Récemment, j'ai regardé la série coréenne, Start-up Si vous adorez les dramas coréens, n'hésitez pas. Ça raconte l'histoire de trois entrepreneurs qui vont essayer de créer leur start-up et ils vont développer des produits d'intelligence artificielle comme un produit de reconnaissance d'image pour les aveugles. BertrandExcellent. Emeline, dans l'épisode 57, a posé cette question : « Pouvez-vous interroger ceux que vous rencontrez dans le podcast sur cette question ? Quel sens donnes-tu à ton métier ? AmandineDans mon métier, c'est vraiment l'opportunité d'utiliser les mathématiques, non pas de façon théorique, mais de façon concrète pour des cas utiles à notre société. Bertrand« Que cela serve à quelque chose ». C'est un peu le leitmotiv que l'on entend depuis le début de cette interview ? BertrandC'est ça. BertrandDernière chose, si ceux qui nous écoutent veulent te contacter, comment ils peuvent faire ? AmandineJ'ai un profil LinkedIn, ici Donc contactez-moi sur cette plateforme. BertrandAmandine, merci beaucoup. AmandineMerci Bertrand. ### L'IA et le Recrutement - Julienne Nadin Les défis et opportunités de l’intelligence artificielle dans le recrutement digital. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Julienne Nadin –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de l'IA et du recrutement BertrandPour ce nouvel atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Julienne Nadin. Bonjour Julienne. JulienneBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Julienne d'avoir accepté notre invitation. Julienne est directrice d'Upward Carrière, un cabinet de recrutement de cadres et de dirigeants. Elle est animatrice sur la chaîne Demain TV pour les émissions Futurs of Work et Cap ou pas Cap. Elle est également réserviste citoyenne. On va avoir l'occasion d'expliquer tout ça et surtout de connaître son parcours et ses recommandations. Mais avant, Julienne, voudrais-tu te présenter en quelques mots ? JulienneOui, avec plaisir. J'ai une première partie de carrière dans les directions RH. J'ai été responsable RH, DRH, directrice des talents dans de grands groupes, notamment chez Yahoo. BertrandC'est là que l'on s'est croisé... JulienneExactement. Et puis, chez TF1 pendant sept ans. Ça a été une expérience extraordinaire qui m'a permis de comprendre le monde de l'entreprise. Les différents enjeux RH au sein de l'entreprise, que ce soit au niveau international ou national, et aussi dans le secteur du digital, bien entendu. À la suite de ça, j'ai fait une reconversion professionnelle comme coach sur l'accompagnement carrière, expatriation, reconversion, transition professionnelle. Et j'ai choisi de m'expatrier, de partir dans mon pays d'origine qui est le Brésil. BertrandC'est vrai. JuliennePendant trois ans. Au début, c'était un départ sans retour. Et puis, je suis arrivée au Brésil, j'ai ouvert mon cabinet, j'ai travaillé avec des Français, des Américains expatriés, des Brésiliens. Et puis, le COVID est arrivé et je me suis reposée la question de où était ma place ? La France me manquait. Donc, je suis rentrée en France en 2020, où j'ai été d'abord entrepreneur à mon compte, toujours sur des sujets d'accompagnement cadré dirigeant. Ensuite, j'ai rejoint les Arts et Métiers Alumni, dans un premier temps, avant de rejoindre Upward, pour lancer la branche d'accompagnement de cadres dirigeants Upward Carrière. BertrandExcellent, ça me paraît hyper clair. Si tu le veux bien, on a prév, de parler de l'impact de l'IA sur les métiers, notamment sur les métiers du digital. J'ai prévu quatre grandes questions. Comment le marché de l'emploi aujourd'hui est impacté par l'IA ? Quelles sont les compétences qu'il faut particulièrement rechercher ? Le mode de recrutement est-il lui aussi impacté par l'IA ? Et, comment on peut aider ceux qui nous écoutent, les plus jeunes, à se positionner sur ce nouveau marché ? Mais pour débuter, peut-être une première question sur ton cabinet. C'est quoi Upward ? Peux-tu en dire deux mots ? JulienneBien sûr. Upward, c'est un cabinet de chasse spécialisé sur les cadres et dirigeants qui compte une cinquantaine de collaborateurs, de consultants, de ce qu'on appelle des chasseurs de tête, sur tout métier, tout secteur d'activité. On a un positionnement qui est véritablement d'accompagner le candidat. De faire du sur-mesure et d'être au plus proche des entreprises et de leurs enjeux. Pour pouvoir les accompagner, que ce soit dans l'anticipation des besoins métiers à venir, profils à venir, notamment sur des profils qui sont de plus en plus hybrides, notamment sur le digital. Mais également sur des profils en management de transition. Sur des profils top dirigeants, conseil d'administration, puisque Upward a fait l'acquisition récemment de deux structures, Chara, management de transition, et Leaders Trust, plutôt sur du top dirigeant, CAC 40 à l'international. BertrandBref, tu es sur le marché de l'emploi, tu connais parfaitement ce marché. Donc, on va pouvoir rentrer dans le vif du sujet de nos questions. Julienne, pour démarrer, peut-on parler du marché de l'emploi et de l'impact de l'IA sur le marché de l'emploi en France en 2026 ? JulienneBien sûr. Alors, effectivement, l'IA qui impacte massivement le marché du travail, mais pas seulement. Aujourd'hui, tous les facteurs géopolitiques que l'on peut voir, les prises de décisions, qu'elles soient au niveau France, Europe ou même monde. On le voit avec les décisions côté États-Unis sur les droits de douane qui viennent chambouler le marché économique et donc français. On voit ce qui se passe actuellement avec le Mercosur. On le voit avec les décisions européennes sur l'industrie française. On voit tous les enjeux liés au développement durable. Tout ça, ce sont des facteurs qui impactent fortement le marché du travail. Les entreprises sont beaucoup plus frileuses à prendre des décisions rapidement. Donc, les temps de réflexion et de prise de décisions sont beaucoup plus longs. On le voit, nous, dans les processus de recrutement, lorsque les entreprises font appel au cabinet pour pouvoir recruter certains profils. Le profil prend du temps à être bien défini. En cours de process, il est parfois modifié. BertrandCe que tu dis, c'est qu'il y a l'impact de l'IA sur le marché de l'emploi, mais il y a d'autres facteurs qui se percutent en même temp ? JulienneExactement. Oui, on a en tête l'IA parce que ça fait aujourd'hui beaucoup de bruit, mais ce n'est pas que ça. BertrandD'accord. Si on redescend sur la notion de secteur, de type d'emploi, peut-on dresser quand même quelques conséquences de l'IA sur les secteurs ou sur les types d'emplois ? JulienneOui, certains secteurs sont très impactés. Le conseil est impacté. Toutes les fonctions dans lesquelles il y a énormément de tâches répétitives sont impactées par l'IA. Parce qu'on va pouvoir aller beaucoup plus vite, faire moins d'erreurs. Et avoir une valeur ajoutée autre que ce qui est fait aujourd'hui dans certains métiers. Dans les métiers du journalisme et dans l'industrie aussi, sur certaines tâches. On le voit déjà dans notre quotidien sans qu'on s'en aperçoive. Mais, les métiers évoluent à une vitesse comme on n'a jamais vu auparavant. BertrandL'IA a-t-elle un impact sur les métiers ou les personnes avec lesquelles tu travailles ? Sur les personnes plus séniors et les cadres dirigeants ? JulienneOui, parce que les processus de recrutement changent. J'ai des candidats que j'accompagne qui me disent: Non, l'IA, ce n'est pas pour moi. Quiconque se dit que l'IA n'est pas pour lui, risque de se retrouver sur le banc de touche. Car c'est à la fois s'handicaper dans son employabilité. On ne sera pas, ce que j'appelle un salarié, un collaborateur ou dirigeant "augmenté" grâce à l'IA. Ensuite, on va être rattrapé par une compétition de productivité accrue. Si vos concurrents utilisent l'IA, et si vous ne l'utilisez pas, vous serez perdant. BertrandJ'aime bien cette idée de salarié augmenté ou professionnel "augmenté". Ça veut dire que l'on est "augmenté" par ses compétences en IA ? JulienneOui, clairement. Sous certaines conditions, oui, parce que c'est un outil de productivité qui est extraordinaire. Plus on est capable de bien le comprendre, de bien le piloter et de bien le cadrer. Et d'avoir toutes ces compétences d'esprit analytique, de savoir cadrer la réponse proposée par l'IA. De se dire: est-ce que c'est vrai ou pas vrai ? Avoir cette capacité à vérifier les réponses qui sont apportées par l'IA. Alors oui. BertrandC'est un salarié "augmenté" par l'IA dont tu parles si je veux résumer ? JulienneExactement. Un salarié ou un candidat, si on est en recherche d'emploi, lorsqu'on s'entraîne avec l'IA pour préparer un entretien, pour personnaliser son CV, pour analyser une offre d'emploi, pour se préparer avec l'IA. On arrive ainsi sur le marché de l'emploi en étant effectivement "augmenté". BertrandMerci Julienne. Pour continuer notre entretien, j'aimerais bien qu'on parle des compétences et comment se préparer au marché de l'emploi aujourd'hui ? JulienneL'IA est un plus. On l'a vu avec la question précédente, c'est le fait de pouvoir être augmenté grâce à l'IA. Toutefois, si on ne développe pas toutes les compétences, et notamment celles que l'on appelle les soft skills, des compétences transférables, des compétences humaines. Si on ne les développe pas, il va nous manquer quelque chose. Je parlais tout à l'heure de l'esprit critique, c'est toute cette capacité à analyser, à prendre du recul, à être à même d'interagir avec les autres. Parce que même si l'IA fait et fera de plus en plus partie de notre quotidien, on va continuer d'interagir avec d'autres êtres humains. Et donc, c'est avoir cette capacité d'intelligence émotionnelle, d'intelligence relationnelle, de communication. Et plus on va travailler avec des outils, plus on aura aussi envie de pouvoir faire la différence d'un point de vue humain. BertrandD'accord, les compétences douces, les soft skills, dont on parle beaucoup, permettent de contrebalancer l'intelligence artificielle. Elles rendent humaines toutes les choses qu'on peut faire dans une entreprise. JulienneOui, et on aura de plus en plus besoin. Encore une fois, c'est une projection que je fais, mais avoir des relations humaines saines, sereines, et fluides, qui nous enrichissent. Cette capacité à bien se connaître et à interagir avec les autres, cette capacité à communiquer, à influencer les autres, sera un atout supplémentaire par rapport aux outils et à tous ces avantages qui nous seront amenés par l'IA. BertrandDonc un candidat humain en même temps qu'il soit "augmenté" par l'IA ? C'est ça que tu dis en résumé ? JulienneExactement. Je le vois aujourd'hui dans certains postes, notamment dans le digital, où on nous demande des personnes qui sont très bonnes techniquement, qui sont au fait de tous les outils qui existent, mais qui aussi sont capables d'avoir une vision business, une capacité à influencer, à argumenter, avoir une vision stratégique, à avoir un positionnement et une assertivité (capacité à s'exprimer avec confiance en soi pour défendre un point de vue sans être agressif), quant il y a des decisions difficiles à prendre. Donc, l'outil est un plus, mais tout ce que vous allez pouvoir développer au niveau humain, ce sera le jackpot. BertrandJulienne, pour la troisième partie de notre entretien, on avait prévu de parler du mode de recrutement. Comment l'IA modifie les modes de recrutement, comment l'IA modifie ton métier ? Et ensuite, qu'est-ce que ça change pour les candidats ? JulienneL'IA est au cœur des processus de recrutement. Dès l'envoi du CV avec la présélection par les ATS, les Application Tracking System, qui sont des robots qui vont venir filtrer les CV avant qu'ils arrivent dans la boite mail du recruteur. BertrandDonc, ça veut dire qu'il y a déjà une intelligence artificielle, qui automatise la sélection des CV ? JulienneExactement. Et aujourd'hui, les candidats qui vont faire des CV très design par le biais, par exemple, des plateformes comme Canva, avec des CV qui sont très beaux, très design, mais qui, pour certains, ne vont pas passer la barrière des ATS. Par conséquent, ça veut dire que le CV peut être très bien rédigé avec les bons mots clés, avec un super parcours. Donc, le candidat correspond parfaitement au poste, mais le candidat aura une réponse automatisée négative parce qu'il n'aura pas été jusqu'au regard du recruteur. BertrandDonc, il faut en clair préparer son CV pour qu'il soit lisible, compréhensible par les ATS ? JulienneExactement. Et c'est une activité pour laquelle l'IA nous aide aussi. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, lorsque j'accompagne des cadres et dirigeants dans leur transition professionnelle, on collabore sur la personnalisation du CV et on le fait passer à la moulinette de l'IA pour dire : est-ce que ce CV va passer les barrières de l'ATS ? BertrandD'accord, ça veut dire que globalement, on fait un CV à la fois pour qu'il soit lu par un humain, mais aussi pour qu'il soit sélectionné par une machine (IA) ? JulienneExactement. BertrandOk. Donc ça, c'est un changement dans ton métier et c'est déjà en cours ? JulienneAujourd'hui, tous les grands groupes ont des ATS. Il n'y a plus d'équipes de talent acquisition, de responsables recrutement, qui vont regarder tous les CV reçus pour une offre d'emploi. Voici un premier élément. On a aussi aujourd'hui des outils de matching qui existent où l'IA est aussi présente, mais également de l'analyse vidéo. Certaines entreprises demandent avant même de passer le barrage et d'arriver jusqu'aux entretiens, de faire une vidéo de présentation où on va aussi répondre à certaines questions. Et ce n'est pas le recruteur qui va regarder la vidéo, mais une IA qui va filtrer les réponses. Et qui va permettre de renvoyer la vidéo soit dans la boîte mail du recruteur, soit en envoyant une réponse négative. Je dirais que c'est le premier filtre, le premier barrage pour lequel il y a une vraie implication de l'IA. La deuxième étape, elle est humaine, bien sûr. C'est pour ça que je parlais des compétences interpersonnelles dans la question précédente. Quand le candidat passe la barrière du bureau du recruteur, en présentiel ou en distanciel, c'est la capacité du candidat à convaincre. La compétence relationnelle, la compétence d'écoute des questions qui sont proposées pour pouvoir y répondre, mais avec une bonne préparation. Donc, c'est toute la relation que vous allez avoir avec le recruteur qui va faire la différence. Et c'est là où l'IA peut vous préparer. Donc, on n'est plus dans le filtre du recrutement, mais faire une réelle préparation en amont. Pour comprendre, à partir de l'offre d'emploi, grâce à la connaissance du secteur de l'entreprise, comment préparer mon entretien. Et cela peut-être un excellent atout pour identifier les questions qui peuvent être posées. BertrandOk, l'IA peut devenir une sorte de coach pour élaborer son entretien de recrutement ? JulienneExactement. BertrandOk, on peut demander à l'IA d'aller sur le site internet de l'entreprise qui recrute et nous poser quelques questions pour préparer un entretien, par exemple ? JulienneOui, et de le faire de manière encore plus spécifique. C'est-à-dire que lorsque vous avez un entretien avec un cabinet de recrutement, un entretien avec le DRH, le responsable recrutement ou le responsable opérationnel, ce sont des questions et des attentes différentes. L'IA peut aussi aider pour pouvoir préparer les réponses et aider le candidat augmenté pour le jour de l'entretien. BertrandUn candidat "augmenté" par l'IA, mais toujours avec cette relation humaine forte, si je comprends bien ? JulienneOui, mais en étant authentique. S'il y a un conseil bonus que je peux donner au candidat. J'ai travaillé 15 ans dans les RH et le recrutement. On recrute un candidat qui a des compétences et qui incarne ses compétences, mais avec lequel on a envie de travailler. Donc, plus vous allez montrer qui vous êtes et plus ça va favoriser un matching qui est cohérent. BertrandJulienne, pour la dernière partie de notre entretien, j'aimerais bien qu'on se concentre sur les plus jeunes. Comment les aider à se préparer aux mutations du marché, notamment liées à l'IA. Comment réussir son entretien avec un recruteur, ce qui est souvent une donnée nouvelle pour les plus jeunes. Ils n'ont pas l'habitude de parler avec des recruteurs. Donc, j'aimerais bien écouter tes conseils là-dessus ? JulienneLe premier conseil : ne pas subir le marché. C'est d'aller faire des recherches sur les tendances. Quels sont les enjeux du marché qui les intéressent ? Quelles sont les compétences en tension ? Plus vous allez apprendre sur le marché, plus vous allez pouvoir vous positionner comme étant véritablement avec une valeur ajoutée en répondant aux besoins du marché. On se positionne comme étant un demandeur d'emploi, terme dont j'ai horreur, mais plutôt comme un apporteur de compétences là où une entreprise a un besoin. BertrandD'accord, excellent. Donc, on peut faire une étude de marché pour comprendre quel est le type de métier qui va nous intéresser, quelles sont les entreprises qui recrutent sur ce marché, comprendre les enjeux du marché ? JulienneC'est exactement ça. C'est vraiment faire un benchmark tel qu'on peut le faire lorsqu'on fait ces études et qu'on travaille sur un projet. On va faire des recherches, on va aller questionner, interviewer des personnes. Là, c'est réellement la même démarche. BertrandD'ailleurs, dans cette démarche, on peut aussi utiliser l'IA ? JulienneEnsuite, la compétence que l'on doit avoir, c'est sur le prompt. Et sur sa capacité à dire à l'IA que si elle ne sait pas, qu'elle ne donne pas d'informations, qu'elle ne les invente pas... BertrandOui, ça arrive. JulienneÇa arrive. Donc, pour moi, il y a effectivement une étude de marché qui peut se faire par le digital. Mais, c'est fondamental d'aller rencontrer des professionnels qui exercent les métiers qui vous intéressent. Pour ma part, c'est clé dans cette démarche de préparation aux entretiens. Un choix professionnel, c'est d'aller rencontrer des professionnels. Vous les rencontrez, vous faites des visios, mais vous leur posez beaucoup de questions. Et, vous utilisez l'IA pour choisir les questions, vous pouvez cadrer un peu l'entretien pour comprendre, c'est quoi leur quotidien ? Qu'est-ce qu'une journée type, une semaine type ? Quelles sont les compétences nécessaires ? Quels sont les enjeux actuels dans son secteur, dans son métier ? Quels sont les avantages, les inconvénients de ce métier ? Comment se positionner ? Quels sont les meilleurs moyens d'intégrer cette entreprise, et ce poste là ? Pour confronter son propre parcours avec ce métier cible en posant la question est-ce qu'en fonction de mon parcours, des stages, des alternances, est-ce que mon profil correspond ? BertrandOn est dans le réseautage d'une certaine manière ? On va étendre son réseau en discutant avec des personnes qui pourraient vous intéresser. Mais ce que tu dis, c'est de le faire avant de de chercher un boulot ? C'est-à-dire de ne pas de le faire juste au moment où on est en attente d'un boulot, mais de le préparer avant ? JulienneC'est exactement ça. C'est la première phase de réseautage, parce que ces personnes que vous allez rencontrer sont des personnes qui pourront continuer à faire partie de votre réseau. Pourront vous orienter vers d'autres personnes et vous permettre d'élargir votre réseau, voire potentiellement, pouvoir devenir votre manager, un partenaire, quelqu'un qui vous recommande. Et, c'est un atout précieux. Ca, c'est la première étape. Elle permet véritablement d'explorer ce qui existe et d'affiner son projet. Une fois qu'on est clair sur le projet professionnel, à ce moment-là, on peut repartir dans cette démarche réseau en ayant un discours qui est un peu différent, en disant : voilà ce que je cherche en fonction de ce que j'ai préparé, travaillé, voilà ce vers quoi je veux aller dans tel type de secteur d'entreprise. Tels sont les enjeux que je souhaite aborder dans mon prochain emploi. Et là, on arrive effectivement enrichi de toutes ces interviews. BertrandIl y a une grande cohérence dans les réponses que tu fais à toutes mes questions. Il faut de l'IA, mais il faut de l'humain. On est augmenté par l'IA, mais on doit rester très humain dans la rencontre, dans l'échange, dans la discussion. C'est ça que j'entends ? JulienneOui, et heureusement. Je pense que l'on est foncièrement des êtres sociaux. On a besoin de ces échanges. En général, ce sont des enrichissements mutuels. Donc, autant la personne qui va pouvoir partager son métier, son quotidien et aider un étudiant ou un jeune diplômé dans ses démarches. Autant le jeune diplômé va énormément en apprendre sur tout ce qu'il ne trouvera peut-être pas dans un livre. BertrandOk, c'est hyper clair. Il y avait une partie aussi dans cette question qui concernait les entretiens. Comment se préparer aux entretiens de recrutement. Comment peut-on aider ceux qui nous écoutent à élaborer leurs entretiens de recrutement avec l'IA ? JulienneIl y a plusieurs étapes. Il y en a une qui est de bien connaître l'entreprise. Là, ce sont toutes les démarches, toutes les recherches que l'on peut faire sur l'entreprise au niveau digital, mais également humain. C'est-à-dire qu'on peut prendre contact via des plateformes, des réseaux sociaux comme LinkedIn, avec des personnes qui y travaillent ou qui y ont travaillé pour obtenir des informations. BertrandComprendre comment ça se passe dans l'entreprise ? JulienneExactement. Comprendre de l'intérieur. Voici la première recherche sur l'entreprise. Deuxième élément, s'il y a une offre d'emploi, c'est aller décrypter l'offre d'emploi, c'est aller lire entre les lignes l'offre d'emploi. Bien essayer d'imaginer, de visualiser quel est le poste, quels sont les enjeux, ce qu'on attend de nous comme candidat et pouvoir se préparer. Ensuite, ça peut permettre d'aller identifier, là, on peut utiliser l'IA. Des questions sur lesquelles on pourrait être amené à devoir répondre, tant par rapport à l'entreprise, que pour le poste, ou notre CV. Ensuite, on peut mettre ça dans une IA générative. On peut mettre le lien vers le site Internet, on peut mettre l'offre d'emploi et son CV. Et, à partir de là, demander à l'IA de se positionner comme un recruteur et d'imaginer toutes les questions possibles. BertrandExcellent. C'est très pratique et effectivement, cela mélange encore l'IA et l'intelligence émotionnelle ou relationnelle ou humaine. Ça me semble très intéressant. J'ai une dernière question. Quels seraient tes conseils plus personnels à ceux qui nous écoutent ? JulienneOui, il y a un. Un conseil qui est davantage lié à notre état d'être. Parce que oui, nos compétences vont faire la différence. Oui, les stages ou les alternances que vous avez pu avoir ou les expériences professionnelles vont faire la différence. Oui, les compétences techniques développées. Oui, vos capacités humaines. Mais, comment vous allez vous sentir pour passer cette étape de l'entretien. Et, c'est souvent une étape que l'on redoute ou l'on se sent évalué, parce qu'on n'a pas conscience des personnes avec lesquelles on est en compétition. Et donc, c'est le travail sur soi. Un peu comme des sportifs de haut niveau qui préparent une compétition, c'est de travailler sur de la visualisation. Comment je visualise cet entretien avec ma posture avec ma respiration, face à mon interlocuteur ? Comment je me visualise répondant aux questions. Et tout ce travail-là peut permettre aussi d'être augmenté pour le jour J et de se sentir plus à l'aise. Et d'avoir des réponses plus fluides. Combien de fois on peut avoir préparé énormément un rendez-vous important, et puis finalement, perdre ses moyens le jour J et ne pas transformer l'essai. Donc là, c'est vraiment un travail de visualisation, de respiration, de confiance en soi. BertrandD'entraînement, exactement. Mais ça veut dire quand même qu'il faut bien préparer ces entretiens. Ça se résumerait tout de même à ça ? JulienneExactement. Et tu parlais en introduction de mon rôle au sein de la réserve citoyenne. Aujourd'hui, j'accompagne des militaires dans leur reconversion professionnelle, des militaires d'élite dans leur reconversion du monde militaire au civil. Ainsi, en échangeant avec eux et sur leurs missions qui sont extrêmement périlleuses, je leur ai souvent posé la question. Mais comment gérez-vous le stress et les émotions ? Et, en fait, une énorme partie du travail est faite dans la préparation. C'est-à-dire qu'ils vont pratiquer un grand nombre de fois l'exercice avant la mission, que le jour de la mission, et ça, c'est plutôt neuroscientifique, leur cerveau sait faire. BertrandOk, excellent. Un super conseil, un conseil du GIGN, de l'Armée ? JulienneExactement, du GIGN avec lequel je travaille… BertrandOk, excellent. Julienne, merci beaucoup. C'était effectivement très intéressant d'échanger avec toi. J'ai une dernière question. Si ceux qui nous écoutent souhaitent discuter ou prolonger la discussion, comment peuvent-ils faire ? JulienneIls peuvent directement me contacter sur LinkedIn. Et, sur le site Upward Carrière, il y a un certain nombre de ressources peuvent leur permettre aussi de mieux préparer leurs entretiens, leurs pitch, le réseautage et leurs choix professionnels. BertrandMerci beaucoup, Julienne. À bientôt. JulienneMerci Bertrand. ### Combien gagne un Consultant Media ? Consultant Media Salaire De 34K€ à 55K€ brut/an selon expérience, parfois primes selon les agences. Consultant Media Formation Bac+5 école de commerce, spécialisation marketing digital/data; certifications utiles. Consultant Media c’est quoi Gère et optimise des campagnes publicitaires digitales (SEA/SMA) pour divers clients. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Kevin, Consultant Media chez Arcane Écouter le podcast Rémunération d'un consultant média ? Le métier de consultant média consiste à gérer et optimiser les campagnes publicitaires digitales (SEA et SMA) pour le compte d'annonceurs sur différents canaux. Kevin Moukenga, consultant média chez Arcane, partage son expérience et donne des indications précises sur les salaires auxquels peuvent prétendre ces experts du marketing digital. Salaire débutant d'un consultant média Selon Kevin Moukenga, un consultant média débutant, fraîchement diplômé d'un master Digital Marketing & Data Analytics ou issu d'une école de commerce, peut généralement prétendre à un salaire compris entre 34 000 € et 42 000 € bruts par an. Cette fourchette varie en fonction de la taille de l'agence, de la complexité des campagnes et de la maîtrise précoce d’outils publicitaires tels que Google Ads ou Meta Ads. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d'expérience et une expertise confirmée en optimisation de budgets et en stratégie SMA, le consultant média voit son salaire progresser. Kevin indique qu'un profil confirmé peut gagner entre 45 000 € et 55 000 € bruts par an, voire jusqu'à 60 000 € dans les grandes agences ou pour des postes à responsabilités élargies. La montée en compétences vers des fonctions de lead media, de chef de projet ou de manager d'équipe est un levier majeur pour accroître sa rémunération, tout comme la spécialisation sur des secteurs porteurs ou l'acquisition de certifications Google et Meta. Facteurs influençant la rémunération Kevin explique que plusieurs variables impactent le niveau de salaire : la renommée de l'agence (boutique spécialisée vs réseau international), le portefeuille clients (grandes marques vs PME), la localisation géographique et la capacité à gérer des budgets importants ou des campagnes à l'international. Enfin, la part de primes liées à la performance des campagnes peut représenter un complément notable de rémunération. ### Consultant Media - Kevin Moukenga Métier de Consultant Media : missions, salaire, compétences et parcours à connaître Consultant Media Salaire De 34K€ à 55K€ brut/an selon expérience, parfois primes selon les agences. Consultant Media Formation Bac+5 école de commerce, spécialisation marketing digital/data; certifications utiles. Consultant Media c’est quoi Gère et optimise des campagnes publicitaires digitales (SEA/SMA) pour divers clients. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Kevin Moukenga –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Kevin Moukenga, consultant media MajdelineMerci Kevin d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Kevin, tu es consultant média chez Arcane, on va avoir l'occasion de revenir en détail sur ton métier et ton entreprise. Mais avant cela, peux-tu te présenter en quelques mots ? KevinBien sûr, Kevin, j'ai 24 ans, je vis et j'ai toujours vécu en Seine-et-Marne, en région parisienne. C'est aussi ici que j'ai obtenu mon bac S. Après, j'ai intégré une école de commerce, l'EMLV, et j'ai pu me spécialiser ensuite en master dans un double diplôme Digital Marketing & Data Analytics (DMDA). MajdelineSuper. Aujourd'hui, je travaille chez Arcane, mais avant ça, as-tu eu d'autres expériences professionnelles ? KevinTotalement. J'ai eu la chance de pouvoir travailler tout d'abord chez Adidas comme vendeur en deuxième année. Je suis parti à l'étranger où j'ai pu effectuer un stage à Education First. Après ça, le master, j'ai fait deux stages directement dans le domaine dans lequel je suis, le SEO. J'ai effectué un premier stage chez Dolead, une agence de marketing digital et qui a été ma première expérience dans mon domaine actuel. Ensuite, en cinquième année, je suis allé chez Artefact, où j'ai effectué un stage de six mois. J'ai été pris ensuite en CDI et où j'ai pu faire mon premier CDI chez eux par la suite. MajdelineÀ quel poste as-tu été chez Artefact ? KevinC'était pour l'un comme pour l'autre le poste de consultant SEA. MajdelineAujourd'hui, tu travailles chez Arcane. Peux-tu nous décrire en quelques mots Arcane et ce que vous faites ? KevinJe suis en CDI chez Arcane depuis maintenant six mois. Arcane, c'est une agence de data et digital marketing qui repose sur trois pôles. Ça va être le pôle média, le pôle data et le pôle tech. Du coup, Arcane a rejoint le grand groupe Labellium en 2021, qui regroupe tout un panel d'agences spécialisées dans plusieurs expertises dans le digital qui sont diverses et variées. La vision d'Arcane, c'est de pouvoir aider les annonceurs à exploiter le potentiel de leurs données dans leurs campagnes de marketing digital, notamment grâce à l'utilisation de notre technologie propriétaire. MajdelinePeux-tu nous citer quelques annonceurs avec lesquels tu travailles au quotidien ? KevinTotalement. Je pense que je peux même vous donner mes clients. Je suis sur Back Market actuellement et aussi Kaufman & Broad. En termes de clients dans l'agence, les plus gros, ça va être Leroy Merlin ou Kiabi. MajdelineOk, Kevin, quelle est ton activité et tes missions quotidiennes comme Consultant Média ? KevinUn consultant média a pas mal de missions différentes. La principale, ça va être la gestion et l'optimisation de ses comptes clients. Il faut également réaliser les supports de présentation pour nos différentes réunions. Il y a enfin, une partie qui va être toute la communication, que ce soit avec l'équipe ou avec les clients. Si je rentre un peu plus dans les détails, par rapport notamment à la gestion de comptes de mes clients, c'est une gestion opérationnelle. C'est le fait, jour après jour, d'effectuer des optimisations sur les comptes afin d'obtenir de meilleurs résultats. De proposer des recommandations qui vont être adaptées au secteur, aux besoins du client et prendre aussi en compte la saisonnalité ou même les spécificités du moment. Au niveau des supports de présentation, ça peut aller des weekly aux présentations semestrielles. Des petites réunions qu'on va avoir avec le client chaque semaine jusqu'aux grosses réunions qui récapitulent l'ensemble des actions qu'on a menées pendant tout un semestre. À ce niveau-là, ça va être de voir quelles slides vont être les plus pertinentes pour exposer des résultats des tests aux clients. Pouvoir à chaque fois leur exposer ce qu'on a pu faire et les effets que ça a sur le compte et sur les performances. KevinEt le troisième point, au niveau de la communication, ça va être de bien comprendre et d'anticiper les besoins du client. Je répète un peu, mais c'est super important de pouvoir leur proposer des solutions qui soient adaptées à leurs problèmes et de les aider à atteindre leurs objectifs. MajdelineOk, ça a l'air très riche et très complet comme métier. Pour quelqu'un qui ne fait pas du tout partie de ce monde digital, il y a quand même des mots qui sont assez difficiles à comprendre, comme la saisonnalité, les optimisations. Peux-tu nous l'expliquer avec des mots simples ? KevinTrès simplement, on va choisir les mots clés sur lesquels on veut que le client se place. On va définir quelles annonces vont s'afficher sur quels mots clés. Et travailler sur toutes les bonnes stratégies et les recommandations qu'on peut leur faire pour pouvoir faire passer le message qu'ils veulent faire passer à leurs clients le mieux possible. MajdelineD'accord, avant, tu étais consultant SEA. Est-ce qu'il y a une différence entre un consultant consultant SEA et un consultant média ? KevinOui et non. Comme consultant média, je touche au SEA, mais aussi au SMA. C'est notamment une spécificité de mon agence qui me permet de faire les deux. Dans certains cas, dans certaines agences, c'est très catégorisé, on fait soit du SEA, soit du SMA. De mon côté, j'ai d'abord une casquette SEA avant d'avoir la casquette SMA. L'objectif, c'est vraiment de travailler cette expertise-là d'abord, avant de pouvoir basculer sur le SMA. MajdelineKevin, qu'est-ce que le SMA ? KevinLe SMA, c'est à peu près la même chose que le SEA, mais sur des réseaux sociaux. Ça va être toute la publicité qu'on va faire sur Facebook, Instagram ou peu importe quel réseau social. Majdeline Et le SEA, pour ceux qui ne connaissent pas du tout ? KevinC'est faire de la publicité sur les moteurs de recherche. Ça va principalement être sur Google, mais également sur Microsoft Ads. MajdelineD'accord. On a déjà reçu dans Le Gagne-Pain des Consultants SEO, donc des personnes qui travaillent sur les mots clés, mais de manière organique, sans avoir de publicité. Toi, du coup, tu sponsorises le SEO, on va dire ? KevinExactement. Effectivement, c'est assez complémentaire. MajdelineOk, très bien. Pourquoi as-tu choisi ce métier ? KevinJ'ai choisi ce métier d'abord parce que je voulais être dans le Digital, car je ne voulais pas rentrer dans un métier dans lequel j'entrerais dans une sorte de monotonie. À ce niveau-là, je me suis dit qu'avec le Digital, je pouvais trouver tout ça. C'est un secteur qui est en constante évolution et c'est tout ce dont j'avais besoin. Il y a plein de nouvelles choses qui apparaissent chaque jour, de nouveaux formats, de nouvelles choses à tester, de nouvelles opportunités. Et ensuite, pourquoi être consultant ? Parce que ça me permet de travailler avec plein de clients différents. Donc de travailler sur plein de secteurs différents et avec des problématiques qui sont à chaque fois variées en fonction du client. C'est vraiment quelque chose qui est super "challengeant" d'être consultant média. Avec les changements actuels, notamment la fin de l'ère des cookies, avec le RGPD qui prend de plus en plus de place et d'importance, c'est quelque chose qui a amené à changer et c'est super challengeant pour nous. MajdelinePour ceux qui veulent en savoir plus sur RGPD, on a un épisode avec un DPO qui rentre vraiment dans le détail, donc on ne le fera pas dans cet épisode-là, mais ça doit être un point important dans ton métier. D'après toi, Kevin, quelles seraient les trois principales compétences requises pour ton métier ? KevinTrois principales compétences, je dirais tout d'abord l'autonomie. Comme consultant, il est essentiel de se prendre en charge, d'aller chercher l'information soi-même et de ne pas dépendre des actions des autres pour avancer dans son travail. En deuxième compétence, je dirais la responsabilité, le fait de se sentir responsable et se porter garant des performances et du niveau de qualité de ses comptes. En troisième, peut-être, je dirais l'organisation, parce que c'est super important de bien définir ses priorités et de bien organiser son temps. Le quotidien est assez chargé, donc c'est extrêmement important. MajdelineEt dans tout ça, qu'est-ce qui te plaît le plus et qu'est-ce qui te plaît le moins ? KevinCe qui me plaît le plus, je dirais que c'est le fait qu'on se forme constamment. On en apprend quotidiennement, dans une journée où il n'y a pas forcément de choses qui se passent, qui vont sortir de l'ordinaire. Il peut y avoir une question qui va ressortir, et puis cette question qu'on va poser à telle ou telle personne va nous aider à creuser, et c'est extrêmement intéressant à ce niveau-là. La tâche qui me plaît le moins, je dirais peut-être la rédaction d'emails. Parce que, évidemment, j'aime bien être dans l'optimisation, de pouvoir avancer sur les comptes. Mais il y a aussi cette partie d'échange avec le client qui peut parfois prendre un peu de temps. MajdelineOn te reconnaît bien dans ce qui te plaît le plus, car tu nous as dit que c'était pour ça que tu as choisi ce métier, parce que ça bouge. Attention, la question Gagne-Pain : combien ça gagne, un consultant Media ? KevinJe dirais à partir de 34K€ annuels brut pour un consultant débutant, et puis ça peut monter ensuite jusqu'à 55K€ pour un consultant confirmé. Bien sûr, il y a des possibilités d'avoir des primes en fonction des performances de l'entreprise, mais seulement dans certaines agences. Et il y a aussi la possibilité, par la suite, une fois que l'on est confirmé, de pouvoir devenir expert dans le domaine ou même de passer manager. MajdelineKevin, quel a été le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier ? KevinJe dirais qu'il a fallu de regagner la confiance perdue avec un de mes clients. En arrivant sur le compte, effectivement, la relation était devenue un peu compliquée parce qu'il y avait eu quelques erreurs et une perte de confiance de la part du client. Mais en étant en force de proposition, en communiquant au maximum sur ce que je faisais et sur les performances. On a pu regagner cette confiance et repartir sur de bonnes bases avec le client. MajdelineComme tu le disais, c'est un point important, la relation clientèle dans ton métier. As-tu eu des surprises, quand tu es arrivé dans ce métier ? Quelque chose qui t'a marqué ? KevinPas forcément de grosses surprises, mais effectivement, j'ai été surpris par le fait qu'il y avait une très bonne ambiance, une très bonne atmosphère. Évidemment, on dit que dans une agence, on travaille beaucoup, et c'est vrai, mais ce sont aussi de bons moments de partage. Plusieurs événements sont lancés par l'entreprise et puis avec des collègues qui sont super sympa, ça passe tout seul. MajdelineKevin, as-tu une anecdote à nous partager qui te serait arrivé dans ton travail ? KevinJ'ai une anecdote pour toi. Je sais que quand je cherchais mon stage de fin d'études, j'ai été accepté à Arcane, là où je suis actuellement. Mais j'ai accepté une autre proposition, chez Artefact, où finalement, j'ai fait mon stage de fin d'études et où j'ai commencé en CDI. Entre-temps, j'ai un de mes amis qui était dans ma classe en master qui a été accepté à Arcane. Et il m'a coopté. Finalement, c'est vraiment cool puisque ça m'a permis, en arrivant, d'avoir déjà quelques repères, parce que très rapidement, il m'a présenté à plusieurs de ses collègues qui sont maintenant nos collègues. MajdelineDonc, dans tous les cas, tu étais destiné à travailler chez Arcane ? KevinExactement, c'était le destin. MajdelineLa communauté du Gagne-Pain nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. C'est vrai que c'est important aujourd'hui dans le monde du travail. Est-ce que c'est le cas dans ton métier ? KevinC'est totalement possible de pratiquer ce métier sans être bilingue, bien évidemment, mais cela pose quand même quelques limites. Notamment avec les intervenants ou même les clients qui sont parfois anglophones. On utilise beaucoup d'anglicismes au quotidien, ce qui est très drôle. Mais oui, on peut faire ce métier sans un anglais courant, cependant c'est tout de même mieux d'avoir au moins les bases pour discuter avec les personnes. MajdelineOn l'a bien entendu depuis le début. Tu nous réponds « Yes, Yes ». Donc tu fais partie de ces gens bilingues ? KevinPar habitude. MajdelineQuelles sont pour toi les meilleures ressources disponibles sur Internet pour se former à ton métier ? KevinAlors, forcément, je dois absolument citer YouTube parce qu'il y a tellement de contenu qu'on peut très facilement se former. Mais il y a aussi des formations qui existent particulièrement sur Google skillshop. Ou même via des plateformes d'e-learning qui sont de très bonne qualité et qui permettent de se former sur certains points, parfois même des spécialités en particulier. MajdelineAs-tu une journée type ? KevinOui et non. Je dirais qu'il y a des choses qui vont se répéter jour après jour, mais il y a quand même beaucoup de différences. Je dirais que de mon côté, par exemple, chaque jour, je commence avec des optimisations. Donc regarder l'état des différents comptes de mes clients et voir si tout se passe bien, s'il y a des choses à améliorer ou pas. Mais ensuite, la journée est ponctuée de différentes choses. Ça va être des calls clients, des calls en interne avec mes collègues, des formations ou même des appels avec les régies. Ça va être par exemple Google ou même pour ceux qui font du SMA (Social Media Advertising). Ça va être Meta par exemple. Et à côté de ça, il faut trouver du temps pour avancer sur les différentes missions qu'on a qui sont un peu plus sur le long terme. Et considérer le fait qu'à tout moment, on peut avoir des demandes de clients qui vont être à gérer et il faut arriver à s'organiser dans tout ça. Sans oublier de prendre aussi des pauses parce que c'est très important. MajdelineTu me disais tout à l'heure en off que tu venais souvent travailler seulement l'après-midi. C'était ton rythme favori de travail, de venir en physique l'après-midi au bureau. Donc quel est le télétravail possible chez Arcane ? Est-ce qu'il y a possibilité de travailler à l'étranger ? KevinForcément, qui dit digital dit qu'on a uniquement besoin de son ordinateur pour travailler. C'est possible de faire du télétravail. Arcane, on essaie de faire au moins deux journées en présentiel, mais sinon, on est assez flexible en termes de télétravail. Et de mon côté, oui, effectivement, il y a des semaines où je peux venir quatre jours sur cinq au bureau. Tout comme il y en a d'autres où je vais venir seulement les après-midi, comme ça a été le cas aujourd'hui. Donc oui, c'est vraiment un équilibre à trouver. Il y a beaucoup d'heures de travail, mais il y a aussi des horaires flexibles. Si, par exemple, j'ai envie de faire un trou dans ma journée et de travailler plus tard pour rattraper mon travail, c'est totalement possible. Et en termes de déplacements, notamment à l'étranger, ça aussi, c'est possible. Bien sûr, je dois prévenir son manager ou la hiérarchie pour savoir s'il n'y a pas de problème avec ça. Mais on peut se faire une semaine ou deux dans un pays étranger. La seule chose à considérer, ça va être le décalage horaire. Parce que forcément, si on a des clients, partir à l'autre bout du monde au Japon, ça peut par exemple avoir certains effets. MajdelineOn peut travailler comme consultant média partout dans le monde ? KevinOui, on peut travailler en tant que consultant média partout dans le monde, exactement MajdelineOk, très clair. Si on regarde un peu l'actualité du moment, le sujet du moment, c'est l'intelligence artificielle. Est-ce que, toi, comme consultant média, tu utilises au quotidien l'IA ? KevinPas forcément, mais évidemment, c'est un sujet dont on parle beaucoup chez Arcane. On s'est posé récemment pour voir et faire un brainstorming tous ensemble afin de voir sur quel type d'IA pourrait nous aider dans notre quotidien à gagner du temps, à être plus efficace. Et pour te donner un exemple, ça peut être le fait qu'une IA nous fasse des comptes rendus des réunions, ce qui peut prendre parfois beaucoup de temps. En quelques secondes, ça pourrait être fait et ça pourrait nous faire gagner énormément de temps. MajdelineKevin, aurais-tu un conseil pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ? KevinOui, globalement, je dirais qu'être consultant, c'est du travail, mais c'est super stimulant. N'hésitez pas à être curieux, à creuser les choses qui vous plaisent, à aller chercher à droite à gauche les informations, poser des questions. N'ayez pas peur de faire des erreurs. N'en faites pas trop quand même, mais il ne faut pas que ça vous effraie. Et le fait de travailler en agence, ça permet d'acquérir un maximum de compétences très rapidement. En tout cas, c'est un métier qui recrute. Il ne faut pas être effrayé par les nombreux acronymes. On peut apprendre très facilement sur le tas. Moi, je sais qu'en une semaine, au cours de mon premier stage, j'ai eu l'impression d'apprendre encore plus qu'en un semestre de cours. Du coup, il ne faut surtout pas négliger la pratique. Et, n'hésitez pas à m'écrire sur LinkedIn. Pour toutes questions, si vous avez besoin d'informations en particulier ou si vous voulez même que je passe vos CV, il n'y a pas de souci. MajdelineKevin, as-tu quelque chose à ajouter pour ceux qui nous écoutent ? Un point particulièrement que l'on n'aurait pas évoqué ? KevinJe dirais que le travail, ça ne fait pas tout. C'est quand même important de garder un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, c'est même primordial. Ne négligez aussi pas l'atmosphère de votre entreprise parce que ça fait une différence énorme sur le quotidien d'être entouré de personnes bienveillantes. MajdelineQue peut-on te souhaiter comme évolution, Kevin ? KevinMon objectif, c'est vraiment de continuer d'apprendre un maximum car je sais que c'est en apprenant et en étant de plus en plus expert que j'aurai le plus de choix possible par la suite. Et qui sait, j'ignore exactement ce que je vais faire. Est-ce que je vais me tourner plutôt vers un poste de manager ou bien foncer dans une expertise en particulier ? Passer freelance et potentiellement, ça me permettrait de voyager ou même d'aller chez l'annonceur. J'attends de voir. Je ne me prononce pas encore. MajdelineTrès bien. On suivra ça de très près. Merci beaucoup, Kevin. KevinÀ bientôt. Merci, Majdeline. MajdelineJe pense avoir appris beaucoup de choses dans cet entretien avec Kevin sur le métier de consultant média, plus généralement sur les métiers du digital en agence. J'aimerais partager avec vous trois réflexions complémentaires. La première, c'est le développement considérable, ces dernières années, de ces nouveaux métiers de la publicité digitale. Ce secteur se développe et recrute. Il y a beaucoup d'opportunités. Je vous invite d'ailleurs à vous rendre sur le site d'Arcane. MajdelineCe qui m'amène à ma deuxième réflexion. Si vous souhaitez en savoir plus sur les métiers de la publicité digitale, nous avons déjà enregistré plusieurs épisodes, notamment l'épisode 50 avec Julien Champenoix Consultant SEA, et l'épisode 62, Trading Manager, avec Lorraine D'Almeida. MajdelineMon troisième point est que sur la publicité digitale et les réseaux sociaux, nous allons continuer à explorer ces nouveaux métiers. Je vous donne rendez-vous pour une prochaine interview sur ces sujets avec un social media manager. N'hésitez pas à prolonger cet échange avec vos questions, remarques et commentaires via l'adresse legagnepain(@)gmail.com ou via nos publications sur les réseaux sociaux. ### Entreprendre avec l'IA - Alison & Arthur Pires Devenir entrepreneur dans l’intelligence artificielle : missions, salaires et parcours Entreprendre avec l'IA Salaire Variables, souvent faibles au début, évolutifs selon succès (bootstrap, pas de fixe). Entreprendre avec l'IA Formation Master en digital/marketing utile, alternance conseillée, forte autoformation continue. Entreprendre avec l'IA c’est quoi Créer et vendre des solutions digitales utilisant l'IA, accompagner des clients. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Alison & Arthur Pires –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview d’Alison & Arthur Pires, Entreprendre avec l'IA BertrandBonjour Alison & Arthur. Alison & ArthurBonjour Bertrand. BertrandQuel duo parfait. C'est la première fois qu'on fait ça dans Le Gagne-Pain. On interroge deux personnes simultanément avec une spécificité. Vous êtes tous les deux entrepreneurs dans l'IA. On va avoir l'occasion d'expliquer ça. Qu'est-ce que ça veut dire d'entreprendre avec son frère et sa sœur dans l'IA ? Mais avant, pouvez-vous chacun vous présenter ? ArthurMerci Bertrand pour l'invitation. Nous sommes ravis d'être tous les deux ici, Alison et moi-même. Je m'appelle Arthur, j'ai 27 ans. Mon parcours, il est assez simple. J'ai eu la chance de commencer très rapidement l'alternance. C'est quelque-chose qui me convenait très bien. Alors, j'ai fait cinq ans d'alternance post-bac sous les recommandations d'Alison, mais on aura l'occasion d'en revenir. Et j'ai fait des études dans le digital, dans la communication, initialement. J'ai fait deux ans au service d'information du gouvernement (SIG). Puis, après, j'ai fait trois ans dans une entreprise dans la défense et le spatial (SODERN), comme chef de projet. J'ai toujours été un entrepreneur dans l'âme et donc à la suite de ces cinq années d'études, un master en poche, je ne suis pas resté très longtemps en CDI. Je me suis mis à mon compte et le projet entrepreneurial a commencé. AlisonBonjour Bertrand. Moi, c'est Alison. Je suis la grande sœur d'Arthur. J'ai 32 ans et j'ai débuté par un BTS Communication en formation initiale et j'ai fini mon master Marketing en alternance dans le milieu bancaire au sein de la Société Générale, où je suis restée six ans. Pour la fibre entrepreneuriale, j'ai commencé en parallèle de mon CDI à être autoentrepreneuse. BertrandDans chacun de vos parcours, il y a de l'entrepreneuriat. Elle vient d'où cette fibre "entrepreneuriale" ? ArthurOui, c'est vrai. Je pense de la famille. On a des oncles qui sont entrepreneurs depuis des dizaines et des dizaines d'années. Et, c'est surtout, je pense, lié à notre manière d'être. On est très créatifs, Alisson et moi. Donc, on a toujours créé de nouvelles choses. Je l'ai très souvent embarqué dans des projets plus ou moins farfelus, je dirais que ça vient de là. BertrandMerci Arthur. Alisson, pourrais-tu nous parler de ton parcours professionnel avant la création de la boite dont on va parler maintenant ? AlisonOui. Si je devais résumer mon parcours, j'ai passé six ans à la Société Générale (SG) en CDI. Les trois premières années, j'ai été chargée de la communication interne en salle des marchés. Après, j'ai fait une mobilité dans laquelle j'ai décidé d'enlever la partie créative, c'est-à-dire la communication. Donc, j'ai intégré le Global Data Office où là, c'était des sujets plus en lien avec la donnée et l’IA. Forcément, comme j'ai enlevé la partie créative, je suis allée la chercher ailleurs, d'où le fait d'avoir lancé mon entrepreneuriat en 2021 en tant qu'artisane. Arthur m'a émis l'idée de créer une agence en lien avec la communication, la data et l'IA. C'est pour ça qu'on s'est lancé ensemble dans la création de cette agence. BertrandArthur, maintenant, pourrais-tu nous présenter APRS Conseil ? ArthurOui, c'est une société qu'Alison a initiée et que j'ai rejoint au fil des mois. APRS Conseil, que fait-on ? On développe des solutions digitales sur mesure pour des clients et parfois, on les développe même pour nous-mêmes, ces solutions. Au-delà de les développer, on accompagne aussi nos clients sur la partie "Go to Market", toute la partie marketing. Une fois qu'on a cette super application dont on a eu l'idée, comment on arrive à acquérir nos premiers utilisateurs ? C'est une grande difficulté qu'ont les entrepreneurs. Pour faire tout ça, on a un petit studio dans le Val de Marne où on est capable de produire du contenu, de réfléchir avec nos clients. Tout ça humainement, en face-to-face. Donc, à l'ère du tout digital, on est aussi quand même dans le côté humain dans notre agence. BertrandAlison, peux-tu nous parler d'un produit concret que vous vendez dans votre entreprise ? Oui, je vais parler de l'application mobile qu'Arthur a développée avec ses compétences. Ce qui est fou. Avec ce produit qu'on a appelé Go With, c'est que l'idée est venue cet été où on a fait des audits gratuits sur Instagram. Plus de 50 personnes que j'ai eues en face-to-face, en virtuel. En fait, le terrain nous a amené à créer cette application. On avait des prospects qui nous disaient toutes leurs problématiques liées aux réseaux sociaux. Ensuite, je suis allée voir Arthur et je lui ai dit: "Arthur, il nous faut une app qui vienne palier le coup et répondre à leurs besoins". Donc on a lancé cette application qui s'appelle Go With, pour répondre aux besoins en terrain qui nous avaient été exprimés. Cette application, elle est là pour leur faire gagner du temps, avoir des idées toutes les semaines et rester actifs à moindre coût sur les réseaux sociaux. BertrandExcellent, c'est très clair. Arthur, entreprendre avec l'IA, qu'est-ce que ça veut exactement dire en termes de missions ? ArthurOn pourrait identifier quatre missions principales. La première, c'est de délivrer à nos clients ce qui doit être fait. La deuxième, ça va être suivre nos indicateurs de performance. La troisième, assurer la pérennité de l'entreprise parce que fondamentalement, on reste une entreprise. Et la quatrième, c'est d'être nos propres ambassadeurs. BertrandQuand tu dis délivrer, qu'est-ce que ça dire précisément, notamment dans l'IA ? ArthurAujourd'hui, nos clients, ils viennent avec des besoins, des briefs. Et moi, je suis en charge de les accompagner et d'utiliser tout un tas d'outils liés à l'IA pour développer des solutions sur mesure. Donc, on va utiliser des modèles de langage, des choses assez poussées pour répondre spécifiquement à certains besoins. BertrandD'accord. Il faut qu'à la fin, ça fonctionne. C'est ça que ça veut dire ? ArthurIl faut que ça fonctionne et il faut que ça fonctionne surtout bien et tout le temps. Donc, ce n'est pas chose facile à faire. Pourtant, on est capable aujourd'hui, avec nos compétences et grâce à l'IA, de répondre à ces spécificités. BertrandOk. En mission 2, tu as dit suivre nos indicateurs de performance. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que suivez-vous comme indicateur ? ArthurDéjà, c'est suivre nos performances. Est-ce qu'on encaisse ? Est-ce qu'on facture correctement ? Ensuite, c'est aussi suivre les indicateurs de performance de nos solutions. Est-ce que la solution est toujours accessible ? Est-ce que d'un point de vue cyber, tout se passe bien ? Est-ce qu'il n'y a une tentative de hacking. Toutes ces choses-là, on essaye de les traquer le plus finement possible pour assurer le troisième point, la pérennité. BertrandAssurer la pérennité de l'entreprise en mission trois, ça veut dire quoi, Alison ? AlisonÇa veut dire qu'on va faire en sorte que l'entreprise existe encore dans six mois et dans un an. Et pour ça, il faut toujours continuer à prospecter, à fidéliser les clients qu'on a et aussi à adapter nos offres en fonction du marché et des besoins clients. BertrandC'est un message qu'il faut peut-être répéter à ceux qui nous écoutent, c'est quand on crée une entreprise, il faut être commercial ? Alison100% d'accord. C'est une casquette obligatoire d'être commercial. Et même, si on n'aime pas forcément le faire, c'est indispensable, surtout pour cette partie de pérennité. On ne peut pas s'asseoir sur nos acquis, on doit s'adapter et d'aller chercher les nouveaux clients et de les garder. Et, ça demande beaucoup d'efforts. BertrandOk. En Mission 4, vous avez dit: Être l'ambassadeur de sa société. Ça veut dire quoi ? Être ambassadeur de sa propre société ? AlisonOn peut avoir les meilleurs produits. Si on n'est pas connu, personne ne les achètera. Et donc être ambassadeur, c'est aussi travailler sur notre image de marque, être présent et communiquer sur les réseaux sociaux et se déplacer humainement, de travailler son networking. Être ambassadeur, c'est finalement être le reflet des valeurs de l'entreprise. BertrandPour une entreprise IA, cela veut aussi dire aller dans des rendez-vous un peu classiques, physiques, des salons, des événements de ce genre ? AlisonPar exemple, la Vivatech. Il y a tellement d'événements en lien avec l'IA. Mais il faut absolument se rendre sur place parce que c'est aussi s'assurer de ce qui se passe et ce qui va arriver dans les prochaines années à venir. Toujours être à l'affut des tendances et puis représenter l'entreprise. BertrandOk, merci beaucoup. Arthur, peux-tu nous expliquer pourquoi tu as choisi ce métier d'entrepreneur dans l'IA ? ArthurBien sûr. Déjà, il faut remonter un peu dans le temps. Comme on l'a dit au début du podcast, on a toujours été des entrepreneurs dans la famille. Mais c'est vrai que dans l'IA, il faut aussi remonter dans le temps parce que ChatGPT est arrivé. Et donc l'IA est arrivée. Ça n'existait pas auparavant. Je suis quelqu'un de très autodidacte. Et donc, dès que l'IA est arrivée, j'ai essayé de le comprendre, le fonctionnement, de voir qu'est-ce qu'il était possible de faire et de voir quel bouleversement ça pourrait avoir dans mon métier à moi, dans le digital marketing. Très rapidement, j'ai vu tout ce qui était possible de faire. Au début, c'était un peu bancal. On a tous des ChatGPT, ça pouvait faire des petites choses. Et en fait, je me suis très rapidement amélioré. J'ai développé des solutions, j'ai fait du test and learn, je me suis autoformé avec YouTube, par exemple. Et aujourd'hui, on est capable, en autonomie, de développer des solutions très complexes parce qu'on maîtrise, depuis quelques années maintenant, toutes ces solutions. Donc, développer dans l'IA, entreprendre dans l'IA, c'est surtout être curieux. Il faut s'informer. Je lisais des articles, je regardais des webinaire d'OpenAI quand ils annonçaient leur dernière nouveauté. C'est vraiment s'emparer du sujet et le prendre à bras le corps. BertrandPour toi, entreprendre, c'est forcément avec l’IA ? C'est-à-dire que c'est un élément constitutif de ton envie ? ArthurNon, moi, j'aime entreprendre, peu importe le sujet, initialement. BertrandMais l'IA t'a incité à le faire ? ArthurL'IA m'a donné le moyen de faire ce que je ne pouvais pas faire auparavant, à savoir de développer des solutions complètes, des softwares. Ça, j'en étais incapable avant l'IA et grâce à l'IA, effectivement, je suis capable et on est capables de le faire. BertrandAlison, toi, c'est d'abord entreprendre ? AlisonOui, c'est d'abord entreprendre. Forcément, dans mon parcours, je n'ai pas cette casquette en lien avec l'IA et la data comme mon frère avec la partie technologique. Mais c'est plutôt une envie que j'ai toujours eue grâce à ma personnalité, le fait de vouloir créer un mode de vie qui me ressemble, avec plus de sens. Donc, j'avais toujours eu ce désir de créer une activité pour moi-même. Et bien sûr, avec les compétences complémentaires d'Arthur, l'IA, c'était un accélérateur. En fait, l'IA a été un accélérateur parce qu'aujourd'hui, le marketing et la communication, ça reste des secteurs bouchés. Et donc, Arthur m'a permis de voir le potentiel de nos métiers à travers l'IA et à travers son utilisation. BertrandArthur, peux-tu me dire quelles sont les trois principales compétences qu'il faut pour être entrepreneur dans l'IA ? ArthurAlors, La première, je dirais être curieux. La deuxième, avoir une très bonne culture tech. Et puis la dernière, quand même, peu importe l'entrepreneuriat, le domaine, c'est la résilience. Il faut persévérer. BertrandEt toi, Alison ? AlisonMoi, je dirais être rigoureux. Je garderais aussi la résilience qu'Arthur a mentionnée et la soif d'apprendre. BertrandOk. Arthur, quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? ArthurMoi, ce qui me plaît le plus dans mon quotidien, c'est de créer, d'innover. Donc, ça va être de produire des logiciels, d'avoir des nouveaux projets, etc. La tâche qui me plaît le moins, c'est forcément l'administratif. En France, on est bien lotis. C'est une activité qui prend beaucoup de temps, beaucoup d'énergie et qu'on essaye de bien emmener. BertrandOk. Et toi, Alisson, si je te pose la même question, quelle est la tâche qui te plaît le plus, celle qui te plaît le moins ? AlisonJ'ajouterais, juste avant d'y répondre, le côté administratif, je conseillerai aux entrepreneurs de se faire accompagner assez vite dans leur parcours. Pour répondre après à la question des tâches que je préfère, moi, c'est d'accompagner les clients de l'application mobile que l'on a développée, Go With. Et la tâche dont j'aimerais me passer. C'est le "cold Call" qui est très épuisant mentalement. BertrandPeux-tu expliquer ce que c'est que le cold Call ? AlisonLe cold Call, c'est toute la partie prospection où on va avoir une base de données et je vais appeler les prospects en essayant de leur vendre sans leur vendre mon produit. C'est-à-dire finalement d'avoir un échange qui pousse à une prise de rendez-vous. BertrandDe la prospection commerciale par téléphone ? AlisonOui, exactement. BertrandAlors attention, Arthur, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un entrepreneur dans l'IA aujourd'hui ? ArthurIl ne faut pas se voiler la face. Un entrepreneur dans l'IA et un entrepreneur, tout simplement, au début, il ne faut pas espérer des mille et des cents. On entreprend, donc on part de zéro. Parfois, on peut avoir la famille, des économies, le chômage pour certains (et c'est une très bonne chose). C'est un investissement sur du long terme. Entreprendre, au début, c'est très énergivore, mentalement, financièrement, relationnellement. Mais le pari, est sur du moyen long terme. Par conséquent c'est une question délicate parce que c'est du cas par cas. Ce que je pourrais juste préciser, c'est que nous, on est quand même une société bootstrap. Le bootstrap, c'est quand on lance des projets, mais qu'on n'est pas financé par un tiers. Donc on s'est autofinancé aujourd'hui, on dépend de personne. Et donc c'est aussi notre façon de faire aussi de l'entrepreneuriat. On peut très bien aller chercher de l'argent ailleurs dans des banques. Ce n'est pas ce qu'on a voulu faire. Et donc, chaque parcours est différent. BertrandEt toi, Alison, comment tu répondrais à cette question : combien ça gagne un entrepreneur dans l'IA ? AlisonJe suis d'accord avec tout ce qu'Arthur vient de mentionner. Et ce que j'ajouterais, c'est que pour toutes les personnes qui veulent se lancer dans l'entrepreneuriat, avant de sauter le pas, s'ils peuvent de le tester en parallèle. Soit pendant leurs études, soit en parallèle d'un CDI, c'est super de pouvoir le faire. Parce que forcément, l'entrepreneuriat, c'est prendre des risques et il vaut mieux prendre des risques minimisés. BertrandArthur et Alison, quel a été le plus grand défi que vous avez dû relever dans votre métier d'entrepreneur ? ArthurC'est assez drôle, ce n'est pas lié à l'IA, ce n'est pas lié à la tech, c'est l'administratif. Franchement, c'est une activité qui est très compliquée. C'est difficile de se former tout seul. Donc, on va conseiller, et je pense qu'Alison est d'accord, de se faire accompagner. Par contre, tout dépend de l'échelle de l'entreprise aussi. C'est vrai que pour un étudiant qui nous écoute, par exemple, le plus simple, ça va être de créer une autoentreprise. Et là, on s'affranchit presque de tous les problèmes. Mais quand on essaye d'aller "step up", d'aller dans l'étape d'après, on découvre un nouvel écosystème franchement délicat à appréhender. BertrandCe que tu me disais aussi, Arthur, quand on a préparé cette interview, c'était qu'on n'était pas très préparés à ça ? ArthurEffectivement, on n'est pas formés, même dans les écoles, on n'est pas forcément éduqués ou préparés à ces enjeux administratifs qui impacteront directement la vie de l'entreprise. Finalement, une mauvaise décision à cette étape-là, ça engage des frais colossaux et puis des mauvaises directions qui seront difficiles à réparer. BertrandEt toi, Alison, tu as exactement le même avis ou un avis partagé ? AlisonNon, exactement le même avis que mon frère. On est dans le même bateau. Dans l'administratif, c'est un sujet qu'il ne faut pas laisser de côté. Souvent, on a envie justement de faire toutes les autres tâches en lien avec notre métier et de s'occuper de l'administratif à la fin. Sauf qu'une entreprise a des obligations et c'est bien pour ça qu'il faut se faire accompagner ou se former pour éviter d'avoir des surprises et des sanctions. BertrandJe vais te laisser la parole, Alison, pour répondre à cette question: as-tu une anecdote à nous raconter dans ton métier d'entrepreneur ? AlisonOui, on a réussi à vendre notre abonnement Go With à notre premier client sans que le client ait vu l'application d'application. Et pour nous, ça a été très stimulant d'avoir la confiance d'un client, finalement, sur un simple email. BertrandD'accord. Donc là, il n'y a pas d'IA, c'est plutôt du relationnel pur ? AlisonExactement. Et la confiance est clé. BertrandArthur et Alison, est-ce que l'anglais est important dans votre métier d'entrepreneur dans l'IA ? ArthurOui, je dirais que pour se former, il faut quand même avoir des bonnes bases en anglais pour écouter, lire des documentations en anglais, etc. Après, au quotidien, on peut s'en affranchir si on n'a que des clients français, par exemple, mais la formation, le côté autodidacte, il passe quand même par l'anglais. AlisonOui, en effet, l'anglais, c'est indispensable, surtout si on cherche à gagner des marchés à l'international et si on souhaite aussi travailler depuis l'international. L'anglais est indispensable. BertrandArthur, pour ceux qui nous écoutent, quelles sont les bonnes formations, selon toi, pour aller vers ce métier ? ArthurJe pense que la meilleure formation, c'est de se former soi-même. Il ne faut pas avoir peur. Il ne faut pas hésiter à utiliser l'IA au quotidien. Bien sûr, on peut aussi faire un peu le parcours que j'ai eu la chance de faire. Faire de l'alternance, ça aide beaucoup, surtout pour les personnes qui ont besoin de faire. Mais il n'empêche que mon principal conseil, c'est de tester des choses, tester l’IA et vraiment pas simplement d'aller sur ChatGPT et faire un prompt. Non, essayez de comprendre comment ça marche, développez votre premier logiciel. Moi, ce que je conseille aussi beaucoup à certains étudiants, c'est de faire un projet par mois. Il vous reste une année encore de formation. À la fin de l'année, votre CV, il doit avoir 12 lignes sur 12 projets différents. BertrandExcellent. C'est une très bonne idée, ça. Pourrais-tu également nous dire quelles sont les meilleures ressources disponibles pour justement se former à l'IA ? ArthurL'IA, ça bouge beaucoup. Tous les jours, on a l'impression d'avoir de nouveaux modèles, etc. Il faut s'informer par rapport à l'actualité. Il faut bien suivre ce que font les "éléphants in the room", c'est les gros acteurs, les OpenAI, les Nvidia, les Apple. Qu'est-ce que eux commencent à développer ? On peut en déduire une direction. Donc, je dirais s'informer sur ça, sur YouTube, utiliser l'IA aussi pour apprendre. BertrandEst-ce qu'il y a des chaînes particulières que tu veux conseiller sur YouTube ou des podcasts que tu écoutes attentivement ? ArthurEn fait, j'en regarde beaucoup. Je ne pourrais pas en conseiller une. Mais un petit tips, qui est vraiment au cœur de notre sujet. Souvent, des vidéos YouTube durent 40 minutes. Alors parfois, j'utilise NoteBookLM une IA de Google, pour m'en faire le résumé. Vous voyez, il faut se former, mais il faut aussi utiliser des outils qui permettent d'aller un peu plus vite. BertrandExcellent, on voit bien le côté IA oriented d'Arthur. Alison, quand on a préparé l'interview, tu avais plutôt envie de conseiller des choses un peu plus culturelles. Notamment, il y avait un podcast dont tu as parlé qui me semble très utile pour ceux qui veulent entreprendre ? AlisonExactement, j'ai un podcast qui m'a apporté énormément en termes d'enseignement, qui s'appelle "Génération Do It Yourself" de Matthieu Stéfani. Ce que je trouve intéressant dans les podcasts, celui-ci, mais comme d'autres, c'est qu'on gagne du temps avec les expériences des autres. Beaucoup d'entrepreneurs sont passés avant nous et ont eu des enseignements. Les écouter, ça nous fait énormément gagner de temps. BertrandMerci beaucoup, Alison et Arthur. En conclusion, que voudriez-vous ajouter qu'on n'a pas encore dit et qui serait le dernier conseil pour ceux qui nous écoutent ? ArthurC'est vrai que l'IA, ça fait rêver. On a l'impression que tout peut aller vite, qu'on peut parfois même s'enrichir rapidement. Bien sûr, ces rêves donnent envie pour une dizaine de personnes. Mais, il faut nuancer quand même. Les personnes qui ont réussi à entreprendre dans l'IA, elles n'ont pas réussi du jour au lendemain. Elles ont fait parfois des dizaines, peut-être même des centaines de projets. Donc, j'en reviens au fait de faire. Il faut faire des choses. Et c'est vrai que aux États-Unis, on a une tendance un peu émergente à la Silicon Valley, où l'objectif, c'est de créer la boite la plus valorisable possible avec le moins de monde possible. Ça, c'est aujourd'hui possible uniquement grâce à l'IA. Donc, il y a un vrai challenge. Mais ne croyez pas que tout est possible tout seul non plus. Il faut bien s'entourer. Il faut surtout persévérer. BertrandUn bon associé, ou une bonne associée ! Alison, pour conclure, ça serait quoi ta recommandation, ton conseil pour ceux qui nous écoutent ? AlisonOn dit que "seuls, on va plus vite, à plusieurs, on va plus loin". Déjà, c'est un petit clin d'œil pour toi, Arthur. Et, le conseil que je donnerais aux personnes qui veulent se lancer, c'est de ne pas avoir peur de l'échec. C'est hyper important de savoir que c'est à travers les échecs que l'on grandit, qu'on apprend, et c'est essentiellement sa capacité à rebondir qui est importante. BertrandMerci beaucoup pour ces deux conseils très pertinents. Pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient compléter la conversation, ou discuter avec vous, vous poser des questions ou connaître vos produits, que peuvent-ils faire ? Comment peuvent-ils vous contacter ? AlisonIls peuvent soit aller sur notre site internet, APRS CONSEIL soit aller sur nos profils LinkedIn Alison & Arthur BertrandD'accord. Merci beaucoup, Alison & Arthur. ### Combien gagne un Social Media Specialist ? Social Media Specialist Salaire Entre 35K€ et 50K€ brut annuel selon expérience ; 38K-42K€ chez Dassault Systèmes. Social Media Specialist Formation Bac+2 à Bac+5 en communication ou marketing ; anglais courant souvent indispensable. Social Media Specialist c’est quoi Gère et anime les réseaux sociaux d'une entreprise, crée du contenu, analyse l’impact. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Quentin, Social Media Specialist chez Dassault Systèmes . Écouter le podcast Rémunération d'un social media specialist ? Le métier de social media specialist, aussi appelé « social media communication specialist », consiste à concevoir et piloter la stratégie de contenu, la modération et l’analyse des performances sur les réseaux sociaux. Quentin, social media specialist chez Dassault Systèmes, partage son retour d’expérience et détaille les niveaux de rémunération auxquels peuvent prétendre ces experts de la communication digitale. Salaire débutant d'un social media specialist Selon Quentin, un social media specialist débutant, tout juste sorti d’un master communication ou d’un cursus digital, peut viser un salaire compris entre 35 000 € et 42 000 € bruts par an. Cette gamme varie en fonction de la taille de l’entreprise (start-up, agence ou grand groupe), de la localisation géographique et de la maîtrise des outils de publication et d’analyse (Sprinklr, social listening, etc.). Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d’expérience et une spécialisation sur des plateformes clés (TikTok, LinkedIn, Instagram), la rémunération peut rapidement progresser. Quentin indique qu’un social media specialist confirmé peut espérer entre 45 000 € et 65 000 € bruts par an, voire jusqu’à 70 000 € pour ceux qui évoluent vers un rôle de social media manager ou de responsable de projet digital au sein d’un grand groupe. La prise de responsabilités, comme la gestion d’une équipe d’apprentis ou le pilotage de crises de réputation, constitue un levier important pour atteindre les échelons supérieurs et obtenir des bonus annuels. Facteurs influençant la rémunération Quentin explique que plusieurs variables entrent en compte : le secteur (B2B industriel chez Dassault Systèmes vs agence ou pure player), le niveau d’anglais (essentiel pour gérer des communautés internationales), les certifications (Meta Ads, TikTok Ads, Sprinklr) et les avantages complémentaires (participation, intéressement, comité d’entreprise). Le type de contrat (CDI vs freelance) et la localisation (Paris vs région) peuvent également peser lourd dans la négociation salariale. ### Social Media Specialist - Quentin Bihel Métier de Social Media Specialist : missions, salaires, compétences et parcours professionnel Social Media Specialist Salaire Entre 35K€ et 50K€ brut annuel selon expérience ; 38K-42K€ chez Dassault Systèmes. Social Media Specialist Formation Bac+2 à Bac+5 en communication ou marketing ; anglais courant souvent indispensable. Social Media Specialist c’est quoi Gère et anime les réseaux sociaux d'une entreprise, crée du contenu, analyse l’impact. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Quentin Bihel –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Quentin Bihel, Social Media Specialist MajdelineMerci Quentin d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Social Media Communication Specialist, chez Dassault Systèmes. On va avoir l'occasion de revenir en détail sur ton métier et sur Dassault Systèmes. Avant tout, peux-tu te décrire en quelques mots ? QuentinJe m'appelle Quentin, j'ai 28 ans, je viens de la région parisienne et je suis plutôt passionné par tout ce qui va être relié aux nouvelles technologies, les réseaux sociaux, les jeux vidéo. MajdelineQuentin, peux-tu nous présenter ton parcours professionnel ? QuentinOui, bien sûr. J'ai un parcours professionnel qui est un peu atypique. Je n'ai jamais été quelqu'un de passionné par l'école. J'ai décidé juste après le baccalauréat, conseillé par mes parents, de travailler pendant un an. J'ai une facilité à parler avec les clients et grâce à cela j'ai réussi à retrouver mon premier apprentissage auprès des responsables de secteur chez Orange. J'ai fait un BTS pendant deux ans et après ça, je me suis posé la question de continuer. Je me suis confronté aux difficultés de recherche d'un apprentissage. L'erreur que j'ai faite a été d'envoyer des templates de candidatures pour postuler à des postes dans le secteur des réseaux sociaux et ça n'a pas fonctionné. J'ai décidé de postuler à l'étranger, d'envoyer mon CV parce que j'avais toujours voulu apprendre l'anglais, qui est quelque chose d'extrêmement important. J'ai été contacté par la pomme la plus chère du monde, Apple, et j'ai décidé sur un coup de tête de prendre mes valises et de partir là-bas en Irlande. J'y suis resté pendant deux ans, une expérience qui était extrêmement formatrice. Je travaille dans une très grande entreprise et c'est très formateur. J'ai eu l'opportunité d'avoir trois promotions en un an, ce qui est quand même plutôt bien, avec ce qu'ils appellent l'employé de l'année, c'était au niveau du support technique. Et après, j'ai basculé très rapidement sur les réseaux sociaux. C'est plutôt le forum des communautés d'Apple. Mon job consistait à répondre aux messages des gens faisant état de leurs problématiques. Néanmoins très rapidement, j'ai été confronté à une sorte de plafond de verre qu'on peut rencontrer dans ces entreprises-là. Sans diplôme, on est obligé d'attendre plusieurs dizaines d'années avant d'obtenir un grade de manager, ce qui n'était pas quelque chose qui me convenait. Je me suis dit « Je vais reprendre mes études. On va aller jusqu'au master, on va tenir, on va reprendre trois ans. » Ce n'est pas forcément facile, mais j'ai décidé de le faire et j'ai posté un CV vidéo sur LinkedIn. J'étais très content parce qu'il a vraiment explosé. J'ai eu plus de 10 000 engagements, 200 000 vues et je me suis retrouvé dans la situation inverse de celle que j'avais eu deux ans auparavant. C'est que ce n'est pas moi qui cherchais une alternance, ce sont les gens qui me démarchaient. J'avais un petit fichier Excel où je regardais toutes les entreprises. J'ai passé plus de 20 entretiens sans même déposer mon CV. Ça, c'était quand même super. J'ai été démarché par mon manager, Jean-Stéphane, chez Dassault Systèmes, qui m'a très bien vendu le projet. J'ai décidé de tenter l'aventure là-bas. MajdelineEst-ce que tu peux nous présenter en quelques mots ce que fait chez Dassault Systèmes ? QuentinOui, bien sûr. Contrairement à ce que peuvent penser la plupart des gens, Dassault Systèmes ne construit pas des avions. Nous appartenons au groupe industriel Marcel Dassault, mais Dassault Systèmes, est une entreprise qui a été fondée en 1981 par une petite équipe d'ingénieurs de Dassault Aviation. Il y a quand même un lien, il ne faut pas l'oublier, mais aujourd'hui, on va vendre des logiciels de modélisation, de simulation. Et aujourd'hui, quasi l'intégralité de ce qu'on utilise a potentiellement utilisé des solutions de Dassault Systèmes. Le micro avec lequel on parle, notre téléphone, l'ordinateur, la voiture avec laquelle on circule, même les bâtiments, etc. MajdelineSuper intéressant. On le disait en introduction, tu es Social Media Communication Specialist. Déjà, peux-tu nous expliquer quelle est ton activité, tes missions quotidiennes et peut-être même nous traduire ton métier pour ceux qui ne seraient pas bilingues. QuentinBien sûr. J'occupe le poste de social media manager qui consiste à gérer les réseaux sociaux. Alors, il n'y a pas que ça, on va pouvoir rentrer dans le détail, mais concrètement, je travaille au sein de l'équipe réseaux sociaux. En dessous de mon responsable et en dessous de la responsable de la direction de la communication. MajdelineOk, très clair. Tes missions consistent en quoi ? QuentinAlors, il y en a plusieurs. Effectivement, comme tu l'as dit, je suis social media communication specialist, mais avant ça, pendant mon apprentissage, j'étais chef de projet. Concrètement, ça a un petit peu changé avec le lancement de TikTok, dont je m'occupe aujourd'hui. Mais on va dire que les missions principales que je vais avoir, c'est une partie plutôt éditoriale. Donc la partie qui va gérer TikTok avec la gestion du calendrier éditorial, de la stratégie qu'on va avoir sur le compte, la création de contenu, le sourcing, mais également la modération qui représente énormément de temps et il faut le considérer. Après, on a une partie plutôt gestion de projet. On a dans notre équipe des apprentis et je vais les aider à gérer la plateforme qui nous permet aujourd'hui de publier sur les réseaux sociaux. On est désormais quasiment plus de 120 professionnels à travailler sur les réseaux sociaux chez Dassault Systèmes. Nous avons une architecture qui s'appelle Sprinklr qu'on utilise. Notre travail, va être de gérer toute cette architecture, optimiser pour que les différents collaborateurs puissent mieux travailler, obtenir les statistiques, les performances et leur faire optimiser du temps. MajdelineD'accord, donc les rendre indépendants ? QuentinExactement, les rendre indépendants dans leurs recherches, c'est exactement ça. On utilise aussi Sprinklr pour la partie liée au social listening. Le social listening est l'écoute de ce qui se dit sur les réseaux sociaux ou sur le web en général. On peut s'en servir pour savoir ce qui se dit sur notre entreprise, en bien ou en mal, mais on va également pouvoir s'en servir pour le monitoring et la gestion de crise. MajdelineOk, très clair. Pourquoi finalement as-tu choisi ce métier ? Tu nous disais tout à l'heure que tu étais passionné de réseaux sociaux. C'est essentiellement pour ça, j'imagine. QuentinIl y a pas mal de raisons à ça. Je pense qu'on est dans une génération où on consomme énormément les réseaux sociaux, donc cela motive. Tu es bien placé pour le savoir, mais ce qui était surtout intéressant, c'est qu'au-delà de ce métier-là, c'est un projet que j'ai choisi : le projet de création de contenu. MajdelineDonc, c'est l'opérationnel vraiment qui te plaît au quotidien ? QuentinExactement. C'est vraiment cette possibilité. Nous avons la chance, d'avoir un responsable qui nous donne notre chance et qui nous permet, si on a une bonne idée, de pouvoir l'exposer. Je peux prendre l'exemple de TikTok. Moi, je suis arrivé chez Dassault System en 2020. Après le Covid, pendant le deuxième confinement. Et j'ai posé cette question et on m'avait répondu que j'étais un peu un fou, qu'une entreprise comme Dassault Systèmes, très B2B, ne pourrait pas être sur cette plateforme. J'ai insisté et ç'a finalement fonctionné parce que ça restait pertinent et stratégique. MajdelineTu es plutôt humble, Quentin, car j'ai vu ce que vous faites sur TikTok. Vous avez énormément de vues, énormément de followers. Est-ce que tu peux nous donner deux ou trois chiffres clés pour que nos auditeurs puissent se situer sur le travail que tu as fait avant ton arrivée aujourd'hui ? QuentinBien sûr. Sur le compte TikTok aujourd'hui, je n'aurais pas envie de te dire de bêtises, mais en tout cas sur l'année 2023, on est sur un petit peu plus de 50 millions de vues organiques. L'organique, ce sont des vues qu'on ne paye pas. Parce qu'on peut payer Facebook, Instagram, Twitter, peu importe, pour obtenir des vues. Aujourd'hui, ce n'est pas forcément le cas. Après, nous, on va dire la métrique qu'on regarde le plus, ce n'est pas tant le nombre d'abonnés, puisqu'on est à peu près à 160 000. C'est plutôt le nombre d'engagements, parce que c'est vraiment stratégique pour nous, on essaye d'être une marque qui se différencie de sa concurrence. On tente d'être engageant. Aujourd'hui, on a plus de 4,7 Million d'engagements après un peu plus d'un an sur la plateforme, donc on est très contents effectivement. Et dans un domaine industriel B2B, il faut mettre tout ça dans la balance. Il y a peu de gens qui nous connaissent. Alors pour les personnes qui sont plutôt dans l'industrie de l'ingénierie, ils vont nous connaître parce qu'ils utilisent Catia, ils utilisent SolidWorks ou la 3D expérience. Il y a beaucoup d'étudiants qui l'utilisent, mais évidemment, on doit expliquer ce qu'on fait. C'est ça le plus dur car comme tu l'as dit, c'est très facile de dire juste Dassault. Le but est de faire connaitre Dassault Systèmes, comme l'entreprise qui peut aider le monde de demain. MajdelineSuper. Quentin, si jamais tu as convaincu un de nos auditeurs et qu'il souhaite se lancer dans ce métier, métier-là, quelles sont pour toi les trois principales compétences requises pour ce job ? QuentinIl faut avoir une compétence analytique. Ça, je pense que c'est le plus important temps. On a tendance à l'oublier, mais les réseaux sociaux, c'est quelque chose qui est très stratégique. Du coup, on a besoin d'analyser, on a besoin de comprendre les statistiques pour pouvoir en dégager, finalement, des contenus particuliers des tendances. Ce qui va être également extrêmement important c'est de maîtriser les écosystèmes réseaux sociaux. Chez Dassault Sytèmes, chaque réseau social est attribué à une personne. Donc, on a une personne qui s'occupe d'Instagram, une personne qui s'occupe de X, on a une personne qui s'occupe de LinkedIn et moi, je m'occupe de TikTok. Ça nous permet de nous spécialiser, finalement, dans différents réseaux sociaux. La dernière chose qui est extrêmement aussi importante, c'est des compétences en création de contenu, bien entendu. Si on est dans la partie plutôt éditorialisation, il faut réfléchir et il faut être en capacité de mettre les mains dans le cambouis. MajdelineEt le contenu est différent pour toutes les plateformes ? Vous, comme vous avez un « split » par plateforme, cela veut dire que vous réutilisez pas les mêmes contenus pour chaque plateforme ? QuentinOn va pouvoir réutiliser du contenu, mais on va l'adapter à chaque plateforme. D'une manière très simple, l'audience que j'adresse sur LinkedIn n'est absolument pas la même que j'adresse sur Instagram, n'est pas du tout la même que j'adresse sur un TikTok. On fait souvent le comparatif entre Instagram et TikTok avec les Reels. Aujourd'hui, pour te donner juste un contexte, sur Instagram, on a énormément de gens qui connaissent nos solutions et qui sont utilisateurs de nos solutions. C'est vraiment une audience très "ingénieur". Toutefois, sur TikTok, on va toucher des gens par le biais de l'algorithme qui ne connaissent absolument pas notre marque et on doit différencier le contenu. Ça veut dire qu'aujourd'hui, la simulation qui est notre sujet phare, si on poste une simulation sur Instagram, si moi je reposte cette même simulation, je vais la contextualiser pour adresser une audience qui est beaucoup plus générique. MajdelineDans tout ça, quelle est la tâche qui te plaît le plus ? Ensuite, celle qui te plaît le moins ? QuentinAlors ce qui me plaît le plus, forcément, c'est la création de contenu. Franchement, j'ai un métier où je me lève le matin, j'ai la banane. Mais après, l'aspect que j'aime un peu moins, et c'est un mal pour un bien, c'est quand un contenu va devenir viral, on doit monitorer l'intégralité des commentaires. Aujourd'hui, je suis avec mon manager, seul à le faire. Quand on a 10 000 commentaires sur une vidéo, je dois repasser sous les 10 000 commentaires. Donc, c'est des soirées sur la plateforme, c'est des week-ends sur la plateforme. En tout cas, c'est ce qui me plaît le moins, mais c'est quand même sympa parce que ça veut dire que le contenu a bien fonctionné. MajdelineCe qui te plaît le moins, c'est que tu es victime, de ton succès sur certaines vidéos. Quentin, attention, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne, un social media spécialiste ? QuentinJe dirais que ça va vraiment dépendre de ses années d'expérience, de l'entreprise, parce qu'il y a plein de paramètres à considérer. Est-on en agence ou chez l'annonceur ? Mais, je dirais qu'on est entre 35K€ et 50K€ annuel brut en fonction du statut. Je dirais entre 38K€ et 42K€ brut annuel. Chez Dassault Systèmes, on a un CE incroyable, on a de la participation et intéressement qui représente une part non négligeable de la rémunération. MajdelineOk, super. Quel a été pour toi le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier ? QuentinJe dirais que ça a été celui de prendre le temps de bien découvrir l'entreprise. On a 13 marques, on a 12 industries, donc on travaille sur des secteurs d'activité qui sont très différents. Ça peut être de l'aéronautique jusqu'à la santé. Donc, il faut prendre le temps de comprendre qui sont les parties prenantes en interne. Il est très important de bien comprendre tout ça pour travailler ensuite sur l'awareness (familiarité des consommateurs avec une marque ou ses produits) via les réseaux sociaux. MajdelineOk, donc c'est un très bon point pour ton métier, en arrivant au début du poste de vraiment prendre ce temps- là. Quel est le projet sur lequel tu as le plus aimé travailler ? QuentinJe dirais que le projet sur lequel j'ai le plus aimé travailler, c'est sans hésiter le CES de Las Vegas. Pour les gens qui ne savent pas forcément ce que c'est, le CES, c'est le Consumer Electronic Show. C'est le plus grand salon des nouvelles technologies au monde. Dassault Systèmes est exposant depuis plusieurs années maintenant. On sera également présent cette année. On est dans le hall de la santé et on va présenter ce que fait Dassault Systèmes dans ce domaine-là. Et dans mon cas, avec l'équipe Social Media, moi, je m'occupais de la partie TikTok mais comme on faisait du tourné-monté dans la journée. On filmait tout à l'iPhone et on montait le soir pour poster aux heures stratégiques en France. MajdelineOk, super. Est-ce que tu as une anecdote qui t'est arrivée dans ton travail ? QuentinOui, une anecdote très, très drôle. Les équipes événementielles cherchaient un photographe. Et comme j'aime bien faire de la photo, j'ai participé à un événement qui se tenait à Versailles et j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer notre CEO, Bernard Charlès, qui d'ailleurs savait qui j'étais. C'était quand même très, très drôle dans une entreprise de plus de 20.000 personnes. Et il m'a félicité pour le compte TikTok, parce qu'il trouvait ça très cool. Au départ, on avait peur d'être licenciés quand il voyait le compte, mais finalement, il a bien aimé. MajdelinePenses-tu qu'une personne qui n'est pas bilingue ou du moins qui n'a pas un anglais professionnel pourrait se lancer dans le métier de social media specialist ? QuentinJe dirais que ça va dépendre des industries, bien évidemment. Chez Dassault System, ce serait quasiment impossible. En étant tout à fait transparent. Aujourd'hui, dans mon équipe, on est plus de cinq. Aujourd'hui, mon manager est français, mais je ne le considère pas comme français vu qu'il a fait une école d'interprète-traducteur, donc ça ne compte pas. Mais sinon, toutes les personnes qui sont CDD dans mon équipe ne sont pas francophones. On a une égyptienne, une américaine, on a une personne irlandaise qui nous rejoint. Donc, on a vraiment besoin de l'anglais, comme on communique uniquement en anglais. Toutes nos communications sont faites en anglais. L’anglais est obligatoire. On ne peut pas s'en passer. C’est réellement quelque chose qui fait la différence. On peut le voir même dans certaines entreprises et je pense que tous les gens pourront se reconnaître. MajdelineQuelles sont les certifications professionnelles qui sont utiles ? QuentinPour la partie payante, je pense que toutes les certifications sont bonnes à prendre. Meta Ads, Twitter Ads, X Ads, TikTok Ads et j'en passe. Mais après, pour la partie plutôt organique, il y en a pas forcément. Je pense qu'on apprend un peu sur le tas. Mais toutefois, nous, on utilise Sprinklr et aujourd'hui, moi, j'ai fait toutes les certifications Sprinklr et c'est très utile pour des gens qui recherchent des personnes qui vont faire de la gestion de projet. MajdelineOk, très bien. Tu nous le disais en introduction, tu as fait un CV de feu qui a cartonné sur LinkedIn. Aurais-tu des conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient peut-être poster leur CV sur LinkedIn et cartonner comme toi ? QuentinOui, bien sûr. Je dirais que le premier conseil que je pourrais donner, c'est d'être soi-même. Ça peut paraître bête, mais j'ai voulu faire un peu comme tout le monde, le CV sur Canva, les templates que tout le monde connaît. Ensuite, j'ai voulu faire un CV vidéo où je m'étais dit « C'est super, je travaille chez Apple, je vais devant les locaux et puis je vais me filmer. » Cependant je me suis posé la question, je me suis dit « Je ne suis pas acteur, donc me filmer devant des locaux, ça va être très bizarre. Je ne vais pas regarder la caméra, ça va être scripté, ça va extrêmement être gênant. » Et au final, dans le but, je me suis dit « Je travaille chez Apple, on utilise toutes ces applications, je vais créer un CV qui me représente finalement. Mais ce qui est important c'est plutôt le storytelling qu'il y a derrière. MajdelineMerci Quentin. ### Combien gagne un Trading Manager ? Trading Manager Salaire Trader Junior : 30-35k€ brut/an ; Trading Manager : à partir de 40k€ brut/an. Trading Manager Formation Master marketing digital, école de commerce ou académie spécialisée type Oreegami. Trading Manager c’est quoi Piloter, optimiser et analyser des campagnes publicitaires numériques pour les clients. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Loreine, Trading Manager chez Publicis Media. Écouter le podcast Rémunération d'un Trading Manager ? Le métier de Trading Manager consiste à piloter et à optimiser des campagnes publicitaires digitales en achetant des espaces media via des plateformes programmatique (DSP) ou en gré à gré. Loreine d'Almeida, Trading Manager chez Publicis Media, détaille les niveaux de rémunération pour ces rôles clés au sein d’une des plus grandes agences publicitaires mondiales. Salaire débutant d'un trading manager Selon Loreine, un Trading Manager débutant peut prétendre à un salaire brut annuel d’environ 40 000 €. En parallèle, les profils de trader média junior, qui assistent les Trading Managers sur des opérations courantes, démarrent généralement entre 30 000 € et 35 000 € bruts par an. Ces niveaux varient selon la taille de l’agence et la localisation géographique, Paris restant le marché le plus rémunérateur. Évolution du salaire avec l'expérience Avec quelques années d’expérience, la rémunération d’un Trading Manager évolue sensiblement. Loreine indique qu’un profil avec 3 à 5 ans d’ancienneté peut atteindre entre 50 000 € et 70 000 € bruts annuels. Les fourchettes hautes concernent les managers ayant la responsabilité d’une équipe et la gestion de budgets publicitaires supérieurs à plusieurs millions d'euros par an. La transition vers des postes de senior management ou de responsable trading dans des entités plus importantes permet également de franchir des paliers salariaux plus élevés. Facteurs influençant la rémunération Loreine souligne plusieurs variables qui impactent le salaire : la taille et la renommée de l’agence (Publicis Media vs structures plus petites), la localisation (Paris > province), le volume de budget géré, ainsi que les certifications obtenues sur les DSP (DV360, Xandr, The Trade Desk). Le niveau de formation (Master marketing digital vs cursus plus général), la maîtrise de l’anglais et le statut interne vs consultant externe sont également déterminants. ### Trading Manager - Loreine d'Almeida Tout savoir sur le métier de Trading Manager : missions, compétences, salaire et parcours Trading Manager Salaire Trader Junior : 30-35k€ brut/an ; Trading Manager : à partir de 40k€ brut/an. Trading Manager Formation Master marketing digital, école de commerce ou académie spécialisée type Oreegami. Trading Manager c’est quoi Piloter, optimiser et analyser des campagnes publicitaires numériques pour les clients. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Loreine d'Almeida –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Loreine d'Almeida, Trading Manager Bertrand Merci beaucoup Loreine d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Trading Manager chez Publicis Media. On va avoir l'occasion de parler de ça dans le détail. Avant ça, peux-tu te décrire en quelques mots ? Loreine J'ai 27 ans, je suis née et j'ai grandi à Lyon où j'ai obtenu mon bac en 2013. Ensuite, j'ai obtenu une licence professionnelle en Information et communication à l'Université Lyon 2 en 2016. Bertrand D'accord. Est ce que tu peux maintenant parler de ton parcours professionnel avant Publicis, tes stages, tes expériences avant de rentrer chez Publicis ? Loreine J'ai effectué deux stages. Le premier dans une agence de communication spécialisée dans l'hôtellerie de luxe et la restauration. Alors, j'ai effectué ensuite neuf mois en CDD, toujours dans la même agence. Le deuxième stage, je l'ai fait via Erasmus. J'ai fait trois mois au Pays de Galles où j'ai appris les bases du SEO. Ensuite, j'ai intégré Oreegami, qui est une académie du marketing digital. Cinq ans après, je n'ai aucun regret. Bertrand Excellent. On reviendra sur Oreegami pour nous raconter dans le détail ce que tu as fait chez eux. À présent, peux-tu présenter Publicis ? Loreine Publicis est la deuxième agence de publicité au niveau mondial. Publicis regroupe différentes entités. Je fais partie de PMT, Publicis Media Trading, où on va plutôt piloter des campagnes. On est plutôt sur de l'opérationnel. Bertrand Loreine, tu es Trader Manager chez Publicis. Ça veut dire quoi le « Trading » chez Publicis ? Loreine Le « trading », c'est un peu comme la bourse. On va piloter et optimiser des campagnes publicitaires digitales sur Internet. Il faut savoir qu'un trader média va s'occuper de l'achat d'espaces publicitaires en ligne via différents supports. Ça peut être via des DSP, des Demand Side Platform, en programmatique. Bertrand Ok, donc maintenant, ça veut dire qu'on achète en fonction de l'offre et de la demande et on achète de façon automatique. C'est bien ça ? Loreine Tout à fait. Ensuite, on peut aussi acheter en gré à gré. Ça, c'est ce qui se faisait avant le programmatique. Ça veut tout simplement dire qu'on va passer en direct avec des régies publicitaires. Bertrand D'accord. Et les DSP, ils sont fournis par qui ? Loreine Par différents prestataires externes, par exemple, Google a son propre DSP qui s'appelle DV360 Bertrand D'accord. Sinon, il y a d'autres régies publicitaires qui te fournissent des DSP avec lesquels tu vas travailler ? Loreine Oui, tout à fait. Bertrand Ok. Ça, c'est vraiment le trading, c'est- à- dire qu'on est dans une agence de publicité et on gère de façon automatique les campagnes publicitaires digitales. Qu'affiche-t-on comme publicité ? Loreine Alors, on va afficher des bannières, donc des images, comme ça peut être aussi de la vidéo en fonction du client. Bertrand Ok. Maintenant, on va essayer d'expliquer tes missions quotidiennes. Tu m'as dit que tu avais trois missions quotidiennes principales ? Loreine J'en ai fait trois missions. La première va consister à faire des recommandations et des plans média aux clients compte tenu de son brief. Deuxième mission, on va optimiser les campagnes pour répondre aux objectifs du client. La troisième mission sera plus tournée vers une phase de reporting. On va présenter aux clients le bilan de sa campagne. Bertrand Si on revient sur chaque mission, qu'est-ce que ça veut concrètement dire de faire une recommandation à un client ? Loreine Le client va nous envoyer son brief avec le budget qu'il a à disposition, son objectif et, en fonction de ça, on va mettre en place une stratégie qui répondra au mieux à sa demande. Bertrand D'accord, ça veut dire que tu vas choisir les supports sur lesquels tu vas travailler. Tu vas choisir une multitude de critères qui vont te permettre d'optimiser, est-ce correct ? Loreine Exactement. Bertrand Ok, tu le fais directement avec le client ou tu le fais avec les équipes de Publicis ? Ça se passe comment ? Loreine Ça, c'est un point que je vais voir avec mon équipe. On peut proposer du programmatique ou passer directement avec des régies publicitaires. On va répondre aux clients sous forme de plan média où on mettra en avant ce qu'on lui propose pour lancer sa campagne. Bertrand D'accord, en mission 2, tu as dit « optimiser » les campagnes, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que la campagne est lancée, elle a été acceptée par le client et maintenant, tu la gères ? Loreine Oui, donc on va regarder différents points. Déjà, on va s'assurer que le budget dépense bien, surtout en programmatique où là, on a vraiment "les mains dans le cambouis". On voit en direct tout ce qui se passe. Ensuite, on va s'assurer qu'on n'achète pas trop cher parce qu'on est des traders. Et on va aussi regarder différents KPI et objectifs. Bertrand C'est quoi un KPI ? Loreine Un KPI (Key Indicator Performance), c'est tout simplement les objectifs de la campagne. Parce qu'une campagne avec un objectif de notoriété ne sera pas pilotée de la même façon qu'une campagne avec un objectif de trafic sur site. Bertrand Tu as dit au début : "on va regarder si la campagne dépense bien". Ça veut dire quoi exactement ? Ça veut dire : « A-t-on suffisamment d'espace pour pouvoir acheter ce qu'on veut ? Loreine On s'assure que le budget du client diffuse bien, donc il peut y avoir différents paramètres qui peuvent limiter notre diffusion. Ça peut être notre ciblage. Comme on est en programmatique, vu qu'on est sur un système d'enchères, il y a beaucoup de concurrence, alors on s'assure d'acheter au bon prix. Bertrand Si je prends un parallèle, et si je veux vendre un objet sur Leboncoin, par exemple. Je dois mettre le bon prix et ainsi, je vais toucher beaucoup de monde et à vendre mon produit ? C'est un peu la même chose, non ? Loreine Tout à fait. Oui, tu as tout compris. Bertrand Après, en mission trois, tu as dit « reporting » ou « bilan de campagne ». Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Comment ça se passe ? Loreine Une fois que la campagne est terminée, on va montrer au client que son budget a bien été dépensé, combien d'impressions ont été diffusées, le nombre de clics. Si c'est de la vidéo, on va lui dire combien de fois sa vidéo a été vue. Bertrand D'accord, on va lui donner les résultats de sa campagne et essayer de vérifier qu'elle soit en phase avec ce qu'il souhaitait faire au départ ? Loreine Tout à fait. Bertrand Ok. J'avais une autre question par rapport à ce métier, quelles sont les trois principales compétences qu'il faut pour ce job ? Loreine Je dirais qu'il faut être force de proposition. Bertrand C'est ce que tu disais tout à l'heure, force de proposition, ça veut dire « faire des recos », être suffisamment agile pour proposer des choses ? Loreine Oui, exactement. Il faut aussi avoir une certaine connaissance du marché. Bertrand D'accord. Là, ça veut dire qu'il faut se renseigner, il faut être curieux, connaître le marché et connaître ses évolutions ? Loreine Exactement, et aimer les chiffres ou en tout cas savoir les analyser. Bertrand Ça m'intéresse parce que c'est souvent une question qui nous est posée par ceux qui écoutent le podcast. Aimer les chiffres, ça veut dire qu'on gère des gros tableaux Excel ? Ou va-t-on plus loin en termes de volume ? Loreine Oui, on est constamment sur Excel. Bertrand On n'a pas besoin d'aller plus loin pour gérer des grosses volumétries de données. Excel, ça suffit ? Loreine Oui. Bertrand Ok. Ça veut dire que pour faire ce métier, il faut être bon en Excel ? Loreine Quand même oui, il faut avoir les bases. Bertrand D'accord. Loreine, est-ce que maintenant, tu peux nous dire quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? Loreine Ce que j'aime le plus, c'est la partie recommandation. Proposer des tests aux clients et optimiser les campagnes. Ce que j'apprécie le moins, ça va être toute la partie technique pour une mise en ligne de campagne. Bertrand Attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne, un Trading Manager ? Loreine Un Trading Manager peut toucher à partir de 40k€ brut annuels. Bertrand Dans ton équipe, tu as plusieurs Trader Media opérationnels avec toi sur les campagnes. Un trader média, ce serait autour de 30-35K€, c'est ça que tu avais dit ? Loreine Oui, un junior peut toucher entre 30 et 35K€ brut annuel. Bertrand D'accord, est- ce que tu peux également nous dire quelle a été la plus grande surprise que tu as eue dans ce métier de Trader Manager ? Loreine Je ne pensais pas être amenée à rencontrer autant de personnes, que ce soit en interne, les annonceurs et les régies publicitaires. On est dans un domaine dans lequel on rencontre beaucoup de personnes. On est souvent amené à se recroiser et c'est très enrichissant. Bertrand Évidemment, il y a beaucoup de monde chez Publicis. Forcément, c'est une grande agence avec un nombre de personnes important. De plus, il y a beaucoup de monde aussi chez les clients de Publicis, donc les fameux annonceurs, mais il y a aussi les régies. Alors, il faut que tu nous expliques ça, ce sont les personnes avec qui tu travailles ? Loreine Tout à fait. On est constamment en échange avec eux, que ce soit pour de simples rendez-vous, pour qu'ils nous présentent leurs offres, leurs nouveautés, mais aussi parce qu'on est généralement amené à travailler avec eux. Bertrand Quand on parle d'agence, on parle aussi souvent d'un aspect un peu festif. Il y a pas mal de petites fêtes organisées pour rencontrer justement ces régies ? Loreine Oui, ça peut être via des cafés le matin. Certains peuvent aussi proposer des déjeuners ou des after-work. Bertrand D'accord, donc c'est aussi festif. C'est à la fois rencontrer beaucoup de monde, mais aussi les rencontrer de façon un sympathique ? Loreine Oui, c'est aussi le côté fun du métier. Bertrand Est-ce que dans tout ça, tu changerais quelque chose à ton parcours ? Et si Oui, quoi ? Loreine Rien du tout. Je suis ravie d'avoir suivi le programme Oreegami et que Publicis en soit partenaire. Bertrand D'accord, on va précisément rentrer dans l'explication de ce que c'est Oreegami. Tu as suivi cette formation. Alors, tu nous as parlé tout à l'heure d'un mail que tu as reçu et c'est ça qui t'a amené chez eux ? Loreine Oui, c'était en 2018, et c'était la première promotion. Oreegami est une académie dans le marketing numérique, qui forme à tous ces métiers-là. Nous sommes formés par des intervenants qui sont du métier. Bertrand C'est une formation gratuite ? Loreine Oui, à mon époque, quand j'ai commencé, la formation se faisait en sept mois. J'avais trois mois de cours intensifs, puis quatre mois en CDD. Mais maintenant le programme a évolué. On est plutôt sur une alternance d'un an. Bertrand D'accord. On est sur un sujet qui est autour du marketing digital et de la publicité digitale, c'est bien ça ? Loreine Tout à fait. Bertrand Loreine, la communauté du Gagne-Pain nous interroge très régulièrement sur l'utilisation de l'anglais dans le travail. Est-ce que pour ton métier de trading manager, c'est important l'anglais ? Loreine Oui, je pense qu'il faut avoir une bonne base en anglais. Évidemment, on utilise beaucoup de termes qui sont en anglais, mais qui peuvent aussi s'apprendre sur le tas. J'ai déjà été amenée à parler en anglais, mais je pense que tout dépend surtout de son portefeuille client. Bertrand D'accord, est-ce qu'il y a des choses qu'il faut faire 100% en anglais ? Pour utiliser certains outils qui ne sont pas traduits. Les DSP, par exemple, est-ce que c'est déjà traduit en français ou il y a quand même une terminologie en anglais ? Loreine Oui, souvent les DSP sont en anglais. Bertrand D'accord. Donc, il y a tout de même un minimum pour comprendre comment ça marche ? Loreine Oui. Bertrand Loreine, peux-tu nous expliquer quelle est la journée type d'une trading manager ? Loreine On va commencer par regarder nos mails parce qu'on en reçoit beaucoup. Bertrand Tes mails viennent d'où ? Loreine Principalement, des régies, des clients mais également beaucoup en interne. Bertrand Quand tu arrives le matin, il y a combien d'e-mails dans ta boîte ? Loreine Le matin, ça va être un peu soft, une quinzaine, mais à la fin de la journée, je pense qu'on n'est pas loin de la cinquantaine ? Bertrand Dans ta journée type, on a donc les e-mails, et puis, il y a aussi, j'imagine, des réunions, il y a des rendez-vous. Comment ça s'organise, tout ça ? Loreine On va avoir ce qu'on appelle des worklists hebdomadaires avec nos clients, où on va souvent parler des campagnes qui sont en cours. Également des plans d'action de leur côté, qui vont nous permettre de préparer les prochaines campagnes. Bertrand Ça, ce sont des réunions régulières avec tes clients et ça se passe en visio, j'imagine ? On n'a pas besoin de se rencontrer physiquement ? Loreine En général, c'est en visio parce qu'ils sont assez loin. On peut avoir le même système, en interne, avec d'autres équipes, notamment le conseil. Bertrand D'accord. Là, c'est plutôt pour s'organiser en interne, pour bien répondre aux clients. Est-ce qu'il y a des rendez-vous physiques ? Si oui, lesquels ? Loreine Les rendez-vous physiques se font la plupart du temps avec les régies. Bertrand Ça, c'est ce que tu évoquais tout à l'heure, des déjeuners, des cafés le matin où des petites réunions festives. Et là, on rencontre les régies. Loreine, en dehors des e-mails, des réunions, qu'est-ce qui se passe dans ta journée ? Loreine On va regarder nos campagnes, s'assurer qu'elles se portent bien, les optimiser. Effectivement, les débuts et les fins de mois sont les périodes les plus chargées parce qu'on va être entre le lancement d'une campagne et le reporting. Bertrand D'accord, et tes campagnes, quand tu les lances, elles durent combien de temps ? Ce sont des campagnes qui sont de longue durée ou ce sont des campagnes ponctuelles ? Loreine Ça va dépendre des clients, mais pour mes clients actuels, on est à une campagne par mois. Bertrand D'accord. Ça veut dire que c'est des campagnes qui durent sur l'ensemble du mois et qu'il faut les gérer du premier jour du mois à la fin du mois ? Loreine Tout à fait. Bertrand Loreine, pour ceux qui nous écoutent, est-ce que tu peux nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier ? Loreine Comme je l'ai évoqué tout à l'heure, Oreegami est pour moi la meilleure école car on est directement formé à un métier. Mais on peut bien entendu avoir un Master tourné vers le marketing digital, que ce soit à la Fac ou en école de commerce. Dans mon entourage, beaucoup viennent d'écoles de commerce, par exemple. Bertrand D'accord. Est-ce qu'il y a également des formations en interne pour continuer à progresser ? Comment ça se passe ? Loreine Oui, c'est ce que Publicis met en place. On peut entre autres avoir des certifications aux différents DSP. Il y a DV360, il y a aussi Xandr qui en propose. Bertrand D'accord. Ça, ce sont les certifications professionnelles qui permettent d'attester tes compétences sur tel ou tel sujet sur le marketing digital ? Loreine Tout à fait. Bertrand Après, on va se poser la question sur le mode de vie. Je sais que pour toi, c'est particulièrement intéressant. On pose la question du mode de vie pour connaître un peu les horaires, le télétravail, la mobilité. Peux-tu nous dire comment tu travailles ? Loreine J'ai la chance depuis un peu plus d'un an maintenant d'être toujours attachée à Publicis Media Paris, mais d'être en mobilité à Montpellier. Bertrand D'accord. Ça veut dire que tu es 100% à Montpellier. Tu viens parfois à Paris quand même ? Loreine Oui, je remonte une à deux fois par mois et sur le télétravail, on a droit à deux jours. Bertrand Tes horaires de travail, c'est quoi à peu près ? Une journée, ça démarre quand ? Ça se termine quand ? C'est quel type d'horaire ? Loreine J'aime bien commencer tôt. Quand je suis à Montpellier, je débute entre 8h00 et 8h30 et je pars entre 18h45 et 19h00. Bertrand Tu fais tout ça depuis Montpellier ? Loreine Oui. Bertrand C'est plutôt bien, je t'envie. Loreine, quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ? Loreine De ne surtout pas hésiter, parce que le marketing digital regroupe différents métiers qui sont tous aussi intéressants les uns que les autres. Il y a beaucoup de recrutement, donc il faut se lancer. Bertrand Loreine, est-ce qu'il y a des choses que tu as envie de partager avec ceux qui nous écoutent ? On pose cette question notamment pour la partie culturelle, les livres, les séries, les podcasts. Je crois que tu avais quelque chose qui te tenait à cœur et que tu souhaitais partager avec ceux qui nous écoutent ? Loreine Oui, une émission sur YouTube qui s'appelle The Programmatic Society qui est très bien faite. Ce sont des intervenants du milieu qui échangent et qui traitent des sujets liés à ce qui se fait sur le marché. Bertrand Loreine, on a une question sur l'intelligence artificielle. Penses-tu que l'IA a déjà un impact sur ton métier ou aura un impact sur ton métier ? Loreine À date, il n'y en a pas forcément, mais je pense qu'il peut y avoir un intérêt sur la partie recommandations et stratégie. Bertrand D'accord. Il y a déjà eu des échanges sur ce sujet, je crois, c'est ce que tu me disais en préparant cette interview ? Loreine Oui, tout à fait. Il y a quelques semaines, on en parlait déjà. Bertrand D'accord. On avait aussi une question posée par Émeline dans l'épisode 57, qui s'interrogeait sur le sens au travail. Comment trouves-tu du sens à ton travail ? Loreine Je dirais qu'on est constamment entouré par la publicité et que le rôle du Trader Media, c'est de transmettre le bon message à la bonne personne et surtout au bon moment. Bertrand D'accord. Ensuite, toi, as-tu envie de poser une question à ceux qu'on va interroger dans les prochains épisodes du Podcast ? Loreine Oui : "Comment vois-tu ton métier dans cinq ou dix ans ?" Bertrand D'accord, Voudrais-tu ajouter quelque chose ? Loreine Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez le faire via LinkedIn. Bertrand D'accord, je crois que tu avais aussi envie d'ajouter quelque chose à propos de Publicis ? Loreine Oui, Publicis recrute, donc vous pouvez envoyer vos CV via les offres d'emploi de Publicis Bertrand Merci beaucoup Loreine. Bertrand Merci Bertrand. BertrandJ'ai vraiment appris beaucoup de choses dans cet entretien avec Loreine et j'aimerais partager avec vous trois réflexions complémentaires. La première, c'est le développement considérable ces dernières années de l'achat programmatique dans la publicité numérique. L'achat via les DSP va continuer à se développer ainsi que les métiers associés. La conséquence est l'importance grandissante de la formation pour ces nouveaux métiers. Ce qui m'amène à ma deuxième réflexion. Si vous souhaitez en savoir plus sur les métiers de la Publicité Digitale, nous avons déjà enregistré 3 épisodes qui complètent celui d'aujourd'hui. L'épisode 47 avec Adilson sur le métier de Trader Programmatique chez Havas, l'épisode 43 avec Clarisse sur le métier de Campaign Manager chez Tara Jarmon, et l'épisode 26 avec Héloïse sur le métier de Media Trader chez Artefact. La troisième chose, c'est évidemment la formation. En plus du témoignage de Loreine, j'aimerais vous proposer d'en savoir plus sur Oreegami, une académie qui forme aux métiers de la publicité digitale. Dans une interview en format "Atelier du Gagne-Pain" j'ai reçu Yann Gabay, le CEO et fondateur de cette académie, à retrouver dans l'épisode 39. ### Combien gagne un ingénieur Cloud DevOps ? Ingénieur Cloud DevOps Salaire Entre 40 000€ et 80 000€ brut/an selon expérience, surtout en société de service. Ingénieur Cloud DevOps Formation Bac+3 à Bac+5 en informatique, certifications cloud, apprentissage continu essentiel. Ingénieur Cloud DevOps c’est quoi Automatise et sécurise l’infrastructure cloud, assure déploiement, tests et docs. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Fabrice, Ingénieur Cloud DevOps chez Capgemini. Écouter le podcast Rémunération d'un ingénieur Cloud DevOps ? Le métier d'ingénieur Cloud DevOps consiste à concevoir, automatiser et déployer des infrastructures cloud, tout en garantissant la sécurité, la résilience et l'efficacité des services. Fabrice Gauvrit, ingénieur Cloud DevOps chez Capgemini, partage son retour d’expérience et détaille les fourchettes de salaire pratiquées pour ces profils très demandés. Salaire débutant d'un ingénieur Cloud DevOps Selon Fabrice, un ingénieur Cloud DevOps junior, souvent issu d’une école d’ingénieur ou d’une formation spécialisée en cloud et automatisation, peut prétendre à un salaire compris entre 40 000 € et 55 000 € bruts par an en ESN (Entreprise de Services du Numérique). Cette fourchette varie en fonction de la maîtrise des principaux providers (Azure, AWS, GCP) et des outils d’Infrastructure as Code comme Terraform ou Ansible. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d’expérience et une expertise avérée sur des architectures complexes, Fabrice indique qu’un ingénieur Cloud DevOps confirmé peut évoluer vers des salaires compris entre 60 000 € et 100 000 € bruts par an. Les profils les plus recherchés sont ceux capables de piloter des chaînes CI/CD complètes, de sécuriser les environnements et de conseiller sur le design d’architecture cloud. Au-delà du technique, l’évolution vers des postes de lead DevOps, d’architecte Cloud ou de manager d’équipe demeure un levier majeur pour accroître significativement sa rémunération. Facteurs influençant la rémunération Fabrice explique que plusieurs variables impactent le salaire : le type de structure (grande ESN, startup, client final), la localisation géographique, le niveau de certifications (AWS Certified, Azure Expert), la complexité des projets (multi-cloud, sécurité renforcée) et le mode de facturation (interne ou en tant que consultant externe). Enfin, la polyvalence sur les outils d’automatisation et la capacité à encadrer une équipe sont également très valorisées. ### Ingénieur Cloud DevOps - Fabrice Gauvrit Tout savoir sur le métier d’Ingénieur Cloud DevOps : salaires, missions et formations Ingénieur Cloud DevOps Salaire Entre 40 000€ et 80 000€ brut/an selon expérience, surtout en société de service. Ingénieur Cloud DevOps Formation Bac+3 à Bac+5 en informatique, certifications cloud, apprentissage continu essentiel. Ingénieur Cloud DevOps c’est quoi Automatise et sécurise l’infrastructure cloud, assure déploiement, tests et docs. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Fabrice Gauvrit –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Fabrice Gauvrit, ingénieur Cloud DevOps MajdelineMerci Fabrice d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Fabrice, tu es ingénieur Cloud DevOps chez Capgemini. On va avoir l'occasion de revenir en détail sur ton métier assez spécifique, mais peux-tu te décrire en quelques mots ? FabriceOui, j'ai 51 ans, depuis 42 ans je fais de l'informatique et 26 ans professionnellement. En réalité, j'ai toujours été passionné par les ordinateurs. Tout petit, j'avais les yeux qui brillaient devant les jeux vidéo. Et, puis quand j'ai eu mon premier ordinateur à l'âge de neuf ans, immédiatement, je me suis mis à faire de la programmation et j'ai même monté mon propre club d'informatique. J'ai fait un peu de chemin depuis tout ce temps. MajdelineUn vrai geek ? FabriceAbsolument. MajdelineAlors aujourd'hui, tu travailles chez Capgemini en tant qu'ingénieur cloud DevOps. Mai, quel a été ton parcours professionnel ? FabriceBon sur les 26 ans de carrière, j'ai changé à peu près 26 fois de métier. Comme vous savez, l'informatique évolue sans arrêt. On rencontre des opportunités qu'il faut saisir et pour ne pas se retrouver obsolète sur le marché, il faut s'actualiser. Donc, j'ai commencé par faire du support utilisateur et puis de la maintenance de serveurs. C'étaient les tous premiers serveurs de Microsoft. Par la suite, je suis passé en tant qu'expert sur une multitude de technologies différentes. J'ai travaillé pour les premiers Ad Exchange pour la messagerie, j'ai traversé la case BlackBerry, sur de l'infrastructure virtuelle. C'était la première infrastructure virtuelle qui tenait la route. Naturellement, je suis allé vers le cloud computing (Microsoft Azure) et puis Terraform qui est une plateforme d'automatisation. Plein d'outils, je ne peux pas vous citer tous les outils parce que comme DevOps, il y en a beaucoup. MajdelineFabrice, tu travailles chez Capgemini, peux-tu nous présenter cette entreprise ? Finalement, pourquoi as-tu choisi cette entreprise ? FabriceCapgemini, c'est une « petite » société de juste 350.000 personnes. C'est une société de services. Toutes les sociétés de services ont le but d'accompagner les organisations à travers le monde dans leur transformation numérique ou technologique. Typiquement, moi, j'ai fait le choix de la société de services pour la simple et bonne raison que j'aime toujours être en défi, en challenge quand je pratique un métier. Et si on se retrouve un peu à faire tout le temps la même mission, on arrive vite à faire le tour et puis on commence à s'ennuyer. Ce n'est pas ce que je souhaite. L'avantage d'une société de services, c'est d'être capable d'accompagner les collaborateurs dans leur évolution de carrière. Donc, ils peuvent nous accompagner sur les formations, les certifications... MajdelinePour des personnes qui veulent changer d'environnement assez régulièrement, découvrir un maximum de secteurs et d'entreprises, tu conseilles ce genre de société de conseil ? FabriceOui, et puis dans tous les cas, ça tire vers le haut. On va avoir plein d'environnements différents, plein de technologies différentes, on va à chaque fois devoir faire l'effort de s'adapter. C'est très positif sur une carrière professionnelle. MajdelineOk, très clair. Fabrice, qu'est-ce qu'un ingénieur cloud DevOps ? FabriceUn ingénieur cloud DevOps, c'est quelqu'un qui va aider une entreprise à automatiser des process en fonction de ce que l'entreprise va mettre à la disposition de l'ingénieur. Des outils cloud, c'est la partie qui concerne les providers (les fournisseurs) de cloud, Microsoft Azure, AWS pour Amazon et Google Cloud Platform. Alors, ce sont des personnes qui sont capables de donner des conseils de design en architecture, également de mettre en place tout le déploiement automatique et la configuration automatique de ces architectures. MajdelineOk, c'est très clair. Aurais-tu un exemple pour illustrer le métier de Cloud DevOps ? FabricePar exemple, une entreprise a besoin d'une interface web, pour vendre des produits avec une base de données. Elle va faire sa demande à l'équipe DevOps. L'équipe DevOps va étudier le design à adapter en fonction de la charge. On peut assurer que s'il y a beaucoup d'utilisateurs simultanément, qu'il y aura plusieurs serveurs à déployer par ailleurs pour absorber la charge. On peut estimer une disponibilité 100% parce que sinon elle perd beaucoup d'argent. Donc, on va mettre en place une résilience des machines plus adaptées. On va gérer tout l'aspect sécurité pour éviter que le site web se fasse hacker. Ensuite, s'assurer que vraiment le client ait tout en main pour que son projet fonctionne au mieux et de manière optimale. MajdelineOk, Fabrice. Quelles sont tes missions quotidiennes en tant qu'ingénieur cloud DevOps ? FabriceAlors mes missions, on va découper ça en plusieurs catégories, on va avoir du design, des tests, du codage et de la documentation. MajdelineSur le design, quelle est ton activité ? FabriceLe design, c'est de s'assurer que l'architecture que l'on va proposer est adaptée aux projets du client. Donc dans tous les aspects, en respectant les normes de sécurité recommandées. Ça peut être des normes de sécurité recommandées par nous ou des normes de sécurité déjà actées par le client. FabriceEnsuite au niveau des tests ? FabriceAlors, c'est un piège les tests ? Certains codeurs font l'erreur de décrire leurs tests après avoir codé. Donc, ils vont écrire leurs tests en fonction du code qu'ils ont développé. Là, ce que l'on a souvent préconisé au sein de l'équipe en faisant des réunions, c'est de décrire les tests avant de coder. De cette façon, on a plutôt tendance à coder pour que ces tests qui soient réalisés dans les meilleures conditions possibles. Après, effectivement, une fois qu'on a fait notre développement, il faut s'assurer évidemment que les tests soient positifs. Qu'on n'ait pas oublié des cas particuliers, le faire tester par des utilisateurs représentatifs, puis un panel un peu plus grand avant de livrer la fonctionnalité définitive. MajdelineD'accord, donc beaucoup d'aller-retour, mais ça fait partie du travail et à la fin, j'imagine, écrire et documenter tout ce qui a été fait sur le projet ? FabriceAprès le code et le test, il est essentiel de documenter tout ça pour qu'une autre personne qui n'avait pas le nez dans le code puisse comprendre ce qu'on a voulu faire. La documentation, ça commence par l'intérieur du code lui-même, puis aussi d'écrire cette documentation. On va en avoir deux types. La documentation technique plutôt adressée aux personnes qui vont éventuellement reprendre la fonctionnalité et la faire évoluer. Et, aussi, une documentation moins technique ou plus orientée utilisation qui va s'adresser aux utilisateurs finaux. MajdelineEt toi, qu'aimes-tu le plus faire ? FabriceÉvidemment, là où je m'éclate le plus, c'est en recherchant la solution optimale pour répondre à un besoin. Puis le codage, j'adore ça, la logique et toute la réflexion que ça demande. Après, ce que j'apprécierais le moins, c'est peut-être la documentation, mais c'est essentiel pour faire livrer un bon projet. MajdelineQuelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ? FabriceAlors déjà, logique, puisqu'on va être amené à manipuler des algorithmes. Et, puis en termes de design, d'architecture, il faut être hyper logique. Voilà, ne pas mettre "la charrue avant les bœufs", comme on dit. Par ailleurs, il faut beaucoup de rigueur, car ce qu'il ne faut pas oublier, de ne pas coder à toute vitesse sans se poser les bonnes questions au moment où on code. Donc ça demande beaucoup de rigueur pour éviter justement de se retrouver avec ce qu'on appelle de la "dette technique". Ça veut dire que quand quelqu'un va rajouter des choses, ça va fonctionner de moins en moins bien et en conséquence ce n'est pas la bonne idée. Et enfin, je dirais que la capacité d'adaptation dans le sens où on a les technologies qui évoluent, mais c'est plutôt général à l'informatique. À partir du moment où on fait de l'informatique, ça évolue, on doit évoluer avec. Quelqu'un qui ne sait pas s'adapter, qui va aller chez un client, qui a une infrastructure, qui n'évolue pas beaucoup et puis il va rester là. Ce n'est pas ma philosophie, j'estime que l'adaptabilité, c'est quelque chose d'important dans ce métier, surtout dans le digital et dans le cloud. MajdelineAttention Fabrice, la question Gagne-Pain, combien ça gagne un ingénieur cloud DevOps ? FabriceAlors, tout dépend de l'expérience et des compétences, évidemment. Je dirais une fourchette entre 40K€ et 80K€ brut annuel. Je parle sur des salaires en ESN (Entreprise de services du numérique) ou en société de service. MajdelineFabrice. En plus de 26 ans de carrière, quel est le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier ? FabriceAlors ce défi n'est jamais relevé complètement. C'est un défi quotidien. C'est de suivre la cadence de l'apprentissage et de la certification. Donc quand je dis certification, ce n'est pas obligatoire. Mais quand on est en société de service, si on veut faire valoir ses compétences, il faut les certifier. Voilà, et tout va très vite. Comme je l'évoquais tout à l'heure en informatique. Il faut suivre la cadence. MajdelineQue changerais-tu dans ton parcours si jamais tu pouvais revenir en arrière ? FabriceÀ part acheter du Bitcoin fin 2015… c'était une blague… Je pense que je ne changerai pas grand-chose. Ce n'est jamais parfait, mais le but, c'est d'être fier d'arriver à un point. Et, je suis fier d'être arrivé où je suis. MajdelineSuper ! As-tu un projet sur lequel tu as le plus aimé travailler ? FabriceAlors c'est une mission que j'ai faite chez Capgemini, pour un client qui a duré un peu plus de trois ans. Et, je suis arrivé en support aux machines virtuelles. Et, on m'a donné les clés pour développer des outils et aider le support. À faire des opérations un peu redondantes, à automatiser tout ça, et puis générer des rapports d'infrastructure qui étaient assez énormes et ils avaient besoin de savoir quel était le dimensionnement de tel ou tel point sur l'infrastructure. Et, finalement, j'ai été très sollicitée pour développer tout ça, et ça a été passionnant, "un bon kif" durant un peu plus de trois ans. MajdelineGénial. Quelle est pour toi la bonne formation pour faire ce métier ? FabriceAlors, il y a beaucoup de formations disponibles si on cherche un peu DevOps sur YouTube. Il y a des chaînes YouTube que j'apprécie, par exemple Tech World with Nana. C'est très bien fait et très complet. Et puis sur les sites d'apprentissage, un site se démarque un peu des autres, ça s'appelle Cloud Guru. L'avantage, c'est qu'il y a des Labs intégrés, donc des Labs en live. Quand on travaille sur un cloud provider, on a besoin d'un tenant (Tenant désigne un nuage privé dans lequel les données du locataire vont être stockées). Succinctement, c'est une instance avec laquelle on va pouvoir jouer, on va pouvoir créer ce qu'on appelle des playground. Sur Cloud Guru. Où on va pouvoir travailler sur tel ou tel Lab ou telle infrastructure et sur laquelle on va apprendre beaucoup de choses. Donc il faut beaucoup de pratique et puis beaucoup de théorie, mais surtout beaucoup de pratique pour bien comprendre comment tout s'enchevêtre. Parce que c'est une jungle avec beaucoup d'outils. Et, il faut de la logique, mais pour l'appliquer, il faut comprendre comment tout ça se goupille. MajdelineFabrice, est-ce qu'il y a un mode de vie type pour être ingénieur cloud DevOps ? FabriceUn ingénieur cloud DevOps, c'est un étudiant permanent. On doit se former sur les technologies en permanence, ça va à une vitesse folle et puis encore plus avec l'arrivée de l'IA. Il faut vraiment suivre le rythme. Après, c'est un métier évidemment très sédentaire et avec beaucoup de possibilités de télétravail puisqu'on travaille des providers cloud. Le cloud, c'est quoi ? C'est un datacenter qui est hébergé quelque part et qu'on peut attaquer à distance depuis n'importe où dans le monde. Donc forcément, pour le télétravail, il n'y a pas de soucis. Après, les sociétés de manière générale, pour les DevOps, c'est à peu près trois jours de télétravail par semaine. Il faut quand même voir des gens un minimum. Il ne faut pas s'isoler. C'est sédentaire, mais pas isolé. Et il y a quelques « cérémonies » (événement inhérent au processus Agile pendant lequel votre équipe se retrouve pour discuter des actions à venir). Alors quand on travaille en mode agile, c'est un mode de gestion de projet particulier. Il y a quelques "cérémonies" donc en général en présentiel. Après, on reste très autonome sur notre mission et puis on rend des comptes avec des réunions quotidiennes auprès des équipes et on s'entraide entre nous. On n'est jamais complètement seul, mais il faut quand même être très autonome sur notre travail. MajdelinePenses-tu que l'IA va avoir un impact dans ton métier ? FabriceOui, sur la façon de travailler. On se sert régulièrement de l'IA pour trouver des bases de code. Après, on part de ces bases pour les modifier, les utiliser pour gagner un peu de temps. Mais c'est loin d'être parfait pour le moment. Ça évoluera sans doute et ça nous demandera de moins en moins d'énergie pour mettre en place des solutions. Mais il ne faut pas oublier que c'est un métier proche des clients. Au départ, ce sont des besoins client, donc l'humain reste indispensable dans ce métier. MajdelineEst-ce qu'il y a une différence entre le métier que tu fais aujourd'hui et celui que tu imaginais avant de le faire ? FabricePour reprendre au début, j'ai longtemps hésité entre faire de l'administration serveur, c'est la personne qui va faire de l'installation et de la configuration de serveur, ou faire du développement. Du coup, j'ai fait le choix de faire de l'administration plus par opportunité, mais également en me disant que le développement ça avait l'air d'être un peu routinier. Qu'on allait faire un peu tout le temps la même chose et qu'au bout d'un moment, on s'ennuie. En fait non. Le DevOps, c'est une espèce de liant entre l'administration et le développement et on ne s'ennuie absolument pas. Et puis comme je disais, ça évolue tellement vite qu'on est tout le temps à apprendre quelque chose. Donc voilà, c'est un métier de défi et d'évolution perpétuelle. MajdelineAurais-tu des films, des séries, des livres, podcasts en rapport avec ton métier à nous conseiller ? FabriceAlors c'est un métier qui est assez récent quand on le compare avec beaucoup de métiers. Alors il n'y a pas réellement de contenus dessus. Après, quand on parle de série avec l'informatique. Ça me fait immédiatement penser à Monsieur Robot, mais c'est plutôt tourné vers le monde des hackers. Même si dans notre métier, on est obligé d'être très vigilant côté sécurité. C'est un aspect à ne pas mettre de côté. Après, on pourrait développer un concept de téléréalité qui s'appellerait "DevOps Story". Je ne sais pas, si ça serait une bonne idée, mais dans tous les cas, le DevOps c'est il y a beaucoup de choses visuelles. La programmation, c'est pour moi, c'est visuel. Donc YouTube, tout ça, ce sont de très bons formats pour pouvoir apprendre toutes les technologies. MajdelineOk pour un auditeur intéressé par ton métier, aurais-tu un dernier conseil à lui donner ? FabriceAlors dernier conseil important et c'est plutôt une philosophie : "ne restez jamais sur vos acquis ni dans votre zone de confort, ça vous tirera vers le haut tout au long de votre carrière". MajdelineMerci Fabrice. ### Combien gagne un Digital Learning Manager ? Digital Learning Manager Salaire Entre 38 000 et 50 000 €/an, selon séniorité, primes possibles selon entreprise. Digital Learning Manager Formation Master en ingénierie pédagogique, bootcamp (Le Bahut), ou parcours certifiant (OpenClassrooms). Digital Learning Manager c’est quoi Conçoit, coordonne et déploie des formations digitales/adaptées pour entreprises et écoles. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Mathilde, Digital Learning Manager chez Learn Assembly. Écouter le podcast Rémunération d'un Digital Learning Manager ? Le métier de Digital Learning Manager consiste à concevoir, piloter et déployer des dispositifs de formation multimodaux (distanciel, présentiel et hybride). Mathilde Nasser, Digital Learning Manager chez Learn Assembly, détaille les contours de ce rôle stratégique et livre des chiffres précis sur les rémunérations du secteur. Salaire débutant d'un Digital Learning Manager Selon Mathilde, un Digital Learning Manager fraîchement formé en bootcamp ou titulaire d'un Master en ingénierie pédagogique peut viser un salaire compris entre 36 000 € et 45 000 € bruts par an. Ce niveau d’entrée dépend essentiellement de la taille de l’entreprise cliente et de la maîtrise d’outils d’apprentissage en ligne (LMS) ou de création de contenus multimédias. Évolution du salaire avec l'expérience Avec 3 à 5 ans d'expérience, un profil confirmé peut évoluer vers un package situé entre 45 000 € et 60 000 € bruts par an, voire jusqu’à 65 000 € dans les grandes structures ou les cabinets de conseil spécialisés. Mathilde souligne que l'expertise sur les méthodes d’animation à distance et la gestion de projets à forts budgets accélère la montée en rémunération. En outre, l’accès à des responsabilités managériales (pilotage d’une équipe de coordonnateurs pédagogiques ou création d’un pôle digital learning) constitue un levier important pour dépasser la barre des 70 000 € annuels. Facteurs influençant la rémunération Mathilde explique que plusieurs variables peuvent faire varier le salaire d’un Digital Learning Manager : le secteur d’activité (grandes écoles, édition e-learning, entreprise tech), la taille des budgets formation, la localisation (Paris et grandes métropoles vs province), ainsi que la nature du contrat (salariat vs freelance). Les primes liées aux résultats pédagogiques ou à la performance des dispositifs peuvent également représenter 5 à 10 % du fixe. ### Digital Learning Manager - Mathilde Nasser Tout savoir sur le métier de Digital Learning Manager : missions, salaire, compétences et formation Digital Learning Manager Salaire Entre 38 000 et 50 000 €/an, selon séniorité, primes possibles selon entreprise. Digital Learning Manager Formation Master en ingénierie pédagogique, bootcamp (Le Bahut), ou parcours certifiant (OpenClassrooms). Digital Learning Manager c’est quoi Conçoit, coordonne et déploie des formations digitales/adaptées pour entreprises et écoles. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Mathilde Nasser –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Mathilde Nasser, Digital Learning Manager BertrandMerci beaucoup Mathilde d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. On va expliquer ton métier de Digital Learning Manager dans le détail, mais avant, peux-tu te présenter en quelques mots ? MathildeJe m'appelle Mathilde Nasser, j'ai 31 ans, j'ai grandi en région parisienne où je suis restée à peu près toute ma vie. J'ai fait pas mal de choses dans ma vie avec un parcours un peu atypique. Et, je suis maintenant Digital Learning Manager depuis bientôt trois ans. BertrandTu as fait beaucoup de choses. Pourrais-tu justement nous présenter ton parcours professionnel, tes études, quels sont tes premiers stages, les premières expériences professionnelles ? MathildeJ'ignorais exactement ce que je voulais faire. C'est pour cette raison également que j'ai exploré beaucoup de choses. J'ai commencé en "éco- socio" à Dauphine et je voulais travailler dans le patrimoine, dans les musées. J'ai fait un stage au château de Versailles, au musée du Quai Branly. BertrandPas mal, et après, tu as changé ? MathildeJ'ai changé car je me suis m'aperçue qu'il n'y avait pas exactement ce que je cherchais dans ces expériences. Je me suis dit que j'allais tester autre chose et je suis partie en école de commerce à l'ESSEC. Ça m'a permis de découvrir tout le côté patrimoine immatériel. J'ai travaillé en Champagne chez Dom Pérignon. BertrandPas mal aussi... MathildeC'était sympa, il y avait beaucoup de champagne. Ensuite, je suis allée en conseil stratégique dans le secteur culturel. Succinctement, on aidait des villes à créer leurs musées ou des régions à créer une route des vins. Donc, ça, c'était chez Nova Consulting. Bertrandet après, tu as basculé dans la formation et le digital learning. On va expliquer ça dans le détail. Est-ce que maintenant, tu peux nous dire dans quelle entreprise tu travailles ? MathildeÀ présent, je travaille chez Learn Assembly, qui est un cabinet de d'accompagnement des organismes de formation, des écoles et des entreprises dans la section formation des entreprises. BertrandPour arriver chez Learn Assembly, tu as fait un petit parcours sur lequel on aura l'occasion de revenir, qui s'appelle Le Bahut, qui t'a formée à ce métier du digital learning ? MathildeExactement. BertrandOn expliquera ça tout à l'heure, on va revenir dans le détail sur la façon dont ça se passe. Peux-tu nous dire concrètement ? Qu'est-ce que ça veut dire un Digital Learning Manager et comment l'expliquer simplement ? MathildeC'est un métier qui est en création. Digital Learning Manager, il y a la notion de formation généralement digitale, même si dans la pratique, on va sur de l'hybride, il y a donc aussi du présentiel. Il y a le côté manager, le côté chef de projet, l'animation d'une équipe. Un Digital Learning Manager, c'est quelqu'un qui est capable de monter une formation de A à Z. Pour un client, une école, une entreprise, en tenant compte à chaque fois des spécificités à la fois des apprenants visés, du contenu transmis et du client. BertrandMerci beaucoup Mathilde. Est-ce que maintenant, tu peux nous décrire quelles sont les missions quotidiennes d'un Digital Learning Manager ? MathildeDans le cadre de mon métier chez Learn Assembly, j'ai trois principales missions qui sont : accompagner les structures de formation, créer des dispositifs de formation et former des formateurs. BertrandD'accord. Si on vient sur chacune d'entre elles, accompagner les entreprises, ça veut dire quoi ? Comment ça se passe ? MathildeConcrètement, accompagner des structures de formation, c'est les aider à définir leurs besoins. Les structures, ça peut être beaucoup de choses différentes. Ça peut être une école, ça peut être une université, ça peut être une entreprise, mais dans tous les cas, elles doivent créer une formation. Elles ignorent forcément laquelle, sous quelle forme, à destination de qui. Ensuite, nous, on intervient pour les aider à avoir un pas de recul sur ce qu'elles font déjà ou ce qu'elles ne font pas et vers où elles pourraient se diriger. BertrandD'accord. Alors après, créer les parcours de formation, ça veut dire quoi ? Comment ça se passe ? MathildeÇa, c'est plus standard. C'est « on a un besoin, on a une cible apprenante. Comment atteint-on cette cible ? » En réalité c'est définir les objectifs pédagogiques, les contenus, les expertises et surtout une grosse réflexion sur : « Fait-on ça en présentiel, à distance ? Avec quels outils ? Et, avec quelle validation ? » BertrandD'accord, c'est là où le digital intervient beaucoup. Il peut y avoir de l'autoformation, des formations enregistrées, des QCM, de la validation d'expertise, c'est ça ? MathildeExactement, le digital a un peu changé tout et il y a eu le Covid qui a changé énormément de choses. Tout le monde s'est mis au distanciel et ce qui est génial, ca a ouvert sur plein de modalités différentes. Ce qui est un peu plus compliqué, c'est que souvent, on ne sait plus trop s'y retrouver. Et c'est là où, on intervient, on donne des conseils parce que le digital pour le digital, ce n'est pas toujours la solution non plus. BertrandAprès, tu dis former les formateurs, faire de la formation pour ceux qui vont former. Comment ça se passe ça ? MathildeÇa, c'est de la formation. Concrètement, et c'est surtout depuis le Covid, former à distance, ce n'est pas comme former en présentiel. Former à travers un écran, c'est quand même une expérience très différente que dans une salle de classe. Donc, on est là pour aider les formateurs à trouver les outils adéquats, à trouver la bonne posture, répondre à leurs interrogations. BertrandEt, la bonne durée ? MathildeExactement. C'est surtout une question de durée. BertrandMathilde, est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi tu as choisi ce métier ? MathildeAlors moi, j'ai choisi ce métier principalement parce que j'aime apprendre. Et ça me donnait l'opportunité d'apprendre beaucoup de choses sur beaucoup de sujets. D'un point de vue un peu plus global, je trouve que c'est important l'apprentissage tout au long de sa vie. C'est un peu un rôle aussi social et j'aime bien jouer ce rôle-là dans la société. BertrandD'accord. Aujourd'hui, pour ceux qui nous écoutent, et qui vont commencer leur carrière professionnelle, il faut qu'ils se fassent à l'idée qu'ils vont apprendre tout au long de leur vie. vont-ils continuer d'apprendre tout le temps ? MathildeOui, c'est ça. Parce que entre les métiers qui n'existent pas, les métiers qui vont changer et les nouvelles technologies, dont l'IA, on le voit bien dans les entreprises qu'on accompagne, que tout le monde est déjà obligé de se former en continu. BertrandEn filigrane, il y a beaucoup d'avenir pour ce métier. Va-t-il falloir beaucoup plus de Digital Learning Managers ? MathildeÇa, c'est sûr. Ils recrutent massivement. BertrandOn y reviendra à la fin d'interview pour expliquer comment on peut trouver des postes dans ce job. Une autre question nous intéresse beaucoup au Gagne-Pain, ce sont les principales compétences. Quelles sont les trois principales compétences qu'il faut avoir pour faire ce job ? MathildeSi je devais en choisir trois, je prendrais, la curiosité, l'empathie et une forme de pragmatisme. BertrandLa curiosité, ça veut dire quoi dans ton métier ? Il faut sans arrêt chercher les nouveautés ? MathildeC'est ça. Il faut être ouvert, il faut avoir envie de bouger, il faut avoir envie d'apprendre, il faut avoir envie de parler à des interlocuteurs différents. Il ne faut pas être fermé d'esprit parce que sinon, il ne va rien se passer. BertrandD'accord. Et après, tu as dit qu'il fallait être pragmatique ? MathildeOui, il faut être pragmatique puisque la formation veut toujours faire un truc incroyable. Et en fait, il y a une réalité terrain. Les étudiants ont un temps limité, les apprenants, ils ont une concentration limitée. Donc, il faut savoir abandonner certaines grandes idées aussi pour aller sur quelque chose qui marche, être adaptable, pas poursuivre un idéal qui ne sera pas efficace. BertrandD'accord, il faut du pragmatisme pour réussir tout ça. Et la dernière chose que tu as dite, c'est : Il faut être empathique. Explique-nous comment ça se passe d'être empathique dans ton métier ? MathildeJe pense que c'est vraiment le cœur du métier. C'est-à-dire que pour enseigner quelque chose à quelqu'un, il faut comprendre ce qui se passe dans sa tête. 80% du métier, c'est se mettre à la place des apprenants et essayer de comprendre ce qui va se passer dans leur tête quand ils seront face à la formation. BertrandD'accord, ça rejoint ce que tu disais tout à l'heure sur le fait que tu aimes bien apprendre. Tu te mets à la place de ceux qui apprennent ? MathildePar ailleurs, il ne faut pas trop projeter sur eux, notre manière d'apprendre, parce qu'il y a une multitude de manières d'apprendre. Il faut passer du temps à discuter avec les apprenants et c'est souvent l'erreur qui est faite dans beaucoup de formations, c'est de ne pas avoir pris ce temps d'échanger et d'essayer de comprendre les apprenants. BertrandEst-ce que ça veut dire que l'on peut faire une sorte de "tour de chauffe" avec des apprenants pour tester si ça marche ? MathildeC'est une excellente idée. Oui, c'est complètement recommandé, surtout quand on fait des dispositifs digitaux. Parce que si on fait quelque chose à l'oral, on peut l'adapter. Autant le dispositif digital, une fois qu'il est produit, il ne change pas. Donc c'est conseillé de le tester avant de faire la production complète. BertrandMathilde, peux-tu nous dire quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus dans ton métier et celle qui te plaît le moins ? MathildeC'est celle qui me plaît le plus, je pense c'est au début, quand il faut comprendre ce qui se passe. Il y a toujours une problématique qui se pose en termes de compétences, de résultats. Là, il faut la décortiquer et comprendre quel est le sujet de formation, qui est à la base de cette problématique. Ça, j'aime beaucoup. Ça implique de faire parler des gens qui ne se parlent pas normalement. Ça implique de faire expliquer des choses qui ne sont jamais expliquées. Parce que tout le monde part du principe que l'on sait. Et donc c'est le moment où j'apprends le plus. BertrandD'accord. C'est un rôle de coordination. Il faut essayer de se coordonner avec les autres, faire travailler les autres ensemble ? MathildeJe dirais même plus diplomate, d'intermédiaire. Parce que l'on fait parler des gens qui normalement ne se parlent pas. L'enjeu, c'est qu'ils se parlent bien, sans être en conflit, en se faisant comprendre. BertrandQuelle est la tâche qui te plaît le moins ? MathildeÇa, comme j'imagine dans beaucoup de métiers, ça relève plutôt de l'administratif. La formation, c'est quand même très contrôlé et subventionné. Ça implique des conventions, des partenariats. Il y a beaucoup de tâches administratives. BertrandJe comprends. Attention QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne une Digital Learning Manager ? MathildeC'est très différent d'une structure à l'autre, il faut le savoir. Chez Learn Assembly, c'est entre 38 et 50K€ annuel en fonction de la séniorité. Et pour plus d’infos sur le sujet, je recommande l’article Combien gagne une Consultante en Digital Learning ? BertrandD'accord. Est-ce qu'il y a des primes ? Comment ça marche ça ? MathildeOui, nous, on a des primes qui sont des primes communes à l'entreprise en fonction de nos résultats annuels. BertrandEst-ce que tu pourrais également nous dire quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever en arrivant dans ce métier ? MathildeJe dirais le vocabulaire, parce que c'est quand même un monde en soi, avec un vocabulaire rempli d'acronymes. C'est vrai qu'en arrivant, tout ce qui est OPCO, VAE, LMS. C'était un petit peu flou. BertrandOk on est vraiment sur des choses complètement spécifiques à l'enseignement qu'on ne connaît pas si on n'a pas travaillé déjà dans ce métier. MathildeJe dirais à la formation en général, parce que ce n'est pas forcément que scolaire, il y a aussi toute la formation continue. BertrandD'accord. Il y a l'environnement dont tu parlais avant, c'est-à-dire administratif, sur le financement des formations. Il y a beaucoup de financement pour les formations en France, mais effectivement, c'est très complexe parfois ? MathildeVoilà, il faut rentrer dedans. BertrandD'accord. Et, alors, quelle a été la plus grande surprise quand tu es arrivée dans ce métier ? MathildeÇa a été de constater que souvent, les formations sont construites en partant du besoin de l'employeur et ne sont pas forcément construites en partant de la réalité des apprenants. BertrandD'accord, ça, c'est l'empathie dont tu parlais tout à l'heure. MathildeOui, c'est l'empathie et le temps d'aller voir concrètement ce qui se passe. Je me souviens par exemple d'une entreprise qui avait construit un magnifique dispositif de formation en ligne, qui avait coûté très cher et qui était objectivement très beau. Sauf qu'il est tombé complètement à côté de la plaque parce qu'ils avaient oublié de vérifier que les apprenants avaient une connexion Internet qui fonctionnait. Parce qu'ils étaient dans des usines sur site et ils pouvaient juste pas utiliser le dispositif. BertrandC'est un peu embêtant. MathildeUn petit peu d'argent perdu. BertrandEst-ce que tu peux nous dire, Mathilde, que changerais-tu dans ton parcours si tu devais changer quelque chose ? MathildeHonnêtement, je ne pense pas que je changerai quelque chose. J'ai fait beaucoup de choses différentes, mais c'est aussi comme ça que je suis : j'aime bien explorer des choses... BertrandTu es un peu touche-à-tout ? MathildeOui, je suis un peu touche-à-tout. J'aime bien combiner des compétences. Et puis, je me rends bien compte aujourd'hui que je mobilise des compétences que j'ai apprises à chaque étape de mon parcours. Donc finalement, ce qui fait que j'apprécie autant mon métier aujourd'hui, c'est que je suis capable de mobiliser tout ce que j'ai pu faire avant. BertrandD'accord. Et ce côté touche-à-tout, tu as aussi permis de trouver ce métier et de rencontrer celui ou ceux qui t'ont appris ce métier ? MathildeOui, c'est vrai. Moi, c'est un métier que j'ai découvert par hasard. On était juste après le Covid, donc moi, je bossais dans le tourisme à cette époque- là. BertrandPas terrible... MathildeCe n'était pas fou. Du coup, j'ai trainé sur LinkedIn. J'ai exploré, j'ai appelé des gens, j'ai discuté et je suis tombée sur ce métier qui avait l'immense avantage de réunir des choses que j'aimais. La transmission, la découverte, et qui avait aussi l'autre immense avantage de recruter. BertrandD'accord. C'est grâce au Bahut que tu as fait ça ? MathildeC'est ça. On m'a recommandée de passer par le Bahut parce qu'il faut quand même une connaissance pédagogique de formation. Le Bahut, c'est un Bootcamp, à l'époque où je l'ai fait, c'était à Lyon, qui permettait d'avoir toute cette connaissance, tout ce vernis pédagogique pour pouvoir ensuite travailler en entreprise. BertrandMathilde, la communauté du Gagne-Pain nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. Est-ce que l'anglais, pour toi, c'est important dans ton métier de Digital Learning Manager ? MathildeÇa peut être utile, mais ce n'est pas nécessaire. Selon les structures où on travaille, si elles ne sont pas internationales, honnêtement, moi, j'ai fait assez peu de missions en anglais. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire qu'on peut se passer de l'anglais avec un métier qui s'appelle Digital Learning Manager ? MathildeL'intitulé en francais sera « ingénieur pédagogique », mais c'est le même métier et il faut juste viser des entreprises ou des écoles à portée nationale. BertrandMathilde, pour ceux qui nous écoutent, quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier de Digital Learning Manager ? MathildeIl n'y en a pas énormément parce que c'est un métier qui reste très jeune. Je citerai Nanterre en ingénierie pédagogique. Ensuite, il y a le Bahut que j'ai fait, il y a OpenClassrooms et puis Learn Assembly. BertrandToi, tu continues à te former régulièrement ? MathildeOui, c'est un métier qui évolue vite. Les technologies évoluent vite. Il faut se former. C'est obligé. BertrandSi on veut aller un peu plus loin, quelles sont les ressources ou les meilleures ressources disponibles pour continuer à se former sur ce métier ? MathildeMoi, je suis très Newsletter. Donc je recommanderai celle de Sydo qui s'appelle Sydologie, qui est un peu une référence. Après, il y a Nicolas Roland qui en fait une très bien. Centre Inffo est très pratique pour les questions législatives et les évolutions qui sont quand même régulières. Après, il y a Marie Daulé et Rémi 23 qui sont pas mal. Et puis, évidemment, la newsletter de Learn Assembly. C'est bien aussi. BertrandOn a parlé formation, mais on n'a pas parlé encore certification. Est-ce que les formations sont certifiantes ? Est-ce qu'il y a des certifications professionnelles sur ce métier ? MathildeIl y en a de plus en plus. Il y a des diplômes. Par exemple, Nanterre, ils délivrent un diplôme et ensuite, en certification, il y a ingénieur pédagogique, la certification d'OpenClassrooms. Et puis, Learn Assembly prépare une certification Digital Learning Manager. BertrandMathilde, est-ce qu'il y a une journée type dans ton métier de Digital Learning Manager ? MathildePas vraiment. Honnêtement, ça va de discuter avec des apprenants pour les comprendre, à écrire un script, animer une formation en présentiel ou à distance. Ça change un peu quotidiennement et c'est ça que j'aime bien. BertrandEst-ce qu'il y a un mode de vie type pour le métier de Digital Learning Manager ? On pose cette question surtout à propos du télétravail. Comment ça se passe ? MathildeGénéralement, il y a du télétravail. Ça dépend des structures, mais l'immense majorité du temps, on est quand même à distance. Je sais que moi, quand j'anime à distance, je suis en télétravail parce qu'en fait, par définition, c'est plus facile. Et je sais que sur certaines structures, on peut même être complètement à distance. BertrandD'accord, donc il peut y avoir un Digital Learning Manager à 100% en télétravail. MathildeÇa existe, surtout dans les organismes de formation en ligne. Par exemple, Open Classroom ne disposent pas de salle. BertrandOk. Quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient faire ce métier ? MathildeHonnêtement, il faut juste se lancer. C'est un métier qui est jeune, qui évolue vite. Tout le monde a quelque chose à y apporter parce qu'il est en cours de définition. Je dirais vraiment tenter la chose. BertrandQuand on a préparé l'entretien, tu as aussi dit « Ça recrute » MathildeOui, ça recrute beaucoup. Ça recrute massivement. C'est vrai ? Tout le monde recrute. BertrandQuand tu dis « Ça recrute. » Ça recrute dans les organismes de formation ? Ça la recrute aussi dans les entreprises qui veulent-elles même former ? MathildeHonnêtement, les écoles s'y mettent, les entreprises s'y mettent, les organismes de formation bien sûr. Tout le monde recrute parce que tout le monde se rend compte que la formation, c'est un peu le nerf de la guerre. BertrandIl y a aussi une question qui revient beaucoup autour de l'intelligence artificielle. Qu'est-ce que ça change ? Est-ce que ça peut changer quelque chose pour ce métier ? Est-ce que ça change déjà quelque chose ? MathildeJe pense que ça va énormément changer de choses dans le métier, principalement parce que l'IA générative permet de créer des formations, de créer des textes, des vidéos, etc. Je pense qu'il faut s'y former, il faut s'y préparer. Après, ça ne va pas remplacer le métier car il y a quelque chose que l'IA ne sait pas faire, c'est de se mettre à la place des apprenants. Pour moi, c'est vraiment le cœur du métier de Digital Learning Manager. BertrandMais ce qu'on voit avec l'IA générative, notamment sur la partie vidéo, traduction, le "Lip Syncing" (synchronisation labiale), pour que l'on ait l'impression que la personne parle dans une autre langue. C'est quand même des choses qui devraient pouvoir faciliter le travail, non ? MathildeOui, on va gagner beaucoup de temps, clairement, et puis ça va permettre aussi de diminuer les coûts, je pense. Pour les petites structures, ça va permettre une grosse démocratisation de certaines modalités. BertrandMathilde, en conclusion, j'aimerais rajouter des questions qui nous ont été proposées par des interviewées du Gagne-Pain. Une question a été proposée par Emeline : « Qu'est-ce qui donne du sens à ton travail ? » MathildeBonne question. Je dirais à titre individuel, c'est apprendre. Moi, c'est un truc qui est important pour moi et j'apprends tous les jours. Après, il y a un autre truc qui est très gratifiant, c'est quand on explique quelque chose à quelqu'un, il y a ce moment où il comprend. Et où il est fier d'avoir compris. Moi, je sais que c'est un moteur dans ma vie, c'est quelque chose qui me rend très heureuse. BertrandLa petite lumière qui s'allume et qui fait qu'on a compris ? MathildeExactement, elle est géniale cette lumière. Et puis, de manière un peu plus structurelle, je pense que l'accès à la formation, c'est très important. Moi, j'ai beaucoup appris dans beaucoup de structures de formation et je suis heureuse aujourd'hui de travailler dans ces structures, pour aussi rendre quelque part les dispositifs dont j'ai profité. BertrandCe que tu as appelé en préparant l'interview « l'utilité sociale » ? MathildeExactement. Je pense que c'est vraiment cœur, c'est l'employabilité, c'est donner la possibilité aux gens de faire un métier qui leur plaît. C'est aussi leur donner des outils et des compétences, ça passe pour moi par la formation. BertrandOn a aussi une autre question qui a été proposée par Lorène : comment tu vois ton métier dans cinq à dix ans ? MathildeJe le vois partout, déjà parce que c'est déjà en marche. Mais globalement, la formation prend de plus en plus de place dans tous les secteurs. Et je le vois accéléré par l'IA, notamment sur les parties de production. BertrandD'accord. Merci beaucoup Mathilde, c'était très intéressant. J'aimerais simplement poser encore deux petites questions. As-tu des choses que tu souhaiterais ajouter à ceux qui nous écoutent pour les inciter à prendre en main ce nouveau métier ? MathildeJe dirais que s'ils hésitent, ils doivent oser parce que honnêtement, c'est un très beau métier. C'est surtout un métier qui nous met dans des situations non prévues et où on apprend une multitude de choses. C'est un métier qui permet de grandir aussi beaucoup. BertrandDernière petite question : si ceux qui nous écoutent souhaitent directement te poser des questions, souhaitent t'interroger, comment ils font ? MathildeIls peuvent me contacter sur LinkedIn, Mathilde Nasser, ils me trouveront. BertrandOk, Mathilde, merci beaucoup. MathildeMerci à toi. ### Combien gagne un Consultant Cybersécurité ? Consultant Cybersécurité Salaire Débutant : 38-48K€/an ; Sénior : 55-90K€/an (selon entreprise et spécialité). Consultant Cybersécurité Formation École d'ingénieur (spé cybersécurité) ; autres parcours possibles + appétence technique. Consultant Cybersécurité c’est quoi Aide les entreprises à se préparer et gérer les crises liées aux cyberattaques. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Charly, Consultant Cybersécurité chez Orange Cyberdefense. Écouter le podcast Rémunération d'un consultant cybersécurité ? Le métier de consultant en cybersécurité consiste à accompagner les organisations dans la prévention, la détection et la réponse aux incidents liés à la sécurité de leurs systèmes d’information. Charly BERT-MARCAZ, consultant en cybersécurité spécialisé en gestion de crise chez Orange Cyberdefense, partage ses retours d’expérience et détaille les niveaux de salaires auxquels peuvent prétendre ces experts du numérique. Salaire débutant d'un consultant cybersécurité Selon Charly, un consultant en cybersécurité junior peut prétendre à un salaire compris entre 38 000 € et 48 000 € bruts par an. Cette fourchette dépend notamment de l’entreprise d’accueil (grand groupe vs PME), du type de mission (audit, pentest, gestion de crise) et de la formation initiale (école d’ingénieur en cybersécurité ou parcours alternatifs). Évolution du salaire avec l'expérience Avec l’expérience, la rémunération progresse sensiblement. Charly indique qu’un consultant senior en cybersécurité peut gagner entre 55 000 € et 90 000 € bruts par an. Les profils disposant de certifications (ISO/IEC 27001 lead auditor, pentest avancé) ou d’une spécialisation en gestion de crise à chaud se situent souvent en haut de la fourchette. Par ailleurs, l’évolution vers des postes de management, de responsable de pôle ou de directeur de la sécurité (RSSI) constitue un levier majeur pour augmenter davantage sa rémunération. Facteurs influençant la rémunération Charly explique que plusieurs variables impactent le salaire : le type de structure (cabinet de conseil vs service interne), la taille de l’entreprise, le secteur d'activité (industrie, santé, luxe, PME), la maîtrise de l’anglais, les certifications professionnelles et l’expérience internationale. La complexité des missions (gestion de crise, audit ISO, pentest) et la fréquence des formations suivies en entreprise, comme celles offertes par Orange Cyberdefense, jouent également un rôle déterminant. ### Consultant Cybersécurité - Charly BERT-MARCAZ Salaire, missions et parcours : tout savoir sur le métier de Consultant Cybersécurité Consultant Cybersécurité Salaire Débutant : 38-48K€/an ; Sénior : 55-90K€/an (selon entreprise et spécialité). Consultant Cybersécurité Formation École d'ingénieur (spé cybersécurité) ; autres parcours possibles + appétence technique. Consultant Cybersécurité c’est quoi Aide les entreprises à se préparer et gérer les crises liées aux cyberattaques. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Charly BERT-MARCAZ –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Charly BERT-MARCAZ, consultant en cybersécurité MajdelineMerci Charly d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain pour nous présenter ton métier. Aujourd'hui, tu es consultant en cybersécurité, spécialisé dans la gestion de crise chez Orange Cyberdéfense. On va avoir l'occasion d'y revenir en détail. Mais avant ça, est-ce ce que tu peux te présenter en quelques mots ? CharlyOui, bonjour, je suis Charly, j'ai 24 ans, je suis consultant en cybersécurité, spécialisé en gestion de crise chez Orange Cyberdéfense. Mon parcours, j'ai fait l'ESME, une école d'ingénieur avec une spécialité en cybersécurité sur mes deux dernières années. C'était une prépa intégrée, c'est-à-dire deux ans de prépa, un an où on touche un peu à tout et les deux dernières années, vraiment spécialisé sur ce domaine de la cybersécurité. Je suis lyonnais, mais je travaille maintenant à Paris. MajdelineEst-ce que tu peux nous présenter ton parcours professionnel et comment tu es arrivé chez Orange Cyberdéfense ? CharlyAlors dans le cadre des études d'ingénieur, on a des stages obligatoires, donc les trois premières années, c'est des stages ouvriers, donc on fait un petit peu ce qu'on veut. Moi, j'ai le BAFA, donc j'ai pu faire ça en stage ouvrier. C'est quelque chose que je recommande parce que ça m'a permis déjà d'avoir un premier pied dans le milieu professionnel. On voit la hiérarchie des projets en équipe, de la gestion de projet sur des colonies, etc. Ensuite en quatrième année, on demande des stages plus spécifiques. Donc là, j'étais chez Ciril Group qui est un éditeur de solutions et hébergeur Cloud. Là, j'étais sous le Responsable Sécurité des Systèmes d'information (RSSI), dans une petite boîte de 200 personnes. Et là, j'ai vu plein de choses, de la cyber, de la gouvernance. Ils étaient en train de se mettre en conformité face à l'exigence ISO 27 001. CharlyEn cinquième année, un stage obligatoire de six mois. Où j'ai rejoint Orange Cyberdéfense avec pour sujet de stage la gestion de crise. MajdelineAlors pour nos auditeurs, est-ce que tu peux nous préciser ce que c'est qu'un RSSI ? CharlyUn RSSI, c'est un Responsable de la Sécurité des Systèmes d'Information. C'est lui, celui qui a une vision globale de tous les sujets cyber. C'est peut-être un peu technique, mais c'est une vision très globale de l'ensemble de l'écosystème cyber d'une entreprise. MajdelineDonc c'est un poste assez important ? CharlyOui, c'est le plus important en cyber. MajdelineEst-ce que tu peux maintenant nous parler d'Orange Cyberdéfense ? Tu me disais tout à l'heure en off que c'était séparé des locaux d'Orange. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que vous faites et quels sont les différents services ? CharlyAlors Orange et Orange Cyberdéfense, c'est deux entités différentes, même si on fait partie du même groupe. Orange Cyberdéfense fait exclusivement de la cybersécurité. Donc, on a d'autres clients. Orange est l'un de nos clients. Orange Cybersécurité est divisée en plusieurs parties dont la mienne qui est Conseil et Audit. MajdelineVous travaillez pour des entreprises en dehors même d'Orange, c'est-à-dire que vous n'êtes pas spécialisé autour de la cyberdéfense d'Orange ? CharlyNon, on travaille avec beaucoup de sociétés dans plein de secteurs. Pour ma part, je travaille dans beaucoup de secteurs différents, l'industrie, la santé, le luxe... On fait aussi des PME, donc vraiment, on touche à tout. MajdelineOk, très clair. Charly, quel est ton activité et tes missions quotidiennes en tant que consultant cybersécurité ? CharlyJe vais parler de mes activités en gestion de crise parce que comme je le disais, la cybersécurité, c'est large. En tant que consultant cybersécurité, on est amené à faire plusieurs choses. J'aimerais me focaliser aujourd'hui sur la gestion de crise. Je vais parler du cycle de vie, de la gestion de crise. Ça commence, dans les entreprises, par identifier leurs activités critiques. Qu'est-ce qui est critique et vital pour à leur activité ? On va identifier ensuite les risques inhérents à cette activité, les risques liés à la menace cyber, avec des analyses de risques. Je pourrais détailler l'analyse de risques, comment ça se passe ? Ensuite, une fois que ces activités, les risques sont menés, il faut aussi penser à sa continuité d'activité. Et évidemment, ensuite, il faut s'entraîner à la gestion de crise basée sur la documentation qu'on a pu prévoir en amont. En cas d'attaque cyber, si j'ai mon activité qui est bloquée, comment je continue mon activité, comment je gère les différents impacts, que ce soit médiatique, opérationnel ou financier. C'est tout ce cycle de la crise cyber sur lequel je travaille. Donc, il y a plusieurs process pour identifier dans l'étape 1, les actifs critiques. Il y a ce qu'on appelle un Business Impact Analysis (BIA) . Là, on va demander aux différents opérationnels, aux différents métiers, on va s'imprégner de leur contexte, quelles sont leurs activités, qu'est-ce qu'ils pensent, parce que ce sont eux qui ont les réponses. Nous, on est là pour les accompagner. Ensuite, on peut faire des analyses de risques. Donc pareil, nous, on apporte notre expertise cyber, mais le risque, ce sont eux qui le connaissent, même s'ils n'en ont pas forcément conscience. Donc le but, c'est de l'écrire, de le formaliser. Et ensuite dans la continuité d'activités dans les plans de gestion de crise, dans les fiches réflexes à produire, pour pouvoir réagir en cas de crise. C'est essentiel. Je vais dire quelque chose que j'entends tout le temps et que je répète tout le temps c'est : La question avec la crise cyber, ce n'est plus comment ça peut arriver et comment s'en protéger, c'est quand est-ce que ça va arriver et comment réagir au mieux pour la gérer. On sait que les attaques cyber sont hyper prolifiques. Je prends l'exemple des hôpitaux parce qu'on fait pas mal aussi de gestion de crise à chaud en accompagnant les entreprises, quand ils sont victimes de cyberattaques. Donc pour eux, c'est essentiel, d'avoir la continuité des soins. Ils sont assez entraînés avec le plan blanc. Mais une crise cyber, c'est un petit peu différent, ça a des impacts différents, donc on les accompagne pour mettre en place des modes dégradés malgré l'absence de systèmes d'information. Et ça se prépare "en temps de paix" comme on dit. Ce n'est pas pendant la crise qu'on va mettre en place les fiches réflexes, etc. C'est déjà trop tard. La crise, c'est la prise de décision dans l'incertitude. Donc le but, c'est de se préparer pour avoir le moins de choses à penser et d'être le plus efficace possible pour contenir la menace, et éviter la propagation d'un ransomware ou limiter l'exfiltration de données par exemple. MajdelineEt tu disais tout à l'heure, dans tous les cas, la crise va arriver. Pour toi, toutes les entreprises vont subir un moment ou un autre une crise ? CharlyMême s'il y a eu de l'anticipation en amont, il y aura peut-être une crise. Mais effectivement, la question, c'est quand ? Parce qu'on voit nous de notre côté, du côté des gentils, en cybersécurité, on met en place des défenses etc... Mais de l'autre côté, ils ont toujours un temps d'avance, donc c'est difficile de s'adapter aussi vite qu'eux. Et des erreurs, les attaques, ce sont souvent des erreurs humaines, en conséquence, on a beau se cacher derrière tous les boucliers possibles, une erreur humaine, ça arrive. Plus de 60 % des compromissions arrive via une erreur humaine. Donc en conclusion, la gestion de crise, c'est aider les entreprises à se préparer au mieux le jour où ça arrivera. Pour être le plus efficace possible, éviter un maximum les erreurs liées au stress. Donc se prépare en amont de la crise. MajdelineQuels sont pour toi les trois principales compétences requises pour ce job ? CharlyLa première, c'est la curiosité. Être curieux de ce qui se passe, Quelles sont les nouvelles technologies ? Comment la menace évolue ? Quelles sont les situations en cours ? La deuxième. Très spécifique au métier de consultant en cybersécurité, c'est la pédagogie. Avoir une bonne communication pour expliquer d'une manière très compréhensible à différents publics ce qu'on fait, pourquoi on le fait et pourquoi c'est nécessaire de le faire. Donc ça demande beaucoup de pédagogie, se mettre à la place des autres. Parfois, j'ai encore du mal à comprendre que tout le monde ne baigne pas comme moi tous les jours dans le milieu de la cyber. Donc ça demande de la pédagogie d'expliquer à des personnes non techniques comment ça se passe une crise cyber. On a du mal à s'imaginer aussi tous les impacts que peut avoir une crise. Donc ça demande de la pédagogie, une bonne communication entre un consultant et de l'adaptabilité. L'Adaptabilité, parce que je vous parle de la gestion de crise, mais on a beaucoup d'autres types de missions gestion de risques. On peut être amené à faire des pentests (Test d'intrusion), des audits, etc. Et on travaille sur des contextes très différents, dans le luxe, dans l'industrie, dans la santé. À chaque fois, il faut se réadapter à la nouvelle entreprise selon la taille de l'entreprise également. Ce ne sont pas les mêmes besoins, ce ne sont pas les mêmes dynamiques, donc beaucoup d'adaptabilité. MajdelineQu'est-ce que c'est un pentest ? CharlyAvec un pentest, on se fait passer pour les méchants, donc on essaye de rentrer illégalement (mais autorisé par le client) dans un système d'information dans le but de découvrir les vulnérabilités et les failles qui peuvent exister. On explique, voilà, on est passé par là, on a utilisé telle faille, et vous pouvez le corriger de telle façon. MajdelineUne sorte d'audit en fait ? CharlyUn audit. Oui, c'est un autre nom. MajdelineOk, très clair. Attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne, un consultant en cybersécurité ? CharlyUn consultant en cybersécurité junior, ça peut prétendre entre 38 et 48 K€ à ses débuts. Ça dépend des entreprises. Mais c'est une fourchette. Et un consultant senior, c'est aussi une grosse et ça dépend des spécialités et de l'entreprise. C'est entre 55 et 90K€. MajdelineCharly on le disait tout à l'heure, tu es parti faire un séjour à l'étranger pour améliorer ton anglais. Est-ce que dans ton métier, l'anglais est primordial ? CharlyLa réponse est oui, l'anglais est primordial dans mon métier. Tout le monde ne l'utilise pas au quotidien, mais je l'utilise parce que les grosses boites avec lesquelles on travaille ont des filiales à l'étranger. Donc, je dirais que je travaille 33 % du temps en anglais. Quand on travaille avec des boites italiennes, quand je pars en Bulgarie bientôt, mon travail en anglais. Donc c'est primordial. On n'a pas besoin d'être bilingue en anglais, on a besoin de pouvoir exprimer ce qu'on veut dire d'une façon ou d'une autre. Pas forcément d'avoir le meilleur vocabulaire, même si ça vient avec l'expérience. Donc oui, l'anglais est super important. En plus on a plein d'acronymes, tout le meilleur contenu est en anglais, c'est vraiment un plus. MajdelineTu disais que tu as fait une école d'ingénieur. Est-ce que pour toi, il y a d'autres formations pour faire ce métier ? CharlyEn termes de gestion de crise, il y a d'autres voies. Je vais prendre l'exemple de mon équipe parce que c'est un super exemple. On a dans notre équipe un géographe de formation, on a quelqu'un qui vient d'une école de communication, on a quelqu'un qui vient de la police. Donc réellement, on peut arriver aux métiers de la cyber par d'autres, par d'autres voies. Le but après, c'est d'avoir une appétence pour ce domaine très spécifique. On va, on va forcément apprendre. Après avoir fait une école d'ingé, c'est forcément un plus parce que j'ai une base technique un peu plus solide que les autres. J'ai vu plus de théorie, mais comme je le disais, le métier de consultant, ça demande de l'adaptabilité, donc on en apprend tous les jours, on en apprend beaucoup sur le terrain. Moi, si je pouvais recommander quelque chose à celui que j'étais il y a deux ou trois ans, je lui dirais de faire de l'alternance. C'est vraiment là que l'on apprend le plus. MajdelineEst-ce que tu as des ressources ou des sites internet à nous conseiller pour se former en ligne ? CharlyIl y a des très bons sites Internet pour se former à la cybersécurité. Il y a le classique OpenClassrooms que je recommande pour la cyber ou pour tout autre sujet lié à l'IT. Et il y a aussi pas mal de contenu, c'est en anglais : CompTia et ITproTV des ressources payantes mais tellement qualitatives. En français. Les livres des Editions ENI qui ont des très bons cours sur les réseaux, sur la cybersécurité. Et des contenus aussi très ludiques que j'adore, que j'écoutais beaucoup lors de mes études. La chaine YouTube NetworkChuck qui vulgarise et qui en même temps garde un niveau technique hyper intéressant. Donc ça ce sont des bonnes ressources. Comme je le disais, un consultant cyber, c'est curieux. On se renseigne et on passe d'une ressource à une autre. C'est vraiment ce que je recommande, si on veut aller un petit peu plus loin. MajdelineEt tu nous le disais tout à l'heure, c'est un métier dans lequel on doit continuellement te former, comment tu te formes et à quoi tu te formes au quotidien ? CharlyEffectivement, il faut continuellement se former. Pas plus tard qu'il y a un mois, j'ai obtenu la certification Auditor/Lead Auditor NF EN ISO/IEC 27001, pour permettre de faire des audits. C'est quelque chose de très spécifique et c'est intéressant. On en apprend tout le temps. Chez Orange Cyberdéfense, on a la chance d'avoir 1 à 2 formations par an offertes par l'entreprise. Donc là, j'ai fait mes souhaits pour cette année. J'ai demandé une formation en pentest pour aller plus loin. Ca fait un petit moment que je n'ai pas pratiqué, même si je suis en train de faire le calendrier de l'avent du pentest... MajdelineTes souhaits au Père Noël et le calendrier de l'Avent du pentest, on est dans le thème... CharlyIl y a une autre source qui est hyper intéressante aussi. Si vous voulez toucher au pentest, Avec les sites comme TryHackMe, Hack the Box ou RootMe qui propose des petits challenges cyber pour apprendre le Pentest. C'est très ludique, surtout travailler avec des contenus éducatifs hyper intéressant. Donc si vous voulez toucher un petit peu à la cyber en vous amusant, c'est utile d'essayer. MajdelineCharly, est-ce que tu as une journée type en tant que consultant cybersécurité ? CharlyJe n'ai pas vraiment de journée type. Comme je le disais, c'est assez varié et c'est aussi ce que j'aime dans le métier. On a plein de clients, plein de projets différents. On a quand même quelques réunions régulières, notamment pour s'organiser sur ne serait ce que la charge de travail et sur les projets en cours, les projets qu'on va avoir en visibilité dans les prochains mois. Après, ce que j'aime bien faire en début de journée, je regarde quel réunion client j'ai et en fonction de la charge de travail que j'ai, qu'est-ce que je dois produire entre chaque réunion ou rendez-vous téléphonique ? Je me cale 1 h intensive sur tel sujet. Après j'ai un call, ensuite, je change de sujet. D'où le fait que une des qualités c'était adaptabilité parce qu'on switch d'un contexte à un autre trois ou quatre fois dans la journée. MajdelineOk. Et est-ce que dans ton métier, on peut travailler de l'étranger, être à distance ? Est-ce que c'est possible alors que vous traitez quand même des données sensibles ? CharlyOn peut tout à fait faire du télétravail, travailler depuis chez soi. Il y a une politique chez Orange Cyberdéfense qui dit qu'on ne peut pas travailler depuis l'étranger. Mais je pense que ce sont plus des critères RH. Parce qu'en soi, quand on se connecte sur nos ordinateurs qui sont sécurisés, chiffrés via un VPN, les données sensibles sont chiffrées et sécurisées. Donc oui, on peut tout à fait travailler à distance. Le télétravail, c'est quelque chose dont on aurait du mal à se passer. Et puis de temps en temps, je vais chez le client, mais je me fixe quand même de venir au bureau voir les collègues, 1 à 2 fois par semaine. Mais le travail à distance est tout à fait possible. MajdelineEst-ce qu'il y a une différence entre le métier de consultant cybersécurité que tu fais maintenant et ce que tu imaginais avant de le faire au quotidien ? CharlyAlors avant de le faire au quotidien, j'avais une mauvaise connaissance de celui-ci. Parce que le domaine cyber, c'est très large. Donc même à la fin de mes études, je ne savais pas où j'allais aller exactement. J'ai trouvé ce travail lors de mon stage. J'ai essayé plusieurs choses et c'est vrai que du coup, je suis resté, car on testait plein de choses et c'est hyper intéressant dans le métier de consultant. Mais si je devais vous donner un conseil, essayez d'avoir une vision la plus globale possible du domaine cyber et de chercher ce qui vous plaît. Qu'est-ce qui vous fait lever le matin ? Parce que la cyber, c'est large. Il y a des "Red Team", donc ceux qui font les tests dont je parlais plus tôt, il y a la "Blue Team", ceux qui détectent les incidents et qui vont les corriger. Il y a ceux qui font de la gouvernance comme moi. Je sais que ça en attire moins au début parce que c'est moins connu. C'est peut-être moins fun sur le papier, mais hyper intéressant quand même. Donc non, je n'avais pas idée de ce que j'allais faire chez Orange Cyberdéfense. MajdelineEt puis c'est un secteur aussi qui est large, il y a plein de métiers et de sous métiers dans un même secteur. Est-ce que tu as des films, des séries, des livres, des podcasts en rapport avec ton métier à nous conseiller ? CharlyUne super série sur les hackers qui est connue. C'est Mister Robot que j'ai, que j'ai apprécié, que j'ai découvert après être rentré dans le métier de la cyber mais qui est top aussi. Sinon, un film bien et réaliste, je vois pas trop. MajdelineCharly, quels seraient les conseils pour, par exemple, ta petite sœur qui souhaiterait se lancer dans le métier ? Tu nous as parlé tout à l'heure de l'alternance, est-ce que tu as d'autres conseils à donner ? CharlyAlors j'ai donné un très bon conseil. L'alternance est une bonne façon de rentrer dans le milieu cyber. Parce que j'en viens à mon deuxième conseil, c'est d'explorer toutes les possibilités. Le milieu de la cyber, c'est très large, donc on peut, on peut vite s'y perdre. Bien se renseigner sur les différentes branches de la cybersécurité, trouver qu'est-ce qui nous fait le plus envie ? Ensuite c'est d'essayer. La cyber, ce n'est pas figé, on peut rebondir, on peut essayer plein de choses. Alors ne pas hésiter à essayer quelque chose qui peut nous faire vibrer sur le moment. Et finalement, on se rend compte que finalement, c'est l'outil que j'aime bien. Il est hyper facile de changer. Une fois qu'on a un pied dedans, on peut faire un petit peu tout. Après, le but, c'est de se spécialiser un petit peu. MajdelinePour trouver justement cette alternance. Est-ce que tu as des conseils à nous donner ? CharlyLa cyber, c'est un métier qui recrute. Donc des offres d'alternance, il y en a beaucoup. Il y a plein d'études intéressantes. Si vous voulez rentrer dans le domaine de la sécurité, je recommande d'avoir une base un petit peu technique, en réseau notamment. Ça va vous aider. Je sais ce que je dis parce que j'avais un petit retard là-dessus. J'ai dû le rattraper. Majdelinepour conclure Charly, quelles évolutions envisages-tu pour la suite de ta carrière ? CharlyCe que je vise prochainement, c'est de faire de la gestion de crise à chaud. J'ai vu toute la théorie. Je commence à connaître beaucoup de choses sur la gestion de crise. Donc maintenant, j'aimerais accompagner les entreprises lorsqu'elles sont réellement attaquées. C'est vers là que je vais orienter mes prochains efforts. MajdelineUn grand merci à Charly j'ajoute ton profil LinkedIn pour vous permettre de poursuivre la discussion avec lui. ### Combien gagne un Développeur No code? Développeur No code Salaire Entre 40 et 45 k€ brut/an, peut évoluer avec l’élargissement des compétences. Développeur No code Formation Pas de parcours dédié ; écoles marketing/développement ou bootcamps courts (ex : Le Wagon). Développeur No code c’est quoi Crée et automatise des applis web sans coder, avec outils visuels type Lego. Support, commercial. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Arthur, Développeur No code chez Spark. Écouter le podcast Rémunération d'un développeur No code ? Le métier de développeur No code consiste à concevoir et automatiser des applications Web à l’aide d’outils visuels sans écrire de code traditionnel. Arthur Chotard, développeur No code chez Spark, partage son quotidien et livre des informations précises sur les salaires auxquels peuvent prétendre ces nouveaux profils dans l’écosystème digital. Salaire débutant d'un développeur No code Selon Arthur, un développeur No code débutant, avec une première expérience en stage ou en alternance et une bonne maîtrise d’outils comme WeWeb ou Airtable, peut espérer un salaire compris entre 40 000 € et 45 000 € bruts par an. Cette fourchette dépend fortement de l’entreprise, de la complexité des plateformes à réaliser et des compétences acquises en intégration d’API ou en automatisation de workflows. Évolution du salaire avec l'expérience Avec quelques années d’expérience, notamment en prise de responsabilités sur des projets plus ambitieux ou en encadrement d’une petite équipe, le salaire d’un développeur No code peut évoluer vers une fourchette de 50 000 € à 70 000 € bruts annuels. Arthur précise que l’élargissement des compétences vers le back-end, la data analytics ou la gestion commerciale de la plateforme contribue à accélérer cette progression. Par ailleurs, évoluer vers un rôle de lead ou d’architecte d’application No code, et gérer des équipes de consultants, reste un levier majeur pour atteindre le haut de la fourchette salariale. Facteurs influençant la rémunération Arthur explique que plusieurs variables entrent en jeu : la taille et le secteur de l’entreprise (start-up vs grand groupe), le mode de rémunération (forfait vs variable sur objectifs), l’éventail d’outils maîtrisés (WeWeb, Bubble, Airtable, intégrations d’IA) et la dimension client (support et ticketing opérationnel ou missions externes). La localisation et le profil commercial — notamment la capacité à vendre la plateforme Nanga — peuvent également faire varier la rémunération. Quelles perspectives pour le développeur No code ? ### Développeur No code - Arthur Chotard Salaire, missions et compétences requises pour devenir Développeur No code Développeur No code Salaire Entre 40 et 45 k€ brut/an, peut évoluer avec l’élargissement des compétences. Développeur No code Formation Pas de parcours dédié ; écoles marketing/développement ou bootcamps courts (ex : Le Wagon). Développeur No code c’est quoi Crée et automatise des applis web sans coder, avec outils visuels type Lego. Support, commercial. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Arthur Chotard –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview d’Arthur Chotard, développeur no code BertrandMerci beaucoup d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Développeur No code chez Spark. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail, mais avant, pourrais-tu te décrire en quelques mots ? ArthurJe suis Arthur, j'ai 24 ans. Pour me situer, j'ai eu le bac en 2018 et je me cherchais un peu après le bac. Par ailleurs, j'hésitais entre le côté marketing et le côté développement. C'est pour ça que j'ai fait mes trois premières années d'études supérieures à l'IIM. Ensuite, je me suis dirigé vers le double diplôme de l'EMLV, le Digital Marketing et Data Analytics (DMDA). BertrandUn diplôme que je connais bien. Arthur, peux-tu nous présenter ton parcours professionnel avant l'entreprise dans laquelle tu travailles actuellement ? ArthurYes, ça marche. J'ai un parcours un petit peu atypique parce qu'en effet, j'ai fait six mois de stage, deux ans d'alternance dans la même entreprise. Je suis rentré en stage et en alternance comme consultant et au milieu de mon alternance, j'ai changé de poste en interne. Maintenant, mon poste actuel est Développeur No code, car j'ai été embauché à la suite de mes deux années d'alternance. BertrandUn stage et une embauche en CDI à la suite, c'est plutôt bien ? ArthurC'est parfait. Le parcours, entre guillemets, parfait. BertrandEst-ce que désormais, tu peux nous présenter Spark ? ArthurSpark, c'est une agence de marketing qui a été fondée en 2019, qui accompagne aujourd'hui plus d'une centaine de clients. Donc, il y a un peu de tous type de clients. Il y a des startups, des PME, des entreprises, comme le Slip Français. Spark, le cœur de métier, ça va être que des consultants vont accompagner ces entreprises-là dans leur campagne marketing. Ils vont faire du SEO, du SEA ainsi que du paid media. BertrandD'accord, excellent. C'est une agence, disons, sur tous les sujets d'acquisition marketing ? ArthurC'est ça, acquisition marketing aussi la data autour de tout ça ? BertrandArthur, peux-tu nous présenter ton métier de Développeur No code et puis tes missions quotidiennes ? ArthurDéveloppeur No code, ce que je fais chez Spark, je construis et j'automatise une application Web, avec des outils visuels qui vont permettre de développer une plateforme. Un peu comme avec des briques de Lego qu'on va assembler et qu'on va lier entre elles pour créer une vraie application qui va avoir un vrai enjeu métier par la suite. BertrandD'accord, donc, tu t'amuses avec des Lego et tes missions quotidiennes, qu'est-ce que c'est ? ArthurLa mission un, c'est jouer avec ces briques de Lego. Ça va être une mission de développement. J'ai une deuxième mission qui va être une mission de support avec du ticketing opérationnel et une troisième mission qui va être une partie commerciale. BertrandOk, on va revenir sur chacune de ces missions. La première mission, Développeur, qu'est-ce que ça veut dire ? Tu as indiqué Développeur front. Qu'est-ce que ça veut dire ? ArthurDéveloppeur front, c'est vraiment tout ce qui va être visuel et vu par l'utilisateur. Ce que je fais, c'est qu'à travers un outil qui s'appelle WeWeb, un outil No Code, je crée des pages web et suivant les besoins en interne ou même des besoins métiers de nos clients. Je développe et crée des pages. Et, nous, ce n'est pas un site web, c'est réellement une application. Les utilisateurs vont pouvoir interagir avec l'application, récupérer de la donnée, créer des dashboards, les éditer, les supprimer, donner des accès à des utilisateurs. Et, je crée toute cette architecture pour tout ce que l'utilisateur va voir sur le site. C'est mon travail de le mettre en place, de le designer, de mettre les bonnes couleurs, etc. BertrandDonc, ça rejoint l'idée du Lego, c'est-à-dire que ton application, celle que tu fabriques, on peut bouger les choses, remonter ou enlever des éléments ? ArthurC'est ça. Ce n'est pas une application statique comme un blog par exemple. C'est vraiment une application comme vous pouvez l'avoir sur votre téléphone où on va pouvoir jouer avec cette application. Mon travail, ça va être de créer ces briques, mais également de les lier à ce qu'on appelle le back-end. À tout ce qui est la donnée, parce que en effet, chaque utilisateur va avoir des données sur son dashboard qui vont être différentes, etc. Mon travail, ça va être de construire les briques et de les lier à la donnée de l'utilisateur, de la sécuriser, etc. BertrandOk, ce que tu fabriques, ce sont des outils internes, mais également des outils externes pour les clients de l'agence ? ArthurC'est ça, c'est un outil qui va être utilisé par les collaborateurs en interne, mais également par les clients en externe. BertrandD'accord, en deuxième mission, tu as dit que tu avais une mission de "ticket utilisateur". Qu'est-ce que ça veut dire ? ArthurC'est ça, ma deuxième mission, c'est le support et les tickets utilisateurs. En effet, sur une plateforme, on a des bugs, des améliorations ou des questions. Une de mes missions, ça va être de répondre à ces tickets et pour pouvoir soit résoudre des bugs, soit essayer d'aider des clients qui peinent à créer par exemple un dashboard ou à l'éditer. Ça va être de mon rôle de prendre 5, 10 minutes avec eux afin de leur expliquer, leur montrer, leur faire une démo, etc. Ensuite, une autre part du métier, ça va être en interne, on a un outil CRM et c'est aussi moi qui le gère et qui est aussi basé sur du No Code, sur Airtable. On a aussi beaucoup des problèmes ou de nouvelles fonctionnalités. Du coup, ça va être à moi de gérer cette partie opérationnelle et la partie support. BertrandÇa veut dire que tu fabriques quelque-chose et après, tu assures le service après-vente avec des tickets ? ArthurC'est à peu près ça. BertrandEn troisième mission, tu as dit mission commerciale. Là, qu'est-ce que ça veut dire dans ton métier ? ArthurC'est une nouveauté chez Spark. Avant, le cœur du métier, c'était vraiment de proposer du consulting à des entreprises. Autour de ça, on a construit une tech et on a construit des plateformes. Mais, à partir d'aujourd'hui, on s'est rendu compte que notre plateforme était hyper intéressante. Et, on essaye de vendre cette plateforme de manière unique. Pas forcément à des clients qui ont le côté consulting chez Spark, mais qui viennent pour la data et pour la tech. Et, on est deux avec Louis, le CTO (Chief Technology Officer ou Directeur des Nouvelles Technologies). Ce qu'on fait, c'est qu'on va gérer toute la partie commerciale et essayer de vendre notre plateforme qui s'appelle Nanga. On va appeler des clients, leur faire des démos, gérer avec eux tout l'onboarding pour collecter leurs données, créer leur dashboard. Ça, c'est vraiment une activité qui a changé dans mon métier depuis ces six derniers mois. C'est réellement ça cette partie commerciale. BertrandEt alors, ça va ? Parce que c'est souvent un peu antinomique, Développeur et commercial, ça ne va pas toujours ensemble ? ArthurOui, ça va. Vu que j'ai eu une expérience de consultant, ce n'est pas réellement un problème. Ce n'est pas la partie que j'aime le plus dans mon métier, mais c'est une partie intéressante. Il est toujours utile de voir ce que les utilisateurs pensent de la plateforme, de recevoir leur retour. C'est challengeant au quotidien. BertrandMerci Arthur. Est-ce que maintenant, tu pourrais nous expliquer comment tu as choisi ton métier de Développeur No code ? ArthurHonnêtement, ce n'est pas un vrai choix. Comme je l'ai expliqué, je suis rentré chez Spark en stage comme consultant Paid (Le Paid Media désigne l'ensemble des canaux de communication payants utilisés par une entreprise sur des sites internet externes). Mais, au fur et à mesure de mon stage et de mon alternance, je me suis rendu compte que c'était un métier où je ne me retrouvais plus. A côté, j'avais toujours continué à faire du développement web. J'ai fait quelques sites pour des amis et je me suis rendu compte que c'était ça vraiment qui me plaisait. Et, je suis allé voir les équipes en interne pour leur dire que ce n'est pas forcément un métier où je me retrouve. Voilà mes compétences. Donc, j'ai créé le métier et créé la fiche de poste en interne. Et j'ai eu de la chance de tomber sur une période où on allait lancer l'application NANGA dont j'ai parlé. Et, les fondateurs de la boite Baptiste et Xavier, que je remercie encore une fois. Ils m'ont laissé l'opportunité et ils ont créé ce poste. Donc, j'ai saisi l'opportunité pour aller créer mon propre job. Et du coup, ce n'était pas réellement un choix. Je me sentais très bien dans l'entreprise, je ne voulais pas la quitter, mais j'avais des missions qui ne me plaisaient plus. Et, c'est pour ça que j'ai décidé de me rediriger vers ce poste de Développeur No Code. BertrandOk, ce n'est pas un choix a priori, mais d'une certaine manière, c'est un peu du déterminisme en interne. Tu as dit que tu avais telle compétence, que tu pouvais faire ça, que ça pouvait être utile pour l'entreprise. Donc, tu as créé ton poste ? ArthurOui, c'est ça. BertrandArthur, peux-tu nous expliquer quelles sont les trois principales compétences qu'il faut pour ce job de Développeur No code ? ArthurJe dirais l'adaptabilité, dans un second temps, la vision business et troisièmement, la logique. BertrandOk. Explique-nous ce que veut dire l'adaptabilité dans ton job ? ArthurAujourd'hui, les outils évoluent, avec de nouvelles plateformes qui apparaissent, des plateformes qui disparaissent et encore plus avec l'arrivée de l'IA. Aujourd'hui, c'est nécessaire de se remettre en question, de tester de nouveaux outils. Il faut s'adapter à tout ce qui se passe au quotidien et ne pas rester figé sur un seul outil ou une seule technologie qu'on a vus il y a 10 ans. Dans cinq mois, trois mois, peut-être qu'elle sera obsolète. Alors, il est important de pouvoir s'adapter. BertrandOk. Adapter, ça veut aussi dire être curieux, c'est-à-dire regarder tout ce qui se passe ? Puis de voir si on va l'adapter dans son environnement. C'est ça ? ArthurC'est découvrir les nouveaux outils et se remettre en question sur ce qu'on a fait il y a six mois. Potentiellement, si une nouvelle version de ChatGPT est arrivée. Est-ce que ce que l'on a développé, maintenant, on peut le modifier ? Il y a une nouvelle technologie, une nouvelle plateforme. C'est ce qu'on fait en interne chez Spark. On se pose toujours des questions et notamment, avant, on utilisait un autre outil No code Bubble. On s'est rendu compte qu'il y en avait un autre mieux, WeWeb. On a décidé, c'est une décision qui était assez lourde, mais de repartir sur ce nouvel outil. Il faut réussir à s'adapter à ces nouvelles plateformes et à ces nouveaux produits. BertrandDans les compétences pour ce job, tu as dit une vision business. Ça aussi, c'est très intéressant parce que c'est souvent un peu en antinomique, développeur et business. Ça m'intéresse de comprendre ? ArthurC'était aussi une des compétences que j'ai apportées et vendues dans ce changement de poste. Vu que j'avais ce côté consultant, et ce sont les consultants, qui vont utiliser la plateforme. C'est vraiment important quand on construit un outil de savoir et de comprendre pourquoi on le construit. Par ailleurs, je sais qu'il y a beaucoup de Développeurs, a qui on demande juste de mettre un bouton rouge à ce niveau-là. Nous, aujourd'hui, on est une trop petite équipe. Alors, c'est à moi de concevoir la plateforme pour qu'elle soit très intuitive pour les utilisateurs. Et pour ça, je trouve important de comprendre le produit, de comprendre ce qu'on fait et l'utilité derrière. Je pense que plus on comprend le produit, plus ce sera simple de pouvoir créer quelque chose qui est joli, utile et surtout qui va fonctionner par la suite. BertrandExcellent. Ça me semble très mature comme attitude. Merci de partager ça. Ensuite, en troisième compétence, tu as dit logique ? ArthurOui, parce que c'est important, même si ce n'est pas du code au sens traditionnel. Le No Code, il est quand même essentiel d'avoir une certaine logique et une certaine rigueur. Parce qu'il y a tout de même des concepts qu'il faut garder. Et pour se connecter à différents outils, il ne faut pas partir dans tous les sens. Il faut avoir une logique du point A au point B et construire sa feuille de route. Donc, je ne sais pas, si on a envie de créer une nouvelle fonctionnalité, il va falloir construire mentalement le point A et le point B. Et ainsi, ça va nous permettre de faire des liens entre les deux points. C'est hyper important d'avoir ce côté logique parce que ça reste des maths. Le développement, soit ça marche, soit ça ne marche pas. Il n'y a pas d'entre deux. Donc c'est pour ça qu'on doit posséder cette logique-là, sinon ça ne va pas marcher sur le long terme. BertrandPar rapport à ce que tu disais tout à l'heure, ce sont des Lego, mais des Lego connectés. Ils doivent fonctionner les uns avec les autres. Si on en empile un sur l'autre, il faut que cela soit prévu pour ? ArthurOui, c'est ça. Il faut surtout que la base soit solide, parce qu'on a beau construire un château, si c'est sur une base qui n'est pas solide, tout peut se renverser. Alors, c'est important. Ce sont des Lego qu'on connecte entre eux. Ils doivent être bien connectés, il faut que ce soit optimisé pour que la connexion se fasse de manière rapide, de manière sécurisée. Que chaque utilisateur n'ait accès qu'à sa donnée et que ce soit fluide. Si on met cinq minutes à charger une information, c'est impossible et ce n'est pas fiable. BertrandArthur, dans ton métier de Développeur No code, quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? ArthurCelle qui me plaît le plus, je dirais : imaginer de nouvelles fonctionnalités. Donc, partir d'une feuille blanche, d'un besoin, essayer de créer toute l'architecture autour. Quel outil va-t-on utiliser ? Comment va-t-on le construire ? Comment on va imaginer l'UX qui est vraiment toute la partie visuelle. Ça, c'est réellement ce qui me plaît le plus, de partir d'une feuille blanche et d'avoir plutôt ce côté créatif pour aller créer la page, etc. BertrandEt celle qui te plaît le moins ? ArthurJe dirais, c'est un petit peu la partie commercial et préparation en amont, donc préparation, potentiellement, des slides de vente, vendre son sujet, mettre des phrases marketing. Ça, c'est réellement la partie qui me plaît moins. Mais, dans tous les cas, il faut le faire, il n'y a pas le choix. Mais oui, choisir, je dirais que c'est plutôt cette partie-là. BertrandAlors attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un Développeur No code ? ArthurJe pense que ça dépend vraiment des entreprises, et puisque c'est un nouveau métier qui vient d'émerger. Là, moi, aujourd'hui, je suis entre 40 et 45 k€ bruts annuels. Il n'y a pas forcément de prime, mais nous, c'est plutôt une partie variable sur objectif. BertrandD'accord, OK. Et ça évolue un peu en fonction de la séniorité, selon le management d'équipe ? Tu imagines ca aussi, le management d'équipe ? ArthurOui, ça évolue beaucoup. Moi, ce que je pourrais conseiller, c'est de ne pas rester focalisé que sur cette compétence, mais d'essayer de l'élargir pour aller toucher potentiellement à des outils de back-end. On en parlait au début. Essayer de partir sur du management. Moi, c'est ce que je commence à faire. Et potentiellement, des personnes en stage, en alternance, et de les accompagner. Mais, je pense, pour monter aujourd'hui en salaire, comme c'est un nouveau métier, ce serait plutôt d'élargir ses compétences. BertrandOk, excellent. Pourrais-tu nous dire quelle a été la plus grande surprise dans ton métier ? ArthurC'est vraiment le fait qu'aujourd'hui, on touche à tout. Au début, je pensais que j'allais être très focalisé sur une seule tâche. C'est aussi l'avantage d'être dans une startup et d'être dans une petite équipe. Comme je le disais, on peut parler à un client. Dix minutes après, on va devoir développer une nouvelle fonctionnalité. Une heure après, on va devoir aller discuter avec ChatGPT pendant 20 minutes pour créer une nouvelle fonctionnalité. Puis, après, on va avoir des besoins en facturation en interne pour automatiser les factures. Ça, c'est réellement une activité qui me plaît et qui m'a réellement surpris, c'est à quel point on touche à tout et à tous les sujets de l'entreprise. BertrandDonc, ça rejoint l'adaptabilité dont tu parlais tout à l'heure. Il faut vraiment être adaptable tout le temps. C'est ça ? ArthurEt être prêt et toujours avoir, ce que je dis souvent, 15 dossiers ouverts en même temps et c'est pouvoir aller à droite et à gauche et passer de l'un à l'autre sans trop de soucis. BertrandC'est à la fois, un challenge, mais aussi très excitant ? ArthurOui, c'est très challengeant. BertrandChangerais-tu quelque chose dans ton parcours ? Si oui, quoi ? ArthurPas forcément. J'ai trouvé une école qui m'a plu, le diplôme, etc. Tout ça m'a plu et j'ai eu la chance de tomber dans une entreprise. J'ai eu la chance dans une entreprise que tout se passe très bien. Donc pas forcément de changement. J'ai pu créer mon job en interne. Donc franchement, aujourd'hui, je suis très content de mon parcours. Et ça m'a permis aussi de mûrir cette dualité entre marketing et développement. Et, je m'en suis rendu compte au fur et à mesure que c'était plus la partie développement qui m'intéressait. Donc là, aujourd'hui, non, je suis ravi du parcours. BertrandArthur, pourrais-tu nous parler d'un projet sur lequel tu as beaucoup aimé travailler ? ArthurLà, je parlerais du dernier projet qu'on vient de lancer. C'etait la deuxième version hier. C'est un projet qu'on a développé en interne. C'est un outil qui va permettre à nos clients et à des marques extérieures de voir comment ils se positionnent sur les IA génératives, comme ChatGPT. On a des clients comme Le Slip Français et si je tape : quel est le meilleur slip à acheter aujourd'hui ? ChatGPT va sortir des marques. On a créé une plateforme qui va permettre d'aller savoir comment on est positionné sur une liste de prompts qu'on va créer avant. Et, j'ai vraiment aimé travailler sur cette fonctionnalité parce que ça va toucher à des nouveaux outils. Donc, beaucoup d'IA, discuter avec les LLM (Large Language Model ou grand modèle de langage). Et, comme je le disais, c'était une toute nouvelle feature. Donc, on partait d'une feuille blanche et c'était hyper intéressant de savoir comment on allait pouvoir se positionner. Et aussi, c'est quelque chose de tout nouveau. Alors, on est dans les premiers à lancer ce type de fonctionnalité. Donc, c'est aussi hyper stimulant à ce niveau-là. BertrandExcellent. Je pense que ça va intéresser nos auditeurs. Peut Peut-être que tu auras des questions sur ce sujet. On mettra tes coordonnées à la fin du podcast. La communauté du Gagne-Pain nous interroge très régulièrement sur l'utilisation de l'anglais dans les métiers. Est-ce que pour toi, l'anglais, c'est important ? ArthurOui, je pense que c'est hyper important. Mous, on l'utilise pas vraiment au quotidien, mais c'est surtout important pour tout ce qui va être documentation et les forums, les vidéos YouTube. Aujourd'hui, il y a quand même une réalité, c'est que quasiment tout est en anglais pour la partie code. Du coup, c'est pour moi hyper important d'au moins avoir des bases. Et après, ça va évidemment dépendre de l'entreprise dans laquelle vous travaillez. Moi, aujourd'hui, je ne travaille pas avec des clients en anglais, mais toute la partie documentation, vidéos YouTube, c'est en anglais. Donc, je dirais que oui, ça reste quand même important. BertrandOk. Peux-tu également nous dire, quelles sont les bonnes formations pour arriver à ce métier de Développeur No code ? ArthurC'est un tout nouveau métier, donc il n'y a pas forcément de grosses et vraies longues formations. Je sais qu'il y a des formations, par exemple, Le Wagon, de 10 semaines qui sont assez réputées. J'en avais entendu parler, mais après, je pense que c'est plutôt des formations généralistes en marketing ou en développement qui peuvent amener à ce genre de métier. BertrandEt toi, continues-tu à te former régulièrement ? ArthurTous les jours, quasiment, avec des vidéos YouTube. Il y a notamment un YouTubeur qui s'appelle Shubham SHARMA, qui fait pas mal de vidéos autour de l'automatisation et de la partie No Code. Mais surtout, je me forme pour être au courant de ce qui se passe en général via des podcasts comme Underscore, pour savoir ce qui se passe dans la tech. Et surtout, on se forme, dans ce type de métier, en mettant les mains dans le cambouis et en sortant de sa zone de confort. Tester de nouveaux outils. Donc moi, il y a parfois, hors des heures de travail, je vais essayer un nouvel outil qui vient de sortir pour le tester et voir si, potentiellement, je ne pourrais pas l'intégrer chez Spark. BertrandEst-ce que tu peux également nous dire quel est le mode de vie d'un Développeur No code ? On parle de ça, notamment pour l'organisation du télétravail, les réunions, tout ce qu'il y a à faire dans une journée. Comment ça se passe ? ArthurJe pense que ça se rapproche vraiment d'un mode de vie d'un Développeur. Je pense que c'est un métier qui est assez flexible, qui peut se faire à distance ou en présentiel. Après, ça doit dépendre aussi des entreprises. Moi, aujourd'hui, j'ai deux jours de télétravail et trois jours en présentiel, et mon manager, lui, qui est quatre jours en télétravail et une seule journée en présentiel, mais tout se passe très bien. On arrive très bien à communiquer avec des outils et c'est plutôt un mode assez flexible. Je pense qu'on peut travailler de n'importe où, mais tout va dépendre de la structure dans laquelle on est. BertrandEst-ce qu'il y a également des réunions ? Est-ce que tu te déplaces pour aller voir des clients parfois ? ArthurNon, pas forcément. Il y a beaucoup d'échanges qui se font à travers des meetings vidéo. On se déplace quelques fois chez des clients, mais c'est de manière très sporadique. BertrandArthur, quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ton métier ? ArthurJe dirais, c'est vraiment : pratiquer. Faire des projets à droite, à gauche. On a toujours un ami ou quelqu'un de sa famille qui a besoin d'un projet, d'un petit site web, d'automatiser quelques tâches. Pratiquer, c'est vraiment comme ça qu'on va apprendre. Il y a de la théorie à connaître, mais c'est sur le terrain, en mettant les mains dans le cambouis, que l'on apprend le mieux et c'est avec des projets concrets, que ça nous stimule. C'est assez compliqué, parfois, de juste apprendre pour apprendre. Avec un projet, c'est beaucoup plus simple. Donc, ce serait ça mon principal conseil. BertrandOk, excellent. L'intelligence artificielle, on en a déjà parlé, mais comment tu vois l'impact de l'intelligence artificielle sur ton métier ? Parce que globalement, tu es dans cette entreprise depuis quatre ans. Qu'as-tu vu et comment tu peux expliquer ça à ceux qui nous écoutent ? ArthurNous avons vu en interne que ça a un impact énorme. Je pense qu'on a développé notre productivité par deux ou par trois grâce à l'IA et surtout, ça a ouvert de nouvelles portes. Moi, je n'ai pas fait un parcours d'ingénieur et de développeur. Donc, j'ai appris de mon côté, et grâce à l'IA, oui. Je fais du No Code, mais dans le No Code, pour rentrer dans le détail, il y a parfois des parties où on doit faire du code. Donc, ça peut être du JavaScript, etc. Grâce à l'IA, je peux développer mes compétences et plus seulement empiler des briques de Lego. Mais maintenant, je peux les créer, créer mes propres briques, les façonner comme j'ai envie et ne pas forcément prendre celles qui sont créées de base. Ça, c'est vraiment ce que l'IA me permet. Tout seul, je n'y arriverai sûrement pas ou ça me prendrait beaucoup plus de temps. Donc au quotidien, je suis toujours avec Claude à mes côtés. Et on code ensemble, on avance et ça me permet de décupler les compétences et de s'ouvrir et ne plus faire que du No Code, et donc je fais un petit peu de code. Je peux aller toucher à des outils que je n'allais pas toucher avant. Ça m'a permis aussi de prendre une place plus importante dans l'entreprise et plus juste seulement celle de Développeur. BertrandOk, donc en plus des Lego, tu as acquis des superpouvoirs d'une certaine manière ? ArthurC'est ça. Maintenant, je peux les créer moi-même les Lego et jouer avec. BertrandOk, on a encore une ou deux questions, notamment une qui nous vient de Lorène, qui nous avait proposé cette question pour les prochaines interviews. Et, j'aime bien cette question. Je trouve qu'elle est intéressante. Comment tu vois ton métier dans 5 à 10 ans ? ArthurJe pense qu'il sera vraiment différent, en effet, on voit de plus en plus d'outils de plateforme 100% IA qui sont en train de se développer. Où on peut construire un site quasiment de A à Z avec l'IA. Je pense que dans 5 à 10 ans, ca se sera complètement démocratisé. Je pense que le métier n'existera plus sous cette forme-là. Ce sera plutôt des métiers d'architecte d'application pour essayer de diriger l'IA dans la bonne direction et de comprendre le besoin utilisateur pour créer les plateformes les plus intuitives possible. Donc, ce sera l'IA qui fera pour nous et ce sera important plutôt de conceptualiser et de donner ce qu'on a conceptualisé à l'IA pour qu'il puisse le créer. BertrandOk, c'est excitant. Ça donne envie de se projeter, et de faire des supers Lego avec des supers pouvoirs. ArthurMais c'est pour ça qu'il faut rester aux aguets, parce que si on reste sur ses compétences dans 5 en 10 ans, il y aura quelqu'un ou une nouvelle technologie qui le fera mieux que nous. Et, si on ne sait pas se former au fur et à mesure, on sera entre guillemets bon pour la casse. BertrandOk, se former tout le temps. Tout au long de sa vie. Alors, en conclusion, moi, j'aimerais bien, si tu as un dernier conseil, le conseil que tu n'as pas encore eu le temps d'évoquer dans cet entretien, ce serait quoi ton dernier conseil ? ArthurJe pense qu'il faut vraiment oser. Moi, au milieu de mon alternance, je voulais partir de chez Spark parce que je ne me plaisais plus. Et, j'ai osé aller en parler. Et, maintenant, je suis dans un métier qui me plaît. J'ai pu, entre guillemets, le façonner comme je voulais et je m'éclate tous les jours. Alors que si je n'avais pas osé ouvrir cette porte-là, potentiellement que j'aurais quitté l'entreprise à la fin de mon alternance et j'ignore aujourd'hui où j'en serais. BertrandOk, oser ! On garde ce oser, c'est très bien. Dernière chose, pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient prolonger cette discussion avec toi, te poser des questions complémentaires par rapport à tout ce que tu nous as appris aujourd'hui, comment ils peuvent faire ? ArthurSur LinkedIn, Arthur Chotard. Normalement, je devrais remonter assez facilement. BertrandArthur, merci beaucoup. ArthurMerci Bertrand. ### Combien gagne un Media Trader ? Media Trader Salaire Débutant : 30-35K€/an, confirmé : 40-55K€/an selon agences. Media Trader Formation Master en marketing/marketing digital, stages en agence recommandés. Media Trader c’est quoi Gère campagnes digitales: stratégie, mise en place, suivi, optimisation et reporting. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Arthur, Media Trader chez Numberly (1000mercis Group) Écouter le podcast Rémunération d'un media trader ? Le métier de media trader consiste à gérer et optimiser l'achat d'espaces publicitaires digitaux sur différentes plateformes (Google Ads, Meta, programmatique, retail media, etc.). « Mon quotidien, c'est de passer du brief client à la mise en place opérationnelle des campagnes, puis d'ajuster les enchères en temps réel pour atteindre les KPI fixés », explique Arthur Beaurepaire, media trader chez Numberly (1000mercis Group). Salaire débutant d'un media trader Selon Arthur Beaurepaire, un media trader junior, fraîchement recruté en agence digitale ou au sein d'un service média d'annonceur, peut prétendre à un salaire brut annuel compris entre 30 000 € et 35 000 €. Cette fourchette varie notamment en fonction de la taille de l'agence, de la localisation du poste (Paris versus province) et des responsabilités confiées dès l’embauche. Évolution du salaire avec l'expérience Avec quelques années d'expérience et la gestion de budgets plus importants, la rémunération peut grimper jusqu'à 40 000 € à 55 000 € bruts par an, selon Arthur. Cette progression s'explique par la montée en compétences techniques (programmatique, retail media) et stratégiques, ainsi que par la capacité à piloter des campagnes de grande envergure. Arthur ajoute que l'évolution vers des fonctions de media trading senior, chef de projet média ou responsable programmatique permet de négocier des primes de performance et des bonus, et d'obtenir une hausse supplémentaire de 10 % à 15 % du salaire brut annuel. Facteurs influençant la rémunération Arthur Beaurepaire explique que plusieurs variables jouent sur la rémunération d'un media trader : la notoriété et la taille de l'agence (un grand groupe digital ou une agence data-driven rémunère souvent plus qu'une petite structure), le secteur d'activité (retail, luxe, grande consommation), le volume du budget géré (plus le budget est élevé, plus la prime de performance est conséquente), la spécialisation technique (social ads, programmatique, retail media) et la localisation géographique du poste. Quels sont les leviers pour faire évoluer son salaire de media trader ? ### Media Trader - Arthur Beaurepaire Le métier de Media Trader : missions, salaire et compétences. Nous avons le plaisir de recevoir, Arthur Beaurepaire, Media Trader chez Numberly (1000mercis Group). Ensemble, nous explorons : quel salaire peut-on espérer dans ce domaine ? Quelles sont les missions principales dans le métier ? Quels défis uniques pose cette profession dans un environnement numérique en constante évolution ? Comment devient-on Media Trader ? Quels diplômes ou compétences sont nécessaires pour réussir dans ce secteur ? Merci à Arthur Beaurepaire pour sa participation et nous espérons que l’écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Media Trader Salaire Débutant : 30-35K€/an, confirmé : 40-55K€/an selon agences. Media Trader Formation Master en marketing/marketing digital, stages en agence recommandés. Media Trader c’est quoi Gère campagnes digitales: stratégie, mise en place, suivi, optimisation et reporting. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Arthur Beaurepaire –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview d’Arthur Beaurepaire, Media Trader MajdelineMerci d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Arthur, tu es Media Trader chez Numberly. On va avoir l'occasion de revenir en détail sur ton métier et sur ton entreprise, mais avant tout, peux-tu te décrire en quelques mots ? ArthurOui, totalement. J'ai 25 ans, je suis Media Trader chez Numberly depuis bientôt deux ans. C'est mon premier travail. J'ai fait un bac scientifique en 2016 à Notre-Dame de Boulogne et j'ai directement enchaîné avec une école post-bac, l'ESCA, École supérieure des sciences commerciales d'Angers, sur le campus de Boulogne-Billancourt. Master 1 en marketing et un Master 2 en Marketing digital. Après mes différents stages, j'ai postulé chez Numberly et j'ai été pris. En plus de cette partie professionnelle, j'ai un engagement assez important dans ma ville, notamment. Je suis élu au conseil municipal de Sèvres. MajdelineGénial. Et, tu as intégré Numberly suite à un stage de fin d'études ? ArthurOui, exactement. J'ai eu la chance de faire trois grands stages de fin d'études. Normalement, dans le cursus, on fait un stage en Master 1 de six mois et un stage de six mois en cinquième année. Mais, j'étais à l'ESCA en plein pendant la COVID. En cinquième année, comme le contexte économique n'était pas encore extrêmement bon, l'État a permis, en tout cas, aux grandes écoles d'autoriser un deuxième grand stage. Ainsi, en cinquième année, j'ai fait une année de césure. C'est-à-dire que j'ai fait deux grands stages de fin d'études. Mon premier stage de master 1 était chez Savencia. J'étais sur le site internet quiveutdufromage.com, donc sur la partie numérique. Mon premier stage, sur la gestion d'un site web, sur la découverte de l'écosystème. MajdelineEnsuite, chez Numberly, tu as eu le coup de cœur. Ça a été le poste qui t'a vraiment plu, dans lequel tu t'es épanoui ? ArthurOui, totalement. Depuis deux ans je suis chez Numberly. Pour être honnête, je n'ai pas vu le temps passé. Sans faire trop de promos pour mon entreprise, mais en tout cas, au Media Trading, il y a une super ambiance, il y a beaucoup de bienveillance. On s'entend tous très bien et c'est un métier passionnant parce que, on va y revenir en détail plus tard, on fait énormément de choses. On fait énormément de choses. On peut avoir parfois un peu cette image des agences digitales où elles ne font que gérer des campagnes. On nous dit : Il faut lancer ça, on lance. Il faut faire ci, on fait ça. Il y a beaucoup plus que ça. On remonte beaucoup sur tout ce qui est la partie stratégie digitale. Pour faire une recommandation pour un client un client a tel ou tel enjeu et comment derrière, on y répond. Finalement, il y a tout ça. Il y a cette partie beaucoup plus en amont de stratégie. On prend une vue d'ensemble de conseils. Finalement, vous êtes des experts. Exactement, on est des experts, on conseille, on recommande. Et puis derrière, on a l'application concrète. ArthurOn met en application tout ce qu'on a recommandé, on suit au quotidien et derrière, on voit si ça marche ou non. MajdelineOk. Et, Numberly, peux-tu nous expliquer l'activité ? ArthurMon Numberly, c'était à l'origine connu sous le nom de 1000 Merci. C'est une agence digitale. On est vraiment très centré autour de la data. C'est une agence qui a plusieurs grands pôles de services. Le premier, c'est le CRM, le Customer Relationship Management. Succinctement, c'est tout ce qui est la gestion de la relation client pour les entreprises. Un effet concret, c'est tout ce qu'on a des emailing. Quand on s'inscrit sur un site web ou sur une marque, on reçoit des e-mails, on a des infos. Tout ce système-là, ça fait partie du CRM. Un service aussi très lié au CRM, c'est tout ce qu'on appelle les MarTech Platforms, donc la gestion de bases de données clients. Finalement, quand on a des clients qui s'inscrivent sur des sites web ou qui rentrent leurs e-mails. Il faut bien gérer toutes ces données. Ça en fait partie, bien sûr, du travail. On a vraiment ces deux grands premiers pôles. On a ensuite le média, la partie média digital, donc la gestion des campagnes digitales. On va y revenir un peu plus en détail, mais on a une grosse partie sur le Retail Media, tout ce qu'on appelle le Display, les réseaux sociaux, Amazon. Et une partie Consulting Académie. On a diversifié aussi notre activité. On peut aider les entreprises sur toute la partie consulting. On fait des audits, de leur gestion du digital et comment on peut les aider à se développer. La partie Académie, on forme les entreprises, on aide les entreprises à monter en compétence sur les sujets de CRM et de média. MajdelineTrès clair. Tu es Média Trader. C'est un métier qui est un peu flou pour ceux qui ne sont pas du milieu. Peux-tu nous expliquer concrètement ce que tu fais ? ArthurOui, effectivement, le métier de Media Trader, on n'en entend pas souvent parler. On pourrait aussi dire un Paid media, Campaign manager, il y a beaucoup de noms qui peuvent être donnés, mais assurément, le plus connu, en tout cas quand on est du milieu, c'est Media Trader. Pourquoi Media Trader ? Parce qu'on travaille sur du média. Et Trader, on va y revenir en détail, on travaille sur un système d'enchères. On est un peu des traders, un peu comme sur la Bourse, où on va aller acheter des actions. Nous, on va a placer des enchères, pour obtenir un espace ou autre. Mais, pour vraiment focus plus au niveau global, le métier, si je devais résumer le travail d'un media trader en une phrase, c'est de gérer les campagnes digitales d'un annonceur, d'une marque. Mais c'est un métier qui est beaucoup plus, finalement, complexe que cela. Quelles grandes fonctions a-t-on ? Le media trader, son activité principale, c'est de gérer les campagnes média d'un annonceur et de répondre à ses objectifs. Quand je dis ça, c'est une phrase globale, mais on a plein de soumissions. On est un peu le mouton à 5 pattes parce qu'on fait beaucoup de choses pour le client. ArthurLa première des grandes missions, c'est ce qu'on appelle les recommandations média. En réalité, un client vient nous voir et nous dit : J'ai telle problématique, j'ai tel enjeu. Ça va être : J'ai besoin de faire connaître ma marque en France auprès de telles cibles de 18-25 ans. J'ai besoin de générer du trafic sur mon site Web. J'ai besoin de générer des ventes pour tel ou tel produit et d'augmenter mon chiffre d'affaires. On va avoir beaucoup d'objectifs. Ces objectifs vont être liés, je vais rentrer dans le détail, de ce qu'on appelle, le funnel (le tunnel) de conversion, le tunnel de conversion. On a vraiment trois grandes phases, finalement, qui définissent un peu les campagnes. On a le premier qui est le plus global, ce qu'on appelle la notoriété. C'est de faire connaître une marque, de présenter, de montrer qu'on existe, qu'on est là. On a ensuite de la considération. On va générer de l'intérêt, on va générer du trafic sur un site web, de l'interaction. Pour les réseaux sociaux, par exemple, ça va être d'avoir de nouveaux abonnés. Et, puis des campagnes dans le bas du funnel qui sont plus compliquées à réaliser, ce qu'on appelle de la conversion. Là, c'est générer des achats, des inscriptions ou des ventes. Exactement, le passage à l'action. Quand un client vient nous voir avec une demande, ce que l'on appelle un brief. Il veut faire telle chose avec tel budget, nous, derrière, on va construire ce qu'on appelle une recommandation média. On va faire la stratégie média pour le client. Donc, en fonction de ses objectifs, comment on y répond ? C'est-à-dire combien de budget, on doit mettre sur la campagne ? Quelles sont nos estimations ? Quel levier média, on va activer ? Va-t-on faire du social ? Va-t-on faire du display ? Ce qu'on appelle le display, c'est la publicité sur Internet, c'est toutes les bannières qu'on peut voir sur les sites Web quand on se balade sur le Web. Fait-on du Google Search, c'est-à-dire les résultats sponsorisés ? Quel levier média, on active ? On va aussi beaucoup plus loin. On va dire quelles sont les recommandations en termes de format, quel type de message il faut transmettre. Ensuite, quand on a des enjeux ou en tout cas des objectifs assez importants, on va dire aussi sur combien de temps, je dois activer cette campagne. Est-ce qu'on le fait sur seulement un mois ? Est-ce qu'on le fait sur toute une année ? Est-ce que quand on a une campagne de promotion spécifique, on la fait sur une période donnée ? C'est tous ces enjeux-là, finalement, de dire au client : Par rapport à votre enjeu, voici ce qu'il faut faire ou voici ce qu'on vous propose de faire pour répondre correctement aux objectifs. Lorsque cette première phase est passée, on a bien sûr une phase d'échange, on valide, on adapte le plan média. Et quand le plan média est validé, on va passer à la phase opérationnelle. Donc, on va set-up des campagnes. C'est-à-dire qu'on va aller créer les campagnes dans les différentes plateformes. Par exemple, si on fait une campagne sur Meta, je dois aller dans le Meta Business Manager, set-up la campagne, on crée les objectifs, on met les visuels, on met les budgets par jour, les liens de redirection. C'est toute cette partie de setup, de préparation de la campagne. Quand c'est fait, on lance la campagne. MajdelinePar conséquent c'est hyper complet. On part d'un brief et d'un budget, du conseil, à l'opérationnel et finalement, vraiment, appuyer sur le bouton est lancé ? ArthurExactement. MajdelineEt j'imagine qu'il y a un suivi une fois que ça a été lancé ? faire un suivi sur le nombre de clics, le nombre de passages à l'action ? ArthurExactement. C'est là où on a cette partie très opérationnelle au quotidien sur les campagnes. On va faire ce qu'on appelle le suivi quotidien et les optimisations. Les optimisations, c'est le fait qu'on va améliorer le dispositif. On observe tout ce qui se passe, les performances que l'on a, et on essaie de rentrer dans le détail pour voir ce qu'on peut améliorer pour garder les performances ou pour améliorer les performances. MajdelineC'est hyper intéressant. Et toi, qu'aimes-tu le plus faire ? Et qu'aimes-tu le moins faire ? ArthurÇa, c'est compliqué. On va dire que c'est un tout. J'aime beaucoup la partie, on va dire, stratégique, toute la réflexion. On a beaucoup de clients, ils viennent avec des objectifs vraiment très généraux et puis derrière, ils nous disent : on vous donne ça et ça. Maintenant, débrouillez-vous pour faire la recommandation média. Soit, on a un contexte client qui nous aide, mais il y en a beaucoup où on manque de contexte client. Donc, on arrive et on construit un peu from scratch. Finalement, c'est hyper intéressant parce qu'on a cette phase de réflexion de savoir qu'est-ce qu'on fait, comment on y accède. Quelles sont leurs cibles, quels leviers permettent de mieux répondre à ces enjeux-là pour tel et tel profil d'audience. C'est tout ça et c'est très intéressant. Mais après, le suivi quotidien des campagnes, moi, j'adore. Ce qui me motive énormément, c'est chaque matin d'aller au travail et d'aller regarder, de dire qu'est-ce qui a marché, qu'est-ce qui n'a pas marché. La première chose qu'on fait quand on arrive au travail, si on va regarder nos campagnes actuelles, on va voir qu'est-ce qui a performé et qu'est-ce qui n'a pas performé ? Quand on voit des bons résultats, on est content, on se dit que l'on a bien bossé. MajdelineQu'aimes-tu le moins faire dans tout ça ? ArthurC'est très variable d'un client à l'autre, mais c'est la partie qu'on n'a pas abordée, c'est la partie reporting. On a le suivi des campagnes au quotidien et donc bien sûr, je dois rendre compte auprès du client, comme il dépense de l'argent, on doit lui assurer que c'est bien investi. On fait, en fonction des clients, des reportings. Certains bilans sont plus ou moins intéressants. Il y a certains types de bilans où c'est juste des copier-coller des données. Ce n'est pas forcément toujours la partie la plus amusante, mais cela fait partie du job. Majdeline Arthur, pourquoi as-tu choisi le métier de Media Trader ? ArthurC'était pour faire le lien, finalement, avec tout ce que j'avais pu faire avant dans mes différents stages et passer de l'autre côté et de gérer opérationnellement ces campagnes. Et du côté agence où je sais qu'on fait beaucoup de choses. On fait toute la réflexion stratégique, on fait la gestion opérationnelle. C'est une très bonne école pour apprendre, pour pouvoir toucher à tout et gagner en expertise sur la partie média. MajdelineOn l'a bien compris, chez Numberly, tu es plutôt 360 sur le média trading de la stratégie à l'opérationnel. Mais, on a déjà reçu certains profils spécialisés sur le Gagne-Pain dans chacune des étapes que tu as citées. Toi, c'est vraiment un choix de faire ça de manière 360 dans ton métier ? ArthurOui, c'est un choix et c'est ça qui m'a attiré chez Numberly. C'est aussi un choix, finalement, de Numberly d'avoir ce qu'on appelle, le client focus. c'est-à-dire que le media trader est le point de contact pour le client. De la recommandation média, à la mise en place des campagnes, à la gestion opérationnelle, au reporting et tous les autres sujets qui peuvent concerner un client média. Numberly est une agence très centrée sur la data, donc on fait beaucoup d'études. Si un client veut faire des études spécifiques ou autres, le media trader sera aussi celui qui sera en charge de s'assurer du bon suivi du projet sur la partie des études. Même chose sur tous les sujets techniques. C'est ça qui est vraiment passionnant, c'est qu'on a plusieurs clients et on est vraiment sur toutes les phases d'accompagnement d'un client. On commence un projet, on le réalise et on le voit qui se termine. C'est ça qui est en tout cas excitant au quotidien, pour ma part. Après, il faut faire attention, ce n'est pas le cas dans toutes les agences. Comme tu l'as évoqué, on a des agences qui répartissent. Donc des personnes qui ne vont travailler que sur la recommandation média, d'autres qui ne vont travailler que sur la gestion opérationnelle ou le reporting. Ou même d'autres agences où il y a un focus par levier. C'est-à-dire qu'il y a des services spécifiques Meta, spécifiques Google Search, spécifique. Ce n'est pas du comme ça chez Numberly. On a une expertise sur tous les leviers et sur toutes les phases. En tout cas, c'est ce que j'aime. Chaque agence a sa façon de fonctionner, mais, moi, c'est ce qui m'a attiré chez Numberly. MajdelinePour toi, quelles sont les trois principales compétences pour faire ce job ? ArthurJe vais peut-être sortir des choses qui sont un peu évidentes, mais elles sont tellement importantes. Tout d'abord, c'est l'organisation et la rigueur. C'est une compétence qu'il faut avoir dans tous les métiers. Mais, elle est d'autant plus importante quand on est media trader. On travaille pour différents clients et on va gérer différentes campagnes pour un même client. Il faut vraiment bien suivre tout ça au quotidien, s'assurer qu'on suit bien le client, qu'on répond bien à ses enjeux. Organisation, rigueur. Un autre gros enjeu, en tout cas, qui est important, c'est que quand on fait des campagnes sur les plateformes, on va mettre du budget. On n'a pas les billets dans la main, mais on va mettre de l'argent dans les plateformes. Donc, on engage la responsabilité de l'agence avec des budgets qui peuvent aller de 10, 15, 100 € jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'euros, voire des millions d'euros. Là, derrière, par exemple, si on fait un setup et qu'on rajoute un zéro, ça la fout mal. C'est un besoin d'organisation, de rigueur. Il faut être très sérieux. L'erreur est humaine, mais en tout cas, on a des outils en interne pour éviter tout ce genre de choses. Il faut vraiment être très concentré et sérieux et organisé dans son métier. MajdelineAttention, la question Gagne-pain. Combien cela gagne, un media trader ? ArthurEn moyenne, les agences, pour un profil junior, recrutent entre 30 et 35K€ brut annuels. Certaines agences font moins, d'autres agences font davantage. Après, c'est en fonction d'où on veut se situer, mais c'est une fourchette moyenne. Et après, quand on évolue en seniorité, ça peut aller de 40 à 55 K€ brut annuels. MajdelineQuel est le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier ? ArthurLe plus grand défi, c'était finalement de se former. Je sortais de mes études, j'avais quelques expériences professionnelles, mais c'est toujours ce gap que l'on a entre la théorie et la pratique. Quand j'ai commencé à travailler chez Numberly, j'ai immédiatement été mis dans le bain. Mais on est là, on se pose des questions : est-ce que c'est vraiment ce que je veux faire ? Est-ce que c'est ça ? Quand on nous présente les leviers, quand on nous présente le travail d'un media trader, j'étais là, je regardais et je disais : Mais je n'ai jamais fait ça, mais qu'est-ce que c'est ? Où est-ce que je suis tombé ? C'est beaucoup d'appréhension, mais parce que c'est ce passage de la théorie à la pratique. Ensuite, je veux rassurer tout le monde, comme dans beaucoup de métiers, on a cette formation, finalement, académique qui nous donne cette réflexion, qui nous donne cette capacité de réfléchir, ce côté un peu data. Finalement, marketing numérique, on était très orienté sur les data, on a des connaissances, sur comment fonctionne un site Web, le référencement, toutes ces compétences. Mais, derrière, on passe à la pratique et on apprend énormément de notre métier en le pratiquant et on gagne en expertise. Finalement, ç'a été le plus grand cap, d'apprendre à faire le métier de media tradeur. Comme pour tout le monde, quand on arrive dans un métier, on a ce bagage académique et on passe à la pratique. Il y a un petit gap. MajdelineOk. Peux-tu nous parler d'un projet sur lequel tu as aimé travailler ? ArthurOui, c'est un projet sur lequel j'ai aimé travailler et sur lequel je travaille encore, c'est Paris 2024. Numberly gère des campagnes digitales pour les JO et c'est vraiment passionnant au quotidien parce qu'il y a des enjeux hyper importants. On en entendait quotidiennement parler. Travailler pour un client aussi important, c'est hyper intéressant. Il y a des gros enjeux, donc on les aide à accomplir les objectifs sur les campagnes digitales et sur les missions sur lesquelles on travaille avec eux. MajdelineArthur, aurais-tu des conseils pour un auditeur que tu aurais convaincu et qui aimerait se lancer dans ce métier ? ArthurSi j'ai convaincu quelqu'un, déjà, j'ai réussi ma mission. Tout dépend d'où, l'auditeur se situe dans son parcours. S'il est encore en école, surtout, c'est de faire des stages en agence. Les agences recherchent beaucoup de stagiaires et avec des missions qui sont très intéressantes. Chez nous, c'est ce qu'on fait. Les Media Trader, parfois, on a cette image du stagiaire qui fait le café ou qui fait que des bilans, qui fait que des Excel. Je tiens à mettre en garde, ça existe. En tout cas, chez nous, ce n'est absolument pas le cas. Notre objectif, c'est de faire monter en compétence les futurs media traders. Mettre les mains dedans et commencer à avoir la vie d'un trader, donc gérer des calls avec des clients. Nous, nos stagiaires, on les fait vraiment monter. Ils commencent avec des calls, ils ne parlent pas, progressivement, prennent la parole, ils présentent des slides. C'est ce chemin pour aller vers la vie professionnelle. Les stages et en tout cas d'aller vers ce type de mission, que ce soit en agence ou chez l'annonceur, bien sûr. Les deux sont totalement possibles. Pour ceux qui ont déjà, finalement, commencé leur vie professionnelle. Il existe beaucoup de master of sciences, de master qu'on peut faire après les études ou des formations en ligne pour apprendre. Mais c'est vrai, qu'une première expérience ou des stages aident généralement pour tester et pour s'orienter vers ce métier. MajdelinePour conclure, Arthur, souhaiterais-tu ajouter quelque chose pour ceux qui nous écoutent ? ArthurC'est un métier passionnant et on fait vraiment beaucoup de missions différentes. C'est un métier très riche et qui bouge énormément avec l'évolution du digital. Si vous aimez le digital, si vous aimez un métier qui bouge avec beaucoup d'enjeux et plein de missions différentes, c'est un métier qui est fait pour vous. MajdelineMerci Arthur, c'était très clair. ### Combien gagne un Data Engineer ? Data Engineer Salaire Débutant : 38-45k€/an, confirmé : 55-60k€, senior : 70k€+ brut annuel. Data Engineer Formation Master en data, école d'ingénieur, certifications cloud ou data, anglais recommandé. Data Engineer c’est quoi Le Data Engineer conçoit, développe et gère les pipelines et plateformes de données. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Kimba, Data Engineer chez DECILIA. Écouter le podcast Rémunération d'un Data Engineer ? Le métier de Data Engineer, parfois appelé « ingénieur de données », consiste à concevoir, développer et maintenir des pipelines de collecte, de transformation et de stockage de données. Kimba Fondio, Data Engineer chez DECILIA, partage son expérience au sein de cette ESN spécialisée en data intelligence et détaille les niveaux de salaire observés pour ces professionnels du numérique. Salaire débutant d'un Data Engineer Selon Kimba, un Data Engineer débutant, fraîchement diplômé d’un master en Data Science ou d’une formation spécialisée, peut prétendre à un salaire compris entre 38 000 € et 45 000 € bruts par an. Cette fourchette varie en fonction de la renommée de l’école, de la maîtrise des outils Big Data comme Spark ou Hadoop, et des premières compétences acquises en Cloud (AWS, Azure ou GCP). Évolution du salaire avec l'expérience Avec quelques années d’expérience, un Data Engineer confirmé peut voir sa rémunération évoluer vers 55 000 € à 60 000 € bruts par an. Les profils seniors disposant d’une expertise poussée en architecture de plateformes de données, en MLOps ou en optimisation des performances peuvent même dépasser les 70 000 € bruts annuels. L’évolution vers des postes de lead Data Engineer, d’architecte data ou de manager technique reste un levier majeur pour augmenter significativement sa rémunération. Facteurs influençant la rémunération Kimba explique que plusieurs variables peuvent faire varier le salaire : la maîtrise des technologies cloud (AWS, Azure, GCP), la connaissance des frameworks Big Data (Apache Spark, Kafka), le niveau de certifications (Microsoft, Databricks), le type d’employeur (ESN, startup, grand groupe) et la localisation géographique (Paris vs province). Le statut consultant freelance avec facturation au jour peut également offrir des montants plus élevés qu’un poste interne stable. Quel avenir pour la rémunération d'un Data Engineer ? ### Data Engineer - Kimba FONDIO Tout savoir sur le métier de Data Engineer : missions, salaire, compétences et formations Data Engineer Salaire Débutant : 38-45k€/an, confirmé : 55-60k€, senior : 70k€+ brut annuel. Data Engineer Formation Master en data, école d'ingénieur, certifications cloud ou data, anglais recommandé. Data Engineer c’est quoi Le Data Engineer conçoit, développe et gère les pipelines et plateformes de données. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Kimba FONDIO –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Kimba Fondio, Data Engineer BertrandMerci beaucoup Kimba d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Data Engineer chez Decilia. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail, mais avant, pourrais-tu te décrire en quelques mots ? KimbaMerci Bertrand. Merci pour cette invitation. Je suis Kimba Fondio. J'ai 31 ans. Je suis originaire de la Côte d'Ivoire où j'ai effectué toutes mes études. Concernant mon parcours, il est un peu atypique parce que j'ai commencé par des études en économie où je suis allé jusqu'en maîtrise. Après, ma passion pour l'informatique et l'analyse des données m'a conduit à aller faire un autre master en Data Science, Big Data et Intelligence artificielle à l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire. BertrandKimba, pourrais-tu nous présenter ton parcours professionnel, c'est-à-dire les différentes expériences que tu as eues en entreprise avant celle dans laquelle tu travailles aujourd'hui ? KimbaAvant mon entreprise actuelle, j'ai eu l'opportunité de travailler pour différentes entreprises. Ce parcours, il a commencé plutôt en Côte d'Ivoire avec Data 354, qui est un cabinet expert en data, l'un des tout premiers en Afrique de l'Ouest. Après cette expérience, je suis venu ici en France avec RINTIO, qui était un cabinet aussi spécialisé en services numériques, pour à qui j'ai effectué une mission auprès de KPMG. Après cette mission et d'autres missions, j'ai été recruté chez Devoteam comme Data Engineer. Devoteam, qui est l'une des plus grosses ESN en France, présente en Europe, mais également sur d'autres continents. BertrandOk. Ceux qui sont intéressés par Devoteam, nous avons fait une interview chez eux avec Développeur Mobile. Kimba pourrais-tu nous présenter l'entreprise dans laquelle tu travailles et ton job actuel ? KimbaAujourd'hui, je suis Data Engineer chez Decilia, une société de services numériques spécialisée en data intelligence et en valorisation des données. J'interviens comme Data Engineer. On va accompagner les entreprises pour valoriser leurs données. BertrandKimba, tu es Data Engineer chez Decilia. Pourrais-tu nous présenter les principales missions de ton métier ? KimbaLes principales missions de mon métier : il s'agira d'abord de développer des pipelines, concevoir des architectures de données et d'intégrer des technologies très avancées comme l'IA. BertrandOn va revenir sur chacune de ces missions, si tu le veux bien. Développer des pipelines de données comme mission 1, qu'est-ce que ça veut dire ? KimbaLe développement des pipelines de données, c'est ce que l'on appelle l'ingénierie des données, le Data Engineering. Il s'agira de développer des flux d'extraction de données, de transformation et de stockage. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire que tu vas aller voir beaucoup de données et tu vas essayer de les structurer, qu'elles soient plus faciles à utiliser ? KimbaPlus ou moins. C'est-à-dire que dans les entreprises, on a énormément de sources. En conséquence, toutes ces sources-là, l'entreprise a besoin souvent de faire des analyses. Alors, on a besoin de regrouper toutes ces données dans un seul endroit. Pour ça, mon travail va consister à récupérer les données depuis toutes ces différentes sources et origines et les regrouper dans un seul endroit. Les nettoyer et les sécuriser, parce que c'est très important, et les mettre à disposition d'autres métiers comme les Data Analysts, les Data Scientists, etc... BertrandD'accord. Donc, tu vas fournir la donnée pour qu'elle soit facilement utilisable. Le mot pipeline, que tu utilisais, ça ressemble un peu à ce que l'on dit pour le pétrole : on met toutes les données ensemble et on les envoie bien proprement quelque part ? KimbaExactement, le pipeline ici, c'est exactement ça. C'est comme un tuyau que l'on mettrait en place. Puisqu'il y en a différentes étapes, les données qui viennent depuis la source et qui vont couler. Et, au fur et à mesure, on fait des transformations là-dessus. Jusqu'à un gros réservoir où on va les stocker, pour que l'on puisse les utiliser pour pouvoir répondre aux différentes problématiques de l'entreprise. BertrandOk, c'est extrêmement clair. Tu as dit en Mission 2 : concevoir l'architecture des plateformes de données, qu'est-ce que ça veut dire ? KimbaLa conception d'architecture de plateformes de données va consister à mettre en place un ensemble d'outils, parce que dans l'entreprise, on a des producteurs de données et des consommateurs. Et tous ces consommateurs, parfois, n'ont pas les compétences techniques pour pouvoir aller chercher les données à la source. Donc, mon travail va consister à mettre une plateforme en place, avec un ensemble d'outils, en fonction des compétences de chaque consommateur de données. Pour qu'ils puissent venir se servir dans ces données et pouvoir répondre à des questions qui se posent. BertrandOk et en Mission 3, intégrer les technologies avancées. Là, on s'approche de l'IA, si je comprends bien ? KimbaC'est bien ça. Parce qu'en réalité, il ne s'agira pas simplement de travailler cette donnée, de la nettoyer, de la stocker. L'objectif, c'est de pouvoir en tirer de la valeur. Et pour tirer de la valeur aujourd'hui, l'une des technologies les plus intéressantes, c'est l'utilisation de l'IA. Donc, je vais aussi accompagner les Data Scientists et les Data Analytics pour déployer des modèles de Machine Learning qui vont pouvoir être utilisés pour enrichir cette donnée. Ça permet aussi à ces consommateurs d'avoir des données enrichies qui vont mieux répondre à des problématiques et les guider dans les prises de décisions. BertrandKimba, j'ai une question pour bien comprendre. Les données dont tu parles, ça peut être quoi ? KimbaCes données sont très variées, mais en gros, c'est l'ensemble des informations produites par les entreprises. On peut avoir, par exemple, des données financières. Donc, ça peut être des factures, des e-mails. Ça peut être aussi des données qui proviennent des réseaux sociaux. Par exemple, l'entreprise qui a son compte LinkedIn, les commentaires qui y sont. Toutes ces données, qui peuvent être structurées et non structurées, sont utilisées, exploitées et analysées pour aider l'entreprise à planifier sa stratégie. BertrandKimba, tu as dit que tu travaillais avec beaucoup de métiers dans l'entreprise pour des gens qui vont utiliser ces données. Peux-tu nous expliquer quels types de métiers utilisent ces données ? BertrandAlors, je travaille avec des Data Scientists ou des Data Analysts qui ont besoin de la donnée propre pour pouvoir effectuer les analyses. Et je dois mettre à leur disposition ces données propres. Mais aussi, je travaille avec des DevOps chargés du déploiement de l'infrastructure, de la maintenance de l'infrastructure. Tous les développements que je fais, ces DevOps vont, par exemple, pouvoir déployer et sécuriser ces plateformes de données. BertrandKimba, peux-tu nous dire pourquoi tu as choisi ce métier de Data Engineer ? KimbaAlors, ce choix, il vient plus de ma passion pour l'informatique, que j'ai eu très tôt. BertrandTout petit Déjà ? KimbaOui, depuis la fin de l'école primaire, déjà, je m'étais intéressé à l'informatique. Donc, je bidouillais des choses. Après, je me suis intéressé au codage, au système, etc. Mais aussi, après le bac, j'ai plutôt effectué des études en économie. Et là aussi, ce passage m'a permis de comprendre l'analyse des données. Et là, ça a vraiment suscité une nouvelle passion pour les chiffres. Et le domaine qui concilie à la fois l'informatique et l'analyse des données, ça va être ce métier de Data Engineer. Il va consister à structurer l'information et à la rendre exploitable et pour qu'elle puisse avoir de l'impact dans la vie de tous les jours. BertrandJ'avais noté quand on avait préparé cette interview, "structurer et analyser". C'est exactement ça ce que tu es en train de dire et c'est ça que tu aimes faire ? KimbaC'est ça. J'aime structurer en tout cas l'information et j'aime aussi analyser. La petite anecdote, lorsque j'ai commencé à suivre des cours d'économétrie, dans mon parcours d'économie. En gros, on récupérait des données dans des enquêtes sur le terrain et on faisait des analyses pour pouvoir expliquer des phénomènes. Pour moi, c'était presque de la magie de pouvoir expliquer un phénomène social à partir de données. J'ai vraiment voulu en savoir plus, mais comme j'étais aussi toujours attaché à ma passion en informatique, j'ai dit : Il faut que je trouve un domaine qui va pouvoir concilier les deux. BertrandMais c'est vrai qu'il y a un côté magique dans les données ? KimbaExactement. BertrandPourrais-tu nous dire quelles sont les trois principales compétences qu'il faut pour faire ce job de Data Engineer ? KimbaJe pense qu'il faut avoir trois compétences clés. La toute première, ça va être des compétences en développement, donc en programmation, en code. Il faut également des compétences en Cloud Computing, tout ce qui est l'informatique dans le nuage. Et aussi, il faut avoir une culture DevOps pour pouvoir faciliter l'industrialisation. BertrandOk. Alors, si on revient sur la maîtrise du code et des outils que l'on appelle du Big Data, ça veut dire quoi exactement ? KimbaÇa va passer par l'apprentissage des langages comme le SQL, qui est un langage destiné à l'interrogation des bases de données. Mais aussi Python, qui est un langage aujourd'hui très utilisé dans la data, qui va nous permettre de pouvoir faire des analyses, de la manipulation des données. Mais également des outils comme Spark (ou Apache Spark), qui est vraiment très orienté Big Data, qui permet de pouvoir traiter de très grandes quantités de données et très rapidement, tout ça en temps réel. Donc, tout ça rassemblé, ça crée le socle de base pour un Data Engineer. Apprendre ces outils et pouvoir répondre aux besoins en entreprise. BertrandCe sont des outils qui permettent de traiter des millions de lignes de code. On n'est plus du tout dans un fichier Excel ? On est sur des très grosses bases de données ? KimbaOui, là, on est avec de très grosses bases de données, où on va parler des milliards ou des millions de lignes que l'on doit quotidiennement intégrer. Parce que chaque jour, on produit de la donnée. On peut imaginer, par exemple, le cas de Facebook ou de LinkedIn. Où on publie chaque jour des posts. Et il y a des Data Engineers qui sont dans ces entreprises, qui vont par exemple récupérer ces données, les traiter, pour que LinkedIn puisse faire, par des recommandations, vous proposer des postes, etc... BertrandOk, je comprends bien. La deuxième compétence dont tu as parlé, c'est une expertise Cloud Computing. Qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui le cloud pour cette gestion de données massives ? KimbaLe cloud, si on veut traduire littéralement en français, c'est l'informatique dans le nuage. Mais rassurez-vous, ce n'est vraiment pas dans les nuages... C'est le fait de faire de la location de services informatiques via Internet. En gros, au lieu d'acheter des serveurs qui vont coûter des millions, on peut simplement louer ces ressources. De grosses entreprises, par exemple, Google, Amazon ou Microsoft, qui ont énormément de ressources, mettent à la disposition aux entreprises ces ressources-là, sous forme de location via Internet. Et c'est ce qui va constituer le cloud. Aujourd'hui, la plupart des entreprises vont privilégier ce genre de solution parce que ça réduit le coût d'investissement et le "time to market". Imaginez que pour un projet, si on doit aller acheter des serveurs et faire de gros investissements dès le début. Parfois, on a des idées que l'on veut tester. Donc, préférable d'avoir de la location en payant uniquement ce que l'on consomme. BertrandEt donc, ça veut dire qu'il faut une expertise cloud, il faut connaître les outils qui permettent de gérer le cloud ? KimbaExactement, parce qu'aujourd'hui, il y a énormément de solutions. La plupart des solutions proposées par les Cloud Providers, les fournisseurs de services Cloud, comme Google Cloud Platform (GCP), Azure pour Microsoft et AWS pour Amazon. BertrandOk. il est important de maitriser cette expertise Cloud. Et la troisième compétence dont tu as parlé, c'est la compétence de DevOps. Ça aussi, ça vaut le coup de nous l'expliquer STP ? KimbaEn gros, les DevOps vont permettre de faciliter le déploiement, l'industrialisation de tout ce que l'on fait. Imaginez que vous écrivez du code. Ce code, on doit les déployer dans différents environnements. Parce que l'on doit tester d'abord, après, on doit passer en production. Donc, la culture DevOps met à notre disposition un ensemble d'outils, par exemple, le CI/CD, (intégration et déploiement continu) qui vont nous permettre de suivre certaines règles et de faciliter ce déploiement. Ça permet de passer d'un environnement à un autre sans avoir à réécrire du code ou à tout de prendre. BertrandOk, c'est très clair, merci. Kimba, comme Data Engineer, quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? KimbaDans mes tâches quotidiennes, la tâche qui me plaît le plus, c'est la phase de conception architecturale, donc la phase où on va planifier et comment on va procéder. Et celle que je n'aime pas, mais qui reste quand même assez importante, ça reste la phase de documentation. BertrandDocumentation, ça veut dire bien écrire tout ce que l'on a fait, pour que cela soit disponible pour les autres. C'est ça l'idée ? KimbaC'est ça. L'idée, c'est d'écrire tout ce que l'on a fait, de documenter son travail pour aider les autres personnes qui doivent travailler dessus, pour que l'on puisse le comprendre, pour que cela perdure. Ce n'est pas la phase la plus intéressante, il y a beaucoup de documentation à faire. Je pense que ne pas être le seul. La plupart des développeurs, ils n'aiment pas cette tâche-là. KimbaAlors attention Kimba, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un Data Engineer ? KimbaUn Data Engineer, donc on va dire, à la sortie d'école, ça va dépendre aussi des écoles, il peut toucher entre 38 k euros brut annuel, et 45 k € bruts annuels. Donc, ça va dépendre des écoles, après, lorsque l'on a un peu plus d'expérience, quand on est un peu confirmé, il pourra aller jusqu'à 55k€ ou jusqu'à même 60k€. Lorsque l'on a d'autres compétences, par exemple au niveau de l'architecture, que l'on ajoute, ces montants peuvent monter très haut. Et pour les experts, les seniors, là, c'est plus de 70k€. KimbaD'accord, ça peut monter assez vite en fonction de l'expérience et des compétences ? KimbaExactement. BertrandKimba, pourrais-tu nous parler d'un projet sur lequel tu as particulièrement aimé travailler ? KimbaLe projet que j'ai particulièrement aimé, c'est le projet Arsco, donc Analyse des Réseaux sociaux pour la lutte contre le Covid-19. Un projet pour le compte du gouvernement ivoirien, pour lutter contre le Covid. L'idée était de récupérer les réactions des utilisateurs sur les réseaux sociaux en temps réel. Sur des plateformes comme Twitter, Facebook, pour analyser les réactions, avec de l'analyse de sentiments, de l'analyse de thématiques pour que le gouvernement puisse évaluer l'impact des politiques dans la lutte contre le Covid. Par exemple, est-ce qu'il faut confiner ? Est-ce qu'il faut vacciner ? Etc. BertrandEt donc la data avait un impact ? KimbaEffectivement, un impact réel et social en plus. Parce que là, on parlait de vie humaine et surtout l'économie en dépendait. Car lorsque l'on confine, ce sont des magasins, des entreprises qui sont fermées. Ce sont des gens qui ne vont pas pouvoir aller travailler et perdent des revenus. Pour pouvoir calibrer tout ça, pour que l'on puisse prendre les mesures adéquates, franchement, je pense que l'impact était vraiment réel. BertrandExcellent, merci c'est très clair. J'ai une question à propos de l'anglais. Est-ce que la maitrise de l'anglais est importante pour le métier de Data Engineer ? KimbaOui, l'anglais est extrêmement important dans ce métier. Parce, peut-être que nos auditeurs l'auront remarqué, il y a énormément de termes qui sont déjà en anglais. Et la plupart des documentations sont rédigées en anglais. Parce que les entreprises de ce domaine comme Google, Microsoft ou Amazon sont toutes américaines. Donc, la plupart des contenus sont en anglais. On en trouve un peu en français, mais il est important de savoir que les meilleurs contenus sont en anglais. Mais il n'y a pas que ça. En tant que Data Engineer, on est souvent amené à travailler dans le contexte international. Et donc là, une fois que l'on est dans le contexte international, la langue la plus utilisée, ça reste l'anglais et ça permet de vraiment faire décoller la carrière au niveau international. BertrandOk, c'est très clair. Pourrais-tu également nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier ? KimbaAu niveau des formations, c'est assez varié quand même aujourd'hui. Ce n'était pas le cas il y a quelques années. Aujourd'hui, on va trouver de très bons masters dans les universités publiques. On va trouver des très bons masters qui vont former dans le domaine de l'ingénierie de la data. Mais aussi, on va trouver dans les écoles d'ingénieurs. Là aussi, on trouve des très bonnes formations qui vont même ajouter des couches managériales. Il est important d'avoir une vision business pour avoir de l'impact sur le chiffre d'affaires de l'entreprise. BertrandMerci Kimba. Ensuite, toi, continues-tu à te former ? KimbaOui, évidemment, je continue à me former régulièrement parce que ce domaine évolue très vite. Par exemple, je vais être abonné à des chaînes YouTube, comme Guy in a Cube ou Stephane Maarek, qui font de très belles formations. Aussi, on a beaucoup de ressources chez Microsoft, Google ou Amazon. Donc, je me forme régulièrement avec tout ça. BertrandEst-ce qu'il y a des certifications professionnelles utiles pour ton métier ? KimbaOui, il y a énormément de certifications dans ce domaine. Généralement, chez les fournisseurs de services, comme Microsoft. Mais aussi chez Databricks, qui est une plateforme très importante dans le domaine de Data Engineering, avec la Databricks Academy. Et on trouvera des équivalents chez Google et Amazon. BertrandEst-ce qu'il y a un mode de vie spécifique dans le métier de Data Engineer ? On pose cette question, notamment depuis le COVID, le télétravail, l'organisation de la journée, à quelle heure on démarre. Ce sont des questions pratiques, mais toujours utiles pour ceux qui nous écoutent ? KimbaEffectivement, au niveau du temps de travail, ça va être quand même assez classique, comme tout le monde, on va dire 9 à 18 heures. Mais, dans mon métier, je fais beaucoup de télétravail. On travaille habituellement sur des plateformes en ligne. Par conséquent, il est très fréquent que l'on fasse du télétravail. BertrandC'est facile de télétravailler, mais il faut quand même avoir une bonne connexion pour travailler sur le cloud, non ? KimbaEffectivement. Aujourd'hui, toutefois, ce n'est plus un problème avec la fibre optique. Mais il est important d'avoir une très bonne connexion parce que l'on a tout de même de grosses plateformes… BertrandOui, il y a également des grosses bases de données ? KimbaEffectivement, on fait beaucoup de télétravail, néanmoins, parfois, en présentiel, car il faut rencontrer des clients pour comprendre leurs besoins, etc.. Donc, il ne faut pas tout le temps rester peut-être derrière son écran chez soi, et parfois, il faut rencontrer aussi des collègues pour échanger, pour discuter... BertrandTu fais combien de jours de télétravail actuellement ? KimbaMoi, je fais trois jours de télétravail par semaine. BertrandOk, trois jours de télétravail. Et la question qui se pose aussi, c'est souvent Paris-Provence. Les entreprises qui t'embauchent sont généralement basées à Paris ? KimbaOui, dans mon cas, c'est plutôt Paris. En province, on va en trouver aussi. Mais, la plupart du temps, ce métier se fait au siège de la grande entreprise. BertrandOuais, bien sûr, le siège des grandes entreprises, c'est fréquemment à Paris. Est-ce qu'il y a une différence entre le métier que tu fais et celui que tu imaginais avant de le faire ? KimbaOui, j'ai trouvé une différence parce que quand j'étais encore à l'école, je me disais que dans ce métier de Data Engineer, je passerais peut-être à 80% du temps en train de faire du code. Mais, arrivé en entreprise, on s'aperçoit que la réalité, elle est tout autre. Parce que l'on ne va pas passer son temps qu'à coder. Car il faut échanger aussi avec les gens pour pouvoir comprendre leurs besoins. Il faut planifier, il faut aussi organiser tout ça. Il y a beaucoup de management, finalement, on ne fait pas que du code. BertrandD'accord, ce n'est pas 80% de code comme tu l'imaginais ? KimbaOui, ce n'est pas ça. BertrandKimba, Quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans le métier ? KimbaMes conseils, c'est d'abord d'apprendre les fondamentaux, c'est-à-dire le code, la programmation. Ensuite, spécialisez-vous dans le Cloud Computing, parce qu'aujourd'hui, c'est extrêmement important dans le métier. Enfin, pensez à l'architecture, car c'est l'évolution naturelle de ce métier. BertrandOk. Pourrais-tu également nous dire comment tu vois ton métier de Data Engineer dans 10 ans ? KimbaDans 10 ans, je pense que le métier va beaucoup évoluer, notamment avec la montée en puissance de l'intelligence artificielle. Il va falloir s'adapter à cette évolution. Par exemple, aller comprendre de nouveaux concepts qui viennent, comme par exemple, le MLOps, qui va consister à déployer les modèles de Machine Learning, des plateformes de d'IA. En tant que Data Engineer, naturellement, on va évoluer vers ça, plus d'industrialisation et d'automatisation. BertrandMerci beaucoup, Kimba. En conclusion, que souhaiterais-tu ajouter à ceux qui nous écoutent ? KimbaPour tous ceux qui s'intéressent à ce métier, je leur demande de se lancer. Ce métier présente énormément d'opportunités de recrutement et ça paye quand même assez bien par rapport au marché. Donc, n'hésitez pas, lancez-vous. Et surtout, quand vous décidez de vous lancer, pratiquez. Parce qu'il n'y a pas de magie. Donc, pratiquez. Quand on a pratiqué un outil, on peut le maîtriser. BertrandD'accord, mettre les mains dans le code. C'est ça que tu avais dit quand on a préparé l'interview et c'est exactement ce que ça veut dire ? KimbaExactement, mettre les mains dans le code, ne pas hésiter. Et surtout, j'insiste sur cette citation d'un auteur que j'aime bien : n'allons pas là où il y a un chemin, mais allons là où il n'y a pas de chemin pour laisser des traces. Donc, ne pensez pas forcément à avoir des parcours linéaires. Le mien, ne l'était pas. N'hésitez pas et si vous aimez, foncez ! BertrandExcellent. Kimba, pour ceux qui ont aimé cet échange et cette discussion avec toi et qui voudraient la prolonger ou de poser des questions, comment ils peuvent faire ? KimbaMoi, je suis tout le temps sur LinkedIn, donc ils peuvent me contacter sur mon compte LinkedIn. Cela sera toujours un plaisir d'échanger par rapport à ce métier. BertrandOk Kimba, merci beaucoup. KimbaMerci Bertrand. ### Combien gagne un Directeur clientèle SEO / SEA ? Directeur clientèle SEO / SEA Salaire Entre 2 500€ et 5 000€ net/mois selon variable, généralement autour de 3 500€ net. Directeur clientèle SEO / SEA Formation École de commerce/digital ou Biz Dev ; notions en SEO/SEA recommandées, pas obligatoire. Directeur clientèle SEO / SEA c’est quoi Gestion d'un portefeuille clients, suivi de projets en SEO/SEA, développement commercial. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Thomas, Directeur clientèle SEO / SEA chez AWi. Écouter le podcast Rémunération d'un directeur clientèle SEO / SEA ? Le métier de directeur clientèle SEO / SEA consiste à piloter la relation client, de la prospection à la fidélisation, sur les leviers de référencement naturel (SEO) et payant (SEA). Thomas Giguet, directeur clientèle SEO / SEA chez AWi, partage les contours de cette fonction et détaille les niveaux de rémunération associés. Salaire débutant d'un directeur clientèle SEO / SEA Thomas explique qu'un directeur clientèle SEO / SEA junior, issu d'une école de commerce ou d'un master digital, peut prétendre à un package brut annuel situé entre 35 000 € et 45 000 €. Cette rémunération se compose d'un fixe de 30 000 € à 38 000 € brut et d'un variable lié aux premiers objectifs, qui peut faire passer le net mensuel de 2 500 € à 3 500 €. Évolution du salaire avec l'expérience Avec 3 à 5 ans d'expérience, la rémunération totale grimpe généralement à 50 000 € – 70 000 € bruts par an. Thomas précise que sur des cycles d'acquisition complexes ou des grands comptes, le package peut atteindre 80 000 € à 90 000 € bruts annuels, variable inclus. Par ailleurs, évoluer vers un poste de head of account management ou de directeur commercial digital reste un levier clé pour accroître son salaire fixe, tout en ouvrant à des bonus sur la performance globale de l’agence. Facteurs influençant la rémunération Thomas souligne plusieurs variables déterminantes : la taille et la notoriété de l’agence, le mix / SEO vs SEA, le poids du variable (jusqu’à 30 % du package), la complexité des cycles de vente (inbound vs outbound), le secteur d’activité des clients et la maîtrise de l’anglais pour gérer des comptes internationaux. Enfin, le télétravail ou le présentiel peuvent aussi jouer sur le montant des avantages en nature et primes d’agence. ### Directeur clientèle SEO / SEA - Thomas Giguet Les missions, les compétences et le salaire d’un Directeur clientèle SEO / SEA Directeur clientèle SEO / SEA Salaire Entre 2 500€ et 5 000€ net/mois selon variable, généralement autour de 3 500€ net. Directeur clientèle SEO / SEA Formation École de commerce/digital ou Biz Dev ; notions en SEO/SEA recommandées, pas obligatoire. Directeur clientèle SEO / SEA c’est quoi Gestion d'un portefeuille clients, suivi de projets en SEO/SEA, développement commercial. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Thomas Giguet –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Thomas Giguet, directeur clientèle SEO/SEA MajdelineBonjour Thomas. ThomasSalut Majdo. Est-ce que je peux t'appeler Majdo ? MajdelineTu peux. Thomas est un ancien étudiant avec qui j'ai partagé quasiment cinq ans d'études. Thomas, merci d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. ThomasJe t'en prie, merci de m'avoir invité. MajdelineTu es directeur clientèle SEO, SEA chez AWi, on va avoir l'occasion de revenir sur ton métier et sur ton entreprise. Mais avant ça, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? ThomasBien sûr. Alors, Thomas, je suis actuellement directeur clientèle. Pour ne pas dire commercial ou Sales. Et pour me définir, j'ai grandi dans le 91, je suis issu de la région parisienne. Actuellement, j'habite dans Paris et je travaille pour une agence qui est également dans Paris. MajdelinePeux-tu nous présenter ton parcours et comment tu es arrivé à ce métier de directeur clientèle ? ThomasAlors, parcours, j'ai fait un bac ES assez classique. Le genre de bac où on ne sait pas trop ce qu'on veut faire. Donc c'est pour ça qu'on suit ce type de formation. Par la suite, j'ai fait une école de commerce que tu connais très bien, qui est le Pôle Léonard de Vinci. Pour être précis, j'ai fait l'EMLV. J'ai switché sur un double diplôme en Digital Marketing et Data Analytics, donc le DMDA (Digital Marketing & Data Analytics), qui met en lien l'EMLV, l'École de commerce, avec l'IM, qui est une école de multimédia. Et pour te décrire comment j'en suis arrivé à directeur clientèle. Pour l'histoire, j'ai fait un stage de fin d'études en tant que consultant MOA. Il faut savoir qu'à l'époque, je ne savais pas ce que c'était concrètement un commercial ou un Sales. D'ailleurs, en général, le commercial, c'est un petit peu le mot à ne pas dire. MajdelineLa bête noire ? ThomasVoilà, la bête noire. Mais pourtant, je trouve que c'est assez dommage, surtout que dans le métier du digital, on en parle encore moins qu'ailleurs. Et donc j'ai commencé en tant que consultant AMOA en fin d'études, parce que pendant les présentations, pendant les études, tous les projets qu'on avait à mettre en place, j'avais plutôt le rôle du mec qui pitchait et pas celui qui faisait les slides. Je pense que j'ai plus le profil de celui qui veut présenter le projet, amener le projet, mais je n'arrivais pas à le définir avec des mots concrets, en l'occurrence le commercial. Et j'ai testé Consultant. J'ai fait Consultant dans le digital en AMOA, c'est l'assistance à maîtrise d'ouvrage. Ce sont des projets de système d'information où ton rôle, c'est un petit peu comme un chef de chantier, de mettre en lien les bonnes entités pour que le système d'information fonctionne bien. Je n'ai pas du tout aimé. Ça m'a beaucoup appris, mais après mon stage de fin d'études, j'ai switché dans une autre boite pour faire la même chose. Parce que tu connais ca, quand tu es en fin d'études, tu as un petit peu peur de ne pas trouver l'emploi. Donc j'ai dit oui et les choses ont fait que je n'ai pas validé ma période d'essai. Et j'ai envie de dire, c'est tant mieux, parce que c'est à partir de là que j'ai commencé à remettre en question ce que je voulais vraiment faire. J'ai passé d'autres entretiens et un jour, il y a un mec qui m'a dit : Vous n'avez pas envie d'être consultant avec moi ? Le truc, c'est chercher un poste de Biz Dev, je ne savais pas du tout ce que c'était. Le COVID arrive et là, ça me laisse encore un petit peu plus de temps. Je suis resté trois mois sans emploi et puis là, je suis tombé sur une boite qui vendait des espaces publicitaires sur du digital et sur du print. Là, c'était vraiment business dev pur, c'est-à-dire que c'est Cold Call à fond. Tu appelles des gens qui ne te connaissent pas. Tu as deux jours pour les pitcher sur le projet et de signer le contrat très rapidement. C'était hyper challengeant. Ce n'est pas donné à tout le monde de le faire. MajdelineSurtout quand on ne l'a jamais vraiment fait ? ThomasOui, on en faisait un petit peu à l'école, parce que tu sais, quand tu es dans des assos, tu dois démarcher pour trouver des sponsors. Mais c'est vrai qu'en termes d'expérience, tu ne l'apprends pas vraiment à l'école. C'est ce qui m'a plu, ça m'a changé et j'ai fait ça pendant deux ans. Je suis passé Team Leader, donc j'avais une équipe de commerciaux la deuxième année. Et à un moment donné, j'ai eu l'impression d'avoir terminé le jeu. Parce que finalement, c'était du Cold Call et j'avais envie de complexifier un petit peu la vente, d'aller sur des cycles un peu plus longs. Et je suis tombé sur une agence qui s'appelle l'agence Junto, qui est une agence spécialisée en SEO, SEA, en stratégie d'acquisition pour être précis. Et je suis passé Biz Dev. En Biz Dev, tu fais aussi du cold call, tu as aussi de la chasse Outbound, mais tu as aussi beaucoup, et même en majeure partie, de l'Inbound. Tu gères les leads en inbound. MajdelineEst-ce que tu peux juste expliquer pour ceux qui sont pas du tout à l'aise le Cold Call, l'Inbound et l'Outbound ? ThomasLe Cold Call, c'est quand tu prends ton téléphone, tu appelles un inconnu qui ne te connaît pas. Tu as dix secondes pour qu'il accepte ton call, qu'il accepte de t'écouter. Et ton but, c'est de le convaincre, soit de prendre un rendez-vous et ensuite lui proposer ta solution. Ou alors, si tu es encore plus fort, de le signer dans la foulée. Call parce que, le client ne te connaît pas, donc c'est froid. Pour définir l'outbound, c'est tout ce qui est cold Call, c'est quand toi, tu vas chercher le lead. MajdelineC'est toi qui fait la démarche ? ThomasC'est ça, c'est du démarchage. Et l'Inbound, c'est l'inverse. Par exemple, si tu as ton site Internet qui est bien référencé, les gens vont avoir tendance à venir vers toi. C'est tous les leviers d'acquisition où les gens viennent vers toi, un petit peu comme un aimant. Et ça, ces leviers font partie de ce qu'on appelle l'Inbound marketing. Ça veut dire que quand ils vont contacter ta société pour demander des informations sur ta solution. Le lead rentre chez toi, dans la boite, et c'est toi, en tant que commercial, en tant que Biz Dev, qui récupère le lead et qui doit tout faire pour le signer. MajdelineD'accord. Et là, ce n'est plus du tout le cold call, c'est l'inverse ? ThomasDans l'idée, ça paraît un peu plus simple parce que tu n'as plus la peur de déranger les gens, de les convaincre et d'au moins t'écouter. Mais paradoxalement, ça complexifie un petit peu le truc, car si le client te contacte, c'est aussi que tu es en concurrence avec d'autres agences. MajdelineForcément. Il connaît son besoin, donc il va être un peu plus exigeant ? ThomasTout à fait, c'est ça. Le prospect, le lead, est beaucoup plus qualifié, c'est-à-dire qu'il y a plus de chances que tu le signes. Mais il y a d'autres complexités à gérer, en l'occurrence l'aspect concurrence. J'ai fait ça pendant un an et demi en tant que business développeur. Je gérais tout ce qui était New Biz. En gros, je m'occupais de signer clients et ensuite, je passais la balle au Growth marketing pour faire grossir le client et au consultant. Ensuite, je suis passé dans l'agence AWI. Je suis passé directeur clientèle. Je fais à la fois le New Biz et aussi le Growth marketing. Donc, je fais aussi grossir les clients. MajdelinePeux-tu nous expliquer en quelques mots quelle est l'activité de l'agence AWI ? ThomasC'est une agence qui est spécialisée en stratégie d'acquisition, dont les canaux principaux sont le SEO et le SEA. Nous sommes plus spécialisés en SEO que ce que j'ai connu chez Junto. C'est une agence de stratégie d'acquisition. On va intervenir sur ces leviers. Ensuite, on va être capable aussi de générer de la créa, des visuels, des vidéos. MajdelineEst-ce que tu peux nous expliquer vraiment ton activité ? ce que tu fais concrètement tous les jours et en quoi ça consiste d'être directeur de clientèle ? ThomasDirecteur de clientèle, ça veut dire que tu as un portefeuille de clients, que tu dois les guider, que tu dois les driver. Tu fais aussi de la chefferie de projets. Le but de tes clients, c'est de générer un maximum de chiffre d'affaires, de leads, ou d'autres KPI. En tout cas, mon but en tant que directeur clientèle, c'est d'atteindre ces objectifs. Ce n'est pas toi qui mets les mains dans le cambouis, mais c'est toi qui est "owner" du projet du début à la fin. Tout simplement parce que si le client s'en va trop tôt, tu perds ta com' et C'est aussi l'intérêt du directeur clientèle. MajdelineEst-ce que tu peux nous présenter le cycle de vie d'un client et quel est ton rôle du début à la fin ? ThomasJe pense que la meilleure manière de décrire mon métier. J'ai un CRM, qui est Hubspot. Là-dessus, j'ai une notification qui me dit que j'ai un potentiel client, donc un prospect qui est intéressé par une stratégie d'acquisition en SEO. Mon rôle, c'est de l'appeler le plus rapidement possible, de caler un rendez-vous. Et le faire dans la foulée, c'est encore mieux. On passe par la phase de qualification. En gros, c'est moi qui vais lui poser toutes les questions dont j'ai besoin pour être sûr que ça matche avec nous. Que le budget rentre et qu'on puisse avoir du potentiel à travailler avec ce client. J'ai besoin de toutes ces infos. Ensuite, généralement, je cale un second rendez-vous qui est le moment où je vais pitcher la présentation. Généralement, je nous donne une semaine, une dizaine de jours pour bien préparer le projet. Pendant ce deuxième rendez-vous, j'interviens souvent avec un consultant ou alors tout seul pour lui présenter le projet. On lui présente la stratégie, la proposition commerciale et tous les éléments dont il a besoin pour être rassuré, des use cases, etc. Dans le meilleur des mondes, il signe. Ça se passe super bien. Je l'engage sur une période donnée et là, je passe en mode directeur clientèle. C'est maintenant mon rôle de suivre le projet. On va mettre en place des reportings toutes les semaines, des points très réguliers avec les consultants. Mon rôle, c'est de veiller à ce que la stratégie soit bien appliquée, que le client soit content et que les objectifs soient atteints. MajdelineC'est très clair. Tu nous parlais tout à l'heure de Growth Marketing. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est en quelques mots ? ThomasLe Growth marketing, dans le domaine des agences, a pour rôle de faire grossir le client, de le faire évoluer. À la fois pour générer plus de chiffre d'affaires à l'agence, mais aussi pour accompagner le client à se développer, donc à scaler son business. MajdelineEn tout cas, tu as l'air hyper passionné, Thomas. C'est beau à voir. ThomasC'est gentil. MajdelineQu'est-ce qui fait que tous les matins, tu te lèves avec plaisir pour faire ce métier ? Qu'est-ce qui t'anime au quotidien ? ThomasCe qui m'anime le plus dans ce job, c'est que j'ai un profil qui est amené à entreprendre. À un moment donné, à mon avis, je ne le cache pas du tout. Et même les patrons de ma boite sont au courant. J'aime ce métier parce que c'est un métier où tu es le plus proche de la direction et de la partie business du projet. C'est ce qui m'anime le plus, c'est que finalement, j'ai même des décisions qui peuvent intervenir grandement dans l'activité de l'agence. C'est d'être au plus près de la direction et de la stratégie globale de l'agence qui m'intéresse le plus. Finalement, tu as une vision hyper holistique de tout le business de l'agence et du coup, des autres activités avec lesquels tu travailles. MajdelineC'est le modèle agence, startup qui te plaît au-delà de ton métier. Tu te verrais pas aujourd'hui aller chez l'annonceur, par exemple ? ThomasNon, tout ce qui va être grands groupes, honnêtement, ça ne m'intéresse pas trop. Moi, ce que j'aime bien, c'est me "prendre des portes" et à un moment donné, ça passe. Et j'aime bien l'aspect partir de rien et arriver à quelque chose. MajdelineD'accord, pour ceux qui nous écoutent et qui, potentiellement seraient intéressés par ce métier, quelles sont, pour toi, les grandes compétences à avoir pour faire ce job ? ThomasPour moi, la première, c'est hyper important de le rappeler, c'est l'empathie. Tout simplement parce que ton but en tant que commercial, si tu rentres un client qui n'est pas intéressant, avec qui ça ne va pas matcher, c'est ta responsabilité. Et encore une fois, tu risques de perdre ta com, donc ça n'a aucun sens de le faire. En conséquence, ton rôle, c'est de te mettre à la place du client et d'être sûr que ça fit avec ce que tu proposes et avec ta solution et avec les ressources qu'il a en interne. L'empathie, parce que quand tu fais de la chefferie de projet, les clients sont généralement inquiets et c'est normal. Donc c'est à toi aussi de te mettre à leur place pour savoir détendre l'atmosphère et rassurer le client. La deuxième chose, évidemment, tu es sales, ton but, c'est de démarcher. Donc, il faut être proactif. Prendre les devants, savoir passer par la fenêtre, être un peu culotté. Ne pas attendre qu'on te donne les leads sur un plateau. Même si dans pas mal d'agences, on va te les donner puisque tu as le fameux lead en inbound. Mais être proactif et Il faut y aller. Et troisième chose, je dirai, ça n'est propre et je pense qu'on n'est pas obligé d'avoir cette envie-là, mais avoir envie d'entreprendre, ça peut largement aider. MajdelineOk, très bien. Qu'est-ce qui te plaît le plus au quotidien dans ton travail ? ThomasCe que j'aime le plus, c'est pitcher le projet, c'est prendre la parole et puis être au contact du client. Ce que j'aime le plus, c'est les avoir en face, en vrai, parce que ça reste les métiers du digital, tu as quand même beaucoup de visio. Mais moi, dès que je suis en salon, dès que j'ai le client qui vient, dès que je vais chez le client, j'adore. MajdelineC'est là que tu excelles ? ThomasOui, forcément. MajdelineEt qu'est-ce qui te plaît le moins ? ThomasEt ce qui me plaît le moins, c'est de faire la prés. MajdelineÇa n'a pas changé, finalement, depuis l'école ? ThomasExactement. MajdelineC'est vrai que finalement, l'école, ça peut être un bon tips pour les étudiants. S'analyser soi-même et connaitre ce qu'on l'aime faire. Ça peut donner des idées pour le job à faire à la fin de ses études ? ThomasExactement, c'est ce qu'on disait tout à l'heure aussi en off. Je pense qu'il faut bien s'analyser. Mais le mieux pour s'analyser, c'est aussi d'aller tester des choses et prenez-vous des portes. Et c'est là que vous allez comprendre qui est-ce que vous êtes vraiment et ce que vous aimez vraiment faire. MajdelineIl ne faut pas avoir peur. Attention, la question ne gagne pas. Combien ça gagne, un directeur de clientèle en SEO, SEA ? ThomasC'est un métier de Sales. Donc tu as un fixe et un variable. Ce qui nous intéresse le plus, c'est évidemment le variable. Pour te donner une idée, je tourne en net, je pense qu'on va être à 3 500. Après, tu as des phases où tu veux être bien en dessous et parfois bien au-dessus. Donc ce n'est pas rare de tomber sur des salaires à 5 k. Et si tu n'as pas signé au mois, on reste sur un bon net quand même. On va être à 2 500 net. MajdelineQuel est le mode de vie d'un directeur clientèle ? Est-ce que tu es plutôt hybride, c'est-à-dire un peu de présentiel, un peu de distanciel ? Est-ce que tout peut être fait en distanciel ? Est-ce qu'on peut travailler de l'étranger ? ThomasOn reste dans le métier du digital. Tu peux techniquement tout faire à distance. Maintenant, le commercial, si tu es trop tout seul chez toi en Télé Travail, je pense que tu as besoin de l'émulation de l'open space. Le mieux, c'est d'être en présentiel. Parce que si tu es chez toi, tu t'endors. Et en fait, le commercial, tu as quand même besoin de sourire. Donc moi, je conseille de favoriser le présentiel. Mais techniquement, dans ce job, la plupart des présentations, je vais les faire en visio. En conséquence, tu peux tout faire à distance, évidemment. MajdelineEt toi, est-ce qu'il y a des jours définis de télétravail ? ThomasDans mon ancienne agence, oui. Dans celle-ci, non. Mais tout simplement parce que j'habite à dix minutes de la boite, donc, c'est plutôt pratique. De ce fait pas de TT. MajdelineIl y en a pas du tout ? ThomasLes consultants l'ont, c'est-à-dire que les commerciaux n'en ont pas dans cette agence. Mais c'est un choix. En termes de proactivité, c'est vrai qu'on sent vraiment la différence entre des commerciaux qui sont présents et ceux qui ne sont pas présents. MajdelineMême en termes d'intégration aussi, de manière globale. Pour toi, quelle est la bonne formation pour faire ce métier ? ThomasLe métier de commercial, en soi, tu n'as pas besoin de formation. Pour te donner un exemple, quand j'étais dans l'agence où on était en full cold call, les meilleurs commerciaux, c'est ceux qui avaient fait le moins d'études, parce qu'on est tout de suite plus culottés. Par contre, si vous voulez être Biz Dev ou travailler en tant que commercial dans le digital. C'est plus qu'encourager d'avoir des notions en SEO, en SEA, savoir ce que c'est. Et idéalement, faire une école de commerce, une école de digital. Si vous faites une école de dev type Epitech, ça peut être très bien. Mais il faut aussi avoir la personnalité qui va avec, c'est-à-dire être pas forcément extraverti, mais aimer prendre la parole, et ne pas avoir peur de prendre la parole et pas rester dans son coin... MajdelineD'accord. Et après, une fois qu'on a le job, est-ce qu'on continue à se former ? Toi, par exemple, tu te formes encore ? ThomasJe me forme malgré moi parce que je monte souvent avec des consultants. Chaque problématique est différente. Et du coup, je monte en compétences énormément en SEO ou en SEA. On a la chance d'être très proche de ce que je vais appeler les régies. Donc, Google, Meta, LinkedIn, TikTok. On a très fréquemment des interventions avec des interlocuteurs de chez eux pour nous apprendre à utiliser les derniers outils, les dernières bonnes méthodes et les bonnes pratiques de ces régies. MajdelineThomas, on est souvent interrogé sur l'utilisation de l'anglais dans le travail. Est-ce que c'est pertinent d'avoir un anglais fluent en tant que directeur clientèle ou un anglais scolaire peut faire l'affaire ? ThomasMoi, je fais partie de ceux qui ont un anglais scolaire. Franchement, j'encourage tout le monde à progresser en anglais, tout simplement parce qu'en termes de potentiel de clients, de pipe, de prospects, tu t'ouvres à l'international. Pour les leads entrants, si tu as un niveau d'anglais moyen et qu'à côté, tu as un collègue qui est beaucoup plus expert que toi en anglais. Le lead international, ils vont plutôt le donner celui qui gère mieux en anglais. Donc j'encourage fortement à progresser en anglais, mais vous pouvez très bien vous en sortir sans l'anglais. MajdelineDonc tu te fermes quelques portes, quand même ? ThomasOuais, c'est exactement ça. MajdelineMerci beaucoup, Thomas. Aurais-tu des conseils pour ceux qui nous écoutent et que tu as finalement réussi à convaincre et qui aimeraient faire ton métier. Que leur conseillerais-tu ? ThomasJe leur conseillerais d'accepter des jobs en tant que Biz Dev. Je pense qu'au départ, on va vous proposer beaucoup d'opportunités de Biz Dev. Il y a beaucoup de cabinets qui vous proposent des jobs de Biz Dev pour faire à la fois du recrutement, mais aussi du commercial. Je vous cache pas que ce sont les jobs, en termes de premiers CDI, il y a beaucoup de charges de travail. Mais je pense que c'est pas mal de tester un certain temps pour suffisamment vous casser les dents pour savoir ce que vous aimez et ce que vous n'aimez pas. Peut-être que vous allez kiffer le recrutement, peut-être que vous allez détester le commercial ou l'inverse. C'est important de le savoir et je pense que pour la meilleure formation, faites un job de Biz Dev. Et en plus de ça, si vous avez un petit peu envie d'être consultant, en étant commercial, en étant Biz Dev, vous allez voir concrètement aussi comment travaillent les consultants. Et si vous avez probablement envie de tester, vous allez avoir une vision hyper holistique et c'est hyper intéressant. MajdelineDonc, observer également les autres métiers, ça peut donner des idées ? ThomasExactement. MajdelineThomas, est-ce as des podcasts à nous conseiller autour de ton métier pour en savoir plus ? ThomasBien sûr. Moi, j'écoute pas mal de podcasts sur pas mal de sujets: le sport, l'entrepreneuriat, mais aussi du dév perso. Mais si j'avais deux podcasts à vous recommander, c'est surtout sur le métier des agences dans le domaine du digital et les stratégies d'acquisition, le Podcast de Théo Lion. Très connu et honnêtement, vous allez adorer. Il y a même des vidéos YouTube. Et aussi pour un aspect un peu plus dissident, on va dire, entrepreneuriat et dev perso, je conseille le Podcast 10 000 pas MajdelineUn grand merci Thomas pour toutes ces informations. On en sait un peu plus sur ton métier. Que peut-on te souhaiter pour la suite ? Quelle évolution envisages-tu ? ThomasLà, je l'ai assez dit, entreprendre. Je parle beaucoup, mais finalement, il faut aussi qu'à un moment donné, je me lance. Pourquoi pas développer une antenne à l'agence à l'international pour que je puisse aussi compléter mon envie de progresser en anglais. Et aussi, à un moment donné, peut-être monter ma propre agence ou un autre projet. MajdelineOn pourra suivre ton évolution via ton compte LinkedIn Merci Thomas. ### Combien gagne une Consultante en Digital Learning ? Consultante en Digital Learning Salaire Entre 45 000€ et 80 000€ brut/an selon l’expérience, plus en indépendant. Consultante en Digital Learning Formation DUT/Licence multimédia, école de commerce, MBA ou formation certifiante digital learning. Consultante en Digital Learning c’est quoi Accompagne la digitalisation des formations, de la stratégie à la création de contenus. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Visouda, Consultante en Digital Learning chez Eval Formation. Écouter le podcast Rémunération d'une consultante en digital learning ? Le métier de consultante en digital learning, aussi appelé « conceptrice pédagogique digitale », consiste à accompagner les organismes de formation, les entreprises et les formateurs dans la conception, la digitalisation et la promotion de leurs parcours pédagogiques en ligne. Visouda Luangkhot, consultante en digital learning chez Eval Formation, partage son retour d’expérience et détaille les salaires auxquels peuvent prétendre ces expertes du e-learning. Salaire débutant d'une consultante en digital learning Selon Visouda, une consultante en digital learning débutante, issue d'une formation de chef de projet multimédia ou d'un master en ingénierie pédagogique, peut espérer percevoir entre 45 000 € et 50 000 € bruts par an. Cette fourchette dépend de la qualité du portfolio, de la maîtrise des outils auteurs (Storyline, Captivate) et de la première intégration de modules basés sur l’IA. Évolution du salaire avec l'expérience Avec quelques années d’expérience et après être passée au poste de directrice de projet digital learning, la rémunération progresse sensiblement. Visouda indique qu’une consultante confirmée peut gagner entre 55 000 € et 65 000 € bruts par an, et atteindre 70 000 € à 80 000 € lorsqu’elle devient responsable d’un organisme de formation ou qu’elle intervient sur des projets internationaux multilingues. Comme dans beaucoup de métiers du digital, l’évolution vers des fonctions managériales ou la création de sa propre structure freelance sont des leviers majeurs pour franchir de nouveaux paliers de rémunération. Facteurs influençant la rémunération Plusieurs variables modulent la rémunération d’une consultante en digital learning : la taille et le secteur de l’entreprise cliente (grands groupes vs PME), le statut (salariée ou freelance), la maîtrise de l’anglais et des outils d’IA, ainsi que la complexité des projets (création de campus virtuels, modules interactifs, classes virtuelles). La réputation, le réseau professionnel et la capacité à proposer une offre stratégique complète sont également déterminants en négociation salariale. ### Consultante en Digital Learning - Visouda Luangkhot Métier de Consultante en Digital Learning : missions, compétences, salaire et perspectives d’évolution Consultante en Digital Learning Salaire Entre 45 000€ et 80 000€ brut/an selon l’expérience, plus en indépendant. Consultante en Digital Learning Formation DUT/Licence multimédia, école de commerce, MBA ou formation certifiante digital learning. Consultante en Digital Learning c’est quoi Accompagne la digitalisation des formations, de la stratégie à la création de contenus. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Visouda Luangkhot –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l’interview de Visouda Luangkhot, consultante en digital learning Bertrand Visouda, tu es consultante en digital learning. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail. Mais avant, est-ce que tu peux te décrire en quelques mots ? Visouda Merci beaucoup de me recevoir, Bertrand. Oui, je m'appelle Visouda, j'ai 37 ans, je suis d'origine Laotienne. Mon prénom veut dire "Petite Étoile". Je vis à Strasbourg actuellement et ça fait 12 ans que je suis experte dans ce qu'on appelle aujourd'hui le digital learning. Bertrand On va raconter ça dans le détail, expliquer le digital learning, mais avant, est-ce que tu peux te présenter, notamment sous l'angle de ta formation ? Comment as-tu appris ce métier ? Visouda Ce n'était pas du tout inné. J'ai commencé par un bac S avec une spécialité Archimède au lycée Fustel de Coulanges, à Strasbourg. Il n'y a rien qui me dit prédisposé à faire de la formation. Après, j'ai enchaîné un DUT dans le multimédia. J'ai fait de l'événementiel aussi avec une licence pro et après un diplôme de grande école en gestion des entreprises. Et c'est là que j'ai eu le coup de cœur pour la formation et que je me suis spécialisée dans la formation à distance. Bertrand D'accord. Est-ce qu'également, pour te présenter, tu peux nous dire quelles sont les entreprises dans lesquelles tu as travaillé, les expériences professionnelles ? Visouda Très jeune, à partir de 16 ans, j'ai commencé à faire tout ce qui était travail saisonnier. Pour payer mes études au Canada, j'ai enchaîné trois jobs, deux dans la journée, et un le soir dans un restaurant. Et puis, dans mes expériences professionnelles, en lien avec la formation, je suis passée par la case startup, où j'ai été chef de projet digital learning. C'était la première marche. Et après, comme je t'ai dit tout à l'heure, je savais quelles étaient toutes les marges que je voulais gravir. Donc, j'ai commencé comme chef de projet en digital learning. Après, j'ai géré une équipe de chef de projet Digital Learning et j'ai géré un organisme de formation. Et ensuite, je me suis mis à mon compte en tant que consultante spécialisée. Bertrand Eval Formation, on va en parler juste après. Avant ça, il y a une question que j'avais envie de poser par rapport à ce que tu as dit quand on a préparé cette interview. Tu es "très famille". Tu as même indiqué : Je suis "Tata gaga". Qu'est-ce que ça veut dire ? Visouda Oui, c'est vrai. La famille, pour moi, c'est une valeur très importante. D'ailleurs, aujourd'hui, je travaille entourée de ma famille. Je suis passée d'une personne à quatre personnes et c'est des membres de ma famille qui m'accompagnent. Et le côté Tata gaga dont je te parlais, c'est que j'ai beaucoup de neveux et de nièces qui m'inspirent énormément. J'ai des nièces qui sont issues de la génération Z, et que j'ai appris à découvrir, passionnante et complètement différente de notre génération. Et elle m'inspire. Bertrand Ok. Et donc, j'aimerais bien que tu nous parles d'eVaL Formation, que tu as créé ? Visouda Ca fait un an maintenant qu'eVaL Formation existe, un peu plus d'un an. L'objectif d'eVaL Formation, et c'est ce qui m'anime, c'est mon rêve. C'est de créer un campus, un peu comme les Xmen, pour les profils neuroatypiques. Ce sont notamment les échanges avec mes nièces qui m'ont poussé à me dire qu'au-delà des profils atypiques, il y a des générations qui sont tellement différentes. Qu'en fait, si tu ne t'adaptes pas dans la formation, à un moment donné, tu ne peux pas exceller dans ce travail-là. Bertrand Que fais-tu avec Eval Formation ? Avec qui tu travailles ? Comment ça se passe ? Visouda Avec Eval Formation, on accompagne les professionnels de la formation à se développer leur business grâce au digital et à l'IA. Donc, le travail de concepteur digital learning, il alimente, par exemple, la création de projets. Tu as une formation présentielle, tu veux la mettre en distanciel, tu es un formateur et tu ne sais pas comment animer une classe virtuelle. Tu es une entreprise et tu as besoin de former tous tes salariés sur une même problématique ou sur une réglementation, on va venir créer pour toi une formation en ligne, mais ça va aussi sur l'accompagnement stratégique. Bertrand Ça veut dire que dans le métier que tu fais, tu accompagnes à la fois des entreprises, des organismes de formation, éventuellement même des écoles. C'est ça ton boulot ? Visouda C'est ça. J'accompagne des organismes de formation, comme tu le disais, des formateurs aussi indépendants qui sont en reconversion et aussi des écoles, tout ce qui tourne autour de la profession de la formation. Bertrand Merci beaucoup, Visouda. Maintenant, est-ce que tu peux nous expliquer ton métier, ton métier de consultante en digital learning et les missions qui sont associées à ce métier. D'abord, ton métier STP. Visouda Le métier de consultante en digital learning, c'est quoi ? C'est être consultante en transformation digitale dans la formation. Il consiste à accompagner tous les professionnels de la formation pour digitaliser, aider sur la transformation numérique des offres de formation, de leur stratégie et aussi de la promotion de leur contenu. Bertrand Ok, on va pouvoir décliner tes fameuses missions. C'est quoi tes trois principales missions ? Visouda Les trois missions principales d'un consultant en digital learning, c'est d'abord accompagner sur une stratégie digitale. Ensuite, créer les contenus de formations digitaux et après, promouvoir toute l'offre de formation qu'on a créée en digital. Bertrand D'accord. Si on revient sur chacune de ces missions, la première, la stratégie, ça veut dire quoi ? Il faut comprendre le client, savoir ce qu'il veut, c'est ça l'idée ? Visouda Exactement. On commence par un audit, en général, de l'existant chez le client ou alors des fois, il part de la page blanche. Et ensuite, on fait ce qu'on appelle un audit, une analyse des besoins, pour construire quelle est la meilleure stratégie à avoir qui combine souvent des formations en présentiel et du digital qui se rajoute derrière. Bertrand D'accord. Après, tu as dit: On crée la formation. Là, ça veut dire que tu accompagnes encore une fois tes clients pour former, pour créer la formation complètement ? Visouda C'est ça, un peu comme des séries qu'on voit à la télé. Quand tu crées un film, tu commences par un scénario pédagogique, il y a du storyboarding, etc. Comme quand on crée un film, on vient créer un parcours de formation digital. Bertrand Ce parcours, il peut être hybride, c'est-à-dire qu'il peut être à la fois en ligne avec des choses à avoir en replay, soit en présentiel ou évidemment un peu des deux ? Visouda C'est ça. De l'hybride, en plus, dans la partie digitale. Tu peux avoir du digital qui est en live, comme tu viens de le dire, des classes virtuelles, etc. Mais on peut aussi avoir du digital disponible sept jours sur sept et 24 heures sur 24 sur des plateformes en consultation comme du streaming. Là, on travaille vraiment différemment. C'est deux modalités différentes qui peuvent compléter. Bertrand Ok. Et troisième mission, tu as dit : accompagner la promotion. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Visouda C'est tout le marketing digital de l'offre. Ça va avec le métier de community manager parce qu'il faut bien travailler le personal branding du formateur. Travailler sur la création de contenu, sur le réseau, travailler aussi sur la création de vidéos. Il y a tout un volet digital marketing, mais adapté à la formation. Puisqu'on ne vend pas la formation de la même façon qu'on vend des chaussures, par exemple. Bertrand D'accord, c'est très clair. Est-ce que maintenant, tu peux nous expliquer pourquoi tu as choisi ce métier ? Je crois qu'il y avait trois raisons principales. Est-ce que tu peux nous les décrire ? Visouda Oui, à 24 ans j'ai découvert ce qui m'animait vraiment et pourquoi j'ai choisi ce métier-là. Dans un cours de développement personnel, quand je faisais mon MBA au Québec. Tu es obligée, quand tu veux être diplômé d'un MBA, au Canada, de t'interroger sur ce qui t'anime personnellement dans ton développement. Et la première chose qui est arrivée chez moi, c'était que j'ai besoin d'aider les autres. Bertrand D'accord. Et ça, tu arrives à l'expliquer ? Tu arrives à comprendre d'où ça vient ? Visouda Je pense qu'il y a un peu de lien avec le fait que la famille, c'est très important pour moi. Que je sois aussi la première fille qui est arrivée. Et dans une famille asiatique, la position de la première fille, c'est important. Il y a beaucoup de choses qui reposent sur toi et tu t'occupes tout le temps des autres. Donc ça, c'est un truc qui est peut-être inné chez moi. Bertrand Donc ton métier, clairement, continue à te permettre d'aider les autres ? Visouda Exactement. Concrètement, quand tu aides des gens à monter en compétence, je m'inscris clairement dedans. Bertrand Ok. Après, tu as dit dans les deuxièmes éléments essentiels de ton métier : Apprendre en continu ? Visouda Exactement, j'ai un profil atypique, neuroatypique, qui fait que mon cerveau a besoin tout le temps d'être stimulé. Et j'ai compris très vite que j'avais besoin d'apprendre en continu. Donc, travailler sur du multi-secteur pour plein d'entreprises, peu importe le secteur, c'est ce qui me plaît beaucoup plus que de travailler juste dans un secteur en particulier, par exemple. D'accord. Bertrand Donc ça explique le côté consultant. Tu peux travailler, changer de client, changer de métier, changer de secteur. Et troisième chose : transmettre tes compétences. Ça faisait aussi partie des éléments essentiels pour toi ? Visouda Oui, j'ai remarqué quand j'avais 24 ans. Je suis passée du multimédia à l'événementiel et que je ne pouvais pas transmettre, que je ne pouvais pas utilise la création avec Adobe et ça me manquait. Et j'ai compris rapidement que si je ne mettais pas à profit les compétences que j'avais dans mon quotidien, j'avais l'impression de me sentir bête ou inutile. Donc transmettre ce que je sais, ce que j'ai appris, c'est aujourd'hui un moteur pour moi. Bertrand C'est important, je pense, pour ceux qui nous écoutent, de comprendre que le métier de consultant en digital learning repose sur ça. Je pense que c'est tout à fait bien décrit par ce que tu viens de dire. Aider les autres, apprendre et puis transmettre, c'est la base. Merci beaucoup pour C'est ça. Maintenant, on va passer aux compétences requises pour ce job ? Là aussi, je crois que tu en avais trois ? Visouda Je dirais que la première, c'est l'écoute. Aujourd'hui, notamment dans la partie stratégique, c'est 80% d'écoute. Tu écoutes 80% du temps. J'écoute 80% du temps les clients plutôt que de parler, parce que beaucoup, quand ils arrivent, non pas conscience de leurs besoins. Ils ont des problématiques, ils ont des enjeux, ils ont des éléments de stress, mais souvent, ils n'arrivent pas à formuler leurs besoins. Bertrand Dans les autres compétences que tu as citées quand on a préparé cette interview, c'est l'expertise. Là, ça se traduit comment dans ton métier, l'expertise ? Visouda L'expertise, contrairement à d'autres des métiers dans des digital, quand on fait de la formation digitale, on est obligé de s'y connaître déjà dans la formation. Donc expert en pédagogie, ça, c'est très important. Mais c'est aussi une expertise hybride parce que tu dois aussi t'y connaître dans des outils digitaux. Bertrand D'accord. Donc, il y a une double expertise ? Visouda Exactement. Bertrand Et puis, dernière chose que tu as citée dans les compétences, la veille. Là, ça rejoint un peu ce que tu disais tout à l'heure sur apprendre en continu. Mais comment elle se traduit, la veille ? Elle se fait comment, la veille, dans ce métier de consultant en digital learning ? Visouda On doit toujours apprendre en continu sur les outils. Quand je dis outils, ça va être des outils de création, de vidéos ou des outils de formation. Maintenant, depuis quatre ans, on intègre aussi l'IA, donc les outils. Il y a de la veille juridique qui est importante parce qu'on ne fait pas de la formation n'importe comment en France. Et on a cette chance d'être un des seuls pays dans le monde, à pouvoir bénéficier de subventions de formation pour former nos salariés. Bertrand Ok, excellent. On reviendra sur la question de l'IA qui est évidemment importante. Mais avant, j'aimerais que tu nous parles de tes tâches quotidiennes. Et quand je t'ai interrogé, je t'ai demandé quelle était la tâche quotidienne qui te plaisait le plus, et puis celle qui te plaisait le moins. Visouda Moi, j'adore être en relation avec mes prospects. J'adore ces premières connexions, plus que de closer. Bertrand Closer, pour ceux qui nous écoutent, ça veut dire finaliser la vente ? Visouda Oui, c'est ça, conclure la vente. J'adore ce premier moment où les gens vont s'ouvrir à toi, vont te de parler des problématiques qu'ils ont. C'est la partie dans laquelle tu commences à créer le lien de confiance. J'en parlais tout à l'heure, la compétence dans laquelle tu écoutes à 80%. C'est ce moment-là que je préfère de ma journée. Bertrand Et après, dans la tâche quotidienne qui te plaît le moins, tu as dit l'administratif ? Visouda Oui, depuis toujours. Dans la formation, sachez-le, vous ne pouvez pas vivre sans une assistante. Bertrand Il y a beaucoup d'administratifs, justement liés à ce que tu disais tout à l'heure, c'est-à-dire les subventions liées à la formation. Et donc comment fais-tu ? Tu arrives à te faire aider pour faire ça ? Visouda Moi, c'est la première chose que j'ai déléguée. Mais avec quelqu'un de confiance. Et dans toutes mes expériences passées, j'ai toujours eu, et je touche du bois, j'ai eu cette chance-là d'avoir des assistantes en or avec qui on travaillait vraiment en binôme. Mais sans assistante dans la formation. Même alors que je travaille avec l'IA au quotidien, j'ai besoin d'une assistante. Bertrand Visouda, attention QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne une consultante en digital learning ? Visouda Au démarrage, quand j'étais juste chef de projet digital learning, j'étais entre 45 et 50K€. Après, quand tu évolues, que tu deviens directrice et que tu gères d'autres chefs de projet digital learning, tu prends entre 5K€ et 6K€ de plus par an. Et ensuite, quand j'ai été responsable d'un organisme de formation, là, j'étais plutôt entre 70 et 80K€. Bertrand Et aujourd'hui, avec ta propre société, tu es dans ces eaux-là encore ? Visouda Un peu plus, du coup. L'objectif, c'est toujours plus, mais dans la rémunération, après, j'investis tout dans ma société, mais oui, je gagne plus qu'avant. Bertrand Ok. Est-ce que maintenant, tu peux nous parler du plus grand défi que tu as eu à relever dans ce métier ? Visouda Le plus grand défi pour ce genre de métier où tu es acteur du changement, c'est de convaincre tes prospects. Même une fois que c'est signé, il est nécessaire pour eux et d'accepter ce changement. Donc, la première étape à chaque fois que tu viens sur un projet, c'est un peu comme d'accompagner quelqu'un sur un deuil, mais presque. Parce qu'ils doivent accepter que le présentiel, ou que tout ce qu'ils faisaient avant, doit évoluer. Bertrand D'accord. Ça, c'est vraiment la notion de convaincre. Et ce qu'on a dit en préparant cette interview, c'était qu'il y avait aussi dans la notion de convaincre. Dans ta société, il y a aussi cette idée de convaincre des prospects ? Visouda Exactement. Le côté prospection, il est le même si on fait du digital, que l'on est derrière notre écran. On doit passer des appels, faire du "cold call", comme on appelle ça aujourd'hui. On doit aller sur le terrain et réseauter énormément. À la fois dans des réseaux d'entrepreneurs, mais aussi dans des réseaux de formation. Donc l'aspect prospection et connexion avec le monde humain, je dirais, c'est hyper important quand tu entreprends. Il ne faut pas avoir peur. Bertrand Excellent. Il y a une question qui revient souvent dans la communauté du Gagne-Pain, c'est l'utilisation de l'anglais. Est-ce que l'anglais dans ce métier de consultante en digital learning est important ? Visouda Ça t'ouvre des portes énormes. C'est pour moi indispensable. C'est grâce à ça, quelque part, que j'ai pu travailler avec des grands comptes et des projets multilingues. En même temps, ça t'ouvre aussi un marché à l'international quand tu crées ta boite. Parce que là, j'ai notamment des pistes d'ouverture pour travailler avec l'Asie ou d'autres pays, mais pas anglophones. Bertrand Ça veut dire que l'anglais, globalement, il est à la fois utile pour les outils, les plateformes, mais il est aussi utile pour le développement ? Visouda Exactement. Déjà, c'est vrai, tu as raison, je ne l'ai pas mentionné, mais beaucoup d'outils de création dans l'e-learning ou dans le digital sont en anglais. Singulièrement, on le dit, digital learning, c'est en anglais, donc tu as quand même beaucoup de mots en anglais. Bertrand Visouda, pour ceux qui nous écoutent, est-ce que tu peux nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour ce métier de consultant en digital learning ? Visouda Il y a plusieurs formations qui existent, spécifiquement dans le campus de Nanterre, qui sont en lien avec le chef de projet digital learning. Je vous invite à faire attention au niveau du programme sur le côté pédagogie, ludo-pédagogie, parce que c'est souvent quelque chose qui est un peu oublié dans les programmes. Bertrand D'accord. Est-ce qu'il y a des certifications ou est-ce qu'il y a des formations certifiantes ? Visouda Des formations certifiantes, tu vas en avoir avec Open Classroom, notamment en ligne. Il y en a pas énormément. Bertrand C'est encore assez neuf. Visouda C'est encore assez neuf, oui. Clairement. Bertrand Et est-ce qu'il y a quelques ressources importantes disponibles en ligne pour ceux qui veulent aller un peu plus loin sur le sujet ? Visouda Ma référence à moi sur la formation professionnelle, ce serait Centre Inffo. Et le salon Learning Technologie qui a lieu tous les ans autour de janvier, février. Bertrand D'accord. On mettra des liens dans les commentaires du podcast pour renvoyer nos auditeurs vers ces deux informations. Quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ? Visouda Le premier, le plus important pour moi, c'est qu'il faut aimer le digital autant que l'humain. C'est un métier qui n'est pas fait pour les personnes qui, par exemple, un créateur de jeux vidéo ou quelqu'un qui code. Non, on a besoin d'un profil qui a besoin de relations humaines parce qu'il faut aller chercher les besoins du client. Donc, la relation cliente est très importante. En deuxième, je dirais qu'il faut aimer tout ce qui est la connaissance ou les nouveaux outils. C'est-à-dire que si tu te concentres sur un seul outil et tu te dis : Je reste dans ma zone de confort. Ça ne suffit pas. Bertrand Il faut être curieux ? Visouda Curieux, c'est ça. Je dirais aussi d'avoir l'amour de travailler sur des sujets différents tout le temps. Ça rejoint le fait de pouvoir apprendre en continu. Je te disais, j'aime bien travailler sur le multi-secteur... Bertrand Mais ça veut aussi dire avoir une gymnastique intellectuelle, de pouvoir sauter d'un sujet à l'autre quand même ? Visouda C'est ça, exactement. Ok. En cinq, la gestion du temps, c'est clair. Contrairement à quand tu fais du présentiel, déjà, tu as une grosse logistique dans la formation, mais quand on fait du présentiel, l'organisation est assez simple. Dans le digital, comme tu as plusieurs étapes. Comment on crée un film, ça demande vraiment beaucoup d'organisation et une bonne gestion du temps. Bertrand D'accord. Et puis, il me semble qu'il y avait une sorte de phrase un peu type que tu avais envie de répéter ? Visouda Pour moi, c'est clair "la perfection n'existe pas". Bertrand Ok. Il ne faut pas toujours chercher la perfection, il faut faire bien les choses ? Visouda Exactement, j'ai vu beaucoup de formateurs qui ne s'arrêtent jamais. Ils ont toujours envie de continuer, de continuer.... Tout peut s'améliorer, mais à un moment donné, il faut savoir s'arrêter. Bertrand Ok. Est-ce que tu pourrais également nous conseiller des films, des séries, des livres, des podcasts en rapport avec ton métier ? Je crois que tu en as sélectionné quelques-uns ? Visouda Moi, une série qui m'a marquée, c'est Black Mirror. Parce que Comme je le disais tout à l'heure. Le digital est là pour sublimer l'humain et ça, il ne faut pas l'oublier que l'outil est un moyen. Mais notre objectif à nous, même si on utilise le numérique, c'est de faire briller les talents des gens. Donc, voilà pourquoi Black Mirror. En podcast, pour moi, c'est Podcast Never Stop Learning qui est vraiment très intéressant dans le digital learning. J'ai oublié tout à l'heure de mentionner, mais il y a un autre salon référence qui est le Learning Show à Rennes (Salon), en octobre-novembre, qui est incontournable. Et en film, je te dirais tous les films qui sont autour de l'IA, comme I, Robot. Moi, ma vision, c'est que non, la machine ne peut pas remplacer l'humain. Bertrand Ça nous amène à parler de l'IA et il y a aussi un livre dont tu avais parlé sur l'IA, que tu avais cité dans tes références ? Visouda Je maîtrise l'IA pour la formation de Lucie Dhorne D'ailleurs, une nouvelle édition qui va sortir prochainement. Pour moi, c'est la référence. On t'apprend dans ce livre l'art du prompt, mais adapté à la formation. Bertrand On est vraiment au cœur du sujet, là ? Visouda Oui. Bertrand Ok, l'IA, plus généralement, ça veut dire quoi dans ton métier ? Ça change quoi ? Et comment tu vois les perspectives de l'IA pour le digital learning ? Visouda Pour moi, l'IA, je la vois comme une intelligence augmentée de ce qu'on peut faire au quotidien. Un élément qui te permet de trouver des solutions pour faire toutes les tâches chronophages administratives dont je parlais tout à l'heure que je n'aime pas. Et c'est le cas. Moi, j'automatise énormément de tâches administratives. Comme je fais une visio avec un prospect, mon CR est automatisé par un assistant. Mais c'est moi qui corrige, qui vérifie et qui l'envoie. Et dans la formation, concrètement, aujourd'hui, le premier usage de l'IA qu'on en fait, c'est l'amélioration de tes créations de PowerPoint ou de présentation. La facilitation de tes programmes de formation. Après, dans mon activité quotidienne, j'optimise tout. Bertrand Il y avait une question qui n'est pas très éloignée, qui nous avait été posée par Lorène, qui souhaitait qu'on interroge les futurs interviewés du Gagne-Pain : comment est-ce que tu vois ton métier dans 5 ou 10 ans ? Et là aussi, je crois qu'il y avait de l'IA ? Visouda Exactement. Pour moi, dans 5 ou 10 ans, l'IA, ça va être une pratique comme, le moteur de recherche Google. Aujourd'hui, tout le monde fait des recherches via Google, tout le monde sait le faire de manière très intuitive. Pour moi, l'IA, dans 5 ans, va devenir un incontournable. Il va falloir se recentrer vraiment. Aujourd'hui, le formateur ou le concepteur en digital learning, il va devoir se réinventer. Être beaucoup plus créatif, beaucoup plus tourné vers l'humain, mieux accompagner le client, mieux comprendre ses besoins, parce que tout ce qui va être automatisable, on va pouvoir l'automatiser avec l'IA. Bertrand Il y a une question que tu aurais envie que l'on pose aux personnes qu'on va interviewer dans le gagne-pain ? Et j'avoue que j'ai assez envie que tu la poses et on va la répéter plusieurs fois, mais elle me plaît beaucoup. Visouda C'est une question que je pose souvent à mes clients au départ : c'est quoi ton why ? Qu'est-ce qui t'anime ? Quel est ton rêve ? Et pourquoi tu te lèves tous les matins ? Bertrand On posera cette question dans nos prochaines interviews. En conclusion, Visouda, que souhaiterais-tu ajouter pour ceux qui nous écoutent ? Visouda Moi, j'ai envie que les auditeurs retiennent que le digital est un lien. Il n'est pas là pour vous remplacer, mais pour sublimer l'humain et le talent. Et quand vous faites un métier qui est hybride, n'oubliez pas que ce n'est pas parce que vous êtes derrière la machine que vous maîtrisez les outils, que ça fait de vous des bons humains. Il faut quand même travailler votre relationnel, il faut travailler sur la connaissance de l'autre, même si on a cette barrière de l'écran, c'est important. Bertrand L'humain est important. Visouda, dans les conclusions de cette interview, en préparant l'interview, tu avais évoqué une rencontre importante, un moment important qui t'avait éclairé sur ton parcours. Je veux bien que tu en parles. Visouda Oui, bien sûr. C'est un de mes professeurs quand j'étais en MBA dans le cours de développement personnel. C'est son interrogation qui m'a permis de répondre à la question : Pourquoi je fais ça ? Apprendre à se découvrir soi-même et découvrir ce qui t'anime, c'est essentiel. C'est là que tu découvres, tu comprends pourquoi tu te lèves tous les matins. Tu comprends quel métier va t'animer tous les matins et tu ne vas pas au travail à contre-cœur. Parce que c'est quelque chose qui doit te rapporter de l'argent, mais tu le fais avec le cœur. Bertrand Excellent, ça me semble pas mal comme conclusion. Savoir pourquoi on se lève le matin. Est-ce qu'il y a un moyen pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient aller un peu plus loin avec toi ? Comment peuvent-ils faire ? Visouda Oui, vous pouvez me retrouver sur LinkedIn, Visouda Luangkhot Bertrand Merci beaucoup Visouda. ### Data Analyst - Margaux Lacroix Le métier de Data Analyst en format REX avec Margaux Lacroix Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Margaux Lacroix –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La transcription de l'interview de Margaux Lacroix en format Retour d'Expérience. BertrandMerci beaucoup Margaux d'avoir accepté à nouveau cette invitation du Gagne-Pain. Nous inaugurons avec toi un nouveau format d'interview qui revient cinq années en arrière, puisqu'on s'était rencontrés pour le premier épisode de ce podcast Data Analyst – Margaux Lacroix. Tu présentais déjà ton métier de Data Analyst. Avec ce nouveau format REX, Retour d'Expérience, nous allons compléter notre travail sur les Métiers du Digital et évidemment sur celui de Data Analyst. Avant ça, pourrais-tu te décrire en quelques mots ? MargauxBien sûr. Déjà, merci de m'avoir réinvitée. Je suis très contente d'être là. Je m'appelle toujours Margaux, j'ai 32 ans maintenant et je n'habite plus à Paris, mais j'ai déménagé dans le sud, à Marseille, près du soleil et de la mer. Et dans la vie, j'adore le sport, la randonnée, la Formule 1. BertrandEst-ce que tu pourrais nous présenter tes différentes expériences professionnelles ? Je crois qu'on avait listé les trois expériences professionnelles dans la data analyse pour que l'on comprenne bien ce métier. MargauxTout à fait. La dernière fois qu'on s'était vu, je travaillais chez The Fork (anciennement La Fourchette), en tant que Data Analyst. Et donc à l'époque, j'avais démarré sur un scope "Sales Ops", avant d'élargir un petit peu ça au produit. Je suis resté trois ans chez The Fork pour arriver chez Jellysmack. C'est une entreprise de la creator economy, qui accompagne les créateurs de contenus à se développer sur d'autres plateformes que celles sur lesquelles ils sont déjà présents. Là-bas j'étais sur de la stratégie. Je suis resté un an et demi et ensuite, je suis parti chez Spendesk, qui a développé un logiciel de gestion des dépenses en entreprise. Et là-bas, j'étais plutôt Product Data Analyst, donc vraiment sur la partie compréhension de l'usage qu'avaient les clients de notre outil. Et j'y suis resté deux ans. BertrandMargaux, dans ces différentes entreprises, il y avait des nuances, des choses différentes d'un poste à l'autre. Est-ce que tu pourrais essayer de rentrer dans ce détail ? Ça veut dire quoi les différentes nuances que tu as vues dans le métier de Data Analyst ? MargauxC'est une bonne question. Outre les domaines d'industrie qui étaient assez différents d'une entreprise à l'autre, ce qui a fait la différence, c'est d'être sur des périmètres distincts. Quand je disais tout à l'heure, quand je suis arrivé chez The Fork, j'étais côté Sales Ops et donc j'analysais les processus commerciaux. On essayait de voir où est-ce qu'on pouvait les optimiser, ce qui prenait du temps, pourquoi ils étaient "off target", etc. C'était très différent, du périmètre que j'avais chez The Fork. Où j'ai vraiment analysé la partie, comment les restaurateurs utilisent notre produit et comment est-ce qu'on peut segmenter notre base restaurant sur la manière qu'ils ont d'utiliser notre produit et orienter la stratégie en ce sens. BertrandEst-ce que ça veut dire que le métier de Data Analyst est influencé par la personne à qui tu es rattachée ? MargauxPas forcément la personne à laquelle je suis rattaché, mais les interlocuteurs qui sont les miens. En effet, quand j'étais Data Analyst en Sales Ops, j'étais en contact avec les Sales et les Sales Managers, etc. D'ailleurs, quand je suis passé côté produit, j'étais plus en contact avec les Product Managers, et les head of product, etc. L'idée, c'était d'orienter la stratégie produit en fonction de ce que nous, on identifiait dans la data. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire que ce n'est pas forcément ton supérieur, mais plutôt les personnes avec qui tu travailles ? MargauxExactement, les personnes avec qui je travaille. Et du coup, les métriques que l'on regarde, ne vont pas être les mêmes, ni le même type de données et ça ne va pas non plus être le même type de problématique. BertrandEt dans les autres entreprises, comment ça s'est passé ? MargauxChez Jellysmack, comme je disais, j'étais plus côté stratégie, on a fait des analyses pour savoir sur quel marché il y avait du potentiel pour traduire des chaînes qui existaient déjà. Et après, je suis passé côté prédiction. J'étais dans une équipe où il y avait beaucoup de Data Scientists. Et donc le but, c'était de prédire le revenu que pouvaient rapporter les créateurs qu'on souhaitait peut-être signer pour les prioriser en ce sens. BertrandDonc là, il y avait déjà de la Data Science ? MargauxIl y avait de la data science, ce n'était pas moi qui la faisais, j'étais plus sur la partie analyse des performances, justement, des algorithmes qui étaient développés. Et essayer de comprendre où est-ce que l'on s'était planté. Comment est-ce qu'on pouvait améliorer ces algorithmes-là. BertrandPour bien expliquer à ceux qui nous écoutent, ça veut dire que dès qu'on y rajoute une petite dose de Data Science, on y rajoute quelque part de l'intelligence artificielle qui va faire des prédictions ? MargauxD'une certaine manière, il y a une différence assez subtile dans laquelle on ne va pas rentrer entre data science et intelligence artificielle. Mais effectivement, il y a toute une partie où on entraîne des algorithmes qui vont réussir à prédire des choses que nous, en tant que Data Analyst, on n'est pas forcément en mesure de prédire. Et tout ça repose effectivement sur de la science de données. BertrandDans une précédente interview, on parlait d'une analogie qui était la data analyse regarde dans le rétroviseur et la Data Science ou le Machine Learning regarde devant. C'est un peu cette même idée ? MargauxC'est un peu vrai. Et même si, selon les boîtes, la différence entre les deux métiers est assez ténue. Mais dans l'esprit, oui, la data analyse fait plutôt quelque chose de descriptif. On peut trouver des corrélations, faire rentrer un peu des considérations statistiques. La partie data science, c'est vraiment essayer de prédire, de dire effectivement ce qui va se passer à partir de la donnée qu'on a déjà à disposition. BertrandOk. Et donc, dans ta troisième expérience, ça se passait comment ? MargauxChez Spendesk, je suis retourné sur le périmètre produit. Et là, j'étais directement intégré dans la squad onboarding. Et pour le coup, j'ai fait tout un tas d'analyses pour essayer de prioriser les développements produits à partir de ce qu'on avait identifié dans la data. Où étaient les points bloquants, qu'est-ce qui déterminait finalement la bonne performance de nos clients dans le futur et comment faire pour qu'ils aient une expérience "flawless" dans notre produit. BertrandFlawless ? MargauxFlawless, pardon, sans accro. BertrandD'accord, sans accro ou sans couture. MargauxOui, exactement. BertrandDans tes différentes expériences, quand on les a regardées ensemble avant de faire cet entretien, on s'aperçoit quand même que tu as beaucoup travaillé dans la French Tech. Dans les startups, dans les Scale-up. Est-ce que tu peux en dire deux mots à ceux qui nous écoutent ? Quels sont les avantages de travailler dans ces entreprises en forte croissance ? MargauxOui, c'est vrai que je m'y suis retrouvé un petit peu par hasard quand j'ai commencé chez The Fork, qui était quand même une Scale-up assez installée. Il y avait tout de même 1 000 salariés, ils avaient été rachetés par TripAdvisor, c'était une entreprise qui était déjà rentable, donc un petit peu différent. Je vais plutôt m'attarder sur Jellysmack et Spendesk, qui sont effectivement ces entreprises réputées pour être à forte croissance, donc ça recrute pas mal. Ce n'est pas comparable aux grands groupes qui sont déjà très structurés. Les avantages, c'est que l'on peut avoir un peu plus d'impact à notre niveau. Il y a beaucoup moins de process établis et donc il y a beaucoup moins de strates à traverser. BertrandÇa veut dire que tu peux sortir un peu de la boîte ? Tu peux lever la main et dire : On va faire des trucs auxquels je pense et ça peut se mettre en place dans la structure ? MargauxJe pense que oui. Déjà parce que généralement, il y a moins de personnes pour un même poste. Donc forcément, on a plus de périmètre et on a plus d'impact. Après, il n'y a pas que des avantages à être dans ce type de boite. Il y a notamment le fait que les choses changent vite. Parfois, ça peut être un peu déstabilisant. Il faut y être préparer et il faut faire preuve de résilience. Et l'autre désavantage, et surtout avec le contexte actuel, c'est que ces entreprises ne sont pas toujours rentables. Donc, forte croissance ne veut pas forcément dire rentabilité. Et malheureusement, quand la croissance décélère un peu, on s'inquiète de la rentabilité. Et souvent, un des moyens pour l'atteindre rapidement, c'est de licencier massivement. BertrandDonc, ça veut dire que c'est moins stable en termes d'emploi ? MargauxC'est moins stable, oui, exactement. BertrandEst-ce que tu vois quelque chose aussi en termes de qualité de travail ou d'interaction avec les autres ? Parce que c'est aussi quelque chose qui me remonte de temps en temps dans les interviews ? MargauxOui, je dirais que culturellement, et en même temps, je peux pas vraiment parler de ce que je ne connais pas, puisque je n'ai pas été dans des grands groupes. Mais culturellement, c'est vrai qu'on a l'impression que c'est plus cool, que c'est un peu moins strict, un petit peu moins rigide, peut-être, dans le cadre. Il y a plus cette liberté, effectivement, d'être qui on a envie d'être. Et puis, même dans le travail, on est souvent incités à prendre des initiatives, à faire des propositions, etc. Je trouve que ça fait partie des points positifs de cette structure-là. BertrandCe sont aussi des structures plus jeunes ? MargauxSouvent, les équipes sont plus jeunes, effectivement. Après, il y a aussi dans les startups, les entreprises qui vont essayer de vous vendre, le fait que comme on a un baby-foot, vous comprenez, on ne peut pas payer aussi bien qu'ailleurs. Donc, il faut aussi identifier parmi tout l'écosystème de startup et scale-up, celle qui fonctionne de manière saine versus celle pour laquelle il y aura peut-être un petit peu d'abus. Mais jusque-là, moi, j'ai plutôt eu de la chance. BertrandOk, c'est clair. En préparant l'entretien, tu as aussi dit que tu postulais maintenant pour un nouveau poste de Data Full Stack. Ça m'intéresse beaucoup parce que c'était aussi une découverte pour moi. On a déjà interrogé pas mal de gens dans l'univers de la data, mais celui-là, on ne l'a pas encore fait. Donc ça m'intéresse que tu expliques un peu l'évolution de ce métier. MargauxBien sûr. En fait, ce qu'il faut imaginer, c'est que dans la donnée, on va dire qu'il y a un peu une sorte de chaîne de la donnée. Donc dans un premier temps, on va avoir les data ingénieurs qui sont là pour s'assurer que la donnée et que les pipelines sont bien en place pour la récupérer d'où qu'elle vienne et qu'elle soit accessible. Dans un second temps, il y a nous, les Data Analysts qui analysons ce qui existe déjà. Et puis, il y a les Data Scientists qui sont sur de la prédiction. Est-ce que l'on peut prédire les clients qui vont être les plus intéressants et se concentrer sur ceux-ci. Et l'idée, c'est que ces métiers-là, il y a une continuité, finalement, de l'un à l'autre. Il y a des ponts qui existent. Il y a un Data Analyst qui est passé Data Engineer chez Spendesk par exemple. Il y a aussi des ponts, comme on disait, entre Data Analyst et Data Scientist. Et l'idée, c'est d'être de moins en moins spécifique dans le travail et au contraire d'être de plus en plus complet. Et donc d'avoir un poste de Data Full Stack est de pouvoir faire un peu ces trois spécificités en fonction des problématiques, en fonction des besoins. Donc, on n'aura pas forcément besoin de tout faire tout le temps. Mais on peut monter en compétence rapidement sur de la Data Engineering pour résoudre un problème qui se soulèverait. BertrandData full stack, ça permettrait de collecter la donnée et de l'organiser proprement. Ça permettrait aussi de l'analyser et pourquoi pas de la projeter. Ces 3 missions sont inclues dans Data Full stack ? MargauxOui, tout à fait. Ce que ça permet, c'est d'éviter les dépendances trop fortes des Data Analysts envers les Data Engineers. Parce que parfois, on a un besoin qui est très simple, d'ajouter une certaine métrique dans des tables qui existent déjà. Donc, c'est facile de pouvoir le faire nous-mêmes. De la même manière, on va avoir besoin d'utiliser des régressions ou des concepts un petit peu plus avancés dans le cadre du métier de Data Analyst. Et on va être content de faire appel à des notions de data sciences. Tout ça permet d'avoir un peu plus d'indépendance dans le métier. BertrandMargaux, tu as décidé de te reformer, de te spécialiser, notamment dans la data science. Est-ce que tu peux nous dire pourquoi et comment ? MargauxAvec plaisir. En fait, moi, ça fait plusieurs années, déjà chez The Fork où j'avais été proche de la data science. On avait construit un score, justement, pour classer les restaurants qui étaient parmi nos prospects, pour voir qui avait le plus grand potentiel de revenus. J'avais bossé là-dessus avec une data scientist sur la partie vraiment exploration de la donnée de préparation du data set, etc. Et j'avais trouvé ça hyper intéressant. Plus tard, chez Jellysmack, où j'avais analysé a posteriori les performances des algorithmes, j'avais trouvé ça génial. Et encore chez Spendesk, j'ai été au contact des projets de data science. Et en fait, je trouve que ç'a un pouvoir énorme. Et même moi, il y a eu des moments où dans mon travail, je me suis retrouvée limitée sur de la Data Science et où j'aurais voulu avoir les compétences pour faire de la segmentation par exemple. Donc ça, c'est le tout début de la data science. Mais en faisant cette formation, j'ai appris le Machine Learning, j'ai appris le Deep Learning, qui est globalement tout ce qui alimente ChatGPT, etc. Et effectivement, j'ai appris à entraîner des agents et à les paramétrer. BertrandOù est-ce que tu as fait cette formation ? MargauxJe l'ai faite avec Le Wagon, qui fait des bootcamps. Il y a différents formats. Moi, j'ai fait la version Express où pendant deux mois, on voit tout un tas de notions. Mais il existe aussi une version part-time en des cours du soir. BertrandD'accord. Donc là, tu as vraiment exploré la data science et tu te sens mieux armé pour postuler dans des nouveaux jobs, notamment de Data Full Stack ? MargauxJe me suis mieux armé, effectivement. Alors, on ne va pas mentir, en deux mois, on a survolé un petit peu tous ces sujets. C'est impossible de tout couvrir et c'est impossible d'aller non plus hyper en profondeur de chacun des topics. Mais quand on sait un peu vers quoi on a envie de se spécialiser, et moi, c'est plutôt la partie Machine Learning que la partie Deep Learning et agent, etc. En fait, on est quand même assez armé. Et moi, j'ai la chance d'avoir le background en data qui me permet aussi de faire des ponts entre analyse et sciences. Et qui me permettent de postuler à ces jobs-là, même si j'ai encore énormément à apprendre. BertrandOk. Excellent. Avec toute cette expérience que tu as, il y a une question qui revient maintenant constamment dans le podcast, c'est qu'est-ce que l'IA change à ton métier ? On peut commencer par le métier de Data Analyst ? Et puis évidemment, qu'est-ce que ça change pour la gestion de la data ? MargauxC'est une bonne question. Moi, je vais plutôt parler dans le quotidien de ce que j'ai pu observer. Ce qui est cool, c'est qu'on est beaucoup moins limité techniquement. Quand je suis bloqué parce que je ne sais pas coder tel ou tel truc en Python. Finalement, une recherche sur ChatGPT ou Copilot, ça fait gagner un temps fou. Donc, je pense qu'en termes de productivité, c'est hyper précieux. Il y a des gens qui parlent du fait que l'on va être remplacé du fait de la montée en puissance de l'intelligence artificielle. Je ne pense pas pour l'instant parce que justement, il y a toute la dimension analytique que nous apportons. Il y a toute la partie où on peut prendre une problématique sous tel ou tel prisme. Et ceux qui se sont déjà servi de ChatGPT, savent que si on ne lui donne pas un cadre hyper spécifique. Et qu'on ne lui dit pas déjà presque ce qu'il faut faire, il peut vraiment partir dans tous types de directions, y compris les mauvaises et y compris nous sortir des erreurs. Donc, je pense qu'on a quand même encore toute notre approche, notre compréhension du business et tout ça qui vaut plus que ce qu'apporte l'intelligence artificielle. BertrandÇa me fait penser à une question que l'on avait préparée en introduction de cet entretien et qui était : quelle a été ta plus grande surprise ? J'ai l'impression que ça fait écho à ce que tu viens de dire. C'était quoi ta plus grande surprise dans ce métier ? MargauxMa plus grande surprise dans ce métier, ça a été... Comment dire ? À quel point les gens veulent réellement de la data. Effectivement, ils sont friands de data, ils en veulent pour appuyer leurs décisions, etc. Mais ils sont pleins d'intuitions et c'est normal, on ne peut pas leur enlever. Et en fait, c'est très difficile d'aller contre leurs intuitions. Et souvent, les gens viennent nous voir avec : Est-ce que tu peux me prouver quelque chose plutôt que : Que montre la donnée sur tel sujet ? Et c'est vrai que parfois, c'est difficile de les convaincre ? En fait, je ne peux pas te prouver quelque chose. Peut-être qu'on va découvrir quelque chose de totalement différent. Et quand ce n'est pas forcément ce à quoi ils s'attendent, il y en a qui peuvent être un peu réfractaires. BertrandÇa fait écho avec ce que tu viens de dire sur l'IA. Si on pose la question à l'IA et que cette question est biaisée, l'IA va forcément avoir une réponse qui nous correspond ? MargauxD'autant que l'IA est entraînée pour aller dans l'autre sens. Le but, c'est qu'on parle le plus longtemps possible avec elle pour qu'elle se nourrisse de nos inputs. Donc forcément, elle n'est pas du genre à aller contre nous, bien au contraire. Et moi, ça m'est arrivé sur des sujets que je connaissais bien. Et sur lesquels je m'étais déjà beaucoup documentée, de lui poser des questions et de la voir me répondre des fausses choses avec du coup beaucoup d'aplomb... BertrandÇa, c'est sûrement ça le plus déstabilisant ? MargauxC'est ça qui est très difficile et c'est pour ça que je pense que le plus grand garde-fou, pour l'instant, contre l'IA, c'est le fait qu'on lui fasse pas entièrement confiance. Et si on veut prendre des décisions qui sont appuyées sur la data. Je pense qu'on préfère le confier à quelqu'un dont on sait qu'il aura vérifié plusieurs fois ses résultats, qu'il aura fait des "sanity check", etc. Plutôt que se remettre à l'IA où il y a un côté un peu black box, où on ne sait pas trop d'où sort ce résultat. BertrandEst-ce qu'il y a quelque chose que tu changerais dans ton parcours actuel ? Et si oui, quoi ? MargauxHonnêtement, non. Ça a été un parcours parfois chaotique. Parce qu'effectivement, les deux dernières entreprises dans lesquelles j'ai été ont toutes les deux fait des plans de départ. Donc j'ai dû rebondir, j'ai dû réfléchir à ce que j'avais envie de faire par la suite. Mais réellement, là où je me retrouve aujourd'hui, je pense que je suis hyper bien, alors aucun regret. BertrandOk, excellent. Et il y a aussi une autre question à propos projet sur lequel tu as le plus aimé travailler. Je sais que tu avais quelque chose qui était un peu cher à ton cœur. MargauxOui, c'est quand j'étais chez Spendesk, je bossais avec une squad qui était en charge de l'onboarding d'acquisition de clients. Pour faire en sorte qu'ils utilisent correctement notre produit. Et en fait, je les avais accompagnés et j'avais guidé un peu toute l'analyse sur les points de blocage que rencontrent les clients dans l'adoption de notre outil. Comment est-ce qu'on peut faire pour que ce soit vraiment fluide et qu'ils puissent le faire seuls. Parce que l'idée, c'était qu'ils puissent s'authentifier, s'abonner à notre produit et tout faire sans l'intervention ni d'un sales ni d'un onboarding manager. J'avais fait toute une analyse qui permettait de mettre en relation le temps qu'ils mettaient dans le parcours d'onboarding et leur performance future. Ça avait alimenté toute la refonte de ce parcours-là. C'était cool et c'était un des moments où j'ai eu le plus d'impact, finalement, dans mon métier, donc c'était chouette. BertrandTrès bien. On a une question qui nous vient d'Emeline Cheffe de projets web – Émeline Parizel, qui nous a demandé de poser cette question aux futures interviewées. Qu'est-ce qui donne du sens à ton travail ? MargauxC'est une bonne question. C'est vrai que moi, à mon échelle, je n'ai pas travaillé dans des entreprises qui changent le monde ou qui sauvent des vies. Néanmoins, je pense que ce qui donne du sens à mon travail, c'est justement d'apporter de la rationalité, dans les décisions qui sont prises. On le disait tout à l'heure, les gens ont des intuitions. Et c'est très bien d'avoir des intuitions, mais c'est encore mieux quand c'est confirmé par de la data. Et moi, c'est vraiment mon rôle de leur apporter des preuves, que l'on a raison d'aller plutôt dans telle direction. Et peut-être qu'on se sera trompé. Ça n'empêche pas, on peut toujours se tromper parce que quelque chose va arriver qu'on n'avait pas vu venir, qu'on n'avait pas anticipé, etc. Mais au moins, au moment où on prend la décision, on sait pourquoi on la prend. BertrandDonc apporter du rationnel dans un monde qui, parfois, ne l'est pas ? MargauxExactement. BertrandIl y avait aussi des choses intéressantes qu'on avait évoquées à propos des ressources qui peuvent aider ceux qui nous écoutent pour comprendre la Data Analyse et la Data Science. Je crois que tu avais des ressources à nous proposer ? MargauxOui, ce sont des ressources qui nous avaient été partagées quand on faisait le bootcamp du Wagon. Il y avait deux chaînes que j'avais particulièrement aimées sur YouTube. Qui sont accessibles gratuitement et qui vulgarisent les mathématiques, les statistiques et les concepts de Machine Learning et même de Deep Learning. Les deux chaînes, c'est Machine Learnia et 3Blue1Brown en anglais. Et franchement, le travail de vulgarisation est incroyable. Ce sont des super ressources. BertrandDans les dernières questions, c'est d'avoir ton avis sur la formation et notamment, je crois que tu voulais beaucoup parler de l'alternance qui t'avait été utile ? MargauxOui, tout à fait. On avait discuté en préparant l'interview du "grand saut" entre la vie étudiante et la vie professionnelle. Moi, j'ai eu la chance de faire plusieurs petits sauts. Parce que dans un premier temps, j'ai fait une année de césure et puis ensuite, en Master 2. J'ai fait une alternance et c'est dans la même boite que j'ai eu mon premier CDI. Donc tout s'est fait très progressivement. J'ai eu le temps de voir la différence entre le savoir très théorique qu'on apprend à l'école. Et comment on peut utiliser ça dans l'entreprise et aussi tout ce qu'on apprend en entreprise qui est finalement 90% de tout ce que je sais aujourd'hui. Et franchement, si vous avez la possibilité de faire un parcours en alternance, un million de fois, foncez. Vraiment, aucun regret. BertrandEt puis, dans les petits conseils que tu m'avais aussi suggérés, il y avait tout ce qui tournait autour de la recherche d'emploi. Tu avais cité le Networking, LinkedIn et la cooptation. Est-ce que tu peux en dire quelques mots pour aider ceux qui nous écoutent ? MargauxOui, tout à fait. C'est vrai que moi, LinkedIn, c'est le canal numéro un sur lequel je recherche du travail. La plupart du temps, les offres sont disponibles sur les sites des entreprises. Mais en fait, l'avantage de LinkedIn, c'est que tout est au même endroit. La plupart du temps, les entreprises les publient aussi sur LinkedIn. C'est aussi un endroit où on peut être vu. Et il ne faut pas le négliger. Parce qu'il y a beaucoup d'offres d'emploi ou de process dans lesquelles je suis actuellement qui viennent de recruteurs qui m'ont trouvé et qui m'ont écrit sur LinkedIn. Donc vraiment, n'hésitez pas à avoir une empreinte digitale sur ce réseau, c'est hyper important. Et c'est aussi là-dessus qu'on peut étendre son réseau. Et le pouvoir du réseau est important. Moi, je me souviens avoir mis un post qui disait que je cherchais du travail. Et puis, on a quelqu'un de notre cercle qui va liker ou qui va commenter. Par la suite, ça va arriver sur la page de quelqu'un de son cercle à lui et ainsi de suite. Ça fait un effet boule de neige et à la fin, il y a quelqu'un que l'on connaît ni d'Ève ni d'Adam qui nous contacte. Donc non, franchement, LinkedIn, hyper important. BertrandTu as parlé aussi de cooptation. Donc ça vaut peut-être le coup d'expliquer ça, parce que ce n'est pas toujours clair pour tout le monde ? MargauxOui, bien sûr. La cooptation, c'est hyper intéressant car c'est finalement quelqu'un qu'on connaît qui va faire passer notre CV ou notre candidature pour un poste qui est ouvert au sein de l'entreprise dans laquelle il travaille. Et donc, il y a plusieurs avantages. Il y a le fait que généralement, on passe directement dans la pile des CV qui sont effectivement regardés, parce qu'il y a toute une phase de screening à passer quand on fait sa candidature en ligne. La deuxième partie, c'est toute la partie financière, habituellement, il y a des primes pour la personne qui coopte. Mais l'autre partie dont on parle moins souvent, c'est le fait d'arriver dans une entreprise où on connaît déjà quelqu'un. La personne est en mesure de nous raconter vraiment comment ça se passe. On est capable de se faire une image assez fidèle de comment c'est de travailler dans cette entreprise, ce qui n'est pas toujours facile à faire en amont. Et pour l'intégration des personnes qui sont cooptées. BertrandDonc c'est l'extension du networking ? MargauxOui, totalement. C'est complètement du networking. BertrandOk, excellent. Merci beaucoup Margaux. Est-ce que tu voudrais ajouter quelques conseils, derniers conseils à ceux qui nous écoutent ? MargauxOui, avec plaisir. Je pense qu'un conseil hyper important que je donnerais en tant que Data Analyst un peu plus senior maintenant, c'est réellement de ne pas se concentrer uniquement sur la partie technique de l'analyse de données. Mais d'essayer de comprendre pourquoi on fait les choses. Pourquoi est-ce que le service marketing vient nous voir avec telle question ? Pourquoi est-ce que les sales viennent nous voir avec telle question ou le produit ? Quelles sont les décisions qu'on cherche à prendre ? Et vraiment de ne pas rester sur de l'exécution, sur des problématiques très spécifiques et très niche. Mais plutôt d'essayer de voir la "big picture" derrière tout ce qu'on fait pour être un conseiller et pas juste un exécutant. BertrandDonc bien comprendre le brief, bien comprendre la question ? MargauxNe pas hésiter à chercher plus loin, à poser aussi des questions et pas seulement se positionner en tant que partenaire donné et pas uniquement la personne qui va taper sur les petites touches de son clavier et qui sait faire une requête SQL et qui va nous sortir un joli fichier Excel à la fin... BertrandMerci, c'est très clair. Pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient prolonger cette très agréable discussion qu'on vient d'avoir ensemble, comment peuvent-ils faire ? MargauxIls peuvent me contacter sur mon compte LinkedIn, je réponds avec grand plaisir. Sinon, ils peuvent aussi t'écrire ? BertrandOui, merci beaucoup Margaux. À très bientôt. MargauxMerci Bertrand. ### Atelier Recherche d'Emploi - Chloé Ngassa Les conseils d'une experte pour réussir sa recherche d'emploi Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Chloé Ngassa –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn La retranscription de l'interview de Chloé sur la recherche d'Emploi BertrandMerci beaucoup Chloé d'avoir accepté notre invitation. Chloé Ngassa est copilote de carrière, fondatrice de JobMentor et Top Voices Emploi sur LinkedIn avec près de 150 000 abonnés. Elle publie des conseils pratiques pour la recherche d'emploi. Et j'avoue que personnellement, je partage ses conseils aux étudiants du Pôle Léonard de Vinci. Bref, vous l'aurez compris, Chloé est très bien placée pour répondre à nos questions. Pour débuter, Chloé, est-ce que tu voudrais te présenter en quelques mots ? ChloéOui, bien sûr, avec plaisir, Bertrand. Déjà, merci pour cette invitation. Et en quelques mots rapides, je dirais que je suis une amoureuse de la vie, des voyages, de la cuisine. J'adore aussi ce que je fais. On aura l'occasion d'en parler, mais j'ai cette chance d'être très bien aujourd'hui dans tout ce que je fais. BertrandPour cet atelier, on a préparé ensemble quelques questions, notamment autour de la recherche d'emploi. C'est ton sujet, tes conseils pour réussir la recherche de son premier emploi seront précieux. Comment optimiser son réseautage ? LinkedIn et les réseaux sociaux, tu es une experte. On parlera également d'Instagram. Comment bien préparer son profil pour être repéré par les recruteurs ? Voilà les sujets sur lesquels on va échanger ensemble. Mais avant, j'aimerais aussi que tu expliques tes activités parce qu'elles sont en lien direct avec ce qu'on va faire dans cet entretien. Ça veut dire quoi d'être une copilote de carrière ? Est-ce que tu peux nous expliquer ça ? ChloéOui, en fait, j'ai commencé avec une chose assez précise. J'accompagnais les personnes en recherche d'un emploi à trouver un job. Donc, je faisais principalement de l'aide à la rédaction de CV, de documents de candidature, de lettre de motivation, la posture à avoir un entretien d'embauche. Et en fait, je me suis très vite rendu compte que je ne faisais qu'une partie du boulot. Parce que je me suis lancée pour aider les gens à être bien dans leur travail. Et déjà, il faut trouver ce travail, mais ensuite, il faut aussi avoir les clés pour être bien dans ce travail. D'où le copilote de carrière. Je l'aide à le trouver et je te donne les clés pour y être bien. BertrandOk, tu es dans l'accompagnement très personnalisé ? ChloéExactement. BertrandOn a aussi dit en te présentant que tu étais Top Voice LinkedIn sur l'emploi. Est-ce que tu peux expliquer ca ? Parce que je pense que ça intrigue ceux qui nous écoutent. Qu'est-ce que ça veut dire ? Combien de temps, tu y passes ? Quels sont les contenus que tu publies ? Est-ce que tu peux raconter ça ? ChloéJe publie beaucoup, déjà. C'est important à savoir. On parle de régularité. Je ne vais pas publier une fois de temps en temps en fonction de mes humeurs. Je me fais la discipline de publier suffisamment pour qu'à la fois, que je puisse avoir un maximum d'impact, et que les lecteurs aient un maximum de conseils. J'essaie de couvrir un maximum de sujets également. Et j'ai la discipline de le faire de façon régulière dans le sens où c'est un rendez-vous que je donne. Je publie quasi systématiquement à la même heure. Donc, c'est un rendez-vous un peu que je donne aussi aux personnes qui me suivent depuis plusieurs années pour certains. BertrandÇa veut dire combien de publications par semaine ? Est-ce que tu arrives à les quantifier ? ChloéOui, je peux quantifier, mais ça dépend aussi de mes actualités. Comme tu le disais, j'organise beaucoup d'événements, donc ça dépend de si j'ai des événements, si je suis en mouvement, mais on va dire qu'en moyenne, un minimum cinq fois par semaine. Et quand je suis en mouvement, je publie tous les jours, donc sept fois par semaine. BertrandC'est beaucoup de publications, donc beaucoup de travail. Ça te prend combien de temps dans ta journée ? Est-ce que tu arrives à quantifier ça ? ChloéJ'ai à la fois le côté création de contenu à proprement parler. Là, j'inclus bien évidemment la recherche sur des sujets, la création du format et de visuels. Mais, il y a aussi la modération, parce qu'il y a des personnes qui interagissent avec mes contenus. Et la moindre des choses, c'est d'interagir en retour avec eux, ce qui me prend aussi pas mal de temps. Quantifier, ce serait difficile, mais c'est beaucoup de temps chaque jour. BertrandD'accord. Et après, l'objectif, c'est aussi de trouver tes prochains clients, c'est aussi d'avoir des appels entrants, j'imagine ? ça sert aussi à ça ? ChloéOui, complètement. C'est un petit peu la suite logique. Cette création de contenu me permet de ne pas forcément avoir une démarche de prospection. C'est une des raisons pour lesquelles je recommande à tous les étudiants de s'activer sur LinkedIn. D'être présents, parce que c'est un excellent moyen de faire venir les opportunités à et de ne pas être en posture passive à l'attente de la bonne étoile ou de la solution magique. BertrandExcellent, merci beaucoup. Dans les thématiques que l'on a prévu de traiter aujourd'hui, la première, ce sont tes conseils pour réussir sa recherche, notamment de premier emploi. Comment tu pourrais synthétiser tes conseils pour cette recherche d'emploi ? ChloéÇa va être simple. J'ai une méthode que j'ai plus ou moins développée, que j'appelle la méthode R.E.U.S.S.I.R. Ce sont des initiales et je vais vous détailler les sept étapes. Mais avant, pour une personne qui est étudiante, jeune diplômé, qui n'a peut-être pas beaucoup d'expérience, la première chose que je dirais avant toute chose, c'est la posture. Ne pas se mettre dans une posture de jeune diplômé, justement. Je pense que ça fait déjà beaucoup. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire ne pas se mettre dans la posture que j'entends très souvent de la part des étudiants. "Je n'ai pas d'expérience. Je ne sais pas encore faire grand-chose". Alors que ce n'est pas vrai ! ChloéOui, on a toujours de l'expérience. On a toujours des compétences. Vous êtes étudiant, vous vous formez, donc vous avez des compétences. Et comme je le dis, le manque d'expérience n'est pas le problème. Le problème, c'est la façon dont on en parle. Mais si vous avez les compétences, et c'est très faisable de décrocher en poste. BertrandOk. Donc la méthode de R.E.U.S.S.I.R. explique-nous ça. ChloéLa première étape, le R, c'est "Réfléchir à son projet professionnel". C'est d'autant plus important quand on est jeune diplômé, il faut savoir où vous allez. Il faut avoir une vision long terme de votre carrière professionnelle qui peut évoluer avec le temps. Je ne dis pas que dans deux ans, vous allez vouloir faire exactement la même chose, mais l'instant où vous démarrez votre recherche d'emploi, vous devez avoir cette vision-là. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire ne pas être juste le nez collé à la vitre, mais au contraire, regarder un peu plus loin ? ChloéExactement. Une fois que ça c'est fait et qu'on a cette vision. On sait plus ou moins vers quoi on veut se tourner, il faut enquêter, il faut comprendre. Donc, le podcast, le Gagne-Pain, aide justement à comprendre ces différents métiers. La deuxième étape, c'est "Effectuer une enquête métier" pour être sûr que vous savez pertinemment quelles sont les attentes des recruteurs par rapport à ce projet que vous avez. Et le fait de le savoir va vous permettre, va vous donner les clés pour vous mettre en avant de la façon la plus séduisante possible. BertrandOk, c'est très clair. Alors, la suite ? ChloéLa suite, le U. On est toujours sur l'acronyme R.E.U.S.S.I.R.. Il va falloir réfléchir, il va falloir mettre un peu de stratégie dans tout ça. Donc, le U, c'est "Utiliser une stratégie de candidature". Il faut en avoir une. On ne peut pas postuler comme ça en fonction de ses humeurs. Il faut savoir : Est-ce que je vais faire des candidatures spontanées ? Est-ce que je vais faire jouer mon réseau ? Est-ce que je vais plutôt répondre à des offres d'emploi ? Et l'enquête métier va vous aider à déterminer ce qui fonctionne le mieux par rapport à ce que vous voulez faire plus tard. BertrandOk, excellent. ChloéUne fois qu'on a la stratégie de candidature, le premier S, il va falloir rédiger le CV et des lettres de motivation. Donc, on va "Soigner ces documents de candidature". Dans le digital, c'est encore plus important parce que vous devez être capable d'illustrer les compétences que vous avez. Donc, au-delà du CV et des lettres de motivation, vos outils de candidature doivent clairement illustrer les compétences que vous avez dans le domaine. BertrandD'accord. Il faut montrer des choses aussi ? ChloéExactement. BertrandUne sorte de "Book", comme on disait, pour les créatifs à une époque. Il faut montrer ce qu'on sait faire ? ChloéExactement. BertrandLinkedIn, c'est parfait pour ça. On peut montrer plein de choses, des vidéos, des PowerPoint, enfin, tout ce que l'on veut, non ? ChloéTout ce qu'on veut oui, des images, des montages, des créations qu'on a pu faire. Tout est le bienvenu sur LinkedIn et vous trouverez toujours une personne que ça éblouira, soyez-en sûr. BertrandOk, excellent. ChloéOn continue avec la prochaine étape, c'est donc le deuxième S. On est à la cinquième étape. Une fois qu'on a ces documents de candidature de prêt, une chose à laquelle on ne pense pas, c'est son réseau. Donc, le deuxième S, c'est "Soigner son réseau". Il faut commencer par là. C'est très important et peu importe le métier. Encore plus, si vous êtes jeune diplômé, il faut commencer par regarder autour de vous, parler de votre recherche d'emploi. N'ayez pas honte d'en parler. BertrandQu'est-ce que son réseau quand on est junior ou étudiant ? On commence par quoi ? ChloéOn va commencer par ces proches, les personnes qui nous connaissent, qui vont répondre sans qu'on ait besoin d' insister. Donc, papa, maman, oncle, tante, cousin, cousine, voisin, ami également, ancien collègue. On a probablement fait des stages, on a peut-être fait des jobs étudiants, on a peut-être fait du bénévolat, toutes ces personnes-là, des anciennes personnes qu'on a pu côtoyer, des anciens responsables, des tuteurs, des professeurs. BertrandCes camarades d'école ? ChloéCes camarades d'école bien sûr, on les oublie souvent, ils sont importants. Les alumni (les anciens élèves) de notre école, de notre domaine d'études. Ce sont aussi des personnes qui sont déjà en poste et qui peut être ont des opportunités pour vous. Donc, il faut commencer C'est par faire appel à ce réseau-là. Je fais quand même une petite précision. Là, on parle de la recherche d'emploi, mais en réalité, soigner son réseau, ça doit faire partie de votre vie. Ce n'est pas uniquement quand on est en recherche d'emploi que l'on soigne son réseau. C'est justement quand on n'en a pas besoin, qu'on soigne son réseau. Pour que lorsqu'on en aura besoin, l'aide vienne d'eux de façon très naturelle. BertrandC'est plus facile d'ailleurs de travailler son réseau quand on n'en a pas besoin. Lorsque l'on est étudiant, on n'a rien à vendre. C'est vraiment le moment parfait pour le faire. Je n'arrête pas d'essayer de faire comprendre cette idée, mais elle n'est pas simple à faire passer... ChloéEt honnêtement, Bertrand, là, tout ce qu'on dit et c'est aussi pour ça que je suis ravie d'être là aujourd'hui. C'est des choses qu'on ne m'a pas dites et c'est des choses que j'aurais adoré savoir lorsque j'étais étudiante. Et je n'ai pas eu cette chance-là et je sais que j'aurais fait des choix différents. Je ne regrette rien du parcours que j'ai eu parce que ça fait partie de la vie aussi. Mais je me dis si les conseils qu'on donne aujourd'hui à travers ce podcast peuvent aider ne serait-ce qu'un seul étudiant déjà à accélérer sa recherche d'emploi et sa carrière, on aura tout gagné. BertrandOk, excellent. On continue dans l'acronyme R.E.U.S.S.I.R. ? Chloé Le I. Si vous avez vos documents qui sont bétons, si vous avez activé votre réseau, la suite logique, c'est que vous ayez des entretiens d'embauche. Donc, il va falloir "Impressionner en entretien". On ne va pas en entretien pour cocher une case, on va en entretien pour laisser la meilleure impression possible et pour décrocher le poste. BertrandOn n'est pas là en touriste ? On est là et on est prêts ? ChloéOn est prêts et on sait que ça va marcher. BertrandOk, excellent. Et donc on va terminé par ? ChloéSi on a fait tout, si on a impressionné un entretien, il y a forcément une proposition d'embauche, il y a une intégration en entreprise qui va se faire. Donc le R. Qui est la dernière lettre, la dernière étape, c'est "Réussir son intégration en entreprise". BertrandD'accord. Est-ce que tu as des conseils pour réussir son intégration en entreprise ? Que faut-il faire, ou ne pas faire, quand on arrive pour la première fois dans une entreprise ? ChloéQuand on est étudiant ou jeune diplômé, il faut soigner sa posture. Il ne faut pas laisser donner raison aux préjugés sur les jeunes diplômés. Soigner sa posture, c'est soigner son apparence physique. Ça passe par là. Et quand je dis soigner son apparence, je ne dis pas forcément mettre un costard, mais tout simplement être propre sur soi, ne pas avoir de vêtements troués, des choses comme ça. Arriver à l'heure. Des règles de politesse de base, arriver à l'heure. Poser des questions lorsque l'on ne sait pas, il n'y a aucun mal à ça, bien au contraire. Se montrer intéressé, se montrer intéressant aussi. Et puis voilà, déjà, je pense que si on fait déjà ces petites choses de base, là, je pense qu'on fait déjà la différence par rapport à beaucoup d'autres étudiants et jeunes diplômés. BertrandExcellent. Ça me semble très bien. On va imprimer R.E.U.S.S.I.R. en gros et expliquer tout ça. ChloéEt vous allez réussir votre recherche d'emploi. BertrandDans la deuxième thématique que l'on avait prévu de traiter ensemble, Chloé, on en a déjà un peu parlé, c'est le réseautage. Dans ce qu'on a dit tout à l'heure dans le réseautage, on a surtout parlé de développer son réseau, notamment sur LinkedIn. Mais il me semble que quand on parle réseautage, il faut aussi avoir un bon profil LinkedIn. Après, il faut publier et là, tu es une experte de la publication sur LinkedIn. Donc, j'aimerais bien qu'on parle de ça. Qu'est-ce qu'un bon profil LinkedIn ? Et comment publier ? Parce que ça, c'est aussi une question qui est souvent complexe pour les étudiants ? ChloéÇa fait beaucoup de sujets intéressants dont on va parler. On va commencer par le profil avec grand plaisir. Moi, le conseil que je donne, c'est : mettez-vous à la place des autres. Vous, quand vous regardez un profil, c'est quoi la première chose que vous regardez ? Bertrand, que regardes-tu en premier ? BertrandLa première chose que l'on voit, ce sont les photos ? ChloéDéjà, il faut avoir une photo. C'est la première chose que l'on regarde. Les anonymes et tout ça, non. Soit vous faites les choses complètement, soit vous ne les faites pas. Soit, vous êtes sur LinkedIn et vous avez un profil complet, soit vous n'y êtes pas. On va mettre une photo et puis on va mettre une bannière. Ce sont les deux premières choses qu'on voit sur LinkedIn. Par ailleurs, on va se décrire de la meilleure des façons possibles. Et pour bien se décrire, il faut savoir quel est l'objectif. Si j'y vais, c'est pour quoi ? Est-ce que c'est pour ma recherche d'emploi ? À ce moment-là, quels sont les termes ? Quel est le vocabulaire clé ? Quels sont les mots qui vont faire tilt lorsque les personnes concernées, les personnes que je vise, vont tomber sur mon profil ? On va donc retravailler son titre, son résumé. La description des expériences passées, des stages, de ses compétences en tenant toujours compte des mots clés qui vont être des signaux pour les personnes qui nous intéressent. BertrandOk, la première chose que l'on fait sur son profil, c'est du visuel. Et puis après, c'est du texte. Il faut qu'on soit précis, clairs sur ce que l'on est, sur qui on est, sur ce qu'on fait ? Moi, parfois, je suis surpris par l'expression "en recherche de" sur les profils. Je trouve que ça ne décrit pas grand-chose. Il faut surtout se décrire soi. Ça aussi, ce sont des conseils que tu donnes ? ChloéJe suis tout à fait d'accord. Ce n'est pas du tout dans mon vocabulaire et j'ai d'ailleurs déjà plusieurs fois fait des posts à ce sujet qui font toujours assez polémique, c'est drôle. Mais je pense que c'est la pire expression qu'on pourrait utiliser, que ce soit sur un profil LinkedIn ou même sur un CV. Parce que je le vois aussi beaucoup sur les CV des étudiants. Mais "en recherche de", ça ne valorise pas du tout. On met le poste qu'on vise, tout simplement, on se met déjà dans une posture de personne qui se projette et qui sait exactement ce qu'elle veut faire. BertrandExcellent. Ça me va très bien, mais c'est vrai que j'avais déjà repéré tes publications là-dessus. On est 100% d'accord. Après, la question la plus complexe, je pense, c'est comment publier ? Comment faire déjà des actions sur LinkedIn ? Parce qu'avant de publier, on peut déjà liker, commenter. Que faut-il faire pour commencer ? ChloéTout à fait, tu l'as très bien dit. Le profil, c'est la première chose. Une fois qu'on a le bon profil, on va réseauter, on va développer son réseau sur LinkedIn. C'est avec ce réseau qu'on va interagir et c'est ce réseau aussi qui va interagir principalement avec nos contenus. Si on n'en a pas, ce sera compliqué et après, il faut publier. C'est peut-être un gros mot pour certaines personnes. Mais il faut déjà se montrer visible. Et se montrer visible, ça passe justement par ces petites actions d'interaction avec des sujets qui nous parlent. Avec des personnes qui nous inspirent. Donc pareil, ça peut être des proches, comme ça peut être des personnes dans le secteur d'activités que l'on vise. Ça peut être des leaders d'opinion dans le domaine ou dans le secteur. Et là, on va interagir, liker, commenter, mettre des commentaires qui soient pertinents. Quand je dis commenter, LinkedIn propose des commentaires assez automatiques, et je déconseille bien évidemment de le faire, d'utiliser ces commentaires prédéfinis par LinkedIn. Commenter avec des choses qui vont apporter de la valeur ou qui vont, d'une certaine façon, rendre la personne, l'auteur ou l'autrice du poste, fiers et content de ce qu'elle a publié. BertrandOk, excellent. Et donc après, si on se dit qu'on passe à l'étape suivante qui est de faire un post et de communiquer, quels sont tes conseils ? ChloéDéjà, on se lance. On le fait, tout simplement. On ne se pose pas trop de questions. Il n'y a pas à réfléchir. Il n'y aura pas de bon moment. Là, quand vous écoutez ce podcast, une fois qu'on termine, vous le postez, vous m'identifiez et je vous enverrai de la force, c'est sûr. Mais non, je le dis et je tiens mes engagements. Si je le dis, ça veut dire que je le ferai. Si je suis identifié sur un post, j'enverrai de la force... BertrandExcellent, merci beaucoup. ChloéEt je dirais, qu'il faut définir une fréquence que vous savez que vous allez tenir. Si vous voulez vraiment commencer à communiquer sur LinkedIn, il faut le faire. Donc quand je dis, on se lance, ce n'est pas, je me lance et puis dans un mois, c'est bon, j'arrête. C'est réellement, je me lance en me disant que je décide de porter ma voix sur LinkedIn. Donc, je vais me donner trois, trois mois, six mois, voire un an pour réellement faire le test et voir ce que ça m'apporte. Et pendant cette durée-là, je vais publier toutes les semaines ou deux fois par semaine. Vous l'avez compris, moi, je publie plusieurs une à deux fois par semaine, vous n'avez pas besoin d'en arriver jusque-là. Si vous le faites déjà une à deux fois par semaine, ce sera déjà très bien. Deux fois, pour moi, c'est déjà très bien parce que ça vous met en place une certaine régularité et ça permet de donner un certain rendez-vous aux personnes qui vous suivent. BertrandOk, Chloé, mais on publie quoi ? ChloéSi tu te souviens, au tout début, on a dit qu'il fallait savoir quel était notre objectif sur LinkedIn. Si on est dans un objectif de recherche d'emploi, il faut publier des choses qui vont valoriser notre recherche d'emploi. L'idée, c'est donc de choisir un sujet et de réfléchir à des choses autour de ce sujet. Ça peut être d'apporter un point de vue sur ce sujet. Ça peut apporter des conseils. Parce que dites-vous que vous en connaissez toujours plus que beaucoup de personnes. Si en plus, vous êtes formé sur le sujet, forcément, vous connaissez beaucoup plus que ce que vous ne pensez. Donc, apportez votre expertise. Réfléchissez à des choses qui peuvent faire écho auprès des gens et qui peuvent démontrer les compétences que vous avez. BertrandD'accord. Par exemple, si on prend des exemples pour des étudiants qui sont encore en études, on peut parler de ce qui se passe dans ses cours, on peut parler de son stage ? ChloéExactement. On peut faire une étude de cas, par exemple, d'une campagne de communication qui a très bien fonctionné. On peut comparer la communication sur un sujet particulier aux États-Unis et en France. Il y a tellement de choses qu'on peut faire. BertrandC'est très clair. J'aime beaucoup cet enthousiasme que tu transmets à tous nos auditeurs. Alors, si on va sur le dernier thème qu'on avait prévu de discuter, c'est d'être repéré par les recruteurs. Je sais que tu as beaucoup travaillé et publié des choses là-dessus. Donc, je veux bien que tu dises tes conseils là-dessus. Comment on est repéré par les recruteurs ? ChloéC'est intéressant cette question. Ce que je dirais dans un premier temps, que quand on va être repéré par une personne, je pense qu'il est important d'étudier cette personne. Quand je dis étudier cette personne, il faut comprendre qu'est-ce que la personne veut ? Si vous voulez être repéré par un recruteur, que veut-il ? De quoi est-ce qu'il a besoin ? Ok, peut-être qu'en ce moment, il recrute, mais pourquoi ? Quel est le besoin de l'entreprise ? Quelles sont les compétences nécessaires ? Quel est le problème que l'on va résoudre ? Quelle est la situation de l'entreprise en question ? Pour être repéré, il faut déjà comprendre ce que l'on attend de moi. Une fois ce qu'on le sait, il faut être un peu malin. En fait, on va faire des publications qui sont très orientées. Si, par exemple, je vais te donner un exemple, il y a une entreprise qui m'intéresse, je sais qu'en ce moment, il y a un post qui est ouvert. Et je sais que cette entreprise veut s'ouvrir au marché allemand, par exemple. Moi, je vais faire des publications en mettant en avant des études de cas, par exemple, d'entreprises allemandes, de communications d'entreprises allemandes ou de produits allemands. Donc, ce sont des subtilités, mais l'idée, ce n'est pas de venir et de frapper à la porte du recruteur et de lui dire Hello, je suis là, est-ce que tu peux m'ouvrir la porte ? Mais c'est de dire de façon très indirecte, je sais exactement ce dont vous avez besoin et regardez ce que je peux faire. BertrandD'accord, si on fait un parallèle avec des métiers du digital, et si on est Data Analyst, on va publie des choses sur la Data Analyse, on va montrer des innovations sur la Data Analyse. C'est ça qu'on va faire. Donc, creuser ses domaines de compétences sur son profil LinkedIn ? ChloéOui, sans ce qu'on publie sur les réseaux. Et puis une autre astuce, si on sort de LinkedIn pour être repérés par les recruteurs. Ce que je recommande, c'est de suivre leur actualité. Que font-ils et où est-ce qu'ils vont ? Il y a beaucoup de salons sur l'emploi. Où on retrouve les recruteurs, où on retrouve des entreprises qui nous intéressent. Dans le digital, il y a même des salons spécialisés pour ça. Donc, il faut un peu suivre ces personnes-là. Où est-ce qu'ils vont ? Est-ce qu'ils animent des ateliers, des conférences ? Est-ce que ce sont des conférences ouvertes au public ? Est-ce que je peux y aller ? En gros, si on résume un peu tout ce qu'on a dit là, le meilleur moyen pour être repéré, c'est d'être très actif. Il ne faut pas avoir une posture passive, il faut être actif. Et une fois qu'on a ça, on s'active sur LinkedIn, on s'active en dehors de LinkedIn, normalement, vous serez très facilement repéré. BertrandMerci beaucoup Chloé, c'est très clair et je pense très précis pour mettre un plan d'action, un plan d'action R.E.U.S.S.I.R. En place. En conclusion, que voudrais-tu ajouter pour ceux qui nous écoutent ? Quels sont tes autres conseils que l'on n'a pas encore évoqués ? ChloéIl y a un verbe que j'aime bien, mais vraiment, que littéralement, j'utilise très souvent dans ce domaine-là, c'est le verbe "oser". Je pense que si beaucoup plus de personnes oser, on aurait beaucoup plus de success stories, on aurait beaucoup plus de réussite. Le conseil que je peux donner, encore plus pour les étudiants, les jeunes diplômés, les étudiants du digital, c'est d'oser. Vous ne risquez pas votre vie à faire un post LinkedIn, vous ne risquez pas votre vie à envoyer un message à un proche avec qui vous n'aviez pas échangé depuis longtemps. Vous ne risquez pas votre vie. Je ne vois pas, c'est quoi la pire chose ? Non, mais c'est vrai, posez-vous toujours cette question, c'est quoi qui va m'arriver ? Quel est le risque que je prends ? Dans le pire des cas, qu'est-ce qui m'arrive ? Et dans le meilleur des cas, alors, pensez au meilleur, donc osez. BertrandOk, excellent. R.E.U.S.S.I.R. et oser, voilà ce qu'on retiendra de Chloé. Merci beaucoup Chloé. Dernière petite question. Ceux qui ont aimé cet entretien avec toi et qui souhaiteraient continuer la discussion avec toi, comment ils peuvent te contacter ? ChloéVous me trouvez sur les réseaux. Vous l'aurez compris, je suis très active sur LinkedIn, sur Instagram. J'ai également une Newsletter dans laquelle vous retrouvez toutes les informations. BertrandMerci beaucoup Chloé. ChloéC'était un grand plaisir. Merci à toi pour notre échange. ### Combien gagne un Machine Learning Engineer ? Machine Learning Engineer Salaire De 42-53k€ brut/an pour un junior jusqu'à 100k€ pour un senior. Machine Learning Engineer Formation Bac+5 maths/info (fac ou école d’ingé) ou bootcamp data science (ex : Le Wagon). Machine Learning Engineer c’est quoi Développe, implémente et maintient des modèles IA pour automatiser des tâches. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Bettina, Machine Learning Engineer chez Lifen. Écouter le podcast Rémunération d'un Machine Learning Engineer ? Le métier de Machine Learning Engineer, ou ingénieur en apprentissage automatique, consiste à concevoir, développer et maintenir des modèles d'IA pour automatiser des processus métiers. Bettina Sarafis, Machine Learning Engineer chez Lifen, partage son expérience et donne des indications précises sur les salaires auxquels peuvent prétendre ces spécialistes de l'IA. Salaire débutant d'un Machine Learning Engineer Selon Bettina, un Machine Learning Engineer junior, fraîchement diplômé en mathématiques appliquées ou intelligence artificielle et avec une première expérience de stage, peut généralement prétendre à un salaire compris entre 42 000 € et 53 000 € bruts par an. Cette fourchette varie selon la renommée de l’école, la localisation (Paris vs province) et la maîtrise des outils de production en Python ou en cloud. Évolution du salaire avec l'expérience Avec l'expérience, la rémunération progresse rapidement. Bettina indique qu'un Machine Learning Engineer expérimenté peut gagner entre 60 000 € et 100 000 € bruts par an. Les profils ayant développé une expertise en déploiement à grande échelle, en optimisation de modèles ou en tant que lead technique se situent plutôt dans la partie haute de la fourchette. L’évolution vers des postes de lead ML, d’expert IA ou de management d’équipe constitue un levier important pour augmenter davantage son package global, incluant parfois des actions ou des stock-options dans une startup comme Lifen. Facteurs influençant la rémunération Bettina explique que plusieurs variables impactent la rémunération : la taille et le secteur de l’entreprise (startup MedTech ou grand groupe), la localisation géographique, le niveau de responsabilités sur la production et le monitoring des modèles, la rareté des compétences ainsi que les résultats individuels. Certaines structures proposent également des primes ou des incentive variables basées sur la performance des modèles ou des objectifs produits. Comment optimiser sa rémunération de Machine Learning Engineer ? ### Combien gagne un Data Scientist ? Data Scientist Salaire Entre 40 000 et 45 000€ brut/an en sortie d’école, évolutif selon l’expérience. Data Scientist Formation École d’ingénieur (maths), ou école de commerce + compétences en code (Python), certif. IBM, Coursera ou Google Cloud. Data Scientist c’est quoi Analyse, modélisation et automatisation de gros volumes de données pour prédire et optimiser. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Lorélie, Data Scientist chez Rakuten. Écouter le podcast Rémunération d'un data scientist ? Le métier de data scientist consiste à exploiter de très grands volumes de données pour construire des modèles prédictifs et automatiser des analyses complexes. Lorélie, data scientist chez Rakuten, nous livre son témoignage et présente les différents niveaux de rémunération auxquels peuvent prétendre ces experts de la donnée. Salaire débutant d'un data scientist Selon Lorélie, un data scientist débutant sortant d’une formation spécialisée (école d’ingénieur, master data science ou parcours business orienté data) peut prétendre à un salaire annuel brut compris entre 40 000 € et 45 000 €. Cette fourchette varie selon la maîtrise des langages Python et SQL, la connaissance des méthodes de machine learning et la capacité à traiter des volumes de données significatifs dès l’embauche. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d’expérience, la rémunération d’un data scientist progresse fortement. Lorélie explique qu’un profil expérimenté peut atteindre entre 55 000 € et 90 000 € bruts annuels. Les spécialistes maîtrisant le deep learning, la mise en production de modèles sur le cloud et les grandes plateformes de données se situent souvent dans la fourchette haute, surtout s’ils assument des responsabilités managériales. L’évolution vers des postes de lead data scientist ou de manager de l’équipe data constitue un levier majeur pour dépasser la barre des 100 000 € annuels dans certaines entreprises ou cabinets de conseil. Facteurs influençant la rémunération Lorélie précise que plusieurs variables jouent sur la rémunération : la taille et le secteur de l’entreprise (startup, e-commerce, fintech), l’utilisation d’infrastructures cloud (Google Cloud, AWS), la complexité des modèles de machine learning et de deep learning, ainsi que la composante variable ou bonus lié aux performances des projets. Travailler en tant que consultant indépendant peut également offrir des opportunités de revenus plus élevés, avec des jours facturés à des tarifs journaliers attractifs. Quel est l'avenir de la rémunération d'un data scientist ? ### Combien gagne un Directrice Artistique IA? Directrice Artistique IA Salaire En agence à partir de 60K€ brut/an ; plus en freelance ou à l'étranger. Directrice Artistique IA Formation École d'art visuel (direction artistique) + pratique IA ; anglais recommandé. Directrice Artistique IA c’est quoi Création de contenus visuels avec l'IA, conseil, formation et conférences pour marques. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Joséphine, Directrice Artistique IA chez MDJ Studio. Écouter le podcast Rémunération d'une Directrice Artistique IA ? La Directrice Artistique IA, ou DA spécialisée en intelligence artificielle générative, conçoit des univers visuels et narratives innovants en combinant direction artistique classique et technologies d'IA. Joséphine Péters, Directrice Artistique IA chez MDJ Studio, partage son parcours et dévoile les salaires qu'elle a pu observer dans ce nouveau métier. Salaire débutant d'une Directrice Artistique IA Selon Joséphine, une DA IA junior, fraîchement issue d'une formation en design graphique ou en arts visuels ayant intégré des modules d'IA, peut viser entre 45 000 € et 60 000 € bruts par an. Cette fourchette dépend notamment de la maîtrise des principaux outils (Midjourney, DALL·E, Runway) et de la capacité à proposer rapidement des créations impactantes pour les marques ou agences. Évolution du salaire avec l'expérience Avec 3 à 5 ans d'expérience et un portfolio étoffé, le salaire d'une Directrice Artistique IA peut grimper entre 65 000 € et 90 000 € bruts par an. Les profils intervenant sur des projets internationaux ou dans le secteur du luxe peuvent même atteindre 100 000 € à 120 000 € en tant que DA senior IA. Comme l'indique Joséphine, évoluer vers des fonctions de management de studios créatifs ou développer une offre de consulting en freelance sont des leviers majeurs pour augmenter significativement ses revenus. Facteurs influençant la rémunération Plusieurs variables jouent sur la rémunération : le statut (salarié vs indépendant), la localisation (Paris et grandes métropoles vs province), la notoriété et la spécialisation (formations et conférences), ainsi que la typologie de clients (grands groupes de luxe, agences spécialisées, start-up tech). Les missions de formation et d'interventions en événements comme VivaTech apportent également une source de revenus complémentaire. Quel avenir pour la rémunération d'une Directrice Artistique IA ? ### Directrice Artistique IA - Joséphine Péters Quelles compétences, missions et formations pour devenir Directrice Artistique IA ? Directrice Artistique IA Salaire En agence à partir de 60K€ brut/an ; plus en freelance ou à l'étranger. Directrice Artistique IA Formation École d'art visuel (direction artistique) + pratique IA ; anglais recommandé. Directrice Artistique IA c’est quoi Création de contenus visuels avec l'IA, conseil, formation et conférences pour marques. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Joséphine Péters –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de directrice artistique IA Bertrand Joséphine, tu es Directrice Artistique (DA) spécialisée en IA générative. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail, mais avant, j'aimerais que tu te décrives en quelques mots. Joséphine J'ai 31 ans, je suis Parisienne et j'ai commencé par des études de philosophie et d'anthropologie à la Sorbonne. Puis, j'ai fait cinq ans de direction artistique à Penninghen, à Paris. Bertrand Penninghen, c'est spécialisé dans la direction artistique ? Joséphine Oui, ça forme à la fois des directeurs artistiques et des architectes d'intérieur. Bertrand D'accord. Est-ce que tu peux maintenant nous présenter ton parcours professionnel, c'est-à-dire les entreprises dans lesquelles tu as travaillé avant celles dans laquelle tu es aujourd'hui ? Joséphine J'ai commencé un stage en tant qu'assistant de direction artistique dans une agence qui s'appelle NICE, qui est notamment spécialisée dans le secteur du luxe et dans le packaging. Ensuite, j'ai travaillé pendant trois ans dans une startup dans le secteur du bien-être animalier. J'étais directrice artistique et ça m'a permis de pouvoir un peu toucher à tout puisqu'on était une petite équipe. Et j'ai pu manager des alternants et m'occuper à la fois de plein de projets, particulièrement de m'intéresser à l’IA. Bertrand C'est là que ça commence ? Joséphine Exactement, l'IA arrivait, je me suis dit pourquoi pas l'utiliser au quotidien dans les outils qu'on utilisait déjà. Je me suis intéressée à aller plus loin et proposer des choses plus artistiques avec l'IA. Je me suis mise à créer de mon côté en passant de nombreuses nuits blanches dessus. J'étais complètement fascinée et passionnée et je me suis dit pourquoi pas monter un compte Instagram et poster les images que je faisais. Bertrand Donc, en parallèle de ce que tu faisais dans l'entreprise, tu as créé ton compte Instagram pour montrer tes créations ? Joséphine Exactement. Bertrand Et c'est comme ça que tu as trouvé ta troisième expérience ? Joséphine Oui, c'était le point de départ d'un nouveau monde, d'un nouveau métier qui était en train d'arriver. J'ai rencontré beaucoup d'agences et de marques, dont une avec laquelle j'ai beaucoup travaillé. Les marques venaient me voir et me disaient : Tu as créé un besoin. Parce que tout était encore à créer et c'était ça qui était hyper intéressant. Que fait-on avec l'IA ? Comment l'intégrer dans le processus de création ? Et moi, c'est vraiment ce que je souhaitais faire et que je fais. Bertrand Si on veut résumer ton expérience, tu as fait de la direction artistique et tu y as mélangé l'IA. Et maintenant, c'est devenu un job qui mélange les deux. Peux-tu nous présenter l'entreprise dans laquelle tu travailles actuellement ? Joséphine Je suis à mon compte. J'ai créé MDJ Studio. Je fais de la création de contenu et de la formation. J'ai notamment travaillé pour différentes agences telles que PartiPris, l'Amour Extrême, plein d'agences différentes. Pour des marques comme Delsey, Moët Hennessy, Moët et Chandon, Dom Pérignon, Martel... Bertrand Donc tes clients, ça peut être soit les marques directes, soit les agences ? Joséphine Exactement, c'est ça. Bertrand J'avais envie de revenir sur un truc qui me semblait intéressant. Quand tu as créé MDJ, il y avait aussi une sorte de contraction de Midjourney. C'est l'outil principal avec lequel tu travailles. Joséphine Oui, c'est ça. Midjourney, c'est l'outil principal que je trouve incroyable. Et aussi l'envie de dire que c'était le début de l'IA et j'ai appelé ça : Maître Du Jeu (MDJ). Bertrand Donc MDJ c'est la contraction à la fois de Midjourney et de maître du jeu. Est-ce que maintenant, tu peux nous parler des missions ? Quelles sont tes principales missions ? Joséphine J'ai trois grandes missions. La première, c'est la création de contenu à l'aide de l'IA, que ce soit en vidéo ou en image, pour des marques et des agences. La deuxième mission, c'est la formation. Je vais accompagner les marques à découvrir comment intégrer l'IA dans le processus de création. Parce que ce n'est pas une formation théorique, c'est aussi de se demander, que peut-on faire avec l'IA ? La troisième mission, ça va être des conférences et des interventions dans des écoles. Bertrand Si je résume, il y a d'abord une première mission qui est la mission principale, qui est celle de créer du contenu. Et puis tu étends cette mission en allant expliquer aux autres comment ils vont pouvoir le faire eux-mêmes. Par ailleurs, tu fais de la formation dans les écoles et via des conférences ? Joséphine Exactement. Par exemple, quand j'ai fait VivaTech cette année, j'ai parlé de savoir bien "prompter", et pourquoi c'est important de savoir utiliser les mots pour pouvoir créer des images impactantes. Bertrand D'accord. Donc, tu n'as pas peur de divulguer les petits secrets de la machine à d'autres ? Joséphine Il y en a plein des petits secrets. Je peux en dire quelques-uns. Bertrand Est-ce que tu peux également, Joséphine, nous dire pourquoi tu as choisi ce métier ? Joséphine Ce choix est venu très naturellement à moi. Vu que j'avais un parcours à la fois sur le fond, puis sur la forme, ça m'intéressait énormément de pouvoir créer des images avec des mots. Je trouvais ça complètement fascinant, ça remet les idées au centre de la création. Donc, quand l'IA est arrivée, j'ai été pris de passion pour tout ça. Et pas seulement pour de la création. Je trouve ça absolument fou tout ce qu'on peut faire avec l'IA. Bertrand Et ça rejoint un peu ce que tu disais tout à l'heure quand tu as parlé de ton parcours universitaire, ça mélange les deux. C'est-à-dire à la fois de la philosophie, donc des mots, et puis de la création artistique et de l'image. Est-ce que tu as l'impression que l'intelligence artificielle t'a choisie ? Joséphine Je ne sais pas si elle m'a choisie, mais en tout cas, moi, je l'ai choisie. Bertrand Joséphine, quelles sont les trois principales compétences qu'il faut pour exercer ce job ? Joséphine De la curiosité, de la créativité et de la persévérance. Bertrand D'accord. La curiosité, qu'est-ce qui fait que la curiosité est aussi importante dans ce job ? Joséphine Parce que l'IA évolue toutes les semaines, tous les jours et qu'il faut être curieux de ce qui se passe. Pas seulement au niveau de l'IA, mais aussi au niveau du monde artistique, de voir comment ça avance et faire de la veille. Bertrand Ça veut aussi dire se remettre en cause ? Joséphine Oui, évidemment. Je connais beaucoup de directeurs artistiques ou de marques et d'agences qui ne veulent pas utiliser l'IA. Et je pense que c'est important de se dire qu'on évolue aussi avec son temps et qu'il faut essayer. Bertrand Après, tu as dit dans les compétences pour ce job, la créativité. Ça paraît assez évident, mais est-ce que tu peux l'expliquer, notamment dans la relation avec l'IA ? Joséphine Oui, parce que l'IA, sans le créatif, n'est rien. C'est le créatif qui va lui permettre de l'orienter et de pouvoir mettre en forme ses idées. Sans idées, l'Ia, ça ne marche pas. Bertrand Donc, il lui faut un maître. C'est ça que tu es en train de dire ? Joséphine C'est ça. Bertrand Après, dans les compétences, tu as indiqué la persévérance. Alors c'est intéressant. Ça veut dire quoi par rapport à l'IA ? Il faut aussi être constant ? Joséphine La persévérance, particulièrement quand on fait face à des défis, des défis techniques. Et la persévérance, c'est se dire qu'il ne faut pas lâcher ou abandonner ses idées, essayer plein de logiciels différents, plein d'idées différentes. Bertrand Joséphine, est-ce que tu peux nous dire quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? Joséphine Celle qui me plaît le plus, ça va être l'idée de raconter des histoires, de créer des univers. J'utilise plusieurs outils pour façonner des mondes. Donc, j'utilise Midjourney et après, je viens upscaler avec Magnific.AI. Bertrand Upscaler, qu'est-ce que ça veut dire ? Joséphine Upscaler, ça veut dire agrandir une image, améliorer sa qualité, son grain et le rendu. Bertrand Et là, tu utilises quel outil ? Joséphine Magnific.AI et après, je vais retravailler l'image avec Photoshop. L'image quand elle sort en IA, je vais toujours la retravailler. Et c'est ça aussi qui m'intéresse, c'est d'aller un peu plus loin et de pousser à la fois les compétences de l'IA, et ce que je peux faire par rapport à ce brief client. Comment je fais pour que mon idée soit la plus impactante ? Bertrand Quand tu dis que la tâche quotidienne qui te plaît le plus, c'est de créer un univers, on comprend que tu vas utiliser plusieurs palettes pour créer cet univers. Midjourney, qui est un peu la base, l'outil d'intelligence artificielle, mais après, tu vas utiliser d'autres outils pour compléter ça, pour étendre ton univers. C'est ça qu'il faut comprendre ? Joséphine Oui, je pense qu'il faut comprendre que c'est l'association de plein d'outils qui permet un beau rendu, et qui permet de pouvoir coller soit un brief, soit proposer un univers. C'est tout le background d'un DA et tout ce qu'il sait. Ça peut être un mix de photo, de peinture et toutes les références. Bertrand Ok. Maintenant, la tâche qui te plaît le moins, parce qu'il y en a forcément des choses moins amusantes, c'est quoi ce qui te plaît le moins dans ce job ? Joséphine Ce qui me plaît le moins, ça va être la frustration qu'on peut ressentir parfois par rapport à certaines IA, notamment avec l'IA vidéo. Moi, j'utilise Runway. Il y a d'autres IA vidéo qui sont aussi très bien, mais ça reste assez limité. Et donc, parfois, j'aimerais pouvoir dire au client : Oui, bien sûr, c'est possible, on peut le faire avec l'IA, mais en fait, non, on ne peut pas tout faire. Et c'est la tâche que j'aime le moins, c'est de dire non. Ça, ce n'est pas possible ou, ça, c'est de la 3D, ce n'est pas de l'IA... Bertrand D'accord. Donc, d'une certaine manière, ce sont un peu les limites de ce que peuvent faire les outils ? Joséphine Exactement. Après, du coup, ça reste intéressant de se demander si, justement, il y a telle limite à cet outil. Qu'est-ce que je peux proposer ? Comment je peux faire ? Comment je peux contourner pour pouvoir arriver ? Et ça aussi, c'est assez intéressant de chercher des solutions. Bertrand Attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne une directrice artistique spécialisée dans l'IA ? Joséphine Ça peut vraiment varier en fonction des marques, des agences et du secteur. Et puis aussi en fonction de la création d'images ou de la formation. Bertrand Et ça peut aussi varier, j'imagine, en fonction du statut. Si on est indépendante comme toi ou si on est salarié en entreprise ? Joséphine Oui, ça dépend aussi beaucoup du statut. Bertrand Et l'ordre de grandeur, si on veut répondre à la question de ceux qui nous écoutent et qui se disent : J'ai envie de faire ce métier, c'est quoi l'ordre de grandeur ? Joséphine Je pense qu'en agence, ce serait à partir de 60K€ brut annuel. Mais à Paris, par exemple, aux États-Unis, ce serait beaucoup plus. Ça dépend vraiment. Bertrand Joséphine, tu peux nous dire quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever en arrivant dans ce métier ? Joséphine Le plus grand défi, ça a été de me confronter à la peur des gens. Parce qu'il y a beaucoup de gens ou de photographes qui venaient me voir et qui me disaient : Mais moi, j'ai peur de l'IA. J'ai peur que ça remplace mon métier. Mais justement, le défi, ça va être d'éduquer les gens et de leur dire que finalement, c'est quand on essaie l'IA, que les peurs, s'en vont et ça permet, au contraire, de pousser encore plus loin la créativité. Bertrand Ç'est un défi constant ? Tu vois les choses évoluer ou on est toujours un peu dans cette même interrogation des gens sur la peur de leur métier qui disparaît ? Joséphine Les choses évoluent. Beaucoup plus de gens l'intègrent et comprennent que ça reste un outil. Mais c'est encore là. Quand je fais des conférences ou même des formations, il y a toujours des gens qui en ont très peur. Ça va être la question première qui va revenir, ou même en termes de droits d'auteur. Les gens pensent que c'est créé à partir de rien, mais il y a quelqu'un derrière. Bertrand Joséphine, est-ce que tu pourrais nous parler d'un projet sur lequel tu as beaucoup aimé travailler ? Joséphine J'ai beaucoup aimé travailler pour la marque Delsey. C'était un projet où je suis partie à New York faire des images en live. C'était au sein des bureaux de Condé Nast. C'était hyper intéressant parce que les gens venaient me voir et je leur créais une image directement en fonction de leur envie. Ça allait être sur le thème du voyage, puisque Delsey est une marque de valises. L'idée, c'était vraiment de proposer un voyage idéal aux personnes qui venaient me voir. Bertrand Est-ce que tu peux également répondre à une question qui est souvent posée par la communauté du Gagne-Pain. Quelle place a l'anglais dans ton métier ? Est-ce que c'est extrêmement important ? Joséphine C'est extrêmement important parce que pour bien prompter, il vaut mieux prompter en anglais, même s'il y a plein d'IA qui connaissent très bien le français et ça marchera. Dès qu'on veut être précis et un peu pointilleux, il faut en tout cas pouvoir maîtriser l'anglais. Ça, c'est essentiel. Bertrand Donc, ça veut dire qu'il ne faut pas seulement parler anglais, écrire en anglais, il faut très bien écrire pour pouvoir dicter ce qu'on veut à l'IA. Joséphine Je dirais oui, surtout bien écrire. Après, pour communiquer avec des clients internationaux aussi, c'est très important de savoir parler anglais. Bertrand Ok. Dans la création avec de l'IA, on parle souvent d'un dialogue avec des échanges ? On lui pose une première de questions, puis on corrige un peu. Est-ce que là aussi, la précision de l'anglais est cruciale ? Joséphine Pour ce qui est de la création d'images, en général, il y a très peu de dialogue. Mais en tout cas, oui, l'anglais est très important puisque c'est vraiment la manière dont on va prompter et dont il va comprendre ce qu'on va lui demander. Bertrand Ça veut dire que tu améliores au fur et à mesure ton prompt. Ça veut dire que ton prompt, à la fin, il peut faire un paquet de lignes ? Joséphine S'il fait un paquet de lignes, ce n'est pas forcément un bon prompt. Ça veut dire qu'on n'a pas réussi à bien définir son idée. Une idée, elle est justement impactante quand on a les bons mots et le bon prompt. C'est un prompt qui est bien équilibré. Et plus il est court, mieux il est, puisque ça voudra dire qu'on aura su exprimer rapidement son idée et efficacement. C'est un prompt efficace. Bertrand Ok, je reviens à ma question sur l'anglais, ça veut dire qu'on est très précis sur les mots qu'on va utiliser, la précision du langage, évidemment, j'imagine très importante, notamment si on est court. Joséphine Oui, il faut être très précis, parce que sinon, s'il y a des mots en trop, ça va être mal compris et on n'aura pas exactement ce qu'on veut. Bertrand Ça veut dire qu'il faut être, j'imagine, bon en anglais, voire extrêmement bon en anglais pour pouvoir faire ça, non ? Joséphine Oui, il faut être bon en anglais. Bertrand Joséphine, pour ceux qui nous écoutent, qu'est-ce que tu peux dire sur les bonnes formations pour faire ce métier de DA spécialisé en intelligence artificielle ? Joséphine Les bonnes formations pour faire ce métier, je dirais de faire une école de création d'art visuel, par exemple, vraiment axée sur tout ce qui est direction artistique, parce que ça permettra de toucher à tout. Et pour se spécialiser plus en IA, il y a des écoles qui commencent à l'intégrer dans leur parcours. Mais sinon, c'est vraiment de la pratique, s'entraîner et essayer les nouveaux outils ou les outils qui existent déjà. Bertrand Quand on a préparé cette interview, tu as dit : Aimer manier les mots. J'aimais bien cette expression. Qu'est-ce que ça veut dire précisément dans la phrase que tu as prononcée : Aimer manier les mots ? Joséphine Oui, il faut aimer manier les mots, ce qui veut dire avoir une appétence pour le langage et comprendre l'impact que peuvent avoir les mots sur les images. Quand on est DA, c'est important de savoir bien défendre son concept et ses idées. Je pense qu'il faut aimer, dans tous les cas, le langage et encore plus particulièrement dans l'IA. Bertrand Oui, parce que pour l'IA, il va falloir être précis. Un mot peut changer complètement l'image que va te proposer l'IA, donc il faut être aussi extrêmement précis. Et précis, comme on le disait tout à l'heure, souvent aussi en anglais. Donc, c'est quand même une compétence supplémentaire qu'il faut par rapport à la direction artistique classique. Joséphine Oui, complètement. Bertrand Je sais que ce n'est pas facile à imaginer, mais ça veut dire que les mots ont aussi de l'importance en plus du visuel. Joséphine Oui, mais je pense que les deux, dans tous les cas, vivent ensemble. C'est important de pouvoir décrire son visuel. Là, c'est juste de le faire à l'inverse, c'est de le décrire avant de le voir. Bertrand C'est inverser la proposition. C'est une bonne façon de voir les choses. On le décrit d'abord avant de le faire faire par la machine. Est-ce que toi, tu continues à te former ? Et si oui, comment ? Joséphine Oui, je continue à me former tous les jours parce que notamment, il y a des updates tous les jours sur l'IA. Moi, je vais voir sur LinkedIn, je suis des groupes de personnes qui font de l'IA. On échange beaucoup dessus. On va même parfois s'échanger un peu nos contenus de formation pour dire : Tiens, toi, comment tu expliques ça ? Ou il y a ça de nouveau ? Et puis toujours de la pratique. Les meilleures ressources pour se former, c'est de regarder autour de nous et tout ce qui nous entoure. C'est ça qui va vraiment nourrir la créativité, d'aller faire des expositions, de regarder quels sont les grands photographes, les mouvements artistiques, ce qui a marqué l'histoire, de définir un style et des références. C'est vraiment ça qui va être très important. Bertrand Donc c'est une culture d'abord, d'une certaine manière, de ce qu'on aime sur ces sujets ? Joséphine Complètement. Entre deux personnes qui font ce métier-là, on ne fera pas du tout la même chose parce que ce sera vraiment lié à notre culture visuelle, à nos de référence à ce qu'on aime aussi. Bertrand Joséphine, quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier de directeur artistique ou directrice artistique spécialisée en IA ? Joséphine Mes conseils, ce serait du travail, de la persévérance et surtout se tenir au courant de tout ce qui se passe en IA et des évolutions. Bertrand Donc, on en revient sur la veille dont tu parlais déjà tout à l'heure. Joséphine Oui, c'est ça. Bertrand Ok. Dans les questions, pour terminer cette interview, il y a une question qui nous a été qui a été proposée par Emeline et que je trouve intéressante de réutiliser pour cette interview, et c'est : qu'est-ce qui donne du sens à ton travail aujourd'hui ? Joséphine Ce qui donne du sens à mon travail aujourd'hui, ça va vraiment être justement l'innovation l'idée qu'on est dans quelque chose de nouveau et qu'on peut aller plus loin, de repousser les limites du possible en termes de créativité. Bertrand Ça, c'est le sens, c'est-à-dire le sens, c'est d'aller chercher plus loin encore, aller derrière ce qu'on peut voir aujourd'hui pour trouver des choses invisibles. Joséphine Oui, de proposer des choses nouvelles. Tout est encore à créer. On est vraiment dans un métier qui est tout nouveau et dans des outils qui sont nouveaux. C'est ça qui est le plus intéressant pour moi. Bertrand Et toi, quelles sont les évolutions que tu envisages dans ton métier ? Est-ce qu'il y a des choses déjà sur lesquelles tu travailles pour faire évoluer ton métier ? Joséphine Essayer de travailler dans d'autres secteurs. Là, en ce moment, je travaille sur du jeu vidéo pour un tournage. C'est assez chouette de pouvoir créer des univers très différents. Là, tout ce qui est gaming, moi, je connais moins et ça me permet d'aller explorer d'autres choses. Bertrand Ok. Pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient prolonger la discussion avec toi, comment ils peuvent faire ? Comment est-ce qu'ils peuvent entrer en contact avec toi ? Joséphine Ils peuvent me contacter via mes réseaux, que ce soit sur mdjstudio Ou bien sur mon Instagram, ou bien sur LinkedIn, à Joséphine Peters Bertrand Ok, on mettra tous ces liens dans les commentaires du podcast. Joséphine, merci beaucoup. Joséphine Merci Bertrand. ### Data Scientist - Lorélie MANI Parcours, missions et salaire du Data Scientist : tout savoir sur le métier avec Lorélie MANI Data Scientist Salaire Entre 40 000 et 45 000€ brut/an en sortie d’école, évolutif selon l’expérience. Data Scientist Formation École d’ingénieur (maths), ou école de commerce + compétences en code (Python), certif. IBM, Coursera ou Google Cloud. Data Scientist c’est quoi Analyse, modélisation et automatisation de gros volumes de données pour prédire et optimiser. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Lorélie MANI –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de data scientist Bertrand Lorélie est Data Scientist chez Rakuten, un métier extrêmement intéressant que la communauté du Gagne-Pain nous a beaucoup demandé. Mais d'abord, j'aimerais d'abord que tu te décrives en quelques mots. Lorélie Je m'appelle Lorélie, j'ai 30 ans, je viens de Paris où j'ai fait la majorité de ma scolarité. J'ai eu mon bac S en 2009. Après, j'ai enchaîné sur une classe préparatoire aux écoles de commerce avant de faire une école de commerce. Bertrand Lorélie, peux-tu tu nous décrire ton parcours professionnel avant l'entreprise dans laquelle tu travailles aujourd'hui? Lorélie J'ai eu un parcours qui est très orienté data. Très tôt, j'ai commencé par un stage chez Canal+ aux études d'audience. Ensuite, j'ai fait une alternance chez BearingPoint en tant que Business Analyst. BearingPoint, c'est un cabinet de conseil. Après, j'ai eu une première expérience en CDI dans un cabinet de conseil en tant que business analyst aussi, puis en tant que data analyste marketing chez Google. Puis à mon compte. Bertrand OK, bravo, beau parcours. Est ce que tu peux nous dire maintenant dans quelle entreprise du travail et quel métier tu exerces ? Lorélie Aujourd'hui, Je suis data scientist chez Rakuten sur des sujets essentiellement marketing et business, depuis à peu près un an. Rakuten, c'est une entreprise japonaise qui a été fondée en 1997, qui est présente dans 30 pays avec 80 services différents qui vont de la fintech à la télécommunication en passant par une plateforme e-commerce orientée économie circulaire, service sur lequel je suis plus particulièrement impliqué. Bertrand Et donc, tu es data scientist chez Rakuten. Ça veut dire que tu gères quel type de données, quels types de services aujourd'hui ? Je suis sur la market place, donc mon rôle va être essentiellement de m'occuper de sujets marketing et de répondre à des questions business & marketing. Donc, est ce que les clients vont revenir sur notre plateforme? Est ce qu'une annonce va convertir ou pas? C'est des sujets qui sont plus particulièrement dans mon quotidien. Bertrand Market Place, pour ceux qui nous écoutent, c'est l'endroit où des commerçants peuvent vendre des produits chez Rakuten, Lorélie Des commerçants, mais aussi des particuliers. C'est quand même une grosse partie de notre activité. En fait, vous comme moi pouvons déposer une annonce pour aller vendre le livre que nous avons lu et dont on ne sait plus vraiment quoi faire. Bertrand Lorélie, est ce que tu peux décrire les missions quotidiennes d'un data scientist chez Rakuten? Lorélie Alors, j'ai trois missions principales. La première, ça va être de l'analyse de données. La deuxième, ça va être de l'automatisation et la troisième, ça va être de la modélisation. Donc, sur l'analyse de données, ça va être de l'analyse de données, de gros volumes. On parle de plusieurs millions de lignes, en fait, pour ceux qui en font un peu d'Excel. Donc, c'est avec des outils qui ne sont pas forcément les outils utilisés par des data analyst. Lorélie Et l'idée, c'est d'avoir un petit peu une image de ce que fait Rakuten. Comment se porte l'activité des problèmes qu'on peut éventuellement rencontrer. Sur la partie automatisation, je vais aller aider mes collègues à automatiser les tâches qui sont un peu redondantes en utilisant le code et donc créer en fait ce qu'on appelle des scripts pour pouvoir les aider dans leur quotidien. Bertrand Et là, c'est Python un peu la base ? Lorélie et là, c'est Python ! Bertrand Et la troisième, c'est la modélisation. Donc, c'est surtout un peu le cœur de la data science. C'est vraiment pouvoir utiliser des mathématiques pour pouvoir faire ce qu'on appelle des prédictions sur différents sujets. Bertrand Et donc là, on est un peu au cœur de ce qui nous intéresse et je pense qu'il intéresse la communauté du Gagne-Pain. C'est cette différence qui peut exister entre le métier de data analyst qu'on a déjà interviewé au sein du Gagne-Pain et le métier de data scientist. Je veux bien qu'on revienne sur cette différence. Quels sont les traits communs de ces deux métiers? Puis après, on verra quelles sont les différences. Lorélie Il y a un trait commun qui est qui est l'analyse de données. Les deux métiers vont faire du traitement de données et de l'analyse de données, parfois sur des gros volumes pour les deux. Mais la vraie différence, ça va être sur l'objectif de cette analyse de données et les outils qu'on va utiliser pour pouvoir faire ça. Bertrand L'analyse, il y a donc ce premier trait commun entre les deux métiers. Est ce que tu peux quand même expliquer les différences entre l'analyse pour un data analyste et l'analyse pour un data scientist ? Lorélie Alors le data analyst va s'occuper de problématiques qui vont être dans le passé dans le présent. Dans le passé, ça va être un peu voir ce qui s'est passé sur notre plate forme. Comment se sont comportés les clients? Quelles ont été les différents achats qui ont pu être faits. Et dans le présent, ça va être plutôt ce qu'on appelle du reporting. Donc, s'assurer au quotidien que tout va bien qu'on et bien sur nos objectifs. Bertrand Si je fais une analogie, il conduit une voiture et regarde dans le rétroviseur pour savoir ce qui se passe et y conduit sa voiture pour quelle se comporte bien sur la route. Lorélie Exactement, pour reprendre ton analogie, le data scientist il va plutôt analyser où est ce qu'on va et dire et dire comment on peut y aller le plus vite possible et le plus rapidement possible. Bertrand C'est une sorte de Waze, il va utiliser toutes les données non pas seulement pour faire le présent, mais aussi pour préparer l'avenir. Lorélie Exactement. Bertrand OK, c'est très clair. Après, tu as dit qu'il y avait des différences entre data analyst et data scientist sur la partie outils utilisés. Est ce que tu peux revenir là dessus? Lorélie Alors les data analyst vont plutôt être sur des outils d'analyse, donc ça peut être de l'Excel ou ça peut être du code pour pour certains analystes, et la data analyst que vous avez reçue lors du premier épisode parlait de SQL et de Python, qui sont les deux outils principaux qu'elle utilise. Donc, c'est vraiment des choses qui vont être utilisées par des data analysts. On va aussi avoir des outils de visualisation, des chiffres donc, comme tableaux, etc... qui vont faire partie du quotidien de Data Analyst. Moi, mes outils au quotidien en tant que data scientist, ça va être des outils qu'on connait plus globalement sous le nom d'intelligence artificielle. Je pense que tout le monde a au moins entendu ce terme là. Bertrand Pour reprendre l'idée de Waze, on va se servir de ces informations pour prédire des choses, prédire le temps d'arrivée, prédire le bon parcours, prédire le bon comportement... Lorélie Exactement le Waze et est un outil d'intelligence artificielle. Donc ça, c'est ce que j'utilise au quotidien. Et concrètement, ce qu'il y a derrière ce terme, c'est des mathématiques, c'est des équations mathématiques qui vont pouvoir nous aider à faire des prédictions derrière. Et ça, c'est mon outil principal. Bertrand On parle de machine learning, on parle de deep learning. Est ce que tu peux expliquer cette terminologie? Qu'est ce que ça veut dire concrètement? Lorélie Alors, le machine learning, c'est concrètement des équations mathématiques qui vont se comporter en tant que modèle. C'est à dire que l'idée, c'est de pouvoir appliquer ces équations mathématiques à des problématiques concrètes et de pouvoir en tant que data scientist, les optimiser pour avoir des modèles qui collent le plus à ce qu'on attend. Le deep learning, c'est ce que ça va être, c'est une sous catégorie du machine learning, et ça va être en fait ce qu'on appelle un réseau de neurones. Lorélie Par exemple, quand vous voyez un objet devant vous, vous avez soif, vous voyez un verre d'eau devant vous. Votre cerveau va avoir plusieurs actions. Il va prendre toutes les données de la distance du verre d'eau à votre main, du chemin de la main la plus proche du verre d'eau et de comment apporter le verre d'eau à sa bouche pour pouvoir boire et donc ne plus avoir soif. Ça va être en fait différentes connexions de neurones qui vont se faire dans votre cerveau sur différentes applications et qui vont en fait marcher ensemble vers un but commun qui est boire ce verre d'eau. Et c'est ce que va faire le deep learning, c'est un réseau de neurones. Bertrand C'est ce que tu fais pour Rakuten. C'est essayer de faire en sorte que plus personne n'ait soif. Lorélie Exactement ! Bertrand Quand ils voient un produit qui les intéresse, quand il y a quelque chose d'intéressant à acheter, quand on veut essayer de montrer la diversité des produits qui sont présents Lorélie Exactement Bertrand Excellent, ça me semble très clair. On parlait de language aussi. Moi, je vois dans les échanges qu'on a eus, on a parlé de Python, de R, de SQL. Ça, c'est des outils que, et le data analyst, et le data scientist utilisent. Lorélie Exactement, je pense que ce qui va diverger, ça va être le pourcentage d'utilisation des langages en tant que data analyst et en tant que data scientist. Moi, en tant que data scientist, mes principaux langages, ça va être Python. Python, c'est 90% de mon temps. SQL c'est vraiment juste pour faire de l'extraction de données chez moi, donc ça va être plutôt 10%. Là où un data analyst va avoir un ratio beaucoup plus important de SQL que de mien. Bertrand Et chez les data scientist Excel, ça n'existe pas? Lorélie Non, Bertrand C'est trop petit ? Lorélie On n'aime pas trop Excel... Bertrand Lorélie, Attention QGP, La question Gagne-Pain. Est ce que tu peux me dire combien ça gagne un data scientist ? Lorélie Alors en sortie d'école, un data scientist va gagner entre 40 000 et 45 000€ brut et ensuite, les salaires vont beaucoup évolué en fonction du type de data scientist, de la technicité, du type d'entreprise et aussi s'il y a du management ou pas dans le poste. Donc, c'est plus difficile de donner une fourchette à 2 ans ou 5ans. Bertrand Est-ce qu'il y a est une partie variable et une partie incentive. Dans ce métier, on est incentivé sur les résultats qu'on obtient ? Lorélie Alors potentiellement, moi, je le suis, par exemple, mais tout le monde ne l'est pas. C'est un peu plus difficile d'identifier sur des résultats pour ce métier là. Bertrand Pourquoi est ce que tu as choisi Lorélie, ce métier de data scientist, c'était quoi le rationnel derrière tout ça, c'est forcément rationnel pour un data scientist ? Lorélie Ça a été très rationnel et ça s'est fait par étapes. J'ai d'abord été business analyst et en tant que business analyst, j'utilisais justement beaucoup Excel. J'ai été frustré par l'idée de ne pas pouvoir utiliser et travailler avec autant de données que je voulais. Donc j'ai appris à coder pour pouvoir justement avoir à gérer un plus gros volume de données et je suis donc devenu data analyst. Et une fois que je suis devenue Data Analyst et que j'ai commencé à apprendre à coder, je suis tombé dans le machine learning. J'ai adoré et donc, du coup, j'ai décidé de faire le pas vers vers la data science. Et c'est comme ça que j'ai évolué vers ce métier. Bertrand Est ce qu'on peut essayer de donner une sorte d'échelle du nombre de données, du volume de données qu'on peut utiliser quand on devient data scientist? On parle de combien de lignes sur Excel qui deviennent insuffisantes et qui permettent de passer à des étapes supplémentaires? Est ce que ça chiffrable ? Lorélie Je pense pour Excel, on va commencer à avoir des problèmes de manipulation à peu près, on va dire 20.000, voire 100.000 lignes. Pour moi, 100.000 lignes, c'est rien du tout aujourd'hui. Bertrand Ca veut dire qu'on est vraiment déjà des données incroyablement importantes en volume. Lorélie On pourrait, j'exagère mais c'est un chiffre qui est plus proche de l'infini que de 100 000... Bertrand Donc, pour tout ça, il faut des compétences forcément. Pour le métier de data scientist. C'est quoi les compétences requises pour le job? Lorélie La première, ça va être les mathématiques. La deuxième, ça va être le code et enfin la troisième compétence qui est un peu en option, mais qui, en plus, est une compétence métier. En fait, bien comprendre le métier. Bertrand C'est à dire que pour pouvoir prédire, il faut quand même comprendre de quoi on parle. Lorélie Exactement. Bertrand Donc, il y a quand même une notion de métier. On n'est pas data scientist hors sol, on est data scientist dans une entreprise qui répond à des questions, qui trouvent des solutions pour répondre à des questions. Et dans ses différentes composantes. Comment tu les matérialise? On a dit mathématiques, donc mathématiques ça veut dire ça veut dire quoi concrètement aux mathématiques? Lorélie Comme je le disais tout à l'heure en l'intelligence artificielle, c'est des maths et des équations mathématiques. Donc l'idée, c'est soit pour les data scientist qui sont plutôt dans la recherche de pouvoir matérialiser ces mathématiques. Écrire ces équations et pouvoir créer de nouveaux modèles mathématiques à appliquer sur des problématiques business. Ou alors, il faut au moins comprendre, et c'est plus mon cas. Comprendre ce qui se passe derrière chaque modèle, quels sont les types d'équations qu'elles sont fait, les mécaniques derrière mathématique derrière chaque modèle. Parce que c'est ça qui va me permettre d'optimiser mon modèle ou de bien savoir quel est le modèle qui va le mieux s'appliquer à une problématique donnée. Bertrand Est ce qu'on est déjà en train de parler d'algorithme quand on parle de ça ? C'est une question là aussi qui revient souvent parmi la communauté du Gagne-Pain. Lorélie Complètement, en fait, un modèle, c'est un algorithme ! Bertrand Donc, ça veut dire que le modèle mathématique se concrétise par un mot qu'on entend tout, qu'on connait tous ce qui est un algorithme Lorélie exactement, c'est tout à fait ça. Bertrand Est ce qu'il y a une différence entre ce que tu imaginais en tant que métier de data science avant de le faire et ce que tu fais vraiment? Lorélie Il y a une petite différence qui est sur le temps passé à la modélisation. J'imaginais que ça allait être quand même la majorité de mon temps et en fait, ça reste que 10% de ce que je fais, le reste étant du traitement de données. Faire en sorte que la donnée puisse justement être utilisable pour un modèle. Bertrand Ca veut dire que de temps en temps, tu sors de ton ordinateur ou c'est quand même une grande partie de la journée collée à l'ordinateur? Lorélie J'ai une grande partie de la journée collée à mon ordinateur. Bertrand Et ça arrive d'en sortir un peu pour justement comprendre ce qui se passe dans l'entreprise et savoir que les modèles vont être efficaces pour l'entreprise, pour les gens avec qui tu travailles. Lorélie Alors, avant chaque lancement de projet, on fait quand même des réunions avec les personnes qui sont impliquées dans ces projets. Si, par exemple, c'est un projet plutôt orienté client. Je vais aller voir l'équipe qui est en charge de la fidélisation client pour comprendre quelles sont leurs problématiques, pour comprendre qu'elles sont un peu leurs nœuds et pour voir, en fait là où moi, je peux les aider plus particulièrement. Donc, il y a quand même un gros passage qu'on peut appeler Audit. Qui est moi me parle parce que j'ai fait du conseil avant de compréhension des différents mécanismes métiers et comment ça peut impacter ma modélisation derrière. Bertrand C'est sur ca que tu vas déposer les modèles sur la compréhension du métier sur lequel tu vas travailler. Alors, en tant que data scientist, on fait quand même des erreurs. Est ce que tu peux nous dire quelle a été l'erreur dont tu te souviens, qui a marquée un peu dans ton métier? Lorélie Alors c'était une erreur, quand j'ai fait mon premier stage chez Canal+ où, en fait, j'ai créé une dispute entre deux services parce que je ne me suis pas relue. Après, après avoir sorti des chiffres et donc j'ai vraiment créé une petite dispute entre ces deux services par inattention. Bertrand Donc, tu te relis maintenant. Lorélie Maintenant, je me relis Bertrand Tu as des algorithmes pour relire ce que tu fais ou pas? Lorélie Pas encore, mais c'est une bonne idée. Je vais travailler là dessus. Bertrand Y a t il une journée type et quelle est la journée type d'un date scientist? Lorélie Alors non, il n'y a pas forcément de journée type et c'est aussi pour ça que j'aime ce métier. J'ai pas 2 jours qui se ressemble. Ça va dépendre de l'état de mes projets et ça va dépendre du besoin présentement. Bertrand Il y a une question qui revient souvent dans la communauté du Gagne-Pain pour les jeunes qui nous écoutent et qui veulent choisir leur métier dans le digital. C'est l'utilisation de l'anglais. Et quelle est l'utilisation de l'anglais chez Rakuten quand on est data scientist? Lorélie On a deux utilisations. La première, c'est, on va dire, une utilisation communautaire et la deuxième, ça va être une utilisation d'entreprise, parce que chez Rakuten, on est uniquement en anglais. Donc tous nos échanges, quasiment tous mes échanges se font en anglais. Mais pour revenir plus sur l'aspect communautaire, le métier de data scientist et les métiers de la data en général se caractérise par une communauté très soudée qui échangent beaucoup sur certains forums et le langage en fait d'échanges principal, c'est l'anglais. Donc, l'idée est quand même de le comprendre et de pouvoir et de pouvoir échanger quelques mots en anglais. Bertrand l'Anglais, c'est un peu la langue maternelle du data scientist. Lorélie Sans aller jusqu'à la langue maternelle, on peut très bien comprendre et pas forcément le parler. Mais en tout cas, c'est une langue clée pour le data scientist. Bertrand Quelles sont les bonnes formations pour devenir data scientist? Et toi? Est ce que tu continues à se former régulièrement? Lorélie Alors moi, j'ai pas forcément un parcours typique de data scientist puisqu'on retrouve plutôt des profils d'ingénieurs dans ces métiers là. Parce qu'il y a quand même une grosse propension aux mathématiques. Et donc, c'est plutôt ces profils qu'on va retrouver. Mais tous les chemins mènent à Rome. Et aujourd'hui, à avoir un profil un peu plus business ça m'aide au quotidien, donc je ne peux que conseiller de passer par ce chemin là pour ceux qui sont intéressés. Bertrand Donc, pour résumer, ça peut être soit un parcours qui vient d'une école d'ingénieur, soit un parcours qui vient d'une école de commerce? Lorélie Oui, ou un parcours qui est très axé mathématiques... Très axé mathématiques, commerce, mais mathématiques, forcément, si on veut y arriver. Lorélie Exactement. Bertrand Et toi, est ce que tu continues à former? Comment ça se passe? On continue à se former en permanence, comme dans beaucoup de métiers dans le métier de data scientist. Lorélie Ce qui est génial aussi avec mon métier, c'est que le métier que je fais aujourd'hui, ce sera pas le même que dans six mois ou dans deux ans, parce que c'est un métier qui est en constante évolution. Donc, je suis toujours obligé de mettre à jour. Et pour ça, il y a plusieurs moyens. Il y a beaucoup de vidéos sur Internet, il y a beaucoup de certifications. Mais j'ai aussi la chance de travailler avec d'excellents data scientist chez Rakuten, qui me partagent leurs avancées et ce qu'on appelle leur best practices, ce qui me permet de continuer à me former continuellement. Bertrand On parlait de certifications professionnelles. Est ce que tu peux revenir un peu là dessus et nous expliquer quelles sont les certifications professionnelles qui sont utiles pour être data scientist? Lorélie Alors, il y en a énormément sur le marché. Ça va dépendre du niveau de base, ça va dépendre des attentes, ça va dépendre de plein de choses. Bertrand Si tu devais en choisir trois Lorélie Moi, celle j'aime bien c'est celle d'IBM qui est vraiment pour les débutants de la data science, donc pour ceux qui n'ont pas forcément de connaissances préalables. Je trouve que c'est une formation qui est très intéressante. Bertrand IBM Data Science Professional Certification, c'est la première, Lorélie La deuxième, ça va être pour ceux qui ont déjà un petit peu plus de bouteille en data science qui veulent se focaliser sur le deep learning. Il y a un cours de deep learning sur Coursera qui est particulièrement bien fait. Je ne peux que conseiller aussi. Bertrand D'accord, ça, c'est la deuxième et il y en avait une troisième ? Lorélie Et la troisième. Ça va être une certification Google Cloud puisque en tant que data scientist, on utilise beaucoup le cloud. Bertrand c'est a dire qu'on met ces données dans les nuages... Lorélie On met ses données dans les nuages et on fait tourner ces modèles dans les nuages aussi. Donc, on a beaucoup la tête dans les nuages et la certification Google Cloud nous aide à naviguer. Bertrand Lorélie c'est quoi le mode de vie d'un data scientist? Ou plutôt comment est ce qu'on travaille à distance, au bureau, quand on est data scientist? Lorélie Alors, on peut complètement travailler 100% à distance. Tout est fait dans ce métier, c'est du digital, donc tout est fait pour pouvoir travailler à distance si on le souhaite. Moi, personnellement, j'aime bien l'idée un peu hybride. Parce que ça me permet d'être à côté d'équipes métiers et donc, du coup, d'être au plus proche des problématiques sur lesquelles je travaille. Mais tout est envisageable avec ce métier. Bertrand Y compris quand on manipule des volumes de données considérables, on peut faire ça depuis chez soi? Lorélie De toute façon, tout est dans les nuages. Tout est dans le cloud, donc on peut faire ça... Bertrand On a rien sur son ordinateur? Lorélie Exact, on n'a rien sur son ordinateur! Bertrand Lorélie, quels seraient tes conseils pour ceux et celles qui nous écoutent et qui voudrait devenir data scientist. Lorélie Tout d'abord, lancez vous parce que c'est de mon point de vue très objectif, le plus beau métier du monde. Donc, lancez vous et plus sérieusement, c'est un métier qui paraît un peu une montagne parce qu'il faut apprendre le code, il faut parfois se remettre en math, etc. Mais c'est aussi un métier où on a des petites récompenses assez rapidement parce qu'avec deux ou trois lignes de code, on peut faire des choses assez chouettes. Donc, lancez vous ! Bertrand Donc, il faut quand même dans tes conseils tester son aptitude à faire du code, tester son aptitude aux mathématiques. Faut pas être hermétique à tout ça si on veut se lancer? Lorélie Oui, c'est une évidence, parce que c'est quand même 100% de mon temps, le code et les maths. Donc si c'est pas forcément ce qui nous botte, ça peut être un petit peu plus compliqué... Bertrand Est ce que tu pourrais conseiller à ceux qui nous écoutent des films, des séries, des livres, des podcasts sur ce métier de data scientist? Et comment l'approcher un peu avec de la culture Lorélie Pour l'intelligence artificielle, c'est quelque chose qui fascine un peu l'industrie du film et des livres, donc quand même beaucoup de films autour de ça. Moi, personnellement, j'ai deux films que j'aime beaucoup. Le premier qui s'appelle The Imitation Game, qui est sur Alan Turing, qui est en fait le père du machine learning puisqu'il a créé une machine à sous l'Allemagne nazie pour décrypter les messages secrets que sont envoyés les Allemands. Bertrand Très beau film, très intéressant Lorélie Avec Benedict Cumberbatch... Bertrand Très bien, et le deuxième film? Lorélie Le deuxième film, c'est Le stratège en français et Moneyball en anglais, avec Brad Pitt, donc aussi un très, très beau cast qui qui parle de baseball et surtout de l'utilisation de statistiques pour améliorer ses performances et pour aller beaucoup plus loin dans le jeu. Les statistiques qui font partie de la grande famille de la data science. Mais. Mais on pourrait aussi imaginer des modèles de machine learning pour être encore plus pertinents, finalement. Bertrand C'est très bien ces deux exemples. On est assez loin de l'image de l'intelligence artificielle. On est assez concret dans ces deux exemples. En conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter encore une fois pour aider ceux qui nous écoutent et qui auraient envie de devenir data scientist? Lorélie Mais encore une fois, lancez-vous vous, c'est le plus beau métier du monde. Donc allez y. Bertrand Ça donne envie! Franchement, si j'avais le choix, peut être que je ferais ce choix en écoutant tes conseils. Est ce qu'il y a des évolutions possibles? Et quelles sont les évolutions que tu envisages aujourd'hui dans ce métier? Lorélie Pour moi, il y a un peu deux évolutions sur ce métier. Il y a une évolution qui sera plutôt technique, donc aller plus loin dans mes compétences techniques et on peut toujours aller plus loin dans nos compétences techniques avec ce métier-là là. Et la deuxième, ce serait plutôt une évolution managériale. En conséquence, avoir une équipe de data scientists ou d'experts de la donnée avec qui travailler. Bertrand Excellent Lorélie. Merci. ### Atelier Accessibilité Numérique - Fabienne Latxague Les enjeux de l’accessibilité numérique et de l’inclusion dans les métiers du digital Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Fabienne Latxague –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier d’Atelier Accessibilité Numérique Bertrand Merci Fabienne d'avoir accepté notre invitation. Fabienne Latxague est Head of UX chez UserADgents, une agence digitale mobile first. Fabienne a piloté un guide pratique sur l'Accessibilité Numérique. Comment rendre vos sites Web et vos applications accessibles au plus grand nombre ? Un guide très complet publié en mars 2025. Fabienne est donc bien placée pour répondre à nos questions concernant l'Accessibilité Numérique. Mais avant ça, est-ce que tu voudrais te présenter en quelques mots ? Fabienne Oui, merci Bertrand pour cette invitation. En quelques mots et pour faire un lien avec l'accessibilité, j'aime bien dire que finalement, je suis né dedans puisque je l'ai rencontré chez Apple, dans mon premier job. Chez Apple, dans les années 90, c'était l'intuitivité des interfaces. A l'époque, on disait que "c'était la machine qui devait s'adapter à l'homme et non l'homme à la machine". Donc ça m'a marqué dans ces premières années de carrière. Après, j'ai travaillé chez SFR sur des premiers services sur téléphone mobile. Et puis dans diverses sociétés, jusqu'à aujourd'hui, et intégrer UserAdgents. Et ça fait 10 ans que je travaille dans cette agence. Finalement, ce qui m'a animé depuis le début, c'est de travailler sur des interfaces et des services qui soient faciles à utiliser, accessibles pour le plus grand nombre, pour des services qui soient utiles. C'est ça qui fait le lien, finalement, avec notre discussion d'aujourd'hui. Bertrand Merci Fabienne. L'atelier du Gagne-Pain a pour objectif de proposer des conseils pour trouver un job et construire sa carrière dans le digital. Comme discuté pour préparer cet entretien, j'aimerais t'interroger sur l'Accessibilité Numérique, notamment sous l'angle de l'impact sur les métiers. Si tu en es d'accord, on pourrait commencer notre entretien avec un certain nombre de thèmes. C'est quoi l'Accessibilité Numérique ? Quel est le cadre réglementaire de l'Accessibilité Numérique ? Comment expliquer des recommandations utiles pour ceux qui nous écoutent et comment s'y mettre concrètement ? Si ça te va, on peut commencer par, c'est quoi l'Accessibilité Numérique ? Fabienne Oui, c'est important de commencer par ça parce que l'accessibilité, ce n'est pas nouveau du tout. C'est aussi vieux que le Web et ça en est même un principe fondateur. L'idée de l'accessibilité, c'est que les services en ligne soient utilisables par tous, quel que soit l'équipement, tes capacités ou le contexte dans lequel tu te trouves. Et ça, dès le début, finalement, c'est né avec le Web. Dès le début, ça s'est traduit par des normes. Des normes qui ont été rédigées par les gens du MIT. Et c'est ça qu'on appelle le WCAG, les Web Content Accessibility Guidelines. Bertrand D'accord. Et donc ça, ça régit globalement la façon dont on crée un site Web. Et puis plus tard, comment on crée une application mobile ? Fabienne Oui, en tout cas les critères d'accessibilité à respecter pour que ces services soient en effet utilisables par tout le monde. Donc, tu as eu ce WCAG qui a été finalement cette norme internationale avec des niveaux, le A, le AA, le triple A. Et en France, on a adapté ça avec le RGAA, le Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité. L'idée, c'était d'avoir un référentiel qui facilite la recette des services pour vérifier qu'en effet, il respectait bien ces critères à l'origine. Bertrand D'accord. Toutes ces règles ont aussi pour but de s'adresser à tout le monde. Ça veut dire y compris aux personnes qui ont des handicaps ? Fabienne C'est ça. Ce qui est intéressant de voir, c'est qu'il y a effectivement les handicaps qui sont visés. Là, on sait les quatre grands types de handicaps : Les handicaps visuels, moteurs, auditifs, cognitifs. Donc cognitifs, pour tout ce qui est lié à la compréhension, à la mémorisation, à la concentration. Mais ce qui est moins évident, c'est de penser qu'on ne parle pas seulement des handicaps : On parle des situations de handicap. Et là, les situations de handicap, elles peuvent être permanentes, effectivement, pour les personnes qui sont malvoyantes, pour des personnes qui sont sourdes ou dyslexiques, par exemple. Mais elles peuvent être aussi temporaires. Et temporaires, ça touche tout le monde. Quand on a une infection dans l'œil, c'est temporaire. Bertrand Quand on a le bras dans le plâtre ? Fabienne Exactement, ça ne va pas durer toute la vie. On peut être dans un contexte avec une lumière très, très forte et que l'on essaye de regarder son téléphone. Parfois, on n'y voit rien à cause du soleil. Ou alors, dans le métro et on n'a pas ses écouteurs. Ca peut être l'écran de ton téléphone qui est cassé. Ou alors si tu as une mauvaise connexion Internet. Donc, en fait, ce sont des situations aussi de handicap. Ce n'est pas seulement les handicaps permanents. Et c'est pour ça que finalement, ces règles, ces critères d'accessibilité, elles touchent tout le monde. On a l'habitude de dire que tu as à peu près un quart de la population qui est touchée par des handicaps lourds, des déficiences lourdes. Mais si tu l'étends aux situations de handicap, finalement, tout le monde, à un moment donné, peut être touché par l'accessibilité ou être concerné par l'accessibilité. Bertrand Maintenant, quand on regarde les entreprises qui sont confrontées à ces situations de handicap, que font-elles aujourd'hui ? Fabienne Ça dépend des entreprises. Certaines sont mobilisées et d'autres non. En tout cas, jusqu'à fin juin 2025, certaines pouvaient considérer que ce n'était pas leur sujet. Il y avait cette notion de situation de handicap qu'elles n'avaient pas forcément en tête. Il y a deux chiffres, qu'on a d'ailleurs mis dans notre Guide pratique sur l’accessibilité numérique, qu'on a publié en mars. Il y a moins de 1% des sites qui étaient réellement accessibles en 2023. Bertrand C'est très peu... Fabienne Très, très peu. Et début 2025, il y avait 68% des gros acteurs du e-commerce qui n'avaient toujours pas de site accessible. Bertrand D'accord. Donc, il y a beaucoup de travail et il y a aussi beaucoup de travail pour des acteurs comme vous pour accompagner ces marques et faire en sorte qu'ils soient plus accessibles. Fabienne Oui, et l'accompagnement, finalement, il se fait en deux temps. Il se fait par des acteurs comme nous qui accompagnons les marques d'un point de vue transversal sur tous les sujets. Et l'accompagnement, il peut aussi se faire par des sociétés spécialisées. Et nous, on travaille vraiment main dans la main avec ces sociétés expertes comme Urbilog, comme IPedis ou Access42. Et c'est aussi pour ça qu'on a fait ce guide, parce que fin juin 2025, il se passait quelque chose... Bertrand On va y revenir. Deuxième partie de notre entretien, le cadre réglementaire et les changements en juin 2025. Quelle est la réglementation sur ces sujets aujourd'hui ? Fabienne Il y a le Cadre européen, donc European Accessibility Act, qui oblige à rendre accessibles les sites et les applications. Et comme je le disais tout à l'heure, en France, on s'est basé sur le RGAA. Donc, on avait une obligation d'accessibilité qui ne concernait que le secteur public et les entreprises de plus de 250 millions de chiffres d'affaires. Bertrand Ça, c'était la réglementation française telle qu'elle était avant juin 2025 ? Fabienne Oui et depuis le 28 juin 2025, cette obligation s'est étendue aux entreprises du secteur privé. Et finalement un peu à toutes les entreprises, car ça concerne les entreprises qui ont plus de 10 salariés avec un chiffre d'affaires de plus de 2 millions d'euros. Et pour tous les nouveaux services. C'est une notion intéressante parce que les nouveaux services qui sont mis en ligne après cette date du 28 juin, mais ça peut être aussi les refontes de services existants. Donc, il ne faut pas penser qu'une mise à jour en profondeur d'un service qui existe depuis deux, trois ans ne serait pas concerné par cette nouvelle réglementation. Bertrand Donc, notre interview tombe à point nommé, parce qu'évidemment, c'est un cadre très important et ça contraint les entreprises à faire plus d'efforts sur l'accessibilité de leurs services ? Fabienne Oui, et en tout cas, ça les contraint à vraiment prendre conscience parce que finalement, pour être en conformité, il suffit de publier une déclaration d'accessibilité avec un niveau de conformité. Donc, il faut auditer son site ou son application. Il faut simplement publier le fait que l'on n'est pas conforme, partiellement conforme ou totalement conforme. Et surtout publier un plan d'action sur plusieurs années qui montre la façon dont on va améliorer l'accessibilité de son service. Bertrand Quelles sont les contraintes ? Fabienne Les contraintes, c'est une amende de 25 000 € pour les entreprises et qui se répète tous les six mois, si rien n'est fait. Mais je dirais que c'est presque plus symbolique, parce que finalement, l vrai sujet, c'est de laisser de côté un quart de son audience si on ne traite pas l'accessibilité. Alors que dans le e-commerce, on cherche à gagner un dixième de point de conversion. Donc, ce n'est pas logique de ne pas commencer par ça. Finalement, la pénalité que l'on s'auto-inflige en ne respectant pas l'accessibilité, c'est d'être moins performant, en termes d'usabilité et en termes de SEO. Bertrand Ça a un impact sur le SEO ? Fabienne Oui, bien sûr. Parce que tu as tous les labels qui doivent être mis pour que les images soient lues par les lecteurs d'écran. Ces labels, ils sont aussi reconnus par les moteurs de recherche. Bertrand Donc, Google fait un travail là-dessus pour améliorer l'accessibilité ? Fabienne Oui, tout ce qui est dans le code sert à être mieux indexé. Et puis, au final, la plus grosse amende que tu as, c'est une amende en termes d'images de marques. Il suffit que ton site ne soit pas accessible et que tu aies une association de personnes en situation de handicap qui commence à faire un recours. Et là, ça coûte beaucoup plus que 25 000 € en termes d'images de marque. Bertrand Je comprends. La troisième partie de notre entretien, ce sont tes recommandations pour bien comprendre l'impact de l'accessibilité dans les métiers du numérique. Qu'as-tu comme recommandation à faire ? Fabienne Oui, alors moi, je dirais, il y a effectivement les gens qui ont fait leur métier de l'accessibilité. Mais tous ceux qui travaillent dans le numérique sont concernés. Les Designers, les Développeurs, les Product Managers, les Chefs de Projets. Donc, tout le monde est concerné par l'accessibilité et tout le monde doit maîtriser au moins les bases de l'accessibilité. Et quand on parle d'accessibilité, ça va même au-delà. On peut étendre ça au RGPD pour le respect de la vie privée et à l'éco-conception. Bertrand J'ajoute juste qu'effectivement, ces sujets, on les a déjà traités dans le podcast. Donc, si les gens sont intéressés par ces sujets-là, tout ce qui concerne le RGPD et l'éco-conception, on mettra des liens aussi vers des métiers qui ont déjà été évoqués dans le podcast. Fabienne Voilà, ce qui est important, c'est de ne pas être "siloté" et tous les métiers du numérique doivent avoir une base transversale de compétences, autant sur l'accessibilité, que le respect de la vie privée, que l'écoconception. Et puis chaque profil, selon son expertise, va mettre en œuvre du mieux possible ces guidelines. Bien sûr, c'est un travail d'équipe, mais c'est vrai qu'il y a quand même une grande partie qui repose sur le Design d'Interface, à proprement dit, et sur le développeur. Bertrand D'accord. Donc, les designers et les développeurs sont au cœur de ce sujet. Mais il faut tout de même qu'il y ait une décision qui soit prise au-dessus pour dire "on y va" ? Fabienne Oui, il faut une impulsion, il faut une ambition. Et après, c'est vrai que l'on a des guidelines iOS, Material Design (Google) ou Flutter, qui, de toute façon, donnent une bonne base. Si on respecte ces guidelines, on garantit quand même un certain niveau d'accessibilité. Bertrand Fabienne, respecter les guidelines, ça veut dire respecter les normes qu'imposent, disons, Google, Apple, Flutter, pour la conception des sites ou des applications ? Fabienne Oui, qu'ils imposent et qui nous aident, parce que respecter ces guidelines c'est déjà un gage de qualité. Bertrand Si on fait ça, c'est déjà pas mal ? Fabienne C'est déjà pas mal, c'est déjà très bien, mais ça ne garantit pas une totale accessibilité. Parfois, on a des choses sur mesure à imaginer, à faire, à développer. Et donc, c'est là qu'interviennent les spécificités des différents métiers. Le rôle de l'UX que ça va être davantage de penser le service pour tous ses utilisateurs, y compris ceux en situation de handicap. Donc, ça va se traduire par la recherche utilisateur, par l'observation des comportements, des usages. Le rôle de l'UX, ça va être aussi de travailler sur des parcours simples, des parcours courts, avec un contenu clair, hiérarchisé. De pratiquer évidemment des tests utilisateurs en situation de handicap et de faire des audits qui intègrent l'accessibilité pour faire des recommandations d'optimisation. Souvent, les clients aussi viennent nous voir avec ça comme première demande. Voilà mon site, dites-moi où j'en suis, faites-moi un état des lieux. Et donc, on intègre l'accessibilité. Donc ça, c'est l'UX. Ensuite, tu vas avoir l'UI. Bertrand Donc, User Interface (Interface Utilisateur) ? Fabienne La User interface, qui va être finalement : Comment je mets en scène ce service ? Comment je facilite l'interaction ? Comment je rends des feedbacks positifs à l'utilisateur quand il fait une action ? Et là, c'est vrai que les guidelines, iOS, Matérial Design ou Flutter ne suffisent pas. Quand on a besoin de faire des modules un peu spécifiques comme un comparateur ou faire de la Data Visualisation dans une application, par exemple, bancaire On a besoin de voir des courbes, des camemberts... Bertrand Pour gérer son compte ? Fabienne Oui, et l'information ne doit pas être uniquement portée par le visuel. Il faut qu'il y ait du texte associé. Donc, tout ça, c'est vraiment le métier de l'UI, de tenir compte de ces critères d'accessibilité quand il est obligé d'aller au-delà des composants qui sont un peu normés par iOS, Material Design et Flutter. Bertrand Fabienne, lorsque l'on a préparé cette interview, tu as aussi cité quelques exemples qui me semblent intéressants pour d'expliquer à nos auditeurs. Tu as parlé, de la taille des caractères, de la possibilité d'augmenter les caractères pour qu'ils soient visibles, notamment pour les personnes à déficience visuelle. Est-ce que tu peux en dire un mot ? Fabienne Oui, c'était plus un exemple pour les applications mobiles. Là, encore un nouvel acronyme, ça fait partie des critères du RAM, le référentiel d'accessibilité des applications mobiles. Le critère, c'est qu'en effet, l'interface doit rester consultable et lisible, même quand tu agrandis les caractères 200%. Ça, c'est un travail conjoint entre l'UI et le développeur. Parce que l'UI doit penser sa maquette, en tout cas, vérifier sur Figma par exemple, quand on grossit à 200%, est-ce que la maquette tient la route et le développeur doit la mettre en œuvre. Donc, c'est un travail conjoint, le développeur sera d'autant plus aidé que la maquette aura été pensée pour ça. Bertrand Ok, excellent. On peut passer à la quatrième partie de notre interview, si tu le veux bien. Comment s'y mettre concrètement ? Et là, j'aimerais bien que tu nous expliques globalement comment on fait quand on démarre dans les métiers de l'UX ? Fabienne Oui, il y a des formations, il y a des certifications. C'est intéressant et on le verra pour son CV, c'est intéressant de mettre ça en avant. Après, la meilleure façon de progresser, c'est de pratiquer. Et la pratique dans l'UX, ça commence par l'observation. Donc, observer son environnement, observer les gens qui sont en situation de handicap. Et ça peut passer par les gens de sa famille, des seniors, ses grands-parents qui n'arrivent pas à faire un "Double Tap" rapide sur une application mobile. Ça, c'est une situation de handicap. Donc, comment éviter de faire ce qu'on appelle les "gestures", de faire des gestes qui sont trop compliqués ou en tout cas de lui proposer une alternative. Donc, comment s'y mettre ? C'est observer. Quand on a la chance d'être sur un projet où il y a effectivement une société experte, spécialiste de l'accessibilité, on progresse très, très vite parce qu'ils challengent, ils aiguillonnent. Il y a évidemment tous les outils qui sont à disposition. Les designers vont utiliser des plugins Figma pour tester l'accessibilité des maquettes. Les développeurs chez nous, ici, ils utilisent SonarQube, ils utilisent Google Lighthouse. Ça permet d'avoir des repères. Bertrand Comme tout à l'heure, on mettra les liens vers toutes les sociétés que tu cites, tous les services que tu cites pour que tout le monde puisse y avoir accès facilement. Fabienne Et puis, je dirais que comme pour tout, il faut continuer à suivre le sujet via des webinars, des articles, se former en continu. On se rend compte à l'agence qu'il y a eu un vrai shift depuis fin juin 2025. Bertrand Donc la législation impulse une nouvelle dynamique sur l'accesssibilité ? Fabienne Oui, c'est le sentiment qu'on a. Est-ce que ce sont les départements juridiques dans les entreprises qui ont mis un petit coup de pression en interne, je ne sais pas. Mais les entreprises sont plus demandeuses. Et du coup, pour les jeunes qui nous écoutent, mettre en avant des compétences en accessibilité sur un CV, au-delà de certifications. Montrer, par exemple, des projets sur lesquels ils ont pu travailler avec un score d'accessibilité qui a été fait. C'est la meilleure des preuves d'une compétence qui est acquise. Bertrand Excellent. Fabienne, en conclusion, que souhaiterais-tu ajouter, notamment, pour accompagner ceux qui nous écoutent avec d'autres conseils ? Fabienne Oui, les conseils du vieux sage. Le premier conseil, ce serait qu'il ne faut pas prendre l'accessibilité comme une contrainte et qu'il ne faut pas se laisser impressionner par toutes ces guidelines. On a vu beaucoup d'acronymes, mais au final, ce sont plutôt des outils qui nous aident à améliorer la qualité des services que l'on conçoit. J'aime bien l'analogie des artisans qui ont des bons outils pour faire du bon travail. Mon deuxième serait d'observer au quotidien les usages. De repérer toutes les situations de handicap pour que petit à petit, ça devienne naturel d'y penser dans tous les sites ou les apps que l'on Design. Finalement, l'accessibilité, c'est plus un état d'esprit qu'une série de critères à appliquer. Et c'est d'avoir cet état d'esprit qui va contribuer à un numérique plus éthique et plus inclusif. Et ça, c'est quand même une vraie raison de se lever le matin pour aller travailler. Bertrand Donc, toujours un peu un conseil qui revient dans nos interviews, être curieux, regarder autour de soi, qu'est-ce qui se passe, voir les utilisateurs se comporter, comment ils font ? Fabienne Oui, exactement. Parce que dans tous les cas, les interfaces évoluent très rapidement. Cette série de critères-là, peut-être que demain, elle sera complètement remise en cause. Mais en tout cas, si on a l'état d'esprit, si on a cette culture, on s'adaptera très vite. Bertrand Ok. Dernière question, Fabienne. Pour ceux qui ont aimé cet entretien et qui ont envie de discuter avec toi, comment est-ce qu'ils peuvent faire ? Fabienne Via mon compte LinkedIn, c'est parfait. Bertrand Ok, merci beaucoup. Fabienne Merci à toi, Bertrand. ### Combien gagne un Machine Learning Engineer ? Machine Learning Engineer Salaire De 45k€ à 50k€ brut/an en junior, jusqu'à 70-80k€ en senior (+ bonus possibles). Machine Learning Engineer Formation École d’ingénieur (statistiques/informatique/data) ou formations spécialisées en data/ML. Machine Learning Engineer c’est quoi Conçoit, développe et intègre des modèles de machine learning à partir de données. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Cécile, Machine Learning Engineer chez Criteo. Écouter le podcast Rémunération d'un Machine Learning Engineer ? Le métier de Machine Learning Engineer, aussi appelé ingénieur en apprentissage automatique, consiste à concevoir et déployer des modèles d’intelligence artificielle capables d’apprendre à partir de données. Cécile Fang, Machine Learning Engineer chez Criteo, partage son expérience pour mieux comprendre les salaires auxquels peuvent prétendre ces spécialistes du traitement et de l’exploitation des données. Salaire débutant d'un Machine Learning Engineer Selon Cécile, un Machine Learning Engineer junior, tout juste diplômé d’une école d’ingénieurs ou d’un master spécialisé, peut espérer un salaire compris entre 45 000 € et 50 000 € bruts par an. Ce montant peut fluctuer en fonction de la qualité de la formation, des stages réalisés et de la maîtrise de bibliothèques comme TensorFlow ou PyTorch. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années de pratique, les rémunérations progressent sensiblement. Cécile indique qu’un Machine Learning Engineer expérimenté peut percevoir entre 70 000 € et 80 000 € bruts par an. Les profils disposant d’une expertise pointue en MLOps, en computer vision ou en traitement du langage naturel se situent souvent dans la partie haute de la fourchette. En outre, Criteo propose un bonus annuel lié à la performance de l’entreprise et aux objectifs individuels, pouvant représenter 10 % à 15 % du salaire fixe. Facteurs influençant la rémunération Cécile explique également que plusieurs variables impactent la rémunération : la taille et le secteur de l’entreprise (startup vs grande ETI), la localisation (Paris et Île-de-France offrant des salaires plus élevés), le niveau d’expertise technique (maîtrise de frameworks, MLOps, cloud) et les responsabilités (lead technique, gestion de projet). La capacité à générer un impact mesurable sur les KPI et la participation à des programmes d’actions ou d’attribution d’actions gratuites peuvent aussi faire varier significativement le package salarial. Comment négocier son package salarial en tant que Machine Learning Engineer ? ### Machine Learning Engineer - Cécile Fang Les missions, compétences et salaires du métier de Machine Learning Engineer en entreprise Machine Learning Engineer Salaire De 45k€ à 50k€ brut/an en junior, jusqu'à 70-80k€ en senior (+ bonus possibles). Machine Learning Engineer Formation École d’ingénieur (statistiques/informatique/data) ou formations spécialisées en data/ML. Machine Learning Engineer c’est quoi Conçoit, développe et intègre des modèles de machine learning à partir de données. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Cécile Fang –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier d’ingénieur en apprentissage automatique Bertrand Cécile est Machine Learning Engineer, un métier que l'on pourrait traduire par ingénieur en apprentissage automatique. Avant de présenter ton métier dans le détail, pourrais-tu te présenter en quelques mots ? Cécile Je m'appelle Cécile, j'ai 28 ans. J'ai grandi à Dijon, en Bourgogne, où j'ai fait mon collège, mon lycée avec mon Bac S et ma prépa Mat. Ensuite, je suis allée dans une école d'ingénieurs basée à Rennes et pour finir, suite à mon diplôme, j'ai trouvé du travail à Paris. Bertrand Excellent. Est ce que tu peux nous décrire ton parcours professionnel, ce que tu as fait professionnellement avant d'arriver chez Criteo ? Cécile Comme je le disais, j'ai fait une école d'ingénieurs à Rennes qui s'appelle l'ENSAI qui est une école d'ingénieurs spécialisée en statistiques et l'analyse de l'information. Suite à ça, j'ai évidemment fait un stage de fin d'année en data dans une société de conseil qui avait un pôle data. Là bas, j'ai fait six mois chez AccorHotels où j'ai étudié un peu le comportement des utilisateurs sur leur page web. J'ai aussi profité de ce moment pour faire quelques automatisations de report. À la fin de ce stage, j'ai été embauchée dans une start up qui s'appelle Storytel, une start up française dont le but était de mettre en avant des marques sur des sites de e-commerce. Les marques, par exemple, c'est Adidas et les e-commerce, c'est La Redoute. Six mois après, mon arrivée chez Storytel, la société a été rachetée par Criteo, la société où je travaille actuellement. Bertrand Ok, donc tu travailles chez Criteo. Est ce que tu peux nous décrire cette entreprise ? Cécile Oui, Criteo, c'est une société française à rayonnement international qui est spécialisée également dans le secteur de la publicité numérique. En gros, pour essayer de faire simple, on voit surtout deux acteurs. Il y a d'abord les marques qui sont accompagnées des fois avec leurs spécialistes marketing, qui veulent promouvoir un produit. Et il y a ensuite les propriétaires de médias qui peuvent les aider à promouvoir ces produits. Criteo va les aider à cibler la bonne audience et à avoir une meilleure expérience publicitaire personnalisée. Tout ça en utilisant la donnée et l'utilisation de l'intelligence artificielle. Bertrand Ok, Cécile. Est ce que tu peux nous expliquer ton métier de Machine Learning Engineer ? Cécile Oui, bien sûr. Machine Learning Engineer, il y a deux parties. Il y a ce qu'on appelle le ML, donc le Machine Learning, et il y a la partie Engineer. Pour la partie Machine Learning, c'est vraiment à partir de données, on détecte des patterns et ainsi, quand on redonne d'autres données, on peut retrouver ces patterns. Par exemple, si on donne à la machine plusieurs images de chien et qu'il est capable de détecter le chien, la prochaine fois qu'on donne une nouvelle image de chien, la machine est capable de détecter le chien. Bertrand Elle apprend. Cécile Elle apprend, exactement. Ensuite, la partie « engineer », c'est vraiment, on a ce modèle de Machine Learning et il faut être capable de l'intégrer dans un système existant, ce qu'on appelle la production. Bertrand Est ce que tu peux nous expliquer les missions d'une Machine Learning Engineer ? Cécile Mes missions à Criteo, j'en vois surtout trois. La première, c'est de filtrer des produits qu'on reçoit. La deuxième, c'est de fournir aux équipes produits des outils qui leur permettent de comprendre. Et la dernière, c'est la maintenance de ces modèles et de ces applications. Bertrand Si on reprend la première mission, filtrer, qu'est ce que ça veut dire filtrer chez Criteo ? Cécile Oui, on a une data qui est spécifique pour mon équipe, c'est le catalogue des clients. Le catalogue, c'est vraiment la description du produit, son titre, son prix et surtout son image. Nous, nous sommes spécialisés dans l'image et on utilise un modèle de Machine Learning pour analyser l'image afin de savoir si c'est un produit qui peut être affiché ou non. Bertrand Le Machine Learning va t'aider à choisir si la publicité est correcte et si on va pouvoir l'afficher. C'est bien ça ? Cécile Oui, c'est exactement ça. Bertrand Ta deuxième mission consiste à fournir des outils aux équipes produits. Qu'est ce que ça veut dire concrètement ? Cécile Oui, quand notre modèle de Machine Learning donne une décision, il faut aussi savoir qu'il y a une certaine marge d'erreur. On va être totalement transparents avec les équipes produits, donc on leur fournit également une application où ils peuvent regarder les décisions qu'ils ont du modèle et aussi changer ses décisions manuellement s'ils décident qu'il y a quelque chose d'incorrect. Bertrand Si on reprend l'exemple du chien, si le Machine Learning ne trouve pas un chien mais trouve un chat, on va indiquer aux équipes produits « Attention, c'est un chat, ce n'est pas un chien ». Cécile Oui, c'est ça. Bertrand Cécile, tu as parlé d'une troisième mission, une mission de maintenance évolutive du système. Qu'est ce que ça veut dire et comment ça marche ? Cécile Oui, en production, rien n'est fixe. Toujours, il y a de nouveaux produits, de nouvelles applications et cette maintenance est très importante. Dès que l'on modifie cette production. C'est une mission qui nécessite particulièrement de l'attention dès qu'il y a un changement en production. Bertrand D'accord, ça me semble très clair. En préparant cet entretien, tu as dit que tu étais dans l'équipe CAML Ad Safety. Qu'est ce que ça veut dire ? C'est l'endroit précis où tu travailles chez Criteo ? Cécile C'est le nom de mon équipe. CAML, ça veut dire Catalogue and Applied Machine Learning. C'est vraiment comme je l'ai expliqué tout à l'heure, à partir des produits du catalogue, on utilise le Machine Learning. Ensuite, avec le Ad Safety, on veut filtrer des produits que l'on ne veut pas afficher, on appelle ça Ad Safety. Bertrand On vérifie que les publicités sont correctes, qu'elles respectent bien les règles, quel que soit le pays dans lesquels cette publicité est affichée ? Cécile Oui, exactement. Bertrand Ok, c'est hyper clair. Est ce que tu peux également nous expliquer pourquoi tu as choisi ce métier de Machine Learning Engineer ? Cécile Parce que c'est vraiment un métier fascinant. Le Machine Learning, c'est vraiment quelque chose de magique. Par exemple, vous savez, jouer aux échecs, c'est assez compliqué et pourtant, Machine Learning arrive à battre le meilleur joueur d'échec du monde. C'est vraiment quelque chose de fascinant et en même temps, une intelligence artificielle a aussi du mal à faire quelque chose que n'importe quel humain arriverait naturellement, comme par exemple d'écrire une image avec beaucoup de détails. C'est vraiment un métier où il y a des challenges partout et c'est un peu de la magie et des mathématiques. Bertrand Est ce que tu peux également nous dire quelles sont les trois principales compétences pour exercer ce métier de Machine Learning Engineer ? Cécile Oui. La première, pour moi, c'est être curieux. Un modèle de Machine Learning, ça ne s'invente pas n'importe comment. C'est vraiment basé sur de la donnée et cette donnée, il faut la comprendre. Et pour la comprendre, il faut l'analyser, se poser des questions, d'où ce terme de curieux. Bertrand il faut être chercheur ? Cécile Oui, il faut vraiment fouiller ces données, savoir si c'est la bonne donnée qu'on va utiliser pour faire apprendre le modèle de Machine Learning. Bertrand Pour la deuxième compétence, tu as dit qu'il fallait savoir vulgariser son travail ? Cécile Oui, je pense vraiment qu'il faut vulgariser dans le sens où ce qu'on fait, ce n'est pas juste par plaisir pour jouer, mais c'est vraiment parce qu'il y a une problématique business derrière. Une demande produit et ce qui intéresse le produit, ce n'est pas de savoir quelle contrainte mathématique on a mise derrière, mais vraiment quel est le résultat et comment est ce que ça fonctionne. Bertrand Excellent. Et la troisième compétence, tu as dit qu'il fallait avoir des notions de maths et d'informatique. Ça paraît assez évident, mais c'est quand même bien de le rappeler ? Cécile Oui, pour faire des mathématiques, il faut avoir un peu de notion de maths et il y a cette partie ingénieur où c'est quand même au delà des mathématiques, c'est bien sûr l'informatique. Bertrand Alors, attention QGP, la question Le Gagne-Pain. Combien ça gagne, une Machine Learning Engineer ? Cécile À la sortie de l'école, pour un junior, la fourchette est entre 45k et 50k€ bruts annuels. Pour un senior ML Engineer, ça serait plus entre 70 et 80k€. Bertrand Est ce qu'il y a des primes dans ce métier ? Cécile Pour ce métier, ça dépend vraiment des sociétés. À Criteo, on a un bonus qui est calculé en fonction des performances de Criteo, donc des objectifs atteints et un croisement avec nos performances individuelles. Bertrand Cécile, est ce que tu peux nous dire quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever en arrivant dans ce métier ? Cécile Oui, mon plus grand défi, je m'en souviens, c'était le passage entre l'école et la vie professionnelle, où il y a vraiment ce décalage entre cet environnement créé par l'école avec des données de milliers de lignes et cet environnement professionnel où tout d'un coup, on parle de big data et on a des milliards de lignes à traiter. Aussi, cet environnement complexe qui est déjà en place et qui est fonctionnel. Et pour finir, c'est aussi ces contraintes business qu'on n'avait pas du tout à l'école qui entrent en jeu aussi quand on veut faire un modèle de Machine Learning. Bertrand C'est très bien d'expliquer ça à ceux qui nous écoutent. Il y a une grosse différence, effectivement, entre le milieu professionnel et les écoles et il faut s'y préparer. Est ce que tu peux également nous dire quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? Cécile Ce qui me plaît le plus avant de construire un modèle de Machine Learning, c'est d'explorer la data, de la comprendre. De voir ce qui existe déjà et ce qu'on peut faire et qu'est ce qu'il y a dedans. Ce que j'aime le moins, c'est malheureusement, qu'il peut y avoir des bugs de temps en temps en production. Et investiguer et réparer ça au plus vite, c'est quelque chose de primordial, mais un peu moins ce que je préfère faire. Bertrand Pourrais tu nous indiquer quelle a été la plus grande surprise que tu as eue en rejoignant ce métier ? Cécile Oui, la plus grande surprise, c'est un peu l'univers de la data de Machine Learning Engineer. On a plusieurs métiers qui se ressemblent beaucoup et qui, pour beaucoup de gens, signifie sûrement la même chose comme data scientist, data analyst, ingénieur en intelligence artificielle, statisticien. Bertrand C'est exactement ce que l'on fait dans ce podcast. Expliquer la différence entre des métiers qui sont effectivement parfois assez proches. Cécile Oui, ils sont très proches, mais ils ont tous un axe un peu plus particulier par rapport aux autres métiers. Ce qui fait que ce n'est pas très compliqué de changer d'un métier à un autre, mais il y a quand même cette compétence que chaque métier a et qu'il peut mettre en avant. Bertrand Vous pouvez, par exemple, retrouver dans l'épisode 1 le métier de Data analyste avec Margaux Et dans l'épisode 14, celui de Data Scientist avec Lorelie. Est ce qu'il y a une journée type dans ton métier de ML Engineer ? Cécile Oui et non. Oui, dans le sens où on suit un process de stand up tous les jours, où on raconte un peu ce qu'on a fait à l'équipe, où, fréquemment, on a des réunions avec les équipes produit. C'est un peu les processus standards qu'on a. Sinon non, dans le sens où comme on marche par projet, chaque projet est différent, donc la manière de la traiter est différente. Donc la journée n'est jamais vraiment type. Bertrand La communauté du gagne pain nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. Est ce qu'il est particulièrement utile et important d'être bon en anglais pour faire ce métier ? Cécile Pas particulièrement besoin d'être très, très bon en anglais, mais l'anglais est vraiment primordial chez nous. Déjà, chez Criteo, c'est la langue officielle. Et ensuite, même pour le métier de ML engineer déjà, le titre, comme vous pouvez l'entendre, est en anglais... Bertrand Si on voulait le traduire, on dirait quoi ? Cécile En français, je l'ai appris récemment, c'est « ingénieur en apprentissage automatique ». Donc l'anglais aussi, même les supports sur ce métier, le jargon est en anglais. Donc oui, en anglais professionnel, c'est le minimum pour ce métier. Bertrand Pour ceux qui nous écoutent, est ce que tu peux nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour ce métier ? Cécile Il n'y a pas vraiment de formation vraiment spécifique, je dirais, mais le plus simple, le plus classique, ça serait de passer par une école d'ingénieurs spécialisée en data. Ou d'aller à l'université en Data. Mais vous pouvez aussi trouver plusieurs formations sur Internet comme Coursera ou LinkedIn Learning, et aussi énormément de documentation sur les cours, sur YouTube, beaucoup de choses pour vous apprendre à devenir un ML engineer. Bertrand Est ce que tu vois autour de toi des gens qui font ce métier et qui n'ont pas suivi ce parcours ? Des gens qui se sont formés par eux mêmes, ça arrive ? Cécile Je connais des gens qui sont en reconversion et qui ont fait une petite année d'études sur ce métier là. Je connais aussi des gens qui ont proposé leurs propres solutions à Machine Learning en étant autodidacte. Donc oui, j'en connais. C'est tout à fait possible. Bertrand Et toi, tu continues à te former régulièrement ? Cécile Alors oui et non. Oui, dans le sens où c'est un métier qui évolue beaucoup, avec de nouvelles technologies, de nouvelles idées. Donc je suis obligée de me mettre au courant de ce qui se passe. Aussi, le partage de connaissances est très mis en avant chez Criteo. On partage un peu nos découvertes, nos produits aux différentes équipes de Machine Learning. Non, dans le sens où je ne fais pas de formation académique, mais à Criteo, il y a énormément de diversité sur l'apprentissage. On a accès aux plateformes comme Coursera, O'Reilly ou LinkedIn Learning. On a nos propres cours internes et si on parle aussi de formation plus soft skills, c'est à dire autre chose que technique, on a aussi accès à beaucoup de formations comme le développement personnel, comment devenir un manager et la communication. Bertrand D'accord, on mettra les liens des plateformes de eLearning que tu as citées dans les commentaires du podcast pour que chacun puisse les retrouver facilement. Est ce qu'il existe des certifications professionnelles pour faire ce métier ? Cécile Non, pas vraiment. Comme il n'y a pas de parcours type, il n'y a aussi pas vraiment de certification obligatoire. Mais par contre, il y en a beaucoup. Comme je disais, c'est un cours sur Coursera, il y aura une certification Coursera. Et c'est toujours bien de les mettre en avant sur le CV, mais ce n'est pas quelque chose d'obligatoire. Bertrand Est ce qu'on peut parler du mode de vie dans ton métier ou plutôt du mode de vie chez Criteo ? Puisque tu as une entreprise qui est basée à Paris, principalement pour la France et toi, tu travailles à Dijon. Ça veut dire que tu fais 100% de télétravail ? Cécile Oui, c'est un métier qui est très flexible et qui permet aussi le 100% télétravail. Après, ça dépend beaucoup des entreprises, mais avec Criteo, on a cette possibilité d'être 100% télétravail. Ce n'est pas forcément juste ML Engineer, c'est spécifique à Criteo. C'est vraiment tout le monde, mais ça m'a permis d'aller à Dijon et de travailler de là bas. Surtout pour les horaires, c'est surtout entre 9h30 et 18h30, mais ça peut changer d'un jour à un autre. On fonctionne surtout par objectifs et deadline, donc on est maître de notre temps. Bertrand Quand tu dis 100% en télétravail, ça veut quand même dire que parfois, tu viens dans les bureaux de Paris ? Cécile Oui, c'est quand même bien de rencontrer ses collègues et de boire un café avec eux et de retrouver ce contact avec eux. Ce que je fais, moi, c'est que je retombe sur Paris une fois par mois. Bertrand D'accord. Ce que je comprends, c'est qu'on peut avoir un mode de vie assez flexible pour ce métier et particulièrement flexible chez Criteo. Cécile Oui, particulièrement chez Criteo. Bertrand Cécile, est ce qu'il y a une différence entre le métier que tu fais et celui que tu imaginais ? Cécile Oui, bien sûr, quand j'ai commencé le métier, quand on pense à Machine Learning, on pense à intelligence artificielle, avec toutes les séries, les livres actuellement avec la science fiction. On imagine quelque chose de très à la pointe et au final, ce n'est pas exactement ça, même si c'est quand même quelque chose d'assez incroyable. Bertrand Est ce que tu pourrais conseiller à nos auditeurs des films, des séries, des podcasts qui seraient en relation avec ton métier ? Cécile Oui, il y en a un que j'apprécie particulièrement, c'est le film The Imitation Game, qui parle d'Alan Turing qui est l'un des précepteurs de l'intelligence artificielle, qui a commencé à utiliser le premier modèle de Machine Learning. Bertrand Cécile, est ce que tu peux nous parler d'une anecdote qui te serait arrivée dans ton travail ? Cécile Oui, à Criteo, on a chaque année un événement de hackathon où on essaye de proposer un nouveau projet, évidemment qui a un lien avec Criteo. J'en ai profité pour rejoindre une équipe composée de développeurs, de ML engineers et de Data Analysts pour un nouveau projet concernant la construction de bannières. Ce projet a beaucoup plu au jury. Et grâce à ça, nous avons pu gagner quelques lots et quelques temps en plus pour développer un peu plus notre idée. En lots, j'ai gagné deux séances de massage plus une séance de wakeboard en Croatie, parce qu'on avait aussi un événement Criteo là bas. Bertrand Cécile, si tu en avais la possibilité, que changerais tu dans ton parcours ? Cécile J'ai un parcours très orienté Data et ML engineer. J'espère que vous l'avez compris, il y a aussi cette partie Engineer qui est beaucoup plus dev, de dev pur. Si je parlais à ma moi, plus jeune : essaye de former un peu plus sur cette partie là. Bertrand Quelles sont les meilleures ressources disponibles que tu souhaites partager avec ceux qui nous écoutent pour en savoir plus sur le métier de Machine Learning Engineer ? Cécile Il y en a une infinité à vrai dire. Déjà, sur Internet, il y a beaucoup de forums et il y a aussi beaucoup de vidéos, surtout sur YouTube, sur le Machine Learning. On a aussi des plateformes de cours comme Coursera ou LinkedIn Learning. Et pour finir, si on parle en termes de livres, je conseille aussi les livres O'Reilly. C'est une maison d'édition qui est spécialisée dans le développement et propose beaucoup de livres sur la Data science et le Machine Learning. Bertrand Ok, j'ajouterai les liens dans les commentaires du podcast. Est ce que tu pourrais nous dire quelles sont les compétences les plus utiles pour ce métier ? Cécile Oui, il y a évidemment les mathématiques et l'informatique. Et ensuite, il y a cette communication où il faut savoir aussi documenter ce qu'on fait. Documenter pour les prochains développeurs et documenter pour les équipes produits, pour qu'elles comprennent ce qui se passe. Bertrand Ça veut dire aller jusqu'à expliquer son code ? Cécile Alors, le commentaire dans le code, c'est une bonne pratique. Je dirais, que ce soit ML Engineer ou développeur, juste pour faciliter la lecture du code. Bertrand En conclusion, Cécile, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter pour ceux qui nous écoutent et qui sont intéressés par ce métier de Machine Learning Engineer ? Cécile Je dirais, si vous êtes vraiment motivée, n'hésitez pas à vous lancer. Le métier de ML Engineer est vraiment passionnant et ça recrute. Bertrand Est ce que tu peux nous parler de la façon dont tu as évolué et comment tu souhaites évoluer pour la suite ? Cécile Oui, donc à Storytel, j'étais Data scientist. Puis en arrivant chez Criteo, j'étais plutôt une Data Analyst junior. J'ai évolué ensuite vers un poste un peu plus confirmé en tant que Data Analyst Engineer et maintenant je suis ML engineer senior. Pour la suite, il y a trois voies possibles. Être beaucoup plus spécialisée dans son domaine en tant que contributeur individuel, ou devenir un responsable technique. Et il y a aussi la troisième voie, c'est d'être manager. Pour ma part, je serais plus orientée pour être manager. Bertrand C'est tout ce que l'on peut te souhaiter. Merci beaucoup, Cécile. ### Combien gagne un Responsable Marketing & Communication ? Responsable Marketing & Communication Salaire Débutant : 30-45k€, confirmé : 50-65k€, directeur : 80k€+ brut/an. Responsable Marketing & Communication Formation Bac+5 type communication/marketing, idéalement avec spécialisation digitale. Responsable Marketing & Communication c’est quoi Métier polyvalent : communication interne/externe, relations presse, marketing. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Aurélia, Responsable Marketing & Communication chez Groupama Immobilier . Écouter le podcast Rémunération d'un Responsable Marketing & Communication ? Le métier de Responsable Marketing & Communication consiste à définir et piloter la stratégie de communication interne et externe, ainsi qu’à coordonner les actions marketing pour valoriser les offres et l’image de l’entreprise. Aurélia Gibelin, Responsable Marketing & Communication Adjointe chez Groupama Immobilier, partage son retour d’expérience et précise les niveaux de salaires auxquels les professionnels de ce secteur peuvent prétendre. Salaire débutant d'un Responsable Marketing & Communication Selon Aurélia, un Responsable Marketing & Communication débutant, issu d’une formation en marketing digital (MBA MCI ou équivalent) et ayant déjà réalisé des stages significatifs, peut s’attendre à un salaire compris entre 30 000 € et 45 000 € bruts par an en Île-de-France. Cette fourchette varie en fonction de la taille de l’entreprise, du secteur (immobilier, santé, assurance) et de l’inclusion d’une part variable liée aux objectifs. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d’expérience, Aurélia indique qu’un profil confirmé peut atteindre un salaire annuel brut situé entre 50 000 € et 65 000 €. Pour un poste de Directeur de la Communication ou Head of Marketing au sein d’un grand groupe, la rémunération dépasse régulièrement les 80 000 €, sans compter les primes, bonus et avantages en nature. Comme dans beaucoup de fonctions à responsabilité, l’évolution vers des postes managériaux, la prise en charge de budgets plus importants et l’élaboration de la stratégie globale constituent des leviers clés pour augmenter significativement sa rémunération. Facteurs influençant la rémunération Aurélia explique que plusieurs variables impactent la rémunération : la localisation géographique (Paris et métropoles vs province), la taille et le secteur de l’entreprise (assurance, immobilier, santé), le niveau de polyvalence (communication interne/externe, relations presse, marketing digital), la maîtrise d’outils (PAO, SEO, CRM, réseaux sociaux), ainsi que la part de variable liée aux performances sur les KPI définis. Quelles perspectives d'évolution salariale pour un Responsable Marketing & Communication ? ### Responsable Marketing & Communication - Aurélia Gibelin Missions, salaire et compétences du Responsable Marketing & Communication : tout savoir sur ce métier Responsable Marketing & Communication Salaire Débutant : 30-45k€, confirmé : 50-65k€, directeur : 80k€+ brut/an. Responsable Marketing & Communication Formation Bac+5 type communication/marketing, idéalement avec spécialisation digitale. Responsable Marketing & Communication c’est quoi Métier polyvalent : communication interne/externe, relations presse, marketing. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Aurélia Gibelin –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de responsable marketing & communication BertrandMerci beaucoup Aurélia d'avoir accepté notre invitation. Tu es Responsable Marketing et Communication Adjointe chez Groupama Immobilier. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail. Mais avant, est-ce que tu pourrais te décrire en quelques mots ? AuréliaAlors oui, je m'appelle Aurélia, j'ai 41 ans, bientôt 42 d'ailleurs. J'ai grandi au Mans, puis à Nantes, où j'ai obtenu un bac littéraire option Arts plastiques en 2000. Mes parents étaient tous les deux journalistes, donc je dirais que j'ai grandi dans un environnement très ouvert à la culture, à la politique et au monde qui nous entoure. BertrandEst-ce que maintenant, tu pourrais décrire ton parcours professionnel, les différentes étapes du parcours professionnel, avant l'entreprise dans laquelle tu travailles aujourd'hui ? AuréliaOui, j'ai fait un stage qui a été très significatif pendant mon parcours, puisque j'étais rédactrice pour le blog de Jean-Marc Ayrault, alors qu'il était maire de Nantes. C'est vraiment une expérience qui a confirmé que la com, c'était vraiment mon truc. Sinon, j'ai eu un parcours universitaire plutôt classique. Puis, j'ai travaillé durant 12 ans dans la santé en tant que chargée de communication, ensuite en tant que responsable de communication. Et j'ai ressenti le besoin de me former au digital. Et c'est pour ça que j'ai repris les études par la suite, puisque j'ai fait le MBA MCI en marketing digital en octobre 2022. Et c'est réellement une formation qui m'a permis d'évoluer et qui m'a donné l'opportunité de découvrir un autre secteur, car je travaille aujourd'hui dans l'immobilier alors que j'étais dans la santé. BertrandMerci Aurélia. Est-ce que tu peux nous dire dans quelle entreprise tu travailles ? AuréliaOui, je travaille aujourd'hui chez Groupama Immobilier, qui est une filiale du groupe Groupama. Cette filiale exerce des activités d'investissement, de gestion et de valorisation du patrimoine immobilier et forestier pour le compte des sociétés d'assurance du groupe Groupama, des investisseurs particuliers et des institutionnels. Aujourd'hui, Groupama, c'est 4,8 milliards d'euros d'actifs sous gestion et un chiffre d'affaires de 26 millions d'euros. BertrandOk. Est-ce qu'en plus de ça, tu peux nous décrire tes missions ? Qu'est-ce que ça veut dire, concrètement, les différentes missions que tu exerces au sein de ce groupe ? AuréliaMoi, j'ai la chance d'avoir un métier qui est très polyvalent. Je fais à la fois de la communication interne, de la communication externe, des relations presse et du marketing. BertrandD'accord. Donc, tu as plusieurs missions. Est-ce que l'on peut s'arrêter sur chacune d'entre elles ? La communication interne chez Groupama Immobilier, qu'est-ce que ça veut dire ? AuréliaC'est à la fois du travail de rédaction, de la mise en forme et la diffusion d'une newsletter mensuelle interne. C'est aussi tout ce qui est animation interne et organisation d'événements. BertrandD'accord. Il y a déjà une partie digitale dans cette communication interne, si je comprends bien ? AuréliaOui, il y a une grande part digitale puisqu'on a un intranet. Et donc cette newsletter est diffusée via l'intranet. BertrandOk. Après, tu as dit que tu faisais aussi de la communication externe. Là, est-ce que tu peux nous dire ce que ça veut dire ? AuréliaC'est très vaste. Ça va du conseil et l'accompagnement de la direction dans les prises de parole. C'est aussi tout ce qui est gestion des réseaux sociaux, donc élaborer un planning éditorial, produire les contenus, tout ce qui est publication des postes. Et puis, bien sûr, assurer le suivi des KPI. BertrandD'accord. Les réseaux sociaux, ça veut dire quel réseau social en particulier ? AuréliaNous, en l'occurrence, on travaille sur LinkedIn et un peu sur Instagram également. BertrandAurélia, tu as aussi dit que tu intervenais sur les relations presse. Qu'est-ce que ça veut dire les relations presse dans ton job ? AuréliaOn travaille avec une agence. Moi, je suis responsable de l'interface avec cette agence de presse. J'interviens parfois sur la rédaction des communiqués puisqu'en étant en interne, j'ai plus d'informations et sur l'organisation des événements presse qu'on peut mettre en place. BertrandTu as parlé d'une Newsroom aussi quand on a préparé cette interview. Ça veut dire quoi ? AuréliaOn a une plateforme en ligne qui est vraiment dédiée à Groupama Immobilier, sur laquelle figure l'ensemble de nos communiqués de presse et toutes les informations relatives à l'entreprise, les membres du Codir, leur parcours respectif. C'est réellement une plateforme dédiée aux journalistes BertrandOK Aurélia, est-ce que maintenant, tu peux nous parler de la quatrième mission, la mission marketing ? J'imagine qu'elle est également importante dans ton job ? AuréliaEffectivement, j'interviens dans l'accompagnement des Assets Managers dans l'élaboration des outils de commercialisation des actifs immobiliers. Je vais coordonner l'agence avec laquelle on peut travailler pour la mise en place de sites Web, la création de films 3D qui vont montrer les actifs ou la création de livres. J'interviens autant sur le fond, sur la partie éditoriale, que sur la forme au niveau de l'intention graphique. BertrandD'accord. Et là, j'imagine que la formation dont on parlait tout à l'heure, la formation digitale que tu as faite, t'aide beaucoup à travailler sur les aspects digitaux de cette communication ? AuréliaTout à fait. BertrandOk. Est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier de responsable marketing et communication ? AuréliaJe dirais que c'est plutôt le métier de responsable marketing-communication qui s'est imposé à moi. J'ai toujours aimé rencontrer des gens, créer du lien, échanger, mettre en valeur des projets et des personnes. Finalement, je trouve que c'est assez raccord. BertrandLe mélange du marketing et de la communication, ça te va bien ? AuréliaOui, je trouve. BertrandOk. Est-ce que tu peux également nous dire quelles sont les trois principales compétences qui sont requises pour ce job ? AuréliaC'est un poste qui demande d'avoir à la fois des compétences techniques, relationnelles et stratégiques. BertrandOk. On va essayer d'expliquer ça une par une. Pour les compétences techniques, quelles sont celles dont tu as besoin aujourd'hui et qui sont nécessaires pour ce job ? AuréliaAujourd'hui, ça va être la maîtrise des outils PAO, des outils de montage, tout ce qui est SEO... Moi, j'ai une formation en marketing digital qui m'a été vraiment très utile, en tout cas qui m'est très utile dans mon métier. BertrandÇa veut dire que là, on a utilisé les outils, comprendre les plateformes et savoir comment elle fonctionne ? AuréliaExactement. BertrandOk. Après, tu as dit des compétences relationnelles. Ça m'intéresse que tu détailles ça STP ? AuréliaOui, puisqu'il faut une forte capacité à travailler en équipe et à bien communiquer avec toutes les parties prenantes. C'est un métier dans lequel on est en relation avec toute l'entreprise. Il faut savoir être à l'écoute. BertrandDonc, il faut globalement réussir à travailler avec les autres. Travailler avec les autres dans ton métier, ça veut dire surtout travailler avec les équipes de Groupama. Mais tout à l'heure, tu as aussi dit travailler avec les autres, ça veut dire aussi travailler avec des entreprises externes, des prestataires ? AuréliaExactement. Il faut à la fois savoir travailler avec nos collègues et avec les agences externes auxquelles on peut faire appel. BertrandDonc, ça fait beaucoup de monde tout ça ? AuréliaExactement. BertrandEt alors, dernière chose, tu as dit des compétences stratégiques. Je veux bien que tu expliques ça aussi ? AuréliaOui, parce que c'est aussi un métier qui implique d'avoir la capacité d'établir une stratégie de communication qui sera vraiment en adéquation avec le projet de l'entreprise. BertrandD'accord, il faut coller avec la stratégie de l'entreprise pour faire la bonne com ? AuréliaExactement. BertrandEst-ce que tu peux également nous dire quelles sont les tâches quotidiennes qui te plaisent le plus et celles qui te plaisent le moins ? AuréliaMoi, il y a deux tâches que j'aime particulièrement. La première, c'est tout ce qui est rédactionnel, parce que j'aime trouver les mots justes pour dire les choses de la façon la plus précise possible. Et puis, pour bien valoriser les gens, les projets. Ce que j'aime aussi, c'est fédérer les équipes autour d'un événement, autour d'une cause. C'est quelque chose que j'aime beaucoup faire. BertrandD'accord. Ça, ce sont les deux choses que tu aimes le plus. Et qu'aimes-tu moins bien faire dans ton job ? AuréliaCe que j'aime le moins, c'est peut-être toutes les petites tâches qui sont indispensables au bon fonctionnement de l'entreprise, je le sais bien, mais qui ne touchent pas directement mon métier. Tout ce qui va être un petit peu administratif, par exemple la création d'un fournisseur ou quelque chose comme ça. BertrandD'accord, donc les process ? AuréliaExactement, oui, tous les petits process. BertrandAurélia, attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne une responsable marketing et communication ? AuréliaTout dépend des entreprises puisque la rémunération peut comprendre une part fixe, le salaire mensuel, auquel peut s'ajouter une part variable. Je dirais que pour un profil débutant en Île-de-France, la rémunération pourrait se situer entre 30 000 et 45 000€ bruts annuels. Pour un profil confirmé entre 50 000€ et 65 000€, et pour un directeur de la communication dans un grand groupe, plutôt en fin de carrière, au-delà de 80 000€. BertrandD'accord, c'est très clair. Est-ce que tu peux également nous dire quelle a été la plus grande surprise que tu as eue dans ce métier ? AuréliaC'est vraiment un métier qui permet d'évoluer dans des secteurs et des milieux très différents. D'où la nécessité d'avoir une grande capacité d'adaptation. Moi, j'ai connu des environnements de travail très diversifiés et des secteurs d'activités très différents tout au long de mon parcours. Puisque j'ai commencé dans la culture, je suis passée par la santé pendant longtemps et aujourd'hui, je suis dans l'immobilier. BertrandD'accord. Donc, c'est ça la plus grande surprise, c'est que c'est un métier qui permet de travailler à peu près dans tous les secteurs ? AuréliaExactement. BertrandOk. Est-ce que tu changerais quelque chose dans ton parcours ? Tu aurais une baguette magique aujourd'hui, que changerais-tu ? AuréliaMoi, ce que je regrette, c'est de ne pas avoir fait de formation digitale plus tôt dans mon parcours. Parce que je pense que ça m'a vraiment permis de beaucoup progresser très vite. Et puis, ça m'a ouvert de très belles opportunités d'évolution de carrière, puisque je suis là où je suis aujourd'hui et j'en suis ravie. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire que pour ceux qui nous écoutent, c'est aussi quelque chose que tu conseilles de ne pas négliger le digital, de bien connaître tous les aspects du digital ? AuréliaOui, puis ne pas hésiter à se former. On est dans un métier qui évolue beaucoup et extrêmement rapidement. Donc, je pense qu'il faut rester alerte et être dans cette posture de formation presque continue. BertrandSouvent, dans ce podcast, on parle de curiosité, ça veut dire aussi être curieux. C'est ça que tu es en train de dire ? AuréliaTout à fait. BertrandOk. La communauté du Gagne-Pain, ceux qui nous écoutent, posent fréquemment la question de l'Anglais. Est-ce que l'Anglais, c'est important dans ton métier ? AuréliaOui, parce que je pense qu'il faut quand même avoir quelques bases d'anglais quand on travaille dans le marketing digital. Car le jargon est essentiellement en anglais. Après, évidemment, l'anglais professionnel, il est indispensable quand on travaille dans un environnement international. Ce n'est pas mon cas aujourd'hui. BertrandÇa veut dire que l'anglais est important Mais il est encore plus important quand on a une activité internationale ? AuréliaExactement. BertrandAurélia, est-ce que tu pourrais nous indiquer quelles sont, selon toi, les bonnes formations pour faire ce métier ? AuréliaJe pense qu'il y a beaucoup de bonnes formations, mais que surtout, l'essentiel pour les étudiants, c'est de bien choisir les stages ou leurs alternances. Et puis, ne pas hésiter à se lancer sur votre temps libre. Si vous aimez écrire, écrivez, lancez un blog. Si vous aimez le podcast, lancez-vous et créez votre podcast. Je pense qu'aujourd'hui, ce qui va vraiment faire la différence, c'est l'investissement des étudiants dans leurs études. BertrandD'accord. Donc, il faut en fait montrer ce qu'on sait faire ? AuréliaExactement, montrer ce qu'on sait faire et ne pas se contenter de faire ce que l'on attend de vous. BertrandOk, c'est bien ça. Ne pas se contenter de faire ce que l'on attend de vous. J'aime beaucoup cette maxime. Je pense qu'elle peut être très utile pour ceux qui nous écoutent. Et toi, est-ce que tu continues à te former ? Et si oui, comment ? AuréliaAlors oui, je continue à me former parce que moi, j'adore apprendre et on est sur un métier qui évolue beaucoup, j'en suis bien consciente. Et puis, j'ai aussi la chance d'être dans une entreprise qui me permet de me former tout au long de l'année, avec des formations sur le RGPD, des ateliers sur l'intelligence artificielle, par exemple. Je suis aussi hyper connectée. Je lis beaucoup sur les réseaux des blogs comme le Blog Du Modérateur - BDM. Je suis abonnée à plusieurs newsletters de spécialistes comme Frédéric Cavazza qui travaille sur l'intelligence artificielle et la transformation digitale. Je lis aussi une amie, Emilie Houdou, qui travaille sur la prise de parole des dirigeants et des entreprises sur les réseaux sociaux. Et puis, je suis également des anciens du MBA MCI comme Jonathan Chan, qui est expert des réseaux sociaux. BertrandD'accord. Est-ce qu'il y a une journée type dans ton métier ? AuréliaNon, je n'ai pas de journée type et c'est précisément ce que j'adore dans mon métier parce qu'aucun jour ne se ressemble. Bien évidemment, j'ai des tâches au long cours, comme, par exemple la création d'un site web, mais je suis très dépendante des demandes de mes collègues qui sont mes clients. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire que chaque matin, peut être très différent en fonction de ce qu'il y a de prévu dans le plan de communication ou le plan marketing ? AuréliaExactement. Il faut savoir s'adapter. BertrandOk, excellent. On pose aussi la question du mode de vie. Comment tu organises ta journée, le télétravail, les réunions internes ou à l'extérieur de l'entreprise. Comment ça se passe un job de responsable de la communication et du marketing ? AuréliaJe pense que c'est un petit peu différent en région ou à Paris ou en Île-de-France. Moi, j'arrive au bureau vers 8h45 et je repars entre 18h00 et 19h00. Nous, on a beaucoup de jours off dans l'entreprise dans laquelle je travaille. J'ai parfois des déplacements professionnels sur Paris ou en région Île-de-France et je télétravaille un à deux jours par semaine. BertrandD'accord. Est-ce que ça veut dire que tu organises des réunions, tu animes des réunions quand tu fais ces déplacements ? AuréliaOui, ça peut être des réunions que je sollicite ou des réunions auxquelles je suis conviée. BertrandEt dans ce cas-là, ça veut dire de la prise de parole devant un certain public ? AuréliaOui, ça peut arriver. En tout cas, il y a très régulièrement de la prise de parole auprès de mes collègues, puisque je travaille beaucoup avec eux. Mais également quand je travaille avec des externes, donc la prise de parole, c'est quelque chose d'essentiel, bien évidemment. BertrandAurélia, quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ton métier ? AuréliaJe dirais Go. Faites-le, mais impliquez-vous, rencontrez des professionnels, faites un maximum de stage et surtout, prenez du plaisir. Moi, j'adore travailler. J'ai vraiment beaucoup de satisfaction dans le travail parce que j'apprends en permanence, car je rencontre des gens. Donc, allez-y, lancez-vous et faites-le à fond. BertrandD'accord, c'est un métier qui apporte beaucoup de satisfaction, de ce que j'entends ? AuréliaEn tout cas, moi, ça m'en apporte beaucoup. BertrandEt tu penses que ceux qui nous écoutent peuvent trouver la même satisfaction que toi en faisant ce métier ? AuréliaÇa ne fait aucun doute. BertrandIl y a une question autour de l'intelligence artificielle qui est maintenant un sujet un peu central du podcast. Qu'est-ce que ça change aujourd'hui déjà dans ton métier et comment tu vois l'évolution de l'intelligence artificielle dans le marketing et la communication ? AuréliaOui, l'IA nous permet de gagner vraiment beaucoup de temps. On l'utilise déjà pas mal pour tout ce qui est une aide à la rédaction, que ce soit la rédaction des discours, pour les posts LinkedIn, pour les articles qu'on va publier sur l'intranet, par exemple. Aujourd'hui, l'usage de l'IA, il est de plus en plus répandu et je pense que ça va encore se développer parce que les jeunes et nos enfants naissent avec l'IA. Et, je pense qu'ils apprendront à l'utiliser beaucoup plus tôt que nous. Et ce sera un usage généralisé, c'est certain. BertrandD'accord. Tu as dit tout à l'heure dans les questions qui te plaisaient beaucoup, c'était la rédaction. Est-ce que la rédaction avec l'IA, c'est toujours aussi intéressant ? AuréliaOui, c'est toujours intéressant. Pour moi, c'est vraiment une aide à la rédaction et j'insiste là-dessus, l'IA nous permet de gagner du temps. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir de compétences rédactionnelles. Ça veut juste dire que dans la première étape de réflexion, l'IA va nous permettre d'apporter un premier jet qu'il faut retravailler par la suite. BertrandUne sorte de brouillon ? AuréliaExactement. BertrandOk. Et ce que je comprends, parce que c'est aussi des questions que l'on a souvent abordées dans ce podcast. C'est toi qui restes la patronne. C'est-à-dire que l'IA ne décide pas de ce qui va être écrit ou publié, c'est toi qui vas corriger l'IA d'une certaine manière ? AuréliaExactement. Tout dépend du prompt, donc de la consigne qu'on va donner à l'intelligence artificielle. Et on reste aux commandes, si je puis dire... BertrandAurélia, dans l'épisode 57, Émeline, qui était interviewée dans ce podcast, a souhaité que l'on ajoute cette question : qu'est-ce qui donne du sens à ton travail ? AuréliaMoi, ce qui donne du sens à mon travail, c'est vraiment la satisfaction client. Mes clients sont mes collègues et à partir du moment où mes collègues sont satisfaits du travail que je vais fournir et livrer, moi, c'est ce que je recherche. Ça veut dire qu'on a réellement collé au besoin du client, de mes collègues, qu'on a su saisir leurs attentes et y répondre au plus juste. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire à la fois une capacité d'écoute pour bien comprendre quelle est la question qui est posée et puis une satisfaction aussi parce que tu as bien répondu ? AuréliaExactement. BertrandOk. Est-ce que ça veut dire que ça te ramène un peu à l'enfance, d'une certaine manière, de bien répondre à la question qui est posée ? AuréliaPeut-être... BertrandOk. En tout cas, c'est ça qui te plaît. Et c'est ça qui te motive dans le travail de tous les jours ? AuréliaExactement. BertrandOk, est-ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose à ceux qui nous écoutent, pour les aider à trouver leur futur job ? AuréliaOui, moi, j'insiste vraiment sur le fait qu'il faut se lancer. C'est ce que je disais tout à l'heure : Si vous aimez écrire, écrivez. Lancez un blog. Si vous aimez le son ou la radio, lancez-vous, faites un podcast. Montrez ce que vous savez faire. N'hésitez pas à me montrer ce que vous savez faire. Et surtout, ne vous contentez pas du minimum. BertrandOk. Se que j'entends aussi, c'est que dans le digital, il faut savoir faire, influencé par l'utilisation des outils, des plateformes. Il faut savoir utiliser ces outils et ces plateformes ? AuréliaOui, exactement. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'outils qui sont à disposition en ligne gratuitement. C'est une chance. Moi, quand j'étais jeune, ce n'était pas le cas. Aujourd'hui, ces outils qui sont parfaitement accessibles et utilisables assez facilement. Donc, il faut vraiment se lancer ! BertrandD'accord, ça rejoint ce qu'on pouvait faire à une époque, faire un book, pour montrer ce que l'on sait faire. Sauf que là, on peut le diffuser un peu partout, sur un blog, sur un podcast, n'importe où ? AuréliaExactement. BertrandOk. Merci beaucoup Aurélia. Est-ce que ceux qui souhaiteraient te contacter peuvent le faire ? Et si oui, comment, pour prolonger la discussion que nous avons eue aujourd'hui ensemble ? AuréliaAlors oui, j'ai souvent des étudiants qui me contactent pour avoir des informations sur ma formation, mon parcours. N'hésitez pas à le faire. Vous pouvez me contacter via LinkedIn. Vous m'écrivez et on conviendra d'un rendez-vous téléphonique. On peut échanger avec grand plaisir. BertrandOk, merci beaucoup Aurélia. On mettra le lien vers ton profil LinkedIn pour que tout le monde puisse te contacter et te poser des questions. AuréliaMerci à toi Bertrand. ### Combien gagne un Consultant Analytics et Tracking ? Consultant Analytics et Tracking Salaire 37 000 € brut/an en débutant +10% variable, jusqu'à 60 000 € brut/an en équipe. Consultant Analytics et Tracking Formation Master école de commerce + formation digitale, certifications Google Analytics, RGPD. Consultant Analytics et Tracking c’est quoi Aide les entreprises à collecter et analyser les données pour améliorer la performance. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Baptiste, Consultant Analytics et Tracking chez Making Science. Écouter le podcast Rémunération d'un Consultant Analytics et Tracking ? Le métier de Consultant Analytics et Tracking consiste à aider les entreprises à collecter, analyser et interpréter leurs données digitales afin d'optimiser la performance de leurs sites et campagnes. Baptiste Lagae, Consultant Analytics et Tracking chez Making Science, dévoile les salaires auxquels peuvent prétendre ces spécialistes de l’analytics. Salaire débutant d'un Consultant Analytics et Tracking Selon Baptiste, un consultant junior débute généralement autour de 37 000 € bruts annuels, assortis d'environ 10 % de variable. Cette rémunération d’entrée dépend notamment de la taille de l’agence, du secteur d’activité du client et de la maîtrise des outils comme Google Analytics 4 ou Google Tag Manager. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d’expérience, un Consultant Analytics et Tracking peut faire évoluer son salaire de manière significative. Baptiste précise qu’un Team Lead touche en moyenne entre 55 000 € et 60 000 € bruts par an, tandis qu’un Head of Data peut dépasser les 65 000 €, variable compris. Le passage à des responsabilités managériales (pilotage d’équipe, P&L, stratégie data) est souvent le principal levier pour atteindre ces niveaux de rémunération plus élevés. Facteurs influençant la rémunération Baptiste explique que plusieurs variables impactent la rémunération : l’expertise sur des outils spécifiques (certifications Google Analytics 4, Tag Manager, RGPD), la taille et le positionnement de l’agence, le type de clients (grands comptes internationaux vs PME locales), ainsi que la capacité à générer un réel « business impact » et à facturer un variable élevé. Quelles perspectives salariales pour un Consultant Analytics et Tracking ? ### Consultant Analytics et Tracking - Baptiste Lagae Tout savoir sur le métier de Consultant Analytics et Tracking : missions, salaire et parcours Nous avons le plaisir de recevoir, Baptiste Lagae, Consultant Analytics et Tracking chez Making Science. Ensemble, nous explorons des questions essentielles : Quel salaire peut-on espérer dans ce domaine? Quelles sont les missions principales? Quels défis uniques pose cette profession? Comment devient-on Consultant Analytics et Tracking? Quels diplômes sont nécessaires? Merci à Baptiste Lagae, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Consultant Analytics et Tracking Salaire 37 000 € brut/an en débutant +10% variable, jusqu'à 60 000 € brut/an en équipe. Consultant Analytics et Tracking Formation Master école de commerce + formation digitale, certifications Google Analytics, RGPD. Consultant Analytics et Tracking c’est quoi Aide les entreprises à collecter et analyser les données pour améliorer la performance. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Baptiste Lagae  –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de consultant Analytics et Tracking BertrandMerci beaucoup Baptiste d'avoir accepté l'invitation du gain de pain. Tu es Consultant Analytics et Tracking chez Making Science. On va avoir l'occasion d'y revenir et de regarder ça dans le détail. Mais avant, est-ce que tu peux te décrire en quelques mots ? BaptisteBien sûr. J'ai 24 ans. Je m'appelle Baptiste Lagae LinkedIn, je viens de Toulouse, même si ça ne s'entend pas forcément. J'ai fait un bac S, suite à quoi j'ai fait une double licence économie et mathématiques à la Toulouse School of Economics. Et après cette double licence, j'ai décidé de rejoindre l'EM Lyon en quatrième année dans le programme Grande École. BertrandBeau parcours. Est-ce que maintenant, tu peux nous raconter ton parcours professionnel, c'est-à-dire les entreprises dans laquelle tu as travaillé avant celle dans laquelle tu es aujourd'hui ? BaptisteOui, j'ai fait un stage de césure à Quantior en Slovaquie, qui est une entreprise française dans laquelle j'étais en tant que sales. Et suite à ça, j'ai fait un stage de fin d'études à Making Science, qui s'est prolongé en CDI. BertrandOk, excellent. Donc, Making Science. Est-ce que tu peux décrire cette entreprise ? Que fait-elle ? BaptisteBien sûr. Making Science, c'est une entreprise internationale spécialisée dans le marketing, la data et la tech. C'est une agence qui accompagne ses clients dans leur transformation digitale. Et j'y suis en tant que Consultant Analytics et Tracking depuis ma prolongation en CDI, à savoir en juillet 2024. BertrandMerci beaucoup, Baptiste. Est-ce que maintenant, tu peux expliquer ton rôle et tes différentes missions quotidiennes ? BaptisteMon rôle, ça va être d'aider les entreprises à comprendre leurs utilisateurs et donc à collecter de la donnée. Et pour ça, je vais avoir trois missions principales. La première, ça va être l'audit de site. La deuxième, ça va être l'implémentation de solutions de mesure. Et la troisième, ça va être le conseil. BertrandD'accord. Si on vient sur chacune de ces missions, l'audit de site web, ça veut dire quoi ? BaptisteC'est un peu la première étape qu'on va faire dans la majorité des cas. On va venir regarder sur le site web qui est actuellement en place. Ça peut être tout ce qui est attrait aux législations, aux lois qui sont en place sur la protection de données... BertrandD'accord, donc le RGPD, le Règlement Général de la Protection des Données, par exemple ? BaptisteExactement. Ou alors tout simplement les solutions qui ont déjà été déployées. Et qui vont ensuite nous amener sur la deuxième typologie de mission où là, on va pouvoir soit les retravailler, les améliorer, soit en implémenter de nouvelles en fonction des besoins de nos clients. BertrandSur la phase d'audit, on va aussi regarder quels sont les outils de mesure qui sont déjà implémentés pour voir si on continue avec ces outils de mesure ou si on en met de nouveaux ? BaptisteExactement. Même si dans la majorité des cas, on va restreindre l'audit à certaines solutions qui sont déjà déployées, par exemple. Ça dépend de la typologie de projet qu'on va avoir avec nos clients. Mais en effet, on peut faire un audit global de site où on va venir regarder les solutions déjà déployées de manière générale et améliorer certaines d'entre elles ou déployer de nouveaux outils. BertrandQuand on a préparé cette interview, tu as parlé d'outils. On peut dire deux mots là-dessus : Google Analytics et Tag Manager. Ce sont vraiment les outils que vous utilisez quotidiennement ? BaptisteOui, exactement. Ça va dépendre, encore une fois, de nos clients. Chaque client va être sur des outils différents, mais les outils que tu as cités, Google Analytics et Google Tag Manager, sont des leaders sur le marché. Ce sont clairement les outils les plus utilisés. Je pense que dans la majorité des cas, ce sont ceux sur lesquels on va venir travailler. BertrandD'accord. On a dit une première mission d'audit, une deuxième mission de mesure et après, tu as parlé d'une mission de conseil ? BaptisteExactement. Tout ce qui touche au conseil ou à l'accompagnement, le support de nos clients. On va venir les guider, les diriger pour les faire progresser dans leur maturité digitale sur tout ce qui touche à l'analytics, aux solutions qu'on vient de citer. C'est aussi une partie très importante de notre métier. BertrandQuand tu dis conseil, il y a l'accompagnement, ça veut dire améliorer les performances du site ? Ça veut dire plus de conversions ? Plus de client ? La recherche d'audience ? Ce sont toujours ces objectifs-là qu'on poursuit ? BaptisteC'est une très bonne question. En réalité, les objectifs peuvent être assez divers, mais je dirais que l'objectif principal qu'ont la majorité de nos clients, c'est ça : améliorer les conversions, la performance. Nous, le travail qu'on va venir faire dans l'analytics, ça va être, de comprendre les utilisateurs. Mais aussi d'enrichir toute la donnée qui est collectée, que ce soit pour des humains qui vont venir faire des analyses. Mais aussi des algorithmes et des robots qui vont venir ensuite améliorer et optimiser la performance marketing et l'acquisition. BertrandÇa veut dire que ça va plus loin. On n'est pas juste en train de compter ce qui se passe, on est aussi en train de réfléchir à la façon dont on va l'implémenter pour que ça marche encore mieux ? BaptisteExactement. Comment on va venir ajouter des signaux, enrichir la donnée collectée pour améliorer le marketing de manière générale. BertrandOk, excellent. C'est très clair. Est-ce que maintenant, tu peux nous dire pourquoi ou plutôt peut-être comment, d'ailleurs, tu as choisi ce métier ? BaptisteOui. Je pense que comme bon nombre de nos auditeurs, à un moment, j'ai recherché un stage de fin d'études. J'avais eu des expériences passées qui m'ont poussé vers le marketing digital. En tout cas, j'avais une grosse appétence pour ce secteur-là. Donc, pour moi, c'était très important que ce choix de stage de fin d'études soit dans ce secteur. BertrandD'accord. Donc, c'est d'abord le secteur en un qui t'a influencé ? BaptisteExactement, en un, le secteur. Je dirais qu'il y a trois gros points. Le deuxième, c'est le fait qu'il me fallait que je rentre dans une équipe qui était ambitieuse. Une boite qui avait pour vocation de grossir, parce que je considérais que c'est là où j'allais pouvoir développer le plus d'opportunités. BertrandÇa rejoint un peu les premières expériences que tu as eues ? C'est-à-dire un truc de sales, quand même ? BaptistePeut-être, en tout cas, ce challenge, mais aussi, c'était dans une optique de projection. Parce que je considérais, que les stagiaires de fin d'études allaient se voir confier plus de responsabilités et donc que le stage allait être plus stimulant et plus enrichissant. BertrandD'accord. Et puis, il y a une troisième raison dont tu as parlé quand on a préparé ça, c'est que tu savais qu'en rentrant dans ce stage, il y avait des possibilités d'embauche ? BaptisteExactement. C'était pour moi très important de pouvoir convertir en CDI. Je me rappelle encore que j'avais eu plusieurs propositions et que certaines, on m'avait dit catégoriquement que c'était juste un stage et j'avais refusé, mis de côté ces propositions. BertrandD'accord. Et ça, tu as plutôt réussi, tu as fait le bon choix en termes de secteur, en termes d'entreprise et en termes de job, puisque tu as été embauché ? BaptisteTout à fait. Même si j'aimerais ajouter qu'à l'époque où j'ai choisi mon stage, je ne savais pas vraiment où je mettais les pieds. Il y avait certes ces critères qui allaient guider mon choix, mais je n'avais pas une grande connaissance de ce qui était l'analytics et le tracking. J'ai réellement été formé et je suis tombé en quelque sorte amoureux de ce secteur-là en travaillant, en pratiquant et en me familiarisant avec tout cet écosystème. BertrandBaptiste, est-ce que tu peux nous dire quelles sont les principales qualités ou compétences qu'il faut pour faire ce job ? BaptisteOui, je dirais que pour moi, il y en a trois. Ça va être la rigueur, la proactivité et le relationnel. BertrandD'accord. Si on s'arrête sur la rigueur, qu'est-ce que ça veut dire concrètement la rigueur dans ton métier ? BaptisteLa rigueur dans mon métier, c'est très important parce qu'on fait de la mesure. Donc, il faut qu'on soit précis dans tout ce qu'on va faire. Que ce soit dans l'audit, dans le déploiement de solution. On va utiliser certains outils qui nécessitent cette rigueur. On parle souvent d'Excel. Nous, on utilise Google Spreadsheets. Après, il ne faut pas avoir peur forcément de ces outils. Moi, je m'en sers beaucoup pour formaliser certaines actions ou certaines implémentations. On ne va pas utiliser des formules très compliquées. Ça va servir de reporting avec le client et pour s'assurer qu'on est tous alignés sur ce qui est mis en place et sur la continuité de la mission. BertrandDonc, dans Rigueur, il ne faut pas avoir peur des chiffres et il faut être très précis sur les chiffres. C'est ça que ça veut dire ? BaptisteOui, exactement. BertrandAprès, tu as dit la proactivité. Ça, ça m'intéresse plus de creuser un peu cette idée, ça veut dire quoi, la proactivité, dans ton métier ? BaptisteProactivité, pour moi et dans mon métier, je pense que c'est la capacité à prendre des initiatives, à aller de l'avant, même quand on est face à une situation qui ne nécessite pas forcément d'actions immédiates. C'est savoir être force de proposition parce qu'on accompagne des clients, mais aussi, car on est dans un secteur qui change beaucoup. Donc, il faut savoir faire de la veille, il faut savoir se mettre à jour et il faut savoir, justement, proposer ces nouvelles solutions à nos clients, les partager avec nos collègues si nécessaire. En conséquence, être proactif. BertrandÇa veut dire être proactif à la fois vis-à-vis des clients en proposant des choses auxquelles ils n'avaient pas pensé. Ça veut dire aussi être curieux pour comprendre un peu ce qui se passe dans ton environnement ? BaptisteBien sûr, curiosité nécessaire, parce que sinon, on va être laissé de côté d'une certaine façon. On a besoin d'apprendre les nouvelles solutions qui sont déployées. Même des acteurs très connus et qui sont déjà bien installés, comme Google, proposent de nouveaux produits très souvent. Et nous, notre rôle, c'est aussi de venir pousser ces nouvelles les solutions et de faire en sorte que nos clients les adoptent. Donc oui, il y a une curiosité qui est nécessaire. BertrandOk, c'est très clair. Et après, tu as parlé de relationnel. Là aussi, il faut expliquer ça. Le relationnel pour un consultant, ça veut dire quoi ? BaptistePareil, Je pense qu'en répondant aux deux premiers points, on en a déjà pas mal parlé, mais le fait de pouvoir supporter et accompagner un client, c'est très important quand on est consultant. C'est ce qui va permettre aussi d'établir une relation de long terme quand on part initialement sur un projet limité dans le temps. Je considère que c'est une compétence très importante en tant que consultant. Après, quelqu'un qui fait du tracking et de l'analytics et qui est en interne dans une entreprise, peut-être que là, ce sera moins à prioriser, même si ça reste toujours un plus comme dans tout métier, je pense. BertrandQuand on a préparé cette interview, tu as aussi dit qu'en tant que consultant, tu étais en première ligne devant les clients. C'est C'est aussi ça que ça veut dire. Lorsque l'on est en première ligne, on représente son agence et donc forcément, le relationnel, c'est important ! BaptisteExactement. J'aimerais reprendre un terme que mon manager utilise qui s'appelle le "business impact". Il considère que c'est une caractéristique des consultants. Il y a des consultants, par exemple, qui vont avoir un impact business plus important que d'autres. C'est vraiment une caractéristique importante de notre métier. Un business impact, qu'est-ce que c'est ? C'est quelqu'un qui va réussir à peut-être déceler de nouvelles opportunités. Élargir des enveloppes, de nouveaux projets, même si ce n'est pas lui qui va les traiter, il va pouvoir faire la passe à ses collègues ou à d'autres personnes... BertrandD'accord, une passe décisive ? BaptisteUne passe D, exactement ;-)) BertrandOk, et ça rejoint un peu ce que tu nous as dit tout à l'heure quand tu as parlé de ton parcours. Tu as eu une expérience sales. On retrouve un peu cette expérience. Il faut être effectivement en phase avec le client ? BaptisteC'est ça. Il ne faut pas avoir peur, vu que je sais que Le sales, des fois, ça peut faire un peu peur comme métier. Mais en fait, pour moi, c'est à chaque fois presque du bonus. C'est-à-dire que vous allez être vraiment au courant de tout ce qui se passe pour le client. De toutes ces solutions que vous êtes en train de déployer et vous allez savoir ce qui est bon pour lui avec votre expertise. Et donc, ça va être tout naturel de venir lui proposer de nouvelles solutions, des opportunités qui répondent à ses besoins. D'après votre expertise, il n'y aura pas cet effort commercial qu'on peut retrouver ailleurs ou en tout cas dans des préjugés ou dans des clichés. BertrandLà, le commercial, il s'appuie sur quelque chose de factuel que tu connais bien et évidemment la connaissance de ton client ? BaptisteExactement. BertrandOk, excellent. Ça me paraît très clair. Merci beaucoup, Baptiste. Quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus dans ton métier et celle qui te plaît le moins ? BaptisteCelle qui me plaît le plus, c'est l'aspect stratégie ou alors gestion de projet. Ça va être le travail qu'on peut faire en amont avec un client. Où on va venir établir ce qu'on appelle une roadmap, un plan d'action. On va définir plusieurs projets qui sont en synergie entre eux et les traiter les uns après les autres ou parallèlement. Et ça, dans le but de répondre aux besoins qu'on aura identifiés initialement. Là, c'est si jamais on démarre quelque chose de nouveau avec un client, si jamais on est en cours de projet, ça va être venir peut-être pivoter sur certains axes. Pour répondre à de nouvelles demandes, de nouvelles solutions qui sont poussées. Cet aspect-là, je l'aime bien vu qu'il est un peu plus... Je vais faire un anglicisme, mais c'est "high level", ou stratégique. Et la tâche que j'aime le moins, c'est à l'inverse une tâche très opérationnelle que sont les recettes. Donc, ceux qui sont dans l'IT, je pense qu'ils comprendront de quoi je parle. BertrandCe ne sont pas les recettes de cuisine ? BaptisteCe ne sont pas les recettes de cuisine, exactement. Ce sont les recettes informatiques. Et ça va être de vérifier que tout fonctionne correctement au niveau de ce qu'on appelle des tags, donc des morceaux JavaScript pour vulgariser. Ça peut être autre chose aussi, les recettes, mais globalement, ça va être vraiment un travail de vérification. Et ça peut être assez redondant et répétitif, même si c'est absolument nécessaire quand on a un nouveau site, une refonte, des changements importants sur le tracking. BertrandOk, c'est très clair. Alors, Baptiste, attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un consultant analytics et tracking ? BaptisteUn consultant analytics et tracking, je dirais que ça dépend beaucoup de son expérience, de son ancienneté, même des outils sur lesquels il a pu travailler. Parce qu'un consultant qui a travaillé sur beaucoup d'outils aura une plus forte valeur ajoutée. Globalement, d'après ma connaissance, un consultant junior, il gagnera en entrée 37 000 € bruts annuels avec 10% de variable. BertrandLe variable, ça peut aussi dépendre des entreprises en fonction de ce qui se passe dans le secteur ? BaptisteC'est ça, exactement. Même si, en tout cas dans mon agence, on a plus ou moins l'assurance d'avoir 100% de notre variable, si on a bien fait notre travail, peu importe des fluctuations de business. Et bien sûr, ensuite, si on évolue, on a de belles courbes de progression salariales. Où ce qu'on appelle un Team Lead, un manager d'équipe, peut gagner 55 000 € bruts à l'annuel, 60 000 € bruts à l'annuel, voire plus. Notamment s'il passe Head of Data, qui va être la personne qui va diriger le département Data. Sachant que son variable, à ce moment-là, va être probablement plus indexée sur des résultats d'équipe, sur du P&L, sur ce genre de choses, alors qu'en tant que consultant opérationnel, on a moins cet aspect-là. BertrandD'accord. Baptiste, tu peux nous dire quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever dans ton métier ? BaptisteOui. Pour moi, il y en a eu deux, mais qui sont très liés. Ça va être de monter en compétence rapidement pour gagner en autonomie. Et aussi de surpasser le syndrome de l'imposteur, qu'on peut avoir quand on commence un nouveau métier, et particulièrement quand on est en stage de fin d'études et qu'ensuite, on prolonge en CDI. Pour moi, la complexité, elle venait du fait qu'on était directement mis au contact des clients. Et qu'il fallait justement qu'on ait cette posture de consultant qu'on était légitimes. Mais il y avait quand même ce truc où on venait de sortir d'études, on venait d'avoir notre premier CDI. Moi, par exemple, je n'étais même pas encore diplômé de mon école à ce moment. Ça, c'est un point délicat que moi, j'ai eu et que j'ai vu chez d'autres personnes que j'ai pu accompagner, des stagiaires qui sont arrivés chez nous, certains consultants. Un défi qui était important et que je pense qu'il faut réussir à le surmonter. BertrandSurmonter le syndrome de l'imposteur ? BaptisteSurmonter le syndrome de l'imposteur, exactement. Avoir confiance en soi, en particulier quand on est légitime pour avoir confiance en soi. C'est important. BertrandOk. Est-ce que tu aurais envie aujourd'hui de changer quelque chose dans ton parcours ? BaptisteHonnêtement, non, je considère que chaque étape franchie, même celles qui n'ont pas forcément de lien avec ce que je fais aujourd'hui. Elles ont aidé à me construire, à construire mes envies, ce que je suis. Donc, je ne changerai rien. Par contre, bien sûr, il y a eu des échecs. Tout n'a pas toujours été rose, mais je ne changerai rien pour le coup. BertrandLa communauté du gain de pain nous interroge beaucoup autour de l'anglais, qui est un sujet important pour ceux qui nous écoutent. Est-ce qu'il faut une bonne connaissance en anglais pour faire ce métier ? BaptisteBien sûr, ça dépend du contexte de l'entreprise que vous allez rejoindre. Si, par exemple, vous êtes en agence et que vous avez des clients qui sont anglais, alors là, oui, un bon niveau sera demandé. Par exemple, nous, on travaille avec des clients du Royaume-Uni. Ça m'est arrivé d'aller en déplacement professionnel là-bas. Si là, vous n'avez pas quelques bases en anglais, c'est assez challengeant. BertrandOui, ça va être difficile ? BaptisteAprès, en interne, si vous n'êtes pas consultant, je pense que ça dépend si votre boite est internationale. Moi, par exemple, certains clients aussi avec qui je travaille en France sont des gros groupes et dedans, il y a des équipes internationales. Et donc, même si on est basé en France, on doit savoir parler anglais. S'il n'y a pas tout ça, normalement, ce n'est pas forcément un must. BertrandJe comprends ta réponse, mais est-ce que quand même les outils que vous utilisez, on a parlé du tracking tout à l'heure, des outils de Google, notamment. Est-ce que ce n'est tout de même pas plus facile de les manier avec une bonne connaissance de l'anglais ? BaptisteSi, c'est plus facile. En réalité, c'est quand même plus simple. En plus, comme on l'a dit ensemble, il y a beaucoup d'anglicisme, donc il faut réussir à comprendre ça, même si ça s'intègre assez facilement dans notre langage quotidien. BertrandOk. Est-ce que tu pourrais également nous dire quelles sont, selon toi, les bonnes formations ? Que vois-tu autour de toi parmi les gens qui font le même métier que toi ? C'est quoi le Le dénominateur commun ? BaptisteLe dénominateur commun, ça reste l'école de commerce, avec un programme Grande École ou équivalent. Je pense que ça peut être très bien de le compléter avec une formation digitale. Aujourd'hui, je sais que nous, on recrute, par exemple, des stagiaires qui n'ont pas forcément cette formation digitale parce qu'on veut les former de A à Z. Mais ça reste quand même un vrai plus. Même dans nos recrutements, on sait le reconnaître quand certains candidats disposent de cet avantage. Je dirais formation classique pour ce métier, ce serait école de commerce jusqu'au master et ensuite une formation digitale pour comprendre de quoi on parle. BertrandEt toi, est-ce que quotidiennement, tu continues à te former ? Et si oui, comment ? BaptisteC'est obligatoire de faire de la veille dans notre métier, de continuer à apprendre. Nous, en tant que partenaire Google, en tout cas dans mon agence, on a accès à certaines ressources qui nous sont données de manière hebdomadaire ou quotidiennement. Qui font que c'est assez facile de continuer à apprendre. Après, évidemment, on fait certains efforts de recherche aussi et de veille pour ne pas être à la marge du marché. Moi, ce que je recommande et la façon dont je fonctionne, c'est simplement de m'inscrire à des newsletters de qualité. De les recevoir et ensuite de prendre un temps sur mon temps de travail, le lundi ou le vendredi, pour connaître ces nouvelles solutions, connaître ce qui se passe et rester au courant de tout ça. BertrandEst-ce qu'il y a également des certifications professionnelles qui sont utiles et importantes pour ton métier ? BaptisteOui, il y en a pas mal. En fait, elles sont nécessaires parce qu'on va aussi avoir un statut de partenaire via ces certifications. Donc, elles sont obligatoires pour nous. Mais je les recommande aussi si vous y avez accès pour d'autres personnes qui ne sont pas forcément encore dans ce métier, qui veulent comprendre et apprendre sur ce métier-là. Des certifications, par exemple, orientées sur certaines plateformes très utilisées comme Google Analytics 4, qui dispose de sa propre certification. Google Ads, c'est pareil, même si là, ça va être une plateforme plus liée à la performance marketing. Mais toutes ces plateformes ont leur certification et ça peut être intéressant de commencer à y jeter un œil avec ces certifications. BertrandTu as parlé aussi quand on a préparé cette interview de la certification RGPD, donc Règlement Général de la Protection des Données, C'est aussi quelque chose sur lequel tu es formé ? BaptisteExactement. C'est un sujet très important. La protection des données est un sujet de plus en plus important, même pour tout un chacun. Et c'est important pour nous, lorsqu'on va déployer une solution, de s'assurer qu'elle soit RGPD. C'est un must. La plupart du temps, même, on va avoir des DPO qui vont venir apporter leur approbation à certaines solutions qu'on va déployer. BertrandOui, DPO pour Data Protection Officer c'est un métier dont on a déjà parlé dans le podcast. , ce sont les métiers qui vont vérifier que les données sont bien protégées par l'entreprise ? BaptisteExactement. BertrandOk, excellent. Est-ce que tu peux également nous parler des meilleures ressources disponibles sur Internet que tu consultes assez régulièrement et en donner quelques-unes pour ceux qui nous écoutent ? BaptisteBien sûr. Les meilleures ressources, pour moi, elles proviennent des meilleurs consultants ou des meilleurs professionnels du métier, en tout cas. En premier, pour les débutants ou intermédiaires, je recommande Analytics Mania, qui est présent sur YouTube, qui est très connu dans le milieu. Ça ne va pas forcément être des sujets très avancés, mais c'est une très bonne première approche. Vous allez comprendre chaque plateforme, quelle est sa valeur ajoutée dans cet écosystème. BertrandPour ceux qui nous écoutent, on mettra un lien direct dans les commentaires du podcast pour retrouver Analytics Mania. BaptisteEnsuite, un professionnel que je suis beaucoup, c'est Simo Ahava, qui est très connu dans le milieu. Il propose de nouvelles solutions sur les stacks sur lesquelles on opère, comme Google Tag Manager, qui fait beaucoup de documentation dès qu'il y a de nouveaux projets Google qui sortent. Donc aussi un nom que je recommande qui a sa propre newsletter. Ensuite, juste une newsletter que je recommande d'une autre agence qui est basée à Lyon, qui s'appelle Boryl. Qui m'a beaucoup aidé, en particulier quand j'étais en stage et que je feuilletais toutes les semaines. Et qui m'a permis de comprendre un peu tous ces sujets et même commencer à me familiariser avec des sujets un peu plus avancés... BertrandExcellent. Merci beaucoup. L'intelligence artificielle, Baptiste, est-ce qu'elle a déjà un impact sur ton métier ? Et si oui, comment, à la fois d'un point de vue peut-être personnel, mais aussi du point de vue de ton agence ? Comment tu vois les choses ? BaptisteOui, elle a un impact. Je pense que la question est très bien posée parce que justement, il va y avoir un impact sur mon utilisation perso, mais aussi au niveau de l'agence, où on va venir proposer de nouvelles solutions. Donc, d'abord, si je détaille un peu mon utilisation perso, ça me fait gagner beaucoup de temps. De ce fait, tout ce qui va être la gestion des emails, le reporting clients, toutes les tâches qui sont assez répétitives et qui peuvent être automatisées. On va venir utiliser certaines solutions pour s'épargner ça. Bien sûr, par exemple, je prends un email aujourd'hui, même si c'est un peu le Use Case que qui utilise beaucoup de personnes sur l'IA. On va venir quand même vérifier ce qui est écrit, mais ça nous sert toujours. Et sur tout ce qui est les tâches opérationnelles et répétitives, là, c'est un vrai gain. BertrandEst-ce que tu utilises, par exemple, aussi le compte rendu de réunion ? C'est des choses que vous utilisez quand vous faites des visios pour faire un compte rendu ? BaptisteJustement, on a Gemini, qui est directement intégré à Google Meet aujourd'hui et qui nous envoie un email avec le compte rendu. Honnêtement, j'essaie plus de le désactiver actuellement parce que la qualité n'est pas encore au rendez-vous, mais je n'ai pas de doute que dans les mois à venir, ce soit le cas. J'avais déjà vu ça aussi pour Microsoft. Mais pour l'instant, ce n'est pas forcément le Use Case qu'on utilise de plus. BertrandAu niveau de ton agence, ça se passe comment ? BaptisteAu niveau de mon agence, c'est surtout un besoin de ne pas être en marge, pareil, en tant qu'agence. De proposer des solutions à nos clients qui intègrent ces technologies. On a des produits comme Ad Machina, OptiPhi, qui sont déployés sur le marché. D'autres qui sont en développement, qui vont venir. Par exemple, je prends l'exemple d'Ad Machina, qui vont venir aider à la création de campagne, avec les descriptions de produits, ce genre de choses. Après, vu que je ne fais pas de performance marketing, je ne vais pas m'étaler sur ce produit... BertrandMais ça existe déjà. C'est déjà des choses que vous proposez ? BaptisteVoilà, exactement. BertrandDans un ancien épisode, Lorène, que l'on a interviewé, a souhaité qu'on pose cette question aux futurs interviewés. "Comment est-ce que tu vois ton métier dans 5 ou 10 ans ?" BaptisteTout à fait. Pour ma part, je le vois totalement différent. En tout cas, je l'espère. Je serais assez déçu s'il n'avait pas changé. Notamment parce qu'on vient de discuter de l'IA. Ce sont des choses qui vont très vite et qui nous impactent fortement, même en dehors du reporting, des gains de temps, dans le métier en lui-même aussi, dans les intégrations aux solutions. Par exemple, GA4, qui propose aujourd'hui d'avoir des insights, des indices comportementaux sur les utilisateurs avec l'IA. Aujourd'hui, c'est assez basique, mais demain, par exemple, on va pouvoir juste rentrer une requête dans la solution du style : "Donne-moi tous les utilisateurs de cette tranche d'âge qui ont effectué tel comportement ou qui sont plus susceptibles d'acheter tel produit" et il va pouvoir sortir des graphiques, des informations sur ça. Donc, je pense que ce métier est voué à évoluer et je l'espère, parce que c'est encore plus intéressant. BertrandOk, excellent. C'est pas mal comme élément pour terminer cette interview, mais en conclusion, qu'est-ce que tu souhaiterais ajouter ? Est-ce qu'il y a des choses qu'on n'a pas évoquées et que tu as eu envie de partager pendant cette interview ? BaptistePeut-être oui, juste pour nos auditeurs, de ne pas avoir peur de tout cet écosystème qui peut être effrayant. Parce que finalement, quand vous allez mettre votre premier à pied à l'intérieur, vous allez voir que tout se connecte. Chaque connaissance que vous allez accumuler va vous permettre d'atteindre un nouveau palier, de voir de nouvelles choses qui vont toutes avoir du sens les unes avec les autres. Nous, on parle de tracking, mais on doit aussi comprendre ce que c'est que la performance, on doit aussi comprendre ce que c'est que le CRO (Conversion Rate Optimization ou optimisation du taux de conversion), qui est l'optimisation de sites pour améliorer les taux de conversion. On travaille en synergie avec toutes ces équipes, ce qui permet aussi d'avoir pas mal de passerelles dans ce secteur. Donc, ne vous inquiétez pas, une fois que vous rejoignez un de ces métiers, parce que vous aurez l'opportunité de changer et d'aller découvrir de nouvelles choses. BertrandOk, en conséquence Analytics et Tracking, ça ne doit pas faire peur et il faut y aller ? BaptisteExactement. BertrandEt Making Science, ça ne doit pas faire peur non plus. Il faut y aller ! Comment peuvent faire ceux qui ont aimé cette interview avec toi et qui auraient envie de te poser des questions complémentaires, ou de poursuivre la conversation avec toi ? C'est quoi la meilleure façon pour te contacter ? BaptisteClairement, LinkedIn. Donc, Baptiste Lagas sur LinkedIn. N'hésitez pas à me poser toutes vos questions, que ce soit directement lié à ce métier ou sur l'écosystème de manière générale. Et sachez que Making Science recrute . BertrandDonc, ça vous le cout de t'envoyer un petit message ? BaptisteExactement. BertrandBaptiste, merci beaucoup. BaptisteÀ bientôt. Merci Bertrand. ### Prompt Ingenieer - Sami MHIDIA Devenir Prompt Engineer : missions, compétences requises et perspectives de carrière Prompt Ingenieer Salaire Entre 160 000$ et 180 000$ par an en moyenne, jusqu’à 200 000$ pour les meilleurs. Prompt Ingenieer Formation École d’ingé, formations Coursera/Udemy, expérimentation, veille scientifique, anglais. Prompt Ingenieer c’est quoi Développe des prompts pour IA, automatise tâches, crée contenus sur-mesure via l'IA. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Sami MHIDIA –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de Prompt Engineer MajdelineSami est Prompt Engineer ou ingénieur de Prompt (le Prompt est une commande écrite transmise à un modèle de langage ou un système d'IA pour qu'il génère des réponses), un nouveau métier de l'intelligence Artificielle (IA). On va essayer de le découvrir ensemble. Mais avant ça, est-ce que tu peux te décrire en quelques mots ? SamiOui, alors j'ai 26 ans, j'ai fait une école d'ingénieur à l'école centrale de Marseille. Et je suis aussi un serial entrepreneur. J'ai toujours été passionné par l'entrepreneuriat et par l'intelligence artificielle. J'ai grandi en Bretagne, donc pendant 18 ans. J'ai grandi à Pontivy, dans le centre de la Bretagne, qui s'appelle aussi Napoléonville. Ensuite, j'ai fait une classe préparatoire en école d'ingénieur chimiste à Rennes, car au début, je voulais faire de la chimie, c'était ce qui m'intéressait. Puis finalement, je me suis réorienté dans un cursus un peu plus informatique parce qu'il y avait un peu plus d'opportunités dans ce secteur et c'est là que je suis parti à Marseille. Là, ça fait six ans que je suis à Marseille. J'ai fini mes études en juin dernier et je compte m'installer à Marseille. MajdelineD'accord, ok. Comment t'est venue l'idée de travailler sur les Prompts ? SamiAlors, j'ai toujours suivi OpenAI (la société qui a créée ChatGPT) depuis le début. C'est Elon Musk qui avait lancé cette boîte, je crois en 2016. Il avait dit qu'il recrutait des chercheurs pour pouvoir travailler sur le domaine de l'IA. Donc j'ai suivi à partir de ce moment-là. Au début, ils ont commencé par faire du Reinforcement Learning. C'est un type d'intelligence artificielle dans lequel on va mettre un agent qui va agir dans un environnement et qui va récupérer des récompenses et qui peut faire des actions. Par exemple, si on a envie de faire une intelligence artificielle qui va jouer à Mario Kart. Donc les actions qu'on va pouvoir faire, ça va être sauter en l'air, aller à droite et à gauche. Et la récompense qu'elle va obtenir, c'est le nombre de pièces qu'elle a eu, le temps qu'elle a mis à finir le niveau, etc. Et elle va chercher à maximiser les récompenses qu'elle a en testant toutes les actions possibles. C'est-à-dire d'essayer de finir le jeu le moins de temps possible tout en récupérant le maximum de pièces. MajdelineC'est un peu de la gamification ? SamiPlus ou moins, c'est ça. Et on sait que la majorité des animaux, y compris, nous apprennent par le jeu. C'est aussi ce qui leur a permis de développer ChatGPT et d'en faire un succès, car ils ont incorporé ce qu'on appelle le feedback. À savoir que les rewards, donc les récompenses qu'on donnait aux modèles, étaient donnés par l'humain. En mettant des pouces en l'air ou des pouces en bas pour pouvoir guider le modèle vers les réponses qui étaient les plus adéquates et pertinentes. MajdelineEt à l'époque, j'imagine que ça ne ressemblait pas au ChatGPT qu'on a aujourd'hui ? SamiTout à fait. OpenAI a complètement changé le business model en 2020. Et ils ont sorti en juin 2020 un "playground" en beta sur lequel on pouvait accéder aux premiers modèles de ChatGPT. Donc, ce sont des modèles sur lesquels on n'interfaçait pas par du chat. C'était plus ou moins de la complétion, ça veut dire qu'on avait un espace dans lequel on écrivait quelque chose. Et ensuite, ils s'occupaient de continuer la conversation. Il n'y avait pas deux rôles différents, mais un seul rôle, et plusieurs paramètres sur le côté sur lesquels il fallait un peu jouer et bidouiller, afin d'obtenir le meilleur résultat. MajdelineGénial. En quoi consistent vraiment ton métier et ton activité, concrètement ? SamiMon activité va consister à développer des Prompts et à entraîner des modèles ou à créer des templates de front qui vont permettre d'automatiser la génération de documents ou la réponse à des questions. Par exemple, il y a une des sociétés que je suis en train de monter, sur laquelle on développe une machine de prospection automatique. Elle va permettre d'envoyer des messages sur LinkedIn, ou par d'autres canaux, de manière automatisée, avec des messages personnalisés. Ce que l'on va faire en premier, c'est d'extraire le persona, détecter différents "pain points" émotionnels, des éléments, critiques, etc. Ensuite, on va venir générer une liste de questions qui vont nous permettre de découvrir ces différents points. Ensuite, on va avoir des templates d'écriture de messages. On va passer par ce premier Prompt qui va nous générer différentes sections. À partir de ça, on va pouvoir générer une liste de messages à envoyer de manière automatique. Donc ça, c'est une des applications. SamiIl y a d'autres pour la génération de contenu de formation. Avec le GPT Store, on peut développer dans les instructions de prompts et on est capable, par exemple, en un mot, de pouvoir générer une formation entière avec différents modules. Et je peux aussi générer du code, des lettres de motivation. Dans un de mes premiers "use cases", j'avais mis mon CV avec une offre de stage. Et ca générer une lettre de motivation personnalisée qui mettait en avance les compétences de mon CV en lien avec cette offre de stage, etc. Donc ça nous permet de générer du contenu personnalisé, qui soit très bien écrit et a une vitesse bien plus grande que ce que l'on pourrait faire. MajdelineEn fait, tu fais gagner du temps aux autres à travers une grosse recherche de prompts sur pas mal de critères. Pour eux, il suffira d'appuyer sur le bouton pour pouvoir générer ce qu'ils veulent ? SamiTout à fait MajdelineOk, parce qu'on pourrait se dire, moi aussi sur ChatGPT, je sais faire des Prompts, mais en fait, c'est beaucoup plus poussé que ça ? SamiOui, les gens pourraient se dire qu'ils peuvent réussir à expliquer, par exemple, la physique quantique ? Sauf que certaines personnes, ça va leur mettre 2 h et ce sera à peu près compris par l'audience. D'autres personnes vont le réussir à le faire en cinq minutes, en utilisant des bonnes analogies. L'objectif du Prompt Engineering, c'est de trouver deux ou trois petites phrases qui vont réussir à faire comprendre au modèle ce qu'on veut. Sachant qu'ils ne comprennent pas de la même manière que nous, car la communication humaine est très implicite. On va sous-entendre beaucoup de choses parce qu'on sait que l'autre personne va comprendre. Alors qu'avec les modèles d'intelligence artificielle (IA), il faut être le plus explicite possible. Il faut s'imaginer qu'on parle à un bébé... Qui est un génie ! C'est-à-dire qu'il est capable de tout faire, mais il faut être très explicite et très clair avec lui. Il ne va pas être capable de comprendre les sous-entendus... Plus on va réussir à qualifier et à décrire ce que l'on veut du modèle, et plus il va être performant et aller dans la direction que l'on souhaite. MajdelineOK. Pour toi, quelles sont les trois principales compétences requises pour faire ce job ? SamiJe dirais qu'il faut d'excellentes compétences rédactionnelles. Ça veut dire qu'il va falloir manier le verbe et réussir à bien formuler ses requêtes et préférablement en anglais. Ensuite, je dirais qu'il faut être bon en résolution de problèmes. Réussir à identifier les solutions possibles et mettre en œuvre un plan d'action. Quand on est confronté à un problème, il va falloir réussir à le décomposer. Parfois, un prompt ne suffira pas. Ça veut dire falloir décomposer en petites étapes. Majdeline Donc avoir une certaine logique, un raisonnement logique ? SamiOui, Il va falloir avoir un certain raisonnement logique. Et la dernière compétence, c'est la créativité. C'est quelque chose d'essentiel qui va permettre de découvrir de nouvelles méthodes et de temps en temps des choses qui paressent insoupçonnés peuvent s'avérer être des méthodes de comptine très puissante. Par exemple, une chose que j'avais découverte sur une publication scientifique qui permettait d'augmenter fortement la qualité des réponses du modèle qui est de lui dire : "Take deep breath and think step by step". Ça veut dire prend une grande inspiration, souffle un bon coup et ensuite réfléchit étape par étape. Majdeline Et ça marche ? MajdelineOui, ça marche. On s'est aussi rendu compte sur une publication scientifique que les modèles d'IA sont sensibles aux stimuli émotionnels. Lui dire : "c'est très important pour ma carrière". Ou alors "ton travail acharné, va donner de très bons résultats". Ou lui demander si "il est bien sûr de ce qu'il répond, avant de répondre". C'est des petites combines qu'on va rajouter soit au début, soit à la fin du Prompt qui vont permettre de donner des résultats qui vont être bien meilleurs. MajdelineL'IA a un manque de confiance en elle. Il faut la booster en fait ? SamiC'est ça et c'est là que la créativité entre en jeu. Parce que celui qui a pensé à dire à l'IA "respire un bon coup", et ensuite "réfléchit étape par étape", c'est quelque chose qui n'est pas très conventionnel. Il faut être capable de remettre en question la manière parle à un robot pour y introduire des petites formules magiques. Majdeline Ok, bon à savoir. Dans ton métier, quelle est la tâche qui te plait le plus et celle qui te plait le moins ? SamiLa tâche qui me plait le plus, ça va être l'expérimentation, la découverte de nouvelles techniques, l'optimisation. Réussir à évaluer quelle va être la différence entre les réponses que vont me donner le même prompt sur différents modèles comme chatGPT 3.5 ou ChatGPT 4, Mistral ou Claude. J'aime bien comparer l'influence des prompts. Et aussi faire de la bibliographie scientifique, ça veut dire faire de la recherche, voir les nouvelles méthodes. C'est la découverte et l'expérimentation qui me plaît le plus. Majdeline Avoir les mains dans le cambouis et celle qui te plaît le moins ? SamiAlors ce qui me plaît le moins, c'est de prendre le temps de documenter toutes les méthodes que je découvre, construire une bibliothèque. Je suis quelqu'un d'assez désorganisé et donc de devoir organiser tout ce qui se passe dans ma tête, le mettre sous écrit pour créer des bibliothèques que les autres puissent réutiliser. Mais quand on travaille dans des entreprises ou avec des clients, il faut pouvoir documenter, créer des guides de bonnes pratiques. C'est essentiel, alors je le fais quand même, mais c'est une tâche qui est moins fun. MajdelineOuais, je comprends. Samy Attention, la question Gagne-Pain et je pense que ça intéresse pas mal de monde. Combien ça gagne un Prompt ingénieur ? SamiLes salaires sont très variés. Ça peut aller jusqu'à 200 K$ par an. Mais je dirais que la moyenne, ça va être entre 160K et 180K$ par an. Une offre d'emploi de prompt engineering publiée par le groupe Bloomberg a beaucoup fait parler en mars 2023 : le salaire annoncé était de 335K$ par an !!! le salaire de Prompt ingénieur, ou comme je l'appelle de "Dresseur d'IA", devrait devenir d'ici à deux ans un des métiers les plus demandés sur le marché. J'ai notamment reçu plusieurs offres pour des emplois à 200K$ ! MajdelineC'est dingue ! SamiOui. C'est assez impressionnant. Mais après quand on regarde la productivité que ça peut faire gagner, particulièrement quand on arrive à un niveau un peu plus avancé. On peut créer des agents autonomes qu'on va faire discuter entre eux. C'est ce qu'on peut faire avec Meta GPT. On va créer une équipe, on va leur donner un budget, ensuite, on va créer un système designer, on va créer quelqu'un qui va être capable de générer du code, quelqu'un qui va définir comment dire les "user journey" etc. Ensuite ces agents-là vont interagir entre eux de manière automatique, rebondir et ensuite créer chacun des documents un par un jusqu'à arriver à un produit fini. Donc ce qui fait qu'on peut automatiser quasiment toute une équipe à une très grande vitesse. Ce qui fait que, si on arrive à bien manier les Prompts, on peut démultiplier la productivité et la rentabilité d'une société. C'est pour ces raisons que les salaires sont aussi élevés. MajdelineEst-ce que tu as une petite anecdote à nous raconter autour de ton travail que tu aimerais partager ? SamiOui, c'était pendant mon stage de fin d'études. J'étais ingénieur et j'ai fait un travail dans lequel je devais concevoir des ontologies, des graphes de connaissances et les enrichir de manière automatique. Et ça devait commencer par une bibliographie, donc une revue de la littérature scientifique. A la fin de la première semaine, j'avais envoyé à mon supérieur un rapport de 54 pages avec toute la compilation de la bibliographie. Je me rappelle qu'il était assez surpris que j'aie réussi à le faire en si peu de temps. J'avais utilisé ChatGPT pour compiler tout ça. Et il m'avait dit si tu avances aussi vite, je vais te mettre sur un autre sujet. J'aimerais bien que tu fasses. une bibliographie scientifique sur cette fois-ci sur les ontologies (la première était sur la recherche sémantique). Je sors mon PC, et avec ChatGPT, je le fais devant lui et du coup, il était extrêmement surpris. Majdeline Il n'a rien compris ? SamiC'est ça, il s'est posé la question, qu'est-ce ce que je vais lui faire faire lui ? Et donc on a décidé d'ouvrir un nouveau pôle au sein du Lab dans lequel j'étais sur le sujet d'auto Machine Learning. Qui permettait d'automatiser et de faciliter le développement des Data Scientist en leur recommandant des modèles d'IA. On a créé un nouveau pôle dans lequel j'ai été responsable de construire les premières briques. Et, j'ai pu utiliser de l'IA générative au sein de mon métier. Donc ça, c'était assez satisfaisant de voir qu'on pouvait avoir des performances aussi exceptionnelles en faisant l'usage de ce genre de modèle. Majdeline Super hyper intéressant. Et quel a été le projet sur lequel tu as le plus aimé travailler ? SamiC'était le premier projet d'entrepreneuriat dans lequel je me suis lancé. Ca consistait à développer des robots autonomes qui permettaient d'assister les restaurateurs en cuisine en effectuant différentes tâches, que ce soit de la manipulation, de la découpe d'aliments, de la cuisson, etc. Avec une architecture cognitive qui permettait au robot de fonctionner avec les différentes caméras et les capteurs qui cartographiaient son espace de travail en trois dimensions. Qui lui permettait de différencier les différents aliments sur les plaques de cuisson, la température... Il y avait des microphones, qui lui permettait de comprendre les ordres, et des haut-parleurs parleurs pour communiquer son état d'avancement, etc. SamiCe qui fait que j'avais dû combiner plusieurs modèles d'IA pour créer plus ou moins ce que deviendrait l'IA multimodale. Et je me suis rendu compte qu'ils étaient capables de comprendre quelque chose, même si c'était formulé de manière ambiguë. Il savait que la boule bleue, il faut la mettre dans le bol bleu, la boule jaune dans le bol jaune, etc. Donc ça, c'est quelque chose qui m'avait extrêmement plu. MajdelineTu nous parlais tout à l'heure de l'anglais au niveau des prompts, je te pose quand même la question, même si je pense connaitre la réponse. Est-ce que l'utilisation de l'anglais est importante dans ton travail ? SamiOui, elle est primordiale. 54 % du corpus d'entraînement de ces modèles d'IA a été fait en anglais, ce qui fait qu'il va beaucoup mieux réagir à l'anglais. Et l'anglais est une langue plus riche que le français en termes de vocabulaire et d'adjectifs notamment. Donc, c'est ce qui fait qu'on va être capable de donner de meilleures instructions au modèle en anglais. Majdeline OK, ça marche. Pour ce genre de métier, est-ce ce qu'il y a une bonne formation ? SamiIl y en a de plus en plus qui commencent à arriver. Il y a Learn Prompting le guide du Prompt Engineering (en anglais) qui fournit des formations qui sont assez intéressantes sur les différentes méthodes de front. Mais je dirais que la meilleure formation, ça va être l'expérimentation. Sinon, il y a plusieurs formations sur Coursera ou Udemy. En fonction du niveau auquel on veut arriver, il y a des formations relativement basiques d'introduction. Mais dès qu'on va chercher un niveau relativement poussé, pour l'instant, je n'ai pas trouvé de formation très complète. Je suis en train d'en créer une en ce moment. Mais pour se former, il faut aussi aller voir la bibliographie scientifique. Je passe énormément de temps à le faire, car ça progresse extrêmement vite dans ce domaine et donc il faut se tenir au courant en permanence. Sinon, je vous conseille de suivre David Shapiro, Masterclass sur l’intelligence artificielle (en anglais) sur YouTube et GitHub. Il fait énormément de retour d'expériences et énormément de contenus autour de l'IA générative. C'est un pionnier, vous pouvez en apprendre beaucoup en regardant la manière dont il "Prompt" ou en regardant la manière dont "Promptent" certaines personnes. MajdelineDonc en fait, c'est vraiment s'inspirer des autres, comme il n'y a pas vraiement de bonne formation. De faire de la recherche scientifique et de mettre les mains dedans. C'est la meilleure manière d'apprendre ? SamiC'est ça MajdelineSi jamais vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à suivre Sami sur LinkedIn et bientôt de découvrir sa formation. Merci Sami pour toutes ces informations, c'était très riche. SamiMerci Majdeline ### Trouver un job avec ChatGPT - Olivier Schaeffer Conseils de recruteurs pour utiliser ChatGPT dans la recherche d’emploi digital Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Olivier Schaeffer –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier "Trouver un job avec ChatGPT" BertrandL'atelier du Gagne-Pain, c'est l'occasion d'interroger des experts pour vous aider à trouver un job dans le digital. Pour ce nouvel atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Olivier Schaeffer. Bonjour Olivier. Olivier SchaefferBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Olivier d'avoir accepté notre invitation. Olivier est associé d'Enjeux Dirigeants, un cabinet d'outplacement et il est le co-auteur de "Trouver le bon job grâce à ChatGPT" édité chez Eyrolles en 2025. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail, mais avant Olivier, peux-tu te présenter en quelques minutes ? Olivier SchaefferAlors moi j'ai une formation d'ingénieur, j'ai fait une maîtrise d'informatique fondamentale pour ceux qui sont dans la tech. Et puis j'ai toujours été passionné par les technologies et aujourd'hui, j'exerce un beau métier. C'est un métier d'accompagnement de personnes qui sont plutôt des cadres supérieurs ou des cadres dirigeants en transition professionnelle qui ont perdu leur job et qui veulent retrouver le bon job. Et au sein de la belle équipe d'Enjeux Dirigeants. On les accompagne pour qu'ils arrivent à trouver le meilleur job possible. BertrandEt tu as décidé d'écrire ce bouquin avec un de tes associés, parce que ça répondait à un besoin ? Olivier SchaefferAbsolument, jusqu'à présent, on bricolait avec l'IA, ensuite le 30 novembre 2022. Badaboum ! Chat GPT déferle sur le monde. Et là, d'un seul coup, on a tous les outils dont on rêvait sous la main. On forme nos consultants, on forme nos clients et puis on se dit que ça serait sympa de partager ça avec le plus grand nombre. Et avec mon collègue Hervé, on se lance dans l'écriture de ce livre trouver le bon job grâce à Chat GPT. BertrandOn va avoir l'occasion d'en parler. Comme on l'a évoqué ensemble avant de préparer cet entretien, il y a quatre thèmes que l'on a prévu d'évoquer aujourd'hui. Pour parler et détailler un peu ce qu'il y a dans ce bouquin. Le premier, c'est pourquoi et pour qui vous avez décidé d'écrire ce bouquin. Le deuxième, comment intégrer l’IA générative pour trouver un job ? Et ça va être le cœur de notre entretien. Quelles sont ou quelles seraient tes recommandations pour bien utiliser l’IA générative pour trouver un job, notamment pour les plus jeunes qui nous écoutent ? Et puis, quels seraient tes autres conseils ? Parce que forcément, avec l'expérience que tu as, tu as sûrement plein d'autres petits conseils à fournir à ceux qui nous écoutent. Donc si ça te va, on peut commencer par pourquoi et pour qui vous avez décidé d'écrire ce livre ? Olivier SchaefferAlors on a décidé d'écrire ce livre pour tous ceux qui n'osent pas se lancer. Parce que ça fait peur et on a décidé de démystifier l’IA générative. Ce n'est pas un livre d'expert. Pour ça, il y a plein de littérature et plein de salons. C'est un livre qui montre comment, sur une problématique donnée, trouver un job, à toutes les étapes, l’IA peut être un super assistant. BertrandEt quand vous avez décidé d'écrire ce livre, vous pensiez évidemment à vos clients des gens qui sont, disons, en reconversion. Mais quand on a préparé cette interview, tu as aussi pensé à tes enfants ? Olivier SchaefferOui, parce que, j'ai trois jeunes adultes qui ont fait leurs premiers pas sur le marché de l'emploi. Certains avec facilité, d'autres avec un peu plus de difficultés. Et puis ces enfants m'ont posé des questions. Je leur ai aussi montré ce qu'on pouvait faire. J'ai répondu à des questions de leurs amis. Bref, ce sont des outils qui s'utilisent à tout âge. BertrandD'accord. Donc, quand je pose la question pour qui, globalement, ça s'adresse à tout le monde, à la fois les plus jeunes, mais aussi les plus expérimentés ? Olivier SchaefferAbsolument. L'objectif du livre, c'est de donner des bonnes idées. BertrandDeuxième partie de notre entretien, comment l’IA générative va aider ceux qui nous écoutent à trouver un job? Donc là, on pourrait commencer à détailler quelles sont les étapes sur lesquelles l’IA générative ou ChatGPT ou tout autre IA, peut aider ceux qui cherchent un boulot ? Olivier SchaefferAlors ma réponse est simple à toutes les étapes. Mais d'abord, je voudrais rappeler un point. Quand je cherche un job, c'est moi le patron. Donc l'IA que je vais utiliser, il faut bien la laisser à sa place. C'est un super assistant infatigable qui ne se met jamais en colère et il faut bien le laisser à sa place d'assistant. C'est moi qui gouverne, c'est moi qui pilote. BertrandEn conséquence, on ne laisse pas l’IA décider à sa place ? Olivier SchaefferAbsolument. BertrandEt alors, on l'utilise où ? et on commence par quoi ? BertrandTrouver le bon job, c'est avant tout une affaire de méthode. On ne peut pas partir dans tous les sens. Il y a des étapes, il y a des incontournables. Il y a quatorze chapitres dans le livre et ça reprend quatorze étapes qui nous paraissent importantes dans une recherche d'emploi. Il y a d'abord faire un bilan, un diagnostic de tout ce qu'on a en stock et ça, l’IA ne pourra pas l'inventer. Donc ce qu'on recommande, c'est déjà de coucher sur le papier ou sur un ordinateur, le détail de son parcours professionnel, quel qu'il soit. BertrandSes expériences ? Si on parle aux plus jeunes, ses stages, ses expériences dans les associations, dans les écoles ? Olivier SchaefferIl faut que je lui dise le plus possible sur moi. Qu'est-ce que j'ai fait ? Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est qu'est-ce que je pense aujourd'hui avoir comme connaissances, comme compétences ? Vous savez, on parle des savoir-faire, des savoirs faire faire de manager, et puis les fameuses soft skills, le savoir être. Ça ChatGPT ne va pas l'inventer pour moi. Donc à moi de faire un peu d'introspection pour documenter et coucher sur le papier tout ce que je pense avoir comme compétences. Ça ne s'arrête pas là. C'est intéressant aussi de réfléchir à ce qui me motive, mon carburant, mes drivers, mes moteurs, mes appétences, mes besoins. Et ça, ChatGPT ne va pas le découvrir pour moi. À moi de lui indiquer un peu tout ce que j'aime. BertrandSi je comprends bien, il faut d'abord "nourrir" l'intelligence artificielle avant de lui demander quoi que ce soit ? Olivier SchaefferAbsolument. Le nourrir. Et puis quatrième point, une bonne nourriture, c'est lui parler de moi en tant que personne. Ma personnalité, mes traits de caractère. Il faut un peu se dévoiler finalement à l'IA pour que ses réponses soient les plus pertinentes possibles. BertrandUne sorte de psychothérapie ? Olivier SchaefferJe n'irai pas jusque-là. BertrandEt donc après, dans les étapes suivantes ? Forcément, dans la recherche d'emploi, il y a le CV, le profil LinkedIn, les entreprises vers lesquelles on veut postuler. Comment ça se passe. Comment faire travailler l'IA sur ces sujets ? Olivier SchaefferEn ce moment, dans la littérature et la presse, quand on parle d'IA et de recherche d'emploi, on ne lit que des choses sur le CV et éventuellement le profil LinkedIn, la lettre de motivation. On y revient évidement dans notre livre, mais je vais prendre un autre exemple. Si j'ai bien documenté mon parcours professionnel, mes compétences, mes motivations, ma personnalité, je peux commencer à demander à une IA quel est le projet qui te semble le plus pertinent pour moi ? Dans quels secteurs ? Avec quels types de fonctions ? Quelles problématiques à résoudre ? Et là, l'IA va pouvoir me faire des propositions. À moi de les reprendre à mon compte, de les critiquer, de les challenger. Mais c'est déjà une bonne première étape. BertrandOn peut discuter avec l'IA ? Elle va faire des propositions ? Celui qui cherche un boulot va dire non, ça ne m'intéresse pas ou ce secteur m'intéresse ou au contraire, je suis plutôt sur les technologies vertes, donc pas de pétrole. Voilà ce genre de choses. On peut définir les secteurs qui nous intéressent ? Olivier SchaefferJ'aime bien cette phrase de Sénèque, "il n'y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va". Quand on cherche un job, il faut d'abord savoir ce qu'on cherche et savoir où le chercher. Et là aussi, l'IA peut nous donner des bonnes idées. Elle va me permettre de formaliser un projet le plus précis et le plus singulier possible. Elle va m'aider à identifier les secteurs, où mon projet est une offre de service. Et elle risque de trouver son besoin en face. Donc l'IA qui va fouiller sur l'ensemble du web, va me permettre identifier des secteurs, voire des noms d'entreprises qui vont m'intéresser. En conséquence, l'IA dans la construction de mon projet professionnel va pouvoir m'aider. BertrandD'accord, on est vraiment dans l'idée que l'IA, après avoir fait cette introspection sur soi-même, va commencer à aller chercher sur le web des informations qui peuvent compléter le job que je recherche ? Olivier SchaefferOui, elle va me faire gagner du temps et elle va me donner des idées, ouvrir le champ des possibles. À moi après de m'approprier les idées ou de les rejeter parce qu'elles ne me plaisent pas. BertrandEt dans le bouquin, vous expliquez ça ? Vous le montrez avec des exemples et des prompts à chaque étape ? Olivier SchaefferExactement. Alors j'ai un conseil ne bloquez pas car vous ne vous sentez pas un expert du prompt. Si vous lisez le livre, tous nos prompts sont rédigés en langage naturel. Par contre, on ne se contente pas de la première réponse, on relance. C'est un véritable dialogue et on demande après chaque prompt d'affiner, voire, on corrige son style. On lui demande de ne pas utiliser des formules qui ne nous plaisent pas. On le guide, on est le patron ! BertrandOk, j'aime bien cette idée d'être le patron. Donc avec l'IA, on peut construire son CV, regarder son parcours, explorer les pistes. Que peut-on faire d'autre avec l'IA pour se préparer et trouver son job ? Olivier SchaefferOn peut donner à l'IA un rôle d'un coach ou d'un entraîneur sportif. Je vais me préparer à rencontrer des recruteurs ou des chasseurs de têtes. Et si je suis bien entraîné, ça va payer. BertrandDonc, tu vas demander à l'IA de simuler des entretiens ? Olivier SchaefferAlors oui, je vais d'abord, pour ne pas être décontenancé par des questions qui me dérangent, je vais demander à l'IA de me préparer avec des questions qui pourraient m'être posée dans un contexte particulier. Là je renseigne l'IA sur mon CV, le projet, le recruteur et le job. BertrandEt le poste ? Olivier SchaefferOui, même l'entretien. Et je vais dire à l'IA propose-moi des questions d'introduction, une manière de structurer mes réponses pour tel type de questions. On peut même être spécifique. On s'est amusé à demander à l'IA de volontairement adopter un style un peu provocateur, un peu déstabilisant, pour me mettre sous stress avec des questions qui vont me paraître un peu bizarres. Bref, l'IA va me permettre de m'entraîner à recevoir et à répondre du mieux possible à des questions que je n'aurai pas anticipées. BertrandDonc l'IA va te permettre de t'entraîner. Et je crois que tu avais une phrase un peu fétiche pour dire ça ? Olivier SchaefferOui, "entraînement difficile. Entretien facile". BertrandD'accord, ça me semble assez clair. Plus on se sera préparé comme un sportif, plus on sera efficace pendant l'entretien ? Olivier SchaefferL'IA ça reste un assistant. Mais si je veux gagner la compétition, je me prépare, je m'entraîne, je m'entraîne, je m'entraîne... Et l'IA, c'est mon coach et mon assistant d'entraînement. Et uniquement cela. BertrandOk. Après, quelles les autres étapes dans lesquelles l'IA peut accompagner celui qui cherche un boulot ? Olivier SchaefferAlors après, j'ai rencontré le recruteur. Il m'a présenté à l'entreprise qui s'intéresse à moi. Je vais rencontrer un DRH ou mon futur N+1. Là aussi, je peux demander à l'IA de me préparer, avec des questions spécifiquement posées par un DRH, pour vérifier l'adéquation de mon profil avec la culture de l'entreprise. Je vais pouvoir préparer des questions pour des entretiens avec des pairs, des gens qui avec lesquels je vais collaborer. Et là, je peux indiquer à l'IA quel profil je vais rencontrer et va orienter ces questions en fonction de ce profil. BertrandDonc plus on avance, plus on va affiner la simulation de l'entretien avec une personne qui correspondra réellement à la personne qu'on va rencontrer. C'est ça que tu es en train de dire là ? Olivier SchaefferAbsolument. Et là, on a été surpris par la pertinence des questions de l'IA en fonction du profil qu'on lui indique. BertrandDonc ça veut dire que pour ceux qui nous écoutent, préparer un entretien, c'est à la fois effectivement une sorte d'entonnoir sur des questions générales pour aller jusqu'au futur responsable sur le poste auquel on postule ? On peut rentrer dans des questions plus techniques, des questions plus pratiques, des exemples de réussite professionnelle qu'on peut mettre en avant ? Olivier SchaefferAbsolument. Si j'ai bien documenté dans la première phase dont je parlais tout à l'heure, mon parcours et surtout mes réalisations, ce que j'ai réussi dans mes premières parties de parcours. Je vais pouvoir m'entraîner avec l'IA à présenter ces réalisations de la façon la plus impactante possible pour prouver mes compétences. BertrandOk, c'est très clair. Est-ce que l'IA peut aussi aider à trouver et les entreprises et les personnes qui vont recruter ? Olivier SchaefferAlors les entreprises oui, pour les personnes, je serai plus prudent. Les entreprises, oui, parce que l'IA va chercher partout et avec les bons prompts, en langage naturel, on peut très efficacement lui demander un panorama sur une industrie, un secteur, une technologie particulière, une géographie particulière. Par exemple, en identifiant "les nouveaux entrants dans les énergies renouvelables en Allemagne" ? On a testé ce prompt et il a été extrêmement précis sur une dizaine de noms d'entreprises impliquées dans ce secteur. BertrandD'accord, très bien. Ça me paraît hyper clair. Troisième partie de notre entretien, ce sont tes recommandations pour bien utiliser l'IA pour chercher un job. Quelles sont les bonnes recommandations ? Quels sont les bons retours d'expérience que tu as vécu ? Olivier SchaefferAlors j'ai cinq points qui me viennent à l'esprit pour répondre à ta question Bertrand. Le premier, c'est que, à l'époque où on a écrit ce livre, ChatGPT, c'était c'était le leader, c'était un peu comme Kleenex ou Caddie.. Mais depuis, on est français, cocorico. Il y a des très bons produits, y compris les produits comme Mistral, avec le Chat, etc. Donc, nous sommes partis avec ChatGPT, mais ce que je vous recommande, c'est de prendre l'IA qui vous va bien. On en a testé plusieurs et toutes produisent à peu près les mêmes bons résultats avec quelques petites variations. BertrandDonc premier conseil bien regarder toutes les IA et choisir la bonne ? Olivier SchaefferAbsolument. Je vous recommande, si vos finances vous le permettent, de donner quelques dollars ou quelques euros à l'outil que vous aurez choisi en prenant la version premium. Parce qu'il est vrai que même si les versions gratuites sont de plus en plus riches dans une phase de recherche qui ne dure que quelques mois, ce n'est pas toute la vie, heureusement. Eh bien ça vaut le coup de consacrer quelques euros ou dollars pour avoir les meilleures fonctions et la meilleure disponibilité de ces outils. BertrandDonc premier conseil on teste les différentes IA, on choisit la bonne et on va plutôt aller vers la version payante au moins pour quelques mois pendant sa recherche ? Olivier SchaefferAbsolument. Le deuxième conseil, j'en ai déjà un peu parlé, mais je voudrais insister. Ne laissez pas l'IA inventer, nourrissez là avec des contenus que vous avez créés. BertrandD'accord. Donc, on en revient à la première chose que tu disais au début de cette interview : Soyez le patron ? Olivier SchaefferAbsolument. BertrandRestez le patron de l'IA. Ne laissez pas l'IA prendre le dessus sur votre recherche. C'est vous qui cherchez, ce n'est pas elle ? Olivier SchaefferEnsuite, n'attendez pas d'être un expert du prompt pour vous lancer. Allez-y en langage naturel et après relancez et affinez. N'ayez pas peur. BertrandD'accord. On a déjà parlé de ce sujet de l'IA plusieurs fois avec beaucoup d'interlocuteurs sur Le Gagne-Pain. Effectivement, je crois que c'est quelque chose qui revient souvent. Il ne suffit pas d'une question, d'un prompt. Ce qu'il faut, c'est un dialogue, créer un dialogue, répondre, lui dire ce qu'on pense de sa réponse, affiner ses réponses. C'est ça que tu es en train de dire ? Olivier SchaefferAbsolument. Et pour poursuivre, garder la main, vérifier. Ne croyez jamais l'IA sur parole. Recouper les informations, suivez les liens qu'elle vous propose, allez lire par vous-même, c'est très important. BertrandOk, donc toujours la même idée, rester le patron. Et ce que je comprends quand même au fur et à mesure de ce que tu nous dis comme conseil, c'est que ça prend tout de même pas mal de temps ? Olivier SchaefferAbsolument. L'IA fait gagner du temps, mais il y a tout de même un temps conséquent à consacrer à tout ça. Mais après tout, trouver le bon job, ça mérite de prendre un peu de temps. BertrandOn a interviewé Sami, un prompt engineer sur Le Gagne-Pain. Et il nous avait dit : "il faut savoir dompter l'IA". C'est un peu ce que tu es en train d'affirmer ? Il va falloir la dompter et faire en sorte qu'elle fasse ce que l'on veut qu'elle fasse ? Olivier SchaefferOui mais alors quand je t'entends dire dompter pour moi, j'imagine le cirque et les Lions, ça me fait un peu peur. Tandis que mon message, c'est de dire, n'ayez pas peur, allez y, lancez-vous vous ! On a tous appris à se servir d'un traitement de texte, d'un tableur Excel pour les plus anciens, d'une messagerie. Aujourd'hui, apprenez à faire un prompt comme vous apprenez à rédiger un message sur une messagerie. BertrandD'accord. Donc la bête sauvage que l'on serait amené à dompter, c'est plutôt un petit chat ? Olivier SchaefferOui, un petit chat qui parfois fait des siennes et miaule un peu, mais un chat plutôt sympathique. BertrandOk. Quels sont les autres conseils que tu aurais pour bien travailler sa recherche d'emploi ? Olivier SchaefferTrois conseils. Le premier, c'est d'être curieux et audacieux. Alors l'audace, ça ne se décrète pas. Il y a des jours où je peux être audacieux et là, je vais décrocher le bon job. Puis d'autres où je resterai un peu chez moi. Mais la curiosité, c'est vraiment une recommandation que je fais tout au long de la vie. Donc, pour trouver le bon job, soyez avant tout curieux. BertrandDonc ça, c'est un conseil beaucoup plus général, mais qui est extrêmement important dans l'expérience que tu as avec les différents candidats avec lesquels tu as travaillé, que tu as coaché, que tu as accompagné. Il faut cultiver sa curiosité ? Olivier SchaefferAbsolument. Et l’IA permet de démultiplier cette curiosité parce qu'elle va plus loin, plus vite et plus large. BertrandD'accord. Donc la curiosité au sens large, mais la curiosité en plus avec l’IA pour démultiplier sa curiosité. Ok, c'est le premier conseil. Olivier SchaefferMon deuxième conseil, c'est diversifiez vos sources d'informations. Lisez la presse, lisez des livres, lisez tout ce qui vous passe sous le nez et pas simplement sur un écran de smartphone. Écoutez la radio. Il y a plein d'émissions spécialisées, il y a plein de radios spécialisées dans beaucoup de secteurs. Écoutez des podcasts. Alors, évidement, le podcast qui m'invite aujourd'hui, mais il y a beaucoup de podcasts qui donnent de la culture générale, pas forcément sur un job en particulier. Et le troisième conseil, ne passez pas trop de temps devant votre ordinateur ou votre smartphone. Utilisez l’IA pour vous préparer, mais après, revenez dans la vraie vie. Trouvez le bon job, c'est rencontrer des gens, discuter avec eux, mener une démarche active de réseau. Et là, ce sont des rencontres d'égal à égal pour apprendre des choses. Jusqu'au jour où cette démarche, vous permet de capter une information à valeur ajoutée qui n'est pas sur un ordinateur, pas sur la presse. Quelqu'un vous dit tiens là, en fonction de ce que tu me racontes, je pense qu'il y a un chouette job pour toi. Appelle cette personne de ma part. BertrandDonc ça, c'est le networking. Clairement, il faut commencer avec l'IA, mais à un moment, il faut faire des rencontres one-to-one avec des personnes ? Olivier SchaefferJe suis absolument convaincu que ce sont les valeurs humaines et les contacts humains qui amènent aux bons jobs. BertrandD'accord, l’IA pour démarrer, l’IA pour se préparer, l’IA pour anticiper, l’IA pour réussir son entretien. Mais pas seulement l’IA. Il va falloir aussi passer dans la vraie vie pour rencontrer les gens ? Olivier SchaefferFinalement, avant qu'on soit peut-être un jour remplacés par des IA ou des robots et ne plus travailler, mon prochain boulot, sera un job dans lequel je serai présent physiquement pour l'exercer. Donc c'est une affaire de personne. C'est une affaire humaine. BertrandOn a parlé réseautage, on n'a pas encore parlé de LinkedIn. Est-ce qu'il se passe des choses autour de LinkedIn et de l'IA ? Olivier SchaefferAlors il y a un chapitre qu'on consacre à l’optimisation d’un profil LinkedIn, avec des outils d’IA. Notamment, par exemple, pour aller trouver des médias pertinents qui vont pouvoir améliorer mon profil sur des projets, des articles, des images, des vidéos, etc. Et puis, si on se place de l’autre côté, les recruteurs, eux, ils l’utilisent. LinkedIn se modernise pour leurs requêtes. Les recherches qu’ils vont opérer sur ce qui est le plus grand annuaire mondial. Ils commencent à faire des requêtes avec des prompts. Et LinkedIn propose des outils d’IA pour les recruteurs. Donc à vous d’avoir les bons mots clés sur vos profils et l’IA peut vous aider à optimiser votre profil. BertrandD'accord. Oui, parce que c'est aussi une façon de faire du networking avec l’IA ? Olivier SchaefferAbsolument. BertrandOk, excellent ! Merci beaucoup Olivier. Que souhaiterais-tu ajouter que l'on n'a pas eu le temps d'évoquer ? Olivier SchaefferAlors ne soyez pas surpris, je vais vous parler surf. Je suis un surfeur débutant, mais j’ai l’impression depuis 60 ans, je vis des révolutions et je surfe des vagues. Il faut surfer des bonnes vagues. Moi, j'ai surfé la vague de l’informatique personnelle, les premiers ordinateurs, les traitements de texte, la vague d'internet. J'ai surfé les réseaux sociaux, notamment LinkedIn, j'ai surfé les smartphones, la visio. Rappelez-vous, pendant la covid, en 24 h, le monde entier a basculé et a découvert les réunions en visio. Et aujourd'hui, c'est une nouvelle vague et je pense qu'il faut que tout le monde la surfe. Elle n’est pas dangereuse à surfer, mais elle est importante à surfer. C’est la vague de l’IA. Et je pense qu'il va y en avoir plein d'autres après qui vont arriver. Et je trouve que c'est assez passionnant. BertrandJ'aime beaucoup cette idée de surf que je partage avec toi. Pour ceux qui ont été intéressés par cet entretien et qui souhaiteraient poursuivre la discussion avec toi, comment peuvent-ils faire pour te contacter ? Olivier SchaefferAlors c'est très simple, mes coordonnées sont sur le site de notre cabinet Enjeux Dirigeants à la page contact, il y a toutes mes coordonnées et celles de mes associés. Puis bien évidemment, rejoignez-moi sur LinkedIn. BertrandMerci beaucoup Olivier. ### Combien gagne un Lead Product Designer ? Lead Product Designer Salaire 35K€ brut/an en junior, jusqu'à 60-70K€ brut/an en senior selon profil et secteur. Lead Product Designer Formation Bac+3 à Bac+5 en design, école spécialisée (Gobelins, Strate, CY) ou reconversion. Lead Product Designer c’est quoi Conçoit l'expérience utilisateur d'outils digitaux en entreprise, alliant stratégie et terrain. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Marion, Lead Product Designer chez Air Liquide. Écouter le podcast Rémunération d'un Lead Product Designer ? Le métier de Lead Product Designer consiste à piloter la cohérence de l'expérience utilisateur (UX) et du design d'interface (UI) sur l'ensemble des outils digitaux d'une organisation. Marion Schildknecht, Lead Product Designer chez Air Liquide, décrit ses responsabilités qui vont de la définition de la stratégie UX à la réalisation de maquettes destinées à 65 000 collaborateurs. Elle partage ici les niveaux de salaire observés pour ce rôle stratégique. Salaire débutant d'un Lead Product Designer En début de carrière, un Lead Product Designer junior, généralement issu d’une formation en design UX ou d’un master spécialisé, peut prétendre à un salaire brut annuel situé entre 32 000 € et 38 000 €, avec une moyenne autour de 35 000 € bruts par an. Ce niveau de rémunération dépend notamment de la notoriété de l’école, du secteur d’activité (industrie, startup, secteur public) et de la localisation géographique, la région parisienne offrant souvent une prime salariale supplémentaire. Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d’expérience et la prise en charge de projets de plus grande envergure, le salaire d’un Lead Product Designer peut évoluer significativement. Marion indique qu’un profil confirmé peut atteindre entre 50 000 € et 70 000 € bruts par an. Dans certains cas, en freelance ou en intégrant un comité de direction produit, ce montant peut encore augmenter, notamment grâce à la facturation à la journée et aux bonus liés aux résultats. L’évolution vers des postes de Head of Design ou de Design Manager reste un levier majeur pour faire progresser sa rémunération au-delà du simple rôle opérationnel. Facteurs influençant la rémunération Plusieurs variables impactent la rémunération d’un Lead Product Designer. Travailler dans le privé, notamment dans les grandes entreprises industrielles comme Air Liquide, offre généralement des salaires plus élevés qu’un poste similaire dans le secteur public. La taille et l’envergure internationale de l’entreprise, le marché local (Paris vs province) et le mode d’exercice (salarié vs freelance) jouent également un rôle clé. Enfin, la spécialisation sur des technologies (mobile, industrie 4.0, IA) et la maîtrise d’un design system bien implanté peuvent justifier des primes ou des augmentations plus rapides. ### Lead Product Designer - Marion Schildknecht Salaire, missions et parcours d’un Lead Product Designer : tout savoir sur le métier et ses débouchés Lead Product Designer Salaire 35K€ brut/an en junior, jusqu'à 60-70K€ brut/an en senior selon profil et secteur. Lead Product Designer Formation Bac+3 à Bac+5 en design, école spécialisée (Gobelins, Strate, CY) ou reconversion. Lead Product Designer c’est quoi Conçoit l'expérience utilisateur d'outils digitaux en entreprise, alliant stratégie et terrain. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Marion Schildknecht –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de Lead Product Designer. BertrandMerci beaucoup Marion d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Lead Product Designer chez Air Liquide. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail. Mais avant, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? MarionJe m'appelle Marion Schildknecht, j'ai 31 ans et je suis originaire du nord de la France, à Amiens. J'ai fait des études de communication à Lille 3, à l'université, en DUT Communication et Information. Suite à cette première expérience, j'ai continué sur une licence à Paris à l'École des Gobelins, une licence de chef de projet en Communication et Industrie Graphique. Cette licence, je l'ai faite en alternance. C'était une super voie et j'en suis très contente. Et ça m'a donné l'opportunité d'aller travailler à l'étranger. Donc c'est comme Erasmus, mais pour les personnes qui ont fait de l'apprentissage. Et ensuite, j'ai travaillé quelques années, mais j'ai décidé de revenir à l'école. J'ai repris un master en design d'expérience utilisateur dont on va parler aujourd'hui. BertrandL'expérience utilisateur, on va beaucoup en parler. Est-ce que tu peux également présenter ton parcours professionnel avant l'entreprise dans laquelle tu travailles aujourd'hui ? MarionJe pense qu'il y a trois expériences professionnelles qui m'ont marquées. Une première à la Fédération équestre allemande, une autre en startup et puis une autre dans une plus grosse entreprise. BertrandD'accord. On va commencer par la fédération équestre ? MarionOui, effectivement, quand j'ai eu l'opportunité d'avoir cette bourse d'études, je voulais partir travailler en Allemagne pour continuer à parler allemand. Et aussi pour prendre de la rigueur dans mon travail, puisque c'est bien connu, la rigueur allemande... Et en parallèle, évidemment, je suis cavalière et je m'étais dit, où est-ce que je pourrais aller ? Au pire, si ça se passe mal, ce n'est pas grave, il y aura les chevaux. Et donc la fédération Équestre, c'est une fédération sportive, ça ne pourra que bien se passer. Effectivement, c'était absolument génial. BertrandOk, c'était ta première expérience ? MarionExactement. Suite à ça, j'ai été débauchée par une entreprise française, une startup, qui faisait des capteurs connectés pour le domaine de l'équitation. BertrandD'accord. MarionC'est comme des Fitbit pour courir, peut-être que vous connaissez, mais pour les chevaux. On le place en dessous de la selle et ça permet de monitorer son rythme cardiaque, la locomotion.... Donc j'étais responsable communication de la startup et je m'occupais de tout ce qui était stratégie de marque, stratégie réseaux sociaux, les relations Presse, les événements et tout ça en trois langues, français, anglais et allemand. BertrandBeaucoup de choses ? MarionBeaucoup de choses, effectivement. BertrandOk. Et ta troisième expérience ? MarionLa troisième expérience, c'était à Décathlon, une plus grosse entreprise où je voulais d'abord postuler en master en alternance. Et comme j'avais un petit peu de temps avant de reprendre mes études, je m'étais dit, je vais aller voir ce qui se passe sur le terrain. Donc j'avais postulé pour être vendeuse. Et finalement, au vu de mon CV et de mes expériences précédentes, on m'a proposé un poste de responsable de rayon. Donc j'avais une équipe de neuf personnes à manager dans le rayon running, Trail et Sport Collectif. C'était complètement différent de la communication. J'ai appris plein de nouvelles choses. Et en parallèle, j'ai découvert le design d'expérience et du coup, j'ai décidé de me reconvertir. BertrandMerci beaucoup Marion. Est-ce que maintenant, on peut parler de l'entreprise dans laquelle tu travailles aujourd'hui ? MarionJe travaille depuis cinq ans chez Air Liquide. C'est souvent connu par le nom, mais pas vraiment concrètement sur ce que l'on fait. Air Liquide, c'est un des leaders mondiaux du gaz pour l'industrie. Pratiquement, ça va être le gaz à l'hôpital, c'est la thématique la plus connue. Quand on va à l'hôpital ou la maison, une bouteille d'oxygène si on a besoin. Quand on est dans un bar ou à la maison et qu'on veut du soda. Les bulles du soda viennent du gaz qu'on fabrique. Ou encore, les composants de nos téléphones portables peuvent être fabriqués avec du gaz d'Air Liquide. BertrandD'accord. Air liquide, ce n'est pas du tout du gaz pour réchauffer les maisons ? MarionNon, ce n'est pas du gaz naturel, effectivement. BertrandEst-ce que tu peux décrire un peu l'entreprise et surtout l'endroit où toi, tu travailles à l'intérieur de cette entreprise ? MarionAir Liquide, c'est une entreprise de 65 000 employés. C'était très gros et on est partout dans le monde, et c'est une entreprise française. J'ai d'abord passé quatre ans à la Digital Factory, une entité qui a vocation de travailler sur des projets d'innovation. Donc très en amont des phases de projets pour aller dérisquer. C'est-à-dire qu'on a peut-être une bonne idée de mise à jour d'un outil ou de nouveaux procédés dans l'entreprise. Et on va aller tester si cette idée est bonne à suivre ou si elle n'est pas réalisable. BertrandD'accord. On va vraiment se rendre compte si c'est une vraie bonne idée ou une fausse bonne idée ? MarionExactement. Dans cette entité, j'étais au sein d'une équipe de designers. On n'est pas nombreux, une vingtaine de personnes. Il y avait aussi des développeurs, des chefs de projets. Et c'était réellement mon envie quand je suis arrivée dans cette entreprise, d'avoir des designers séniors qui pouvaient m'aider à monter en compétence. Et j'étais très contente parce que c'était une très chouette équipe. BertrandD'accord. Et donc après, tu as évolué dans cette entreprise et tu as un nouveau rôle ? MarionEffectivement, depuis un petit peu plus d'un an, j'ai quitté la "Digital Factory" pour rejoindre un programme stratégique de l'entreprise qui s'appelle Align. Dans le but d'aligner tous les process, métiers, toutes les méthodologies et tous les outils digitaux sur le périmètre européen. BertrandMaintenant, tu es Lead Product Designer. Qu'est-ce que ça veut dire Lead Product Designer ? Que fais-tu concrètement ? MarionJe suis en charge de l'expérience utilisateur et de la cohérence de l'expérience utilisateur. De tous les outils digitaux qui vont être amenés à être mis à jour ou qu'on crée dans le cadre de ce programme-là. C'est-à-dire que mes collègues qui sont les utilisateurs finaux vont être amenés à utiliser potentiellement plusieurs outils. Il faut garder une cohérence entre tous ces outils pour faciliter leur travail. BertrandUn point important que tu as dit, ce sont les outils sur lesquels tu travailles, ce sont les outils qui sont mis à disposition de 65 000 collaborateurs d'Air Liquide. Ce ne sont n'est pas des produits grand public ? MarionExactement, ce n'est pas du tout visible du grand public ce que je fais. Parce que je travaille pour mes collègues de la finance, mes collègues qui sont commerciaux, mes collègues qui peuvent être dans la partie supply chain, dans les usines, les opérateurs des usines. Le terrain de jeu est très vaste... BertrandD'accord. Et alors, comment ça se passe ? Qu'est-ce qu'on fait concrètement ? Est-ce que tu peux citer un produit sur lequel tu travailles et les évolutions que tu as apportées ? MarionOui, complètement. Déjà, peut-être pour préciser ce que c'est expérience utilisateur, c'est toute l'expérience qui est autour d'un produit. Souvent, dans le cas de mon rôle, c'est principalement digital. Ça peut être un service ou un produit physique. Si je prends l'exemple d'un sujet précis sur lequel je travaille. C'est une application qui est à destination des opérateurs dans nos usines, qui va leur permettre de scanner les bouteilles de gaz qu'on remplit. Pour pouvoir dire, celle-là, elle a été remplie, celle-là, elle n'est pas encore remplie, celle-là, elle est prête à partir chez le client. Les opérateurs, eux, sont très éloignés du digital et ils ont des taches très physiques. Mon but, c'est de les aider, de faciliter leur travail tout en prenant en compte le contexte de l'usage de l'application, qui est de travailler en usine par tout temps, soleil, pluie, été, hiver... Et de mettre ça en balance avec la vision stratégique en termes de management dans l'entreprise et la faisabilité technique, les développeurs.. Et c'est là qu'on revient sur l'expérience utilisateur (UX). BertrandCes salariés de l'entreprise doivent pouvoir utiliser correctement l'outil, que ça fonctionne, que ça soit simple. Qu'effectivement, ça fonctionne par tous les temps. C'est ça l'idée ? Un outil facile à utiliser ? MarionOui, facile à utiliser et intuitif. BertrandD'accord, quelles sont les différentes missions sur lesquelles tu travailles ? MarionJ'ai trois missions. Une première mission qui est stratégique, ensuite une mission d'évangélisation du design et je fais aussi du design opérationnel. BertrandAlors, la mission stratégique, ça veut dire quoi ? MarionAlors, Il faut savoir que le design, l'expérience utilisateur, ce n'est pas un domaine qui est très connu chez Air Liquide dans le monde de l'industrie. Et donc, ça va être de donner le fil conducteur à toutes les équipes qui travaillent avec moi. Majoritairement des équipes digitales, pour qu'elles suivent les bons guides de ce que je recommande en termes d'expérience utilisateur. On parle d'énormément d'outils digitaux, donc je ne peux pas être dans le détail sur chacun de ces outils. Ma mission, c'est de donner le cap et de donner des templates pour qu'ils puissent suivre. Et pouvoir, quand je n'ai pas l'opportunité d'être dans l'opérationnel avec eux, arriver à avoir une cohérence d'expérience utilisateur. BertrandOn pourrait faire une référence en disant que c'est un peu comme une charte graphique ? Tu donnes des éléments qui permettent à chacun de se débrouiller tout seul ? MarionC'est à la fois une charte graphique et c'est la partie qu'on appelle User Interface(UI). On appelle ça un Design System. Il y en a un qui est produit par mes collègues de la Digital Factory. Celui-là, je n'ai pas besoin de le faire, mais par contre, je dois le partager à mes collègues qui ne le connaissent pas. Mais c'est surtout mettre en balance la vision de l'entreprise, la vision stratégique vers laquelle on va et de pouvoir mettre l'expérience utilisateur au sein de cette vision stratégique. Et ramener l'humain dans les décisions. BertrandEt ça, au niveau européen ? Ça veut dire sur plusieurs marchés avec plusieurs langues ? MarionExactement. BertrandOk, après, tu as parlé d'une mission d'évangélisation du design. Ça veut dire quoi ? MarionComme je l'ai mentionné juste avant, le design, ce n'est pas connu chez Air Liquide. En tout cas, ça commence à l'être, évidemment, puisque ça fait une dizaine d'années qu'il y a des designers d'expérience utilisateur. Mais il y a beaucoup de mes collègues qui sont dans l'entreprise depuis 30 ans et ils n'ont jamais vraiment travaillé avec des designers. Quand je suis arrivée sur le programme, il n'y avait personne avant moi. Donc j'etais le seul designer et il faut que j'explique où je peux amener de la valeur, et comment je peux leur amener de la valeur. Ça passe par beaucoup de sensibilisation, de formation de mes collègues, que ce soit la partie technique ou la partie plutôt métier. C'est ça ce que j'appelle l'évangélisation, c'est diffuser la culture design dans le groupe. BertrandOk. Et si on essayait de quantifier, ça pèse combien dans ton temps ? L'évangélisation, c'est beaucoup ? MarionÇ'a été beaucoup au tout début quand je suis arrivée, puisqu'ils ne connaissaient pas du tout. Je continue à le faire. On va dire que maintenant, c'est 10 à 20% de mon temps, car c'est surtout pour les nouveaux arrivants ou les personnes avec qui je n'ai pas encore travaillé. Sur le programme sur lequel je travaille, on est un peu plus de 120, donc ça fait quand même du monde. Et quand je rentre dans la partie opérationnelle, que l'on mentionnera juste après, là, ils ont besoin d'aller plus en profondeur sur ce que ça fait exactement un designer. BertrandD'accord, la troisième mission est une mission de design plus opérationnelle, qu'est-ce que ça veut dire ? Comment ça se passe ? MarionLe design opérationnel, c'est vraiment mon rôle d'ex-designer dans ma mission précédente et dans mon entité précédente. Pour plusieurs outils au sein du programme stratégique, on a identifié différents domaines sur lesquels j'ai réellemenU besoin d'intervenir. Donc, je vais aller faire ce qu'on appelle de la recherche utilisateur. C'est souvent appelé user Research en anglais. C'est aller à la rencontre des utilisateurs sur le terrain. Aller passer du temps avec les opérateurs en usine, avec les commerciaux pour comprendre comment ils travaillent, ce qui est problématique pour aujourd'hui et quelle est la valeur que l'on peut créer. Je vais ensuite structurer ça en fonction du besoin métier stratégique et le mettre en balance avec la faisabilité technique. Je dis fréquemment que je suis à la croisée de ces trois domaines : besoins utilisateurs, décisions et visions stratégiques, besoins business et la faisabilité technique. Et une fois que j'ai fait maturer ça et que j'ai itéré avec les équipes projets, je vais faire ce qu'on appelle des maquettes. C'est-à-dire représenter, illustrer l'outil final. C'est complètement no code et ça permet de pouvoir continuer d'itérer et d'aider les équipes projets à se projeter dans un outil. BertrandMarion, est-ce que tu peux maintenant nous dire pourquoi tu as choisi ce métier ? MarionC'est une bonne question. Ce qui m'a tout de suite plu dans ce métier, c'est l'humain. Quand je travaillais en communication et en marketing, l'aspect vente, c'était quelque chose qui était un peu en dehors de mes valeurs. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est d'aider les gens. Alors, on ne peut pas toujours tout résoudre, évidemment, mais j'avais de la frustration dans la communication. Quand j'ai débuté en tant que Designer, j'ai commencé à aller sur le terrain, à questionner et à découvrir plein de métiers. Je me suis rendu compte que je pouvais avoir un impact positif sur leurs conditions de travail. Et le rôle que j'occupe aujourd'hui chez Air Liquide, me permet de le faire encore plus que mon précédent rôle. C'est-à-dire remettre de l'humain dans les décisions stratégiques. C'est ça qui fait vraiment le sens de mon travail. BertrandD'accord. Et c'est un des éléments qui t'a permis à la fois de choisir ce job, mais aussi d'y rester ? MarionOui, exactement. J'y reste parce que je vois que ça marche. Effectivement, il y a encore plein de choses à construire et c'est super chouette de pouvoir aider les équipes techniques, les équipes métiers à sortir la tête du guidon, prendre un petit peu de recul. Et à se dire que l'on travaille sur un outil digital et qu'il y a plein de choses à faire avec de l'intelligence artificielle, de la data. On a des contraintes techniques, mais à la fin, il y a des humains derrière qui vont utiliser cet outil et on doit juste les aider à mieux faire leur travail. Et ça, parfois, quand on a la tête dans le projet, on l'oublie un petit peu. BertrandÇa rejoint un peu l'exemple que tu citais tout à l'heure avec les bouteilles et les gens dans les usines. Tu vas leur faciliter la vie, tu vas être un facilitateur pour leur métier ? MarionOu en tout cas, on ne va pas leur compliquer la vie, surtout malgré que l'on ait une stratégie qui doit les rendre plus performants dans leurs tâches. BertrandEst-ce que tu peux maintenant nous dire quelles sont les trois principales compétences qu'il faut pour faire ce job ? MarionIl faut beaucoup d'empathie pour pouvoir être designer. BertrandÇa rejoint ce que tu viens de dire. Il faut écouter les autres, il faut les entendre ? MarionExactement, ça passe par beaucoup de curiosité. De la curiosité envers les équipes projets, que je citais tout à l'heure, parce qu'il faut comprendre quels sont les objectifs de chacun. Pourquoi ils posent ces questions-là ? Pourquoi ils me demandent de faire certaines choses ? Il faut que je comprenne la technique, il faut que je comprenne la partie métier, mais il faut aussi que je comprenne le métier des gens pour qui on déploie ces solutions digitales. Ça, c'est super important. Et ce n'est pas toujours bien connu dans l'entreprise. On doit être inclus dans beaucoup de discussions, même si c'est technique, alors qu'on n'est pas des experts, finalement. BertrandDans les compétences, tu as cité l'adaptabilité en numéro 2. Ça veut dire quoi précisément ? MarionPouvoir s'adapter rapidement à des changements de situation. Je pense que ça fait partie des choses de la vie qui et c'est super important, mais encore plus en design. C'est-à-dire que je peux avoir des décisions stratégiques qui changent. Peut-être que mon management a changé et donc, il y a une autre vision qui se met en place. Il faut pouvoir être réactif. Ça, c'est hyper important. Ou alors, j'ai une contrainte technique et dans toute l'expérience qu'on avait pensée, on n'avait pas vu cette contrainte technique arriver et il faut repenser, refaire, se réadapter, itérer, revenir, retester. Donc voilà, beaucoup d'adaptabilité. BertrandEt un esprit d'analyse et de synthèse, c'était aussi une compétence importante ? MarionOui, tout à fait. Quand on va à la rencontre des utilisateurs, on va avoir plein de retours utilisateurs. Que ce soit macro ou très spécifique. Je vais avoir des gens en Europe qui vont me dire, moi, en France, je fais ça, et en Allemagne, ils font autrement. Et en Suède, ils font encore différemment. Et donc, quand on restitue cette recherche utilisateur aux équipes projets, il faut bien synthétiser sur la récurrence de ses retours, sur ce qui est revenu de manière récurrente dans chacun des pays testés. Et ça, ça demande pas mal de prix de synthèse. BertrandJe comprends. Alors attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne dans ton métier ? MarionC'est une bonne question et je pense que ça dépend aussi du domaine dans lequel on travaille. On peut être designer dans le privé ou dans le public. On peut être designer seul dans une entreprise ou on peut être à plusieurs dans une équipe. Et il y a la région parisienne versus le reste de la France. Ça, je pense que c'est pareil pour tous les autres domaines. En moyenne, un junior, il va commencer à environ 35K€. Bertrand35K€ bruts, annuels ? MarionOui, et après, on peut évoluer sur des postes plus séniors. Ça va dépendre si on est freelance ou pas freelance. Les entreprises privées vont potentiellement avoir plus de financement, mais on peut monter jusqu'à 60 à 70K€ brut annuels. BertrandOk. Est-ce que tu peux également nous dire, Marion, quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever quand tu es arrivée dans ce métier ? MarionJe pense que ça reste l'évangélisation que j'ai mentionnée tout à l'heure. Tous les jours, je travaille avec des personnes qui ne connaissent pas du tout mon métier. Ça arrive régulièrement, ils sont peut-être dans l'entreprise depuis 20 ou 30 ans, ils ont une très grande expérience dans le monde de l'industrie. Et ils ne croient pas forcément en la valeur que je peux leur apporter puisqu'ils ne connaissent pas ce métier. Ils ont du mal à imaginer que j'arrive à monter en compétence rapidement sur des domaines souvent très complexes. Et ça, c'est super challengeant. C'est-à-dire qu'à force d'aller sur le terrain et d'aller à la rencontre des utilisateurs, cela me permet de leur faire des retours sur des usages très spécifiques qu'ils connaissent, mais qu'ils ont parfois oubliés. Et le fait de les mentionner, de dire, en fait, l'opérateur avec qui j'ai travaillé la semaine dernière, on a regardé, il a fait ça et ça. Et en fait, c'est une récurrence parce que je l'ai déjà vu ailleurs, fait que ça leur fait un petit effet Waouh ! Oui, elle n'a pas passé dix ans dans une usine comme moi, mais en fait, elle est bien consciente du sujet et elle a bien les connaissances nécessaires pour pouvoir faire des recommandations pertinentes. Bien sûr, je ne suis pas une experte, ça reste eux les experts. BertrandD'accord. Et donc ton défi, c'est de jouer ce rôle d'aiguillon pour leur faire passer des idées auxquelles ils ne croyaient pas forcément ? MarionExactement, de leur faire voir les projets sous un autre angle. BertrandIls ont du mal à accepter ça de la part d'une jeune fille qui débarque, c'est ça ? MarionJe ne sais pas s'ils ont du mal à accepter. En tout cas, ça les surprend et ils ne sont pas habitués à avoir des gens qui peuvent monter en compétence rapidement. BertrandMaintenant, tu es contente de réussir à le faire ? MarionTout à fait. Désormais, ils sont très satisfaits de travailler avec moi. BertrandExcellent. J'avais une autre question sur les tâches quotidiennes pour essayer de comprendre quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? MarionJe ne dirais pas que c'est une tâche quotidienne qui me plaît le plus, parce que malheureusement, je ne peux pas y aller tout le temps. Mais la User Research, qui consiste à aller sur le terrain à la rencontre des personnes ou quand je veux aller tester un outil... BertrandLa User Research, que l'on peut traduire par la Recherche Utilisateur ? MarionExactement. C'est vraiment très chouette parce que l'on découvre des métiers qu'on ne connaît pas du tout. C'est réellement ce qui m'anime et ce qui me rend très dynamique sur les projets. C'est de me battre pour eux. Et peut-être ce qui me plaît le moins, mais j'ai la chance de plus le faire en ce moment. Mais dans mon entité précédente, je devais pointer mon temps sur les projets puisque je travaille sur plusieurs projets en parallèle. Et on avait des financements internes, donc il fallait bien mesurer ça. Et Ça, j'avoue que la partie un peu plus administrative est un peu moins mon truc. BertrandMarion, quelle a été ta plus grande surprise dans ton métier de Lead Product Designer ? MarionJe pense que la plus grande surprise, c'est la variété des sujets. Finalement, l'expérience utilisateur, c'est une méthodologie qui est applicable à pas mal de domaines. Dans mon entreprise, j'ai en plus un terrain de jeu très, très vaste. Mais je pourrais être designer dans le public. Il y a d'ailleurs un réseau des designers du public. Je pourrais être designer dans un hôpital. Je sais que les hôpitaux de Paris embauchent des designers et je pourrais rester dans le privé comme c'est le cas aujourd'hui et travailler pour une autre entreprise dans un secteur complètement différent. Donc ça, c'est vraiment ce qui fait diversité et la variété du job. Et le fait de pouvoir être freelance ou dans une équipe, ou de travailler en tant que designer seul ou de travailler dans une équipe de designers. C'est très varié. BertrandC'est intéressant pour ceux qui nous écoutent. Ça veut dire qu'il y a des potentiels sur ce métier ? Il y a beaucoup de secteurs, beaucoup de typologies d'organisations d'entreprises pour ce job. On peut faire ce métier un peu partout ? MarionExactement. BertrandEst-ce que tu changerais, toi, quelque chose dans ton parcours actuel ? Ce que tu as fait pour en arriver là ? MarionEn fait, je pense que je n'aimerais pas changer quelque chose. J'ai eu des expériences très difficiles. J'ai fait un burn out sur mon premier CDI. J'ai ensuite des expériences de management pas forcément très faciles. Mais ça fait partie de la vie et de l'expérience professionnelle. Et c'est comme ça qu'on grandit, c'est comme ça qu'on prend de la maturité. Donc certes, il y a eu des moments vraiment difficiles, mais j'ai rebondi et je suis réellement contente d'être arrivée là où je suis aujourd'hui. En conséquence, ce n'est pas parce qu'on vit une mauvaise expérience que c'est la fin du monde. Ça va sûrement arriver à beaucoup de gens de vivre des choses moins agréables que d'autres, mais on rebondit et il faut prendre le temps de digérer pour pouvoir mieux rebondir. BertrandQuand on a préparé cette interview, c'était un sujet qui te tenait à cœur. Tu avais envie aussi de passer ce message à ceux qui nous écoutent. On doit pouvoir ressortir vivant et plus fort d'une expérience difficile ? MarionOui, exactement. Je pense que maintenant, j'ai 31 ans, mais la Marion de 21 ans qui a fait un burn out, aurait bien aimé avoir quelqu'un qui lui dise, prends le temps de digérer. C'est difficile, mais ne t'inquiètes, tu vas rebondir. Et à ce moment-là, j'étais perdue. Je ne voulais même plus retourner travailler tellement j'avais perdu confiance en moi. C'est bien de prendre le temps de digérer, mais il faut vite rebondir et comprendre ce que l'on peut améliorer. Et ça permet aussi de comprendre ses limites, finalement. BertrandOk. Merci beaucoup pour ce témoignage. Je sais qu'il n'était pas facile, mais il est important pour ceux qui nous écoutent. Est-ce que tu pourrais aussi répondre à une question qui revient souvent de la part de la communauté du Gagne-Pain sur l'utilisation de l'anglais. Beaucoup de jeunes s'interrogent sur l'anglais et je crois que ta réponse est assez claire ? MarionEffectivement, moi, je suis dans une entreprise internationale, donc la langue principale, c'est l'anglais. Tout ce qu'on rédige doit être écrit en anglais pour que n'importe qui dans l'entreprise puisse lire les documents que l'on rédige. Maintenant, moi, j'étais anglais LV2. J'ai fait allemand LV1 et j'ai toujours continué de parler allemand. Et quand je suis arrivée, je n'avais pas un niveau d'anglais exceptionnel, pour être tout à fait honnête. J'ai appris l'anglais quand je suis partie travailler en boulot d'été, parce que je n'ai pas eu de professeur au collège comme j'aurais dû. Et ce n'est pas grave de ne pas estimer avoir le niveau suffisant. Finalement, je travaille avec des collègues qui sont natifs espagnols ou indiens ou allemands. Et quand on est en réunion, bien sûr, les Américains, les Anglais parlent très bien anglais, mais les autres, on est tous au même point, c'est-à-dire que ce n'est pas notre langue maternelle et on finit par se comprendre. Donc, c'est un stress sur lequel, il faut lâcher prise. Il faut se lancer et ça se passe toujours super bien. Les gens sont bienveillants. BertrandEst-ce que tu peux également nous dire quelles seraient les bonnes formations, selon toi, pour faire ce métier ? MarionIl y a plein de formations qui existent. Bien sûr, l'École des Gobelins, c'est très connu et c'est toujours une bonne formation. Aujourd'hui, j'ai une alternante qui était à l'école CY, école de design. Il y a Strat, école de design qui existe aussi. Il y a des formations continues qu'on peut reprendre si on a déjà travaillé ou si on a fait une autre formation. Ça se trouve assez facilement. BertrandOk. Et toi, est-ce que tu continues à te former régulièrement ? Et si oui, comment et pourquoi ? MarionJ'ai envie de répondre, évidemment. C'est super important de continuer à se former sur son métier. J'essaie de le faire continuellement en suivant des formations. Il y a un organisme de formation assez connu qui s'appelle le Nielsen Norman Group qui est un organisme de formation de design. Il y a beaucoup aussi d'articles à lire qu'ils font. Je suis aussi les formations du Laptop à Paris. Il y a plein de façons de se former via des podcasts, via des conférences. On a des réseaux de designers, Les Designers Ethiques, que je suis beaucoup. Il y a les Flupa UX Days. Et je fais aussi partie d'une association de mentorat qui s'appelle Hexagon UX. Qui a pour but d'aider des jeunes designers à monter en compétence et à gagner en confiance aussi sur leur expérience de designer. C'est un programme de quatre à six mois où des designers séniors se mettent à disposition gratuitement de "mentees" (personne qui a un mentor.) Et là, on est en train de recruter la prochaine promo... BertrandExcellent. Donc, ça veut dire qu'à la fois, tu te formes et tu aides les autres à se former ? MarionJ'espère que je pourrais leur donner ce que l'on m'a donné. BertrandIl y a une question que l'on pourrait aborder en conclusion de cette interview. Comment est-ce que tu vois ton métier dans 5 à 10 ans ? MarionÇa, ce n'est pas facile comme question, surtout dans le courant actuel avec tous les sujets autour de l'intelligence artificielle. C'est sûr que tous les métiers du digital vont évoluer, le métier de designer également. J'espère sincèrement qu'il sera encore plus connu et déployé dans les entreprises et dans le public. Je pense qu'il faut se tenir à jour de ce qui est en train de se passer. Mais ce n'est pas évident de se projeter avec l'intelligence artificielle. Après, ça reste un métier qui tourne autour de l'humain, il ne faut pas l'oublier. Donc bien sûr, ça peut aider, mais je pense que ça ne fera pas tout. BertrandSur ce que tu disais tout à l'heure, sur la recherche d'utilisateur, ça paraît assez clair. Il faut quand même d'abord écouter ceux qui font ? MarionExactement. Par contre, peut-être que les maquettes qu'on fait seront faites par d'autres équipes plus facilement dans certains cas, parce que l'intelligence artificielle le permettra. Mais toute la recherche autour de l'humain, pour moi reste fondamentale. BertrandOk. Que souhaitas-tu ajouter pour aider, ceux qui nous écoutent à construire leur carrière ? MarionIl ne faut pas avoir peur de se lancer dans le monde professionnel. Ce n'est pas forcément évident. Moi, j'ai fait une reconversion, donc j'ai travaillé dans la communication. Maintenant, je suis designer. On peut changer à tout moment, il n'y a aucun problème. Et puis, j'ai l'exemple de ma maman qui a repris un master à 52 ans. De ce fait, tout est réalisable, tout est possible. Ce n'est pas parce que vous étudiez dans une voie que vous allez terminer votre carrière dans cette voie-là. Et ce n'est pas parce que vous trouvez plus de sens dans la voie dans laquelle vous étudiez, que ça ne va pas vous permettre d'évoluer et de rebondir sur un autre métier qui vous plaira. Donc qui ne tente à rien, n'a rien. C'est vraiment ma phrase. Il faut y aller. BertrandOk, il y a de l'espoir. Si ceux qui nous écoutent ont envie de prolonger la conversation avec toi, comment est-ce qu'ils peuvent faire ? MarionIls peuvent se connecter à moi via mon profil LinkedIn, sans faire de faute sur mon nom de famille qui est très compliqué. Je suis toujours disponible pour échanger. BertrandMarion, merci beaucoup. MarionMerci beaucoup de m'avoir reçu. Ça m'a fait très plaisir de pouvoir partager. ### Combien gagne un Design Ops ? Design Ops Salaire De 35-40k€ (junior) à 50-55k€ (senior) brut/an, selon l’expérience. Design Ops Formation Parcours en design (web/design, licence ou master) + expérience designer, formations courtes. Design Ops c’est quoi Le Design Ops facilite le travail des designers : outils, méthodes, ateliers, gouvernance. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Marie-Valentine, Design Ops chez Mirakl. Écouter le podcast Rémunération d'un Design Ops ? Le métier de Design Ops, ou opérations design, consiste à optimiser les processus, outils et méthodes au sein d’équipes de product designers pour fluidifier la création d’interfaces. Marie-Valentine Gallon, Design Ops chez Mirakl, explique : « Mon rôle consiste à être le moteur des méthodes, des outils et de la collaboration pour garantir une expérience cohérente sur tous nos produits ». Elle dévoile les salaires pratiqués pour ces profils hybrides mêlant expertise technique et coordination. Salaire débutant d'un Design Ops D’après Marie-Valentine Gallon, un Design Ops junior, disposant d’une première expérience en product design (en alternance ou stage), peut prétendre à un salaire compris entre 38 000 € et 45 000 € bruts par an. Cette fourchette varie selon la localisation (Paris offre généralement un bonus salarial) et la taille de l’entreprise (start-up ou grand groupe). Évolution du salaire avec l'expérience Avec plusieurs années d’expérience et la prise en charge de responsabilités managériales ou de pilotage de Design System, un Design Ops confirmé peut espérer gagner entre 55 000 € et 70 000 € bruts par an. Les profils capables de gérer une équipe d’Ops ou de déployer des stratégies design à l’international voient souvent leur rémunération grimper vers la fourchette haute. En parallèle, l’évolution vers des postes de Head of Design Ops ou de Design Manager reste un levier majeur pour franchir un cap salarial significatif, dépassant parfois les 80 000 € annuels. Facteurs influençant la rémunération Marie-Valentine précise que plusieurs variables jouent un rôle clé : la taille de l’équipe design, le secteur d’activité (le e-commerce B2B chez Mirakl peut apporter une prime sectorielle), le mode de travail (full remote ou présentiel), ainsi que la maîtrise d’outils IA et la capacité à animer des workshops. Un Design Ops freelance facture souvent plus cher ses missions, mais doit gérer lui-même sa facturation et sa prospection. ### Design Ops - Marie-Valentine Gallon Les missions, salaires et parcours pour réussir en Design Ops Design Ops Salaire De 35-40k€ (junior) à 50-55k€ (senior) brut/an, selon l’expérience. Design Ops Formation Parcours en design (web/design, licence ou master) + expérience designer, formations courtes. Design Ops c’est quoi Le Design Ops facilite le travail des designers : outils, méthodes, ateliers, gouvernance. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Marie-Valentine Gallon –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de DesignOps BertrandMerci beaucoup Marie-Valentine d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Design Ops chez Mirakl. On va avoir l'occasion d'expliquer ça et de lever le voile sur ce métier et sur cette entreprise. Mais avant, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? Marie-ValentineJe suis Marie-Valentine, une Bretonne qui habite à Paris depuis une dizaine d'années et qui nourrit le rêve d'y retourner un jour. BertrandComme tous les Bretons ? Marie-ValentineOui, je viens de Vannes, dans le sud de la Bretagne, et j'ai 31 ans. Je suis Design Ops chez Mirakl. BertrandOk. Est-ce que tu peux, avant qu'on parle de ton entreprise et de ton métier, expliquer ton parcours académique ? Qu'as-tu fait pour arriver là ? Marie-ValentineMoi, j'ai un parcours un petit peu haché en plusieurs étapes, mais tout s'est très bien passé finalement. Moi, j'ai passé mon bac en 2011, un bac économie et sociale en Bretagne. Ensuite, j'ai fait une licence, puis une pause, ensuite un master. C'est un parcours hachuré, mais qui s'est très bien terminé. J'ai fait une licence Info-com à Angers. Une licence très intéressante qui mêle technique, professionnelle et sociologique, un peu plus dure. Néanmoins, j'ai eu un stage qui s'est un peu moins bien passé en fin de licence, qui m'a un petit peu dégoûté du monde du travail. Et après ça, j'ai eu besoin de faire une pause pour me recentrer, trouver d'autres ressources en moi. BertrandTu as bougé, tu as voyagé pour changer d'air ? Marie-ValentineEffectivement, j'ai bougé en France, à l'étranger, en Asie. J'ai travaillé via un stage, du volontariat à l'étranger. Ça a été deux années d'exploration, autant personnelles que professionnelles, mais qui m'ont requinqué après pour reprendre mes études ensuite en master à Paris, Gustave Eiffel, dans le master CMW en alternance. BertrandD'accord, CMW, c'est technique du Web ? Marie-ValentineOui, Culture et Métier du Web. BertrandLà, tu as fait de l'alternance et ça t'a rabiboché avec l'entreprise ? Marie-ValentineC'est ça. Grâce à l'alternance, j'ai intégré IBM où j'ai appris le métier de designer. Ça a été une révélation parce que c'était vraiment tout ce que j'aimais faire dans un seul métier. Je ne connaissais pas ce métier, je l'ai appris sur place. Et depuis, je suis Designer. BertrandMerci Marie-Valentine. Est-ce que maintenant, tu peux nous expliquer dans quelle entreprise tu travailles ? Marie-ValentineOui, je travaille chez Mirakl, qui est une entreprise française dans la tech. Donc, c'est une Licorne. C'est-à-dire que c'est une entreprise qui a beaucoup grossi ces dernières années. BertrandC'est une belle entreprise de la French Tech, comme on dit. Que fait-elle précisément ? Marie-ValentineOn fait un logiciel B2B, qui s'adresse aux professionnels. Ce n'est pas un logiciel qu'on peut utiliser en tant que personne lambda dans la rue. On travaille dans le domaine du e-commerce. Très concrètement, nos clients, par exemple, sont Maison du Monde ou La Redoute. Avant, Maison du Monde ou La Redoute, ne vendaient que leurs produits sur leur site internet. Grâce à notre logiciel, ils peuvent vendre les produits d'autres vendeurs externes. BertrandÇa permet de créer des places de marché spécifiques ? Marie-ValentineC'est ça, des marketplaces, exactement. Ça permet à ces beaux sites internet français de concurrencer Amazon. Nous, on s'adresse aux professionnels qui travaillent chez La Redoute ou Maison du Monde. BertrandExcellent, c'est très clair. Est-ce que maintenant, tu peux expliquer ton métier ? Marie-ValentineOui, je suis Design Ops. "Ops" est l'abréviation d'opérations. On pourrait traduire ça en français par chargé des opérations design. Je travaille au sein d'une équipe d'une dizaine de product designers. Les product designers, ce sont les designers qui travaillent sur les produits qu'édite Mirakl. Je travaille avec le head of Design quotidiennement. Mon objectif, c'est de supporter l'équipe dans ces productions. BertrandÇa veut dire que quand on parle de design, pour bien expliquer à ceux qui nous écoutent, c'est ce qu'on voit quand on accède aux plateformes de Mirakl ? On accède via une interface web ou une interface mobile et c'est ce qu'on voit. Ce que tu fais, c'est améliorer ce qu'on voit et comment on l'utilise ? Marie-ValentineC'est ça. Le métier des product designers, comment on fait évoluer les produits de Mirakl, les interfaces. Que ce soit pour améliorer l'expérience utilisateur, mais aussi pour intégrer des nouvelles fonctionnalités ou créer des nouveaux produits. Ça permet effectivement à la fois d'utiliser mieux le produit, mais aussi d'utiliser mieux les autres produits. BertrandPour bien comprendre comment on peut accéder à tous les produits ? Marie-ValentineIl a cinq produits Mirakl. Ces cinq produits qui peuvent être utilisés séparément, mais l'objectif, c'est que ces cinq produits puissent avoir une continuité entre eux aussi. Et donc, mon objectif, c'est que les designers qui travaillent chacun sur des produits de Mirakl puissent avoir cette continuité d'expérience design à travers toutes les interfaces. BertrandOk, l'interface principale, c'est le Web ? Ça reste le Web pour le B2B ? Marie-ValentineOui, on n'a pas d'interface spécifique pour le mobile. On travaille sur des logiciels métiers, donc des personnes travaillent sur des ordinateurs, principalement. BertrandPeux-tu nous expliquer tes missions quotidiennes ? Quelles sont les principales missions quotidiennes d'une Design Ops ? Marie-ValentineOui, les missions sont très variées. Je peux donner 4 exemples non exhaustifs. Ce sont les missions principales que je peux faire en tant que Design Ops. Il y a les outils, les méthodes de travail, les workshops ou les ateliers de travail collaboratifs ou encore le Design System. BertrandOk. Si on s'arrête sur chacune de ces missions non exhaustives, mais importantes, est-ce que tu peux expliquer les outils ? Ça veut dire quoi ? Quels outils vous utilisez ? Comment vous travaillez avec les outils ? Marie-ValentineOui. Designer, c'est un métier dans la tech, dans le numérique. On utilise essentiellement des outils pionniers dans le marché comme Figma. Mais moi, mon rôle, c'est aussi d'aller voir d'autres outils qui vont nous permettre de mieux travailler. Aujourd'hui, Figma est le leader, mais il y a d'autres outils comme Penpot, par exemple, que je regarde. Je fais de la veille sur ces outils pour savoir comment mieux travailler au quotidien. BertrandDonc, ça veut dire que tu analyses les différents outils du marché et après, tu proposes une utilisation de ces outils dans les équipes ? Marie-ValentineOui, ainsi que l'implémentation et la formation, tout ce qui va autour de l'outillage. BertrandAprès, tu as parlé dans tes missions des méthodes de travail. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Marie-ValentineOui. Il y a plein de méthodes dans le métier de designer, que ce soit des méthodes autour de la création d'interfaces, mais aussi de la User research, la recherche utilisateur, ou de l'IA. C'est mon rôle aussi d'uniformiser les méthodes de travail pour que tous les designers puissent travailler avec les mêmes bases communes. BertrandD'accord. L'idée est, à la fois, de sélectionner les meilleurs et de faire en sorte que l'ensemble des designers travaillent avec les mêmes outils. Pour mettre en place une expérience uniforme sur les différents produits ? Marie-ValentineEt aussi d'intégrer ces méthodes à notre mode de travail. Les méthodes, ce sont des outils très théoriques et moi, mon rôle, c'est aussi de faire en sorte qu'elles soient opérationnelles dans notre équipe par rapport à notre environnement de travail. BertrandTu avais utilisé l'expression "mettre de l'huile dans les rouages", c'est là qu'on retrouve ça. Tu vas faire en sorte que ça fonctionne bien, qu'il n'y ait pas d'accro et que tout le monde comprenne bien comment d'utiliser ces outils ? Marie-ValentineC'est ça. L'idée, c'est que les designers peuvent apporter des idées et des solutions. Mais que ce ne soient pas des initiatives individuelles, mais que ce soit collectif et que je sois la personne de référence pour la mise en place de ces méthodes et de ces outils. BertrandTu as parlé d'ateliers ou des workshops. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Marie-ValentineC'est un peu une méthode de travail qui vient du design, mais dont l'objectif, c'est de l'implémenter au sens large dans l'entreprise. Ça vient du domaine du Design Thinking, quelque chose qui était très américain. Mon rôle, c'est d'être une facilitatrice. Je veux que les équipes, les métiers différents puissent bien collaborer ensemble et je vais créer, organiser et animer des ateliers de travail collaboratifs pour justement mettre plus d'huile dans les rouages et faire en sorte que les différents métiers puissent travailler ensemble. Bertrand Les ateliers, tu en organises combien ? une fois par mois ? Marie-ValentineC'est à la fois pour les designers et pour les développeurs. Quand on développe des logiciels, c'est une boîte de Lego avec des composants qui permettent aux designers et aux développeurs de créer et de développer plus rapidement et avec plus d'harmonie des interfaces Web. Marie-ValentineD'accord. Marie-Valentine Et donc c'est un outil qui évolue constamment en fonction des besoins des équipes et du produit. Et moi, mon rôle là-dedans, c'est d'assurer qu'il y ait une gouvernance. Et de communiquer les mises à jour de ces composants pour que tout le monde puisse bien utiliser cette boîte de Lego à bon escient. BertrandOk, chacun fait un peu de Lego, mais tous avec les mêmes Lego. Marie-ValentineC'est ça, et avec les mêmes règles. BertrandExcellent. Effectivement, tu avais dit que ça change très vite. C'était un des sujets que tu avais évoqués sur ton métier. Donc, on le retrouve là. Ça veut dire qu'à chaque fois, il faut s'adapter. Tout le temps ? Marie-ValentineEt il y a toujours des nouvelles méthodes, toujours des nouveaux outils, surtout là, avec l'IA, il y a beaucoup de choses qui sortent. L'idée, c'est d'être en veille, de voir les points positifs des nouvelles choses qui sortent et en même temps, de ne pas toujours changer les modes de travail non plus. C'est d'être ouvert sur le monde et intégrer les bonnes choses qui sont intéressantes pour l'équipe. BertrandIl faut être curieux ? Marie-ValentineOui. BertrandOk. Est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier ? Marie-ValentineMoi, en tout six ans, j'étais une pure designer. J'ai créé des interfaces sur plein de projets différents. Et en fait, au bout de six ans, ce n'est pas que je me suis un petit peu lassée, mais j'avais envie d'aller un peu plus loin dans la résolution de problèmes. Aujourd'hui, je suis Design Ops, mais je considère que je suis quand même designer. La base du métier, c'est de partir d'un problème, que ce soit un problème métier ou un problème global, et de trouver des solutions. En tant que design Ops, mes solutions ne sont pas limitées au digital. Je ne vais pas que créer des interfaces. Mes solutions, elles sont dans l'organisation des équipes, elles sont dans les outils, dans les méthodes. J'ai plein de terrains de jeu différents pour trouver des solutions à mon équipe. Et l'idée, c'est justement de tester, d'itérer, de mettre en place, de voir si ça fonctionne, si ça ne fonctionne pas et de recommencer. BertrandC'est très opérationnel. C'est aussi pour ça qu'on retrouve le Ops. Ça veut dire que c'est vraiment dans l'action, dans les choses opérationnelles ? Marie-ValentineAu quotidien avec les équipes, les mains dans le cambouis. BertrandMarie-Valentine, est-ce que maintenant, tu peux nous parler des principales compétences pour ce job de Design Ops ? Marie-ValentineMoi, je dirais trois compétences principales. La première, le savoir tech. La deuxième, les savoirs en communication. Et la troisième, tout ce qui tourne autour de l'autonomie et de la gestion de soi. BertrandOk. Si on revient sur la partie tech, le savoir technique, qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Marie-ValentinePour moi, il me semble difficile de vouloir être Design Ops sans avoir été designer déjà avant. Le métier consiste à faciliter et à accompagner des designers. Donc, il me parait très important d'avoir toutes les compétences qu'ont les designers au quotidien. C'est-à-dire le maquettage, les outils, les méthodes de travail. On peut difficilement supporter d'autres personnes si on n'a pas ces compétences soi-même déjà d'abord. BertrandDonc, c'est un peu classique, disons, dans l'évolution d'un job. Il faut d'abord savoir faire avant de savoir faire faire ? Marie-ValentineTout à fait. Marie-ValentineAprès, tu as dit des compétence en communication. Qu'est-ce que ça veut dire d'utiliser la communication dans ton job ? Marie-ValentinePour "mettre de l'huile dans les rouages", il y a beaucoup de travail autour de la communication. Moi, j'ai un parcours de communicante d'abord avant d'être designer. Ça m'a apporté beaucoup de choses positives, que ce soit pour écrire, pour parler, pour savoir laisser les autres parler, pour l'anglais, pour savoir utiliser des outils comme Mailchimp pour envoyer des mails... C'est plein de petites choses qui facilitent le travail au quotidien. BertrandOk, donc il ne faut pas rester tout seul dans son coin. Il faut savoir discuter avec les autres, expliquer les choses aux autres, les écouter ? Marie-ValentineEt diversifier aussi ses communications, parce qu'on peut avoir un message à passer. Et il faut savoir classifier ses méthodes de communication. BertrandOk, c'est très clair. Et après, tu as dit organisation, comme troisième compétence ? Marie-ValentineOui, c'est très important, car c'est un métier dans lequel on peut faire beaucoup de choses. Il y a plein de priorités, tout est prioritaire et il faut savoir s'organiser. Il faut savoir prioriser ses tâches, il faut savoir communiquer ce que l'on fait et il faut savoir être autonome et aller voir les bonnes personnes au bon moment. Savoir travailler en autonomie et être organisé, avoir des deadlines et s'y tenir. BertrandCe n'est pas si simple que ça d'allier toutes ces compétences ensemble. C'est là qu'on comprend la complexité du travail. Est-ce que maintenant, tu peux nous dire quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? Marie-ValentineMoi, je n'ai pas de tâche favorite en tant que telle. Et c'est un peu la beauté du métier, il y a plein de choses à faire et, j'adore pouvoir changer de tâche. J'aime avoir un métier dans lequel je ne fais la même chose tous les jours. J'aime bien avoir plein de missions différentes. Il faut juste un bon équilibre entre des sessions de concentration où je peux produire ce que j'ai à faire et des sessions de collaboration avec des collègues dans lesquels je peux échanger et communiquer... BertrandD'accord. Et dans les choses qui t'intéressent le moins, ça serait quoi ? Marie-ValentineMoi, je n'aime pas du tout les "microtâches". Notamment dans le Design Système, dont en parlait tout à l'heure, une de mes tâches, c'est de mettre à jour des composants. Parfois, il Je dois aller mettre à jour une phrase dans une documentation. Et ça, j'avoue, j'ai tendance à procrastiner. Parce que ces "microtâches", ce n'est vraiment pas ce qui m'intéresse. BertrandD'accord, tu aimes bien les chantiers un peu long, pas les tout petits trucs à faire ? Marie-ValentineOui, les gros travaux... BertrandAlors attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un ou une, Design Ops ? Marie-ValentineC'est une question difficile parce que c'est un métier récent. Et donc, il n'y a pas de métrique sur laquelle on peut se baser. Mon sentiment, c'est que le métier de Design Ops se calque sur des salaires de designers, senior, expérimenté ou lead. C'est un métier qui a de la responsabilité, d'autant plus si on est manager d'une équipe d'Ops. Ça, c'est quand même très spécifique. Là, on est encore sur un salaire différent, mais je ne saurais pas communiquer une bonne fourchette. BertrandSi je te dis que dans une interview précédente, on a interrogé un UX Designer qui nous disait qu'un junior en UX design, c'était entre 35 et 40K€ brut annuel et un senior, entre 50 et 55K€ brut annuel. Est-ce qu'on est dans ces eaux-là ? Marie-ValentineOui, je pense que ce n'est pas mal de se calquer sur ces salaires-là. On n'est pas très loin, effectivement. BertrandMarie-valentine, est-ce que tu changerais quelque chose dans ton parcours ? et si oui quoi ? Marie-ValentinePas du tout. Je pense que même les années de galère, même les jobs étudiants, même le stage désastreux que j'ai fait, je garderais tout. C'est toujours compliqué quand on est étudiant et qu'on a l'épée de Damoclès, sur la tête notamment à cause de l'argent, et qu'on se dit que le monde professionnel est très compliqué. Mais finalement, chaque expérience, même les moins bonnes, m'ont appris la débrouillardise. M'ont appris aussi à avoir un meilleur jugement de ce que je fais et du monde du travail. BertrandTu as dit aussi que de temps en temps, tu te posais la question de ne pas avoir fait d'école de design ? Marie-ValentineOui. Pour moi, pendant très longtemps, j'ai cru que c'était la source de mon "syndrome de l'imposteur". Je me disais, je suis designer, mais je n'ai pas fait d'école de design, je ne suis pas une vraie designer. Et au final, je me rends compte avec le temps que mes études en communication et mes études en web en général ne m'ont beaucoup apporté. Pas exactement le métier de designer, mais m'ont apporté plein d'autres choses autour de ce métier : la communication, le web, les bases de données... Et en fait, ça, je m'en sers beaucoup dans mon métier. C'est de la connaissance générale qui m'aide beaucoup dans mon métier aujourd'hui de design up. Donc, je ne changerai rien du tout. Il n'y a pas de formation reine, il n'y a pas de parcours roi. Toutes les galères m'ont appris la gestion et la débrouillardise. Et c'est grâce à ça aussi que je suis là aujourd'hui. BertrandEst-ce que tu peux également nous parler d'un projet sur lequel tu as vraiment aimé travailler ? Marie-ValentineOui, je n'en ai pas parlé tout à l'heure, mais un de mes sujets, c'est l'accessibilité. Donc l'accessibilité, c'est comment les personnes en situation de handicap peuvent accéder aux outils numériques. Et c'est un sujet sur lequel j'ai beaucoup aimé travailler parce que l'on faisait de l'accessibilité chez Mirakl avant. Il y avait des développeurs qui faisaient un petit peu d'accessibilité. Il y avait des designers qui faisaient un petit peu d'accessibilité, mais il n'y avait pas de projet global et il n'y avait pas de mesures non plus. Donc moi, j'ai fait ce projet depuis l'année dernière où on a commencé à mettre des métriques, à savoir ce que l'on fait de bien et ce que l'on fait de moins bien sur l'accessibilité. Et on a commencé à avoir des premiers résultats. C'est un sujet que j'ai porté via mon rôle de design up, mais via aussi mon engagement personnel. Et j'étais très intéressée, très contente de voir que mon entreprise était très contente de voir ce sujet aussi arriver. BertrandC'est un sujet que l'on traitera dans les prochaines interview du Gagne-Pain. Dans les questions que nous posent souvent les auditeurs du Podcast, c'est l'anglais. Est-ce que tu peux nous dire si l'anglais est important dans ton métier ? Marie-ValentineOui, c'est très important. On est dans une entreprise française, mais en fait, il suffit qu'une personne dans une réunion ne soit pas francophone pour qu'on switch en anglais. Il ne faut pas être anglais avec un super accent, mais il faut comprendre et se faire comprendre en anglais. Il ne faut pas avoir peur de son accent, il ne faut pas avoir peur d'essayer, mais l'anglais est très important. BertrandOk. Pour ceux qui nous écoutent, pourrais-tu nous dire quelles sont les bonnes formations ? On a vu tout à l'heure que ton parcours n'était pas forcément classique, mais quelles sont les bonnes formations pour ce métier de Design Ops ? Marie-ValentineSur le métier de Design Ops, pas beaucoup, parce que c'est un nouveau métier. Et il n'y a pas de formation initiale spécifique pour ce métier-là. Mais, il y a plusieurs formations, que ce soit pour des formations de Designers et ensuite qui évoluent vers Design Ops. Mais il y a aussi des formations plus courtes et plus professionnalisantes. Je pense au Laptop, par exemple, qui propose des formations de Design Ops. BertrandEst-ce que tu continues à te former ? Et si oui, comment ? Marie-ValentineOui, c'est hyper important de continuer à se former puisque c'est un métier justement axé sur la mise à jour continuelle de compétences et d'outils. Moi, je fais des conférences, des tables rondes, des certifications et du e-learning. Pour partager mes sources de référence, en de conférences, il y a Flupa, qui organise tous les ans les UX Days à Paris mais ils ont aussi des antennes en région. Il y a Friends of Figma. Il y a aussi, les Designers Ethiques qui est une source de référence très intéressante. Pour les certifications, il y a toujours le Laptop qui propose pas mal de programmes autour du design à Paris, mais aussi en distanciel. Il y a la Content Square Foundation qui propose un certificat en ligne de 20, 30 minutes sur l'accessibilité accessible à tout le monde. Donc vraiment, je le recommande, et c'est gratuit. Je peux partager aussi Yeita qui propose du e-learning, payant cette fois-ci, mais sur des sujets très précis de la tech. Et enfin, j'ai envie de mettre en lumière le programme Hexagon UX, un programme de mentorat dédié aux femmes et aux personnes non-binaires dans le design. Moi, je suis mentor et j'accompagne des personnes et c'est une super source de contacts et de réseautage, donc allez-y. BertrandExcellent. Y a-t-il une journée type dans ton métier ? Marie-ValentinePas du tout. Absolument pas. Et c'est ça qui est bien. BertrandÇa fait partie de la diversité des activités que tu as ? Marie-ValentineOui, et c'est pour ça qu'il faut être organisé, parce qu'il n'y a pas de journée type. BertrandBonne remarque. Est-ce qu'il y a un mode de vie ? On pose cette question, évidemment, après le confinement. Pour savoir comment s'organise ta journée. Doit-on se déplacer ? Est-ce qu'on fait du télétravail ? Est-ce qu'il y a beaucoup de réunions ? Comment expliquer ça simplement à ceux qui nous écoutent ? Marie-ValentineSuite au confinement, Mirakl, comme beaucoup d'entreprises de la Tech, ont mis en place un télétravail flexible. Moi, je vis à Paris, donc je peux me rendre facilement au bureau de Paris. J'y vais deux, trois jours par semaine, comme je le souhaite. Il y a aussi des bureaux à Bordeaux, donc pareil, il y a des équipes qui sont à Bordeaux qui peuvent se rendre régulièrement au bureau. Mais on a aussi des collaborateurs qui travaillent en Full Remote, comme on dit, en télétravail complet, depuis chez eux, depuis n'importe où en France. Du coup, notre mode de travail est très hybride. Dans nos réunions, il y a toujours au moins une personne qui est en remote, et qui n'est pas là physiquement. On s'adapte. Depuis le confinement, on s'adapte et ça me fonctionne très bien, que ce soit les réunions, les déplacements. On se voit quand même de temps en temps en présentiel, et on fait des déplacements. BertrandOk. Est-ce qu'il y a beaucoup de réunions dans ton métier ? Ces réunions, peuvent-elles avoir lieu à l'extérieur ? Marie-ValentineIl y a beaucoup de réunions parce qu'il s'agit souvent de communiquer avec les autres. Donc forcément, que ce soit des réunions en One-to-One, comme on dit, en binôme ou dans des réunions plus larges. Pour aller à l'extérieur, ça dépend des sujets. Mais globalement, je fais beaucoup de réunions depuis chez moi parce que des personnes en face aussi, que ce soit en interne ou en externe. Je rencontre beaucoup de gens extérieurs, mais elles font aussi leurs réunions en full remote. BertrandD'accord, donc il n'y a pas énormément de déplacements au vrai sens du terme pour aller chez des clients ou rencontrer des gens ? BertrandC'est ça. BertrandOk. Il y a une question aussi qui est évidemment centrale sur l'intelligence artificielle. Est-ce que ça commence déjà ? Est-ce qu'elle est déjà en place ? Est-ce que ça modifie déjà ton métier ? Marie-ValentineOui. Le métier de designer de manière globale, oui. Il y a beaucoup de choses qui se mettent en place. On n'a pas encore de résultat très concret. On ne peut pas encore dire que l'IA a remplacé le designer sur telle tâche, mais il y a plein d'outils qui évoluent, il y a plein de tentatives. Moi, je vois plein d'avantages dans mon quotidien. Déjà, j'ai un assistant à qui parler, pour poser des questions et qui peut m'aider à avoir un autre avis sur mes questions. Donc, je l'utilise au quotidien. Tous les métiers vont évoluer et moi, j'espère simplement, par exemple, quand on parlait des microtâches plus tôt. J'espère que l'IA va m'aider dans ces microtâches que je n'aurais plus à faire. Et que je puisse me concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée. BertrandOk, va déposer ça dans le fichier et fais-le pour moi ? Marie-ValentineC'est ça, dis-moi vite fait ce que je dois faire et en une heure, c'est plié. BertrandOn a aussi des questions croisées qu'on aime bien poser à la fin de nos interviews. Des questions qui nous viennent de personnes que l'on a interviewées. Il y en a une qui revient maintenant très souvent dans nos interviews, c'est, qu'est-ce qui donne du sens à ton travail ? Marie-ValentineC'est un peu dans le sens de l'évolution de mon passage entre Product Designer Numérique à Design Ops. Moi, ce que j'adore, c'est que je vois concrètement les effets de mon travail. Je vois ce qui fonctionne et je vois ce qui ne fonctionne pas auprès de mes équipes. Il y a plein de façons de le voir et j'ai l'impression d'avoir un impact sur mes collègues. Donc c'est vraiment très gratifiant et j'aime beaucoup ça. BertrandD'accord, C'est l'évolution du travail en équipe qui te semble intéressante en termes de changement ? Marie-ValentineOui, et puis de voir qu'on évolue positivement, que je vois mes collègues qui évoluent dans leur métier, qui se sentent plus à l'aise aussi. C'est réellement très positif. BertrandOk. Il y a une autre question croisée qu'on aime bien. Comment est-ce que tu vois ton métier dans 5 ou 10 ans ? Marie-ValentineIl y a cinq ans, je ne connaissais pas le métier de Design Ops et je ne pense pas qu'il existait du tout en France. Donc dans cinq ans, peut-être que ce sera un autre titre et encore autre chose ? Je pense qu'il faut juste dire que les métiers de la Tech évoluent tout le temps. Il y a des nouveaux titres tout le temps, on redonne des nouveaux noms, ça change, il y a des petites subtilités. Donc, il ne faut pas rester figé. Ça va évoluer. On ne sait pas ce qui va arriver dans cinq ans. En fait, il faut se former à faire plein de choses. Et toutes les compétences vont être utiles à un moment donné. BertrandOk. Rester en alerte, rester en veille et observer ce qui se passe ? Marie-ValentinePrendre les opportunités et aller avec... BertrandC'est un sujet qui revient très souvent dans nos interviews, être curieux. En conclusion, est-ce que tu voudrais ajouter des choses et qu'est-ce qui te semble important d'ajouter pour ceux qui nous écoutent ? Marie-ValentineJustement, ce qu'on disait, c'est que le monde de la Tech, ça évolue tout le temps. On voit l'évolution ces cinq dernières années, on ne sait pas où on sera exactement dans cinq ans. Donc, il faut aller de l'avant. Il faut se louper, il faut essayer, il faut tenter, il faut prendre les opportunités qu'on peut avoir. Et être moteur du changement. Je pense que ce qui est important. C'est difficile de se mettre en avant dans ce domaine où on a l'impression que tout le monde est expert autour de nous. Et du coup, on a envie de se cacher parce qu'on ne se sent pas aussi expert que les autres, Mais précisément, le monde de la tech a besoin de nouvelles voix, il a besoin de nouveaux profils. On a besoin de prendre la parole et c'est hyper important et c'est hyper bénéfique pour les personnes qui osent parler. Donc, je ne peux qu'en joindre tout le monde à le faire. BertrandOk, merci Merci beaucoup, Marie-Valentine, c'était très intéressant. Si ceux qui nous écoutent souhaitent prolonger la discussion avec toi ou te poser des questions, tout simplement, comment ils peuvent faire pour te contacter ? Marie-ValentineSur LinkedIn, Marie-Valentine Gallon. BertrandMerci beaucoup. ### Les Logiciels Libres - Bastien Guerry Découvrir le métier de spécialiste des logiciels libres avec Bastien Guerry : conseils et parcours dans le digital Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Bastien Guerry –  Page personnelle Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier des Logiciels Libres Bertrand : Pour ce nouvel atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Bastien Guerry. Bonjour Bastien. Bastien : Bonjour Bertrand. Bertrand : Merci beaucoup Bastien d'avoir accepté notre invitation. Bastien est référent logiciels libres à la Direction interministérielle numérique, la DINUM. Il est conférencier et intervenant au sujet de l'open source et des logiciels libres. Bref, Bastien est très bien placé pour répondre à nos questions. Est-ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose, Bastien, pour te présenter ? Bastien : J'ai 47 ans. J'ai connu le logiciel libre à la fin des années 90. Ma tante, qui n'avait rien à voir avec l'informatique, m'a donné un CD-ROM en me disant : « Toi qui aime bien bidouiller, j'ai un collègue qui m'a passé ça, je ne sais pas quoi en faire, regarde, toi. » Et j'ai installé une distribution Red Hat à l'époque sur un vieux PC. Un peu comme dans la pub où on ouvre le frigidaire pour un monde merveilleux de glaces, là, un monde merveilleux de logiciels libres s'est ouvert à moi. Bertrand : D'accord, mais tu avais quand même déjà un peu touché à l'informatique pour qu'on te donne ça ? Bastien : Je m'amusais petit à programmer en BASIC des petites choses et j'étais un peu accro à ça, effectivement, mais pas du tout, à cette époque-là, j'ai 15-16 ans et je lis de la poésie, je me destine à faire plutôt de la philo et des études littéraires. Bertrand : Ok, avec toi, Bastien, on va explorer le sujet des logiciels libres et de l'open source. Et dans cet atelier, on essaie de donner des conseils d'experts pour aider ceux qui nous écoutent à trouver un job, à construire leur carrière dans le digital. Si tu le veux bien, on va reprendre les différentes questions qu'on a évoquées en préparant cet entretien. C'est quoi le logiciel libre ? Qu'est-ce que ça veut dire l'open source ? Deuxième question, comment l'intégrer dans son activité. Qu'est-ce que ça veut dire pour ceux qui nous écoutent ? Quels sont les premiers pas pour se lancer dans le logiciel libre ou l'open source ? Et puis, quels seraient tes conseils pour les auditeurs du Gagne-Pain ? On peut débuter par c'est quoi l'open source ? C'est quoi le logiciel libre ? Comment tu l'expliquerais simplement à ceux qui nous écoutent ? Bastien : Tous ceux qui nous écoutent, j'imagine, ont déjà installé un logiciel et à un moment donné, se sont retrouvés avec une petite boîte de dialogue qui leur demande d'accepter des conditions d'utilisation. En général, on zappe, on scrolle, on appuie, on avance, on ne lit pas forcément. Un logiciel libre, il y a un peu virtuellement la même boîte de dialogue, sauf qu'au moment d'accepter les conditions d'utilisation, on accepte d'être entièrement libre vis-à-vis de ce logiciel. C'est-à-dire d'être libre d'aller étudier le logiciel, de voir dans son code source, comment il est fabriqué ; libre de le modifier entièrement, s'il y a des choses qui ne nous plaisent pas, on les enlève, si on veut adapter des choses dans l'interface ou même dans le fonctionnement profond, on peut tout changer ; d'être libre aussi de partager ces modifications avec les autres. C'est ça qui fait la force communautaire des logiciels libres. On peut citer tout de suite des grands logiciels libres comme le noyau Linux, le projet GNU, Firefox ou LibreOffice. Tous ces logiciels sont nés de la capacité que quelqu'un avait de contribuer au logiciel, au code source, qu'une autre personne avait rendu libre. Bertrand : Si je fais un parallèle en disant, je saisis un livre et je vais devenir aussi rédacteur de ce livre, c'est un peu la même idée. Je vais à la fois l'utiliser, le lire, mais aussi pour voir le modifier, le changer ? Bastien : Exactement. Dès qu'on introduit cette notion de livre, on va aussi parler de droits d'auteur. Et effectivement, les logiciels aujourd'hui reposent entièrement sur le droit d'auteur, donc le copyright aux États-Unis et dans le monde anglo-saxon. Et ce droit d'auteur, il est utilisé soit pour empêcher les gens de faire des copies, de faire des œuvres dérivées, soit pour les autoriser à faire ce qu'ils veulent avec ces œuvres-là. Donc le logiciel libre, c'est une façon de retrouver un peu ce qu'on a dans le domaine public. Si cette œuvre est tombée dans le domaine public, j'ai le droit d'écrire la suite, j'ai le droit de la modifier, j'ai le droit de la commercialiser librement. Donc, les logiciels libres, chacun a le droit de les commercialiser librement, par exemple. Bertrand : D'accord. Donc, si je reprends mon exemple du livre, ça veut dire que c'est Ok pour un livre, mais un livre qui a déjà été publié depuis assez longtemps. Ça doit être 80 ans, je crois, pour tomber dans le domaine public ? Bastien : 70 ans. Bertrand : Ok 70 ans pour tomber dans le domaine public. Donc, je prends un vieux livre de 70 ans et je peux en faire ce que je veux. Sauf que là, on parle de logiciels actuels, de choses nouvelles qui sont utiles tous les jours ? Bastien : Oui, après, pour le livre, il y a aussi les droits moraux et les ayants droit ont des droits moraux sur les œuvres, même au-delà de 70 ans. Il faut s'adresser à un juriste. Pour les logiciels, aujourd'hui, la plupart des logiciels ont moins de 70 ans. Il y a des vieux logiciels qui tournent encore, mais pour tous ces logiciels-là, le mouvement du logiciel libre et de l'open source (on pourra discuter de la différence) c'est vraiment de donner la main aux utilisateurs. C'est d'abord un mouvement pour que les utilisateurs ne soient pas prisonniers de logiques d'exploitation commerciale qui s'appuient sur la propriété intellectuelle pour interdire des choses aux utilisateurs. Bertrand : Quand tu dis interdire des choses aux utilisateurs, on ne parle pas encore de payer quelque chose ? Parce que dans la plupart des logiciels qu'on utilise, on paye aussi. On nous interdit de faire des choses, mais on paye aussi. Alors que dans l'open source, est-ce qu'on paye encore ? Bastien : Dans l'open source, on ne va pas payer la possibilité d'étudier le code, de le modifier, de le repartager, mais on peut tout à fait payer d'autres choses. On peut payer du support à l'entreprise qui connaît très bien et qui développe le logiciel libre. On peut payer pour déployer des instances en Software As A Service (Saas) ou on peut payer pour de la formation, pour de l'adaptation du logiciel. Donc, il y a toute une économie du logiciel libre qui est florissante, qui est croissante. On a en France le Conseil National du Logiciel Libre, le CNLL, qui représente les éditeurs Open Source, et ce sont des boîtes qui font du chiffre d'affaires et qui avancent, qui fournissent des solutions. Donc, il y a toute une économie existante. Bertrand : Ok, ça me paraît assez clair sur la définition. Alors après, il y avait cette question de nommer. Tu as dit logiciel libre ou open source. Quelle est la différence ? C'est uniquement sémantique ou c'est plus que ça ? Bastien : Il faut plonger un tout petit peu dans l'histoire. Le logiciel libre est né dans les années 80 avec une figure qui est celle de Richard Stallman. Dans les années 80, il fait le constat que les communautés de hackers partagent librement du code source au MIT sont en train de se réduire comme peau de chagrin. Et pour une raison très simple, c'est que AT&T à l'époque aux États-Unis, a racheté, a « re-propriétariser » le système Unix qui était prêté aux universités. Bertrand : Ça commence avec Unix. C'est le premier système ? Bastien : Unix est l'un des systèmes d'exploitation, mais qui était librement accessible pour la plupart des chercheurs qui pouvaient lire le code source, s'en inspirer, développer. Et puis, à un moment donné, on leur dit : « Non, vous ne lisez plus le code source et puis vous n'avez pas le droit de modifier. » Il y a cette fameuse anecdote où Richard Stallman a un bug avec son imprimante et on lui dit : « Non, tu n'as pas le droit. Le labo t'interdit parce que l'on a signé des clauses de garantie qui nous empêchent de corriger le driver. » Et là, c'est la goutte d'eau… Il se rend compte que les communautés de hackers dépérissent et il se dit qu'il faut lancer un mouvement qui va explicitement donner le droit à chacun d'étudier, exécuter comme il veut, modifier et partager ses modifications. Et il lance le mouvement du logiciel libre. Il ne le lance pas comme un manifeste : il se met à développer un système qu'il va appeler GNU, en référence à Unix, pour dire « GNU is not Unix », « Ce n'est pas Unix », parce que ça prend le contrepied de la logique de privatisation du code source. Et ça va être une logique de développement communautaire. Tout ça n'est pas très connu dans les années 80 en dehors des cercles de recherche. Et c'est Linus Torvalds qui arrive en 1991 en publiant le noyau Linux, qui permet à plein d'étudiants et de chercheurs d'installer un système GNU/Linux sur leur machine. Et à partir de ce moment-là, le mouvement prend forme. Arrivent les années 90 où des gens se disent le logiciel libre, c'est bien, mais ce côté militant révolutionnaire, ça fait tache dans le business. Donc, on va enlever ces idéaux de liberté et on va rappeler que c'est tout simplement de meilleurs logiciels. Bertrand : C'est là que ça devient open source ? Bastien : Exactement. Bertrand : Ok, c'est clair. Donc, il y a effectivement une histoire qui explique ce changement de dénomination, mais ça veut dire la même chose ? Bastien : Aujourd'hui, ce sont les mêmes logiciels. C'est-à-dire qu'un logiciel libre ou open source, il est défini par sa licence. C'est sa licence qui va nous octroyer les libertés en tant qu'utilisateur. Et ces licences sont reconnues par deux instances : c'est la Free Software Foundation, qui est l'héritière du mouvement du logiciel libre de Richard Stallman, qui continue à valider des licences, et l'Open Source Initiative lancée à la fin des années 90, qui représente ce mouvement de l'open source. Les deux mouvements œuvrent pour la même cause. Aujourd'hui encore, les « libristes » et les tenants du logiciel libre se retrouvent dans les valeurs du logiciel libre, des valeurs de partage, des valeurs communautaires, qui ne sont pas celles forcément du business, et les tenants de l'open source se retrouvent dans l'efficacité de l'outil, l'efficacité des méthodes de développement, la transparence, la confiance qu'ajoute l'open source. Bertrand : Ok, on n'a pas parlé dans le détail de ce que tu faisais. C'est peut-être intéressant pour comprendre ton érudition d'abord sur le sujet, mais aussi comprendre ce que tu fais concrètement à la Direction interministérielle du numérique (DINUM). Que fais-tu là-bas ? Bastien : La Direction interministérielle du numérique, c'est la DSI Groupe de l'État. C'est elle qui impulse les stratégies numériques pour les ministères. C'est elle aussi qui contrôle quand des projets ministériels sont au-delà de 9 millions et de sommes conséquentes. C'est aussi elle qui propose des outils aux agents publics. En ce moment, la DINUM développe une suite numérique qui est faite avec des briques open source. Cette suite, est proposée à tous les agents en administration centrale. Sur l'open source en particulier, la DINUM porte un discours très fort. Elle dit aux administrations, les logiciels libres, il faut avoir confiance dans ces logiciels. Ce sont de bons logiciels. Nous allons vous aider à trouver les prestataires qui peuvent vous aider à migrer vers du logiciel libre. Je donne un exemple. On a eu récemment VMware qui commençait à multiplier les prix de ces licences, il a fallu réagir à ça et parfois, c'étaient des logiciels libres qui étaient choisis. Dans ce cas-là, la DINUM peut venir en appui. On a ce pôle qui s'occupe de l'open source. J'ai la chance de travailler en équipe avec plein de gens qui s'y connaissent beaucoup en logiciel libre et en open source à la DINUM, pour développer des produits avec des méthodes agiles qui restent innovantes dans l'administration. Bertrand : Donc, ça veut dire que vous proposez à l'ensemble de l'administration publique des solutions ? Vous recommandez des solutions pour changer les logiciels et utiliser plus de logiciels libres ? C'est bien ça ? Bastien : On recommande, on aide les ministères à trouver les bons prestataires parce qu'on a un écosystème français d'éditeurs et de boîtes intégratrices qui fonctionnent très bien. Et parfois, on fait nous-mêmes. Donc là, on a fait Tchap, par exemple, qui est basé sur Element. C'est un outil de conversation instantanée à la Mattermost ou Slack pour ceux qui utilisent des solutions propriétaires. Ces outils sont rentrés dans les pratiques des agents. On ne peut plus revenir en arrière, mais c'est un outil souverain. On maîtrise le code, il est déployé sur des infras qu'on maîtrise et il est à la disposition d'autres pays qui voudraient l'utiliser. Bertrand : Tu as prononcé un mot important dont on avait parlé en préparant cette interview, c'est souverain. Donc, tu veux dire que c'est important aussi, d'un point de vue souveraineté nationale ou souveraineté européenne, de posséder ces logiciels libres ? De travailler sur ces logiciels libres, parce que ça nous permet de nous rendre plus libres ? Bastien : Oui, pous nous affranchir de dépendances soit commerciales, soit technologiques. On n'en est pas là. On a encore de fortes dépendances dans tous les sens. Mais cet esprit et la place du logiciel libre sur la souveraineté est écrite dès la Loi pour une République numérique de 2016, l'article 16 pour les curieux, qui dit que les logiciels libres, c'est bien, il faut en utiliser pour des raisons de maîtrise, d'indépendance et de pérennité. Ces trois mots, maîtrise, indépendance et pérennité, c'est exactement ce qu'on appelle aujourd'hui souveraineté. Je ne rentre pas après dans les débats sémantiques sur « souveraineté », « souverainisme » ou autres. Mais il y a de facto, on voit bien la définition que j'ai donnée du logiciel libre, il y a deux tendances possibles qui sont concurrentes et complémentaires aujourd'hui. C'est de profiter égoïstement de tous ces logiciels libres, c'est-à-dire de dire c'est génial, souvent c'est gratuit, je peux installer Linux, je n'ai plus de virus, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes sans jamais reverser à la communauté… Ou être dans une démarche de partage, de contribution et de reverser la communauté. C'est pareil au niveau des États. On pourrait être dans une logique purement consommatrice en disant, merci l'écosystème, débrouillez-vous les grands acteurs pour nous faire une distribution Linux qui marche du feu de Dieu. Mais on peut aussi, et c'est ce qu'on essaye de faire, contribuer, rentrer en relation avec les grandes fondations, Mozilla, Eclipse, OW2… L'Europe s'active beaucoup là-dessus. On construit des collaborations avec l'Allemagne, la Hollande, notamment, pour gagner en souveraineté, pour favoriser les logiciels libres. Bertrand : Excellent, ça me paraît hyper clair. Si maintenant, on se met du point de vue, de ceux qui nous écoutent. Pour comprendre opérationnellement les logiciels libres, il faut commencer par quoi ? Que peut-on faire concrètement ? Que conseillerais-tu de faire ? Bastien : Je vois deux façons de faire. Soit, on se mouille la nuque tout doucement en installant Firefox… Bertrand : Donc, ça veut dire changer Chrome ? Bastien : Oui, changer Chrome pour Firefox ou d'autres navigateurs libres. On regarde navigateur libre et puis on en découvre peut-être d'autres. Installer LibreOffice, commencer par là aussi. Bertrand : Ça veut dire, que l'on supprime Microsoft ? Bastien : On ne supprime pas. Non, on essaye. Plein de logiciels libres marche dans tous les systèmes… Bertrand : Quand tu dis « on se mouille la nuque », ça veut dire que l'on y va doucement. On vérifie si l'eau est chaude ou froide ? On installe quelque chose et on vérifie en parallèle si ça marche bien par rapport à ce qu'on a l'habitude d'utiliser ? Bastien : Oui, d'abord ça, et en plus, on va voir la communauté. Derrière chaque logiciel libre, il y a des gens qui s'activent pour le faire avancer. Que ces gens soient 3 dans un garage ou 300 dans une grosse communauté constituée, ils existent. Allez les voir. Donc, on fait ces deux choses : on essaye de prendre la jauge de cette communauté qui, le plus souvent, communique de façon transparente sur des forums, sur des mailings lists, sur Stack Overflow partout. Ça, c'est la façon douce. Sinon, on y va carrément, on prend son courage à deux mains, on se met en haut du plongeoir et on installe une distribution Gnu/Linux. Il y a des distributions très facilement accessibles, qui s'installe via une clé USB, qu'on peut mettre en USB live. C'est-à-dire, on met la clé USB pour faire tourner le système d'exploitation, tester Ubuntu, archlinux, Debian, ou tous les autres systèmes d'exploitation, Linux Mint, il y a plein de sites de distribution maintenant orientés débutant. Et quand on met la clé, le système se lance sur la clé et puis on enlève la clé, on n'a plus rien sur son ordinateur, on l'a comme avant. Et si on est content, si on dit que c'est pas mal, on l'installe soit en « double boot » à côté de l'autre système d'exploitation, soit on installe carrément une machine dédiée à Linux et puis on explore comme ça. Bertrand : On peut le faire sur n'importe quelle machine ? sur Microsoft ou sur Apple ? ça marche dans les deux cas ? Bastien : Oui, toutes les architectures sont maintenant supportées. Bertrand : Ça veut dire, on va le faire, mais aussi on va contribuer ? C'était ça que tu disais tout à l'heure ? Bastien : Non, je disais que les deux attitudes étaient possibles. Évidemment que l'attitude de consommation, je ne voulais pas du tout dire péjorativement que c'était de la passivité totale et que c'était du « free riding », comme on dirait. C'est tout à fait légitime. On n'est pas obligé de contribuer à quoi que ce soit. Il n'y a aucune obligation morale. Mais par contre, on a cette liberté-là. Et à un moment donné, si on se prend au jeu… Dans mon histoire, je m'amusais gentiment à faire du piratage en n'y connaissant pas grand-chose, en essayant de rentrer dans des ordinateurs, et pius je « piratais » des logiciels. Je les téléchargeais et je me disais, tiens, on ne se fait jamais attraper par la police. Et un jour, j'ai cru pirater un logiciel et ce n'était pas du tout du piratage… J'ai installé un logiciel libre qui me disait : « Tu peux faire ce que tu veux et voici le lien vers la liste de discussion. » Comme, j'avais lu un super bouquin qui s'appelait Libre aux enfants du savoir numérique d'Olivier Blondeau et Florent Latrive, sorti en 2000 aux Éditions de l'Éclat. Bertrand : On mettra le lien là aussi dans les commentaires du podcast. Bastien : Ça reste un classique. Il faut le lire. Dans ce bouquin, je voyais les articles de ce monsieur Richard Stallman. Je me disais, c'est une vieille histoire. Et puis, en envoyant un mail sur la liste de discussion de ce logiciel, Emacs, une personne me répond, et c'est Richard Stallman. Là, je ne comprends plus, mon cerveau bug complètement. Je me dis, mais donc tout ça existe pour de vrai, les gens s'entraident pour de vrai et on peut plonger dans le bain. Mon message c'est ça : allez-y doucement à votre rythme, et n'oubliez pas qu'il y a quelqu'un au bout du fil. Bertrand : Ça veut dire qu'on est un peu développeur quand même ? Qu'on a une petite connaissance du code ? Ça ne s'adresse pas à tout le monde ? Bastien : Pas du tout. Tout le monde peut utiliser un système GNU/Linux. Je ne compte plus le nombre de gens chez qui j'ai installé un système GNU/Linux. De gens qui font essentiellement de la bureautique sans avoir besoin de macros Excel poussées et qui en ont marre d'avoir des virus. Ou alors qui ont un ordinateur qui rame un peu, parce que les dernières mises à jour de Windows sont pénibles. Je lui dis, écoute, si tu le veux, on fait l'essai. Pendant un mois, tu fais l'essaie, tu utilises ce système. C'est juste un autre système avec un système de fenêtrage complètement identique. Il retrouve ses icônes, il clique sur Internet pour aller sur Internet. Il clique sur Bureautique pour aller sur bureautique. Tout le monde peut s'y mettre pour ce qui est d'utiliser le système d'exploitation. Aujourd'hui, dans l'État, on a la gendarmerie, avec 80 000 agents de la gendarmerie qui utilisent un système libre basé sur Ubuntu. Ils se portent très bien. Peut-être que certains ne savent même pas que c'est du logiciel libre et ne connaissent pas l'histoire… Bertrand : Si on creuse cette question, il y a combien de personnes aujourd'hui, en France ou dans le monde, qui utilisent des logiciels libres ? Est-ce qu'on arrive à savoir ça ? Bastien : C'est une excellente question. Je crois qu'on n'arrive pas à savoir ça. On sait qu'en France, on a une communauté de chercheurs qui est très active sur des contributions, notamment à la distribution Debian. Quand on dit distribution, c'est que des gens décident de faire une sélection de logiciels libres et de les rendre installables comme système d'exploitation : Debian, Ubuntu, ou Red Hat. Ce sont des distributions qui s'appuient sur Linux comme noyau et GNU comme l'ensemble des logiciels utilitaires indispensables, le compilateur, etc. Debian fait sa conférence annuelle en juillet à Brest et on sait qu'on aura beaucoup de chercheurs français. Donc ça, ce sont les contributeurs, mais même pour les utilisateurs, c'est très difficile [de connaître leur nombre]. Ce qu'on observe, c'est que même en augmentant de façon très timide, Linux, le système GNU/Linux sur le poste de travail, est en croissance relativement constante, sans aller au-delà du 6% des postes utilisateurs. Mais on avance tout doucement. Bertrand : Quand on a préparé l'interview, on a aussi parlé d'une autre catégorie de plateformes comme Wikipédia. Et tu avais envie aussi de préciser la différence entre logiciel libre et ces solutions-là ? Bastien : Wikipédia, tout le monde connaît, c'est un projet d'encyclopédie collaborative libre. On retrouve le mot « libre » parce que Wikipédia étant né en 2001, c'est aussi l'année de la naissance des licences Creative Commons au nombre de six. Et parmi lesquelles, il y a cette licence qui dit, vous pouvez faire ce que vous voulez avec le contenud, simplement, vous êtes obligé de créditer l'auteur. Et dans l'une des déclinaisons des licences Creative Commons, celle utilisée sur Wikipédia, si vous l'intégrez ou si vous faites une œuvre dérivée, merci d'utiliser la même licence. Donc ça, c'est ce qu'on appelle des fois l'effet viral ou la réciprocité de la licence Creative Commons BY ShareAlike. C'est-à-dire « partagez comme vous l'avez pris ». Les licences de Wikipédia sont inspirées des licences libres et notamment de la licence très connue dans le monde du libre, celle initiée par Richard Stallman, qui est la GPL, la GNU General Public License, qui dit : « Vous pouvez intégrer ce bout de code source dans votre projet, mais merci de mettre tout le projet sous la même licence. » C'est l'effet copyleft. C'est un jeu de mot pour dire on prend le contrepied du copyright et la « gauche d'auteur » va obliger les uns et les autres à construire une communauté. Les grands projets comme Wikipédia s'inspirent de cette logique de gestion du droit d'auteur. Pour construire des communautés autour de ressources libres. Et ces communautés, maintenant on les appelle souvent des communs numériques. Le modèle s'est reproduit ailleurs, par exemple pour OpenStreetMap, qui est une base de données d'informations géographiques faite collaborativement et libre. Bertrand : Le concurrent de Google Maps, c'est en version libre ? Bastien : Exactement. Bertrand : Quand on parle d'Android, on parle de quoi alors ? Bastien : Android, on parle du système développé par Google qui s'appuie sur des briques open source et qui rajoute par-dessus des fonctionnalités propriétaires qui continuent à enchaîner les utilisateurs. Bertrand : Au départ libre, mais qui après devient propriétaire chez Google ? Bastien : Comme a fait Steve Jobs avec le système MacOS, qui au départ n'était pas Linux, c'était BSD, donc c'était un autre système libre, mais il a pris ça, il a rajouté une interface. La valeur initiale du système d'exploitation était, dans la communauté, autour du système BSD. Ce qui est important, c'est de comprendre que la logique du libre, c'est de faire monter la marée pour tout le monde. On sait que les coûts pour développer un système d'exploitation de zéro sont immenses. Si on part tous en contribuant à un commun numérique comme Linux ou un logiciel libre collaboratif, on avance tous en même temps. Ce qui permet quand même ensuite d'avoir des gens qui vont faire des percées sur tel ou tel aspect d'innovation qu'ils vont apporter. Bertrand : Excellent, ça me paraît beaucoup plus clair. Il y a une question dont on a aussi parlé en préparant l'interview, c'est de comprendre que ces logiciels libres créent des nouveaux métiers. Je crois que tu avais envie de parler de nouvelles opportunités, pour ceux qui nous écoutent ? Bastien : Déjà, ça a créé mon métier. Je suis expert open source. Dès qu'il y a une question open source, on sollicite notre équipe à la DINUM. Et après, ça se décline, je prends par exemple le métier de juriste open source. Aujourd'hui, les licences libres, ça crée des contraintes, c'est une partie du droit de la propriété intellectuelle qui est passionnante, qui a des évolutions permanentes. Si je prends un sujet dont on va peut-être parler plus, mais si je prends la question de l'IA, est-ce qu'une IA entraînée sur des logiciels libres, est-ce que les conditions de la licence permettent à l'IA d'exploiter ces codes sources dans les contenus générés ? Il y a des spécialisations pour chaque métier, dev, juriste, manager, recruteur. Quand on a beaucoup d'expérience sur le logiciel libre, on peut essayer de construire une stratégie dans une entreprise ou une administration. On a plusieurs administrations qui s'y mettent. Par exemple, je peux citer France Travail, qui a une entité dédiée à l'open source dans toute son organisation. Et pas juste pour faire de l'innovation, parce qu'on aurait tendance à se dire que c'est un sujet innovant, donc ça va être des équipes qui font de l'innovation. Non, ce sont des équipes qui viennent aussi profondément changer les logiciels qui sont dans les infras. Bertrand : Merci beaucoup. Pour conclure, quels seraient tes autres conseils pour ceux qui nous écoutent ? Que faudrait-il qu'ils fassent ? Bastien : Aller sur l'un des sites de référence des communautés autour du logiciel libre en France, c'est Linuxfr.org, le site est disponible depuis 25 ans. Je crois qu'ils ont fêté cet anniversaire l'année dernière. Aller à la rencontre de ces gens qui sont des gens qui existent pour de vrai. Envoyez-moi un mail à bzg@bzg.fr. Les libristes aiment bien répondre au mail. N'hésitez pas, ce sont des rencontres. Tout est né de rencontres. Ne vous laissez pas enfumer par les doctrinaires qui auront une vision tellement ferme du « libre » qu'elle sera fermée, et vous exclura. Allez-y et trouvez des alliés pour découvrir à votre rythme. Cet univers est l'avenir, il faut y aller. Bertrand : Ça veut dire qu'il faut être open, si je résume dans l'open source. Il faut être ouvert, ne pas hésiter à ouvrir les portes ? Bastien : Oui, on dit souvent que l'informatique, il faut quand même garder du plaisir, pour l'excitation de la nouveauté, de l'invention, des valeurs qui sont très chères au monde du logiciel libre. Il faut être ouvert et vous faire vous plaisir en allant découvrir toutes ces choses. Surtout, c'est une sorte d'autoformation permanente. Vous allez découvrir un état d'esprit de partage et de pédagogie qui ne peut que vous faire du bien. Bertrand : Bastien, merci beaucoup. ### Combien gagne un Traffic Manager ? Traffic Manager Salaire Débutant : 40 000 à 50 000 €/an ; plus de 60 000 € après 3-4 ans selon l'entreprise. Traffic Manager Formation Master en marketing digital, data analytics ou équivalent. + Certif. Google, Meta, Amazon. Traffic Manager c’est quoi Gère et optimise des campagnes publicitaires digitales, analyse les résultats, travaille en équipe. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Nicolas, Traffic Manager chez Lacoste Écouter le podcast Rémunération d'un Traffic Manager ? Le métier de Traffic Manager consiste à piloter, optimiser et analyser des campagnes publicitaires en ligne sur divers leviers digitaux (Google Ads, Meta, programmatique, etc.). Nicolas Dogbevi, Traffic Manager chez Lacoste, livre son témoignage et détaille les salaires auxquels peuvent prétendre ces experts du marketing digital. Salaire débutant d'un Traffic Manager Selon Nicolas, un Traffic Manager junior, issu d'une formation en marketing digital ou data analytics comme le DMDA de l'EMLV, peut généralement viser un salaire compris entre 40 000 € et 50 000 € bruts par an. Cette fourchette dépend du secteur d’activité (agence ou annonceur), de la taille de l’entreprise et de la maîtrise précoce d’outils publicitaires spécifiques. Évolution du salaire avec l'expérience Avec quelques années d’expérience, notamment après avoir géré des budgets croissants et acquis des certifications Google Ads, Meta ou Amazon, Nicolas indique qu’un Traffic Manager peut atteindre entre 60 000 € et 80 000 € bruts par an. La part variable liée à la performance des campagnes peut également représenter un bonus conséquent. Par ailleurs, l’évolution vers des postes d’équipe (Team Lead, Head of Performance) ou de consulting indépendant constitue un levier majeur pour augmenter significativement sa rémunération. Facteurs influençant la rémunération Nicolas explique que plusieurs critères peuvent faire varier le salaire : le statut (agence vs annonceur), la localisation géographique (Paris vs province), la spécialisation sur certains leviers (programmatique, social ads) et le volume de budget géré. Les certifications et la capacité à piloter des équipes ou des projets internationaux sont aussi des atouts décisifs. Quelles perspectives pour la rémunération d'un Traffic Manager ? ### Traffic Manager - Nicolas Dogbevi Métier de Traffic Manager : missions, salaire, compétences et parcours pour réussir Traffic Manager Salaire Débutant : 40 000 à 50 000 €/an ; plus de 60 000 € après 3-4 ans selon l'entreprise. Traffic Manager Formation Master en marketing digital, data analytics ou équivalent. + Certif. Google, Meta, Amazon. Traffic Manager c’est quoi Gère et optimise des campagnes publicitaires digitales, analyse les résultats, travaille en équipe. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Nicolas Dogbevi –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de traffic manager MajdelineNicolas, tu es Traffic Manager chez Lacoste, mais avant de rentrer dans le détail sur ton métier et ton entreprise, est-ce que tu peux te décrire en quelques mots ? NicolasBien sûr, moi, c'est Nicolas Dogbevi, 26 ans. J'ai fait des études en Digital Marketing et Data Analyse, le DMDA au sein de l'EMLV. Avant ça, je faisais quelque chose qui n'avait rien à voir. Avec un bac S, je suis allé en fac de langues. Et je me suis retrouvé ici un peu par hasard, mais ça m'a permis de finir là où je suis aujourd'hui et j'en suis très heureux. MajdelineEst-ce que tu peux nous présenter ton parcours, les différents stages que tu as pu faire durant tes études ? NicolasDu coup, j'ai fait mon stage de quatrième année chez Horace, une marque de plus en plus connue de cosmétiques pour hommes. Ça a été vraiment un stage fondateur. J'étais en charge du CRM, donc tout ce qui est emailing, newsletters. Il y a eu des projets assez intéressants et surtout j'ai pu travailler directement avec l'un des fondateurs et c'était extrêmement intéressant. Il a pu me partager son point de vue et j'ai pu apprendre aussi bien sur la technique que sur tout ce qui est Soft Skills. Et par la suite, mon stage de fin d'études, je l'ai fait chez Making Science. Un stage qui s'est prolongé sur un CDI. Là, j'étais Account Manager. C'est un peu la même chose que ce que je fais aujourd'hui sauf que je le faisais à l'époque pour des clients. MajdelineOk, très clair. Aujourd'hui tu travailles chez Lacoste. Est-ce que tu peux nous présenter dans quel service tu es et ce que tu fais là-bas ? NicolasAlors au quotidien, ce que je fais, c'est piloter des campagnes. Ça part de la stratégie jusqu'à jusqu'à la création concrète de la campagne. Et puis derrière, il y a tout ce qui est optimisation des campagnes. Après les analyses bien sûr, pour voir quelles créations marchent le mieux. Quand je dis création, c'est quelle publicité marche le mieux, quelle audience marche le mieux, est-ce que l'on ne dépense pas trop de budget ? Est-ce qu'on pourrait faire mieux ? Parce que même quand ça va bien, il faut essayer de faire mieux. Et quand ça ne va pas, il faut essayer de comprendre pourquoi. Après, il y a pas mal de contacts avec les autres équipes qui peuvent aussi avoir des besoins. Et nous, on essaye justement de porter ses besoins sur le digital. MajdelineOk. Pourquoi as-tu choisi ce métier, qu'est-ce qui t'a attiré dans ce job ? NicolasCe qui m'a attiré dans ce métier, c'est la partie stratégique. Moi, qui suis un grand fan de jeux de simulation, l'idée de pouvoir partir de zéro et pour construire quelque chose de grand, c'est quelque chose que j'aime beaucoup. Ce challenge-là, typiquement sur Football Manager, moi qui suis un grand fan de l'OM, j'essaye de leur faire gagner la Ligue des champions. Ce n'est pas facile, mais je réussis à chaque fois. Dans mon métier, c'est la même logique. Aussi bien chez Making Science que maintenant chez Lacoste. C'est de se dire que je peux porter des projets et réussir à faire en sorte que d'une feuille blanche. Ici, ça va vraiment mettre en place des guidelines, trouver des solutions à des problèmes et avoir des learnings (apprentissages) à la fin. Se dire que oui, c'est vrai que tel type de création, marche mieux sur telle audience... Et c'est vraiment ce côté-là qui m'anime. MajdelineD'accord. Donc tu dirais que pour ce job il faut avoir quel type de compétences ? NicolasAlors, il faut avoir une certaine appétence pour les chiffres parce qu'il y a beaucoup d'analyse et de chiffres. Je passe des journées sur Excel. Si on n'aime pas Excel, c'est vrai que c'est un peu compliqué. Ça, c'est la première chose. Après, il faut être proactif. C'est une compétence importante aussi bien pour mes clients à l'époque chez Making Science que par mes managers aujourd'hui chez Lacoste. C'est le fait de ne pas juste attendre qu'il y ait un problème. C'est-ce que j'évoquais. Ne pas attendre qu'il y ait un problème pour essayer d'éteindre le feu, mais essayer de les prévenir et d'essayer même quand tout va bien pour essayer de comprendre pourquoi tout va bien. Essayer de voir comment on peut aller chercher encore plus. Et la dernière compétence à laquelle je pense, c'est la rigueur. La rigueur. Parce que c'est vrai, qu'il y a des périodes pendant laquelle je peux lancer des dizaines de campagnes sur une semaine. Et en fait, c'est une tâche assez répétitive. Mais le fait de se tromper sur une lettre, peut casser tout ton système de suivi. Et après, il n'y a plus rien qui marche malheureusement... MajdelineTraffic Manager, c'est un job qu'on fait en équipe où c'est assez individuel ? NicolasEn réalité, c'est un job qui se fait beaucoup en équipe parce qu'il y a plein de choses que je ne sais pas faire. Par exemple, pour les vidéos ou les créations que je reçois, je ne suis pas un expert en graphisme, donc j'ai besoin des autres équipes. Et typiquement, c'est quelque chose que je vois davantage chez Lacoste. Il y a vraiment l'idée de protéger l'image de la marque, de ne pas écrire n'importe. Donc, spécifiquement, pour les textes aussi, je peux les faire moi-même, mais il faut aussi que je fasse en sorte que ça colle bien à l'image de marque. Là aussi, il y a des personnes qui sont là pour m'aider. MajdelineOk, Nicolas, quelle est la tâche qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins dans ton métier de Traffic Manager ? NicolasAlors ce que j'aime le plus, c'est l'appétence pour les chiffres. Donc tout ce qui est l'analyse et optimisation des campagnes. C'est réellement ma partie préférée. Par contre, la tâche avec laquelle j'ai le plus de mal, c'est tout ce qui est création de campagnes en chaîne. Quand ça devient assez mécanique, et c'est vrai que c'est difficile de rester concentré. Quand tu en es à ta 10ᵉ campagne, ne pas faire la petite coquille qui pourrait mettre en l'air tout ton suivi par exemple. MajdelineEt ça, ça arrive souvent sur une période clé, comme les soldes ? NicolasNoël et les soldes, typiquement pour tous les retailers, on lance pas mal de campagnes sur pas mal de pays... MajdelineOk. Attention, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un Traffic Manager ? NicolasAlors très bonne question. En réalité, ça dépend vraiment d'où tu travailles. De l'importance qu'on donne au Traffic Manager dans ta boîte. Mais ça peut aller pour un profil junior, je dirais entre 40K€ et 50K€ brut annuel si tu t'en tires bien. Et ça peut monter assez vite, mais encore une fois, ça dépend ou, mais ça peut vite monter au-dessus de 60K€ au bout de trois ou quatre ans. MajdelineD'accord. Quel est le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier ? Nicolas Le plus grand défi que j'ai relevé. Je dirais que c'était de réussir à faire comprendre aux personnes et à mes interlocuteurs, leur faire comprendre ce qui est possible ou pas possible de faire sur mes leviers. Concrètement, pour des personnes qui n'ont pas forcément de lien avec le digital, il se peut que demain un client en agence arrive et te dise, je veux faire ceci, cela comme ci, ou comme ça. Souvent, ils donnent des objectifs qui ne sont pas forcément compatibles, et donc pas facile à atteindre ensemble. Et notre rôle, c'est de faire comprendre que malheureusement, cela ne sera pas possible. On peut faire ça dans un temps 1, et ça dans un temps 2, mais que l'on ne peut pas tout avoir simultanément malheureusement. Majdeline Donc quand on te demande l'impossible, l'une des tâches d'un Traffic Manager, c'est aussi de guider ? NicolasC'est ça. Parce que l'on est-censé être l'expert sur nos leviers. En conséquence, il faut se faire entendre. Mais il faut réussir à être pédagogue, car c'est la meilleure manière de faire comprendre aux gens. MajdelineDonc ça, c'est une autre des compétences ? NicolasOui, en plus. MajdelineQuand tu es arrivé dans ce métier, est-ce qu'il y a une chose qui t'a surpris, auquel tu ne t'attendais pas et que tu as découvert en le faisant ? NicolasAlors moi ce qui m'a surpris en arrivant, c'est moi. Je suis quelqu'un comme toutes les personnes de notre génération je pense, qui utilise beaucoup le digital, que ce soit les réseaux sociaux, la recherche etc... Et ce qui m'a surpris, c'est de voir que dans certaines très grosses entreprises avaient un certain retard sur le digital. Typiquement, en agence, les entreprises qui avaient les meilleurs comptes, les comptes les plus évoluées, les plus matures, ce n'était pas forcément celles auxquelles on s'attendait. Souvent, des entreprises un peu plus historiques ont eu plus de mal à prendre ce tournant du digital. Ce qui fait qu'elles ont un peu de retard. Mais bon, ça se rattrape assez facilement finalement. Mais c'est vrai que la première fois que je les ai vues, j'étais assez surpris. MajdelineEst-ce que tu as une anecdote qui t'est arrivée dans ton travail que tu aimerais partager avec nous ? NicolasOui, j'en ai une assez marrante. En fait, quand je suis arrivé en stage chez Making Science, mon stage de fin d'études, on avait déjà des clients en place. Et un client nous a rejoints, un mois après que je suis arrivé. Il se trouve que ce client-là, avait été un de mes très bons amis du DMDA promo 2022. Il s'appelle Anaville Insixiengmay. Et en fait, je me suis retrouvé à faire des colles avec lui. Donc il était mon client et c'était assez difficile de garder son sérieux. C'était vraiment difficile, mais franchement, c'était une superbe expérience de travailler avec quelqu'un que je connaissais déjà de mon école. MajdelineTu as pu avoir des petits secrets, des petits backstages ? NicolasNon, bien sûr. MajdelineVous êtes restés pro ? NicolasNon, on reste pro. Les infos qui doivent rester en interne, restent en interne de chaque côté. MajdelineBon, ça marche. Est-ce qu'il y a une chose que tu changerais dans ton parcours avec le recul ? NicolasJe me suis longtemps dit que j'avais un peu le regret de ne pas avoir pu faire les études en alternance. Mais finalement, je ne changerai rien parce que je pense que en alternance typiquement Anaville ou d'autres personnes comme Kevin que tu as interviewé, je ne les aurais pas rencontrées. Je suis vraiment content des rencontres que j'ai pu faire en formation initiale. De ce fait, non, je ne changerais rien. MajdelineLes stages ça marche aussi. On arrive à trouver un job grâce à un stage ? NicolasOui, totalement. Je suis l'exemple parfait. J'ai fait mon stage et, quand j'ai choisi mon stage, j'ai choisi celui qui avait réellement vocation à se transformer en un CDI. Et du coup, c'est-ce qui s'est passé. Et donc je suis resté là-bas deux ans après mon stage. MajdelineNicolas, si l'on revient un peu plus en arrière par rapport à tes études de langues. Que dirais-tu à des personnes qui aimeraient se réorienter et qui aimeraient se diriger vers le digital, mais qui hésitent. Quels seraient Tes conseils ? NicolasMoi, je dirais qu'il ne faut pas hésiter, parce que je pense que c'est vraiment un secteur porteur où il y a des métiers qui se créent tous les jours. D'ailleurs il y a toujours besoin d'expériences digitales. Je le vois tous les jours sur LinkedIn. Le nombre de Freelances en digital qui aide des entreprises de toutes tailles. Donc, il ne faut pas hésiter à sauter le pas. MajdelineToi, je le sais, tu es un expert en anglais, mais est-ce pour faire ton métier de Traffic Manager, il faut être bilingue ? et avoir pas mal de connaissances en anglais ? NicolasAlors bilingue, pas forcément. Par contre, je pense que c'est assez important d'avoir un bon niveau d'anglais. Pour prendre mon exemple, j'ai eu des clients anglophones et il a fallu que j'ai un très bon niveau d'anglais pour la communication. Par contre, ce n'est pas forcément le cas de tout le monde et ce n'est pas bloquant non plus. Mais c'est vrai qu'il y a parfois des entreprises dans lesquelles, on ne te demande pas de faire les call ou les réunions en anglais. Mais de faire des présentations en anglais parce que ce sont des entreprises internationales. Je dirais qu'il faut un bon niveau, mais pas forcément être bilingue. MajdelineD'accord. Quelles sont pour toi les bonnes formations pour faire ce métier ? NicolasTypiquement le DMDA, c'est parfait. Après toutes les formations en marketing digital, c'est aussi très bien. Et en fait, je le vois aussi grâce à mes expériences. Typiquement, j'avais des collègues qui ont fait des études d'ingénieur. Dans mon ancienne agence et qui étaient finalement aussi Traffic Manager. Donc, je dirais qu'il faut se servir de l'école pour "apprendre à apprendre". J'aime bien dire ça, "apprendre à apprendre". Ce n'est pas forcément avec les compétences que l'on a apprises à l'école qu'on devient Traffic Manager, mais plutôt "sur le tas". MajdelineEt tu continues à te former régulièrement ? NicolasOui. Alors en agence, on passait beaucoup de certifications Google, On en a passé pas mal et chaque année, on en repassait des nouvelles. J'ai également passé des certifications Amazon, des certifications Meta etc... Moi personnellement, maintenant, c'est plutôt tout ce qui est PowerPoint et Excel, que j'essaye de travailler le plus. Sinon, pour tout ce qui est un peu plus en dehors de mon job, j'ai des hobbies. Typiquement tout ce qui est culture asiatique que j'aime beaucoup. Donc, je continue à étudier le coréen que j'avais commencé il y a il y a quelques années lors de mon échange linguistique à Séoul. Et le chinois aussi que j'avais appris pendant sept ans. Mais ça, j'ai un peu lâché pour le coup. MajdelineDonc, tu continues à apprendre, même si ce n'est pas forcément autour de ton métier. Mais dans tous les cas, apprendre te sert au quotidien, c'est ça ? NicolasTotalement. MajdelineQuel est le mode de vie d'un Traffic Manager ? Est-Ce que c'est un job qui peut se faire à distance ? ou est-ce qu'il faut obligatoirement être sur le site de l'entreprise ? NicolasAlors, il n'y a pas forcément d'obligation d'être sur site, même si c'est plus convivial et aussi plus facile pour communiquer avec les équipes. Donc souvent, on va vouloir que tu viennes sur site, mais je sais qu'il y a certains Traffic Manager qui sont entièrement en remote, en conséquence, ce n'est pas bloquant. Et il y a aussi la différence entre agence et annonceur. En agence, j'avais beaucoup plus de liberté sur l'amplitude horaire, tant que je faisais mon travail, il pouvait y avoir des journées très chargées et d'autres moins. Tandis que chez l'annonceur, tu as plutôt des plages un peu plus fixes. Donc, tu arrives entre 9h et 10h et tu repars entre 18 et 19 h. MajdelineNicolas, as-tu des ressources à nous recommander pour se former à ton métier ? NicolasAlors pour vraiment se former au métier, il y a les certifications dont je parlais avant, Google par exemple propose des formations à ses outils. Donc ça, c'est assez intéressant. Sinon, il y a Le Blog du Modérateur. C'est un blog assez intéressant sur lequel tu as toutes les updates sur le métier. Il y a une newsletter aussi qui est très bien faite pour rester à jour. Et sinon, il y a tout ce qui est assez classique sur YouTube et Tiktok. Tu peux trouver des petits tutos pour faire des petites choses et petit à petit, tu apprends plein de choses. Enfin je voulais vous parler de Galansire qui est un influenceur humour sur le thème de tout ce qui est consultant etc... Pour le coup, il est assez marrant, assez cynique même s'il ne faut pas prendre tout au pied de la lettre. Mais c'est vrai qu'il y a des fois où on se retrouve un peu dans ses sketchs. MajdelineQuels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui aimeraient se lancer dans ce métier ? NicolasAlors moi, quelque chose que j'ai beaucoup vu. Je l'ai peut être un peu moins eu que mes amis, mais c'est "le syndrome de l'imposteur" qui fait des ravages. Parce que pour le coup, quand on arrive dans ce domaine, enfin dans n'importe quel domaine, quand on est diplômé et qu'on arrive en CDI. Je pense qu'il y a pas mal de personnes qui se disent, mais en fait qu'est-ce que j'ai appris ? Qu'est-ce que je fais là ? Qu'est-ce que je vais apporter comme plus-value ? Et en fait, je pense qu'il ne faut pas trop se freiner. Il ne faut pas trop avoir peur parce que les gens savent que c'est notre premier CDI, notre premier emploi et en fait, ils sont là pour t'accompagner. Typiquement le métier de Traffic Manager, je pense que 90 % de ce que je fais aujourd'hui, je l'ai vraiment appris "sur le tas". Donc, il ne faut pas avoir peur de se lancer. MajdelineOk, c'est très clair. Est-ce que tu utilises l'IA dans ton métier ? Est-ce que ça a déjà un impact sur le métier de Traffic Manager ? NicolasAlors il faut savoir que l'IA, pour le coup, sur les plateformes dont je me sers, elle est omniprésente et de plus en plus chaque jour. Je pense à Meta qui à chaque fois que l'on upload une photo, maintenant on nous propose de rajouter un fond vert derrière etc... Donc, elle est réellement omniprésente. Après, je m'en sers, mais pas tant que ça en réalité. C'est plutôt inspirationnel pour tout ce qui est par exemple un texte sur lequel j'ai un peu des doutes. Je vais lui demander, qu'en penses-tu ? Est-ce que c'est bien adapté à ce persona ? Et après, je peux m'en servir aussi pour les formules Excel, là pour le coup, quand je me fais un peu des nœuds au cerveau, ça m'aide pas mal. MajdelineC'est un petit côté rassurant de l'IA que tu utilises au quotidien ? Qui te rassure avant de mettre un gros budget, j'imagine ? NicolasOui. Par contre "gros warning" (grosse alerte) quand même sur l'IA. Mais ça arrive qu'elles se trompent. Et pour le coup, ce ne sont pas des blagues, elles se trompent vraiment parfois.... MajdelineOui, c'est clair. Ok. Comment tu imagines ton métier dans cinq à dix ans ? NicolasAlors ça, c'est un gros débat souvent chez les Traffic Manager. Est-ce que notre métier va disparaître ? En réalité, je pense côté Traffic Manager, il n'y a pas trop de doute. Mais c'est peut-être en agence avec mes clients qui me disaient, mais à quoi vous allez nous servir dans cinq, dix ans ? En réalité, on se rend compte qu'ils avaient déjà le même discours il y a cinq ou dix ans, avant même que je commence à travailler dans ce domaine. Finalement, il y a de plus en plus de personnes qui font ce métier, donc c'est un métier qui a de l'avenir. C'est juste, un métier qui est appelé à beaucoup changer, je pense. Ce que je fais aujourd'hui, c'est très différent de ce qui se faisait il y a cinq ou dix ans et que ça va être très différent de ce qui se fera dans même deux ou trois ans. Parce que typiquement, il y a plein de choses qu'on fait aujourd'hui, qu'on n'aura peut-être plus besoin de faire. Ce qui voudra dire qu'on aura besoin de faire d'autres choses en plus. Et en fait, le métier change tous les jours. MajdelineDonc il y aura toujours besoin d'humains d'après toi ? NicolasPour moi, c'est sûr. MajdelineEt toi, Comment tu souhaites évoluer à l'avenir ? NicolasAlors moi, ça se voit un peu dans mes réponses, mais en fait j'aime beaucoup apprendre, j'aime beaucoup le challenge et à moyen long terme, j'aimerais bien avoir ma propre entreprise, mon propre challenge. C'est pour ça que je continue d'apprendre pas mal de choses qui ne sont pas forcément liées à mon métier. Spécifiquement, les langues, comme je le disais, le coréen et le chinois, mais qui pourront m'être utiles pour monter mon propre challenge. MajdelineMerci beaucoup Nicolas. Le mot de la fin, as-tu quelque chose à ajouter ? NicolasAlors moi ce que j'aime bien dire, n'hésitez pas à me contacter, je suis vraiment quelqu'un qui répond sur mon profil LinkedIn. Par contre, je ne suis pas le patron de Lacoste, je tiens à le souligner parce que je reçois pas mal de demandes justement pour essayer de trouver des CDI, des stages, des alternances chez Lacoste. Je vous aiderai du mieux que je peux. Pour les personnes qui ont envie d'en savoir plus sur le métier de Traffic Manager, mes DM sont ouverts sur LinkedIn. MajdelineSuper ! Merci beaucoup Nicolas. NicolasMerci pour l'invitation Majdeline. ### Le networking - Sandra Le Grand Les secrets du networking efficace pour booster votre carrière dans le digital Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Sandra Le Grand –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier du networking BertrandPour ce nouvel atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Sandra Legrand. Bonjour Sandra. Sandra LegrandBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Sandra d'avoir accepté notre invitation. Sandra est conférencière, coach business et serial entrepreneur. Elle fait du networking sa spécialité, elle est conférencière, elle organise des Masterclass gratuites sur le networking, on aura l'occasion d'en reparler. Bref, Sandra est très bien placée pour répondre à nos questions. Mais avant ça, Sandra, est-ce que tu voudrais te présenter de façon un peu plus personnelle ? Sandra LegrandOui, Bertrand, tu as dit que j'étais serial entrepreneur, c'est vrai, mais j'ai été avant intrapreneur puisque j'ai passé 11 ans chez Coca-Cola. Donc, j'ai appris ce que c'était qu'un grand groupe et comment on y travaille. D'ailleurs, je conseille souvent ça aux jeunes, d'abord d'avoir une expérience. Et puis, j'ai créé deux entreprises. À côté de ça, je suis Marseillaise quand même, il faut le dire. BertrandÇa ne s'entend pas. Sandra LegrandTant mieux, par ailleurs, j'ai deux garçons qui sont de jeunes adultes qui ont un peu fini leur parcours à l'école et qui maintenant sont dans la vie active. BertrandTu les accompagnes sur leur networking ? Sandra LegrandJe crois que je leur ai donné le goût, mais tu sais ce qu'on me dit, c'est toujours les coordonnées les plus mal chaussées et on accepte moyennement les conseils des parents. BertrandJe vois très bien ce que tu veux dire. L'atelier du Gagne-Pain a pour objectif de proposer des conseils d'experts pour aider ceux qui nous écoutent à trouver un job, notamment dans le digital. On a prévu, Sandra et moi, de discuter de plusieurs sujets autour du networking. Et si tu en es d'accord, j'essaierai d'organiser ça sur quatre points. D'abord, qu'est-ce que c'est le networking ? Qu'est-ce que ça veut dire concrètement le réseautage ? Comment est-ce qu'on l'intègre dans sa recherche d'emploi ? Quels sont les bons leviers à mettre en œuvre pour développer son réseau professionnel ? Et après, tes conseils un peu plus généraux, pour les plus jeunes qui nous écoutent. Pour débuter, est-ce que tu peux nous décrire ce que c'est le networking, ce que ça veut dire concrètement pour ceux qui nous écoutent ? Sandra LegrandD'abord, je dirais que le networking n'est pas un gros mot. Et je dis que souvent, networking is not not working. C'est-à-dire que souvent, on dit, Networker, c'est blablater, parler, etc. Ce n'est pas ça. En fait, networker, c'est tout simplement être curieux, sortir, rencontrer des gens, discuter avec eux, sortir un peu de sa zone de confort. C'est plus facile de parler à des gens qu'on connaît plutôt qu'à des gens qu'on ne connaît pas. Donc, c'est un peu un état d'esprit. On a des occasions nombreuses de faire du networking, comme on dit, du réseautage, aussi bien professionnel que personnel. On n'est jamais à l'abri d'un coup de chance, donc il faut aller vers les autres et être curieux. Et c'est comme ça qu'on avance. BertrandD'accord. Et si on se place d'un point de vue d'étudiant, qu'est-ce que ça veut dire concrètement quand on est à l'école ? Comment ça commence le networking ? Sandra LegrandJ'ai envie de dire, ce n'est jamais trop tôt comme ce n'est jamais trop tard. Donc très tôt, on peut commencer à tisser des relations. D'abord par les soirées, les jeunes sortent beaucoup, donc tant mieux. Rencontrer des gens, discuter avec eux. Il y a les BDE, le bureau des élèves, il y a les juniors entreprises, il y a un tas d'occasions. Et puis, ne serait-ce que de discuter, par exemple, avec les amis de nos parents, pour savoir qu'est-ce qu'ils font comme métier. Il y a aussi beaucoup d'associations dans lesquelles on peut s'impliquer. Et puis, il y a les jobs étudiants, on en reparlera, mais il y a maintes et maintes occasions de faire du réseau. BertrandDonc, ce que tu dis là, c'est que globalement, il faut être curieux, c'est-à-dire il faut s'intéresser aux autres et poser des questions ? Sandra LegrandAbsolument, il faut être curieux. Il faut aussi se dire qu'on essaie de mémoriser un peu les gens qu'on rencontre. C'est vrai que si on rencontre des gens, on ne garde pas un peu le lien, on va forcément les oublier. Donc, je recommande de rencontrer les personnes, de prendre des cartes de visite. Non, la carte de visite n'est pas morte. Ou alors de prendre les coordonnées, bien sûr, sur le téléphone. Je sais qu'on parle à des gens qui sont aussi très digitaux. Aujourd'hui, on a des Cam Card pour enregistrer les cartes de visite, on a des QR codes pour avoir ces coordonnées. On enregistre tout ça, dans son téléphone, on met des petites notes. C'est très simple. On met quelques infos sur les personnes qu'on a rencontrées pour se le rappeler. Vous mettez deux mots, par exemple, rencontrer au Gagne-Pain pendant l'interview. Si je ne me rappelle plus ton nom Bertrand, je vais mettre ça, je vais m'en rappeler et tu vas ressortir dans mon carnet d'adresse. Sandra LegrandC'est plein de petites choses pratiques pour pouvoir garder le lien, se rappeler des personnes et surtout, créer son propre carnet d'adresse ? BertrandD'accord. Si je résume ce que tu dis, ça veut dire qu'il faut être curieux, mais il faut aussi être consciencieux. C'est-à-dire, il faut noter les choses parce que sinon, évidemment, elles s'évaporent et on les oublie ? Sandra LegrandOui, c'est beaucoup d'organisations, le networking. Moi, je dis toujours, il faut se préparer avant d'aller dans un lieu. Vous regardez qui va être là, quels sont les participants, quels sont les intervenants, si vous allez à une conférence, si vous allez à une soirée, si vous allez à une soirée d'alumni... Il faut aussi avoir ces outils, une fois qu'on est dans le cœur du réacteur, il faut se bouger. À savoir, il faut aller parler aux personnes, échanger, trouver des choses un peu intelligentes à dire. Si on est renseigné, si on est un peu plus préparé, on va avoir une discussion qui va être plus interactive, un peu plus intéressante. Pour qu'après, la personne ait envie de continuer, à vous suivre et à vous écouter, à vous rencontrer une deuxième, une troisième ou une quatrième fois. BertrandSi je reprends un exemple, on voit quelqu'un dans une conférence ou un intervenant dans un cours qui nous a plu, on va lui parler de ce qu'il a dit, par exemple. On va essayer d'enchaîner sur les choses qui nous ont intéressées. Et là, on crée un lien intelligent. Sandra LegrandVoilà, la subtilité Féliciter, c'est vrai que les gens aiment toujours les compliments, donc on peut féliciter, ça plaît toujours. Et puis après, essayer de raccrocher à ce qu'on a éventuellement envie d'échanger avec lui. Ou de lui proposer ou d'avoir une discussion derrière qui va amener du business ou à une relation pour trouver un job. Donc, si je résume, il y a un, se préparer. Deux, être actif quand on est dans le cœur du réacteur, à une soirée, à un cocktail, à une conférence, à un salon, à un after work, peu importe l'occasion. Et puis trois, suivre ses contacts, les entretenir, parce que sinon, on les perd. BertrandOn dit networking ou réseautage. Est-ce que pour toi, il y a une différence ou c'est exactement la même chose ? Sandra LegrandÉcoute, c'est le mot anglais, puis j'ai envie de dire le mot français. Aujourd'hui, on utilise un petit peu plus networking. Moi, j'ai été élevé chez Coca-Cola, j'ai passé 11 ans et on est quand même dans cette culture de réseau. Les Anglo-saxons sont tout de même assez réseaux et think big, think positive. Donc, on était aussi sur ce sujet d'ambition, d'audace et de toupet. Et c'est ce qu'il faut aussi quand on fait du networking, il faut oser. Et d'ailleurs, on a un âge un petit peu plus avancés que nos auditeurs, mais au tout début, il n'y avait pas tous ces réseaux sociaux. LinkedIn, le TikTok, Insta, Facebook, etc. Donc, on avait un peu plus de mal à rencontrer les gens. Ce n'était que présentiel. Et après, pour garder le lien, même pour trouver les personnes qu'on veut contacter. Aujourd'hui, franchement, avec LinkedIn, qui est un peu le réseau roi au niveau professionnel, c'est plus simple et plus facile de trouver quelqu'un. Et là, il faut avoir l'audace même d'aller lui demander quelque chose, lui proposer quelque chose dans un premier temps. BertrandExcellent. Je crois que tu résumes très bien les choses. Je crois aussi que c'est beaucoup plus accessible et j'ai l'impression que ce n'est pas si simple pour cette jeune génération ? Sandra LegrandCe n'est pas si simple. Mais, je leur conseille d'y aller progressivement. La première chose à faire, c'est déjà de faire un réseau de proches. La famille, les amis, les cousins, les tantes, les oncles. Moi, quand j'ai levé des fonds, j'avais 33 ans et je suis allé voir les amis de mes parents et qui avaient un peu d'argent. Ce sont eux qui ont commencé à me donner les premiers financements pour développer ma boite. D'abord, le family business. Après, vous étendez sur les étudiants business, c'est-à-dire les BDE, les juniors entreprises, les soirées. Les étudiants dans sa classe, dans les classes d'à côté, dans sa promo, dans les autres masters ou les autres bachelors. Donc, tout ça, ce sont des occasions de rencontrer des personnes et de faire du networking. BertrandLes "low hanging fruits". C'est ça que disent les Américains, non ? Sandra LegrandOui, exactement. Et puis, on dit toujours qu'on est à trois clics d'Obama. C'est un peu vrai quelque part. Il y a toujours un moyen d'arriver à contacter la personne qu'on veut contacter. BertrandDeuxième partie de notre entretien, c'est comment l'intégrer dans sa recherche d'emploi ? On a déjà constitué son réseau, on a déjà fait ce travail d'avoir un petit réseau autour de soi et sûrement sur LinkedIn. Comment on l'intègre dans sa recherche d'emploi ? Comment ça peut être utile et comment on le met en œuvre ? Sandra LegrandJe dirais, être curieux, aller discuter avec des gens qui sont dans les métiers que vous voulez intégrer. Comme je disais, les amis des parents, les copains, les tuteurs. On a des tuteurs quand on est étudiant, on a des mentors, il y a des profs aussi. Donc toute cette galaxie-là qui peut déjà nous renseigner et sur lequel on peut exprimer où est-ce qu'on veut aller et comment on veut le faire. Après, il y a tout le circuit junior entreprise qui nous permet de faire aussi quand on fait des études de marché ou des missions dans les entreprises. Là, essayer de comprendre quelle est l'entreprise, rencontrer des gens dans l'entreprise, etc. Il y a aujourd'hui des sites, il y a beaucoup de sites internet. Moi, par exemple, on a cofondé avec Valérie, mon amie d'enfance, YAPUCA, qui est un site qui entraîne les jeunes au pitch. Donc là aussi, s'entraîner à ce fameux pitch parce qu'il nous sert toute la vie. BertrandOn mettra le lien dans les commentaires du podcast pour ceux qui souhaitent en découvrir plus sur ce que tu fais. Sandra LegrandJe suis aussi présidente d'une association qui s'appelle Entreprendre pour apprendre comment des jeunes peuvent monter des entreprises. Il y a 100.000 entrepreneurs Des entrepreneurs qui viennent dans les lycées les collèges et les écoles pour expliquer ce qu'ils font, quel est leur métier. L'idée, c'est que dès qu'on a la possibilité de parler à un professionnel, on lui parle et on essaie de construire comme ça une relation. BertrandSi on se met dans la peau d'un étudiant qui est en stage ou un étudiant qui est en alternance, est-ce qu'il a et comment est-ce qu'il peut développer son réseau dans l'entreprise dans laquelle il est ? Parce que ça aussi, c'est souvent une remarque qui m'est faite. Je suis sorti de l'entreprise et puis, je n'ai plus personne ? Sandra LegrandC'est vrai qu'il y a trois occasions importantes, ce sont les jobs d'étudiants, les stages et les contrats d'alternance, et puis les alumni. Le réseau se construit sur de la complicité, de la connaissance et de la recommandation. Donc, c'est vrai que si vous êtes alumni d'une école, forcément, vous allez avoir envie d'aider les étudiants de cette école. Les stages, c'est pareil. Une fois que vous êtes dans l'entreprise, ne restez pas déjeuner tout seuls le midi. N'évitez pas la cafétéria, le coin café, même si vous ne buvez pas de café. Allez dans les endroits où vous pouvez rencontrer des gens parce que c'est là que vous allez tisser des liens. Donc, quand vous êtes dans une entreprise, vous exploitez ce réseau relationnel, dans votre service, votre entité et votre métier. Mais aussi participer à des réunions, proposez-vous pour faire, je ne sais pas, le journal de l'entreprise, des interviews, des vidéos... Plus vous allez vous mettre en valeur, plus les gens connaîtront qui vous êtes. BertrandEst-ce que dans son stage ou son alternance, on peut adopter la même méthode qui était celle que tu as évoquée tout à l'heure ? C'est-à-dire préparer et ne pas avoir peur de faire des rencontres et après, garder des traces ? Il faut garder cette même méthode ? On prépare la rencontre avec des gens qu'on aimerait bien rencontrer, on n'a pas peur d'y aller et après, on garde une trace ? Sandra LegrandAbsolument. Préparer, c'est aussi se dire pourquoi je veux voir la personne ? Avoir un petit objectif pour pouvoir à atteindre, parce que tout ne se fait pas au talent. Si vous êtes préparé, c'est mieux, car vous allez avoir une connexion, une discussion qui sera plus intéressante pour l'autre personne, mais aussi pour vous. Et puis, bien évidemment, il faut trouver les liens, et trouver de quoi garder ce lien après. Si vous avez fait une étude de marché intéressante qui peut intéresser la personne, vous lui envoyez. Si vous avez lu un bouquin, un article... Souvent, les jeunes me disent, "je n'ai rien à donner en networking. Je suis plutôt à prendre". Mais le networking, c'est "give and take". D'abord, vous donnez, et ensuite, vous récoltez. Et les jeunes ont des choses à donner, ne serait-ce que leur énergie, leur regard neuf. Mais aussi des études qu'il aurait faites, des podcasts, des livres qu'ils ont lus qui sont intéressants, une interview qu'ils ont envie de partager. Il y a plein de choses qu'on peut déjà donner et même rendre service, aider sur le développement d'un projet... Donc, il faut se dire qu'on peut toujours donner et que la roue tourne une fois, vous donnez et une fois que vous allez récolter. C'est vraiment un juste équilibre. BertrandC'est pas mal cette image de donner et de récolter. Il y a un côté agriculteur, un peu terrien qui est efficace ? Sandra LegrandOui, mais tu as raison Bertrand. Il faut semer. Alors parfois, on sème, ça met un peu de temps à pousser, mais ce n'est pas grave. À un moment, ça revient. Donc, il ne faut pas être pressé. Le networking, ce n'est pas: je claque des doigts, je vais à cette soirée et je vais rencontrer le client de mes rêves, le partenaire de mes rêves, le fournisseur de mes rêves, le prescripteur de mes rêves. Non, ce n'est pas comme ça. Ça prend du temps. Il faut construire, il faut être un peu patient, mais il faut être actif. BertrandÇa me fait penser à une autre question. Quand tu dis, qu'il faut du temps, ça veut dire qu'effectivement, ça se prépare très tôt le Networking ? Il faut démarrer même quand on n'est pas encore en entreprise, même quand on n'est pas en stage ? Ça débute très tôt cette idée de networking, non ? Sandra LegrandOn s'entraîne et on s'entraide. Ce sont vraiment les deux mots clés. Par exemple, lorsque j'étais étudiante, j'ai fait beaucoup de petits jobs d'étudiant, de McDonald en passant par hôtesse de l'air, et hôtesse d'accueil, ou le Tour de France avec Peugeot. J'ai fait beaucoup de petits jobs et chaque fois, j'ai de garder des liens avec les personnes avec qui j'ai travaillé. Outre le fait que ça m'a amené de l'expérience, ça m'a amené à comprendre ce que j'aimais et ce que je n'aimais pas. J'ai assez vite compris que j'aimais le lien, j'aimais les gens, j'aimais discuter, j'étais curieuse, j'aimais les conversations. Mais ce qui est important, c'est comment, à chaque fois que je rencontre des personnes, je me dis, que celle-là, je vais la mettre dans mon téléphone. Et puis je vais mettre des petites notes pour éventuellement la recontacter. Et l'idée, ce n'est pas de recontacter les gens une fois qu'on en a besoin uniquement, mais c'est d'essayer de garder un lien et de trouver des occasions de les revoir. BertrandLinkedIn, pour ça, c'est parfait, non ? Sandra LegrandLinkedin, c'est parfait. Mais comme tu as dit, on sait ce qui se passe pour la personne et on peut même réagir à ce moment-là. J'ai souvent l'habitude de dire que LinkedIn, c'est un petit sas d'entrée au networking. Ça vous permet de vous chauffer, c'est un peu un échauffement social, avant de rentrer dans le vif du sujet en présentiel, en face à face, où là, il n'y a pas de filet, c'est du direct. LinkedIn, vous pouvez corriger ce que vous écrivez. Mais c'est très complémentaire. Les réseaux sociaux et les réseaux en présentiel, sont très complémentaires. Je ne considère pas que ne faire que du réseau via LinkedIn, ce soit une bonne idée. Donc, il faut mélanger les deux. Au début, sur LinkedIn, on n'est pas obligé de publier. Les gens me disent que pour publier, il faut avoir une actu. Non, il ne faut pas avoir forcément d'actu. On peut publier sur des livres, des podcasts, ce qu'on veut... J'ai partagé récemment, par exemple, l'émission "Qui veut être mon associé ?" parce que je trouve que c'est une émission formidable, qui donne la pêche, qui est optimiste. Je me suis dit que j'allais faire un post là-dessus et j'ai beaucoup de gens qui m'ont répondu que c'était une bonne idée. Donc, vous pouvez poster,et sinon, vous lisez déjà ce qui se passe, vous likez et vous commentez. Et vous commencez à créer votre petite notoriété, votre "Personal Branding" pour commencer à être connu. BertrandIl y a autre chose que tu as dit qui me semble intéressant, c'est aussi un moyen de savoir ce qu'on aime et ce qu'on n'aime pas. Et ça, c'est aussi quelque chose que je vois avec mes étudiants. Parfois, ils ne savent pas encore exactement ce qu'ils aiment et ce qu'ils n'aiment pas. Et la discussion avec des professionnels, peut permettre de mieux comprendre ce que l'on aime ou au contraire, ce que l'on n'aime pas ? Sandra LegrandBien sûr, c'est un moyen de le comprendre. Après, quand on est jeune, c'est difficile de faire des choix. L'orientation est un sujet clé, et puis, on a droit à l'erreur. Si on est dans une voie et que ce n'est pas la bonne, on peut changer. Il n'y a pas mort d'homme, comme on dit. Il vaut mieux se chercher au début plutôt que se dire finalement à 40 ans, ce n'est pas ce que je voulais faire. Donc, tester des choses. C'est le fameux "Test and learn". Vous testez et vous apprenez en même temps. En conséquence, on teste un métier, on teste une posture, on teste une entreprise et on apprend. Ce qu'il faut, c'est que vous vous sentiez bien dans l'entreprise que vous intégrez, quelles les valeurs que vous aimez et que vous soyez avec des gens avec qui vous vous sentez bien aussi. Le management est important. On travaille pour des managers aussi. BertrandOk, Sandra, c'est très clair. Merci beaucoup. On va passer à la troisième partie. Quels seraient les leviers les plus importants ? On pourrait presque dire le Top 3 des leviers qu'il faudrait mettre en œuvre pour ceux qui nous écoutent et qui sont dans leur début d'activité professionnelle. Quels sont les leviers les plus importants dans le Networking ? Sandra LegrandSi je devais en citer trois. Le premier, c'est LinkedIn en étant un peu actif, c'est-à-dire que lon like, on commente, on lit ce qui se passe et puis on peut publier de temps en temps. C'est la première chose. BertrandOK, mais attention, on doit avoir travaillé son profil LinkedIn, non ? Sandra LegrandOui, il faut soigner son profil, sa photo, Ça, c'est la base. Et puis après, une fois qu'on a son profil, on fait grossir sa communauté. C'est-à-dire qu'on n'hésite pas à demander, à solliciter des nouveaux contacts. Alors, quel est le risque ? Qu'elle ne vous accepte pas. On va se remettre, ce n'est pas très grave. Aucun risque. Donc, allez-y. Moi, parfois, j'écoute des personnes à la radio. Vous voyez, s'il y en a qui veulent me suivre, pas de problème, je les accepterai parce que c'est un peu aussi de savoir être généreux. BertrandDonc, LinkedIn est le premier levier d'un bon Networking. Sandra LegrandDeuxième levier, c'est tout ce qu'on peut faire en termes de job étudiant, bien sûr, de stage, d'alternance, de mission avec les BDE, les juniors entreprises, les associations étudiantes etc... Là, c'est vraiment un noyau fort pour pouvoir déjà commencer à tisser des relations un petit peu plus professionnelles. BertrandEt ça, c'est plutôt du networking en face à face ? Sandra LegrandOui, c'est du face à face. Et puis après, il y a toutes des occasions diverses et variées, j'ai envie de dire, des soirées, des afterwork, des conférences, des salons. Il y a beaucoup de salons aujourd'hui. Il faut aller. Si vous êtes passionné d'IA, par exemple il fallait aller à l'IA Summit, au Grand Palais, et à Station F Après, c'est toujours pareil, il faut être un peu filou pour se faire inviter. Il faut contacter des gens que vous connaissez. Le premier truc, c'est le système D. Il faut se débrouiller pour se faire inviter. BertrandEt quand on est étudiant, on est rarement refusé. Il faut reconnaître qu'il y a plein d'endroits où on peut aller sans trop de problèmes ? Sandra LegrandOui, non seulement ça, mais en plus, vous avez 400 000 événements gratuits par an. Les salons, les afterwork, les soirées d'entreprise... Il y en a beaucoup. On ne peut pas être partout, ciblez si vous avez le choix. Et en général, c'est gratuit ou si c'est payant, même s'il faut investir 15 €, faites-le. Il faut savoir investir pour récolter. BertrandIl y a des associations professionnelles qui peuvent être intéressantes, et qui sont un levier pour rentrer dans ces événements ? Sandra LegrandLes fédérations, si vous vous engagez politiquement. Moi, j'ai été vice-présidente de Croissance Plus pendant des années. Les étudiants interviennent sur des événements, du MEDEF, de la CPME ou la Big Event de la BPI ... Allez-y, dès que vous avez l'occasion, il y a beaucoup d'étudiants qui y vont. Tous ces événements, et c'est mon troisième point, on y va et on grenouille comme on dit. On trouve des gens intéressants avec qui on peut discuter. Et peut-être que sur 15 personnes que vous allez voir, il y en a 5 qui sont très intéressants, 5 moyens bof et puis 5 pas intéressants, c'est un peu la proportion... BertrandEt ça, ça veut dire qu'on sort de sa zone de confort. Tu as cité ça tout à l'heure et je trouve que c'est intéressant. Il faut aussi se bouger, sortir un peu de sa coquille ? Sandra LegrandC'est sûr qu'on ne fait pas du réseau de son canapé. Et vous allez voir, au début, ça va être un petit peu difficile de sortir de sa zone de confort. Mais prenez-le comme un jeu. Faites-le toujours avec élégance, avec un peu d'humour, avec un sourire accroché Donc, il faut sourire, être avenant et ça passe. Et j'ai envie de dire, "on n'a pas deux fois l'occasion de faire une bonne impression". Donc, essayer de faire bonne impression tout de suite avec le sourire, la pêche, l'envie, l'empathie, la gestuelle est importante. C'est tout le verbal et le non-verbal. Les mots sont importants, mais l'attitude, elle l'est aussi. BertrandOk, j'adore ça. "sortir de cette zone de confort" et "on n'a pas l'occasion deux fois de faire une bonne impression". Ça me parait être 2 maximes qu'il faut absolument retenir pour le Networking. Sandra LegrandJe dirais même que plus, vous allez le faire, et plus ça va être facile et plus ça va devenir un jeu et un plaisir. Souvent, je dis "posez la première question après une conférence". On me répond "Oh là là, non, c'est compliqué". Mais justement, forcez-vous et vous verrez que : 1 vous aurez, le courage de le faire, 2 que le speaker sera content, 3 que l'organisateur, je ne vous dis même pas comme il va être heureux. Et puis 4, vous aurez eu l'occasion d'affirmer votre nom, votre entreprise ou ce que vous faites devant 100, 200, 300, peut-être 500 personnes. BertrandPoser la première question à une conférence, c'est une bonne remarque et ça me rappelle des souvenirs... Sandra, merci beaucoup. Si ceux qui nous écoutent souhaitent te contacter, en savoir plus sur ce que tu fais ou simplement discuter avec toi, comment ils peuvent faire ? Sandra LegrandIls peuvent me suivent sur LinkedIn, déjà. Je suis assez visible sur LinkedIn. S'il y avait des questions, ils me les posent. Je souhaite également partager des profils comme celui de Frédéric Mazzela, Les Pionniers, comme Léa Salamé, Les Femmes Puissantes. Lisez des bios. Je viens de finir le livre de Xavier Niel, très intéressant. Une sacrée envie de foutre le bordel Xavier Niel. Lisez, soyez curieux, parce que c'est comme ça qu'ensuite, vous allez pouvoir avoir un échange productif, constructif et riche dans votre Networking. BertrandOk, on ajoute ton profil LinkedIn, comme ça, on pourra suivre tout ce que tu fais. Je le fais déja et je vois que tu fais beaucoup de choses. Donc ceux qui nous écoutent peuvent le faire, et puis, s'ils veulent te contacter, ils peuvent te poser des questions via LinkedIn ? Sandra LegrandBien sûr. Et ils peuvent suivre gratuitement ma MasterClass que je fais le lundi soir en général sur le networking. Comment bien Networker, tous les secrets du networking. Je livre ça gratuitement pendant une heure. BertrandSandra, merci beaucoup. Sandra LegrandMerci et bon Networking. ### Combien gagne un Responsable E-retail Media ? Responsable E-retail Media Salaire 30-35k€ brut/an junior, 45-50k€ brut/an senior. Responsable E-retail Media Formation École de commerce ou expérience e-commerce; curiosité, analyse, polyvalence clés. Responsable E-retail Media c’est quoi Achète/optimise la pub sur sites e-commerce selon la stratégie des marques. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Lancelot, Responsable E-retail Media chez Head of E-Retail Media Écouter le podcast Rémunération d'un responsable e-retail Media ? Le métier de responsable e-retail Media, aussi appelé « e-retail Media manager », consiste à élaborer et piloter la stratégie d’achat de publicité sur les sites e-commerce des distributeurs en ligne. Lancelot Duquesnoy, responsable e-retail Media chez Heineken France, partage son retour d’expérience et détaille les niveaux de salaire que peut espérer ce spécialiste du retail media digital. Salaire débutant d'un responsable e-retail Media Selon Lancelot, un responsable e-retail Media junior, fraîchement diplômé d'une école de commerce ou issu d'une première expérience opérationnelle en e-commerce, peut prétendre à un salaire compris entre 30 000 € et 35 000 € bruts par an. Cette fourchette dépend notamment de la taille de l’entreprise et de la complexité des canaux gérés : piloter la publicité sur des plateformes majeures comme Amazon ou Carrefour justifie souvent un salaire plus élevé dès l’entrée dans le métier. Évolution du salaire avec l'expérience Avec l’expérience, la rémunération d’un responsable e-retail Media progresse significativement. Lancelot indique qu’un profil senior peut atteindre des salaires compris entre 45 000 € et 50 000 € bruts par an dans des entreprises de taille moyenne. Au-delà, l’évolution vers des postes de direction (Head of Retail Media ou Directeur e-commerce) dans des grands groupes comme Heineken permet de franchir le cap des 65 000 € à 75 000 € annuels, en fonction des responsabilités managériales, de la dimension internationale et du périmètre omni-canal supervisé. Facteurs influençant la rémunération Selon Lancelot, plusieurs variables impactent le salaire : la notoriété de l’annonceur ou de l’agence, le volume et la diversité des canaux (Amazon, Leclerc, Uber Eats, etc.), ainsi que la maturité du marché e-retail Media. Les compétences en data analytics et la maîtrise des outils d’intelligence artificielle pour optimiser le ciblage sont également des atouts majeurs. Enfin, la capacité à piloter une stratégie omni-canale et à manager des équipes spécialisées renforce la valeur du profil sur le marché. Comment optimiser votre rémunération de responsable e-retail Media ? ### Responsable E-retail Media - Lancelot Duquesnoy Métier de Responsable E-retail Media : missions, compétences, formation et salaire Nous avons le plaisir de recevoir, Lancelot Duquesnoy, Responsable E-retail Media. Ensemble, nous explorons des questions essentielles : Quel salaire peut-on espérer dans ce domaine ? Quelles sont les missions principales de ce rôle ? Quels défis uniques pose cette profession dans un univers digital en constante évolution ? Comment devient-on Responsable E-retail Media ? Quels diplômes ou formations sont nécessaires pour accéder à cette carrière ? Merci à Lancelot Duquesnoy, pour sa participation et nous espérons que l’écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Responsable E-retail Media Salaire 30-35k€ brut/an junior, 45-50k€ brut/an senior. Responsable E-retail Media Formation École de commerce ou expérience e-commerce; curiosité, analyse, polyvalence clés. Responsable E-retail Media c’est quoi Achète/optimise la pub sur sites e-commerce selon la stratégie des marques. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Lancelot Duquesnoy –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de responsable E-retail media MajdelineBonjour Lancelot. LancelotBonjour Majdeline. MajdelineMerci d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Lancelot, tu es e-retail Media chez Heineken Entreprises. On va avoir l'occasion de revenir sur ton métier et sur ton entreprise. Mais avant ça, est-ce que tu peux te décrire en quelques mots ? LancelotOui, effectivement, je suis Lancelot, j'ai 29 ans. J'habite à Paris depuis six ans. Je suis originaire d'Angers où j'ai grandi. J'y ai fait aussi mes études. J'ai fait mon bac ES et l'ESSCA, l'École de commerce d'Angers, où j'ai été diplômé en 2019. Et puis, pour l'anecdote, mon papa aussi a fait cette école. C'est un peu aussi pour ça que j'ai fait... MajdelineUne histoire de famille ? LancelotExactement. J'ai fait un master en produits de grande consommation. MajdelineÇa marche. Et avant de rejoindre Heineken, quelles ont été tes expériences ? LancelotJe n'en ai pas eu beaucoup parce que je suis un peu un bébé Heineken. J'ai fait un stage dans le groupe Labeyrie Fine Foods, le foie gras & le saumon. Un stage en e-commerce. C'est là où j'ai découvert le monde du e-commerce. C'est mon tout premier stage en Master 1, c'est Labeyrie qui m'a fait découvrir le e-commerce. Ils m'ont proposé un stage en chef de produits classique pour soit le saumon, soit le foie gras, ou le stage en e-commerce qui venait juste d'ouvrir. Donc, je me suis dit Pourquoi pas aller défricher toute cette partie e-commerce avec le nouveau chef de projet qui venait d'être nommé. MajdelineOn l'a dit, tu es chez Heineken. Est-ce que tu peux nous présenter un peu l'entreprise ? Toi, tu es dans la partie entreprise en plus Heineken. Quelle est la différence ? Est-ce que tu peux nous décrire tout ça en quelques mots ? LancelotExactement. Donc, Heineken, c'est C'est un groupe, le premier brasseur aujourd'hui en France. C'est un groupe qui est divisé en deux filiales. Une première filiale qui est brasseur, avec trois grandes brasseries en France, une à Lille, une à Strasbourg et une à Marseille. C'est aussi une filiale de distribution qui s'appelle France Boissons. Il distribue tous types de boissons, aussi bien du Coca-Cola que des spiritueux, que du café et de la bière, bien évidemment, dans les bars et les restaurants. Et donc, effectivement, c'est une entreprise aussi bien brassicole que distributive, qui existe depuis un peu plus d'une soixantaine d'années en France pour la partie distributive avec France Boissons. Et une marque comme Heineken depuis plus de 150 ans en France. MajdelineC'est une entreprise qui a une histoire ? LancelotExactement. MajdelineDans ton activité, quelles sont tes missions quotidiennes ? Et est-ce que tu peux nous décrire un peu ce métier de e-retail Media qui parait compliqué ? LancelotOui, effectivement, le e-retail Media, ça paraît un peu compliqué. C'est un métier qui est très récent. Ce qu'il faut savoir, c'est que mon métier n'existait pas, il y a 10 ans. C'est un métier qui a été créé très récemment. Qu'est-ce que c'est le e-retail Media ? Si on l'explique avec des mots simples, c'est de l'achat de la publicité sur les sites e-commerce des distributeurs en ligne. MajdelineDes distributeurs, qu'est-ce que c'est ? LancelotC'est tout simplement Carrefour, Leclerc, ça peut être aussi Amazon, ça peut être aussi Uber Eats, ça peut être aussi Deliveroo. Tous les endroits où on peut acheter des biens de consommation en ligne. Ça peut être aussi la FNAC ou Merlin hors alimentation. Mon rôle, ou le rôle de mon équipe, c'est d'acheter de la publicité sur ces sites de e-commerce selon les stratégies de chacune de nos marques. MajdelinePour bien comprendre, vous récupérez des chiffres, de la data de Media pour savoir quel est le plus pertinent par rapport à la stratégie des marques. Et du coup, vous investissez un budget sur ces sites-là ? LancelotFinalement, on étudie le parcours d'achat de chacun de nos consommateurs. Et on voit en fonction des objectifs de nos marques, s'il est pertinent ou pas de mettre de la publicité et quel type de publicité tout au long du parcours d'achat de nos consommateurs. MajdelineC'est hyper intéressant. Il y a une partie analyse du parcours consommateur et après une partie achat ? LancelotExactement. Est-ce qu'on doit mettre de la publicité sur la page d'accueil d'un site internet ? Ou est-ce qu'on doit le mettre plus dans le moteur de recherche ou dans un rayon ? Qui on doit cibler ? Est-ce qu'on doit cibler des acheteurs, pour mon cas, de bière ou des acheteurs apéritifs ou en fonction des occasions de consommation, etc... MajdelineUn e-retail Media, s'occupe de toutes ces parties ou est-ce que tu es seulement sur l'opérationnel ? C'est vraiment 360 comme tu le décris ? LancelotDans mon équipe, effectivement, j'ai des personnes qui s'occupent de faire de l'achat d'espace et de développer la stratégie de ces espaces-là. MajdelineCe sont des Traders Media ? LancelotExactement. Ils s'occupent de développer la stratégie, de dire quels sont les objectifs de mes marques, quels sont leurs objectifs sur le e-commerce. Comment je dois acheter derrière tous ces espaces Media-là. Effectivement, mon rôle, c'est de voir s'il y a une cohérence entre tous ces achats, entre toutes les marques, entre tous les réseaux. Et pour qu'il y ait une omnicanalité, de tous nos achats sur tous ces réseaux. MajdelineD'accord. Donc, tu es beaucoup plus dans la stratégie, finalement, plus que dans l'opérationnel ? LancelotEffectivement je ne fais plus d'opérationnel. Ce sont mes équipes qui font tout l'opérationnel. MajdelineMais on peut commencer par l'opérationnel dans ce métier ? LancelotOn doit commencer par de l'opérationnel. MajdelineOk. Donc, le parcours classique, ce serait de commencer dans l'opérationnel, de comprendre comment ça fonctionne et après d'évoluer sur de la stratégie pour voir si tout roule comme ça devrait ? LancelotExactement. Le but, c'est de bien connaître, de bien analyser, de bien savoir comment on implémente une campagne. Tout simplement, de l'analyser post-campagne et ensuite, on évolue sur des postes de management et de stratégie. C'est mon but, aujourd'hui, je fais de la stratégie sur cinq ans alors que mes équipes font de la stratégie plus court terme. MajdelineOk, est-ce que tu peux nous spécifier la différence ? Parce que c'est vrai qu'on a déjà reçu Emilie, qui nous a parlé de ce métier chez Publicis. Est-ce que tu peux nous expliquer, côté annonceur, quelles sont les différences sur ce métier en agence chez Publicis ? LancelotElle travaillait avec nous pendant plusieurs années avant de changer de compte. Côté Publicis, côté agence, ils font vraiment la partie trading et la partie stratégie avec nous. C'est leur rôle au quotidien. Côté annonceur, nous, on a une dimension marque qui est beaucoup plus importante, car on gère nos marques. Le but pour nous, c'est de définir cette stratégie. Est-ce qu'on va aller chercher de la notoriété ? Est-ce qu'on va aller chercher du recrutement sur nos marques ? On est responsable de nos marques. C'est ça la principale différence entre un annonceur côté marque et finalement, le côté agence qui a la responsabilité des performances de leur côté et de l'optimisation de nos campagnes. De leur côté, ils sont responsables de la stratégie, effectivement, mais ils ne sont pas responsables des marques. C'est nous qui avons cette dimension. Nous, on a notre portefeuille de marques, on est responsables de notre stratégie marque. C'est nous qui leur donnons nos enjeux de marques au quotidien. MajdelineOui, ce que tu veux dire, c'est que dans le côté annonceur, on a la vision long terme, on définit une stratégie. Alors que côté agence, on applique uniquement ? LancelotExactement. Ils optimisent au quotidien nos campagnes, ligne à ligne, de chacune de nos campagnes. MajdelineD'accord, tu es côté annonceur, mais tu penses que c'est intéressant aussi de passer de l'autre côté pour ceux qui nous écoutent et qui seraient intéressés par ce métier ? LancelotOui, évidemment, c'est hyper intéressant de passer côté Publicis et côté agence, parce que vous n'avez pas qu'une seule marque, vous pouvez gérer un portefeuille de marques. Vous avez moins cette appartenance à une marque, mais vous allez pouvoir gérer plusieurs catégories de marques. Des biens de consommation comme de l'automobile, des banques ou des services, ce qui peut être intéressant. Mais vous allez aller moins en profondeur dans une marque. MajdelineDonc, pour découvrir le métier, ça peut être intéressant au départ, en début de carrière. Quelles sont pour toi les trois principales compétences requises pour ce job ? LancelotPour moi, je pense qu'il y a la curiosité. Parce qu'on est dans un métier qui évolue constamment, comme je l'ai dit tout à l'heure. Donc, il faut vraiment être hyper curieux sur comment ça évolue. Quels acteurs arrivent sur le marché, comment nos distributeurs, Carrefour, Leclerc, etc, évoluent côté e-commerce. Il faut être au fait de comment ça bouge. Et du coup, tester, toujours. Tester, tester, tester. Ou si on ne peut pas tester parce qu'on n'a pas de budget, comment on peut apprendre des autres. Donc la curiosité, c'est un atout principal. L'analyse, comme on a énormément de données, être analytique, c'est quelque chose d'hyper important. Le e-commerce, c'est un des seuls medias où on a autant de données jusqu'à la conversion. Si on prend des medias comme l'affichage, la radio ou la télévision, il n'y a pas autant de data. Jusqu'à la conversion pour pouvoir analyser ou même cibler des consommateurs ou des shoppeurs. Donc, être bon en analyse ou s'intéresser à l'analyse, c'est vrai que c'est hyper pertinent pour pouvoir mieux cibler, mieux optimiser chacune de nos campagnes. LancelotEnfin, je pense que la polyvalence, c'est un des piliers fondamentaux, parce qu'en général, les équipes e-commerce sont assez réduites. Donc, ça veut dire qu'on doit s'occuper de tout. Et en général, sur l'e-commerce, quand on active un levier, il ne faut pas en activer qu'un. Il faut activer aussi tous les leviers. C'est-à-dire que quand on active le Media, il faut aussi s'assurer que le produit est présent, qu'il est bien visible, etc. Donc, finalement, il faut être un peu un couteau suisse, quand on est sur la partie commerce. Je pense que c'est aussi tous les métiers qui sont comme ça, mais je pense encore plus sur le e-commerce, il faut savoir tout faire. Il faut aussi se retrousser les manches de temps en temps et être polyvalent pour tout faire. MajdelineDans ton métier, quelle est la tâche qui te plaît le plus et après celle qui te plaît le moins ? LancelotPour moi, c'est toujours ce que j'ai voulu faire, c'est la partie stratégie, c'est avoir une vision à long terme, savoir où on veut amener le e-commerce pour l'entreprise sur du long terme. Ça, c'est quelque chose que j'ai réussi à faire. Pas dès le début, parce que dès le début, il faut savoir comment ça fonctionne. Avant de savoir où on veut amener le e-commerce. Aujourd'hui, c'est ce que je fais au quotidien. Donner à mes directeurs une vision long terme et où on veut amener le retail Media sur du long terme. Ça, c'est vraiment quelque chose qui me semble intéressant. Après, sur la tâche qui me plaît le moins, je pense que c'est la rigueur budgétaire. Je pense qu'on a tous besoin, mais c'est vrai que dans toutes les entreprises. Ça peut être un peu frustrant parfois. MajdelineSurtout dans ton métier où tu es habitué à avoir des budgets à droite, à gauche ? LancelotOui, c'est ça. Comme tous les medias, on a des budgets qui sont assez précis, donc il faut pouvoir les investir au bon endroit, au bon moment et ne pas dépasser nos budgets. MajdelineAttention, la question Gagne-pain. Combien ça gagne, un e-retail Media ? LancelotQuand on est junior, sur la partie commerce, je ne vais pas pouvoir vous donner sur chez Heineken, mais sur la partie e-commerce, vous pouvez en gagner entre 30 et 35 000 € bruts par an. Pour les seniors, pour mon niveau de poste aujourd'hui, sur la partie e-commerce, vous pouvez, en général, dans les entreprises de notre taille, vous pouvez être entre 45 et 50 000 € à peu près. MajdelineOk, tu me disais que tu as fait une école de commerce. Est-ce que pour toi, c'est la bonne formation pour faire ce métier ? Est-ce qu'il y a d'autres formations que tu aurais en tête ? LancelotC'est une des formations qui est possible. Je pense qu'il y en a d'autres. Je ne suis pas au courant de toutes les formations. Celle que j'ai faite, je ne peux que la conseiller. Je sais qu'aujourd'hui, chez Heineken, on est plus à regarder les expériences que le parcours de formation. L'expérience, la personnalité plutôt que son parcours de formation. MajdelineEffectivement, tu le disais en début d'interview, c'est un nouveau métier, donc il n'y a pas forcément besoin d'avoir des compétences, un bagage en amont. Il faut avoir des soft skills ? LancelotAbsolument, parce qu'en fait, comme le métier n'existait pas, on commence a peine à l'apprendre aujourd'hui, dans les écoles. On ne peut pas demander à des jeunes de connaître le métier, car on ne l'apprend pas à l'école. MajdelineTrès clair. Et toi, tu continues à te former régulièrement ? LancelotComme le e-commerce évolue énormément, on a besoin de s'informer et de se former à tous ces mouvements. Donc, effectivement, c'est hyper important. Du e-retail Media, j'essaie de m'élargir à d'autres types de medias, notamment le retail Media. MajdelineTu peux nous expliquer la différence ? LancelotOui, le Retail Media, c'est tout ce qui se passe en magasin, parce que moi, je m'occupe de tout ce qui se passe en e-commerce. Et j'essaie de m'élargir aussi à tout ce qui se passe sur tous les autres medias. Donc en Social Media, mais aussi tout ce qui se passe en affichage, en radio, etc. Pour avoir une vision plus large et plus haute de tous les medias. Et avoir une omnicanalité finalement dans nos stratégies media. Et pour pas réfléchir que e-commerce, mais avoir une vision totale. Une consistance dans tout ce que l'on fait. MajdelineQuelles sont, Lancelot, les meilleures ressources disponibles pour se former à ton métier sur Internet ? LancelotMoi, je m'informe surtout sur LinkedIn. Aujourd'hui, je pense que c'est l'une des meilleures sources d'informations disponibles. Gratuites en plus, donc c'est ça qui est formidable. Donc, il y a pas mal de leaders d'opinion sur LinkedIn, notamment le plus connu et qui passe à la télé très souvent sur BFM, c'est Olivier Dauvers, qui relaie énormément d'informations sur le métier du e-commerce. Il y a aussi des organismes que vous pouvez suivre, des blogs, des sites e-commerce qui relaient des informations, notamment l'Institut du commerce et l'Alliance Digitale, qui sortent des livres blancs qui permettent aussi d'avoir des guides sur l'e-commerce... MajdelineDes chiffres clés ? LancelotOui, des chiffres clés, exactement. Il y a aussi la FEVAD. Il y a plein d'instituts comme ça qui peuvent apporter de l'information régulièrement sur les commerces. Il y a vraiment beaucoup d'informations. Donc, pour quelqu'un qui veut avoir de l'information sur les commerces et sur le e-Retail Media, il y a de quoi faire pour se former et s'informer. MajdelineOn revient sur le trait de caractère, avoir la curiosité ? LancelotExactement, pour celui qui veut, il y a ce qu'il faut. MajdelineOk. Quel est le mode de vie type d'un e-Retail Media ? Et chez Heineken, comment se passe ton job au quotidien ? LancelotAujourd'hui, nous, notre siège est à Rueil-Malmaison, à côté de Paris. Depuis le COVID, on est a deux jours de présentiel. Donc, on a adopté le télétravail au quotidien. Donc, c'est une force pour le groupe, on a trois jours finalement de télétravail, agencés un peu comme on le veut. On a juste le mardi en présentiel obligatoire. C'est une flexibilité qui est donnée aux collaborateurs. Et au quotidien, on a très peu de déplacements. Je vois beaucoup, notre agence Media Publicis. Avec qui nous travaillons beaucoup. Et je vois aussi nos régies et nos clients aussi de temps en temps aussi pour faire le point sur la stratégie, sur nos achats... MajdelineOn parlait en off de l'IA. Tu me disais que tu l'utilisais au quotidien. Est-ce que ça a impacté ton métier ? Et est-ce que ça va avoir un impact sur ton métier dans les prochaines années ? LancelotOui, c'est hyper important en e-retail Media parce que finalement, l'IA, c'est le nerf de la guerre dans le ciblage. On a des mécaniques, des leviers spécifiques qui nous permettent de cibler certains acheteurs et qui permettent de pousser une réduction spécifique à un acheteur ou un ciblage. Pour ça, on a besoin de l'intelligence artificielle qui fait tout ce travail, de ciblage, de réduction spécifique à chacun de ces acheteurs. L'IA est partie prenante de tout ce Media. Ça, c'est une première utilisation, un premier cas d'usage finalement que l'on a au quotidien sur chaque site de distributeur, chaque site e-commerce. Et on a un deuxième cas d'usage qui est dans la mesure. Parce que finalement, on a plein de rapports d'analyse qui nous sont donnés par nos distributeurs, par les régies. Et finalement, on donne tout ça à une IA qui nous permet d'uniformiser, d'optimiser, tous ces rapports. Et de nous en extraire finalement les bonnes performances. De mieux analyser derrière tout ce qui en est important. MajdelineÉcoute, c'était très clair, Lancelot, merci beaucoup. Est-ce que tu as quelque chose à ajouter pour conclure cet épisode ? LancelotOui, déjà, merci beaucoup. Et surtout, prenez plaisir au quotidien à travailler dans le digital. Parce que le digital, c'est l'avenir, je pense. N'hésitez pas à être curieux, n'hésitez pas à venir me contacter aussi sur mon profil LinkedIn, je me ferai plaisir de vous répondre. MajdelineMerci beaucoup. ### L'éco-conception numérique - Anne Faubry Les enjeux et bonnes pratiques de l’éco-conception numérique dans les métiers du digital Dans l’Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Anne Faubry. Anne nous dévoile tous les aspects de son quotidien d’experte en éco-conception numérique au sein de l’Association Designers Éthiques, afin de découvrir ce métier fascinant et encore peu connu. Merci à Anne pour sa participation et nous espérons que l’écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partager votre expérience ? N’hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous écrivant à l’adresse legagnepain@gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Anne Faubry –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de l'éco-conception numérique BertrandBonjour et bienvenue, dans le cadre de la semaine du Podcasthon, nous avons décidé de mettre à l'honneur une association. Dans ce cadre, nous avons le plaisir d'accueillir Anne Faubry, de l'association Designers Ethiques. Anne est chargée de mission éco-conception et formatrice au sein de cette association. Elle est également UX et UI designer indépendante. Bonjour Anne. AnneBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Anne d'avoir accepté notre invitation. Avec toi, nous allons revenir et expliquer ton rôle au sein de cette association, mais avant tout, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour ceux qui nous écoutent ? AnneOui. Initialement, j'ai fait une école de commerce, ce qui n'est pas le parcours habituel pour devenir designer. Et je me suis beaucoup intéressée là-bas aux sciences sociales. C'est aussi à l'occasion de stage que j'ai découvert le secteur du numérique. À la fin de mon école, je suis devenue consultante en transformation digitale, ce qui m'a permis de découvrir différentes problématiques et aussi nouvelles technologies comme l'IA et la blockchain à cette occasion. J'étais techno-solutionniste et donc je pensais que ces technologies allaient nous sauver, en quelque sorte, et résoudre les grandes problématiques de l'humanité. Et au fur et à mesure, avec les rapports du GIEC qui sont sortis, les premiers rapports du Shift Project sur l'empreinte du numérique et aussi les problématiques que j'identifiais sur les projets clients. Je me suis de plus en plus questionnée sur le sens de ce qu'on faisait et le lien et l'impact du numérique par rapport aux problématiques actuelles. Et c'est comme ça que j'ai commencé mon bénévolat chez Designers Ethiques. Avec l'écriture du guide d'éco-conception, qui ensuite m'a permis de me lancer comme indépendante et de travailler à temps partiel pour l'association depuis, pour creuser les sujets de l'éco-conception numérique. BertrandEn regardant ton profil LinkedIn, j'ai vu aussi que tu avais fait Les Gobelins. Donc, à quel moment tu as fait Les Gobelins ? C'est juste après ton école de commerce ? Tu as enchaîné les deux ? AnneNon. En fait, initialement, j'avais fait effectivement cette école de commerce et j'étais consultante. Et lorsque j'étais consultante, c'est là que j'ai découvert le métier de designer, qui m'a vraiment passionnée, parce que ça regroupait à la fois l'aspect créatif, l'aspect empathie, analytique et technique. Et j'ai décidé de devenir designer. J'en ai parlé à mon employeur qui m'a généreusement payé ma formation au Gobelins, que j'ai fait en temps partiel en parallèle de mon travail. Et c'est comme ça que je suis devenue designer. BertrandOk. Donc ça, ça nous amène maintenant à l'association Designers Ethiques, pour lequel on se rencontre aujourd'hui. Et j'ai prévu dans cet entretien d'organiser l'entretien autour de cinq thèmes. D'abord, qu'est-ce que c'est l'association Designers Ethiques ? À qui s'adresse ces services ? Quelles sont les réussites ou les exemples dont on peut parler, les publications et les formations que vous faites. Et puis après, quels seraient tes conseils. Donc, si ça te va, on peut débuter avec, c'est quoi l'association designers ethiques ? AnneDesigners Ethiques, c'est une association qui est née en 2017, à l'occasion de la conférence Ethics by Design. Qui est un de nos événements phares que l'on organise tous les deux ans. C'est deux jours de conférences sur tous les enjeux éthiques du numérique. Et au fur et à mesure, elle s'est enrichie avec plein d'autres thématiques. On travaille sur les sujets d'écoconception, de manipulation, de systémie, d'inclusion. Pour chacun de ces sujets, on essaie de produire de la connaissance. On est une association de recherche-action, donc on va créer des livrables qu'on distribue gratuitement en ligne en licence Creative Commons, pour aider les professionnels à s'emparer de ces sujets. Et on donne aussi des formations pour faire monter en compétence sur ces problématiques. Et on organise des événements à des échelles locales dans certaines villes ou nationales, avec des coférences. Avec comme objectif d'aider les professionnels du numérique dans la conception à prendre en compte ces problématiques pour œuvrer vers un numérique plus désirable, soutenable et respectueux de l'être humain. BertrandJ'ai lu que l'association explorait les pratiques de l'éco-conception numérique. Est-ce que tu peux essayer de définir simplement, pour ceux qui nous écoutent, qu'est-ce que ça veut dire faire une éco-conception numérique ? AnneL'éco-conception, c'est prendre en compte l'impact environnemental du service dès ces phases amont de conception, donc pas qu'à la fin, une fois qu'on pourra optimiser. Vraiment, dès l'amont, on prend en compte ces impacts et surtout le cycle de vie du produit. Combien d'énergie est-ce que je consomme à l'usage ? Mais aussi quel est le matériel en amont, en aval, que je vais solliciter pour faire fonctionner mon service, les data centers, les réseaux, etc. Finalement, quand je dois vulgariser en quoi cela consiste, c'est faire de la sobriété, faire le moins de numérique possible. Le faire de la manière la plus astucieuse possible, aller à l'essentiel. Ne pas rajouter de superflu, et faire de l'optimisation. Là, il y a de petites astuces techniques ou de design pour atteindre le même objectif de manière plus sobre. BertrandD'accord. On n'a pas parlé encore de ton rôle précisément. Quel est ton rôle au sein de cette association ? Que fais-tu exactement ? On a dit que tu avais deux missions, lesquelles ? AnneSur la partie éco-conception, je travaille avec d'autres personnes sur la création de ressources issues de la recherche. Donc, on creuse actuellement, par exemple, comment est-ce qu'on peut permettre aux professionnels de mieux prendre en compte les externalités négatives environnementales de leur service dès les phases amont. BertrandAlors attention, externalité négative ? Est-ce que tu peux expliquer ça pour ceux qui nous écoutent ? AnneUne externalité négative, c'est en quelque sorte un impact qu'on va avoir qui va être indirect issu de son service. Un exemple qui est assez connu, c'est Vinted. Qui est plutôt vertueux parce qu'il incite à acheter d'occasion, mais qui a eu comme externalité la menace des associations caritatives comme Emmaüs, dont c'était le modèle économique. Ou le fait que finalement, on s'aperçoit que les personnes qui vendent sur la plateforme achètent encore plus de vêtements de fast fashion. Donc très impactante pour l'environnement et finalement, le bilan environnemental de Vinted est assez peu positif. BertrandD'accord, c'est une dérive du système ? AnneExactement. BertrandEt après, tu as dit que tu avais un rôle de formatrice. Là, ça s'adresse à qui ces formations ? AnneOn forme les professionnels. Ça peut être en interentreprises, notamment en ligne. On peut avoir des personnes au chômage, en reconversion, des professionnels d'agence. Ou ça peut être en intra-entreprise. Donc là, on va former une équipe digitale ou une équipe de designers dans une entreprise. Souvent, ça va être des grands groupes. Et on va les former à l'éco-conception sur un ou deux jours, de façon plus ou moins approfondie. On a des formations spécialisées pour les designers et d'autres pour les project managers, donc plutôt des profils de chefs de projets. Et pendant ces deux jours, quand on a plus de temps, on va avoir tout ce qui est inclus dans l'éco-conception, c'est-à-dire l'évaluation de son impact, un certain nombre de bonnes pratiques, qu'est-ce que ça veut dire d'un point de vue du prototypage, aussi d'un point de vue systémique, quelles vont être les implications pour l'éco-conception au niveau un à quatre, ou encore, comment est-ce que je conviens mon entourage ou comment est-ce que je me mets en conformité au référentiel général conception de services numériques. BertrandQuand on parle de services numériques, le périmètre sur lequel vous intervenez, parce qu'évidemment, ceux qui nous écoutent sont souvent en train de découvrir un peu les formations pour eux dans le digital, le périmètre, c'est quoi ? C'est Web, applications mobiles, c'est tous les services proposés sur le numérique ? AnneÇa va que les services numériques, ça peut être énormément de choses différentes. Ça peut même être du logiciel embarqué, ça peut être des algorithmes. Un certain nombre de nos pratiques s'appliquent, peu importe le type de service. Notamment quand on étudie le référentiel général d'écoconception de services numériques, qui s'adresse vraiment à tous les services numériques. Pour autant, dans nos formations, pour que ce soit le plus parlant possible et aussi par rapport aux profils qui sont en face de nous. Qui sont fréquemment des designers, donc qui travaillent quand même sur des interfaces front. On va beaucoup parler de services web. Ça peut être après des logiciels en SaaS. On est en train de développer une formation spécifique sur ce sujet. Et puis, ça va aussi impacter les applications mobiles dans un second temps également. BertrandD'accord. Et quand on dit éco-conception, est-ce qu'on arrive à mesurer l'impact que ça ? C'est-à-dire, ça fait moins combien ? Moins 10%, moins 20%, moins 30% en termes à la fois de conception et d'utilisation ? AnneC'est une très bonne question qui est l'objet d'un débat infini entre les experts. Il y a beaucoup d'outils de mesures qui sortent, mais en réalité, on ne peut pas mesurer l'impact environnemental de l'éco-conception. On dit qu'on fait de l'évaluation. Parce que le numérique, forcément, sollicite énormément de matériel et toute une chaîne sur laquelle on n'a pas forcément beaucoup de transparence. Notamment les data centers ou les réseaux, les câbles sous-marins, etc... On sait assez peu réellement l'empreinte et la sollicitation qu'a notre service sur ce réseau et toutes ces infrastructures. Et par conséquent, on ne sait pas toujours non plus ce que l'on économise. Après, une fois qu'on s'est dit ça, on dit souvent que 70% de l'impact se fait dès la phase de conception. Ça, ce sont les chiffres du CNRS. Donc c'est vrai pour toutes les éco-conceptions. La plupart de l'impact est décidé dès l'amont sur le périmètre et la façon dont on décide de faire son service. Et de ce fait, comme le design, mais tous les métiers de la conception numérique se trouvent en amont, on a un très fort levier qu'on peut déployer. Et pour les sites sur lesquels j'ai effectué de la refonte, quand je compare les sites qu'on a éco-conçus avec la moyenne, par exemple, on est en général de l'ordre d'un tiers de l'empreinte. BertrandD'accord. Donc, c'est significatif ce qu'on peut faire simplement en pensant différemment son logiciel, son service ou sa plateforme ? AnneOui, tout à fait. BertrandOk. Tu as déjà dit à qui s'adresse l'association, mais est-ce qu'on peut entrer dans le détail ? Les services proposés, ils s'adressent à qui ? Comment est-ce qu'ils sont utilisés par tout un chacun, l'utilisateur, mais aussi, j'imagine, l'entreprise ? AnneOn s'adresse exclusivement aux professionnels de la conception numérique. Ça veut dire qu'on ne va pas s'être intéressé au grand public et à sa sensibilisation, ni aux personnes qui font du design de produits ou dans le print, par exemple. BertrandDonc ça, c'est vraiment le périmètre très clair, les professionnels de la conception digitale ? AnneVoilà. Et après, ça peut couvrir beaucoup de métiers différents. Évidemment, avec notre nom, on est principalement auprès des designers, mais déjà, ça peut être très large : du lead designer, head of design, design ops, UX designer, UI, product, etc... BertrandDes métiers qu'on a déjà traités dans Le Gagne Pain. Donc, si les gens s'intéressent à ça, ils pourront retrouver quelques épisodes avec chacun de ces métiers. AnneEt par ailleurs, il y a toutes les autres personnes qui sont également impliquées dans la conception du service, notamment tout ce qui va être product owner, product manager. En conséquence, tous les chefs de projets, chefs de produits. On va avoir aussi certains profils techniques qui sont intéressés par nos livrables puisqu'on a une approche très vulgarisée, comme on s'adresse à des gens qui ne sont pas techniques. Et donc, les profils techniques aussi peuvent être intéressés. Et après, en termes de niveau d'expérience, comme tout est gratuit et en ligne, on peut avoir aussi bien des étudiants qui s'intéressent à cette question. Qui nous contactent souvent pour leur mémoire de fin d'études, que des professionnels, tout au long de leur parcours. Certains qui se reconvertissent en voulant insister sur cette dimension plus éthique. Et d'autres, au contraire, qui se retrouvent à déployer des stratégies de numérique responsable dans un grand groupe et qui ne savent pas forcément par quel bout le prendre. BertrandD'accord., tu n'as pas parlé des développeurs ? Est-ce qu'ils sont impliqués aussi directement ou indirectement par ce que vous faites ? AnneJe les inclus dans les profils techniques. Effectivement, les développeurs, dans l'idéal, on travaille vraiment main dans la main avec eux. Avec Les chefs de projets, les designers et les développeurs. Ce sont réellement les trois piliers de tout service numérique, selon moi. Donc, ils sont impliqués très en amont. Après, évidemment, le développeur peut être aussi bon que possible, si le designer ou le chef de projet ont sorti une très grosse fonctionnalité, par exemple, si "on prend un camion à un poids lourd pour aller chercher du pain". Typiquement, dans le numérique, ça pourrait être l'équivalent de mettre un carrousel avec de la vidéo pour simplement parler de ses actualités. Le développeur peut être aussi talentueux que possible. Ça va être très compliqué pour il ou elle de faire quelque chose d'optimisé et d'éco-conçu. À l'inverse, on a besoin de ses compétences pour que le design imaginé soit réellement sobre, puisque c'est lui ou elle qui va le mettre en réalité. BertrandD'accord, compris. Tu as parlé de quelques fonctionnalités dont on entend déjà souvent parler, la vidéo, tous ces ressources qui sont, disons qui sont très consommatrices d'énergie et de temps. Est-ce qu'on peut essayer d'expliquer aussi simplement quelques fonctionnalités qui ne sont pas du tout optimisées pour l'écoconception ? AnneC'est vrai que ça, ce sont vraiment les fonctionnalités les plus évidentes. Et souvent, on a des personnes qui travaillent, par exemple, sur des logiciels SaaS, qui nous disent : Nous, évidemment, on n'a pas de vidéo, on n'a pas d'images, du coup, on ne peut pas faire d'écoconception. Heureusement, c'est faux. L'écoconception, ça va réellement impliquer beaucoup d'autres fonctionnalités, notamment sur tout ce qui est transfert de fichiers. Par exemple, dans des formulaires, il va falloir indiquer très clairement ce qui est attendu pour éviter les requêtes inutiles, dans quel format, est-ce qu'il y a une taille maximale ? On peut aussi, lorsque l'on affiche des résultats de recherche, bien réfléchir à la volumétrie. Combien est-ce que l'on en affiche ? Évitez le scroll infini. On voit également souvent comme erreur le fait de mettre des composants très complexes qui affichent trop d'informations comme carte de résultat, par exemple. Donc là aussi, à réfléchir, quel est le besoin réel derrière, quelle information est-ce que j'affiche ? Et l'écoconception, ça va être énormément de hiérarchie de l'information. Donc simplement des bonnes pratiques de qualité web et d'accessibilité. Comme le fait de faire des textes concis, en phrases claires, avec des titres qui sont bien ordonnés, de titres 1, 2, 3, dans un ordre logique, avec des listes à puce. Pour éviter d'avoir des utilisateurs qui se retrouvent sur des pavés de textes parmi lesquels ils ont du mal à naviguer, qui vont par conséquent avoir un parcours assez chaotique et redondant d'une page à l'autre. Même si les pages en soi peuvent être très légères, finalement, ça peut avoir un impact élevé si on se retrouve perdus entre tous ces contenus difficiles à comprendre. BertrandD'accord. Donc, il n'y a pas que le poids de la vidéo et le poids de la photo, il y a plein d'autres choses qui amènent à faire de l'écoconception ? AnneFinalement, l'éco-conception, c'est vraiment viser à ce que l'utilisateur passe le moins de temps possible sur ce service. Et donc, tout ce qui va venir optimiser son parcours va contribuer à l'éco-conception. BertrandDonc, si je t'écoute, je dirai que les réseaux sociaux, c'est exactement l'inverse. Parce qu'on va absolument retenir les gens pendant très longtemps... AnneOui, c'est exactement ça. C'est ça qui est passionnant. C'est ce qu'on appelle notamment l'écoconception de niveau quatre. Le CNRS avait défini quatre niveaux d'écoconception. Donc, des réseaux sociaux peuvent tout à fait faire du niveau un en optimisant astucieusement leurs requêtes, les images, etc... Par contre, évidemment, on s'aperçoit très vite de la limite. Et l'écoconception niveau quatre, c'est de dire qu'il faut repenser le modèle économique du service parce qu'il n'est pas toujours effectivement compatible avec la visée du service numérique. BertrandOk, c'est très Claire, merci beaucoup. Est-ce que maintenant, tu peux nous donner quelques exemples, des choses concrètes, des exemples que vous avez mis en place, des gens avec qui vous avez travaillé et qui ont réussi cette éco-conception ? AnneChez Designers Ethiques, on forme les professionnels et donc, parfois, dans certains grands groupes, on a formé des dizaines de personnes parce que l'entreprise s'était fixée un objectif ambitieux de former, par exemple, 50% de ces designers avant telle année ou de réduire de 50% ces émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Et donc, ce qui est intéressant, c'est de les suivre dans le temps et de voir ce qui est mis en place, effectivement. Souvent, elles ne communiquent pas dessus parce que ce sont des entreprises qui ne sont pas forcément exemplaires. Par ailleurs, elles sont assez précautionneuses sur le fait d'éviter, à raison, de faire de l'écoblanchiment ou du greenwashing. Mais, en tout cas, il y a plein d'initiatives intéressantes qui se mettent en place. On essaie de plus en plus de soutenir les démarches d'éco-conception dans les grands groupes, puisque c'est là que ça essaime aussi beaucoup. Et donc, on voit des salariés qui se regroupent, qui mettent en place des bonnes pratiques. Parfois, quand ils ont un niveau de management assez élevé, peuvent rendre certaines conditions obligatoires. Et parviennent à avoir des référents d'éco-conception, à se fixer des objectifs aussi, notamment sur le référentiel général d'éco-conception de services numériques à atteindre. BertrandD'accord. Et est-ce que par rapport à l'association, vous pouvez citer des gens avec qui vous travaillez qui sont un peu les références de l'association ? C'est possible d'en parler ? AnneOn distribue nos ressources à tout un chacun. Donc là aussi, on a des retours de personnes qui s'en servent. On forme des grands groupes. Les références qu'on cite ne sont pas forcément des gens avec qui on a directement travaillé. Le meilleur exemple que je cite beaucoup, c'est Grenoble Alpes Métropole. Avec le projet porté par Nathalie qui a réalisé ce qu'on peut appeler un exploit, de faire un site 100% accessible et éco-conçu de manière extrêmement rigoureuse, en partageant beaucoup cette démarche. Et actuellement, on fait la même chose pour Rennes Métropole. En tant qu'indépendante, je travaille pour la refonte du site de Rennes Métropole. Et la référence de Grenoble Alpes Métropole, a été très importante pour nous, parce que c'est vraiment un très bon exemple d'un site qui est en plus très joli, très agréable à naviguer. Et où l'éco-conception et l'accessibilité sont deux piliers interdépendants, qui sont réellement inclus de bout en bout de manière très qualitative. BertrandOn a reçu, il y a quelque temps déjà, une Product Owner Aude Février, qui nous parlait de l'éco-conception chez Leboncoin. Est-ce que ça fait partie des références, des gens comme ça qu'on peut imaginer ayant une attitude éthique ? AnneÇa fait partie des grands groupes qui ne vont pas communiquer forcément dessus à l'externe, mais qui ont des salariés extrêmement motivés, qui mettent en place des choses réellement intéressantes. Leboncoin a participé à plusieurs éditions du Sustainable Digital Challenge, qui est une compétition d'écoconception lors des API days. Et ils avaient mis en place des choses très intéressantes sur l'éco-conception. D'un point de vue plutôt back-end, donc sur l'optimisation des requêtes, notamment. Leboncoin, comme tous sites d'e-commerce, rencontre aussi des limites, forcément, dans l'éco-conception. Puisque les sites d'e-commerce, un comme pour les réseaux sociaux dans une moindre mesure, là aussi, se retrouvent souvent confrontés à des conflits, entre différents objectifs de chiffre d'affaires et de sobriété numérique. BertrandMais ça veut dire que des grandes entreprises comme celle-là peuvent aussi se lancer dans l'éco-conception avec les limites que tu évoques, mais ça veut dire qu'elles ont aussi ce potentiel-là ? AnneTout à fait. Et je pense que c'est un très bon terreau pour elles, pour me faire monter les gens en compétences. Et qu'ensuite, ils puissent déployer à grande échelle partout où ils iront, s'ils quittent cette entreprise, et déployer les bonnes pratiques. Mais parfois, on doit quand même rester précautionneux sur l'effet rebond. Le fait que dès qu'on gagne de l'efficience, on a tendance à la re-dépenser par ailleurs. Typiquement, quand on est passé à la 4G, on a regardé beaucoup plus de streaming en mobilité, ce qui est 20 fois plus impactant qu'en wifi. Et pareil, avec les data centers... Pendant longtemps, on a réussi à gommer la croissance des data centers par leur gain d'efficience, mais à l'heure actuelle, avec l'intelligence artificielle, ça ne fonctionne plus. Et donc là aussi, on peut se dire qu'un site d'e-commerce ou un réseau social, s'il est éco-conçu, va accroître son impact puisqu'on va y passer plus de temps, ou regarder plus de choses. Donc, c'est aussi là où les modèles économiques peuvent parfois devenir un petit peu ambivalents par rapport à l'objectif environnemental. BertrandMais pour l'association, ça veut dire que c'est un combat qui s'arrêtera jamais. C'est un combat sans fin. Il va falloir toujours travailler sur ce sujet-là. D'une certaine manière, c'est une bonne nouvelle ? AnneTout à fait. Je préférerais qu'on n'en ait pas besoin d'exister. Pour autant, nous, on s'adresse aux individus. Évidemment, ils sont tous dans des contextes professionnels différents. On a tous commencé quelque part. Moi aussi, j'étais dans un grand groupe avant. On a tous nos cheminements, nos propres contraintes professionnelles ou personnelles. Et donc l'important, c'est de prendre la main à tout un chacun, peu importe d'où il part, et de faire progresser les gens, peu importe d'où ils partent. Donc, si ce sont des gens qui sont très avancés, on va approfondir leur expertise. Et si c'est des personnes débutantes, il faut aussi qu'on soit capable de s'adresser à eux pour leur faire prendre conscience des enjeux et les faire travailler à leur échelle sur ce qu'ils peuvent faire. BertrandOn n'a pas parlé de l'impact global du numérique. Moi, j'avais en tête 4 ou 5% des émissions de gaz à effet de serre. Est-ce que c'est effectivement le bon ordre de grandeur ? AnneOn a souvent ce chiffre de 4% en tête mais ça date de 2019, donc ca date un peu. Le problème, c'est que c'est un pourcentage. Si tout croît, finalement, le pourcentage reste constant. Le numérique a tendance à croître, surtout avec l'intelligence artificielle, beaucoup plus vite que les autres. Par exemple, on estime que son empreinte devrait tripler d'ici 2050. Ce qui n'est pas du tout compatible avec les objectifs d'être à deux tonnes de carbone par personne en 2050, puisque si on continue comme ça, le numérique, à lui tout seul, serait à 1,5 tonne par personne. BertrandD'accord. Donc, le problème, ce n'est son poids actuel, c'est surtout son potentiel de croissance et les nouveaux leviers avec l'intelligence artificielle, qui font que l'on va consommer encore plus ? AnneOui, mais le numérique a quand même un impact qui est dès aujourd'hui extrêmement fort, mais pas chez nous. C'est pour ça aussi qu'on a tendance, je pense, à le consommer de manière très insouciante. Mais dès aujourd'hui, en République démocratique du Congo, par exemple, il y a des guerres terribles dues à l'industrie minière qui vient notamment alimenter tout le secteur du numérique. Et donc de voir des objets jetables qui embarquent du matériel numérique comme des tests de grossesse, par exemple. Ça, ce sont vraiment des aberrations quand on pense à toute la chaîne de production en amont qui se fait souvent dans des conditions terribles pour l'environnement et les personnes. BertrandL'association Designers Ethiques, c'est également des publications, des guides, des formations. Est-ce que tu peux expliquer comment ceux qui nous écoutent peuvent accéder à tout ça ? AnneSur notre site designersethiques.org, on publie tous nos guides et articles, ressources existants. Ils sont gratuits en licence créative commons. Il n'y a pas besoin de mettre son mail pour y accéder. Par ailleurs, on a eu beaucoup de vidéos de nos conférences C'est sur notre PeerTube, qui est l'équivalent libre de YouTube. Là, vous pouvez retrouver toutes les conférences de la journée de l'éco-conception numérique et de FX by design filmées. On a notre catalogue de formation disponible sur notre site avec les prochaines dates. Si vous voulez rejoindre nos communautés locales, on est présents à Lyon, Nantes, Bruxelles, peut-être bientôt Marseille également, pour organiser des événements, participer à des rencontres locales sur tous ces sujets. BertrandEt on est d'accord que ça s'adresse aux professionnels, mais y compris aux jeunes professionnels ? AnneTout à fait. Ces événements, particulièrement, sont disponibles à tout étudiant que ça intéresse. Et pour certains événements en ligne, on propose aussi des tarifs étudiants. Souvent en quantité limitée, mais pour essayer d'être accessible à ces profils. BertrandExcellent. Il y a aussi un autre aspect que j'avais envie d'évoquer, c'est que vous accompagnez aussi des formateurs. C'est-à-dire que vous faites des formations, mais vous accompagnez des formateurs, parce que j'ai déjà eu des contacts avec des formateurs qui me parlaient de vous. Donc, ça veut dire que vous dispensez aussi tout ce que vous proposez à des gens qui vont faire des formations ? AnneOui, ceux sont fréquemment les premières personnes intéressées par nos contenus ou nos formations. Soit car on a déjà fait un travail de vulgarisation et en conséquence ça peut être des ressources librement accessibles sur lesquelles ils peuvent baser leur contenu pédagogique. Ou pour renvoyer les personnes qu'ils ont formées. Soit, ils sont intéressés, quand ils étaient un peu plus débutants, par nos formations parce que c'était parmi les premières destinées aux designers sur le marché. BertrandD'accord. Ok. Pour terminer cet entretien, quels seraient tes conseils ou tes retours d'expérience pour ceux qui nous écoutent, sachant que ce sont de jeunes professionnels qui sont à l'écoute du gagne-pain ? AnneL'éco-conception peut être vraiment un différenciant pour un CV. Je pense qu'il y a beaucoup d'opportunités dans ce domaine dans le numérique et il y a beaucoup d'entreprises qui s'intéressent de plus en plus au numérique responsable. Je sais que ça peut être un peu schizophrénique pour les étudiants parce que par ailleurs, on les forme à l'intelligence artificielle et juste après, on leur parle d'écoconception. Et donc c'est difficile pour tous les étudiants de se retrouver dans tout ça. Le numérique est devenu tellement large que je pense qu'il y a des façons de se spécialiser qui sont très variées d'une personne à l'autre. J'incite les jeunes à se spécialiser dans ce qui les intéresse vraiment et à pas se stresser si ce n'est pas dans l'IA. Je pense que le numérique responsable a encore beaucoup de beaux jours devant lui. Et pour vous intéresser à ce sujet, il y a beaucoup de ressources qui existent. N'hésitez pas à créer des initiatives avec vos collègues en apprentissage, co-stagiaires, collègues de classe pour creuser ces sujets. C'est important aussi, on est vite tiré vers le haut quand on travaille à plusieurs. Et n'hésitez pas à commencer petit. On a tous commencé quelque part, on peut vite être un petit peu submergé quand on regarde la quantité de bonnes pratiques. Commencer petit par une bonne pratique, sur une image ou sur une page. Et c'est comme ça qu'on débute, pas à pas. BertrandExcellent. Si ceux qui nous écoutent ont été séduits par ce que vous faites au sein de Designers Ethiques, que peuvent-ils faire pour contribuer ou participer à l'association ? Il y a des choses qu'on peut faire concrètement ? AnneOn est une petite association de 15 personnes, c'est vrai qu'on n'a pas d'offre de bénévolat. On fonctionne beaucoup par les propositions internes. Pour autant, on a lancé une bourse de recherche pour de jeunes professionnels ou étudiants qui ont envie de travailler sur ces sujets. C'est une bourse rémunérée. Je ne sais pas si elle est déjà publiée ou si elle sera publiée bientôt, mais en tout cas, n'hésitez pas à vous y intéresser. On va essayer de reproduire ça assez régulièrement pour permettre à des étudiants d'être payés pour des travaux de recherche sur ces sujets de numérique responsable. Sinon, n'hésitez pas à venir à nos événements ou à les suivre en ligne. On a des webinaires, des communautés locales. On fait également des tarifs préférentiels pour nos conférences. BertrandD'accord, excellent. En conclusion, est-ce qu'il y a un moyen, si ceux qui s'intéressent à ce que tu as dit, et souhaite prendre contact avec toi ? Comment ils peuvent faire ? AnneVous pouvez me contacter sur LinkedIn à Anne Faubry. BertrandAnne, merci beaucoup. AnneMerci beaucoup Bertrand. ### Le marché caché de l’emploi - Mélanie Flouhr Découvrez les secrets du marché caché de l’emploi digital avec les conseils de recruteurs Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Mélanie Flouhr –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier et le marché caché de l’emploi BertrandPour ce nouvel atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Mélanie Flourd. Bonjour Mélanie. MélanieBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Mélanie d'avoir accepté notre invitation. Mélanie est la cofondatrice de Purple Squirel, une experte carrière, une "Top Voice carrière" sur LinkedIn. Elle publie régulièrement, notamment sur le marché caché de l'emploi. Bref, Mélanie est parfaitement adaptée pour répondre à nos questions sur ce fameux marché caché de l'emploi. Mais avant, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? MélanieAvec plaisir Bertrand. Merci de m'avoir invité sur ton podcast. Avant de me présenter, je vais peut-être expliquer Purple Squirrel. Pourquoi ce nom d'entreprise ? Ça veut dire l'écureuil violet. C'est l'alternative anglophone de notre fameux "Mouton à cinq pattes" qui est un peu la bête rare que le RH recherche. BertrandQu'on ne trouve jamais ? MélanieEt qu'on ne trouve jamais exactement. Et qui a un clin d'œil au fait que j'ai commencé ma carrière dans le monde du recrutement, dans un cabinet de recrutement anglais. C'est là que j'ai rencontré mon associé Maeva. Et quand on a cherché un joli nom pour notre entreprise, on s'est dit que c'était une bonne idée de prendre celui-là. BertrandC'est une bonne introduction pour expliquer ce que tu fais. MélanieExactement. On est un cabinet d'accompagnement de carrière. Donc on aide vraiment les professionnels à définir ou obtenir ce qu'ils veulent dans leur vie pro. Parce que de nos jours, et tu en parlais tout à l'heure, il y a énormément de métiers dans le digital et ailleurs. C'est des fois difficile un peu de savoir où est-ce que l'on va s'épanouir. Donc c'est la définition du métier, et puis l'obtention. De nos jours, ce n'est pas toujours facile de se différencier sur un marché de l'emploi toujours plus compétitif. Donc, on aide aussi avec des techniques pour obtenir un peu le Saint Graal du job parfait. BertrandMerci beaucoup. Avec toi, on va parler du marché caché de l'emploi qui est une question qui revient de la part des auditeurs du Gagne-Pain. Aider ceux qui nous écoutent à construire leur carrière, mais aussi à aider à "percer" ce marché caché de l'emploi. Et comme on en a discuté ensemble, j'aimerais t'interroger sur quatre thématiques. D'abord, quel est le marché caché de l'emploi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Comment est-ce qu'on définit ça ? Comment intégrer le marché caché de l'emploi dans sa recherche ? Comment estimer le marché caché de l'emploi, notamment sur la partie du digital, puisque c'est ça qui nous occupe principalement sur ce podcast. Et après, on écoutera évidemment tes conseils d'experts en accompagnement. Donc forcément, ça intéressera tous ceux qui nous écoutent. Pour débuter, si ça te va, on peut commencer par qu'est-ce que c'est que le marché caché de l'emploi, comment l'expliquer simplement aux plus jeunes qui nous écoutent ? MélanieLe marché caché de l'emploi, c'est assez simplement toutes les offres, et je dis bien toutes les offres d'emploi que vous ne voyez jamais apparaître en ligne. BertrandElles ne sont pas publiées ? MélanieElles ne sont pas publiées. Il y a plusieurs raisons derrière ça. Premièrement, il y a une confidentialité autour du poste. On veut remplacer quelqu'un dans l'entreprise, on ne peut pas vraiment dire qu'on cherche quelqu'un pour le remplacer. Ça peut aussi être pour des métiers où il y a plus d'offres que te demandent. L'entreprise a un peu la flemme de lire 150 candidatures 24 heures après avoir posté son annonce. Et du coup, elle choisit de passer par son réseau plutôt que de passer par les réseaux comme LinkedIn, Indeed ou autres. BertrandD'accord. Elle ne veut pas publier parce qu'elle ne veut pas gérer beaucoup de réponses à faire aux candidats qu'on va refuser ? MélanieExactement. Et puis, par exemple, car je sais que c'est un métier où il y a beaucoup de candidatures. Ça va être des gens en communication, par exemple, ou en marketing. C'est beaucoup plus facile d'aller demander à quelqu'un du département "est-ce que tu connais quelqu'un qui ?" que de poster une annonce, d'avoir 150 candidatures à trier auxquelles il faut répondre, positivement ou négativement. Ça prend trop de temps. BertrandD'accord. C'est aussi pour une question d'efficacité, de rapidité ? MélanieBien sûr. BertrandEt puis aussi une question de cooptation. C'est-à-dire qu'on peut demander simplement à la personne juste à côté : "Est-ce que tu ne connais pas quelqu'un qui ferait bien le job ? " MélanieExactement. BertrandÇa, c'est vraiment le marché caché de l'emploi. Et on arrive à estimer ce que c'est le volume du marché caché de l'emploi ? MélanieOn dit qu'en moyenne, c'est 40% des postes. BertrandÉnorme. C'est énorme. MélanieC'est presque un poste sur deux qui n'est pas en ligne. Que vous ne voyez, vous ne le verrez jamais. BertrandDonc, ça veut dire que si je me mets à la place de celui qui nous écoute, si je ne fais que répondre aux annonces, je perds pratiquement une offre sur deux ? MélanieExactement, c'est dommage. Il vaut mieux le réaliser maintenant. Et d'ailleurs, en parlant du trop tard, sachez que plus, vous allez monter en séniorité et plus ce marché caché va grandir. Moi, j'accompagne énormément de dirigeants et là, on est plutôt à 80% qui n'est pas visible. BertrandDonc quand on cherche un dirigeant, on fait encore plus appel au marché caché de l'emploi que quand on fait appel à un junior ? MélanieExactement. En général, pour un dirigeant, imaginez un directeur général, il cherche son directeur commercial, il va aller demander à son réseau. Puis après, il va aller peut-être demander à un cabinet d'exécutif Search pour qu'il cherche, mais c'est très rare que l'annonce, elle arrive en ligne. D'accord. BertrandDonc ça veut dire que plus on est senior, plus le marché caché de l'emploi est important. Est-ce qu'il y a d'autres critères comme ça ? Tu parlais des tensions, donc les marchés en tension sont plus forts en marché caché ? MélanieExactement, et les métiers d'expertise aussi. Quand il y a des compétences très spécifiques, par exemple la data analyse, qui sont des nouveaux métiers. Il n'y a certainement pas encore assez de personnes compétentes dans certaines spécificités de la data analyse. C'est beaucoup plus facile de demander à ses potes data analyst, les gens avec qui il a été dans sa promo, qui pourraient recommander pour un type de poste. BertrandJe comprends bien la tendance. C'est effectivement beaucoup plus facile de faire comme ça. MélanieÇa fait gagner du temps. Et puis la personne qui recommande à tout intérêt à ce que la personne qu'elle recommande soit une bonne personne pour l'entreprise. C'est vraiment du "win-win" pour l'entreprise et pour le recruter et celui qui l'a recommandé. BertrandOk, c'est très clair. Ça veut dire presque une offre sur deux n'est pas publiée, donc elle n'est pas accessible si on ne fait que regarder les offres d'emploi. Maintenant, et c'est la deuxième thématique de notre entretien, comment est-ce qu'on intègre le marché caché de l'emploi quand on cherche et qu'on veut trouver ces offres ? MélanieC'est la question à un million de dollars, Bertrand. Déjà, première chose, pour moi, c'est trop tard de vouloir intégrer ce marché caché quand on est déjà en recherche. L'intégration du marché caché se fait par des petites actions, des habitudes tout au long d'une carrière. Ces petites actions, ces habitudes ont pour objectif, un, de vous faire monter en visibilité auprès des décideurs et deux, de faire en sorte qu'on pense à vous, pour certains métiers, certains types de compétences. BertrandEst-ce que je peux faire un parallèle pour une partie des étudiants qui nous écoute. C'est comme quand je lève la main en classe pour qu'on sache que j'ai une question à poser et qu'on sache qui je suis ? MélanieEt qu'on sache que vous existez. Exactement, c'est vraiment ça. Il y a une phrase que j'aime beaucoup et que je répète souvent, c'est : "l'important, ce n'est pas ce que vous connaissez, ce n'est pas qui vous connaissez, mais c'est qui vous connaît qui va faire la différence dans une carrière". BertrandC'est se faire connaître par les autres ? MélanieExactement. BertrandD'accord. Mais que fait-on ? Quelles sont les actions pour qu'on se fasse connaître par les autres ? Et si j'ai bien compris, qu'on le fasse un peu comme un marathon, qu'on démarre assez tôt avant qu'on recherche réellement un boulot ? MélanieExactement. Ce sont de bonnes habitudes, c'est de la discipline à mettre en place. Il faut savoir qu'il y a plusieurs outils ou plusieurs méthodologies qui peuvent vous aider à faire ça. Premièrement, le sacré profil LinkedIn. Il est sous-estimé parfois, mais tellement important de nos jours. C'est important d'avoir un profil déjà qui est bien optimisé, avec les bons mots clés du type de poste que vous cherchez pour que les recruteurs vous trouvent quand ils vous cherchent. BertrandÉvidemment, des mots clés pour qu'on vous trouve quand on vous cherche ? MélanieÇa, c'est super important. Et puis après aussi, LinkedIn est une plateforme absolument incroyable pour développer son réseau. Mais il n'y a pas que LinkedIn non plus. Vous avez des réseaux d'alumni, vous avez des réseaux même sportifs ou les gens autour de vous qui ne comprennent pas toujours bien ce que vous faites, pourquoi vous le faites, quel type d'entreprise vous intéresse. En fait, tirer profit de son réseau et d'étendre son réseau, c'est ça qui permet d'accéder au marché caché tout doucement. BertrandMême dans son cercle sportif, par exemple, il peut y avoir quelqu'un demain qui cherche un Data Analyst et il va se dire : "Tiens, j'en connais un, on fait du foot ensemble ! MélanieExactement. Et c'est assez intéressant de se rendre compte qu'on a cette tendance, surtout dans un métier du digital. Nos parents ne comprennent pas vraiment ce qu'on fait. Nos potes ne comprennent pas réellement ce qu'on fait. Et en fait, des fois, on a du mal à l'expliquer. Alors que si on pouvait expliquer simplement, moi, je suis Data Analyst, c'est-à-dire que je fais X, Y,& Z comme type d'activité. Le type d'entreprise qui me plaît. Donc, si tu entends parler quelque chose, pense à moi. Là, ça permet aux gens de penser à nous quand ils échangent avec quelqu'un de ce type de domaine-là. BertrandEn conséquence, son réseau est absolument partout. Évidemment, tu as parlé de LinkedIn, c'est quand même incontournable, mais ce n'est pas seulement LinkedIn. C'est aussi le réseau relationnel, le réseau amical, le réseau sportif et associatif ? MélanieExactement. Il ne faut rien sous-estimer. On a un réseau, mais votre réseau a un réseau et le réseau de votre réseau a un réseau. Et en fait, grâce à ça, on peut des fois avoir des mises en relation très intéressantes. Moi, par exemple, j'ai un client qui a réussi à avoir un entretien via sa dentiste. Parce que le mari de sa dentiste travaillait dans le secteur qu'il voulait atteindre, mais il ne le savait même pas... BertrandC'est la bonne vieille Maxime : "Les amis de mes amis sont mes amis" ? MélanieExactement. BertrandC'est ça le réseau. Exactement. Donc tu as dit : "Il faut travailler son profil LinkedIn, il faut travailler son réseau LinkedIn, il faut inviter des gens sur LinkedIn". Et je crois que tu avais envie de dire : "il faut suivre des entreprises, suivre des personnes qui peuvent nous intéresser demain" ? MélanieJe vais commencer par inviter quand même. Tu l'as dit, je suis très active sur LinkedIn. Je reçois tous les jours des demandes de connexion, des trucs sans messages, de gens que je ne connais pas. Autant vous dire que je ne les accepte jamais. C'est très important que vous, par exemple, si vous allez à une conférence intéressante, vous rencontrez un intervenant dans vos cours qui vient d'une entreprise qui vous intéresse. Connectez-vous avec cette personne de manière proactive et envoyez-lui un petit message en disant : "Bonjour Marc, vous êtes venu aujourd'hui faire un speech sur telle thématique. C'était très intéressant. J'ai particulièrement apprécié X ou Y au plaisir de pouvoir échanger". En fait, c'est une première graine qui est plantée et après, vous allez pouvoir plus facilement recontacter la personne en cas de besoin. BertrandDonc, on ne fait pas une invitation sèche comme on peut le faire à ses copains sur Instagram ? On met un petit mot et on dit bonjour... ? MélanieOui, on dit bonjour. Moi, j'aime quelque chose un peu personnalisé, une petite accroche qui marque un peu les esprits pour pouvoir faire en sorte que la personne se rappelle de vous. BertrandIl faut vraiment personnaliser son invitation tout simplement parce qu'on a plus de chance que la personne vous accepte ? MélanieSurtout si ce sont des profils plus séniors. Ils ne savent pas pourquoi vous les invitez. Et j'ai un super exemple. J'ai mon associé Maeva qui a fait une conférence il y a quelques semaines au Salon de l'emploi. Il y a pas mal d'étudiants qui l'ont ajoutée sur LinkedIn, mais sans aucun message. Elle a supprimé toutes les invitations. Il y a une qui est revenue avec un message personnalisé en disant : "Je vous ai ajouté, mais c'est parce que je vous ai vu au salon". Et là, elle a accepté. BertrandÇa change tout ? MélanieExactement. Il faut absolument voir le réseau comme un compte en banque. Il faut mettre de l'argent dessus avant d'en retirer des profits. Donc, des petites actions avec un petit message, un petit compliment ou un autre vous permettent de mettre de l'argent sur ce compte en banque avant de le retirer. Et du coup, j'enchaîne sur la deuxième thématique que tu voulais, c'est suivre des profils ou des entreprises sur LinkedIn... BertrandOui. MélanieAlors, moi, je vous recommande de réfléchir aux 20, 30, ou 40 entreprises où vous vous dites : "J'aimerais trop bosser pour eux". Suivez-les sur LinkedIn, activez la cloche. Ça veut dire que dès que l'entreprise publie quelque chose, vous avez une notification. Vous pouvez réagir, liker, commenter, partager. Et faites la même chose avec les profils, les personnes qui travaillent dans cette entreprise. Vos futurs potentiels collègues, vos futurs N+1, allez les suivre pour pouvoir interagir avec le contenu qu'ils publient et vous rendre visibles auprès des bonnes personnes. BertrandÇa veut dire qu'on suit ce qu'ils postent sur LinkedIn, ce qu'ils racontent, ce qu'ils aiment et on peut mettre un petit commentaire en disant : "Je suis d'accord, j'aime bien ça ou au contraire cette thématique de la data analysis, ça m'intéresse beaucoup"... Là, on est visible au moment où ces gens-là vont se poser la question du Data Analysist qu'ils vont rechercher. MélanieExactement. Peu de gens sont super actif sur LinkedIn, mais ils le sont de plus en plus. Imaginez un Data Analyst qui poste quelque chose sur un des derniers projets qui a fait dans son entreprise. Vous mettez un petit like et puis vous lui envoyez un message personnalisé en disant : "Bonjour Stéphane. Félicitations à l'équipe d'avoir réussi à atteindre son objectif. C'est assez impressionnant. Je serais intéressé de pouvoir échanger avec l'un d'entre vous pour mieux comprendre X ou Y". En fait, vous venez créer du lien et entretenir du lien avec des personnes intéressantes. BertrandD'accord, c'est très clair. Ça veut dire qu'il faut développer son réseau dans le monde réel, on va dire, les gens, les amis, les réseaux dont tu parlais tout à l'heure. Mais il faut aussi développer son réseau sur LinkedIn. Et il faut interagir avec ces contacts en ligne. Et c'est un travail de tous les instants, petit à petit. Et ce n'est pas un travail qu'on fait d'un seul coup au moment où on cherche du boulot. MélanieOui, en fait, accéder au marché caché, ce sont des compétences liées au réseautage et à la visibilité. Comme pour toutes les compétences, on est tous hyper nuls au début. On ne sait pas, on n'a jamais fait. Donc, il faut que vous vous forciez à le faire. Vous vous forciez à être nuls au début pour pouvoir devenir meilleur. Il faut commencer par ces petites actions pour tout doucement monter en puissance. Et avoir un cerveau qui après devient vraiment formaté au réseautage et qui voit des opportunités de développement et d'entretien de réseau à tous les coins de rue. BertrandD'accord, OK, c'est très clair. Le marché caché devient moins caché grâce à toi. Est-ce qu'on peut parler du marché caché dans le secteur du digital ? Est-ce qu'on a une idée par rapport au 40% dont tu parlais ? Est-ce que c'est plus ? Est-ce que c'est moins ? Est-ce qu'il y a des études là-dessus ? MélanieBertrand, je me suis renseigné pour toi, je n'ai pas trouvé de data. BertrandD'accord. MélanieJe pense qu'on reste avec les mêmes 40% minimum et que ça monte en fonction de la séniorité. Il faut juste être conscient à nouveau que le marché du digital est un nouveau marché. C'est un des domaines qui se développe le plus, il y a le plus de création de nouveaux postes. Donc d'après moi, en toute logique, il devrait être plus important que le reste. Pourquoi ? Parce qu'il y a même dans des entreprises, il y a des entreprises qui n'ont pas encore de Data Analyst. Quand ils vont en rechercher un pour la première fois. J'ai l'impression qu'ils vont d'office commencer par le réseau, car ils n'auront jamais fait ce type de recrutement. Ils vont tâtonner. Ils vont aller demander : "Je vais recruter un Data Analyst pour la première fois. Tu as quelqu'un à qui je peux échanger pour mieux comprendre ce que je dois chercher d'office ?" Contrairement à quelqu'un en RH, en finance ou autre, où ce sont des fonctions qui sont en entreprises depuis très longtemps. Où on comprend beaucoup mieux ce qu'on veut et ce qu'on attend de la personne. BertrandD'accord. Donc, le fait que le marché soit neuf, ça favorise le marché caché ? MélaniePour moi, oui. BertrandEt le fait que le marché soit en tension. Parce que sur beaucoup de métiers dans le digital, il y a une certaine tension. C'est-à-dire que l'on a plus d'entreprise qui cherchent que d'offres de profils disponibles. Ça aussi, ça favorise le marché caché ? MélanieOui, je pense que ça favorise le marché caché. Mais ça doit surtout vous pousser, si vous êtes dans ces métiers en tension et que vous m'écoutez aujourd'hui. S'il vous plaît, commencez à prendre des actions de réseautage et à vous rendre visibles. Il faut que vous puissiez être visible auprès des bonnes personnes pour qu'elles pensent à vous le jour où elles ont envie de recruter. Parce que sinon votre candidature va se perdre parmi les 150 autres. On a vraiment besoin de nos jours de faire des démarches non traditionnelles pour se rendre visible. Parce que le traditionnel ne fonctionne plus. Postuler un job suite à une annonce, ça ne fonctionne plus. Et si cela fonctionné pour vous, contactez-moi car j'aime bien qu'on me prouve que j'ai tort. Mais de ce que je sais, ça ne fonctionne pas. BertrandAprès, sur le marché du digital, Peut-on trouver une tendance, pour ceux qui nous écoutent ? Plus ils vont devenir seniors, plus le marché caché va devenir important pour eux. Donc de toute façon, quoi qu'il se passe, il faut qu'ils le travaillent ? MélanieExactement, c'est vraiment important. Et il faut le répéter. Tout part de votre compétence à vous rendre visible et à réseauter. Ce sont ces deux compétences-là que vous devez absolument développer pour accéder au marché caché de l'emploi. BertrandD'accord. Et selon toi, si on veut revenir sur ce sujet de séniorité, c'est-à-dire qu'on va travailler dans le long terme, ça démarre même déjà quand on est étudiant à l'école. C'est à ce moment-là que ça commence ? Il y a une carte absolument fantastique à jouer quand on est étudiant, c'est la carte de la personne qui ne connaît encore rien ou pas grand-chose ? MélanieOn parlait de Data Analyst, j'ai accompagné récemment un jeune qui vient de sortir d'un master en data analyse. Ce que je lui ai dit, c'est : "Contacte des gens qui travaillent dans une entreprise qui te plait. Envoie-leur un message sur LinkedIn en disant : "Voilà votre parcours, je le trouve vraiment intéressant. Vous avez réussi à faire X, Y, Z. C'est réellement inspirant pour moi. Je ne sais pas si vous vous rappelez à quel point ça peut être dur de trouver un premier job, mais je suis en plein dedans. J'aurais été curieux d'échanger avec vous pour voir si vous avez des conseils à me donner sur la thématique ?". Il a généré plusieurs entretiens avec des personnes qui font exactement ce qu'il a envie de faire. Donc, c'est faire preuve d'audace, de culot. Et l'audace, ça paye réellement. BertrandOk, ça veut dire ne pas non plus avoir peur d'ouvrir toutes les portes ? MélanieEn fait, si vous ne les ouvrez pas, personne ne va les ouvrir pour vous. BertrandOk. Une des choses qui m'intéresse par rapport à l'expérience que tu viens de citer, c'est que je me suis aperçu que quand on posait la question à un professionnel, notamment sur LinkedIn, il répondait souvent. Si c'est un étudiant qui pose la question, franchement, on répondait et on était content de répondre. C'est ce que tu constates aussi ? MélanieOui, mais uniquement si la question est bien posée, le message est bien rédigé. Il y a une grande tendance contre laquelle je me bats, c'est qu'on a une tendance à envoyer des messages qui sont très "je, je, je". Je suis un étudiant, j'ai besoin, je suis en train de... Pour moi, ce n'est pas la bonne manière d'approcher les gens. La bonne manière, c'est de venir avec des messages que j'appelle en "vous, Je, Nous". C'est-à-dire que la première partie de votre message est orientée vers la personne ou sa carrière (vous). Ensuite, vous parlez du "Je", donc pourquoi est-ce que vous faites une demande. Ensuite, vous proposez un échange (Nous). Parce que c'est ça qui va faire que la personne aura plus envie de vous répondre. Et deuxième partie, il faut demander quelque chose qu'il peut vous donner. Autrement dit, contacter un manager et lui demander : "Est-ce que vous avez une heure à m'accorder pour m'expliquer votre carrière ?" Ça ne marchera pas. Par contre, s'il y peut vous proposer un échange de 15 minutes, ce n'est pas grand-chose, 15 minutes. Il y a quelque chose de précis que la personne peut vous donner, ça, c'est possible. Evitez de faire l'erreur que beaucoup d'étudiants font, c'est : "Bonjour, j'ai vu un poste sur votre site. Je trouvais ça intéressant. Est-ce que vous pouvez passer mon CV à la RH ?" Ça ne fonctionne pas. Les gens ne vous connaissent pas, ils ne peuvent pas vous recommander, ils ne peuvent pas vous donner ce que vous voulez. BertrandSi je résume ce que tu dis, il y a le "Vous, Je, Nous" que j'aime bien. C'est facile à retenir. Vous d'abord, le Je, après le Nous, ensemble ? MélanieExact. BertrandEt puis, la deuxième chose, c'est demander des choses possibles ? MélanieExactement. BertrandDes choses atteignables, des choses qu'on peut demander aux gens ? C'est-à-dire, pas "La Lune", mais un petit bout de quelque chose qui peut nous aider ? MélanieExactement. BertrandJ'aime beaucoup cette démarche. MélanieC'est une démarche qui fonctionne. Au niveau de la conversion surtout, elle est bien plus haute qu'avec les autres démarches. BertrandOk, c'est très clair. On voit beaucoup mieux le marché caché, d'un seul coup, c'est clair. Est-ce qu'en dernière partie de cet entretien, tu pourrais nous dire quels seraient les conseils d'une experte pour aider ceux qui cherchent un boulot ? Est-ce qu'il y aurait une sorte de choix royal pour trouver son premier job ? MélaniePremière chose, il n'y a pas de potion magique. Trouver un job, premier job, deuxième job, cinquième job, 10ᵉ job, 15ᵉ job, ce n'est pas quelque chose de facile de nos jours. Il faut que vous soyez conscient qu'il faut prendre des actions non traditionnelles, comme je le disais, pour atteindre vos objectifs. Ça, c'est le premier conseil. Deuxième conseil que je vous donne que j'aurais voulu moi-même avoir quand j'étais plus jeune. Je suis très consciente que quand on sort des études, le marché de l'emploi, c'est un vaste monde et on n'arrive pas trop à y trouver sa place. Start-up, grosse boîte, de quel type de secteur. Il y a tellement de possibilités qu'on se retrouve parfois un peu bloqué par ces choix. Le meilleur moyen de confirmer là où vous êtes bon et ce que vous aimez, c'est un de tester. Mais surtout d'échanger avec des personnes pour mieux comprendre si ça peut vous intéresser ou pas. Donc vraiment, allez dans une démarche de curiosité, échangez avec des professionnels, et poser des questions. C'est ça qui va vous permettre d'obtenir des bons conseils pour potentiellement avoir un poste. Et j'ai une phrase qu'on répète souvent à nos clients avec mon associé, c'est : "Demandez un job et vous aurez des conseils, demandez des conseils et vous aurez un job". Et fréquemment, c'est comme ça que ça fonctionne. BertrandOk, ça veut dire qu'il faut commencer par demander des conseils avant de demander un job. C'est ça que ça veut dire ? MélanieSouvent, le fait de demander du conseil, fait qu'on montre qu'on est sympathique, qu'on est brillant et ça donne envie à la personne de nous mettre en contact avec les bonnes personnes qui pourront nous donner un job. BertrandTout à l'heure, tu as parlé des alumni. On est passé un peu vite là-dessus. Et je me disais qu'il y a peut-être des personnes à qui on peut justement demander des conseils assez facilement. Ceux qui ont déjà fait son diplôme, son école, on peut les interroger assez naturellement. Est-ce que tu penses que c'est une bonne solution ? MélanieTu sais déjà ce que je vais te répondre. Oui, évidemment que c'est une très bonne solution. Mais ce qui est vraiment important, ce que je vous recommande, quand vous aurez fini d'écouter ce podcast. Il faut vous donner un objectif chiffré et vous dire : "OK, d'ici à la fin de la semaine, j'ai contacté trois alumni. Ce n'est pas grand-chose, trois personnes". Parce que le problème, c'est que vous savez que vous devez contacter les alumni, vous savez que vous devez être sur LinkedIn, vous savez que vous devez faire du réseau, mais finalement, vous ne faites rien. Donc moi, ce que je vous recommande, c'est de vous donner un petit objectif chiffré. Un petit challenge et d'aller contacter trois alumni et de pouvoir un peu mieux comprendre quel type de métiers ils font et dans quel type de secteurs. Et d'organiser un échange avec eux. BertrandDonc, ça veut dire qu'il faut mettre en place une petite routine, à faire régulièrement chaque semaine. Un petit quelque chose pour développer mon réseau et accéder à ce fameux marché caché de l'emploi ? MélanieExactement. Parce que comme je le disais en tout début de ce podcast, quand on est en recherche, c'est déjà trop tard. Donc, il faut pouvoir le faire en amont. C'est une compétence qui se développe. On est nuls au début, en conséquence il faut commencer par des toutes petites actions. Et faire juste une petite chose, mais de manière régulière. Prendre de bonnes habitudes et surtout vous faire vous sentir plus confiant par rapport à cette approche. BertrandOk, merci. C'est plein de bons conseils, ça me plaît beaucoup. Est-ce que dans les conclusions, il y aurait des choses que tu as envie de dire sur les sujets sur lesquels toi, tu travailles personnellement ou les prochains rendez-vous qui te semblent importants. Les études qui te paraissent pertinentes ? Est-ce qu'il y a des choses comme ça, des petits conseils qu'on pourrait mettre en commentaire du podcast avec ce que tu trouves utile pour ceux qui nous écoutent ? MélanieJe vais te dire quelque chose qui peut être un peu déprimant, mais moi, j'accompagne majoritairement des dirigeants. Il faut que vous vous rendiez compte que même des personnes qui ont 25, 30 ans d'expérience galèrent à trouver un job pour des raisons différentes. Mais elles galèrent. Mais le dénominateur commun, toujours, c'est le réseau. Et que j'ai beaucoup de personnes que j'accompagne qui me disent : "Je regrette de ne pas avoir entretenu mon réseau". Donc, même quand vous aurez un poste, s'il vous plaît, continuez à nourrir et à entretenir ce réseau. Même en interne ou en externe. Pour que le jour où il y a une transition qui doit se faire, voulue ou non, vous puissiez beaucoup plus facilement aller retirer "vos intérêts sur votre compte en banque". Et pouvoir déclencher quelque chose qui est intéressant pour vous et que vous galériez moins. Parce que le marché de l'emploi est compliqué en ce moment. La situation géopolitique, elle est tendue partout. Donc, il faut se donner les moyens de réussir. Et au niveau du contenu, Bertrand, j'ai 15 000 bouquins à recommander, des podcasts, dès ce que tu veux. Mais en fait, la seule chose que moi, je veux que les étudiants fassent aujourd'hui ou les gens qui nous écoutent fassent, c'est passer à l'action. Donc, je ne partagerai rien. Et je vous incite à faire cette routine de prise de contacts chaque semaine pour commencer à des bonnes habitudes. BertrandSi jamais ceux qui nous écoutent ont trouvé intéressant notre échange et si il ont envie d'en savoir plus sur ce que tu fais, comment ils peuvent te contacter ? MélanieVia LinkedIn, avec un message personnalisé, s'il vous plaît. Et cela sera avec plaisir que je me connecterai avec vous. Et que je partagerai mes ressources favorites pour vous aider dans votre carrière. BertrandExcellent. Je vous conseille de le faire et je vous conseille surtout de suivre son profil parce qu'elle publie plein de choses. C'est très intéressant. Merci Mélanie. MélanieMerci Bertrand. À très bientôt. ### Combien gagne un Sales Manager? Sales Manager Salaire Entre 40 et 70k€ bruts/an, avec primes entre 20% et 40% du salaire. Sales Manager Formation École de commerce, ou formation en vente digitale/type Oreegami + expérience terrain. Sales Manager c’est quoi Gère et développe un portefeuille clients B2B en vendant des solutions publicitaires Retail Media. Source de l'article Podcast « Le Gagne-Pain » : Entretien avec Bénédicte, Sales Manager chez Kingfisher Retail Media. Écouter le podcast Rémunération d'un Sales Manager ? Le métier de Sales Manager, ou directeur des ventes, consiste à piloter la stratégie commerciale d'une entreprise, encadrer une équipe de commerciaux et atteindre les objectifs de chiffre d'affaires. Bénédicte François, Sales Manager chez Kingfisher Retail Media, livre son retour d’expérience et détaille les niveaux de rémunération observés dans ce rôle clé du digital. Salaire débutant d'un Sales Manager Selon Bénédicte, un Sales Manager junior, fraîchement promu après quelques années comme commercial, peut prétendre à un package annuel brut compris entre 35 000 € et 45 000 €. Cette fourchette inclut un fixe situé autour de 30 000 € et une part variable modulable. Les secteurs porteurs comme le Retail Media ou le SaaS, ainsi que la localisation en Île-de-France, peuvent faire grimper le point de départ vers le haut de la fourchette. Évolution du salaire avec l'expérience Avec cinq à dix ans d’expérience, Bénédicte explique qu’un Sales Manager confirmé peut atteindre 50 000 € à 70 000 € bruts par an en fixe, hors primes. En intégrant les bonus liés aux objectifs (20 % à 40 % du fixe selon la taille du portefeuille et la performance), le package global peut dépasser 80 000 €. Côté carrière, la transition vers un poste de Head of Sales ou de directeur commercial grands comptes constitue un levier majeur pour booster sa rémunération, tout comme l’internationalisation du périmètre. Facteurs influençant la rémunération Bénédicte souligne que plusieurs variables interviennent : le secteur d’activité (Retail Media, e-commerce, SaaS), la taille de l’entreprise (start-up vs groupe international), la localisation géographique, la complexité des produits vendus et le taux de variable dans le package. Enfin, la prise de responsabilités managériales et le pilotage de comptes stratégiques restent des accélérateurs de rémunération. ### Sales Manager - Bénédicte François Tout savoir sur le métier de Sales Manager : missions, salaire et compétences clés Sales Manager Salaire Entre 40 et 70k€ bruts/an, avec primes entre 20% et 40% du salaire. Sales Manager Formation École de commerce, ou formation en vente digitale/type Oreegami + expérience terrain. Sales Manager c’est quoi Gère et développe un portefeuille clients B2B en vendant des solutions publicitaires Retail Media. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Bénédicte François –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de Sales Manager. BertrandBonjour Bénédicte. BénédicteBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Bénédicte d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain, tu es Sales Manager chez Kingfisher Retail Media. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail, mais avant, est-ce que tu peux te décrire en quelques mots ? BénédicteOui, bien sûr. Du coup, j'ai 31 ans, je suis originaire du bassin d'Arcachon. J'ai fait un bac ES et je suis partie à Paris pour faire mes études supérieures à l'EDC Paris Business School, où j'ai passé un Master 2 en entrepreneuriat. Durant ces cinq années, j'ai rencontré déjà mes meilleurs potes. Également, j'ai eu la chance de partir en Erasmus au Canada. Et ce que je peux dire en plus, c'est que je suis assez sportive comme personne. Et d'ailleurs, je prépare le semi-marathon de Paris 2025. BertrandMerci Bénédicte, est-ce que maintenant, tu peux nous parler de ton parcours professionnel, c'est-à-dire les entreprises, avant celles dans laquelle tu travailles actuellement ? BénédicteOui, bien sûr. Je pense que j'ai toujours été attirée par le domaine commercial. Quand j'étais en études, j'ai travaillé tous les étés pendant mes années d'études, soit dans des commerces vestimentaires, soit dans d'autres commerces industriels. Donc ça, je pense que j'ai toujours eu cette appétence. Ensuite, j'ai décidé de faire mon stage de fin d'études en grande distribution pour l'entreprise Labeyrie. J'étais chef de secteur, ça signifie que j'étais commerciale. BertrandC'était dans le Sud-Ouest ? BénédicteNon, c'était à Paris. C'était à Paris ? BertrandDommage, parce que ça aurait pu être dans le Sud-Ouest ? BénédicteC'est vrai, ça aurait pu être dans le Sud-Ouest. Il faut quand même savoir que je n'ai pas le permis, donc ça aurait été un peu compliqué. Et je ne l'ai toujours pas d'ailleurs aujourd'hui. Mais non, c'était bien à Paris. C'était une expérience très enrichissante, tout simplement parce que j'avais besoin de me challenger. J'avais aussi envie de me confronter au terrain, de savoir comment on traitait les objections, parce que parfois, en école de commerce, on nous apprend plein de choses, mais le terrain, il y a que ça de vrai. Et qui nous montre aussi comment on peut s'améliorer. Comment on va discuter avec les prospects et les clients. Donc, c'était une très bonne expérience. Derrière, je suis allée chez Lagardère, où là, j'ai aidé à contribuer au développement de deux marketplaces pour des magazines féminins. BertrandDonc là, on commence déjà à rentrer dans le digital ? BénédicteOui, on rentre clairement dans le digital. Première expérience dans le digital de mon côté. Un tout nouveau monde que je ne connaissais pas. D'ailleurs aussi, le monde des médias qui fait écho aujourd'hui à l'entreprise dans laquelle je suis. Et le but était de développer un portefeuille client en France, mais aussi à l'international. Pour ces deux marketplaces, pour ces magazines féminins. BertrandEt tu as une troisième expérience dont tu voulais parler chez Gladys, je crois ? BénédicteOuais, carrément. Moi, à l'époque, je suis rentrée dans cette entreprise qui s'appelait We Do Gift, qui aujourd'hui a été rachetée par Sodexo qui s'appelle Glady. J'étais responsable ETI, donc les entreprises intermédiaires. Mon but était aussi d'être dans la chasse. Donc ça signifie développer mon propre portefeuille clients, de développer aussi des produits SaaS à destination des comités d'entreprises où d'ailleurs, c'était une super expérience et je m'entends toujours très bien avec mes ex-collègues. Donc, s'ils m'entendent, je leur passe le bonjour... BertrandLà, tu touches évidemment au commercial, mais aussi aux entreprises un peu technologiques. Parce qu'on est dans le SaaS, donc forcément, on commence à trouver des choses qui ressemblent à l'entreprise dans laquelle tu travailles aujourd'hui ? BénédicteAujourd'hui, je suis Sales Manager au sein de la régie Kingfisher Retail Media. Je représente les deux enseignes françaises du groupe Kingfisher, Castorama et Brico Dépôt. Je suis spécialisée en Retail Media. Qu'est-ce que ça va signifier ? C'est de développer un portefeuille clients existants, mais aussi d'aller chercher d'autres industriels qui font partie des clients de Castorama et de Brico Dépôt. Et le but, c'est de proposer de la visibilité supplémentaire aux industriels via des formats publicitaires. BertrandD'accord. Donc là, il faut qu'on s'arrête un tout petit peu pour expliquer le Retail Media. Ça veut dire que l'offre que tu vends, c'est une offre qui est visible sur des sites e-commerce des deux marques Kingfisher. Et toi, tu proposes à des marques, d'être présentes sur ces espaces publicitaires, c'est bien ça ? BénédicteOui, exactement. Donc, dans le Retail Media, il y a différents formats en fonction des objectifs que l'industriel souhaite répondre. Ça peut être un objectif de notoriété, de considération, de conversion. Et à partir du moment où j'ai bien compris ces enjeux, le but est de lui proposer des formats qui vont répondre à leurs objectifs. Maintenant, il y a des formats classiques, type des produits sponsorisés, du display. Mais nous, au sein de la régie KRM, on a pour but également de proposer des dispositifs innovants. D'ailleurs, cette année, on a gagné plusieurs prix avec "Récup ta caution" c'était une vidéo TikTok où il y avait de l'extension d'audience, où il y avait un relais sur nos sites e-commerce plus particulièrement pour Castorama. BertrandD'accord. Donc, tu es dans le commercial, mais dans un commercial qui est quand même assez technique parce qu'il faut expliquer tout ça aux marques. J'imagine qu'elles ne savent pas encore très bien quels sont les leviers qu'elles peuvent mettre en œuvre avec toi ? BénédicteC'est de l'éducation pour les industriels, mais aussi en interne dans les enseignes que l'on représente. Après, il y a des gros industriels qui ont bien pris le virage depuis plusieurs années par rapport aux Retail Media. Mais il y a aussi des plus petits industriels qui commencent à comprendre l'impact que le Retail Media peut avoir pour eux. Aujourd'hui, on est dans une logique où les industriels recherchent du retour sur investissement. Et ils savent qu'avec le Retail Media, on va pouvoir répondre à ça. Et je pense qu'aujourd'hui, beaucoup d'industriels l'ont compris. Et c'est mon travail à moi de pouvoir les amener sur ce chemin. BertrandMerci Bénédicte. Maintenant, j'aimerais bien qu'on parle de tes missions. Qu'est-ce qu'on fait dans ton métier et comment elles se répartissent ces missions ? BénédicteAujourd'hui, j'ai cinq grandes missions. La première, c'est la gestion d'un portefeuille de clients actifs. Il y en a à peu près plus de 50. Évidemment, la prospection qui est la partie importante dans mon métier. Tout ce qui va être recommandation auprès des industriels pour répondre à leurs enjeux. Derrière, il y a la partie bilan, je pense qu'on y reviendra par la suite. Et également participation à des événements du marché. BertrandSi on détaille chacune de ces missions, la gestion d'un portefeuille actif, ça veut dire quoi et comment ça se passe ? BénédicteConcrètement, aujourd'hui, je gère un portefeuille de plus de 50 de clients au sein de Kingfisher Retail Media. C'est, pour ma part, en tout cas, des industriels assez gros. Quand je parle d'assez gros, c'est à peu près plus de 3 millions de masse achat. Donc c'est assez important pour en citer quelques-unes, Karcher, Bosch ou encore Villeroy et Boch. Qu'est-ce que ça signifie exactement la gestion du portefeuille, c'est déjà de bien comprendre leur temps fort durant l'année, voir ce que l'on peut activer comme type de format. Il y a toujours un lien avec nos enseignes, est-ce qu'ils ont des opérations commerciales en cours et à quel moment on peut doubler ça avec du Retail Média ? BertrandÇa veut dire une certaine proximité, voire même une petite intimité avec ces clients sur leurs actions ? BénédicteTotalement. Il y a quand même des échanges qui sont assez réguliers, à peu près une fois par mois. On est aussi rythmé par la grande distribution et les négociations qui démarrent au mois d'octobre. Mais c'est très important qu'on soit dans n'importe quel secteur, d'avoir en tout cas ce côté relationnel avec l'industriel. BertrandD'accord, je comprends. Est-ce que cette relation, elle est directe ou est-ce qu'il y a aussi des intermédiaires, des agences, des gens qui recommandent ? BénédicteAlors oui, ça existe. Il y a aussi des agences qui représentent certains industriels. Pour ma part, j'ai assez peu de contacts encore, mais c'est une piste sur laquelle je souhaite développer ma stratégie commerciale en 2025. Oui, ça peut exister. BertrandD'accord, mais toi Principalement aujourd'hui, c'est un contact direct avec le client ? BénédicteOui, ce sera un contact direct client. BertrandDans ta deuxième mission, tu as parlé de prospection de nouveaux clients. Comment ça se passe la prospection dans le Retail Media ? BénédicteAlors, concrètement, j'ai la chance d'avoir des fichiers où je vais avoir les différents interlocuteurs. Donc ce sont souvent des BU marketing (Business Unit ou unités d'affaires) et des BU commercial, et je me rapproche d'eux. On ne va pas se mentir, j'ai la casquette Kingfisher, donc les portes s'ouvrent plus facilement. Et après, directement, ces présentations de la régie afin de bien expliquer déjà qui nous sommes, évangéliser le Retail Media, car la plupart du temps, ces industriels ne nous connaissent pas. Et après, créer ce côté relationnel à bien comprendre les enjeux et les besoins. J'insiste là-dessus parce qu'il faut avoir une expertise pour répondre à cela. BertrandD'accord, compris. Et après, tu as parlé de recommandation. J'imagine que ça, c'est la suite, la troisième mission ? BénédicteEn fait, à la fin de mes rendez-vous, j'ai déjà balayé pas mal de sujets avec eux. Je comprends un peu en termes de temporalité et de budget car il va falloir parler de sous. Faire les meilleures recommandations avec les meilleurs dispositifs qui peuvent leur correspondre. BertrandEt j'imagine que la suite, c'est un peu la quatrième mission, les bilans de ces dispositifs. Donc là, comment ça se passe ? BénédicteAlors, je travaille toujours en binôme avec un Campaign Manager dont la mission est de mettre en place la campagne, de les optimiser pour aller chercher les meilleures performances. Et derrière, et c'est ça l'objectif du Retail Media, c'est de pouvoir mesurer nos campagnes. Donc, à chaque fin de campagne, on présente un bilan. Où le Campaign Manager, l'industriel et moi-même, sommes présents pour présenter les résultats, les axes d'amélioration, ce qui a bien fonctionné et comment on peut réactiver une nouvelle campagne dans les mois suivants. BertrandD'accord, donc là, il y a aussi une partie fidélisation. Le bilan, ça donne lieu à une fidélisation possible du client ? BénédicteTotalement. De toute façon, c'est très important de fidéliser ces clients à travers certaines réunions, pour pouvoir les sécuriser et de leur apporter cette donnée qu'ils n'ont pas forcément via d'autres Business Units. BertrandEt dans le Retail Media, ce sont des campagnes ponctuelles comme dans la pub classique ou au contraire, ça dure longtemps ? BénédicteEn fait, ça dépend. On a des recommandations qui vont être assez spécifiques en fonction des formats. Maintenant, il y a des industriels qui viennent avec différents temps forts dans l'année. Donc, on va plutôt s'adapter à ces temps forts et surtout leurs opérations commerciales dans nos enseignes. BertrandOK, donc ça peut être ponctuel ou à plus long terme ? BénédicteOui, exactement. BertrandPour ta dernière mission, tu as dit : participer à des événements du marché. Ça veut dire continuer à développer ton réseau professionnel ? BénédicteOui, c'est très important le networking dans n'importe quel secteur d'activité. De voir aussi quelles sont les nouveautés, de voir aussi mes confrères dans d'autres entreprises. Qu'est-ce qui est fait, tout simplement. Et de pouvoir aussi participer, comme on a pu le faire cette année, par exemple, à la remise des "Cas d'or" spécialisés en Retail Media. Où ça permet de voir les différents dispositifs qui peuvent recevoir des prix et bien comprendre aussi ce qui se fait sur le marché actuellement. BertrandTu citais aussi l'Alliance Digitale. Donc ça, c'est un "tips" pour ceux qui nous écoutent de comprendre comment on peut en savoir plus sur le Retail Media grâce à cette association ? BénédicteOuais, carrément. C'est une association... D'ailleurs, j'invite les gens à aller sur leur site internet où il y a pas mal de livres blancs, où c'est hyper intéressant. On peut se documenter sur pas mal de sujets et ils sont très présents dans ces événements et ça permet également de découvrir d'autres secteurs d'activité. BertrandMerci Bénédicte. Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as choisi ce métier ? BénédicteOui, je pense que j'ai toujours aimé le commerce. Quand j'étais petite, mon jeu préféré, c'était de jouer à la marchande, même si j'aimais bien jouer à la Barbie. La marchande, me plaisait davantage. Un côté de ma famille qui a toujours été dans le côté commerce et je pense que je l'ai clairement ça en moi. Mon but, c'est d'avoir ce côté relationnel que j'ai aujourd'hui. Mais surtout d'avoir cette expertise que j'apprends au fil des années, depuis que je suis dans le domaine commercial. Soit depuis sept ans, et de pouvoir vraiment répondre à des enjeux et à des objectifs qui sont bien définis. Et je pense qu'aujourd'hui, dans le digital, d'autant plus, il est important de bien connaître son produit et de bien pouvoir l'activer au bon moment pour que le client soit satisfait. Et la satisfaction est très importante pour moi. Surtout auprès des industriels, car ça permet de créer une relation qui est assez spécifique et de pouvoir sécuriser des futures campagnes. BertrandOn le voit dans ce que tu as décrit avec tes missions. Les recommandations, les bilans de campagne, tout ça, c'est important. Ça veut dire qu'il y a une partie relationnelle et technique qui est assez forte dans ton job ? BénédicteOui, et je pense que c'est comme dans les relations aussi personnelles. C'est important d'établir une relation de confiance entre l'industriel et nous. C'est grâce à ça que l'on peut se développer et aller chercher des budgets supplémentaires par rapport à ce qu'on peut activer en termes de compétences. BertrandPeux-tu nous dire quelles sont les trois principales compétences qu'il faut pour faire ce job de Sales Manager chez Kingfisher ? BénédicteJe pense que la première compétence, c'est la résilience. Il n'y a pas un Sales, qui écoutera ce podcast, qui pourra aller, à l'encontre de ça. On galère tous, il faut atteindre aussi les objectifs, il faut se donner les moyens. Et concrètement, la résilience, c'est hyper important parce qu'on tombe, mais il faut savoir se relever. Donc, c'est la première des compétences. La deuxième, c'est avoir le sens de l'écoute. C'est hyper important, surtout durant les rendez-vous commerciaux. Je pense que l'on n'écoute pas assez son interlocuteur et c'est dommage. On rate pas mal d'informations et ça permet de rebondir sur des futurs rendez-vous. Et enfin, la rigueur, car tout simplement, c'est important de bien tenir ses outils à jour. D'avoir une traçabilité, quand on est plusieurs dans des équipes, pour relayer l'information. BertrandD'accord, la rigueur, c'est parfois un peu antinomique avec le commercial, non ? Un commercial peut être exubérant, alors que là, tu dis quand même qu'il faut être très carré ? BénédicteOui. Après, moi, je n'ai pas cette image du commercial exubérant. Je ne sais pas si je suis exubérante. Vous me direz, mais c'est hyper important et je pense qu'en plus, plus les années passent, et plus les Sales, on a des outils qui sont performants pour nous aider dans notre vie quotidienne. En tout cas, pour moi, il faut vraiment se positionner et être rigoureux tout au long de sa journée pour vraiment avoir une bonne organisation. BertrandBénédicte, quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? BénédicteJe dirais que, celle qui me plaît le plus, c'est la relation commerciale et celle qui me plaît le moins, entre guillemets, ce serait le côté négociation. BertrandQu'est-ce qui te plaît dans la relation commerciale ? C'est quoi le truc qui te motive ? BénédicteMoi, ce qui me plaît, c'est de pouvoir gérer mon portefeuille clients de A à Z, et de mettre en place des rendez-vous. Je pense qu'il est important, après signature de contrat, d'établir une relation avec l'industriel, de pouvoir l'accompagner durant la mise en place de ces campagnes. Et surtout, je suis fière aussi, quand je présente les bilans, de voir la satisfaction qu'ils peuvent avoir sur les résultats qu'on leur présente. BertrandDonc ce sont vraiment ces liens que tu tisses avec tes clients qui te plaisent ? BénédicteOuais. Pour moi, c'est important et je pense que c'est aussi un "Game Changer" pour un commercial d'avoir ce côté relation client. BertrandDans ton boulot, tu fais combien de rendez-vous rendez-vous par semaine ? Tu arrives à quantifier ça ? BénédicteOui, bien sûr. Concrètement, je pense qu'en moyenne, je suis entre 10 et 12 rendez-vous par semaine. BertrandC'est beaucoup, et la part de rendez-vous physique et la part de rendez-vous en visio, c'est quoi ? BénédicteAujourd'hui, honnêtement, je fais beaucoup plus de rendez-vous en visio. Maintenant, c'est aussi un challenge pour moi en 2025 d'aller beaucoup plus à la rencontre en physique, car je trouve que c'est quand même différent et ça amène un côté émotionnel supplémentaire au rendez-vous. BertrandD'accord. Après, tu as dit que dans la tâche qui te plaisait le moins, c'était la négociation. Qu'est-ce que ça veut dire ? BénédicteOui, qu'est-ce que j'entends par la négociation ? Vu qu'on travaille avec des enseignes en grande distribution, spécialisées en bricolage, on est lié, il y a une temporalité. Donc les négociations démarrent début octobre et se terminent le 1ᵉʳ mars. Et concrètement, parfois, ça peut aussi créer de la frustration. On n'avance pas aussi rapidement que l'on souhaiterait sur certains le sujet. Les budgets peuvent être quand même aussi assez liés à ces négociations-là. Donc c'est pour ça que parfois, c'est plus compliqué pour moi de pouvoir gérer ce côté négociation. BertrandTu n'as pas toutes les cartes en main, globalement, pour faire la négociation ? BénédicteEt ça, on n'aime pas quand on est sales. BertrandOn aime bien tout maîtriser ? BénédicteC'est ça, exactement. BertrandAlors attention, QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne une Sales Manager ? BénédicteOui, en fait, c'est une fourchette que je vais donner parce que tout dépend déjà de l'expérience, de l'expertise, mais en package, on est entre 40 et 70 K€. Il y a aussi des primes. Aujourd'hui, ça s'élève à 20% à peu près de mon salaire, mais ça peut grimper jusqu'à 40%. BertrandD'accord. Et les montants que tu donnes sont des K€ annuels bruts, c'est ça ? BénédicteOui, c'est du brut. BertrandOk, ça marche. Et j'aimerais bien savoir quel est le plus grand défi que tu as eu à relever en arrivant dans ce métier ? BénédicteConcrètement, en tant que Sales Manager au sein de la régie Kingfisher, je suis partie quand même d'assez loin, parce que même si j'ai travaillé dans Le Retail Media, ça remonte un peu, même si j'ai toujours eu ce côté digital. Mais bon, je n'avais jamais vendu d'espaces publicitaires comme je le fais aujourd'hui. En toute transparence, je pense que mon niveau de bricolage était proche de zéro. Et qu'aujourd'hui, il est un peu meilleur grâce à tous les rendez-vous que je peux faire avec les industriels. Donc, pour moi, c'était un vrai défi de me lancer dans le Retail Media pour le Bricolage BertrandD'accord. Il fallait découvrir à la fois le Retail Media, mais aussi le secteur du bricolage et tu avais quand même un peu de retard ? BénédicteOui, et puis, cerise sur le gâteau, ça reste aussi la grande distribution, donc avec des codes qui sont assez spécifiques... BertrandJ'ai une autre question. Quelle a été la plus grande surprise que tu as eue en arrivant dans ce métier ? BénédicteMoi, je pense que ma plus grande surprise, c'était pendant une journée auquelle j'ai participé chez Castorama. Ils organisent des journées avec les industriels et j'ai pu constater par moi-même à quel point les industriels étaient engagés vis-à-vis des magasins, vis-à-vis des différents salariés. Moi, je pense aux chefs de secteur qui quand même vont dans tous les magasins sur toute la France. Ce sont tout de même des métiers qui sont assez costauds. Et de voir aussi qu'il y a d'autres enjeux qui ont de l'importance pour eux, par exemple l'écologie. Donc, ce sont des sujets qui sont importants et voir comment des enseignes de grandes distributions arrivent aussi à prendre ces virages. BertrandBénédicte, la communauté du Gagne-Pain nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. C'est quoi l'utilisation de l'anglais dans ton métier aujourd'hui ? BénédicteAlors, moi, de mon côté, je prends des cours d'anglais depuis le début de l'année 2024, car je n'apprends rien à personne, l'anglais est important. Je représente aussi Kingfisher, qui est une entreprise anglaise. Du coup, j'ai pas mal d'action, que ça soit en Angleterre ou en Espagne. Et les supports également sont basés en Angleterre. Donc tous les jours, honnêtement, je pratique l'anglais dans mon métier. BertrandD'accord. Ce n'est pas une relation commerciale en anglais, mais c'est une relation à l'intérieur du groupe Kingfisher ? BénédicteAlors, majoritairement, c'est à l'intérieur du groupe. Maintenant, il m'arrive régulièrement aussi de faire des rendez-vous commerciaux en anglais, car il y a des industriels qui sont en Europe. BertrandOk. Est-ce que tu peux nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour faire ce ce métier de Sales Manager ? BénédicteOui, en tout cas, j'ai fait une école de commerce, comme je l'ai dit, mais je pense que la meilleure formation, en tout cas à mes yeux, c'est la formation sur le terrain. C'est ça qui permet quand même de bien comprendre comment fonctionne le métier de Sales, dans beaucoup de secteurs d'activité. Mais le terrain, ça ne fait pas tout aussi. Par exemple, au sein de la régie KRM, il y a une personne en alternance chez nous qui est en reconversion et qui vient de l'organisme de formation Oreegami. Et, ce sont aussi des choses qui sont importantes d'avoir en tête. Ce n'est pas parce qu'on ne fait pas une école de commerce qu'on ne peut pas être un bon Sales. BertrandOk. Est-ce qu'on peut aussi parler de tes évolutions ? Quelles sont les évolutions que tu envisages ? BénédicteOui, moi, je vois aussi une évolution managériale au sein de la régie KRM, qui va démarrer dès janvier 2025, avec l'arrivée d'une alternante dans l'équipe Sales. Et c'est important, je pense aussi, de construire des équipes petit à petit avec des bons éléments et de pouvoir les monter en compétences. BertrandDernière question, ceux qui souhaiteraient continuer la discussion avec toi ou te poser des questions, comment ils peuvent faire ? BénédicteIls peuvent me contacter sur mon compte LinkedIn avec grand plaisir. BertrandMerci beaucoup. ### Le Retail Média - Gwenola Coicaud Découvrir le métier de Retail Média : témoignage et conseils pour réussir dans le digital Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Gwenola Coicaud –  Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois –  Profil LinkedIn Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier du Retail Média BertrandBonjour et bienvenue, c'est l'Atelier du Gagne-pain. Pour ce nouvel atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Gwenola Coicaud. Bonjour Gwenola. GwenolaBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Gwenola d'avoir accepté notre invitation. Tu es directrice Retail Media France chez Kingfisher. Avec Gwenola, on va avoir l'occasion d'aborder le sujet du Retail Media. Mais avant ça, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? GwenolaBien sûr. Je suis Gwenola Coicaud, j'ai 44 ans. Je suis mariée depuis peu de temps, parce que je me suis mariée après 20 ans de vie commune. J'ai deux enfants et ça fait un peu plus de 20 ans maintenant que je travaille dans la pub, dans les médias de manière générale, ou plutôt dans des agences de prestation de services. Et j'ai à cœur de développer les équipes et de développer des nouvelles solutions. BertrandOn aura l'occasion de regarder ça dans le détails avec la suite de notre entretien. Mais je voudrais simplement te dire qu'on avait décidé ensemble quelques questions. On va essayer de répondre à quatre questions dans notre entretien. C'est quoi le Retail Media ? Essayer d'expliquer ça simplement à ceux qui nous écoutent. Combien est-ce que ça pèse ce marché ? Est-ce qu'il progresse ? Est-ce qu'on peut essayer d'avoir une idée du nombre de postes disponibles dans ce métier ? Les différents métiers à l'intérieur de ce secteur du Retail Media. Et puis, quels seraient tes conseils pour intégrer ce secteur. Pour débuter, est-ce que tu peux nous parler de ton parcours avant ton arrivée dans le Retail Media ? Quelles ont été tes expériences professionnelles et les entreprises dans lesquelles tu as déjà travaillé ? GwenolaBien sûr, avec plaisir. Je démarrais peut-être par mes études parce qu'elles n'ont pas forcément grand-chose à voir avec ce que je fais aujourd'hui. Moi, je suis ingénieur en biotechnologie. Donc, j'ai plutôt un profil scientifique. Et finalement, ce profil scientifique, il me sert dans mon quotidien dans le retail média. Je l'expliquerai un peu plus en détail. Après avoir fait mes cinq années d'ingénieur, moi, j'ai intégré une société qui s'appelle Catalina Marketing, qui m'a accueillie en stage et dans laquelle je suis restée plus de 10 ans. BertrandDéjà la pub, déjà les retailers ? GwenolaOui, déjà la pub, déjà les retailers, déjà les marques. Donc vraiment, j'ai baigné dans la grande distribution. Pourquoi est-ce que je dis que la data est utile ? C'est que dans le métier du Retail Media comme dans plein d'autres métiers, on se sert de l'analyse des comportements d'achat. On étudie de la donnée pour mieux recommander des dispositifs à des annonceurs et pour mieux analyser les performances de ce que l'on met en place. Et ça, c'est tout le cœur de ce que j'ai fait pendant plus de 10 ans, donc analyser des programmes de fidélité, analyser des paniers d'achat, tout ça dans un objectif de développer des ventes pour des marques. D'accord. BertrandDonc, tu Tu as fait d'abord chez Catalina et après, tu as continué à travailler, à creuser ce sillon ? GwenolaExactement, chez Catalina, j'ai à la fois travaillé avec des industriels, Procter & Gamble ou Modelez et avec des retailers comme Monoprix, carrefour ou System U. Ensuite, j'ai rejoint Criteo dans un objectif de lancer l'activité de Retail Media en France, à travers des rachats d'entreprises. J'ai démarré avec pour objectif d'évangéliser le marché des retailers sur ce qu'est le Retail Media en France et donc de conquérir des nouveaux distributeurs à ces prestations Retail Media. BertrandÇa va être parfait pour expliquer ce que c'est le Retail Media. Tu es quasiment à l'origine de ce qui s'est passé en France. Pas à l'origine du sujet, mais de ce qui s'est passé en France ? GwenolaEn tout cas, j'ai initié pas mal de choses en France avec bien d'autres personnes, évidemment, mais en effet, on a pas mal contribué à faire en sorte que des distributeurs se lancent dans ces projets de monétisation. BertrandEt donc maintenant, tu es chez Kingfisher. Peux-tu expliquer ce qu'est cette entreprise ? Sous ce nom-là, on ne la connaît pas forcément ? GwenolaEn effet, Kingfisher, c'est un groupe qui a pas mal d'enseignes en France, on en a trois. Elles sont représentées par Castorama, Brico Dépôt et Screwfix, qui est la petite nouvelle qui s'est lancée l'année dernière. Et c'est un groupe anglais qui a également des enseignes comme B&Q, positionnés un peu partout en Europe. Et moi, j'ai la responsabilité de développer une filiale du groupe Kingfisher France, qui s'appelle Kingfisher Retail Media. Ma responsabilité, c'est de développer des nouvelles solutions pour Castorama et Brico Dépôt dans le but de mettre à disposition de la donnée auprès des industriels. Et de mettre à disposition des nouveaux médias pour les industriels qui sont commercialisés dans nos enseignes. BertrandD'accord. Et ça, ça représente une équipe de combien de personnes ? GwenolaAujourd'hui, on est huit personnes. On grossit, on a des postes qui sont ouverts et sur lesquels on recrute. On a pour objectif d'être 15 à la fin de l'année prochaine. BertrandMerci Gwenola, c'est très clair. Est-ce que maintenant, on peut rentrer dans la première question qu'on avait prévue de traiter pendant cet entretien ? C'est quoi le Retail Media ? Est-ce qu'on peut essayer de trouver une définition qui soit relativement claire et simple pour ceux qui nous écoutent ? Et puis l'historique, depuis combien de temps ça existe ? GwenolaC'est toujours pas simple, de résumer le Retail Media. Ce que je te propose, c'est de reprendre une définition qui est commune sur le marché, qui est définie par l'IAB, l'Institut finalement européen de la publicité digitale. Le Retail Media, ça désigne des espaces publicitaires, de la donnée de vente et des opportunités en magasin. Qu'un distributeur, ou une enseigne de la grande distribution ou une marketplace, mettent à disposition d'industriels pour faire des campagnes publicitaires. BertrandD'accord. Donc c'est de la publicité, mais c'est de la pub, on pourrait dire, sur le lieu de vente et adapté au e-commerce ? GwenolaAlors, c'est de la pub sur le lieu de vente, adapté au e-commerce et pas que sur le lieu de vente, puisqu'elle peut exploiter des données issues du lieu de vente en dehors de ce lieu de vente. BertrandOk, c'est de la pub très ciblée autour des produits que l'on achète ? GwenolaExactement. Le principe du Retail Media, c'est qu'au début, il faut de la donnée pour pouvoir cibler des profils consommateurs, acheteurs, "intentionnistes", ou en études de projets. Si je pense au métier du bricolage, on met en place des dispositifs liés à cette donnée-là et on en mesure l'impact derrière. BertrandDonc, ça veut dire que si on essaie de donner quelque chose d'un peu simple à ceux qui nous écoutent. Ça veut dire qu'on a beaucoup d'informations sur ce qu'achètent les gens et ça permet de bien cibler la publicité qu'on va leur délivrer ? GwenolaExactement. BertrandEt ça, sur le lieu de vente, au moment où ils achètent, que ce soit en magasin ou en ligne ? GwenolaExactement. Et si je dois faire un parallèle entre ce qui se passe en ligne en magasin. En magasin, on a tous eu l'habitude d'aller faire nos courses en grande distribution alimentaire. On a vu des mises en avant de marques, ce qu'on appelle les têtes de gondole, donc au bout du rayon, on met en avant les promotions du moment. Aujourd'hui, on a digitalisé ces têtes de gondole et c'est devenu ce qu'on peut appeler des "Sponsor brands". Ce sont des "displays publicitaires" sur un site marchand qui mettent en avant une marque et des produits associés à cette marque. Et finalement, quand on passait dans les rayons en magasin, envoyait des promotions ou des bons de réduction qui étaient mis en avant. Aujourd'hui, c'est des produits sponsorisés qu'on peut retrouver dans les listes des produits des sites marchands. BertrandDonc, on calque ce qui est existé dans les magasins et on le duplique dans les sites d'e-commerce ? GwenolaExactement. Et la progression et le lancement du Retail Media, parce que c'était une de tes questions aussi à l'origine. Ça va faire une dizaine d'années que le Retail Media s'est lancé globalement dans le monde. BertrandEt donc forcément, si on parle des e-commerçants, ça veut dire que l'on met d'abord Amazon, Cdiscount, toutes ces grandes marques que l'on connaît déjà tous, qui font, elles aussi, du Retail Media ? GwenolaExactement. Les leaders français, Amazon et Cdiscount en fait partie. Toutes les enseignes de distribution alimentaire font aujourd'hui du Retail Media. Et ensuite, tout ce qui va être dans le secteur de la beauté, dans le secteur du bricolage, finalement, tous les secteurs se sont lancés aujourd'hui dans le Retail Media. BertrandGwenola, la deuxième question qu'on avait décidé de traiter ensemble, il y a combien pèse le marché du Retail Media ? Est-ce qu'on peut estimer ce que ça pèse actuellement ? GwenolaBien sûr, on a quelques chiffres issus de pas mal de report qui sont faits par le SRI, en France. BertrandLe Syndicat des Régies Internet. On mettra les liens dans les commentaires du podcast pour que ceux qui nous écoutent puissent aller chercher de l'info. GwenolaExcellente idée. On estime aujourd'hui qu'en France, le marché du Retail Media représente 12% de la publicité digitale. C'est à peu près un milliard d'euros. Donc c'est déjà énorme et c'est porté à 80% par Amazon. BertrandDonc on a un ultra leader avec Amazon ? GwenolaOui, on a un ultra leader, exactement. BertrandComme dans la publicité, on a un leader avec Google. Là, on a un leader avec Amazon ! GwenolaLe Retail Media est la troisième vague du digital après Google et après les réseaux sociaux. On est vraiment dans cette même dynamique dans la progression du digital. Et ce sont des progressions qui sont d'ailleurs de l'ordre de 20% tous les ans, depuis déjà pas mal d'années. BertrandD'accord, donc ça progresse fort. C'est beaucoup plus rapide dans le Retail Media que dans la publicité au sens large ? GwenolaTout à fait. Et on sait que cette progression, va continuer. Si on regarde ce qui se passe aux US. Aujourd'hui, le Retail Media, pèse 155 milliards de dollars. C'est énorme et c'est plus gros aujourd'hui que les investissements qui sont faits en télévision. BertrandOui, rien que le Retail Media ? GwenolaOui, rien que le Retail Media. BertrandEt ça, quand tu essaies de raisonner, c'est lié à quoi ? C'est lié à l'efficacité ? C'est-à-dire quand on fait une publicité sur le lieu de vente, on avait tendance à dire avant dans le magasin physique que c'était très efficace. Et là, c'est pareil, quand on fait une publicité en Retail Media dans le site d'e-commerce, c'est aussi très efficace, non ? GwenolaAlors c'est plus efficace, en effet, parce qu'on a parlé tout à l'heure de ciblage et de mesures. Moi, j'ai identifié quatre principaux facteurs qui expliquent que ce secteur soit particulièrement actif sur ces dernières années. C'est un, car les distributeurs, ont de moins en moins de marge. Globalement, les marges d'un distributeur, ça situe entre deux et quatre pour cent. GwenolaDonc faire de la publicité sur son site, ça rapporte de l'argent ? GwenolaExactement. On parle de monétisation. Mais encore une fois, on faisait déjà de la publicité sur le lieu de vente avant. C'est juste le faire sur le digital. Le deuxième facteur, c'est en effet la montée en puissance du digital. Aujourd'hui le on-line commence à peser entre 8 à 15% de chiffre d'affaires. Le on-line, c'est moins rentable qu'un magasin, parce qu'il y a de la logistique et des frais de logistique qui sont très forts. Il y a la nécessité de gagner en trafic et donc de l'acquisition qui a des coûts qui augmentent. En conséquence, le fait de vouloir digitaliser ces services rapporte une marge nette qui est non neutre pour un distributeur. Le troisième point, c'est la disparition des cookies... BertrandAlors ça, il faut qu'on explique à ceux qui nous écoutent. Les cookies, c'étaient les petits fichiers qu'on mettait sur le navigateur de l'utilisateur et qui permettaient d'identifier un peu mieux le surf de cet utilisateur. C'est bien ça ? GwenolaC'est bien ça. Et le fait qu'on en ait de moins en moins de disponible parce que les plus grandes plateformes décident de supprimer les cookies tiers... BertrandEt la législation l'impose aussi, non ? GwenolaOui, et le RGPD, en effet, l'impose aussi. Mieux communiquer sur le tracé des utilisateurs. Tout ça va amener à avoir moins de capacité de ciblage. Et le fait qu'aujourd'hui, on soit sur des données d'un distributeur où on a collecté finalement le consentement des utilisateurs, fait qu'on aura la possibilité de cibler et de mesurer plus finement les dispositifs. BertrandOk. GwenolaEt le dernier point qui est important, c'est qu'aujourd'hui, les industriels ont besoin de plus d'informations et sont de plus en plus exigeants sur les dispositifs qu'ils mettent en place. Donc, par le passé, on parlait de trade marketing, d'opérations qui étaient mises en place en magasin, mais il n'y avait pas forcément de ciblage précis et de mesures précises. Et aujourd'hui, ils ont de plus en plus d'attente parce que le digital a créé ces possibilités. BertrandD'accord. Donc, en fait, ça permet de regrouper un peu tous les avantages du digital avec une efficacité maximum au moment de la vente ? GwenolaEn effet, se dire qu'on est sûr que ce soit un intentionniste de l'achat. Tout ça fait qu'on maximise la performance. BertrandOk. Est-ce que l'on peut parler des marques ? Quelles sont les marques qui investissent ? Toutes les marques mais en fonction des enseignes de distribution ? GwenolaEn effet, on parle de marques endémiques. Endémique veut dire les marques qui sont vendues chez un distributeur. Donc quand on pense à la grande surface alimentaire, on va avoir des Nestlé, on va avoir des Procter & Gamble, des Pampers, qui mettent en place des dispositifs Retail Media. Si je pense au monde du bricolage, je vais avoir Bosch, Karcher, mais aussi des industriels français type Stellix qui vendent des vis ou des chevilles. Si on pense à la beauté, on va avoir tous les groupes comme LVMH qui investissent aussi en Retail Media. BertrandDonc, on retrouve toutes les marques qu'on a déjà l'habitude de voir en télé, en presse ou en affichage ? GwenolaTout à fait. Et qui aujourd'hui communiquent de manière différentielle en Retail Media. BertrandMerci Gwenola, c'est parfaitement clair. Si on passe à la troisième partie de notre entretien, j'aimerais qu'on parle des métiers du Retail Media. Quels sont les métiers que l'on retrouve dans le Retail Media ? GwenolaOn a beaucoup de métiers très différents selon le secteur dans lequel on se trouve. Et je vais essayer de les détailler un peu par type de secteur. Mais il y a d'abord les Ad Tech, les entreprises qui vont proposer la technologie Retail Média qui va permettre de diffuser des campagnes publicitaires sur les sites e-commerce. BertrandAd Tech, c'est la contraction de advertising et technologie ? GwenolaOui, et on peut citer là mon ancienne boite Criteo. On peut en citer d'autres comme Minted, comme Kamino, par exemple. Et dans ces filières-là, on a des métiers qui vont à la fois de Sales, de Campaign manager qui vont programmer les campagnes. Et on va avoir aussi des équipes produits et beaucoup d'équipes de dev et de data scientists. On a également des équipes techniques aussi associées aux plateformes. BertrandIl faut travailler la data, la récupérer, la traiter et la rendre accessible aux marques ? GwenolaEt créer des algorithmes pour permettre de diffuser les meilleures publicités en fonction du comportement d'achat. Il faut en effet traiter beaucoup de données et en simplifier l'exécution au sein d'une plateforme. BertrandD'accord. GwenolaCe sont les métiers de la tech. Ensuite, on a les métiers des régies publicitaires dans lesquelles je suis avec Kingfisher Retail Media. BertrandD'accord. Donc, régie, là aussi, ça vaut peut-être le coup d'expliquer. Une régie publicitaire, c'est la structure qui vend l'espace publicitaire d'une marque ou d'un annonceur ? GwenolaExactement. Dans la nôtre, on a plein de métiers comme des sales managers et des campaign managers qui vont programmer les campagnes. On va avoir des PMO, des Product Manager Opérations, qui vont permettre que tous nos projets de développement d'inventaire publicitaire ou de nouvelles solutions puissent s'exécuter. Je veux avoir aussi des équipes Data qui vont aussi traiter la donnée, faciliter l'accès à la donnée auprès de nos équipes internes... BertrandÇa veut dire des data analysis, des data scientists, des machine learning engineers, comme on a pu le voir dans d'autres interviews suer notre Podcast ? GwenolaEn l'occurrence, on va faire assez simple. Pour l'instant, on est plutôt sur une logique de Data Analyst. On ne va pas encore pousser au cap de data scientist qui va plutôt traiter de la donnée, mais pas forcément utiliser l'IA dans l'utilisation que l'on a derrière. BertrandD'accord. On a traité dans le Gagne-Pain ces métiers. Donc, si les gens veulent en savoir un peu plus par rapport à ces trois métiers dont on vient de parler, il y a des interviews qui ont été faites sur ces métiers. GwenolaEn ce qui concerne les entreprises, dans les régies, je peux en citer plein de monde comme Values ou Unlimitail, Kingfisher Retail Media, évidemant il y a beaucoup d'autres... BertrandIl y a Amazon, dont on parlait déjà tout à l'heure ? GwenolaAmazon, bien évidemment, qui est l'archi leader. Mais il y a beaucoup d'autres régies si on pense à Leclerc qui développé sa régie publicitaire. Et ensuite, il y a des regroupements d'enseignes qui s'opèrent sur le secteur... BertrandD'accord. Donc là, ça veut dire que si on veut simplifier, il doit y avoir une dizaine, une quinzaine d'entreprises assez sérieuses sur le marché du Retail Media dans l'univers des régies ? GwenolaTout à fait. Soit qui sont liés à un distributeur, soit qui regroupent plusieurs distributeurs. Et Le troisième métier, c'est celui des annonceurs. Des industriels type Nestlé, type Karcher ou au sein d'agences média qui vont eux définir, qui ont un budget marketing, un budget média à investir. Et qui vont définir le meilleur dispositif à mettre en place avec l'aide des régies ou des ad tech. BertrandD'accord, OK. On retrouve l'organisation classique de la pub avec des gens qui vendent, des gens qui achètent et des gens qui conseillent pour faire simple ? GwenolaEt la techno au milieu. BertrandEt la techno, évidemment. Beaucoup de techno. Ok, et après, dans les différents métiers que toi, tu vois dans tes équipes, quels sont ceux qui progressent ? Quels seront ceux sur lesquels il y a du potentiel ? Est-ce que c'est tous les métiers ou il y en a particulièrement certains qui ont le en poupe ? GwenolaOn est sur un secteur qui est très tendu puisque tout le monde se développe. Comme on vient de se le dire, il y a beaucoup d'activités, beaucoup de régies, on est en forte croissance. Donc, les métiers où on a pas mal de recrutement, ce sont les sales managers. Les équipes qui vont vendre les dispositifs Retail Media. Ensuite, ça va être tout ce qui est lié au trading des campagnes. La mise en place des campagnes ou la recommandation de dispositifs. Ca peut aller des métiers de Account Management à Campaign Manager ou les Ad Ops. Globalement, ce sont des métiers qui recrutent partout. BertrandOK, ça veut dire qu'on a encore besoin de commerciaux, notamment parce qu'il faut expliquer le secteur, expliquer les potentiels que ta régie propose ? GwenolaExactement. Si je pense à mon secteur du bricolage, aujourd'hui, c'est un secteur naissant sur lequel il n'y a pas encore véritablement d'équipe Retail Media et de compréhension du Retail Media au sein des industriels. On est vraiment dans une logique d'expliquer les bénéfices du Retail Média et mettre en place des premiers dispositifs. BertrandD'accord. Parce qu'autant sur certains secteurs dans la distribution classique, ça s'est déjà développé depuis longtemps, autant sur le bricolage, ce n'est pas forcément le secteur qui a le plus progressé ? GwenolaL'alimentaire, ça y est, tout le monde est au clair et les équipes sont structurées, même au sein des annonceurs. En effet, nous, dans les métiers du bricolage, il n'y a pas encore de structure Retail Média à proprement parler chez des marques. BertrandGwenola, quand tu recrutes sur ces différents métiers dont on vient de parler, toi, tu cherches quoi ? C'est quoi l'élément essentiel dans le recrutement ? GwenolaAlors, selon les métiers, je n'aurais pas forcément toujours les mêmes critères de recrutement. Entre un sales et un Campaign Manager, mais de manière générale, si je dois tirer un trait commun entre tous, on est sur des métiers qui sont extrêmement évolutifs. Le métier d'aujourd'hui n'est pas celui qu'il y aura dans cinq ans. Donc moi, je veux des profils qui sont curieux, qui sont créatifs, qui ont des capacités d'adaptation assez fort et qui aiment la logique d'innovation parce qu'on va et continuer à innover au quotidien. BertrandIl faut savoir apprendre et il faut comprendre aussi ? GwenolaEt poser les bonnes questions. En entretien, ça fait partie des clés, c'est de voir s'ils posent des questions, s'ils sont curieux, s'ils ont envie d'en comprendre plus. Et après, si on prend plus spécifiquement un métier comme un Sales Manager, il y a quelques techniques de vente qu'il faut avoir et donc avoir un peu d'expérience là-dedans. Mais je ne demande pas forcément un historique dans le Retail Media, puisque de toute façon, il n'existe pas aujourd'hui sur le marché. BertrandC'est intéressant parce que cette question de la curiosité, revient vraiment souvent dans toutes nos interviews. Être curieux, et je pense qu'il faut le répéter à ceux qui nous écoutent. Être curieux, c'est la clé dans le digital car que ça bouge beaucoup ? GwenolaEt les technos, elles évoluent tout le temps et on évolue dans nos métiers. L'intelligence artificielle, et particulièrement l'IA générative, va encore plus transformer nos métiers. Donc en effet, on est obligé de s'intéresser, au développement qu'il va y avoir pour anticiper et en faire bénéficier nos annonceurs. BertrandGwenola, pour conclure notre entretien, je souhaiterais que l'on parle de tes conseils et tes retours d'expérience pour accompagner ceux qui nous écoutent et intégrer ce secteur. Quels sont tes conseils ? GwenolaJe dirais que c'est un "hot topic" le Retail Media. Donc globalement, il y a beaucoup d'événements sur le marché autour du Retail Media. En conséquence, c'est de s'intéresser à ce qui se passe, à l'Alliance Digitale par exemple, ou ce qui se passe à la Retail Tech. Il y a beaucoup d'événements et à chaque fois, il y a des possibilités d'intégrer les salons. BertrandDonc ça, oui, ça veut dire participer aux événements, aller rencontrer les gens pour comprendre le secteur du Retail Media avec les événements qui sont organisés ? GwenolaOui, il y a des événements qui sont organisés par des régies ou par des forums où l'on peut en apprendre plus sur les métiers. BertrandOn mettra les liens, notamment de l'alliance digitale, parce que je pense que c'est quand même un acteur clé pour que tout le monde puisse comprendre un peu de quoi on parle et qui sont les acteurs. GwenolaTout à fait. Et ensuite, LinkedIn, c'est toujours avec le #RetailMedia, on récupère beaucoup d'informations. Il y a des personnes C'est très intéressant à suivre. Je trouve que Lawrence Taylor, est à suivre parce qu'il partage beaucoup d'éléments autour de l'actualité d'Amazon et des autres distributeurs sur le Retail Media. On a un site internet, Kingfisher Retail Media, où on peut aussi voir plus d'informations sur ce qu'on propose comme type de solution et de services. BertrandEst-ce que tu constates dans tes entretiens que les gens qui viennent te voir ne sont pas suffisamment informés sur ce qu'est le Retail Media ou ce que fait ton entreprise ? GwenolaJe pense qu'il manque toujours un peu de curiosité, en effet, dans les entretiens. Ceux qu'on a recrutés sont ceux qui étaient les plus intéressés et qui avaient déjà fait des recherches en amont de leur entretien. Mais oui, il y a toujours moyen de mieux se renseigner, d'être un peu plus préparé dans les entretiens. BertrandDonc, ça veut dire que pour ceux qui nous écoutent, et qui voudrait intégrer le secteur du Retail Media, il faut qu'ils se renseignent, il faut qu'ils s'informent. Qu'ils n'arrivent pas à s'en connaître vraiment le secteur ? GwenolaEt puis aujourd'hui, on a plein d'outils pour récupérer les actualités. Il y a plein d'articles presse autour du Retail Media, donc il y a beaucoup de moyens de s'y intéresser avant de passer un entretien. BertrandTu estimes qu'il y a un potentiel d'emploi important sur ce secteur encore pour les prochaines années ? GwenolaOui, je te le confirme qu'il y a un potentiel de recrutement. Nous, par exemple, on prévoit de doubler notre structure d'ici 2025. Donc ça va recruter chez moi... BertrandEt chez tes concurrents, j'imagine aussi ? GwenolaDe la même manière. Et puis, on sait que c'est un secteur d'activité qui a encore beaucoup de potentiel quand on se compare aux US. Donc oui, il va continuer à recruter en France et partout en Europe. BertrandOk, excellent. Ça donne un potentiel pour ceux qui nous écoutent s'ils veulent rejoindre ce secteur. Gwenola, en conclusion, qu'est-ce que tu souhaiterais ajouter comme conseil à ceux qui nous écoutent et qui pourraient aller plus loin sur ce secteur ? GwenolaComme conseil, je dirais qu'il faut foncer, parce que la grande distribution et les médias sont des secteurs en pleine évolution. Qu'il y a beaucoup de choses à construire et que ce sont des métiers passionnants et diversifiés. Et puis, je dirais qu'on recrute. Donc, si vous voulez rejoindre cette aventure, on est en plein centre de Paris et on se fera un grand plaisir... BertrandJe confirme, les locaux sont très agréables, juste à côté de l'Opéra de Paris. GwenolaDans un beau lieu de vie qui s'appelle Le Shack et, on sera ravis de recruter des nouvelles personnes ces prochaines semaines. BertrandGwenola, merci. Si ceux qui nous écoutent souhaitent te contacter, comment ils peuvent faire ? GwenolaIls peuvent me contacter, moi ou mes équipes à travers mon LinkedIn, c'est le meilleur moyen pour me contacter. Merci beaucoup Bertrand. ### Pentesteur - Alexandre Teman Devenir Pentesteur : missions, salaires et parcours dans la cybersécurité Nous avons le plaisir de recevoir, Alexandre Teman, Pentesteur chez Dassault Systèmes. Ensemble, nous explorons des questions essentielles : Quel salaire peut-on espérer dans ce domaine pointu de la cybersécurité ? Quelles sont les missions principales d’un Pentesteur au sein d’une entreprise technologique de pointe ? Quels défis uniques pose cette profession face à l’évolution constante des cybermenaces ? Comment devient-on Pentesteur ? Quels diplômes ou certifications sont nécessaires pour exceller dans ce métier ? Merci à Alexandre Teman pour sa participation et nous espérons que l’écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Pentesteur Salaire Entre 40k€ et 48k€ brut/an en début de carrière ; jusqu'à 80k€ avec l'expérience. Pentesteur Formation Bac+3 à Bac+5 en informatique (école, fac, ou reconversion) + compétences techniques. Pentesteur c’est quoi Identifie et exploite les failles de sécurité informatique pour aider à les corriger. Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Alexandre Teman –  Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Mazza –  Profil LinkedIn   Retrouvez la transcription intégrale du podcast Le Gagne-Pain pour obtenir toutes les informations concernant le métier de pentesteur MajdelineBonjour Alexandre. AlexandreBonjour Majdeline. MajdelineMerci d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Alexandre, tu es Pentesteur (ou Tester d'intrusion) chez Dassault Systèmes, c'est un métier hyper original. On va avoir l'occasion de revenir sur ton métier, sur l'entreprise dans laquelle tu travailles, mais avant ça, est-ce que tu peux te décrire en quelques mots ? AlexandreMerci pour l'invitation, je m'appelle Alexandre, j'ai vingt-six ans, je suis français et j'ai eu mon bac en deux-mille-quinze mois. Aujourd'hui, j'ai un diplôme d'ingénieur en informatique avec une spécialisation en cybersécurité de l'école EPITA. J'exerce le métier de Pentester. C'est la contraction de pénétration testeur. Un Pentester c'est quelqu'un qui fait des pentests et un Pentest c'est un test d'intrusion en français. Un pentesteur c'est un peu comme un hacker mais avec sans le côté malveillant ? Notre but, c'est d'attaquer des cibles informatiques à la demande des clients dans le but de les faire progresser, dans le but de les découvrir avant que potentiellement des vraies personnes malveillantes le fassent. MajdelineOk, c'est très clair, quelle est la différence entre un Pentester et un consultant en cybersécurité ? AlexandreAlors je pourrais très bien dire que je suis consultant en cybersécurité, ça ça peut être aiderait à comprendre dans quel milieu je travaille. Maintenant c'est un métier très spécifique et ce qu'on nous demande de faire c'est très spécifique. MajdelineD'accord. AlexandreIl y a un mot qui a été créé pour ce métier. MajdelineDonc c'est une partie de la cybersécurité ? AlexandreExactement c'est une partie que l'on appelle la cybersécurité offensive. C'est un peu comme dans le sport, on attaque ou on défend. Et il y a un dicton qui dit que la meilleure défense, c'est l'attaque. Exactement et donc aujourd'hui les entreprises ont le bon goût de se demander qu'est-ce qui se passerait si on m'attaquerait ? MajdelineOk. AlexandreAlors, il y a des consultants cybersécurité qui vont d'une mission à l'autre vont faire des choses assez variées. Peut-être qu'une première mission va être de défendre un périmètre. La mission d'après, on va lui demander de configurer un système de défense. C'est deux choses très intéressantes et très différentes. Et certainement qu'après, on lui demandera quelque chose encore de différent. AlexandreAprès ça dépend des entreprises, des postes, mais c'est certainement la grande différence. Je ne fais qu'une chose très précise assez répétitive pour être honnête quand pour d'autres postes, on voit plus de choses. MajdelineUn peu plus 360 sur la cybersécurité, toi, tu vas vraiment être sur le pentesting et l'offensive. Alors en quoi ça consiste concrètement et quelles sont tes tâches du quotidien ? AlexandreAlors c'est là où je vais pouvoir parler donc de mon premier CDI, mon premier job en tant que Pentester donc après mon stage de fin d'études. Donc c'est une entreprise qui s'appelle CoESSI, et les missions auxquelles j'ai pu participer c'était super cool pour être un peu cash parce que l'entreprise a des qualifications du gouvernement. Il y a certaines entreprises qui voilà répondent à certains critères et donc l'État va les autoriser à avoir certains contrats, certaines missions avec des clients importants pour la France. Donc il y a des listes qui existent, c'est tout un système à la fois simple et complexe. Certaines entreprises ont le droit uniquement de travailler avec certains prestataires. MajdelineD'accord. AlexandreEt vu qu'on était une petite équipe de Pentester, j'ai tout de suite eu accès voilà à des missions très prestigieuses. Donc sans rentrer dans les détails, par exemple, aller dans un hôpital vérifier qu'il n'y a pas trop de failles de sécurité. Aller dans une grande entreprise du CAC 40 pour vérifier que les applications qu'ils utilisent n'a pas de problème de sécurité. Ou alors travailler sur l'envoi de faux mails malveillants. Donc ça ce sont des choses à but éducatif pour les employés. Alors voilà ce sont des missions assez variées, mais qui sont toutes sur le thème de l'offensive. Et toutes très intéressantes. MajdelineSur une mission un peu plus longue, comme ce que tu fais chez Dassault, qu'est-ce que pourrait être tes missions ? AlexandreAlors chez Dassault, dans l'esprit, c'est la même chose. C'est-à-dire que je vais avoir, on a un périmètre. Donc, nous on parle souvent de scope peine test. Ça peut être un site web, ça peut être une application mobile, ça peut être le logiciel utilisé pour la comptabilité. Ça peut vraiment être n'importe quel, nous, on parle d'assets, c'est le mot anglais, ce sont des actifs. N'importe quel actif informatique qui aurait besoin d'être testé pour voir s'il est assez robuste face à des attaques. Et donc toutes les semaines ou deux semaines, c'est rarement plus de deux semaines. On va me donner un nouveau scope (périmètre). On va dire voilà Alexandre pendant deux semaines, tu vas travailler sur cette application web qui est utilisée chez Dassault Systèmes pour x et y raison. Essaye de trouver des vulnérabilités, tu les écris, on prend des preuves et ensuite à la fin on va voir l'équipe en charge de ces applications et on leur restitue notre travail. MajdelineOk. Ils vont se faire gronder derrière ? AlexandreSurtout pas, c'est quelque chose qui est assez présent dans nos métiers de pentesteur, c'est le côté humain en fait. Il faut faire très attention... MajdelineJe me dis ils doivent qu'ils doivent te redouter dans les équipes ? AlexandreOui alors tu soulèves un point assez vrai. Malgré le fait que ça fasse un peu caricature, c'est assez vrai. Il ne faut surtout pas tomber dans le "on vous engueule" ou quoi que ce soit qui serait de ce genre-là. Ce serait très contre-productif pour l'entreprise. Et moi, je suis payé par l'entreprise donc je veux le bien de l'entreprise. Et puis au niveau rapport humain, ce serait assez exécrable. MajdelineC'est clair. AlexandreDonc on a une approche contraire beaucoup plus ludique. Et on fait des choses assez techniques. Souvent les personnes en face de nous chez Dassault systèmes, je suis entouré de gens très intelligents, mais ils ne peuvent pas connaître toutes les attaques informatiques. Ce n'est pas leur job. Donc, on doit vulgariser, expliquer, remontrer, reprouver, en discuter, pour qu'à la fin, ils aient bien compris à quel point ça peut être grave et surtout comment le corriger. MajdelineDonc de ce que je comprends dans ce genre d'entreprise, comme Dassault Systèmes, il y a tellement d'applications, tellement de scope comme tu disais que tu ne t'ennuies jamais et qu'il y aura toujours du boulot ? AlexandreExactement par exemple dans l'équipe où je travaille, ils préparent des plannings sur un an. Ils savent déjà à peu près sur un an tous les assets qui doivent être testés avec des prévisions de date. C'est aussi la chance dans les entreprises avec des process assez puissants comme chez Dassault Systèmes, les choses sont bien faites. MajdelineOk donc en résumé un Pentester peut être soit sur une mission assez brève. Il vient tester et il donne ses recommandations, soit sur une mission plus longue dans une entreprise comme Dassault Systèmes, ou il a pas mal de choses à tester et où il peut rester sur le long terme dans une entreprise. AlexandreExactement. Dans tous les cas une campagne de Pentest, c'est-à-dire de réaliser un Pentest de A à Z, ce n'est jamais plus de deux trois semaines maximum. Donc là où j'étais avant, on faisait de la prestation de service. À savoir que c'était d'autres entreprises qui nous commandaient des Pentests. Et souvent là, il y a aussi une notion budgétaire, si on commande un Pentest de trois semaines, ça n'a pas du tout le même prix qu'un Pentest d'une semaine. MajdelineD'accord. AlexandreDonc ça va être plus bref que ce qu'il faudrait parce qu'il y a une notion d'argent. À l'inverse chez Dassault Systèmes, je travaille en interne donc il n'y a pas du tout de pression budgétaire. Alors si elle existe, mais ce n'est pas un lien direct entre nos capacités de pentest. Est-ce que ça va gagner plus ou moins d'argent chez Dassault Systèmes... MajdelineOk. AlexandreDonc, c'est un petit peu différent dans le contexte des pentest mais dans la réalisation, c'est la même chose. MajdelineComme on parle de budget, j'en profite pour poser la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un un Pentester ? AlexandreAlors en toute transparence un Pentester ce sont les fourchettes un petit peu plus hautes dans le métier de la cybersécurité. En sortie d'école, on peut prétendre à des salaires, je dirais, entre quarante-mille bruts par an à peut-être être quarante-huit-mille si on a déjà certaines qui ont compétence alléchante pour les entreprises. Un petit exemple, ça peut très bien arriver qu'en sortie d'école, on maîtrise déjà le Pentest sur des applications dans le cloud. Ça c'est des choses qui peuvent être très demandées ne serait-ce que pour quelqu'un qui sort d'école, donc on peut justifier des plus gros salaires. Et après, c'est un métier qui évolue assez correctement en termes de salaire. Quand on est un peu plus expérimenté, on peut justifier des salaires entre cinquante à quatre-vingt-mille euros même bruts par an quand on a des grosses spécialités sur plusieurs types de pentest et surtout une grosse expérience. Comme beaucoup de métiers dans le monde de l'entreprise, c'est le passage en tant que manager qui peut faire un peu plus grimper les salaires. MajdelineAlexandre, parle-nous un peu de toi. Est-ce que tu étais déjà passionnée par le code, quelles étaient tes aspirations pour faire ce métier ? AlexandreBien sûr. J'ai mon parcours, un petit peu plus atypique que mes collègues Pentesters. Je vais peut-être d'abord dire en général mes collègues leurs évolutions, ce que je vois de manière assez classique. Dans tous les cas, ce n'est pas le diplôme qui prime, quelle école tu as fait ou C'est sûr. Notamment dans mon métier. Mais par contre, ils ont souvent quelque chose en commun. Ils ont commencé assez tôt à s'intéresser à la cybersécurité et plus particulièrement donc au pentesting ou à l'hacking. En conséquence, quand ils sont arrivés en études d'informatique, que ce soit en fac, que ce soit en école, ils avaient une appétence telle qu'ils sont arrivés au niveau pour devenir Pentester. MajdelineOk. Alors la motivation prime ? AlexandreOui. Et aussi la pratique, parce que ce sont des gens qui pratiquent matin, midi et soir. Moi, je suis arrivé en école d'ingénieur, sans quasiment jamais avoir ouvert un ordinateur. MajdelineAh c'est hyper intéressant. La caricature de ce métier, c'est le geek qui est à fond et qui est voilà, il se dit j'ai trouvé un métier, je suis content et du coup, il va vers ça... AlexandreBien sûr, moi la vérité, je suis devenu geek plus qu'autre chose... MajdelineOk donc tu n'avais pas forcément le parcours type de tes collègues ? De ce fait, c'est un peu rassurant, je pense pour ceux qui nous écoutent et qui aimeraient faire ce métier. C'est que vous n'êtes pas forcément obligé de base d'avoir une appétence et en fait la rigueur, le travail paye ! AlexandreOui, exactement. MajdelineAlexandre, quelles sont pour toi les trois principales compétences requises pour ce job ? AlexandreAlors si je devais citer trois compétences pour le métier de Pentester. La première qui est un peu non négociable, c'est de savoir attaquer. Quand je dis savoir attaquer, c'est-à-dire qu'une attaque informatique. C'est un peu la quintessence de beaucoup de choses dans l'informatique. Autrement dit, la compréhension du système en lui-même. La compréhension de l'attaque. Sur quel point ça va jouer, à quel moment ça va essayer de faire, de faire des choses malveillantes. Comment la lancer. Ça il y a des outils à disposition, mais ils ont souvent plein de petites options, il faut les connaître pour le jour J. Utiliser la bonne et aussi savoir les dégâts qu'elles peuvent faire. On me demande beaucoup. et c'est questions en entretien : Est-ce que dans ce contexte-là, tu utiliserais cet outil ? Oui, il n'y a pas de souci. Non, ça pourrait couper le réseau de l'entreprise et ce serait trop dangereux. Savoir maîtriser une attaque informatique dans son ensemble. Deuxièmement, être curieux. Les attaques informatiques, il en sort beaucoup tous les jours. Des failles sont découvertes tous les jours. De la plus petite à la plus grande donc c'est aussi notre rôle de se tenir informé sur toutes les technologies existantes, leurs failles et aussi parfois de l'assemblage de technologie qui crée des failles. De ce fait, il faut avoir une curiosité de chaque instant dans n'importe quel environnement. Que l'on sache aller chercher les bonnes infos. On ne peut pas tout savoir quand on arrive dans un test, c'est on apprend sur le tas. Mais il faut avoir une très bonne curiosité et aussi savoir retrouver les réponses à ces questions. Être curieux et savoir se documenter en cybersécurité. Et enfin, troisième qualité, c'est de savoir restituer. Le cœur de ce métier, c'est de faire des attaques informatiques. Mais je suis jugé sur la restitution. C'est l'unique moment on va se dire, il a fait mon boulot ou j'ai bien compris pourquoi il a travaillé pendant cinq jours dans son coin. C'est crucial de savoir restituer, et il y a beaucoup de qualités qui se cachent derrière. Dans mon métier, il faut être humble. C'est-à-dire que parfois, on va faire de grosses trouvailles. Il faut trouver les mots justes pour qu'il y ait un esprit d'avancement commun au sujet de la vulnérabilité. Il faut savoir vulgariser, bien évidemment. Ce n'est pas tout le monde qui maîtrise les attaques informatiques. Ce n'est pas le métier de tout le monde. Donc c'est notre job de trouver des mots. La vulgarisation, ça peut aller assez loin. Ça peut m'arriver en restitution de dire, imaginez-vous un château-fort. C'est un peu comme s'il y avait une porte à l'arrière du château-fort fort qui donne tout de suite accès au coffre. Peut-être que là, on comprend mieux que mon coffre n'est pas très bien protégé. Je pense que déjà si on a ces 3 qualités, c'est un bon point de départ pour entrer dans le monde du Pentest professionnel. MajdelineOk très clair et dans tout ça qu'est-ce qui te plaît le plus et qu'est-ce qui te plaît le moins ? AlexandreAlors ce qui me plaît le plus, c'est l'effervescence intellectuelle qu'il y a dans une équipe de Pentest. C'est-à-dire que ça peut arriver par exemple que j'ai un collègue qui travaille sur une autre application. On ne travaille pas du tout sur le même sujet, mais qu'à un moment, je pense avoir trouvé une vulnérabilité, je ne sais pas comment l'exploiter. Paf, il vient derrière mon ordi, on passe à deux cerveaux, et tout va plus vite. On trouve, on est content et après, on va célébrer ça avec un bon petit café comme beaucoup de gens dans le monde de l'entreprise. Donc c'est assez intéressant de faire travailler son cerveau sur des choses très techniques tout le temps. Maintenant, il y a aussi des côté très sympathique . J'ai chance de le faire au quotidien ça c'est quand même plutôt agréable. Ce qu'il y a de moins agréable dans mon métier, c'est qu'il faut écrire un rapport de restitution. D'un autre côté, c'est très important parce que ce sera la seule trace écrite de nos travaux. En général les gens quand on leur fait la restitution orale, ils ne peuvent pas tout assimiler donc, ce sera écrit sur le rapport. Et ces rapports, peuvent être assez longs. On fait des synthèses, on met des preuves, on met des recommandations, on met des notes entre guillemets. Ces rapports peuvent vite atteindre cinquante soixante pages sur certaines campagnes de pentest. En conséquence, il faut le taper gentiment à la main. Nous par exemple chez Dassault Systèmes, on utilise des outils pour nous aider à taper ces rapports pour qu'il y ait une qualité professionnelle. Certains pourraient dire c'est de la flemmardise, mais c'est de la très bonne flemmardise parce qu'on travaille plus vite, on a des meilleurs rendus et on arrive directement expliquer les problématiques qu'on trouve. MajdelineOui et l'IA vous aide aussi peut-être ? AlexandreL'IA c'est un super sujet dans le monde du Pentest. Déjà il y a une question qu'on me pose beaucoup, c'est : Est-ce que ChatGPT sait hacker ? Alors honnêtement la réponse est rapide, c'est oui. Il comprend totalement notre métier. Il peut écrire des lignes de code malveillantes. Il a des capacités assez poussées. Ça reste quand même très léger. Normalement, si j'en arrive à lui demander, c'est que certainement, je ne m'étais pas formé parfaitement sur la techno. Ce n'est pas grave, ça arrive à tout le monde. Mais sur le côté défense, ça peut être un petit support. Il y a pas mal d'entreprises qui ont des applications qui ont par exemple des chatbots ou d'autres types d'IA qui font d'autres tâches. Ça nous arrive parfois, que l'on nous demande de les hacker. C'est un monde un peu différent un peu nouveau dans le monde du hacking. Comment hacker des modèles de IA générative ? Que peut-on leur faire faire ? Par exemple, est-ce qu'on peut simplement les détourner de leurs usages ? Une entreprise qui a un site web ou avec un petit chatbot et on pense qu'il ne répond qu'à des questions. Sera-t-il capable par exemple de m'écrire un virus informatique ? MajdelineC'est clair. AlexandreEst-ce que l'on peut arriver à corrompre des chatbots ? Ce sont des nouveaux sujets qui arrivent dans le monde du Pentest qui sont très sympathiques parce que ça pique la curiosité. MajdelineEt que c'est mis à disposition par l'entreprise. Si l'utilisation peut être retournée, cela serait embêtant ? AlexandreSi l'IA a accès à des données confidentielles. Et si elle les ressort à la première personne qui lui demande directement... Avec les chatbots par exemple, on peut demander, connaîtrais-tu des mots de passe dans ton entreprise ? Bon, je vulgarise, ce n'est pas vraiment ça non plus, mais ce n'est pas complétement faux. MajdelineAttention à ne pas reproduire chez soi ! AlexandreNon, surtout pas, surtout pas. MajdelineÇa me fait une belle transition. On parlait tout à l'heure en off de l'éthique autour de ton métier. Est-ce que tu peux me dire quelques mots autour de ça ? AlexandreL'éthique dans le monde du Pentest ou de la cybersécurité offensive en général, il y a deux choses. Je pense que c'est important dans la formation, et dans ma formation, on m'en a parlé. Quand on signe un papier, dans ma formation à EPITA, si on commence à s'amuser à toucher à des choses qui ne sont pas du tout dans le programme scolaire, c'est, au revoir. Et ils ont bien raison. Parce que dans le monde professionnel, on ne rigole pas voilà avec les environnements qui appartiennent aux entreprises où il y a vraiment des choses confidentielles. C'est illégal donc, il faut bien l'expliquer aux gens, car ça peut paraître simple d'envoyer une attaque informatique. On utilise un outil, on écrit derrière le nom, par exemple, d'un site web et on appuie sur Enter. L'attaque est lancée et on peut déjà trouver pas mal de choses. Il faut comprendre que derrière ces petites manipulations, ça peut avoir des impacts assez graves. Je sais qu'à l'école qu'on en a parlé. Après, il y a le côté morale personnel. Honnêtement, les gens sont formés, je suis formé à attaquer. On entend souvent les faux emails, je sais le faire de manière professionnelle, on peut passer d'un monde professionnel à la cybercriminalité parfois... MajdelineIl n'y a qu'un pas ? AlexandreIl n'y a qu'un pas exactement. Donc, il y a notre morale personnelle. Moi, je sais que c'est aussi dans mon éducation de se dire qu'on ne fait pas de mal aux gens dans tous les cas. De ce fait, je ne me verrai pas lancer une attaque informatique et me dire que derrière, il y a des gens qui vont se faire engueuler, perdre de l'argent ou pire... Maintenant, ce n'est pas non plus un monde de "conte de fées" la cyber. Il a beaucoup de cybercriminalités dans des organismes malveillants et ce sont des petites entreprises malveillantes qui tournent malheureusement très bien avec des fortes capacités. Ce ne sont que des exceptions qui confirment la règle. Les gens qui font du Pentest mettent tous leur savoir-faire entre guillemets pour "le bon côté de la force". MajdelineC'est une petite référence ? AlexandreOui, une petite rèf au passage... MajdelineOn nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. Est-ce que c'est particulièrement utile d'avoir un anglais professionnel dans ton métier de Pentester ? AlexandreOui, et je vais donner mon exemple qui est assez parlant. Dassault Systèmes est un environnement anglophone. Par exemple, c'est dans les critères de recrutement d'avoir un anglais professionnel et notamment sur les sujets techniques de cybersécurité. Comme dans beaucoup de métiers de l'informatique, je pense que c'est très important d'être à l'aise en anglais. A tout moment, on peut tomber sur une entreprise dans laquelle l'environnement est anglophone et là, il n'y a pas de choix. MajdelineOn parlait tout à l'heure de formation et tu as fait l'école EPITA. Est-ce qu'il y a d'autres formations qui te paraissent intéressantes ? AlexandreToutes les formations autour de l'informatique seront bonnes. Comme je le disais souvent, ça va être aussi l'investissement mit dans cette formation qui primera. C'est vrai que les écoles d'ingénieurs informatiques, il y a ce côté assez large sur la science informatique qui peut être assez juste quand on veut exercer des métiers très techniques. Maintenant toute autre formation d'informatique sera bonne. Il y a aussi beaucoup de formations pour faire de la reconversion en cybersécurité. Parfois, c'est en lien avec l'informatique, par exemple des administrateurs système ou des gens qui faisaient de la data par exemple. Ou alors des gens qui faisaient des métiers sans aucun rapport... Je me rappelle avoir discuté avec quelqu'un qui était postier. Qui était reconverti dans la cybersécurité quand j'étais en stage. Il y a plusieurs formations qui existent. Il y a beaucoup de métiers, certains techniques comme le mien, d'autres beaucoup moins techniques. Et peut-être plus accessibles rapidement si on veut entrer dans la cyber. Il y a un large panel de formations en ligne. Donc celui qui veut, il peut le faire. MajdelineOk, dans le métier de Pentester, le diplôme importe beaucoup, ou ce sont les compétences et le travail qui prennent le dessus ? AlexandreDans tous les entretiens d'embauche que j'ai fait, la grosse partie de l'entretien, c'étaient des questions techniques et des mises en situation. Et très souvent même de vrais tests réels qu'on demande de réaliser sur un temps imparti. Je pense sincèrement qu'on peut avoir la meilleure école possible sur son CV et ne pas réussir les tests, tu ne seras pas pris. A l'inverse, si tu réussis les tests brillamment, je pense qu'on peut presque n'avoir aucun diplôme. On aura beaucoup de valeur quand même sur le marché. MajdelineOn est vite testé sur nos compétences et finalement très peu sur le diplôme ? AlexandreComplètement. MajdelineOk, c'est rassurant. Continues-tu à te former régulièrement ? AlexandreOui, tous les jours. Dans mon métier, parfois, j'arrive sur des environnements dans lesquels je suis moins habitué. Donc naturellement, je vais devoir me documenter, revoir s'il n'y a pas des gens qui ont fait des tutos par exemple. Comment attaquer ce genre d'environnement ou autre. Un petit exemple, il n'y a pas longtemps, on m'a demandé de travailler sur une application mobile. C'était la première fois que je le faisais donc j'ai dû tout réapprendre et c'était très intéressant. MajdelineOk. Est-ce que tu aurais des conseils de films, séries, livres, podcasts en rapport avec ton métier ? AlexandreAlors tout ce qui est film et série sincèrement, on décrit souvent les hackers avec la cyber malveillante. La cybercriminalité ça ressemble pas vraiment à ce que je fais au quotidien. Maintenant, il y a beaucoup de conférences faites par des Pentesteurs qui sont très fiers de raconter comment ils ont réussi à faire de nouvelles attaques. Ce sont des conférences déjà assez techniques, mais mon métier est technique. Des conférences comme Le Hack ou le SSTIC que j'aime beaucoup. Ce sont des conférences françaises assez techniques avec des Pentesteurs qui trouvent certaines failles. Des conférences qu'on peut retrouver sur YouTube. Il y a également la Defcon aux États-Unis qui racontent leurs exploits de manière assez fun et déjanté et fréquemment, ils ont des trouvailles assez drôles. Vous pourrez aller voir une de leurs vidéos les plus connues. Ce sont des hackers spécialisés dans les ascenseurs. Pour voilà ça paraît bête, mais vérifier si avec un ascenseur on ne peut pas accéder aux étages auxquels on ne pourrait pas accéder. C'est assez brillant comme conférence, je vous laisse la regarder. MajdelinePour conclure, aurais-tu, un conseil à donner à une personne qui t'écoute et qui potentiellement serait intéressée par le Pentest ? AlexandreOui, je lui dirais de s'investir beaucoup voilà dans les capacités techniques et aussi bien comprendre que ce métier. C'est un métier, et c'est professionnel. Ce n'est pas entre guillemets "pour rire", je ne suis pas là pour attaquer pour rien. Il y a des contrats, il y a des délais, il y a des environnements respectés, je ne peux pas tout faire. Par exemple, il y a des attaques qui pourraient faire en sorte que le service soit indisponible. Et ce serait injustifié d dire parce que Alexandre tester l'application, le site web ne marche pas pendant une semaine. Donc parfois un peu moins fun que ce qu'on pourrait penser. Derrière, il y a quand même un côté assez éthique. On met ses connaissances au service du bien. En conséquence, soyez motivés, soyez passionnés. Il y a beaucoup de place en cyber, c'est dynamique, on vous attend. MajdelineMerci beaucoup Alexandre, à bientôt. AlexandreMerci à vous. ### Le nomadisme Digital – Julie Khoum Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir, Julie Khoum. Julie nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Julie pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain@gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Julie Khoum – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 82 : BertrandL'atelier du Gagne-Pain, c'est l'occasion d'interroger des professionnels pour vous aider à trouver votre job dans le digital. Pour ce nouvel atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Julie Khoum. Bonjour Julie. JulieBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Julie d'avoir accepté notre invitation. Julie est UX Writer. Elle est la fondatrice du collectif Meraki, une équipe d'UX Writer, des talents ayant pour point commun l'envie de construire un web meilleur, empreint d'accessibilité et d'inclusivité. Tout un programme qu'on aura l'occasion de détailler ensemble. Julie, on va aborder un sujet autour du nomadisme digital, mais avant, j'aimerais bien que tu te présentes de façon un peu plus personnelle. Qui es-tu, Julie ? JulieOk. Merci pour l'invitation. Je suis Julie, j'ai 38 ans. Je vis dans le Pays basque parce que je suis passionnée de surf. J'essaie donc d'aller surfer le plus de fois possible. Je fais aussi de la musique et je suis passionnée d'écriture, ce qui est directement lié à mon travail. Je suis ainsi entrepreneur et j'ai monté le collectif Meraki dont je suis la fondatrice. BertrandOk, on va avoir l'occasion d'UX Writer ça dans le détail. Comme tu le sais, l'Atelier du Gagne-Pain a pour objectif de proposer des conseils pour aider les jeunes à trouver un job. Comme on en a discuté un peu avant cet entretien, j'aimerais t'interroger sur plusieurs questions. La première concerne évidemment le nomadisme digital, ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire pour ceux qui nous écoutent ? Comment mettre en œuvre ce nomadisme digital ? Ce sera la deuxième question. Comment le faire concrètement et comment toi, tu le vois au quotidien ? Comment intégrer le nomadisme dans son job et notamment vis-à-vis de son employeur ? Cela sera le troisième thème. Et puis le dernier thème, tes conseils. Qu'est-ce que tu vois comme conseil pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient mettre en œuvre ce nomadisme digital dans leur job ? Pour commencer, tu peux-tu nous expliquer ce qu'est le Collectif Meraki ? JulieOui, tout à fait. Le Collectif Meraki, c'est une équipe d'UX designers. La définition de Meraki, ça vient du grec et ça signifie donner de sa personne pour une œuvre. BertrandD'accord, c'est beau. JulieOui, c'est vrai. Je suis très habitée par cette mission et c'est très lié aux valeurs que vous avez aussi dans Le Gagne-Pain. C'est quelque chose que j'ai fait comme une mission de vie. Et donc, dans notre collectif, on est habité, passionné par la mission de construire un Web meilleur, en conséquence de construire de meilleurs écrans. On a la conscience que les mots sont précis, qu'il faut bien les choisir. Parce que les mots peuvent créer de la magie, mais ils peuvent aussi tordre des âmes. C'est très important pour nous de bien utiliser les mots, de faire de bons écrans, car qu'aujourd'hui, tout passe par le web. Et donc, c'est important d'essayer de rendre ça meilleur en travaillant l'accessibilité, l'éco-conception, l'inclusivité. BertrandSi tu es d'accord, on va commencer par un peu le début. C'est quoi le nomadisme digital ? Qu'est-ce que ça veut dire ? On essaiera de creuser un peu cette notion, mais comment tu définirais, aujourd'hui le nomadisme digital qui est une question qui revient souvent chez les plus jeunes ? JulieTout à fait. Moi, ce que j'ai observé, c'est une expérience qui est personnelle. Ce que je vois du digital nomadisme et ce que je comprends aujourd'hui. J'ai monté le collectif Meraki, ça ne s'appelait pas du tout comme ça à l'époque, à partir d'une expérience personnelle, d'avoir envie de parcourir le monde. Et j'étais en Asie au moment où j'ai commencé à travailler sur ce projet. Je n'avais pas du tout conscience de ce qu'il allait devenir. Et en fait, le digital nomadisme, selon moi, il y a beaucoup de définitions. C'est de pouvoir se déplacer et de créer un contexte de travail, peu importe la mission, et de pouvoir le créer n'importe où. Alors, il y a eu des dérives. Aujourd'hui, on a souvent l'image du digital nomade qui a une course effrénée, qui publie sans cesse sur Instagram les endroits qu'il visite, etc. Moi, ce n'est pas ce que je prône. Ça existe et ça vient de ça d'ailleurs, le digital nomadisme. Mais en fait, le digital nomadisme, ça peut aussi être quelqu'un qui veut vivre plus proche de sa famille. Qui souhaite vivre à l'extérieur des villes et en même temps avoir des missions professionnelles stimulantes très proches des pôles d'activité des villes, par exemple. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire qu'il faut allier les travaux des entreprises qui sont fréquemment concentrées dans les centres urbains, mais pouvoir le faire un peu où on veut. Et où on veut, ça peut être un peu l'image d'Épinal qu'on a, c'est-à-dire au bord d'une plage. Mais ça peut aussi être à côté d'une forêt et à quelques dizaines de kilomètres simplement du centre-ville ? JulieTout à fait. Sur la plage, avec son laptop, c'est un peu le cliché. Et c'est un peu ce que l'on peut avoir comme image qui apparaît spontanément quand on parle du digital nomadisme. Mais en réalité, c'est beaucoup plus que ça. C'est quelque chose qui participe pleinement à l'équilibre pro-perso qu'on ne devrait plus avoir aujourd'hui en tant que personne qui travaille. BertrandEst-ce qu'il y a aussi dans cette équation de digital nomadisme une question d'empreinte carbone ? Parce que c'est aussi quelque chose qui revient souvent, se dire qu'on se déplace à l'autre bout de la planète pour travailler depuis son ordinateur. Est-ce que c'est vraiment raisonnable ? JulieC'est difficile et complexe comme question, mais en réalité, le digital nomadisme, ça peut aussi supprimer la majorité des déplacements qui servent, entre guillemets, à rien. BertrandLes déplacements quotidiens ? JulieMoi, j'ai côtoyé des personnes qui devaient faire une heure et demie de transport allé, une heure et demie de transport retour. Pour faire exactement la même chose que si cette personne était chez elle. Dans un cadre de travail plus confortable et à pouvoir en plus allouer du temps à sa dimension perso dans sa vie. BertrandLà, ça rejoint le télétravail à partir du moment où on a un cadre de vie qui le permet ? JulieOui, c'est vrai que ça rejoint le télétravail. Les frontières sont assez fines parfois. Mais le digital nomadisme, pour revenir sur la question de l'empreinte carbone, ce n'est pas que voyager dans une course effrénée à l'autre bout du monde et de sauter d'avion en avion. C'est parfois tout simplement instaurer un mode de vie pour faire en sorte de travailler parfois loin des structures qui nous emploient. BertrandOK. Et ça fait partie de l'objectif de ton collectif ? JulieC'est une des valeurs que je souhaite conserver au sein du collectif, la flexibilité de pouvoir travailler d'où l'on souhaite. En revanche, je ne vais pas encourager directement les gens à prendre l'avion. BertrandMerci beaucoup Julie. Pour cette deuxième partie de notre entretien, j'aimerais bien qu'on parle de la mise en œuvre de ce nomadisme digital. Comment ça se passe et peut-on expliquer à ceux qui nous écoutent sur comment ça fonctionne ? JulieTout à fait. Si on est une personne qui souhaite aborder le digital nomadisme et le mettre en place dans sa vie, il y a plusieurs façons de le faire. Il existe des entreprises qui sont parfaitement matures pour avoir éprouvé justement cette manière de travailler. Elles vont proposer à leurs salariés un mode de travail en total remote, très lié au télétravail ou au digital nomadisme. Il y a des structures qui sont bien armées pour ça et dans ce cas-là, il y a des sites de recherche d'emploi qui sont orientés autour de ça exclusivement. Il faut quand même réfléchir qu'en tant que futur employé, vous avez des forces, vous avez un talent et il faut que la structure soit capable de vous accueillir. Donc, aller vers des entreprises matures qui ont déjà éprouvé le digital nomadisme ou le télétravail à 100%. Il y a tout un tas de choses dans la pratique à mettre en œuvre pour que ça marche. Et vous n'êtes pas seuls responsables et c'est vraiment quelque chose que je souhaite vous transmettre. BertrandC'est-à-dire que les entreprises sont aussi prêtes à accompagner, elles sont responsables. Elles sont prêtes à accompagner les salariés pour mettre en œuvre les bonnes pratiques ? JulieOui, exactement. Parce que le digital nomadisme, c'est bien, mais après, il y a quand même des choses à retenir. C'est qu'en étant en présentiel, il y a des choses qui passent, il y a du non verbal, et il y a des choses qui sont importantes. Et vous, en tant que jeune professionnel qui démarre dans la vie active, si vous voulez absolument commencer par du digital nomadisme, pourquoi pas ? Cependant, il y a quand même beaucoup de choses à apprendre en présentiel dans les entreprises. Il ne faut pas le négliger. Et il faut aller vers des structures qui sont prêtes à vous accueillir. Et ça, c'est la première étape, je pense. BertrandDonc, ça veut dire qu'il y a peut-être une première étape. Se dire pas de 100% en télétravail ou de 100% en digital nomadisme au tout début de son activité professionnelle. Et avoir comme objectif de le faire un peu plus tard ? JuliePourquoi pas ? Il n'y a pas une seule vérité absolue et la réponse, c'est vous qui l'avez en vous. En revanche, c'est vrai que ce n'est pas un parcours classique de démarrer par du digital nomadisme à 100% au tout début, mais ça peut marcher. BertrandOK, et après, il y a une question qui peut aussi arriver tout de suite derrière. Soit je suis dans une entreprise qui accepte le 100% télétravail, soit je suis freelance ? Et je pense que c'est aussi une façon d'aborder son travail différemment ? JulieTout à fait. Le freelancing ou le statut d'indépendant offre énormément de flexibilité. C'est un statut qui vous pousse presque aux portes de l'entrepreneuriat et où vous avez un pied dedans. C'est gérer ses factures, gérer sa propre commercialisation, trouver des missions, etc. En revanche, il y a énormément de missions en freelancing, en tant qu'indépendant. Il y en a plus qui sont proposés dans le cadre du digital nomadisme que des postes de salariés. Et donc, pour aborder le digital nomadisme, le télétravail et ce mode de vie, c'est une voie à étudier si vous souhaitez appliquer ça dans votre travail. BertrandEt toi, dans ton collectif, on en parlait aussi avant l'interview, tu travailles pas mal avec des freelances. Ça veut dire que c'est quand même adapté à ce statut-là ? JulieTout à fait. Au sein du collectif, on est principalement constituée de freelances et d'indépendants. C'est quelque chose que je souhaite faire évoluer, mais c'est un statut qui est bien adapté à ça. Après, il y a des entreprises qui sont 100% remote et qui ont des salariés pourtant. BertrandOui, je comprends. Ok. Et si on va un peu plus loin, est-ce qu'on peut aller chercher un peu la responsabilité ? Est-ce qu'il y a une responsabilité de l'employeur ? Est-ce qu'il y a une responsabilité sur la vie privée de son salarié quand il est en nomadisme digital ? JulieJe pense en effet que Déjà, de toute façon, je pense que tant qu'employeur, on a une énorme responsabilité aujourd'hui de protection et de bien-être de l'équipe et des employés. Il y a eu beaucoup de troubles qui sont apparus par rapport au travail. Je pense qu'il faut prendre conscience que ce sont aux entreprises et aux employeurs d'absorber tout ça et de faire preuve de créativité pour améliorer les conditions de travail. Pour revenir sur la question de digital nomadisme et de responsabilité de l'employeur, je pense qu'en effet, il faut être vigilant sur le suivi. Il faut créer des points réguliers pour que personne ne se sente isolée ou accumule peut-être des barrières psychologiques à s'exprimer. En tant qu'employeur, quand on est en présentiel, en particulier, les employeurs et les managers empathiques peuvent ressentir des choses. En distanciel, ça va passer à travers des écrans et donc il faut être encore plus alerte, encore plus sensible sur le bien-être de ses employés. Et après, en tant que personne qui travaille justement pour une entreprise ou pour une mission, vous devez aussi améliorer votre capacité à parler de vos problèmes. C'est de votre responsabilité de donner la transparence sur les points que vous ressentez qui peuvent-être bloquants. BertrandEt ça, quel que soit son statut, parce que là, ça ne change rien. Le statut, qu'on soit employé ou qu'on soit freelance, on doit faire part de ces blocages potentiels ou des barrières qui existent ? JulieTotalement et je dirais que ce n'est pas une vérité absolue, mais en tant que freelance, en tant que personne qui travaille en 100% remote, c'est de votre responsabilité de donner la visibilité sur ce que vous faites. Il n'y a pas cette notion de présentéisme. Et peut-être que votre rendu ou la présence peut être mal interprétée. Si vous n'êtes pas connecté ou autre sur Teams ou sur Slack, etc. C'est votre rôle, à vous, de donner de la visibilité claire sur ce que vous faites. BertrandSi on veut aller un peu plus loin, que la responsabilité, c'est aussi celle du salarié ou du freelance, de faire passer ses messages ? JulieMoi, je pense que dans une collaboration, en tant que personne, qui allez intégrer la vie professionnelle, vous devez évidemment aller vers des structures qui sont capables et qui vous méritent. Qui sont capables de vous accueillir. Mais vous aussi, vous devez donner le meilleur de vous-même et développer sans arrêt vos compétences, vos apprentissages. Et communiquer sur votre travail, donner de la visibilité sur ce que vous faites et poser les questions au moment où il faut les poser. Ça va faire partie des compétences que vous devez développer dans le monde de l'entreprise. BertrandCa veut dire qu'il faut dépasser la simple réunion, mais aussi réussir à briser la glace alors qu'il y a un écran entre celui qui travaille. Il faut réussir à le faire, ce n'est pas évident ? JulieCe n'est pas évident. Les bons managers vont faire preuve de créativité, créer des jeux en ligne, créer des ateliers brise-glace. Au sein du collectif, nous, on a fait un séminaire, il n'y a pas longtemps et c'était mixte. Il y avait des personnes à distance, des personnes en présentiel et on a fait un atelier brise-glace avec des questions ou des jeux, du style de classer quel est mon plat préféré. Et ça permet de parler des gens. Et c'est important. Et on travaille avec des gens, donc il faut se souvenir que Julie, par exemple, elle adore le surf. Du coup, quand on commence une réunion, on va peut-être parler de ce que tu as fait ce week-end ? ça fait partie de votre rôle. Il faut s'intéresser aux gens. BertrandD'accord, c'est de l'empathie ? JulieC'est de l'empathie et c'est presque un peu du bon sens, mais on peut le décupler quand on est à travers les écrans, ce n'est pas facile. Il faut y mettre du sien. BertrandJulie, il y a une question auquel on n'a pas répondu. Quels sont les métiers qui sont concernés ? Évidemment, on parle dans ce podcast des métiers du digital, mais je veux bien t'entendre sur UX, évidemment, mais est-ce qu'il y a des métiers qui ne seraient pas concernés par ce sujet-là ? Comment tu vois les choses ? JulieBien sûr, tous les métiers de la tech, du digital, peuvent être concernés plus ou moins facilement par le digital nomadisme ou le 100% télétravail. Cependant, moi, je pense qu'on fait partie d'une ère dans laquelle les barrières sont presque à lever aujourd'hui. Et du coup, si vous êtes fleuriste et que pour X ou Y raison, vous avez envie de changer de vie, de vous rapprocher de ce que vous avez vraiment envie de faire. Au fond, pourquoi pas lancer chaîne et créer des contenus sur les fleurs ? Il y a énormément, par exemple, de chefs de restaurants étoilés qui sont devenus des stars des contenus. Qui ont commencé à envisager des nouveaux types de business à travers du digital. Donc, j'ai envie de vous dire, Écoutez-vous, ce que vous avez envie de faire ? Et pas pour se lancer dans une course et freiner au digital nomadisme et cocher des endroits comme ça sur une liste. En revanche, accorder de la place à, où est-ce que vous avez envie de vivre, comment vous avez envie de vivre et essayer de faire preuve de créativité. Il n'y a presque aucun métier aujourd'hui qui ne peut pas être fait sans aborder le digital nomadisme. JulieIl y a des domaines qui seront plus faciles que d'autres, évidemment. Mais quand on voit qu'aujourd'hui, j'ai lu un article qui m'a fasciné. Il y avait un chirurgien émérite qui avait une spécificité, et qui a opéré grâce à des machines et une intelligence artificielle à distance un patient chinois. Il a opéré chirurgicalement. Donc, à partir de ce moment-là, on peut tout imaginer ou presque… BertrandOk, c'est intéressant parce qu'effectivement, ça ouvre de nouvelles perspectives. Ça permet de penser différemment son métier. Pour conclure cet entretien, j'aimerais bien qu'on parle de tes conseils, de tes expériences, de tes retours d'expérience sur ce que tu as fait en digital nomadisme et qui pourraient intéresser ceux qui nous écoutent ? JulieOui. Alors moi, pour vous avouer quelque chose de très personnel. J'ai commencé à envisager le digital nomadisme et le travail à distance quand j'ai voulu quitter cette routine de métro, boulot, dodo. Et, j'ai commencé à voyager pour mon bien-être personnel, pour mon bien-être mental. Et j'ai appris progressivement qu'il était important de s'organiser, de bien anticiper les questions de décalage horaire, les questions d'accessibilité à Internet, d'accessibilité à de l'électricité. J'ai appris quand il y avait des deadlines, des dates de rendu à anticiper, prévoir que le rendu était prêt à 95%, trois jours à l'avance. Parce que finalement, c'est une espèce de discipline et de rigueur que je pense est important à mettre en œuvre, à instaurer dans sa routine de travail quand on veut profiter de tous les avantages de la flexibilité. BertrandOn ne peut pas se décider au dernier moment, on ne peut pas faire les choses à la dernière minute. Donc, il faut anticiper encore plus. C'est quelque C'est quelque chose que je répète souvent à mes étudiants, Anticiper. Mais là, je crois qu'effectivement, tu as raison, il faut anticiper vraiment. JulieOui, il faut vraiment anticiper encore plus. Je pense que dans une routine faite avec des habitudes, il me semble que c'est des études qui le démontrent, mais je crois qu'il y a 30% d'imprévu. Et je pense que dans le digital nomadisme, le travail à distance, le mode de vie qu'on décrit depuis tout à l'heure, au-delà du terme en lui-même, je pense que ça doit être du 50%. Et de toute façon, il faut garder en tête qu'apprendre l'anticipation, c'est quelque chose qui va vous permettre de décharger votre charge mentale. Pour vous concentrer sur ce qui fait que vous, vous êtes bon, sur ce qu'on attend de vous réellement et d'aller plus loin dans les réflexions. BertrandEst-ce que c'est quelque chose qui est clair avec les personnes avec qui tu travailles ? Comment ça se passe cette relation que tu as avec les clients avec lesquels tu travailles ? C'est toujours clair ? JulieJe pense que ça fait partie des valeurs qui sont reflétées dans le collectif. C'est assez clair de manière générale. Et en plus, je trouve qu'on n'a même pas besoin trop de se parler. Moi, je vais facilement voir les gens aussi en présentiel. Je me déplace facilement. BertrandDe temps en temps, tu fais ça ? JulieOui, et je trouve que c'est important. Ça dépend du contexte, mais mes clients, je vais les voir une fois par mois ou une fois tous les deux mois. L'équipe, j'aime bien la voir une fois par mois ou tous les deux mois aussi. Et en fait, cet équilibre est assez naturel. On n'en parle pas tant que ça, mais par contre si il y a besoin, c'est important d'en parler. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire que s'ilil y a des questions qui sont posées sur, comment tu gères ta relation professionnelle en nomadisme ? Tu vas l'expliquer, le dire ? JulieJe vais le dire très simplement, très concrètement : Je vous propose une fois par mois, à telle date, je viens tant de jours. Est-ce que ça vous convient comme rythme ? Est-ce que vous avez autre chose en tête ? Parlons-en, il faut parler et dire pratiquement ce qu'on a en tête. BertrandEt pour reprendre tes retours d'expérience dans le collectif, comment tu gères ce nomadisme ? Il y a quand même aussi des questions qui peuvent être liées au décalage horaire ? Des gens qui ne sont pas sur le même fuseau horaire. Comment tu gères ça ? JulieConcrètement, comment ça se passe ? Une fois par semaine, parce qu'aujourd'hui, on est une petite équipe d'une dizaine au sein du collectif. On peut se le permettre de se voir une heure tous les lundis pour parler brièvement chacun de nos trois priorités de la semaine. Et donc, ça nous permet d'avoir une vision de ce que tout le monde fait. Après, moi, je laisse vraiment la flexibilité et la liberté. C'est vraiment des valeurs très importantes pour moi. Donc, je laisse tout le monde gérer son temps à sa sauce. En revanche, on se met d'accord sur les tâches à réaliser, le temps qu'il faut pour le réaliser et une date de livraison. À partir de ce moment-là, je laisse les gens libres. Je demande aux gens aussi de lever des alertes. Si jamais ils s'aperçoivent qu'ils en sont qu'à 20% de la réalisation de la tâche, mais qu'ils ont déjà passé 80% du temps estimés pour réaliser la tâche dans son entièreté. Il y a tout un tas d'astuces comme ça, de choses à tester, à mettre en place au quotidien pour que ça fonctionne. BertrandOk, excellent. Et la réunion, le weekly, c'est un truc qu'on retrouve dans les équipes de tech. C'est important, ça veut dire qu'il y a un moment où tout le monde se réunit au même moment ? vous êtes en visio ou au téléphone, et là, on expose tous les sujets de la semaine ? JulieExactement, on expose tous les sujets de la semaine, on est concis et on parle des principales problématiques qu'on a rencontrées la semaine précédente. Il y a une culture de dédiaboliser les problèmes au sein du collectif. On essaye de donner de la visibilité sur ce qu'on fait parce qu'on peut créer des synergies entre les gens. BertrandÇa me semble hyper clair et j'aime beaucoup cette idée de weekly. Ça me rappelle plein de choses qu'on a déjà fait dans le Gagne-Pain. Est-ce qu'il resterait des choses que tu as envie de transmettre, à ceux qui nous écoutent pour les préparer ça ? Est-ce qu'il y a des petits trucs, des petites astuces que tu aimerais partager ? JulieOui, Il y a une chose qui me vient en tête. Il y a un livre qui a changé ma vie. Ça s'appelle The Strengths Finder, Trouver ses forces de Tom Rath BertrandOn mettra les liens de ton bouquin dans les commentaires du podcast pour que chacun puisse le retrouver facilement. JulieOui, tout à fait. Je l'ai relu récemment. Je dirais qu'il a peut-être un peu mal vieilli. Néanmoins, je vous parle quand même de cette référence parce qu'il y a un message fort que j'aimerais vous transmettre, c'est : Prenez conscience de vos forces. Le monde du travail s'est un peu construit aujourd'hui en essayant de former des gens qui sont moyens en tout. Ce n'est pas possible. Ce n'est pas la force, ce n'est pas la richesse qui on est en tant qu'être humain. Prenez conscience de vos forces, appuyez-vous dessus et n'hésitez pas à demander de l'aide sur vos faiblesses. Et peut-être que vous pouvez, à terme, en évoluant dans votre carrière professionnelle, peut-être complètement abandonner vos faiblesses pour vous concentrer sur ce qui vous fait kiffer, ce que vous adorez et ce dans quoi vous êtes bon. Donc, prenez conscience de vos forces et demandez de l'aide pour le reste. BertrandOk, se connaître soi-même. C'est super important. C'est un peu le début, mais c'est évidemment hyper important. J'ai une dernière question. Ceux qui nous écoutent et qui ont envie de prolonger la discussion avec toi, comment ils font ? Comment ils peuvent te contacter ? C'est quoi la meilleure solution ? JulieJ'ai un profil LinkedIn. Je suis hyper accessible. J'adore transmettre, j'adore aider parce que moi, quand j'étais petite, j'étais confrontée au manque d'informations, justement. Au moment où il fallait prendre des décisions hyper stressantes et hyper décisives pour sa vie, donc sur LinkedIn. BertrandOk. Pareil, on mettra ton profil LinkedIn dans les commentaires du podcast pour que chacun puisse te trouver facilement. Julie, merci beaucoup. JulieMerci beaucoup. À vous, Le Gagne-Pain. BertrandMerci beaucoup. À bientôt. L'épisode 82 de l'Atelier du Gagne-Pain, est également disponible sur : ### Un bon profil LinkedIn – Julien Pibourret Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir, Julien Pibourret. Julien nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Julien, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Julien Pibourret – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 78 : Bertrand Bonjour Julien. JulienBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Julien de revenir sur Le Gagne-Pain. Julien est formateur sur les réseaux sociaux et le web marketing. Il a écrit La petite boîte à outils LinkedIn et il vient de publier, avec Sébastien Beaujault, la petite boîte à outils des IA génératives pour créer du contenu. On va beaucoup parler d'intelligence artificielle avec Julien. Julien est vraiment bien placé pour répondre à nos questions. Est-ce que tu veux ajouter quelque chose pour te présenter rapidement à ceux qui nous écoutent ? JulienOui, tu m'as bien présenté par rapport à ton podcast. Moi, je viens du Sud-Ouest. J'ai un accent, je suis un ancien aussi rugbyman par rapport à tout ça. Je suis venu à Paris pour changer complètement de métier. Avant, j'étais commercial. Et aujourd'hui, j'ai beaucoup plus de curiosités et c'est d'ailleurs pour ça aussi que Dunod m'a sollicité pour faire deux ouvrages, parce que j'explore. Je considère qu'on n'est pas forcément tout le temps des experts, parce que ce sont des sujets qui sont tellement infinis. Et donc, au quotidien, je m'améliore par rapport à tout ça et j'en fais profiter les gens qui me suivent sur mes différents réseaux sociaux. BertrandÇa, c'est sûr, je le sais, il est didactique, il est capable d'expliquer ça simplement. Donc, on va essayer justement de rentrer un peu dans l'intelligence artificielle avec toi. Je te rappelle que le Gagne-Pin et l'atelier du Gagne-Pin a surtout pour objectif de fournir des conseils à ceux qui nous écoutent, aux plus jeunes, pour les aider à développer leur carrière dans le digital. Donc forcément, l'intelligence artificielle, c'est important. Et en préparant cette émission, on a organisé notre entretien en quatre grands thèmes. C'est quoi l'intelligence artificielle générative ? Comment est-ce qu'on peut l'utiliser dans ce quotidien ? Comment les entreprises peuvent l'utiliser dans leur quotidien ? Utiliser l'intelligence artificielle pour trouver un job ? Je pense que là aussi, il y a pas mal quelles sont les choses intéressantes. Et puis, quels seraient tes autres conseils autour de l'intelligence artificielle ? Ça fait un petit thème assez large. On peut commencer peut-être par le premier. C'est quoi l'intelligence artificielle générative ? JulienDéjà, première chose, Bertrand, ce n'est pas nouveau. Ça existe depuis plus de 40 ans. Ce qui est nouveau, c'est l'accès grand public. C'est là où c'est vraiment une révolution. BertrandC'est ce qui a changé ces dernières années avec le rat de marée qu'on voit. On utilise des intelligences artificielles pour le grand public, pour tout le monde. JulienTout à fait. Moi, je considère que c'est un tsunami et le tsunami n'est pas près de s'arrêter. D'ailleurs, les usages sont en train de se mettre en place. D'accord. BertrandUne fois qu'on a dit ça, on a maintenant des centaines d'intelligences artificielles et de génératives différentes qui permettent de faire quoi ? JulienOn a déjà un premier conseil qu'on peut donner là-dessus. On a une encyclopédie en ligne qui s'appelle Futurpedia, qui recense plus d'une centaine, voire de milliers de solutions par rapport à ça, différentes familles. C'est nous ce qu'on a traité dans le livre avec Sébastien Beaujault. On a plusieurs familles, la génération de textes, la génération d'images. Et après d'autres usages qui vont notamment la génération de code, la génération de présentation, de support, de CV, où là, c'est un peu plus fragmenté en termes de résultat. BertrandC'est ça que vous détaillez dans ce dernier ouvrage que tu publies, cette possibilité d'utiliser cet IA génératif pour tous les contenus ? JulienTout à fait, on peut l'utiliser. L'exemple le plus typique qu'on peut trouver, c'est ce qu'on est en train de faire en enregistrement de podcast. On va pouvoir le mettre sur une solution, par exemple, qui s'appelle OPUS Clip, qui nous permet automatiquement de générer des mini-clips et qui donne aussi, bien sûr, un potentiel de viralité sur les messages. BertrandD'accord. Donc, tous les contenus sont concernés, que ce soit le texte, c'est celui qu'on connaît le plus, la vidéo, la photo. Et c'est ça qu'on appelle l'intelligence artificielle générative ? Julien Tout à fait. BertrandSi on va un peu plus loin et qu'on essaie d'aider nos auditeurs. Pourquoi tu as écrit ce livre. Quel était l'objectif ? Qu'est-ce que tu voulais faire avec ce livre ? JulienL'objectif, clairement, c'est que quand on a commencé à travailler dessus avec Sébastien, déjà, on a exploré au quotidien de manière autonome. Après, nous, on a voulu se positionner aussi par rapport à ces sujets et on avait des demandes aussi, bien sûr, de clients en formation là-dessus. Donc, on s'est dit : Il faut qu'on essaie de structurer parce que tout le monde en parle. Mais on essaie de faire un travail, de se poser. Qu'est-ce qu'on peut faire et quels sont les usages. C'est pour ça, essentiellement, qu'on a créé ce livre. Et après, pour aussi aller chercher des personnes expertes sur ces sujets. BertrandC'est un format boîte à outils que tu connais déjà puisque tu l'avais déjà utilisé avec Dunod, qui permet justement d'être très pratique. On va détailler chacune des intelligences artificielles et comment les utiliser ? JulienTout à fait. On a des plans d'action, on a des interviews de professionnels, des personnes à l'international. C'est un livre vraiment qui est très fonctionnel, très pratique et qui permet d'avoir une première rampe de lancement. Dire que c'est un livre exhaustif, c'est une erreur, bien évidemment, mais ça permet de rentrer dans ce monde et surtout de ne pas se laisser dépasser par les IA. BertrandDans les deuxièmes choses qu'on avait envie d'évoquer avec toi, il y avait comment l'utiliser dans son quotidien. Si on se place du point de vue de nos auditeurs, disons plutôt des jeunes étudiants ou des gens qui sont dans leurs premières activités professionnelles. Ça veut dire quoi l'utilisation de l'intelligence artificielle d'un point de vue pratique pour ces jeunes ? JulienSur la partie emploi, ce qui est en train d'arriver comme usage, on ne l'a pas encore traité fondamentalement dans le livre parce que c'est relativement récent. J'ai collaboré avec un cabinet RH à Paris. Les premiers entretiens, maintenant, souvent, se font en visio. On a la possibilité avec les IA, automatiquement, quand il y a une question du recruteur, que l'IA prépare des éléments de réponse pour le candidat, pour la candidate. Ça, déjà, c'est quand même assez fascinant. Ça, c'est la première chose. Il peut y avoir, le fait de pouvoir scanner des CV, c'est-à-dire rentrer les CV de personnes qui sont des personnes pertinentes. Et l'IA va nous faire des recommandations sur comment est-ce qu'il faut mettre le CV, de quelle manière, de la disposition visuelle. Ça, c'est des choses qu'on va pouvoir retrouver. Et après, on va pouvoir aussi utiliser l'IA comme un véritable coach pour s'entraîner lors des entretiens d'embauche. BertrandÇa, c'est vraiment intéressant parce qu'on a déjà évoqué ça une autre fois dans une interview dans le Gagne-Pain, c'est comment l'IA peut t'aider à préparer ton entretien ? JulienExactement. Moi, je considère que le premier usage, c'est l'utiliser comme un second cerveau. Bien évidemment, il y a des limites par rapport à ça et je pense qu'il faut quand même aussi, bien sûr, en parler. Mais renseignez-vous par rapport à ça, regardez déjà ce qui se fait et vous allez voir qu'après, c'est un avantage. BertrandOui, ça peut aussi être un avantage de dire qu'on a travaillé avec l'IA pour préparer l'entretien quand on arrive dans une entreprise ? JulienOui, bien sûr, il ne faut pas se cacher par rapport à ça. Moi, sur mes sujets, au niveau de la création de contenu, je dis au client : C'est assisté par l'IA. Je fais comprendre que c'est un usage. Et souvent, nous, ce qu'on dit, c'est qu'on ne va pas forcément être remplacés par les IA, ce sont les gens qui vont savoir les utiliser qui vont vous remplacer. BertrandD'accord. Là, on est parti directement sur le sujet de l'emploi, de la recherche d'emploi. Ça veut dire que toi, tu penses aussi que ça va créer des nouveaux emplois dans les entreprises ? JulienIl y a plusieurs études qui sont sorties par rapport à ça, des études du FMI, une grosse étude aussi de Goldman Sachs récemment qui parle de ça. On considère qu'il y a des emplois qui vont être potentiellement remplacés. Aujourd'hui, c'est encore trop tôt pour vraiment clarifier tout ça. Les métiers autour de la productivité, autour de tout ce qui est logistique, le côté bureautique, oui, il va y avoir des impacts. Pour l'instant, on ne va plus avoir des choses qui vont s'internaliser. Et après, bien sûr, les entreprises vont chercher des gains de productivité. Donc, on a différentes choses qui vont pouvoir se faire. Mais c'était déjà le cas avant. Sauf que là, c'est un accès grand public. C'est ça qu'il faut prendre en compte. BertrandEt quand on a travaillé là-dessus, tu as aussi dit que ça avait un impact pour les entreprises qui allaient créer des postes spécifiquement pour les IA. C'est bien que tu nous m'expliques ça ? JulienOui, tout à fait. La conviction que nous avons avec Sébastien, c'est qu'on considère que ça va être trop compliqué pour les entreprises de se poser et vraiment de pouvoir clarifier comment mettre en place ces IA dans leur entreprise. S'il y a un intérêt. Nous, on pense, c'est qu'il va y avoir l'intégration avec les entreprises. Comme on a sur des logiciels type comptabilité, CRM, pour venir faire une mission un peu d'audit dans une entreprise et savoir concrètement qu'est-ce qu'on peut faire, comment est-ce qu'on peut le mettre en place. Et en quoi l'IA va pouvoir nous aider à améliorer, par exemple, nos process. BertrandD'accord. Donc des intégrateurs d'IA dans les entreprises pour justement accompagner les salariés, les équipes, pour savoir quelles sont les bonnes pratiques, les meilleurs outils à utiliser, j'imagine aussi ? JulienOui, on a même des formateurs aujourd'hui qui sont en train de se lancer aussi, ce qu'on appelle chef de projet IA. Ce sont clairement aussi des gens après qui vont être capables de mener des projets à l'entreprise assez transverses autour de ces thématiques. BertrandOn n'a pas parlé d'une chose importante encore qui est le prompt. C'est un sujet qui revient souvent. Le prompt, c'est la façon dont on interroge l'IA. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ? Et notamment évoquer le prompt engineering, c'est-à-dire peut-être ces futurs métiers qui vont arriver aussi. JulienOui, d'ailleurs, renseignez-vous aussi, on en parle aussi dans l'ouvrage, sur typiquement les marketplaces de freelance où on voit qu'en mettant le mot clé prompt engineering. Il y a de plus en plus de gens qui se positionnent là-dessus. Ça, c'est aussi un indicateur. Le prompt, c'est vraiment la phrase, le texte qu'on va mettre, qu'on va rentrer dans la machine, ce qu'on appelle un input. Et là, il y a plein d'informations qu'on donne dans le livre, parce que Sébastien Bourgeaud, utilise beaucoup ça dans la partie rédaction. Et quelques clés, bien évidemment, pour bien comprendre ça, c'est qu'il ne faut pas hésiter, bien sûr, On va faire un prompt où on va apporter du contexte. On va dire à l'IA qui on est, qui on représente et quel est notre objectif. Et à partir de là, je dis bien à partir de là, on peut renseigner les éléments qu'on veut pour l'IA. BertrandSi je comprends bien ce que tu dis, ça veut dire que le prompt, ce n'est pas juste une phrase, c'est C'est une sorte de dialogue déjà. Il faut déjà échanger avec la machine pour lui dire quel est le contexte, qui on est, qu'est-ce qu'on cherche, bien préciser tout ça avant de lui poser une question. JulienExactement. Moi, c'est ce que je fais pour du contenu pour mes clients, par exemple sur LinkedIn. Je vais dire : Je suis promoteur immobilier, mon objectif, c'est ça. J'ai besoin de ça. Et à partir de là, rédigez-moi un contenu ou aide-moi à rédiger un contenu autour de ce sujet. BertrandC'est bien ça qu'il faut comprendre. Et donc ce prompt peut devenir un métier. C'est-à-dire qu'on peut imaginer demain que ça soit une création de métier comme on l'évoquait tout à l'heure. Avec des gens qui vont être spécialistes dans les interrogations pour les machines. JulienOui, il y a d'ailleurs même, pour la première fois l'année dernière, un artiste, pour une compétition, qui a utilisé l'IA MidJourney et qui a gagné la compétition en faisant une œuvre d'art numérique, digitale. Il a passé, tenez-vous bien, six heures à faire son prompt. Il faut y passer du temps. BertrandJe comprends. Ça, ça peut devenir un nouveau job ? JulienÇa peut devenir un nouveau job. Je pense que d'abord, il va y avoir une volonté d'internaliser, de monter en compétence. Les chefs de projets marketing, Après, on verra un petit peu comment ça va se mettre en place, mais c'est certain qu'il va falloir être polyvalent par rapport à tout ça. BertrandDans une conférence où j'étais il y a peu de temps, il y a un interlocuteur qui disait, et ça, je pense que ça concerne vraiment ceux qui nous écoutent, qui lui disait : il va falloir être SEO manager / IA. Il va falloir être Community Manager / IA, c'est-à-dire intégrer l'IA dans son propre métier tel qu'il existe aujourd'hui. Est-ce que tu es d'accord avec ça ? JulienOui, 100%. D'ailleurs, je pense que ça va créer des réticences. Et les gens, encore une fois, qui ont la curiosité, ils vont être en avance. Il faut prendre le train, on parle de fracture numérique, mais là, clairement, il va y avoir une fracture de plus en plus importante. Il y a des entreprises qu'il va falloir aider, des gens qu'il va falloir aider. Et si on est jeunes, qu'on est curieux, qu'on a un petit peu compris comment ça fonctionne, on va avoir un temps d'avance. BertrandDans cette question concernant les métiers, les jobs qui sont éventuellement supprimés par l'IA ou les jobs qui sont créés par l'IA. Il y a à la fois des nouveaux jobs dont on a parlé, prompt engineer, des gens qui vont faire l'intégration dont tu parlais tout à l'heure. Mais il va aussi y avoir le fait qu'un job va changer grâce à l'IA, va rester un job de SEO manager, par exemple, mais il va falloir intégrer le IA dans son métier ? JulienTout à fait, ça, c'est clair et net. On le voit bien évidemment d'abord sur les métiers autour du digital, mais tous les métiers vont être impactés. Il y a des gains de productivité qui sont clairs aujourd'hui avec les IA. Simplement, ce qu'il faudra bien vérifier, c'est à la sortie, les résultats, est-ce qu'ils sont pertinents ? C'est là où parfois, il faudra quand même qu'il y ait une couche encore humaine pour vérifier tout ça. BertrandBien sûr, il faudra toujours que l'humain pilote la machine, quelle qu'elle soit ? JulienParfois, les clients ne s'y comprennent pas. C'est qu'on leur dit : OK, on rédige typiquement, on fait du contenu à assister via de l'IA. Pour eux, c'est véridique. Il va se tromper. Il y a des gens qui entraînent, des biais psychologiques qui sont faits par les IA, d'ailleurs beaucoup de polémiques sur ChatGPT. Les plus connues, parce que ça a été entraîné par des personnes au Kenya. C'est quelle information on donne à une IA, pour l'entraîner. Il y a des choix qui sont faits. BertrandDans les sujets qu'on avait prévu d'évoquer, il y a la création de contenu. On en a déjà un peu parlé, mais j'aurais bien aimé qu'on creuse un peu ce sujet. Comment aider ceux qui nous écoutent à créer du contenu. Je crois que dans ton bouquin, tu détailles ça, c'est-à-dire quels sont les contenus qu'on crée, quels sont peut-être, avec les IA génératives qui te semblent plus intéressantes par contenu ? Pour le texte, pour la vidéo, pour la photo. Est-ce qu'on peut s'arrêter un peu là-dessus ? JulienOui, bien sûr. Le plus connu, bien évidemment, les solutions OpenIA, ça, c'est une référence. Il y a le pendant français quand même, qu'on peut dire C'est Mistral, qui a fait une levée de fonds aussi cette année, donc toujours un petit peu de retard, mais on peut considérer que ça fonctionne. C'est le même modèle, c'est génération de textes, typiquement. J'ai déjà vu des exemples aussi avec les gens qui font des factures automatiquement avec cette partie-là. Ça, c'est la partie texte. BertrandDonc la partie texte, on va dire Open AI, c'est-à-dire ChatGPT et Mistral pour la partie française, européenne, je crois, parce qu'ils ont aussi développé des fonds pour l'Europe ? JulienExactement. Pour la partie photo, tout ce qui est visuel, aujourd'hui, le plus connu, ça va être Midjourney, qui est fascinant. Si on sait l'utiliser, j'ai encore vu des exemples, on en parlait un petit peu tout à l'heure, c'est assez extraordinaire. On peut en donner deux autres par rapport à ce côté photo. Il va y avoir bien sûr DALL-E, qui fait partie aussi d'OpenAI. Et on va retrouver pour la partie visuelle, Stable Diffusion, qui est aussi un mode de recherche pour la partie générative. Ça marche très bien. Sur le côté vidéo, là, ça se met en place. Je peux conseiller un outil à tester qui s'appelle HeyGen, qui permet de changer automatiquement sa voix, de se faire parler en n'importe quelle langue en gardant son accent. J'ai testé ça, c'est incroyable. On peut faire son propre avatar. Il y a aussi Synthesia qui marche très bien par rapport à ça. On a fait une interview du cofondateur dans l'ouvrage. Après, on a un autre usage qu'on a constaté par rapport aux IA, c'est tout ce qui va concerner aussi typiquement la partie moteur de recherche. On peut intégrer aussi des extensions dans des outils comme SMRush, dans des outils, même comme Href. Et on va avoir aussi des usages sur la partie développement web. C'est-à-dire que ça va devenir encore plus simple, pour le code. Et d'ailleurs, il y avait quelques années, on disait que les développeurs, c'étaient des métiers un peu en tension. Ils faisaient un petit peu ce qu'ils voulaient sur le marché du travail. Moi, je pense aujourd'hui qu'avec des IA, ça va être un peu régulé. Parce que quelqu'un qui aura cette compétence va pouvoir demander à une IA, de rédiger, de modifier des éléments de code et ça va peut-être aussi remplacer certains développeurs qui sont un peu trop généralistes. BertrandDonc ça, c'est vraiment plutôt, disons, B2B, pour la génération de sites Web, de code, quels que soient les codes. Et ça, tu penses, qui va changer les choses ? JulienOui, et surtout, il faut bien avoir en tête que tous les outils généralistes, par exemple des outils comme Notion. Les plateformes les plus connues sur les réseaux sociaux. Microsoft avec une solution Copilote, ils sont en train d'intégrer. Toutes ces grandes solutions SaaS vont intégrer les IA. Ça va devenir automatique, ça va devenir transparent. On va même plus se rendre compte de comment ça fonctionne. Cela sera intégré. BertrandPour en savoir plus, évidemment, on peut se référer à ton bouquin. Vous traitez à peu près combien d'IA différentes ? Vous en étudiez combien à peu près ? C'est quoi l'ordre de grandeur ? JulienDans le bouquin, on a traité 36 outils. Et on a mis quatre plans d'action, c'est-à-dire quatre manières d'utiliser. Typiquement, il y a un plan d'action sur Midjourney, il y a un plan d'action sur ChatGPT, il y en a aussi d'autres qu'on peut retrouver. Et on a fait aussi des interviews d'experts sur ce sujet. Qui donne aussi un peu le retour d'expérience et leur vision sur ce nouveau monde, parce que c'est clairement un nouveau monde qui est en train d'arriver. BertrandÉvidemment, ceux qui veulent aller plus loin peuvent se référer au bouquin et on mettra les liens dans les commentaires du podcast. Est-ce qu'on pourrait passer à la quatrième partie de notre interview ? Quels seraient tes autres conseils ? En se mettant à la place des jeunes que tu rencontres dans tes formations, des jeunes que tu vois un peu partout dans les écoles dans lesquelles tu interviens ? Quels sont les conseils que tu voudrais donner à ceux qui nous écoutent sur l'utilisation de l'IA ? JulienDéjà, le premier conseil, ce n'est pas de faire confiance à l'IA. C'est-à-dire que si on prend ce que donne l'IA pour argent comptable, et ça, les étudiants, ils sont très forts pour ça. Moi, j'arrive à voir. Il ne faut pas croire non plus que les professionnels, on cogite un petit peu par rapport à ça. C'est quand même de vérifier, bien évidemment. BertrandDonc toujours vérifier ce qu'on a comme info ? JulienToujours vérifier. Et aussi ne pas faire que du contenu rédigé avec de l'IA. C'est-à-dire faire travailler sa matière grise. Parce qu'après, on va devenir dépendant. Ça, c'est aussi un vrai sujet. Déjà que l'être humain est un peu feignant et les gens du marketing ont très bien compris ça. Donc, déjà, premier conseil, ne pas faire confiance à l'IA. Ils trouvent que c'est un sujet qui n'est pas assez abordé. Deuxième point, c'est de se renseigner aussi sur l'éthique autour de l'IA. Se renseigner sur comment ces IA sont entraînées. Il y a un enjeu aussi géopolitique très fort avec ces outils. Et pour moi, je trouve que c'est une entrée qu'il faut vraiment faire avant de se poser la question de quel outil on va utiliser. Déjà, c'est bien de comprendre les enjeux, la vulgarisation. Les entreprises aussi ont besoin de ça. Et les étudiants peuvent apporter beaucoup d'éléments par rapport à ça. Et le dernier conseil que je pourrais donner, c'est, de pratiquer. Nous, on a listé beaucoup d'outils. On les a pratiqués. Ça évolue, ça progresse. Je pense qu'il faut tester, faire de la création de contenu. Et vous allez voir, faites un test, faites un contenu pour un client ou pour une entreprise dans laquelle vous êtes. Est-ce qu'il arrive à savoir si c'est un contenu généré par une IA ou un contenu généré par un artisan humain ? BertrandD'accord. Donc tes conseils, le premier, c'est de faire attention, c'est-à-dire de prendre du recul et de ne pas traiter l'IA comme argent comptant, c'est-à-dire toujours vérifier. Et puis le deuxième, si je suis bien, c'est de tester, de faire des tests en permanence ? JulienIl faut tester, il faut faire des erreurs, bien évidemment. On dit qu'il faut pratiquer sur les aspects du marketing et du web marketing. Là, c'est encore plus le cas parce qu'il se peut qu'il y ait des évolutions d'un mois sur l'autre. BertrandUne autre remarque que j'ai beaucoup de la part des étudiants, c'est de citer l'IA. Pourquoi ne pas citer le prompt qu'on a utilisé et l'outil qu'on a utilisé ? Est-ce que c'est une bonne remarque ? JulienC'est une bonne question. Moi, j'ai tendance à dire que c'est bien de mettre les crédits. Après, aujourd'hui, il n'y a rien qui nous empêche de ne pas le faire. Ce qui est certain, c'est qu'ils sont en train de travailler sur un label, pour la création de contenu. Mais à terme, on ne pourra plus distinguer le contenu réalisé par un humain et le contenu réalisé par une IA. Donc moi, honnêtement, pour les clients, je ne fais pas ça. Mais ça peut être bien de créditer ses contenus. BertrandAprès, si on parle aux étudiants ça dépend des règles propres aux écoles. Pour conclure, on avait évoqué quelques sujets que tu souhaitais ajouter. Notamment, citer quelques personnes importantes qui peuvent être utiles pour ceux qui nous écoutent, et pourquoi pas de suivre sur les réseaux sociaux... JulienExactement. Déjà, je vais quand même citer Sébastien Beaujault, le coauteur du livre, qui est spécialisé rédacteur web, ancien journaliste et qui explore beaucoup, qui a aussi une newsletter sur ces sujets. Après, je vais donner quatre experts. À la fin du livre, on a listé une dizaine d'experts francophones à l'international. Je vais citer Nina Schick . Elle est spécialiste et conférencière sur les IA génératives. Elle explique comment ça va changer l'humanité... On a Emmanuel Vivier, en France, qui travaille pour le Hub Institute, qui fait beaucoup de contenu sur l'IA, de formations, une newsletter spécialisée sur l'IA générative qui s'appelle le Big Recap. C'est très bien. On a aussi typiquement Max Rascher. Lui, il a aussi une newsletter par rapport à ça qui s'appelle The Lazy Marketer. Là, ça leur parle un petit peu de venir feignant grâce aux IA. Moi, je pense d'ailleurs qu'il faut développer ce côté malin. Donc, on peut s'intéresser à tout ça. Et il y a Nathalie Dupuy, une Française qui est directrice ici, qui est prompteuse IA et qui a fondé un magazine trimestriel sur l'IA expérientiel. Ça, c'est super intéressant aussi. Il y en a d'autres dans le bouquin. Mais déjà, c'est quatre personnes. Ça vous fait un peu de travail. BertrandExcellent. Ceux qui veulent en savoir plus On va aller dans le bouquin puisque là, il y en a beaucoup plus. Dernière petite question, Julien. Si ceux qui nous écoutent souhaitent aller plus loin avec toi, souhaitent en savoir plus, souhaitent t'interroger, pourquoi pas, sur des questions, comment ils peuvent faire ? JulienVous pouvez m'envoyer des messages, bien évidemment, sur LinkedIn. C'est là où je suis le plus réactif. Et puis aussi en termes d'activité, ce que je fais aussi en plus, on a une agence de communication qui s'appelle Slash Boom. Et après, je suis aussi membre d'un club d'affaires qui s'appelle Le Vestiaire dl'i Immobilier où je suis vice-président. Si c'est aussi les sujets qui vous intéresse... BertrandJulien, merci beaucoup. JulienMerci Bertrand. L'épisode 78 du Gagne-Pain, l'atelier #15 , est également disponible sur : ### Créateur UGC – Philippe Peytroux Philippe Peytroux , Créateur UGC. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir, Philippe Peytroux. Philippe nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Philippe, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Philippe Peytroux – Profil LinkedIn Interview faite par : Majdeline Maza - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 77 : Majdeline Bonjour Philippe. PhilippeBonjour Majdeline. MajdelineMerci Philippe d'avoir accepté l'invitation du gain de pain. Philippe, tu es créateur UGC à ton compte. On va avoir l'occasion de revenir un peu plus en détails sur ton métier. Mais avant, est-ce que tu peux te décrire en quelques mots ? PhilippeEn quelques mots ? Ok. Je m'appelle Philippe, j'ai 33 ans et je suis créateur de contenu, je suis revenu depuis 2011. Je faisais des vidéos sur YouTube, donc c'était plus dans le dev perso à l'époque. Et il y a à peu près deux ans, je me suis orienté vers l'UGC (User Generated Content, en français Contenu créé par les utilisateurs), dont on va parler tout à l'heure. Le coaching aussi, puisque j'étais coach en développement personnel, et je me suis plus intéressé à aider les marques à se démarquer sur les réseaux sociaux via des vidéos, via une approche créative et pédagogique. Ça fait deux ans que je fais des vidéos pour les marques. J'ai fait à peu près 150 collaborations avec plein de marques diverses. MajdelineEst-ce que tu peux nous parler de ton parcours professionnel un peu plus dans le détail ? Par quoi tu es passé avant d'en arriver là ? PhilippeAlors moi, j'ai eu un parcours qui était de base plus dans le commerce. Donc moi, je sors d'un BEP vente. J'ai arrêté en cours de route le bac pro. Et donc, pendant quasiment dix ans, j'étais employé, libre au service, j'ai fait poissonnier, j'ai fait tout un tas de choses vraiment super. Et dernièrement, le dernier poste que j'ai eu, c'était en 2017, où j'étais vendeur chez But. Voilà, je me suis vraiment lancé en 2017, à la suite du décès de ma maman. MajdelineÇa a été ton événement déclencheur ? PhilippeExactement, oui. Il y en a eu plusieurs, on va dire, mais celui-là, c'était le plus important. Je me suis dit : je ne peux pas rester là. Fais quelque chose, vas-y, fonce. Et je me suis décidé de me lancer. MajdelineOK, j'imagine que tout le monde a envie de savoir ce que c'est que l'UGC. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est, l'acronyme, en quoi ça consiste ? PhilippeOui, User Generated Content (UGC) c'est du contenu généré par l'utilisateur. Donc, c'était les personnes qui faisaient de l'unboxing, donc ouverture de carton. Regardez, j'ai reçu un super colis, avec des produits dedans. Et l'objectif, c'est que vous deveniez, en quelque sorte, avec une vidéo, l'utilisateur type de la marque. Ca peut être tout et n'importe quoi. J'ai un paquet de mouchoirs, là. Voilà, je pourrais vendre le paquet de mouchoirs. Et l'objectif, c'est vraiment de représenter l'avatar, comme on dit, de la marque. Donc pour divers produits, ça peut aller d'une application téléphonique à un grille-pain. Donc, ça a commencé comme ça, avec des choses qui n'étaient pas forcément structurées. Il n'y avait pas de scénario. Maintenant, on est sur quelque chose qui est beaucoup plus scénarisé avec des plans. L'objectif, c'est d'engager le client, du coup l'audience, de les pousser soit à l'achat, soit les pousser à s'abonner ou tout simplement interagir avec la page. MajdelineD'accord, OK. Donc, si je résume, on se met dans les chaussures du client type de la marque et on met en avant les produits de la marque pour générer une vente ? Philippe Exactement. MajdelineOk, comment tu t'es retrouvé là-dedans et comment tu t'es lancé ? PhilippeEn 2022, je commence à saturer avec le dev perso. C'est quelque chose qui est très prenant émotionnellement puisqu'on est avec des gens qui ont des vraies difficultés, donc ça a commencé à me peser. Je me suis dit: Philippe, comment tu peux faire pour changer de voix ? Qu'est-ce que tu dois C'est ce que tu dois faire. Et j'ai toujours aimé les challenges. Je me lance des petits challenges. Et du coup, je me suis dit: Tiens, crée un compte TikTok et tu vas essayer de trouver des moyens de gagner ta vie sur Internet. Trouve quelque chose et on verra vers quoi ça te mène. Donc, je me suis fait un challenge pendant un mois où je devais trouver des manières de gagner 1 000 € sur Internet avec mes compétences que j'avais acquises en termes de marketing digital. Grâce au dev perso, puisqu'on crée des pages de vente, on fait plein de choses. Et j'ai découvert l'UGC comme ça. Je crois que c'était au bout du jour 20 ou 15 du défi. Et j'ai découvert ça et je me suis dit OK, lance-toi. Et c'est vraiment ce défi-là qui m'a fait découvrir l'UGC. MajdelineAujourd'hui, il y a de plus en plus de créateurs UGC. Pourquoi tu es resté ? Parce que oui, tu l'as découvert par hasard, ça t'a généré des ventes. Mais pourquoi finalement aujourd'hui, tu le fais encore ? PhilippeQu'est-ce qui te motive, alors il y a plusieurs choses. Déjà l'acting, j'adore ça. Faire des vidéos, c'est génial. Le montage. Qu'est-ce qui fait que je suis resté ? Je pense que ce sont mes connaissances aussi en marketing. Le fait d'avoir un branding. La plupart des créateurs n'ont pas ça. Et je pense que c'est ce qui m'a permis de tirer mon épingle du jeu. Après, c'était il y a deux ans, ça commençait en France. Moins de concurrence, certes, pas beaucoup d'hommes. On pourra en parler, mais vraiment il n'y a pas beaucoup d'hommes. Et je pense que c'est toutes ces petites choses-là qu'on ajoute. Voilà, les unes avec les autres qui font que j'en suis là aujourd'hui. MajdelineOk. Et si on a un de nos auditeurs qui souhaite se lancer, quelles seraient pour toi les trois principales compétences requises pour faire ce job ? PhilippeDéjà, c'est une appétence en termes de création de contenu. Ça, c'est clair et net. Ne pas avoir peur de se mettre en avant. Et le fait d'avoir une vision entrepreneuriale, je pense aussi. Tout dépend évidemment si on veut en vivre, mais si c'est le cas, il faut avoir la curiosité, l'appétence pour la création de contenu et puis de l'optimisme. C'est pas mal ça. Les trois choses qui me viennent, c'est ça. MajdelineÇa me fait une belle transition. Quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus dans ce métier et ensuite celle qui te plaît le moins ? PhilippeLa création du script et le fait de le mettre en avant dans la vidéo, avec une approche particulière. Je pense que c'est l'aspect créatif qui me plaît le plus. MajdelineEt ce qui te plaît le moins ? PhilippeLes deadlines d'avoir des clients qui disent : Tu peux me rendre ta vidéo demain matin ? Mais il est 22h00... Ça va, ce n'est pas grave. Mais, les deadlines, c'est très compliqué. MajdelineDonc, tu as l'impression qu'en tant qu'entrepreneur, Parfois, de la part des agences ou de la part des marques, il y a de l'abus ? PhilippeParfois, oui. Il y a un manque d'empathie, je pense, parfois, dû au fait qu'il y a un rendement de leur côté aussi à avoir, forcément. Donc, ils ont tendance à oublier qu'on peut avoir une famille, qu'on peut avoir des enfants, qu'on peut avoir une vie simple. Mais voilà, les deadlines, c'est assez compliqué et ça peut être un problème. MajdelineEt on n'a pas parlé de l'écosystème autour du créateur UGC. Autour de qui est entouré ce créateur UGC ? J'imagine d'agences, de marques. Comment ça fonctionne au quotidien ? PhilippeOn est beaucoup entouré d'agences. Tout dépend. Quand on arrive dans le monde de l'UGC, il faut déjà voir qui sont les acteurs. Donc oui, il y a les créateurs UGC qui peuvent aussi donner des petits tips qui peuvent donner des contrats aussi. Oui, c'est intéressant, tu as ce profil-là. Je peux te mettre en contact avec Benjamin. Il y a ça, les créateurs UGC, les Média Buyer (acheteur d'espaces publicitaires). C'est toutes les personnes qui vont s'occuper de la gestion des publicités des marques, qui vont mettre les publicités sur les comptes des marques et qui vont gérer qui est l'audience, la cible, etc. Moi, j'aime bien discuter avec eux. MajdelineÇa, c'est pour les publicités Payante. PhilippeVoilà, exactement. Après, on peut être amené à discuter avec les community managers. On peut être amené à discuter directement avec les CEO. Tout dépend de la structure. Ou sinon, ce sont les chargés de marketing. Tout ce qui tourne autour de, soit de la gestion de la publicité, soit le SEO, soit les créateurs de contenu. Voilà, toute cette infrastructure-là. MajdelineEt on parlait de publicité payante. Est-ce que tu peux nous expliquer quelle est la différence entre payante, gratuite Comment ça fonctionne ? PhilippeOuais, donc publicité payante, vous pouvez la sponsoriser. Vous pouvez pousser justement l'algo de Facebook, de choisir telle ou telle personne, tel ou tel avatar. On en discutait tout à l'heure. Le créateur UGC à 30 ans. Ok, je vais cibler les gens de 30 ans, hommes en couple, qui adorent le bateau, des choses comme ça. Donc là, c'est la publicité payante. Vous mettez une mise, par exemple, tous les jours sur Facebook, sur TikTok, sur Instagram. Et après, il y a le côté qui est vraiment typiquement, le contenu que vous voyez sur les réseaux sociaux, qui ne sont pas sponsorisés. On pousse davantage sur l'engagement, créer du contenu, créer une relation entre la marque et l'audience. Et là, on est sur quelque chose de différent. MajdelineAttention, la question ne gagne pas. Combien ça gagne un créateur de contenu UGC ? PhilippeZéro ou plus l'infini. En gros, quand on démarre, on a zéro. Mais concrètement, je pense que le maximum, ça peut être 10.000 €. Après, la difficulté, c'est d'avoir du temps. On a 24 heures dans une journée. Il y a le prix aussi, la tarification qui est super importante. C'est que la plupart des créateurs vont avoir tendance à se mettre très bas sur le marché. Mais on peut aller jusqu'à 10.000 €, je pense sincèrement. Il faut vraiment bosser comme il faut être acharné. En général, un bon 5.000 €, on peut les faire avec la création de contenu quand on a un bon niveau. MajdelineDonc un créateur de UGC moyen, on va dire, c'est autour de 5.000 € ? PhilippeAlors, je pense que si on fait une moyenne globale des 100 premiers créateurs de contenu, je pense qu'on serait davantage aux alentours de 3.000 €. MajdelineTu parlais de tarification. Est-ce que tu as une moyenne à donner sur des publicités payantes et des publicités organiques ? PhilippeC'est là où, justement, l'attrait du marketing est super important. Parce qu'il faut avoir une vision, comprendre ce que cherche la marque. Donc moi, en général, je propose maintenant une tarification, c'est 250 € pour une vidéo avec trois hook. Les hook, ce sont les accroches de la vidéo. Donc ça permet à la marque de tester plusieurs accroches. Et donc moi, je suis à 250 €, ça comprend le script, le montage, les sous-titres, la voix off, tout ça. Voilà, tout simplement. Ça fait trois montages finalement qu'ils peuvent tester en publicité. Donc ça, c'est pour la partie plus paid, donc payante. Et la partie organique, ça serait davantage aux alentours de 120 euros, 140 euros, quelque chose comme ça. Ou ça peut être moins, tout dépend aussi du concept. Entre 80 et 120, on va dire. MajdelineOk. Quelle est pour toi la journée type d'un créateur UGC ? Que fait-il ? J'imagine que chaque journée est différente, mais si tu as journée à peu près basique d'un créateur UGC ? PhilippeEn gros, le matin, quand on se lève, on check les emails, on voit un petit peu ce qu'on a à faire, un petit peu de prospection, si on n'a pas de contrat. À partir de là, on va écrire des scripts. Par exemple, le matin, on s'occupe de la partie un peu plus, en tout cas, c'est ce que je fais, la partie un peu plus centrée sur l'ordinateur où vraiment là, on écrit. La phase d'écriture est super importante aussi et de prospection. Et après, on peut aller en mode tournage. Donc là, on cherche des plans, etc. Et puis on va suivre justement la trame qu'on a écrite, par exemple, le matin. Et on va tourner, on va tourner, on va tourner. Le montage aussi, qui prend une part qui est super importante. Ça, après, on peut être amené à discuter avec des marques, avoir des appels aussi. Donc, ça peut être hyper varié. Tout dépend. Il y a des gens qui vont s'occuper, par exemple, une journée, ça va être l'écriture des scripts, le lendemain, on tourne. Et le surlendemain, on fait les montages, par exemple. Mais sinon, on peut être amené à faire pas mal de choses, entre la prospection, le montage, le tournage, l'écriture des scripts. En général, ce sont ces quatre choses-là qui sont les plus importantes. MajdelineD'accord. En fait, on se rend compte finalement qu'être créateur UGC, c'est plein de métiers à la fois ? PhilippeExactement. Ça demande pas mal de connaissances et d'appétence, encore une fois, pour l'écriture. On ne se rend pas compte à quel point l'écriture est super importante. On est des petits scénaristes, finalement. MajdelineOuais, c'est ça. Scénariste, il y a du tournage, il y a du montage. Donc, il faut être quand même calé dans pas mal de sujets et avoir pas mal de compétences, finalement, derrière la caméra, devant la caméra ? PhilippeExactement, c'est là où il faut être curieux et ne pas avoir peur de mettre les mains dans le cambouis et se dire : OK, j'y vais, je fonce. Je ne vais pas faire des montages. Donc ça demande énormément de compétences. C'est un peu comme sur un tournage de film. Finalement, on prend la place de tout le monde. De l'écriture du script jusqu'au tournage où on est derrière. Et puis on est même facecam, donc c'est incroyable. MajdelineHyper complet. Et pour toi, quel est le mode de vie d'un type, d'un créateur UGC ? Il peut travailler de partout dans le monde ? Parce que tu nous disais que finalement, tout se fait chez soi ? PhilippeOui, tout dépend. Il y a des créateurs de contenu qui vont faire que du voyage, qui vont avoir des partenariats long terme, donc qui vont pouvoir voyager fréquemment. Il y a des gens qui vont plus être orientés famille avec des enfants. Donc à la maison, tranquilles, canapé, tout ça, plein de plans dans la maison. On peut se nicher aussi dans la création UGC, c'est de plus en plus le cas. Donc concrètement, ça peut soit être en mode nomade ou alors en mode très sédentaire. On peut se déplacer aussi. On a des créateurs de contenus qui font énormément de contenu dans les restaurants, etc. Les Parisiens sont très contents de faire ça, notamment, ou les gens de la ville. J'en connais qui font que ça, qui se déplacent beaucoup. Ou alors un peu comme moi, où ça va être soit des tournages. Je peux être amené aller à Barcelone, c'est ce qui m'est arrivé il n'y a pas très longtemps, Paris, Lyon, j'allais dire Londres. Pas encore, ce n'est pas encore. Je le souhaite. Ou alors rester à la maison comme la plupart du temps. On va dire que 97% du temps, je suis quand même beaucoup à la maison sur tous les contenus. MajdelineDonc, tu nous parlais de Barcelone. Est-ce que tu peux nous raconter un peu cette petite anecdote de voyage que tu as fait dans le cadre de la création UGC ? PhilippeIl faut savoir que déjà, le monde de l'UGC, c'est quand même un tout un microcosme. C'est vraiment une petite bulle dans le monde du digital pour l'instant. Et donc, j'ai été contacté par une agence avec qui j'avais travaillé. On avait travaillé pour Sixt, Oréo. Ils m'ont dit : Philippe, est-ce que tu veux partir à Barcelone ? C'est un projet assez bizarre. Je sais que tu es en couple, mais tu pourrais travailler pour une application de rencontre ? Ok. Tu vas jouer avec quelqu'un que je connais en plus, que tu connais aussi d'ailleurs, où vous allez jouer un couple, la trentaine, etc. Et ce que ça te dit, bien sûr, avec plaisir. Donc, direction Barcelone, on nous paye l'avion, on nous paye tout. Et là, on est dans un cadre où on est face à des professionnels. Il y avait une quarantaine de personnes qui s'occupaient de nous. Et vraiment une production pour un an pour cette application. Donc, c'est super intéressant. MajdelineDonc là, tu es sorti complètement de ton confort de chez toi et finalement, tu t'es retrouvé limite comme un acteur ? PhilippeExactement. On était les deux seuls créateurs UGC. C'est ça qui est fou. Tous les autres étaient acteurs. Au départ, on a le syndrome de l'imposteur, on peut se dire : Qu'est-ce que je fais là ? Et finalement, on se prête au jeu et on développe des qualités, des compétences que les créateurs, enfin, les acteurs n'ont pas. Par exemple, le fait d'avoir des téléprompteurs. Donc en général, n'ont pas de téléprompteurs. Nous, on tourne souvent au téléprompteur et là, on est à l'aise. Et c'est ça qui est intéressant. Et c'est vraiment un monde à part et c'est super intéressant. C'est incroyable. MajdelineÇa confirme encore une fois que les créateurs EGC sont vraiment complets sur quasi tous les métiers de l'audiovisuel. Et est-ce que tu utilises l'IA ? PhilippeOui, j'utilise pas mal l'IA. Pour la création des sous-titres, c'est super intéressant. Aussi, il y a des IA qui permettent d'utiliser justement, par exemple, une longue vidéo, de permettre de les couper, d'en faire des mini clips. C'est super intéressant. ChatGPT qui peut aider aussi au niveau des scripts. On peut rentrer plein de données. Alors ça, je n'aime pas trop forcément l'utiliser. J'aime bien juste qu'ils me donnent des pistes, des idées. Sincèrement, pour l'instant, l'IA ne permet pas de créer des scripts ultra-créatifs. On est sur des inspirations pour l'instant. MajdelineEt toi, au niveau du métier, quelle est l'évolution que tu vois dans ce métier ? Est-ce que tu arrives à te projeter ? PhilippeJe pense que les marques seront à la recherche d'égéries, de personnes qui représenteront leur marque à l'année. On va se retrouver avec moins de créateurs de contenu UGC, mais qui seront vraiment spécialisés. Qui seront centrés sur une marque et qui feront du contenu à l'année et qui auront à la fois le rôle de community manager et d'égérie. Donc, je pense que ça va demander plein de compétences, mais pour quelques marques. Et je pense que les créateurs de contenu UGC seront amenés justement à représenter la marque sur du long terme. Et puis, on aura peut-être deux, trois créateurs UGC par grosses marques. MajdelineDonc toi, c'est comme ça que tu envisages la suite et tu n'es pas du tout stressé parce qu'on peut se dire que c'est un nouveau métier, on ne sait pas trop où ça mène. Toi, en tout cas, ce n'est pas du tout une angoisse. Tu te dis : Dans tous les cas, ça nous mènera quelque part ? PhilippeOui, je suis beaucoup à l'écoute des marques, de leurs besoins. Et sincèrement, j'imagine mal les marques ne plus avoir besoin de vidéos, de création de contenu. Ça me paraît fou dans un monde dans lequel les réseaux sociaux sont omniprésents. Je ne vois pas l'évolution autre que ça, finalement. Mais qui sait, avec l'IA, ça peut aller vite... MajdelineOn ne sait pas. C'est clair. On ne sait pas. Je pense qu'il y aura toujours besoin d'humains ? PhilippeJ'espère. Croyons en nous. MajdelinePour nos auditeurs qui nous écoutent et qui nous connaissent qui ne savent vraiment rien, donc là, qui découvre ton métier. Je pense qu'il y en a pas mal, puisque c'est un nouveau métier. Ils peuvent penser que ça ressemble à un métier d'influenceur. Quelle serait la différence entre ces deux métiers. Est-ce que tu es un influenceur ? PhilippeNon, je ne pense pas, car l'influenceur va beaucoup se baser sur son nombre d'abonnés. La conversion va se faire comme une sorte de rapport de confiance entre l'abonné et l'influenceur. Nous, on est là pour la marque. Donc, il n'y a pas besoin d'audience. D'ailleurs il n'y a pas besoin d'avoir une grosse communauté. Quoique, ça commence, Il y a des créateurs UGC hybrides qui deviennent des influenceurs. La grosse différence, c'est qu'on n'a pas besoin d'abonné, même si ça commence à changer. Donc c'est la première grosse différence. On a aussi une stratégie marketing derrière. Les influenceurs n'ont pas spécialement de script ou alors très rapidement, ça joue plutôt sur le rapport de confiance avec leur audience à eux. Nous, on va sur l'audience de la marque. On va sur la page de la marque. On met notre personnalité au service de la marque, contrairement à un influenceur qui va créer tout en fonction de sa personnalité et les gens vont venir à lui. MajdelineOk. Merci beaucoup Philippe. Pour conclure, est-ce que tu aurais peut-être des conseils ou des choses à ajouter qu'on n'aurait pas évoqué pour les auditeurs qui découvrent ton métier ? PhilippeJe dirais de suivre un petit peu ce qui se fait. Taper créateur UGC, amusez-vous. Rendez-vous compte que oui, c'est un vrai métier. Mais si vous êtes quelqu'un qui avait besoin, qui ressentait le besoin d'exprimer votre créativité, qui était intéressé par la création de contenu, l'acting, foncez. Si ce n'est, mettez en place une petite chose tous les jours. Et c'est ça qui fait la différence. MajdelineSuper. Si certains souhaitent prendre contact avec toi, ils peuvent le faire via LinkedIn. Exactement. Je mets le lien du LinkedIn de Philippe en description du podcast. Merci Philippe. Philippe Merci à toi. L'épisode 77 du Gagne-Pain, métier "Créateur UGC", est également disponible sur : ### Data Économiste – Imane Selmane Imane Selmane ,Data économiste. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir, Imane Selmane. Imane nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Imane, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Imane Selmane – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 76 : ImaneBonjour Imane. Merci beaucoup Imane d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Data Economiste chez Aviv Group. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail, mais avant, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? BertrandTout d'abord, merci de m'avoir invitée. Je m'appelle Imane, j'ai 25 ans, j'ai deux sœurs. Je suis née à la Seine-sur-Mer, dans le Var. ImaneJe peux dire que ça s'entend un peu ? BertrandUn petit peu. J'ai réalisé toutes mes études au sein de la ville de Toulon. J'ai obtenu mon baccalauréat en 2016, puis une licence en économie et gestion et enfin un master en économie au sein de l'Université Toulon. ImaneExcellent, beau parcours. Maintenant, Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours professionnel avant l'entreprise dans laquelle tu es aujourd'hui ? BertrandAvant d'arriver ici, je n'avais que des jobs étudiants. ImaneD'accord, c'est ton premier stage qui t'a amené dans ce job ? Imane Tout à fait. BertrandMerci Imane. Est-ce que maintenant, tu peux nous présenter Aviv Groupe, l'entreprise dans laquelle tu travailles. ImaneOui, bien sûr. C'est un groupe qui rassemble les plateformes immobilières. Pour le coup, on connaît SeLoger, qui est l'un des leaders des annonces immobilières, ou bien Meilleurs agents qui réalisent des estimations immobilières. D'accord. BertrandDonc, on connaît moins le groupe, mais on connaît bien les marques. Et ceux qui nous écoutent, évidemment, ont déjà sûrement été confrontés aux marques pour lesquelles tu travailles. ImaneTout à fait. Tout le monde essaie de se loger. BertrandEst-ce que tu peux nous dire comment s'est effectué ton parcours dans cette entreprise ? On a compris tout à l'heure que tu étais arrivée par un stage. Et donc Tu es maintenant ici depuis trois ans. Comment ça s'est passé ? C'était quoi le parcours ? ImaneTout à fait. J'ai réalisé un stage qui a débuté en décembre 2020. C'était un stage de fin d'études de M2. Dans ces conditions, ça a duré six mois. Le stage n'avait pas pour but de créer un poste, mais ce fut le cas, pour le coup. L'importance des stages n'est pas dévalorisée. C'est sûr. Et à la suite de ça, aujourd'hui, ça fait trois ans et je suis maintenant data économiste confirmée. J'ai un poste de lead data. BertrandD'accord. Imane, on l'a compris, tu es data économiste chez Aviv Groupe. Maintenant, on va regarder un peu les missions quotidiennes. Qu'est-ce que tu fais au quotidien ? Quelles sont tes trois principales missions, par exemple ? ImaneMes trois principales missions, dans un premier temps, je suis responsable des demandes de données. Ensuite, je suis un point d'entrée entre mon équipe et les relations presse. Et enfin, je réalise des études à court terme ou à long terme. BertrandParfait. Qu'est-ce que ça veut dire Responsable des données aujourd'hui ? Qu'est-ce que ça veut dire ? ImaneDans la mesure où SeLoger et Meilleurs agents possèdent un très grand nombre de données, grâce à mon équipe Data, Science et Géoproperties, on est capable d'avoir des indicateurs très pertinents sur le marché et dont tout le monde est un peu friand, on va dire. Donc, que ce soit les pôles à vivre pour des présentations clients ou bien les médias, ou parfois même des institutions. BertrandImane, tu as dit Geo-Properties, ça veut dire quoi ? ImaneÇa signifie que la donnée est extrêmement bien localisée. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire que dans les données que tu traites, tu as à la fois des données générales, mais aussi des données très localisé. ImaneExactement. Et ça, c'est grâce à mon incroyable équipe. BertrandD'accord. Excellent. Tu as dit aussi dans tes missions que tu coordonnais, que tu avais un rôle de coordination en liaison avec les relations presse. Ça, ça veut dire quoi ? ImaneOui, tout à fait. Aviv est présent dans cinq pays actuellement et nous essayons de transmettre la donnée aux médias et j'essaie de donner un maximum d'informations aux relations presse pour une diffusion au plus grand nombre. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire que l'information que vous avez sur le marché de l'immobilier peut être utile, intéressante pour des médias, la presse, la télé, la radio. Et donc là, vous en faites une communication externe. Imane Tout à fait. BertrandOk, c'est clair. Et après, tu as dit aussi que dans tes missions, tu avais un rôle de réalisation d'études, je crois, soit à court terme, soit à moyen terme ou à plus long terme. Qu'est-ce que ça veut dire ça ? ImaneTout à fait. Je réalise de véritables études immobilières, parfois à court terme et qui sont sur des thèmes assez classiques, qui sont, comme on l'a cité avant, à destination du grand public. Et parfois, ce sont des études à plus long terme. Et à ce moment-là, ce sont des études de recherche telles que le diagnostic de performance énergétique. BertrandD'accord. Tu as dit tout à l'heure que tu travaillais avec une formidable équipe. Donc ça veut dire que tu encadres des gens qui sont data scientists, c'est C'est ça ? C'est ce type de job ? ImaneJe travaille avec eux, je ne les encadre pas. Mais effectivement, au sein de l'équipe Data Science, Géoproperties, moi, je fais partie de l'équipe économique. Mais nous avons une équipe de data sciences, une équipe de data engineer et une équipe de géomathématicien. BertrandOk. Donc ça veut dire qu'il y a à la fois la partie données, data sciences, dont on parlait, mais il y a aussi la partie économique qui fait partie intégrante de ton job, qui est aussi de rendre compréhensible ces chiffres pour l'économie, en l'occurrence l'économie française, quand on parle de données sur le marché français. Imane Tout à fait. BertrandOk, c'est clair. Est-ce que tu peux nous dire, Imane, pourquoi tu as choisi ce métier ? ImanePour le coup, ce métier m'est tombé un petit peu dessus. J'ai choisi ce stage parce que je trouvais l'émission particulièrement intéressante. Mais aujourd'hui, ce qui me plaît particulièrement dans mon métier, c'est que la data en soi, c'est souvent un métier où nous sommes devant notre bureau et on parle un peu avec personne. Et c'est vraiment très gratifiant de pouvoir voir nos résultats au sein des médias et de pouvoir voir les résultats quasi instantanés de nos études. BertrandD'accord, donc c'est faire sortir de l'ombre un peu la data pour la rendre compréhensible. Tout à fait. C'est ça qui te plaît ? C'est ça qui m'intéresse. Et ça, tu l'as découvert dès le stage ? Tu as compris ça dès le stage ? ImaneC'est fou, mais oui, parce que j'ai été confrontée à une étude sur le pouvoir d'achat immobilier. Et à cette époque-là, nous étions même en période COVID. Donc, j'ai réalisé mon stage dans le sud de la France, dans ma ville à Toulon. Et à la suite de ça, les résultats de mon étude sur le pouvoir d'achat immobilier est passé dans un JT à midi et j'étais super fière de moi en le montrant à ma maman. BertrandImane, quelles sont les principales compétences requises pour ton job ? ImanePour mon job, il y a des prérequis qui sont nécessaires, tels que l'analyse économique, la connaissance la capacité à coder, effectivement. Mais pour le coup, ce qui me semble particulièrement important en termes de compétences, c'est des compétences organisationnelles et avoir une certaine flexibilité. BertrandD'accord. Si on s'arrête deux secondes sur les prérequis, avant de faire ce job, il faut quand même avoir une base économiste, comme toi, tu l'as expliqué tout à l'heure. Mais aussi, je voudrais m'arrêter sur la capacité à coder. Ça veut dire que toi aussi, tu codes au quotidien, tu regardes comment ça se passe ? ImaneTout à fait. Les indicateurs que le groupe Aviv possède sont ne d base et nous avons des petites requêtes à réaliser pour les sortir. Et à l'inverse, lorsque je réalise des recherches, on utilise vraiment des modèles mathématiques pour réaliser nos études. BertrandDonc, ça veut dire que toi, personnellement, tu codes sur quel langage, par exemple ? C'est quoi les langages que tu maîtrises ? ImaneOn est sur Python, on est en SQL. BertrandDonc des requêtes de bases de données. Imane Exactement. BertrandOn va revenir sur les compétences dont tu viens de parler. Des compétences d'organisation. Ça veut dire quoi au quotidien ? ImaneDans la mesure où nos missions sont nombreuses et variées, il est nécessaire d'être organisé. Par exemple, j'ai des demandes par semaine. J'ai un grand nombre de demandes par semaine. Dans ces conditions, j'accorde un à deux jours pour les réaliser. Dans la mesure où j'ai une étude à court terme que je dois sortir le mois prochain et enfin, les études à long terme que je ne dois pas négliger parce que dans six mois, nous avons des résultats à délivrer. BertrandD'accord. Donc, ça veut dire que quand tu parles d'organisation, tu veux dire que tu as plusieurs tâches à les gérer en même temps et qu'il faut savoir les gérer ensemble. Oui. C'est ça que ça veut dire ? Exactement. Ok. Et après, tu as parlé de flexibilité. Donc là, explique-nous ce que ça veut dire dans ton job. ImaneTout à fait. Je viens de citer une semaine type, mais dans la mesure où nous avons un phénomène d'actualité sur l'immobilier, nous devons de réagir rapidement. Et dans ces conditions, on réalise des demandes de données de façon très rapide pour pouvoir être cité dans la presse, par exemple, le jour même. BertrandD'accord. Donc là, il faut être flexible, rapide Il faut savoir chambouler son programme. Imane Exactement. BertrandIl faut savoir faire un peu l'inverse de ce que tu disais avant, c'est-à-dire là, on se désorganise pour pouvoir répondre rapidement. ImaneTout à fait, mais pour avoir de belles retombées. BertrandMerci Imane. Attention, QGP, la question gagne pain. Combien ça gagne, un data économiste ? ImaneEn début de carrière, c'est autour de 40 cas annuels bruts, jusqu'à 45 k annuelles brutes, je pense. D'accord. BertrandEt est-ce qu'il y a des primes dans ce métier ? On est incentivé sur quelques actions qu'on peut mener ? ImanePour notre part, au sein du groupe à vivre, nous avons des primes sur objectifs, c'est-à-dire que de façon semestrielle, on désigne certains objectifs à réaliser avec notre manager et en fonction, on a une prime assez variable. Et enfin, on a une prime d'intéressement au groupe. BertrandOk, donc ça peut être un peu plus que les chiffres annoncés si les résultats sont là. Est-ce que tu peux également nous dire quel a été le plus grand défi que tu as rencontré en arrivant dans ce métier ? ImanePour ma part, ça a été d'appréhender toutes ces bases de données, de comprendre toute l'industrie que nous avons derrière l'ensemble de nos indicateurs, tous nos modèles mathématiques qui sont derrière, et en même temps de coder assez rapidement et de façon très propre, parce que pour la plupart des data engineers, il faut coder de façon très propre. BertrandTu avais déjà appris à coder dans tes études avant d'être là ? ImanePour le coup, au sein de ma formation, j'avais des cours d'informatique. Je n'étais pas la plus intéressée, mais je le regrette parce que c'est particulièrement important. BertrandÇa veut dire que tu as appris à coder aussi par toi-même après ou tu as eu des formations en interne pour améliorer ça ? ImanePour le coup, j'ai eu beaucoup d'aide au sein de mon équipe et j'ai appris aussi de moi-même. BertrandEst-ce que tu peux aussi nous dire quelle a été la plus grande surprise dans ton métier ? ImaneJustement, c'était l'entraide parce que je suis tombée dans une équipe qui est particulièrement bienveillante et qui pousse les uns On se pousse les uns les autres vers la réussite et on est toujours là les uns pour les autres, donc c'est un véritable plaisir. BertrandD'accord. Ça veut dire que, contrairement à ce qu'on peut imaginer parfois, les développeurs, les codeurs, tout ça, ce n'est pas des loups solitaires, ils peuvent aussi se céder. ImanePas du tout. On est tous super copains, limite. BertrandEst-ce que tu peux nous parler d'une anecdote qui te serait arrivée dans ton travail ? ImaneOui. Au-delà de ce que j'ai raconté durant mon stage et qui m'a permis de réaliser que j'aimais particulièrement le métier. Mon étude la plus compliquée fut une étude de recherche sur le diagnostic de performance énergétique. C'est une étude sur laquelle j'ai bataillé et j'ai eu beaucoup de mal à la terminer, mais nous avons été invités par la suite au ministère de la Transition écologique pour la présenter. Aujourd'hui, j'en suis fière, mais si vous m'en parliez il y a six, huit mois, ce n'était pas la même image. BertrandOk. Est-ce que si je te donnais une baguette magique, tu changerais quelque chose dans ton parcours ? ImaneNon, pour le coup, je n'ai pas grand-chose à changer, car ça m'a permis d'être là aujourd'hui, mais je serais un peu plus assidue à mes cours d'informatique et à mes cours d'anglais. BertrandD'accord, on l'a compris. C'est important l'anglais dans ce métier ? ImaneTout à fait. Aujourd'hui, le groupe Aviv est présent dans cinq pays, donc l'anglais est particulièrement important. On travaille à la fois avec des Allemands, des Belges et dans ces conditions, il est vraiment nécessaire de pouvoir se faire comprendre de façon la plus facile possible et de pouvoir interagir de façon rapide. Et c'est vrai que l'anglais, on me dit souvent: OK, il faut que je trouve le bon mot et on n'est pas hyper à l'aise. Mais aujourd'hui, ça va mieux. BertrandEt ça, ça veut dire que dans les interactions que tu as avec les autres pays, c'est à la fois à l'écrit et à l'oral ? Imane Tout à fait. BertrandOk, d'accord. Donc, il faut quand même bien assurer pour se faire comprendre. ImaneOui, pour le coup, on ne peut pas se tromper sur une demande de média. Et en même temps, les études à court terme, il faut qu'elles soient claires pour qu'à la suite, ça soit traduit en allemand. Donc, comme on passe par beaucoup de changements, il faut que ce soit le plus clair possible. BertrandImane, pour ceux qui nous écoutent, est-ce que tu peux nous dire quelles sont les bonnes formations pour faire ton métier ? ImanePour le coup, au sein de mon équipe, on a des parcours assez différents. On a à la fois des personnes qui ont fait un master en économie comme moi, ou bien on a des personnes qui se perfectionnent encore et qui réalisent des doctorats, ou bien on a des ingénieurs-staticiens et pourtant, on a à peu près le même job. BertrandDonc ça veut dire qu'il y a beaucoup de chemin qui peuvent mener à ce métier de data économiste. Et toi, est-ce que tu continues à te former régulièrement ? Et si oui, sur quoi ? ImaneJe pense que je l'ai déjà dit, mais justement, le code, on peut toujours mieux faire, on peut toujours avoir de plus jolis graphes codés de façon plus propre. Donc ça, je continue et je pense que je continuerai toujours. BertrandDonc ça veut dire, encore une fois, sur Python et SQL, c'est sur ce genre de langage que tu te formes ? ImaneOui. Et puis après, parfois, on peut passer sur des codes comme sur R, par exemple. C'est possible. BertrandOk. Tu avais dit quand on avait préparé cet entretien que tu travailles aussi l'anglais pour encore t'améliorer. C'est un sujet récurrent ? ImaneC'est un sujet important parce que, justement, comme je l'ai dit, Aviv est dans cinq pays, donc on doit être parfait au niveau de l'anglais. BertrandEt le mélange des deux, c'est-à-dire le mélange du code et de l'anglais, on sait qu'il y a quand même beaucoup de choses qui viennent des pays anglosaxons sur le code. Donc, ça veut dire que c'est aussi lié les deux, l'anglais et le code ? ImaneOui, c'est toujours important d'avoir les deux. BertrandOk. Est-ce que tu peux nous donner les ressources disponibles qui permettent de mieux comprendre ton job et comment on peut préparer ce quand on a envie de le faire ? ImanePour les métiers de la data, je dirais les choses classiques comme Open Classroom ou Coursera, c'est toujours très intéressant. Mais ce qui est particulièrement important, c'est de lire l'actualité et de s'informer de tout ce qui est en train de se produire sur le marché de l'immobilier tel que l'encadrement des loyers et se dire: Attention, on va peut-être faire un communiqué de presse. BertrandEst-ce qu'on peut maintenant parler de ta journée type ? C'est quoi la journée type d'une data économiste ? ImaneTous les matins, j'ai une petite réunion avec mon équipe pour parler de ce que j'ai fait la veille, les résultats que j'ai obtenus et ce que j'ai prévu pour aujourd'hui et si j'ai besoin d'aide. On est toujours dans cette dynamique d'entraide. BertrandD'accord, c'est un peu un daily. ImaneÇa s'appelle comme ça, exactement. Et pour le coup, à la suite de ça, en fonction de mon étude à court terme, par exemple, je peux avoir besoin de parler à certains géomathématiciens pour avoir de la donnée un peu plus localisée. À la suite de ça, si à l'inverse, c'est une étude un peu long terme, on va essayer de mettre ça en production. Et donc je vais essayer de parler plutôt à des équipes data engineer, excusez-moi. Ou bien si on est en phase de baromètre, c'est-à-dire on va donner les prix de l'immobilier, je vais plutôt parler à l'équipe data sciences. BertrandD'accord. Donc, tu as une journée type qui n'est pas vraiment type. Tu peux un peu l'adapter en fonction des moments de ton activité. ImaneTout à fait. Tout dépend du sujet de ma journée. Si c'est simplement des demandes, je vais coder toute seule dans mon coin. BertrandImane, est-ce que tu peux maintenant nous parler du mode de vie d'une data scientist. On pose cette question, notamment autour du télétravail, autour des réunions. Comment ça se passe ta vie professionnelle ? ImaneCe qu'il faut savoir, c'est que nous, nous avons une équipe internationale. Nous avons de très jolis locaux à Paris, mais le télétravail est possible deux à trois jours par semaine. Et les réunions, la plupart du temps, se font à minima avec une personne qui est en visio. Donc, on est très à l'aise et on est très flexible vis-à-vis de ça. BertrandLes antennes internationales du groupe t'amènent aussi à faire des réunions à l'extérieur, à aller directement dans les pays ? Comment ça se passe ? ImaneÇa nous est arrivé de nous rendre en Allemagne, par exemple, pour justement être dans les locaux au sein d'Imovelte. BertrandD'accord. Il y a une question aussi qui revient souvent sur ce sujet-là. Ton métier t'amène aussi à faire des présentations devant les autres, à aller plus loin que simplement faire l'étude, mais aussi la présenter ? ImaneOui, pour le coup, en tant que data économiste, je ne suis pas seulement derrière un ordinateur. Il Il m'est souvent amené à prendre la parole en public. Certaines personnes de mon équipe font des télés. Moi, je débute avec la presse écrite et dans ces conditions, je réalise aussi des présentations à certains managers au sein du pôle Aviv pour les familiariser avec les indicateurs et qu'ils puissent les utiliser au quotidien. BertrandÇa veut dire que tu fais à la fois l'étude et après, tu vas essayer de l'expliquer ou de la vulgariser pour que tout le monde la comprenne. ImaneC'est ça. Je la prends du début à la fin. Ok. BertrandOn avait une question autour des Quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans le métier ? ImanePour ma part, c'est très lié au code parce que c'est la chose sur laquelle j'ai le plus de difficulté. Mais il ne faut pas lâcher les cours d'informatique. Ce ne sont pas les plus intéressants, je trouve, mais il ne faut pas les lâcher. Perfectionner son anglais et surtout s'intéresser à l'actualité. BertrandD'accord. Dans les autres sujets qu'on aime bien traiter dans le gagne-pain, il y a les conseils en termes de sujets culturels, films, séries, podcasts. Est-ce que tu as un conseil culturel pour comprendre un peu l'importance de la data ? ImaneMoi, j'ai bien aimé le film, le stratège, parce que pour le coup, les statisticiens sont un peu les stars du film, mais c'est un film qui est lié au sport, donc ça n'a rien à voir. C'est un peu comment je me sens aujourd'hui, parce que les données, les chiffres, c'est quelque chose qui ne parle pas à tout le monde. Et vraiment, le but, c'est de rendre ça un peu sympa pour tous. BertrandJe confirme: un très bon film sur l'histoire du sport, mais qui utilise la data améliorer la performance des joueurs. Il y a une question aussi qui est vraiment très importante, qui nous est souvent demandée maintenant, c'est: Quel est le poids de l'intelligence artificielle dans ton métier ? Comment tu l'utilises ? Est-ce que tu l'utilises déjà ? À quoi ça te sert ? ImaneMoi, ce que j'aime bien avec l'intelligence artificielle, c'est que parfois, ça me fait gagner du temps. Parfois, ça m'ouvre un peu l'esprit. Lorsque j'ai besoin de trouver un titre sympa sur le prochain communiqué de presse, j'avoue que de temps en temps, j'essaie de regarder et de m'inspirer un peu. En même temps, lorsque je fais la phase de vérification que je n'aime pas ou bien que mon code est un petit peu bloqué, je n'ai aucun mal à mettre ma petite requette sur ChatGPT, par exemple, et à ce moment-là, je la trouve bien plus facilement et bien plus rapidement. BertrandD'accord. Est-ce que ça t'aide aussi sur la partie codage ou pas encore ? ImaneSi, de temps en temps, lorsque j'ai besoin qu'un graphique soit plus joli, plus coloré. Parfois, le code, c'est des petits détails qui vous changent une présentation ou qui vous permettent d'avoir des résultats plus de rapide, de faire tourner ça de façon plus simple. Donc oui. BertrandEt tu le vois évoluer comment ? Ça va prendre de plus en plus d'importance ? ImaneJe ne sais pas et c'est dur de se prononcer là-dessus, mais je pense qu'il ne faut pas hésiter à l'utiliser. C'est un gain de temps et ça permet aussi à nous, en tant que data économiste, de nous focaliser sur d'autres choses qui n'est pas possible de faire sur ChatGPT. BertrandImane, dans les dernières questions de notre entretien, il y a des questions qui reviennent de la part de personnes qu'on a déjà interviewées dans le podcast, notamment Emeline, qui nous demande: Quel est le sens que tu trouves à ton travail ? ImaneMoi, ce que j'apprécie particulièrement, c'est de pouvoir informer les gens au quotidien sur le parcours que représente un achat immobilier parce que c'est quelque chose d'assez stressant. On n'a pas beaucoup d'informations là-dessus et c'est le projet un peu d'une vie. Donc, je trouve ça particulièrement intéressant et motivant pour moi de pouvoir les éclairer sur ce sujet. Bertrandil y a une deuxième question qui nous a été également posée par Lorène cette fois, qu'on a interviewée dans l'épisode 62, qui nous demande: Ça veut dire quoi ton métier dans 5 à 10 ans ? ImaneMon métier dans 5 à 10 ans, c'est à peu près la même chose, je pense, mais avec plus de données, plus d'indicateurs. Pourquoi pas une plateforme qui serait quasiment européenne et faire des cartes de prix sur toute l'Europe. BertrandD'accord. Donc, étendre encore ce que tu fais aujourd'hui. Exactement. Ok, merci beaucoup. En conclusion, j'ai une dernière question. Quelles sont les évolutions que tu envisages dans ton job ? ImaneCe que je débute cette semaine, limite, c'est la prise de parole en public, que ce soit avec les journalistes, mais je commence bien avec toi. BertrandOk, donc ça veut dire aller plus loin dans ce qu'on fait aujourd'hui ensemble dans cet entretien pour expliquer aux autres ton métier. ImaneC'est ça, prendre la parole aussi sur les sujets économiques. BertrandMerci beaucoup, Imane. Toute dernière question. Si ceux qui nous écoutent souhaitent en savoir plus sur toi et te poser des questions directement, comment ils peuvent faire ? ImaneSur LinkedIn. BertrandMerci beaucoup. ImaneMerci Bertrand. L'épisode 76 du Gagne-Pain, métier "Data économiste", est également disponible sur : ### La Grande Ecole du Numérique – Samia Ghozlane Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir, Samia Ghozlane. Samia nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Samia, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Samia Ghozlane – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 75 : BertrandMerci beaucoup Samia d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Samia est la directrice générale de la Grande École du Numérique. Nous avons l'occasion d'y revenir, d'expliquer ça dans le détail, de parler de son rôle et des missions de la Gêne. Mais avant ça, Samia, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? SamiaOui, avec plaisir. Je suis Samia Ghozlane. Je suis la directrice générale de la Grande École du Numérique. J'occupe ces fonctions depuis la création de cette initiative, fin 2016. Ce qui a structuré mon parcours professionnel, ce sont deux éléments : mon intérêt et ma curiosité pour ce qu'on appelait Internet, le digital ou les NTIC. Et tout ce qui a trait à la formation, l'enseignement supérieur et le goût d'apprendre tout le long de sa vie. BertrandApprendre à apprendre, c'est un sujet qui revient toujours dans le podcast. Donc j'entends ça dans ce que tu nous dis. L'atelier du Gagne Pain a pour objectif de nous proposer des conseils pour trouver un job et construire sa carrière dans le digital. Si tu en es d'accord, Samia, j'aimerais organiser notre entretien sur quatre parties. C'est quoi la GEN ? Que tu nous expliques ce que c'est que la Grande École du Numérique. Comment est-ce qu'on peut trouver des formations grâce à la Grande École du Numérique ? La GEN propose aussi un observatoire de l'emploi, donc on pourra aussi donner des conseils, des avis qui permettent d'aiguiller ceux qui écoutent et qui cherchent un job. Et puis après, pour terminer, quelles sont tes conseils et tes retours d'expérience ? On va commencer avec la première question, c'est quoi la GEN ? SamiaLa GEN ou la Grande École du Numérique, contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, n'est pas une grande école. C'est un réseau de formation en métiers numériques, initialement. Et c'est surtout une initiative qui a été lancée durant l'année 2015 avec une mission et deux ambitions. La mission, c'est de permettre à des personnes de se former aux métiers numériques et de répondre aux besoins des compétences des entreprises qui étaient, en 2015, en cours de digitalisation. On en parle encore maintenant en 2023, mais c'était vraiment tout le début. Et l'ambition, c'est d'aller former des personnes qui ne se projettent pas forcément dans ce qu'on appelle aujourd'hui le digital. C'est-à-dire des personnes qui pourraient en rupture de parcours scolaire, ce qu'on pourrait appeler les décrocheurs, des personnes qui pourraient être en recherche d'emploi, des personnes qui pourraient résider dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Des quartiers dans lesquels le numérique est très loin de leurs préoccupations. Et aussi pour les femmes, un sujet cher à mon cœur parce que tout simplement, dans le numérique, on a une sous-représentation des femmes. BertrandDonc, on est au cœur du sujet traite dans le podcast, c'est-à-dire accompagner les gens vers les métiers numériques avec un objectif en plus fort qui est d'aller chercher les gens qui sont un peu éloignés de ce sujet-là et d'essayer de les ramener vers ce sujet-là. Comment ça marche, la GEN ? SamiaComment ça marche ? Dès le début, on a lancé un appel à labellisation et on a créé un label qui s'appelle le label GEN. C'est le label des formations numériques inclusives. Derrière ce label, on a des critères d'éligibilité, des critères de sélection. Et parmi ces critères, il y a la nécessité, par exemple, de former un métier du numérique, certifiant, qualifiant, qui permet une insertion professionnelle à la sortie dans le secteur du numérique. BertrandDonc, ça veut dire que vous n'êtes pas une école, mais vous labellisez des écoles ou vous labellisez des formations. SamiaC'est comme ça que ça marche. On labellise des formations. Le label est porté au niveau de la formation. C'est la formation qui doit démontrer sa qualité, son approche pédagogique engageante, qui doit démontrer l'accompagnement social pour ne pas permettre le décrochage des apprenants, qui doit aussi les accompagner vers une insertion professionnelle avec des stages, avec éventuellement des projets professionnels avec les entreprises. C'est vraiment le label, il est au niveau de la formation. Et la formation doit, par exemple, faire en sorte qu'il y ait au minimum dix personnes dans chaque session de formation de public cible de l'agent, c'est-à-dire, ce que j'ai expliqué au début, des personnes peu qualifiées en recherche d'emploi des femmes et des personnes résidant dans les QPV. BertrandD'accord. Est-ce que tu peux nous donner des exemples de formations pour lesquelles vous avez donné des labels, des gens qui sont un peu emblématiques de ce que vous faites ? SamiaJe pense que vous allez rencontrer Frédéric dans Je vais citer Simplon parce que ça fait partie des premiers. Je vais citer 42, l'école 42, par exemple. Aussi des formations plus jeunes et plus émergentes ces dernières années, Connexio. Je peux citer la plateforme qui est sur Marseille, le Wagon. Donc, tout ce qu'on a, ces formations qui portaient le label des Coding School, qui ont émergé pour certaines en 2013, 2014, 2015, et pour certaines qui ont été lancées grâce au label GEN et grâce à la Grande École du Numérique, font partie de ce réseau de formation numérique inclusive et font en sorte de former ce public-là que nous, on veut absolument qu'il se projette dans un numérique, un numérique éthique, un numérique responsable, un numérique qui crée de la valeur et qui peut profiter à tout le monde. Et aussi un numérique qui permet à des gens peut-être qui sont en reconversion, parce que c'est beaucoup de public aussi comme ça, qui maintenant, avec cette digitalisation de toutes les activités, l'offre de services et l'offre de produits nouveaux, ont besoin de se reformer. BertrandD'accord, c'est parfaitement clair. Il y a combien de formations comme ça qui sont labellisées ? SamiaAujourd'hui, on est autour de 300 formations. Bertrand300 formations partout sur le territoire ? SamiaPartout en France, même dans les territoires ultramarins. On en a à Saint-Denis, à La Réunion, on en a dans les Antilles. BertrandOk, on mettra un lien dans les commentaires du podcast pour que chacun de ceux qui nous écoutent puissent retrouver une formation près de chez eux, parce que j'imagine Il y en a partout, donc ça va être facile. SamiaIl y a un moteur de recherche et on peut chercher par formation labelisée. BertrandOn rajoutera ça dans les commentaires du podcast. Est-ce que tu peux nous expliquer comment ça marche, justement, ces formations ? Ceux qui arrivent dans ces formations, ceux qui souhaitent faire ces formations, comment ça marche pour eux ? SamiaCe sont des personnes, donc chacune a un parcours qui lui est propre. C'est difficile de dire comment on arrive dans une formation labellisée. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a un énorme travail des acteurs de l'insertion, Pôle emploi, qui peut aussi orienter vers une formation numérique, les missions locales, d'autres acteurs de l'orientation qui font leur travail pour aller identifier les personnes qui en recherche de formation pour le faire. Nous, ce qu'on fait, c'est qu'on a fédéré ce réseau et qu'on communique énormément sur ce réseau au sein des réseaux sociaux, bien entendu, et au sein d'événements qu'on organise. Par exemple, des meet-up qu'on a fait récemment ou alors ce qu'on appelle les open gens, c'est-à-dire des journées portes ouvertes en ligne et en présentiel où les formations ouvrent leurs portes pour que chacun puisse aller se renseigner, rencontrer d'autres apprenants, discuter avec les formateurs, discuter avec les entreprises qui recrutent. Et c'est ça qui va donner l'attractivité et l'envie d'aller se former vers le numérique. BertrandUne des questions qui se posent souvent, c'est le coût des formations. Comment ça fonctionne dans les formations que vous avez labellisées ? SamiaC'est très clair. Pour les formations porteuses du label GEN, elles ont l'obligation de former sans reste à charge. Je n'utilise pas le mot gratuitement parce qu'il y a toujours quelqu'un qui paye. BertrandÉvidemment, ça coûte la formation. SamiaC'est-à-dire dans une cession qui a 25 ou 30 personnes, il peut y avoir des personnes qui vont payer, des personnes dont c'est l'employeur qui va payer, des personnes... Et les autres, il faut trouver une manière qu'elle se forme sans reste à charge. Ça peut être, bien entendu, les acteurs de la formation qui sont financeurs de la formation, les régions, Pôle emploi et autres. Mais en tout cas, pour nous, c'est très important. Quand on est une formation numérique inclusive portant le label GEN, on a l'obligation d'intégrer dans chaque session de formation, pendant les trois ans de la convention de labellisation, un public qui se forme sans reste à charge. BertrandD'accord, c'est clair. Ça veut dire que ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient faire ça, il faut qu'ils se renseignent sur comment financer leur formation. Il faut qu'ils posent des questions autour d'eux. Comment sont financés les formations s'ils veulent ne pas avoir de reste à charge ? SamiaSe former, c'est d'abord se mettre en état de marche, de trouver la formation qu'on veut et comment on va la financer. C'est d'abord se faire une opinion. Qu'est-ce que je veux ? Pourquoi je veux me former ? À quoi je veux me former ? Quels sont mes atouts déjà ? Quelles sont mes compétences ? Et une fois qu'on a fait ça, Internet regorge d'informations. Et là, on va revenir là-dessus peut-être tout à l'heure. Nous, on a mis en place un portail d'orientation et d'informations sur les formations numériques, toutes les formations numériques en France, plus de 19 000, pas uniquement celles qu'on labellise, qui sont vraiment une minorité. Et il y a toute une d'outils et de conseils pour pouvoir mûrir sa réflexion, choisir quelle formation, quelle typologie de métier on a envie d'apprendre. Et après, effectivement, il y a toute une démarche. Il faut bien sûr contacter la formation, il faut aller rencontrer les formateurs, il faut aller rencontrer les anciens apprenants, il faut regarder les avis qui sont donnés. Et effectivement, si on est en recherche d'emploi, il y a 100 conseillers Pôle emploi, voir avec lui s'il est possible de prendre en charge. Si on est en entreprise et qu'on veut de se reconvertir, voir aussi si ça peut être fait dans le cadre de la formation continue. SamiaDonc, il y a énormément de dispositifs pour le financement. Mais l'élément le plus important, c'est d'abord bien préparer cette réorientation vers les métiers du numérique et une formation adéquate ou cette reconversion vers les métiers numériques avec la formation adéquate. BertrandIl y a un sujet qu'on n'a pas évoqué. Peut-être qu'il faut qu'on dise un mot là-dessus, c'est les métiers en tension. Parce que si la Grande École du Numérique s'est aussi intéressée à ces sujets-là, c'est parce qu'il y a beaucoup d'emplois sur les métiers du du numérique. Est-ce que c'est toujours le cas ? Est-ce qu'il y a toujours autant de tension sur les métiers du numérique ? SamiaLà, je vais revenir à un outil qu'on a mis en place, sur lequel on a travaillé depuis plus de deux ans, qui maintenant marche bien, qui s'appelle Genscan. C'est à la fois un observatoire de l'offre de formation et des besoins de compétences des entreprises. C'est aussi une cartographie des métiers numériques et c'est aussi un indice de tension avec une mise à jour de ces données mensuelles et un rapport qui sort deux fois par an. On a vraiment énormément d'informations. Là aussi, je fais comme vous, j'invite les gens à aller cliquer sur le commentaire pour pouvoir accéder aux liens. BertrandOn mettra des liens vers le GenScan. SamiaGenscan. Ce que met GenScan en perspective, c'est l'offre de formation. On est partis dans une logique data driving. On a remonté toute l'offre de formation en France qu'on a mis au miroir par rapport à une cartographie des métiers. 19 000 formations numériques qui sont recensées dans une carte de France et on a remonté les besoins de compétences des entreprises grâce à une startup qui utilise un modèle de métadonnées avec plus de 50 jobboards. Donc, il y a à peu près 80 000 offres d'emploi. Et on les met en perspective dans une carte de France et on voit un petit peu les trous dans la raquette, c'est-à-dire là où il y a des offres de formation et des besoins, on est bon. Là où il y a des besoins, il n'y a pas d'offres de formation, ça veut dire qu'on n'est pas bon. Et là, on a C'est vraiment un top 5 des métiers, à la fois du développeur, de tout ce qui est réseau, cybersécurité, de tout ce qui est data analyst, de tout ce qui est gestion de projets, tout ce qui est marketing et tout ce qui est design, qui arrive... SamiaEt web design et création qui arrivent à la fin. Et c'est vrai que c'est très intéressant de le suivre tout le long parce que ce n'est pas un outil qui... C'est un outil qui recense toutes les mois, les données sont mises à jour. Et on peut se rendre compte. BertrandC'est un observatoire régulier qui permet de voir comment ça évolue. SamiaL'observatoire, c'est un film, ce n'est pas une photo. En fait, c'est un film. Donc, le mot observatoire, c'est pour ça qu'on l'appelle Genscan, parce que l'Observatoire, c'est un peu réducteur. C'est un film. Donc, tous les mois, on a les données qui sont mises à jour et on peut se rendre compte, à la fois en termes d'offres de formation et à la fois en termes de besoins de compétences. Et c'est vrai que sur certains métiers, on voit qu'il y a de la tension. Les métiers de cybersécurité, les métiers de l'analyse, ce qu'on appelle IA, mais l'IA, c'est de l'analyse. Et ça, c'est sûr. Mais ce qu'on note aussi, que les entreprises se sont un petit peu habituées à ce genre de tension et qu'elles ont d'elles mêmes trouvé des solutions avec la formation de leurs propres salariés. Et ça, c'est très intéressant. Ça veut dire que toutes les offres, tous les besoins de compétences des entreprises ne sont pas visibles parce qu'elles ne sont pas déclarées. BertrandIl n'y a pas d'offre d'emploi parce qu'ils vont le faire en interne. SamiaDeuxième chose, ils ont la plupart des entreprises qui recrutent ont des grands partenariats avec les grandes écoles, universités en qui forment en tout cas les profils qu'elles recherchent. Et souvent, ces jeunes sont soit en stage, soit en apprentissage. Donc, le recrutement se fait. Là aussi, l'offre n'apparaît pas. Donc, les besoins de compétences, effectivement, à prendre avec beaucoup de précautions. Mais ce qui est sûr, c'est qu'effectivement, les métiers en tension restent les métiers de la cybersécurité, la data. BertrandÇa veut dire que si on résume, il y a quand même encore beaucoup de job. Il faut quand même aller chercher, regarder ça un peu plus dans le détail. Tous les métiers du numérique ne recrutent pas, mais il y en a quand même beaucoup qui recrutent. Merci Samia. J'aimerais qu'on prenne un peu de recul pour regarder un peu quels sont tes conseils pour ceux qui nous écoutent, à la fois pour trouver un job et pour trouver une formation. Avec toute l'expérience que tu as sur ces sujets, c'est quoi les principaux conseils ? SamiaTrouver un job dans le numérique. Normalement, si on a une formation dans le numérique, on doit savoir à peu près comment fonctionnent les jobs boards et comment rechercher une offre d'emploi parmi les jobs boards. Après, si on est un jeune qui vient de finir une formation, la plupart du temps, c'est vraiment l'école et le réseau et les alumni qui va aider. Après, ça, c'est des écoles classiques. Si on est sur des formations type formation numérique inclusive de la GEN. On a normalement là aussi quand même le réseau des formations, les entreprises qui sont partenaires, qui peuvent aider. Et surtout, on a eu un stage qui est obligatoire, qui est environ de deux à trois mois, qui va permettre de mettre le pied à l'étrier dans une entreprise avant de pouvoir se lancer dans cette recherche active. BertrandCe que j'entends dans ta voix, c'est que globalement, le premier conseil que tu donnes, qui est un peu le conseil que donnent tous les professionnels du recrutement, notamment, c'est le réseau, c'est-à- dire travailler son réseau, développer son réseau. Est-ce que là-dessus, il y a des conseils que tu peux donner en plus sur comment je travaille mon réseau, qu'est-ce que je fais sur mon réseau ? SamiaQuand on dit travailler son réseau, effectivement, on pense à LinkedIn parce que c'est le réseau, le professionnel le plus important. Moi, je reçois beaucoup de ventes, par exemple, de mise en relation et je suis toujours surprise que les gens ne fassent pas l'effort d'écrire un petit mot alors qu'ils ne me connaissent pas. BertrandTrès bonne remarque. SamiaJe comprends tout à fait l'intérêt. Je suis prête à accepter des jeunes diplômés dans mon réseau, même à mettre... S'ils me demandent quelque chose de précis qui est de l'ordre du possible de faire, mais recevoir comme ça une invitation alors que je ne les connais pas. BertrandDonc, tu dis globalement utiliser LinkedIn, c'est bien, mais savoir utiliser LinkedIn avec un minimum de courtoisie, c'est mieux. SamiaC'est mieux. Après, il y a toutes les pages professionnelles, les groupes. Là aussi, c'est intéressant. Et pareil, moi, je gère certains groupes et je trouve intéressant qu'on me dise pourquoi vous voulez rentrer dans le groupe. Et une fois que vous y êtes, j'aimerais bien quand même que vous, de temps en temps, vous commentiez, vous l'avez fait. Je fais partie du groupe Human & Technology, je ne publie jamais rien, je ne dis jamais rien. Ça sert à quoi ? Donc, le réseau, c'est de l'interaction. L'interaction, ça veut dire que j'écoute ce que dit l'autre et je réagis à ce que dit l'autre. BertrandLà aussi, ça rejoint un peu ce qu'on a déjà évoqué dans d'autres interviews sur le même sujet: être présent sur LinkedIn, avoir le minimum de courtoisie de faire un petit mot sur LinkedIn et puis après, publier, participer, être actif. SamiaVoilà, relayer, participer, être actif. On fait tous de la veille. Il y a souvent des choses qui nous intéressent. Un petit post de deux lignes pour relayer un article qu'on a lu, pour dire ce qu'on en pense, pour taguer des personnes, pour dire: Tiens, ça m'a fait penser à toi en lisant ça. Tout ça entretient les liens et fait en sorte qu'on remonte d'ailleurs et on peut peut-être à ce moment-là avoir des opportunités professionnelles qui vous arrivent alors que vous ne pensiez même pas que cette entreprise pouvait être intéressée par votre profil. Et je trouve aussi qui est important, c'est que quand on est dans le numérique, on a souvent fait des projets et je trouve que le portfolio est un outil intéressant aussi. Je ne sais pas, ça peut paraître un peu vieillot peut-être. BertrandLe fameux book. SamiaOui, le fameux book, mais je trouve que si on a fait des beaux projets et qui sont en ligne, il faut les valoriser. BertrandOui, ça aussi, c'est intéressant. Disons étoffer son profil en montrant ce qu'on a déjà fait, en expliquant ce qu'on a déjà fait. Linkedin le permet. En plus, on peut mettre de la vidéo, on peut mettre un peu tout. SamiaDes e-portfolios, des badges, des certifications professionnelles en plus. Tous ces éléments-là vont vous permettre d'être distingué. BertrandExcellent. Pour conclure cet entretien, j'avais envie de te poser des questions sur quelles seraient tes envies de communication par rapport à ceux qui nous écoutent. Je sais que tu avais des sujets qui te tenaient à cœur et sur lesquels tu avais envie d'échanger avec nos auditeurs. SamiaChaque fois que je prends la parole, j'essaie C'est toujours de glisser quelque chose autour des femmes et du numérique ou du femme ou digital, parce que c'est un sujet qui est cher à mon cœur. Déjà, avec la Grande École du Numérique, on a un objectif parmi notre réseau de former 30% de femmes. En 2022, parce qu'on a les chiffres consolidés de fin 2022, on était à 27%. Ça fait quand même plus de six ans qu'on travaille et on n'a pas atteint les 30%. Donc, le secteur numérique est un secteur porteur d'opportunités professionnelles et je trouve dommage que les femmes se privent de ces opportunités professionnelles et qu'elles restent minoritaires alors que je ne vois pas pourquoi elles n'auraient pas l'envie et pourquoi elles n'auraient pas les compétences, parce que les compétences, ça s'acquiert et qu'elles ne puissent pas, elles aussi, profiter. Donc moi, ce que je voudrais, c'est lancer un appel à toutes les jeunes filles et les jeunes femmes et même les plus âgées, puisqu'il y a de la reconversion, à vraiment regarder ce secteur, à regarder les formations qui sont proposées et puis se poser les questions. Peut-être qu'il y a quelque chose pour moi dans ce secteur et que je pourrais contribuer. Je viens apporter ma petite pierre à l'édifice. SamiaTout le monde parle de l'IA. Si l'IA est faite par des hommes, 90%, c'est qu'on a un monde qui est complètement biaisé et ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible. Les femmes ont un rôle à jouer dans le numérique. Pour qu'elles puissent jouer son rôle, il faut qu'elles se forment et qu'elles travaillent dans ce secteur. Parce qu'on sait aussi que celles qui sont formées ne restent pas dans le secteur. BertrandJ'ai une toute dernière petite question. Si ceux, je l'espère, qui nous écoutent, ont été intéressés par ce que tu nous as dit aujourd'hui sur la Grande École du Numérique et ton engagement là-dessus. Ils souhaitent te contacter, comment ils peuvent faire ? SamiaLinkedin avec un petit mot. BertrandMerci beaucoup. À bientôt. L'épisode 75 du Gagne-Pain, l'atelier #14 , est également disponible sur : ### L'association Diversidays – Chloé Sebagh Le Podcasthon a pour objectif de rassembler le plus grand nombre de podcasts francophones sur la semaine du 25 au 31 mars, pour que chacun édite un épisode spécial avec une association sans but lucratif de leur choix.Le Gagne-Pain a décidé de mettre à l'honneur l'association Diversidays avec Chloé Sebagh, Directrice de la communication et du plaidoyer de l'association.Diversidays est une association nationale d'égalité des chances qui œuvre pour faire du numérique le nouvel ascenseur social du XXIe siècle. Merci à Chloé, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Chloé Sebagh – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 73 : BertrandBonjour et bienvenue dans Le Gagne-Pain. Dans le cadre de la semaine du Podcasthon, nous avons décidé de mettre à l'honneur l'association Diversidays. Elle milite pour aider ceux qui souhaitent trouver un job dans le digital et faire du numérique un nouvel ascenseur social. Dans ce cadre-là, nous avons le plaisir d'accueillir Chloé Sebagh. Bonjour Chloé. ChloéBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Chloé d'avoir accepté notre invitation. Chloé, tu es la directrice de la communication et du plaidoyer chez Diversidays. Nous allons avoir l'occasion d'y revenir et d'expliquer ton rôle, tes missions au sein de cette association. Mais avant ça, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ton parcours, tes expériences, tes engagements avant d'arriver chez Diversidays ? ChloéAvec plaisir. Déjà, merci beaucoup de m'accueillir dans le podcast. Moi, je viens de Picardie. J'ai grandi là-bas jusqu'à mes 18 ans. Je suis arrivée à Paris pour des études en droit et sciences politiques. J'ai ensuite travaillé en agence de communication. Puis, j'ai quitté cette agence. J'ai travaillé là-bas pendant trois ans. C'était une agence de communication éditoriale, donc mon travail, c'était d'écrire beaucoup. Suite à ça, je suis partie en Argentine durant trois mois avec mon sac à dos. Et puis, je suis rentrée et j'ai travaillé pas mal en freelance, en tant qu'autoentrepreneur dans la communication, avec quelque chose finalement d'assez polyvalent. Et j'ai croisé le chemin de Diversidays. BertrandTu es chez Diversidays depuis combien de temps ? ChloéÇa fait trois ans. BertrandoK, on va pouvoir raconter ça dans le détail, ça va être parfait. Si tu en es d'accord, j'aimerais t'interroger sur Diversidays, qui se définit comme "une association nationale d'égalité des chances qui œuvre pour faire du numérique un nouvel ascenseur social". Je trouve ça magnifique et c'est un sujet qui nous tient à cœur dans ce podcast. Si tu en es d'accord, j'aimerais organiser notre entretien autour de cinq questions. C'est quoi Diversidays ? À qui s'adressent les aides et les services proposés par Diversidays ? Quelles sont vos réussites ? Est-ce que tu peux nous donner quelques exemples ? Diversidays publie aussi des observatoires, des études, comment vous les utilisez et comment elles peuvent être utiles à ceux qui nous écoutent ? Et puis, quels seraient tes conseils et tes retours d'expérience pour les jeunes qui nous écoutent et qui cherchent un job dans le digital ? Donc, si ça te va, on peut commencer par C'est quoi Diversidays ? ChloéDiversidays, c'est une association nationale d'Égalité des Chances qui œuvre pour faire du numérique le nouvel ascenseur social. On travaille sur tous les enjeux de diversité, que ce soit l'âge, le genre, l'origine sociale, l'ethnique, géographique, l'orientation sexuelle. Vraiment, il y a plein de critères qui sont représentés. Et nous, notre travail au quotidien, c'est d'accompagner des demandeurs d'emploi qui sont en recherche ou en reconversion professionnelle vers les métiers du numérique. On accompagne aussi des entrepreneurs. On accompagne aussi des entreprises pour qu'elles transforment un peu leurs pratiques et qu'elles arrêtent de recruter uniquement sur le CV. Exclusivement des personnes qui sortent d'école, même si les personnes qui sortent d'école, c'est très bien. Et puis, on travaille aussi sur des vidéos, sur des études, sur des événements pour changer la donne et faire en sorte que chacun puisse prendre sa place dans ses beaux métiers du numérique. BertrandEst-ce qu'il y a des métiers spécifiques ou c'est tous les métiers du numérique ? ChloéNous, quand on parle de numérique, on parle de compétences numériques. Pour nous, un métier du numérique, c'est un métier dans lequel il y a une ou deux compétences numériques. Ça veut dire que finalement, on embrasse tous les métiers de demain. BertrandDonc, ça peut aller du développement au community management jusqu'à la cybersécurité ou l'intelligence artificielle ? Chloé Exactement. BertrandComment vous vous êtes financés ? Comment vous fonctionnez ? C'est quoi l'organisation ? ChloéChez Diversidays, on est financés par des entreprises, mais aussi par des subventions publiques, mais majoritairement par des entreprises. Il y a une vingtaine d'entreprises qui nous financent aujourd'hui : Google.org, EDF, AXA, Shopify, Sopra, Steria. On a aussi l'Agefiph, l'APEC. On est aussi lauréat du plan d'investissement dans les compétences. Donc ça, c'est la partie public. Il y a un mélange public-privé. BertrandOk, pour ceux qui nous écoutent, s'ils veulent s'investir dans Diversidays, comment peuvent-ils faire ? ChloéOn est justement en train de mettre en place une politique par rapport aux bénévoles parce qu'on est en train de grandir. Ça fait six ans maintenant qu'on existe. Il y a 200 bénévoles qui interviennent de façon régulière ou de façon ponctuelle, un peu sur tout le territoire en France. Car ça, je ne l'ai pas dit, mais notre action, elle n'est pas que parisienne. On est partout, on se déplace. Donc, si vous voulez vous investir dans Diversidays, il suffit de m'écrire à chloe(@)diversidays.com et on vous trouvera des missions. BertrandQuel est quoi ton rôle chez Diversidays ? Ça veut dire quoi Responsable de la com ? Et surtout, ça veut dire quoi plaidoyer ? Ça, ça nous intéresse beaucoup. ChloéÇa interroge beaucoup de personnes. En fait, chez Diversidays, on va dire qu'on fonctionne sur deux jambes. Il y a le principal de notre métier qui est d'accompagner des gens à travers justement les programmes qu'on porte. Ça, c'est géré par une directrice des programmes et du développement qui s'appelle Iris Avital et que j'embrasse. Et de l'autre côté, il y a la partie communication et plaidoyer que je pilote. La communication, il y a plusieurs aspects. D'abord, le fait de communiquer sur les programmes pour donner envie aux gens d'y participer,. Parce que c'est bien joli d'avoir des dispositifs, mais il faut aussi que les gens puissent s'y reconnaître et puissent comprendre ce qu'il y a dedans, notamment quand on défriche des métiers. Il y a cette partie communication autour des programmes, mais il y a aussi un gros enjeu quand on travaille dans des associations comme les nôtres, qui est de donner à voir déjà l'existant. On a une conviction chez Diversidays, c'est que notre pays regorge de talents, mais c'est aussi que les rôles modèles, ont un rôle déterminant à jouer. Et pour ça, il faut qu'ils soient visibles. BertrandDonc, ça veut dire des exemples ? ChloéExactement. C'est donner à voir des exemples. BertrandÇa m'amène à la question suivante : à qui s'adresse les aides et les services que vous proposez ? Et est-ce que tu peux expliquer comment on en bénéficie ? ChloéEn fait, ça dépend des programmes. Nous, on a trois programmes chez Diversidays. Donc, il y a Déclics Numériques qui s'adressent aux demandeurs d'emploi. Pour ça, il suffit d'être demandeur d'emploi. Il n'y a pas de condition. Tous nos programmes sont 100% gratuits. Ça, c'est intéressant de le savoir. BertrandSi je suis demandeur d'emploi, je prends contact avec Diversidays et je peux bénéficier des services que vous proposez. ChloéExactement. Ça, c'est pour Déclics Numériques, le programme pour la reconversion professionnelle. Pour les entrepreneurs, il n'y a quasiment pas de critères, mis à part avoir un projet d'entreprise évidemment. Et puis, correspondre à un critère de discrimination éventuelle. Mais en fait, il y en a tellement qui sont possibles. Aujourd'hui, il y a un actif sur deux qui craint d'être discriminé en France. Il y a tellement d'enjeux que finalement, on peut facilement correspondre à ce critère et rejoindre un de nos programmes. BertrandOk, excellent. Et donc après, si on fait une sorte de portrait robot des gens qui ont bénéficié de vos formations, ça s'adresse à qui ? Qui sont ceux qu'on peut mettre en avant ? ChloéEn fait, vraiment, il n'y a pas de portrait robot. C'est très difficile d'en donner un. Je peux donner plusieurs portraits robots. On peut sortir d'école et s'interroger. On peut ne pas avoir de diplôme du tout, même ne pas avoir le bac et se dire, en fait, j'ai fait plein de petits boulots. Et maintenant, j'envisage peut-être d'aller vers un métier plus stable et le numérique m'intéresse. On peut se dire à 40 ans qu'on a envie d'aller vers ces métiers, être maman, avoir deux enfants ou être senior et l'envisager aussi. Il n'y a pas de règles. L'essentiel, c'est d'être motivé, c'est d'en avoir envie et d'être curieux ou curieuse. BertrandOui, curieux, c'est important. Yann Gabay d'Oreegami dans un épisode précédent disait qu'il faisait, une sorte de mesure de l'envie. Pour voir comment les gens étaient motivés pour rejoindre son programme. Est-ce que vous avez le même genre d'approche ? Comment vous mesurez l'envie ? ChloéOn ne mesure pas l'envie. On a les portes grandes ouvertes et on laisse les gens venir, en tout cas sur Déclics Numériques. Ce programme pour la reconversion professionnelle, pour l'entrepreneuriat, c'est un petit peu différent parce qu'on a besoin de voir quel est le potentiel de développement du projet. La personnalité de l'entrepreneur, ça compte, mais c'est plutôt la manière dont va être présenté le projet. On n'a pas de dossier de candidature. On remplit un formulaire et on voit quand même, est-ce que l'idée est bonne, qu'est-ce qu'on pense de cette entreprise qui va naître et où est-ce que l'entrepreneur a envie de l'emmener. Voilà comment on mesure, si on devait dire qu'on mesure l'envie. BertrandEt après, si on parle de ce projet d'entrepreneuriat, parce que j'imagine que ça doit intéresser pas mal des gens qui nous écoutent, vous les accompagnez comment ? C'est quoi l'approche que vous apportez ? Il y a une approche humaine ou financière. Quelle est votre approche ? ChloéCe programme a été créé pour accompagner les personnes qui n'ont pas fait d'école de commerce et qui ont un projet d'entreprise. Mais qui ne sont pas passées par les grandes écoles, qui n'ont pas le réseau, les financements, etc. Il y a quatre aspects à travers lesquels on accompagne ces personnes. Il y a la stratégie, donc ils vont être coachés sur la réflexion autour de leur business modèle, le réseau, aussi, on va leur présenter du monde. De la visibilité, très important, on va leur apprendre à communiquer et on va aussi leur donner des opportunités. Par exemple, on essaye dès qu'on peut de les valoriser en média, typiquement. Faire un média, ça peut changer beaucoup de choses dans une recherche de financement. Et puis, il y a un quatrième ingrédient qui est la confiance en soi et qui peut être déterminante. C'est de dire, Ton projet, il est bien, tu peux y croire, tu n'es pas là pour rien. Donc maintenant, il faut croire en toi. On permet aux gens de pitcher aussi. En fait, c'est tous ces ingrédients-là qui peuvent permettre de décoller. BertrandOk, on peut passer à la troisième question parce qu'elle est très liée. Est-ce que tu peux nous parler de quelques réussites ? Des exemples de personnes qui sont passées par vos programmes et qui ont eu un changement social, j'imagine, un changement d'entreprise ou un changement tout simplement de job ? ChloéDéjà avec plaisir, car c'est toujours un bonheur de parler de ces réussites-là. Par rapport à Déclics Numériques, on en a plein des exemples, mais il y en a un qui me touche particulièrement, c'est celui des femmes qui se sont reconverties après 40 ou après 35 ans vers les métiers du numérique. Auparavant elles étaient dans d'autres carrières, et aujourd'hui gagnent mieux leur vie ou en tout cas s'orientent vers un horizon plus positif et plus rémunérateur. Je pense par exemple à Anane, qui avant était secrétaire médicale, qui s'est retrouvée dans une situation un petit peu particulière dans le cadre du COVID, parce qu'elle ne voulait pas se faire vacciner. Aujourd'hui, Anane est en reconversion pour devenir développeuse. Elle est en cours actuellement, en alternance. Elle m'a dit qu'elle avait trouvé le métier de ses rêves. Et ce qui est marrant dans le parcours d'Anane, c'est qu'elle le dit, depuis les débuts, elle est passionnée par l'informatique. ChloéSes frères, ils ont été orientés vers l'informatique, mais elle non, parce que femme, sans doute. Et aujourd'hui, elle m'a dit : Chloé, j'ai trouvé le métier de mes rêves, tu ne te rends pas compte. J'aimerais bien qu'elle vienne un jour dans le podcast pour parler de ce qu'elle a fait. BertrandAvec plaisir, on sera ravis de l'accueillir. Donc ça, c'est pour le métier de développeur ou développeuse. Est-ce qu'il y a d'autres exemples de métiers comme ça qui pourraient parler à ceux qui nous écoutent ? ChloéJe pense à quelqu'un d'autre qui s'appelle Jérémy, qui vient de Toulouse, qui a été enseignant pendant plusieurs années, mais qui s'est rendu compte qu'il était aussi passionné plutôt par le numérique. Il faisait partie des premiers, en 2020, à être accompagné par le programme en plein Covid. Et aujourd'hui, il est Social Media Manager dans une entreprise et il est ravi. BertrandOk. Je crois que tu avais aussi évoqué des métiers plus en phase avec les demandes très actuelles. On a parlé de la cybersécurité, on a parlé de l'intelligence artificielle. C'est déjà dans les formations sur lesquelles vous travaillez ? ChloéOn est en train d'injecter tout ça dans les programmes. Il y en a sans doute parce qu'on a accompagné déjà 10.000 personnes... BertrandDix mille personnes ? ChloéDix mille personnes en trois ans. Donc ça représente beaucoup de monde. Il y en a beaucoup qui sont encore en formation, parfois, ils nous font des retours une fois qu'ils sont pleinement diplômés ou en entreprise. Parce que pour beaucoup, ça nécessite quand même de se former et d'aller rejoindre une école, un organisme de formation, etc. Mais on a des ateliers sur les métiers de la cybersécurité. On est en train d'injecter de l'IA. Donc peut-être d'ici à quelque temps, il faudra qu'on revienne pour vous présenter des rôles modèles. BertrandExcellent. On a parlé du réseau tout à l'heure. Est-ce qu'il y a un travail qui s'effectue autour des anciens de Diversidays. Est-ce que vous créez ça aussi ? Genre comme les programmes alumni dans les écoles ? ChloéOui, on a créé la DiversiFamily parce qu'on adore faire des jeux de mots. Ça, c'est plutôt pour les entrepreneurs. On s'est rendu compte qu'évidemment, il y avait le leadership programme, donc notre programme d'accompagnement à destination des entrepreneurs, il dure 120 heures, c'est costaud. Mais après ça, ils rejoignent justement une communauté avec de l'entraide, avec des conseils, mais aussi avec des temps où on fait intervenir des coachs, des personnalités. Là, par exemple, on avait quelqu'un qui s'appelle Tonton Karim sur les réseaux, qui est venu nous parler de LinkedIn et de comment mettre LinkedIn au service de son business. On est en train de multiplier ça et de muscler toute cette partie-là, parce qu'aujourd'hui, cette DiversiFamily, c'est 400 entrepreneurs, donc il y a de quoi faire de l'entraide. BertrandExcellent. On fera un petit poke à Tonton Karim, parce qu'effectivement, il est très présent sur les réseaux. Il est super. Et de temps en temps, il nous fait des petits coups. Tu parles de tes formateurs, des bénévoles dont on parlait tout à l'heure. Ça veut dire que ça représente combien de personnes tout ça ? Tous ceux qui encadrent, ceux qui vont être formés par DiversiDays ? ChloéC'est 200 bénévoles aujourd'hui. Il y a des bénévoles qui sont bénévoles à titre personnel, c'est-à-dire qui nous donnent du temps, d'autres à titre professionnel. Aujourd'hui, le mécénat de compétences, c'est quelque chose qui prend de plus en plus d'importance. Chez nos partenaires, il y en a qui animent des ateliers, par exemple, sur Déclics Numériques pour parler très concrètement de ce qu'ils font au quotidien et pour permettre aux personnes qui suivent le programme de se projeter. BertrandEt après, j'imagine, il y a aussi des salariés dans l'association. Ça représente quel volume à peu près ? ChloéAujourd'hui, on a une quinzaine chez Diversidays et ça va de notre DG aux personnes qui seront en alternance au sein de l'association et qui travaillent sur des aspects RH comme sur du pilotage de projets. BertrandMerci Chloé. Chez Diversidays, vous publiez aussi et vous créez des outils pour parler de la diversité et de l'inclusion. Ça m'intéresse et je pense que ça va intéresser beaucoup de ceux qui nous écoutent de comprendre ce que vous publiez et ce que vous faites. ChloéOn publie plein de choses. On a un certain nombre d'études que l'on sort justement pour faire un état des lieux, pousser des recommandations aussi. Ça, c'est la partie du plaidoyer. On produit pas mal d'études avec des partenaires. Je pense, par exemple, à un observatoire sur les métiers du numérique qu'on sort avec France Travail, sur les différences d'appétence pour ces métiers en fonction de critères. Et par exemple, on a une étude qui montre qu'une femme de quartier est 5,7 fois moins encline à aller vers les métiers du numérique qu'un homme qui habite en ville. Typiquement, ce sont des choses qui peuvent être intéressantes pour les pouvoirs publics. BertrandCes études, elles sont disponibles sur votre site. Et à chaque fois que tu les cites, on peut mettre nous un lien qui renvoie vers ce contenu ? ChloéExactement. Vous pourrez retrouver ces études sur notre site. On en a fait une sur l'index diversité, donc sur la mesure de la diversité en entreprise. On a travaillé aussi sur comment les Français recherchent sur les discriminations avec Google. C'est une étude qui est assez intéressante, assez originale aussi, parce que c'est dans l'intimité du moteur de recherche, quelles questions on se pose. C'est un chiffre qui est assez intéressant, donc je le donne. La requête "suis-je normale ? " a augmenté 70% en cinq ans. C'est énorme. Ça montre qu'on est beaucoup à se poser ces questions-là. Et ça a montré aussi un autre truc, c'est que les gens sont à la recherche de solutions. Ils se posent plein de questions sur "comment je fais pour parler de ce sujet ? Qu'est-ce que ça veut dire ?" Ça montre qu'il y a vraiment une curiosité sur ces enjeux et moi, ça me donne beaucoup d'espoir personnellement. BertrandDonc ça, c'est la partie études. Tu as dit aussi qu'il y avait des outils. Alors ça, ça veut dire quoi ? Qu'y a-il d'autre que l'on peut proposer à ceux qui nous écoutent ? ChloéChez Diversidays, on aime beaucoup produire des vidéos. On produit beaucoup de vidéos et surtout, on aime mettre en avant des rôles modèles. Sur nos réseaux, vous pouvez trouver plein de vidéos, que ce soit des portraits d'entrepreneurs qui portent des solutions fortes. Mais aussi des portraits de personnes qui travaillent dans le secteur du numérique, qui ont fait leur reconversion professionnelle et qui parlent de leur expérience. Sur notre chaîne YouTube. Il y a aussi les live de lancement de déclics numériques où il y a justement plein de personnes qui racontent leur parcours en cinq minutes top chrono. Donc ça peut vous donner de la visibilité sur les métiers du numérique, mais aussi sur les parcours personnels des personnes qui ont passé le cap. BertrandIl y avait un sujet aussi que j'avais envie de voir avec toi, c'est le rôle de plaidoyer. Ça veut dire que vous allez aussi porter la bonne parole, expliquer ce que fait l'association dans les médias ? ChloéAbsolument. On le fait dans les médias et on le fait avec les médias, parce qu'au-delà du fait d'aller défendre ces sujets. Proposer des témoins qui ont participé, des alumni, qui ont participé à nos programmes, prennent la parole parce que ce sont eux nos meilleurs avocats. Au-delà de ça, on a un annuaire de talent où justement, on pense vraiment que la France, elle regorge le talent. Et il y a plein de personnes qui portent des super projets en France. On n'essaie pas de réinventer la roue, on essaye au contraire de les mettre en avant. Et donc on a un annuaire avec aujourd'hui plus de 300 talents partout sur le territoire en France, qui travaillent sur plein de sujets en lien avec le numérique, qui porte des solutions positives. Et On a un annuaire qu'on porte avec aujourd'hui avec Radio France, B-smart, Les Éco-Start, Madyness, avec plusieurs médias. Il m'en manque toujours un quand je le cite, c'est terrible. On peut télécharger gratuitement sur notre site et qui peut donner plein d'idées aussi. BertrandPour conclure un peu cet entretien, j'avais envie de t'interroger sur tes conseils, tes expériences pour ceux qui nous écoutent et qui s'interrogent sur les métiers du numérique. Quels seraient tes conseils ? ChloéMon conseil principal, je pense que ce serait de dépasser le syndrome de l'imposteur. Ça fait un peu tarte à la crème de dire ça, parce que je pense que dans n'importe quel podcast, on peut l'entendre. Mais c'est sincère, c'est honnête, car maintenant qu'on a quand même fait pas mal de lancements, justement, de chacun de nos programmes. On se rend compte que c'est souvent ce qui bloque les compétences ou la vision du secteur. Ce sont des choses qui peuvent vraiment s'acquérir facilement sur Internet en posant des questions, en étant curieux. Mais par contre, dépasser ce syndrome de l'imposteur, lancez-vous, prenez conscience. Parce qu'en fait, il n'y a personne qui a le savoir de façon innée. Et quand on pose des questions, quand on ose, on est face à des portes closes, mais il y a toujours quelqu'un qui finit par ouvrir la porte et on a besoin de vous. BertrandLe meilleur exemple, c'est vous. Vous ouvrez les portes ? ChloéOn essaye. BertrandChez Diversidays, c'est votre boulot. Il y avait aussi dans la préparation de cet entretien un sujet autour des femmes et du numérique. J'aimerais bien que tu dises deux mots là-dessus parce que je pense que c'est un sujet qui te tient à cœur. ChloéBeaucoup, je parlais tout à l'heure de l'exemple d'Anane, mais il y en a plein d'autres. Il y a l'exemple de quelqu'un qui s'appelle Lucie et qui a décidé de monter sa boîte et qui est super contente, qui s'éclate. Il y a des places pour les femmes dans ce secteur. Parfois, elles n'osent pas. C'est fou le nombre de femmes qui s'excusent de vouloir y aller parce qu'on a l'impression que justement, c'est de la compétence dure. Alors que les soft skills, c'est hyper important dans le numérique et les femmes ne sont pas réduites à ça. Mais il faut vraiment que les femmes prennent leur place et qu'on ait de plus en plus d'exemples et que cela ne soit plus du tout un sujet. BertrandDans les conclusions de cet entretien, est-ce qu'il y a des choses importantes qui arrivent chez DiversiDays, dont tu voudrais parler ? Je ne sais pas quoi, les prochaines aventures, les prochains sujets, prochain rendez-vous peut-être ? ChloéIl y en a plein. Les prochains rendez-vous, on a la chance d'avoir une actualité qui est dense. Il y a une prochaine édition de Déclic Numérique qui va commencer le 4 juin. Ça va arriver dans quelques semaines. Et si vous vous posez des questions sur les métiers du numérique et que vous avez envie d'en savoir plus, allez-y, suivez-nous. Si vous voulez d'ailleurs, sur toutes les actualités, vous pouvez vous abonner à la newsletter de l'association. On met les prochaines dates clés, les nôtres, mais aussi celles de nos partenaires. C'est un peu une manière de faire de la veille. Si vous cherchez un emploi, des opportunités, des formations, il y a plein de choses. On sera à VivaTech pour celles et ceux que ça intéresse. Viva Tech avec qui on a un partenariat, avec une promo d'entrepreneur qu'on accompagne. N'hésitez pas à nous poser des questions et à venir nous rejoindre si vous en avez envie. On a aussi une soirée Tremplin. Alors là, je n'ai pas la date, mais elle va bientôt arriver avec des entrepreneurs qui travaillent sur les enjeux sport et e-Sport. ChloéEt je ne pourrais pas tout citer là, mais en tout cas, les événements de DiversiDays sont gratuits. Donc, on est toujours content d'acquérir celles et ceux qui le souhaitent. Abonnez-vous et vous à notre newsletter. BertrandOui, la newsletter, ça me semble la bonne démarche. On mettra le lien vers ta newsletter. La toute dernière question, si ceux qui nous ont écouté, qui ont trouvé intéressant ton intervention et qui souhaitent continuer le dialogue avec toi, veulent le faire, comment ils font ? ChloéIls m'écrivent sur LinkedIn. BertrandOn mettra le lien pour qu'ils puissent le faire facilement. Chloé, merci beaucoup. L'épisode 73 du Gagne-Pain, métier "L'association Diversidays", est également disponible sur : ### L’intelligence artificielle – Alexandre Stopnicki Alexandre Stopnicki Entrepreneur et Business Angel Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir, Alexandre Stopnicki. Alexandre nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Alexandre, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Alexandre Stopnicki – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 72 : BertrandPour ce nouvel atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Alexandre Stopnicki, Bonjour Alexandre. Alexandre Bonjour Bertrand, BertrandMerci beaucoup Alexandre. Je suis vraiment ravi de t'accompagner aujourd'hui dans cet entretien. Merci beaucoup d'avoir accepté cette invitation. Alexandre a dirigé avec succès le MBA MCI au pôle Léonard de Vinci pendant une quinzaine d'années, il connait bien la formation. On va y revenir. C'est un serial entrepreneur, un business angel, le fondateur de l'agence 3H33.Tu t'intéresses depuis de nombreuses années à l'IA et aux IA talents. Donc on va avoir l'occasion de poser plein de questions à Alexandre et on aura des réponses très précises sur ce sujet de l'IA avant ça, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? AlexandreAvec plaisir. Merci pour cette invitation. Je suis ravi d'échanger avec toi sur ce domaine de l'intelligence artificielle qui est aujourd'hui quelque chose qui m'interpelle beaucoup comme on va en parler. Donc effectivement, moi j'ai commencé ma carrière dans les années 90, donc pas mal de gens qui nous écoutent aujourd'hui n'étaient pas nés. Ça m'arrive souvent de voir des gens qui lèvent la main. J'ai créé ma première startup en 94. Elle s'appelait Numérique. C'était une régie publicitaire. On vendait de la publicité sur des sites web et j'avais la régie de Canal+, Skyrock, l'Argus de Mobile, le Journal du Net et plein d'autres. BertrandJ'ai connu cette époque, c'était un entrepreneur à succès. AlexandreC'est vrai qu'on s'est croisé à cette époque avec grand plaisir. BertrandOk, maintenant, tu fais plein d'autres choses. Est-ce que tu peux dire un peu avant qu'on rentre dans les questions que nous avons prévues ton rapport à l'intelligence artificielle ? AlexandreOui, tout à fait. Depuis quinze ans, je suis dans le domaine de la formation. Alors pas que des étudiants, mais aussi des apprenants, donc des profils en reconversion. J'ai eu un coup de foudre avec une intelligence artificielle. C'est une intelligence artificielle qui s'appelle Midjourney et je découvre ça par hasard, et je commence à m'amuser avec. En écrivant des phrases, j'obtiens des images. Le truc, tu te dis, c'est de la science-fiction fiction. Alors il faut dire que les images, à l'époque, elles n'étaient pas encore extraordinaires, mais c'était fantastique. Et à partir de là, j'ai un tilt. J'arrête tout ce que je fais, je mets toutes mes autres activités en sommeil. L'intelligence artificielle, c'est comme l'Internet quand c'est arrivé, c'est quelque chose d'extraordinaire qui va bouleverser tous les métiers, tous les secteurs. Et j'espère qu'on va en parler bien évidemment.. BertrandOui, c'est l'objet de cet entretien. Et si tu en es d'accord, j'aimerais t'interroger sur les différents aspects de l'intelligence artificielle, mais sous l'angle de ce que ça peut apporter à ceux qui nous écoutent. C'est-à-dire les étudiants, les jeunes professionnels, les professionnels en reconversion, ceux qui vont chercher un métier, qu'est-ce que ça peut changer pour eux ? Et j'aimerais bien t'interroger sous quatre angles. Comment apprivoiser l'IA pour préparer son prochain job ? Donc ça, c'est un peu la question classique, comment je vais faire pour utiliser l'IA demain ? Comment les métiers du digital vont être impactés par l'IA ? Alors là, ce sont plutôt les métiers de la création, les métiers de la data, les métiers du CRM, les métiers des réseaux sociaux. Qu'est-ce que ça va changer pour ces métiers-là ? Et puis dans un troisième temps, quels sont les nouveaux métiers qui vont être créés grâce à l'IA ? Qu'est-ce que, qu'est-ce que tu vois dans ta boule de cristal, d'intelligence artificielle sur l'évolution de ces métiers ? Et le dernier sujet qui est un point important dans les interviews qu'on fait ensemble. Quels sont tes conseils, tes retours d'expérience, les choses un peu pratiques que tu peux apporter à ceux qui nous écoutent ? Alors, on commence avec comment apprivoiser l'IA, comment s'y préparer dès aujourd'hui ? Quels sont les outils à tester ? Quelles sont les bonnes pratiques ? Que faut-il faire quand on cherche un job ? AlexandreAvant de répondre très précisément à ta question, je voudrais exprimer deux ou trois choses qu'on doit connaître et comprendre sur l'intelligence artificielle. D'abord, ça va être très compliqué de s'en passer dans n'importe quel type de métier. Il y a une chose qui va arriver dans quelques jours, au moment où je te parle, c'est que Microsoft a décidé d'installer des intelligences artificielles dans tous ces logiciels. Donc même ceux qui voulaient échapper à l'intelligence artificielle ne pourront plus. BertrandÇa veut dire que dès qu'on utilisera Word, on sera obligé de réfléchir un peu à l'intelligence artificielle ? AlexandreOui, on parlera avec une IA dans Word. Aujourd'hui, quand tu fais un texte, si tu veux le faire avec une IA, tu vas sur Chat GPT, mais demain, ça sera dans Word, dans PowerPoint... Tu diras je veux une nouvelle présentation, je souhaite changer mes slides, je souhaite qu'elles soient rouges. Ça sera automatique. Alors c'est dans les semaines qui viennent. C'est déjà accessible pour les grands groupes et ça va être accessible pour tout le monde début d'année prochaine au plus tard. BertrandDonc ça, c'est pour planter le décor, c'est déjà partout ! AlexandreJ'appelle ça "IA inside everything". Un logiciel qui n'utiliserait pas d'intelligence artificielle n'existera plus. C'est impossible d'utiliser un logiciel, ça te semblera ringard si tu ne peux pas parler avec un logiciel. Imagine un tableau Excel, pour prendre un exemple très simple. Tu as des milliers d'informations, des milliers de data là-dedans. Aujourd'hui, si tu as un expert d'Excel, tu peux t'en sortir pour le faire parler ou bien, tu prends des outils complémentaires. Là, c'est terminé. Tout le monde va pouvoir parler à son fichier Excel et lui dire : Montre-moi les meilleures ventes qui ont eu lieu dans tel domaine, de tel commercial et cela sera en instantané. Voilà comment ça fonctionne. Ça s'appelle Copilot et ça existe déjà. BertrandDonc pour répondre à la question des prochains jobs et comment s'y préparer. Tu es en train de dire que si on ne comprend pas que l'intelligence artificielle est partout, on va avoir du mal ? AlexandreLa première étape, c'est de se dire que ça existe partout. Il va falloir se faire à l'idée qu'il y a une technologie qui est accessible et qui nous sert dans tous nos métiers. Quand tu es arrivé sur le marché, qu'il n'y avait pas d'Internet, tu l'as vécu et je l'ai vécu aussi. Ce n'était pas la même chose que depuis l'Internet. Pour se former, on allait chercher l'Encyclopædia Universalis et on lisait des gros bouquins. Maintenant, on va sur Internet. Eh bien demain, pas demain, dès aujourd'hui, on peut aller sur une IA pour apprendre. On fait de l'apprentissage et on va être capable de faire de nombreuses choses grâce à de l'intelligence artificielle en complément des cours. Et je ne suis pas en train de dire qu'on va remplacer les profs, loin de là. On peut en parler après si tu veux. BertrandSi on revient sur la question du prochain job, si on veut se préparer à son prochain job, que faudrait-il faire ? Quels outils faudrait-il regarder ? Comment se préparer peut-être à l'entretien ou la question de l'IA va forcément être posée ? AlexandreConcrètement, pour préparer un entretien de recrutement, je vous recommande vivement de demander à ChatGPT de scanner le site web de l'entreprise dans laquelle vous postulez. De lui demander, de vous poser des questions, de vous entraîner sur la compréhension du job que vous allez faire. Vous pouvez lui demander tout ce que vous voulez. BertrandC'est hyper pratique ça. Ça veut dire que je vais à la fois connaître l'entreprise et répondre à des questions qui pourraient être posées par cette entreprise ? AlexandreExactement. C'est-ce que j'apprends à faire à tous mes étudiants. Comment on va utiliser une intelligence artificielle pour préparer un entretien d'embauche. Et donc la première chose, c'est qu'on lui demande de faire visiter, on va dire de comprendre les rouages. Voilà, vous pouvez dire : résume- moi les métiers, résume-moi les services et explique-moi qui est le dirigeant, ce qu'il a fait avant et vous aurez la réponse. Alors, il faut faire l'effort, ça ne vient pas tout seul. Mais si vous posez des questions à votre IA sur l'entreprise qui risque de vous embaucher, vous n'arrivez pas tout nu comme d'habitude dans un entretien d'embauche où vous ne connaissez absolument rien de cette entreprise. BertrandParmi les entretiens qu'on a déjà faits pour ce podcast, les professionnels disent souvent de bien préparer l'entretien. Toi, tu dis de préparer l'entretien avec de l'intelligence artificielle ! AlexandreExactement, préparer l'entretien avec de l'IA, vous donnera un côté ludique dans un premier temps et c'est certain que vous allez avoir un entretien qui va bien se passer. Et je vous invite même à être transparent avec la personne qui va vous recruter. Dites-lui que vous avez utilisé l'intelligence artificielle, vous risquez même d'être embauché pour ça. Il verra que vous êtes dans votre temps et que vous utilisez les outils qui vont vous servir dans votre job demain. BertrandExcellent ! Est-ce qu'il y a d'autres petits trucs comme ça auxquels tu penses dans la recherche de job ? AlexandreDéjà, si tout le monde le faisait, ça changerait pas mal les entretiens. Et rien ne vous empêche aussi d'interroger l'IA sur les entreprises concurrentes, ou sur les types de postes. Et vous allez avoir des résumés qui vont vous permettre déjà de vous accoutumer à l'ambiance de l'entreprise. Alors pour aller plus loin, imaginez que vous regardez une vidéo d'un des dirigeants de l'entreprise et vous allez demander à votre intelligence artificielle de vous résumer cette vidéo. Et donc vous allez être capable de raconter la vidéo à la personne qui va vous embaucher. Il n'a pas vu ça tous les jours ! BertrandC'est une super idée, vraiment. Ça me plaît beaucoup ça et je pense que c'est exactement ce qu'on cherchait à faire ensemble et c'est extrêmement pratique. Après, on a deux questions que l'on a évoquées avant de faire cet entretien. La première question, comment les métiers du numérique et du digital vont être impactés par l'IA ? Et après, quels sont les nouveaux métiers qui vont être créés par l'IA ? Et c'est de comprendre dans un premier temps comment l'IA impacte les métiers actuels et comment elle va créer des nouveaux métiers. Donc d'abord les métiers actuels. Comment tu vois ça ? J'avais résumé en disant créa, data, CRM, réseaux sociaux comment sont impactés ces métiers par l'IA. AlexandreAlors effectivement, selon les métiers, il y a un impact plus ou moins violent, immédiat ou futur. Mais globalement, il n'y a aucun métier, qui ne sera pas impacté. Parce que même des métiers techniques comme un plombier, on pense qu'il ne sera pas impacté. C'est faux. Il aura un mode d'emploi et de l'intelligence artificielle qui lui expliquera quand il prendra une photo de la plomberie qui est en train d'être, de s'écrouler ou qu'il y a des fuites. Il pourra avoir immédiatement la commande parce qu'on reconnaîtra avec la photo quel type de tuyau, il faut et quelle taille et on pourra évidemment commander quelque chose. Vous voyez, ça peut aller très loin. Après, si on prend les métiers comme la data ou comme tous les métiers que tu viens de citer, je le répète, la première chose, c'est de se dire, il y a sûrement une IA pour ça. Avant, c'était une formule pour les applications... BertrandIl y a une application pour tout ? AlexandreOui, et donc la tendance, aujourd'hui, c'est qu'il y a des applications séparées. Mais il y a plus de 400 IA et dans les 400, il y en a bien une cinquantaine qui est utile. Et si on a la chance de les connaître ou de les utiliser, ça change notre vie ou notre profession. Donc si vous êtes dans la data, il y a des IA spécialisées pour vous fabriquer des tableaux, pour analyser de la data, pour les faire parler. Ce qu'on appelle de la dataviz (Data visualisation). Si vous êtes dans la créa, c'est là où ça bouge le plus. Je parlais tout à l'heure de Midjourney. J'ai pas bien dormi cette nuit parce qu'il y a la version six qui vient de sortir, donc on pourrait dater dans le temps cette interview. Avec la version six, j'ai fait plus de 400 images hier soir et elle apporte encore des solutions incroyables. Donc tout ce qui est créa, c'est incroyable. C'est-à-dire que les images, bien sûr qu'on peut encore utiliser des logiciels traditionnels, comme Photoshop, par exemple, sont entièrement "IAiser". Il y a une IA dans Photoshop qui permet de faire des choses qu'on ne pouvait pas faire avant. Alors est-ce que c'est bien ? On va nous dire que ce n'est plus le même métier, je vous rassure, oui, c'est plus le même métier. Par contre, c'est un nouveau métier qu'il va falloir immédiatement comprendre. Quand l'ordinateur est arrivé, on a dit oui, mais ce n'est pas bien... Quand Internet est arrivé, on a dit oh là là. Bon ben, c'est la même chose avec l'IA donc, ne perdez pas de temps à dire, ce n'est pas bien. Utilisez dès maintenant et regardez quels sont les bons usages. Ceux que vous allez pouvoir utiliser dans la créa, dans la data ou dans tous les autres métiers sur lesquels on peut avoir une assistance IA. BertrandDonc, si je comprends ta réponse, tous les métiers du digital vont être impactés plus ou moins fort. Et quoi qu'il se passe, il faut se préparer à s'adapter à ça, à comprendre comment ça marche, à utiliser les bons outils, à les trouver pour être bien accompagné dans son métier ? AlexandreC'est ça ? Si vous voulez être un bon sportif, il va falloir vous entraîner à votre sport. Il n'y a pas d'autres solutions. Donc si vous êtes un bon professionnel, demain et surtout dans le digital, il va falloir s'entraîner à utiliser des intelligences artificielles. C'est aussi simple que ça. Alors la bonne nouvelle, c'est qu'avant, il fallait peut-être ête passer cinq ans ou dix ans avant de comprendre un métier et avant d'être capable d'être très performant. Il va falloir beaucoup moins de temps puisqu'on a un super assistant. Donc la façon dont on raisonne pour un métier, pour une tâche, pour une compétence, est bouleversée par l'IA. Je rappelle, pour ceux qui ne le savent pas encore, ChatGPT il y a un an, on lui a fait passer le barreau aux Etats-Unis. On lui a aussi fait passer aussi l'examen pour devenir médecin. Et donc il était dans les 20 % les moins bons, mais il a obtenu le diplôme. Comme un humain l'obtiendrait sur les mêmes critères, il a obtenu le diplôme de médecin, mais cette année, il était dans les 20 % les meilleurs. Il sera sûrement major l'année prochaine. En conséquence, d'un point de vue compétence technique, vous allez avoir un assistant à côté de vous qui a ingurgité tellement de compétences, tellement de connaissances qu'on va s'en servir pour travailler. Comme un maçon a besoin d'une truelle, comme un peintre a besoin d'un pinceau. Quelqu'un qui travaille dans le digital a besoin d'une IA. BertrandDans la notion d'entraînement dont tu parlais tout à l'heure sur le sport. Ce que je comprends, c'est que l'entraînement, c'est aussi discuter avec cette intelligence artificielle pour qu'elle comprenne le contexte. Elles comprennent les premiers éléments de réponse, qu'elles soient orientées par les réponses que la personne qui l'interroge peut faire d'ailleurs par exemple ? AlexandreExactement. Donc c'est là où il y avait les prompts. Donc les prompts, on peut leur donner des formats, j'ai même un chatbot qui vous fait vos prompts si vous voulez. J'ai fabriqué ça depuis longtemps. Mais en fait, ce qui est important, c'est la discussion. C'est-ce qui est génial avec une IA, ce qui est un peu fou, c'est qu'on discute avec un PDF ! Et on va poser des questions au PDF. On discute avec un podcast et on va poser des questions au podcast ! On peut discuter avec n'importe quelle source de média et à partir de l'IA. Elle est tellement bien entraînée qu'elle va vous proposer des réponses sur vos questions. Et alors attention, ce qui change aussi, c'est elle qui va vous poser des questions. Eh bien d'un seul coup, elle va vous poser une question en disant Alexandre, il faudrait que tu me poses tel type de questions. Et donc finalement, c'est un dialogue. Si on passe du temps avec une personne et que vous ne lui posez qu'une seule question et que la réponse n'est pas satisfaisante. Si vous arrêtez là, vous n'aurez pas de solution. Au contraire si vous continuez le dialogue avec cette personne avec qui vous travaillez. Même si c'est une IA, vous allez avoir des réponses. BertrandOk, c'est très clair. Alexandre Merci beaucoup. On va passer à la partie plus prospective, c'est-à-dire quels sont les nouveaux métiers qui vont être créés par l'intelligence artificielle ? Et est-ce que tu peux nous donner des pistes là-dessus dessus ? Qu'est-ce qui ça va changer pour ces métiers ? AlexandreTous les métiers vont changer. C'est en tout cas, c'est mon credo. Je peux me tromper, mais pour l'instant, c'est-ce qui est en train de se passer. Je suis dans beaucoup d'entreprises où je forme des professionnels, je forme des étudiants et je vois bien que quand ils prennent le réflexe de l'IA, ils peuvent accomplir des tâches qu'ils ne pouvaient pas accomplir auparavant. Donc ça, c'est très intéressant. Il y a des métiers complètement nouveaux qui vont apparaître. Les métiers classiques vont être assistés par de l'IA, ça je l'ai déjà dit. Par exemple, il va y avoir des entraîneurs d'IA personnelle vers des gens qui vont être là pour entrainer des IA qui seront vos IA personnelles. Vous allez avoir des psychologues d'IA aussi parce qu'à force, comme moi, de parler avec des IA toute la journée, on va devenir fou. Il va falloir se dire calme-toi Alexandre... Quand tu lui parles, n'oublie pas, ce n'est pas un humain. Moi depuis un an où j'utilise des IA près de 3 h par jour, j'ai modifié mon langage, j'ai modifié le type de questions que je pose même à un humain. Donc, je pense que des psychologues d'IA qui vont vous réparer. Il risque d'y avoir aussi des ingénieurs en réalité virtuelle, immersive. Parce que, même si pour l'instant, on a mis de côté les universités 3D et tout ce qui existe en 3D, je pense que ça va revenir. On voit que les casques vont arriver quand même d'une façon ou d'une autre. Et l'IA va jouer un rôle essentiel pour vous apporter des univers en 3D en temps réel calculés par des IA, soit des profils qui vont vous répondre en temps réel, des avatars qui vont répondre. Il va y avoir des ingénieurs en réalité virtuelle, immersive, spécialisée dans l'IA. Il y aura des architectes de villes intelligentes. Aujourd'hui, quand on parle à Siri, on se dit qu'il n'est pas très malin Siri, ça va changer. Mais quand on va parler à sa télé et qu'on va lui demander de changer de chaîne ou de programmer quelque chose et que cela sera naturel, on ne pourra plus faire autrement, on sera des assistés. Depuis de nombreuses années, j'ai des intelligences artificielles a la maison, je leur demande d'allumer les lumières du salon. Ok, c'est un peu stupide quand ça ne marche pas, je suis très énervé. Mais je n'appuie plus jamais sur un bouton. Ça va être dans tous les usages. Vous connaissez l'IoT, l'Internet of Things ? Eh bien, on va avoir l'IA IoT, c'est à dire les objets qui ont de l'intelligence artificielle. Je viens de faire l'acquisition de mon premier objet comme ça, qui a de l'intelligence artificielle. C'est une boîte qui enregistre le son de tout ce que je dis. Ça peut être le micro comme on est en train de se faire, ça peut être le téléphone, Zoom.... Quel que soit l'usage de l'audio, ça le transcrit. Et il y a un chat qui me fait des résumés. Qui me dit : Au fait, dans la dernière conférence, tu as indiqué ça, dans la dernière formation, tu as utilisé ça ? Est-ce que tu veux le réutiliser ? C'est une boîte qui sera un enregistreur avec de l'IA... BertrandUn cahier intelligent qui note tout ? AlexandreOui, c'est un exemple simple pour que l'on comprenne, mais il y en a plein d'autres dans tous les domaines. Évidemment dans la santé. Vous imaginez à quel point les IA connectées vont nous donner en temps réel ? Tu as pris tel type d'aliment depuis une semaine, il te manque tel type d'aliment. Va ouvrir ton réfrigérateur, et montre-moi moi. Si ça n'est pas dedans, je le commande tout de suite via une photo. L'IA analyse qu'il y a dans le réfrigérateur, et ça envoie. Il va avoir ce genre d'usages qui vont tout changer. Après, on va avoir des chefs de projets en autonomisation des machines, c'est-à-dire toutes les machines qui vont être autonomes grâce à des IA vont quand même avoir besoin d'ingénieurs dédiés à ça. On va avoir des avocats spécialistes en IA. C'est évident qu'il va y avoir plein de procès qui seront liés à des usages, des mauvais usages, des interprétations de ce que fait l'IA. Ça a déjà commencé, mais ce n'est que le début. BertrandEt la législation va sûrement beaucoup évoluer aussi. Il y aura un encadrement, il y aura des règles à intégrer ? AlexandreAlors, aux États-Unis, ils sont en train d'avancer, peut être un peu trop vite, j'en sais rien. On pourrait dire ça en Europe, bien évidemment. On est en train de reculer ou de freiner. Mais on est en train aussi de mettre de la sécurité, comme on l'a fait avec le RGPD ou avec l'IA Act qui est en train de se mettre en place en ce moment. Et effectivement, il y a des gens qui freinent. Alors, je souhaite témoigner là-dessus parce que c'est quand même important de l'entendre. Ça a déjà une conséquence néfaste sur l'usage de l'IA en France. Il y a des Américains qui ont compris que c'était toujours plus compliqué de faire passer une technologie en France à cause des lois et donc on n'y a pas accès. C'est-à-dire que l'on nous prive de ces accès-là parce qu'ils ne veulent pas s'embêter avec des procès et ils préfèrent ne pas nous donner l'accès. Vous voyez, on en est quand même là. Je souffre de ça et je suis obligé de prendre des VPN pour tester des intelligences artificielles qui sont étrangères, alors heureusement qu'on va avoir des Mastodon français. C'est en train de se bouger. Mais on est très en retard, il faut qu'on se dépêche. Et un dernier métier qui peut être étonnant et qui va arriver, c'est l'éthicien de l'IA. Justement, ça va avec ça. Est-ce que c'est éthique d'utiliser une IA pour corriger un devoir pour faire un devoir, d'utiliser un avocat qui serait une IA à la place de mon avocat. Est-ce que c'est éthique de produire un livre entièrement avec l'IA ? Il y a des choses bien plus graves. Est-ce que je peux soigner quelqu'un avec une IA ? Est-ce que je peux l'éduquer avec une IA ? Donc il y a beaucoup de sujets qui vont être passionnants. BertrandMerci Alexandre. Pour terminer cet entretien, j'aimerais bien qu'on passe sur les aspects très pratiques, tes conseils et tes retours d'expérience avec les choses que ceux qui nous écoutent peuvent faire juste après avoir écouté cet entretien avec toi ? AlexandreAlors déjà, malheureusement, je l'ai répété tout à l'heure, si vous accédez à une version payante de ChatGPT, vous allez complètement changer d'univers. Puisque vous pouvez utiliser des images, les envoyer, vous pouvez fabriquer des images. Donc si vous envoyez une infographie à ChatGPT, elle va comprendre l'infographie, vous l'expliquer et vous pouvez lui dire, fais-moi un QCM avec ça. On va quand nettement plus loin. ChatGPT payant par exemple, il y a aussi quelque chose d'intéressant, c'est qu'on peut construire des chatbots. (Ce n'est pas la première fois et j'ai eu la chance que tu acceptes de tester mon chatbot qui s'appelait BotMoiLeQI . Et ChatGPT nous propose dans sa version payante de créer des chatbot en quelques minutes. Quand vous savez le faire, il vous faut un quart d'heure pour créer un chatbot entraîné sur un sujet donné. Ça s'appelle les GPT's. Donc c'est très simple à faire. J'en ai fait plusieurs et je vous recommande un qui est assez drôle qui s'appelle LècheBot. Il est très sympa et va vous faire un bien fou parce que quel que soit le problème que vous avez rencontré, eh bien il va vous dire ce qu'il faut faire et il va être lèche-bottes. Il va dire Bertrand, mais qu'est-ce que tu es beau aujourd'hui, Qu'est-ce que tu es sympathique, Qu'est-ce que tu es intelligent ! Et de temps en temps, c'est rigolo quoi. Voilà, c'est le LècheBot. BertrandOk, super ! Ça, c'est le petit côté plaisir. Je mettrai le lien vers LècheBot pour que chacun puisse faire cette expérience. AlexandreJ'ai aussi créé un site qui s'appelle IA Magique : avec un blog et des offres spécifiques. Mais ce dont je voudrais surtout parler, c'est l'utilisation de l'intelligence artificielle en tant qu'artiste. C'est quelque chose que je n'avais pas encore exploré. J'ai créé un site qui s'appelle Alexandre IA'rtiste : c'est le site sur lequel je me suis dit que si les objets avaient une âme et s'ils étaient capables de parler et de nous retracer ce qu'ils ont vécu à nos côtés. Ce serait sympa de les faire parler. Et donc, grâce aux IA, je les fais parler. Vous avez des vrais objets que j'ai chinés sur internet et qui sont en fait des objets physiques. Par exemple un ancien téléphone, une ancienne radio et quand on s'approche du téléphone, il y a un QR code, vous le scannez et là, vous avez le téléphone qui vous parle. Il vous raconte ce qu'il a vécu, quelle est la conversation qu'il a eue et pourquoi et comment....... Bertrand Excellent ! AlexandreDonc c'est assez amusant d'utiliser tout un tas d'IA parce qu'elles font du son, de la musique, de la vidéo, de la 3D, de la réalité augmentée. Sur toutes les pages que j'ai créés autour de l'histoire d'un objet. Après, quand je reviens en entreprise ou que je reviens face à des étudiants, je peux leur montrer des usages que j'ai moi-même testé. BertrandAlexandre je crois que tu voulais rajouter quelque chose autour de la formation et l'intelligence artificielle ? AlexandreOui, grâce à une société qui s'appelle Certifopac. J'ai travaillé avec Tanguy Martin et Jimmy Martin pour fabriquer la première certification en France de compétences pour former des formateurs à l'IA. C'est une certification de compétence en intelligence artificielle générative. Don on apprend à sélectionner des outils, on apprend à dialoguer avec une IA, on apprend à produire du contenu, on découvre comment réviser ce contenu qu'on a généré par l'IA, à évaluer ses résultats. Et donc aujourd'hui, on forme des formateurs à l'usage de l'IA. BertrandExcellent ! Je suis sûr que ça va intéresser certains qui nous écoutent aujourd'hui. L'une des dernières questions que j'avais envie de te poser, Quel serait ton conseil culturel, livre, film, série, podcast ? Ça serait quoi tes recommandations pour ceux qui nous écoutent ? AlexandreAlors j'ai rencontré pas mal de gens qui ne connaissaient pas ce film "Her" et je pense que c'est un peu la référence. C'est quand même l'histoire de quelqu'un qui tombe amoureux d'une intelligence artificielle, donc ce sont les prémices de ce qui va nous arriver. C'est intéressant de regarder ce film parce qu'il va très loin sur le sujet, mais ça paraissait totalement impossible quand il est sorti. Et aujourd'hui, on peut se poser la question. BertrandC'est un très bon film en plus. AlexandreIl y a des tonnes de podcasts, si vous tapez IA podcast. Vous allez trouver des choses aussi sur YouTube. Il faut regarder aussi aux États-Unis, pas qu'en France. sur Twitter ou X, vous allez trouver les meilleurs intervenants autour de l'intelligence artificielle. Ce que j'ai fait pour faire une veille permanente, j'ai branché des IA qui vont écouter des dizaines et des centaines de milliers de sources et qui me les résument... BertrandExcellent ! Merci beaucoup Alexandre. C'était très enrichissant cet entretien, j'en étais sûr avant de le faire. J'ai une dernière question. Ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient te poser des questions, aller plus loin avec toi, Comment ils peuvent te contacter ? AlexandreIls peuvent aller sur le site IA-magique.Com. Sinon, ils peuvent me trouver bien sûr sur LinkedIn. BertrandAlexandre, merci beaucoup. AlexandreMerci à toi. Et merci pour cette invitation. L'épisode 72 du Gagne-Pain, l'atelier #13 , est également disponible sur : ### Le marché caché de l'emploi – Hervé Bommelaer Hervé Bommelaer, Consultant certifié en Transition de carrière/Outplacement de Dirigeants - Expert Networking chez Enjeux Dirigeants. Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient.Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir, Hervé Bommelaer, Consultant certifié en Transition de carrière/Outplacement de Dirigeants - Expert Networking chez Enjeux Dirigeants. Hervé nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Hervé, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Ce qui est très important de souligner, c'est que le networking, donc le réseautage, on ne nous l'apprend pas à l'école. Alors à un moment, il faut l'apprendre par soi-même. Il faut lire des bouquins, il faut écouter des podcasts sur le networking pour justement comprendre les techniques du networking et les appliquer. Hervé Bommelaer, Consultant certifié en Transition de carrière/Outplacement de Dirigeants Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Hervé Bommelaer – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 70 : BertrandBonjour Hervé, HervéBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Hervé d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Hervé est consultant certifié en transition de carrière chez Enjeux Dirigeants. Il est expert en networking. Il a écrit pas mal de bouquins sur la recherche d'emploi et notamment "Trouver le bon job grâce au(x) réseau(x)" : un best- seller. Il publie très régulièrement sur LinkedIn, donne de nombreuses conférences à destination des étudiants, des alumni de grandes écoles. Bref, Hervé est très bien placé pour répondre à nos questions. Mais avant cela, est-ce que tu voudrais ajouter quelque chose pour te présenter ? HervéÉcoute, pas grand-chose parce que tu as tout dit. Bertrand C'est vrai ? Hervé oui. BertrandTrès bien. Ça veut dire que ton profil LinkedIn est parfaitement à jour car j'ai trouvé tout ça sur LinkedIn. Alors, l'Atelier du Gagne-Pain a pour objectif de proposer des conseils pour trouver un job et construire sa carrière dans le digital. Comme nous en avons discuté avant de préparer cet entretien, j'aimerais t'interroger sur le "marché caché" de l'emploi, un sujet un peu obscur pour beaucoup de ceux qui nous écoutent. Et j'aimerais savoir quels sont tes conseils pour ceux qui nous écoutent, jeunes professionnels, étudiants, alumni pour comprendre ce que c'est que ce "marché caché de l'emploi". Et si tu en es d'accord, j'ai organisé ça autour de quatre questions. C'est quoi le marché caché de l'emploi ? Comment intégrer le marché caché de l'emploi dans sa recherche ? Le marché caché de l'emploi et les métiers du digital ? Et puis quels seraient tes autres conseils ? Comme tu parles beaucoup aux étudiants, aux alumni, tu as sûrement plein de conseils à nous donner. Alors pour commencer, c'est quoi le marché caché de l'emploi ? HervéLe marché caché de l'emploi, en fait, c'est le marché du bouche-à-oreille. C'est-à-dire que c'est tous ces postes qui sont pourvus par la question : Est-ce que tu ne connaîtrais pas quelqu'un qui est tel profil ou telle compétence ? BertrandPour ceux qui nous écoutent, c'est un peu comme la première fois qu'on a cherché un stage ou une alternance. On a fait appel à son petit réseau au départ personnel, sa famille, ses amis, ses relations proches. On étend ce réseau pour dire je cherche quelqu'un qui fait ça ou ça. Et peut-être que tu peux me donner un bon conseil. C'est ça l'idée ? HervéC'est le décideur, la personne qui recrute, qui va parler à son réseau comme tu le dis. Et qui va dire, je cherche telle compétence, je cherche tel profil, Est-ce que tu ne connaîtrais pas quelqu'un qui est ce profil-là ? BertrandD'accord. Et quand on parle de ce marché caché de l'emploi et qu'on regarde un peu la littérature, il y a beaucoup de choses qui sont dites, mais ça n'est pas forcément précis. Ça représente quoi à ton avis, toi qui connais bien ce secteur ? HervéAlors quand on étudie les études qui ont été faites sur le marché caché de l'emploi, on considère que c'est environ 40 % du marché. Mais ça, c'est le chiffre global. Si tu prends maintenant le marché, par exemple, de l'out-placement, c'est 100 % des jobs. BertrandExplication pour ceux qui nous écoutent, c'est quoi exactement l'out-placement ? HervéC'est la recherche d'emploi pour des cadres confirmés. BertrandOK, donc ça, c'est le cœur de ton métier. Aujourd'hui, tu as des cadres qu'il faut replacer dans une nouvelle entreprise et dans ce marché-là, c'est 100 % de marché caché. HervéOui, en revanche, pour des cadres supérieurs et dirigeants, on considère que c'est 80 % des jobs qui sont dans le marché caché. Quand on est dans les métiers du Digital, on peut considérer qu'on est certainement autour de 50 %. BertrandÇa veut dire qu'un emploi sur deux dans le Digital ne fait pas l'objet d'une publication d'annonces ? Hervé Exactement. BertrandDonc si on se place du point de vue de celui qui cherche un job, il n'y a pas que répondre à des annonces pour trouver du boulot ? HervéTout à fait. S'il répond à des annonces, s'il fait 100 % de sa recherche sur les annonces, il se coupe de 50 % de ces opportunités. BertrandQuelles sont les typologies d'emplois qui correspondent à ce marché caché ? Est-ce qu'il y a des typologies d'emploi plus ou moins élevées dans la hiérarchie, au contraire, plus ou moins jeunes dans le marché ? Que pourrait-on dire là-dessus ? HervéAlors plus on monte dans la hiérarchie, plus le marché caché a de l'importance. Mais le marché caché peut aussi avoir beaucoup d'importance dans des métiers en tension. Le digital aujourd'hui est un secteur en tension. C'est clair que plus, on est visible et lisible sur ce marché-là, plus on a des chances d'être contacté. BertrandC'est intéressant parce qu'effectivement le secteur du digital est clairement un secteur en tension. Les métiers les plus recherchés sont très en tension. Donc pour ceux qui nous écoutent et qui veulent aller sur la cybersécurité, sur l'intelligence artificielle, sur ces secteurs-là qui sont très en tension, le marché caché de l'emploi est encore plus important ? HervéEt c'est d'autant plus important que si je suis un recruteur qui veut justement recruter une pointure du digital, quelqu'un qui a un profil très particulier. Si je passe une petite annonce, je vais récupérer sans doute pas les meilleurs. En revanche, si je passe par le réseau, c'est-à-dire si je demande à des gens en qui j'ai confiance, est-ce que tu connais un bon développeur ? Est-ce que tu connais un bon spécialiste de ça ? J'ai beaucoup plus de chance de récupérer des très bons éléments et je vais contacter ces très bons éléments de la part d'une personne de confiance. BertrandEn plus, il y a la recommandation qui joue un rôle important. Le deuxième sujet que l'on avait prévu d'évoquer ensemble, on se place du point de vue de celui qui recherche. Comment faut-il qu'il fasse pour intégrer ce marché caché de l'emploi. Comment il faut qu'il travaille pour toucher 100 % des postes qui sont disponibles et pas seulement ceux qui proposent une offre d'emploi ? HervéAlors je vais prendre une image. Si dans mon métier, je suis vraiment le meilleur, le champion du monde mais que personne ne me connaît, je vais rester le champion du monde chez moi. En revanche, si je suis plutôt bon, mais que tout le monde me connaît dans le métier parce que je suis visible et lisible et attractif. À ce moment-là, les gens vont m'appeler et je vais pouvoir choisir le bon job pour moi. BertrandAlors, comme on l'a dit tout à l'heure, tu as écrit un livre qui s'appelle "Trouver le bon job grâce aux réseaux" ça veut dire qu'on est à fond dans le réseau, c'est-à-dire qu'il faut travailler son réseau. Son réseau, ce n'est pas seulement son réseau professionnel, c'est aussi son réseau "social" professionnel, j'imagine. C'est ça ? HervéAlors ce qu'il faut travailler, c'est son réseau, par rapport à un objectif. Quel est mon objectif ? C'est de prendre un poste de ceci ou de cela. Et quelles sont mes cibles. J'aimerais trouver un poste de développeur, le poste X, Y ou Z dans des sociétés que j'ai identifiées ? Donc si j'ai un projet très précis et des cibles très précises, le travail de réseau consiste à me rendre visible, lisible et attractif dans cet écosystème... BertrandOn parle bien de LinkedIn principalement ? HervéAlors pas uniquement de LinkedIn. Son profil LinkedIn bien sûr, parce que dès qu'on va parler de moi, le premier réflexe du recruteur, c'est justement d'aller sur LinkedIn. Donc forcément, il faut qu'on soit bien visible sur LinkedIn avec un profil professionnel. Ensuite, ce qui est important, c'est que plus je rencontre des gens, plus je suis connu par ces gens-là, plus j'ai des chances d'être repéré pour une bonne opportunité. BertrandDonc là, ça veut dire qu'encore une fois, si on se replace du point de vue de celui qui va chercher un job, un, il faut un bon profil LinkedIn. Deuxièmement, il faut développer son réseau, c'est-à-dire qu'il faut développer les contacts dans son réseau. C'est ça que ça veut dire aussi ? HervéTout à fait. Donc il faut aller rencontrer des gens qu'on ne connaît pas de la part de gens qu'on connaît. BertrandD'accord, ça veut dire avoir une démarche proactive, d'inviter des gens dans son réseau ? HervéEt de les rencontrer, de discuter avec eux et de se faire connaître. BertrandSans pour autant avoir comme objectif premier de trouver un job, mais simplement de développer son réseau ? HervéAlors si je cherche un job, le réseau va me servir à trouver ce job. Si je suis en poste, je pense à l'avenir, à deux ou trois ans. Je continue de rencontrer des gens pour justement avoir des contacts qui peuvent se souvenir de moi et m'appeler. BertrandEncore une fois, pour rendre les choses concrètes pour ceux qui nous écoutent. Ça veut dire qu'on a un bon profil LinkedIn bien à jour, qui explique bien ce qu'on fait. Ça, on en a déjà parlé dans Le Gagne-Pain. Et on ne fait pas que développer son réseau sur LinkedIn, on va aussi rencontrer les gens. C'est-à-dire que l'on fait la démarche de les rencontrer, dans les entreprises, dans des salons, soit dans des événements professionnels... Il faut aller plus loin ? HervéOui, alors, la rencontre, aujourd'hui, il en a deux types. Le premier, c'est le mieux, c'est le présentiel. Je prends un café avec quelqu'un, je déjeune avec lui et on discute et on échange et on voit comment on peut s'entraider. Mais ça peut être aussi en distanciel puisque aujourd'hui, grâce à Zoom ou Teams, on peut rencontrer des gens qui sont dans une autre ville, voire dans un autre pays. Plus il y a de gens qui me connaissent, qui m'ont rencontré, qui ont discuté avec moi, plus j'ai des chances pour qu'un recruteur, un décideur m'appelle un jour. BertrandJe comprends très bien. Il y a un sujet qu'on n'a pas évoqué encore à propos de LinkedIn, ce sont les publications. Est-ce que ça aussi ça a un impact ? Est-ce que publier sur LinkedIn, raconter ce qu'on fait, ce qu'on a appris, commenter l'actualité, ça a aussi un impact sur le marché caché de l'emploi ? HervéÇa a un impact parce que ça me rend plus visible sur LinkedIn. Mais le premier point sur LinkedIn, c'est d'avoir un profil bien construit. Si en plus, je suis actif, je publie, je commente, je like.. C'est un bonus. BertrandD'accord, ça veut dire qu'il y a trois étapes, un bon profil, un réseau qui se développe avec des rencontres réelles avec les gens. Et un peu de publications, afin de dire ce que l'on fait ? HervéOui. Ce qui est très important de souligner, c'est que le networking, donc le réseautage, on ne nous l'apprend pas à l'école. Alors à un moment, il faut l'apprendre par soi-même. Il faut lire des bouquins, il faut écouter des podcasts sur le networking pour justement comprendre les techniques du networking et les appliquer. BertrandOn a parlé du marché caché, on a essayé de comprendre ce que ça voulait dire. J'espère que c'est clair. Maintenant, la question, qu'est-ce que ça veut dire dans le secteur du digital ? HervéÀ mon avis, les fondamentaux restent les mêmes, c'est-à-dire que l'on peut trouver des postes très intéressants dans le marché caché dans le digital. C'est ce qu'on disait tout à l'heure, ce sont des métiers souvent en tension. Pour trouver les meilleurs éléments, le recruteur va certainement accéder au marché caché par des demandes de recommandation via le bouche-a-oreille. Est-ce que tu peux me recommander quelqu'un de très grande qualité, etc. Et à ce moment-là, si on est visible et lisible, on va être recommandé et appelé. BertrandDonc ça veut dire que c'est à peu près la moitié du marché de l'emploi dans le secteur du digital qui est dans le marché caché. Est-ce qu'il y a d'autres spécificités ? Est-ce que le fait que cela soit un marché dans lequel tous les gens actifs et tous les gens qui cherchent sont très digitalisés. Est-ce que ça, ça peut avoir un impact ? Est-ce que ça peut être encore plus important l'utilisation de LinkedIn par exemple ? HervéOn va chercher en tout cas dans les recrutements des gens qui manient bien les outils, les réseaux sociaux, le digital en général. Donc évidemment, si je cherche un profil de développeur, je vais quand même regarder si tu as les bons mots clés. Je vais regarder si ton profil est bien fait, parce que s'il est mal fait, ça ne me donne pas forcément envie de me mettre en contact avec toi. BertrandCela pourrait même m'étonner de chercher quelqu'un dans le digital qui n'a pas un bon profil LinkedIn, qui n'est pas sur les réseaux sociaux ou qui n'a pas bien compris comment ça marchait ? HervéExactement. Ce serait même inquiétant. BertrandJe comprends. Et quand on regarde les tendances cette fois, est-ce ce qu'il y a des choses qu'on peut dire sur les tendances ? Est-ce que le marché caché de l'emploi, il a eu tendance à se développer ? HervéPour moi le marché caché a toujours existé, et il existera toujours. C'est une sorte de phénomène récurrent qui s'inscrit dans la durée. Ensuite, les tendances, elles sont vraiment différentes, d'un métier à l'autre. Il y a de vraies différences entre les métiers. Par exemple, si tu veux rentrer à la DGSE, je pense que c'est que du marché caché. En revanche, pour des recrutements comme fonctionnaire, là, on est sur des choses beaucoup plus ouvertes parce qu'il faut qu'il y ait une totale transparence. BertrandDonc ça veut dire qu'il y a quand même des différences. Ma question était de comprendre si les réseaux sociaux, et notamment LinkedIn qui est devenu incontournable dans la recherche d'emploi, avait une influence sur le marché caché ? HervéJe pense que ça n'a pas changé le marché caché, mais que ça a changé la façon de fonctionner pour les recruteurs. C'est-à-dire qu'aujourd'hui énormément de recruteurs passent sur LinkedIn pour faire des recherches. Ce qui n'était pas le cas il y a encore dix ans ou quinze ans, quand LinkedIn n'était pas encore autant développé. BertrandÇa, ça veut dire que globalement, les recruteurs ont à leur disposition une base de données de tous les profils, alors qu'avant, ils n'avaient que les CV qui recevaient ? HervéQui, ou ils achetaient des bases de données qui souvent étaient des bases de données constituées à partir des annuaires d'élèves d'écoles. BertrandDonc, ça a simplifié la démarche des recruteurs ? HervéCela l'a simplifié, et ça l'a complété. Parce que les recruteurs continuent d'être sur plusieurs outils dont LinkedIn. BertrandEst-ce que l'on peut aussi répondre aussi à une question qui m'a fréquemment été posée. Quand je cherche quelqu'un et que je publie une annonce, je reçois tellement de CV que je suis perdu ? Et j'ai entendu des gens qui m'ont dit, je ne publie d'offre, car je reçois trop de CV. Et j'ai du mal à les traiter, j'ai du mal à les trier. Donc le fait d'utiliser la recommandation, donc le marché caché, ça me simplifie la vie ? Hervé Tout à fait. BertrandAlors, tu le constates aussi ? HervéJe le constate aussi. C'est vrai que lorsqu'on publie une annonce, on a souvent tout et n'importe quoi comme CV et qu'il faut faire le tri. Ça prend du temps. Et si vraiment, on essaye de bien faire les choses, il faut répondre à tout le monde, c'est chronophage. Alors que si j'utilise le marché caché et j'interroge les bonnes personnes autour de moi normalement. Avec cinq ou six personnes, je vais trouver des bons profils. BertrandOn a aussi vu se développer dans les entreprises le phénomène de la recommandation, une incentive à la recommandation. Est-ce que ça aussi ça, ça favorise le marché caché ? HervéTout à fait. C'est ce qu'on appelle cooptation. Et il y a certaines entreprises qui rémunèrent leurs collaborateurs, ce qui va permettre de faire des embauches intéressantes. BertrandEst-ce que la cooptation dans un réseau d'alumni, par exemple, les anciens d'une école, ça fonctionne ? HervéOui, c'est pour ça que moi, je pousse les étudiants à développer leur réseau avec les anciens de leur école. Ce n'est pas difficile à faire. Je les repère par l'annuaire de l'école ou par LinkedIn. Des gens qui ont trois ou quatre ans de plus que moi, qui sont dans les métiers qui m'intéressent, qui sont dans les entreprises, qui m'intéressent. Je les contacte et s'ils acceptent de me recevoir, de me donner des conseils, je fais grandir mon réseau avec des gens qui peuvent justement m'ouvrir des opportunités. BertrandOk, tu le constates que les étudiants le font ? HervéAlors, il faut les pousser à le faire parce qu'ils n'ont pas forcément le réflexe au départ. BertrandEt est-ce que les alumni, acceptent ces invitations ? Sont-ils d'accord pour le faire ? Les alumni répondent-ils positivement aux sollicitations des étudiants ? HervéÀ 80 %, ils acceptent. Il y aura toujours 20 % de perte... BertrandOk, merci beaucoup Hervé, C'est très clair. Pour conclure, j'avais envie de voir un peu quels étaient les autres conseils que tu as envie de donner à ceux qui nous écoutent ? Quels sont les conseils que tu donnes quand tu fais des conférences avec les étudiants et les alumni des grandes écoles dans lesquelles tu interviens ? Quels sont tes principaux conseils pour trouver un job ? HervéLe principal conseil, c'est de se former au networking parce que, à part l'ESSEC, aucune école en France que je connaisse, ne forme au networking. Et c'est vraiment un cours indispensable, c'est un cours qui va servir toute la vie. Deuxième conseil, c'est de travailler en profondeur votre profil LinkedIn et n'hésitez pas à écouter les bons podcasts ou à lire les bons articles sur comment bien construire mon profil LinkedIn. Et dernier conseil, abonnez-vous à ma newsletter sur LinkedIn qui s'appelle Networking or Net Working. BertrandHervé, j'ai une dernière question. Pour ceux qui ont apprécié cet entretien et qui souhaitent en savoir plus, comment peuvent-ils te contacter s'ils souhaitent ? HervéÉvidemment, se mettent en relation avec moi via mon profil LinkedIn. BertrandD'accord, donc ton profil est ouvert et tu reçois des nouveaux amis sur LinkedIn ? HervéAvec beaucoup de plaisir. BertrandOk Hervé, merci beaucoup. HervéMerci à toi Bertrand. L'épisode 70 du Gagne-Pain, l'atelier #12 , est également disponible sur : ### IA et les métiers du Numérique – Milo Rignell Milo Rignell, Head of the Digital Program & Resident fellow for AI and emerging technologies chez l'Institut Montaigne Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Milo Rignell, Head of the Digital Program & Resident fellow for AI and emerging technologies chez l'Institut Montaigne. Milo nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Quel sont les points forts de son métier ? Nous vous laissons découvrir toutes ses réponses dans ce 56 ème épisode du Gagne-Pain. Merci à Milo, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Il y a 2 messages principaux à retenir de notre étude. Le premier, c'est qu'il y a beaucoup d'opportunités dans les métiers du numérique, il y a une croissance importante et trop peu de personnes qui rentrent dans ces métiers. Le deuxième message, c'est que c'est possible de se reconvertir vers ces métiers et que c'est beaucoup plus facile qu'on ne le croit généralement Milo Rignell, Head of the Digital Program & Resident fellow for AI and emerging technologies Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Milo Rignell – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 68 : BertrandPour ce nouvel atelier du Gagne-Pain, nous avons le plaisir d'accueillir Milo. Bonjour Milo, MiloBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Milo d'avoir accepté notre invitation. Milo est expert pour les projets de nouvelle technologie et intelligence artificielle à l'Institut Montaigne. Il a notamment publié une note d'action sur "Mobiliser et former les talents du numérique" et une autre sur l'intelligence artificielle. Bref, il est très bien placé pour répondre à nos questions. Mais avant cela, est-ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose pour te présenter à ceux qui nous écoutent ? MiloPremièrement pour dire que je suis très content d'être là. Des sujets qui m'intéressent depuis assez longtemps, l'éducation, l'intelligence artificielle et le numérique plus généralement. Pendant mes études, j'ai monté une entreprise en EdTech qui s'appelait TEECH. J'ai ensuite développé des formations autour de l'IA, donc très heureux d'en discuter aujourd'hui. BertrandD'accord. L'idée, c'est d'accompagner ceux qui nous écoutent pour leur proposer des conseils pour les aider à trouver un job ou pour construire leur carrière dans le digital. Si tu en es d'accord, j'aimerais t'interroger sur ces deux sujets : le digital et l'intelligence artificielle. Sous l'angle, comment accompagner ceux qui cherchent un boulot aujourd'hui, ceux qui cherchent un stage, ceux qui cherchent une alternance ? Et on pourrait organiser notre entretien autour de cinq questions. C'est quoi l'Institut Montaigne, C'est là que tu travailles et que tu publies. Quels sont tes rôles et missions au sein de cet institut ? Comment "mobiliser les talents du numérique" ? L'impact de l'intelligence artificielle, pour ceux qui nous écoutent ? Et puis, quels sont tes conseils et tes retours d'expérience ? Voilà les cinq questions sur lesquelles on va essayer de s'arrêter quelques minutes avec toi. Pour débuter. C'est quoi l'Institut Montaigne ? MiloL'Institut Montaigne. C'est ce qu'on appelle un Think Tank. Donc, très concrètement, c'est une association dont la mission est de réfléchir et de produire des rapports sur des sujets de politique publique, des sujets d'éducation, de santé, de tech. Ce dont je m'occupe, c'est de recommander des actions aux gouvernements, aux décideurs publics, sur comment améliorer ces différents champs de politique publique. BertrandEt ces différents champs s'intègrent aussi dans l'Union européenne, puisque parmi les recommandations, il y a aussi l'intégration de ce qui se passe à l'Europe, notamment sur le numérique. Il se passe beaucoup de choses ? MiloExactement. On est un Think Tank français, mais avec un prisme européen. C'est toujours dur de parler de la France sans parler d'Europe. Donc, on parle évidemment d'Europe. BertrandOk, c'est très clair. Quel est ton rôle et ses missions à l'Institut Montaigne ? MiloJe suis responsable de projet et expert résident sur les sujets numériques et nouvelles technologies. Concrètement, ce que ça veut dire, c'est que c'est moi qui m'occupe de piloter et de coordonner nos travaux sur des sujets de politique publique numérique. Donc, par exemple, de la stratégie du gouvernement sur les questions d'intelligence artificielle. Aujourd'hui, on va parler par exemple de comment est-ce que le gouvernement pourrait mettre en place des mesures pour former et attirer plus de talents du numérique ? Donc, ça implique de discuter de ça avec les professionnels du secteur, comprendre leurs enjeux et leurs recommandations et agréger tout ça dans un rapport final que, ensuite, on transmet aux décideurs politiques. BertrandOn peut passer à notre troisième thème qui est le thème un peu central du sujet d'aujourd'hui, c'est "mobiliser et former les talents du numérique". Donc c'est en grande partie pour ça qu'on se rencontre aujourd'hui. Tu as publié une note d'action avec beaucoup de recommandations, notamment pour expliquer comment on peut développer le numérique en France. Et j'avoue que cette note m'a attiré et j'y ai trouvé beaucoup de choses intéressantes. Est-ce ce que tu peux décrire un peu le travail que tu as fait là-dessus ? MiloDonc déjà préciser que c'est vraiment un travail de longue haleine. C'est un travail de réflexion et de production qui s'est déroulé sur environ 10 à 12 mois. Et aussi dire que ce n'est pas un travail qui a été effectué seul. Comme je l'expliquais tout à l'heure, je coordonne, je pilote. Mais en fait, la vraie matière grise, la vraie intelligence, vient de ce qu'on appelle un groupe de travail. Et donc on a travaillé très étroitement avec plusieurs personnes. On a travaillé avec l'ancien DRH du grand groupe WorldLine, qui est un groupe de paiement en ligne. On a travaillé avec la présidente d'IBM France, on a travaillé avec un directeur de Ionis éducation qui est le groupe qui rassemble les écoles Epita et Epitech. Donc, on a travaillé très directement, très étroitement avec toutes ces personnes, au fil de l'eau. Et puis, on a sollicité l'avis et l'expertise de plein de professionnels, d'acteurs sur le terrain, aussi bien côté privé pour comprendre leurs enjeux que côté public, pour comprendre les enjeux en matière de formation et autres. BertrandCe que j'ai retenu, et on en a discuté avant de préparer cette interview. Il y a des grandes données qui me semblent intéressantes et qui sont parfois pas très bien précisées dans d'autres études. Globalement, tu estimes que le marché, c'est aujourd'hui à peu près de 1 million de personnes qui travaillent dans le numérique en France. Et parmi ce 1 million de postes, il y en a à peu près 10 % qui ne sont pas pourvus. Ça, c'est un peu une donnée générale de base pour bien comprendre le travail et le périmètre sur lequel tu as travaillé ? MiloOui, exactement. D'ailleurs, je pense qu'on a fait l'effort d'aller chercher des bouts de données à droite à gauche pour les consolider. Des rapports précédemment faits par le gouvernement, des données qui étaient publiées sur certaines catégories de métiers par des fédérations professionnelles à droite, à gauche. Et donc on a rassemblé tout ça pour justement essayer de proposer ce chiffrage assez inédit. BertrandÇa me semble très intéressant, parce que c'est vrai que l'on n'a pas une vision globale. Donc 1 million d'emplois dans le numérique en France, sachant que ça recouvre globalement le périmètre de tous les métiers du numérique, pas seulement une partie des métiers. Ça correspond à ce qu'on couvre, nous aussi, aussi dans le podcast, c'est-à-dire à dire à la fois des métiers de développement, des métiers de production, des métiers de communication, de gestion de réseaux sociaux. C'est vraiment tous ces métiers qui représentent l'environnement de près de 1 million de personnes ? MiloExactement. Et donc on a essayé d'être le plus rigoureux possible dans notre méthodologie. Si vous voulez aller regarder ce que ça recouvre en termes de métiers, vous pouvez vous référer au référentiel France Stratégie qui est un peu la base qu'on a utilisée pour agréger toutes ces données et faire ce travail. BertrandDans l'étude que tu as publiée "Mobiliser et former les talents du numérique" il y a une autre donnée qui me semble intéressante, c'est la perspective à l'horizon 2030. Donc qu'est-ce que ça veut dire en termes de potentiel de Job pour ceux qui nous écoutent ? MiloTu citais à l'instant qu'il y avait à peu près 1 million d'emplois dans les métiers du numérique. Le chiffre qu'on projette à horizon 2030, c'est à peu près 1,6 million d'emplois. Donc, c'est beaucoup plus que ce qu'on a aujourd'hui. Et d'ailleurs, c'est tout l'enjeu. Et c'est la raison pour laquelle on a publié cette étude, c'est comment combler ce gap ? C'est à peu près 6,5% de croissance en moyenne par an sur ces métiers. Il faut comprendre que c'est vraiment beaucoup plus que ce qu'on observe ailleurs sur d'autres segments de métiers. C'est 2 à 3 fois plus de croissance, ce qui mécaniquement fait qu'on a ce chiffre de 1,6 million d'emplois en 2030. BertrandD'accord. Donc ça veut dire que, c'est un secteur important avec les chiffres que tu publies. C'est en plus un secteur qui va se développer de façon massive, avec un potentiel d'emplois pour ceux qui nous écoutent, qui est très important ? MiloOui, tout à fait. BertrandEt évidemment, l'étude explique comment il faut faire pour combler ce gap, parce que c'est aussi un secteur en tension. Donc quand on dit en tension, ça veut dire qu'il y a plus de gens qui cherchent des collaborateurs que de collaborateurs eux-mêmes ? MiloOuais, exactement, on le chiffre aussi. On chiffre la tension et on voit très bien que, sur les métiers du numérique, il y a une tension globale qui est très importante, beaucoup plus que dans d'autres secteurs. Ce qui concrètement veut dire, comme tu le disais à l'instant, qu'il y a en fait plus de jobs que de personnes prêtes à prendre ce job. Ce qui veut dire qu'il y a du coup beaucoup d'opportunités. Mais nous, notre mission à l'Institut Montaigne, c'est de proposer au gouvernement des mesures pour combler ce gap à horizon 2030. BertrandMerci Milo. Parmi les sujets que tu évoques dans cette note, il y a cette question des talents cachés et notamment cette question de comment je me forme sans avoir vécu le parcours classique d'un étudiant qui sort d'une école de commerce. C'est un sujet important pour la recherche d'emploi ? MiloJe pense que c'est très important. Il y a 2 messages principaux à retenir de notre étude. Le premier, c'est qu'il y a beaucoup d'opportunités dans les métiers du numérique, il y a une croissance importante et trop peu de personnes qui rentrent dans ces métiers. Le deuxième message, c'est que c'est possible de se reconvertir vers ces métiers et que c'est beaucoup plus facile qu'on ne le croit généralement. Et donc, quand on fait référence au terme "talent caché", on fait référence à toutes les personnes qui pourraient se reconvertir assez facilement et assez rapidement vers les métiers du numérique, mais qui, pour diverses raisons, ne le font pas. Et le message premier de l'étude, c'est de dire que le principal sujet, c'est d'attirer, de convaincre plus de personnes que c'est possible de le faire. BertrandDans l'étude, le périmètre, on en a un peu parlé tout à l'heure, mais je voudrais revenir dessus pour que cela soit clair. Il y a la conception, le développement, la maintenance de produits et de services numériques... Ça couvre tous les sujets du numérique. C'est ça, l'objet de l'étude, c'est d'avoir essayé de couvrir tous ces sujets ? MiloC'est ça, on distingue trois typologies de métiers liés au numérique. Disons le premier, c'est la typologie sur laquelle notre étude se centre, ce sont les métiers "cœur du numérique". Les métiers qui sont dédiés à concevoir, maintenir, développer des produits et des services numériques comme celui de Data scientist, Product Owner, développeur... Et on met de côté deux autres typologies de métiers qui sont liées au numérique, qui sont d'une part les métiers dits transformés par le numérique. Donc ça, ce sont des métiers préexistants. On peut penser à celui de designer, mais qui va être transformé par le numérique et devenir par exemple un métier de designer web. Ou bien tous les autres métiers qui sont impactés par le numérique, parce qu'on utilise au quotidien des outils numériques. BertrandÇa peut recouvrir les métiers de la communication, ces métiers qui deviennent de la communication digitale par exemple ? MiloVoilà quasiment 100 % des métiers. BertrandUn autre sujet que j'aimerais bien aborder avec toi, c'est la question du type d'entreprise. Donc dans ce que tu évoques, tu parles de tous les types d'entreprises. Est-ce ce qu'on peut s'arrêter un peu là- dessus ? PME, grands groupes, administration, startup ? Voilà, on a quand même, parmi ceux qui nous écoutent souvent, cette question là où est-ce que je vais aller bosser ? Est-ce que je vais rentrer dans une grande entreprise ou est-ce que je vais aller dans une startup ? Est-ce e que tu vois des différences sur justement ces potentiels en fonction de la taille de l'entreprise ? MiloAlors, je pense que la première chose à avoir en tête, c'est que toutes les entreprises, toutes les organisations publiques ou privées ont besoin de talents du numérique, donc recrutent des gens dans les métiers du numérique. Dès lors que l'on est formé au numérique, on a 100 % de choix sur la typologie de structure qu'on va intégrer et le secteur. On a pas mal de luxe de ce point de vue. Ensuite, c'est vrai qu'il y a quelques différences selon la taille de la structure. Dans des petites structures, on va typiquement avoir des personnes qui auront plusieurs casquettes. Donc, si on s'occupe du digital dans une PME, on va à la fois faire le développement web, s'occuper des sujets de cybersécurité, peut-être faire la communication digitale... Alors que dans des plus grandes structures, ce sera plus ciblé. L'autre point, c'est peut-être aussi que dans les plus grandes structures, de ce fait, il y a des rôles plus seniors. En management, on parle de DSI, directeurs des systèmes d'information, donc ce genre de rôle un peu plus senior de management. On le retrouve plutôt dans les grandes structures. Dans de petites structures, on a des personnes métier et puis directeur directrice de la structure. BertrandC'est le cas aussi pour les administrations parce que c'est un sujet sur lequel je n'avais pas forcément réfléchi. Quand j'ai lu ton étude, tu parles pas mal de la digitalisation de l'administration, on s'en rend pas forcément compte, mais c'est aussi un immense potentiel de métier ? MiloOui, et d'ailleurs, je pense qu'il y a un immense potentiel qui est reconnu par l'État dans la transformation des services publics, justement pour les numériser et les rendre plus accessibles. Au sein de l'Etat, on a tous ces profils, de data scientist à Product Owner. Donc en fait des rôles un peu agiles qu'on n'associe pas toujours à l'État. On les retrouve au sein de l'État et il y a toutes ces opportunités-là au sein du public. BertrandQu'est-ce ce que tu peux dire globalement à ceux qui nous écoutent sur l'impact de l'intelligence artificielle tel que tu l'as exprimé dans la note "Investir l'IA sûre et digne de confiance" que tu as écrite ? MiloDonc, je pense que le premier point, c'est en fait de bien saisir l'impact potentiel de l'intelligence artificielle, c'est-à-dire une technologie qui s'appuie sur des données pour apprendre à faire des choses. En 2023, on a bien vu en fait le potentiel de ce principe-là avec des ChatGPT ou Midjourney qui sont capables de faire plusieurs tâches différentes. Et ça, ça va continuer à évoluer. Il y a deux grands principes qu'on peut tirer de ce constat. Le premier, c'est l'importance pour tout le monde de se former à l'intelligence artificielle, d'aller en comprendre dans les grandes lignes. Je ne parle pas de devenir ingénieur IA, mais de comprendre de façon globale comment fonctionne l'IA. Parce que, en réalité, tous les métiers seront impactés et s'appuieront sur de l'IA. Et de deux, car que ça nous permet de comprendre comment utiliser ces outils, comment interagir avec eux. BertrandÇa veut dire tester. Ne pas avoir une idée préconçue, mais tester les différents outils, se faire une première idée sur comment ça marche et à quoi ça sert ? MiloÇa veut dire tester, mais ça veut dire aussi comprendre les quelques grands principes sous-jacents. En fait, quand on teste, on voit juste l'entrée et la sortie. Je pense qu'il est utile de se former un minimum en 4 ou 5h. L'Institut Montaigne propose une Formation gratuite, "Objectif IA" , qui dure 4 à 5 h, qui permet de comprendre les grands principes de fonctionnement de l'intelligence artificielle. BertrandOk, donc se former, c'est un peu la clé pour comprendre. Il ne suffit pas de se jeter dedans, il faut aussi se former et comprendre derrière ce qui est sous le capot ? MiloC'est le premier point. Et je pense que c'est important de faire cet effort, d'aller comprendre ce qu'il y a sous le capot. Et ça concerne tout le monde. Le deuxième élément, c'est de comprendre que l'IA sera un outil au service de plein de métiers différents. Et donc de comprendre que des métiers qui vont croiser IA et la santé, l'écologie, des compétences métiers de façon générale seront très plébiscitées. Et donc, quand on a une expertise dans un métier donné, dans un secteur donné, ajouter une composante IA devient quelque chose de très puissant et c'est là où on aura vraiment de la valeur ajoutée. BertrandCe que je comprends, c'est que c'est un peu comme rajouter quelque chose sur son CV ? C'est-à-dire que je suis à la fois Community Manager, Data Scientist ou Développeur, mais en plus, je sais comment l'IA peut avoir un impact sur mon métier ? Je peux en jouer pour comprendre, pour faire encore mieux ? MiloOuais, c'est exactement ça. C'est bien d'avoir en tête que l'IA est juste un outil et pas une finalité, et donc que dès lors qu'on a IA et quelque chose d'autre, là, une vraie valeur ajoutée. BertrandC'est un point important, c'est d'apprivoiser l'IA pour améliorer ses compétences dans le métier dans lequel on est actuellement ou dans le métier dans lequel on va travailler demain. Et tu as envie de réaffirmer un point important, c'est qu'il faut que chacun, on se forme à l'IA et que l'on s'y prépare dans son propre job. Ce n'est pas un job en soi l'IA, c'est quelque chose qui accompagne son propre job ? MiloExactement. Et c'est pour ça que je dis que c'est important en fait de non seulement utiliser les outils, mais aussi comprendre un minimum les principes sous-jacents, comme celui de prédire l'élément suivant. Parce qu'une fois qu'on a compris un peu ce principe, on se rend compte que ça ne va pas juste s'arrêter à la génération de texte. Par exemple, si on utilise chat GPT, on pourrait se dire c'est impressionnant, ça génère du texte. Mais peut-être que ça mettra dix ans avant de générer des vidéos. Or, si on comprend ce principe sous-jacent, on se rend compte que ça pourrait très bien s'appliquer à des vidéos, tout comme des actions robotiques. BertrandMilo Pour terminer notre entretien, j'avais quelques questions, notamment sur les conseils et les retours d'expérience sur les métiers. Donc, on sort un peu de l'intelligence artificielle, on essaie de regarder de façon plus générale les métiers du numérique. C'est quoi, selon toi, les évolutions importantes auxquelles il faut que se préparent nos auditeurs ? MiloJe pense que le premier, c'est vraiment de se rendre compte de l'évolution du numérique dans tous les secteurs. Donc ce sont des métiers qui infusent tous les secteurs et en fait, on peut combiner numérique et notre secteur de prédilection. C'est-à-dire que si c'est l'écologie qui nous intéresse. Si on a envie d'avoir un impact sur le changement climatique, on peut combiner numérique et cet objectif- là. Si c'est la santé qui nous intéresse et qu'on a envie de sauver des gens, on peut combiner numérique et ce domaine-là. Donc ça, c'est le premier point. Le deuxième, c'est de se rendre compte que ce n'est pas si compliqué que ça que de rentrer dans les métiers du numérique. De se lancer, de ne pas se poser trop de questions, de trouver une formation. Il y en a plein qui existent en ligne, y compris des formations gratuites et se lancer. BertrandJ'ai une dernière question un peu pratique pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient prolonger la discussion avec toi et s'ils veulent te poser une question en particulier, comment ils peuvent faire ? MiloMe contacter sur LinkedIn Milo Rignell. C'est la façon la plus simple. BertrandMilo Merci beaucoup ! MiloMerci beaucoup. L'épisode 68 du Gagne-Pain, l'atelier #11 , est également disponible sur : ### Préparer vos entretiens – Pierre Cannet Pierre Cannet PDG chez Blue Search. Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Pour ce dixième atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Pierre Cannet. Il est est avec nous aujourd'hui, pour nous parler de son expérience, et nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Mais surtout dans cet épisode nous parlons entretien d'embauche afin d'avoir tous les bons tips ! Merci à Pierre, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com "Continuez à lire, suivez les newsletters. Essayez aussi de vous abonner à un quotidien en ligne. C'est toute cette matière économique qui fera la différence lors d'un entretien recrutement. Parce que vous allez réussir à connaître l'environnement économique de l'entreprise et à vous projeter dans le Job." Pierre Cannet Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Pierre Cannet – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 65 : BertrandBonjour Pierre. PierreBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Pierre d'avoir accepté notre invitation. Pierre est le président directeur général de Blue Search Conseil, un cabinet de conseil en ressources humaines et en recrutement dédié au digital créé il y a déjà 20 ans. Nous allons voir beaucoup de sujets sur lesquels échanger avec toi, Pierre, mais avant, que souhaiterais-tu ajouter pour expliquer ton parcours, ton expérience ? PierreJe pense qu'il y a un point de départ qui est l'université. Je suis issu de l'université de la Sorbonne et j'ai fait une formation en économie et même en mésoéconomie. C'est quoi la mésoéconomie ? C'est l'économie des secteurs d'activité. Et donc la racine de la création de mon cabinet, c'est le fait de connaître l'économie et de se dire « Il y a des transformations qui sont en cours. Il y a de nouveaux métiers qui apparaissent et c'est peut-être bien d'être là au moment où ça se passe pour créer un cabinet dédié à un nouvel environnement ou une nouvelle problématique économique. BertrandEn l'occurrence le digital. L'atelier du Gagne-pain a pour objectif de proposer des conseils pour trouver un job et construire sa carrière dans le digital. Si tu en es d'accord, j'aimerais t'interroger sur les entretiens d'embauche dans les métiers du digital. On pourrait résumer notre entretien avec quatre questions. Comment réussir son entretien d'embauche ? Comment réussir son entretien d'embauche avec un dirigeant de start-up ? Je pense que c'est important en ce moment la question des start-up. Comment réussir son entretien d'embauche, un entretien d'embauche avec une ou un DRH ? Et puis, comment et pourquoi se mettre dans la peau du recruteur ? Ça sera intéressant, un « vis ta vie » d'une certaine manière. Mais avant ça, est-ce que tu peux présenter Blue Search et expliquer ton rôle dans le cabinet ? PierreBlue Search est un cabinet-conseil en ressources humaines, principalement conseil en recrutement que j'ai créé il y a bientôt 25 ans. Je l'ai créé en 1999 et je l'ai créé sur une conviction, c'est qu'il y a à avoir une croissance digitale, une transformation digitale, que la croissance digitale et la transformation digitale allaient engendrer de nouveaux métiers. Et que j'avais tout avantage à me positionner sur ces nouveaux métiers. Je suis le fondateur et le dirigeant du cabinet. J'emploie une quinzaine de personnes qui sont chargées de recrutement, consultants juniors, consultants seniors. Et moi-même, je suis là un peu comme chef d'orchestre pour manager les équipes, mais aussi prendre en charge un certain nombre de recrutements directement et personnellement. BertrandDans le cabinet, vous recrutez à quel niveau ? C'est- à- dire que vous recrutez aussi bien des juniors que des seniors. C'est quoi le type de personnes que vous recrutez ? PierreMon positionnement, c'est le digital. Je n'ai pas voulu avoir un positionnement horizontal et élitiste ou je ne traiterai que les postes d'exécutives ou que les postes de managers. Ce qui veut dire que je rayonne tout au long de l'organigramme de l'entreprise. Je recrute forcément un peu moins de débutants, mais je recrute des juniors, je recrute des middle managers et je recrute des dirigeants. BertrandExcellent, c'est parfait pour ce qu'on va faire aujourd'hui dans cet entretien. On va d'abord commencer par une première question sur les entretiens d'embauche. J'imagine que tu as beaucoup d'expérience sur ce sujet. Que peux-tu dire à ceux qui nous écoutent, quels sont tes conseils pour bien préparer son entretien d'embauche ? PierreDéjà de préparer. Beaucoup de candidats viennent en entretien, pas en touristes, mais de façon un peu improvisée. Ils n'ont pas étudié le profil et le parcours de l'interlocuteur, qu'il s'agisse d'un dirigeant, d'un RH, d'un chasseur. C'est bien d'aller sur son LinkedIn. Et lorsqu'ils postulent pour un job dans une entreprise, ils n'ont pas forcément étudié l'entreprise. Or, aujourd'hui, sur Internet, les entreprises communiquent sur leur site corporate, quelquefois des interviews, quelquefois d'autres articles consacrés par la presse économique, la presse digitale. C'est super intéressant d'emmagasiner de l'information pour pouvoir, à un moment ou à un autre, montrer que la motivation est assise sur une connaissance de l'entreprise et de l'interlocuteur, les deux à la fois. BertrandSavoir de quoi on va parler dans l'entretien et le préparer, c'est la clé ? PierreAbsolument. Le parcours professionnel d'un individu, ce dernier le maîtrise. On peut penser qu'il récite ses gammes en parlant de sa formation initiale, de ses stages, de ses premières expériences. Donc, il a moins préparé cette partie-là. Il doit la préparer, mais on peut penser qu'il va dire et répéter des choses qu'il a déjà dites autrement, dans une autre entreprise. En revanche, le côté dédié à un entretien de recrutement pour une entreprise, ça, il doit le préparer. BertrandEt quand tu indiques ça, c'est à la fois connaître l'entreprise, mais aussi connaître la personne qu'on l'on a en face de soi dans l'entretien ? PierreAbsolument,pas forcément pour la valoriser. Mais c'est vrai que quand on arrive en entretien de recrutement, qu'on rencontre un DRH et qu'on lui dit « J'ai vu que vous aviez un parcours en sstart-up et vous avez été DRH dans d'autres entreprises qui ont été des très belles réussites dans le monde de la French Tech. » On marque beaucoup de points. Plutôt que de ne même pas savoir le titre, la fonction de la personne qu'on rencontre. BertrandD'accord, excellent. Ça me semble un peu effectivement basique, mais très important à repréciser ! Pierre70% des candidats n'ont pas fait ce travail. Ils ont bien travaillé leur discours sur « J'ai une formation en école de commerce, j'ai une formation en école de digital, voilà ce que j'ai appris lors de ma formation, j'ai fait un super stage. » Or, ils n'ont pas travaillé cette deuxième partie, ce deuxième versant qui est le contexte, la problématique propre à l'entreprise qui vous reçoit. BertrandC'est un peu l'empathie ? PierreC'est de l'empathie et puis c'est aussi une expression de motivation. Je ne suis pas venu pour n'importe quelle entreprise, je suis venu pour votre entreprise. BertrandQuand on a préparé cet entretien, tu m'as aussi dit qu'il serait intéressant de parler de l'entretien d'embauche, cette fois du côté des start-up. Évidemment, cela concerne beaucoup de recrutement sur lequel tu dois travailler, j'imagine. Ça recrute beaucoup, c'est un secteur qui recrute. Est-ce que tu peux nous dire un peu les spécificités que tu vois dans les entretiens avec les start-up ? PierreAbsolument. Il y a trois caractères principaux qui peuvent d'ailleurs produire un peu des biais ou des doutes de la part du candidat. Convivialité, projection et exhaustivité. Convivialité, le tutoiement est très rapide. On s'appelle par son prénom très vite. Le dirigeant de la start-up qui a approximativement l'âge des personnes qu'il rencontre, un peu plus, cinq, dix ans de plus... BertrandIl y a moins de différence d'âge ? PierreAbsolument. Moins de différence d'âge et un tutoiement immédiat. Attention, le tutoiement n'entraîne pas qu'il n'y ait pas, ou qu'il n'y aurait plus d'évaluation. Ne tombez pas dans le piège de "Il me tutoie, donc je peux lui parler de mes copains, de mes sorties, etc..." Cela reste un entretien de recrutement. Le tutoiement ne doit pas vous conduire à lâcher la bride et à dire n'importe quoi et à être familier. Deuxième caractère, la projection. En entretien de recrutement avec une start-up, vous êtes déjà dans le demain. Vous êtes déjà dans : "qu'est-ce que vous allez faire dans l'entreprise ?" C'est très concret, c'est très opérationnel. Le dirigeant start-up va peut- être moins vous poser des questions sur votre formation initiale, sur vos voyages. Il va tout de suite parler plutôt de ce que vous pourriez faire dans l'entreprise. BertrandPlus opérationnel ? PierreOui, et projectif. Pas seulement le passé, le futur. Le troisième caractère, c'est l'exhaustivité. En start- up, vous allez voir tout le monde. Vous allez voir quasiment tout le monde. Si la start-up emploie une quinzaine de personnes, il est possible que vous ayez 12 ou 13 entretiens. Contrairement à ce qu'on imagine, les start-up font plus d'entretiens que les grandes entreprises. Les grandes entreprises, elles savent que trois, quatre, cinq entretiens est un maximum. Dans les start-up, vous croyez que vous avez terminé le processus de recrutement ? Ah ben non, vous allez encore rencontrer vos collègues, un N-1, un N+1, un investisseur, etc. Et le côté projectif, le côté exhaustif amène très souvent à des études de cas. Vous allez pratiquement être dans la vie de la start-up au cours du process de recrutement. BertrandPar rapport à ce que tu disais sur la première question, j'imagine que là aussi, il faut être très en empathie avec l'entreprise. Comprendre l'entreprise dans laquelle on rentre, avoir compris le parcours du dirigeant, par exemple. C'est aussi un point important, ça ? PierreTout à fait. Dans la préparation de l'entretien, ce n'est pas seulement une question d'empathie. Tu as raison, c'est une question d'empathie. Le fait de connaître le parcours du dirigeant et l'activité de la start-up, c'est aussi une sorte de training pour être bien placé dans la course. Lorsque, très concrètement, le dirigeant de l'entreprise va vous dire « Mais si tu viens chez moi, qu'est-ce que tu fais le premier mois ? Qu'est-ce que tu fais la première année ? Quels sont les partenariats que tu auras envie de nouer ? Avec qui auras-tu envie de travailler comme prestataire ? » etc. Si vous n'avez pas étudié l'entreprise, vos réponses seront déconnectées du réel et du futur de votre collaboration avec la Start-up ? Bertrandil y a une autre question que j'avais envie de te poser par rapport à tes réponses. Tu as dit trois, quatre entretiens, peut- être presque une dizaine d'entretiens dans des start-up. C'est quoi la moyenne ? À quoi il faut s'attendre ? Pour ceux qui nous écoutent, combien d'entretiens de recrutement je vais avoir à effectuer pour un poste ? PierreJe pense qu'au minimum, c'est cinq entretiens. Au maximum, c'est neuf ou dix. Quelquefois, les entretiens se font à distance. Quelquefois, ce sont des entretiens groupés. Vous rencontrez plusieurs personnes à la fois, mais vous pouvez rencontrer environ une dizaine de personnes au maximum et quatre ou cinq au minimum. BertrandLà aussi, il faut se préparer à un petit chemin quand même ? PierreC'est une course de fond. On va dire que c'est plutôt une course à obstacles, plus proche du 400 mètres haies ou des courses de demi-fond. On n'est pas sur un sprint. Et vous croyez que vous avez passé la ligne d'arrivée « Ah, on a oublié. Bertrand, tu vas devoir rencontrer également X qui est notre investisseur historique, ce serait bien que tu le voies. BertrandIl y a une autre question auxquelles je pense en t'écoutant : les entretiens à distance. Est-ce qu'il y a des spécificités pour les entretiens à distance ? J'imagine que ça doit représenter un poids important. Quelle est la spécificité qu'il faut préparer, anticiper pour ceux qui nous écoutent et qui ont des entretiens à faire à distance ? PierreLes signaux faibles sont quasiment absents des entretiens à distance. La posture, la poignée de main, la démarche, les chemins de traverse qu'on peut avoir lorsqu'on vient dans les locaux d'entreprise. Tous ces signaux qui sont extrêmement intéressants disparaissent. On n'a plus que le visage, on n'a plus que le décor, on n'a plus que la voix. Ce n'est pas la même chose. Les entretiens à distance sont des entretiens plus courts, d'un quart d'heure, 20 minutes. Plus courts que les entretiens en face à face en moyenne. Et d'autre part, le degré de concentration de l'interlocuteur, il est plus faible. Pierre:On ne va pas se raconter d'histoire. Pendant l'entretien de recrutement, l'interlocuteur, le recruteur, consultant en recrutement, dirigeant de start-up ou le DRH peuvent avoir des sollicitations extérieures. Quelqu'un qui rentre dans leur bureau, un mail important qui arrive, quelquefois même un SMS, un appel téléphonique. Donc les réponses devraient être plus synthétiques et il faut peut-être que vous puissiez, quand vous êtes candidat, répéter un peu plus qu'en entretien de recrutement de face-à-face où le degré de concentration de l'interlocuteur est beaucoup plus élevé. BertrandEncore plus préparé, c'est-à-dire d'une certaine manière, faire une sorte de répétition de son entretien ? PierreRépéter avant, répéter pendant l'entretien aussi. BertrandRépéter durant l'entretien aussi ? PierreVous pouvez percevoir quand même dans les yeux de l'interlocuteur que ce dernier est en train de dériver, qu'il regarde l'écran, qu'il ne regarde pas forcément la petite fenêtre Teams. Qu'il regarde peut- être autre chose. Dans certains cas, vous devez scanner. Finalement, qu'est-ce qu'on est en train de faire ? On est en train de faire un podcast, on est en train de faire de la radio ? Tout passe par la voix. En Teams, 80% du travail, c'est la voix. 20 ou 30% c'est l'écran. Mais c'est beaucoup la voix. Alors qu'en entretien de recrutement, en face à face, il y a les gestes, il y a les mouvements, il y a les apparences, il y a la démarche. Donc, vous devez vous concentrer sur la voix et faire passer des messages de façon peut- être un petit peu plus marquée qu'en entretien de recrutement de face-à- face. BertrandÇa veut dire aussi en termes d'équipement, être bien équipé. Dans un endroit calme, avoir un peu sa petite bulle pour préparer son entretien ? PierreDepuis le Covid, les candidats ont fait des gros progrès. Je connais certains qui faisaient des entretiens dehors. J'en faisais aussi avec des clients où quelquefois les enfants passaient derrière l'écran. On a des anecdotes drôles, on en a. Soyez tranquilles, gardez le temps nécessaire. Ne cumulez pas les Teams de demi-heure en demi-heure, ni même d'heure en heure. Prévoyez un temps de préparation avant et de décompression après pour réussir votre performance en entretien Teams. BertrandEt est-ce que tu préconises des notes ? Parce que ça aussi, c'est un sujet qu'on a évoqué. L'entretien à distance permet d'écrire des choses, d'avoir des petites choses à côté de soi, des choses préparées. Est-ce que c'est une bonne idée d'avoir un petit peu de notes, un petit peu de questions, un petit peu de texte à portée de main ? PierreD'abord, est-ce que vous devez avoir des notes avant et est-ce que vous devez en prendre pendant ? C'est deux questions différentes. Je pense que les notes que vous pouvez élaborer avant l'entretien d'engagement doivent peut-être presque entièrement consacrées à l'entreprise elle-même. Vous pouvez ne pas vous souvenir exactement du profil de la personne que vous rencontrez. Vous pouvez donc avoir son LinkedIn de côté. Mettre quelques chiffres importants sur l'entreprise pour être en mesure à un moment ou un autre pendant l'entretien, d'évoquer ces points-là. Est-ce que vous devez prendre des notes pendant l'entretien ? C'est compliqué, parce qu'à ce moment-là, vous baissez le regard. Sinon, vous êtes capable d'écrire tout en regardant l'écran. Donc, je conseille de prendre très peu de notes, seulement les points essentiels qui pourraient vous servir pour l'entretien suivant, s'il y a un deuxième puis un troisième entretien. BertrandEt dans un entretien en face-à-face, prendre des notes, c'est aussi un plus ? PierreC'est beaucoup plus facile et c'est presque indispensable. Un recruteur peut être surpris si vous ne prenez aucune note pendant l'entretien. Et puis, à ce moment-là, il faut que vous ayez une super mémoire pour être en mesure, lors des entretiens suivants de ne pas reposer une question que vous avez déjà posée, dont vous avez déjà eu la réponse lors de l'entretien précédent. BertrandExcellent. Merci beaucoup Pierre. C'est très riche. Tout ça, je crois qu'il y a beaucoup de conseils. On va passer à la troisième partie des questions que l'on avait envisagé de faire ensemble. Réussir son entretien, mais cette fois, dans une plus grosse structure puisqu'on avait mis « Réussir son entretien avec un ou une DRH ». Là, on est dans une autre forme d'entretien, beaucoup plus formelle d'une certaine manière. Comment ça se passe là ? PierreC'est un entretien plus conventionnel. Les caractéristiques que j'évoquais, la convivialité et la projection peuvent exister un tout petit peu moins. Un peu moins de convivialité parce que le DRH est dans un rôle un peu plus statutaire, un peu plus institutionnel. C'est un professionnel des entretiens de recrutement, comme le consultant en recrutement. C'est donc son métier de faire des entretiens. D'autre part, il va avoir une sorte de scanner qui sera un scanner sur la personnalité, sur les aptitudes, sur les expériences passées. Pierre : Tandis qu'avec un dirigeant de recrutement, l'entretien est très projectif, avec un DRH, il est plus rétrospectif. Vous allez un peu plus être questionné sur votre passé. Sur ce que vous avez fait dans la vie, y compris dans la vie non professionnelle, vos voyages, vos passions, vos centres d'intérêts, vos hobbies. Et un peu moins sur l'approfondissement de la projection, les premiers jours dans l'entreprise et les responsabilités que vous pourriez assumer demain ou après- demain. L'entretien sera peut-être un peu plus standardisé, un peu moins convivial et un peu plus rétrospectif. BertrandD'accord, donc lui, il a envie Que ça marche ? PierreIl a envie que ça marche. BertrandExactement comme le candidat ? PierreIl a envie de gagner du temps. Il a envie de se dire : J'ai fait une bonne sélection sur CV. Le candidat est super bon. Il valorise bien ses atouts. Je vais le présenter à mon dirigeant. BertrandDonc, il a envie qu'il ait une bonne écoute, tous les conseils précédents que tu as donnés, c'est- à- dire préparer son entretien, être au point. Il a envie de ça ? PierreRien n'est plus frustrant pour un recruteur que d'avoir sélectionné un bon CV et malheureusement d'avoir en face de soi un candidat, non pas forcément mauvais, mais qui valorise mal ses atouts. BertrandOk, c'est très clair. Pour terminer cet entretien, quels seraient tes conseils pour aider, encore une fois, les plus jeunes qui nous écoutent à trouver un job dans le digital ? PierreD'abord, on est pratiquement au seuil de l'année 2024. L'année 2024, ça va être une année où les petites perturbations économiques qu'on commence à ressentir depuis quatre ou cinq mois vont être un petit peu plus importantes encore sur 2024. Donc, il faut que vous soyez endurant. Il faut que vous fassiez du volume et de la qualité, pas seulement l'un, pas seulement l'autre. Si vous faites du volume sans préparer les entretiens recrutement, si vous envoyez quelques candidatures et vous vous dites « Ça suffit », ce ne sera pas assez. Pierre :Il faut que vous puissiez préparer les entretiens de recrutement, c'est de la qualité. Envoyer plusieurs candidatures, de nombreuses candidatures, d'assez nombreuses candidatures, c'est la quantité. N'oubliez pas les candidatures spontanées. Lorsque vous répondez une annonce, vous êtes en compétition avec des centaines de candidats qui ont vu l'annonce. Lorsque vous avez reçu une information, lu une information extrêmement importante sur une entreprise, sur une levée de fond réussie, sur un développement international envisagé et que vous envoyez une candidature en mettant en exergue une motivation pour l'entreprise et une première connaissance de l'entreprise, vous avez un taux de transfo, un taux de réussite beaucoup plus élevé. BertrandD'accord. Il y a des questions qui reviennent aussi souvent sur l'impact de la data ou même l'impact de l'IA, l'intelligence artificielle sur les métiers du digital. Est-ce que tu vois ça déjà dans tes recrutements ? PierreLors des processus de recrutement, fort peu. L'intelligence artificielle, est plutôt maîtrisée par les plateformes de recrutement pour pusher les bonnes candidatures aux bonnes personnes au bon moment. Éventuellement pour la présélection des CV, pas du tout sur les entretiens de recrutement. BertrandD'accord, c'est très clair. Est-ce qu'en conclusion, tu souhaites ajouter quelque chose à ceux qui nous écoutent ? Est-ce qu'il y a des petites choses qu'on n'a pas évoquées et que tu voudrais donner comme conseil ? PierreJe pense qu'on a été très, très exhaustifs et j'espère que tous ces conseils ne vont pas non plus perturber... On est là pour rassurer et vous dire : vous allez y arriver ! Continuez à lire, suivez les newsletters. Essayez aussi de vous abonner à un quotidien en ligne. C'est toute cette matière économique qui fera la différence lors d'un entretien recrutement. Parce que vous allez réussir à connaître l'environnement économique de l'entreprise et à vous projeter dans le Job. Parce qu'un entretien recrutement se fait très souvent sur la base d'une projection dès lors que vous rencontrez soit le dirigeant de la start-up, soit votre futur manager. BertrandAlors culture économique, culture digitale, culture au sens large pour préparer un entretien ? PierreCulture technologique aussi, selon le métier que vous convoitez. BertrandJ'ai une toute petite dernière question. Si des gens qui t'ont écouté ont trouvé des choses intéressantes dans ce que tu as proposé, de ce que tu fais, de ton cabinet, comment ils peuvent te contacter s'ils veulent te poser une question ? PierreS'ils sont astucieux et débrouillards, ils trouveront assez rapidement mon mail, y compris sur le site du cabinet. LinkedIn aujourd'hui, c'est la place de marché de l'offre et la demande. Qu'ils m'ajoutent sur LinkedIn, j'accepterai leur invitation et pourquoi pas, on continuera à dialoguer. BertrandMerci beaucoup, Pierre. PierreMerci à toi, Bertrand. L'épisode 65 du Gagne-Pain, l'atelier #10 , est également disponible sur : ### Google Ateliers Numériques – Anne-Sophie Le Bras Anne-Sophie Le Bras directrice du programme Google Atelier Numérique Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Pour ce neuvième atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Anne-Sophie Le Bras directrice du programme Google Atelier Numerique en France depuis 4 ans. Anne-Sophie est est avec nous aujourd'hui, pour nous parler de son expérience, comment construire sa carrière dans le numérique ? Quels sont les ateliers du numérique ? À quoi on peut se former ? Est-ce que c'es utile pour trouver un travail ? Merci à Anne-Sophie, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com "C'est un programme de formation et d'accompagnement aux outils du numérique. Concrètement, l'objectif, c'est quoi ? Si tu as des questions sur les outils du numérique, que tu sois commerçant, artisan, demandeur d'emploi, étudiant, parent ou juste curieux. L'objectif, c'est que tu puisses trouver auprès des coachs Google Ateliers Numériques une réponse à tes questions." Anne-Sophie Le Bras Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Anne-Sophie Le Bras – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 58 : BertrandBonjour et bienvenue, c'est l'Atelier du Gagne-Pain. L'Atelier du Gagne-Pain, c'est l'occasion d'interroger des professionnels pour vous aider à trouver un job dans le digital. Pour ce 9eme Atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Anne-Sophie Le Bras. Bonjour Anne-Sophie. Anne-Sophie Bonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Anne-Sophie, tu es directrice du programme Google Ateliers Numériques pour la France depuis quatre ans et on va avoir évidemment l'occasion de raconter tout ça dans le détail. Mais avant, est ce que tu pourrais nous expliquer ton parcours professionnel ? Anne-SophieOui alors, j'ai fait une école de commerce et en 2008, à la fin de mes études, j'ai rejoint un cabinet de conseil en stratégie pendant environ deux ans et demi. Et au terme de ces deux années et demi, j'ai ensuite rejoint Pages Jaunes (Solocal). J'y suis restée quatre ans. Et en 2014, j'ai rejoint Google pour être d'abord responsable des clients luxe et beauté. J'ai fait ce travail pendant quatre ans et en 2019, j'ai commencé à prendre la tête de ce programme Google Ateliers Numériques. BertrandMerci beaucoup Anne-Sophie. L'Atelier du Gagne-Pain, c'est l'occasion de proposer des conseils de la part de professionnels pour construire sa carrière dans le numérique. Si tu en es d'accord, Anne- Sophie, j'aimerais t'interroger sur les métiers du numérique et comment Google accompagne les entrepreneurs et ceux qui cherchent un job dans le numérique. J'ai quatre questions pour cet entretien. C'est un, c'est quoi les Ateliers du numérique ? On va essayer d'expliquer ça très clairement. À quoi on peut se former ? C'est la deuxième question. La troisième question, c'est est ce que c'est utile pour trouver un job et comment ? Et puis après, quels sont toi, tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui pourraient trouver un job. Mais peut être qu'avant, tu peux expliquer ton rôle. Ça veut dire quoi, directrice des Ateliers du numérique chez Google France ? Anne-SophieOui. Je dirige les Ateliers numériques depuis 2019 et mon rôle consiste à coordonner tout ce programme, c'est environ une quarantaine de personnes qui sont partout sur le territoire. Je vais avoir des responsables régionaux, on va avoir des coachs, des personnes qui vont délivrer ces formations, Je vais avoir des gens qui seront à mes côtés à Paris pour m'aider à coordonner tout cela. Donc, c'est ça fait une très grande équipe répartie partout en France. Mon job, c'est vraiment de coordonner toutes ses actions... BertrandUne action de manager d'abord ? Anne-SophieOui, d'organisation de management. Et des actions également partenariales, parce que ce programme ne serait rien sans les 400 partenaires répartis partout en France avec lesquels on bosse tous les jours. Dans ces partenaires, tu vas avoir, Pôles Emploi, des missions locales, tu vas avoir des chambres de commerce et d'industrie (CCI), tu vas avoir des écoles... C'est eux, concrètement, qui vont nous appeler, pour aller former le public. Moi, j'ai aussi ce rôle là, avec mes équipes, de coordonner toutes ces actions de partenariat. BertrandEt donc, ça veut dire que tu sillonnes la France, toi aussi ? Anne-SophieÇa veut dire que, par exemple, hier, j'étais à Marseille. Ça veut dire que la semaine dernière, on était à Berck. Dans deux semaines, on sera à Montpellier... BertrandD'accord, donc beaucoup, de management, de la coordination et puis du terrain ? Anne-SophieTout à fait. Alors, j'ai des équipes, évidemment, qui sont sur le terrain, mais ça m'arrive régulièrement d'aller avec mes équipes pour les soutenir dans ces actions de formation. BertrandMa première question, je pense que beaucoup de ceux qui nous écoutent se posent aussi. C'est quoi les Ateliers du numérique ? Qu'est ce que ça veut dire concrètement et comment ça marche ? Anne-SophieCe programme, il a été lancé en France il y a 11 ans, en 2012. On l'a d'ailleurs lancé à Marseille. C'est un programme de formation et d'accompagnement aux outils du numérique. Concrètement, l'objectif, c'est quoi ? Si tu as des questions sur les outils du numérique, que tu sois commerçant, artisan, demandeur d'emploi, étudiant, parent ou juste curieux. L'objectif, c'est que tu puisses trouver auprès des coachs Google Ateliers Numériques une réponse à tes questions. C'est ça, les Ateliers numériques, c'est vraiment un programme de formation aux fondamentaux du numérique. BertrandIl y a un chiffre dont tu as parlé quand on a préparé cet entretien. 700.000 personnes formées depuis que ça existe. C'est un chiffre colossal. Ça veut dire que vous rencontrez énormément de gens et vous formez énormément de gens tout le temps ? Anne-SophieTout le temps, en effet. Depuis 2012, on a accompagné, formé plus de 700 000 Français aux Outils du numérique. On le fait à la fois en distanciel, avec par exemple des webinaires ou des MOOCs, mais on fait aussi une bonne partie en présentiel. On croit beaucoup dans la valeur, dans l'interaction humaine, s'agissant de l'accompagnement numérique. C'est pour ça qu'on se déplace chaque année dans plus de 200 villes en France pour les former. BertrandD'accord. Tout ça, c'est gratuit ? Anne-SophieTout à fait, c'est sans frais. BertrandD'accord. Ça veut dire que ceux qui se forment peuvent se former dans les Ateliers physiquement quand ils viennent vous rencontrer gratuitement, mais ils peuvent aussi se former en ligne grâce aux outils que vous proposez en ligne. Anne-SophieC'est ça. Tu as plusieurs façons d'être formé par les coachs des Ateliers numériques. Soit tu te connectes à la chaîne YouTube où il y a souvent des webinaires en live délivrés par les coachs Google Ateliers Numériques. Où soit tu bénéficies d'un training en présentiel, puisque les coachs, comme je disais juste avant, se déplacent tous les jours dans des villes de France. Soit tu peux aussi avoir un coach au téléphone parce qu'on a une hotline dédiée plusieurs heures par jour où on peut appeler un coach pour avoir des conseils. Il y a plein de façons différentes de pouvoir bénéficier des Google Ateliers Numériques. BertrandQuand on a préparé cet entretien, tu m'as aussi parlé de mini fourgonnettes. Ça, j'avoue que ça m'a fait sourire. C'est quoi les mini fourgonnettes ? Anne-SophieCe programme, on l'a fait beaucoup évoluer au cours des 11 dernières années, on a testé plein de formats différents pour essayer à chaque fois d'être plus pertinents, d'être plus adaptés à ce que nos publics recherchent. Typiquement, à partir de 2018, on s'est dit « On va ouvrir des lieux physiques, des lieux pérennes dans lesquels on va s'installer dans cinq villes de France », qu'on a toujours d'ailleurs à Rennes, à Montpellier, à Nancy, à Saint Etienne, à Bordeaux et depuis plus récemment à Paris. En 2020, on s'est dit « C'est très bien d'être présents dans des lieux, mais il y a quand même un besoin hyper fort d'être présents dans d'autres villes, dans des villes plus rurales, plus éloignées, où il y a besoin aussi d'accompagnement. C'est pour ça qu'on a lancé ces vans Google Ateliers Numériques. On en a cinq. Il faut imaginer que c'est des petits Citroën C5 qui rappellent un petit peu "Pierrette et son pot de lait" aux couleurs de Google Ateliers Numériques. C'est là dedans que nos coachs vont aller former des publics très différents dans plein de villes de France. BertrandComme si on allait sur les marchés, d'une certaine manière ? Anne-Sophiecomplètement. On va sur certains marchés. Il y a deux semaines, on était sur la place du Marché à Decines, juste à côté de Lyon. On les sort très fréquemment, ces vans, parce qu'en plus, ils ont le mérite d'attirer l'attention, de susciter une forme de curiosité, de faire venir le chaland. BertrandC'est grâce à tout ça que vous avez formé 700.000 personnes depuis que ça existe et le rythme, c'est à peu près 100.000 personnes formées chaque année ? Anne-Sophie Oui, tout à fait. BertrandCe qui est énorme. Quand on compare à d'autres formations ou d'autres environnements de formation, c'est des chiffres absolument colossaux... Anne-SophieTout à fait. Tu as beaucoup de gens qui vont venir une fois pour se former, parce qu'il faut imaginer que nous, on a à peu près 70 contenus sur étagère, 70 contenus de une heure. Tu as des gens qui vont venir une fois, puis tu as des gens qui vont venir se former une fois, mais qui vont avoir besoin, derrière, de deux, trois, quatre coachings personnalisés avec des coachs... BertrandDans les questions que j'avais pour toi, on peut approfondir. Vous formez qui ? On a dit beaucoup de monde mais c'est qui le profil ? C'est qui les profils visés en priorité ? Anne-SophieOn va avoir à la fois dans nos publics des professionnels, des TPE & PME, des patrons de TPE & PME ou des employés de TPE & PME. Mais on va aussi avoir des demandeurs d'emplois, des étudiants, des parents ou parfois juste des curieux. Par exemple, dans les TPE & PME, tu vas avoir beaucoup de commerçants, d'artisans ou d'indépendants qui vont se demander : comment je fais pour être visible en ligne ? Comment ça marche, une communauté ? Comment je fais pour être fait, pour me lancer sur les réseaux sociaux ? Et puis, parmi les publics plutôt demandeurs d'emplois ou étudiants, ils vont venir chercher : Comment faire son CV en ligne ? Quelles sont les opportunités professionnelles que je trouve dans le numérique ? Comment je réussis un entretien à distance ? Ou des choses qui sont plutôt liées aux Soft Skills, aux compétences transverses, avec notamment un training qui fonctionne bien, qui s'appelle : Je suis remarquable, apprenez à le dire. Qui va permettre aussi aux gens de savoir encore mieux se vendre. Comme je disais, c'est 70 contenus sur étagères qui sont plutôt courts, mais qui vont permettre de se former sur des thématiques très variées. BertrandExcellent. On mettra les liens directs dans les commentaires du podcast pour qu'on puisse trouver justement ce fameux catalogue des formations. Le deuxième thème que je voulais aborder avec toi, c'était comment se former ? Tu as déjà un peu répondu, mais la première chose, c'est qu'on peut aller directement en ligne et commencer à se former par soi même ? Anne-SophieTout à fait, vous pouvez aussi bien passer le MOOC directement sur le site des Ateliers numériques. C'est une quarantaine de cours qui vont constituer une petite centaine d'heures et qui vont permettre à la fin de passer un examen et d'être reconnus sur la formation, les fondamentaux du marketing Numérique. BertrandDonc ça, ça se manifeste par une certification à la fin de cette formation ? Anne-SophieTout à fait, une certification qui est reconnue IAB, qui est un acteur très reconnu dans ce milieu. Et aussi, tu peux très bien te connecter sur la chaîne YouTube des Ateliers Numériques. Il y a plein de replays, il y a plein de formations. Et puis on continue de faire des Lives toutes les semaines. À chaque fois, il faut imaginer qu'on met un coach qui fait le Live, mais tu as aussi un coach qui répond à toutes les questions, parce qu'on a plein de questions qui nous sont posées dans le chat. Et nous, l'objectif, c'est que même si c'est du distanciel, il faut qu'il y ait de l'interactivité, il faut qu'il y ait un humain, il faut qu'on puisse avoir les réponses aux questions qu'on se pose. BertrandSi je comprends bien, ça veut dire qu'on peut se former par soi même avec des MOOCs, avec des choses qui sont déjà préformatées et auxquelles on peut accéder et puis après être certifié. Mais on peut aussi faire les replays en ligne des formations que vous avez fait par le passé et donc se former grâce à ça ? Anne-Sophie Tout à fait. BertrandOk. Et tout ça, je repose la question, mais pour être bien clair, c'est gratuit. C'est à dire que pour ceux qui souhaitent se former, il n'y a pas de frais ? Anne-Sophie Absolument, c'est sans frais. BertrandDonc c'est quand même très intéressant. Et puis après, troisième chose dont tu as parlé, il y a des Ateliers en présentiel. Donc là, ça veut dire les villes dans lesquelles vous êtes déjà présents ou là, il y a des formations qui sont effectuées à quel rythme, par exemple ? Comment on peut accéder à ces formations ? Anne-SophieOui, c'est accessible depuis le site des Ateliers numériques. On a un petit agenda avec un programme. Il est vrai que depuis quelques mois, on continue d'être présents dans ces villes là, mais on développe aussi une offre de formation très dense dans les régions. On a une approche qui se veut vraiment très régionale. BertrandPas seulement rester dans les grandes villes dans lesquelles vous êtes présente, mais aussi aller sillonner la campagne... La troisième partie des sujets qu'on avait envie d'évoquer ensemble lors de cet entretien, c'était de comprendre si les Ateliers du numérique de Google permettaient de trouver un job et comment. Est ce que tu peux parler de ça et de cette évolution des Ateliers du numérique pour aider à trouver un job ? Anne-SophieTu as dit le bon mot, c'est « évoluer ». Je vous l'ai dit juste avant, c'est vrai que ce programme, on l'a beaucoup fait évoluer depuis 2011 pour le rendre à chaque fois plus adapté à ce que nos publics attendent. Et donc là, récemment, Google a décidé de s'attaquer encore plus au sujet de la pénurie de talents dans les métiers du numérique. Et on s'est dit « On a une vraie carte à jour, on a une vraie responsabilité aussi pour aider à pallier les difficultés de recrutement dans ces métiers là. C'est pour ça que l'année dernière, on a lancé un programme qui s'appelle Google Career Certificates. Désolée, c'est en anglais... BertrandComme beaucoup de choses dans le digital ? Anne-SophieComme beaucoup de choses en digital. Il faut s'y faire, malheureusement. On n'a pas vraiment de choix... BertrandÇa ne veut pas dire qu'il ne faut pas le traduire en français, mais oui, il y a beaucoup de choses en anglais. Anne-SophieEntre l'anglais et les acronymes, c'est vrai que c'est un peu compliqué parfois. On a lancé ce programme Google Career Certificates. Concrètement, qu'est ce que c'est ? Ce sont quatre formations qui vont permettre de se former 100% à distance à quatre métiers qui recrutent. Tu vas avoir, par exemple, je recommence sur les Anglicismes, mais UX Designer, tu vas avoir Manager de projet, tu vas avoir Support informatique ou tu vas avoir Analyste de données. Ces formations, elles sont hébergées sur Coursera. Elles vont permettre à des personnes sans prérequis préalables de se former à ces métiers en environ 150 à 200 heures de formation face à son ordinateur. BertrandEt donc, là, Coursera, c'est un de vos partenaires pour mettre ça en place ? Anne-SophieOui, tout à fait. C'est sûr qu'on travaille beaucoup avec mes équipes. Si tu veux, ce n'est pas tant ces formations qui sont accessibles moyennement en abonnement. Nous, ce qui va nous importer avec mes équipes, c'est de travailler avec partenaires Ateliers numériques de longue date pour être sûr que des publics qu'on voit trop peu dans ces métiers là puissent venir se former sur Coursera à ces métiers là. Ces publics, c'est les femmes, c'est les jeunes issus des quartiers prioritaires de la ville, c'est les personnes qui se reconvertissent. C'est tous ces publics là. C'est pour ça que quand on a lancé le programme Google Career Certificates, on a surtout annoncé la distribution de 10 000 licences gratuites avec nos partenaires associatifs comme DiversiDays, comme Mavoie.Org ou des partenaires plutôt institutionnels comme Pôle Emploi, pour faire en sorte que des publics qu'on voit trop peu dans ces métiers là puissent se dire « Tiens, si moi aussi je tentais le coup, je prends une licence gratuite et puis j'essaye de me former à un de ces métiers là. » BertrandD'accord, donc ça, c'est une évolution importante parce que c'est des choses plus longues, plus lourdes, sur lesquelles là aussi, il y a des possibilités de se former gratuitement. C'est quand même très important ? Anne-SophieOn garde cette notion, justement, d'accessibilité, cette notion d'inclusivité, puis cette notion partenariale aussi. Ce n'est pas nous tout seuls qui distribuons ces licences gratuites, on le fait avec nos partenaires. BertrandPour essayer d'expliquer ça encore plus clairement à ceux qui nous écoutent, est ce que tu peux prendre quelques exemples derrière ? Est ce que tu as quelques exemples d'entreprises, de gens que tu as formés, de métiers sur lesquels tu as apporté ton concours et qui t'ont particulièrement marquée ou particulièrement intéressée ? Anne-SophieOui, on a la chance d'avoir ce qu'on appelle des belles histoires, plein de belles histoires ces dernières années, de gens qui sont passés par les Ateliers numériques et pour qui ça a été un vrai déclic. Je pense par exemple à Virgile, qui a repris la menuiserie familiale dans les Vosges quelques semaines après le premier confinement et qui s'est dit, du haut de ses 20 ans, que ce serait quand même pas mal d'avoir une dimension digitale à l'offre de services. Il a lancé un site Internet et qui ne savait pas trop d'où partir. Alors, il a demandé l'aide de Chloé, une de nos coachs qui est basée à Nancy. Elle l'a aidée à travers cinq, six coachings personnalisés. Et c'est Virgile qui nous raconte son histoire. On a d'ailleurs fait une vidéo qui est absolument géniale, qui nous raconte son histoire. Il dit « J'ai lancé le site e-commerce et puis, en l'espace de quelques jours, voire semaines, j'ai vu une augmentation significative des revenus. Ça m'a permis d'embaucher deux personnes supplémentaires. Ça m'a permis d'acheter une machine en plus. Et honnêtement, je ne sais même pas comment on faisait avant sans avoir un site e-commerce ». BertrandExcellent, je mettrais le lien vers cette histoire et le lien YouTube pour que ceux qui nous écoutent puissent aller plus loin sur cet exemple. Anne-SophieAvec des superbes images de la forêt vosgienne... BertrandLà, on est vraiment dans la campagne ? Anne-SophieOui, tout à fait. Il y a une autre histoire que j'aime beaucoup, c'est Aurore. Aurore habite à Aigues- Mortes. Elle est maman de trois enfants, elle a plus de 45 ans. Elle est en plein confinement, elle ne travaille pas, mais elle se dit que quand même, elle a envie de faire autre chose parce que avec le confinement à s'occuper des trois enfants tous les jours, c'est un petit peu difficile. Et aurore, fait appel à des coachs Google Ateliers Numériques pour en savoir un petit peu plus sur les métiers du numérique. En discutant avec un coach de Montpellier, elle se rend compte qu'il existe des formations pour permettre de se former au métier de UX Designer. En discutant avec un coach qui l'oriente un petit peu vers ses différents métiers, elle se dit « OK, je vais passer une formation sur OpenClassrooms, sur les bons conseils de mon coach Google Ateliers Numériques. » Et c'est ce qu'elle fait. Le jour, elle s'occupait des enfants et puis le soir, elle passait sa formation et elle est devenue certifiée UX designer. Et elle s'est mis à faire les sites Internet de tous les commerçants d'Aigues-Mortes. Si vous voyez un site Internet d'un commerçant d'Aigues-Mortes, c'est probablement Aurore qui l'a fait sur les bons conseils de son coach Google Ateliers Numériques. Et elle nous fait rire parce qu'elle dit « Moi, il y a deux personnes qui comptent dans ma vie, c'est mon mari et les Ateliers numériques ». BertrandC'est joli et donc effectivement, là, on montre aussi la diversité des âges des personnes que vous pouvez former. Donc à la fois très jeunes et d'autres plus éloignées des formations numériques classiques. Est-ce que tu pourrais nous dire quelles sont les toutes dernières évolutions du programme Atelier du numérique de Google ? Anne-SophieOui, historiquement, on a ce programme Google Ateliers Numériques qui nous a permis de former 700.000 personnes aux fondamentaux du numérique. On a développé les certificats avec Coursera sur ces quatre métiers et très récemment, on a lancé le Bootcamp numérique en collaboration avec Oreegami. C'est une formation de 15 mois, dont 12 mois en apprentissage, qui permet de se former au marketing digital. On est présents dans plusieurs villes, mais ce qu'on va annoncer là très prochainement, petit teaser, on va également lancer un Bootcamp numérique spécialisé sur les métiers de l'intelligence artificielle, cette fois ci en collaboration avec Le Wagon. BertrandExcellent. Merci Anne-Sophie. Pour terminer notre entretien, j'avais envie de t'interroger sur tes conseils. Quels sont les conseils pour ceux qui nous écoutent, pour les aider à trouver leur voie dans le numérique. Anne-SophieÉcoute, j'en aurai trois des conseils pour celles et ceux qui cherchent leur voie dans les métiers du numérique. Le premier, ne vous laissez pas effrayer par le nombre d'acronymes, d'anglicismes, de dénominations un peu cryptiques, et obscure qu'on peut trouver sur ces métiers là. Je sais très bien que quand on dit SEO Manager, quand on dit UX Designer, quand on dit Traffic Manager, moi aussi, il y a quelques années, je n'avais aucune idée de la réalité que ça recouvrait. En vérité, il y a quand même beaucoup de beaucoup de ressources qui permettent de comprendre ce que sont ces gens. D'ailleurs, ton podcast en est un exemple parlant. BertrandTous ces Métiers, on les a traduit d'ailleurs à chaque fois pour s'assurer que tout le monde comprenne... Anne-SophieC'est hyper important parce que c'est vrai qu'on n'a pas trop fait l'effort, globalement, et Google les premier, de traduire en français ce que ça veut dire. En réalité, il ne faut absolument pas se laisser effrayer par ces appellations qui sont quand même parfois un peu compliquées à comprendre. Ça, c'est ma première recommandation. BertrandPremier conseil, ne pas avoir peur ! Anne-SophieEt mon deuxième conseil, c'est regarder autour de vous. Il y a un nombre incroyable d'organisations, de personnes qui s'investissent justement pour aider un maximum de personnes à accéder à ces métiers là. C'est aussi bien Pôle emploi, ce sont les missions locales ou bien c'est des associations comme Diversity Days, comme Mavoie.org, comme Inco Il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup. On travaille avec pas mal d'entre elles. Et vraiment, n'hésitez pas à demander de l'aide à ces gens là. Ils sont là pour ça. Ils sont là pour vous aider. BertrandDonc là, ton deuxième conseil, c'est de chercher autour de vous. Il y a Google et les Ateliers Numériques, mais il y a autour de nous plein d'organismes, de formations possibles, d'aides qui permettent d'aller vers ces métiers du numérique si on n'a pas encore toutes les compétences pour le faire ? Anne-Sophie Oui, tout à fait. BertrandOk. Et alors le troisième conseil ? Anne-SophieEt le troisième conseil va s'adresser plutôt aux filles, aux femmes. Je suis toujours très étonnée de voir le niveau d'autocensure qu'on se donne, nous, les femmes, sur ces métiers là. C'est vrai que moi, il y a un chiffre que je trouve très parlant. Quand tu poses la question à des collégiens et des lycéens, s'ils se projettent sur les métiers du numérique, ils sont 30% à te dire oui. Quand tu poses la même question à des collégiennes et des lycéennes, elles sont que 7%. Parce que c'est des métiers qui sont plutôt faits pour les garçons, parce qu'il faut être bon en mathématiques. Je ne sais pas. Il y a plein d'idées préconçues autour de ces métiers là, qui font qu'aujourd'hui, on trouve encore trop peu de femmes dans ces métiers. Ce que j'ai envie de leur dire, c'est ne vous auto censurez pas, il y a de la place pour vous, vraiment. BertrandQuand on a préparé cette interview, tu as aussi ajouté des conseils sur les évolutions des métiers, comment évoluent les métiers. Ça te paraissait important d'évoquer ça ? Anne-SophieOui, parce que ce sont des métiers qui sont en tension aujourd'hui. Mais toutes les études montrent que ça va être encore plus vrai demain. BertrandQuand on dit métiers en tension, pour ceux qui nous écoutent. Ça veut dire que l'on cherche beaucoup de monde, donc il y a du boulot ? Anne-SophieOui, on cherche beaucoup de monde et on a plus d'offres que de candidats. Tu prends les métiers de la cybersécurité, par exemple, en 2021, les offres d'emploi dans les métiers de la cybersécurité, on en a pourvu 25 % de ces offres d'emploi. Donc, tu as 75 % des offres d'emplois dans les métiers de la cyber qui n'ont pas été pourvues. BertrandDonc, ça veut dire que pour ceux qui nous écoutent, si jamais je me forme à la cyber, je vais trouver un job assez facilement ? Anne-SophieEn tout cas, tu as de fortes chances d'avoir pas mal d'offres... BertrandD'accord. Et donc là, toi, tu voulais insister là dessus, c'est à dire il y a beaucoup de métiers en tension, donc il y a beaucoup de perspectives pour le boulot dans ces métiers là. Anne-SophieTu vois, il y a un autre chiffre que je trouve très évocateur. On estime là, dans une étude qui est sortie il n'y a pas très longtemps, que pour pouvoir pallier toute la demande sur ces métiers là, on va devoir former 130.000 personnes par an au métier du numérique. Aujourd'hui, on en forme 70.000 par an. Tu te rends compte ? Donc, il va falloir aller chercher 60.000 personnes supplémentaires. BertrandC'est monstrueux, il y a vraiment une idée de volume, de nombre de personnes qu'on a besoin de former. Dernière question. Si jamais ceux qui nous écoutent ont envie de te poser directement des questions, comment ils peuvent le faire ? Anne-SophieIls peuvent tout à fait m'envoyer un petit message via mon LinkedIn. Soyez juste sympa avec moi. Je prends sur mon temps pour répondre. Parfois, je peux prendre quelques jours pour vous répondre, mais j'essaye de répondre à tout le monde quand on m'envoie un petit message. Et puis, je voudrais aussi dire à tes auditeurs et auditrices, j'ai évoqué les licences Coursera. Si certains ou certaines ont envie de se former à un des quatre métiers que j'évoquais et qu'ils ont envie de bénéficier d'une licence gratuite qu'ils m'envoient un petit mail. BertrandC'est très gentil. Merci beaucoup Anne-Sophie, c'était très éclairant. Merci beaucoup. Anne-SophieÀ bientôt. Merci beaucoup. L'épisode 58 du Gagne-Pain, l'atelier #9 et le programme Google Atelier Numérique , est également disponible sur : ### Consultante Data & Analytics – Karen Petit Épisode 55 : Karen Petit, Consultante Data & Analytics chez PwC France. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Karen, consultante en data & analytics. Karen nous raconte aujourd'hui son parcours, comment elle en est arrivée jusqu'ici, et quel sont les points forts de son travail. Merci à Karen, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com " Pour tous ceux qui font de la Data, c'est quelque chose qu'on apprend assez vite. Parce qu'il y a un protocole pour vérifier que les données sont propres. Comment on nettoie des données, comment on les analyse, etc... Si on n'est pas rigoureux, on peut avoir de la donnée peu propre et potentiellement des résultats faux. Donc, très important d'être rigoureux." Karen Petit, Consultante Data & Analytics Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Karen Petit – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 55 : Bertrand Bonjour Karen. KarenBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Karen d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Consultante Data & Analytics chez PwC. On va avoir l'occasion d'y revenir en détail. Mais avant ça, est ce que tu peux te décrire en quelques mots ? KarenBien sûr. Merci de m'avoir invitée. J'ai 27 ans. J'ai fait six années d'études juridiques qui m'ont permis de découvrir, Issy les Moulinaux, Bordeaux, Tours, mais aussi Lille. BertrandLa Catho à Lille ? KarenC'est ça, exactement à la BU Vauban. Après ça, le Covid malheureusement a fait que je n'ai pas pu totalement terminer mes études correctement. Mais j'ai repris avec une formation de deux mois chez Data Bird en Data analyse. C'est comme ça que je suis devenue consultante en Data & Analytics. BertrandExcellent, c'est clair, on va avoir l'occasion de revenir là dessus. Est ce que tu peux maintenant présenter ton parcours professionnel ? Ce que tu as fait professionnellement avant d'arriver chez PwC ? KarenJ'ai eu très peu d'expériences professionnelles. J'avais fait une semaine de stage pour mon master en droit pénal. J'avais fait quelques emplois étudiants en parallèle de mes études, serveur, FNAC, etc... Et il se trouve qu'en 2020, j'ai fait la connaissance de Rima Hassan , qui est la présidente de l'Observatoire des camps de réfugiés et qui a été une super expérience pour moi. Parce que dans le cadre associatif, on a l'occasion de pouvoir porter des projets et réaliser plein de choses. C'est principalement par rapport à ce canal associatif que j'ai réussi à développer mes compétences, et notamment en Data, justement, suite à ma formation en Data analyse. BertrandD'accord, donc ce ne sont pas les stages, les expériences professionnelles qui ont orienté ce que tu vas nous raconter aujourd'hui. C'est plutôt une expérience, disons, de générosité auprès des réfugiés dans une association qui a changé ton parcours professionnel ? KarenOn peut dire ça, oui. Et la réflexion du sens que je voulais donner à ma vie professionnelle et à ce que je voulais faire finalement dans les années après mes études. BertrandEst ce que tu peux maintenant nous préciser quelles sont les missions d'une consultante Data et Analytics chez PwC ? KarenOui, je dirais qu'on en a trois principalement. C'est le cadrage des besoins d'abord, ensuite la réalisation, l'exécution technique et finalement la capitalisation de ce qu'on a fait et le suivi tout au long de la mission. BertrandSi on revient sur chacune de ces missions, le cadrage des besoins, ça veut dire quoi ? KarenC'est vraiment le début de toute mission. C'est les discussions avec le client pour bien comprendre quel est le problème rencontré ou la solution recherchée. Qu'est ce qui, aujourd'hui, pourrait être amélioré ? Comment on pourrait les aider ? Vraiment comprendre à la fois les besoins, mais aussi les contraintes qui peuvent être techniques ou humaines ou vraiment liées au secteur d'activité. Donc très intéressant parce que ça va nous donner le périmètre de notre action. BertrandAprès, tu as dit réalisation technique comme deuxième mission, ça veut dire quoi ? KarenC'est la partie où on va pouvoir utiliser justement les analyses. Mais aussi le développement de certains outils. C'est par exemple développer des dashboards (tableaux de bord), développer des analyses à partir des données partagées par le client. Et pouvoir répondre techniquement aux besoins, parce qu' en tant qu'équipe Data, évidemment, c'est sur ca qu'on nous attend. BertrandCapitalisation, tu as dit ça comme troisième mission. Qu'est ce que ça veut dire ? C'est un peu obscure, ça, pour moi... KarenOui, c'est une composante vraiment principale dans le métier de consultant. Parce que l'on pose tout à l'écrit, que ça soit pour les comptes rendus de réunion et toujours avoir une trace des choses importantes qui ont été dites. Et de ce sur quoi on doit avancer désormais, que ce soit sur les slides, dès qu'on a cadré les besoins tout au long de la mission, quand on la termine. Tout doit être posé vraiment dans le marbre, dans nos slides et c'est comme ça qu'on capitalise sur ce qu'on a fait. Mais aussi on prouve aux clients qu'on a une écoute active, comme on dit, et qu'on a bien compris ses besoins, bien compris les problèmes et bien répondu. BertrandDonc, on est un peu dans le syndrome des présentations "PowerPoint", quand même ? KarenOn est sur Google Slides, mais c'est vraiment la même chose. Pour les plus créatifs d'entre nous, il y a quelque chose d'assez sympathique, et je le découvre aussi de temps en temps, ça fait du bien avec de la musique dans les oreilles de faire quelque chose de beau. BertrandD'accord, des belles slides ? KarenC'est ça. BertrandEst ce que tu peux nous dire, Karen, pourquoi tu as choisi ce métier de consultante Data & Analytics ? KarenOui, je pense que par rapport à mon parcours et à mon profil un peu atypique. C'était vraiment une super porte d'entrée, parce que je pouvais vraiment vendre la transversalité de mes compétences et ça correspondait plutôt bien... BertrandQuand tu dis « transversalité des compétences », ça veut dire à la fois juridique et Data ? KarenC'est ça. Du coup, aussi, il y a des compétences humaines, qui sont un peu exigées dans le métier du conseil. Le fait d'être réactif, d'être rigoureux, quelque chose qu'on apprend énormément en droit, évidemment. Le fait d'avoir une communication facile, ça dépend un petit peu des gens, mais plein de compétences qui permettaient un peu de capitaliser sur qui j'étais. Parce que mes expériences professionnelles n'étaient pas forcément à la hauteur. BertrandQuand je t'ai posé la question, j'ai dit « Pourquoi » Si je pose maintenant la question « Comment tu as choisi ? », on en reviendrait à ton engagement associatif ? KarenOui, forcément, parce que comme je le disais, ce qui est hyper intéressant dans le milieu associatif, c'est qu' on n'a pas beaucoup de moyens, donc ça repose vraiment sur la bonne volonté des gens. Si on a envie, on peut faire énormément de choses. Finalement, dans le cadre de ma formation avec DataBird, les deux dernières semaines, c'était pour un projet que j'ai dédié à l'Observatoire des camps de réfugiés. Et puis après, j'ai pu continuer. C'était finalement comme être consultante. C'est à dire que l'OCR n'avait pas un dashboard pour suivre ce qui se passait sur les réseaux sociaux et le site internet. Je l'ai mis en place, je l'ai suivi, je l'ai fait évoluer selon leurs besoins. BertrandDonc, c'était une vraie expérience professionnelle ? KarenFinalement, oui. C'est ce que j'ai pu vendre en entretien et ce qui m'a permis, je pense aussi, d'avoir mon poste. BertrandKaren, est ce que maintenant tu peux nous dire quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job de Consultante Data & Analytics chez PwC ? KarenOui, alors je dirais qu'évidemment, en premier, les compétences techniques. On a aussi l'écoute active dont j'ai parlé tout à l'heure et puis la rigueur, très important. BertrandTu as évoqué quand on a préparé cet entretien une quatrième compétence dont tu avais envie de parler ? KarenOui, un petit plus que je rajouterais, c'est la communication. Par rapport au fait qu'on est amené et de plus en plus avec les grades, à discuter directement avec les clients. Forcément, si on est à l'aise en communication, c'est un vrai plus. BertrandSi on revient sur la partie technique, ça consiste en quoi les compétences techniques ? Il faut quelles compétences techniques ? KarenLes compétences techniques, ça va être vraiment sur l'analyse de la donnée. On est sur SQL, Excel, la Data visualisation (Data Viz), Power BI et Tableau principalement. Et Python, pour ceux qui sont un peu plus "ingénieur" on va dire, un peu plus poussés... BertrandÇa veut dire que dans ton job, il faut maîtriser tout ça pour pouvoir le faire au quotidien ? Tu te reposes aussi sur des équipes qui vont un peu plus loin sur ces sujets ou c'est toi qui fait tout ? KarenÇa dépend un petit peu des appétences et des parcours de chacun. Évidemment, moi, j'avais beaucoup à apprendre et pour l'instant, les technologies sont restées très Data Analystes, on va dire. De la Data Visualisation, Excel, etc... Mais j'ai des collègues qui ont eux un background d'ingénieur et qui, eux, évidemment, travaillent beaucoup plus avec Python et développent des algorithmes, font du forecast (prévision) etc.. Donc c'est plus poussé. BertrandOk, En parallèle de la technique, il faut aussi l'écoute. On est assez loin là ?Globalement l'écoute, ça veut dire des compétences humaines, d'une certaine manière ? KarenComplètement. Et très intéressant parce que si on n'écoute pas bien, on ne développe pas bien techniquement et on est obligé de refaire. Très important donc d'écouter. L'écoute active, ça a été un des premiers conseils qu'on m'a donné quand je suis arrivée. C'est vraiment le fait d'écouter et de prendre des notes et de tout de suite cibler les points importants, les choses à régler et finalement, ce qui fera qu'on va réussir et aller au bon endroit avec le client. BertrandQuand j'entends « écoute active », ça veut aussi dire qu'on montre à celui que l'on écoute, qu'on l'écoute ? Karen Complètement. BertrandOk, il faut qu'il le comprenne aussi ? Karen Exactement. BertrandDans les troisième compétences que tu as données, tu as mis la rigueur. KarenOui, la rigueur, évidemment. Pour tous ceux qui font de la Data, c'est quelque chose qu'on apprend assez vite. Parce qu'il y a un protocole pour vérifier que les données sont propres. Comment on nettoie des données, comment on les analyse, etc... Si on n'est pas rigoureux, on peut avoir de la donnée peu propre et potentiellement des résultats faux. Donc, très important d'être rigoureux. BertrandEt puis, la dernière compétence, tu as dit la communication. Tu en as déjà un peu parlé, mais ça se sent, c'est quelque chose qui te plaît, que tu maîtrises ? KarenOui, que j'aime beaucoup et je "tire un peu mon épingle du jeu" sur ça justement. BertrandOk. Si on revient maintenant sur les tâches quotidiennes, on aime bien essayer d'expliquer ça à ceux qui nous écoutent. Qu'est ce que ça veut dire dans les tâches quotidiennes que tu fais ? Est ce qu'il y en a une qui te plaît plus et une qui te plaît moins, par exemple ? KarenOui. Je pense que sans surprise, celle qui me plaît le plus, c'est la communication. C'est le fait d'échanger avec les clients, des personnes différentes à chaque mission, de découvrir un petit peu leur secteur d'activité, ce qu'ils font. J'avoue que c'est des échanges toujours très passionnants et très instructifs. BertrandEt celle qui te plaît le moins maintenant ? KarenJ'avoue, il y en a peut être une qui me plaît un peu moins. C'est parfois faire des slides, mais pas n'importe lesquelles. C'est quand on nous demande de faire des slides très vite sur un sujet qu'on ne comprend pas du tout. Là, c'est vraiment compliqué... BertrandC'est le fameux effet PowerPoint dont on parlait tout à l'heure ? Karen C'est ça. BertrandAttention QGP, la question Gagne-Pain, combien ça gagne une consultante Data & Analytics ? KarenEn tant que junior, on se situe dans une fourchette entre 39 et 45K€, quelque chose comme ça. Moi, à titre personnel, je suis à 43K€ brut par an. BertrandOk. Et est ce qu'il y a des incentives, des primes sur les choses que l'on fait ? KarenL'avantage du consulting, c'est que tous les ans, on augmente en fait d'un grade. Donc on a une augmentation sans avoir à la demander, ce qui est un petit luxe. On a aussi une prime de performance tous les ans et je crois qu'on a aussi un intéressement par rapport à la performance de l'entreprise au global. BertrandDonc, il y a un peu de prime, on peut se faire un petit peu de gras en plus ? KarenVoilà, un petit peu. BertrandKaren, quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever en arrivant dans ce métier de consultante Data ? KarenJe pense que ça a été de combattre mon syndrome de l'imposteur. Forcément, par rapport à mon parcours et au fait d'arriver dans une grande entreprise. Je savais qu'on comptait sur moi et qu'il fallait que je prouve que j'étais à la hauteur. Ça a été un petit peu compliqué, mais je suis contente aujourd'hui, un an et demi après, de dire que c'est bon, je l'ai combattu... Bertrandil est passé ce syndrome de l'imposteur ? KarenOui, dans mon travail, oui. BertrandQuelle a été ta plus grande surprise dans ce métier ? KarenL'entraide. Je pense que comme pour beaucoup, quand on sort d'école ou de formation, on a un peu peur de se retrouver dans une entreprise. Que l'on attend de nous, que l'on sache tout et que personne ne nous aide. C'est tout l'inverse chez PwC, et c'est la première chose qu'on nous dit. Il y a forcément quelqu'un qui a déjà fait et qui peut t'aider. J'ai eu la chance d'avoir des collègues qui m'ont beaucoup aidé dans mes missions. Et justement à mieux comprendre les outils et à répondre aux besoins clients. BertrandKaren, est ce qu'il y a une anecdote que tu aurais envie de partager avec ceux qui nous écoutent ? KarenOui, j'ai une anecdote mignonne. Justement, dans le cadre de ma mission actuelle où on accompagne beaucoup de personnes au sein des entreprises clientes. L'une d'elles, une fois, m'a dit « Je pense que je suis dans cette entreprise depuis avant ta naissance. » En effet, elle avait raison et j'ai trouvé ça absolument génial de pouvoir discuter avec des personnes aussi différentes. BertrandDonc, elle avait presque 30 ans d'expérience dans sa boîte ? KarenExactement c'est ça. BertrandKaren, si tu le pouvais, qu'est ce que tu changerais dans ton parcours ? KarenJe pense que je ferais plus d'expériences professionnelles. Ou en tout cas d'expériences en entreprise pour avoir une idée beaucoup plus réaliste de ce qu'est la vie en entreprise et le marché du travail. Parce que je pense qu'en effet, on a tendance à penser que les études, l'école, c'est là qu'on apprend. Mais en fait, on apprend toute sa vie. Et encore, même quand on arrive en entreprise, on continue d'apprendre tous les jours... BertrandExcellent, ça me plaît beaucoup ça. La communauté du Gagne-Pain nous interroge très régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. Est ce que l'anglais, c'est important dans ton métier ? KarenOui, c'est important. Toutes les missions ne sont pas en anglais. C'est plutôt une minorité même, mais c'est important de savoir se débrouiller. Et puis, je pense que quand on fait de la Data, il y a beaucoup de choses qui sont en anglais, donc c'est plus simple. Après, on ne parle pas d'avoir un accent américain parfait. On parle juste de se débrouiller en anglais et de savoir être compris par les clients. BertrandOk. Pour ceux qui nous écoutent, pourrais-tu indiquer quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier de consultant de Data ? KarenJe dirais qu'il y a les formations basiques en école de commerce et en école d'ingénieurs. Pour ceux qui, finalement, ont l'envie très tôt de se plonger vers ce beau métier. Et après, on a les formations comme j'ai pu faire avec DataBird, des formations en accéléré. Ils proposent aussi maintenant en temps partiel quand on veut le faire à côté de ses études ou d'un emploi. Donc, il y a beaucoup de choses maintenant qui existent et qui permettent de se former à la Data. BertrandD'accord. Est-ce que tu continues à te former régulièrement chez PwC ? KarenOui, énormément. On est beaucoup poussés à le faire. On a une plateforme en interne avec énormément de formations, que ce soit pour des soft skills comme pour des compétences vraiment techniques, notamment Data etc... Donc non, on est poussé à le faire et c'est très important, je pense. BertrandEst ce qu'il y a des certifications professionnelles qui sont utiles dans ce métier de consultante Data ? KarenOui, parce qu'en fait, les certifications prouvent en effet qu'on atteste de compétences, prouve aussi qu'on s'est motivé à le faire pendant la recherche d'emploi, par exemple, ou en parallèle de nos études. Donc franchement, je conseillerais toutes les certifications proposées par les fournisseurs d'outils, que ce soit Google, Microsoft, même LinkedIn par rapport à Excel, etc... Il ne faut pas hésiter. Ça prouve vraiment une motivation et une envie de démontrer ses compétences. BertrandEt c'est utile pour faire ce job ? KarenOui, même si en fait, il n'y a pas meilleure école que de faire et finalement de faire des missions en utilisant les outils. BertrandKaren, pour ceux qui nous écoutent, est ce que tu peux nous dire quelles sont les ressources disponibles pour en savoir plus sur ce sujet ? KarenOui, il y en a beaucoup sur Internet, clairement, que ce soit YouTube avec des supers tutos de personnes qui rendent ça le plus compréhensible possible et règlent des questions très compliquées à. On a aussi Open Classrooms qui propose des cours gratuits. On a aussi les forums parce qu'il y a beaucoup d'entraide dans le milieu de la Data. Par exemple, StackoverFlow, c'est un des plus connus. Il y a GitHub aussi. Et en fait, si on tape sa question dans Google, on trouvera forcément quelqu'un qui y a répondu. BertrandOk, merci. On mettra les liens dans les commentaires du podcast pour ceux qui souhaitent aller plus loin sur ce sujet. Karen, est ce qu'il y a une différence entre le métier que tu fais et celui que tu imaginais avant de le faire ? KarenPas forcément sur le métier en lui même, mais plus sur la posture que je devais avoir au travail. Parce qu'en n'ayant pas eu trop d'expériences professionnelles, en intégrant une grosse boîte, forcément, ça m'a rappelé ce que j'ai pu entendre petite de mes parents. Et je me suis beaucoup mis la pression sur « On ne se fait pas des amis au travail, il faut être très sérieux, il faut bien paraître ». Ça a été vraiment très compliqué au début, jusqu'à ce que je comprenne qu'en fait, il fallait juste que je sois moi. Parce que je ne pouvais pas être autre chose et ça se passe beaucoup mieux. BertrandTu viens comme tu es ? Karen Exactement. BertrandOk, excellent. Est ce que tu pourrais également nous conseiller un peu de choses autour de la culture, des films, des séries, des podcasts qui sont en rapport avec ton métier ? KarenOui. Pour ce qui est films, documentaires hyper intéressant que je conseille vraiment à tout le monde, il y a "Derrière nos écrans de fumée" une série documentaire sur Netflix , évidemment, qui a beaucoup fait parler. BertrandÇa, c'est une série documentaire ? KarenJe crois que c'est un film documentaire, mais hyper intéressant, qui parlera à tous. Vraiment, montrez le à vos parents, à tout le monde, c'est trop bien. BertrandOn mettra les liens aussi. KarenC'est ça. Il y a aussi "Coded Bias" série sur Netflix , qui est un peu moins connu, mais qui est sur la reconnaissance faciale. Et finalement, comment les algorithmes reproduisent les clichés et les biais humains de ceux qui les créent. BertrandTrès intéressant. Je crois que tu avais aussi un podcast à nous proposer. KarenOui, le Podcast "Data Driven 101" que j'ai découvert récemment parce que l'un des fondateurs de DataBird l'a fait et les discussions sont hyper intéressantes. BertrandKaren, en conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter à ceux qui nous écoutent pour les aider à faire ce qu'ils veulent faire dans ce domaine de la Data ? KarenJe leur dirais « d'oser ». Si vous avez envie de le faire, que vous êtes motivé, n'hésitez pas, Il y a énormément de ressources et ça sera valorisé et ça se sentira finalement dans votre discours. BertrandKaren, merci beaucoup. KarenMerci Bertrand. À bientôt. L'épisode 55 du Gagne-Pain, métier "Consultante Data & Analytics", est également disponible sur : ### Product Owner – Aude Février Épisode 53 : Aude Février, Product Owner chez Leboncoin.  Dans cet épisode, nous sommes heureux de recevoir Aude Février, Product Owner chez Leboncoin. Elle est avec nous aujourd'hui, après son long voyage en Nouvelle Zélande, pour nous parler de son métier dans cette grosse entreprise digitale afin de pouvoir nous éclaircir sur ce métier qu'elle occupe. Merci à Aude, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com "C'est vraiment la distinction entre un Chef de Projet Digital et un Product Owner. Il faut savoir gérer en méthode agile. Il y a vraiment cette logique d'itérer dans un projet et de prendre le meilleur. Continuer d'avancer et en même temps de prendre conscience des problématiques qu'on a au quotidien et faire en sorte que ça évolue." Aude Février, Product Owner Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Aude Février – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 53 : Bertrand Bonjour Aude. AudeBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Aude, d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Product Owner chez Leboncoin. On va avoir l'occasion d'y revenir et de regarder ça dans le détail, mais avant, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? AudeOui. J'ai 27 ans, j'habite en région parisienne entre Versailles et Rambouillet. J'ai fait six ans d'études en alternance et je suis partie neuf mois en Nouvelle Zélande. BertrandQu'est ce que tu es allée faire en Nouvelle-Zélande ? Raconte nous ! AudeDe base, j'y suis allée pour apprendre l'anglais et j'en ai profité pour travailler dans une usine de kiwi, dans la restauration et aussi pour faire du woofing, donc être dans des familles où je travaillais pour eux. Et en même temps, j'en profitais l'après midi pour visiter les environs. BertrandExcellent. Est ce que tu peux maintenant revenir sur ton parcours professionnel pendant tes études ? Tu as dit que tu avais fait six ans d'alternance. Tu as fait ça dans quelles entreprises ? AudeEffectivement, j'ai fait six ans d'alternance. Au tout début, je voulais travailler dans l'immobilier comme Stéphane Plaza. J'ai intégré une agence immobilière où j'étais commerciale. Ensuite, j'ai voulu ajouter un côté numérique à l'immobilier où j'ai intégré une start up qui s'appelle Ommi, qui était une plateforme de diffusion d'annonce. Ensuite, j'ai voulu y intégrer aussi la gestion de projet. Là, j'étais Product Owner / Product manager pour une agence marketing dans l'immobilier. Ensuite, plus rien à voir, je voulais surtout m'amuser avec de la donnée. Là, j'ai intégré Meetic comme growth product manager junior. BertrandÇa, c'était dans la dernière partie de tes études, tu étais dans quelle formation ? AudeJe faisais le DMDA au Pôle Léonard de Vinci, pour mon master. BertrandEst ce que maintenant, Aude, tu peux nous dire dans quelle entreprise tu travailles et comment ça se passe dans cette entreprise ? AudeOui. Maintenant, je suis chez Leboncoin, un grand site de petites annonces qui touche aujourd'hui un Français sur deux. Leboncoin, ça fait partie d'un grand groupe qui s'appelle Adevinta. Il y a plusieurs petits Leboncoin un petit peu partout en Europe et dans le monde. Je suis Product Owner actuellement et j'ai une équipe de développeurs avec moi au quotidien. BertrandMerci Aude. Tu es Product Owner chez Leboncoin. Est ce que tu peux nous dire ce que c'est qu'un Product Owner ? AudeOui. Un Product Owner, c'est un responsable de produit digital. Si on lui donne une traduction française, c'est un chef de projet numérique. BertrandTu es chef de projet numérique sur quels produits ? AudeOui, côté Promote, c'est le nom de mon équipe. On s'occupe de toute la communication On Site, ça veut dire sur le site et sur les applications mobiles. BertrandVous faites la promotion de services du Boncoin sur des espaces publicitaires ? AudeC'est tout à fait ça. BertrandOk. Par exemple, vous faites la promotion de quel type de services ? AudeOn a une opération qu'on met souvent en place au cours de l'année qui s'appelle la Livraison Mondial Relay à 99 centimes. Du coup, on s'occupe de configurer cette campagne au cours de l'année. BertrandD'accord, c'est très clair. Est-ce que tu peux nous dire quelles sont les missions d'un Product Owner chez Leboncoin ? Comment ça se décline ? Combien de missions et comment se déclinent-elles ? AudeMoi, j'ai quatre principales missions. Ça va être définir la vision produit, travailler aussi sur toute la phase de Discovery, puis travailler sur toute la phase de Delivery et également animer différents rituels et synchronisation avec les autres équipes. BertrandD'accord. On va revenir, si tu le veux bien, sur chacune de ces missions. Ta première mission, c'est la vision produit. Qu'est ce que ça veut dire et comment ça se passe, la vision produit ? AudeLa vision produit, le but, c'est vraiment de définir quelle est la mission de l'équipe. Et où est ce qu'on veut aller d'ici un an, d'ici deux ans, d'ici trois ans. Quel est notre objectif, finalement, en tant qu'équipe ? BertrandD'accord. Là, il y a vraiment une vision un peu plus à long terme pour se dire « Comment je fais évoluer le service dans lequel je travaille ? » Aude C'est ça. BertrandOk. Tu as dit après « Discovery », donc là, il faut expliquer parce qu'il y a toujours des petits termes anglophones dans nos métiers. Ça veut dire quoi cette mission « Discovery » ? Aude« Discovery », on va travailler sur une problématique ou un besoin. On va chercher à définir un objectif. Ensuite, on va benchmarker, essayer de regarder ce qui se passe sur le marché pour voir quelle solution peut être intéressante à mettre en place. On travaille ensuite sur ces solutions. Et puis après, on va échanger aussi avec différentes parties prenantes pour voir si les solutions peuvent être possibles à mettre en place. BertrandD'accord, troisième mission, Delivery. Là, c'est un peu plus clair, mais ça nécessite quand même de l'expliquer. C'est quoi le Delivery dans ton métier ? AudeLe Delivery, là, on va vraiment travailler en équipe. On va rédiger les user stories, donc finalement, les tickets. Qu'est ce qu'on veut faire ? On va prioriser ces user stories. Les différentes user stories vont également se trouver dans un backlog. C'est finalement un peu ce backlog qu'on va chercher à prioriser. BertrandAttention backlog pour ceux qui nous écoutent, qu'est ce que ça veut dire un backlog ? AudeUn backlog, c'est l'ensemble des sujets qu'on a à mettre en place, à développer au fur et à mesure. BertrandD'accord. C'est une sorte de glossaire de tout ce que vous devez faire ? AudeOui, un peu comme un glossaire ou un sac. BertrandOk, très bien. Après, il y a une quatrième mission qui était l'animation d'équipe. C'est un peu comme ça qu'on l'avait résumé quand on a préparé cette interview. Ça veut dire quoi ? AudeAu sein de mon équipe, on va être amenés à créer différents rituels, différents moments d'échanges. Ça va être le sprint planning toutes les deux semaines. On va se voir pour se dire qu'est ce qu'on va faire pendant les deux semaines à venir. On va aussi créer des moments d'atelier que je vais animer avec le reste de l'équipe. Pour pouvoir avancer sur les différents sujets, que ce soit sur du Discovery ou du Delivery. Et puis, il y a aussi ce qu'on appelle les rétrospectives. Ça, c'est un moment que j'adore. C'est ce que j'ai celui où on fait l'état de ce qui a été bien et ce qui peut être à améliorer. Pour qu'on soit toujours dans une meilleure efficience collective. BertrandJ'entends dans les mots que tu utilises des choses qui résonnent comme scrum, méthode agile... Ça veut dire que c'est ça la méthode que tu utilises quotidiennement avec ces équipes ? AudeOui, tout à fait. BertrandEt quand tu dis « les équipes », il y a qui en face ? C'est quel type d'équipe ? AudeAlors, au sein de mon équipe à moi, je vais avoir plusieurs typologies de développeurs. Des développeurs front, développeur back, développeur iOS et Android. Voir l'épisode Maxime Gasnier, Développeur Full Stack pour en savoir plus. Il y a aussi un QA, donc un Quality Analyst, qui est très précieux parce qu'il s'assure que tous les développements sont bons. Et ensuite peuvent être mis en production. Ça, c'est vraiment au sein de mon équipe. J'ai aussi des Data Engineers qui travaillent sur des sujets un peu parallèles. Sinon, je suis amenée à échanger avec les autres Product Owners, avec des business developeurs. Ça c'est vraiment pour préparer au mieux des sujets sur lesquels on est reliés. S'ils ont besoin, par exemple, de mettre en place une opération de communication, ils viennent me voir et on travaille ensemble pour que le projet soit bien réalisé. BertrandÇa veut dire qu'il faut savoir parler "développeur" quand même ? AudeOui, tout à fait. BertrandIl faut comprendre ce que c'est qu'un développeur back end, front end. Ce n'est pas toujours les mêmes méthodes. Et il faut aussi comprendre le mobile, parce que j'ai cru comprendre que le mobile chez LeBonCoin c'est capital ? AudeOui, je pense que c'est à peu près 70% de nos utilisateurs qui sont sur le mobile, enfin sur les Apps en tout cas... BertrandDonc, ça veut dire que vous développez chez vous directement les applications mobiles ? AudeOui, c'est ça. BertrandMerci Aude. Est ce que maintenant tu peux nous expliquer pourquoi tu as choisi ce métier de Product Owner ? AudeOui, je pense que j'ai une âme d'entrepreneuse. Et comme un entrepreneur, un Product Owner, il doit être autonome, il doit savoir travailler en équipe, avoir une vision très stratégique et aussi opérationnelle. Après ça, c'est un petit peu différent, mais le fonctionnement agile aussi, c'est vraiment quelque chose d'important dans ce métier. BertrandSi on revient sur chacune de ces caractéristiques du Product Owner / Entrepreneur, « autonomie », ça veut dire quoi ? AudeAutonomie, c'est "prendre les devants", prendre contact avec les personnes nécessaires pour pouvoir faire avancer un projet et vraiment ne pas avoir peur. BertrandIl faut prendre l'initiative ? Aude Exactement. BertrandEt là, on rejoint vraiment l'entrepreneur. Travailler en équipe également ? AudeTravailler en équipe, c'est important. Sans le travail en équipe, on va bien moins loin. BertrandIl faut animer et organiser les équipes ? Aude Exactement. BertrandCa joue beaucoup dans l'organisation que tu évoquais tout à l'heure. Il faut organiser les réunions, les préparer... AudeC'est ça, oui. BertrandÇa aussi, c'est un sujet d'entrepreneur. Et après, tu as parlé de vision stratégique. Il y a ça aussi dans le métier de Product Owner ? AudeOui, il faut savoir où on va, qu'est ce qu'on a envie de développer dans la semaine à venir, mais aussi dans les trois ans à venir, globalement, bien sûr. Et puis, vraiment, l'aspect plus opérationnel où là, on a les mains dans le cambouis au quotidien. Et s'il y a des galères, on est là tous ensemble et même nous, en tant que Product Owner. BertrandEt puis, dernier élément de ce choix, le fonctionnement agile. Ça, c'est quand même un trait un peu caractéristique de l'organisation. Il faut savoir gérer en méthode agile ? AudeC'est vraiment la distinction entre un Chef de Projet Digital et un Product Owner. Il faut savoir gérer en méthode agile. Il y a vraiment cette logique d'itérer dans un projet et de prendre le meilleur. Continuer d'avancer et en même temps de prendre conscience des problématiques qu'on a au quotidien et faire en sorte que ça évolue. BertrandAprès, j'avais une question concernant les compétences. J'avais posé la question de trois compétences, mais tu nous en as donné quatre. C'est quoi les quatre compétences qu'il faut pour faire ce job ? AudeIl y a la gestion de projet, je ne pense pas qu'on ait besoin de revenir dessus. Il y a l'analyse de données, un point très important, savoir analyser ces données, en dégager des problématiques et voir quels projets on développe demain. Et le travail en équipe, comme je le disais précédemment, c'est vraiment indispensable pour pouvoir avancer ensemble. BertrandEt tu en avais ajouté une quatrième ? AudeOui le quatrième, pour moi, c'est vraiment la bienveillance. On s'en rend compte chez Leboncoin, ça change tout. Ça nous permet d'avoir un bon relationnel au quotidien et donc, ça évite pas mal de problèmes au niveau de la communication. BertrandC'est une des caractéristiques de l'entreprise ? AudeOui, c'est une des caractéristiques de l'entreprise. BertrandDonc, c'est important qu'elle se décline aussi dans toutes les équipes ? Aude Oui. BertrandOk. Est ce qu'on peut maintenant essayer de voir quelles sont les tâches quotidiennes qui te plaisent le plus et celles qui te plaisent le moins ? AudeL'analyse de données, c'est hyper intéressant. Quand on commence à mettre les mains dans l'analytics et qu'on voit les comportements qui se dégagent des utilisateurs. C'est hyper intéressant comme sujet et indispensable aussi pour faire un bon produit. Il y a aussi le benchmark, vraiment regarder ce qui se passe sur le marché. Je trouve ça hyper intéressant de voir comment évolue tel ou tel produit et puis de s'en inspirer pour aussi améliorer le nôtre. BertrandÇa veut dire regarder la concurrence ? AudeRegarder la concurrence, et puis, créer des ateliers en équipe pour trouver des solutions. Donc réussir à animer un petit peu les points, les rendre un peu sympa, faire en sorte qu'ils soient bien clairs. Pour qu'à la fin du point, il y ait une solution qui se dégage en tout cas. Et puis réussir à donner une animation un peu sympa. BertrandDans un épisode précédent sur le métier de Data Analyst, Margaux que l'on avait interrogée nous avait dit : « Il faut, grâce aux données, prendre des décisions sur des faits et non pas sur des intuitions. » C'est la même chose pour toi ? Les données doivent permettre concrètement donner des réponses aux faits ? AudeExactement. Ça permet d'avoir vraiment du rationnel dans notre discours et du coup, avoir de la crédibilité aussi dans les choix qu'on veut prendre. BertrandEt quelle est la tâche qui te plaît le moins ? AudeJe pense que c'est le reporting. On est amené nécessairement à en faire pour que tout le monde dans l'entreprise puisse savoir où on en est et qu'est ce qu'on prévoit de faire demain. Mais c'est vrai que c'est un peu prenant et ce n'est pas la tâche qui est la plus intéressante. BertrandOk, je comprends très bien. Attention, Aude, QGP, la question Gagne-Pain, combien ça gagne, un Product Owner ? AudeDe mon côté, en tout cas, je suis sur un package à 52K€ annuel brut, qui se décline en 43K€ en salaire, plus 2K€ de variable et à peu près 7K€ de primes d'intéressement. BertrandD'accord. Et ça peut évoluer comment ? AudeDe ce que je vois et de ce que je pense, sur le marché, c'est globalement entre 37 et 60K€. Forcément, plus on est senior et plus on tend vers les 60K€. BertrandOk, c'est clair. Merci Aude. Est ce que tu peux nous dire quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever dans tes différentes expériences ? AudeJe pense que le plus grand défi, c'est quand j'ai commencé chez Facilogi ma deuxième expérience en alternance. J'ai intégré un rôle de Product Owner / Product Manager où j'avais besoin de comprendre les termes techniques. Et je ne comprenais rien au début. Je ne comprenais pas ce que c'était que le Back End, le Front End, les API... C'était assez compliqué, comme si j'apprenais une autre langue. Et puis finalement, ça marche. Au fur et à mesure, on apprend... BertrandTu la parles maintenant cette langue ? AudeJe la parle, cette langue, je commence... BertrandDans ton métier de Product Owner maintenant, est ce que tu peux nous dire quelle a été la plus grande surprise que tu as rencontrée ? AudeJe pense que la plus grande surprise, c'est de voir le fonctionnement agile, les rituels qui sont mis en place et notamment les rétrospectives. Où toutes les deux semaines, on fait l'état de ce qui était bien pendant les deux semaines précédentes, et où on a pu avoir des problématiques. C'est hyper structurant, que ce soit pour l'équipe, mais aussi pour les projets. Ca permet de tout améliorer, améliorer les process au fur et à mesure. C'est vraiment un outil qui est hyper fort. BertrandDonc là, c'est vraiment dans les rituels de la gestion de projet Agile que ça se passe ? AudeExactement, c'est ça. BertrandSi je t'écoute bien, ça ressemble un peu à une introspection ? AudeOui, c'est ça, carrément. BertrandOn va vérifier en introspection que notre équipe fonctionne ? AudeOui, ça permet d'avoir ce moment dédié où chaque membre de l'équipe peut se permettre de dire ce qui se passe bien pour lui et ce qui pourrait être amélioré. BertrandLa communauté du Gagne-Pain nous interroge assez régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. Est ce que tu peux nous dire si dans ton métier, l'anglais, c'est important ? AudeOui, à mon plus grand désespoir (non, je rigole). Je suis partie en Nouvelle Zélande, comme je le disais tout à l'heure, pendant neuf mois. Mon problème, a été de partir avec une amie Française. Je pense que ça a réduit un peu ma capacité d'apprentissage... Oui, clairement, dans mon milieu, c'est hyper important de parler anglais. BertrandCa veut dire que tu fais des réunions en anglais ? Ça veut dire que tu écris en anglais ? Tu échanges en anglais avec tes collègues ? C'est comme ça que ça se passe ? AudeÇa dépend des entreprises. Typiquement, chez Leboncoin, à l'origine, il n'y avait pas forcément besoin de l'anglais. Mais là, petit à petit, on est de plus en plus amenés à échanger avec les personnes du groupe. Oui, effectivement. BertrandIl y a une question qui n'est pas complètement éloignée. Qu'est ce que tu changerais à ton parcours si tu le pouvais ? AudeC'est clairement de passer une année d'études à apprendre l'anglais. Une année d'études à l'extérieur. BertrandD'accord, donc pas seulement aller se balader dans un pays qui parle anglais, mais apprendre en anglais ? AudeOui. Après, je pense que le combo des deux, c'est bien. Ce n'est pas les mêmes apprentissages. BertrandEst ce que tu peux nous dire, quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier de Product Owner ? AudeOui. Je pense que globalement, des écoles de commerce ou des écoles d'ingénieurs, c'est très bien. De mon côté, j'ai fait l'École multimédia pour une année de gestion de projet web et le DMDA, Master Digital Marketing and Data Analytics . Et clairement, ces deux formations permettent d'accéder à un rôle de Product Owner. Et je continue de dire que l'alternance est une très bonne chose. Ces formations en tout cas le permettent. BertrandL'alternance pour toi, Aude, ça a été très important. Est ce que tu peux expliquer quels sont les critères qui ont changé grâce à l'alternance pour toi ? AudePour moi, ça permet de gagner énormément en maturité et aussi en assurance dans le milieu de l'entreprise. Et clairement, c'est valorisable en tout cas auprès des entreprises. BertrandEst-ce que toi, tu continues à te former régulièrement ? Et si oui, comment ? AudeUn petit peu moins en ce moment, c'est vrai, mais en tout cas, j'essaye d'avoir du temps dédié pour pouvoir continuer de me former. Et là, particulièrement sur tout ce qui est numérique responsable en ce moment, j'essaye de monter en compétence. Donc, dès que j'ai du temps, ça passe souvent le soir ou le week end. BertrandMerci Aude. Est ce que tu pourrais nous dire maintenant sur quels projets tu as particulièrement aimé travailler ? AudeJe pense que c'est sur le numérique responsable. L'année dernière, chez Leboncoin, j'ai participé au Sustainable Challenge . C'est un challenge qui réunit plusieurs entreprises où l'idée, c'est de pouvoir être initiée à la notion d'éco conception et aussi de trouver des pistes d'amélioration pour nos produits. On a créé une petite équipe où on a travaillé sur ces sujets là. Il y a deux gros sujets qui ont été évoqués, c'est une migration gravitant, donc un sujet bien Tech. Et aussi le fait d'optimiser les call API. Ça, c'était fait au sein de ma propre équipe. C'était super de pouvoir travailler sur ces sujets là. En plus, on a fini par gagner le challenge avec ces deux initiatives. On était très fiers. BertrandÇa veut dire essayer de concevoir les produits numériques pour qu'ils soient plus écoresponsables ? AudeOui, c'est ça. BertrandOK très intéressant. Aude, est ce qu'il y a un mode de vie type pour un Product Owner ? On pose cette question pour savoir un peu les horaires, le télétravail, éventuellement le travail à distance. Comment ça se passe aujourd'hui pour ton métier de Product Owner ? AudeChez Leboncoin, on doit être deux jours en présentiel toutes les deux semaines à minima. Après, on peut venir tous les jours, c'est possible aussi. Et après, au niveau d'une journée type, c'est les horaires habituels, 9h30 à 18h00. BertrandD'accord, quand tu dis deux jours toutes les deux semaines, ça veut dire un jour par semaine en présentiel minimum, même si ça se répartit sur deux semaines. Donc, ça veut dire que tu organises toutes tes réunions à distance ou quasiment ? AudeC'est ça. Tout est à distance et donc on fait en sorte de pouvoir se voir tous les matins en daily. Donc, une petite réunion de 15 minutes pour pouvoir échanger ensemble et garder aussi ce lien. BertrandEt ton daily, ta réunion quotidienne, tu la fais à quelle heure le matin ? AudeOn la fait à 9h40. BertrandD'accord, donc ça va, les développeurs sont réveillés... Aude, est ce que tu pourrais nous conseiller pour les auditeurs du Gagne-Pain, des films, des séries, des podcasts, des choses qui peuvent avoir un lien avec ton métier ? AudeComme là, on est dans un format podcast, parlons podcast. Je recommande Product Squad et Clé de Voûte qui sont deux super podcasts. BertrandOn les mettra en lien dans les commentaires du podcast. Tu m'as aussi parlé d'une newsletter indispensable ? AudeOui, moi, j'aime beaucoup, c'est le Ticket. Je trouve que c'est une bonne newsletter avec des informations très pertinentes sur le produit. BertrandOn l'ajoutera aussi dans les commentaires pour ceux qui veulent aller plus loin suite à notre échange avec toi, Aude. En conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter pour ceux qui nous écoutent ? AudeJe crois que c'est surtout un récap de ce qu'on a pu se dire à l'instant. Soyons bienveillants quand on travaille ensemble. Je pense que c'est primordial. Avoir une vision responsable, je pense que c'est clairement l'avenir. Mettre en place ces fameuses rétrospectives pour pouvoir apprendre et garder ce qui marche et tacler ce qui ne marche pas, ce qui pêche et surtout, travailler votre anglais. Je crois que c'est Vraiment indispensable. BertrandOn l'avait compris, l'anglais, c'est important. Aude, quelles sont les évolutions que tu envisages ? AudeTu l'as peut être sans doute compris, mais en tout cas, l'idée, c'est vraiment d'aller plus loin dans le numérique responsable. BertrandD'accord, qu'est ce que ça veut dire ? Comment est ce qu'on peut essayer de rendre ça concret en quelques mots pour ceux qui nous écoutent ? AudeÇa va passer personnellement par pouvoir limiter son usage du numérique, mais aussi, moi, dans mon milieu de la tech, c'est créer des fonctionnalités qui sont utiles et aussi d'optimiser les développements pour que ce soit moins coûteux en énergie. BertrandExcellent, c'est très clair. Ça nous intéresse beaucoup au Gagne-Pain et on aura l'occasion d'y revenir et peut être de t'interroger à nouveau sur ce sujet. À très bientôt. Merci beaucoup, Aude. Aude Merci. L'épisode 53 du Gagne-Pain, métier "Product Owner", est également disponible sur : ### Directrice conseil – Élise Bernard Épisode 49 : Élise Bernard , Directrice conseil chez Havas. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Élise Bernard, qui nous présente son métier en tant que Directrice Conseil chez Havas. Élise nous raconte aujourd'hui son parcours, comment elle en est arrivée jusqu'ici, et quel sont les points forts de son travail. Merci à Élise, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Online c'est donc tout ce qui va être lié au digital et offline les médias traditionnels comme la télé, la presse, la radio. On va vraiment avoir la vision globale de l'ensemble des activités possibles autour du média. Élise Bernard Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Élise Bernard – Profil LinkedIn Entreprise : Havas – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 49 : Bertrand Bonjour Elise, EliseBonjour Bertrand, BertrandMerci beaucoup Elise d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tu es Directrice Conseil chez Havass Media. On va avoir l'occasion de détailler tout ça, mais est ce que tu peux d'abord te présenter en quelques mots ? EliseAlors je m'appelle Elise Bernard, j'ai 30 ans, je viens de Bordeaux et j'ai passé mon bac à Bordeaux où je suis restée ensuite pour mon école de commerce. Je suis venue à Paris pour mon premier stage, en Master 1 où je suis restée depuis. Ça fait maintenant un moment que j'habite à Paris. BertrandD'accord, Donc tu as quitté la province pour rejoindre Paris. C'est en partie pour ce métier ? EliseExactement. J'étais vraiment venue pour un stage de six mois et puis je pensais rentrer chez moi juste après et finalement, quelques années après, je suis encore là. BertrandOk, merci Elise. Est ce que tu peux me présenter ton parcours professionnel, tes stages, tes alternance, tes autres expériences professionnelles avant celle d'Havas ? EliseDonc comme je le disais au début, j'ai commencé par un stage en agence média sur un métier d'achat digital et puis j'ai intégré une super équipe donc ça m'a beaucoup plu. J'y suis restée pour une année d'alternance et puis après cette année d'alternance, ça a été mon premier poste en CDI, donc toujours dans la chaîne média digital. Et ce n'est qu'après, en changeant d'agence, que je me suis orientée vers un rôle plutôt de conseil. BertrandD'accord, donc ça veut dire que ton premier stage a été déterminant dans ton métier d'aujourd'hui ? Elise Complètement. BertrandEt c'est ça qui t'a donné envie de travailler en agence média. On reviendra sur ce que c'est qu'une agence média. Et c'est ça qui t'a aussi donné envie de faire ce métier de Directrice Conseil que tu fais aujourd'hui ? Elise Exactement. BertrandOk. Alors maintenant, est ce que tu peux nous dire dans quelle entreprise tu travailles ? Et puis après on essaiera de détailler ce que tu y fais. EliseOui, aujourd'hui, je suis chez Havas qui est un groupe de communication qui regroupe l'ensemble des métiers qui sont liés à la communication. Et moi plus spécifiquement, je suis au sein de l'entité Havas Média et donc sur ce poste de Directrice Conseil Média. BertrandMerci beaucoup Elise. Est ce que maintenant tu peux nous décrire précisément quelle est ton activité, quel est ce métier de directrice conseil ? EliseOui, le métier de directrice conseil, c'est d'accompagner nos clients sur l'ensemble de leurs problématiques médias. Au Conseil, on dit souvent qu'on est le point de contact des clients pour répondre à l'ensemble de leur demande en besoins média. Et on va travailler en collaboration avec toutes les expertises de l'agence. Donc les expertises, ça va être toutes les équipes qui vont être plus spécialisées sur les différents leviers, que ce soit les leviers du online ou du offline. BertrandD'accord. Alors quand tu dis online et offline, ça veut dire médias en ligne et médias traditionnels, c'est ça ? EliseExactement. Online c'est donc tout ce qui va être lié au digital et offline les médias traditionnels comme la télé, la presse, la radio. On va vraiment avoir la vision globale de l'ensemble des activités possibles autour du média. BertrandAlors tu as dit que tu étais le point de contact des clients. C'est qui les clients, c'est des marques qui veulent faire des campagnes ? Comment ça se passe ? EliseOui, c'est des clients qui veulent faire des campagnes. C'est des marques qui veulent communiquer, qui ont généralement un objectif, soit d'image, soit un objectif business et qui veulent se servir des médias pour pour les atteindre. BertrandEt pour ceux qui nous écoutent, pour bien comprendre, globalement, c'est les publicités qu'ils vont voir à la télé, en presse, en affichage, à la radio et évidemment sur internet. Elise Exactement. BertrandElise Est ce que tu peux nous parler des missions d'une directrice conseil chez Havas Media ? EliseOui. Alors je dirais qu'il y a trois grandes missions. La stratégie média, la mise en œuvre et l'analyse des résultats, avec un fil rouge au sein de ces trois missions qui est super important, c'est le côté relationnel. Relationnel principalement avec les clients mais aussi avec les équipes internes, toutes les équipes qui vont contribuer à la naissance de ce projet. BertrandD'accord. Et donc ça veut dire que dans ton rôle de directrice conseil, tu as vraiment un rôle avec différentes missions sur lesquelles on va revenir mais qui à chaque fois sont un rôle de passeur entre le client et l'interne des équipes média chez Havas ? EliseExactement. Il y a vraiment un objectif de coordonner le projet du brief jusqu'à sa réalisation et voir jusqu'à l'analyse entre les équipes. BertrandDonc si on revient sur chacune des missions, tu as dit d'abord une mission de mise en place de stratégie. Qu'est ce que ça veut dire ? Comment ça ce passe ? EliseLa première mission, c'est c'est vraiment l'étape de brief où le client va nous consulter pour savoir quelle est la meilleure stratégie média à mettre en place pour atteindre ces différents objectifs. BertrandDonc là, ça veut dire que c'est un échange avec le client qui vient vous voir et qui vous dit, je veux faire ça, je veux développer vos ventes, je veux développer ma notoriété, j'ai différents objectifs. Qu'est ce qu'on fait exactement ? EliseEt en fonction de l'objectif qui va assigner à cette campagne média, on va pouvoir ensuite réorienter vers les différentes expertises du groupe et éventuellement lui conseiller de s'orienter plus vers une stratégie offline ou online par exemple. On peut lui proposer de faire de la télé ou de faire du search. Ça peut être vraiment très varié et on essaye d'adapter au mieux notre réponse à l'objectif. BertrandDonc Numéro 1 stratégie, numéro 2, mise en place Est ce que ça veut dire on met en place la campagne, qu'est ce qui se passe ? EliseLa mise en place de la campagne. Donc ça va vraiment se faire en lien avec les différentes équipes expertes de l'agence. Et le tout c'est vraiment de pouvoir la mettre en œuvre, la lancer et ensuite suivre les résultats pour chacun des leviers, avec un objectif d'avoir une vision consolidée, d'être vraiment coordonnée sur l'ensemble du dispositif. BertrandDonc il y a un vrai travail de coordination interne chez Havas média que tu dois faire. Et puis il y a une sorte de rôle de chef d'orchestre. En fait, tu mets en œuvre pour que la musique soit douce pour le client ? Elise Oui, BertrandOK, troisième mission : analyse des résultats. Donc là, c'est à quel moment et qu'est ce qui se passe ? EliseDonc ça, généralement ça arrive en fin de campagne, quand tout est terminé. On revient finalement un peu sur tout ce qui a été fait pour voir ce que ça a donné, et puis aussi pour avoir les retours du client, de savoir si son objectif, si par exemple on était sur un objectif business de génération de ventes, si finalement il a vu aussi des effets de son côté. BertrandD'accord. Donc pour ceux qui nous écoutent, c'est est ce que les publicités que vous avez mis en ligne ou que vous avez diffusées sur les médias, elles ont bien été vues comme il fallait. Elles ont eu un impact sur la marque. C'est ça ? EliseC'est tout à fait ça. BertrandElise, maintenant, est ce qu'on peut revenir en arrière et se dire pourquoi tu as choisi ce métier de directrice conseil ? EliseEn fait, ça m'est vraiment tombé dessus. J'ai fait ce premier stage en agence média. C'est à ce moment là que j'ai découvert le digital et ce qu'était le métier d'une agence média et que j'ai eu envie de continuer là dedans. BertrandC'est l'agence média qui a d'abord attiré le métier. C'est arrivé après avec le rôle de directrice conseil. EliseOui, je dirais que c'est même le digital qui m'a attiré initialement pour son côté innovant et en intégrant l'agence média et en découvrant les différents métiers, c'est à ce moment là que je me suis orientée vers le rôle de conseil. BertrandPour ceux qui nous écoutent. Elise, est ce que tu peux nous dire quelles sont les trois principales compétences pour ce job de directrice conseil chez Havas Media ? EliseAlors, curiosité, relationnel et rigoureux. BertrandOK Curiosité, pourquoi ? EliseParce qu'on est sur des métiers qui évolue sans cesse et donc il faut vraiment s'ouvrir à toutes ces nouvelles technologies, ces nouvelles offres, ces nouvelles opportunités. BertrandIl faut se tenir au courant ? Elise Exactement. BertrandRelationnel. Pourquoi ? EliseRelationnel, parce qu'au conseil, on est en contact direct, soit avec les clients, soit avec les équipes internes. BertrandD'accord, et donc tu as un relationnel à la fois entrant avec le client et en même temps de gestion des équipes internes chez Havas média. Elise Oui BertrandEt dernière compétence rigueur. Alors là, il faut que tu nous expliques qu'est ce que ça veut dire ? EliseAlors rigueur, parce qu'on a souvent plusieurs projets à mener en même temps. On n'a pas une seule campagne média qui va tourner. Donc c'est important d'être rigoureux pour pouvoir suivre finalement toutes les étapes de les processus sur plusieurs projets, plusieurs marques en même temps. BertrandIl ne faut pas perdre le fil de chaque campagne en même temps ? EliseVoilà. BertrandAlors attention QGP la question Gagne-Pain combien ça gagne ? Une directrice conseil en agence média ? EliseLa fourchette de salaires est particulièrement large pour le poste de directrice conseil. Ça peut aller de 45 à 60K€ brut annuel. Et en fait, ça va surtout dépendre du niveau de séniorité du périmètre ou des missions de management qui y sont associées. BertrandD'accord. Ok, donc c'est assez large. Et là on parle évidemment d'un salaire de senior ? Elise Exactement BertrandElise Parmi les tâches quotidiennes d'une directrice conseil, quelles sont celles qui te plaisent le plus et celles qui te plaisent le moins ? EliseAlors celles qui me plaisent le plus, ce serait le côté relationnel justement. Le côté très humain, parce qu'on a beaucoup de contacts avec nos clients et aussi avec les équipes internes. En fait, la possibilité comme ça de pouvoir échanger autour de projets de partage de connaissances, de compétences. Voilà, c'est vraiment cette partie là qui me plait le plus. BertrandDonc par rapport à ce que tu disais tout à l'heure sur les sur les compétences, c'est vraiment la partie relationnelle qui est la plus la plus importante, celle qui te qui te plait le plus dans ton job. Et celle qui te plait le moins maintenant ? EliseCelle qui me plait le moins ? Comme on est finalement, ce point de contact entre le client et l'agence média sur ces différents projets, c'est qu'on a aussi un peu un rôle de contrôle qui est peut être la partie la moins amusante de respect des process, respect des délais, respect des budgets... BertrandVérifier que les trains arrivent à l'heure, c'est ça l'idée ? EliseOui, voilà. BertrandOk, la campagne doit démarrer, il faut que tout soit coordonné pour qu'elle démarre où la campagne doit s'arrêter. Il faut aussi que tout soit fait pour que ça s'arrête, c'est ça ? Et ça c'est pas le plus marrant ? EliseC'est pas le plus marrant d'être sur ce format de contrôle. BertrandElise Est ce que tu peux nous dire quelle est la journée type d'une directrice conseil chez Havas Media ? EliseOui, alors il n'y a pas vraiment de journée type, ça va dépendre des projets sur lesquels on travaille. Par contre, on peut dire qu'il y a des rituels chaque semaine. On va avoir des rituels avec des points réguliers, avec nos clients, avec les équipes internes, d'échanges et de suivi de projets, des Points d'étapes. BertrandC'est un rythme d'étapes qui est ponctué par des réunions à chaque fois, soit avec le client, soit avec l'interne. C'est ça ? Et c'est ton rôle de directrice conseil est d'organiser ces réunions, de les caler et de les suivre ? EliseVoilà, ça nous permet de d'effectivement suivre nos projets et voir comment ils évoluent, et où on en est. Et puis si on est bien à jour. BertrandSi le train va bien arriver à l'heure ? Elise Voilà. BertrandLa communauté du Gagne-Pain nous interroge très souvent sur l'utilisation de l'anglais. Est ce que l'anglais est important dans ton travail ? EliseAlors oui, ça va effectivement dépendre aussi des clients avec lesquels on travaille. Il y a de plus en plus de clients sur lesquels il est nécessaire de parler anglais, soit parce que c'est des clients directement anglophones, soit parce que nos clients en France vont reporter à leur siège qui peut se trouver dans un autre pays. Et donc très régulièrement, on a à faire soit des supports PowerPoint, soit même des présentations orales en anglais. BertrandD'accord, donc ça veut dire qu'il faut quand même être à l'aise en anglais pour pouvoir gérer ces clients là ? EliseExactement. Et en fait, même sur les clients francophones, on voit que de toute façon, au sein de ce fameux écosystème, la plupart des partenaires médias ont des supports en anglais aussi, donc c'est quand même important de pouvoir maîtriser l'anglais. BertrandDonc il y a quand même un environnement anglophone qui est assez fort dans ton métier. Et donc l'anglais, grosso modo, pour gravir les échelons des agences média, il faut le maîtriser ? EliseC'est mieux. BertrandOk, c'est très clair pour ceux qui nous écoutent, c'est important l'anglais et ça revient souvent dans les questions qui nous sont posées. Est ce que tu peux également nous dire quelles sont les bonnes formations pour ceux qui souhaiteraient rejoindre les agences média et faire ce métier ? EliseOui, alors il n'y a pas de formation très précise, mais c'est vrai que souvent au conseil, on retrouve des personnes qui viennent d'école de commerce ou d'école de communication. BertrandD'accord. Ok, Donc il n'y a pas un chemin type. On retrouve parmi les gens qui travaillent avec toi des gens qui ont fait globalement ces écoles là. Elise Exactement. BertrandOk. Est ce que également on peut parler de formation que toi tu suis ? Est ce que tu continues à te former régulièrement et comment ? EliseOui, on continue à se former régulièrement parce que justement, comme c'est un un écosystème et un environnement qui évolue beaucoup, il faut qu'on puisse se tenir à jour et être au courant des dernières nouveautés. Donc y a ces formations sur les offres du marché et puis après, au sein du rôle de conseil, il y a aussi des formations sur la prise de parole en public, le storytelling, le management et puis évidemment l'anglais si nécessaire. BertrandDonc il y a quand même beaucoup de formations pour continuer à être au point et à être au top sur ce métier ? Elise Oui. BertrandFormations internes, formation externe. Et puis on l'a vu en anglais. Elise, si tu pouvais, est ce que tu changerais quelque chose à ton parcours actuel ? EliseOui, je pense que j'aurais rajouté une expérience internationale en profitant des opportunités de mobilité qui existent dans le groupe. BertrandDonc ça voudrait dire que tu serais partie un an à l'étranger pour améliorer ton anglais, pour comprendre une autre culture. c'est ça, le parcours ? EliseC'est ça. Profiter finalement d'avoir plusieurs agences Havas Média dans le monde pour pour avoir cette expérience en anglais. BertrandElise, est ce que tu peux nous dire s'il y a une différence entre le métier que tu fais, et le métier que tu imaginais ? EliseJe ne peux pas vraiment dire qu'il y a une différence parce que je l'ai vraiment découvert en arrivant dans ce milieu pendant mon premier stage. BertrandDonc tu ne l'imaginais pas avant de le faire ? Elise C'est ça ? BertrandOk. Et si tu devais maintenant donner des conseils à ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient faire ce métier, qu'est ce que tu dirais ? EliseJe dirais allez y tenter votre chance aussi. Il y a plein de beaux projets à découvrir. BertrandOk, C'est à dire que c'est suffisamment foisonnant pour qu'on se lance dans le bain comme toi tu l'as fait, qu'on y aille et qu'on voit sur le tas ce qui se passe exactement ? EliseOk. BertrandEst ce que tu voudrais ajouter des petites choses en conclusion, pour ceux qui nous écoutent et qui ont encore envie d'en savoir plus de ta part sur sur ce métier ? EliseOui, et ce que je vous aurai peut être rajouter, c'est que c'est un métier qui est super dynamique, qu'il y a beaucoup de jeunes. C'est une super ambiance de travail et puis surtout c'est un métier qui recrute. Donc voilà, venez le faire chez Havas Média. BertrandIl y a beaucoup de postes et ça recrute partout, y compris chez Havas Média. EliseOui ! BertrandMerci beaucoup Elise, Merci d'avoir passé du temps avec nous pour les auditeurs du Gagne-Pain et puis à très bientôt. EliseMerci beaucoup. L'épisode 49 du Gagne-Pain, métier "Directrice Conseil", est également disponible sur : ### Consultante SEO – Léa Fixe Épisode 47 : Léa Fixe, Consultante SEO chez Havas. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Léa Fixe, consultante SEO chez Havas Market. Léa a choisi de se diriger dans un métier, qui demande de l'éditorial, de la popularité et de la technique. Elle nous raconte aujourd'hui son parcours, comment elle en est arrivée jusqu'ici, et quel sont les points forts de son travail. Merci à Léa, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Pinterest, c'est un moteur de découverte visuel. Un moteur de recherche, et qui dit moteur de recherche dit consultante SEO. Donc on a une offre Pinterest. Et on accompagne nos clients afin qu'ils arrivent à se créer une visibilité sur cette plateforme. Léa Fixe Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Léa Fixe – Profil LinkedIn Entreprise : Havas – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 47 : Bertrand Bonjour Léa, LéaBonjour Bertrand, BertrandMerci beaucoup Léa d'avoir accepté l'invitation du gagne pain. Tu es consultante SEO. On va avoir l'occasion d'expliquer ça. Tu travailles chez Havas Market, on y reviendra. Mais avant, j'aimerais que tu puisses te décrire en quelques mots. LéaD'abord, je m'appelle Léa Fixe, j'ai 25 ans et je suis originaire d'Île de France, plus précisément de Rambouillet. J'ai un bac S en 2015 et ensuite j'ai embrayé sur un BUT techniques de commercialisation que j'ai également fait à Rambouillet en deux ans. Et après mon BUT, j'ai passé les concours pour faire une école de commerce. Donc j'ai intégré l'école Montpellier Business School dans le programme Grande école où j'ai fait ma L3 ans, cursus classique en anglais et mon M2 spécialisé en marketing digital en alternance. BertrandD'accord, donc c'est là qu'on rentre dans le digital. On va y revenir. Est ce que tu peux également nous décrire ton parcours professionnel ? Quels sont tes stages, tes expériences en alternance ? LéaAlors en deuxième année de BUT techniques de commercialisation, j'ai fait un stage de deux mois dans une agence d'événementiel où j'avais pour but d'animer les réseaux sociaux et le site internet de cette agence. C'est là où j'ai découvert le SEO. C'est du SEO vraiment très basique où je devais m'occuper de rédiger et de publier des articles optimisés pour promouvoir l'agence. BertrandDonc tu étais déjà sur la partie éditoriale ? LéaOui, mais très basique. Bertrand Ok. LéaEnsuite, j'ai fait une année d'alternance chez Havas Market en tant que consultante SEO. Et ça m'a beaucoup plus appris dans le métier puisque déjà c'est une expérience beaucoup plus longue. Et c'est le domaine d'expertise d'Havas Market, un des domaines d'expertise. Donc c'était une expérience très enrichissante qui m'a beaucoup appris et qui fait que je suis consultante aujourd'hui. BertrandJ'ai vu aussi que dans ton parcours, tu avais travaillé chez McDo pendant tes études et que ça servait à quoi McDo pendant ses études ? LéaÇa m'a permis de vivre ma vie d'étudiante, Ça ramène un salaire. Je travaillais tous les soirs en semaine. BertrandPour gagner un peu de sous ? LéaExactement. BertrandEt toi, dans cet ensemble, Havas Market, tu t'occupes du SEO. C'est quoi le SEO ? LéaLe SEO, c'est le sigle pour Search Engine Optimization, donc en français, le référencement naturel. BertrandD'accord, donc ça veut dire que c'est la façon de positionner correctement un site web dans le moteur de recherche, principalement de google ? LéaDe manière naturelle. BertrandDe manière naturelle, parce qu'il y a aussi d'autres activités chez Havas Market ? LéaTout à. Fait. Notamment le référencement payant SEA : Search Engine Advertising. BertrandD'accord, ça c'est un des autres aspects, qui vient s'ajouter au SEO sur lequel tu travailles ? LéaTout à fait. C'est complémentaire. BertrandIl y a trois piliers dont tu as parlé pour le SEO. Est ce que tu peux revenir sur ces trois piliers ? LéaTout à fait. Il y a trois piliers qui sont l'éditorial, la popularité et la technique. BertrandL'éditorial, c'est la partie texte, c'est des mots ? LéaLes mots clés. BertrandLes mots clés qu'on utilise dans un site web pour être référencé. La partie popularité, qu'est ce que ça veut dire ? LéaC'est les liens inter-sites. BertrandD'accord, donc ça veut dire, est-ce que ce site est plus ou moins populaire parce qu'on parle de lui ailleurs ? LéaEn faisant des liens vers ce dernier ? BertrandOK, et après il y a la partie technique ? LéaC'est tout ce qui est au niveau du code, de l'indexation, de l'exploration du moteur de recherche sur les pages d'un site internet. C'est un peu plus technique et complexe. BertrandEt ces trois piliers, globalement, ils sont un peu dictés par Google qui dit voilà, il faut faire ça, pour que ça marche et que votre site soit bien référencé. Donc il faut suivre les règles de Google ? LéaEt de ses algorithmes. Ces 3 piliers sont complémentaires. On ne peut pas travailler un sans travailler les deux autres. BertrandDonc ça veut dire que pour le SEO, grosso modo, il faut tenir compte de ces trois aspects là pour faire un bon référencement ? Léa Exactement. BertrandLéa, tu es consultante est SEO chez Havas Market. Ça veut dire quoi en termes de gestion quotidienne et de tes missions ? Comment ça s'organise, la journée ou la semaine d'une consultante SEO ? LéaAlors déjà, il faut savoir qu'on n'a pas vraiment de mission quotidienne. On fonctionne en mode projet, on a plusieurs projets. Ce qui signifie forcément pas mal de gestion de projet. Cadré le projet, définir les deadline, envoyer des mails pour savoir comment avance les implémentation, les recommandations par exemple... BertrandDonc ce serait la première mission ? C'est une mission de gestion de projet ? LéaTout à fait. BertrandDonc, il faut organiser le projet, faire travailler les équipes ensemble, celles qui doivent travailler pour répondre à la question du client ? LéaExactement. A noter qu'on a plusieurs projets chacun. Donc ça nécessite une organisation propre en fonction de ce qu'on a à faire et des différents chantiers qu'on a à mener. BertrandDans les missions quand on a préparé cette interview, tu as dit recommandation éditoriale, analyse lexicale. Donc ça, ce serait la deuxième mission de ton job ? LéaExactement. Il faut savoir que moi je suis plus spécialisée en éditorial, donc ça passe en général par une étude lexicale. Une étude lexicale, c'est une recherche de mots clés en fonction de la thématique de nos clients. Pour identifier le vocabulaire qu'utilisent les internautes sur ces thématiques là. BertrandDonc en clair, on essaie de chercher quels sont les mots qu'ils utilisent pour comprendre ceux qu'ils vont utiliser dans un moteur pour rechercher pour le produit ou la marque qui t'intéresse ? LéaC'est ça, et que nos clients utilisent les mêmes. BertrandD'accord. Je me souviens d'un exemple, qui parlera peut être à nos auditeurs, mais qui doit aussi te parler. C'était un exemple à propos des cadeaux de Noël et on s'était rendu compte que beaucoup de gens écrivaient cadeaux : KDO. Et que donc ça fait partie du champ lexical, forcément ? Léa Exactement. BertrandC'est le même genre de recherche que tu fais pour trouver les bons mots ? LéaTout à fait, les synonymes etc... BertrandDonc ça c'est la deuxième mission. Et puis après tu as dit une troisième mission qui est étude et recommandation ? LéaC'est ça ? Donc en fait, après notre étude lexicale qui nous donne pas mal de billes de réflexion. On audite le site de notre client. Donc un audit, c'est un point de contrôle sur ce qui va, et ce qui ne va pas. Et en fonction de tout ça, on fait des recommandations. Pour que le site soit plus visible sur les pages de résultats Google. BertrandEt, ces recommandations, c'est ça que vous allez vendre à votre client pour qu'il développe une meilleure audience sur son site grâce au SEO ? LéaTout à fait. BertrandTu as aussi parlé de Pinterest et de l'intérêt que tu avais à la fois professionnel et pour ton job de l'utilisation de Pinterest. Est ce que tu peux expliquer ce que ça veut dire pour ton job ? LéaPinterest, c'est un moteur de découverte visuel. Un moteur de recherche, et qui dit moteur de recherche dit consultante SEO. Donc on a une offre Pinterest dont je suis référente en organique. Et on accompagne nos clients afin qu'ils arrivent à se créer une visibilité sur cette plateforme. A noter que sur Google, il y'a des résultats Pinterest qui sont référencés. Donc c'est assez intéressant de travailler ce pilier là quand la thématique du site client s'y prête. BertrandLéa, c'est ça qu'on appelle la recherche visuelle ? LéaC'est ça en fait, sur certains types de mots clés. Google met plus en avant des images, ce qui signifie que les internautes trouvent les résultats plus pertinents quand une image est présentée. BertrandEt donc il y a un lien entre ce que propose Pinterest et ce que propose Google. Donc il faut aussi faire ce lien pour vos clients. Léa Exactement. BertrandOk, il y a beaucoup de choses dans ce que tu nous a décrit, dans les missions, dans ce que tu fais au quotidien. Ça veut dire qu'il faut s'organiser. Comment on gère ce "multitâche" ? LéaChacun gère un peu comme comme il veut. Je pense qu'il faut quand même bien savoir s'organiser, avoir une sorte de roadmap pour chaque client. Bien noter les deadlines pour chaque chantier, pour chaque client. Et après c'est vraiment une question d'organisation. En vrai, tout est faisable. BertrandD'accord. Donc ça veut dire si on revient sur la question sur tes missions quotidiennes, il n'y a pas vraiment de missions quotidiennes, mais par contre il y a une organisation assez sérieuse pour réussir à faire tout ça ? Léa Exactement. BertrandOk, Léa est ce que tu peux nous dire pourquoi ce métier de consultante SEO t'intéresse ? LéaÇa m'intéresse parce que c'est un métier qui nécessite de toujours se renseigner. Il n'y a pas de routine; Le SEO est un domaine qui est en pleine évolution via les changements de l'algorithme de Google. Où il faut tout le temps continuer à se renseigner, apprendre comment l'algorithme fonctionne pour présenter les résultats aux internautes, les connaître et savoir les appliquer pour nos clients. BertrandDonc ça veut dire qu'il faut rester attentif, il faut être curieux, il faut continuer à apprendre ? LéaTout le temps. On fait beaucoup de veille. Toutes les semaines, on envoie une newsletter avec mon "Head Of" et quelques collègues... BertrandTon "Head Of" ? LéaC'est mon manager. On se renseigne sur des blogs, sur le blog de Google notamment, et on résume les articles. On évangélise un peu les notions qu'il y a à l'intérieur parce que notre newsletter est surtout à destination de nos clients, leur envoie les nouveautés pour qu'ils soient au courant de ce qui se passe. BertrandTu fais un peu prof de SEO pour tes clients ? LéaExactement BertrandLéa, est ce que tu peux me dire quelles sont les trois principales compétences qu'il faut pour ce job de consultante SEO ? LéaOui, alors j'ai réfléchi justement, selon moi, en premier je dirais curieux. En deuxième, je dirais méthodique, et en troisième je dirais patient. BertrandAlors si on s'arrête sur "curieux". Qu'est ce que ça veut dire dans le détail, curieux, pour faire du SEO ? LéaComme on en a parlé juste avant, il y a beaucoup de mise à jour des algorithmes et il faut savoir les détecter et faire de la veille. Un second point qui me fait dire qu'il faut être curieux quand on est face à une problématique quelconque sur un de nos sites clients. Il faut chercher d'où ça vient et comprendre pourquoi ce problème est là. Et trouver comment le régler, c'est pas toujours évident... BertrandDonc ça veut dire qu'il faut aller chercher un peu partout, trouver sur internet des choses, s'intéresser à ce qui se passe, aux évolutions. C'est ça, c'est ça ? LéaOui, beaucoup de travail, de recherche... BertrandTu as dit dans pour la deuxième compétence "méthodique". Alors là, qu'est ce que ça veut dire ? C'est un peu opposé, non ? LéaJ'ai pensé à ça pour deux points en particulier. Le premier, c'est qu'on est amené à travailler de grosses quantités de données. Par exemple pendant nos études lexicales ou en technique pendant des analyses de logs. On travaille beaucoup sur Excel où faut gérer vraiment beaucoup de données, faire des grosses formules. Il faut être méthodique. BertrandDonc ça veut dire que si je comprends bien, c'est qu'il faut savoir utiliser Excel correctement pour faire ce job . LéaAu moins les bases. Et après, moi quand j'ai débuté, je connaissais pas trop Excel et j'ai appris sur le tas. BertrandDes grosses bases de données, ça veut dire combien de lignes ? LéaÇa dépend. Là, je viens de faire une étude lexicale avec 30.000 mots clés... BertrandÇa commence à faire beaucoup ? LéaOui, ça commence à faire pas mal... BertrandD'accord. Et donc là c'est vraiment l'aspect méthodique dont tu parlais. La première partie de l'aspect méthodique, c'est gérer des données. Il y a une deuxième partie ? LéaSur le fait qu'on a beaucoup de clients différents, beaucoup de chantiers différents à traiter. Il faut de la méthode pour mener à bien tous les chantiers dans le temps imparti. BertrandEt pas se mélanger les crayons entre un client et un autre ? Léa Exactement, Bertrandok, et après tu as dit "patient". Donc c'est vrai que c'est des qualités difficiles à concilier et je comprends qu'elles soient intéressantes. Patient, ça veut dire quoi pour ce métier ? LéaComme on a dit qu'on a une problématique sur un site et qu'on comprend pas vraiment d'où ça vient. Il faut il ne faut pas s'énerver, faut juste chercher, prendre son temps, trouver la solution. BertrandEt c'est pas quelque chose qui se fait en un claquement de doigt. C'est ça que tu es en train de dire, ça prend du temps ? LéaIl y a des fois oui, on peut passer plusieurs heures sur le même problème. Pas avoir l'impression d'avancer, mais au final on avance. C'est faut prendre son temps, il faut réfléchir. BertrandD'accord, on a souvent tendance à dire que le SEO, c'est un travail dans la durée. C'est à dire qu'on appuie pas sur un bouton et hop, on a les résultats tout de suite. Donc ça joue aussi avec cette notion de patience. Il faut se dire que ça prend du temps ? LéaÇa prend du temps de faire les études lexicales, les audits, les recommandations et ça prend du temps. Une fois qu'on a mené à bien tout ça et qu'on a bien implémenté les recommandations sur le site, et d'avoir des résultats. BertrandD'accord. Et on dit souvent plusieurs mois ? LéaPlusieurs mois effectivement. BertrandDonc c'est effectivement il faut de la patience... LéaPatience. C'est même un peu frustrant des fois, Après avoir travaillé deux semaines sur quelque chose, avoir tout implémenté et de devoir attendre 3 à 6 mois pour voir les effets et les fruits de notre travail. BertrandEt c'est frustrant pour le client aussi, j'imagine ? Léa Parfois oui. BertrandAlors attention QGP la Question Gagne-Pain, combien ça gagne une consultante SEO ? LéaAlors ça dépend de l'expérience. Je dirais qu'à l'entrée on est entre 33K€ et 35K€ bruts annuel et qu'il est possible dans les deux ans après l'embauche d'avoir une augmentation entre 10 et 15 % en fonction du travail des missions prises en charge etc... BertrandEst ce qu'il y a des incentives, des primes, des choses qui se rajoutent un peu en fonction de ce qui se passe dans le travail ? LéaIl y a des primes parfois à la fin de l'année, mais ce n'est pas basé sur le nombre de vente au client. BertrandIl y a des primes entreprise ou liées au bon fonctionnement de l'entreprise, mais pas aux ventes réalisées dans tel ou tel secteur. LéaTout à fait BertrandEst ce qu'il y a des tâches quotidiennes qui te plaisent plus et d'autres qui te plaisent moins ? Comment ça se passe? LéaForcément dans tous les métiers, je pense qu'il y a des des plus et des moins. Ce que j'aime beaucoup faire, c'est l'analyse de données pour avoir des indications sur les recommandations que je vais avoir à faire. Ca j'aime beaucoup. Par contre, ce que j'aime un peu moins, c'est envoyer des emails. BertrandDonc la petite routine du matin, lire et répondre aux mails, c'est pas forcément le mieux ? LéaC'est ça. Et il n'y a pas que le matin, il faut le faire plusieurs fois par jour. BertrandOk, quelle a été ta plus grande surprise dans ce métier de consultante SEO ? LéaJe ne pensais vraiment pas que les algorithmes étaient aussi aboutis et puissants que ce qu'ils sont vraiment. BertrandTu parles aussi de complexité, c'est cette notion de puissance de l'algorithme de Google pour trouver des choses, pour nous aider à trouver des choses qui t'a surprise ? LéaA vraiment, avec un collègue, on a dû lire des brevets qu'a déposé Google parce qu'on avait une problématique SEO sur un site. C'est hyper compliqué et je trouve ça impressionnant tout ce qui est déployé pour que Google puisse proposer aux internautes des résultats les plus pertinents possibles le plus rapidement possible. BertrandEt comme je le disais tout à l'heure, en plus, ça change tout le temps. Donc ça veut dire que Google s'adapte et fait évoluer son algorithme. D'où l'intérêt de ce métier pour toi ? Léa Exactement. BertrandLa communauté du Gagne-Pain nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais dans les différents métiers. Est ce que l'anglais c'est important pour être consultante SEO ? LéaJe dirais que ça dépend. Ici, on est parfois amené à travailler avec des clients à l'international. Donc ces projets là sont confiés à des personnes qui sont à l'aise avec l'anglais. Faire une étude lexicale pour un client anglais, ça induit de faire notre recherche de mots clés en anglais, faire toutes les recommandations en anglais et la présentation au client en anglais. Donc je dirais que c'est pas nécessaire si on travaille que sur un périmètre français. En revanche, pour faire de la veille, il y a pas mal d'articles qui sont en anglais. Après on peut toujours traduire mais c'est plus compréhensible en anglais. BertrandMais toi tu arrives à faire une recherche lexicale en anglais avec ton expérience d'anglais actuelle ? LéaOui, après ça dépend aussi beaucoup de la thématique. Je pense que si je suis en face d'une thématique bancaire assurance, c'est un jargon à apprendre à savoir. Après ça prendra peut être un peu plus de temps, mais oui. BertrandEt quand tu t'informes, quand tu cherches des choses que tu fais ta veille, là par contre aucun problème, tu vas lire des articles en anglais sur ces sujets ? Léa Exactement. BertrandLéa, est ce que toi tu continues à te former régulièrement et comment ? LéaEn dehors du fait de lire de la documentation rapport avec le SEO, j'essaye de mon côté de me former au langage HTML et CSS qui sont les langages informatiques utilisés pour créer les pages d'un site internet. BertrandDonc tu vas un peu sur la partie technique ? LéaExactement, c'est ma volonté BertrandOk, est ce qu'il y a des certifications professionnelles qui peuvent être utiles à faire découvrir à ceux qui nous écoutent ? LéaOui, j'en connais quelques unes mais moi je n'en ai pas passée. Il y a celle du SEO Camp et celle de SEM Rush. SEM Rush, c'est un outil qu'on utilise au quotidien dans nos missions éditoriales. BertrandOn mettra les liens vers les formations du SEO Camp et SEM Rush dans les commentaires du podcast. Est ce que tu peux nous parler du mode de vie d'un ou d'une consultante SEO ? Qu'est ce que ça veut dire en terme d'organisation de ton travail, du télétravail ? Comment ça marche ? LéaAlors nous, nos locaux sont situés à Puteaux. On a deux jours de télétravail par semaine, trois jours sur site. Et en termes d'horaires, on est sur du 9h 18h ou 9h30 18h30. BertrandEt quand vous travaillez avec vos clients, il y a des rendez-vous ? Vous vous déplacez chez les clients ? Il y a des rendez vous en visio ? Comment ça se passe ? LéaIl y a les deux. Depuis le Covid, on est quand même vraiment resté dans l'utilisation de Teams. C'est pas mal. Des réunions en visioconférence, mais on est parfois amené, surtout pour des des réunions un peu stratégiques, à se déplacer chez le client. BertrandDonc un peu de déplacement chez le client de temps en temps ? LéaTout à fait. BertrandOk. Quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient faire ce métier ? LéaComme je disais, lire de la documentation pour mettre le pied à l'étrier. Bertrand S'informer ? LéaExactement et ensuite après essayer de créer un petit site sur une thématique qui nous plait. Et pour ça, je pense qu'il faut s'informer sur le langage HTML et CSS, avoir au moins les bases. BertrandC'est aussi pour ça que tu veux toi aussi te former ? C'est à dire de mettre en pratique directement sur un site que tu maîtrises ? LéaExactement, faire des tests moi même. Regarder si je fais ça, qu'est ce que Google va faire etc... Vraiment, faut il faut faire des tests pour apprendre. BertrandTest and Learn. LéaTout à fait. BertrandEst ce qu'il y a un projet particulier sur lequel tu as aimé travailler et dont tu voudrais nous parler ? LéaIl y en a pas un en particulier. Je dirais que les projets sur lesquels je préfère travailler, ce sont les projets qui englobent les 3 piliers du SEO. Donc comme je le disais tout à l'heure, la popularité, la technique et l'éditorial qui sont des piliers qui fonctionnent en synergie. Et quand on à la main sur les trois, on peut faire des recommandations plutôt solides. BertrandD'accord, quelles sont les ressources disponibles sur Internet pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient approfondir ce sujet ? LéaAlors il y a le Blog de Babbar qui est un très bon blog, qui évangélise vraiment tout le SEO. BertrandComme le personnage de bande dessinée ? LéaOui, Babbar avec 2 B. Il y a également le Blog de Google et après c'est pas une ressource en ligne, c'est le livre d'Olivier Andrieu que tout le monde connaît dans le SEO avec le livre sur le référencement Google mode d'emploi. BertrandD'accord, un peu la référence, non ? LéaTout à fait. BertrandPape du SEO en France. Est ce que tu peux également nous dire quelles seraient tes conclusions pour ceux qui nous écoutent et qu'est ce que tu souhaiterais ajouter ? LéaSi vous êtes intéressé par ce métier, vous pouvez, comme je disais, lire de la documentation, essayer de tester, de créer des sites internet. C'est toujours intéressant et ça n'engage en rien. Et c'est un métier qui recrute, donc n'hésitez pas à vous renseigner, à regarder s'il y a des offres d'emploi ouvertes. BertrandIl y a du boulot dans le SEO. Léa Exactement ! BertrandOk, super ! Merci beaucoup ! LéaMerci à toi. L'épisode 47 du Gagne-Pain, métier "Consultante SEO", est également disponible sur : ### LinkedIn pour les étudiants – Dorian Zerroudi Dorian Zerroudi de planète grandes écoles et Linkedin Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Pour ce huitième atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Dorian Zerroudi. Encore étudiant et entrepreneur, Dorian a décidé de créer un groupe média dans l'EdTech. Il est avec nous aujourd'hui, pour nous parler de son expérience pour accompagner les étudiants afin de les aider à travers Planètes Grandes Écoles et les réseaux sociaux, notamment Linkedin. Merci à Dorian, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Dorian Zerroudi – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 45 : BertrandPour ce 8eme Atelier du Gagne-Pain, nous avons le plaisir d'accueillir Dorian Zerroudi. Bonjour Dorian. DorianBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Dorian d'avoir accepté notre invitation. Dorian est entrepreneur, il est étudiant, il est fondateur d'un groupe média dans l'EdTech qui est une référence pour accompagner les étudiants dans leur scolarité. On va avoir beaucoup de questions à poser à Dorian sur tous ces sujets. Mais d'abord, est ce que tu peux te présenter en quelques mots ? DorianBien sûr, Bertrand. Bonjour à tous ! Très heureux d'être ici en ta compagnie pour ce huitième épisode de l'atelier. Pour ma part, c'est Dorian Zerroudi. J'ai 23 ans, je suis actuellement étudiant et en parallèle entrepreneur. Après deux années de prépa, j'ai intégré EM Lyon et l'année dernière j'ai été diplômé de Berkeley aux Etats-Unis. BertrandUn beau parcours, surtout parce que Dorian est à la fois étudiant et en même temps entrepreneur. Et on va parler de tout ça, tout ce que tu fais pour accompagner les étudiants et les aider. Si tu en est d'accord, Dorian, j'aimerais t'interroger sur l'utilisation des réseaux sociaux professionnels, ce que les étudiants appellent le réseau social des vieux, c'est à dire LinkedIn. Et montrer comment toi tu utilises très bien les réseaux sociaux en général, mais également LinkedIn. Notamment pour ce que tu fais avec Mister Prépa et Planète Grandes écoless. On va avoir l'occasion d'expliquer tout ça. Est ce que justement tu peux nous expliquer, c'est quoi l'entreprise que tu as créée et que tu diriges en même temps que tes études ? DorianYes carrément ! Alors mon groupe possède actuellement six entreprises, dont certaines entreprises qu'on a créées, à l'instar de Mister Prépa, Planète Grandes Ecoles, Objectif AST, Start in Blockchain et d'autres entreprises qu'on a rachetée comme Prépa+ ou Trainy.co. BertrandD'accord. Toutes ces entreprises ont pour seul but accompagner les étudiants dans leur décision de choix d'école d'organiser leur éducation ? DorianC'est ça l'idée, c'est de pouvoir contribuer à l'égalité des chances à notre échelle. Tout ce qu'on fait, c'est 100 % gratuit pour les étudiants, pour les aider et les accompagner dans leur choix d'école dans le cadre de Mister Prépa et d'Objectif AST notamment. Et également par rapport à leur métier et aux secteurs d'activité comme Planète Grandes Ecoles ou de Trainy, où l'objectif ici est de présenter toutes les opportunités qui découlent d'une grande école pour les étudiants. BertrandOk, donc tu as l'habitude de parler aux étudiants, c'est ta cible, c'est eux qui sont le public de ton entreprise. Donc on va continuer dans cette voie là. On va essayer de parler à nos auditeurs cette fois pour leur expliquer comment utiliser les réseaux sociaux professionnels pour développer leur leur activité. J'aimerais t'interroger sur sur ce sujet là à travers quatre questions. La première, c'est comment être présent sur les réseaux sociaux professionnels ? On va parler de LinkedIn majoritairement, et puis pourquoi et comment développer son son réseau? Et pourquoi développer son réseau quand on est quand on est étudiant ? Ça sert à quoi de créer un profil LinkedIn aujourd'hui ? DorianC'est hyper important et même quand on est jeune, surtout quand on est jeune. LinkedIn, c'est un peu une sorte de représentation digitale que l'on a. On a le CV, c'est bien, c'est sympa, mais le CV commence à être de plus en plus archaïque et surtout le CV doit faire une page, notamment en France. Et LinkedIn ça permet justement d'être une sorte d'outil qui permet de développer davantage l'ensemble des expériences qu'on a eues. Donc c'est une sorte d'extension de son CV et une représentation, on va dire, de tout ce qu'on a pu accomplir, que ce soit d'un point de vue professionnel, académique ou associatif. BertrandDonc, ça veut dire que, y compris quand on est étudiant, on a pas mal de choses à raconter sur qui on est, ce qu'on fait. On n'est pas simplement bloqué par les expériences professionnelles que globalement on n'a pas ? DorianNon, absolument pas. Et surtout quand on est étudiant, on fait beaucoup de choses. C'est la difficulté lorsqu'on est étudiant, il faut réussir à valoriser ce qu'on a pu faire. Ça peut être une expérience en tant que délégué de classe, ça peut être potentiellement en stage de troisième. Donc des choses qui à première vue peuvent paraître anodines, mais qui en réalité montre grand sur la personne. BertrandDorian, comment as-tu créé ton profil LinkedIn ? C'est souvent la première question que nous pose les étudiants. Par quoi il faut que je démarre ? Est ce que je fais simplement un copier/ coller de mon CV pour démarrer ? DorianAvec du recul, je me suis rendu compte que mon Profil LinkedIn était vraiment très mauvais. Après c'est un profil LinkedIn c'est comme un CV. Et l'avantage du digital, c'est que c'est encore plus rapide à changer. On peut faire une modification en quelques secondes sur LinkedIn. Donc au début, traditionnellement, on copie / colle son CV. On se rend compte très rapidement que ce n'est pas du tout adapté à LinkedIn. Mais globalement, comme on commence, il faut dans un premier temps analyser ce qui se fait sur le marché. Ça peut paraître un peu complexe quand on est étudiant. On se dit de quoi on parle ? Ce qu'il faut faire, c'est regarder le profil d'étudiants qui sont dans les écoles dans lesquels je suis ou dans lesquels j'aspire à être. Pour avoir un peu une idée de ce qui se fait. C'est le premier temps pour démarrer, c'est vraiment identifier ce qui se fait déjà. Et ce que font les alumni et les jeunes diplômés de mon école font. BertrandDonc regarder dans un premier temps ceux qui sont tout près de soi, qui sont un tout petit peu plus âgés que soi dans le même cursus et voir ce qu'ils font ? DorianÇa c'est dans un premier temps. Pour commencer, pour avoir les bases les bases, c'est vraiment d'identifier ce qui se fait. Ensuite, c'est forcément le personnaliser à sa sauce. Donc il y a pas mal de petits codes à avoir sur LinkedIn au moment où on se lance. LinkedIn permet d'avoir le profil complété ou non et graduer le niveau de finalité de notre profil. Donc là c'est aussi un outil qui est assez intéressant. Il faut arriver aussi très rapidement à compléter son profil à 100 %. Donc ça passe notamment par le fait d'avoir une couverture. Ça, c'est quelque chose de très important. BertrandAlors une couverture, c'est la photo de couverture, la grande bannière qui s'affiche derrière notre photo de profil ? DorianOui, il faut en avoir une. Pas forcément quelque chose de personnalisé à première vue. On peut très bien prendre une photo classique sur Google image ou alors des suggestions de LinkedIn. Mais il faut en avoir une parce que c'est aussi encore une fois la première impression qui est hyper importante. BertrandEt une bonne photo de profil ? DorianUne photo de profil, ça va de soi. Donc par rapport à la photo de profil, encore une fois, il faut une photo qui soit dans un premier temps, lorsqu'on démarre, une photo qui soit bien visible de nous même. C'est quelque chose qui est très important. Pas forcément au début une photo avec des montages ou autre, mais il faut une photo de soi qui soit assez sympathique, pas forcément une photo en costume, en costard ou autre, ce n'est pas nécessaire à première vue. BertrandMerci Dorian, J'aimerais maintenant que l'on parle du réseau parce que c'est une grosse différence avec un CV. Sur LinkedIn, on a un réseau, c'est à dire qu'on a des contacts, on a invité des gens sur sur LinkedIn. Et toi tu es un très très bon exemple, étudiant, comme on l'a évoqué tout à l'heure, tu as déjà 15 000 abonnés. Donc il va falloir expliquer à ceux qui nous écoutent comment tu as fait. Mais d'abord, j'aimerais qu'on explique comment on démarre ? Quand je crée mon profil LinkedIn, qu'est ce que je fais pour démarrer, pour avoir mes 50 premiers contacts ? DorianDans un premier temps, ce qui est essentiel, c'est d'avoir un profil carré et complété, c'est à dire photo, couverture, l'ensemble des expériences mentionnées et les différentes informations sur soi. BertrandDonc, avant d'inviter quelqu'un chez soi, on a d'abord fini la maison. C'est propre, c'est carré, et on a un bon profil LinkedIn ? DorianOn ne va pas accueillir quelqu'un alors qu'il y a encore des travaux dans la maison, exact. BertrandDonc ça, c'est la première étape, on vient de l'évoquer, mais c'est vrai que c'est quand même important. On invite pas si on a pas fini son profil. Après comment on invite ses 50 premiers contacts ? DorianAlors pour inviter les premières personnes, c'est pas complexe. Il faut regarder autour de soi, sa famille, ses amis, ses camarades de classe et être un peu audacieux. C'est peut être complexe au début, mais aller voir aussi les professeurs, les intervenants, les personnes qu'on a pu côtoyer. BertrandEt comment on fait. Parce que souvent on s'est posé la question d'envoyer un petit message personnalisé, c'est essentiel de faire ça ? DorianAlors ça dépend, il y a deux écoles. Il y a ceux qui vont bourriner, qui vont envoyer des invitations à toutes les personnes, on va dire qu'ils connaissent de près ou de loin. Et ceux qui vont privilégier le message personnalisé. Personnellement, j'ai essayé les deux et en fait je trouve que c'est parfois un peu trop agressif d'envoyer un message personnalisé, sauf au début. Je pense que ça peut nous rassurer d'envoyer un message et d'expliquer à la personne qu'on ajoute qu'on est un nouvel utilisateur de LinkedIn que pour une raison X ou Y, parce que son secteur m'intéresse, parce que les posts de cette personne m'intéressent. C'est pour ces raisons là que je souhaite vous ajouter à mon réseau... BertrandDonc ça vaut le coup, peut être au début de faire ces petits messages personnalisés pour savoir à qui on s'adresse ? DorianTotalement, au début, je pense que ça peut être intéressant, ça nous permet de nous rassurer, de partir sur une base intéressante amis, proches, famille, camarades de classe, professeurs... Et après il faut aller chercher un réseau plus large sur LinkedIn. Il y a quelque chose qui est assez intéressant et qui nous permet justement de réseauter de networker. C'est les numéros, les chiffres qui apparaissent à côté de chaque personne. Il y a trois chiffres. Le premier, c'est quand on a une relation directe avec cette personne là, c'est à dire qu'on a déjà que l'on a déjà une connexion avec cette personne là. Bertrand Réseau 1 ? DorianRéseau 1, exactement. le Réseau 2, c'est quand on a une personne de notre réseau qui est en relation avec cette personne là. Donc, ça permet de faire des petits ponts, des petites connexions avec ces personnes là. Et ensuite il y a le réseau 3. Donc quand des personnes sont troisièmes, là, c'est qu'on a aucun réseau directe ou indirecte avec ces personnes là et que l'on n'a rien qui nous unit. BertrandOk, donc le réseau 1 sur LinkedIn, on peut discuter avec eux, on peut échanger, on peut parler. Le réseau 2, il faut continuer à les inviter, c'est ça ? DorianOui, justement, une fois qu'on a notre base de connexion, il faut aller chercher ce réseau 2, aller ajouter ces personnes là dans le réseau 2. Il faut faire des messages personnalisés et ou demander aux personnes avec qui on a une relation en commun de nous mettre en relation. Ou alors de nous expliquer pourquoi et comment je pourrais directement accéder à cette personne. BertrandC'est en clair "les amis de mes amis sont mes amis" ? DorianC'est exactement ça. BertrandDonc ça c'est très intéressant à expliquer parce qu'effectivement, ce n'est pas toujours clair pour les étudiants qui nous écoutent. Comment fonctionne le réseau LinkedIn. Et après le réseau 3, pour l'instant, on les laisse de côté ? DorianOui, pour le moment. Au tout début, on peut les laisser de côté et on peut largement arriver à constituer un réseau de 500 relations ou de 1.000 relations sans toucher au réseau 3. BertrandAlors maintenant, parle nous de ton expérience. Donc encore une fois, tu es un étudiant et entrepreneur. Comme on l'a dit, tu utilises beaucoup les réseaux sociaux pour ton activité. Comment tu as fait toi ? Comment tu as fait pour atteindre 15 000 personnes dans ton réseau ? DorianAlors au début, ce que je commençais à faire, notamment pendant la période Covid, c'était d'interroger des personnes sur leur secteur. Moi, initialement, je ne connais pas du tout le milieu des grandes écoles, je ne connais pas du tout les opportunités découlant de ces grandes écoles. Et ce que j'ai fait, c'est que tous les secteurs m'intéressaient, que ce soit la banque, le secteur du conseil, de l'entrepreneuriat, du marketing. Donc, ce que j'ai fait, c'est que j'ai envoyé des messages à plein de personnes pour leur demander s'ils avaient dix minutes de leur temps à m'accorder un rendez vous téléphonique et que je puisse leur poser quelques questions sur comment ils en sont arrivés là, sur leur métier. Maintenant, on peut écouter ton podcast qui est génial à ce sujet... BertrandDonc ça veut dire que tu faisais une démarche vers ces personnes en leur disant que ça t'intéressait, d'échanger avec eux, de discuter avec eux, de comprendre des choses ? Et c'est comme ça que tu as développé ce réseau ? DorianAu début, c'était exactement comme ça que j'ai commencé. Ensuite, ce que j'ai commencé à faire, c'est essayer de comprendre comment je pouvais interagir avec les autres. Dans un premier temps, c'est vraiment ajouter, essayer de se mettre en confiance sur le réseau. Et ensuite, il faut commencer à commenter. Je ne dis pas de poster. Attention, mais commencer à liker des posts, à commenter des posts, à interagir avec la communauté qu'on a commencé à se créer. Ça c'est hyper important de donner son avis, de s'exprimer et aussi de féliciter ses pairs en quelque sorte. BertrandDonc on passe à une étape supplémentaire là, en fait, on est en train de dire qu'on a créé son profil LinkedIn. On a développé son réseau et puis là on est en train de passer à autre chose. On est en train de dire, il va falloir publier, il va falloir écrire, il va falloir interagir avec les gens. C'est ça l'étape supplémentaire pour pouvoir aller jusqu'à 15 000 ? DorianC'est ça, dans l'étape deux, c'est justement de commenter, d'interagir avec les autres. Et ensuite l'étape trois, et c'est celle qui effraie le plus de personnes. C'est de publier sur LinkedIn. Parce qu'il y a beaucoup de personnes sur LinkedIn, beaucoup de personnes like, beaucoup de personnes commentent, mais finalement très peu de personnes postent. BertrandAlors toi qui es de cette génération, des gens qui nous écoutent globalement à peu près. C'est quoi la différence entre ce que tu viens de décrire, et ce que tu fais, j'imagine aussi sur d'autres réseaux type Instagram ou TikTok ? C'est quoi la différence ? Qu'est ce que tu peux dire et est-ce qu'il y a des différences ou et si oui, lesquelles ? DorianIl y a des différences sur le ton employé. Pour la simple et bonne raison que la communauté LinkedIn est forcément plus âgée que la communauté présente sur d'autres réseaux. Bertrand40 ans et plus en moyenne ? DorianLe double de notre âge globalement. Et en fait, il faut juste arriver à adapter le ton... BertrandAdapter le ton, ça veut dire parler à son "daron" ? DorianC'est un petit peu ça. L'idée, de parler à son daron, mais toujours en gardant son identité qui est justement la jeunesse, la fraîcheur. Et c'est ça qui plaît aussi à l'audience LinkedIn. C'est que nous, les jeunes, on casse un peu les codes traditionnels de ce réseau qui est assez ancien maintenant. Enfin c'est ancien d'une vingtaine d'années, mais ça permet d'avoir une approche qui est beaucoup plus intéressante, novatrice, disruptive quand on est étudiant. La manière de communiquer sur Instagram, TikTok ou Snapchat n'est pas du tout la même que sur LinkedIn. Sur LinkedIn, on va poster principalement du texte, même si on va pouvoir l'agrémenter de vidéos, de photos... Alors que par sur Instagram, ça va être des stories ou des vidéos comme sur TikTok ou Snapchat. Donc on va communiquer principalement avec du rédactionnel sur LinkedIn, contrairement aux autres réseaux qu'on utilise, qui sont plus photos ou vidéos... BertrandBon, il faut juste adapter un peu la forme de communication et s'adapter aux personnes qui vont lire cette communication ? DorianC'est ça. Et c'est justement là où le fait de poster devient intéressant. C'est qu'en fait on commence progressivement à se créer sa propre ligne éditoriale. Et c'est là où c'est intéressant. C'est à dire qu'on ne peut pas publier directement vers les postes classiques. En tout cas, on commence toujours par ça, c'est : "cher réseau"... On voit que c'est des nouveaux utilisateurs de LinkedIn qu'envoient le "cher réseau" parce que c'est très ancien. "Cher réseau", j'ai le plaisir de vous annoncer que je suis ... BertrandDonc on oublie ça ? DorianOn peut le faire au début parce que c'est voilà les codes, on va dire, des nouveaux entrants sur LinkedIn, mais après on oublie. Et on crée sa propre ligne éditoriale. Et aussi, un élément important à souligner, c'est que sur LinkedIn, il faut réussir à publier autre chose que uniquement des accomplissements personnels. C'est à dire qu'il y a plusieurs types de posts sur LinkedIn et celui de l'accomplissement personnel. C'est le plus répandu sur LinkedIn. Par exemple, j'ai été pris dans telle université, dans telle école, j'ai réussi à décrocher tel stage ou telle alternance... Ça, c'est des posts hyper traditionnels qui fonctionne assez bien. Mais on va dire, c'est la base. Tout le monde le fait et il n'y a pas de souci. Mais pour arriver à 15.000, il faut réussir à se démarquer en adaptant sa propre ligne éditoriale. BertrandDonc ça veut dire que si encore une fois, on se remet dans la tête d'un étudiant ou d'une étudiante, elle raconte des choses sur ce qu'elle vit dans son école, elle raconte des choses sur ce qu'elle a appris dans sa semaine de cours. C'est ça l'idée ? DorianChacun trouvera, et c'est ça qui fait la force et qui rend le côté sexy à LinkedIn. Chacun adapte son contenu. C'est à dire qu'il y en a qui peuvent, comme tu viens de l'expliquer, raconter leur semaine de cours, chaque fin de semaine, parce que il y a eu des étapes... BertrandJ'ai appris quelque chose d'important ? DorianC'est ça, j'ai appris quelque chose et je vais le partager. Ça me permet de faire une synthèse. Ca peut être des réussites d'un point de vue associatif. On sait que, en école et en université, beaucoup d'étudiants s'investissent dans des associations. 84 % selon les dernières statistiques. On peut également partager son expérience. Voilà, parce que j'ai rencontré telle personne. Aujourd'hui, je fais la rencontre de Bertrand et je pourrais très bien faire un post sur cette rencontre. Donc on peut poster sur plein de choses. Moi personnellement, sur les posts que j'ai commencé à faire dans un premier temps, c'était par rapport à mon engagement envers l'égalité des chances pour les étudiants. Et aussi montrer à tous les étudiants, peu importe votre milieu d'origine, peu importe d'où vous venez, qui vous êtes, vous pouvez réussir. Ca c'était mes premiers pas, ce que j'ai commencé à faire. BertrandAlors il y a une notion quand même qu'il faut qu'on évoque, qu'on n'a pas évoqué encore. C'est que l'on a son réseau et puis après, on a ses abonnés. Donc là, quand on a 15000 personnes qui sont dans ton réseau, forcément on a une grosse partie de gens qui sont simplement abonnés. Et donc comment ça marche, ça ? DorianC'est ça. Alors sur LinkedIn, il y a un élément à distinguer. C'est quand on va essayer de rentrer en relation avec quelqu'un, on a deux possibilités. C'est soit se connecter, donc dans ce cas là, cette personne, si elle accepte, elle rentre dans notre réseau. Ou soit, on a la possibilité de suivre. Donc là on s'abonne à la personne, un peu comme les réseaux plus traditionnel. C'est à dire que l'on suit la personne, mais elle n'est pas nécessairement en train de nous suivre. Donc il y a cette distinction à faire, notamment les personnalités publiques et reconnues, on les suit mais on ne se connecte pas avec... BertrandAlors, pour terminer cet entretien, j'aimerais bien parler de tes conseils. On peut parler un peu plus généralement, peut être notamment sur cette question de l'égalité des chances qui te tient à cœur. C'est quoi tes conseils pour aider les jeunes qui aujourd'hui se posent des questions sur, à la fois le choix de leur école, le choix de leur spécialisation, le choix de leurs stages, le choix de leur alternance, le choix de la première entreprise. C'est quoi tes conseils aujourd'hui ? DorianDe suivre Planete Grandes Ecoles ? BertrandIl y a plein de contenus sur Planete Grandes Ecoles, c'est clair... DorianNon plus sérieusement, c'est déjà de croire en soi. Ça c'est quelque chose que j'ai remarqué assez tardivement dans mon expérience personnelle. Mais, le fait de croire en soi, mais en fait ça propulse des personnes et au contraire ça en freine d'autres qui ne croient pas en elles. Donc déjà, il faut réussir à croire en soi, en ses capacités et arrêter de se cacher derrière des fausses excuses qu'on peut initialement avoir. Deuxièmement, et justement, LinkedIn est un outil essentiel là dessus, c'est d'oser. Oser aller au contact des autres, Oser aller contacter des personnes et de leur demander des conseils. D'aller s'entourer des personnes qui ont fait, ou qui font, ce à quoi j'aspire. Ca va m'aider pour faire le bon choix d'école, faire le bon choix de stage, etc... BertrandDans un entretien qu'on a fait il y a quelques semaines (l'épisode 39, L'atelier du Gagne-Pain avec Yann Gabay), il y avait cette idée, qui était résumée par : "vaincre ses peurs" et "provoquer sa chance". C'est un peu ce que t'es en train de dire ? DorianC'est exactement ça. Il faut arriver, c'est peut être bateau, mais a être déterminé. Et en fait, la détermination, elle se fait, si on arrive à être curieux. Si on est curieux d'aller vers l'autre, de poser des questions, de s'interroger et de s'intéresser à la personne. C'est ça qui va nous permettre d'avancer et d'aller de l'avant. Vers soit, un choix d'étude qui nous plaît, qui nous convient, ou soit, un choix d'entreprise. Mais encore une fois, il ne faut pas se brider, s'autocensurer et se dire ah non, ça c'est trop gros, c'est trop haut pour moi etc.. parce que sinon on n'avancera pas. BertrandC'est extrêmement clair. Est ce que LinkedIn, selon toi, c'est un bon moyen pour aider ces jeunes à trouver leur stage, à trouver leur alternance, à trouver leur job et si oui, comment ? DorianC'est un excellent moyen et je parle coup cette fois ci plus en tant que recruteur ou jury d'école. Par exemple, quand les étudiants que je suis en ,jury dans certaines grandes écoles nous passent leur CV. Il est hyper smart de mettre un QR code. C'est à dire que sur votre CV, vous devez absolument avoir un QR code renvoyant vers votre LinkedIn. Ça permet de dire si mon profil vous intéresse et que mon CV vous intéresse, c'est que vous avez une bonne première impression. Allez voir ce que je fais, aller plus loin et en fait ça montre déjà la maturité de la personne s'en dit beaucoup. BertrandDes excellents conseils d'un pro de l'utilisation de LinkedIn. Merci beaucoup Dorian. Est ce que ceux qui nous écoutent peuvent te contacter sur LinkedIn et si oui, comment ? DorianOui, avec grand plaisir. Vous m'ajouter tout simplement. Vous envoyer une invitation de connexion. Attention à ne pas seulement me suivre, parce que LinkedIn me met directement en tant que influenceur, il faut donc il faut bien se connecter. Vous pouvez m'envoyer un message personnalisé sans souci. Ben voilà, n'hésitez pas à m'envoyer un message si vous voulez, on peut s'appeler et je pourrais vous donner plein de conseils bien évidemment 100 % gratuitement pour avoir un super profil LinkedIn. BertrandMerci beaucoup Dorian. En conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter pour ceux qui nous écoutent et qui ont j'espère apprécié cet entretien ? DorianJ'espère aussi. En tout cas, merci Bertrand pour ce format qui est génial. Dernier conseil et ultime conseil. C'est vraiment de ne pas avoir peur. Il faut se lancer. C'est difficile de faire le premier post, c'est difficile de lancer sa première connexion. C'est difficile de commenter le premier post, mais il faut y aller. Ne pas avoir peur du regard des autres, ca c'est essentiel. Et après se forger progressivement... BertrandMerci beaucoup Dorian, DorianMerci Bertrand. L'épisode 45 du Gagne-Pain, l'atelier #8 et Linkedin , est également disponible sur : ### Data Scientist – Vincent Malara Épisode 44 : Vincent Malara, Data Scientist chez C-Ways.  Dans cet épisode, nous sommes heureux de recevoir Vincent Malara, Data Scientist chez C-Ways. Il est avec nous aujourd'hui, pour nous parler de son expérience et de son ressenti afin de pouvoir nous éclaircir sur ce métier de Data Scientist. Merci à Vincent, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Vincent Malara – Profil LinkedIn Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 44 : Majdeline Bonjour Vincent. VincentBonjour Majdeline. MajdelineMerci d'avoir accepté cette invitation du Gagne-pain. Vincent, tu es Data Scientist chez C-Ways. Donc on va avoir l'occasion de revenir en détails sur ton métier, ton entreprise. Mais avant ça, est ce que tu peux te décrire en quelques mots ? VincentAlors je suis Vincent Malara, je suis marié, j'ai deux enfants et je vis à Metz. Pour me présenter rapidement mon parcours scolaire, j'ai fait un bac S en 2004 à la suite duquel j'ai fait un DUT puis j'ai intégré les Arts et Métiers. Pour ceux qui connaissent pas, c'est une école d'ingénieur généraliste avec une composante mécanique. Ensuite après la dernière année, j'ai fait une année spécialisation dans les moteurs. MajdelineTrès bien, est-ce que tu peux nous présenter ton parcours professionnel ? VincentAlors à la suite de ma dernière année à l'IFP, j'ai décidé de me lancer en tant que free-lance, de travailler en tant qu'ingénieur simulation dans l'automobile pendant près de dix ans. Dans cette fonction là, j'ai eu l'occasion de découvrir certains aspects du machine learning qui m'ont intéressé et j'ai voulu en savoir plus. Donc je me suis formé et donc j'ai fait un Boot Camp, le Boot Camp de Gildas à Paris. D'abord, c'était pour ajouter une corde à mon arc dans mon métier, car je me suis rendu compte que c'était vraiment passionnant, donc je me suis dit que j'en ferais bien mon métier. C'est comme ça que je suis devenu Data Scientist. J'ai commencé par une première expérience Data Scientist chez Neosis au Luxembourg. J'étais le seul Data Scientist de la boite, c'était une petite start up et ce qu'on faisait, c'est qu'on agrégait de la donnée d'entreprise en Europe pour la mettre à disposition de nos clients. Moi, mon rôle, c'était d'aller chercher de la donnée d'entreprise, mais aussi créer des modèles pour aller enrichir ou améliorer aussi l'UX de notre application. MajdelineEt ça te passionnes toujours ? VincentOui, ça me passionne toujours. MajdelineGénial ! On parlait de C-Ways, du coup, est-ce que tu peux nous expliquer en quelques mots ce que fait ton entreprise ? VincentAlors C-Ways, c'est un cabinet de conseil spécialisé dans la data. Donc notre rôle c'est d'aller aider nos clients à trouver de l'information dans la data grâce aux outils de la data science pour leur permettre de prendre des orientations stratégiques basées sur des données chiffrées. MajdelineMerci Vincent. Quelle est finalement ton activité, tes missions quotidiennes en tant que Data Scientist ? VincentEn tant que Data Scientist chez C-Ways, mon quotidien, j'ai en fait trois missions. La première, ça serait d'aider nos clients à identifier et à trouver des informations essentielles dans leurs données de transaction ou CRM, donc les aider à tirer de la valeur de ces données. La deuxième, ce serait d'aller identifier et aller collecter des sources de données externes qui peuvent servir, par exemple, enrichir les données de nos clients. Et la troisième, je dirais que c'est plutôt d'être capable d'identifier la bonne approche quand nous est présenté une problématique client. Donc comment la data science peut nous permettre d'aider nos clients à résoudre leurs problématiques ? MajdelineQu'est ce qu'un CRM en quelques mots pour ceux qui ne connaissent pas du tout ces outils ? VincentAlors c'est un outil de gestion de la relation client, donc ça permet de collecter toute l'information qui est : des échanges qu'il y a eu avec un client. Et donc c'est la qu'est renseignée, l'adresse, le numéro de téléphone des clients par exemple. MajdelineOk, très clair. Alors Vincent, tu nous a parlé de collecte de données, est ce que tu peux nous expliquer concrètement comment vous faites au quotidien ? VincentAlors on a plusieurs types de sources de données à collecter. Donc ça peut être des données ouvertes, donc de l'open data, aussi bien de L'INSEE que d'autres sources gouvernementales par exemple. Et donc ces données là, on va pouvoir les utiliser ensuite pour aller enrichir les données de nos clients. Et puis on va aussi être capable d'aller scraper certains sites pour aller récupérer de la donnée et qui va être aussi utilisée de la même manière pour enrichir, soit pour aller chercher une information qui n'est pas disponible par ailleurs. MajdelineAlors est ce que tu peux nous expliquer ce que c'est que scraper ? VincentScraper c'est en fait aller parcourir, via un robot, des pages d'un site internet pour en récupérer de l'information. MajdelineSur ta troisième mission, j'aimerais avoir un exemple de bonne approche que vous avez eu pour répondre à une problématique client ? VincentAlors je pourrais donner comme exemple pour certains clients, ce qu'on peut être amené à faire. C'est d'aller analyser les avis clients, sur des sites d'avis ou sur Google. Et d'aller en extraire de l'information, mais qui serait difficile à extraire à la main. Et en fait identifier les sujets qui sont abordés par les clients. Le fait que les ces avis soit positifs ou négatifs, sur quoi ils portent. Et en tirer des informations qui sont vraiment très difficiles à extraire mais en lisant les avis un par un. MajdelineVincent, tu nous a dit tout à l'heure que tu étais vraiment passionné par ton métier, mais pourquoi au delà de la passion, tu l'as choisi ? Pourquoi tu le fais au quotidien ? VincentBen en fait, en 2018, quand j'ai commencé à me dire que j'avais un peu fait le tour de mon métier. Ça coïncidait avec un intérêt croissant que j'avais pour la tech. En tant qu'ingénieur simulation, j'étais habitué à manipuler des données et à construire des modèles mathématiques, donc je me suis dit que ce serait une bonne option de reconversion. MajdelineOk, c'est clair. Pour toi quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ? VincentAlors les trois principales compétences requises, je dirais d'avoir des bonnes bases en math et notamment en statistique, ou au moins d'avoir une bonne intuition de ces deux domaines là. Être à l'aise avec la programmation et en particulier Python. Et puis, d'un point de vue moins technique, je dirais qu'il faut savoir être curieux et toujours être capable de mettre mettre à jour ses connaissances sur un sujet. MajdelineAttention, la question gagne pain. Combien ça gagne aujourd'hui un Data Scientist ? VincentAlors je vais te répondre dans le conseil, c'est le milieu que je connais. Ça commence pour un profil junior sorti d'école autour de 40K€ brut annuel et pour un profil plus senior, un peu plus technique, ça peut aller jusqu'à 70K€ brut annuel. MajdelineQuelle est la tâche quotidienne qui te plait le plus et celle qui te plait le moins ? VincentAlors à vrai dire, la partie qui me plaît vraiment dans mon domaine, dans mon travail, c'est toute la partie exploratoire. Au début, quand on essaie de trouver un moyen, des outils qui vont permettre de répondre aux besoins du client. Et donc ça c'est vraiment assez intéressant, surtout quand on voit apparaître les premiers résultats. On peut commencer à imaginer comment on va répondre à la problématique du client. Et ce qui me plait le moins, je dirais que c'est qu'on peut être amené à passer pas mal de temps à mettre en forme ces résultats et surtout à les mettre dans des présentations. Et c'est hyper important pour faire passer un message. Mais des fois on passe pas mal de temps dessus et je préférais passer du temps sur autre chose. MajdelineOk, c'est clair. Vincent, Quelle est la journée type d'un Data Scientist au quotidien ? VincentAlors à vrai dire, il n'y a pas vraiment une journée type. En général, on est staffer sur des projets clients dont la durée peut varier de quelques jours à quelques mois. Principalement dans ces projets là, on passe pas mal de temps à faire du développement et analyser les données. On y passe, je dirais à peu près 80 % du temps. Et on passe 20% du temps à présenter les données. A faire des présentations pour présenter les résultats de nos études aux clients. MajdelineAlors la communauté du Gagne-Pain nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais dans le travail. Est-ce que, pour être Data Scientist, c'est utile d'être à l'aise en anglais ? VincentMême si chez C-Ways la plupart des échanges se font en français, aussi bien à l'écrit qu'à l'oral, il arrive régulièrement qu'on ait à rédiger, voire à présenter en anglais en fonction des clients. Plus généralement dans le métier de Data Scientist, l'anglais est très important parce qu'en fait, dans un milieu où la veille est clé, il est important d'être capable de lire des articles, des documentations, des docs, de nouvelles librairies en anglais. Donc c'est en ça que c'est très important. MajdelineC'est clair. Est ce qu'il y a une bonne formation pour faire ce métier ? VincentEn fait, il y a plusieurs voies pour devenir Data Scientist. A l'époque, quand j'étais étudiant, il n'y avait pas de parcours dans les écoles. En tout cas dans l'école que j'ai faite. Aujourd'hui, dans les écoles d'ingénieurs et dans les universités, il y a des parcours dédiés pour les pour devenir Data Scientist. Donc ça c'est une voie. Ce qui est plus adapté à la reconversion, c'est les Boot Camp. C'est ce que j'ai fait. Donc moi j'en connais deux des Boot Camp. Celui que j'ai fait, le Jedha Bootcamp à Paris et celui dans lequel j'enseigne le Boot Camp de la School of Data de Artefact. MajdelineEt est-ce que toi tu continues à te former régulièrement ? VincentOui, c'est assez utile de se former, de continuer à se former régulièrement. Aussi bien pour rester à jour sur les nouvelles technos qui sortent, sur les nouveaux besoins qu'on peut avoir dans le métier. Mais aussi par curiosité, pour découvrir des nouveaux outils ou de nouvelles librairies... MajdelineEst ce qu'il y a des certifications professionnelles utiles pour faire ce métier ? VincentAlors utile, je dirais pas forcément, mais par exemple, pour des postes de Data Engineer, une certification Google Cloud Platform peut vraiment être un plus. MajdelineOk, c'est clair. Donc tu nous a dit en introduction que tu habitais à Metz, donc dans ton métier c'est possible de télétravailler, d'avoir un mode de vie plutôt hybride ? VincentEn tout cas chez C-Ways, on arrive à faire deux jours de télétravail par semaine. Donc je viens à Paris trois jours par semaine et honnêtement ça fonctionne très bien. Donc on arrive en trois jours à avoir assez d'échanges avec les collègues, à assister aux réunions quand c'est nécessaire. Et puis plutôt orienter les deux jours à la maison sur les tâches de fond et être plus concentré sur les tâches un peu plus longues. MajdelineLes Data Scientist, hors de chez C-Way, que tu peux connaître, est ce qu'il y en a certains qui vivent à l'étranger ? C'est une question qui est pas mal posée par les auditeurs qui veulent savoir s'ils peuvent travailler en Digital Nomad ? VincentAlors il y a effectivement des Data Scientist qui travaillent en "Full Remote" et même effectivement depuis l'étranger. Et c'est un métier qui s'y prête bien dans le sens où, en fait aujourd'hui on est capable de faire des réunions à distance. Une bonne partie des outils existent pour partager le travail sans sans être en présentiel. Et donc il y a pas mal d'offres qui sont soit en partielle, soit en "Full Remote". Donc oui, je pense que Data Scientist est un métier qui se prête bien à ce mode de vie là. MajdelineVincent, est ce qu'il y a une différence entre le métier de Data Scientist que tu fais actuellement et celui que tu imaginais avant de le faire ? VincentAlors oui, évidemment, il y en a eu, que ce soit dans la startup dans laquelle je travaillais il y a encore quelques mois ou aujourd'hui. Le métier que je fais est très différent de ce que j'imaginais avant. On a tendance, quand on commence à se former dans ce domaine là, à imaginer qu'on va passer nos journées à développer des modèles. Et en réalité, c'est une part très infime du temps qu'on qu'on passe sur nos projets. Il y a toute une part de collecte, de traitement de la donnée qui représente une bonne part du travail et qu'on a tendance à sous estimer au début. MajdelineEst ce que tu peux nous parler d'un projet sur lequel tu as aimé travailler ? VincentAlors je pourrais te parler du premier projet sur lequel j'ai travaillé en arrivant chez C-ways, il était vraiment sympa. En fait, ce qu'on a fait pour le client, c'est c'est qu'on a réalisé une segmentation de sa base client. Donc c'était un grand magasin parisien et ça a permis à l'équipe marketing d'être capable de mieux connaître sa base client et les Personas qui la composent. En s'appuyant sur des données chiffrées. Et ils ont pu ainsi adapter les campagnes marketing et leur message pour qu'il soit adaptés à ces différents types de clients. MajdelineEt ça t'a plu de faire cette segmentation client ? VincentJ'aime beaucoup en fait la partie Customer Insight, donc identifier les comportements d'achat des clients, juste en se basant sur les informations qu'ils partagent via leurs transactions ou via ce qu'on a dans la base CRM. Et donc ça m'a pas mal plu... MajdelineEt ça, c'est une partie de ton métier que tu fais régulièrement de comprendre le comportement du client ? VincentJe dirais que sur les sur les différentes missions que j'ai pu faire, c'est quasiment 80 % de mon travail. MajdelineBonne nouvelle si t'aimes ça du coup. Vincent, quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans le métier de Data Scientist ? VincentAlors, si vous êtes encore étudiant, je vous conseillerais de choisir le bon parcours dans votre école ou en université pour une formation adaptée pour devenir Data Scientist. Mais en parallèle, je vous conseille fortement de faire des projets personnels pour se rendre compte de ce que c'est de monter un projet du début à la fin. De se rendre compte des vraies problématiques une fois en application et et aussi de faire des stages et pourquoi pas de l'alternance pour voir en entreprise si le métier de Data Scientist correspond à l'idée que vous vous en faites. MajdelineEt tu as fait une reconvention, est ce que tu as des conseils pour ceux qui décident du jour au lendemain de se reconvertir vers un autre métier ? VincentAlors oui, et ce que je pourrais leur conseiller de faire, c'est de faire comme moi, de faire un Boot Camp. Ça permet d'aller plus vite dans la dans l'acquisition des connaissances et des bonnes connaissances utiles pour le métier. Mais surtout aussi de faire pas mal de projets. Moi j'ai fait beaucoup de projets à côté pendant que je me formais et ça m'a permis d'être très vite opérationnel et j'étais constamment les mains dedans. Il faut quand même prévenir les gens qui se reconvertissent que c'est assez difficile d'obtenir le premier poste. Parce qu'en fait, votre expérience précédente n'est pas forcément évidente à évaluer pour les recruteurs. Mais une fois que ce premier poste est acquis, après, c'est assez simple de retrouver de nouveaux postes ou même de construire sa carrière sur ce premier poste. MajdelineEst ce qu'un stage ou une alternance faciliterait cette reconversion ? VincentHonnêtement je pense que oui. Parce que souvent ce qui pèche c'est le manque d'expérience professionnelle. Et donc justement, un stage ou une alternance peut vous l'apporter. MajdelineDonc c'est clair. Vincent est ce que tu as des peut être des podcasts ou des newsletters que tu consommes régulièrement autour de ton métier ? VincentAlors en fait, il y a un, il y a un, il y a un podcast sur la data que j'écoute assez régulièrement. C'est le podcast Data Gen de Robin Conquet qui est assez intéressant, qui permet de voir un peu tous les aspects du métier de la data via des interviews, un peu comme celles qu'on fait là. Et sinon, niveau newsletter, j'ai découvert récemment la newsletter de Blef qui sort tous les vendredis, qui est assez intéressante. Il y a toujours une bonne information à piocher dedans qui je peux être réutiliser dans mon métier. Et puis sinon, je lis souvent les newsletters automatiques que Medium envoie. Il y a toujours des choses assez pertinentes dans les propositions d'articles et toujours un ou deux qui méritent d'être lus. MajdelineOk, on mettra toutes ces références dans les dans les notes du podcast. Vincent Pour conclure, est ce que tu aurais quelque chose à ajouter pour ceux qui nous écoutent ? VincentAlors je pourrais ajouter que si vous aimez les chiffres, si vous aimez découvrir des informations qui sont cachées derrière les données, aller aider vos clients ou vos ou vos collègues à identifier comment ils peuvent améliorer leur processus, leur entreprise, leur marketing grâce à la data. Je pense que le métier de Data Scientist est peut être fait pour vous. MajdelineMerci Vincent et à bientôt. Vincent À bientôt. L'épisode 44 du Gagne-Pain, métier "Data Scientist", est également disponible sur : ### Campaign Manager – Clarisse Vaucher Épisode 43 : Clarisse Vaucher, Campaign Manager chez Zapa Tara Jarmon.  Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Clarisse Vaucher, jeune diplômée qui entame sa carrière professionnelle en tant que Campaign Manager chez Zapa et Tara Jarmon. Après une formation de cinq ans dans le digital, elle a choisi de se diriger dans un métier, qui demande curiosité et organisation. Clarisse nous raconte aujourd'hui son parcours, comment elle en est arrivée jusqu'ici, et quel sont les points forts de son travail. Merci à Clarisse, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Je dirais aux personnes qui nous écoutent, si elles sont intéressées par ce poste, c'est vraiment important de se lancer. Dans le sens où c'est un poste qui est vraiment très riche, très varié, très porteur. Les entreprises recherchent énormément, que ce soit des Campaign managers ou des Traffic managersClarisse Vaucher, Campaign Manager Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Clarisse Vaucher – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 43 : Bertrand Bonjour Clarisse. ClarisseBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Clarisse d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain pour présenter ton métier, ton entreprise, l'entreprise dans laquelle tu travailles, ton parcours. Mais avant de rentrer dans tout ça, j'aimerais bien que tu te présentes en quelques mots. ClarisseDéjà, merci à vous. Donc, je m'appelle Clarisse Vaucher, j'ai 23 ans, je suis d'origine française. J'ai passé mon bac en 2017, donc un bac ES, spécialité mathématiques et j'ai intégré directement en post-bac une école de commerce, l'EMLV à la Défense. BertrandQue je connais... ClarisseTrès bien ! Dans laquelle j'ai fait mes cinq années d'études supérieures où je me suis spécialisée en Master Marketing digital et Data Analytics. BertrandQue je connais aussi... ClarisseQui est un double master avec l'EMLV et de l'IIM. BertrandOk excellent ! Et est-ce que maintenant tu peux nous parler de ton parcours professionnel, les premières entreprises dans laquelle tu as travaillé, notamment tes stages ? ClarisseBien sûr. Durant mon parcours, j'ai eu la chance de partir un an à l'étranger, donc j'ai fait un échange universitaire en Irlande à Dublin. Suite à quoi j'ai fait mon premier stage à Barcelone, donc dans une petite entreprise vraiment à taille humaine. ClarisseSympa Barcelone ? ClarisseTrès sympa, et donc j'étais chargée de tout ce qui était réseaux sociaux et c'est une entreprise qui proposait des services d'aide à des start up pour gérer les réseaux sociaux et la création de contenus. BertrandÇa c'était ton premier stage et après ton deuxième stage de fin de cinquième année ? ClarisseExactement, pour mon stage de fin d'études, j'ai eu la chance de le faire chez Undiz du groupe Etam où j'étais assistante Traffic Manager pendant six mois. BertrandOk, parfait. Merci Clarisse. Est ce que maintenant tu peux nous dire dans quelle entreprise je travaille ? ClarisseBien sûr. Donc, je travaille dans le groupe Brandsisters, qui regroupe trois marques : Zapa, Tara Jarmon, et une partie de Vanessa Bruno. C'est une marque de prêt à porter de pré-luxe qui sont présents aussi bien en magasin, initialement c'était vraiment uniquement sur les magasins, et depuis quelques temps sur le web. Donc ils font également du E-commerce. BertrandEt toi tu es particulièrement sur la partie E-commerce de ces trois enseignes ? ClarisseC'est exactement, moi je suis vraiment sur le E-commerce à 100 %. BertrandEt les enseignes, elles sont présentes en France mais elles sont aussi présentes à l'international ? ClarisseC'est ça. En France principalement pour Zappa notamment, et pour Tara Jarmon aussi à l'international. BertrandOk, c'est très clair. Est ce que maintenant tu peux nous dire quelles sont les missions quotidiennes d'une campaign manager ? Je ne sais pas si on peut le dire en français, une gestionnaire de campagne ? ClarisseOui BertrandC'est quoi tes missions quotidiennes ? ClarisseAlors je vais avoir cinq grosses missions. La première mission, vraiment, la préparation des brief créatifs. La deuxième mission, la mise en ligne des campagnes publicitaires, la troisième mission avec tout ce qui est analyse des chiffres, quatrième mission, optimisation des campagnes et enfin la cinquième du benchmark. BertrandD'accord. Donc si on prend la première mission, donc la préparation du brief, c'est à dire on va préparer la campagne, on va travailler avec, j'imagine, des créatifs ? ClarisseC'est ça, exactement. On travaille directement avec tout ce qui est direction artistique où on va soumettre un petit peu nos idées de publicités qu'on aimerait avoir, les formats, les photos, les images, les visuels... BertrandD'accord, tout ça c'est fait en interne ? Clarisse Exactement. BertrandDonc ça veut dire qu'il y a des photographes, il y a des directeurs artistiques, tout ça c'est géré directement chez vous, c'est ça ? ClarisseLes shootings sont faits en interne, parfois avec aussi des intervenants, mais c'est principalement avec des internes. La création, les briefs créatifs et les créations en elle même sont aussi faites en interne. BertrandEt les shooting, on parle souvent de ça. Combien de shooting par an ? ClarisseOn va dire au moins un par mois. BertrandC'est beaucoup, il y a donc beaucoup de matériel créatif pour faire tes campagnes. Donc justement, deuxième mission : les campagnes publicitaires. Qu'est ce que ça veut dire gérer les campagnes ? ClarisseAlors, au niveau des campagnes, on va avoir deux types de campagnes, Donc tout ce qui peut être social sur les réseaux sociaux, type Facebook, TikTok, Instagram et le Pay Search qui va être plutôt sur Google. Donc ça, ça va être vraiment des mises en ligne de campagnes. Suite au Brief Créatif, on va utiliser ces visuels là pour promouvoir soit un produit sur une opération commerciale, ou on va chercher à targeter (cibler) différentes personnes, de différents âges, différents sexes, etc... BertrandEt là, on est d'accord que ces campagnes, elles ont pour objectif d'amener vers la boutique en ligne pour acheter en ligne ? ClarisseAlors c'est ça, on va avoir trois objectifs différents. Un objectif de notoriété, un l'objectif de trafic, ou de conversion. La notoriété, ça va vraiment être pour faire connaître la marque à des personnes qui la connaissent pas forcément. Le trafic, ça va vraiment être pour générer du trafic, donc de la venue sur le site sans nécessairement acheter. Et tout ce qui va être conversions, c'est vraiment un objectif faire du chiffre et vendre des produits. BertrandDonc une fois qu'on a fait ces campagnes, on a une troisième mission qui est l'analyse des campagnes. Que ça veut dire, qu'est ce qu'on regarde ? ClarisseAlors on va regarder tous les chiffres générés par ces campagnes, que ce soit les clics, le pourcentage de vente, le ROAS, donc ça va être le retour sur investissement. On va chercher, on va regarder vraiment tous les chiffres, voir ce qui fonctionne, ce qui fonctionne un peu moins, pour pouvoir après optimiser tout ça. BertrandD'accord, et cette analyse, elle va servir pour la prochaine campagne. Elle va servir pour comprendre comment on va faire éventuellement évoluer la prochaine campagne ? ClarisseElle va permettre déjà dans un premier temps de chercher à faire évoluer la campagne actuelle. S'il y a une possibilité. BertrandEn cours de campagne. ClarisseExactement en optimisant soit les visuels, soit les wording (les textes), soit voir ce qu'on peut optimiser. Et bien sûr aussi, ça va être des learning (les enseignements) pour les campagnes suivantes. BertrandD'accord. La quatrième mission, c'est la recherche de nouvelles opportunités, ça veut dire quoi ? Il faut rencontrer plein de gens pour comprendre ce qui existe sur ce marché ? ClarisseNon, pas nécessairement. C'est vraiment rechercher, par exemple, si on veut faire une campagne de conversion, rechercher quels produits, quelles familles de produits fonctionnent sur le site. Qu'est ce qui intéresse les personnes, voir aussi au niveau de la météo, chez nos concurrents s'il y a des tendances actuelles. Et donc pouvoir après faire vraiment des focus sur ces catégories là. BertrandDonc c'est plutôt de la recherche en interne pour essayer de comprendre un peu quels sont les leviers, les produits, les segments de marché j'imagine, qui fonctionnent le mieux. D'accord. Et après tu parles de benchmark, ça veut dire quoi ? ClarisseAlors un benchmark, c'est vraiment on va aller voir chez nos concurrents plus ou moins proches, qu'est ce qu'ils font, qu'est ce qu'ils proposent, qu'est ce qui fonctionne, qu'est ce qui peut fonctionner, qu'est ce qui nous plait ou qui nous plait moins bien... BertrandEt ça va amener à la première mission, dont on parlait juste avant, c'est à dire le prochain brief ? ClarisseC'est ça, si par exemple, on voit qu'il y a beaucoup de sacs chez nos concurrents, on va se dire peut être que c'est la période aussi pour pousser nos sacs, après peut être créer un brief. BertrandEt toutes ces campagnes, tu disais tout à l'heure, elles travaillent sur différents marchés, donc toi aussi, tu interviens sur la France mais aussi sur les autres marché ? ClarisseOui, selon les marques, c'est un petit peu différent. Zapa c'est plutôt francophone, donc France, Belgique, Luxembourg, tandis que Tara Jarmon ça va être plus international, donc France, Europe au global et les Etats-Unis. BertrandD'accord. Ah oui, donc là on va beaucoup plus loin... ClarisseOui, c'est ça. BertrandMerci beaucoup. Est ce que maintenant tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier ou comment tu as choisi ce métier ? ClarisseOui, alors je suis arrivée un peu par hasard, donc j'ai découvert une offre de stage, pour mon stage de fin d'études. L'offre me parlait, mais le poste pas du tout. BertrandC'etait un poste d'assistante de Traffic Manager ? ClarisseExactement. Mais pour autant, le poste me plaisait et je me suis dit pourquoi pas ? J'ai tenté, puis j'ai fait ma première expérience en stage du coup chez Undiz. BertrandEt c'était un stage de six mois ? ClarisseExactement. Et c'est un poste qui m'a énormément plu de part la transversalité qu'il propose. Que ce soit vraiment le côté créatif ou le côté chiffres, c'est quelque chose qui me plait aussi. Le fait de pouvoir travailler vraiment avec toutes les équipes. Donc je pense que c'est l'un des rares postes où on travaille vraiment avec tout le monde. Donc je suis arrivée un petit peu par hasard sur ce poste. BertrandEt donc si je reprends l'historique, tu as à la fois aimé le métier et aussi le secteur ? ClarisseOui, c'est ça, Je suis restée sur le prêt à porter... BertrandEt alors, il y a une autre question. Tu faisais ce qu'on appelle un poste de Traffic Manager et aujourd'hui tu fais un poste de Campaign Manager. C'est quoi la différence ? Est ce qu'il y a des petites nuances qui permettent d'expliquer les différents métiers ? ClarisseBien sûr, j'aurais tendance à dire que c'est deux postes qui sont assez similaires, même si le poste de campagne Manager, pour moi, est un poste un petit peu plus junior. On va avoir peut être un peu moins de responsabilités sur tout ce qui est chiffres et dépenses. Tandis que vraiment un poste de Traffic Manager va gérer les budgets qu'on va allouer sur tout une année, gérer les budgets pour l'année suivante que moi je n'ai pas ça actuellement. BertrandDonc le Traffic Manager, il y a une vision un peu plus globale de tout le trafic vers le site, alors que Campaign Manager, il se concentre sur les campagnes publicitaires d'acquisition de trafic. Clarisse Oui. BertrandC'est très très clair. Est ce que maintenant, pour ceux qui nous écoutent, tu pourrais nous dire quelles sont les principales compétences qu'il faut pour pour ce job ? ClarisseAlors je dirais que ce sont des compétences aussi, des qualités, il en faudrait trois. Ce serait vraiment l'organisation parce que parfois il peut y avoir un flux d'informations assez important, donc je pouvoir gérer un petit peu tout ça et savoir l'absorber. Avoir du coup bien sûr le goût des chiffres, parce que des chiffres, on en voit beaucoup et c'est un peu notre notre quotidien et bien sûr de la curiosité. Donc vraiment toujours être curieux de ce qui se fait, qu'est ce qui peut se faire, comment pouvoir optimiser tout ce qu'on fait déjà. BertrandDans l'organisation, est ce que ça veut dire qu'il y a, à la fois, ce que tu disais, discuter avec toutes les équipes de l'entreprise, mais aussi organiser plusieurs campagnes en même temps. Et donc il faut savoir superposer un peu les missions. ClarisseC'est ça ? Exactement. Au niveau de l'organisation, on parle à beaucoup de personnes. Donc savoir gérer tout ça, à qui parler, et pourquoi. Et aussi quand il y a plusieurs campagnes et aussi plusieurs opérations commerciales en même temps. Par exemple réussir à gérer toutes ces différentes informations. BertrandLe goût des chiffres, ça me paraît assez clair. Tu as déjà prouvé ça avec un bac plutôt math. Mais est-ce que tu peux expliquer, à ceux qui nous écoutent jusqu'où ça va ? C'est à dire qu'on doit gérer des gros fichiers Excel, Il faut savoir gérer tout ça assez simplement ? ClarisseAlors il ne faut pas avoir peur non plus quand on a le goût des chiffres. Il n'y a pas de gros tableaux Excel à gérer ou quoi que ce soit. C'est vraiment, si on n'est à l'aise avec les chiffres du tout. On risque de s'ennuyer dans le sens où quand on devra faire des analyses, ça risque d'être ennuyeux. On va avoir des chiffres à analyser, à voir, à croiser avec d'autres, donc ça risque d'être un petit peu compliqué. BertrandJe comprends très bien. Et alors, curiosité, est ce que tu peux expliquer curiosité que ça veut dire dans le digital d'être curieux ? ClarisseAlors être curieux, c'est vraiment être en veille permanente et vraiment regarder différentes choses, suivre les nouveautés, les plateformes, elles évoluent très rapidement, donc toujours être un petit peu curieux de ce qui peut se passer dans l'actualité et ce qui est tendance ou un peu moins tendance... BertrandClarisse Attention, QGP. La question Gagne-Pain. Combien ça gagne une Campaign Manager ? ClarisseAlors au niveau de la fourchette, on va être entre 31K€ brut annuels pour un junior et ça peut aller jusqu'à 53K€ pour un senior. Sachant que la fourchette moyenne en France est aux alentours de 38 K€. BertrandD'accord et il y a des primes en fonction de la réussite de ce que de ce que tu fais ? ClarisseAlors il y a la possibilité d'avoir des primes, notamment sur le chiffre d'affaires généré. Après c'est pas systématique, ça dépend des entreprises et des postes. BertrandD'accord. Clarisse Quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever dans ce métier ? ClarisseAlors je dirais que je suis en plein dedans. Donc là, on est en plein Q4. Ce qu'on appelle la dernière période de l'année avec toute la période des fêtes. Donc savoir jongler avec toutes les opérations commerciales qui s'enchaînent sur les deux marques. Avec du coup deux pourcentage de remise généralement différentes, deux offres différentes. Donc je pense que c'est quand même un assez gros défi que je viens de relever actuellement. BertrandLà, c'est la question qu'on évoqué tout à l'heure sur l'organisation. Faut être bien organisé pour gérer différentes marques, différentes offres en même temps. Et ça c'est évidemment pas facile. Quelle est la tâche quotidienne qui te plait le plus et celle qui te plait le moins ? ClarisseAlors je dirais que, au global, toutes les tâches me plaisent. J'ai pas nécessairement une tâche sur laquelle ça m'embête de le faire tous les jours. Mais peut être une où je suis un peu le moins à l'aise. Ce serait la rédaction. Tout ce qui est post, écriture, donc tout ce qui est wording. BertrandD'accord, donc c'est la partie rédaction qui est quand même importante dans ton métier. Il faut écrire les textes souvent sur les annonces ? ClarisseOui, je dirais que c'est parfois un peu compliqué de juger la façon dont on doit aborder le potentiel client. BertrandCe n'est pas facile. Il y a une question de ton il faut avoir le ton juste. Et dans celles qui te plaisent le plus alors ? ClarisseCe qui me plait le plus, je dirais vraiment tout ce qui est mise en ligne. BertrandLe démarrage de campagne ? ClarisseExactement. Je trouve que même la mise en ligne assez amusante. Il y a plein de choses à penser, il y a plein de choses à faire et c'est plutôt sympa à faire. Et puis aussi, après, voir nos campagnes en ligne et avoir de belles performances, ça fait toujours plaisir. BertrandDonc quand tu dis mettre les campagnes en ligne, ça veut dire que toi tu es directement en phase avec les outils et les plateformes que proposent les régies publicitaires sur Google, sur Facebook ? c'est toi qui opérationnellement fait le travail ? Clarisse Exactement. BertrandD'accord. Donc tu upload les campagnes, tu upload les visuels, tu pload les textes et puis tu appuies sur le bouton pour dire à combien tu l'achètes ? Clarisse Exactement. BertrandOk, très bien. C'est vrai que ça a un côté amusant, ça a un petit côté "boursicoteur" et rigolo. Quelle a été ta plus grande surprise quand tu es arrivée dans ce métier ? ClarisseAlors je dirais que c'est vraiment le côté transversal du poste, le fait de travailler vraiment avec tous les postes de l'E-commerce, du digital. Que ce soit l'influence, le social media, l'E-commerce en lui même ou la direction artistique. C'est un poste qui vraiment va travailler avec tout le monde et généralement tout le temps. Donc ça c'est assez surprenant. C'était la première fois que j'avais un poste de ce genre là et je pense que c'est vraiment un très bon point positif. BertrandDonc il y a beaucoup d'échanges, il y a beaucoup de discussions, donc on fait travailler ce qu'on appelle les soft skills ? Clarisse Exactement BertrandIl faut se connaître, connaître les autres, apprécier le travail en équipe. Ok, excellent ! Et est ce que tu pourrais également nous dire s'il y a une journée type et comment elle s'organise cette cette journée type ? ClarisseAlors je dirais qu'il n'y a pas nécessairement de journée type à part une tâche qu'on fait quotidiennement. Donc c'est vraiment remplir les chiffres de la veille, pour avoir un peu une idée du chiffre d'affaire qu'on a généré, de nos dépenses, s'assurer qu'il n'y a pas de choses bizarres au niveau des dépenses ou quoi que ce soit. Donc ça c'est vraiment une tâche quotidienne. Mais sinon, au niveau des autres journées, ça va dépendre du planning commercial et du planning en lui même. Même s'il y a des opérations à mettre en ligne, s'il y a des opérations en cours, à optimiser, à analyser. Après, au niveau des fins de mois et généralement tout ce qui est analyse fin ou début de mois, analyse du coût du mois passé. Mais je dirais qu'il n'y a pas vraiment de journée type. BertrandEt quand tu dis remplir les chiffres, ça veut dire que c'est un peu comme un tableau de bord. On doit vérifier que la voiture roule bien, qu'elle roule bien à bonne vitesse, qu'on dépense pas trop d'essence. Donc là, on est vraiment dans le tableau de bord ? Clarisse Exactement BertrandOk. Et ça tu le fais sur Excel ? ClarisseOui, sur Google Sheets. BertrandD'accord, mais tu exporte des chiffres des différentes plateformes pour pouvoir faire une synthèse ? ClarisseC'est ça, oui. BertrandOk, très bien. La communauté du gagne pain nous interroge aussi régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. On a parlé tout à l'heure de ton année à Dublin. Donc est ce que tu peux nous dire si l'anglais est important pour toi et si ta connaissance de l'anglais t'es utile ? ClarisseAlors pour moi, je pense que l'anglais, personnellement, c'est très important. Quoi qu'il en soit... BertrandÇa c'est un message à tous ceux qui nous écoutent. Faut parler anglais. ClarisseMais après au niveau du poste, forcément c'est mieux si on parle anglais, étant donné qu'on travaille sur des marchés internationaux. Ça nous arrive de faire des rédactions en anglais, donc c'est assez important. Et depuis quelques semaines, j'ai une collègue qui parle anglais, qui est américaine, donc je pense que même rien que pour l'intégration dans les équipes, c'est important. BertrandClarisse, pour ceux qui nous écoutent, est ce que tu peux nous indiquer quelles sont les bonnes formations qu'il faut faire pour pour ce métier de Campaign manager ? ClarisseAlors je dirais que les bonnes formations, c'est vraiment être formés sur tout ce qui est digital. Après, il n'y a pas forcément une nécessité d'être formé sur tout ce qui est analyse de données ou quoi que ce soit. C'est forcément un plus, mais on peut toujours l'apprendre sur le tas. BertrandD'accord. Donc ça veut dire une école de commerce, ça veut dire une formation de ce genre là. Ça fonctionne bien ? ClarisseC'est ça, exactement. Après moi c'est vrai que mon master DMDA m'a forcément aidé vu que c'était vraiment un master qui était sur les deux dimensions, que ce soit digital ou analyse de données. Donc forcément, on est un peu plus à l'aise sur le poste. Mais je pense que même une formation dans le digital peut totalement faire l'affaire. BertrandEst-ce qu'il y a également des certifications professionnelles qui sont utiles dans ton métier ? Si oui, lesquelles ? ClarisseJe dirais qu'il y a trois certifications qui sont importantes et utiles à avoir, que ce soit la certification Google Analytics, Google Ads ou Facebook Business Manager. BertrandÇa t'est utile d'avoir ça en poche pour pouvoir démarrer une campagne ? ClarisseTotalement, oui. Ce sont nos outils au quotidien, donc c'est très important de savoir comment ça fonctionne et comment est ce qu'on s'en sert. BertrandClarisse, est ce que tu pourrais raconter une anecdote qui t'es arrivée dans ton travail ? ClarisseBien sûr! Alors c'était pendant ma période de stage chez Undiz. Alors il y avait une énorme campagne qui se préparait autour des culottes Undiz. Où il y avait vraiment une préparation de fou. Tous les internes s'étaient joints au travail de cette campagne. BertrandGros budget & gros investissement, c'est ça ? ClarisseOui, et erreur de date. J'ai lancé la campagne un jour trop tôt et il s'avère qu'en fait sur la pause déjeuner, une de mes collègues vient me voir en me disant mais Clarisse, pourquoi c'est en ligne ? Et je dis, mais je ne sais pas, ca devait pas se lancer aujourd'hui? Mais non, c'est demain ! Donc là, ni une ni deux, on va tout couper. Heureusement que ça prend un peu de temps quand même à se mettre en ligne. Mais là c'est une anecdote assez stressante sur le coup... BertrandEst-ce que tu changerais quelque chose dans ton parcours Clarisse ? Et si oui, quoi ? ClarisseAlors au global non. Je me dis que toutes mes expériences, tout ce qui a pu se passer sur mon parcours a été bénéfique pour en arriver là où j'en suis aujourd'hui. BertrandY compris le stage. C'est un élément déclencheur... ClarisseSurtout le stage ! Après, évidemment, il y a le côté aussi de l'alternance. Mais c'est vrai qu'en quatrième année je voulais faire de l'alternance. Mais malheureusement période de Covid, très compliqué de se faire recruter par les entreprises qui avaient un petit peu peur. Donc j'ai pas réussi à faire de l'alternance. Mais je me dis quelque part c'est un mal pour un bien. Dans le sens où si j'avais fait de l'alternance, je n'aurais peut être jamais fait un poste comme ça. Et je n'aurais peut être jamais découvert ce poste là. Donc quelque part, je me dis que ce n'est pas plus mal comme ça. BertrandDonc tu es contente de la façon dont ça s'est organisé pour toi ? En conclusion, est ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose pour ceux qui nous écoutent et quoi ? ClarisseAlors je dirais que les personnes qui nous écoutent, si elles sont intéressées par ce poste, c'est vraiment important de se lancer. Dans le sens où c'est un poste qui est vraiment très riche, très varié, très porteur. Les entreprises recherchent énormément, que ce soit des Campaign manager ou des Traffic managers. C'est un poste qui a quand même une importance clé dans le business des entreprises et je dirais qu'il faut pas hésiter à sortir de sa zone de confort. Moi, à la base, c'était vraiment pas un poste que je connaissais. C'était pas forcément des plateformes sur lesquelles j'étais hyper familière. Et aujourd'hui je me sens très à l'aise, très confortable dessus. Et puis je suis vraiment ravie d'être sur ce poste. BertrandDonc tu dis en clair, il y a du boulot, il y a des opportunités, il faut se lancer, c'est ça ? Clarisse Oui BertrandOk, c'est excellent. Et par rapport à la publicité, est ce que c'est un sujet ? Est-ce qu'il faut déjà avoir un peu traité avant ou on peut arriver là dedans sans vraiment connaître la pub ? ClarisseNon, j'estime qu'on peut vraiment arriver même si on n'a pas forcément de connaissances sur la publicité. Il y a beaucoup de personnes autodidactes sur ce genre de poste. Donc vraiment, tant qu'on est motivé, c'est le plus important. BertrandEt toi, Clarisse, ce sera notre dernière question. Qu'est ce que tu envisages comme évolution ? Comment tu vois les choses dans les prochains mois ou dans les prochaines années ? ClarisseAlors en terme d'évolution, pour le moment, moi je souhaite vraiment continuer à me former. Que ce soit sur toutes les plateformes pour être le plus opérationnel possible sur le poste. Et au moment où je me sentirai le plus légitime et le plus en capacité, pourquoi pas à chercher une opportunité d'évolution de poste. Mais pour le moment, ce n'est vraiment pas d'actualité. Je me sens bien sur mon poste, confortable, à l'aise. Donc voilà, pour le moment c'est un peu ma perspective. BertrandMerci beaucoup Clarisse. Clarisse Merci à toi. L'épisode 43 du Gagne-Pain, métier "Campaign Manager", est également disponible sur : ### Rédacteur Web – Cédric Rémia Épisode 42 : Cédric Rémia, Rédacteur web chez MCE.  Nous avons le plaisir de recevoir Cédric Rémia pour cet épisode, qui met en avant son métier de rédacteur web chez MCE. Cédric nous explique comment il en est arrivé à choisir ce métier, son quotidien mais également les avantages de son métier. Merci à Cédric, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Le rédacteur web, c'est très simple. C'est un professionnel de la rédaction qui va écrire et publier du contenu rédactionnel, le plus souvent des articles de presse sur le web.Cédric Rémia, Rédacteur Web Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Cédric Rémia – Profil LinkedIn Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 42 : Majdeline Bonjour Cédric. CédricBonjour Majdeline. MajdelineMerci Cédric d'avoir accepté cette invitation du Gagne-Pain. CédricMerci à toi de me recevoir avec plaisir. MajdelineCédric, tu es un rédacteur web chez MCE. On va avoir l'occasion de revenir en détail sur ton métier et ton entreprise. Mais avant tout, est ce que tu peux te décrire en quelques mots ? CédricEn quelques mots, je suis un passionné de rédaction qui, après un bac S, s'est lancé dans des études de journalisme. L'ESJ Lille (École supérieure de journalisme de Lille). Une des quatorze écoles reconnues par la profession et donc cette formation là, après une alternance, m'a aussi mené vers le métier de rédacteur web. MajdelineParfait. Du coup, est ce que tu peux nous présenter ton parcours professionnel après l'ESJ ? CédricAprès l'ESJ Lille, j'ai eu un diplôme d'initiation au journalisme et donc là, j'ai fait deux ans d'alternance avec l'ESJ. Et donc c'était chez Prisma Media , qui est le plus gros groupe de magazines en France, avec 25 titres de presse : Gala, National, Geo, Télé Loisirs, tout ça. Et donc j'ai fait deux ans en alternance là bas et après 18 mois en CDD. Après, il y a eu le Covid, je me suis retrouvé sur le marché de l'emploi et j'ai trouvé un job de rédacteur web chez MCE. MajdelineAlors tu es chez MCE, est ce que tu peux nous expliquer ce que fait MCE concrètement ? CédricAlors MCE c'est un média étudiant à travers un site web et des réseaux sociaux. On a des articles de presse, donc il y a un aspect divertissement, tout ce qui va intéresser les 15-25 ans : séries, ciné, people, musique... Et il y a une dimension aussi formation pour aider les étudiants. Des bons plans, des conseils pour s'organiser dans sa vie étudiante, aussi bien pour les formations jusqu'au logement étudiant. MajdelineEst ce que tu as des exemples ? Peut être des séries de films pour que nos auditeurs puissent peut être se projeter ? Peut être qu'ils connaissent sans le savoir ? CédricC'est possible ? Bien souvent, les gens tombent sur nos articles comme on est plutôt bien référencé sur Google, plus souvent que directement via notre site web. Du coup, on va traiter de l'actualité. Donc en ce moment, par exemple en séries, il y a quelque chose qui cartonne. C'est la série sur le serial killer Jeffrey Dahmer. Donc forcément, comme les gens font des recherches sur Google après avoir regardé la série sur Netflix, eh bien nous, on est là pour apporter des informations en plus. Donc voilà, sur la partie séries par exemple, on ne va pas mal parler de ça en ce moment. Sur la musique, ça va être toute l'actu, notamment rap français. C'est ce qui va beaucoup passionner les 15-25 ans. Donc on peut parler aussi bien de Damso, d'Angèle, d'Aya Nakamura, de Booba... C'est très varié. MajdelineDonc ils peuvent tomber sur MCE sans le savoir, grâce au référencement, au SEO dont tu parlais qui est alimenté par ton métier de rédacteur web. Est ce que tu peux nous le décrire ? Ton activité et tes missions quotidiennes ? CédricAlors le rédacteur web, c'est très simple. C'est un professionnel de la rédaction qui va écrire et publier du contenu rédactionnel, le plus souvent des articles de presse sur le web. Les missions principales, c'est avant tout faire une veille de l'actualité, c'est à dire regarder sur le web, sur les réseaux sociaux, etc... Les sujets du moment qui sont susceptibles d'intéresser le public. Et ensuite, ça va être de rédiger ces contenus selon certaines règles dont on va sans doute reparler... MajdelineOui, on va en reparler. Mais avant tout, pourquoi as-tu choisi ce métier ? CédricComme je le disais au début, je suis passionné par l'écriture, par la rédaction. Voilà, je suis nul en math mais plutôt bon en français. Et la deuxième chose, c'est que je suis passionné d'actualité. Voilà, j'aimais beaucoup l'histoire et finalement l'histoire, c'est un peu l'actualité du passé. C'est que j'aime beaucoup aussi l'actualité, regarder les chaînes d'info en continu, lire les journaux, ça m'a toujours passionné. Donc ces deux choses ont fait que je me suis tourné vers le journalisme et puis après vers la rédaction web. MajdelineOK pour toi, quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ? CédricAlors déjà, c'est être bon en rédaction, savoir bien écrire, maîtriser l'orthographe, la conjugaison, la syntaxe française. C'est vraiment le pré requis de base. Ensuite ça va être maîtriser la rédaction SEO. Du coup, la rédaction SEO pour préciser, c'est l'ensemble des bonnes pratiques pour permettre à un contenu d'être bien référencé sur les moteurs de recherche comme Google. Et la troisième chose s'avère avoir un intérêt pour l'actualité et donc d'être polyvalent et de s'intéresser un peu à tout, d'être capable de rédiger sur tout. MajdelineFinalement, on rédige pas des articles de presse comme des articles web pour SEO ? CédricNon, en effet, la rédaction web obéit à certaines règles. On parle d'écriture SEO puisqu'en fait, sur un journal, on est un peu libre de sa plume, même si là encore, il y a des règles journalistiques. Mais sur le Web, on doit faire en sorte que le contenu soit bien référencé sur Google, de manière à ce qu'un maximum de lecteurs clique sur le contenu et puissent le lire. MajdelineEt puis, pour ceux qui veulent en savoir plus sur le SEO, n'hésitez pas à vous tourner vers l'épisode 2 avec notre SEO manager. Cédric. Attention, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne aujourd'hui un rédacteur web ? CédricAlors ça dépend. Il y a deux manières d'exercer le métier. La première, c'est en tant que salarié, donc pour une agence de rédaction web ou pour un média. Dans ce cas là, quand on est junior, c'est entre 21K€ brut annuel et 30K€ brut annuel. Pour un senior, ça sera entre 35K€ brut annuel et 40K€ bruts annuels. La deuxième manière d'exercer le métier, c'est en indépendant. On parle de rédacteur web freelance. On a un statut d'auto entrepreneur. Là, le salaire va dépendre du nombre de collaborations. De combien vos clients, les médias par exemple, vont vous rémunérer pour un article ? Donc ça va dépendre d'un tas de paramètres. Mais il faut savoir que le salaire moyen d'un rédacteur web c'est environ 2K€ brut. MajdelineOK, c'est clair. Cédric, quel est le plus grand défi à relever en arrivant dans ce métier ? CédricLe plus grand défi ? Je pense que ça concerne l'écriture parce que moi, au départ, quand je m'intéressais à la rédaction ou même à la littérature, c'est vrai qu'on veut trouver son style. On a tendance à faire des phrases longues, à faire parler un peu sa plume. Et quand on arrive dans ce métier là et on nous dit il y a des règles avec des contraintes, il va falloir un peu cadrer ta plume pour l'image. Du coup, c'est ça le vrai défi. Et en fait, c'est juste un pli à prendre, une fois qu'on a bien assimilé ces règles et ces contraintes, notamment sur le SEO. Après, écrire pour le web, ça devient un plaisir, un jeu d'enfant. MajdelineEt quand vous êtes plusieurs rédacteurs web, il faut que l'utilisateur ne voit pas cette différence entre les articles dans un média. Vous, chez MCE, est ce que vous êtes cadrés par rapport à ça ? CédricAlors en fait, MCE va avoir ses propres règles, tous les médias obéissent sur le web à des règles SEO. Nous, on a des règles en interne, que respectent de l'ensemble des rédacteurs. Mais après ça n'empêche pas ces règles là de faire parler son style. Après, chacun a sa manière de raconter une histoire et de faire vivre une actualité. MajdelineOK, c'est clair. Quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? CédricAlors, celle qui me plaît le plus, c'est écrire. Heureusement, puisque c'est 90 % du job. C'est écrire, raconter des histoires et divertir le public. Parce qu'il se trouve que même si c'est du divertissement, ce n'est pas de l'actu généraliste. Donc quand on parle d'actu en ce moment, entre les pénuries de carburant, la guerre en Ukraine et compagnie... C'est vrai que ce n'est pas très "feel good". Donc nous, on va écrire sur des séries, de la musique, on va donner des conseils. Donc il y a cet aspect divertissement qui est sympa et raconter des histoires pour le public. Et la tâche que j'aime peut être le moins bien, c'est justement ces contraintes SEO Parce que bon, c'est vrai que mettre des liens internes ou des mots clés. Ça relève plus de la technique que de la rédaction. Et moi, ce qui m'intéresse, si je me suis lancé dans le journalisme, c'est c'est pour faire plus de la rédaction que de la technique. MajdelineEst ce que tu as eu une grande surprise en arrivant dans ce métier ? CédricMa plus grande surprise dans le métier, je dirais que c'est la diversité des profils. C'est vrai qu'en France, quand on parle de rédaction dans le milieu journalistique ou les écoles, on parle quand même beaucoup de rédactions, essentiellement blanches entre guillemets. Mais en tout cas dans le métier de rédacteur web, à travers mon parcours, ce n'est que mon avis, j'ai vu tout type de profils, aussi bien des hommes que des femmes, des personnes seniors comme junior. Une diversité vraiment totale. Et je pense que c'est bien pour le métier parce que forcément, on va retrouver cette pluralité après, dans le métier, dans la profession mais aussi dans les articles. Ce que ces différents points de vue, ces différents prismes en fait pour aborder tel ou tel sujet. Donc je trouve ça intéressant. Je pense aussi que le Covid, après la pandémie ou pendant la pandémie, beaucoup de gens se sont reconvertis et notamment vers les métiers du digital. Et je pense que rédacteur web aussi à ce moment là, a pris une part de nouveaux profils plutôt intéressante. MajdelineEst ce que tu as une journée type en tant que rédacteur web ? CédricOui, on peut faire une journée type. Je pense que comme tout journaliste, là ça dépasse le cadre de rédacteur web. Ça commence par une réunion de rédaction le matin. Donc l'ensemble des rédacteurs vont se réunir pour faire un point sur les sujets chauds du jour à traiter en priorité. Et puis après, peut y avoir différents points tout au long de la journée pour évidemment traiter en fonction de la ligne éditoriale du média. Si c'est un média, les différents sujets à traiter. Après, ça va être essentiellement de la rédaction tout au long de la journée. Ça va vraiment être rédiger des contenus et en fonction des entreprises pour laquelle on exerce. Des rédacteurs web peuvent aussi très bien faire des interviews. Chaque semaine aussi, il y a des réunions éditoriales. C'est plutôt plutôt classique, surtout de la rédaction. MajdelineOK, c'est clair. Est ce que l'anglais est utile dans ton travail ? CédricAlors pas forcément parce que c'est vrai qu'on rédige la plupart du temps en français pour un public francophone. Donc la maîtrise de l'anglais n'est pas du tout obligatoire. Evidemment, si on veut exercer comme rédacteur web dans un pays anglophone ou pour un média international, c'est vrai que là, pour le coup, la maîtrise de l'anglais sera impérative. MajdelineCédric Quelle est la bonne formation pour devenir un rédacteur web ? CédricJe pense que pour devenir rédacteur web, le mieux c'est d'être diplômé d'une école de journalisme. Il y en a quatorze en France qui sont reconnues par la profession. Donc il y en a plein d'autres. Mais celles là particulièrement, sont un gage de qualité. Après, il y a d'autres formations. On peut être diplômé en communication écrite, on peut être diplômé en communication digitale, ça fonctionne aussi. Et après, il y a différentes formations en ligne, même des formations de rédacteur web, vraiment centré sur le métier pour se former. Et c'est des formations d'ailleurs qui sont éligibles au CPF (Compte personnel de formation). MajdelineOK, c'est clair. Est-ce que tu connais des formations qui peuvent se faire 100% en ligne pour devenir rédacteur web ? CédricOui, tout à fait. Il y a des formations en ligne spécial rédacteur web et d'ailleurs certaines d'entre elles sont éligibles au CPF. Il y a aussi différents outils pour se former au métier de rédacteur web, notamment pour perfectionner la maîtrise de la langue. Je pense au projet Voltaire , mais c'est une formation qui va aider des professeurs. Tous les professionnels qui vont devoir utiliser l'écrit et la maîtrise du français. C'est aussi un bon moyen d'apprendre la langue en ligne. Une bonne ressource c'est tout simplement pour les articles de presse puisque les rédacteurs web écrivent pour la plupart des articles de presse. Donc le mieux, c'est encore d'en lire. Pour après se familiariser avec l'exercice. MajdelineEt toi, est ce que tu continues à te former régulièrement. CédricÀ titre personnel, non, je continue pas forcément à me former dans le sens où je ne suis pas de formations reconnues parallèlement à mon métier. Par contre, c'est vrai que pour rebondir à ce que je disais juste avant, je continue à beaucoup lire la presse, la presse en ligne comme la presse papier ou à regarder la télévision pour toujours renforcer mon expertise sur certains sujets. Les sujets que traitent mon média. Et puis aussi pour perfectionner mon usage de la langue. MajdelineÊtre à jour, ça te passionne aussi, j'imagine ? CédricOui, et comme je disais, c'est l'actualité, C'est une passion, donc ce n'est pas du tout une contrainte. Du coup, pour moi, ce n'est pas de la formation, c'est vraiment du temps libre. De la passion. MajdelineCédric, quel est le mode de vie type d'un rédacteur web ? CédricUn rédacteur web, en général, il va avoir des horaires de bureau plutôt classiques 10h - 18h. Après, dans certains cas, il peut travailler soit très tôt le matin, soit très tard le soir, voir la nuit. Mais c'est des cas un peu à part. Globalement, c'est la journée. Ensuite, un rédacteur web en général travaille en région parisienne, puisque c'est là que se situent en général les locaux des agences, des rédactions web et des médias. En France, il y en a quelques unes en province, mais globalement, c'est en région parisienne. Un rédacteur web peut aussi être amené à se déplacer à l'extérieur, en France ou à l'étranger, dans le cadre de reportages. Après, c'est quand même assez rare, je préfère le préciser. Par contre, évidemment, si on est free-lance, on peut travailler de chez soi. Donc voilà, on peut le faire depuis n'importe où, même sur une île paradisiaque... MajdelineEt toi, tu conseilles vraiment à nos auditeurs qui souhaitent faire ce métier de se déplacer en région parisienne. C'est là où ils auront le plus d'opportunités ? CédricOui, très clairement, dans ce métier, peut être plus que d'autres. C'est là où vont être les médias, les agences de rédaction web. C'est là où tout se passe aussi un peu, où les choses bougent. Donc c'est vraiment important pour moi d'être d'être en région parisienne. Sauf si on est freelance puisque là, du coup, on peut le faire n'importe où. MajdelineCédric, est-ce qu'il y a une différence entre le métier que tu exerces aujourd'hui, et celui que tu imaginais avant de le faire au quotidien ? CédricAlors je pense que comme beaucoup d'étudiants en journalisme, c'est vrai qu'au départ on fantasme un peu le métier. On se voit reporters de guerre sur le terrain. Sauf que bon, la réalité des choses et le parcours de vie fait que c'est souvent un peu différent. Plus globalement, je m'attendais quand même à être un peu plus sur le terrain. C'est vrai qu'aujourd'hui le journalisme web et donc la rédaction web restent quand même des métiers de bureau. Alors on est amené à sortir. Mais c'est quand même pas le gros du métier. Donc voilà, c'est peut être la petite différence par rapport à la vision que j'en avais au départ. MajdelineCédric Quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans le métier de rédacteur web ? CédricAlors j'ai trois conseils. Le premier, ce serait d'abord d'avoir un peu d'expérience avant de se lancer. Je sais que pour ma part, j'ai commencé dans le journalisme en étant correspondant local de presse, donc c'est à dire pour un journal local. Et ça, on peut être n'importe où. C'est couvrir des événements le week-end qui sont rémunérés. Ça peut aussi être en tenant un blog étudiant. Voilà, le but, c'est vraiment d'écrire, de se familiariser avec le métier Et en général, c'est ce genre d'expérience qui est appréciée par les écoles, dans le dossier pour entrer dans les écoles de journalisme et qui peuvent aussi faire la différence dans un entretien d'embauche pour devenir rédacteur web. Le deuxième conseil, c'est de faire une formation en journalisme. Comme on le disait tout à l'heure, il y a plusieurs formations, mais pour moi, ça reste vraiment la meilleure école. Et le dernier conseil, ça serait, de même si on écrit pour un média généraliste où on traite tous les sujets et parce qu'il faut être polyvalent, c'est quand même de penser à se spécialiser sur un thème. Aujourd'hui tous les médias aiment bien avoir un expert sur tel ou tel sujet. Je sais que par exemple, chez MCE, on va avoir une rédactrice qui est vraiment passionnée de musique, donc en général, c'est elle qui va écrire les sujets musique. Une autre ça va plus être télé réalité parce que c'est son truc. Et ainsi de suite... MajdelineOK, toi tu es spécialisé dans quoi du coup ? CédricAlors moi pour ma part, c'est le sport. d'ailleurs, avant de travailler chez MCE qui est plutôt généraliste, j'ai travaillé pour RMC Sport, j'ai travaillé au service sports de Télé loisirs. Plutôt foot pour être précis. Donc moi, c'est un peu mon thème de prédilection. MajdelineCédric, est ce que tu as une anecdote à nous partager, qui te serait arrivée dans ton travail ? CédricOui, j'ai une petite anecdote qui concerne pas forcément la rédaction d'un article. Mais il se trouve que personnellement, j'ai eu l'occasion de faire pas mal d'interviews à côté de la rédaction web. Et cette année là, c'était en juin dernier, j'ai interviewé François Hollande. Donc c'est toujours un peu marquants puisque c'est un ancien président de la République. C'est quand même toujours un peu quelque chose et je me suis dit que c'était quand même plutôt cool finalement d'être payé à se déplacer, à rencontrer des gens intéressants, des gens qui peuvent même nous nous faire rêver. Et il n'y a pas longtemps, une collègue qui a eu l'occasion d'interviewer un artiste dont elle était fan. Donc, c'est aussi le côté très plaisant quand, à l'occasion de faire de belles interviews. MajdelineEt si on fait une petite rétrospective sur ton parcours, est ce que tu changerais quelque chose ? CédricAlors pour le coup, je changerais vraiment rien. Je suis quand même très content d'avoir fait le choix de l'alternance. Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, dans beaucoup de métier, l'alternance s'est démocratisée. Mais à l'époque où je me suis lancé là dedans, ce n'était pas vraiment la voie royale. Dans le journalisme en général, les étudiants se lançaient plutôt dans les masters des écoles reconnues par la profession. J'ai fait le choix de l'alternance. Du coup, j'ai le sentiment d'avoir été plus rapidement opérationnel, d'avoir de l'expérience plus rapidement. Et peut être mieux que d'autres qui, c'est vrai, avec un beau diplôme, mais se sont retrouvés dans des situations précaires. Est-ce que c'est un métier bouché ? Beaucoup de pigistes et de rédacteurs sont précaires ou qu'on retrouve au chômage. Donc après, ça peut vite bouger. Mais avec un peu de recul, je changerais rien. MajdelinePour conclure, Cédric, est ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose pour ceux qui nous écoutent ? CédricOui, je voudrais juste faire une petite précision par rapport au métier de rédacteur web. Parce que c'est un métier qui évolue beaucoup et dont les frontières ne sont pas toujours bien définies. Des fois, c'est un peu flou. Je voulais donc préciser qu'il ne faut pas confondre un rédacteur web avec un blogueur. Un blogueur, ça peut être n'importe qui, qui écrit du contenu sur Internet, tandis qu'un rédacteur web va vraiment être un professionnel de la rédaction. Et on a beaucoup parlé de journalisme. Mais tous les rédacteurs web ne sont pas journalistes. Beaucoup de rédacteurs web aujourd'hui se contentent juste de réécrire des contenus déjà écrits et à passer leur journée derrière un bureau. Dans ce cas là, on peut difficilement dire qu'ils sont journalistes. En revanche, certains journalistes sont des rédacteurs web. Souvent, ils ont une carte de presse, ils travaillent pour un média reconnu et institutionnalisé. Ils sont amenés à faire des interviews, des reportages sur le terrain. Donc il faut bien faire cette distinction. MajdelineOK, c'est clair. Quelles évolutions envisages-tu pour la suite ? CédricAlors à titre personnel, j'ai déjà un poil évolué dans le sens où aujourd'hui je suis chargé de contenu éditorial, c'est à dire que je gère toute la partie éditoriale de MCE avec une équipe de rédacteurs. Et à terme, c'est vrai que j'aimerais bien, pourquoi pas, devenir le rédacteur en chef d'un média, ça serait pas mal. MajdelineD'accord, c'est tout ce qu'on te souhaite... CédricMerci beaucoup. MajdelineMerci Cédric pour ton temps et continue à avoir la passion pour ton métier. C'est beau à voir. CédricMerci beaucoup Majdeline. Majdeline A bientôt. L'épisode 42 du Gagne-Pain, métier "Rédacteur Web", est également disponible sur : ### Delivery Director – Melen Aussel Épisode 41 : Melen Aussel, Delivery Director chez Sirdata.  Dans cet épisode, nous recevons Melen Aussel, Delivery Director chez Sirdata. Chargé de faciliter la production de logiciels et d’autres produits informatiques, Melen nous explique comment il en est arrivé à choisir ce métier, son quotidien mais également les avantages d'un Delivery Director. Merci à Melen, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com On a un poste où on travaille beaucoup avec des partenaires. Donc plus le partenariat fonctionne, plus les commissions opérateurs peuvent être mises en place.Melen Aussel, Delivery Director Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Melen Aussel – Profil LinkedIn Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 41 : Majdeline Bonjour Melen. MelenBonjour Majdeline. MajdelineMerci d'avoir accepté cette invitation du Gagne-Pain. Melen, tu es Delivery Director, en français on peut traduire ça par Responsable de la Distribution. Melen Exactement. MajdelineTu travailles chez Sirdata, on va avoir l'occasion d'y revenir en détail. Mais avant ça, est ce que tu peux te décrire en quelques mots ? MelenAvec plaisir, j'ai 36 ans, je suis Breton, j'ai grandi en Bretagne. Je suis arrivé à Paris pour faire mes études. J'ai passé mon bac en 2003 et après j'ai enchaîné sur un DUT des techniques de commercialisation en Bretagne. Et puis après, je suis venu à Paris pour faire un Master. MajdelineUn master, un master école de commerce ? MelenExactement. A ESG Paris. Je crois que ca un peu changé depuis un an... Spécialisation management du sport que je voulais faire. Agent sportif ou travailler dans le marketing. Il avait une des premières spécialisation à Paris. J'ai déménagé de Bretagne à Paris. MajdelineEst ce que tu peux nous présenter un peu ton parcours professionnel ? Tu étais dans le sport et tu t'es vite redirigé. Comment ? MelenEn fait, j'ai fait mes premiers stages dans le sport, dans l'événementiel sportif où je vendais des packages pour aller à des matchs. Donc il y avait le match plus un consultant, plus une opération dans l'événementiel sportif. Et finalement je n'ai pas trouvé de poste en sortant, j'ai cherché mais il n'y avait pas beaucoup de débouché. J'ai envoyé mon cv, chez Nike, Adidas mais malheureusement il n'y a pas beaucoup de solution. Donc je me suis rapidement tourné vers le digital et j'ai commencé par travailler dans une agence qui faisait du référencement naturel et des campagnes AdWords. Donc j'ai travaillé à peu près un an chez eux, puis dans une agence qui faisait de la créa, donc très graphique et développement web. Et puis. Ensuite une plateforme d'affiliation et après j'ai rejoint Sirdata. Ça fait une bonne dizaine d'années entre les différentes expériences. MajdelineTu travailles chez Sirdata tu viens de l'évoquer. Est ce que tu peux nous présenter en quelques mots cette entreprise ? MelenOui, bien sûr. Sirdata on est leader français de l'addressability. En fait, ça va être la capacité à toucher un individu dans une campagne. On va travailler avec les agences médias, les annonceurs pour qu'ils puissent mieux toucher leur audience dans le cadre de publicité digitale via les différentes solutions de ciblage qu'on va pouvoir proposer. Et donc ça fait un peu plus de cinq ans que je suis chez Sirdata. J'ai commencé au début sur un poste de commercial pour développer l'activité sur des comptes comme l'agence GroupM ou des régies comme TF1 par exemple. Et puis, depuis un peu plus d'un an maintenant, je suis sur un poste orienté plutôt data. MajdelineDonc du coup, ton activité tourne essentiellement autour de la data. Quelles sont les missions quotidienne ? MelenMoi, j'ai en avoir plusieurs. La première, ça va être de s'assurer que notre donnée est distribuée sur toutes les plateformes avec lesquelles on travaille. Donc les agences média, notamment avec des technos qui s'appellent les DSP ou les éditeurs, avec des technos qui s'appellent les SSP et les annonceurs et des technos qui s'appelle les DMP. Beaucoup d'acronymes sur le marché. MajdelineEst ce qu'on peut expliquer en quelques mots, qu'est ce que c'est ? MelenOui, bien sûr. Alors DSP, c'est Demand Side Plateforme. SSP c'est Supply Side Plateforme. En fait c'est des technos qui vont permettre d'acheter ou de vendre de l'inventaire publicitaire. Souvent c'est opéré par des Trading Desk. Donc des trading desk, c'est un peu comme des traders en bourse qui vont non pas acheter des actions mais qui vont acheter de la publicité de manière automatique et aux enchères. Et en fait, mon activité, moi ça va être de s'assurer que les ciblages qu'on propose chez Sirdata soient bien disponibles dans ces différentes technos. Il y a une toute une partie distribution. La deuxième mission est de s'assurer qu'on ait des produits qui facilitent l'activation de nos données. Donc on a beaucoup de ciblage. C'est d'avoir une plateforme sur laquelle les clients peuvent les retrouver, sélectionner les meilleures audiences, regarder quels sont les id pour pouvoir faire la préparation de la campagne dans leur DSP. Et puis la troisième mission, c'est travailler avec l'équipe commerciale pour voir quels sont les besoins de nos clients. Est ce qu'on a besoin d'améliorer les interfaces pour que ce soit plus facile à comprendre notre métier. Retrouver plus facilement nos audiences, les accompagner si il y a besoin de créer des segments sur mesure. Par exemple, je travaille beaucoup avec les équipes commerciales sur les accompagner dans les recommandations et répondre aux besoins des clients. MajdelineOK, c'est clair. Et comment tu es arrivé à ce métier là et pourquoi tu l'as choisit ? MelenInitialement, j'étais plutôt sur un profil Sale. Et donc là, c'est une proposition en interne. Donc je pense que c'est une bonne chose parce qu'effectivement, comme j'avais déjà vu le côté commercial, la transition etait assez simple pour travailler sur ces aspects là. Et puis c'est un poste qui est assez technique. Moi, c'est quelque chose qui m'intéressait de réfléchir un peu à des problématiques qu'on va avoir quotidiennement, de regarder aussi bien sur la partie distribution, comment optimiser et faire en sorte que les tuyaux soient les plus simples possibles et les plus directs. Donc ça me permettait de travailler sur ces aspects. MajdelineDe ton point de vue, quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ? MelenC'est un poste qui est assez vaste, on va dire, dans les missions au quotidien. Donc je pense qu'il faut être assez polyvalent. Parce qu'on va travailler avec beaucoup d'équipes chez nous et même en externe. Avec les équipes commerciales, avec les équipes techniques. On travaille aussi avec l'équipe Publisher qui va s'occuper de créer notre réseau d'éditeurs et de collecter les données. Donc beaucoup d'intervenants différents entre les équipes marketing, quand on sort des produits. Il faut je pense cette polyvalence avoir une bonne capacité d'analyse. Également parce que c'est un métier où dans la distribution, si il y a un problème, il faut un peu comme un plombier, voir d'où vient la fuite potentiellement et aller la régler. Donc il faut être assez méthodique pour trouver. Et puis également la persévérante que c'est pareil en travaillant avec beaucoup d'acteurs. Donc il faut aussi être patient et passer du temps pour développer les différents projets. MajdelineOK, merci. Attention, QGP la question Gagne-Pain. Combien ça gagne aujourd'hui un Delivery Director ? MelenTrès bonne question. Je dirais autour de 35K€ pour un profil plutôt junior et jusqu'à 65K€ ou plus pour des profils plus seniors qui vont vers des périmètres un peu plus larges. MajdelineEst ce qu'il y a des primes ? MelenAlors oui, il peut y avoir des modèles de primes, effectivement, notamment basés sur la performance des intégrations qu'on va pouvoir mettre en place. On a un poste où on travaille beaucoup avec des partenaires. Donc plus le partenariat fonctionne, plus les commissions opérateurs peuvent être mises en place. MajdelineOK, merci Melen, c'est clair. Quel est le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier ? MelenAlors moi, je venais déjà un petit peu du digital, mais pas de cette partie data et de la partie ciblage. Et ce qui m'a vraiment frappé en arrivant sur ce poste, c'est l'écosystème qui est vraiment très dense. Il y a vraiment beaucoup d'acteurs et beaucoup de problématiques qui rentrent en jeu. Par exemple, quand je suis arrivé, c'était la mise en application du RGPP... MajdelineLe Règlement Générale sur la Protection des Données... MelenOui, il est arrivé en application, donc pour un acteur de la donnée, c'est quand même assez central. Et qui qui change, qui change quotidiennement, donc il y a beaucoup d'ajustements à faire. Et plus récemment, on a eu les annonces des navigateurs sur la fin de vie du Cookie tiers, donc notamment de Firefox et de Safari. Ils l'ont déjà mis en place et Google repousse d'année en année... Donc voilà, c'est vraiment des bouleversements au sein de l'industrie. Il faut être capable de changer rapidement, de s'adapter, de faire évoluer les produits. Donc là, c'était un peu un des grands défis du marché de vraiment évoluer constamment. MajdelineEst ce qu'on peut dire deux mots le cookie tiers, qu'est ce que c'est concrètement ? MelenUn cookie, c'est un traceur qui va être utilisé dans le web pour pouvoir notamment suivre un utilisateur sur sur différentes pages web. Si par exemple, on commande un produit, quand on va mettre un produit dans notre panier, qu'on va vouloir l'acheter. Il faut un cookie pour suivre l'évolution de la navigation, du surf, savoir ce qu'il a mis dans son panier et pouvoir faire un achat. Donc ça, c'est un cookie technique. Et après, les cookies tiers sont utilisés pour suivre la navigation au sein de différents sites Internet ou différents réseaux par exemple. Et donc, les navigateurs ont décidé de compliquer la vie au cookie tiers dans les prochains mois, les prochaines années, en fonction des différents navigateurs. MajdelineOK, ça va également remettre en question toute votre travail. Il va y avoir une refonte, j'imagine ? MelenExactement, pas que le travail de Sirdata mais vraiment de toute la chaine. Le cookie est utilisé par quasiment tous les acteurs pour savoir combien de fois on expose une publicité a un utilisateur. Quel contenu il a regardé, quels produits la mis dans son panier. Il y a vraiment beaucoup d'utilisations pour le cookie et après le cookie tiers, c'est le cookie qui est déposé par un acteur tiers qui n'est pas la personne qui gère directement le site Internet pour toutes les utilisations de statistiques de tracking de caping. Il y a des vraies problématiques à savoir quelles vont être les autres solutions pour pouvoir continuer à travailler. MajdelineOK, c'est très clair. Au quotidien, quelle est la tâche qui te plait le plus et celle qui te plait le moins ? MelenAlors ce qui me plait le plus c'est de réfléchir à des offres un peu problématiques, de voir comment est ce qu'on peut optimiser notre distribution, quels sont les produits qu'on a en place et comment les optimiser. Quelles solutions on peut apporter aux équipes commerciales ou aux clients avec qui on travaille. Et qui me plaît le moins c'est retraiter des fichiers Excel, c'est pas forcément ce qui est le plus le plus sympa. MajdelineMelen est ce qu'il y a une journée type en tant que Delivery Director ? MelenAlors nous la journée va s'articuler pas mal autour des demandes des équipes Sales. En fait, dès qu'on reçoit des brief de clients, il faut y répondre rapidement. On a souvent des demandes pour créer des ciblages particuliers, donc c'est vraiment ce qui va être le fil rouge de la journée. Et en parallèle de ça, s'assurer que la distribution est OK. Qu'on envoie bien la donnée chez les différentes plateformes. Et puis après, en toile de fond, c'est toute la partie développement des produits ou des nouvelles solutions. Donc des qu'on n'a pas une urgence à faire côté client, on réfléchit à ce qu'on pourrait mettre en place. Comment rendre les plateformes plus simple où sont quelles sont les nouvelles innovations sur lesquelles on doit travailler par exemple sur la fin du cookie tiers ou ce genre de problématique . MajdelineMelen La communauté du gagne pain nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais dans le travail. Donc là, on l'entend depuis le début de cette interview, il y a pas mal d'acronymes en anglais. J'imagine que c'est particulièrement utile d'avoir un anglais professionnel dans ton métier ? MelenOui, effectivement, il y a beaucoup d'interlocuteurs qui sont anglais, beaucoup d'entreprises qui sont notamment américaines. Donc il y a beaucoup de vocabulaire en anglais, donc c'est plutôt utile de au moins le comprendre. Et après, dans mon quotidien, on échange régulièrement avec des interlocuteurs en Angleterre ou aux États-Unis, donc c'est mieux de pouvoir de pouvoir le comprendre et de pouvoir échanger avec eux. MajdelineOK, est ce que tu peux nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier ? MelenAlors c'est pas un poste très classique entre guillemets. Mais il y a vraiment plein de façon d'y arriver. Moi, j'ai fait une école de commerce, mais ça pourrait très bien être une école d'ingé où il y a des formations aujourd'hui sur le métier de la data. Donc il y a vraiment plein de possibilités d'y aller. Et puis le poste peut être orienté plus technique ou plus commercial en fonction des profils de chacun donc le poste peut être adapté aussi. MajdelineEt toi, tu continues te former régulièrement. MelenAlors oui, beaucoup en interne. En fait, on échange beaucoup avec les équipes techniques. Donc il nous mettent un petit peu à niveau pour qu'on puisse discuter avec les équipes. Et puis je parlais tout à l'heure du RGPD, donc on a notre DPO qui nous fait régulièrement des formations ou des mises à niveau sur sur les évolutions réglementaires. Donc en interne, on a beaucoup de personnes qui peuvent nous faire évoluer de ce côté là. Et puis après, il y a beaucoup de contenu aussi disponible sur Internet. C'est beaucoup de ressources, donc ça permet de suivre les évolutions, de voir les innovations, d'en apprendre sur le métier. MajdelineOK le DPO ? MelenData Protection Officer. MajdelineNous avons eu l'interview d'un DPO disponible . Melen est ce que tu peux nous parler d'une anecdote qui était arrivé dans ton travail ? MelenOui, on reçoit beaucoup de demandes de la part de l'équipe commerciale sur des ciblages spécifiques à créer pour les annonceurs. Et on a des fois des choses qui sont soit très très vagues. On nous a demandé par exemple de toucher des gens qui sont consommateurs de dentifrice, donc potentiellement, j'espère tous les Français. Et à l'opposé, on a des fois des choses qui sont beaucoup trop ciblées, qui sont impossibles à faire. Par exemple toucher des gens avec une inclinaison de toiture particulière... Autant dire que sur Internet, ce n'est pas une information qui est disponible facilement. MajdelineMême avec un cookie tiers ? MelenMalheureusement, on peut rien faire. MajdelineOK, est ce que tu changerais quelque chose dans ton parcours ? MelenAlors oui, j'ai fait quelques stages quand j'étais en école de commerce. Mais je vois aujourd'hui on a pas mal d'alternants chez Sirdata et je trouve ça vraiment intéressant. Parce que ça permet de rester potentiellement longtemps dans l'entreprise et donc de prendre de l'expérience. Et de vraiment découvrir un poste et aussi de se faire du réseau, ce qui est quand même intéressant. Donc je conseillerais en tout cas de faire de l'alternance pour tous ceux qui le peuvent. MajdelineMelen, est ce qu'il y a un mode de vie type pour un Delivery Director ? MelenOui, il y a beaucoup de postes qui sont basés à Paris encore, même si ça tend à s'ouvrir un petit peu aujourd'hui. Nous, chez Sirdata, on fait du télétravail deux jours par semaine. Après on peut, on peut s'adapter. C'est assez facile de pouvoir travailler en télétravail parce qu'il y a énormément de gens qui sont aussi à distance. On fait beaucoup de visio, notamment avec les interlocuteurs qui sont à l'étranger. Après, moi, j'aime bien venir au bureau, notamment quand on va discuter avec les différentes équipes, les équipes techniques par exemple. Ce n'est pas forcément facile de le faire à distance. C'est pas mal de pouvoir échanger avec les gens directement de vive voix. Je trouve que c'est toujours plus pratique, surtout quand on fait du développement ou quand on a envie de partager des idées. Après deux jours ou trois jours de télétravail par exemple, c'est vraiment parfait pour toutes les tâches qu'on peut faire facilement à distance. Quand on travaille tout seul, il y a vraiment pas de problème. MajdelineOK, c'est un bon équilibre. MelenOui je trouve. MajdelineMelen, est ce que tu peux nous conseiller des films, des séries, des livres, des podcasts en rapport avec ton métier ? MelenOui, bien sûr. Sur le podcast, il y en a un qui s'appelle Bannouze. Il y en a autre brand Story, c'est des podcasts qui sont liés au marché du digital et de la publicité. Après, si on veut aller un peu plus loin, on va voir des séries comme comme Black Mirror par exemple, où on est sur de la fiction, mais on va toucher assez vite à des sujets sur la data par exemple. Ou le reportage sur l'affaire Cambridge Analytica sur Facebook. Ca fait grand bruit. Des contenus qu'on peut retrouver, qui qui sont liés à notre industrie. Et puis après, en ligne, il y en a un que j'avais bien aimé, qui s'appelle Les Furtifs. Qui est une fiction sur ce que pourrait devenir le monde dans quelques années. Ou on retrouve un petit peu notre mode de vie. Chaque personne va avoir une note en fonction des centres d'intérêt de chacun. La journée va être adaptée, on va vraiment plus loin que ce qui se fait aujourd'hui, mais c'est une fiction qui est intéressante. Pour se projeter dans ce qui pourrait arriver dans 20 à 30 ans par exemple... MajdelineOK, je mettrais les liens en commentaire. Melen, est ce qu'à côté de ton travail, tu as une passion ? MelenAlors je fais beaucoup de sport. Et notamment du triathlon. Et on a aussi un podcast avec avec quelques collègues où on partage des conseils sur la course à pied, le vélo, la natation et quelques interviews aussi. MajdelineOK, je partage le lien de ton podcast en commentaire. MelenMerci beaucoup. MajdelineQuel est le nom du coup ? MelenUn podcast dédié au triathlon : PPTC – le Podcast Pinta Triathlon Cloub ! MajdelineSuper. Merci beaucoup Melen pour conclure. Est ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose ? MelenOui, bien sûr. Je parlais de l'alternance tout à l'heure. On recherche régulièrement des gens pour venir intégrer Sirdata. Que ca soit en alternance ou des CDI. Donc n'hésitez pas à postuler. On est vraiment une société innovante et super ambiance et nos locaux lumineux... MajdelineJe confirme, je mettrai le lien de vos offres en commentaire. MelenEt bien merci beaucoup. Majdeline Merci Melen. L'épisode 41 du Gagne-Pain, métier "Delivery Director", est également disponible sur : ### Chief Marketing Officer – Elsa Blanchard Épisode 40 : Elsa Blanchard, Chief Marketing Officer (CMO) chez Shapr. Dans ce quarantième épisode, nous sommes heureux de recevoir Elsa Blanchard, Chief Marketing Officer (CMO) chez Shapr. Elsa nous dévoile dans ce podcast, son parcours, son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Elsa pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Je me suis rendu compte que le Growth, c'était vraiment quelque chose que j'avais envie de creuser et de développer davantage.Elsa Blanchard, Chief Marketing Officer Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Elsa Blanchard – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 40 : BertrandBonjour Elsa. ElsaBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Elsa d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. On va parler de ton métier de Chief Marketing Officer ou Directrice Marketing chez Shapr ? On va avoir l'occasion d'y revenir et d'en parler dans le détail. Mais avant, est ce que tu peux te présenter en quelques mots ? ElsaOui, bien sûr. Je m'appelle Elsa, Elsa Blanchard, j'ai 31 ans, je suis parisienne et en sortant du bac, j'ai fait un an en prépa et j'enchaîne direct avec HEC Montréal. Je suis partie au Canada pendant trois ans et ensuite j'ai fait un master entrepreneur à Paris. Bertrand Ta famille ? ElsaOui, ma famille, mes deux parents sont issus de professions libérales, ma mère est diététicienne nutritionniste, mon père est avocat pénaliste. Une famille assez cool qui ne m'a pas spécialement poussée dans les études. Mais en tout cas, ils m'ont laissé, ils m'ont fait confiance, Ils m'ont laissé un peu tranquille. Et je pense que comme ils voyaient que ça se passait bien, ils ne me mettaient pas trop la pression, contrairement à d'autres amis que j'ai pu connaître et côtoyer... BertrandElsa, est ce que tu peux décrire ton parcours professionnel en quelques étapes ? ElsaOui, bien sûr. J'ai commencé par un poste d'intrapreneur au sein du groupe de conseil qui s'appelle Mantu. Donc première expérience Shapr enrichissante, avec une partie commerciale assez forte du coup, qui m'a permis d'enchainer ensuite dans une start up qui s'appelle LittleCorner qui est une AdTech. Là, j'étais Head of Sales avec cette partie commercial que j'ai gardé pendant cette expérience. J'ai pour les besoins du développement de la boite, commencé à mettre les mains dans le Growth et donc petit à petit à prendre une casquette Growth. BertrandAlors le Growth, le Growth hacking, on a fait déjà un épisode sur ce sujet, donc ceux que ça intéresse peuvent aller se référer à cet épisode sur le Growth Hacking. ElsaÀ la suite de cette expérience, je me suis rendu compte que le Growth, c'était vraiment quelque chose que j'avais envie de creuser et de développer davantage. Donc j'ai quitté la boite pour faire du free- lance et me lancer à mon compte. Là, j'ai effectué des missions de Growth pour différentes entreprises, ce qui m'a permis de renforcer ces skill, ces compétences, me sentir d'autant plus légitimes et à l'aise. Et ensuite j'ai rejoint Shapr en tant que Head of Growth et désormais CMO. BertrandShapr. On va s'arrêter deux secondes là dessus. Elsa, Si tu le veux bien, est ce que tu peux nous décrire ce que c'est ? Shapr ? Qu'est ce que c'est que cette entreprise ? ElsaShapr, c'est une start up de 20 personnes qui a levé 20 millions d'euros, qui a été créée en 2015 et qui a quatre activités. Donc d'abord Shapr Networking qui a une application mobile professionnelle, donc un genre de Tinder Pro pour développer son réseau. BertrandQue nos auditeurs peuvent télécharger et utiliser... ElsaComplètement hyper utile. Et ensuite ces trois services pour accompagner les entrepreneurs dans le développement de leur boite. Donc c'est Shapr Founders qui permet aux start up early stage de d'intégrer un mentor à leur capital pour les aider à trouver leur Product Market Fit (l'ajustement produit / marché) et leurs premiers clients. Chez Shapr Ventures, qui est un site dédié au Seed, qui investit des tickets de 400.000€ à 1 million d'euros dans des startups. BertrandLes Seed, c'est l'amorçage, c'est à dire le début de la recherche de fonds. ElsaOui, c'est ça. Et Shapr Talent qui est un service qui permet aux start up de trouver et de recruter en moins de 30 jours leurs talents. Et donc, c'est une plateforme sur laquelle on présente les meilleurs candidats aux start up. Donc ça peut aussi être intéressant pour nos auditeurs parce que des candidats sortis d'écoles ils s'inscrivent. On les présente à nos 1.400 start up inscrites et c'est eux qui vont se faire chasser directement par les boites qui ont apprécié leur profil. BertrandOK, très clair. Maintenant tu vas nous décrire ton métier, donc tu es chief marketing officer ou directrice marketing. Mais dans une start up, donc c'est ça qu'on va essayer de décrire avec toi. Ça veut dire quoi le métier de CMO ? ElsaAlors déjà, la différence entre une Chief Marketing Officer (CMO) ou une directrice marketing, c'est que le CMO a un siège au Comex donc est vraiment impliquer dans la stratégie de la boite au jour le jour. Et donc le rôle d'un directeur marketing ou d'un CMO, ça va être d'abord de faire connaître les différents services, en l'occurrence de faire connaître les différents services à leur cible à la cible qu'on veut toucher, faire rayonner la marque, générer du lead pour les équipes sales et de manière générale manager l'équipe Growth, mettre le focus sur les bonnes actions à mettre en place. BertrandEst ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier de Chief Marketing Officer ou comment tu as choisi ce métier ? ElsaMoi, j'étais plutôt issue des Sales (Commercial/Vente), comme je l'ai expliqué au départ. Et ça me plaît vraiment d'avoir ce côté client, se mettre un peu à la place du client et essayer de faire en sorte de générer du business pour la boite. BertrandÊtre orienté client. ElsaÊtre orienté client. Et le truc c'est qu'au bout de quelques années, la partie Sales m'amusait un peu moins. J'avais l'impression de plutôt apprendre et que c'était assez répétitif. Là où finalement, dans un job de directeur marketing ou dans le marketing, on va avoir ce côté là parce que le terrain de jeu est plus grand. Donc j'avais l'impression de garder l'aspect que j'aimais bien dans le Sales, mais on le combinant à une partie que j'aime plus, qui est justement la diversité des missions. BertrandEt en plus, tu y injectes aussi du Growth Marketing qui est quand même un sujet qui visiblement passionne. ElsaOui, complètement. Le Growth Marketing, ça va être vraiment cette partie comment avec différents canaux, on va réussir à transformer un prospect en un client et ensuite en un client actif. Et ensuite en un client qui revient. BertrandEt c'est logique que ça soit à l'intérieur de la direction marketing ? ElsaComplètement, oui, c'est logique. Après, je pourrais rentrer dans le détail. Mais oui, c'est logique. BertrandElsa, pour ceux qui nous écoutent. Quelles sont les trois principales qualités pour ce job de Chief Marketing Officer ? ElsaAlors tu m'avais posé des questions en amont du podcast et j'ai un peu réfléchi. Puis j'ai trouvé plutôt quatre qualités. D'abord, il y a vraiment le leadership, hyper important parce que tu es directeur marketing, donc tu dois avoir une vision, réussir à embarquer ton équipe dans cette vision, manager une équipe donc indispensable. Ensuite, il y a la créativité, être une personne créative. Pourquoi ? Parce qu'en tant que directeur marketing, tu as besoin d'innover, de réfléchir tout le temps à de nouvelles actions, de nouvelles choses à mettre en place. Donc il faut vraiment pouvoir s'inspirer, pas forcément reproduire ce que fait le voisin, mais justement s'en inspirer et l'adapter à ton besoin et au contexte. BertrandTu avais dit aussi tester. Je pense que le "Test and Learn", c'est aussi un sujet. ElsaOui, ca je vais y revenir. Justement, dans un troisième point, il y a vraiment ce côté aussi être orienté résultats et donc ça, ça nécessite des Test and Learn. Chaque action que tu mets en place, mesurer les retombées de ces actions. Et c'est ce qui va définir si tu continues cette action ou si tu la coupe et si tu passe à autre chose. Et c'est important de pas rester dans un truc où tu as investi dans quelque chose qui ne fonctionne pas. BertrandEt dans la quatrième compétence, il y avait une vision globale. Ça veut dire quoi d'avoir une vision globale de l'entreprise ? ElsaEt avoir une vision globale du business ? En fait, c'est à dire pas. Il faut surtout pas que le marketing soit cloisonné. Faire du marketing dans son coin sans tenir compte des enjeux de la boite du moment, les enjeux qui évoluent. Il faut vraiment savoir quels sont les enjeux macro. Par exemple, en ce moment on a une activité économique qui est au ralenti et donc forcément qui impacte le business. Et donc on ne peut pas faire du marketing sans tenir compte de ça. Et de la même manière, avoir aussi une vision un peu plus micro du business, tenir compte des feedback clients, tenir compte des autres équipes pour adapter ce qu'on met en place et sa stratégie. BertrandElsa attention QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne ? Un CMO ? ElsaAinsi CMO, ça gagne entre 75 et 140K€, donc la fourchette est assez large 75K€, c'est la fourchette basse et moyenne 83K€, ça va être la fourchette vraiment moyenne et ça peut aller jusqu'à 140V pour les 10 % mieux payés. Ça va plutôt être dans des Scale-Up, des boites qui ont pas mal d'argent et qui sont capables de mettre les moyens. Il faut savoir que là j'inclus les primes qu'il peut y avoir, il y en a certains qui vont voir des primes, d'autres non. Il peut y avoir aussi des BSPCE (Bons de souscription de parts de créateur d'entreprise). Donc tout ça fait que la fourchette est assez variable. BertrandDes Stock options ? ElsaOui des Stock Options. BertrandOK, est ce que tu peux également nous dire quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever dans ce métier de CMO ? ElsaAlors, en l'occurrence chez Shapr ? Deux grands défis. D'abord, j'en ai parlé tout à l'heure le pivot. Le fait que la boite ai plusieurs services, ça rend le job d'autant plus intéressant, mais compliqué aussi parce qu'il faut se splitter. BertrandAlors on va expliquer le pivot parce que peut être, nos auditeurs savent pas trop bien. Un pivot, c'est quand une entreprise change son modèle, Elle change en partie d'activité. Et donc c'est ce qui s'est produit avec Shapr. Il y a eu un pivot avec de nouvelles activités qui se sont greffées à l'activité principale. ElsaExactement le networking, qui s'est divisé en trois activités. BertrandDonc, ça a été défi pour toi ? ElsaOui, c'est un défi parce que tu te retrouves avec trois activités à gérer à la fois. Donc tu dois splitter tout le temps, diviser ton temps sur ces trois activités. Tu dois réussir à créer de la cohérence entre ces trois activités pour ta cible. Donc ce n'est pas évident. On est moins focus, il y a un risque de "defocus" il faut vraiment rester très organisé. BertrandDe "Defocus" ? De se défocaliser.... Ça, c'est ton premier défi, un deuxième défi dont tu voulais parler ? ElsaDeuxième défi, ça a été d'amener la culture Growth dans la boîte. Ca a été un défi parce qu'il s'agit de faire entrer un mindset qu'Il n'y a pas forcément au départ et réussir à bien collaborer avec les différentes équipes, notamment avec l'équipe Sales là. Dans une entreprise classique qui fait du marketing, c'est très cloisonné. Là, il faut vraiment réussir à fusionner ces deux ces deux pôles. On a un seul et même pôle, donc c'est un vrai challenge. BertrandElsa Est ce que tu peux nous dire quelles sont les tâches quotidiennes qui te plaisent le plus et celles qui te plaisent le moins ? ElsaCe qui me plaît le plus dans ce métier, c'est le côté Test and Learn, tester de nouvelles choses en permanence et mesurer à chaque fois ces actions. Et ce qui me plaît le moins, c'est marrant parce que c'était quelque chose qui me plaisait énormément au début. Un des canaux, c'est LinkedIn et donc on utilise mon compte pour faire de l'influence LinkedIn. Je suis une sorte d'influenceuse LinkedIn. Et en fait, au début, je trouvais ça super marrant et au bout d'un moment, j'avoue ça devient lassant parce que je n'ai plus d'inspiration... BertrandQuelle a été ta plus grande surprise dans ce métier de chief marketing officer ? ElsaMa plus grande surprise, elle n'est pas vraiment liée à Shapr. C'est plus quelque chose que j'ai observé, dans pas mal de start up en France, là où c'est moins le cas aux États-Unis. C'est que souvent, les rôles, les équipes Growth et Sales sont très cloisonnées. Et donc c'est difficile de travailler, de bien faire son métier quand quand c'est deux équipes, elles travaillent pas suffisamment ensemble. BertrandD'accord. Est ce qu'on peut aussi parler d'une journée type pour ton métier ? ElsaUne journée type c'est compliqué, mais je peux te faire une semaine type ? Bertrand Très bien. ElsaAlors le lundi, c'est vraiment j'analyse la data, je regarde ou on a des difficultés ou où il y a des choses qui pêchent ou au contraire et ça me permet de définir où mettre le focus. L'après midi c'est Comex, donc on discute de tout ça et on détermine quelles vont être les actions importantes avec une vision un peu macro. Le lendemain le mardi point avec le VP Ops justement pour discuter de tout ça et communiquer la vision, ce sur quoi il faut mettre le focus. J'ai aussi le mardi matin ma petite activité d'influenceuse LinkedIn où je dois poster et écrire des posts tout au long de la semaine. Les points avec les différentes personnes de chaque équipe pour définir les actions de Focus et et de manière générale sur tout au long de la semaine, on avance dans l'équipe marketing sur 2 à 3 sujets à la fois pour rester bien concentré. En général ce qu'on appelle les "Quick Win", c'est à dire des actions qui sont rapides à mettre en place et qui vont avoir de l'impact vite et une action un peu plus de fond. Genre refondre le site, mettre en place un process un peu complexe. Ce genre de choses... BertrandD'accord, je te vois bien sur les "Quick Win", c'est un truc qui doit de plaire... Et est ce que tu peux également éclairer la communauté du Gagne-Pain qui nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais ? Est ce qu'on utilise beaucoup l'anglais dans ton job ? ElsaMoi j'utilise pas du tout l'anglais parce que notre cible est en France. A un moment on a voulu ouvrir les US et là j'aurais pu avoir besoin de l'anglais mais a priori pour le moment non, simplement il y a beaucoup d'anglicismes, donc ça nécessite de savoir un peu quand même parler anglais et le comprendre. BertrandD'accord. Est ce que tu peux également nous indiquer les bonnes formations pour faire ce métier de Chief marketing officer ? ElsaPour moi, toutes les formations qui permettent de faire du marketing, du produit ou du Sales, elles vont fonctionner. C'est à dire soit une école de commerce, soit une école du digital, soit une fac de gestion. Et on voit vraiment des gens qui ont fait des choses très différentes, mais je veux dire que la formation classique ça va être. BertrandElle et toi, est ce que tu continues à se former régulièrement et si oui, comment ? ElsaOui, c'est important de continuer à se former quand on fait ce métier. D'abord, il y a des formations qui propose des formations Growth comme Lion, Growth Tribe qui sont des formations en six semaines, qui sont top. Après, tu peux continuer, il y a des certifications aussi de type Google Analytics qui peuvent être utiles. Mais surtout, ce qui est important, c'est d'échanger tout le temps avec d'autres Growth, d'autres CMO, d'autres personnes dans le marketing, pour pouvoir s'inspirer de ce que font des personnes dans d'autres secteurs et les adapter à son business. BertrandElsa, est-ce que tu peux nous dire quel est le mode de vie d'un CMO ? On pose cette question notamment sur la mobilité Paris, province, le télétravail, comment ça se passe ? ElsaUn job de CMO, l'important, c'est que ce soit un start up. Donc ça peut être n'importe où. À partir du moment où c'est une start up, qu'elle en Province, à Paris, peu importe. Et au niveau de la flexibilité, pour moi, c'est un job où t'as pas besoin de rencontrer des clients, donc tu peux vraiment l'exercer de n'importe où. Nous, personnellement, chez chez Shapr, on est en "Flex Remote". C'est à dire qu'on a des bureaux, mais on vient si on le souhaite, on peut travailler d'où on veut en fait. Donc si on préfère être avec nos équipes, on vient au bureau et si on n'a pas envie, on peut poser de n'importe. BertrandEn "Flex Remote" ? Ca veut dire flexible et à distance. ElsaMoi, c'est ça, C'est au choix. BertrandOK. Est ce que tu peux nous dire s'il y a une différence entre le métier que tu fais aujourd'hui et celui que tu imaginais ? ElsaPas énormément. La seule chose que je n'ai pas mesuré à ce point, c'est à quel point il faut être flexible parce que le job change tout le temps. Franchement, on peut tout le temps s'adapter, faire, défaire, mesurer ce qu'on a, ce qu'on a fait. Et puis ça évolue aussi assez vite. Le côté stratégique prend de plus en plus d'ampleur. Surtout dans une start up où finalement, si tu arrives à faire des choses qui ont de l'impact pour la boite, on va de plus en plus t'impliquer dans des choses stratégiques. BertrandEt tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient faire ce métier de Chief Marketing Officer ? ElsaMoi je leur recommanderais de commencer par du Sales, parce que ça va leur permettre d'avoir une super bonne compréhension client, de se mettre à la place du client et donc d'être meilleur dans ce qu'ils font. Après de compléter ça avec une petite formation Growth de six semaines comme je disais Lion ou Growth Tribe. Et le top du top, en plus tu as des compétences en dev que tu sais faire, un peu de python ou de javascript, ça va encore plus t'aider à faire des choses plus rapidement, à automatiser, etc... BertrandExcellent. Merci beaucoup. Alors dans les autres conseils, on aime bien aussi s'arrêter sur les conseils un peu culturels, les films, les séries, les podcasts, les livres. Je crois que là aussi, tu as pas mal de choses à proposer à nos auditeurs. ElsaOui, je peux leur recommander trois podcasts. Alors les trois podcast, c'est Growth Makers, Marketing Square et Conseils de Growth. J'ai 2 livres à recommander. Il y en a un qui s'appelle Traction qui permet de voir les 19 canaux d'acquisition du Growth et de rentrer bien dans le détail important pour la culture Growth. Et un autre livre qui est pour moi la bible du marketing qui s'appelle Influence et manipulation de Robert Cialdini. C'est vraiment génial parce que, en fait, ça parle des différents leviers, les biais psychologiques qu'a l'humain et donc qui sont vraiment intemporels, quelles que soient les époques. Et donc justement, j'enchaîne avec une suite, c'est pas une série, c'est un documentaire sur Netflix qui s'appelle l'Arnaqueur Tinder et qui est intéressant parce que c'est une personne qui a arnaqué énormément de femmes sur Tinder. En fait, il s'est justement servi, je sais pas s'il en avait conscience ou non, des différents leviers psychologiques dont parle Robert Cialdini. Et en fait, on se rend compte que la personne qui utilise tous ces leviers à la fois est surpuissante. Elle peut faire faire des choses incroyables aux gens... BertrandExcellent, merci elsa. On mettra les liens des tes recommandations en commentaire du podcast. ElsaAttention à en faire bon usage. BertrandBien sûr, bien sûr. En conclusion, il y a deux petites choses. Qu'est ce que tu souhaiterais ajouter à ceux qui nous écoutent comme conseil ou comme aide ? Et puis la dernière, c'est qu'est ce que tu vois comme évolution pour toi ? ElsaPour les personnes qui nous écoutent, si elles ont envie de faire du Growth ou des Sales, nous on a Shapr Talent qui un outil ou on présente tous les candidats. On va vous mettre en relation avec avec des start up qui cherchent à recruter. Donc ça peut être clairement top pour ces personnes là si elles cherchent un job. BertrandDonc ça recrute là bas... ElsaOui, Il faut y aller. Et d'ailleurs, même si c'est en Remote ou Flex Remote, il ne faut pas hésiter. Et c'était quoi ta dernière question ? BertrandTes évolutions ? Comment tu vois la suite pour toi ? ElsaBen moi, pour le moment, à court terme, je suis vraiment dans une optique de continuer à développer chez Shapr. Il y a encore plein de choses à faire. Aller chercher encore plus de scalabilité et après à terme ça pourrait être soit rejoindre une Scale-Up, donc du coup avec des enjeux Growth un peu plus conséquents, un autre stade de la vie d'une boite. Ou alors rejoindre un plus petit projet Early Stage, mais sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur, qui a du sens pour moi.. BertrandMerci Elsa, c'est tout ce qu'on souhaite, trouver à la fois le bonheur professionnel dans ta boîte et puis peut être demain dans une autre. ElsaBien merci beaucoup et merci de m'avoir reçu sur ce podcast. L'épisode 40 du Gagne-Pain, métier "Chief Marketing Officer", est également disponible sur : ### Les métiers de la publicité digitale – Yann Gabay Yann Gabay et la publicité digitale. Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. https://youtu.be/OB599YtYtU4 Pour ce septième atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Yann Gabay, fondateur et CEO de l'académie du digital, Oreegami.  Après 20 ans d'expérience professionnelle dans des agences autour de la publicité digitale , Yann a décidé de créer sa propre formation digitale, gratuite. Il est avec nous aujourd'hui, pour nous parler de son expérience dans ce milieu de la publicité digitale afin de pouvoir nous éclaircir sur ce secteur. Merci à Yann, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com J'ai en effet 20 ans d'expérience dans des agences, le marketing digital et particulièrement autour des métiers autour de la performance et de la publicité digitale… Yann Gabay, CEO et fondateur d'Oreegami Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Yann Gabay – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 39 : Bertrand Bonjour Yann. YannBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Yann d'avoir accepté notre invitation. Yann est le fondateur et le CEO de Oreegami, une académie gratuite du marketing digital et un tremplin vers l'emploi. Il a 20 ans d'expérience dans la publicité digitale, notamment chez Publicis et Netbooster. Est ce que j'ai oublié des choses importantes ? YannNon, très bien. J'ai en effet 20 ans d'expérience dans des agences, le marketing digital et particulièrement autour des métiers autour de la performance et de la publicité digitale... BertrandDans l'atelier du Gagne-Pain, on a pour objectif de proposer des conseils aux jeunes qui nous écoutent pour les aider à trouver un job dans le digital, à construire leur carrière. Et si tu en es d'accord, j'aimerais qu'on oriente notre entretien autour de la publicité digitale, des AdTech, des métiers de la publicité digitale qui est un secteur qui recrute énormément. Et donc, si ça te va, avant de commencer, j'aimerais bien que tu nous parles un peu de d'Oreegami. YannOreegami, c'est une académie que j'ai lancée il y a quatre ans, qui s'adresse principalement à des gens qui ont, soit planté leur parcours éducatif initial, donc en fait un licence, un master, un DEUG, quelque chose qui ne leur a pas plu, ou qui ne l'ont pas réussi ou qui étaient dans la mauvaise filière pour trouver du boulot après. Soit des gens qui sont allés au bout, qui ont trouvé du boulot mais qui se sont rendu compte que ce n'était pas du tout ça qu'ils voulaient faire. Parfois, on a juste envie de changer et donc d'accepter de se reconvertir. Ça, c'est vraiment notre cible. Avec un focus sur des gens qui n'ont pas la chance d'avoir un réseau, qui n'ont pas la chance d'avoir des parents qui sont déjà cadre sup et qui vont les aider, les accompagner, etc... Donc, grosso modo, notre créneau, c'est en fait du transfuge de classe. On va prendre des gens issus de la classe ouvrière et qui vont partir sur des postes cadres... BertrandEt tu les réorientes vers l'emploi et notamment l'emploi dans le digital ? YannOui, nous la formation, c'est un moyen, l'objectif c'est l'emploi. Et on est gratuit, mais en fait, on n'est pas vraiment gratuit, on est financé avec des organismes comme, Pôle Emploi, comme la Afdas (opérateur de compétences (OPCO) des secteurs de la culture, des industries créatives, des médias, de la communication, des télécommunications), comme Atlas (OPCO), etc.. Et on va les accompagner en développement personnel, en accompagnement vers l'emploi. On a un réseau d'entreprises, donc on joue aussi ce rôle du réseau et on est assez sélectif à l'entrée . On a pas mal de candidatures, donc on est assez sélectif. Par contre, on sélectionne que sur des critères de Soft Skills, d'attitude, de capacité à réfléchir, d'expériences cognitives. Et on accompagne ensuite vers des métiers que parfois les gens ne connaissaient même pas, comme c'est le cas de beaucoup de tes auditeurs. BertrandDonc là, on est vraiment orienté vers les métiers de la publicité digitale. C'est même le sujet principal sur lequel tu travailles avec ces personnes que tu reconvertis ? YannOui, tout à fait. BertrandEt tu vas les placer dans les grandes agences de publicité digitale , les Havas, les Publicis... YannOui, alors ca mérite d'être expliqué, comment ça fonctionne ce secteur là dans la publicité digitale ? Au bout de la chaîne alimentaire, il y a l'annonceur, l'annonceur, c'est la marque, c'est Nike, Adidas, Apple qui qui a besoin de se faire connaître, qui a besoin de pousser son produit ou son service. C'est lui qui a le portefeuille. cet annonceur, ses publicités vont être diffusées sur des sites de publisher (Éditeur / Publisher, dans le marketing numérique, l'éditeur est celui qui fournit l'espace sur son site ou son application permettant aux annonceurs de diffuser des publicités digitales).. Google, c'est un publisher, moteur de recherche, mais c'est un publisher. Le Monde, l'Express etc c'est des publishers. Les sites e- commerce sont maintenant aussi d'ailleurs des publishers. Et entre les deux, il y a tout un tas d'acteurs qu'on ne connaît pas. Les deux premiers, on les connaît bien, il y a tout un tas d'acteurs. Au début, il y a les agences, donc l'annonceur ne va pas directement voir les publishers. YannLa plupart du temps, les gros annonceurs vont voir des agences qui vont faire la stratégie, qui vont acheter pour eux (mandatées). Et de l'autre côté, côté publisher, il y a les régies publicitaires, donc des gens qui vont vendre aux agences. En fait des gens qui commercialisent ce qu'on appelle l'espace publicitaire, donc les emplacements publicitaires. Très souvent, les régies appartiennent aux publishers. Par exemple, Google ADS, c'est la régie de Google... BertrandDonc si on résume, pour essayer de cadrer ça par rapport à ceux qui nous on a grosso modo quatre acteurs, on a un annonceur qui lui paie et veut faire connaître ses produits. On a une régie publicitaire ou un publisher qui lui met en avant les produits de l'annonceur. Et puis, entre ça, on a beaucoup d'agences, de prestataires qui vont intervenir pour travailler sur la communication. YannUn cinquième acteur qui est très important, qui sont les AdTech. Donc toutes les technologies de l'advertising qui en fait participent à cet écosystème et qui vont être des technos pour acheter, pour vendre, pour vérifier que ça marche, pour mesurer les performances, pour analyser les données etc... BertrandTout cet écosystème est très dynamique. On a eu tendance un peu à enterrer la publicité alors qu'elle reste extrêmement dynamique. Elle a repris un regain d'intérêt à la fois pour les marques mais aussi pour le marché en général et évidemment pour ceux qui nous écoutent... YannMais c'est surtout un très gros marché qui représente 7 milliards et demi d'euros l'année dernière et qui a encore augmenté de 12 % là au premier semestre. Donc très très gros marché. BertrandEt toi chez Oreegami, tu intervient pour former des gens et tu vas les orienter vers ces marchés de la publicité digitale et principalement vers les agences. YannLes agences sont clairement les plus gros recruteurs. Il y a des dizaines et des dizaines de postes ouverts. Aujourd'hui, on a des promotions entières dédiées à certaines agences comme Publicis, comme Dentsu etc.. On a des régies aussi comme Reworld avec qui on travaille. Mais c'est vrai que globalement 60 à 70 % de nos apprenants occupent des postes en agence aujourd'hui. BertrandAlors on a compris le marché, c'est un le démarrage de notre entretien. Dans le marché de la publicité et notamment dans la publicité digitale c'est quoi les Métiers ? YannAlors les métiers, c'est des métiers que personne ne connaît. En général, on connaît tous les métiers chez les annonceurs et traffic manager, community manager, etc... Plus ou moins. Par contre les métiers d'agence et principalement les métiers de la publicité digitale qui est vraiment une sous discipline du marketing digital, ça va être surtout des métiers du trading. Aujourd'hui en trading, parce qu'il faut savoir que les emplacements publicitaires, les bannières, les liens sponsorisés dans les moteurs de recherche, les posts sponsorisés sur Facebook s'achètent via des plateformes et sur un système d'enchères. En fait, c'est à celui qui est prêt à payer le plus pour avoir cet emplacement à ce moment là, dans la journée avec sa pub... BertrandDonc quand on entend trading, on pense à Bourse. Mais c'est le même système on achète et on revend ? YannOn ne revend pas dans ce sens là, par contre on achète, on place une enchère et, soit on à soit on n'a pas, parce que quelqu'un avait été prêt à payer plus cher que nous. C'est la même chose que la Bourse dans le sens où il y a une valeur marchande qui dépend de l'offre et de la demande. BertrandCe qui fait que ces métiers sont devenus de plus en plus technologiques. On n'est plus simplement en train de taper dans la main d'un vendeur d'espace publicitaire pour finaliser l'offre, mais au contraire, on va sans arrêt enchérir... YannIls sont devenus technologies et algorithmiques. C'est à dire que tout ce qu'on va faire va être piloté par des algorithmes. Dans ces métiers, on ne fait pas les algorithmes, par contre on les utilise. BertrandEt donc ça, c'est le métier du trading. Et donc ça, c'est un des gros sujets sur lequel tu intervient chez Oreegami ? YannC'est un métier qu'on couvre énormément. Parce qu'on n'est pas beaucoup à être capable de former sur ces métiers là de manière très spécifique. Ça demande beaucoup d'opérationnel, beaucoup de "faire". On est vraiment dans le "Learning by Doing". C'est très à la mode, mais c'est vrai que c'est le seul moyen d'apprendre ces choses là. Et donc il faut des accès aux plateformes, il faut des budgets à investir. Il faut tout ça. Ce n'est pas évident à mettre en œuvre, et on est capable de le faire. On a même développé des outils de simulation qui permettent de simuler des campagnes. Et donc ces métiers se déclinent en plusieurs types de métiers. Parce que selon les plateformes, on ne va pas forcément opérer les mêmes formats publicitaires. Par exemple, il y a trois métiers principaux dans le trading : Les Traders Search, ceux qui vont travailler principalement sur Google et un peu Bing. Donc là on achète des mots clés. BertrandDans les moteurs de recherche... YannOui, pour faire ressortir des annonces ou des petites vignettes avec des produits, etc... Il y a les métiers du Trading Social, Donc là il s'agit d'être dans les réseaux sociaux mais pas en Community Management, pas du tout en animation de réseaux. Là, c'est vraiment de la publicité digitale. BertrandJ'achète de l'espace publicitaire... YannOui, là on achète des des formats carrousels, des vidéos etc... Et puis enfin les métiers du trading display. Donc display c'est affichage, donc ce sont les bannières et les vidéo et l'audio d'ailleurs qui est dans le display. Typiquement la publicité des podcasts font partie du display. Et là pareil on va acheter via des plateformes de trading qui s'appellent des DSP. On va acheter des inventaires. Alors ce qui est particulier, c'est qu'on ne va pas acheter forcément un site ou un autre. On va plutôt acheter des types d'individus en fonction de données qu'on va utiliser et collecter. BertrandC'est là que la data intervient. Il faut à la fois maîtriser la data, comprendre la data et puis effectivement utiliser les outils pour mettre en œuvre cette data ? YannCe n'est pas la peine d'être un Data Analyst, c'est pas la peine de savoir collecter, analyser la donnée. Par contre, il faut comprendre comment on peut l'utiliser pour créer des cibles, des audiences et optimiser ses campagnes. On manipule des chiffres malgré tout dans tous ces métiers, parce qu'en fait on va analyser les performances. Quand je fais une campagne de Search, chaque mot clé va avoir des affichages, des clics, des ventes etc, qui vont être mesurés. Et donc je vais choisir sur lequel j'investis est-ce que je montre, je baisse mon enchère. BertrandDonc ça veut dire quand même qu'au final on fait des tableaux Excel, on fait un peu de données collectées quelque part qu'on doit mettre en forme d'une certaine manière ? YannLe tableur est le meilleur ami du trader. Définitivement, qu'il le veuille ou pas, c'est un énorme bloc chez nous, Excel dans notre formation qui dure trois mois. Ca doit représenter facilement 4 à 5 jours, ce qui est énorme, sur 60 jours. 10 % de la formation c'est Excel. BertrandOK, on en a besoin. Il faut quand même, à la fois l'utiliser et puis après un peu, l'analyser. Et donc ces métiers du trading en agence, c'est des métiers qui recrutent beaucou YannRien qu'à Paris, il y a déjà plusieurs centaines de postes ouverts en ce moment. Et il y a surtout pas de candidats. Peut être parce que personne ne postule. Vous voyez un trader sur une annonce, qu'est ce que c'est que ce truc ? Si vous avez fait du marketing dans votre vie, vous ne dites pas je postule à ça en fait, si vous ne lisez pas la fiche de poste qui est derrière. Et donc le simple fait de faire connaître ces métiers, ce que tu fais, va déjà développer ça. Et ensuite, si je veux arriver formé, je peux me former par des organismes comme le nôtre. BertrandOn a interrogé déjà plusieurs personnes qui travaillent en agence. Il y a quand même un autre aspect, et toi, t'as aussi travaillé en agence, donc c'est quand même une ambiance. Y-a quand même des petites fêtes. Il y a un truc qui est quand même sympathique en terme de qualité de travail ? YannNous, on a jamais autant de candidats que quand on fait des informations collectives chez les agences. Quand on invite des gens chez Publicis, qui voit les locaux qui voient l'ambiance, qui voit les gens, qu'ils leur parlent, les anciens qui parlent de leur métier, ils ont qu'une envie, c'est d'y travailler. C'est des métiers bien payés. Donc un junior va démarrer à 25K€ bruts, soit même un peu plus maintenant. Les enchères montent aussi. Le recrutement c'est du trading aussi maintenant. On a des locaux qui sont sympa, on a des environnements qui sont très dynamiques, on apprend tout le temps, on a des régies qui viennent aussi intervenir, qui viennent vous former. Les Meta, Les Google mais pas qu'eux. Et si toutes les technos, The Trade Desk et companie qui vont venir vous former et là aussi c'est pareil, ce sont des gens assez sympathiques. Les formations finissent toujours avec un apéro, un goûter, donc c'est plutôt une très bonne ambiance. BertrandAlors maintenant si on veut mettre des noms, on a dit tout à l'heure Publicis Dentsu... Il y a une sorte de top 6 des gros acteurs. C'est qui ces gros acteurs, si on veut essayer de les représenter et de donner des noms à ceux qui nous écoutent ? YannC'est un bon sujet. Et c'est gros parce qu'on les appelle les BIG SIX. En fait, ce sont évidemment Publicis, Dentsu, tu les as déjà cités, Havas que beaucoup de gens connaissent aussi. Et puis des gens qu'on ne connaît pas trop, comme WPP, un gros groupe anglais qui existe en France, qui est assez présent. Omnicom, qui est aussi un gros groupe de communication, qui a des agences comme OMD, comme Remind etc... Et IPG que personne ne connaît. Tout le monde connaît une agence de pub IPG qui s'appelle McCann, Universal McCann, Mais je crois que c'est la seule marque qu'on connaît de chez eux. Mais qui a aussi des agences qui sont assez performantes et qui fait partie des BIG SIX. BertrandEt en dehors de ces BIG SIX ? YannIl y a quand même un écosystème, ultra dynamique parce que ultra expert. Comme c'est des métiers qui changent beaucoup. Il y a beaucoup d'agences qui se créent sur des nouveaux métiers ou sur une expertise particulière. Donc on a des agences indépendantes de Search, donc encore une fois sur les moteurs de recherche. On a des agences indépendantes sur tous les réseaux sociaux, on a des agences indépendantes sur le trading display qui s'appelle des trading desk. Ca, donc ça existe aussi, et puis on a des plus petites agences qui font un peu de tout et qui sont aussi très performantes. BertrandDonc pour ceux qui s'intéressent à ce métier et qui nous écoutent, il y a de quoi faire. Il faut aller un peu chercher, gratter pour comprendre un peu l'environement... YannOn a cité les gros, mais on peut citer alors, pour ceux que ca intéressent Résoneo, une agence indépendante plutôt cotée Search, Ad's up.. BertrandArtefact où tu as travaillé ? YannOui, qui est très centré data, maintenant. Globalement il y a plein d'autres, je suis désolé pour ceux que je n'ai pas cité... BertrandAlors si on regarde un peu et si on fait un pas de côté par rapport au métier de la publicité digitale, il y a aussi évidemment les annonceurs. Et quand on parle des annonceurs, on a évoqué ça tout à l'heure. Il y a aussi plein de métiers intéressants. Et puis il y a les commerçants. Donc là, comment ça se traduit ce métier et comment est ce que toi tu formes aussi des gens vers ces autres acteurs ? YannAlors que chez les annonceurs, il y a deux types d'annonceurs. Il y a les très gros annonceurs, qui ont internalisé une partie de ces compétences. C'est à dire qu'ils font en interne une partie de ce qu'avant faisait l'agence. Je veux parler de Cdiscount ou de SNCF Connect, de très grosses boites comme La Redoute, etc... Qui ont des enjeux online, donc en ligne, très importants. Eux ils internalisent les compétences, donc ils ont carrément de petites agences en interne. Eux ils recrutent des traders, Pierre et Vacances Center Parcs, on a beaucoup de alumni chez eux... BertrandDonc ça veut dire qu'on a une petite agence chez l'annonceur. C'est la même, la même organisation, mais elle se passe chez chez l'annonceur, chez la marque ou le E-commercant ? YannOui, Il a internalisé ses compétences, alors il a toujours des agences pour avoir un peu de conseil externe aussi. Mais globalement, ça, c'est un sujet. Et puis on a donc autour de ça des profils et des annonceurs plus petits où même les gros vont avoir des profils un peu plus généralistes. Qui vont être des pilotes qui vont plutôt arbitrer, plutôt coopérer, ce qu'on appelle les Traffic Managers. Qui sont des profils plus polyvalents, peut être moins experts sur chaque domaine, mais avec une bonne connaissance de tout ça. BertrandEux, ils vont orchestrer un peu. Ou les prestataires ou l'agence avec lesquels ils travaillent ? YannOu les équipes internes. BertrandEt ils vont un peu guider vers la performance, le ROI, le Retour sur Investissement... YannOui pour analyser la manière dont les leviers sont utilisés et ils vont en tirer des conclusions et essayer de réorienter. C'est vraiment des chefs d'orchestre, c'est vraiment ça leur boulot, c'est des chefs de projet en quelque sorte. Ça c'est des métiers assez intéressants. Et puis il y a tout un pan de métiers qui existe partout et qui est aussi très peu connu sur les métiers du Tracking. Le Tracking, c'est donc mesurer. Pour mesurer, on met des petits codes de tracking sur les pages. Il faut des gens capables de faire des stratégies de tracking, de choisir les éléments à mesurer, quelle page va être mesurée. Qu'est ce qu'on va mesurer comme indicateurs sur cette page. Est ce qu'on doit remonter le prix du produit, etc... BertrandOK, ça me semble extrêmement clair. Merci beaucoup Yann, c'est très utile. J'aimerais bien qu'on termine cet entretien avec tes conseils. Alors j'ai déjà entendu ce que tu as dit à d'autres micro ou dans des interviews. Et j'aimerais bien que tu décline ça pour ceux qui nous écoutent. Aujourd'hui, quels sont tes conseils pour aider les jeunes à trouver un job dans le digital ? YannDéjà, c'est d'arrêter de vouloir être chef de projet digital. C'est un métier qui existe, mais ça veut tout et rien dire à la fois. Chef de projet digital, ça peut être quelqu'un qui gère des projets de sites Internet, comme quelqu'un qui gère la digitalisation d'une PME. Donc ça veut rien dire du tout. Ça existe encore une fois, mais ce n'est pas un métier, c'est aussi plein d'autres choses et donc il faut se renseigner et écouter tous les métiers que tu présentes dans ton podcast. Comprendre les choses, aller sur Indeed, sur sur Pôle-Emploi, peu importe. Mais ouvrir des fiches de postes, regardez ce qu'on demande dans ces fiches de postes. Par contre, pas trop s'attarder sur le profil type qu'on demande parce qui n'existe pas. Il faut bien se dire que la personne qui est débutant avec cinq ans d'expérience, qui a fait un bac plus cinq de publicité, ça n'existe pas. Donc voilà, il ne faut pas se traumatiser avec ça. Par contre, il faut regarder les missions. YannLes missions, c'est des choses super intéressantes. Reporting, on a pas parlé de ça, mais c'est une mission très importante. Être capable de discuter avec un client, de présenter des choses à un client, etc.. Donc typiquement il faut regarder ça, il faut se renseigner. BertrandÇa, c'est la première chose, c'est la curiosité. Il faut être curieux et il faut s'intéresser à ce métier de la publicité digitale pour le comprendre et comprendre quelles sont les opportunités de job. YannPoser des questions aux gens qui le font. Aller sur LinkedIn, contacter quelqu'un et j'ai vu que tu faisais tel métier. Sur LinkedIn, tapez Oreegami, vous allez voir tous les alumni... J'ai vu que tu faisais le métier. Qu'est ce que ça veut dire ? Qu'est ce que c'est pour toi ? Comment est l'ambiance dans cette boite etc... Ça c'est important. deuxième chose, c'est multiplier les opportunités. Ça, c'est hyper important. Je vois trop de jeunes et moins jeunes aujourd'hui dire non. Tiens, on m'a proposé un entretien, mais c'est le métier m'intéresse, pas beaucoup. Je ne vais pas y aller. Si, il faut y aller, justement. Un, n peut avoir une bonne surprise, on n'est pas à l'abri. Et deux, on va dans cette discussion entendre d'autres choses. Peut être que le recruteur qui est en face, ce n'est pas pour vous, mais par contre je vous conseille de regarder tel truc. Ça peut vous intéresser par rapport à ce que vous m'avez dit... YannLes recruteurs ne sont pas des chiens, ils sont là pour aider. Donc s'ils ont quelqu'un en face d'eux, qu'ils estiment être intéressant, ils vont vous donner des conseils. Allez déjeuner avec des gens, jamais refuser une information collective ou un truc autour de ça sous prétexte qu'il fait chaud ou qu'il fait pas beau. Ça, c'est vraiment important les rencontres, c'est là qu'on se construit son avenir : provoquer sa chance ! BertrandEt quand tu dis les rencontres, j'entends quand même les rencontres réelles, en physique ? YannOui, il y a les deux, il y a les rencontres virtuelles, mais là, on ne peut pas trop discuter avec les gens. Et puis il y a les rencontres réelles où là, on peut. Tiens, j'allais voir quelqu'un. J'ai entendu ton discours, j'ai vu que tu faisais ça. Ça m'intéresse. Qu'est ce que ça veut dire vraiment ? Etc... Ça, c'est hyper important. Et puis, qu'est ce que tu cherches là dedans ? Parce que je connais quelqu'un... Peut être qu'il cherche quelqu'un pour faire ça? Et de fil en aiguille, on se retrouve à passer un entretien et à le réussir. BertrandDans ce que tu avais évoqué dans d'autres entretiens, il y avait la sérendipité. Le fait de "provoquer sa chance". Est-ce que tu peux détailler ça ? expliquer le mot, il n'est pas forcément connu par nos auditeurs. Qu'est ce que ça veut dire ? YannCe mot, il est connu dans un environnement scientifique et l'environnement de recherche. Parce que c'est souvent par sérendipité qu'on a fait les plus grandes découvertes. BertrandOn a découvert des choses un peu par hasard ? YannOn a découvert la colle par hasard. BertrandÇa n'est pas ça qu'on cherchait. YannOn a trouvé la radioactivité, Pauvre Marie Curie, par hasard. Et donc on cherchait quelque chose, et puis tout d'un coup, boum, il y a quelque chose qui est apparu au milieu. Eh bien, c'est exactement pareil pour la vie. Vous allez déjeuner avec quelqu'un que vous n'avez pas vu depuis longtemps. Vous vous dites il a rien à me raconter ou j'ai rien à lui raconter. Et puis, au fil de la conversation, vous vous rendez compte que vous avez une connaissance commune, que cette connaissance, elle cherche quelqu'un pour l'aider à faire un truc. Vous vous êtes partant ou partante ? Et boum, c'est parti ! Et en fait, c'est toujours comme ça que ça fonctionne. BertrandDonc c'est à la fois la sérendipité et provoquer sa chance ? YannÇa peut provoquer la sérendipité ! BertrandOn peut provoquer la sérendipité. Et dans les dernières choses que j'avais trouvé vraiment intéressantes, notamment par rapport à ce que tu fais chez Oreegami, c'était vaincre ses peurs. YannOn a, on a plein de gens qui arrivent chez nous avec des choses qu'on appelle "des croyances limitantes" en théorie cognitive. C'est à dire des gens qui sont persuadés qu'ils ne savent pas faire des choses. Et en fait, on est ses croyances. Donc si je me dis que je ne suis pas bon en math, je serai jamais bon en math, c'est certain. C'est pas parce que je me dis que je serais bon que je vais l'être. Mais c'est déjà une première étape. Et donc ça, ça se travaille. Ça ne se dit pas. Je peux dix mille fois à quelqu'un : "N'aie pas peur", il aura encore plus peur... Par contre, ça se travaille avec des gens. Nous, on a des coachs qui travaillent avec nos élèves et qui les accompagnent. Comprendre d'où vient cette peur, comment elle a été générée. Quelquefois, on va se rendre compte que c'est un professeur de primaire qui n'a pas été malin ou qui était peut être un peu maladroit et qui qui vous a mis ça dans la tête... Et du coup, vous êtes devenu votre croyance. En fait on n'est pas sa croyance, on le devient ! BertrandOK, merci beaucoup Yann. Vaincre ses peurs avec Yann Gabay, ton prochain bouquin ? BertrandJe sais pas si c'est avec moi, c'est plutôt Perline la chef de ça. Elle est responsable du développement personnel et fait un travail de fou justement là dessus. On a une trentaine de coach avec qui on travaille pour vaincre ses peurs chez Oreegami, et c'est possible... BertrandMerci beaucoup, a très bientôt. Yann Merci. L'épisode 39 du Gagne-Pain, l'atelier #7 et la publicité digitale, est également disponible sur : ### Office Manager – Thomas Duhamel Épisode 38 : Thomas Duhamel, Office Manager chez Batch.  Dans cet épisode, nous sommes heureux de recevoir Thomas Duhamel, Office Manager chez Batch. Il est avec nous aujourd'hui, après ses longs voyages, pour nous parler de son métier dans cette start-up digitale afin de pouvoir nous éclaircir sur ce métier d'Office Manager. Merci à Thomas, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Thomas Duhamel – Profil LinkedIn Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 38 : MajdelineBonjour Thomas. ThomasBonjour Majdeline. MajdelineMerci Thomas d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Thomas, tu es Office Manager chez Batch. C'est un métier central au sein d'une entreprise. On va avoir l'occasion d'y revenir en détail. Mais avant cela, est ce que tu peux te décrire en quelques mots ? ThomasJ'ai 31 ans et j'ai grandi dans le Val d'Oise. Une grande partie de ma famille est Picarde et j'ai passé mon bac en 2009. Alors j'ai un parcours scolaire qui est finalement assez atypique puisqu'après un bac S, j'ai fait un DUT en techniques de commercialisation. C' est pendant ce DUT en alternance que j'ai eu l'occasion de partir en Afrique du Sud, en école d'anglais. Lors de l'offre de ce voyage, je me suis rendu compte qu'on avait la chance d'avoir un département dans l'océan Indien, la Réunion. Donc, une année après, me voici parti à la Réunion pour faire une licence de biologie et géosciences. Et inutile de préciser que je ne me suis pas vraiment très investi dans cette licence. MajdelineC'était une bonne expérience ? ThomasC'était humainement assez incroyable. Enfin, la Réunion porte très très bien son nom. Je pense que humainement, j'ai beaucoup grandi parce qu'il y a une véritable diversité et une vraie gentillesse humaine. Et j'en suis sorti très grandi. Donc finalement, dans un sens, la mission a été extrêmement positive. MajdelineGénial ! Tu es actuellement chez Batch. Est ce que tu peux nous en dire un peu plus sur cette entreprise ? ThomasBien sûr Batch c'est une start-up. D'ailleurs, je pense qu'on peut même parler de scale-up vu l'hyper croissance. Aujourd'hui, on est déjà un peu plus de 100 chez Batch. Et donc concrètement, Batch, c'est une entreprise française dont le siège est basé à Paris et nous équipons les directions marketing Sarenza, La Redoute... pour n'en citer que quelques unes, avec une plateforme technologique qui leur permet de communiquer avec leurs clients via des canaux comme le push sur mobile. Donc vous recevez sur sur votre smartphone le push et bientôt vos emails. Et en valeur, concrètement, ce qu'on va apporter à nos clients à travers cette plateforme, ça va être plus de business, une meilleure expérience pour leurs propres clients, une meilleure expérience utilisateur pour eux les marketers. Et j'ai intégré Bash fin février, cela fait donc un peu plus de six mois que j'occupe les fonctions d'Office Manager. MajdelineSuper, concrètement, qu'est ce que tu fais au quotidien en tant qu'Office Manager ? ThomasAlors je vais m'occuper de trois axes Principalement. Ça va être la mise en place et l'accompagnement des nouveaux Batchers, en collaboration étroite bien sûr avec avec les RH. La gestion des services généraux, ce qu'on peut appeler le facility management (les services généraux), c'est à dire le sourcing, le pilotage des prestataires, l'amélioration du cadre de travail et le bon fonctionnement de notre bureau. Et tout cela en veillant, et ça c'est un peu notre credo chez Batch, à ce que l'expérience collaborateur soit vraiment la plus agréable possible. Et j'essaie constamment d'améliorer ce parcours collaborateur jour après jour. MajdelineLe Onboarding, c'est la formation ? ThomasTout à fait. Chez Chez Batch, on a un Onboarding qui finalement va accompagner le nouveau collaborateur pendant près de trois à quatre semaines. Ce qui permet vraiment d'accueillir le futur Batcheur dans les meilleures conditions. Et donc, le troisième axe, et pas des moindres, c'est l'organisation des événements Corporate, c'est à dire internes. Donc les séminaires, que ce soit les séminaires d'équipe, les séminaires groupe, pour l'ensemble des collaborateurs de Batch, ou encore des événements, un peu plus ponctuels, comme la soirée de Noël ou de Pâques. MajdelineThomas, petite question autour du digital. Quels sont les outils qui t'aident au quotidien dans ton poste d'Office Manager et quelle est l'évolution que tu as constatée dans la digitalisation de ce poste ? ThomasAlors concrètement, chez Batch, déjà en termes de communication, on utilise en interne énormément Slack. Ce qui va nous permettre d'être extrêmement réactif. De pouvoir constamment communiquer les uns avec les autres tout en évitant de se déranger, tout en conservant l'envoi de mail, pour des sujets un peu plus sérieux et formels via la suite Gmail. Ensuite Notion, un outil qui permet vraiment une mise en forme d'un ensemble d'informations. Aujourd'hui c'est un peu notre notre know how (savoir-faire), notre base de données. Finalement, quel que soit l'équipement, tout le monde chez Batch va utiliser Notion. Ça permet vraiment de structurer toute l'information qu'on va avoir en tant qu'équipe. Que ce soit, en tant que manager, de pouvoir permettre l'accès à l'information rapidement des autres collaborateurs. Et partager des informations avec d'autres équipes. Il y a quelque chose d'assez transverse qui est extrêmement intéressant. Et enfin, je pourrais parler de Declic, qui est notre prestataire d'infogérance, qui permet la gestion de notre matériel informatique. Chez Batch, tous les collaborateurs ont un Mac, donc ça fait plus d'une centaine d'équipements à suivre. Il y a encore cinq ans, je pense qu'on aurait travaillé avec un Excel. Il aurait fallu absolument tout retranscrire. Aujourd'hui, tout est fait directement par le prestataire. Et même chez Archery, mon job précédent, on avait un prestataire d'infogérance mais qui avait une solution qui n'était pas encore tout à fait développée. Et j'ai vraiment vu la différence en arrivant en arrivant chez Batch. MajdelineMerci Thomas. Quelles sont les trois principales compétences que tu as identifiées qui sont requises pour ce job ? ThomasIl y a encore une fois, il y a autant de postes d'Office Manager que d'entreprises. Mais c'est vrai qu'à titre personnel, je pense que les trois compétences importantes pour mon poste est d'avoir une gestion du stress. Qui permet justement de garder une forme de disponibilité intellectuelle tout en ayant une To Do List assez remplie. De pouvoir répondre aux impératifs ou aux sollicitations des collaborateurs, et cela dans les meilleures conditions. Et finalement, c'est assez lié à un côté multitâche. Parce que j'ai énormément de projets transverses qui ne sont pas forcément corrélés les uns avec les autres. Et donc, il faut être capable de suivre ces différents sujets simultanément. Et je dirais enfin qu'il faut savoir faire preuve de diplomatie. C'est que dans le poste d'Office Manager, il y a la partie organisation d'événements. Je dirais qu'il y a quelque chose que beaucoup de collaborateurs considèrent comme étant cool. Donc les événements, la partie catering (traiteur), c'est à dire les différents snacks qu'on va avoir au bureau. Et donc, à chaque fois, il va y avoir un collaborateur qui va penser avoir la super idée pour tel événement. Tel lieu ou telle solution de recyclage, et il faut être capable d'expliquer pourquoi cette mise ne serait pas forcément possible. Puisqu'on a une vision plus globale que le collaborateur sur la situation et donc d'être capable d'expliquer pourquoi la solution n'est pas forcément si adaptée... Au niveau de ce que j'aime le moins en terme de tâches, je dirais que c'est un peu les tâches d'exécution. Typiquement, rentrer l'ensemble des factures fournisseurs qu'on peut avoir sur un Excel. Ce n'est pas la raison pour laquelle je me lève le matin. Ceci étant dit, ça reste extrêmement important, notamment pour la définition de nos budgets. Pouvoir identifier les postes de dépenses et donc optimiser le département de management. MajdelineQuelle a été ta plus grande surprise dans ce métier ? ThomasÇa a été la chance d'être un contact privilégié avec notamment les intervenants qu'on va faire intervenir en séminaire. Pour la petite anecdote le premier séminaire que j'ai organisé, j'ai eu la chance d'avoir une réunion téléphonique avec Virginie Guyot qui est la première femme à diriger la Patrouille de France. Finalement, on a fait intervenir Bernard Laporte sur un séminaire. Lorsqu'il est arrivé sur le lieu, je suis resté avec lui une bonne demi heure, le temps que ce soit vraiment son moment pour entrer dans la salle... C'était, une surprise pour l'ensemble des collaborateurs, donc un vrai régal. Et là, plus récemment, chez Batch, le fait de pouvoir rencontrer Benjamin Kayser, un grand grand rugbyman français. MajdelineDonc il faut avoir aussi dans les compétences de garder un secret ? ThomasOui, et je dirais que c'est limite quand on s'occupe de la partie événementielle. C'est vraiment une pierre angulaire parce que les collaborateurs essaie toujours de savoir ce qu'on organise. Surtout, comme chez Batch, on va avoir une moyenne d'âge assez jeune. Et donc des collaborateurs extrêmement curieux et friand de ces événements... MajdelineQuelle est ta journée type en tant que Office Manager ? ThomasAlors à titre personnel, comme il y a une forte dimension services généraux et événementiel. Il va y avoir le traitement de mes mails, la prise en compte des factures fournisseurs, la gestion des projets en cours. Donc ce que j'appellerai un petit peu le run, la gestion des affaires courantes. Également, des impondérables dont je parlais tout à l'heure. Répondre aux différentes questions des collaborateurs et préparer les onboarding, donc l'arrivée des nouveaux collaborateurs. Quelquefois ça arrive, ce qu'on appelle des Offboarding, le départ des collaborateurs. Par contre, je pense qu'il est assez important de préciser qu'il n'y a pas vraiment de journée type. Chaque journée est très différente. Encore une fois parce qu'il y a une dimension quotidienne et d'impondérables. Quand je dis impondérables, il n'y a rien de négatif. C'est vraiment ce côté soudain qui fait que une journée ne ressemble pas forcément à la suivante et pas forcément la précédente non plus. MajdelineEt c'est ce qui te plaît dans ce poste ? ThomasBien sûr, c'est vraiment ce que j'aime beaucoup sur ce poste. MajdelineOn est régulièrement interrogé sur l'utilisation de l'anglais dans le travail. On sait que c'est devenu hyper important. Pour le poste d'office manager, est ce que l'anglais est primordial ? ThomasAlors je dirais, au delà du poste d'Office manager, je pense qu'en 2022, globalement, l'anglais professionnel est extrêmement important. C'est une véritable valeur ajoutée. Pour prendre un exemple très concret, chez Batch on s'internationalise. Aujourd'hui en ayant un anglais professionnel, je vais pouvoir être en mesure d'accompagner l'équipe en charge de l'Allemagne dans l'organisation de leur salon. Éventuellement de leurs déplacements et, et qui sait, peut être un jour participer à l'ouverture de l'un de nos bureaux européens? Ce qui est évidemment me ferait plaisir. C'est le genre de projet que j'aime énormément. Et finalement, au delà de ce cas particulier de très joli poste d'office manager se retrouve dans des postes de cabinet avec une dimension internationale. Que ce soit des cabinets d'avocats, des cabinets, des cabinets de conseil, des fonds d'investissement, des start up ou des Scale-Up comme Batch et des PME qui s'internationalisent... Donc oui pour moi aujourd'hui, surtout si on veut avoir une carrière qui évolue l'anglais est un must have. MajdelineEst ce qu'il y a une bonne formation pour faire ce métier ? ThomasAlors c'est une excellente question. Aujourd'hui, je dirais que de façon un peu classique, effectivement, si on veut devenir office manager, c'est à dire avec cette dimension notamment services généraux un DUT ou une licence en Gestion et Administration des Entreprises (GEA) peut être un très bon début. Par contre, ce que j'observe sur sur le marché et au niveau de mon réseau sur LinkedIn, c'est qu'une très grande partie des Office Manager n'ont pas du tout une formation spécifique à l'Office Management. Ils n'ont pas fait des études en vue d'être Office Manager. Mais c'est plutôt une forme de reconversion ou une évolution de parcours. Et donc finalement beaucoup de self-made man. Finalement et personnellement, je fais partie de la seconde catégorie. MajdelineEt toi, est ce que tu continues à te former régulièrement ? ThomasBien sûr, et je pense que c'est extrêmement important. Pourquoi ? Parce que les sujets d'Office Management aujourd'hui sont de plus en plus centraux dans dans la vie de l'entreprise. Dans le sens où on va participer à des sujets qui ont trait à la marque employeur à la responsabilité sociale (RSE). On a une dimension d'achat qui est assez forte également et donc il faut être en mesure d'appréhender constamment cet environnement mouvant. Et par exemple, de mon côté, les deux dernières formations que j'ai suivi en tant qu'Office Manager ont été, d'une part, une formation sur la négociation, notamment pour cette partie achat et d'autre part, une formation sur comment faire une charte RSE. Donc la responsabilité sociale et économique de l'entreprise... MajdelineOK, Thomas, est ce qu'il y a un mode de vie type pour un Office Manager ? ThomasBien sûr, sur cet aspect professionnel, de mon côté, en tant qu'Officier Manager, j'ai toujours été cadre, ce qui fait que c'est une chance de profiter d'une forme de liberté dans l'organisation de mon temps de travail. Une vraie flexibilité. Et c'est d'autant plus le cas chez Batch, puisque c'est aussi le propre, l'essence de batch, que d'apporter cette agilité au quotidien, de laisser cette flexibilité auprès de ses collaborateurs. Par ailleurs, c'est vrai que ce qui m'a beaucoup plu chez Batch, c'est ce côté un peu nomade. Puisqu'on a un second bureau à Lyon avec toutes nos équipes tech et un bureau sur lequel je me rends au moins une fois par mois. Dana, qui nous a rejoint début juillet pour m'épauler est basée à Lyon. Mais j'ai continué à conserver ce rythme, d'ailleurs, Dana vient régulièrement à Paris. C'est quelque chose d'assez agréable. Et concernant, le télétravail, c'est vrai qu'il y a une forte évolution ces dernières années. Et donc chez Batch, je jouis d'une grande liberté à ce sujet. Cependant, j'aime beaucoup être au bureau. Je dois plutôt être sur une moyenne d'une à deux journées de télétravail par mois. En général, la veille de mes déplacements pour pouvoir justement m'organiser de manière beaucoup plus confortable et pouvoir justement préparer préparer mon aller retour sur Lyon par exemple. Et je pense d'ailleurs qu'en tant qu'Office Manager, cette dimension et ce contact humain est extrêmement important. Encore une fois, je pourrais être 1 à 2 journées de télétravail par semaine chez Batch. Aujourd'hui, c'est mon choix que de venir au bureau. J'aime particulièrement y venir le vendredi parce qu'on est très peu au bureau. Ça permet de créer du lien, d'avoir un peu plus de temps, ce que l'on n'a pas forcément la semaine. Et enfin, je dirais qu'en tant qu'Office Manager, on rencontre énormément de prestataires, que ce soit lors d'un événement ou d'un sourcing. Ce qui permet de constamment apprendre, de découvrir de nouveaux métiers et je dirais que c'est la dimension sociale. Il faut aimer les gens en tant qu'Office Manager et donc c'est extrêmement important. MajdelineOui, j'imagine que c'est hyper important d'avoir ce côté humain pour ce poste. Que tu sois le point de contact de tous les collaborateurs. Est ce que tu aurais des conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ? Tu leur as donné envie, ils disent OK je vais postuler. Quels sont tes conseils ? ThomasAlors je pense que la première chose, de par le nombre de postes qui peuvent exister, c'est de faire le point sur ce qui nous plaît. Justement, cette dimension administrative ou plutôt cette dimension RH. Est ce que j'aime m'occuper de la gestion, de la paie, de la finance ? Est ce que j'aime cette dimension commerciale pour la négociation de contrat, par exemple ? L'organisation événementielle, la gestion de projet ? Pour savoir ce qu'on aime faire, ce qu'on veut faire et pour trouver les offres adaptées à votre profil. MajdelineThomas Est ce qu'il y a peut être une anecdote qui était arrivée dans son travail et que tu souhaiterait partager avec nous ? ThomasOui, bien sûr. Par exemple, avoir la police qui débarque au bureau parce que le managing partner du cabinet à appuyer plusieurs fois par inadvertance sur le "panic button". Un bouton qui permet de contacter les secours en cas d'agression. Il ne s'en est absolument pas rendu compte et la police a débarquer. C'est le genre de situation qui clairement me fait marrer... MajdelineEt l'anecdote, ce serait aussi d'avoir un panic button ? MajdelineFinalement, ce n'est pas tant ce qui m'a surpris puisque sur les deux entreprises avant Batch, j'ai eu affaire à ce fameux panic button. Donc finalement, quand cette anecdote est arrivée, ça ne m'a pas particulièrement surpris... MajdelineThomas, quelles évolutions envisages-tu pour ton poste ? ThomasC'est une excellente question. Je me questionne encore. Je viens d'avoir 31 ans et c'est vrai que je me demande si dans dix ans, je serai encore en entreprise. Dans ce cas, j'aimerais pouvoir gérer une équipe d'Office Managers. Encore une fois, je pense que la nécessité de pouvoir parler anglais, car ça arrive surtout dans un milieu international. Donc ca c'est dans l'hypothèse de rester en entreprise. Mais dans l'hypothèse d'un changement de voie, je me verrais bien devenir commerçant ou artisan. Mais je pense qu'il est encore trop tôt pour pour pouvoir me projeter sur ce sujet et je pense qu'on en reparlera peut être peut être dans dix ans ? MajdelineAvec grand plaisir. Thomas. Pour conclure Est ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose pour ceux qui nous écoutent ? ThomasAlors oui, c'est peut être un peu bateau, mais comme pour d'autres métiers, il faut accepter de se tromper. Que ce soit sur le poste qu'on choisit qui ne correspond pas. Et donc il faut aussi savoir prendre la décision quelquefois de changer de poste. Et aussi, et ça fait un petit peu écho à la question sur le parcours professionnel, quelques fois de pouvoir changer de métier. Moi même, j'ai fait plusieurs métiers. Finalement, avant de m'épanouir complètement sur ce poste là, j'ai été assistant juridique, je suis passé par la réception, aussi guide dans une abbaye et maintenant Office Manager chez Batch. MajdelineEh bien on te souhaite que le meilleur pour la suite. ThomasMerci beaucoup Majdeline. MajdelineAvec grand plaisir Thomas. À bientôt. L'épisode 38 du Gagne-Pain, métier "Office Manager", est également disponible sur : ### Animatrice numérique – Léa Arnaud-Le Meur Épisode 37 : Léa Arnaud-Le Meur , Animatrice numérique chez Génération Numérique.  Dans cet épisode, nous recevons Léa Arnaud-Le Meur, Animatrice numérique chez Génération Numérique. Léa nous explique comment elle en est arrivée à choisir ce métier, ce qu'elle aime dans son quotidien mais également les avantages de ce métier. Merci à Léa, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com C'est une association nationale qui intervient comme apport complémentaire à l'école. On intervient sur la prévention du numérique. On a trois sujets pour faire simple, les risques et les enjeux des outils numériques et favoriser le bon usage plutôt citoyen.Léa Arnaud-Le Meur, Animatrice numérique Notes du podcast et liens utiles : Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 37 : Bertrand Bonjour Léa, LéaBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Léa d'avoir accepté l'invitation du gagne pain. Tu animatrices chez Génération Numérique. On va avoir l'occasion de rentrer dans le détail et d'expliquer ça. Mais avant, est ce que tu peux te décrire en quelques mots ? LéaBien sûr, si je dois choisir un de trois trucs. Léa Je viens de passer les 30 ans cette année et je viens de la région bordelaise. J'ai une petite fille de neuf ans, Maylis. C'est bien sûr un petit peu toute ma réflexion. Les gosses. BertrandEt donc tu es dans l'animation, On va regarder ça, mais avant, comment tu peux décrire comment tu es arrivé dans l'animation ? Qu'est ce que tu as fait avant ? LéaJ'ai voulu passer par le droit, mais ça n'a pas été mon chemin. Moi j'ai toujours bossé avec les jeunes. Depuis que j'ai passé mon BAFA à 17 ans, j'ai pas arrêté d'abord le chemin de l'animation volontaire et je me suis rapproché du coup petit à petit, du rôle d'animateur socioculturel pour réfléchir sur les contenus. BertrandAujourd'hui, tu es chez Génération numérique. Est ce que tu peux expliquer ce que fait cette association ? LéaC'est une association nationale qui intervient comme apport complémentaire à l'école. On intervient sur la prévention du numérique. On a trois sujets pour faire simple, les risques et les enjeux des outils numériques et favoriser le bon usage plutôt citoyen. Après, on va travailler sur un module qui s'appelle média et sexualité. Travailler avec les jeunes sur tous les enjeux autour du marketing publicitaire, mais aussi sur le rôle qu'on donne à l'homme et à la femme dans notre société encore aujourd'hui. Et le dernier plan d'action, c'est l'éducation aux médias d'information. BertrandEt donc cette association, elle intervient, par ton intermédiaire parce que tu es animatrice dans cette association, elle intervient dans les écoles. Dans quelles écoles ? et à quel âge ? LéaOn a l'agrément Education Nationale, ce qui nous permet de rentrer dans les écoles primaires, les collèges et les lycées, et au besoin de pouvoir développer avec les professeurs. BertrandDonc pour ceux qui nous écoutent, qui sont majoritairement un peu plus âgés que ça, c'est un moyen d'expliquer à son petit frère et sa petite sœur les enjeux du numérique, Les enjeux peut être un peu compliqué du numérique pour cette population de plus en plus accro à son smartphone ? LéaJ'aurais du mal à parler d'addiction aux écrans. On va faire ça différemment. On est là plutôt pour faire comprendre le fonctionnement, pour permettre à chacun d'être libre d'utiliser les outils comme il le souhaite. BertrandC'est ce que tu appelles sensibilisation au sens large et non pas réflexe moralisateur. LéaC'est ça en fait, moi je suis, je suis une animatrice, je suis là pour animer un débat, faire réfléchir les jeunes et les laisser faire leur choix, mais en toute conscience. BertrandOK donc cette association est très intéressante. On va avoir l'occasion d'en reparler tout au long de notre interview. Est ce que tu peux me dire quelles sont les missions ? Quelles sont tes missions ? LéaChez Génération Numérique il faut accepter que déjà il y a plein de missions. Moi, j'en ai plutôt trois. La première, c'est animer. Deuxième, on va créer du contenu et troisièmement, bien c'est former les collègues. BertrandDonc, si on parle de la première mission, c'est la mission un peu centrale quand même. Comment ça se passe ? LéaEn fait, c'est très simple. Les établissements vont du coup recevoir un petit peu d'information. Ils vont prendre contact avec le bureau, puis nous, on arrive sur le terrain. Et on est face au public. Et on a des groupes de jeunes, une classe ou deux classes et on va discuter avec eux. Le principe, c'est discuter. BertrandPas d'annoncer des choses, pas de donner des règles, mais au contraire d'échanger avec eux ? LéaC'est des méthodes qu'ont pu être utilisées, peut être que des animateurs les utilisent encore. Moi, je suis vraiment là pour questionner le but du jeux juste c'est de leur donner la possibilité de comprendre et donc de choisir. BertrandDonc ça, c'est la partie animation qui est la plus la plus lourde. Après, on a une deuxième mission qui est une mission de contenu. Explique nous ce que ça veut dire ? Le contenu, chez Génération numérique ? LéaOn a des référents pédagogiques et le but du jeu, c'est qu'on va utiliser des médias pour aller discuter avec les jeunes, pour les faire réfléchir. Donc, il y a déjà toute une réflexion sur le fond et après il va avoir une partie plus formation. Là, on va réfléchir sur la forme. Moi, j'ai eu la chance pour le coup aussi d'aller sur la partie création de contenu. Et du coup, c'est sympa. BertrandD'accord. Et donc quand tu dis fond et forme, ça veut dire qu'il y a des supports que tu présentes aux jeunes que tu rencontres. C'est ça ? Il y a des supports que vous préparez et que vous leur délivrez ? BertrandEn fait, c'est pas spécialement leur délivrer. On a des messages qui sont très définis en fonction des interventions. Et du coup, il y a plusieurs méthodes pour pouvoir les faire passer. Soit on va les faire pratiquer donc on va faire des jeux. Et du coup je vois, je déduis, je conclus. Soit on va plutôt effectivement, de temps en temps, faire un petit peu de descendant. Et quand on utilise des médias, on aime bien tout bêtement une vidéo. Et qu'est ce que vous en pensez ? Qu'est ce qu'on peut en tirer ? BertrandC'est les médias qui sont un peu préparés, c'est là qu'on a travaillé le contenu. Après, tu as dit qu'il y avait une troisième mission qui est plus récente. Si j'ai bien compris une mission, je dirais de formation de formateurs. C'est ça ? LéaC'est en fait de petites méthodes qui sont vraiment à moi. Je viens du monde purement de l'animation, ce qui n'est pas le cas pour tout le monde. Et du coup, le but du jeu, c'est de redynamiser les équipes. Donc effectivement, je vais donner des techniques d'animation ou faire réfléchir sur les méthodes de transmission, l'adaptation au public qui est très différente en fonction de l'âge. BertrandIl y a combien d'animateurs globalement chez Génération Numérique ? LéaOn est une trentaine. BertrandD'accord, et donc ça sillonne toute la France. Tu es dans le Bordelais, en Gironde, mais après, il y en a un peu partout, réparti sur l'ensemble de la France ? LéaIl y a un bon paquet sur Paris. Je suis désolé pour la Bordelaise, mais il y en a beaucoup sur Paris. On est très très très bien sur Lyon, sur Toulouse, beaucoup dans les grosses villes. Et effectivement plus ça va, plus on est en train d'avoir des animateurs partout, même sur les petites communes. BertrandQuand on a préparé cette émission, on a aussi dit les valeurs de l'association. Je veux bien que tu développes un peu c'est quoi ces valeurs auxquelles tu adhèrent ? LéaLes valeurs auxquelles j'adhère, c'est la capacité de penser par soi même. Pour moi, c'est important de donner les clés aux gamins pour vulgariser, leur donner le moyen de comprendre dans quel environnement ils grandissent et de pouvoir choisir. BertrandDonc le numérique là dedans, c'est un moyen de leur donner les choix, de réfléchir, de penser par eux mêmes ? LéaJe crois que, sincèrement, on n'a jamais eu une génération qui avait autant eu accès à l'information. Avant, on était vraiment sur cette figure d'autorité qui allait faire du descendant. Aujourd'hui, on a des jeunes qui peuvent apprendre par eux mêmes. Qui peuvent aussi apprendre à plusieurs. Et oui, pour moi, l'outil numérique aujourd'hui, c'est cette chance là. J'ai pas envie de leur faire peur, leur dire Oh là là, le grand méchant Internet. Loin de là. Nous, on est là pour parler de risques, donc de probabilité. BertrandD'accord, Et c'est ça les valeurs auxquelles tu adhères chez Génération numérique. C'est à dire que ça t'apporte un discours auquel tu adhères complètement. Et le fait de pouvoir le faire comme ça auprès des gamins en permanence, de renouveler ce discours auprès des gamins, qu'est ce que tu en tire toi ? Qu'est ce que tu vois, est ce que tu vois des changements ? LéaJe ne sais pas vraiment si je peux voir des changements parce que y a des gosses que je revois tous les ans un petit peu. Mais moi, ce que j'en tire c'est une raison de me lever le matin avec toi. Je me suis toujours demandé à quoi je pouvais servir comme on pouvait aider. Et en fait, j'apporte juste aux gamins une autre vision. BertrandEst ce que tu peux nous dire quelles sont les principales qualités qu'il faut pour être animatrice chez Génération Numérique ? LéaIl en faut peut être pas mal, pour commencer, s'adapter à son public. On a plein de tranches d'âge auxquelles s'adapter. Je dirais également vulgariser. Oui, ça c'est important, laisser des prises de conscience. BertrandEst ce que ça change, à ton avis, le comportement des parents suite à ces formations que tu fais ou à ces échanges que tu as avec les profs et les parents ? LéaJ'espère sincèrement qu'effectivement derrière à la maison, ça va être plus à l'écoute et plus sur le partage et moins sur sur le fait de se faire enlever les outils. Parce que ça c'est la première peur des gamins, si ils parlent à leurs parents, ils vont se faire priver de tous les outils. S'il y a un problème, c'est eux qui se font engueuler et du coup, j'espère sincèrement que ça peut ouvrir des discussions et surtout des temps pour montrer. Moi je kiffe les jeux vidéo, c'est un truc tout bête. J'adore jouer avec ma fille. En fait, j'aime ça. Pourquoi je m'empêcherais de lui montrer ? Bertrand Bien sûr. LéaOn réfléchit sur tout l'environnement et les limites aussi de ce jeu. BertrandAlors, dans les questions qui reviennent souvent de la part des auditeurs du gagne pain, c'est l'anglais. Il y en a un peu parlé. Il y a des anglicismes partout. Est ce qu'il faut avoir des bonnes compétences en anglais pour faire ce job d'animatrice ? LéaNon, je pense qu'il faut avoir de bonnes compétences en langage "jeune". Bertrand D'accord. LéaDéjà tu dis pas "jeune" parce que tu parais "vieux". On dit que t'es un boomer. Il y en a deux ou trois petits comme ça... Mais effectivement, après, quand on va parler de Fortnite, quand on va parler de différents jeux, on va utiliser les termes qui sont dans le jeu. Donc oui on va utiliser des termes anglais, mais en fait ça devient plus des termes de mon usage quotidien et on se base sur ce que prennent les jeunes... BertrandSi je résume ce que nous avons dit avant de faire cette interview. Il faut être "dans le Moove", pas forcément "être fluent en anglais" ? Léa C'est ça. BertrandAttention GP La question Gagne-Pain. Combien ça gagne une animatrice chez Génération Numérique ? LéaChez Génération Numérique, c'est plus stable que dans le reste des métiers de l'animation. Il faut être assez sincère. Moi, quand je suis arrivé chez Génération numérique, ce n'était pas comme aujourd'hui. Notre délégué général il bosse pour qu'on arrive à peu près sur tous à 1 500 € net par mois. Tu peux faire plus, tu peux faire moins, c'est ça qui est intéressant. On a des modules qui sont aussi majorés en fonction des subventions qu'on peut obtenir de nos partenaires. Et du coup, tu peux le dépasser beaucoup et des fois tu as des mots un peu creux, tu peux faire un peu moins, mais si tu veux une réponse en brut, on est sur du 20€ brut par heure. BertrandQuelles sont les tâches quotidiennes qui te plaisent le plus et celles qui te plaisent le moins ? LéaOn va commencer par le négatif, ce qui me plait le moins. Me lever tôt. Mais bon, c'est la première fois que je le fais autant. Et beaucoup de trajets. BertrandDonc ce qui te plaît le moins, c'est l'infrastructure. Il faut aller dans une école, donc il faut se plier aux horaires de l'école, arrivé tôt. Et si t'as des trajets, ça veut dire se lever encore plus tôt... LéaSur Bordeaux c'est la rocade, c'est chouette comme sur Paris, le périph. Donc oui, les bouchons. BertrandEt qu'est ce qui te plaît le plus ? LéaLe contact avec les jeunes. Vraiment et les faire réfléchir. Et si au passage, je peux faire réfléchir un ou deux adultes, c'est du plus... BertrandLéa, est ce que tu peux nous dire quelle a été la plus grande surprise dans ce métier d'animatrice chez Génération Numérique ? LéaAlors en fait, je vais t'en citer deux. La première chose, c'est le contenu. Tout ce que j'ai appris, c'est énorme, tout ça, c'est bien. Et la deuxième, c'est celle des personnes. En fait, il y a des personnes très enrichissante. On est vraiment tous différents, les animateurs et fait au delà d'apprendre du contenu, on s'échange des méthodes. Et donc, du coup, ma plus grande surprise a été d'apprendre autant et de m'ouvrir autant. BertrandExcellent. Et donc ça veut dire que ça te permet de transmettre encore plus ? LéaEt puis de se remettre en question. Je crois que c'est un des exercices qui est très compliqué dans le monde adulte. Et bien avec les gosses, mais aussi avec les collègues, c'est notre quotidien. BertrandPour ceux qui nous écoutent. Est ce que tu peux nous dire quelles sont les formations qu'il faut pour faire ce métier ? LéaPour faire ce métier, Il n'y a pas vraiment de formation, c'est pour ça qu'on a un gros plan de formation interne. Parce qu'en fait, on va avoir tout type de personne. C'est ce que je te disais tout à l'heure, il y à des gens qui sont sociologues, qui ont fait des études de sociologie, ils vont bosser sur le contenu. On a des gens qui ont fait des études d'informatique et qui sont là pour faire de la technique. Et tu as des gens comme moi qui viennent du milieu de l'animation et donc qui vont transmettre les méthodes. Et c'est pour ça que notre temps de formation, il est plutôt fait pour partager avec tous, tout ça. BertrandEt toi, si je comprends bien, tu continue à de former régulièrement. LéaBen en fait, c'est la formation continue. Et comme on retravaille nos modules pour être au plus proche, l'utilisation des jeunes et des problématiques des jeunes. En fait, on apprend tous les jours. BertrandSur la formation, il y a évidemment les formations qui sont proposées sur les contenus de Génération numérique. Est ce qu'il y a des choses que tu vas picorer ailleurs, que tu cherches ailleurs et qui t'intéresses ? LéaOui, la connaissance du public. On va effectivement bosser sur toutes les recherches qui ont été fait par plein de pédagogues. Donc on va travailler là dessus. Après, sur la création de contenu, on va aller chercher ce que font des Youtubeurs et des Instagramer et bosser aussi avec eux. BertrandAlors ça, ça m'amène à une question qu'on avait aussi travaillée ensemble. Est-ce que tu pourrais conseiller à ceux qui nous écoutent, des films, des séries, des livres, des podcasts en rapport avec ce métier ? Je sais qu'il y en a quelques uns... LéaJ'en ai plein et j'en ai discuté avec mes collègues de cette question. Oui, ça me paraissait très important parce que j'aime bien des trucs, mais tout le monde en a également. On va d'abord conseiller des trucs sur YouTube. Parce que c'est notre environnement. En fait, on va pouvoir autant regarder des gens qui qui vont faire de l'esprit critique. Je pense à des trucs tout bête, mais la tronche en biais. BertrandDonc ça c'est une chaîne sur YouTube? LéaOui, ça ce sont les chaînes YouTube. On va aussi pouvoir aller voir Horizon Gull qui est très sympa, allez voir Richard Monvoisin, je pourrais écouter ses cours sur YouTube, je trouve ça hyper chouette. En fait, on écoute aussi beaucoup de conférences en podcast. En fait, je pourrais citer plein de mons, mais on va autant aller sur des podcast de pédagogues, de sociologues. Mais j'ai envie de plus de te parler de chaînes YouTube. BertrandD'accord, tu as aussi parlé d'un film documentaire. Ça m'intéresse de s'arrêter dessus, un film documentaire qui s'appelle "derrière nos écrans de fumées" . Alors ça, c'est quoi ? LéaAlors c'est quelque chose qu'il faut voir. Ce qui est intéressant, c'est que les mecs qui ont mis en place, tous les systèmes qu'on a aujourd'hui sur nos outils numériques, de collecte de données, de réutilisation et qui du coup, nous expliquent. Pourquoi ils l'ont mis en place. Ce qu'ils auraient peut être voulu faire différemment ou pas. Mais surtout nous donner les clés au maximum. Et je le rappelle encore une fois, pour être libre de choisir ce qu'on accepte ou pas. BertrandAccepter, c'est le choix qui est important ? LéaOui, Choisir... BertrandTout à l'heure, il y a un sujet sur lequel on est passé un peu rapidement, mais j'ai envie d'y revenir. Tu as dit que tu faisais beaucoup de route en voiture et que tu écoutait des podcasts et que ça te plaisait. Peux-tu nous indiquer quelques podcasts que tu as envie de conseiller à nos auditeurs ? LéaJ'écoute beaucoup et je crois tous les jours c'est "le vrai du faux". Bertrand D'accord. Léa"La méthode scientifique" que j'aime beaucoup. Et c'est un plaisir que je partage avec ma femme, c'est d'écouter aussi "tueurs en série" . BertrandDonc ça, ce sont des histoires, tu aimes bien que l'on te raconte des histoires sur la route ? LéaJ'aime bien, non, ça, c'est à la maison. Mais je trouvais ça intéressant de parler podcast parce que ce que tu fais, c'est chouette Et c'est aussi quelque chose que je conseille beaucoup aux gamins. Parce que les écrans, c'est cool, mais il y a autre chose... BertrandIl faut s'évader. C'est ça un peu l'idée ? LéaIl faut surtout aller chercher un petit peu partout pour trouver ce qui nous correspond vraiment. Et le soir, pour s'endormir, un petit podcast, c'est pas mal. BertrandEst ce qu'il y a une différence entre le métier d'animatrice chez Génération Numérique que tu imaginais et celui que tu fais ? LéaJe crois qu'au début, j'avais un peu de mal à imaginer. En fait, effectivement la différence c'est sur le contenu. Je ne pensais pas que j'allais autant me former pour aller aussi loin et pouvoir autant apporter, même aux profs et même aux encadrants. BertrandDonc si je résume, c'est la richesse du contenu qui t'a surpris ? LéaOui, la richesse des personnes et des contenus. BertrandOK. Est-ce que tu aurais des conseils supplémentaires à donner à ceux qui auraient envie comme toi de rejoindre Génération Numérique ou de faire de l'animation dans le numérique ? LéaOui envoyez nous un CV ! BertrandEst-ce que l'association permet d'avoir des échanges numériques en dehors de l'envoi d'un cv ? LéaOui, l'association a un compte. Le délégué général, effectivement, on a aussi on a une chargée de com, Coralie qui bosse aussi avec nous là dessus. BertrandDonc on peut contacter Coralie. LéaOui, on peut contacter Coralie. Je vais te répondre là dessus. Il y a un truc avec les animateurs, c'est qu'en fait on se garde un droit de ne pas toujours être le contact en ligne. On est le contact sur le terrain, on est la première ligne. Mais derrière, c'est bien qu'on puisse être tranquille parce que nos données, les moyens de nous contacter directement, même les établissements ne les on pas. BertrandLéa Comment expliques tu ton métier d'animatrice chez Génération numérique à ta fille ? LéaPour le coup, avec ma fille, ce n'est pas vraiment lui expliquer, c'est le vivre... Chaque fois qu'elle prendra un écran, on va en discuter. A chaque fois qu'elle voudra apprendre quelque chose, on ira chercher une source et on travaillera sur chaque outil numérique petit à petit pour qu'elle les découvre et qu'elle les comprenne. BertrandLéa Pourrais tu définir ton métier d'animatrice chez Génération Numérique ? En trois mots. LéaOui, je peux premièrement animer, questionner les usages des outils numériques et se remettre en question en permanence. BertrandEst ce que tu souhaites rajouter quelque chose pour ceux qui nous écoutent et qui ont envie d'en savoir plus sur sur ce que tu fais et sur l'association ? LéaSi je peux rajouter un truc, faut arrêter de parler des dangers d'internet aux gamins. Quand on utilise le terme danger, il fait peur et l'émotion ça fait pas toujours prendre de très bonnes décisions. Je vais me répéter, mais la clé, c'est l'explication. Si on est capable de donner aux jeunes, et moins jeunes, les clés de compréhension, ils seront libres de choisir. Je suis relou avec ça, mais je pense que tout se fait là. L'éducation, la sensibilisation et ne pas faire peur. Et aujourd'hui, on a la chance de pouvoir faire comme ça. BertrandExcellent. Je pense que ce sont de très bons conseils. Merci beaucoup. LéaMerci à toi. L'épisode 37 du Gagne-Pain, métier "Animatrice numérique", est également disponible sur : ### Game Designer – Jordan Da Rocha Épisode 36 : Jordan Da Rocha, Game Designer chez JordanMarbotic.  Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Jordan Da Rocha, Game Designer chez Morbotic. Jordan nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Jordan pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Quand on dit Game Designer on voit souvent l'image de quelqu'un qui va dessiner des personnages. Il faut savoir que moi, je suis extrêmement mauvais avec un crayon entre les mains. Je dessine vraiment extrêmement mal. Le Game Designer, c'est la conception de toute l'expérience de jeu. Ça peut être des choses extrêmement variéesJordan Da rocha Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Jordan Da Rocha – Profil LinkedIn Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 36 : Majdeline Bonjour Jordan. Jordan Bonjour. MajdelineMerci d'avoir accepté cette invitation du Gagne-Pain. Jordan, tu es Game Designer, donc jusqu'à récemment, chez Marbotic. On va avoir l'occasion d'y revenir en détail, mais avant cela, est ce que tu peux te décrire en quelques mots ? JordanDu coup, moi, j'ai 27 ans, j'ai grandis et j'ai vécu toute ma vie jusqu'à très récemment à Bordeaux où j'ai fait mes études, mes premières expériences, etc. J'ai eu un parcours assez classique, bac S en 2013, je crois. Après ça, j'ai fait une licence de cinéma à l'université de Bordeaux, où vraiment un enseignement un peu théorique sur le cinéma, l'histoire, etc, avant d'intégrer un bachelor de Game & Creative Coding qui est vraiment la formation que j'ai actuellement, de game designer. MajdelineEst-ce que tu peux nous présenter ton parcours professionnel ? JordanJ'ai eu mon premier stage dans le milieu dans lequel je travaille actuellement en deuxième année de Bachelor, donc il y a quatre ans, en tant que testeur QA. Donc qualification, tester la qualité des jeux, produits, etc... Et assistant localisation, donc tout ce qui est question de traduction ou autre des jeux qu'on produisait. MajdelineDonc assistant localisation, c'est la traduction des jeux. JordanC'est l'adaptation, en tout cas pour un marché d'un jeu qui a été produit pour un autre marché. En fait, c'était un jeu japonais avec des textes en japonais, et donc on devait l'adapter pour le marché européen avec tous les problèmes que ça implique des différentes langues, etc. Et aussi l'adapter pour les autres marchés à international. Du coup, j'ai fait ça pendant six mois chez Gumi Europe qui était une entreprise qui faisait des jeux mobiles. Après ça, je suis revenu à Bordeaux pour faire ma dernière année de bachelor et j'ai eu en parallèle de travailler sur mon dernier projet de jeu dans le cadre du Bachelor. J'ai fait avec Marbotic qui est une startup de high tech, des technologies éducatives. Qui produit des jeux éducatifs pour enfants sur iPad pour leur apprendre la lecture, l'écriture. Je suis rentré en stage chez eux en tant que assistant producteur. MajdelineOK, c'est clair, Jordan quel est ton activité et quelles sont tes missions quotidiennes en tant que game designer. JordanDu coup game designer, c'est un métier parfois pas très bien compris, en tout cas en France. La traduction littérale en français, c'est concepteur de jeu. Quand on dit Game Designer on voit souvent l'image de quelqu'un qui va dessiner des personnages. Il faut savoir que moi, je suis extrêmement mauvais avec un crayon entre les mains. Je dessine vraiment extrêmement mal. Le Game Designer, c'est la conception de toute l'expérience de jeu. Ça peut être des choses extrêmement variées, mais ça va être surtout ce qu'on va appeler des mécaniques de jeu. En fait, c'est par exemple le savoir, je transmets l'exemple de Mario de Super Mario Bros, le game designer va décider comment on contrôle Mario, qu'est ce qu'il va pouvoir faire comme action ? Qu'est ce que ces actions vont avoir comme effets sur le monde autour de lui et comment les ennemis vont agir, quels vont être les ennemis, etc. Comment va être dessiné niveau. Ça va être toutes ces décisions là. JordanOn a des éléments vraiment mécaniques qu'on va agencer pour avoir l'expérience de jeu la plus la plus fun, la plus agréable possible, en tout cas celle qui correspond le mieux à l'expérience qu'on veut donner au joueur. Mes mission là dedans, il y en a différentes, ça dépend vraiment des phases dans la production. La première, ce sera ce travail de conception, de découpage, un petit peu de l'intention originelle pour en identifier toutes les mécaniques qu'on veut établir. Voilà, décider que le personnage aura tel ou tel mouvement, telle ou telle action, tel ou tel effet sur son environnement. Après, on est un peu plus sur tout ce qui est de la documentation, parce que le but d'un game designer, c'est d'être au milieu d'une production en fait avec d'autres, d'autres pôle de compétences. Donc c'est produire une documentation assez précise, assez détaillée pour que ça puisse être pris par les autres pôles, notamment les développeurs et les artistes, pour reproduire en fait tout ce qui est nécessaire pour la création du jeu. JordanDonc, on utilise un document qui s'appelle le game designer document, qui est un truc un peu désuet maintenant, qui est plutôt utilisé. Maintenant, on utilise des, des sortes de "wiki", des choses comme ça, parce que c'est très itératif. Ça évolue beaucoup d'une itération à l'autre. MajdelineAlors les "wiki", ça ressemble à quoi ? JordanC'est la même organisation que Wikipédia en fait. C'est une page qui va décrire une partie du jeu, une fonctionnalité ou autre et qui va renvoyer par pleins d'hyperliens en fait, dans la progression du niveau et ça va impliquer le personnage là et du coup on clique sur le personnage, on a toute sa fiche descriptive, tous ses mouvements. Là où avant on avait un document très linéaire, la forme des jeux actuels ne se prête pas vraiment à ça, en fait. Donc on est plutôt dans une sorte de système, un peu en toile d'araignée, qui va avoir plein de petites ramifications à droite et à gauche. Et du coup, les wiki sont beaucoup plus intéressants pour compiler et représenter tout ça en fait. MajdelineDonc ça c'est la deuxième partie, c'est de la documentation JordanEt la troisième, c'est vraiment, je pense, assez principale chez un game designer, c'est les questions d'équilibrage. Comme je le disais, on était dans un processus très itératif où on va faire une première version, la tester, voir comment quel retour on peut en faire. Modifier, retester, etc, jusqu'à avoir le produit le meilleur possible à la fin. Et du coup, c'est le travail d'un game designer de prendre les retours après une phase de test, voir qu'est ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné et d'aller souvent directement dans le moteur du jeu pour modifier des valeurs de, par exemple, dans le cas de Mario, il sautait trop loin, donc on le fait sauter un petit peu moins loin, on le fait aller plus vite, etc. Donc c'est modifier ces petites valeurs pour arriver au final le plus proche possible de l'expérience qu'on voulait établir avec avec le joueur. MajdelinePourquoi avoir choisi le métier de game designer ? Qu'est ce qui t'a attiré ? JordanJe pense que tout ça, à la base. Je suis joueur depuis tout petit, j'ai toujours un peu baigné là dedans et ça me fascinait. C'était l'un des éléments dans lequel je passais le plus de temps, on va dire. Et à côté de ça, oui, il y a peut être un aspect où ça me passionne un peu de savoir comment ça fonctionne. J'ai toujours eu ça en fait depuis tout petit, sur pleins d'éléments, de voir comment une télé est construite en fait? J'adorais démonter des télés par exemple, les éclater aussi à la fin. J'adorais faire ça, démonter des éléments, des appareils photos, des choses. Comprendre, comment c'est construit l'intérieur, voir comment tout s'agence dedans. Et au final, les jeux, c'est la même chose. Il y a cet aspect un peu effectivement. C'est énormément de petites décisions qui sont pris de petits rouages en fait à l'intérieur, qui s'agencent d'une manière pour avoir un jeu parfait ou non, fluide ou non, mais qui en tout cas apporte l'expérience qu'on en veut. JordanDonc c'était vraiment ce truc là qui me plaisait bien. Après, dans le fait de travailler dedans, il y a un certain plaisir à apporter du plaisir aux gens. En fait, c'est un produit sérieux quand même, on peut pas pas dire qu'on travaille juste là par passion, car ça reste quand même un métier et une industrie. Mais c'est de se dire que mon travail assez sérieux me permet de donner du sourire, de l'émotion, du fun aux gens en fait. Donc c'est ça qui est assez intéressant d'être dans cette démarche là. MajdelineAttention ! La question gagne pain combien ça gagne un game designer ? JordanPas énormément. Ce n'est pas un métier qui est très valorisé, je pense, parce qu'il y a pas l'aspect concurrentiel que peuvent avoir les développeurs. Un développeur qui est dans le jeu vidéo et qui n'est pas bien payé, il s'en fche un petit peu, parce qu'il peut aller voir une banque ou autre et il aura 30 % de plus. C'est assez facile en fait, il y a beaucoup de transversalité entre les milieux comme ça. Un game designer, c'est vraiment celui qui fait le cèdre de développement d'un jeu, c'est le concepteur du jeu. Donc on n'a pas vraiment cet aspect concurrentiel. Du coup, les salaires sont pas énormes je pense, comparé à d'autres métiers de la même industrie. Je crois qu'en début de carrière, on est à peu près entre 26 000€ et 30 000 € bruts à l'année et on peut monter après quelques années entre 35 000€ et 45 000€, quelque chose comme ça. Après toutes les autres évolutions qu'on peut avoir, c'est plus en allant sur des postes à responsabilités, notamment sur des spécialisations de management ou autre, qu'on passe souvent de junior à senior en tant que game designer et après on prend le statut de lead ou autre. JordanEt là, on est plus sur un peu un poste de manager plutôt qu'autre chose. On n'a plus vraiment les mêmes contraintes à ce moment là. MajdelineMerci Jordan. Quelle a été ta plus grande surprise dans le métier de game designer ? JordanEffectivement, vu que c'est quelque chose que je vais faire depuis tout petit, je me renseigne beaucoup quand j'étais enfant sur les grands designers, il y a quand même des noms qui sont très connus dans la profession et il y a toujours cet aspect un peu, c'est la tête pensante, c'est celui qui, effectivement donne ses décisions et toute l'équipe et tout est à ses pieds pour suivre ses décisions. Ce n'est pas du tout le cas. En fait, c'est le cas peut être pour ces personnes là, mais qui sont à des postes de responsabilité ou autre. Ce ne sont pas les mêmes dynamiques, on va dire à l'échelle d'un game designer, normal, on va dire même très doué. C'est juste quelqu'un qui doit être au milieu d'une production, il n'est pas au dessus en fait, on est vraiment au milieu. Et effectivement c'est ce côté "arrêtez d'être dans un trip égocentrique un peu là dessus" et de se dire une fois que t'es au milieu des game designer, il est au même niveau que le testeur, au même niveau que le développeur ou quoi. JordanEt surtout, il ne peut rien faire sans eux en fait. Souvent un game designer va coder mais pas très bien ou alors pas du tout. Ne va pas savoir dessiner ou donc il ne peut pas faire grand chose. MajdelineC'est une hiérarchie assez horizontale. JordanSur cet aspect là, oui ! Au final, le game designer n'est pas du tout un poste de management ou autre. C'est un poste d'artisanat on va dire de dessiner les plans et après on les donne et on nous dit "Ah ben non, ça ne marche pas". Bon et bien je redessine mes plans et c'est au même niveau que les autres. MajdelineD'accord. Et est ce que vous avez finalement une journée type ? JordanPas tellement parce qu'effectivement il y a ce côté "ça dépend du projet, du type de jeux", bien sûr. Mais aussi dans quelle étape de la production est. On a des étapes définies en fait dans un jeu qui dépend du type de jeu. Mais souvent, c'est pré production où on va terminer un peu le projet production, on va tout produire, etc. La période finale, un peu de closing où on va devoir élaguer un peu tout ce qui dépasse pour essayer d'avoir un jeu terminé. Majdeline Le rush ? JordanC'est ça. On appelle ça le crunch dans le jeux video. Majdeline Ha ok ! JordanDes horaires un peu folles, des week end qui s'évaporent un petit peu. Mais il faut sortir le jeu, donc du style, on va très souvent avoir une journée avec des réunions vaguement, ça va être des réunions d'échanges, d'explications, des mécaniques qu'on a créé avec les autres membres du studio, de brainstorm aussi, quand on est plus dans les phases de préproduction. Après, on a vraiment toute une partie, beaucoup de découpage de tous les outils, de toutes les mécaniques qu'on a. Donc c'est vraiment être dans son coin et ce qu'on appelle vraiment faire le breakdown de tout ça, d'identifier tous les éléments qu'on va devoir créer et surtout commencer à les designer, les agencer, etc. Et après effectivement, cette partie aussi qui arrive plutôt vers la fin des productions de Balancing, donc d'équilibrage, ou on va prendre une version du jeu, la tester, la lancer. Est ce qu'elle fonctionne ? Elle a des soucis ? Les voir, les consigner d'un côté. JordanOn demande, soit de faire ses modifications soi même dans le moteur de jeu, soit demander à des développeurs de les changer et de redémarrer ce cycle là. MajdelineJ'aimerais maintenant qu'on parle un peu de la formation. Est ce que toi, tu connais des bonnes formations pour le métier de game designer ? JordanIl y a surtout en France. On a des très très bonne formation qui sont reconnues à l'international. On a trois écoles qui sont extrêmement reconnues et plein de petites autres écoles, souvent privées. Après, sur le côté. Donc les trois grandes écoles, c'est Supinfo à Valenciennes. SupinfoGame pour le jeu, ISART Digital à Paris et l'Enjmin à Angoulême, qui a le statut un peu particulier. C'est, je crois, la seule formation publique. En fait, c'est rattaché au à l'université de Poitiers et c'est un master public. Sauf qu'il y a très peu de place. Ce sont des promos de 18 élèves, je crois. Tous les ans, peut être 1.000 ou 2.000 personnes qui postulent là bas à chaque promo, c'est très dur. Mais après, à côté de ça, on a beaucoup d'écoles qui se sont ouvertes ou en tout cas qui ont intégré des formations de game design. Celle dont je suis issu e-artsup, c'est une école à base de publicité, qui a ouvert une formation Game Design avec des professionnels là dessus. JordanDonc effectivement, on sait, il y a de tout et n'importe quoi. Mais ces trois grandes écoles là sont souvent un peu celles qui se dessinent. Et pour le reste, il faut surtout être vigilant sur le rythme d'apprentissage, etc... Par exemple, c'est toujours intéressant des écoles et c'est même souvent nécessaire de faire travailler les élèves sous forme de projet. C'est ce qu'on a avec nous et c'est extrêmement intéressant de construire un portfolio. Donc c'est vraiment de produire plein de jeux tout au long de la formation pour pouvoir se présenter après et aussi montrer ses compétences directement à la sortie l'école. MajdelineEt toi, est ce que tu continues te former ? JordanJe continue par de la veille, un peu personnel dans le milieu du Game Design. J'ai regardé des master class, etc... Et sinon, j'essaie un peu de m'ouvrir à d'autres sujets aussi. C'est toujours intéressant pour un game designer. D'être curieux sur des sujets, autres que le jeu vidéo, parce qu'on peut en retirer des éléments pour les apporter aux jeux vidéo. Après, et aussi dans le milieu du jeu vidéo, il y a plein de spécialités, ne serait ce qu'en game design. Il y a plein de spécialités qui, vu que les tailles des productions ont augmenté. Mais on a un peu spécialisé le travail et du coup, il y a par exemple des level design qui vont entièrement sur les niveaux, des missions designers qui vont s'occuper des quêtes, etc... Et ça, c'est d'autres contraintes, d'autres spécialisations. Et donc moi je me renseigne sur ces éléments là, principalement sur la narration par exemple, qui est un sujet qui me plaît beaucoup dans le jeu vidéo. JordanIl y a plein de ressources là dessus et c'est peut être mon prochain petit défi que je me pose sur sur cet aspect là, un petit défi d'apprentissage. MajdelineD'accord. Est ce que tu as des conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans le métier de game designer ? On en a donné pas mal durant cette interview. Est ce que tu en a d'autres à ajouter ? JordanJe ne sais pas si j'en ai d'autres, mais j'insisterai peut être effectivement sur le fait de se renseigner sur comment sont faits les jeux et aussi d'en faire d'en faire tout le temps, de toutes les manières possibles. C'est dur parce que des fois, on n'a pas le temps, des fois on n'a pas l'envie, la motivation ou autre. C'est peut être une tâche un peu dantesque comme ça, au premier abord. Il y a des des manifestations en France qui permettent de se donner un petit coup de pied dans le derrière pour avancer. C'est un truc qui s'appelle Game Jam. C'est un truc à l'international et qui est super intéressant et beaucoup suivi en France. Donc c'est des réunions de développeurs amateurs, professionnels ou autres, qui se réunissent dans des lieux. Qui vont former des équipes souvent un peu au hasard et un thème ou une contrainte va être donné et les gens ont 4 8h pour faire un jeu. Donc sur un week end, et c'est le but de ces événements là, c'est d'apprendre quelque chose. C'est de faire, de sortir de sa zone de confort ou alors de se spécialiser. JordanIl y a toujours beaucoup trop de trucs à faire à chaque fois. On fait toujours des tout petits jeux, mais ça permet quand même de commander, de se former sur un moteur qu'on avait envie d'essayer, ou alors de se perfectionner sur quelque chose qu'on maîtrisait déjà. Mais on voulait aller un peu plus loin, d'exploiter une voie sur tel ou tel type de jeu. Ce qui est très intéressant, c'est de voir d'autres personnes, de travailler avec d'autres personnes et même de voir d'autres méthodes de travail. C'est super intéressant là dessus et pareil ça construit un portfolio. Après il y a beaucoup de jeux qui ont même été des des petits prototypes réalisés en 48 h qui sont devenus après des jeux commerciaux. Et après on décide d'aller plus loin, de l'étoffer un peu et ça fait un jeu tout à fait tout à fait honorable, correct, qui sort dans le public. MajdelineOn parlait tout à l'heure de films, de séries, de podcasts. On m'a dit que tu étais un grand consommateur de podcasts. Est ce que peut être tu en as certains en rapport avec ton métier que tu pourrais conseiller ? JordanEn rapport avec mon métier ? En tant que dans le podcast ? Effectivement, j'écoute beaucoup, souvent en anglais. Sinon, en français, il y a un podcast qui s'est arrêté je crois l'année dernière mais qui était très intéressant et qui s'appelle Meet the Dev de Franck Fitrzyk. C'est un ancien développeur de chez Ubisoft qui est maintenant chez Oh BiBi à Paris et qui fait des interviews de développeurs, que ce soit des Game Designers ou autres. Mais c'est vraiment cet aspect de connaitre leurs contraintes, etc... C'est super passionnant. Franck est quelqu'un qui est très sympa. J'ai eu la chance un peu de discuter avec lui et ses interviews sont vraiment super intéressantes. On en retire plein de petites manières de voir des problèmes, de de savoir comment fonctionne la progression de la production dans tel ou tel studio, et cetera C'est assez fascinant. JordanSinon, la communauté jeux vidéo est très présente aussi sur YouTube, avec notamment des vidéos d'analyse de jeux qui sont assez très intéressantes. Par exemple Noclip. Une chaîne YouTube qui produit des sortes de documentaires sur la production de jeux vidéo. Pour savoir comment ça fonctionne derrière. Et on a aussi des vidéos d'analyse, de questions de game design ou autres. Par exemple Game Maker's Toolkit de Mark Brown sur sur YouTube. Qui fait vraiment apprendre un jeu ou une mécanique d'un jeu. Ils veulent la décortiquer, l'expliquer, en voir vraiment la dynamique, etc... MajdelineMerci beaucoup Jordan JordanMerci à toi. L'épisode 36 du Gagne-Pain, métier "Game Designer", est également disponible sur : ### Cheffe de projet CRM – Morgane Agad Épisode 43 : Morgane Agad, Cheffe de projet CRM chez Maison du Monde.  Dans cet épisode, nous recevons Morgane, Cheffe de projet CRM chez Maison du Monde. Morgane nous explique comment elle en est arrivée à choisir ce métier, ce qu'elle aime dans son quotidien mais également les avantages de ce métier. Merci à Morgane, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Alors la tâche que j'aime le plus, je dirais, c'est tout l'aspect échanges collaboratifs avec les différents clients, les différents prestataires, les différents collègues, donc l'aspect humain.Morgane Agad Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Morgane Agad – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 35 : BertrandBonjour Morgane. MorganeBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Morgane d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Morgane tu es cheffe de projet CRM chez Maison du Monde. On va avoir l'occasion d'y revenir et de rentrer dans le détail. Mais avant, j'aimerais bien que tu puisses te décrire en quelques mots. MorganeAlors moi, c'est Morgane. J'ai 26 ans, j'habite en banlieue parisienne, dans un petit coin sympa de la Seine et Marne exactement. J'ai effectué un bac ES, ça fait maintenant huit ans, ça remonte! Avant de m'orienter dans le digital, j'ai effectué un BTS en deux ans et du coup, j'ai enchaîné sur une licence pro e-commerce et marketing numérique à Evry, en alternance et en partenariat avec l'école EFREI. BertrandExcellent. Est-ce que tu peux maintenant nous parler de ton parcours professionnel, incluant justement ces éventuels stages, ces alternances et puis tes premiers jobs. MorganeVous voyez avec plaisir. Du coup, j'ai été en alternance chez OUI SNCF pendant deux ans. J'ai commencé en étant assistante chef de projet CRM et ensuite j'ai eu l'opportunité, dans le but d'élargir mon panel de compétences et de toucher à divers outils digitaux, de m'orienter et de faire ma deuxième année en tant que chef de produit digital au sein de OUI SNCF, toujours. Donc deux ans en alternance et j'ai eu l'opportunité de continuer d'être embauché en CDI en tant que cheffe de produit digital. Donc voilà, j'ai passé presque cinq belles années au sein de OUI SNCF qui est maintenant appelé SNCF Connect. BertrandMerci beaucoup Morgane. Est-ce que maintenant tu peux nous expliquer dans quelle entreprise tu travailles ? MorganeJe travaille chez Maison du Monde depuis janvier dernier seulement, donc c'est assez récent. Je pense que vous devez connaître Maison du monde., c'est une entreprise française spécialisée dans le retail tout simplement de décoration et ameublement. Le siège historique est basé à Nantes et il y en a un également à Paris, où il y a les équipes marketing digital et notamment produits. C'est une entreprise, du coup qui est française, mais à l'international aussi, on est présent dans plus de quatorze pays européens. Et bien sûr, on fait de la vente physique en magasin et sur le web, donc on a notre site d'e-commerce. BertrandEt donc tu es cheffe de projet CRM ? Qu'est ce que ça veut dire cheffe de projet CRM ? MorganeAlors pour rentrer dans le détail, CRM, ça signifie Customer Relationship manager. C'est la gestion de la relation client. BertrandDonc ça veut dire qu'on travaille sur les clients que l'entreprise connaît déjà, qui se sont inscrits au programme de fidélité ou qui ont donné leur adresse mail sur Internet. MorganeTout à fait sur Internet ou directement en magasin lors d'un achat qui a été effectué. BertrandEt donc le CRM, c'est vraiment la gestion de ses clients connus globalement fidèles. Morgane Tout à fait. BertrandEt donc ce sont souvent les clients qui dépensent le plus qui sont les clients les plus importants pour l'entreprise. MorganeImportant oui ! On a aussi des clients inactifs qui ont acheté une seule fois mais qui ne rachètent pas. Ça c'est tout un sujet. BertrandOn va en parler puisque maintenant on va expliquer tes missions. Qu'est ce que sont les missions d'un chef de projet CRM ? MorganeAlors les missions d'un chef de projet CRM, ça passe par trois missions principales. La première, c'est l'élaboration de la stratégie CRM, tout simplement. La deuxième, ça va être tout ce qui est analyse et suivi des indicateurs de performance. Et la troisième, ça va être le suivi et la coordination des différents projets liés au CRM. BertrandDonc si on commence par la première mission, on a une mission de stratégie. Ça englobe quoi cette mission de stratégie ? Il faut définir la stratégie CRM ? MorganeOui, donc ça va passer par plusieurs missions tout ce qui va être gestion de pression commerciale. Aujourd'hui, on envoie des campagnes à plusieurs clients. Il faut savoir à quel moment on les envoie, à quelle fréquence, à quel client. Tout ce qui va être scénario de relance. On fait une opération commerciale, des ventes privées, des soldes. À quel moment on relance notre client ? Ça va passer aussi par la mise en place d'A/B Tests. On fait des tests pour savoir justement si notre dispositif a été efficace ou pas. BertrandAlors A/B Test, c'est aussi intéressant de s'arrêter deux secondes. A/B test ça veut dire qu'on va faire une opération A et une opération B et on va vérifier laquelle est la plus efficace ? MorganeOui, tout à fait. Par exemple, si je donne un exemple sur une volumétrie de 3 millions, on va couper cette volumétrie en deux. On va envoyer un email à un tel typologie de clients et l'autre email, avec une différente structure, ou a un différent objet. BertrandEt comme ça, on va pouvoir déterminer ce qui fonctionne le mieux, ce qui est plus efficace pour la campagne. Morgane Tout à fait. BertrandOK, donc ça, c'était la première mission. Après, on a une deuxième mission et cette mission, c'est une mission très opérationnelle. C'est le suivi et ce qu'on appelle les KPI, vérifier les indicateurs clés de la performance. MorganeTout à fait, C'est exactement ça. Donc au CRM, on a différents KPI. À suivre,tout ce qui va être le taux d'ouverture, le taux de clic, le taux de réactivité. Ce sont des KPI importants qu'on doit suivre. On va faire des bilans d'opération, des REX ce qu'on appelle des retours sur l'expérience des opérations qu'on met en place. Tout ce qui va être reporting régulier, proposition de plans d'action par la suite, etc. BertrandEt on le fait sur quels canaux ? Qu'est ce qu'on utilise pour faire cette relation client ? MorganeAlors on utilise différents différents outils chez Maison du monde, on envoie donc des newsletters, on envoie des push web, pour définir un peu le canal, ça va être une notification envoyée sur l'ordinateur ce n'est pas push notification qui est a contrario sur mobile. On va envoyer également des SMS. Donc on utilise différents outils pour envoyer ces messages à nos clients. BertrandTroisième mission tu as parlé de coordination, de projet. Est ce que tu peux expliquer ce que ça veut dire ça ? MorganeOui. Alors, en plus de la partie opérationnelle d'un chef de projet CRM, donc tout ce qui va être envoi, etc, comme je vous l'ai dit juste juste avant. En fait, tu as aussi tous les projets assez stratégiques, finalement, comment réactiver notre base inactive ? Comment améliorer justement l'envoi de nos push web ? Comment faire pour que nos clients convertissent mieux via l'envoi d'une newsletter par exemple ? Donc voilà, aujourd'hui je suis lead sur certains sujets RGPD, etc. Il y a énormément de sujets liés aux problématiques du CRM qui sont hyper intéressants. Donc il y a toute cette partie aussi sur laquelle je travaille. BertrandOk ! Et ça, ça veut dire que tu impliques d'autres équipes de l'entreprise avec toi sur ces sujets. Parce qu'évidemment, ce n'est pas un sujet qu'on fait tout seul dans son coin. Donc, c'est là où il y a de la coordination avec les autres équipes. MorganeTout à fait. Il peut y avoir de la coordination technique, donc je vais parler aux équipes produits. Il peut y avoir la coordination sur différents outils, donc je vais parler à différents prestataires avec lesquels on collabore. Donc tout ce qui va être les sujets, les équipes juridiques, finalement, pour les sujets liés à la RGPD. BertrandRéglementation générale de la protection des données, c'est ça ? Donc attention à ne pas envoyer des messages à des gens qui ne l'ont pas sollicité, par exemple. Là, c'est très juridique. Morgane Exactement. BertrandOK, donc là, tu as une coordination avec des gens qui sont des gens de l'équipe de Maison du monde, mais aussi des prestataires avec lesquels tu travailles. MorganeExactement, C'est tout à fait ça. BertrandOK Morgane, est ce que tu peux nous expliquer pourquoi tu as choisi ce métier de cheffe de projet CRM ? MorganeAlors aujourd'hui, j'ai décidé de retourner côté CRM pour la simple et bonne raison que c'est un métier qui colle avec ma personnalité. Il est à la fois opérationnel mais aussi stratégique dans la diversité des projets et en même temps analyse et créativité. Ce qui me correspond. BertrandD'accord ! Donc en fait, ce métier, c'est toi ? Morgane Tout à fait ! BertrandEt tu es à la fois analyste, au sens il faut compter, il faut savoir regarder les chiffres et créative, il faut aussi savoir créer des campagnes, des newsletters, envoyer des beaux messages. MorganeDes beaux messages, des belles couleurs, des beaux visuels. BertrandPour ceux qui nous écoutent. Est ce que tu pourrais nous dire quelles sont les trois principales qualités qu'il faut pour ce job de chef de projet CRM ? MorganeOui, alors je dirais la communication, comme on vient de le dire. Finalement, comme on échange avec des personnes internes mais aussi bien externes, il est important de bien savoir communiquer, d'être à l'aise. BertrandD'expliquer les choses. MorganeVoila, d'expliquer les choses, d'avoir un bon sens relationnel et d'être à l'aise à l'oral pour des présentations, etc. BertrandDonc ça, c'est la première qualité ? MorganeOui, la deuxième, ça serait rigoureux. Il faut savoir qu'on envoie quand même des newsletters, des push web à des millions de clients. BertrandFaut pas se tromper. MorganeVoila! Il ne faut pas se tromper. On met des URL, des tracking. Il y a tout cet aspect un peu technique où il faut être rigoureux, minutieux, faire attention à ce qu'on fait et à ce qu'on envoie. BertrandDonc quand tu dis, il faut être rigoureux et que tu utilises des URL, des tracking, ça veut dire que là, on gère vraiment des chiffres, on gère des codes, donc il faut quand même savoir gérer tout ça. MorganeC'est ça et proprement. Et la troisième, du coup, ça serait avoir un esprit assez analytique. Finalement, aujourd'hui, on envoie des campagnes pour les analyser derrière, savoir si c'est rentable. tre à l'aise avec des chiffres et faire un reporting. Un vrai reporting. BertrandExcellent. Alors attention ! QGP La question Gagne-Pain combien ça gagne un chef de projet CRM ? MorganeAlors je n'ai pas vraiment le détail de ce que peut gagner un chef de projet CRM. Ça dépend de plein de choses, du nombre d'années d'expérience, de l'âge de l'entreprise, grandes, petites, etc. Mais je dirais qu'un junior en sortie d'études, en ayant fait un ou deux ans d'alternance peut avoir minimum 34k€ / 35k€ brut. BertrandD'accord et après ça monte un peu ? Quand on est senior et qu'on a quelques années d'expérience ? MorganeÇa monte, d'augmentation et il y a aussi des primes. BertrandOK, ça c'est intéressant. Les primes, ça marche comment ? Elles sont indexées sur quoi ? Sur le chiffre d'affaire ? Sur résultat ? C'est quoi le principe ? MorganeÇa dépend également des entreprises. Mais globalement, on a des objectifs pour l'année. Si on les atteint , on a 100 %, on a notre prime. Sinon, c'est autre chose. Ça dépend aussi des résultats de l'entreprise de manière générale. BertrandC'est vraiment des initiatives liées aux objectifs de l'entreprise et aux objectifs du service CRM dans lequel tu es. Morgane Exactement BertrandMorgane, quelle est la tâche quotidienne que tu aimes le plus et la tâche quotidienne que tu aimes le moins. MorganeAlors celle que j'aime le plus, je dirais, c'est tout l'aspect échanges collaboratifs avec les différents clients, les différents prestataires, les différents collègues, donc l'aspect humain. BertrandD'accord. Et ça, ça rejoint la première partie du titre de ton job, c'est à dire chef de projet. On doit gérer un projet. Donc ce projet, il implique des équipes un peu partout. Et ça, ça te plaît ? MorganeOui, tout à fait. BertrandEt cette notion de chef de projet, tu l'évoquait un peu. Elle est à la fois interne et externe. Elle intègre beaucoup d'équipes, en fait. MorganeBeaucoup d'équipes externes internes, comme tu le disais. Et puis je suis cheffe de projet sur différents pays finalement en France, mais dans des pays européens. BertrandÇa c'est intéressant parce qu'on n'a pas parlé de ça, encore. Cette notion de chef de projet chez Maison du monde. Pour toi, elle est internationale. C'est à dire que tu gères le CRM dans les différents pays du groupe. MorganeC'est ça ! Quatorze pays exactement. La mission que j'aime le moins, c'est de dupliquer les campagnes sur les différents pays. Aujourd'hui, on va lancer des soldes, j'aurais les soldes sur la France, mais j'aurais les soldes sur le Portugal, Autriche, Allemagne, etc. BertrandD'accord, mais ça, c'est la notion de mission quotidienne le moins intéressant parce qu'il y a beaucoup de copier coller ? Morgane C'est ça. BertrandD'accord, mais il y a aussi de la traduction ? MorganeIl y a de la traduction, ça passe par la traduction, c'est envoyé chez nous et nous on fait du copier coller pour avoir différentes newsletters. BertrandEst ce que tu peux nous dire s'il y a une journée type dans ton métier et comment s'organise ta journée ? Est ce qu'il y a une routine du matin ? Des choses un peu régulières qui reviennent ? MorganeAlors, chacun est libre chez Maison du monde, même dans l'équipe CRM, d'organiser sa journée tel qu'il veut. Mais la première chose qu'on fait en étant chef de projet CRM, c'est de vérifier l'envoi de ces campagnes la veille. Ensuite, on va enchaîner en regardant nos mails se mettre à jour, regarder le planning et enchaîner sur les différents projets et différentes campagnes qu'on a dans la semaine ou dans le mois. BertrandMorgane, la communauté du Gagne-Pain nous interroge souvent sur l'utilisation de l'anglais. Est-ce que c'est important dans ton job aujourd'hui de parler anglais ? MorganePour moi non, puis-ce que je n'utilise pas. Chez Maison du Monde, je n'utilise pas comme chez OUI SNCF je ne l'utilisais pas non plus. Ce sont des entreprises françaises et du coup je n'ai pas eu besoin de parler anglais au quotidien. BertrandD'accord, donc ça dépend vraiment de l'entreprise. Et là, en l'occurrence, pour toi, ça n'est pas nécessaire ? Morgane Tout à fait. BertrandPour ceux qui nous écoutent. Est ce que tu peux nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour ce métier de chef de projet CRM ? MorganeAlors je dirais un parcours classique, donc une licence ou un master dans le marketing digital. C'est sûr qu'on ne va pas faire de la finance pour être chef de projet CRM. Mais c'est vrai que j'ai rencontré dans mon parcours pro des personnes qui sont chef de projet CRM et qui n'ont pas spécialement d'expérience dans le marketing digital. BertrandDonc on peut apprendre par soi même et ça m'amène à une question complémentaire est-ce que toi tu continues à te former régulièrement sur ces sujets ? MorganeC'est vrai que depuis que j'ai terminé mes études, j'ai continué à me former par le biais de formation gratuite proposée par l'entreprise sur différents outils qui amènent à la fin des certifications. C'est un plus sur le CV, c'est un plus pour apprendre et c'est hyper intéressant. BertrandDonc tu conseille de continuer à se former régulièrement pour se tenir à jour sur ce métier de chef de projet CRM ? MorganeOui, je pense que c'est important de se perfectionner, de continuer à apprendre, surtout que ça bouge beaucoup dans le digital. BertrandAlors on parlait des certifications ? Justement, est ce qu'il y a des certifications spécifiques auxquelles tu penses, qui sont très collées au métier de chef de projet CRM ? MorganeOui, alors je dirais qu'il y a des certifications outils, surtout! Des formations sur les outils, ça peut être Adobe Campaign qui est un outil de routage pour envoyer les newsletters, les SMS, etc. Récemment, j'ai fait une formation Early Birds, c'est un outil pour la personnalisation des emails, la personnalisation client. C'est hyper important cette notion de personnalisation. Donc voilà, il y a différents outils sur lesquels on peut se former et avoir une certification à la fin. BertrandMorgane, est-ce que tu pourrais nous expliquer s'il y a un mode de vie ? Je parle surtout de déplacements, de rendez vous, d'horaires de travail. Comment ça se passe, le mode de vie d'un chef de projet CRM ? MorganeAlors on gère nos horaires un peu comme on souhaite. On maintient des horaires assez classiques entre 8 h et 18 h. Pas de déplacement spécifique, mais sachant que notre siège historique est basé à Nantes, on peut y aller pour des séminaires, des fêtes de fin d'année ou pour voir les autres équipes. Bertrand D'accord. MorganeOn va surtout à la rencontre de nos prestataires pour des rendez vous, des bilans, des reporting ou pour des trucs un peu plus sympa, des afterwork, des petits déjeuners. BertrandEt les prestataires, qu'on comprenne bien. Ce sont les gens qui s'occupent de toi pour travailler sur la création, pour travailler sur un certain nombre d'outils. C'est qui les principaux prestataires avec lequel tu travailles ? MorganePour revenir dessus, c'est vrai que prestataires, on n'a pas beaucoup défini, mais finalement c'est des prestataires externes, c'est des outils en fait. Ce sont des personnes qui travaillent dans leur entreprise et qui nous propose des outils. Du coup, on paye ces outils là, ça va être Batch pour les push up Tinyclus, pour le ciblage qu'on fait pour nos clients. BertrandDonc eux on essaie de les rencontrer de temps en temps et d'aller chez eux pour sortir un peu du bureau. Morgane Exactement. BertrandEst-ce qu'il y a une différence entre le métier que tu fais et celui que tu imaginais ? MorganeNon, étant donné que je l'avais déjà expérimenté chez OUI SNCF, je n'ai pas eu de réelle surprise. BertrandD'accord, donc tu savais déjà à quoi t'attendre, et ça te plaisait déjà ? Morgane C'est ça. BertrandQuels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient faire ce métier de chef de projet CRM ? MorganeAlors pour les personnes qui veulent faire ce métier, je conseillerais de se former, de se renseigner sur le métier. J'ai envie de dire Google est votre meilleur ami et surtout de ne pas avoir peur d'aller à la rencontre des personnes qui exercent ce métier sur LinkedIn. Envoyer un petit message ne coûte rien et les gens aiment parler de leur métier. Et du coup, c'est toujours bien de le faire. BertrandC'est un excellent conseil. On a déjà entendu une fois, donc ça veut dire qu'aujourd'hui c'est assez facile si on a envie de s'intéresser à un métier, en l'occurrence chef de projet CRM, de prendre contact avec des gens qui font ce métier et de leur poser des questions. Morgane C'est ça. BertrandEt toi, tu accepterais que les auditeurs envoient des petits messages et te posent des questions sur ton métier s'ils veulent en savoir plus ? MorganeOui, avec grand plaisir. BertrandMorgane, si tu avais la possibilité, qu'est ce que tu changerais à ton parcours professionnel ? MorganeJe pense que j'ai le petit regret au fond de moi de ne pas avoir fait une année de césure à l'étranger. BertrandPendant tes études ? MorganeOui, pendant mes études, pour développer l'anglais, j'aurais voulu partir dans un pays anglophone, en Amérique ou en Angleterre pour être bilingue. BertrandEt ça te trotte encore dans la tête, tu aimerais bien pouvoir réaliser ce rêve un jour ? MorganeOui, ça me trotte dans ma tête. BertrandMorgane, est-ce que tu peux nous dire quel est le projet sur lequel tu as le plus aimé travailler ? MorganeOui, alors c'est vrai que ça ne fait pas très longtemps que je suis chez Maison du Monde. Ça fait seulement cinq mois, mais j'ai été en charge de la refonte graphique de nos newsletters, nos templates. Donc tout l'aspect graphique du newsletter, que ce soit le visuel, les modules, la structure. Donc j'ai collaboré. On a fait des ateliers avec notre prestataire d'Artagnan. C'est grâce à cet outil qu'on construit nos newsletter. Et du coup, ça change tout de suite l'aspect de la newsletter que voit le client. BertrandDonc ça a un impact direct, à la fois sur l'aspect opérationnel de la mise en œuvre des campagnes, mais aussi pour le client qui voit des choses totalement différentes. Et donc ça, c'était un projet important et on te l'a confié dès ton arrivée? Morgane C'est ça. BertrandC'était gratifiant d'une certaine manière ? Morgane Exactement. BertrandPour conclure, j'aimerais bien que tu nous dise quelles sont les évolutions que tu envisages pour la suite de ton parcours professionnel ? MorganeOui. Alors aujourd'hui, je m'occupe principalement des campagnes, comme on l'a vu ensemble. Mais c'est vrai que dans le CRM, il y a une partie campagne calendaire des campagnes, qu'on m'a envoyé, des campagnes promotionnelles , et il y a une partie CRM mais plus Marketing Automation Trigger. Donc c'est un autre aspect du CRM, tout ce qui est lié au cycle de vie du client. Et c'est vrai que cette partie là, je ne la connais pas. Elle est un peu plus technique, un peu plus projet aussi, moins opérationnelle. Et cet aspect là, j'aimerais vraiment le développer. BertrandPour comprendre bien et notamment pour expliquer ça à ceux qui nous écoutent. Quand tu dis trigger, ça veut dire le client, il a une action sur une newsletter que tu envoies et on va, en fonction de cette action, lui envoyer des choses complémentaires supplémentaires. On va essayer d'être très proactif et personnalisé ? C'est ça que tu dis ? MorganeC'est ça ! Très personnalisé et de manière automatique. Finalement, dès qu'il va aller sur le site, on va envoyer tout ce qui est newsletter, relance panier. Le premier client qui arrive sur le site, qui s'inscrit à nos newsletter, un email de bienvenue, de Welcome, etc. BertrandEt donc ça, ça veut dire intégrer une partie data dans ton métier, c'est ça. Et puis intelligence artificielle j'imagine. Pour faire de l'automatisation. MorganeC'est ça, automatisation, personnalisation. BertrandBon, écoute Morgane, j'espère que tu auras l'occasion de venir nous raconter ça dans quelques années quand tu auras mis ça place ! Morgane J'espère. BertrandMerci beaucoup Morgane d'être venue sur le Gagne-Pain! À Bientôt. MorganeÀ bientôt Bertrand. L'épisode 35 du Gagne-Pain, métier "Cheffe de Projet CRM", est également disponible sur : ### Les conseils d'un recruteur – Damien Créquer Damien Créquer, fondateur et associé d'un cabinet de recrutement, découvrons la mobilité dans le travail. Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Damien Créquer, co-fondateur et associé d'un cabinet de recrutement qui s'appelle Taste. Depuis plus de quinze ans, il a développé une expertise en recrutement, notamment auprès des cadres. Il accompagne et investi dans une start up, My Jobs Glasses pour la mise en relation d'étudiants et de professionnels. Il est parfaitement adapté pour nous apporter un éclairage sur l'employabilité et la mobilité des jeunes. Merci à Damien pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Faites-vous confiance et de faites confiance aussi au fait que vous ne faites plus le monde que le monde ne vous fait. Damien Créquer Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Damien Créquer – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 34 : BertrandPour ce sixième atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Damien Créquer, bonjour Damien ! DamienBonjour Bertrand BertrandMerci beaucoup Damien d'avoir accepté notre invitation. Damien est co-fondateur et associé d'un cabinet de recrutement qui s'appelle Taste . Depuis plus de quinze ans, il a développé une expertise en recrutement, notamment auprès des cadres. Il accompagne une startup, il a investi dans une start up, My Jobs Glass pour la mise en relation d'étudiants et de professionnels. Il est parfaitement adapté pour nous apporter un éclairage sur l'employabilité des jeunes. Je n'ai rien oublié, damien ? DamienNon, j'ai bien sûr d'autres activités aussi. Donc on travaille beaucoup autour du cycle de vie du candidat, donc tout son cycle de vie professionnelle et on les accompagne aussi sur la transition professionnelle. On a une entreprise s'appelle Transition Lab et on accompagne aussi le développement du talent. C'est à dire qu'on ne croit pas seulement aux compétences mais aussi au développement des Soft Skills. Et on appelle ça French talents studio, c'est un lieu d'expérimentation pour développer son talent. BertrandUn entrepreneur dans les RH, les ressources humaines, le recrutement, bref toutes les compétences pour répondre à nos questions dans le Gagne-Pain. Je vous rappelle l'atelier du gagne pain. Il a pour objectif de proposer des conseils aux jeunes pour trouver un job et pour construire sa carrière, notamment dans le digital. Si tu en es d'accord Damien, j'aimerais bien t'interroger sur un sujet central pour les jeunes : la mobilité.La mobilité sous toutes ses formes. Le travail, notamment dans le digital, n'a jamais été aussi mobile. On distingue notamment la mobilité interne, la mobilité d'expert à un référent, la mobilité géographique, la mobilité externe. On va essayer d'aborder tous ces sujets pour les faire comprendre à ceux qui nous écoutent. Mais avant, j'aimerais que tu expliques un peu l'organisation d'un cabinet de recrutement. DamienAlors nous et globalement, les cabinets de recrutement sont organisés en deux grandes populations, deux grandes expertises. Une qui est tout ce qu'on appelle "front", c'est à dire le travail avec le client sur la compréhension aujourd'hui de ces enjeux de stratégie, du coup de l'organisation qui doit mettre en place et des compétences qu'il a besoin d'acquérir. BertrandDonc là, on parle du client qui souhaite recruter, on l'accompagne pour bien définir son besoin. DamienExactement. Et donc là, il y a une dimension à la fois commerciale et d'expertise, de connaissance des métiers ou des secteurs qu'on adresse. Et c'est vraiment un dialogue, un sparring partner de l'entreprise. À l'issue de ça se définit un brief, et ce brief pour l'exécuter, c'est à dire à aller rechercher la compétence que l'entreprise recherche et qu'on a définie avec eux, et bien on va travailler à ce moment là en interne avec une équipe dite "sourcing", c'est à dire une équipe qui va travailler en fait tout le plan de déploiement des moyens pour pouvoir aller chercher ces bons candidats. DamienQuand on dit déploiement des moyens, ça veut dire aussi bien les réseaux sociaux, ça veut dire les annonces, ça veut dire la mobilisation de candidats et puis la chasse pure et dure, ce qu'on appelle la technique de chasse, c'est à dire des scénarios, appeler à l'accueil, aller chercher directement les personnes sur leur lieu de travail. On est des spécialistes du débauchage. BertrandD'accord. Donc il y a deux parties un accompagnement du client, compréhension du besoin et puis après une partie chasse, pour la résumer. On va chercher le candidat et on essaie de le trouver. DamienEt il y a une troisième expertise qui monte beaucoup aussi en puissance en interne, qui est beaucoup porté aussi par les deux populations, qui est sur toute la capacité à interroger les Soft Skills. Est ce que, en fait, j'ai les bonnes compétences comportementales pour le poste que je veux adresser ? Est ce que c'est un poste qui me met en énergie derrière mes drivers et est ce que mon mode de réflexion s'adapte bien au poste que je vais avoir ?Donc c'est toute la partie recrutement prédictif et là pour le coup c'est transversal aux deux équipes, mais c'est une troisième compétence qu'on développe. BertrandMerci Damien, c'est très clair. Maintenant on voit bien que tu travailles sur la mobilité, il faut aller chercher des candidats et les faire changer d'entreprise. Donc on va parler de la mobilité parce que je pense que c'est le sujet qu'on a défini ensemble quand on a préparé cette interview. La première mobilité, c'est la mobilité assez classique qu'on connaît, c'est à dire la mobilité interne. Qu'est ce que ça veut dire ? Comment on se prépare à la mobilité interne et est ce que ça concerne aussi les jeunes qui sont en stage, les jeunes qui sont en alternance, les jeunes qui sont dans leur premier job ? DamienJ'ai mis le sujet de la mobilité quand on a échangé tout de suite au cœur parce que, en fait, l'obsession est beaucoup sur le premier job, sur l'entrée, alors qu'en fait la capacité à tout de suite anticiper comment je vais me mouvoir à l'intérieur du marché du travail et peut être de l'organisation dans laquelle je suis, est une question clé qui se traite dès qu'on commence à faire la transaction pour avoir son premier job. Est ce que ce premier job, en fait, est un job dans lequel je rentre ? Mais comment je vais me projeter et comment je vais pouvoir évoluer ? BertrandSi je fais une analogie, c'est pas seulement se jeter dans le bain, c'est aussi nager ? DamienVoilà exactement. Ce n'est pas juste faire le deal, genre j'ai le contrat de travail, mais derrière on arrive en poste et puis on se dit mais en fait ce poste il n'est pas évolutif ou comment il évolue. Et puis là on commence à gratter, alors que dès qu'on fait le process de recrutement, on peut interroger et les managers opérationnels, et les RH pour savoir comment on peut évoluer à l'intérieur de l'organisation. Est ce qu'il y a des trajectoires qui sont déjà définies ? Et donc s'il y a des trajectoires définies, ça veut dire qu'il y a des compétences à acquérir. Ça veut dire qu'il va falloir que je me forme pour pouvoir accéder à l'évolution en interne. BertrandQuand on a préparé l'interview, tu m'as parlé d'optimiser la mobilité d'expert à référent, donc ça j'avoue que ça m'a un peu interpellé. Mais je sais que tu as très à cœur d'en parler. Donc est ce que tu peux nous dire ce que ça veut dire concrètement ? DamienC'est la première mobilité. Vous allez être embauché généralement sur un poste d'expert, vous allez faire du SEA vous allez faire du contenu, vous allez être un expert, vous allez développer l'expertise, l'apprendre et en fait vous allez être premièrement cet expert. En fait, si vous voulez avoir une première mobilité, c'est comment je passe d'expert à référent. Et ça, cette expertise là demande un travail intérieur sur la capacité à se dire en fait, oui, je possède mon expertise, mais je la fais rayonner autour de moi, auprès d'autres. Si je la fais rayonner auprès d'autres, ça veut dire que je m'expose à l'extérieur, dans l'entreprise et à l'extérieur aussi de l'entreprise. Et donc ça appelle à ce moment là de la mobilité vers moi. BertrandD'accord, donc ce que tu veux dire, c'est que la mobilité d'expert a un référent, elle permet de rayonner à l'intérieur de l'entreprise, se faire connaître des autres, faire connaître son savoir aux autres mais aussi à l'extérieur de l'entreprise, auprès des clients, auprès des de l'ensemble du marché. DamienEt là, c'est la première logique inbound dans la mobilité puisque du coup, si je passe d'expert à référent, si je suis un référent, si je suis reconnu en interne comme ce référent et en externe, j'ai des chances qu'on m'adresse des projets de mobilité sur la suite pour des autres postes et notamment la suite, ça peut être un poste de manager. On passe souvent de référent après à manager. BertrandD'accord, c'est là aussi une étape d'une certaine. Et cette étape, elle est à la fois orientée vers la mobilité interne, je me fais connaître à l'intérieur de l'entreprise. Mais elle est aussi orientée vers la mobilité externe, sort potentiellement de l'entreprise. DamienExactement. Et pour revenir quand même sur ce point clé de ce passage intérieur, ça passe par quoi ? Ça passe beaucoup par de la connaissance de soi. En fait, vous allez commencer un travail généralement très fort au sein de l'entreprise sur la connaissance de soi. Qu'est ce qui me stresse ? Comment ? Quels sont mes modes qui me mettent dans les bonnes dynamiques ? Qu'est ce qui me met en énergie ? Donc du coup, à trouver vos moteur intérieur, pas seulement la réussite d'avoir coché les bonnes cases dans les croix et d'avoir eu la bonne note sur votre expertise. C'est la frustration qu'ont beaucoup de gens dans l'univers professionnel. En fait ils ne bougent pas parce qu'ils sont des super experts, mais ils ne le font pas savoir et ils n'ont pas fait de travail sur eux et du coup, ils sont enfermés dans cette expertise et cette expertise c'est la loi des rendements décroissants. C'est Marx qui l'a dit, cette expertise elle a moins en moins de valeur dans le temps. BertrandQuand je t'entends, je pense à un étudiant qui effectivement est content d'avoir une bonne note en classe et qui continue à générer ce même schéma en entreprise alors que c'est plus du tout celui là qu'il faut générer. DamienEt exactement. Tu touches là le point exact de notre biais culturel français. BertrandOn a pas besoin de notes en entreprise. DamienOn est persuadé que ce sont les notes. Et donc du coup, notamment dans les processus d'évaluation dans l'entreprise, beaucoup de gens attendent la bonne note et quand ils ont la bonne note, ils se disent que c'est l'entreprise qui est en charge de leur mobilité. En fait, quand on passe d'expert à un référent ou des référents à manager, c'est tout le travail justement de la capacité à faire rayonner sa vraie expertise, c'est de faire une vraie communication par rapport à ce que vous faites, c'est à dire faire savoir, mais de manière juste et de manière contrôlée. C'est à dire que j'ai réfléchi à ce que je fais. Je donne pas des informations confidentielles de l'entreprise, évidemment, mais par contre montrer que j'ai rencontré un tel, que j'ai rencontré telle expertise, que je salue le projet qu'on a mis en place, que je sais le célébrer et que je sais engager une communauté là dessus. Ben ça, c'est un savoir faire et c'est un savoir faire de votre génération. BertrandEst ce que ça peut aussi vouloir dire s'impliquer dans des associations professionnelles, par exemple, s'impliquer tout court? DamienMais tout ce qui permet aujourd'hui d'aller chercher plus loin de l'implication ! Et c'est certainement ça nos plus gros freins en France. On a énormément de mécanismes de censure sur la capacité à s'investir. Celui qui fait plus, c'est quelque part presque quelqu'un qui est suspect, c'est quelqu'un qui est trop bon élève, trop engagé, etc. Mais pourtant, heureusement, ça va être long la vie professionnelle, je vous rappelle que quand vous avez démarré, vous partez pour 35 ans minimum. J'espère que vous prendrez du plaisir à aller, oui, dans des associations professionnelles, rencontrer d'autres pros, oui à vous engager sur des projets qui vous dépasseront simplement le cadre de l'entreprise. Et surprise, surprise, vous allez vous faire des amis dans le monde professionnel. C'est des trucs de dingue. On a la chance avec Bertrand de se connaître maintenant depuis plus de 18 ans, et c'est hyper agréable, c'est précieux. BertrandTrès précieux. Alors on a un troisième sujet sur la mobilité qui est un sujet au cœur de l'actualité. Clairement, suite à la pandémie notamment, c'est la mobilité géographique et je sais que tu avais envie là aussi de dire des choses aux jeunes qui nous écoutent sur ce sujet. Qu'est ce que ça veut dire la mobilité géographique aujourd'hui ? DamienLa mobilité géographique, avec la pandémie, elle a prit une tournure inattendue et extrêmement accélérée. Pas inattendue d'ailleurs, parce qu'on avait travaillé sur ces sujets là, mais elle a accéléré en fait les transformations qui étaient en cours. Globalement avant la pandémie, la mobilité géographique était beaucoup guidée par un phénomène qu'on appelle les lieux tropismes. Un petit concept clé. J'aime bien les mots comme. Les lieux Tropismes, c'est le fait que les gens se déplacent sur les territoires qui sont les plus agréables. Donc en fait, ils inscrivent leur mobilité professionnelle, enfin plutôt leur mobilité personnelle a une incidence directe sur la géographie. C'est tout le mouvement des années 2000, des gens qui sont allés s'installer à Aix en Provence, à Marseille, etc. BertrandOn choisit d'abord le lieu parce qu'il est agréable et qu'on a envie d'y aller. DamienExactement. Avant la pandémie, c'était le choix, était guidé par le lieu. Et puis là, avec la pandémie, ce qui s'est accéléré, c'est la capacité à télétravailler, c'est la capacité à travailler de là où je veux. Donc là, tout d'un coup, ça rejoint des aspirations, des lieux tropismes avec des sujets de : bien, en fait, je peux être travailler pour la SNCF et être basé à Aix en Provence et être pourtant dans la oui team qui est basé à la défense donc formidable. Et le dernier phénomène, c'est que la reprise de l'emploi ayant été tellement forte, il y a eu aussi un phénomène d'investissement extrêmement fort, tous ces pôles de j'allais dire de compétitivité, mais en tout cas tous ces pôles de compétences, que ce soit à Nantes, à Montpellier, à Bordeaux, à Lille, qui étaient un peu sous la serre, en train de pousser doucement ,et bien là, il y a eu un gros coup d'accélération. On voit bien qu'il y a vraiment des belles boîtes tech qui sortent de partout. BertrandÇa c'est l'effet FrenchTech un peu ? DamienExactement. Et puis aussi le fait qu'il n'est plus nécessaire pour développer une boite tech d'être basé à Paris. BertrandAlors quand on dit mobilité géographique, on parle aussi, forcément de télétravail comme tu l'as évoqué. Qu'est ce que tu vois, toi, dans ton cabinet comme évolution du télétravail ? Est ce que c'est vraiment quelque chose qui est en train de changer radicalement l'organisation des entreprises ? C'est quoi ta vision là dessus ? DamienAujourd'hui, une entreprise qui adresse un poste dans lequel, sur des postes de cadres notamment orienté digital qui propose pas de télétravail est disqualifié. BertrandDonc c'est vraiment clé. Ça a vraiment changé, ça a révolutionné le monde du travail. DamienC'est parfois contre productif d'avoir trop de télétravail parce que quand on démarre sa vie professionnelle, on a besoin au contraire d'être en contact des managers, des référents pour pouvoir prendre de la connaissance et de la compétence. Et en plus, on a besoin de se rendre visible dans l'entreprise pour les questions de mobilité. BertrandOk, donc mobilité géographique très important et télétravail très important. Et attention, ne pas compter que sur le télétravail, notamment pour les jeunes qui nous écoutent, DamienOui, ne pas tomber dans le piège. BertrandDernier sujet qu'on avait préparé ensemble, c'est la mobilité externe. Donc là, c'est vraiment ton rôle clair de chasseur au sens cabinet de chasse. Comment est ce qu'on peut se préparer, notamment avec Linkedin, à être appelé par les cabinets ? C'est quoi les bons trucs ? DamienAlors les types, le premier, c'est comme Google, si vous avez mal travaillé le référencement de votre profil, que vous l'avez pas optimisé, c'est à dire le bon titre. D'abord fait un résumé qui dit correctement ce que vous faites et ce à quoi vous aspirez, vos expériences professionnelles en mettant les enjeux et la mission qui vous a été confiée, et pas seulement trois trucs un peu mal travaillé. Si vous le faites travailler mal, vous êtes en page 17 de LinkedIn sur le job que vous occupez. Inutile de vous dire qu'en fait, vous êtes invisible. BertrandDonc préparer son profil LinkedIn, c'est un peu la base. Mais ce que j'entends, c'est aussi le préparer pour demain, c'est à dire un peu projeter son profil LinkedIn vers l'avenir en disant c'est plutôt les mots clés des métiers que je veux faire demain, que je vais mettre en avant. DamienExactement, et bien montrer ce qui nous intéresse et ce qui nous intéresse aussi dans le cadre des rencontres que vous pouvez effectuer dès maintenant. BertrandDonc pour préparer cette mobilité externe, ce que je comprends, pour essayer de résumer un peu, c'est il faut préparer son profil LinkedIn, ses publications LinkedIn. Mais pour demain, il faut déjà se projeter dans demain et il faut avoir envie de justement montrer son expertise référente que tu évoquais tout à l'heure. DamienJe parle d'ascète, de mobilité. C'est à dire qu'en fait, la mobilité, on a l'impression que c'est un truc, un exercice forcé. Non, c'est d'avoir des actifs de mobilité. Il y a à la fois ces compétences, les compétences Soft Skills, mais aussi la communication. C'est un actif la communication. BertrandOk, excellent ! Est ce que tu peux aussi nous dire quels sont, en dehors du télétravail qu'on a évoqué tout à l'heure, les impacts de la pandémie sur le marché du travail ? Est ce que ce que tu peux essayer de résumer ce que tu as senti du marché ? DamienC'est fondamentalement, c'est au delà du marché. L'impact, c'est que, , l'envie de mobilité a été extrêmement forte, liée à la post pandémie, à la fois d'une mobilité retardée, mais aussi certainement sur l'accentuation des difficultés de communication, du manque de cohésion qu'il y avait dans pas mal d'entreprises. Beaucoup de gens se sont sentis à leur place et ont aspiré à des mobilités internes et externes géographiques. Donc on a eu très clairement une énorme accélération cette année sur le marché des cadres en termes de mobilité professionnelle. BertrandCe que tu ressents dans mon cabinet, c'est à dire une croissance assez forte du travail, de justement accompagner les gens qui bougent. DamienExactement. On aura jamais créé autant d'emplois de cadres que cette année, on aura dépassé les 300 000 recrutements. C'est la première fois dans le marché des cadres qu'on est à ce niveau là. C'est vraiment une année record dans laquelle on a manqué de candidature potentielle pour la mobilité. BertrandDamien, est ce que tu pourrais nous conseiller des films, des séries, des livres, des podcasts en rapport avec ton métier ? DamienJe pense qu'un des films qui pour moi a eu un effet miroir, les plus importants, c'est "10 %". Pourquoi ? Parce que je pense que dans mon métier, dans la chasse en fait, le candidat est vraiment au cœur, comme les acteurs sont au cœur de 10 %. Donc comment je réfléchis avec mes acteurs à aller les emmener sur des films et donc comment je gère aussi parfois leurs états d'âme, leurs baisses de moral, leurs difficultés parce que c'est comme ça tout du long de ma vie, je gère tout un tas de gens qui s'adressent à moi et qui me disent "Damien, là, ça patine un peu, Je ne me sens pas très bien, j'aimerais bouger". Donc je leur donne pleins de conseils et puis j'essaye de les placer comme sur les bons films, et bien moi, j'essaie de les placer dans les bonnes boîtes. BertrandIl y avait une autre question que j'avais envie de te poser. Je sais que dans ton cabinet tu recrutes beaucoup des stagiaires, des alternants, des jeunes diplômés qui sont des salariés de tes équipes. Comment tu les prépares, eux, aux métiers de demain ? DamienAh, c'est une sacrée bonne question ! Je crois que notre grande force c'est, j'allais dire, c'est l'intergénérationnel, c'est la capacité qu'on ai à pas avoir à stratifier l'entreprise entre les stagiaires, les premières embauches, les super expérimentés, tout le monde travaille avec tout le monde et on fait un énorme effort organisationnel pour que tout le monde travaille avec tout le monde et qu'il n'y ait pas de différence. C'est pas les stagiaires vont déjeuner ensemble, ceux qui ont un an d'expérience au déjeuner ensemble. On investit énormément aussi sur des temps collectifs. On passe plus de six jours par an à être tous ensemble et à travailler l'intelligence collective pour produire des projets et notamment des services qui soient des choses qu'en fait nos concurrents ne pourraient pas produire. Et pour le coup, tout le monde est sur un pied d'égalité. Même moi je suis obligé de me mettre sur le même pied que tout le monde. BertrandDonc ça veut dire que tu intègres complètement cette jeune génération qui rejoint ton cabinet. C'est la première façon de les préparer à demain. DamienOui, et on leur fait confiance. BertrandOk, excellent, ça me semble un bon conseil de s'intégrer dans les entreprises. En conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter à tout ce qu'on a déjà dit pour accompagner les jeunes qui nous écoutent et qui voudraient évidemment faire une belle carrière dans le digital ? DamienC'est de vous faire confiance et de faire confiance aussi au fait que vous ne faites plus le monde que le monde ne vous fait. Donc dans votre capacité à pouvoir en fait vous lancer avec confiance dans des choses que vous allez expérimenter, construire, qui sont nouvelles. C'est vous qui allez faire les entreprises de demain, vous allez diriger. Donc c'est vous qui gagnerez in fine! BertrandDonc se faire confiance, c'est ça que tu dis ? Damien Exactement ! BertrandMerci beaucoup Damien. A bientôt. L'épisode 34 du Gagne-Pain, l'atelier #6 sur la mobilité, est également disponible sur : ### Graphiste Web – Margaux Mahé Épisode 33 : Margaux Mahé, Graphiste Web chez Father and Sons.  Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Margaux Mahé, ancienne free-lance qui a décidé de continuer sa carrière professionnelle en tant que Graphiste Web chez Father & Sons. Margaux nous raconte aujourd'hui son parcours, comment elle en est arrivée jusqu'ici, et quel sont les points forts de son travail. Merci à Margaux, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com J'aime beaucoup mon métier de Graphiste Web. C'est un métier passionnant. Il ne faut pas hésiter à ouvrir l'œil, à se poser des questions. Quand on regarde des sites, on a du graphisme partout. Ça c'est vraiment l'avantage.Margaux Mahé Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Margaux Mahé – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 33 : BertrandBonjour Margaux. MargauxBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Margaux d'avoir accepté l'invitation du gagne pain. Tu es graphiste web. On va avoir l'occasion d'expliquer ça et de raconter ça en détails. Mais avant j'aimerais bien que tu te présentes en quelques mots. MargauxOui, bien sûr. Je m'appelle Margaux, j'ai 29 ans et je vis et je travaille en région parisienne et donc j'ai arrêté les études après ma troisième et mon brevet. Et donc je suis rentrée en école d'arts appliqués où j'ai suivi une Mise A Niveau en Arts Appliqués(MANAA). BertrandLa fameuse MANAA dont on a parlé avant cette interview ? MargauxExactement qui permet de voir un petit peu tous les pans artistiques qui existent, pour ensuite me permettre de suivre le cursus photo où j'ai fait un CAP. Un bac pro et ensuite j'ai fait un BTS design graphique option web et j'ai terminé mes études avec un master direction artistique. BertrandDonc ça veut dire que tu as démarré un peu lentement et puis après ça s'est accéléré et tu as tu as rejoint un cursus plus classique, c'est ça ? Margaux Exactement. BertrandEst ce que tu peux maintenant nous nous présenter ton parcours professionnel dans cette expérience scolaire ? Qu'est ce que tu as eu comme expériences professionnelles ? MargauxOui, alors j'ai commencé avec un stage en première année de design graphique dans une agence de com en tant que graphiste. J'étais, contrairement à mes camarades, pas trop axé sur sur les agences. BertrandPas trop agences donc ? MargauxMais je suis allé voir quand même vérifié et ensuite j'ai été à Korian. Bertrand D'accord. MargauxDonc j'étais graphiste en alternance pendant trois ans. Et ensuite j'ai terminé mes études et j'ai fait du freelance avant de rentrer chez Father and Sons mon entreprise actuelle. BertrandDonc une expérience assez longue d'alternance dans la même entreprise, ça a appris beaucoup de choses ? MargauxOui. L'avantage, c'est que j'ai vu vraiment plein de sujets différents qui m'ont permis de voir encore plus que le digital était vraiment un vaste sujet, notamment dans la créa, donc c'était très intéressant. BertrandEt maintenant tu es graphiste web chez Father and Sons. Est ce que tu peux nous parler de cette entreprise ? MargauxOui, bien sûr, c'est une marque de prêt à porter pour homme. C'est une entreprise française, basée à Montrouge. On a une cinquantaine de magasins en France, un à Bruxelles et un à Munich et on a également un E-shop pour lequel je travaille principalement. BertrandDonc toi, tu es principalement orienté sur la partie web ? Margaux Tout à fait. BertrandD'accord. Merci Margaux. Maintenant, est ce que tu peux nous parler de ton job de graphiste web et de tes missions ? MargauxOui, bien sûr. Donc mes missions principales sont la création et la mise en ligne des visuels sur les sites internet, la création des visuels en dehors du site, mais toujours sur le web. BertrandSur les réseaux sociaux par exemple ? MargauxEt ensuite la charte graphique, donc vérifier qu'elle est bien utilisée par nos prestataires. BertrandSi on parle de la première mission sur le site web, toutes les créations, ça veut dire quoi et comment ça se passe ? MargauxDonc en fait, ça concerne absolument tous les visuels qu'il y a sur le web. Donc ça va des menus à tous les visuels sur la homepage, des landing pages, donc ça va être imaginer la page et l'adapter en fonction des différentes opérations qu'on peut avoir. BertrandÇa va de la conception du site ou simplement de la mise à jour du site ? MargauxC'est plus de la mise à jour, donc le site est déjà déjà créé et ensuite on vient l'adapter. On vient ajouter des nouvelles pages, donc là aussi je m'en occupe, mais ça reste sur des modèles préexistants. BertrandPour tes créations, tu vas utiliser des visuels qui ont été déjà travaillé, des shootings photos j'imagine. Comment ça se passe exactement ? MargauxEn fait, on a deux shooting par collections, donc quatre par an. Avec tous ces visuels que je vais travailler, que je vais adapter pour aller sur le site. BertrandD'accord, c'est à base de ces créations sur lesquelles tu vas travailler ? Margaux Exactement. BertrandLa deuxième mission consiste à utiliser la création, mais cette fois hors du site. Est-ce que tu peux décrire où ça se passe par exemple ? MargauxC'est sûr que ça va être tout ce qui va être newsletter, création de newsletter, toutes les créas sur les réseaux sociaux, les stories c'est assez vaste. Ça va être également les campagnes publicitaires. Donc c'est ce genre de sujet là. BertrandD'accord. Donc ça veut dire qu'il y a une déclinaison des créations pour pouvoir s'adapter à tous ces supports ? MargauxExactement. Il y a énormément de formats différents selon les bannières, selon les réseaux sociaux. C'est très vaste. BertrandEt là, tu utilises quels outils pour faire ça ? MargauxDonc moi j'utilise principalement la suite Adobe. Donc Photoshop, d'Illustrator, InDesign et j'utilise surtout Photoshop. BertrandDonc c'est avec ça que tu vas faire les déclinaisons sur les différents formats, que tu vas retoucher les photos, etc... ? Margaux Exactement. BertrandDonc ça veut dire que, pour ceux qui nous écoutent, il faut quand même se préparer si on veut faire ton job. Etre un peu au courant de ce qui se passe sur Adobe ? MargauxExactement. Et puis Photoshop est vraiment le logiciel principal et Illustrator aussi. La suite Adobe, c'est important. BertrandTroisième mission le respect de la charte graphique dont tu disais tout à l'heure, surtout le respect de la charte graphique pour les prestataires avec lequel tu travailles. Alors explique nous ce que ça veut dire les prestataires avec lesquels tu travailles ? MargauxOui, Donc des fois on est amené à travailler avec des agences qui vont nous faire également de la créa. Donc moi mon travail va être de vérifier que la charte graphique est bien utilisée, que c'est bien le bon logo, les bonnes couleurs, etc.. BertrandD'accord. Donc un rôle de police, de vérification, que tout se passe bien et qu'on est bien en phase avec ce que veut faire la marque Father & Sons sur le web et sur sur toutes les déclinaisons ? MargauxExactement, s'assurer que l'image de marque est bien respectée. BertrandEst-ce que tu peux nous dire pourquoi avoir choisi ce métier de graphiste web ? MargauxOui, alors en fait, je ne l'ai pas vraiment choisi. Ça s'est fait assez naturellement pendant mes études et une fois que j'ai commencé à rentrer dedans, c'est là que j'ai trouvé le digital très intéressant parce que tout évolue beaucoup. Donc c'est vraiment assez stimulant et c'est vrai que toute la partie créa est très intéressante au quotidien. BertrandEt ça s'est fait naturellement aussi, l'arrivée dans cette entreprise, comment ça s'est passé, tout à l'heure, tu as dit que tu avais fait un peu de free-lance, donc tu es arrivée là dedans et tu t'y es plu ? MargauxOui, en fait je voulais pas vraiment faire du free-lance, mais je faisais ça en attendant de trouver justement le job de mes rêves. Et du coup j'avais un secteur, je voulais travailler dans le prêt à porter, donc j'attendais de trouver le bon poste qui était adapté pour moi. BertrandDonc le secteur était important, C'était un élément de choix, le secteur ? Margaux Tout à fait. BertrandOk pour ceux qui nous écoutent. Est ce que tu peux nous dire maintenant quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ? MargauxOui, alors déjà la première, ça va être la créativité, donc ça semble logique. Ensuite ça va être l'esprit d'équipe et l'agilité. C'est vrai que c'est un milieu qui bouge beaucoup, qui est en perpétuelle évolution. Donc réussir à travailler vite et avec tout le monde. Et la troisième, ça va être une bonne connaissance de l'UX, de l'expérience utilisateur, de comment est fait un site internet, ça joue beaucoup sur la créa. BertrandDonc si on revient très rapidement sur ces trois compétences, donc la créativité, ça veut dire qu'il faut cultiver son petit jardin créatif ? MargauxTout à fait, il faut s'informer et voir ailleurs ce qui se passe chez les concurrents, mais même plus, aller à des expos, lire plein de livres, plein de sites, ça nous aide... BertrandOk, donc c'est vraiment important d'avoir cet esprit créatif et de le cultiver comme un petit jardin ? Margaux Exactement Bertrandl'agilité et l'esprit d'équipe, donc ça, ça veut dire quoi ? Il faut s'intégrer dans les équipes et faut être agile pour pouvoir faire en sorte que ça marche vite et bien ? MargauxVoilà, c'est ça, comme je le disais, c'est toujours en mouvement, en évolution, donc il y a souvent des changements de dernière minute. Donc réussir très rapidement à trouver la solution, à travailler en équipe parce que le web c'est un travail d'équipe, donc ça c'est important. BertrandEt puis dernière compétence, la connaissance de l'UX. Alors on a déjà reçu dans Le Gagne-Pain un UX designer, mais est ce que tu peux revenir sur ca, c'est quoi l'UX ? Qu'est ce que ça veut dire ? MargauxL'UX c'est l'expérience utilisateur. En fait on se met à la place de l'utilisateur pour pouvoir ensuite faire les bonnes créas adaptées. C'est hyper important. BertrandIl ne faut pas juste que ça soit beau, il faut que ça marche. Alors attention, margaux QGP La question gagne pain, combien ça gagne un graphiste web ? MargauxAlors ça dépend de plein de choses, mais en l'occurrence, un graphiste junior salarié, ça va être une fourchette de 26K€ à 35K€ et un graphiste salarié confirmé, on peut aller jusqu'à 45K€. BertrandEt il y a les primes possibles dans ce métier ? MargauxOui, après ça va dépendre de l'entreprise, du secteur. Mais oui. BertrandOn peut être incentivé sur les résultats, sur l'efficacité des créations ? Margaux Exactement. BertrandOk, très bien. Quelle est la tâche quotidienne qui te plait le plus dans ton job de graphiste web ? Et puis celle qui te plait le moins ? MargauxAlors moi, ce que je préfère dans mon travail, c'est les nouvelles collections. On a des nouveaux visuels, des nouveaux messages, donc c'est très stimulant. Et ce que j'aime le moins, ça va être la partie des soldes où c'est assez rébarbatif et où tout le monde fait les soldes en même temps évidemment. Du coup, il faut réussir à se démarquer sur quelque chose de pas très fun. BertrandEt quand tu parles des nouvelles collections, ça veut dire qu'il y a un matériel absolument incroyable, de nouveaux visuels, de nouvelles choses qui arrivent. Et donc c'est là où la créativité est la plus intéressante ? MargauxVoilà, en plus les couleurs changent, l'ambiance change, ça stimule la création et ça nous permet de se renouveler. BertrandD'accord, et dans ton job de graphiste, ça veut dire que un jour on met toutes les nouvelles créations en ligne où ça se passe progressivement ? MargauxEn fait, on fait un Lookbook deux fois par saison à peu près, où justement on met en avant tous nos produits phares, ce qu'on veut mettre en avant via le Lookbook. Donc on voit tous les visuels sur une même page, un peu l'ambiance de la collection. BertrandDonc le Lookbook, c'est quelque chose de très spécifique à l'environnement, de l'habillement, de la mode ? Margaux Exactement. BertrandC'est très clair. Quelle a été ta plus grande surprise, Margaux, en tant que graphiste web ? MargauxAlors ma plus grande surprise, ça a été la méconnaissance du métier. C'est à dire que Graphiste Web, ça va un peu tout et rien dire. On en demande énormément, même pour une simple alternance, quand j'en cherchais une, on demandait énormément de compétences annexes type montage vidéo, etc..., qui ne sont pas à la base dans des compétences graphiques et qui sont très spécifiques. Donc c'est vrai que j'étais assez surprise qu'on sache pas vraiment ce que c'était finalement être Graphiste Web. BertrandD'accord, ce n'était pas clair dans la tête des gens, y compris pour ceux qui te recrutaient ? MargauxVoilà, exactement. BertrandC'est un peu ce qu'on veut faire au Gagne-Pain, c'est à dire expliquer clairement les métiers. Donc ça tombe très bien. Est ce qu'il y a une journée type dans ton métier de graphiste web ? Et si oui, est ce qu'il y a quelques routine qui reviennent régulièrement ? MargauxAlors il n'y a pas vraiment de journée type. Moi je fais de la créa tous les jours régulièrement, c'est la création de newsletter. Nous, on en envoie 1 à 2 par semaine. Donc c'est vrai que c'est une mission qui est assez quotidienne, mais sinon ça va être beaucoup de créa tous les jours. BertrandAutour des des sites web, des campagnes,des réseaux sociaux...Donc à chaque fois ça se décline et c'est pas une journée qui se répète mais au contraire qui change tout le temps ? Margaux Voilà. BertrandLa communauté du Gagne-Pain nous interroge très souvent sur l'utilisation de l'anglais. Est ce que l'utilisation de l'anglais est importante pour ton job ? MargauxAlors théoriquement, non. On n'a pas forcément besoin de parler anglais pour être graphiste. Après, c'est vrai que c'est notamment selon les domaines, c'est quand même, un vrai plus, de savoir parler plusieurs langues et notamment l'anglais. D'autant plus si on a des prestataires étrangers, si on est dans une grande entreprise, pour échanger avec ses collaborateurs par exemple. Donc c'est vrai que c'est quand même assez important. BertrandEst ce que tu peux nous dire Margaux, quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier de graphiste web ? MargauxOui, alors le BTS Design graphique option web est tout à fait adapté pour le métier de graphiste. BertrandMargaux, est ce que toi tu continues également à te former régulièrement et est ce que c'est important pour le métier de graphiste web ? MargauxOui. Alors moi je me forme personnellement sur la création. Là, en ce moment, je suis en train d'apprendre à utiliser Procreate qui est un logiciel d'illustration digitale. Pour me permettre dans mon travail d'évoluer, de proposer autre chose. Et parce que personnellement, j'aime beaucoup ça. BertrandEt Procreate, c'est autre chose que la suite Adobe, c'est un autre éditeur de logiciels ? Margaux Tout à fait. BertrandD'accord. Est ce qu'il y a un mode de vie spécifique. On pose surtout cette question pour comprendre, notamment par rapport à la période de pandémie que l'on vient de vivre. Si le télétravail est possible ? Quelle proportion de télétravail ? Est ce qu'on peut faire beaucoup de choses à distance en province ? Ou est ce que la présence au bureau est essentielle ? MargauxAlors tant qu'on a une connexion internet et l'accès à nos logiciels, on peut tout à fait faire du télétravail. Ça va dépendre de l'entreprise. Mais oui, tout à fait possible. BertrandD'accord, Et on peut imaginer être graphiste web à l'autre bout de la planète ou à l'autre bout de la France. Et travailler dans une entreprise parisienne, c'est tout à fait possible ? MargauxC'est tout à fait possible. BertrandOk, excellent, ça doit sûrement intéresser ceux qui nous écoutent. Est ce qu'il y a une différence entre le métier que tu fais aujourd'hui et celui que tu imaginais avant de le faire ? MargauxOui, c'est vrai qu'on fantasme pas mal le métier, surtout à l'école. Donc on voit que la partie très créative, mais on apprend très vite, notamment sur le tas, toutes les contraintes techniques qui vont être le format, les couleurs, etc... BertrandLes budgets ? MargauxLes budgets aussi, les chartes existantes... BertrandIl y a toujours des contraintes de budget. Tu parlais aussi de contraintes internationales, de couleurs qui sont des choses que on découvre au fur et à mesure... MargauxOui tout à fait, on ne communique pas de la même manière. Par exemple en France on n'a pas les mêmes codes, notamment de la couleur. Par exemple, le blanc ça ne veut pas dire la même chose en France qu'au Japon. Donc c'est des choses qu'on apprend. BertrandOn ne peut pas trop l'imaginer avant ? MargauxNon, c'est vrai qu'on se posait pas trop la question. BertrandQuels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent qui souhaiteraient faire ce métier ? MargauxOh, moi j'aime beaucoup mon métier de Graphiste Web. C'est un métier passionnant. Il ne faut pas hésiter à ouvrir l'œil, à se poser des questions. Quand on regarde des sites, on a du graphisme partout. Ça c'est vraiment l'avantage. BertrandEst ce que c'est un métier qui recrute ? MargauxAh oui ! Il faut savoir qu'on est aussi beaucoup, très nombreux. Donc faut pas hésiter à se démarquer. Par exemple avec d'autres connaissances un peu annexes qui peuvent nous aider aussi dans la créa... BertrandEst ce qu'on doit faire un Book, son propre Book. Montrer ce qu'on sait faire et ce qu'on a déjà fait ? MargauxOui, tout à fait. C'est d'ailleurs indispensable. On peut également mettre avec les réseaux sociaux. Maintenant, c'est vrai qu'on a une grande ouverture au monde, donc se faire un compte avec ses créations aussi, c'est tout à fait possible. BertrandTout à l'heure, on parlait de l'aspect un peu technique, un peu pratique. Le métier de graphiste web implique l'utilisation d'outils, notamment dans ton cas d'un CMS pour pouvoir gérer les contenus du site de commerce. Qu'est ce que ça veut dire ? C'est quoi les contraintes d'un CMS ? MargauxLe CMS c'est un éditeur web et du coup ça va être des formats imposés, un poids de visuel à pas dépasser. Donc tout ça, c'est des choses à prendre en compte dans la créa, notamment avec des contenus animés. Ça va vraiment être toute une liste de contraintes à bien respecter pour que le site ne ralentisse pas mais que ça reste tout de même agréable. BertrandD'accord, donc ça veut dire qu'on ne peut pas avoir des photos trop lourdes et on est obligé de respecter un certain nombre de règles pour que tout le monde puisse le voir... MargauxDonc voilà, et en plus que ces visuels soient aussi beau sur le site que quand on le regarde sur une tablette ou sur un téléphone. BertrandOui donc là on a on a les contraintes du responsive. MargauxExactement. BertrandOk Margaux, est ce que tu pourrais conseiller à ceux qui souhaiteraient faire ce métier de graphiste web, des livres, des films pour pouvoir mieux comprendre ce métier ? MargauxOui, alors il y a beaucoup de livres qui traitent du sujet. Après moi, ma bible personnellement, c'est l'histoire de l'art de Ernst Gombrich. Mais après, il va y avoir énormément de livres sur les couleurs, les typos, l'évolution des marques, des chartes graphiques, de logos qui évoluent. C'est intéressant. BertrandQuand tu dis que c'est la Bible, ça veut dire que ça ressemble à un "livre de chevet" qui est là tout près, que tu peux utiliser de temps en temps. Excellent ! Si tu pouvais changer quelque chose dont on parcourt. Qu'est ce que tu changerais ? MargauxAlors c'est une très bonne question. J'aurais peut être pas fait free auss itôt, parce que c'est vrai qu'il faut un carnet d'adresse assez important pour pas trop galérer. BertrandD'accord ? Graphiste web en free, ça veut dire il faut déjà avoir accumulé une certaine expertise ? MargauxJe pense que moi c'est en attendant de trouver un poste, mais je pense qu'effectivement ça se fait plus tard. BertrandEst ce que tu pourrais nous parler d'un projet qui est l'un des projets les plus intéressants sur lequel tu as aimé travailler ? MargauxOui. Alors durant mon alternance chez Korian, on a travaillé avec une startup qui s'appelle Famileo et qui est un concept très intéressant. Où en fait c'était comme un mur Facebook où les membres d'une famille mettaient des images et des photos. Et toutes les semaines, tous ces messages étaient transformés en gazettes, et imprimés. Pour les personnes résidant en maison de retraite, avoir des nouvelles de leur famille toutes les semaines. Et donc nous, le groupe Korian avait fait un partenariat et tout mon travail a été de transposer Famileo en Korian. C'était très intéressant. Il y avait énormément de choses qui dépassaient un peu mes compétences, mais j'ai beaucoup appris sur le digital notamment. BertrandEt tu sentais que c'était aussi utile pour les personnes à qui ça s'adressait ? MargauxExactement, c'était une dynamique sociale hyper intéressante qui ramenait encore plus de plaisir à le faire. BertrandJ'ai une question aussi sur les ressources disponibles sur Internet qui permettent de mieux comprendre ou de mieux appréhender les outils pour se former à ton métier. Est ce que tu connais quelques-unes que tu souhaiterais nous conseiller ? MargauxOui, Après moi je vais beaucoup sur Pinterest qui est une grande source d'inspiration. BertrandPinterest, c'est pour faire de la veille, pour découvrir ce qui se passe ? MargauxPour avoir toutes les nouveautés... On a aussi Behance un site de portfolios, de graphistes, de designers... Pareil, ça aussi c'est très intéressant. Après il va y avoir tous les tutos qu'on peut trouver, notamment sur YouTube. Alors voilà, quand on a une petite question sur un logiciel, ça peut toujours aider même, mais moi ça m'aide. BertrandOn peut toujours se former grace à Internet. Ok, en conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter à ceux qui nous écoutent ? Est ce qu'il y a des choses que tu souhaiterais dire pour inciter ceux qui nous écoutent à faire ce métier ? MargauxOui, c'est un métier très intéressant et il y a beaucoup de création. Je pense que le secteur dans lequel on travaille, joue beaucoup sur notre métier. C'est à nous, notamment avec les cibles, parce qu'on ne fait pas de la créa de la même manière selon une cible et un secteur. BertrandDonc tu veux dire que graphiste web dans l'habillement, la mode, c'est pas pareil que graphiste web dans un autre secteur et qu'on peut tous trouver un sujet qui va nous intéresser ? MargauxOui, exactement. BertrandDonc il y a du potentiel dans tous les secteurs, c'est ça que tu es en train de dire, Ok excellent ! Et puis dernière question toi, comment tu envisages tes évolutions ? C'est quoi les évolutions de ton métier aujourd'hui pour toi ? MargauxAlors pour moi, ce serait bien plus tard, mais dans la direction artistique où l'on va être beaucoup plus dans le concept et moins dans l'opérationnel. Moi je suis beaucoup dans l'opérationnel. Donc là, ça serait l'étape suivante. BertrandEt ça peut se passer aussi chez l'annonceur ou en agence, ça peut se passer dans les deux ? MargauxOui, tout à fait. Après, par exemple chez l'annonceur, par exemple chez Father & Sons, ce serait vraiment la réflexion complète du lancement de la collection de tous les pans créatifs qu'on va mettre en œuvre pour promouvoir la collection. BertrandMargaux, merci beaucoup. MargauxMerci Bertrand. Bertrand À bientôt. L'épisode 33 du Gagne-Pain, métier "Graphiste Web", est également disponible sur : ### Web Analyst – Léa Cuonzo Épisode 32 : Léa Cuonzo, Web Analyst chez System U. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Léa, Web Analyst chez System U. Après un Master Business en alternance, elle a choisi de se diriger dans un métier, qui la rend assez agile avec les outils digitaux. Léa nous raconte aujourd'hui son parcours, comment elle en est arrivée jusqu'ici, et quel sont les points forts de son travail. Merci à Léa, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com J'ai trois principales missions. La première, c'est le suivi des performances. La deuxième, ça va être l'analyse des parcours des utilisateurs sur le site ou sur les applications mobiles. Et la troisième, c'est toute la partie AB testing.Léa Cuonzo Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Léa Cuonzo – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 32 : BertrandLéa, merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. On va parler de ton métier de Web Analyst, mais avant ça, j'aimerais que tu te décrives en quelques mots. LéaAlors je m'appelle Léa, j'ai 28 ans, j'ai grandi et j'habite toujours en région parisienne. J'ai eu mon bac il y a plus de dix ans maintenant et ça fait cinq ans que je fais de la web analyse. BertrandMerci, c'est très clair. Est ce que tu peux nous dire quel a été ton parcours d'études ? LéaAprès mon bac, j'ai fait un DUT de Techniques de commercialisation à la suite duquel j'ai fait une licence professionnelle marketing et commerce sur Internet en alternance et j'ai poursuivi par un master de business en alternance également. BertrandJ'aimerais maintenant qu'on parle de ton parcours professionnel, ton alternance et tes premiers jobs. LéaAlors j'ai fait trois ans en alternance en tant qu'assistante Webmarketing. Ensuite, j'ai rejoint un cabinet de conseil en tant que consultante digital, donc ça a été mon premier emploi. Bertrand D'accord. LéaJe travaillais pour une entreprise du secteur bancaire et je me suis spécialisée dans la web analyse quand j'ai commencé à travailler pour Brico Dépôt. Bertrand D'accord. LéaJe suis resté deux ans. J'ai ensuite rejoint le groupe Kingfisher, auquel appartient Brico Dépôt et maintenant je suis rentrée chez Système U. BertrandAlors justement, Système U, on va en parler. Est ce que tu peux décrire l'entreprise et ce que tu fais au sein de cette entreprise ? LéaDonc c'est une entreprise de la grande distribution alimentaire. Moi, je travaille au pôle E-commerce, plus spécifiquement au sein du pôle webmarketing et je suis Web Analyst. BertrandEt le pôle E-commerce, est ce qu'on peut essayer d'imaginer ce que ça représente dans une entreprise comme Système U ? C'est quoi les ordres de grandeur ? LéaOn est entre douze et quinze personnes, réparties sur différents pôles pole l'acquisition, pôle offre et pôle E-merchandising, et pôle Web Analytics. BertrandEst ce que tu peux nous dire quelles sont tes principale missions en tant que Web Analyst chez Système U ? LéaAlors j'ai trois principales missions. La première, c'est le suivi des performances. La deuxième, ça va être l'analyse des parcours des utilisateurs sur le site ou sur les applications mobiles. Et la troisième, c'est toute la partie AB testing. Bertrandsi on revient sur chacune de tes missions. Est ce que tu peux nous dire comment se passe une mission sur le suivi des performances ? Qu'est ce que ça implique ? Qu'est ce que ça veut dire ? LéaÀ travers le suivi des performances ? Je vais construire des dashboard (tableau de bord) qui vont me permettre de suivre l'évolution du site. BertrandDashboard ? Pour ceux qui les écoutent, ça veut dire quoi précisément ? Un dashboard ? LéaC'est un tableau de bord qui permet de suivre les performances, de façon très macro, donc connaître le nombre de visites, le taux de conversion, le chiffre d'affaires... Ou de façon plus micro sur certaines pages du site, comprendre par exemple le temps passé par l'utilisateur sur cette page ou alors taux de sortie sur cette page. BertrandD'accord. Donc si on fait un parallèle avec ce qui pourrait se passer dans un magasin Super U, ça veut dire qu'on va regarder ce que fait le consommateur quand il vient sur le site web pour acheter quelque chose. Léa C'est ça. BertrandIl se balade, il passe devant les rayons ou il surf sur une page et il va décider d'acheter ou pas... LéaQuel moment il part, exactement. BertrandOk. Dans la deuxième mission, tu parles du parcours. Est ce que tu peux nous nous expliquer ce que ça veut dire, le parcours de l'utilisateur ? LéaAlors ça rejoint un peu la première mission, mais c'est plus précis. Je vais vraiment regarder quelles sont les pages d'entrée du site, quelles sont les pages de sortie. Est ce qu'il y a des allers retours entre plusieurs pages du site ? Je vais regarder ce qu'il y a des éléments qui ne sont pas cliqués. Est ce qu'il y a des éléments qui ne sont pas cliquables et qui sont cliqués par l'utilisateur, ce qui peut générer de la frustration pour l'utilisateur. L'idée, c'est d'analyser son parcours, d'analyser les points de friction et faire des recommandations pour l'optimiser. BertrandDans son parcours, il y a aussi la clé d'entrée, c'est à dire l'endroit ou il rentre dans le site. Il ne peut pas forcément rentrer par la page d'accueil, il peut arriver sur un produit et donc on regarde aussi ce parcours. À partir du moment ou il arrive sur une page produit par exemple ? LéaOui, tout à fait d'accord. BertrandDonc ça veut dire que si on fait un parallèle avec un magasin, il rentre par la porte d'entrée, il se balade dans les magasins ou au contraire sur le web, il arrive direct sur un produit. On va quand même regarder son parcours ? Est-ce qu'il achète ou est-ce qu'il n'achète pas ? LéaC'est ça, ce qui fait comment il est arrivé déjà sur cette page. Quel est le chemin qu'il emprunte après cette page ? Jusqu'à la conversion... BertrandExcellent, c'est très clair. Et puis après il y a une partie AB testing. Donc là il y a sûrement besoin d'expliquer un peu le AB testing, ça veut dire quoi ? LéaAlors un AB test, ça consiste à comparer deux variations d'une même page. Donc en général, on envoie une partie du trafic de manière totalement aléatoire sur une première variation et l'autre partie du trafic sur la deuxième variation, et on regarde quelle est la plus performante ? BertrandUne page A une page B et les utilisateurs se retrouvent sur A ou sur B et après on voit ce qui se passe ? LéaC'est ça ? J'analyse les performances de la meilleure. BertrandEt ça, c'est une technique que vous utilisez souvent sur beaucoup de pages. Pour regarder, qu'est ce qui performe le mieux ? LéaDe plus en plus. Tout simplement parce qu'on décide maintenant de se baser uniquement sur de la donnée pour prendre nos décisions. Et donc on passe par de l'AB testing. BertrandOK, c'est très clair ces trois missions. Merci beaucoup Léa. Pourquoi avoir choisi ce métier de web analysts ? Comment ça s'est passé ? LéaJe savais déjà que je voulais travailler dans le digital. J'avais fait mes études en digital et puis c'est un milieu qui me plaît. Après, quel métier faire dans le digital ? Ça a été une grande question. Et je me suis retrouvé un jour face à plusieurs offres d'emploi dans le digital. Et c'est le poste de Web Analyst qui m'a le plus parlé. BertrandDonc c'est la description du poste qui t'a donné envie de le faire ? LéaJe trouvais que c'était le métier le plus intéressant qui était proposé à ce moment là. BertrandAutre question est ce que le métier que tu imaginais correspond bien à celui que tu fais ? LéaEn grande partie, oui. À l'exception que je passe quand même beaucoup de temps à collecter la donnée et moins de temps à l'analyser. BertrandDonc, c'est la collecte qui est la partie la plus longue dans le métier. Et ça, c'est quelque chose qu'on n'avait pas imaginé de cette manière là ? LéaJe ne pensais pas autant de temps. Il y a des questions de fiabilité données dans un premier temps. Et puis il y a différentes sources de données. Donc le temps de collecter toutes les informations, ça prend du temps et c'est un temps qui est dédié en moins à l'analyse. BertrandOK, c'est très clair. Est ce que tu peux nous dire, Léa, si tu as un moyen simple d'expliquer ton métier à ta mère ? LéaAlors j'ai la chance d'avoir une maman qui est assez agile avec les outils digitaux. Au début, ce n'était pas le cas. Donc au début, pour ma mère, je crée des sites internet. Bertrand D'accord. LéaÇa s'arrêtait là. Et maintenant, c'est plus facile parce qu'elle commande beaucoup sur Internet, via son téléphone mobile également. Donc lui expliquer mon métier est plus simple aujourd'hui. BertrandEst ce que tu peux nous dire quelles sont les trois principales compétences qu'il faut pour ce job de Web Analyst ? LéaAlors, je dirais en première position avoir un esprit analytique. Je dirais ensuite être rigoureux et je terminerai par être force de proposition. BertrandDonc, si on revient sur ces trois compétences, l'esprit analytique, on le comprend bien. Ça veut dire savoir analyser les chiffres. Mais pour ceux qui nous écoutent, ça veut aussi dire pas avoir peur, ni des maths, ni d'Excel ? LéaIl faut être à l'aise avec les chiffres, c'est important, bien sûr. L'utilisation d'Excel, c'est au quotidien. D'autres sources de données également. Faut pas avoir peur des chiffres. BertrandAprès, sur la partie rigueur, là aussi on le comprend assez bien. Il ne faut pas se tromper. Il ne faut pas inverser une colonne ? LéaOn touche à beaucoup d'outils, beaucoup de données. Et puis une erreur peut être fatale dans la prise de décision, donc ça demande forcément de la rigueur. BertrandAprès, dans ce que tu propose comme troisième compétence, j'ai envie qu'on s'arrête là dessus parce qu'être force de proposition, c'est plus surprenant. Est ce que tu peux nous dire exactement ce que tu veux dire par là ? LéaC'est surprenant, mais c'est hyper important. Un Web Analyst mène des analyses des points de friction. Il fait des recommandations et il est important qu'il suive son projet du début jusqu'à la fin. Et qu'on ne s'arrête pas juste à l'analyse et qu'on puisse justement apporter des corrections aux analyses qu'il a effectuées. BertrandIl faut que ça serve. Il faut que ça mène à l'action ? Léa Exactement. BertrandAlors attention, QGP la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un web analyst ? LéaSur un profil plutôt junior ? On va être aux alentours de 35-40K€ annuels. D'accord, un profil sénior plutôt aux alentours de 55-65K€ annuel. Et sur quelqu'un d'expérimenté, on peut aller jusqu'à 70-80K€ annuel. BertrandEst ce que tu peux nous dire quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever dans ce métier de Web Analyst ? LéaAlors je pense que le plus grand défi que j'ai eu à relever et qui est un combat quotidien, c'est de sensibiliser l'ensemble des équipes à la culture data. Bertrand D'accord. LéaAujourd'hui, un Web Analyst, se doit d'être dans une démarche Data Driven, c'est à dire supprimer tous les "moi je pense que" ou "à mon avis" et le remplacer uniquement par de la donnée. BertrandDonc c'est vraiment insuffler de la data à tous les étages de l'entreprise et faire en sorte que ça soit l'objet de la prise de décision ? LéaExactement, on ne prend pas de décision sans s'appuyer sur de la donnée. BertrandEt ça, il y a encore du travail à faire. C'est vrai que c'est un défi permanent ? Léa Toujours. BertrandOK, est ce qu'on peut parler maintenant de tes tâches quotidiennes et que tu nous dise, quelles sont les tâches quotidiennes qui te plaisent le plus et celles qui te plaisent le moins ? LéaAlors celle qui me plaît le plus, je pense que c'est toute la partie AB testing. Créer de nouvelle variation de page, la tester, l'analyser. On a en général son propre avis, mais on est des fois confronté à un avis différent par les chiffres. Et puis mener le projet jusqu'au bout, c'est à dire garder la variation la plus performante et la mettre en ligne. BertrandD'accord. Donc ça, ça veut dire encore une fois AB testing, on teste A et B, on vérifie ce qui se passe et on va jusqu'au bout. C'est à dire on va remplacer A ou B. Et puis on va choisir celle qui marche le mieux ? Léa Exactement. BertrandOK et celle qui te plait le moins ? LéaCelle qui me plait le moins, c'est toute la vérification en amont de la fiabilité de ma donnée qui est un long travail et qui demande aussi des compétences assez techniques. C'est la partie qui me plaît le moins. BertrandQuand tu dis compétences techniques, ça veut dire qu'il faut utiliser des langages de programmation pour récupérer ces données. On va jusque là ? LéaOn peut aller jusque là. En général, c'est pas entièrement le post du web analyst. Il y a un expert tracking qui intervient justement pour les données plus poussées. Mais à mon niveau, on peut utiliser un outil de tag management justement taguer certains endroits du site qu'on souhaite analyser par la suite. BertrandLéa, est-ce qu'il y a une anecdote que tu voudrais partager avec ceux qui nous écoutent pour expliquer encore plus ton métier ? LéaAlors j'ai une anecdote qui me vient en tête et qui va faire référence à la rigueur dont je parlais un peu plus tôt. Dans une entreprise précédente, je présente mes slides avec des chiffres dessus. A ce moment là, ma responsable me dit. J'ai bien l'impression que les seuls chiffres qui sont bons dans ta présentation, ce sont les numéros de slides... BertrandWow ! pas cool et ça a entrainé une réaction, un échange après ? LéaUn échange, mais c'était positif. C'est pour vraiment me montrer l'importance de justifier chacun de mes chiffres. En fait d'inscrire la source systématiquement. BertrandEt tu me disais en préparant cette interview que ça avait aussi été une école de la rigueur. Tout avait appris des choses là bas. Justement, grâce à ce genre d'anecdotes ? LéaJe pensais être rigoureuse. J'ai appris ce qu'était la rigueur quand je travaillais là bas. BertrandLéa, la communauté du Gagne-Pain nous interroge beaucoup sur l'utilisation de l'anglais dans les métiers du digital. Est ce que dans ton métier de Web Analyst chez Système U, tu utilises beaucoup l'anglais aujourd'hui ? LéaAujourd'hui, non, parce que System U est une entreprise française. Et donc pas nécessaire d'avoir des compétences en anglais. En revanche, quand je travaillais pour Kingfisher, une entreprise à dimension internationale, l'anglais était était très important parce que j'avais des communications en anglais systématiquement. BertrandEst ce que l'utilisation des outils de Web analyse impose quand même de comprendre des choses en anglais ou maintenant quasiment tout est traduit en français ? LéaÇa dépend des outils. C'est toujours mieux de maîtriser l'anglais. En tout cas un anglais professionnel, parce que certains outils font des conférences uniquement en anglais. Ou des outils et des formations sont uniquement en anglais. Donc ça reste bien sûr hyper important. BertrandPour ceux qui nous écoutent. Est ce que tu peux nous indiquer quelles sont les bonnes formations pour faire le métier de Web Analyst ? LéaJe n'ai pas de formation idéale en tête. Les entreprises recommandent en général entre un bac plus trois ou un bac plus cinq. Par contre, ce qui va faire la différence, ça va vraiment être la maîtrise d'outils analytiques. Quand je parle d'outils analytiques, je pense à Google Analytics ou Adobe Analytics. Ce sont des outils de mesure d'audience, également Content Square, qui est un outil de mesure de parcours client et d'analyse de ce parcours client. BertrandContent Square en deux mots, c'est une licorne française qui développe des outils pour mieux comprendre le parcours utilisateur ? LéaC'est une mine d'informations qui permet de connaître en détail, que ce soit sur un site web ou sur une application mobile, le parcours des utilisateurs. BertrandTrès bien. Est-ce qu'il y a d'autres outils qui te semble important de maîtriser pour faire ce métier de Web Analyst ? LéaAu moins un outil d'AB Testing. J'en ai deux en tête, Adobe Target et AB Tasty, qui sont les plus connus. La maitrise d'un de ces deux outils est un vrai plus. BertrandEt ça, les outils que tu viens de citer, ce sont des outils que tu utilises régulièrement ? LéaOui, sauf AB Tasty. BertrandD'accord pour ceux qui nous écoutent. Est ce qu'il y a des certifications professionnelles qui seraient intéressantes à connaître, voire à passer pour faire ce métier de Web Analyst ? LéaDes formations sur des outils analytiques, hyper important. Que ce soit Google Analytics sous Adobe Analytics mais aussi sur Content Square. J'en ai passé plusieurs. BertrandDonc toi, tu as passé déjà plusieurs certifications pour t'accompagner dans ce métier ? Léa C'est ça. BertrandOK, c'est clair. Est ce qu'il y a un mode de vie type du Web Analyst ? On pose souvent cette question pour comprendre qu'est ce que ça a changé pendant la période de confinement ? Est-ce qu'on peut faire ce métier facilement à distance ? À l'autre bout de la France ou à l'autre bout de la planète ? Est ce que c'est possible ? LéaC'est un métier qui peut officiellement se faire à distance. Aujourd'hui, je fais trois jours sur site et deux jours de travail par semaine. C'est un rythme plutôt sympa pour être en contact avec les équipes et puis garder le télétravail dont on s'est habitué pendant le confinement. Mais c'est un travail qui peut tout à fait se faire sans distance. BertrandEt la relation que tu as avec les équipes quand tu es sur le site, elle se fait avec quelles équipes ? C'est qui les équipes importantes avec lequel tu dois échanger ? LéaC'est très diversifié. On peut aller d'une équipe CRM, une équipe acquisition. Je peux travailler avec des webmaster avec une équipe E-merchandising avec des product owner. C'est très diversifié. BertrandTrès bien. Léa, quels seraient des conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans le métier de Web Analyst ? LéaAlors mon premier conseil, ça va être de saisir sa chance. Simplement de tenter et mon deuxième conseil, ça va être de profiter d'avoir accès à Internet. Et à une mine d'informations, de contenu gratuit sur le métier, sur le poste, des fois sur les outils pour justement en profiter, pour se former, s'auto former. BertrandApprendre déjà un certain nombre de choses avant de savoir si c'est le métier qui te convient ou pas ? Léa Voilà. BertrandOK. Léa Est ce que tu pourrais nous conseiller des films, des livres, des séries, des choses qui te semblent intéressantes pour approfondir le métier de Web Analyst ? LéaJe n'ai pas vraiment de films ou de séries en tête sur le métier de Web Analyst. Par contre, il y a pas mal de choses qui se trouvent en ligne des webinaires, des études de cas, par exemple via AB Tasty. Ils font des webinaires hyper intéressants. Il y a des livres blancs aussi de Caméléon qui sont hyper cool, hyper détaillés, des études de cas aussi. Il y a un blog que j'aime beaucoup, qui est celui de Neil Patel. C'est un blog en anglais, mais ce n'est pas dédié à la web analyse, c'est assez large en digital. Il y a des articles hyper intéressants sur les tests. Donc il y a pas mal de contenu en ligne. BertrandExcellent. On mettra les liens dans les commentaires du podcast pour ceux qui veulent aller plus loin sur ces sujets. En conclusion, est ce que tu peux nous dire quelles sont les évolutions que tu peux envisager pour toi dans ce métier de Web Analyst ? LéaMoi, je vise deux types d'évolution aujourd'hui. Une première que je dirais évolution technique et une deuxième plus une évolution managériale. Premièrement, je souhaite déjà pousser mes compétences sur les outils, sur l'AB tasting, sur le tracking de données également. Et dans un second temps, donc à moyen long terme, viser un poste avec des fonctions managériales, donc encadrer une équipe de web analyst. BertrandTu as déjà expérimenté un peu ça ou pas encore ? Ça serait complètement nouveau pour toi de manager ? LéaÇa serait tout nouveau. BertrandOK, bon, on peut te souhaiter que ça pour que ça fonctionne. Merci beaucoup d'avoir accepté cette invitation et d'avoir expliqué ton métier aussi clairement et aussi simplement. LéaMerci à toi, à bientôt. L'épisode 32 du Gagne-Pain, métier "Web Analyst", est également disponible sur : ### Directrice artistique – Camille Gleizes Épisode 31 : Camille Gleizes, Directrice Artistique chez Artefact 3000.  Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Camille Gleizes, Directrice Artistique chez Artefact 3000. Camille nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Camille pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Je suis Directrice Artistique spécialisée en social media. Je travaille beaucoup pour les réseaux sociaux, donc je décline des campagnes de publicité pour les réseaux sociaux sur Instagram, sur Facebook, sur Tiktok...Camille Gleizes Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Camille Gleizes – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 31 : Bertrand Bonjour Camille. CamilleBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup Camille d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. On va parler de direction artistique avec toi. Est ce qu'avant ça, tu peux te présenter, te décrire en quelques mots ? CamilleJ'ai 29 ans, je viens de Normandie, j'ai passé mon bac en candidat libre et j'ai fait mes études à Gobelins et à Estienne. BertrandExcellent. Est ce que tu peux aussi décrire ton parcours professionnel jusqu'à l'entreprise dans laquelle tu es aujourd'hui ? CamilleAlors j'ai commencé à 18 ans à travailler dans une entreprise qui s'appelle Vert Marine, qui est spécialisée dans la gestion des équipements sportifs. Donc tout ce qui est patinoire, piscine, etc. BertrandC'était juste après ton bac. CamilleExactement et en fait c'est dans un service de communication. Et du coup, je m'occupais, je travaillais beaucoup sur InDesign. C'est là que j'ai vraiment appris ce qu'était vraiment le métier de graphiste et de D.A. BertrandInDesign. Pour ceux qui nous écoutent, c'est la suite. Photoshop. CamilleC'est la suite Adobe. BertrandLa suite Adobe exactement. CamilleC'est un logiciel de mise en page pour créer des livres, des affiches... BertrandQuand on a préparé cette interview, tu m'as dit qu'il y avait un passage important à 23 ans... CamilleAlors j'ai travaillé à La Fourmi une agence qui est spécialisée dans l'événementiel sportif. Ou j'étais assistante en direction artistique et j'ai travaillé sur des gros comptes pour la FFF, le PSG. BertrandLa FFF, Fédération française de foot ? CamilleOui, le sport. BertrandOk, après, il y a une autre étape à 24 ans dans ton parcours ? CamilleOui, j'ai travaillé pour une grosse boîte de production de cinéma à Clichy, qui s'appelle Quad Productions, ou je m'occupais de créer une charte graphique autour des films qui sortaient. BertrandPar exemple ? CamilleJe dirais Moonlight, American Pastoral, beaucoup de films américains... BertrandEt donc là, on voit que tu as expérimenté la création sous différents aspects. Camille Exactement. BertrandEt maintenant on va donc parler de l'entreprise dans laquelle tu es aujourd'hui : Artefact. CamilleC'est ça, alors je travaille pour Artefact 3000 qui est l'agence créatifve d'Artefact qui est une agence de publicité. On travaille pour différents clients, pour Franprix, pour Nexity, Ficher Price. J'ai travaillé sur des comptes comme Klorane, Style Etc... BertrandTu t'occupes de la création ? Tu es directrice artistique ? CamilleOui, c'est ça. En fait, je suis Directrice Artistique spécialisée en social media. Je travaille beaucoup pour les réseaux sociaux, donc je décline des campagnes de publicité pour les réseaux sociaux. Ça peut être sur Instagram, sur Facebook, sur Tiktok... BertrandMerci Camille. Est ce que tu peux maintenant décrire ton métier, notamment ton métier, au sein de l'agence. CamilleAlors au sein de l'agence en fait. Donc je suis ce qu'on appelle une créative qui met en forme, visuellement ou de manière sonore, une publicité. Dans d'autres entreprises, ça pourrait être un magazine, ça pourrait être un livre. Mais il se trouve que chez Artefact 3000, on met en forme visuellement à partir d'un brief, une publicité. BertrandEt ces publicités, elles sont diffusées sur le Web, majoritairement sur les réseaux sociaux ? CamilleOui, c'est peut être aussi à la télé, par exemple. Je sais que chez Artefact, on a beaucoup de binômes, donc c'est souvent un DA ou une DA, et un CR. Donc c'est un Concepteur Rédacteur qui s'occupe de tout créer un concept. Il écrit aussi beaucoup. Du coup, c'est deux métiers complémentaires qui permettent de faire une publicité que vous pouvez voir par exemple à la télé. BertrandEt donc, pour expliquer ça, clairement à ceux qui nous écoutent, il y a donc un métier de D.A. Créatif. Et il y a un métier de rédacteur qui va ajouter les éléments écrits à toutes les communications. CamilleMoi, je fonctionne en binôme pour dans mon métier de DA Social Media, parce que je traduis en fait les idées de mon binôme. En fait visuellement. Bertrand D'accord. CamilleÀ partir d'un brief, on fait énormément de choses et à partir de ces idées, j'essaie de les traduire visuellement pour... BertrandQue ça soit impactant ! CamilleExactement. BertrandParce que l'image, c'est quand même ce qu'on voit d'abord, surtout sur les réseaux sociaux ! CamilleJe pense qu'il faut quand même partir d'un concept, sinon je pense que ça tient pas trop... BertrandMerci Camille. Ce que je voudrais maintenant, c'est décrire ton métier, la façon dont ça se passe. Et puis après, parler de tes mission, donc le rôle du D.A. Il s'organise comment dans l'agence ? CamilleAlors le D.A. met en forme des idées à partir d'un brief, ça peut être pour une publicité, une campagne sur les réseaux sociaux. BertrandEt tu disais tout à l'heure qu'il y a aussi cette idée de binôme avec un rédacteur, donc celui qui rédige, c'est ça ? CamilleDonc en fait en publicité, chez Artefact, on a soit des directeurs artistiques qui sont seuls, soit des duos. On appelle ça un duo créatif, donc c'est DA & CR et donc on traduit les idées de nos collègues en image. Puis on crée des concepts par rapport à un brief. Et après nous, les DA, on traduit ces idées. BertrandEt ceux qui nous écoutent voient ça très bien. Sur les réseaux sociaux, il y a forcément des visuels, mais il y a aussi un concept. Il y a aussi une idée et donc c'est bien le DA et le rédacteur qui travaillent là dessus ? Camille Exactement. BertrandOK, c'est très clair. Est ce que tu peux maintenant nous parler de tes missions ? Tout à l'heure, tu as décrit trois missions. CamilleLa première mission, c'est d'appréhender les briefs. La seconde, c'est de créer du contenu à partir de ces briefs. Et la troisième mission, c'est suivre les campagnes. BertrandDonc, si on revient sur la première mission, le brief, donc là c'est là ou tu récupères les informations pour créer exactement. CamilleDonc on fait une réunion souvent avec des directeurs commerciaux qui nous donnent un brief. Et avec notre binôme, on va infuser dans notre tête pendant deux ou trois jours pour en sortir des idées. Et je dirais on sort peut-être 10 idées par brief et souvent le client en retient trois ou quatre. BertrandPremière chose, on fait des maquettes avec quelques idées et on les renvoie au client via le directeur commercial pour choisir. Deuxième mission dont tu parlais, c'était créer le contenu. Donc là, ça veut dire qu'il y a un choix créatif qui a été pris et on le met en œuvre ? CamilleOui, on part de la charte graphique du client. On crée en fonction des concepts qu'on a créés avec notre binôme. On voit sur quels réseaux sociaux on peut développer ces contenus. Souvent on crée sur Photoshop des maquettes, des bannières, ça peut être des vidéos, donc on écrit des scripts, etc. BertrandL'outil principal que tu utilises toi, c'est Photoshop ? CamilleOui, Photoshop, mais après ça peut m'arriver de créer du contenu sur Illustrator juste pour habiller un peu la création... BertrandEt avant ça, tu fais papier crayon ou pas du tout, c'est vraiment direct web ? CamilleMoi, c'est ma méthode. J'ai une collègue qui s'amuse à faire des croquis en dessinant. Moi, je fais tout le temps de la veille, je vais sur le site de Behance (https://www.behance.net/) Qui est très utile pour les créatifs, ou je regarde un peu ce que les autres font pour m'imprégner un peu des tendances. BertrandEt troisième mission, tu as dit assurer le suivi des campagnes. CamilleC'est ça, j'ai pas grand chose à rajouter sur cette partie parce que pour moi ça me parait très simple. On voit avec les directeurs commerciaux, les choses à rendre... BertrandComment la campagne évolue, est ce qu'il faut faire des modifications par rapport à la campagne ou simplement la renforcer, l'atténuer ? CamilleSouvent, dans mon métier, c'est 50 % de création de contenu et 50 % de retours sur les contenus que j'ai créé. BertrandCa veut dire qu'on s'inspire des réactions qui sont faites sur les campagnes. On s'inspire de ce qui se dit ? Ou c'est des réactions qui viennent du client ? CamilleC'est souvent des réactions qui viennent du client via le directeur de clientèle et il nous dit Voilà, il faut modifier tel truc, parce c'est pas assez clair... BertrandOK c'est très clair. Maintenant, est ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier ou comment tu as choisi ce métier ? CamilleAlors il faut savoir que je viens de Normandie. Il se trouve qu'il pleut beaucoup en Normandie. Et donc on s'ennuie énormément. Donc je suis restée beaucoup derrière sur mon ordinateur. En fait, quand j'étais jeune, ma mère est arrivée avec la suite Adobe et donc j'ai un peu bidouillé. BertrandAvec Photoshop d'abords ? CamilleOui Photoshop, c'était vraiment le premier logiciel sur lequel j'ai pu travailler. Même si c'était pas tellement un travail, c'était plus... Bertrand T'amuser ? CamilleExactement. Et donc je regardais des tutos sur Internet et je m'amusais à reproduire ce que les gens faisaient. BertrandEt c'est comme ça que tu t'es dit que tu allais en faire ton métier ? CamilleAlors déjà, je ne savais pas qu'on pouvait en faire un métier. Pour moi, c'était vraiment une passion. Et ma mère est venue me voir en me disant, là tu peux en faire un métier. Il y a même des écoles pour ça. Alors me suis dit, là d'accord, c'est bon, j'ai choisi ma voie. BertrandEt pour ceux qui nous écoutent, est ce que tu peux nous dire justement pour en faire son métier, quelles sont les compétences qu'il faut ? Qu'est ce qu'il faut pour que ça marche ? CamilleAlors beaucoup de sensibilité, je dirais. BertrandC'est l'aspect créatif. CamilleC'est ça, exactement. Je dirais beaucoup de rigueur. Parce que on nous demande de créer énormément de contenu. Donc en fait, il faut vraiment être organisé. BertrandDonc c'est à la fois, creatif et rigoureux. C'est presque antinomique d'une certaine manière. Et tu dis aussi, quand on a préparé cette interview, autonome? Qu'est ce que tu entends par là ? CamilleAlors je veux dire qu'il faut qu'on respecte les deadline. Il ne faut pas qu'on vienne vers nous pour nous demander tout le temps ou est-ce que ça en est ? BertrandTu n'as besoin de personne pour te dire ce qu'il faut faire et comment il faut le faire et à quelle date il faut le faire ? CamilleIl faut quand même respecter ses collègues... BertrandMais, tu es capable de mettre tout ça en place toute seule ? CamilleGénéralement, je demande une deadline aux directeurs commerciaux comme ça, au moins, je sais ce que je dois rendre tel jour et me font confiance. On se fait confiance et voila.. BertrandDonc c'est plus une question de confiance ? CamilleOui, parce que je pense que les directeurs commerciaux ont des comptes à rendre aux marques. Et il faut que nous aussi on soit assez réglo. BertrandEt donc, si je résume, pour être un bon DA, il faut être sensible, il faut être rigoureux et autonome, CamilleOui, c'est ça ? BertrandExcellent. Alors attention, QGP la question Gagne-Pain combien ça gagne un DA ? CamilleAlors en étant junior, je dirais que ça commence à 30K€ généralement chez Artefact 3000. Après, dans d'autres agences, c'est sûrement différent. On part à 30K€ et on finit souvent à 95K€ en étant senior. BertrandEt ça veut dire qu'on commence à manager des équipes en étant senior ? CamilleOui, parce qu'il y a aussi un autre métier qui s'appelle DC, donc directeur de création. Et là, on manage des équipes créatives. BertrandOn encadre plusieurs équipes de DA et de rédacteurs ? Camille Exactement. BertrandOK, c'est clair. Est ce que tu peux nous dire quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever dans ce métier ? CamilleQue les idées les plus simples étaient souvent les plus efficaces. BertrandD'accord. Et ça a pris du temps ? Est ce que tu te dis que c'était d'une certaine manière la simplicité qui fonctionnait ? Camille Oui, parce que je me prenais souvent la tête. Les créatifs se prennent énormément la tête pour rien du tout... Et en fait, on m'a dit que les idées les plus simples... BertrandJ'aimerais bien creuser cette question ? Est ce que les idées les plus simples sont les premières idées ou pas forcément ? CamilleNon, non, c'est pas toujours les premières. Je pense qu'il faut souvent se méfier de la première idée. BertrandCelle qui arrive tout de suite, c'est pas forcément la bonne ? CamilleC'est pas forcément la bonne. Après ça peut être un coup de maître, ça peut marcher. Mais je pense qu'il faut un peu se casser la figure pour aller à l'idée finale. BertrandIl n'y a pas de règle, ce serait trop simple ? CamilleOui, exactement. BertrandCamille, dans les tâches quotidiennes d'un DA, quelles sont les tâches qui te plaisent le plus et celles qui te plaisent le moins ? CamilleCelles qui me plaisent le plus, c'est créer des concepts et faire de la veille. Bertrand D'accord. CamilleEt celle qui me plaît le moins, c'est de décliner des campagnes de pub. BertrandEt quand tu dis décliner, ça veut dire que quand tu as fait une première campagne, il va falloir que tu utilises différents formats pour qu'ils s'adaptent aux différents réseaux sur lequel tu vas diffuser cette campagne. C'est ça ? CamilleEn fait, on part de ce qui a déjà été fait. Par exemple par un binôme de Créa, et on décline sur des bannières, sur des prints. Comme ça demande énormément de rigueur. Et comme il y a énormément de déclinaisons, en fait ça prend beaucoup de temps et c'est assez répétitif. BertrandEt les outils qui permettent de décliner les formats, les tailles etc... CamilleOui, Photoshop est de très bien pour ça. BertrandLa communauté du Gagne-Pain nous interroge beaucoup sur ces métiers du digital et l'utilisation de l'anglais. Est ce que tu peux nous dire si l'anglais est important dans le métier que tu fais tous les jours ? CamilleAlors déjà, je dirais que c'est toujours important, même pour voyager ou autre. Il se trouve que chez Artefact 3000, c'est utile, mais ce n'est pas nécessaire. Après, j'ai déjà travaillé sur un script en anglais. Ou du coup je devais écrire, comprendre les retours des clients en anglais. Comme je avais fait en anglais européen au lycée, ça m'a énormément aidé. BertrandD'accord, donc c'est utile mais pas nécessaire. CamilleC'est ça, exactement. BertrandEst ce que tu peux nous dire, pour ceux qui nous écoutent, quelles sont les bonnes formations pour faire ce métier de Directrice Artistique ? CamilleAlors je dirais la formation la plus importante, c'est la première. C'est faire une prépa dans des écoles de design graphique. C'est ce que je conseille vraiment pour apprendre. Souvent, quand on n'en parle au lycée, on ne connaît pas ce métier. C'est important de faire une prépa à Gobelins, à Estienne ou à Penninghen. Il y a d'autres écoles d'art, mais je conseille de faire une prépa par exemple à Gobelins. BertrandOK, et après ? Tu as aussi beaucoup parlé de la formation en entreprise. Tu as parlé beaucoup de l'alternance qui t'a beaucoup aidé. Qu'est ce que tu peux dire là dessus ? C'est important d'être immergé dans l'entreprise pour pouvoir faire ce métier ? CamilleOui, parce que dans le métier de Da, on peut être DA dans beaucoup d'entreprise, en fait. Il est important de savoir ou est ce qu'on veut aller. Est ce que on a des fantasmes ? J'aimerais travailler dans le cinéma, j'ai testé le cinéma. Et en fait, ça me plaît pas. OK, bon, je vais aller dans le sport. J'aime bien le sport ? Est ce que je peux avoir une carrière dans le sport ? En fait, c'est vraiment une sorte d'itération. Ça s'apprend au fur et à mesure Et l'alternance aide beaucoup. On est immergé trois semaines en entreprise. C'est le rythme que je conseille d'ailleurs. Bertrand D'accord. CamilleLe système trois jours, deux jours, ça marche pas. On ne peut pas suivre les projets jusqu'au bout, on ne peut pas les finir. Donc je conseille trois semaines / une semaine et de faire un maximum de formations en alternance. BertrandEt est ce que tu peux nous dire si toi tu continues régulièrement à te former, à apprendre des choses et si oui, comment ? CamilleAlors oui, je me forme beaucoup en autodidacte. C'est ce que j'ai toujours fait et c'est ce que je conseille de faire. Faire beaucoup de tutos sur YouTube, d'écouter beaucoup de podcasts sur Magellan. Je pourrais conseiller ça aussi ? Bertrand D'accord. CamilleJe dirais d'aller sur Domestika, c'est des professionnels sur différents métiers qui donnent leurs conseils pour créer des choses, voir des choses en vidéo, c'est un peu comme des cours. C'est assez intéressant. BertrandDonc ça veut dire que tu continues à te former régulièrement et tu cherches une diversité de sources pour te former pour continuer à progresser ? Camille Exactement. BertrandEt donc tu conseille aussi ça pour les plus jeunes de se former, d'apprendre des choses ? CamilleOui parce que je pense que si je ne m'étais pas formée toute seule, je n'aurais jamais pu faire les Gobelins par exemple. J'avais une petite base qui m'a aidée à rentrer en prépa et qui m'a aidée à continuer après. BertrandEst ce qu'il y a des certifications et des reconnaissances du marché sur ce métier ? Comment on peut aborder cette question ? CamilleJe dirais que c'est les prix créatifs, les prix Stratégies, le palmares des Chatons d'or, le club des DA. C'est ce type de reconnaissance, qu'on recherche. BertrandDonc c'est moins la certification que la reconnaissance de ses pairs. D'une certaine manière, c'est très important d'avoir des prix ? CamilleAh oui, déjà pour l'agence et aussi pour soi. Parce que l'on se sent reconnu. BertrandEt comment on les met en avant ses créations, il y a toujours cette logique de book. On a son propre book avec ses propres créations. Il y a encore quelque chose qui fonctionne de cette manière là pour travailler. Pour te présenter ? Pour expliquer ce que tu fais ? CamilleAh oui, souvent. Même dans des entreprises, on postule toujours avec un book pour aider les entreprises à se projeter. BertrandDonc ça veut dire que pour ceux qui nous écoutent, c'est pareil. Si ils font des petites créations dans leur coin, ii faut faire comme tu as fais en utilisant Photoshop. Il faut se faire un book. CamilleMême créer des projets. Par exemple, j'ai créé un Instagram qui s'appelle heur.euze ou j'ai plus de 35K abonnés. Voilà, c'est des choses que j'ai fait moi même. J'ai créé aussi pour AdopteUnMec. Ça n'a rien à voir avec le métier que je fais, mais du coup, ça me permet d'être plus inspiré sur des sujets. En fait, je crée mais je n'ai pas de limite à ma création, et je m'arrête pas... BertrandD'accord, je comprends. On mettra les liens sur sur le podcast pour que les gens puissent aller découvrir ce que tu fais. Est ce qu'il y a un mode de vie type ? On pose beaucoup cette question en ce moment, notamment lié à la période de confinement que l'on a vécue, liée au télétravail. Est ce qu'on a un mode de vie particulier quand on est DA ? Est ce qu'on peut le faire exactement comme on veut ? CamilleAlors, on fait un peu comme on veut chez Artefact 300. Il faut quand même revenir un peu à l'agence. Moi, je travaille ici à Paris, je suis là deux semaines par mois et j'habite en Bretagne. Donc je fais souvent des allers retours. BertrandEt donc ça veut dire que tu fais la moitié de ton temps en télétravail depuis ta Bretagne face à la mer ? CamilleExactement, en entendant les mouettes... BertrandEt ça, c'est quelque chose qu'on peut vraiment faire sans problème. Tous les outils le permettent. Évidemment, ça dépend de l'organisation, mais les outils le permettent ? CamilleEn fait déjà on nous donne un ordi en arrivant chez Artefact, on a des MacBook Pro, il nous faut juste une bonne connexion Internet. Et c'est parti. BertrandEt ça te fait une source d'inspiration, la Bretagne ? Près de chez toi, tout le temps, c'est calme ? CamilleOui, ça m'aide énormément à créer, même avoir des idées. Et le fait de revenir à Paris en tant que touriste, c'est génial je trouve. Comme une touriste américaine qui arrivent là pendant deux semaines et qui redécouvre un peu les rues de Paris, c'est très bien... BertrandExcellent. En tout cas c'est intéressant d'entendre que pour la création, qui est le cœur de ton métier, le fait de pouvoir faire du télétravail et de le faire d'où tu le souhaites, c'est quand même très important. CamilleBen oui, ça aide à créer. BertrandCamille Quels seraient les conseils à ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient devenir DA ou directrice artistique ? CamilleJe dirais d'être curieux de ce qui vous entoure. Cultivez aussi votre sensibilité créative et n'hésitez pas à aller voir des expositions. N'hésitez pas à lire des livres, écouter des podcasts, écouter la radio. Vous vous former aussi en autodidacte tout le temps, d'aller voir des expositions... BertrandIl faut cultiver son petit jardin créatif ? CamilleExactement. C'est très, très important. BertrandEt justement, qu'est ce que tu pourrais comme conseils pour ceux qui nous écoutent en termes de films, de séries, de livres, de podcast ? CamilleAlors moi je dirais alors déjà j'ai un film que j'adore qui s'appelle La La Land, pour le travail autour de la couleur, assez exceptionnel. Chaque personnage, les émotions traduisent des couleurs. C'est super. BertrandJe ne peux être que d'accord. CamillePour la série, je dirais Mad Men, parce ça parle d'un créatif à New York. BertrandSur la 42eme Avenue, exactement. CamilleIl y a un podcast qui m'intéressait dans ce moment. C'est le Sens Créatif. Avec interviews de personnes créatives. Donc du coup, ça permet aussi de voir comment les autres fonctionnent. Ça aussi, c'est intéressant. On crée jamais tout seul. On a toujours besoin des autres pour créer des choses. C'est très important aussi de le dire. BertrandOn mettra aussi les liens vers le sens créatif dans le podcast. Camille Est ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose pour ceux qui nous écoutent ? CamilleAlors oui, la vie professionnelle est pleine de surprises et que chaque expérience est bonne à prendre. BertrandÇa veut dire qu'il faut rebondir sur chacune d'entre elles, comme toi, tu l'as fait ? CamilleExactement, si vous avez envie de travailler dans la beauté, allez dans la beauté. Si deux ans après vous voulez arrêter et bosser dans le foot. Allez-y ne vous fermez pas. BertrandUn autre aspect qu'on a déjà évoqué quand on a fait des interviews en agence, c'est le côté un festif. Est ce que c'est aussi un plus d'avoir un environnement festif, il y a quand même des fêtes en agence, non ? CamilleJe ne dirai rien. BertrandDernière question comment tu envisages ton évolution ? C'est quoi les évolutions à court ou moyen terme ? Comment tu vois les choses ? CamilleAlors j'ai remarqué que j'aimais beaucoup manager. Parce qu'il se trouve que j'ai dû recruter une assistante et aussi une personne qui m'a remplacé parce qu'avant j'étais directrice artistique pure et je suis partie au social media. Depuis ça fait un mois que je travaille vraiment en Full Social Media. Donc j'ai compris que j'aimais beaucoup accompagner les gens, les former et écouter ce qu'ils ont à dire. BertrandDonc, une des évolutions pour toi, c'est le management ? CamilleJ'aimerais bien. Après, il y a énormément d'évolutions. Par exemple, j'aimerais beaucoup créer des podcasts pour les marques aussi. Bertrand Excellent. CamilleDonc écrire pour les marques, sur d'autres types de contenu comme celui là, ce serait très bien. BertrandC'est parfait pour terminer cette interview. Faire des podcasts. Merci Camille. CamilleMerci Bertrand L'épisode 32 du Gagne-Pain, métier "Directrice Artistique", est également disponible sur : ### La marque candidat – Christel de Foucault Christel De Foucault, conférencière et auteure, découvrons la marque employeur Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Christel de FOUCAULT.  Christel est conférencière et auteure de "Marque Employeur / Marque Candidat". Elle est également fondatrice du podcast #TrouveurdEmploi et de la chaîne YouTube Le Grand Jeu de la Recherche d’un Job . Merci à Christel pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Christel de Foucault – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 30 : Christel de Foucault, auteure et conférencière. BertrandPour ce cinquième atelier, nous avons le grand plaisir d'accueillir Christel de Foucauld. Bonjour Christel. ChristelBonjour Bertrand. Merci de me recevoir. BertrandMerci beaucoup Christel d'avoir accepté notre invitation. Christel est l'auteur de plusieurs ouvrages, notamment "50 erreurs à éviter pour trouver un job" chez Eyrolles. Elle a beaucoup travaillé sur la Marque Employeur et la Marque Candidat. Elle est l'animatrice du podcast à succès #TrouverdEmploi et de la chaîne YouTube "le grand jeu de la recherche d'un job". Elle est conférencière, elle est Top Voice. Bref, elle fait beaucoup de choses. J'ai rien oublié, Christel ? ChristelNon, je ne crois pas. Si, peut être, ce qui peut intéresser tes auditeurs, c'est que je suis une ancienne recruteuse. Une ancienne "méchante" recruteuse. Et donc je vais leur parler avec le regard des recruteurs et peut être aussi leur dire que je suis une ex consultante en accompagnement. Donc j'ai accompagné des chercheurs d'emploi, des jeunes comme des moins jeunes vers l'emploi. Et ce regard peut les intéresser aussi. BertrandBref, vous l'avez compris, Christel connaît beaucoup de choses sur l'emploi. Elle va nous aider à trouver un emploi. C'est ce qu'elle fait dans son podcast avec beaucoup de plaisir. J'écoute ça très souvent et c'est très, très bien fait. Je vous engage également à écouter son son podcast. l'Atelier du Gagne-Pain, Christel, a pour objectif de proposer des conseils aux jeunes pour trouver un job. Si tu en es d'accord, j'aimerais t'interroger sur un concept que tu as inventé, que tu as créé, qui est la Marque Candidat. Et j'aimerais t'interroger sur quatre thèmes. C'est quoi la Marque Candidat ? On va commencer par ça. Comment développer et optimiser sa Marque Candidat, notamment pour les jeunes qui nous écoutent ? La Marque Candidat est elle adaptée aux métiers du digital ? Je pense que là, tu as beaucoup de choses à dire. Et puis, dernière chose, la Marque Candidat permet elle d'améliorer son employabilité dans la recherche de jobs ? Donc, on peut peut être commencer par le premier thème. C'est quoi la Marque Candidat en quelques mots ? ChristelAlors la Marque Candidat, c'est le pendant de la Marque Employeur. On entend beaucoup parler de ce sujet de la Marque Employeur. La Marque Employeur, c'est un concept qui existe depuis les années 90. On n'a rien inventé, mais il parait que ça va être le sujet de 2022, notamment à cause des réseaux sociaux. Et je voudrais pour nos auditeurs déjà leur expliquer ce que c'est que la Marque Employeur, parce que ça reste un concept assez flou, que ce soit pour les entreprises ou pour les collaborateurs. BertrandTrès bonne idée. ChristelAlors je vais donner ma définition de la Marque Employeur qui a une définition un peu business. En gros, la Marque Employeur c'est l'image d'une entreprise auprès de son marché, donc auprès de ses prospects, auprès de ses clients, non plus au travers de ses produits ou de ses services, mais au travers des hommes et des femmes qu'elle va attirer, recruter, intégrer, fidéliser, faire évoluer et dont elle va faire des ambassadeurs. BertrandOn laisse la parole aux employés avec la Marque Employeur. Maintenant, ce que tu peux nous dire, qu'est ce que ça change pour le candidat ? ChristelAlors justement, la Marque Employeur, quand je dis la manière d'attirer les candidats, c'est aussi laisser la parole aux candidats. En fait, chaque personne qui va rentrer en contact avec une entreprise, que ce soit le jeune pour faire un stage, le candidat pour un job et ensuite les collaborateurs. Ce sont tous des personnes qui peuvent faire rayonner, notamment sur les réseaux sociaux, la marque de l'entreprise. Donc la Marque Employeur, c'est ça. Et je me suis dit il n'y a pas de raison qu'il n'y ait pas de Marque Candidat parce qu'on parlait beaucoup d'expérience collaborateur. Je ne sais pas si j'ai entendu parler de ça, ou de quelle est l'expérience candidat ? Et moi, je me suis dit mais plutôt que de l'expérience, je voudrais qu'on parle de Marque parce que à l'ère, et à l'heure, des réseaux sociaux. Chaque candidat, chaque étudiant, chaque personne qui cherche un stage ou un job représente un produit, un service et à sa propre marque. Et je trouve que ça permet de valoriser la personne de la même manière qu'on va valoriser une entreprise. Et la Marque Candidat permet de valoriser un candidat. BertrandDonc ça veut dire que le candidat doit travailler sa Marque Candidat. Il doit faire en sorte que sa Marque Candidat rayonne pour toucher ses futurs employeurs. ChristelExactement. Alors déjà ça le met au même niveau que l'entreprise. Et je trouve que c'est bien d'équilibrer les forces parce que moi j'ai connu quand même pendant des années des entreprises employeurs un peu supérieures par rapport aux candidats. Là, les forces s'équilibrent grâce aux réseaux sociaux. Et en effet le candidat a une marque, il doit rayonner, doit finalement se montrer, doit se vendre et il n'y a rien de mieux qu'un réseau social pour le faire. BertrandLa Marque Candidat est née du réseau social et principalement des réseaux sociaux professionnels, notamment LinkedIn. C'est de là que ça part ? ChristelAlors je pense que les réseaux sont un moyen de montrer sa marque, de montrer qui on est. Bien entendu, il y a d'autres façons de le faire. Par exemple, au travers d'un CV, un très joli CV, notamment quand on est dans le digital, va donner une jolie image du candidat. Ça peut se faire aussi au travers de forums, de salons, de forums d'emploi. Quand on va rencontrer dans la vraie vie des recruteurs, on va faire rayonner sa marque. Ça peut se faire également à l'occasion d'entretiens. Quand on rencontre physiquement la personne, cela peut être aussi lors des entretiens en visioconférence. Mais pour les messages, les réseaux sociaux sont un magnifique outil pour faire parler de sa marque. BertrandTrès bien donc on a compris la Marque Candidat et la Marque Employeur, merci beaucoup Christel. Maintenant si on veut donner des conseils aux jeunes qui nous écoutent pour faire rayonner leur Marque Candidat, qu'est ce qu'il faut faire ? ChristelDe la même manière que l'on va conseiller aux entreprises. Pour bien mettre en avant une marque entreprise ou une Marque Employeur, on conseille aux entreprises d'analyser leur fonctionnement, d'analyser leur valeur, de faire un audit. C'est exactement la même chose pour les candidats. Donc ça va dépendre du projet de chacun. Non seulement il faut qu'ils se posent la question quel est mon projet ? Vers quel type d'entreprise je veux aller ? Quel avenir professionnel j'aimerais avoir ? Comment je souhaite me positionner ? Ça c'est une chose, c'est par rapport aux objectifs de son marché et du type d'emplois que l'on va rechercher. Et puis après, il faut faire une introspection sur soi même. Qui suis je ? Est ce que, par exemple, je suis quelqu'un qui aime écrire ? Peut être que je vais pouvoir faire rayonner ma Marque Candidat au travers de l'écriture. Si, par exemple, je suis plus à l'aise en vidéo, ce sera en vidéo. Si je suis hyper à l'aise avec les outils digitaux et je fais des magnifiques visuels. Ce sera peut être au travers des visuels. Donc il n'y a pas une bonne façon de faire rayonner sa Marque Candidat. La Marque Candidat va s'adapter à chaque personne et à chaque projet professionnel. BertrandDonc ça veut dire que la Marque Candidat, c'est faire rayonner qui on est sur tous les réseaux, comme tu l'as dit tout à l'heure. Mais ça veut aussi dire être actif auprès des entreprises qu'on cible et des employés de ces entreprises qu'on cible. C'est à dire faire des choses sur le réseau, publier, liker, commenter. C'est vraiment un premier axe ? ChristelC'est un premier axe, rentrer en contact aussi, créer son réseau. Parce que finalement, un réseau comme LinkedIn, c'est un moyen. Ce n'est pas une finalité, c'est un moyen de rencontrer des gens. Et ce qui va être important, c'est de créer son réseau humain. Donc, à partir du moment ou on a commenté une publication, on peut rentrer en contact avec celui qui a écrit la publication pour lui dire qu'on a trouvé son post ou son idée vraiment intéressante. Et ce n'est que dans un deuxième temps qu'on pourra dire qu'on recherche un stage ou une alternance. Dans la Marque Candidat, il y a une notion comme pour la Marque Employeur, il faut être un peu patient. Ça se construit doucement. Il ne faut pas tout de suite vouloir quelque chose. Ça aussi, je me permets d'alerter les jeunes. Vous repérez quelqu'un d'intéressant qui peut peut être vous aider. Ne ne faites pas une demande de contact en lui balançant tout de suite votre CV. Ça, ce n'est pas bon pour votre marque. Il vaut mieux faire une demande de contact en lui parlant de lui ou d'elle, en lui disant ce que vous avez compris de ce qu'il fait. En lui disant que vous aimez ce qu'il fait, en lui disant que vous aimez son entreprise. Et uniquement dans un deuxième temps, vous pouvez dire que votre rêve, c'est de travailler dans sa boîte. BertrandIl y a une question qui revient souvent aussi sur les Soft Skills et donc j'aimerais bien t'écouter là dessus. Comment est ce qu'on met en avant les Soft Skills dans sa Marque Candidat ? ChristelAlors les Soft Skills pour le redire à nos auditeurs, c'est le contraire de Hard Skills. Les Hard Skills ce sont les compétences techniques, métier, que l'on va acquérir avec l'expérience. Les Soft Skills, ce sont les compétences douces qui sont des compétences personnelles, relationnelles et que l'on a de base intrinsèquement et que l'on va développer. Mais pas nécessairement au travers d'une expérience professionnelle. Je pousse tous les jeunes à vraiment s'intéresser aux Soft Skills. Surtout ceux qui ont peur de ce manque d'expérience parce que justement, ils n'ont peut être pas beaucoup de Hard Skills, mais ils ont déjà beaucoup de Soft Skills. Pourquoi ? Parce qu'il y a leurs histoires de vie, parce qu'ils font aussi des choses qui sont intéressantes et dans lesquelles ils développent des Soft Skills. Notamment au niveau de leurs centres d'intérêt, notamment aussi au niveau de tout ce qu'ils font pour les écoles quand ils sont dans un bureau des élèves, quand ils travaillent sur un projet humanitaire, ils développent beaucoup de compétences douces, donc de Soft Skills. Les compétences douces ça va être la gestion du stress, la capacité à prendre de la hauteur, l'empathie, la capacité à fédérer, l'adaptabilité. Il y a beaucoup de jeunes qui voyagent, qui prennent une année de césure. Quand on prend une année de césure, on va développer beaucoup de Soft Skills. BertrandOn se prend en main. ChristelOn se prend en main, on va devoir s'adapter parce qu'on va voyager, on va apprendre d'autres langues. C'est une ouverture d'esprit, c'est une ouverture aux autres. On va aussi apprendre à se comporter en communauté et tout ça, ça a beaucoup de valeur. Donc je conseille aux jeunes qui ont peu d'expérience de vraiment valoriser, notamment dans leur CV. Mais de valoriser toute la partie centre d'intérêt. Je n'appellerait pas ça "divers", parce que ça fait poubelle, Je n'appellerait pas ça "hobbies" parce que ça fait vacances. Mais je trouve que "centre d'intérêt" ça a un intérêt dans un CV et surtout pour les jeunes. BertrandC'est très clair. Merci beaucoup Christel. On peut passer à la troisième partie de cet entretien sur la Marque Candidat. Notamment comment la Marque Candidat est adaptée aux métiers du digital ? On en a déjà un peu parlé forcément, puisqu'on a parlé des réseaux sociaux. Mais j'aimerais bien t'entendre sur comment la Marque Candidat peut aussi intéresser les employeurs quand le candidat va devenir une sorte d'ambassadeur ? ChristelAlors ça, c'est mon analyse. Alors je voudrais vraiment préciser ça. Bertrand, si tu m'y autorise, tout ce que je dit n'est pas à prendre comme une vérité. C'est à dire que c'est ma vérité à moi, c'est mon conseil. Et d'ailleurs, il n'y a pas une vérité en recherche d'emploi parce que c'est une science humaine. Donc je ne dis pas que je dis la vérité. Mais je parle, avec une connaissance du marché de l'emploi. Ce que j'ai remarqué et dès que je peux, j'interroge des recruteurs, c'est qu'à compétences égales, quand un recruteur va être face à deux candidats, il prendra systématiquement celui qui peut être un potentiel ambassadeur. Pourquoi ? Parce que s'il prend celui qui est un ambassadeur, qui, ensemble ils arrivent à créer une alliance? Que ce jeune se plaît dans l'entreprise, s'il est sur les réseaux sociaux, il va avoir envie, sans qu'on l'y oblige, il va avoir envie de communiquer sur son entreprise. Et si c'est un ambassadeur et qu'il a de la visibilité, il va donner de la visibilité à son entreprise pour zéro euro. BertrandC'est là que se rejoignent la Marque Candidat et la Marque Employeur ? ChristelTout à fait. C'est à dire que une entreprise, pour faire rayonner sa Marque Employeur va avoir besoin de potentiels collaborateurs ayant une Marque Candidat - collaborateur assez forte. Et c'est pour ça qu'on parle de programmes d'ambassadeurs dans les entreprises. Et les entreprises recherchent ça. D'ailleurs, on le voit bien sur LinkedIn. Il ne faut pas se tromper, il y a beaucoup de recruteurs qui font partie de cette majorité silencieuse sur les réseaux sociaux. Mais qui regardent, qui cherchent et qui repèrent parmi des jeunes de vrais ambassadeurs. Et il y en a beaucoup. Il y a des jeunes qui cartonnent avec des posts, avec des publications. BertrandDonc ça veut dire que là, on a une vraie complémentarité entre ce que tu évoqués en début de notre entretien, la Marque Employeur et la Marque Candidat. Et que c'est un atout fort parce que quand on est dans le digital, forcément, on connaît un peu ses sujets ? ChristelAlors c'est un atout fort. Et je dirais que dans le digital, d'autant plus, c'est presque une obligation. Donc là aussi, j'ai interrogé des recruteurs par rapport aux métiers du digital. Sachez que souvent les recruteurs, avant de vous recevoir en entretien, que ce soit pour un stage, une alternance ou un premier job, vont Googleliser votre nom. Pas nécessairement sur LinkedIn, ils vont le faire sur Google. Et si vous êtes dans l'univers digital et que quand ils vous cherchent, ils ne vous trouvent pas, ça peut paraître un peu louche. Parce qu'on s'attend à ce que quelqu'un qui soit dans le digital, qui veulent aller vers un métier digital, soit sur un réseau social, quel qu'il soit. Donc soit il vous trouve pas, ça peut paraître bizarre, soit il vous trouve, mais il vous trouve sur des réseaux qui ne sont pas nécessairement professionnels. Et en tout cas, les recruteurs vont être hyper surpris s'ils ne vous trouvent pas en tant que spécialiste ou expert du digital, s'ils ne vous trouvent pas sur LinkedIn. Donc ça va être presque un frein de ne pas y être. Et si vous y êtes, vous êtes un peu obligé de montrer que vous connaissez l'univers du digital. Ça veut dire que par exemple, derrière votre visage déjà, il faut une super photo, mais il faut une bannière. Il faut que votre bannière LinkedIn soit décorée. On attend aussi de vous que vous fassiez des publications. Alors pas nécessairement écrites, ça peut être des vidéos, mais on attend des choses de quelqu'un qui est dans l'univers digital. BertrandMerci beaucoup Christel. J'aimerais passer à la quatrième partie de cet entretien et émettre un peu les points sur les i, sur comment la Marque Candidat permet de trouver un boulot ? ChristelAlors on l'a déjà un peu dit avant, mais je dirais que c'est ce qui va nous permettre en tant que candidat, d'être repéré. BertrandEst ce que ça veut dire que la Marque Candidat permet au recruteur de mieux trouver le candidat ? ChristelMais c'est dans les deux sens. Bien sûr, ça permet au recruteur de mieux trouver le candidat. Mais attention, et là, c'est un message pour les recruteurs. C'est que attention, c'est dans les deux sens. C'est à dire que si le recruteur, dans un entretien et hyper désagréable, se transforme en inquisiteur, transforme l'entretien en interrogatoire, et bien il ne donne pas une jolie image de sa boite. Il ne va pas dans le sens de la Marque Employeur et le candidat lui dira non. C'est vraiment dans les deux sens, ces deux marques en fait qui vont se rencontrer et ça va matcher ou pas. BertrandJ'ai une autre question concernant la Marque Candidat. On dit souvent que le plein emploi est à portée de main et qu'il y a plutôt un marché qui se retourne, qui est plutôt favorable aux candidats en ce moment. Est ce que là aussi ce n'est pas un projet d'avenir d'avoir une Marque Candidat ? quand le marché est et dans ce sens là, c'est à dire que les employeurs ont du mal à trouver des gens ? ChristelAlors oui, parce que ça va nous donner de la valeur sur un marché. Et puis je rappelle que sa marque, on la garde toute sa vie. C'est à dire que, au début, c'est une Marque Candidat. Et puis après, on rentre dans une entreprise, ça devient une Marque Collaborateur. Et puis on va peut être être amené à recruter et ca sera une Marque Employeur, pourquoi pas. L'avantage, et c'est aussi le message que je voudrais passer, c'est que quand on communique sur les réseaux sociaux, quand on remplit sa vitrine LinkedIn, quand on crée son profil et quand on élargit son réseau, on travaille pour toute sa vie. Ce n'est pas juste pour le stage ou pour l'alternance ou pour le premier job. Toute notre vie, notre profil LinkedIn, va nous accompagner. On va l'enrichir, on va le faire évoluer et on va faire rayonner notre marque en fonction de ce que l'on va publier, en fonction de la manière dont on va interagir. Et ça va fonctionner pour obtenir des stages, des alternance et des premiers jobs. BertrandExcellent. Merci beaucoup Christel. Pour terminer cet entretien, j'aimerais bien tes conseils pour les jeunes #TrouveurdEmploi puisque c'est le nom de ton podcast. Et notamment il y avait des choses qu'on a déjà évoquées sur la vidéo mettre en avant sa vidéo. Mais tu as abordé tout à l'heure un sujet que j'aimerais bien qu'on creuse un tout petit peu. Sur les entretiens à distance et la visio. Quelle est ta vision aujourd'hui de ce que doivent faire les jeunes qui cherchent un job et qui vont certainement avoir des entretiens en visio ? ChristelAlors c'est une très bonne question parce qu'il y a de plus en plus d'entretiens en visio. Il y en a eu beaucoup pendant la pandémie, beaucoup pendant la crise. Ce sont souvent des premiers entretiens. Alors j'ai fait un podcast rien que là dessus, j'ai #trouveurdEmploi. Je rappelle #trouveurdEmploi, c'est un podcast qui est produit par Management Magazine et moi je suis l'animatrice de ce podcast. Donc les conseils, c'est déjà de considérer un entretien en visio comme un vrai entretien. Et quand je discute avec des jeunes, souvent sous prétexte que c'est en visio, c'est comme si ce n'était pas un vrai entretien. Donc il y a des règles de base. Mais pour faire très vite, il faut surtout tester avant tester son outil, voir si notre micro fonctionne bien. Peut être investir ou se faire prêter un casque avec un micro. Regardez aussi les notions de caméra. Parce que on a tendance et ça, c'est un réflexe humain à regarder l'écran et la personne qui nous fait face, le recruteur dans les yeux, mais sur l'écran. Or, parfois, la caméra est au dessus ou elle est plus bas... Donc bien vérifier ces notions là, bien vérifier l'endroit ou on s'installe. Parce que parfois il y a des candidats qui vont se mettre devant une fenêtre et ça fait un super contre jour. Ou alors on voit le bazar de la chambre avec du linge qui traîne derrière. On est aussi d'un point de vue vestimentaire. Il faut considérer qu'on est en entretien. Donc faire attention aussi à la tenue et durant tout l'entretien. Alors c'est plus compliqué un entretien en visio parce qu'il n'y a pas le contact humain. Et à distance, c'est difficile. Donc pensez à bien sourire parce que le sourire s'entend. Tu vois, là, si je te souris, je pense que je l'entends. Si tout à coup je fais la gueule comme ça, je pense que les auditeurs se rendent compte que voilà. Donc pensez à sourire, ça fonctionne aussi. Et ne pas hésiter non plus à prendre des notes. Parce que ce que regarde un recruteur, donc un recruteur, cherche un ambassadeur. Mais il cherche surtout quelqu'un de motivé. C'est aussi ça un message. Si vous avez zéro expérience mais que vous avez une motivation de malade, montrez là et on la montre au travers de son sourire, de sa voix, mais aussi de la manière dont on va prendre des notes. Donc n'hésitez pas en visioconférence à prendre aussi des notes. Voilà, bien vérifier l'espace, le bureau qui est du silence, qui n'est pas des gens qui passent derrière, qui n'est pas un chat qui vous monte sur la tête ou un chien qui débarque. Il faut faire attention à tout ça. Et à la fin de l'entretien en visio, une fois qu'on a raccroché. Pensez aussi ça, ça fait partie de la Marque Candidat, ça a beaucoup d'impact. Pensez à envoyer un mail de remerciement. Merci pour le temps consacré à la qualité de nos échanges. J'ai bien compris que le poste implique ça, ça et ça. Je vous renouvelle ma motivation et je pense que je suis la bonne personne pour telle ou telle raison. Parce que déjà il y a très peu de candidats, surtout chez les jeunes qui en temps normal font un mail de remerciement et alors zéro suite à un entretien en visio comme si il considéraient que ce n'était pas un véritable entretien. BertrandDonc considérer l'entretien en visio comme un véritable entretien, jusqu'au bout. ChristelJusqu'au bout, et il faut presque faire un peu plus attention puisqu'il va y avoir tout l'environnement qui va compter. Le meilleur truc, c'est de trouver un ami la veille et faire un test. BertrandFaire un test. ChristelEt voir ce que ça donne. BertrandToujours tester, "Test and Learn". En conclusion, Christel. J'aimerais bien t'interroger sur tes derniers conseils, notamment tes conseils peut être pour aller plus loin suite à cet entretien. Evidemment, il y a ton podcast, tes livres, il y à la chaîne YouTube que les auditeurs du Gagne-Pain peuvent aller consulter, écouter, lire. Est ce que tu as d'autres conseils qui te viennent en tête et qui permettraient d'aider les jeunes qui nous écoutent à trouver un job ? ChristelMoi, j'ai deux conseils. Le premier conseil, c'est de vous dire que : qui que vous soyez et à quel endroit que vous soyez dans vos études, dans votre parcours, dites vous que vous avez de la valeur. Vraiment il faut partir en étant confiant. Vous avez à votre niveau de la valeur. Et faites attention de ne pas vous positionner en inférieur par rapport aux recruteurs. Ça, c'est le premier conseil. Mais le deuxième conseil qui marche avec les jeunes. Considérer la recherche d'emploi comme un jeu. Dans un jeu, on s'entraîne. Donc passer le plus possible d'entretiens, même avec des boîtes qui ne vous intéressent pas, même avec des recruteurs que vous détestez. Passer des entretiens pour devenir de plus en plus bon. Changez vos outils. Vous avez des cartes en main qui sont le CV, le mail de motivation ou le pitch. Si vous vous rendez compte que ça ne fonctionne pas, vous changez comme dans la vraie vie, comme dans les jeux. On change de stratégie, on change d'outil. Tu joues au Monopoly ? BertrandÇa m'arrive. ChristelBon, je pense que les jeunes ont déjà joué au Monopoly. Est ce qu'ils pleurent quand ils tombent en prison sur la case prison ? Non, c'est simplement le jeu. Quand on perd au poker, on perd de l'argent. Mais ce n'est pas grave, c'est le jeu. Quand on perd face à un joueur de tennis, c'est le jeu aussi. On se dit, je vais m'améliorer en recherche d'emploi c'est pas, je suis un mauvais professionnel, je ne vais jamais trouver. C'est juste que je suis peut être un mauvais joueur dans le jeu de la recherche d'un job et je vais améliorer mon jeu. BertrandC'est un excellent conseil. Considérer la recherche d'emploi comme un jeu. Je pense, c'est un très très bon conseil. Merci beaucoup Christel. Merci à bientôt. ChristelMerci Bertrand. Merci à vous tous de nous avoir écouté et pensez toujours que vous avez de la valeur. L'épisode 30 du Gagne-Pain, l'atelier #5 sur la marque employeur, est également disponible sur : ### Growth Hacker – Tuka Bade Épisode 29 - Interview de Tuka Bade, Growth Hacker chez CodinGame. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Tuka Bade, Growth Hacker chez CodinGame. Tuka, « pirate de la croissance » est souvent moqué, car personne ne sait ce qu’il recouvre.  Couteau suisse du développement de la boîte, c'est  une fonction de développement commercial. Il nous dévoile, dans ce podcast, tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Tuka pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Tuka Bade – Profil LinkedIn Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 29 : MajdelineBonjour Tuka, merci d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Tuka, tu es Growth Hacker chez CodinGame. On va avoir l'occasion de revenir en détail sur ton métier et ton entreprise. Mais avant ça, est ce que tu peux te présenter en quelques mots ? TukaOui, bien sûr. Je m'appelle Tuka Bade J'ai 26 ans, je viens de Montreuil, je suis papa d'une petite fille d'un an et neuf mois. J'ai vécu toute ma vie à Montreuil et j'ai passé mon bac à Montreuil, fait mes études dans Paris. J'ai fait un bac pro en chimie approfondie, la chimie appliquée, une année de licence en histoire et deux ans en alternance en BTS NRC (Négociation relations Commerciale). Pour ceux qui me connaissent pas aujourd'hui, c'est Négociation Digitale et Relation Client. Et ensuite j'ai fait un Boot Camp de Growth Hacking. MajdelineOK donc au début pas un parcours forcément digital sur le papier. Est ce que tu peux nous présenter ton parcours professionnel ? TukaOui, bien sûr. Alors quand je suis rentré à la fac, en licence d'histoire, j'ai pris un job étudiant chez Alinéa. Alinéa, c'est un magasin de vente de meubles et concurrent de IKEA. C'était ma première expérience professionnelle, ça a été très enrichissant pour moi parce que j'ai appris à la vente, j'ai appris la négociation. La deuxième expérience qui m'a le plus fait grandir, c'est quand j'ai monté mon entreprise. Je sors de mon Boot Camp et en fait, quelques mois après, j'ai monté une entreprise. J'ai fait avec ma femme et un associé à l'époque. Et c'est l'expérience qui m'a le plus appris au début parce que c'est se retrouver face à ses propres difficultés et ses propres murs sans que quelqu'un de plus sénior puisse te dire Monsieur, fait comme si ou fait comme ça. J'ai beaucoup, beaucoup aimé ça. MajdelineÇa a été une création d'entreprise ? TukaEt puis ça a pu aussi affirmer ma vision que j'étais Growth aujourd'hui. MajdelineOK. TukaEnsuite, CodinGame forcément, c'est l'expérience salariale la plus longue en poste permanent. Et j'ai vraiment beaucoup appris dans l'équipe Growth. Et et c'est une expérience ou je pourrais dire en tant qu'en tant que salarié Growth, je me suis affirmé et je vois vraiment ce que je veux faire plus tard. MajdelineOK, merci Tuka. Est ce que tu peux nous parler un peu plus de CodinGame ? TukaAlors que CodinGame pour ceux qui connaissent pas, ca existe depuis une dizaine d'années. À la base, c'est une plateforme pour les personnes qui veulent développer dans l'informatique avec un langage de programmation, développer leurs compétences en faisant des jeux. Alors le jeu vidéo est devant vous, devant l'écran et en fait vous faites avancer votre personnage ou l'aventure en écrivant des lignes de code. Donc il y a des tests à passer. Et ensuite ils ont développé la partie professionnelle de CodinGame qui permet aux recruteurs de profils techniques de pouvoir être évalués sur sur des tests que eux auront fait, les recruteurs, ou que nous on aura fourni sous forme de QCM ou de questions personnalisées pour trouver le meilleur développeur en se basant uniquement sur les compétences techniques de la personne. Pourquoi ? Parce que le CEO me disait pendant mon entretien d'embauche qu'ils voulaient vraiment casser cette image qu'on a aujourd'hui du je sors d'une grande école, donc forcément je suis bon. Il y a énormément de profils qui sont autodidactes sur énormément de sujets et l'idée était de pouvoir justement, juste sur la partie technique, de proposer à des personnes qui n'ont pas ce background, cette éducation très poussée, de pouvoir quand même atteindre des postes qui les intéressent. MajdelineC'est hyper intéressant. Donc en fait c'est de la gamification du code ? TukaOui, complètement,  montrer qu'on peut s'amuser et apprendre en même temps. MajdelineOk, très clair. Donc toi, quelle est ton activité et tes missions quotidiennes dans cette entreprise ? TukaAujourd'hui que je m'occupe de la bande. La bande, c'est tout ce qui est aller chercher la personne. La personne ne vient pas vers vous, donc aller chercher de nouveaux clients prospects pour CodingGame. En ce moment, ça va passer par de l'Ads, ça passe beaucoup par des emails de prospection. Ça passe aussi par ce qu'on appelle du Web Scraping. On récupère des informations sur Internet, des automatisations parfois, et il y a aussi beaucoup de travail avec l'équipe commerciale. MajdelineEt ce que tu pourrais traduire en français Growth Hacker pour ce qui se pose la question ? TukaOui, bien sûr, un Growth Hacker, littéralement parlant, ça veut dire "pirate de la croissance". Mais en réalité, il n'y a pas de hacking au sens qu'on connait aujourd'hui avec des institutions comme Anonymous. C'est plutôt quelqu'un qui va sortir des sentiers battus dans des missions marketing, pour aller chercher des axes de croissance. Donc on a un modèle assez particulier propre au Growth Hacking qu'on utilise, qui s'appelle l'AARRR : l'Acquisition, l'Activation, la Rétention, le Referral, recommandation en français, et le Revenu. Qui nous permet de nous fixer un but. l'AARRR n'est pas à prendre en compte comme un Funnel, mais plutôt comme un modèle de travail. On peut l'utiliser comme un Funnel (entonnoir d'achat), forcément, mais on peut très bien commencer par la recommandation, Le Referral, et puis repasser derrière sur de l'acquisition en faisant la boucle. MajdelineOK. TukaL'idée est que le Growth Hacker doit prendre de son temps pour soit analyser, soit prendre des initiatives pour se dire sur ce type de mission marketing ou technique, je peux apporter de nouveaux clients. Essentiellement concentré sur la partie haute de ce Funnel ou de cette méthode qu'on appelle l'Acquisition. MajdelineEt chaque Growth Hacker et sur une lettre entre guillemets différente de ce AARRR ? TukaOui et non, en fonction de la taille de l'entreprise, le Growth Hacker peut tout faire. J'ai eu des missions, on m'a demandé de travailler un peu sur tous les axes. Et plus l'entreprise grandit et c'est ce que j'ai remarqué, plus il y a une spécialisation qui entre en compte. Moi je suis spécialisé, très acquisition, vu que j'ai un background très commercial, forcément c'est ce qui va le plus avec mon profil. MajdelineD'accord donc toi tu ressens que quand on est spécialisé, on est beaucoup plus épanoui sur le métier ? TukaOu alors oui et non, ça dépend. Moi, je sais que je recherche une spécialisation. Au début, quand j'ai commencé, j'étais très content d'être généraliste parce que ça permet de toucher à tout. Mais oui, si on aspire à travailler dans une entreprise, celle qu'on appelle des Scale-Up ou des des licornes ou des entreprises qui grossissent très vite, une spécialisation ça aide. Parce que ça permet de pouvoir aller dans la direction que l'on souhaite. Sans que quelqu'un nous dise vu que tu es généraliste, va par là ou va par là. MajdelineDonc c'est très large en fait ? TukaOui, c'est très très large MajdelineAlors pourquoi as tu choisi ce métier ? TukaÀ la base, je cherchais à apprendre à coder par moi même. J'avais commencé par moi même et j'ai postulé à une offre d'automatisation marketing sur les réseaux sociaux. Et finalement, c'était le Boot Camp de la Rocket School que j'ai fait derrière. Et c'est là que j'ai découvert le Growth Hacking. J'avais des expériences un peu de Community Manager, en free-lance après des petits jobs, que j'avais que j'avais eu après mes études. Je cherchais vraiment cette dimension, ou je savais que sur les réseaux sociaux, on pourrait pour aller plus vite, on peut automatiser les choses. Et donc ils m'ont présenté le Growth Hacking qui forcément permet d'aller plus vite tout en utilisant des automatisations. Ça m'a plu et je suis rentré dedans comme ça, et depuis, j'y suis. MajdelineDonc tu conseilles les Boot Camp, pour les personnes qui veulent apprendre un métier, c'est intéressant ? TukaLes Boot Camp c'est très intéressant pour apprendre un métier. Pour les autodidactes, ils peuvent très bien le faire par eux mêmes. Le processus sera plus long, en fonction de la période d'apprentissage de la personne. Mais oui, c'est très utile parce que ça permet d'ouvrir un réseau. Et ça permet aussi de rencontrer plein de monde, même si on n'est pas très fort en réseautage, mais juste rencontrer plein de monde et voir différentes manières de faire. Ca ouvre le champ des possibles. MajdelineOK, d'accord. Quelles sont pour toi les trois principales compétences requises pour ce job ? TukaLa persévérance, parce que c'est 80 % d'échecs, 20 % de réussite. C'est beaucoup de tests qui ne vont pas fonctionner avant d'avoir un résultat. Marketing, commerce ou tech en fonction du profil. Parce qu'il est ce qu'il faut avoir une connaissance assez large de comment vendre ou comment développer quelque chose. Pour pouvoir avancer dans le sens ou la plupart du temps, on va demander au facteur de pouvoir vendre quelque chose d'une certaine manière. Et ensuite l'analyse de la donnée. C'est un plus, parce que si on sait ce qui fonctionne et on sait retirer les informations pour trouver ce qui fonctionne, on va pouvoir forcément appuyer sur ce qui fonctionne. Et avoir plus de résultats, plus facilement. MajdelineQuel est le plus grand défi que tu as eu à relever en arrivant dans ce métier ? TukaFaire passer ma vision, quand j'étais dans mon agence. C'est compliqué parce que quand on parle de Growth Hacking, on entend souvent un petit génie du web qui arrive à trouver des clients très facilement pour booster, des vues, des clics, de la publicité ou autre. Et c'est pas du tout ça, en réalité. Ça peut passer par ça. Parfois il y a de la chance et ça fonctionne mais. Mais faire comprendre que c'est beaucoup de, je me penche et je teste, je réessaie, et j'ai pas réussi, je recommence... C'est pas ce que les gens voient. Parce que forcément on partage que nos réussites... MajdelineLes attendent des les résultats aussi... TukaC'est ça, et le résultat est très attendu, donc forcément, la personne va se demander pourquoi les résultats ne sont pas là tout de suite. MajdelineDonc la partie test est primordiale dans ton métier ? TukaElle est primordiale, c'est ce qu'on appelle des itérations de manière très scientifique, mais c'est ce qui ce qui fait la force d'un Growth. MajdelineQuelle est la tâche quotidienne qui te plait le plus et celle qui te plaît le moins ? TukaCelle qui me plaît le moins, c'est le tri sur des gros fichiers Excel. Quand on cherche quelque chose, ou qu'on veut faire quelque chose de très laborieux, comme de l'enrichissement. Et qu'on n'a pas envie d'utiliser une automatisation pour X ou Y raison. Et ce qui me plaît le plus, c'est la partie analyse de ma donnée, pour pouvoir tirer une conclusion derrière. Pourquoi ça me plaît le plus? Tout simplement parce que comme je disais plus plus tôt, c'est ce qui permet de prendre les meilleures décisions. MajdelineTuka, attention la question Gagne-Pain, combien ça gagne un Growth Hacker ? TukaAujourd'hui, un Growth Hacker, en débutant ça peut passer sur du 35.000€ brut. Sachant que des fois il peut y avoir moins, il peut avoir plus. Et pour un sénior, j'ai vu des personnes toucher entre 80 et 90. 000€ brut en fonction des spécialisations. MajdelineÇa peut monter très haut, ça. TukaPeut monter très très haut. Sachant que c'est un nouveau métier, les prix ne sont pas fixes, mais il faut que des entreprises elle s'alignent... MajdelineAvec l'expérience qui va avec ? TukaC'est ça exactement... MajdelineEst ce que vous avez une journée type en tant que Growth Hacker ? TukaMaintenant que mon poste se spécialise, oui. Dans le sens que je vais passer beaucoup de temps à regarder mes campagnes de collecte d'emails. Comment elles fonctionnent, Qu'est ce qui ressort de mes campagnes ? Après, je fais un peu de scraping de temps en temps. Donc la base est là. MajdelineLe scraping, juste si on peut traduire ? TukaC'est récupérer des informations sur Internet. Moi quand je parle de scraping, dans mon cas c'est récupérer des adresses emails en me basant sur des profils LinkedIn et autres... MajdelineOK. TukaSinon en général non, sur des bases plus généralistes. Avant mes journées se ressemblaient pas du tout. MajdelineDonc ça dépendait des clients c'est ça ? TukaMoi, mes premières heures dans ma journée vont plus ou moins se ressembler, mais après le reste non, pas trop. MajdelineC'est ce qui plaît aussi, non ? TukaOui, complètement. La diversité. MajdelineEst ce qu'il y a une bonne formation finalement pour faire ce métier ? TukaUne bonne formation, je ne sais pas. Il y a des formations. Je ne veux pas faire de la pub, mais il y a des formations qui ressortent. Est ce que je peux donner les noms ? MajdelineBien sûr, oui. TukaIl y a Growth Tribe qui est une formation spécialisée sur le Growth. Comprendre les fondements du Growth et les appliquer. Après, il y a d'autres formations qui sont autour. Moi, ce que je préconise généralement quand des étudiants en contacts sur LinkedIn, c'est d'apprendre le sujet qui leur plaît le plus sur le marketing ou le commerce ou la tech, en fonction des affinités et de s'y coller. C'est ce qui permet déjà d'avoir une spécialisation, soit de rentrer de manière générale, mais avec quelque chose dans la main. MajdelineD'accord, il faut foncer et tester... TukaAprès, forcément, il y a des spécialisations. Il y a des profils plus tirés vers les SAAS et autres, les entreprises qui ont des applications Web sur Internet. Mais je dirais apprendre le marketing, les fondements du marketing, c'est très bien. Savoir faire du Copywriting aussi, c'est bien. Savoir faire des automatisations, c'est très bien aussi. MajdelineDonc rechercher ce qui nous plaît dans ce grand domaine du Growth Hacking, et toi, est-ce que tu continues à former régulièrement ? TukaOui, je me forme assez régulièrement. Là, je sors d'une formation de Python et Machine Learning de l'EMIL. J'aime l'analyse de la donnée, ça va directement avec. Ou j'ai appris à analyser des grands DataSet, des grandes bases de données, avec du python et en tirer des conclusions. Et puis après, derrière, faire apprendre un algorithme de Machine Learning à prédire des résultats. Et après oui, je me forme régulièrement sur des sujets plus généraliste, dernièrement, je me suis intéressé à la neuroscience juste par pure curiosité. Parce que oui, forcément, si on veut convaincre quelqu'un d'acheter, il est bien de savoir que telle couleur agit le plus sur le cerveau... Sinon, oui, j'aime bien lire des sujets sur le marketing ou la finance de temps en temps. Et puis après, j'aime beaucoup le sport. Donc j'aime bien regarder ce que les gens font dans l'analyse de données dans le sport... MajdelineTu pratiques quel le sport ? TukaAlors j'ai pratiqué le football américain et le foot. MajdelineD'accord. TukaEn ce moment beaucoup moins surtout avec le Covid, mais beaucoup de musculation, là, j'ai repris un peu de sport chez moi... MajdelineC'est super. Tu es curieux de manière générale et tu vas vers l'information. Quel est finalement le mode de vie type ? On en parlait tout à l'heure avec le télétravail. Est ce que c'est un mode de travail qui s'adapte bien à ce métier ? TukaOui, parce qu'on n'a besoin que d'un ordinateur et d'une bonne connexion Internet, pour appeler les bonnes personnes au bon moment. Ce qui est bien avec le télétravail, moi je trouve, et bon avec la Covid, j'ai pas pu en profiter. C'est qu'on peut aller discuter avec d'autres personnes qui ne sont pas de notre métier, ou qui sont dans notre métier, et qui sont dans d'autres entreprises. Parce qu'ils rencontrent des cas similaires aux miens. Ils vont l'aborder d'une façon totalement différente. Donc, à défaut, moi, de me balader un peu partout, je fais beaucoup d'appels avec des personnes du métier. Et j'échange beaucoup. MajdelineEt tu te rends compte que vous avez parfois la même vision ou que vous avez des visions différentes ? TukaAlors pour certains oui. Et d'autres, on a des visions totalement opposées, mais on va dans le même but. Donc c'est très intéressant de voir qu'il aborde le sujet d'une façon auquelle je n'aurais jamais pensé et ils y arrivent. Et ils ont des résultats probants. MajdelineC'est enrichissant. TukaOuais complètement. MajdelineEt toi, ton l'entreprise est basée à Montpellier, et tu vis à Paris, donc comment tu s'organise au quotidien ? TukaAu quotidien, je me lève et je joue avec ma fille tous les matins avant de commencer ma journée. Et une fois par mois, je descends à Montpellier deux ou trois jours pour travailler avec les collègues. Ce qui est très sympa. Sinon, j'ai un espace bureau pour travailler. Je suis quelqu'un qui n'aime pas rester assis toute la journée. Donc je prends mon ordi, je me pose sur ma table ou j'aime me mettre debout un petit peu pour travailler... MajdelineDonc tu es vraiment en 100 % remote. Tuka, y a t il une différence entre le métier de Growth hacker et ce que tu imaginais avant de le faire au quotidien ? TukaAlors oui, parce que moi je pensais que c'était juste quelqu'un qui allait sur le web, qui faisait plein d'automatisation du web scraping, qui allait récolter les informations, qui allait jouer avec et puis qui allait l'enrichir pour voir s'il peut trouver de nouveaux clients. En fait, pas du tout. C'est quelqu'un qui est très organisé, très structuré, qui a un planning, une roadmap qui va dans un sens et qui est forcément doit s'aligner aux objectifs de l'entreprise. Donc pour quelqu'un qui comme moi, qui est très curieux, qui aime aller dans tous les sens, j'ai été quelque peu surpris au tout début dans le Boot Camp de voir que ce sont des personnes très carrées et donc forcément, moi, ça m'a poussé me structurer.. MajdelineEst ce que tu as des films, séries, livres, podcasts en rapport avec ton métier, tu peux conseiller à nos auditeurs ? TukaPodcast Il y en a un qui est très connu qui s'appelle GrowthMaker. Qui s'arrête là, mais les épisodes sont toujours disponibles, donc pour ceux qui veulent écouter, allez y. Il y en a un qui est très très bon, qui est montant, qui s'appelle Wild Marketer, parce que Alexandre Brengues, le fondateur du podcast, va dans les détails. Et moi j'ai trouvé ça très très intéressant. Ensuite, films et séries, pas vraiment. Comme c'est un nouveau métier, il n'y a pas vraiment de choses qui se rapportent aux Growth Hacking. Moi, ce que je peux conseiller c'est un film que j'ai regardé sur l'analyse de la donnée : Le Stratège ou Money Ball en anglais. MajdelineD'accord. TukaL'idée, c'est que c'est un coach de baseball qui va utiliser des données, qu'il récolte sur les joueurs pour récupérer une équipe qui, de base, ne vend pas du rêve mais qui à la fin est très très pertinente. MajdelineCa lie tes deux passions ! Je mettrais tout ça dans les dans les notes du podcast, si vous souhaitez réécouter les podcasts ou découvrir le film. En conclusion, est ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose pour ceux qui nous écoutent en rapport avec ton métier ? TukaOui, si ils ont aimé et qu'ils veulent en savoir plus, qui n'hésite pas à contacter les Growths qui les intéressent sur LinkedIn. Moi, ce que je fais généralement, ça permet d'avoir une bonne vue d'ensemble du métier et de faire par eux mêmes. Je sais qu'avec le Web 3, qui est montant, entre guillemets, on pousse vraiment dans les écoles à monter des petits projets. Des choses qui nous intéressent. Même si ça paraît pour certains être une montagne à faire. En fait, ce sont les petites étapes qui font que le Growth Hacker va arriver à faire quelque chose de très gros. Donc, s'ils ont un projet en tête, y aller. MajdelineIl faut foncer, Est-ce qu'ils peuvent te contacter sur LinkedIn ? TukaOui, bien sûr, je réponds régulièrement. Et puis s'ils veulent un appel, je suis ouvert. MajdelineOK, je mettrai ton Profil LinkedIn dans les notes du Podcast. Merci, Tuka. TukaAvec plaisir. MajdelineÀ bientôt. L'épisode 29 du Gagne-Pain, métier "Growth Hacker", est également disponible sur : ### Product Operations – Morane Shemtov Épisode 28 - Interview de Morane Shemtov, Product Operations chez Payfit Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Morane Shemtov, Product Operations chez Payfit. Morane nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Morane pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Morane Shemtov – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 28 : BertrandBonjour Morane, MoraneBonjour Bertrand BertrandMerci beaucoup Morane d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. On va parler d'un ton métier de Product Operations, mais avant ça j'aimerais que tu de présentes et que tu nous expliques qui tu es en quelques mots MoraneAvec plaisir que je m'appelle Morane j'ai 27 ans. J'ai grandi en région parisienne dans le 92. Et après mon au lycée, j'ai décidé d'étudier et l'économie et la gestion a l'université Paris Dauphine. Et puis en Master, je me suis spécialisée en finance. BertrandDonc, on parcours finance au début, il se matérialise par quel type d'entreprises dans lesquelles tu fais tes premières expériences ? MoraneUn an après mon master, j'ai fais une césure, schémas classiques et je suis partie directement les banques d'affaires. J'ai continué en master 2 en alternance, toujours en banques d'affaires. BertrandUn parcours très orienté finance pour commencer et et après, tu arrives chez PayFit, est-ce que tu nous décrire Payfit ? MoranePayfit c'est une entreprise, une Scale-Up qui permet d'automatiser les processus paie & RH pour les petites et moyennes entreprises. BertrandEt donc, c'est une entreprise qui grandit beaucoup, tu disais Scale-Up, mais maintenant, on dit licorne pour PayFit. Elle a accédé au rang de licorne sur le marché français ? MoraneTout a fait, c'était il y a deux semaines. On a eu l'annonce, donc maintenant, on fait partie des 25 licornes françaises a date. BertrandEt donc, est ce que tu peux nous expliquer ton parcours chez PayFit ? Depuis combien de temps tu y travailles pour arriver à ce métier de Product Operations ? MoraneÇa fait un peu plus de trois ans maintenant que j'ai démarré chez PayFit. Juste après la fin de mes études, j'ai occupé trois postes différents au sein de l'entreprise. D'abord en tant que Customer Success, dans l'équipe support. Puis, je suis passée en Sales Op pour aider les commerciaux à mieux travailler. Et puis là, ma dernière évolution s'est fait dans l'équipe produit qui gère toute la partie paye de l'application PayFit française. BertrandDonc tu as commencé, disons plutôt support et maintenant, tu es Product Ops. Est ce que tu peux nous expliquer ce que c'est Product Ops ? MoraneEn fait, le rôle du Product Ops, c'est de faire en sorte que notre croissance, que soit les salariés PayFit ou notre base clients, ne se fasse pas au détriment du bon développement du produit et inversement. BertrandEt si on essaie d'expliquer plus simplement, on le traduit comment ? Si on veut le dire en français ? MoraneCe serait un responsable des Operations produit. BertrandMerci Morane. Est-ce que maintenant, tu peux nous décrire ton activité et notamment tes missions quotidiennes ? MoraneAlors, je dirais qu'il y a trois missions quotidiennes. La première, c'est l'administration d'outils. La deuxième, c'est la communication. Et la dernière, ce serait l'intelligence. BertrandD'accord. L'administration d'outils, ça veut dire quoi, quels outils et avec qui tu travailles sur l'administration de ces outils ? MoraneC'est des outils que l'on gère, nous en tant que Product Ops, qui permettent à l'équipe de mieux travailler pour développer ensuite notre produit qu'on vend à nos clients. Donc, par ces outils, j'en ai en tête, je peux en citer quelques uns. Il va y avoir du Salesforce, Jira, le dernier qu'on est entrain de mettre en place c'est ProductBoard. Et ce sont des outils qui ont des fonctions différentes, mais qui nous permettent de travailler le mieux possible. BertrandDans la deuxième mission dont tu parlais, il y a une mission de communication. C'est de la communication interne et externe ? MoraneOui, en fait, mon équipe a besoin de beaucoup communiquer sur ce qu'elle fait, ce qu'elle développe au quotidien. Que ce soit pour les équipes qui sont en discussion avec les clients ou les prospects. Ou alors directement vis à vis de nos clients. BertrandD'accord, la troisième mission, c'est une mission d'intelligence. Donc là, ça demande à s'arrêter quelques secondes... MoraneOui, c'est peut être celle qui est la moins palpable aujourd'hui. Mais elle est super important. C'est de faire en sorte que toute la data qu'on construit, toutes les informations que les équipes créent en permanence soient les mieux construites possible. Pour que nous, derrière, on puisse les exploiter et, à terme, trouver les trous dans la raquette et itérer. BertrandC'est clair, les équipes avec lesquelles tu interagis c'est quelles équipes dans l'entreprise ? MoraneAlors moi, je travaille pour mon équipe produit, mais ça ne veut pas dire que je travaille qu'avec eux. Je peux à nouveau travailler avec les équipes support, les équipes sales de temps en temps, les autres équipes produit avec qui on interagit beaucoup. BertrandDonc, c'est un peu la croisée des chemins. D'une certaine manière ? MoraneComplètement. BertrandIl y a une question qui revient souvent parmi les auditeurs du Gagne-Pain, les outils un peu plus basiques que ce que tu évoquais tout à l'heure et notamment Excel. On a échangé un peu à propos d'Excel. Tu travailles beaucoup sur sur les tableurs ? MoraneOui, parce qu'en fait, un tableur, par définition, ça permet d'organiser la pensée, de faire des modèles, de justement organiser la donnée qui existe et faire en sorte qu'elle soit exploitable. Donc, c'est crucial de bien maîtriser un outil comme Excel. BertrandIl faut pas avoir peur d'Excel si on veut être Product Ops ? MoraneIl faut vraiment pas avoir peur d'Excel. BertrandMorane, pourquoi avoir choisi le métier de Product Ops. MoranePour deux points je pense. Le premier, c'était mon attrait pour résoudre des problèmes complexes dans une entreprise en croissance perpétuelle. Et le deuxième, c'était d'avoir un impact tangible sur une entreprise qui est en croissance. C'était super important pour moi. BertrandIl faut que ça bouge et qu'on le mesure ? MoraneExactement. BertrandMerci Morane pour ceux qui nous écoutent. Quelles sont les trois principales compétences qu'il faut pour ce job de Product Ops ? MoraneLes trois principales compétences qu'il faut, je dirais que c'est d'abord un sens du relationnel assez fort. Deuxièmement, un esprit critique. Et troisièmement, avoir la curiosité. BertrandEt le relationnel, ça se matérialise comment ? MoraneC'est beaucoup de proactivité qu'il faut avoir. C'est passer du temps avec les équipes que l'on côtoie. C'est comprendre comment elles fonctionnent, comment elles interagissent entre elles dans l'intérêt de l'entreprise. BertrandDonc ça veut dire vraiment un esprit qui fait qu'on écoute les gens, on discute avec eux, on a envie de participer à leur travail MoraneEt on a surtout envie de résoudre leurs problèmes. BertrandLa deuxième compétence que tu évoques, c'est l'esprit critique. Qu'est ce que ça veut dire ? l'Esprit critique dans ton job ? MoraneL'Esprit critique, c'est super important. Ça veut dire vouloir vraiment creuser au fond des problèmes pour trouver des solutions tangibles et, comme on dit, scalable, c'est à dire qui vont nous permettre de passer toutes les échelles de croissance de l'entreprise BertrandScalable? Juste pour bien expliquer ça à ceux qui nous écoutent. Scalable, ça veut dire qu'on peut croître sans problème ?. MoraneÇa veut dire qu'un process que tu penses à un moment donné, il est pérenne. Peu importe la croissance de ton entreprise. BertrandIl est OK pour 10 000 et OK pour 1 million ? MoraneExactement, dans l'idéal, c'est ça. BertrandLa troisième compétence que tu évoques, c'est la curiosité. MoraneC'est capital. Il faut absolument que, en tant que Product Ops, que je puisse comprendre l'environnement dans lequel j'évolue pour justement savoir si les process que je veux mettre en place, ils vont être pérennes ou pas. BertrandCette curiosité se matérialise dans l'entreprise et en dehors de l'entreprise. Tu vas chercher ce qui se passe ailleurs. Tu regardes ce qui se passe ailleurs ? MoraneC'est super important. On échange beaucoup avec des personnes qui font notre métier dans d'autres entreprises. Pour voir s'il y a des choses similaires qu'ils auraient acquis d'une manière intéressante. Et puis, on lit beaucoup, que ce soit des blogs, des forums, des podcasts... BertrandSe tenir au courant, faire sa petite revue de presse, c'est un peu une routine ? MoraneOui, moi, c'est beaucoup sur le métier de produit que je le fais. Pour comprendre vraiment, quelle est la philosophie du métier et des équipes que j'aide en permanence. Mais en tant qu'Ops c'est super important de se tenir au courant. BertrandC'est très clair. Alors attention, QGP la Question Gagne-Pain. Combien ça Gagne-Pain un Product Ops ? MoraneAlors ça gagne entre 40 et 50 000 euros bruts annuels pour un junior. Et puis, on va au delà pour les seniors... BertrandVers 60 K€ à peu près? MoraneExactement. BertrandEt est ce qu'il y a une incentive, est ce qu'il y a des primes ? Est ce qu'on est sur un niveau variable aussi ? MoraneÇa dépend vraiment de la philosophie d'entreprise. Moi, personnellement, j'en ai. Mais c'est aussi pour montrer que je collabore à l'effort collectif. Après, l'important, c'est de bien chiffrer les objectifs pour que les bonus puissent suivre. BertrandQuel est le plus grand défi que tu as eu à relever en arrivant dans ce métier ? MoraneAlors je venais de la finance. Donc, pour moi, le Saas, l'univers du Saas, c'était tout nouveau. BertrandAlors l'univers du sas, on s'arrête deux secondes. C'est quoi le Saas ? MoraneSi on le décrit, ça veut dire Software As A Service. Fondamentalement, beaucoup d'objets ou d'outils de produits qu'on manipule au quotidien, ce sont des Saas sans qu'on s'en rende compte. PayFit est un Saas. C'est une solution qu'on met à disposition du client. Nos clients l'utilisent sur Internet. BertrandIls arrivent sur Internet, ils se connectent avec leur compte et ils accèdent à ton produit. MoraneEt accèdent à notre plateforme... BertrandEt donc ça a compliqué ton arrivée quand tu as débarqué chez PayFit. Ce n'était pas clair pour toi ? MoraneCe n'était pas clair. Je découvrais un nouveau monde qui n'avait rien à voir avec celui dans lequel j'évolue auparavant, la finance. J'ai vraiment du comprendre à quoi ça correspondait, quel était cet univers, quelles étaient les tendances. Ça a été très riche. BertrandMorane, en tant que Product Ops, quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? MoraneJe pense que celle qui me plaît le plus, c'est la phase de communication. Quand on implémente un nouveau process. BertrandEt ça permet aussi de mesurer comment on l'évoquait tout à l'heure de voir les évolutions complètement ? MoraneExactement, on passe d'un stade A à un stade B et donc on est en pleine phase de compréhension de l'adoption de nos utilisateurs. BertrandEt la tâche qui te qui te plaît le moins ? MoraneAlors, je pense que c'est ce qu'on appelle la Discovery. Dans le jargon du produit, la découverte en français. C'est vraiment la phase de recherche. Je cherche un problème et c'est une phase qui est assez longue et assez lente parfois. Je pense que c'est super important, mais parfois un peu solitaire. BertrandÇa veut dire que c'est une tâche de fond. C'est quelque chose que tu vas pouvoir faire plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois éventuellement, donc tu vas y consacrer une partie de son temps ? MoraneC'est complètement du fond. Je dois y allouer quelques heures par semaine, par mois. C'est vraiment le long terme. BertrandQu'elle a été ta plus grande surprise dans ce métier de Product Ops ? MoraneJe pense que ca a été de voir le temps un peu plus long qu'avant. Quand je suis arrivée dans l'entreprises ont itéré extrêmement vite. On était plus jeunes aussi et c'est sûrement liée à ça. Mais maintenant, des choses prennent de plus de temps, ont réfléchi beaucoup plus. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas bien, mais ça m'a juste un peu surpris à mon arrivée. BertrandQuelle est sa journée type  en tant que Product Ops ? MoraneIl n'y avait pas forcément deux journées type, mais il y a beaucoup de taches choses que je dois faire souvent. Mais pas forcément de manière ultra régulière, comme tous les jours. Mais par exemple, on parlais de l'administration des outils. C'est quelque chose que je suis, quasi au quotidien, peut importe l'outil sur lequel je suis en ce moment. BertrandEt dans la journée qu'est ce qui se passent le matin, il y a une chose spécifique que tu fais le matin quand tu arrives, il y a un point de ralliement quelque part, un outil que vous utilisez ? MoraneAlors nous pour communiquer en interne on utilise Slack, qui est très classiques, dans le Saas et dans d'autres entreprises du digitales pour vraiment communiquer en interne. Moi ce que je fais le matin quand j'arrive, j'ouvre mon Slack et je lis tous les messages. Et donc, c'est ça que j'ai traite en premier. BertrandC'est ta messagerie ? MoraneExactement c'est mes mails. BertrandLa communauté du gagne pain nous interroge très régulièrement sur l'utilisation de l'anglais. Est-ce que l'anglais c'est important en tant que Product Ops chez PayFit ? MoraneC'est très important déjà parce qu'on est une entreprise internationale. On est en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, donc on a besoin de pouvoir documenter, d'échanger, de dialoguer, que ce soit à l'oral ou à l'écrit en anglais. BertrandÇa veut dire que toi, tu utilises l'anglais à la fois écrit, parlé, lu tout le temps. Et il faut un niveau professionnel pour faire ce job ? MoraneOui, on utilise beaucoup de jargon qu'il est facile d'apprendre sur le tas. Mais on écrit quand même pas mal, que ce soit sur des slides ou la documentation lue. Même si je travaille dans une équipe française, il y a besoin de parler anglais. BertrandEst ce que tu peux nous parler des formations qui permettent d'aller vers ce métier de Product Ops ? MoraneAlors il y en a pas beaucoup, il me semble sur le marché, ou pas à ma connaissance. Il y a plutôt des formations de Product Manager qui est un métier qui est beaucoup plus répandu que celui de Product Ops. mais le métier de Product Ops s'inspire beaucoup du métier Product Manager, donc ça fait sens. BertrandDonc, ça veut dire qu'on peut rapprocher les deux métiers en ce qui concerne les formations pour y arriver ? MoraneAlors ce n'est pas le même, la même finalité. Un Product Manager en Saas il va aider des utilisateurs externes. Il ne va pas travailler sur des process. Mais la philosophie reste un peu la même. D'ailleurs, on dit souvent qu'un Product Ops, c'est le Product Manager des process. BertrandD'accord, un bon raccourci. Et toi, est ce que tu continues à te former régulièrement ? Il y a des choses sur lesquelles il faut que tu progresses ? MoraneJ'écoute pas mal de podcasts. J'essaye d'acheter des livres souvent, pas sur le métier de Product Ops, mais sur le monde du produit. Parce que je pense que c'est capital, qu'en tant qu'Ops, je comprenne bien comment mon équipe fonctionne, ce que je disais au début et en plus, ça m'intéresse. Donc, il y a beaucoup de méthodologie ou de philosophie, de concepts qui sont super intéressant dans le monde du produit. Donc, j'apprends beaucoup par là et évidemment, sur le métier d'Ops. La communauté grossit. Donc il y a beaucoup d'échanges, d'articles, de blogs, de podcasts qui existent... BertrandQuand tu parles du monde du produit sur lequel tu t'intéresses et tu te renseignes. Est ce que ça va plus largement que les produits en ligne, c'est tous les produits ? MoraneAlors forcément, j'ai un biais très Saas. Aujourd'hui, les plateformes, les outils de productivité et même les outils que je citais tout à l'heure. Il y a beaucoup de documentation qui existent parce que ça me parle beaucoup et donc je les lis. Je m'arrête là vraiment. Sur les produits en ligne. BertrandEst ce qu'il y a des certifications professionnelles pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient devenir Product Ops ? MoraneIl existe des certifications sur certaines méthodologies, comme les méthodes agiles. Mais après, ça peut servir en tant qu'Ops ou en tant que Scrum Master ou d'autres métiers qui existent. BertrandMorane, est ce qu'il y a un mode de vie type pour un Product Ops. Je veux dire Paris, province. Est-ce qu'on se déplace à l'étranger ? S'il y a des horaires, la présence au bureau ? Comment ça se passe concrètement pour mon activité quotidienne ? MoraneAlors moi, j'habite à Paris et on a des bureaux à Paris, donc j'ai eu la chance de pouvoir aller au bureau. On a des bureaux super agréables qui donnent vraiment envie de venir... BertrandTrès bien situés. MoraneTrès bien situé en plein centre de Paris, exactement. Mais j'ai la chance d'être dans une entreprise qui nous permet d'avoir une politique très favorable de télétravail. Ce qu'on a appelé le "Work From Anywhere", donc travailler de n'importe ou.. BertrandTu en profites et ça te convient. Ca permet de bien fonctionner avec les différents outils que tu as évoqués tout à l'heure. Notamment Slack, qui permet de mettre tout le monde d'accord dès le matin ? MoraneTout à fait. L'important, c'est vraiment d'avoir son ordinateur, une bonne connexion et le reste, c'est à nous de gérer notre équilibre vie pro / vie perso. BertrandCa veut dire qu'on pourrait aller travailler en province et continuer à travailler chez PayFit sans problème ? MoraneOui, tout à fait. BertrandMorane, est ce qu'il y a une différence entre le métier que tu fais et celui que tu imaginé avant de le faire ? MoraneC'était pas facile de se projeter quand je suis arrivé chez PayFit. Ce sont des nouveaux métiers sur le marché. Le job d'Ops varie beaucoup d'une entreprise à l'autre. En revanche, on a un proverbe chez PayFit qui dit qu'un Ops on sait pas à quoi ça sert, jusqu'à ce qu'on en ait un. Et là, on ne peut plus s'en passer. BertrandC'est vrai que j'ai l'impression qu'on ne peut plus s'en passer chez PayFit, c'est clair. Morane, quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient faire ce métier ? MoraneProduct Ops, c'est un métier d'avenir, même le métier d'Ops en général. Chez PayFit, on a six équipes d'Ops, donc on parle d'une cinquantaine de personnes et on continue de recruter. Donc vraiment, si tout ce que j'ai dit depuis le début du podcast vous parle... Foncez ! C'est passionnant. BertrandDonc, il y a du potentiel et c'est un métier d'avenir ? MoraneTout à fait. BertrandMorane, est ce que tu pourrais conseiller à nos auditeurs des choses à faire, à lire, à écouter pour en savoir plus sur le métier de Product Ops ? MoraneDe mon côté, je passe beaucoup de temps sur Twitter. c'est une source super intéressante sur la communauté produit. Il y a beaucoup de personnes qui donnent beaucoup de tips en permanence sur les métiers du produit. Il y a aussi des Ops, il faut chercher un peu plus... BertrandD'accord, tu as parlé aussi d'une revue que tu voulais évoquer. MoraneOui, Harvard Business Review, qui est une revue très classique en business et qui a énormément d'articles passionnants sur plein de concepts clés qu'on peut appliquer dans le Saas. BertrandEn conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter pour ceux qui nous écoutent ? MoraneJe pense que si vous avez vraiment une mentalité de "problem solveur", le métier d'Ops, c'est fait pour vous. Bertrand"Problem solveur", ça veut dire de résoudre les problèmes dans cette idée, de résoudre les problèmes ? MoraneEt d'aimer résoudre les problèmes. BertrandEt tu disais que c'était même un élément de recrutement pour toi ? MoraneComplétement, c'est un critère, le critère numéro 1. BertrandQuand tu rencontres des éventuels collaborateurs, tu observes ce critère là pour devenir un Product Ops ? MoraneOui, il faut régler les problèmes. BertrandUn sorte de Sherlock Holmes ? MoraneExactement. Un détective. BertrandQuelles sont les évolutions que tu peux envisager pour un métier de Product Ops ? MoraneJe suis vraiment passionné des Ops. Donc, soit je continue dans cette voie, et j'évolue. Mais, il y a d'autres possibilités, comme devenir PM, par exemple. BertrandD'accord, Morane, merci beaucoup. MoraneMerci beaucoup Bertrand L'épisode 28 du Gagne-Pain, métier "Product Operations", est également disponible sur : ### Data Protection Officer – Paul Ouvrard Arnaud Épisode 27 - Interview de Paul Ouvrard Arnaud, Data Protection Officer (DPO) chez Dentsu. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Paul Ouvrard Arnaud, DPO chez Dentsu. Paul nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Paul pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Paul Ouvrard Arnaud – Profil LinkedIn Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 27 : MajdelineBonjour Paul PaulBonjour Majdeline MajdelineMerci d'avoir accepté cette invitation du Gagne-Pain. Paul tu es Data Protection Officer chez Dentsu. PaulOui, alors en français, on dit aussi Délégué à la Protection des Données. Mais c'est moins sexy parce que Data Protection Officer, on peut dire DPO au final, ça claque. MajdelineOn traduit en français Délégué à la Protection des Données ? PaulTout à fait. MajdelineDonc, on va avoir l'occasion quand même de revenir sur le métier, sur ton entreprise. Mais avant tout, est ce que tu peux te décrire en quelques mots ? PaulJe suis un Parisien de 30 ans. J'ai grandi à Paris. Puis ensuite, après le bac, j'ai commencé mes études au sein de l'Université Paris de Panthéon-Assas. Donc des études de droit principalement. J'ai fait tout mon parcours là bas, 2 master 2, un master 2 en droit de la communication, précisément. Et puis un autre Master 2 en droit du multimédia et de l'informatique. Aujourd'hui, les noms de ces Masters ont un peu changé. Je crois que ça s'appelle le Droit du numérique et Droit de l'audiovisuel. Mais c'est principalement ça. Et après ça, j'ai intégré la société dans laquelle je suis actuellement. Donc une agence de publicité qui est le groupe Dentsu et j'ai progressé au sein de Dentsu jusqu'à devenir DPO en 2020. Voilà tout pour l'ensemble du scope français. MajdelineOK, merci Paul. Est ce que tu peux nous nous présenter ton parcours professionnel, juste après tes études ? PaulJuste après mes études, il se trouve que je suis tombé sur une offre de stage au sein de ce qui était à l'époque Dentsu Aegis Network France. Au sein du service juridique que j'ai intégré, j'ai fait mon stage de 6 mois. Et puis, au cours du stage, j'ai commencé à travailler avec la personne qui allait être nommée Data Protection Officer à ce moment là, mon prédécesseur. Puis le courant est très bien passé. On a très bien collaboré ensemble, ce qui fait que l'issue de mon stage, j'ai intégré ses équipes en 2017 2018, donc juste avant l'arrivée du RGPD. Donc, il y avait une nécessité de se staffer par rapport à la protection des données. Surtout vu l'espèce d'angoisse qu'il y avait un peu partout à ce moment là. C'était assez rigolo. Donc on avait une nécessité de staffer. Moi, j'avais l'habitude de travailler sur ce sujet là déjà depuis quelques temps, avec mon prédécesseur et donc j'ai intégré ses équipes en tant que juriste protection des données. En décembre 2019, mon prédécesseur a quitté la société et on m'a proposé de le remplacer, de prendre sa place en tant que DPO pour l'ensemble du périmètre France. MajdelineEt que fait Dentsu ? PaulDentsu, c'est une agence de publicité qui est spécialisée dans le média, dans la création et dans le CXM. Alors, ça fait un peu des mots très sectoriel, je sais. Mais en gros, le média, c'est qu'on est un intermédiaire d'achat d'espace pour le compte de nos clients. Des clients qui veulent diffuser de la publicité, et nous, on va se charger de leur proposer un plan de diffusion. On va dire, c'est intéressant de diffuser sur telle ou telle régie, tel ou tel support etc... Créa, on va créer des publicités pour le compte de nos clients et CXM, c'est tout ce qui a trait à l'expérience utilisateur, donc à la gestion de programmes de CRM, de programme de fidélité client ou de programmes de contacts clients etc... Enfin, ça peut aller très loin CXM... MajdelineEt c'est une abréviation CXM ? PaulOui, c'est Consumer Expérience Management. MajdelinePaul, quel est ton activité et des missions quotidiennes en tant que Data Protection Officer ? PaulMon activité principale, c'est quand même de m'assurer que l'entreprise soit conforme en matière de protection des données à caractère personnel. Pour ça, en fait, il y a deux champs. Il y a un premier champ, c'est déjà le contrôle de tout ce qui fait partie des activités usuelles de l'entreprise. C'est à dire ? On va utiliser des données à caractère personnel, par exemple pour gérer nos employés. Pour faire en sorte qu'ils soient correctement payés... On va utiliser leurs données dont on a besoin pour traiter ces éléments là. Ça, c'est pour ce qui est de nos activités internes. Mais ca, toutes les entreprises l'ont. Ensuite pour le compte de nos clients, on va avoir des utilisations de données à caractère personnel. Parce que dans le milieu de la publicité, et notamment de la publicité numérique, on ne peut pas diffuser de publicité sans utiliser des identifiants qui ne soient pas directement référents à une personne physique, on s'entend bien, mais qui peuvent permettre de manière indirecte de potentiellement retrouver une personne physique ou un terminal. Donc ces identifiants là, on va les qualifier tout simplement de données à caractère personnel. Ce qui explique que ce scope là, on doit vérifier qu'on respecte bien la réglementation. Ça va passer par du conseil aux équipes qui sont chargées des clients et parfois du conseil aux clients et ensuite de la vérification des fournisseurs avec lesquels on peut travailler des échanges avec les régies en particulier pour essayer d'avoir une idée de comment est ce qu'ils traitent leurs données à caractère personnel... MajdelineEst-ce que tu as un travail de contrôle aussi derrière ? PaulOui, forcément, parce que cette vérification là, c'est justement une première étape de contrôle. Alors, ça a l'air simple de le dire comme ça. Mais en fait, pour avoir une vérification qui se fait de manière correcte, il faut non seulement mettre en place le contrôle, mais il faut mettre en place en plus un système de gouvernance, c'est à dire que tout seul, je ne peux pas m'occuper de l'ensemble des activités de la société. Donc, j'ai tout un réseau de relais au sein de l'entreprise qui me remontent des points importants par rapport à leur activité du moment, etc. Ou qui mettent en relation avec les fournisseurs ou avec les clients pour justement opérer ces vérifications là. MajdelineD'accord, c'est clair. Tu nous a parlé tout à l'heure de la RGPD. Est ce que tu peux expliquer concrètement ce que c'est ? PaulC'est quand même la chose qui me fait vivre. Le RGPD, c'est le Règlement Général de Protection des Données Européen. C'est un texte qui a été voté en 2016, qui est entré en application en mai 2018. Et c'est un texte qui a créé tout un ensemble d'obligations pour les entreprises à respecter vis à vis de la protection des données Bien sûr, ces obligations, les entreprises les suivraient pas ou en tout cas, pas de manière aussi scrupuleuse qu'aujourd'hui. S'il n'y avait pas des sanctions derrière, et les sanctions, elles sont de plusieurs types. Déjà, il y a la sanction de publicité, voir son nom affiché dans la presse grand public comme ayant traité des données d'une mauvaise façon, ça fait jamais plaisir. Ça peut quand même représenter une atteinte à la réputation pour tout un tas de marques. Donc la plupart veulent s'en défendre. Et au delà de ça, il y a des sanctions financières et les sanctions financières qui peuvent être très élevées puisqu'on parle de sanctions jusqu'à 20 millions d'euros. Ou 4% du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise, 4% du chiffre d'affaires annuel global. Ce n'est pas le chiffre d'affaires annuel en France, donc c'est  très violent. C'est ça fait penser un peu au modèle de sanctions européennes, par exemple, en droit de la concurrence. On retrouve cette notion de sanction sur un pourcentage annuel du chiffre d'affaires de l'entreprise. En droit de la concurrence, on est sur des montants qui sont encore plus élevés à 8%, mais déjà, 4% c'est quelque chose qui est très élevé, ca explique que certaines entreprises, des GAFA, qui se prennent des amendes de 60, 150, 200 millions. Donc, c'est quelque chose auquel il faut faire très attention. Non seulement d'un point de vue réputationnel, mais aussi d'un point de vue, tout simplement de maîtrise de ses coûts. Aujourd'hui, on ne peut pas faire l'économie de ça. Et donc, pour faire attention, ce texte là, il a créé au sein de chaque type d'organisation parce que ce n'est pas seulement le secteur privé qui est concerné, c'est aussi le secteur public et aussi les associations. Un rôle très particulier qui est le mien. Donc, le rôle de Data Protection Officer (DPO) ou de Délégué à la Protection des Données en français qui est chargé au sein de l'entreprise, d'être le relais de la CNIL. Donc, par exemple, c'est un rôle très particulier parce que notre statut est garanti par la loi. Par exemple, mon indépendance est garantie par la loi. L'absence de conflit d'intérêts aussi est garanti par la loi. Donc, je ne suis pas directement preneur de décisions au sein de ma société. Mon rôle, c'est de donner des conseils à la société pour faire en sorte qu'elle respecte RGPD. Charge à elle ensuite de mettre en œuvre les conseils que je lui donne. MajdelinePaul Selon toi, quels sont les trois principales compétences requises pour ce job ? PaulAlors déjà, je pense qu'il faut être rigoureux. Premier point il faut être rigoureux, mais ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas parce que en tant que Data Protection Officer on travaille pas dans son coin. Donc, il faut être aussi en capacité d'amener la discussion et de porter cette discussion avec d'autres personnes. Donc, il va falloir souvent, en matière de protection des données, surtout dans le numérique, faire le choix de sortir de sa zone de confort et d'acquérir de nouvelles compétences, notamment de nouvelles compétences techniques ou de nouvelles compétences juridiques. Ça dépend du profil de Data Protection Officer, on va en parler plus tard. Il y a plusieurs profils de DPO, mais surtout d'aller un peu plus loin. Et je dirais la troisième compétence essentielle, c'est vraiment d'être à l'écoute. C'est Bien sûr en tant que DPO, même en tant que juriste de manière générale, on est souvent sollicité, comme entre guillemets, sachant, et donc censé apporter le savoir. Oui, mais ça doit pas se faire en ignorant ton interlocuteur. Et en matière de protection des données, ce qui est assez génial, c'est qu'on a des grosses obligations, mais qu'on a tout un tas de moyens de respecter la réglementation et donc d'arriver à un niveau de conformité satisfaisant. En faisant un choix et en faisant un choix qui a des conséquences business. Et c'est là où vraiment l'intérêt se trouve, en tout cas de mon point de vue. Et c'est là où vraiment on peut apporter une plus value en tant que DPO au business et aux équipes. MajdelineAttention, la question Gagne-Pain combien ça gagne un Data Protection Officer ? PaulAlors, un DPO, je suis allé regarder sur cette question, en effet, tu me l'a demandé un peu avant, mais un DPO dans le secteur suivant les années d'expérience, ça peut gagner entre 40K€ et 70K€. C'est à peu près la fourchette qu'on a. Sur l'ensemble du métier, parce qu'on est quand même sur un métier où les profils sont très différents, avec des années d'expérience qui sont quand même très hétérogènes, Bien sûr plus on a d'expériences, plus la rémunération va monter. Pour en tout cas de ce que j'ai vu de 0 à 5 ans d'expérience, on est entre 40 et 55K€. MajdelinePaul, quel est le plus grand défi que tu as à relever en arrivant dans ce métier ? PaulJuste prendre mes marques, en fait, le définir, m'installer simplement. Oui, parce que le métier de DPO est nouveau. Alors, même si on est bien guidé par les recommandations de la CNIL ou directement par le texte du RGPD, c'est quand même un métier encore qu'il faut définir. Et il doit correspondre à un déjà un objectif. L'objectif c'est certe d'être conforme et d'accompagner les équipes et d'être une plus value encore une fois pour ma société. Donc, ça suppose, d'aborder la fonction d'une manière particulière et déjà s'interroger sur comment l'aborder tout simplement. MajdelineEn parlant de définition de métier, tu nous a dit qu'il y avait différents types de Data Protection Officer. Est ce que tu peux les définir concrètement ? PaulEn terme de parcours oui. Les DPO, en général, sont issus de deux à trois parcours qu'on peut identifier. Le premier parcours qu'on les DPO, la grande majorité, en tout cas d'après la plupart des études, ce sont des juristes. Des gens qui ont fait du droit. Donc ce sont des gens qui sont très calés sur la partie juridique, mais qui doivent quand même et j'insiste dessus, qui doivent ensuite aller plus loin sur la partie technique. Parce qu'on ne peut pas faire l'économie de la technique. Le deuxième parcour des Data Protection Officer, qu'on rencontre assez souvent sont les DPOs qui sont qui viennent justement de la technique. Qui peuvent être informaticiens, ingénieurs, développeurs, etc. Mais qui sont sensibilisés déjà et qui ont déjà acquis ces compétences là. Et là, le travail, ça va être d'acquérir les compétences légales. Ils peuvent les avoir déjà acquises. Il y a tout un tas de certifications, par exemple, qu'on peut passer pour devenir DPO. Mais l'essentiel va se trouver de ce côté là. Ensuite, il y a un troisième type de profil. Qui a un profil plus managérial / commercial, donc plus de conseil général en IT. Donc là, c'est pas nécessairement des profils qui sont très techniques ou ni des profils qui sont très juridiques, mais qui vont eux aussi pouvoir s'investir en tant que DPO. De par leurs compétences particulières, en tant que manager ou en tant que commercial. Parce qu'il faut quand même mobiliser les équipes sur un sujet qui n'est pas nécessairement porteur ou en tout cas, qui ne rapporte pas tout de suite de business. Là encore, c'est des qualités qui sont requises et certaines organisations font appel à ce type de profils. MajdelineQuelle est la journée type d'un DPO ? PaulÇa va être d'avoir d'abord quelques réunions. Parmi ces réunions là, j'aurais sûrement une réunion avec le service juridique de la société dans laquelle je travaille parce que, même si comme je disais, je suis indépendant et ca par la loi, on ne peut pas faire l'économie d'une collaboration étroite et régulière avec le service juridique. C'est quand même le premier interlocuteur. Ensuite, ca va être des réunions avec des équipes clients ou des équipes techniques sur des problèmes particuliers par rapport à certaines campagnes, etc. Déjà, le traitement ensuite de tous les documents supplémentaires parce que ce n'est pas une réunion qui va nous permettre de déclarer que telle activité est conforme ou tel fournisseur est conforme. Il faut derrière s'assurer que les contrats correspondent bien à ce qu'on a. Que toutes les documentations en matière de sécurité ou en matière de protection des données correspondent bien aux attentes que l'on peut avoir aux attentes que nos clients peuvent avoir. Donc là, il va y avoir pas mal d'analyses aussi et ça prendra un peu de temps. Et si on a le temps ensuite, c'est de la veille technologique et de la veille juridique. Mais déjà, je pense que ça fait une journée bien remplie. MajdelineUne journée bien remplie, c'est clair. Paul, quelle est la tâche qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins ? PaulAlors, la tâche qui me plaît le plus, c'est surtout d'être au contact de mes collègues, des collaborateurs de l'entreprise, de pouvoir répondre à leurs questions, à leurs problématiques et de pouvoir faire en sorte qu'on délivre un service qui soit impeccable à nos clients. Et de pouvoir faire en sorte, tout simplement, de faire progresser l'entreprise. Ce qui me plaît le moins, c'est plus sur la partie contrôle. C'est un peu de deux, entre guillemets, de fliquer. Et c'est quelque chose qui est nécessaire. Par exemple, si on veut faire en sorte d'avoir quand même un niveau de protection des données normal, encore une fois le Data Protection Officer ne peut pas travailler seul. Donc c'est nécessaire de faire en sorte de former l'ensemble des collaborateurs. Mais lorsqu'on a des formations qui doivent être faites à distance et que quelques collaborateurs ne les ont pas encore faites. Je dois dire que courir après les collaborateurs récalcitrants pour qu'ils le fassent, c'est vraiment parce que je préfère... MajdelineEst ce que tu as eu une grande surprise en arrivant dans ce métier ? Qu'est ce qui a le plus marqué ? PaulCe qui m'a le plus marqué, c'est vraiment, l'évolution du métier. C'est déjà l'aspect un peu de panique, encore une fois qu'il y avait en 2018, j'ai du mal encore aujourd'hui à m'en remettre ou à y croire, parce qu'on avait tout un marketing de la peur qui s'est développé auprès des marques et des sociétés. MajdelineSi je peux me permettre, on l'a aussi ressenti dans nos boîtes email... PaulAlors forcément, il y avait ceux qui se réveillait un peu tard le 25 mai, qui ont tout envoyé le 25 mai 2018 en disant s'il vous plait, donnez nous votre consentement pour qu'on garde vos données... Mais dans les mois qui précèdent, on n'a reçu que ça dans nos boîtes mail. Et je dois dire que c'est quelque chose qui m'a surpris parce que ce n'était pas un texte qui était inconnu. Mais quand même, tout le monde a réussi un peu à être en retard au final, ce que je trouve un peu rigolo. Et le deuxième truc qui m'a surpris, c'est que même si tout le monde a réussi à être en retard, il y a quand même eu, une grande rapidité pour gérer une prise de conscience et une mise en application de ces règles et du coût de la conformité. Alors là, je parle sur son secteur, mais la plupart des secteurs sur les règles applicables en matière de protection des données et notamment sur les règles applicables en matière de cookies. MajdelineEt toi, tu aurais des conseils pour ceux qui nous écoutent et qui sont vraiment convaincus par ton discours et qui souhaiteraient faire ce métier de Data Protection Officer ? PaulDéjà, mon premier conseil ce serait de ne pas désespérez. Parce que on est sur un métier avec des gens qui viennent quand même d'univers différents. Donc, ça peut paraître un peu compliqué de mettre le pied dans la porte et de pouvoir rentrer si on a pas tout à fait le profil. Mon premier conseil c'est de ne pas désespérez, de toute façon, il y a des formations qui proposent spécifiquement des parcours pour les DPO. Au delà de ça, déjà, c'est aussi de rester informé. Que ce soit au point de vue juridique, là, ça peut être un peu plus compliqué. Faut pas hésiter à aller dans des bases de données dans lesquelles on n'a pas l'habitude d'aller. Dalloz est votre ami ? MajdelineIl faut être curieux ? PaulExactement. Ou au point de vue technique, et là encore, faire l'économie complète de la technique, c'est pas tout à fait recommandé, en tout cas. Donc, pas hésité à rester informé, en tout cas de ce point de vue là. Pour être sûr de pouvoir mettre le pied à l'étrier si jamais l'opportunité se présente. MajdelinePaul, est ce que tu pourrais conseiller à nos auditeurs des films, séries, livres ou podcasts en rapport avec ton métier ? PaulOui, il y en a plein, il y en a plein. On pourrait commencer déjà alors très, très classiquement et très historiquement par tous les films qui sont liés à l'affaire Snowden. Pourquoi, par rapport à l'affaire Snowden ? Parce que c'est quand même cette affaire. La révélation de cette affaire qui a mené à l'adoption en suite en réaction du RGPP en Europe. Donc, commencez par la base, commencez justement par un récapitulatif sur ce programme de surveillance de la NSA qui a été révélé par cet analyste de la NSA, Edward Snowden. C'est déjà pas mal. Donc, là dessus, je crois qu'il y avait un film d'Oliver Stone en 2016. On peut commencer par ça. Ensuite, pour aller plus loin dans le côté, un peu plus, Utilisation abusive des données à caractère personnel. Alors là, ça a été énormément traité dans la fiction, donc il y a tout un tas de films. 1984, tout le monde en parle, Minority Report ou un algorithme prédit les gens qui peuvent commettre des meurtres. On peut avoir aussi La vie des autres. En termes de série Myste Robot est particulièrement intéressant. Alors moi, j'aime bien la saison 1, je n'ai pas regardé la saison 2 mais c'est particulièrement intéressant. En terme de livres, bon, je parlais de 1984, mais le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley est vraiment bien. Et puis, au delà de ça, on peut regarder aussi du côté des documentaires, que ce soit des films documentaires ou des livres documentaires. Donc là, il n'y a pas longtemps, il y avait un film documentaire sur Arte qui était pas mal du tout, qui s'appelait "Tous surveiller, 7 milliards de suspects". Bon, comme souvent, il y a des petits raccourcis, mais franchement, c'est l'un des moins caricatural que j'ai pu voir ces dernières années. Alors je ne sais pas s'il est encore disponible, peut être sur Arte TV ou ou sur YouTube ou en VOD payante... Et sinon, en livre, il y a un livre, Moi, que j'aime particulièrement, qui est sorti il y a pas longtemps de la journaliste Judith Duportail qui s'appelle "L'amour sous algorithme". En fait, c'est un livre où elle fait un truc très simple. Elle demande à Tinder, de lui fournir les données personnelles la concernant, a la suite à son utilisation de l'application. C'est à la fois assez rigolo, et assez édifiant malheureusement, mais c'est assez intéressant. MajdelinePour conclure, est ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose pour ceux qui nous écoutent ? PaulDéjà que c'est un beau métier, le métier de DPO. C'est un métier qui est excitant quand même. J'espère avoir fait passer cette idée là. Parce que même si on est en effet sur quelque chose qui est juridique, il ne faut pas se le cacher. On n'est pas tout à fait non plus dans une fonction qui est que ça. Qui représente que ça. Il y a plein d'aspects, en fait au métier de DPO, il y a l'aspect formation, il y a un aspect contrôle, organisation, gouvernance et aspect conseil. C'est quelque chose qui peut être très intéressant et très enrichissant. Donc, moi, je peux que vous encourager à aller dans cette voie là. MajdelineMerci beaucoup Paul, PaulMerci à bientôt. MajdelineMerci beaucoup d'avoir écouté ce nouvel épisode, du Gagne-Pain. Si vous aimez le Gagne-Pain, laissez nous cinq petites étoiles sur Apple Podcasts ou sur votre application de podcasts de streaming préférée. N'oubliez pas de vous abonner au Gagne-Pain. Vous pouvez nous écrire et nous envoyer vos suggestions ou vos commentaires sur LeGagnePain.fr  Retrouvez nous également sur les réseaux sociaux pour suivre notre actualité. A bientôt pour un nouvel épisode du Gagne-Pain. L'épisode 27 du Gagne-Pain, métier "Data Protection Officer", est également disponible sur : ### Media Trader – Héloïse Volcker Épisode 26 - Interview d'Héloïse Volcker, Media Trader chez Artefact. Dans ce 26ème épisode, nous avons l'honneur de recevoir Héloïse Volcker, Media Trader chez Artefact. Quelles sont les missions, les compétences requises, comment cela se passe en agence ? Vous trouverez toutes ces réponses dans cette interview avec Héloïse. Merci à Héloïse pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Héloïse Volcker – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 26 : BertrandBonjour Héloïse, HéloïseBonjour Bertrand BertrandHéloïse, je suis ravi de te revoir et je suis aussi ravi de t'interviewer pour le podcast Le Gagne-Pain. On va parler de ton métier de Media Trader chez Artefact, mais avant, j'aimerais bien que tu puisses te présenter en quelques mots. HéloïseOK, je m'appelle Héloïse, j'ai 26 ans, je suis Parisienne d'origine et j'ai fait mes études à Angers en école de commerce, où j'ai réalisé un master en webmarketing. BertrandEt tu as eu déjà quelques expériences professionnelles avant d'arriver dans l'entreprise dans laquelle tu travailles aujourd'hui, est ce que tu peux nous parle de ces expériences ? HéloïseOui, tout à fait. J'ai réalisé deux stages et mon premier job au sein de la même entreprise parce que mes expériences étaient très bien passées. Et c'était en tant que Media Trader dans une startup drive to store. BertrandAlors drive to store. Pour ceux que ça intéresse, il y a déjà un épisode qui a été enregistré sur ce sujet là. Donc, regarder les épisodes et retrouver l'épisode du drive to store. Ce que je te propose maintenant, Héloïse, c'est de nous présenter l'entreprise dans laquelle tu travailles aujourd'hui. HéloïseBien sûr Artefact incarne une nouvelle typologie d'agences qui va vraiment intégrer la data. Donc, on va accompagner tous nos annonceurs sur des problématiques de data, média ou Créa dans le but de répondre à leurs enjeux de transformation digitale ou même d'achat média et de stratégie média. BertrandC'est une entreprise qui est basée à Paris, mais qui est également présente à l'international. HéloïseExactement. On a 16 bureaux à l'étranger et ici à Paris, on est 70 sur le pôle média. BertrandMerci Héloïse. Est ce que maintenant, tu peux nous décrire son activité de Media Trader chez Artefact? HéloïseBien sûr donc moi, depuis 3 ans. Mon rôle, ça va être d'accompagner mes clients dans leur stratégie d'achat d'espaces publicitaires. Ça peut être, par exemple, des bannières, des formats vidéo ou encore des formats audio, et ce, soit par le biais de plateformes d'achat, d'espaces publicitaires ou encore directement en contactant les régies publicitaires. BertrandDonc, tu gère sur le Digital des campagnes publicitaires pour des marques et des annonceurs qui te le demandent. ? HéloïseConcrètement, pour un annonceur luxe pour lequel je travaille, je vais l'aider à adresser son message au maximum dans le but de toucher ses futurs clients. BertrandOK, merci. Est ce que tu peux maintenant nous dire quelles sont les missions quotidiennes d'un Media Trader? HéloïseBien sûr Donc, j'ai quatre grosses missions. La première, ça va être la recommandation aux médias. La deuxième, ça va être le suivi de nos campagnes publicitaires. La troisième, ça va être la veille autour de notre écosystème. Et enfin, la 4eme va se tourner autour des formations. BertrandDonc, la recommandation, c'est la première mission. Ça veut dire parler avec des clients pour proposer des choses ? HéloïseExactement. Donc, c'est beaucoup de relation clientèle. En fait, on va recevoir un brief de la part du client, il va nous indiquer quels sont les objectifs et le contexte de sa campagne. Et l'on va lui répondre avec une recommandation et un plan média qui va centraliser toutes les stratégies de formats et de ciblage qu'on veut mettre en place. BertrandAprès, tu parles du lancement. Donc ça, c'est la deuxième mission. Ça, c'est la mise en œuvre de la campagne ? HéloïseExactement, on va concrétiser cette recommandation média en la configurant sur nos plateformes d'achat d'espaces publicitaires. On va la suivre, cette campagne. On va l'optimiser tout du long pour répondre au mieux aux objectifs du client. BertrandDonc là, on fait du monitoring tout le temps pour vérifier que la campagne se passe bien. C'est aussi l'avantage du digital, on peut changer chaque minute ce qui se passe ? HéloïseOui, tout à fait. BertrandLa troisième mission, c'est une mission de veille et de rencontre avec les acteurs du marché. Exactement. HéloïseOn va sans cesse s'informer sur tous les acteurs du marché via des newsletter ou des rencontres avec les régies. Et on va demander en interne des conseils sur les partenaires qu'on pourrait rencontrer. BertrandEt donc, là, on est dans ce que tu évoquais tout à l'heure quand on a préparé l'interview. On est dans l' AdTech, on travaille dans cet univers là ? HéloïseOui, c'est un écosystème hyper riche qui est sans cesse en évolution. Donc on doit toujours s'informer sur les nouveaux acteurs... BertrandTa dernière mission c'est une mission de formation, donc ça m'intéresse beaucoup de détailler ça. Ça veut dire que ça s'adresse à qui cette formation ? HéloïseBeaucoup en interne. Nous, on va toujours essayer de se former sur tous les métiers qu'on a en agence, mais également en externe. On va proposer à nos clients des formations pour qu'ils puissent en apprendre plus sur l'univers du média. BertrandMerci Héloïse. Est ce que tu peux nous décrire un peu les outils et les plateformes que tu utilises dans ces missions? HéloïseDonc, au quotidien, on va beaucoup utiliser Excel pour traiter la donnée de nos campagnes. Également des outils comme PowerPoint pour présenter les données de nos campagnes aux clients. Et l'outil principal, je dirais, c'est le DSP. Donc c'est la plateforme d'achat d'espaces publicitaires qui va simplement centraliser tous les espaces publicitaires qui sont mis en ligne par les éditeurs. BertrandDSP, est-ce que tu peux expliquer, l'acronyme ? HéloïseDemand Side Plateforme. BertrandC'est un outil propriétaire. C'est un outil auquel vous accédez en ligne et qui est fabriqué par votre entreprise ou c'est un outil externe ? HéloïseNous, on fait appel à beaucoup de DSP externes pour pouvoir avoir accès à vraiment tous les inventaires disponibles. BertrandEt grâce à cet outil, on a accès à tout l'espace publicitaire Digital qu'on peut gérer et optimiser ? HéloïseExactement tout l'espace publicitaire Digital qui n'est pas acheté en direct. BertrandEt donc là, on rentre dans une notion qu'on avait envie d'évoquer aussi dans cet entretien qui est le programmatique. Est ce que tu peux expliquer ce que c'est que le programmatique, l'achat publicitaire programmatique ? HéloïseC'est concrètement la modernisation de nos achats publicitaires. Il y a quelques années, on achetait directement en faisant appel aux régies. On réservait des impressions par mail. Là, aujourd'hui, on n'a plus besoin, forcément, de contacter sur chacune de ces régies. On peut acheter nos espaces publicitaires directement sur une plateforme... BertrandD'où le nom Media Trader dans ton métier. Quand on entend Media Trader, on pense aussi à Trader à la bourse. Donc ça revient exactement au même. On achète comme on achète à la Bourse des espaces publicitaires ? HéloïseExactement, on enchérit... BertrandOn enchérit très bien, c'est joli. Héloïse, est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier de Média trader ? HéloïseParce qu'il y a d'abord, il y a beaucoup de contacts à la fois au travers de notre relation avec nos clients, mais à la fois avec nos partenaires. Comme je le disais tout à l'heure, avec les régies ou les DSP qu'on va pouvoir rencontrer au quotidien. Mais aussi parce que c'est un métier sur lequel on va pouvoir beaucoup analyser, réfléchir sans cesse, être challenger par nos clients et à la fois en interne. BertrandExcellent. Tu avais aussi parlé d'apprendre sans cesse. Ça peut être intéressant de s'arrêter sur cette notion la,  parce que je trouve que c'est une notion importante à transmettre. On apprend tout le temps ? HéloïseBien sûr, on évolue dans un monde qui évolue tout le temps. On va sans cesse devoir s'informer sur les nouveaux formats ou même sur les nouvelles réglementations de privacy. C'est hyper important d'être à jour et ça développe notre curiosité. BertrandEst ce que tu peux nous dire maintenant quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job? HéloïseAlors, selon moi, ce serait la rigueur, l'esprit d'analyse et la sociabilité. BertrandD'accord, si on commence par la rigueur, ça veut dire quoi? Tu parlais d'Excel tout à l'heure, j'imagine un rapport? HéloïseOui, voilà. Le métier de Media Trader demande d'être hyper organisé. On va traiter énormément de données. On va mettre en place des campagnes qui vont avoir des configurations complexes. Et on ne peut pas vraiment se permettre des erreurs, parce qu'il faut savoir qu'on travaille avec l'argent de nos clients. Donc, on ne peut pas se permettre de dépenser leur budget annuel. BertrandOn n'est pas au casino... Après, tu parles d'esprit d'analyse et de curiosité. HéloïseOui, on doit sans cesse se demander pourquoi notre campagne diffuse ou pas. Pourquoi notre campagne n'a pas de bonnes performances. Donc, il faut analyser les résultats et même à la fin de la campagne pour voir donner des vrais partis pris à nos clients pour pour faire des meilleures recommandations sur les prochaines campagnes. BertrandUn peu comme un pilote d'avion avec un tableau de bord assez complexe pour faire un bon parcours, il faut qu'il ajuste en permanence son parcours. C'est ça l'idée ? HéloïseEt ça nous demande aussi d'être super curieux. Parce que, comme je le disais tout à l'heure, on doit toujours s'informer sur tous les acteurs du marché et pouvoir proposer à nos annonceurs les meilleurs partenaires. BertrandTroisième chose dont tu parlais, c'était le côté communication sociable. C'est important aussi dans ce métier ? HéloïseVoilà, en agence surtout, on a beaucoup de rencontres. À la fois avec nos clients et les partenaires. Il faut pouvoir être à l'aise, de les rencontrer lors d'événements, de networking ou d'apéros et même de déjeuner. Et c'est même au travers de ces rencontres qu'on va pouvoir continuer à s'informer et à développer nos connaissances. BertrandEst ce qu'on peut dire que c'est un des atouts de ce métier quand on le fait en agence ? C'est quand même aussi cette sociabilisation permanente. Alors dans la période de Covid, c'est plus compliqué. Mais en dehors de la période de Covid, on rencontre plein de gens, on discute. Il y a les Fêtes et les organisations, des déjeuners, des apéros. Comme tu disais, c'est un point positif à expliquer à ceux qui nous écoutent ? HéloïseÀ Bien sûr, c'est super agréable. Et ça rend même le quotidien beaucoup plus agréable... BertrandExcellent, c'est important de le préciser, quand on fait ce métier en agence, il y a effectivement un petit plus qui est que l'on a des échanges permanents. Attention, QGP la question Gagne-Pain combien ça gagne un Media trader ? HéloïseDonc il y a un junior, il va commencer entre 30 et 35 K€, je dirais. Après, plus il monte en séniorité, plus on sera autour des 40k€. Et après, un poste de manager, il pourra même avoir des primes sur des critères qualitatifs ou quantitatifs. BertrandEst ce que tu peux nous dire quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever dans ce métier? HéloïseAlors moi, c'est plutôt un défi personnel. Mais quand je suis arrivée en agence, j'étais super timide. Et justement, il y avait tout cet aspect sociable, communication sur lesquelles j'étais moins à l'aise. Et j'étais vachement accompagnée, on m'a vraiment permis d'être beaucoup plus à l'aise sur le fait d'écrire des mails à des clients ou de contacter des régies au téléphone... BertrandHéloïse, est ce que tu peux nous dire quelles sont les tâches quotidiennes d'un Media Trader qui te plaisent le plus et celles qui te plaisent le moins ? HéloïseCe qui me plaît le plus, ça va être d'analyser les résultats de ma campagne pour pouvoir adapter mes prochaines recommandations médias. Et ce qui me plaît le moins, je dirais, ça va être vraiment les tâches très redondantes sur lesquelles on peut perdre beaucoup de temps. Mais on travaille aujourd'hui à les automatiser. BertrandTâches redondantes, ça veut dire reporting, ça veut dire set up de campagne. Les démarrages de campagne, c'est ça que ça veut dire ? HéloïseExactement. BertrandEt tu me disais que dans les tâches, Il y avait même un petit bonus ? HéloïseOui, il y a un gros bonus. Ca va être tous les événements avec les régies, les moments de rencontres et soirées. BertrandOK, donc ça, ça rajoute du peps, de l'envie. Et on attend que le confinement soit complètement libéré pour pouvoir retrouver toutes ces tâches bonus. HéloïseOui, vraiment, on a hâte... BertrandQuelle a été ta plus grande surprise dans ce métier de Media Trader Trader? HéloïseJe pensais que c'était un métier très opérationnel. Et finalement, comme je le disais tout à l'heure, il y a beaucoup de rencontres, beaucoup de découvertes et notamment au travers de notre veille. On doit sans cesse s'informer sur les nouveautés du marché. BertrandDonc, ce sont les évolutions, les changements permanents dans ce métier qui t'intéressent ? HéloïseOui, on apprend toujours BertrandEst ce qu'il y a une sorte de journée type ? On pose cette question pour comprendre, notamment avec le confinement, la possibilité de télétravail et la possibilité de travailler à distance, de loin, par exemple. Est ce que ça, c'est un élément important de la journée type de travail d'un média Trader ? HéloïseOn peut complètement faire toutes nos tâches en télétravail. Nous, notre journée, elle va commencer par checker ses mails et Bien sûr ses campagnes. Et après, ça va dépendre selon les encours qu'on a avec nos clients. Mais réaliser des bilans, réaliser des recommandations médias. Après, on a beaucoup de call, à la fois en interne pour le suivi de nos campagnes, et en externe avec nos clients pour les tenir informés de nos campagnes. BertrandDonc ça, ça veut dire que dans ta journée sont organisées régulièrement des réunions, des réunions téléphoniques ou visio avec les clients ou en interne pour faire des points ? HéloïseExactement, et en plus de cette gestion de nos campagnes et sa gestion clientèle, on va avoir tout ce qui est formation. Donc, typiquement, en interne, on peut travailler sur des formations pour faire découvrir notre métier aux autres experts. BertrandIl y a aussi un élément qu'on évoquait tout à l'heure en préparant cette interview, qui est la situation géographique de l'agence. Et donc le fait de travailler en plein cœur de Paris, c'est aussi un gros avantage. C'est un atout pour toi ? HéloïseVraiment, mais on peut se déplacer très facilement vers nos clients ou vers les régies. On a très souvent l'occasion de tester tous les restos du quartier qui sont très sympa.... BertrandOK, la communauté du Gagne-Pain nous interroge assez régulièrement sur l'anglais l'utilisation de l'anglais, les niveaux d'anglais. Est-ce que tu peux nous dire pour le métier que tu exerce de Media Trader chez Artefact, est ce que l'anglais, c'est important? HéloïseOui, on a même des clients à l'étranger, donc on doit souvent parler en anglais et même pour contacter les régies. Parfois, elles sont basées à l'étranger. Donc c'est important d'être à l'aise à la fois à l'écrit et à l'oral. BertrandEt donc, ça veut dire que régulièrement, tu as des réunions en anglais où il faut à la fois parler, comprendre, présenter en anglais? HéloïseTout à fait. BertrandDonc, c'est quand même un Anglais professionnel qu'il faut avoir pour faire ça ? HéloïseOui, il faut avoir le vocabulaire adapté. BertrandHéloïse, pour ceux qui nous écoutent, est ce que tu peux nous dire quelles sont les bonnes formations pour ce métier de Media Trader ? HéloïseJe dirais un parcours classique d'école de commerce, par exemple, ou en tout cas un parcours qui nous permet de nous spécialiser dans le marketing et le Digital. BertrandEt est ce que toi, tu continues à te former régulièrement au sein de chez Artefact ? HéloïseBien sûr. Chez Artefact, par exemple, un vendredi par mois, on a l'occasion de participer à des formations de tous les pôles. Donc, on peut en savoir plus sur chacune des expertises. BertrandC'est quoi les différentes expertises chez Artefact? HéloïseOn va avoir des expertises sur la Data, donc typiquement Data Scientist, sur la création et au sein du média, par exemple, des personnes du Search peuvent présenter leur métier. BertrandExcellent. Il y a aussi des formations dont tu parlais qui sont fournies par les DSP. Et ça veut dire qu'on vous apprend à mieux utiliser les fameux outils que vous gérez tous les jours pour vos campagnes. HéloïseCes plateformes, elles évoluent tout le temps et du coup, les DSP nous proposent toujours d'être formé sur les évolutions. BertrandDernière chose, tu parlais des formations internes sur les Soft Skills. Ça peut valoir le coup qu'on s'arrête deux secondes. On te forme à quoi ? On permet de progresser sur quoi ? HéloïseDès qu'on évolue en séniorité, on va être formée sur, par exemple, la prise de parole en public ou le management. BertrandEt ça, c'est un sujet dont tu parlais, qui a été très utile... Est ce qu'il y a aussi des certifications professionnelles utiles pour faire ce métier de Media Trader ? HéloïseJe dirais les certifications sur les plateformes qu'on utilise au quotidien, donc Excel et également les certifications de Google telles que Google Analytics, par exemple. BertrandHéloïse est-ce qu'il y a une différence entre le métier de Media Trader que tu imaginais et celui que tu fais tous les jours? HéloïseEn fait, je pensais à l'origine que c'était un métier très opérationnel autour du suivi de nos campagnes. Et je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup de découvertes des partenaires de l' AdTech... BertrandAdTech, c'est l'environnement de la publicité Digitale, technologique c'est ça ? Et donc, c'est qui ces partenaires ? HéloïseEn fait, il y a beaucoup de typologies de partenaires, donc il y a les DSP dont on parlait tout à l'heure, donc les plates formes d'achats d'espaces telles que celle de Google ou d'Amazon, par exemple. On va avoir également les éditeurs qui, eux, vont mettre en vente leurs espaces publicitaires sur des SSP. Donc c'est la partie offre de la AdTech qu'on va aussi rencontrer régulièrement. Par exemple, Le Monde ou Le Figaro... BertrandTous les grands médias ont la possibilité de travailler avec toi par ces outils là. Quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans ce métier de Media Trader ? HéloïseJe leur conseillerais de se former beaucoup sur Excel. Sur l'analyse des chiffres, c'est assez essentiel. Et après, je leur conseillerais également de commencer en agence pour pouvoir découvrir toutes les expertises. BertrandL'Agence ca permet d'avoir une vision globale et puis après, éventuellement, de se spécialiser dans un domaine. C'est ça que tu veux dire? HéloïseOui, tout à fait, BertrandEst-ce que tu aurais des conseils à nous donner sur l'aspect un peu culturel, films, séries, podcasts en rapport avec ton métier ? HéloïseOui, donc 2 podcasts. Un sur la prise de parole en Public sur le Podcast Zepresenters et également, un deuxième sur le milieu du digital, Bannouze. BertrandEn conclusion, est ce qu'il y a des choses que tu voudrais ajouter, pour ceux qui nous écoutent ? HéloïseAlors c'est un métier qui recrute et nous spécifiquement chez Artefact, on recrute beaucoup de profils, stages, juniors et même de seniors. BertrandD'accord, on mettra les liens vers les offres d'Artefacts dans le podcast où tout le monde pourra s'y référer. Dernière question Héloïse, quelles sont les évolutions que tu envisages dans ton métier de Media Trader? HéloïseAlors moi, j'aimerais bien développer mes compétences en management et en stratégie. Je pense que c'est des points sur lesquels Artefact peut complètement m'accompagner. BertrandDonc, il y a du potentiel d'évolution d'abord dans l'entreprise dans laquelle tu es ? HéloïseEt après cette expérience en agence, pourquoi pas découvrir aussi le monde de l'annonceur... BertrandMerci beaucoup, Héloïse. HéloïseMerci à très bientôt. L'épisode 41 du Gagne-Pain, métier "Media Trader", est également disponible sur : ### Product Builder – Nassim Farah Épisode 25 - Nassim Farah, Product Builder chez PayFit France. Dans cet épisode, nous avons l'honneur de rencontrer Nassim Farah, Product Builder chez PayFit. Il nous fait l'honneur de venir discuter de son métier, pour nous apprendre à mieux comprendre son métier. Merci à Nassim pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Nassim Farah – Profil LinkedIn Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 25 : MajdelineBonjour Nassim et merci d'avoir accepté cette invitation. Nassim, tu es Product Builder chez PayFit, on va avoir l'occasion de rentrer un peu plus dans les détails de ton métier et de ton entreprise. Mais avant tout, est ce que tu peux te décrire en quelques mots? NassimOui, avec plaisir. Alors je m'appelle Nassim. J'ai 28 ans, suis originaire de la région parisienne. Si je vais me définir, je me définirais comme quelqu'un de très curieux, qui aime beaucoup apprendre. J'ai fait des études relativement longue, vu que j'ai fait un double cursus école d'ingénieur, puis école de management, école de commerce. Ça m'a permis d'effectuer pas mal de stages très différents dans des secteurs très variés et surtout de pas mal voyager puisque j'ai pu expérimenter la vie à Londres et à Shanghaï. Et riche de tous ses apprentissages, j'ai décidé in fine de me projeter dans le produit. Et je depuis maintenant bientôt un an chez Payfit, en tant que Product builder, MajdelineEst ce que tu peux nous présenter en quelques mots ton parcours professionnel et comment tu es arrivé jusqu'ici? NassimJ'ai toujours été très curieux. Du coup, j'ai fait des études entre guillemets relativement longue, vu que j'ai fait un double cursus. D'abord en école d'ingénieur à AgroParisTech, puis en école de commerce à l'ESCP, en management avec une spécialisation en marketing. Et en fait, la vraie réalité derrière ce parcours, c'est que je ne savais pas du tout ce que je voulais faire. Donc, j'en ai profité pour faire des stages dans des secteurs vraiment très variés et très différents. J'ai eu un an d'expérience en stage en conseils dans le domaine de la Tech, dans la data et l'intelligence artificielle. Ce qui m'a permis de surtout monter en compétence sur tout ce qui est cadrage stratégique, définition d'une vision et pilotage stratégique de projet. Mais à côté, j'ai eu expériences  beaucoup plus opérationnel, où j'étais aussi bien en grands groupes chez Nestlé en Trade Marketing, qu'en plus petit groupe innovant, en foodtech, chez Quitoque où j'étais en Growth management. Et en plus, c'est encore plus diversifier ce parcours d'activité j'ai aussi eu un stage dans une agence créative. MajdelineC'est clair. Comme tu le disais aujourd'hui, tu es chez Payfit. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur cette entreprise? NassimÇa fait bientôt un an que je ne suis chez Payfit. Qu'est ce que c'est? C'est un outil SaaS qui permet de digitaliser et d'automatiser la paye et la gestion administrative du personnel pour les TPE et PME. Donc, en gros, avec Payfit, l'idée, c'est que la gestion de la paye ne prenne que quelques minutes par mois et tout est centralisé sur une seule et même plateforme pour aider. Du coup, les RH et les comptables, les financiers au pilotage administratif et RH de leur société. MajdelineTu nous a parlé de d'outil SaaS. Est-ce que tu peux nous expliquer en quelques mots, pour ceux qui ne s'y connaissent pas du tout, ce que c'est? NassimOui, évidemment, SaaS, c'est les initiales pour Software as a Service. En fait, c'est un modèle de distribution de logiciels où, en fait, les clients ne vont pas avoir le produit téléchargé dans leur processeur Internet en tant que tel, mais en fait être hébergé sur le cloud. Et du coup, en allant sur Internet, ils vont pouvoir avoir accès directement à la plateforme sans avoir besoin d'installer en amont un logiciel quelconque. MajdelineOK, merci Nassim. Est ce que tu peux nous en dire un peu plus sur le métier de Product Builder ? Quelle est concrètement ton activité et tes missions quotidiennes ? NassimAlors, en tant que Product Builder, déjà, comme son nom l'indique, on fait du produit. On est dans le département produit de Payfit. C'est à dire que concrètement, on est responsable du succès de notre solution SaaS. Et on pilote donc quotidiennement le développement du produit afin qu'il réponde le plus possible aux besoins des utilisateurs. D'un point de vue plus macro, mais la spécificité du poste de product builder, c'est qu'en fait, chez Payfit nous on travaille avec une plateforme Low-Code interne qui permet en fait, sans être développeur, de directement coder les règles métier, les interfaces utilisateurs. Et ça fonctionne un peu à la manière d'un Shopify où, sans aucune connaissance en code, en développement, en langage Python ou autre, on peut facilement développer des premières briques et créer un site Internet de zéro. Mais en fait, ça fonctionne pareil. MajdelineNassim, tu nous disait au début que tu avais un profil assez hybride au vu de ton parcours. Est ce que c'est pour ça que tu as choisi ce métier de product builder ? NassimAlors exactement dans le mille. Justement, pourquoi j'ai décidé de choisir ce poste. C'est vraiment parce que c'est un poste hyper complet et que ça permet vraiment d'appréhender toutes les facettes du Product Manager. Grâce à cet outil le Low-Code, on va aussi mettre en amont sur la partie stratégique et vision produit. On va aussi pouvoir intervenir sa partie, beaucoup plus de développement, Tech vraiment coder les règles métier. On va aussi intervenir sur la partie UX design avec les interfaces. En aval, la partie marketing et data lorsqu'on va justement assurer le go to market des initiatives. Et le tout en plus, avec une forte, très forte dimension entrepreneuriale qui en est vraiment responsable du succès, nos initiatives de bout en bout. On a un profil très polyvalent, comme le mien, touche à tout, c'est du pain béni. Et donc c'est très chouette et en plus, c'est très cool, c'est que c'est un poste où tout va très vite. Ben justement, c'est une startup où tout va très vite. Mais si le fait de travailler  avec un outil Low-Code, il y a vraiment une vraie promesse d'agilité. Ça permet de réaliser, déployer très rapidement des nouvelles feature, des nouveaux modules en soi. MajdelineNassim, comment expliques tu ton métier de Product Builder à ta mère ? NassimAlors comment j'expliquerais ma mère? Je dirais en fait qu'on est l'équivalent des bâtisseurs du produit, à l'égal de l'architecte qui construit des maisons. Nous c'est pareil sauf qu'on construit un produit Digital. MajdelinePourrais tu définir ton métier de Product Builder en 3 mots ? NassimOui, alors je dirais Produit, Low-Code, polyvalence MajdelineOK, merci Nassim. Donc pour ceux qui nous écoutent. Quels sont les trois principales compétences requises pour ce job? NassimAlors, je pense en tout premier plan, il faut être curieux. Je pense que c'est la qualité principale à avoir pour ce poste là. Parce que je pense qu'il faut vraiment aimer apprendre, parce qu'on va arriver à se former un outil Low-Code propre à Payfit. Puis, en ces temps de la monter en compétence aussi sur les enjeux métier du produit sur lequel on est, en l'occurrence sur la paye française qui est assez complexe. Et il faut avoir vraiment envie aussi de se confronter aux problématiques nos clients, de les comprendre et d'y répondre. Donc, je pense qu'être curieux, déjà, c'est vraiment une qualité essentielle pour ce poste. Et dans un deuxième temps, je dirais qu'il être aussi très organisé et rigoureux. Parce que, mine de rien, on va quand même générer des initiatives avec beaucoup d'interlocuteurs différents. On va aussi concrètement mettre des expériences en production. Donc on va aussi bien coder des modules dans l'app, dans l'outil, notre travail a beaucoup d'impact visible pour nos clients. Donc, il faut vraiment à tout prix limiter le risque d'erreur et du coup, bien être, même très organisé, rigoureux, méthodique. Et ensuite, dans un troisième temps, je dirais qu'il a tout ce qui va être de l'ordre des compétences interpersonnelles, ce qui va être forcément un leadership, travail en équipe, prise d'initiative, etc. On est quand même amené à mener des initiatives de bout en bout avec beaucoup d'autonomie. On va collaborer pas mal d'interlocuteurs au sein de l'entreprise et on a vraiment être sur être moteur, sur nos projets, sur les initiatives pour qu'elle avancent dans la bonne direction. Donc je pense OK, mais avoir des bonnes compétences en gestion de projet, leadership et prise d'initiative. MajdelineMerci Nassim, attention, QGP la question Gagne-Pain, combien ça gagne un product builder ? NassimAlors combien ça gagne? Alors forcément, il y a des fourchettes. Lorsqu'on va arriver en tant que junior, sortie d'école ou première expérience dans le produit, ça va être au tour entre 40 et 50 K euros par an du coup, lorsqu'on est junior. Après quelques années, ca peut être autour de la fourchette autour de 50 et 70 K€. Et ensuite pour la suite. En fait, vu que justement, c'est un métier qui est très polyvalent, il y a pas mal de sources, d'opportunités différentes. On peut décider de spécialiser, de garder un parcours généraliste où on aime cet aspect un peu polyvalent et du coup, on va continuer à être un peu généraliste. Ou alors, on peut décider de spécialiser sur une des thématiques. Si on applique plutôt la partie design de la partie tech développement en code architecture ou la partie beaucoup plus PM initiative produits, etc. Et on peut aussi avoir envie de management, donc de vouloir manager des équipes, de leader des squads, de différents product builder, etc. Et donc, ce qui fait qu'en fait, d'un point de vue opportunités et du coup forcément salaire, il y a plein de cas de trajectoires, de carrières possibles par la suite. MajdelineOK, quel est le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier? NassimAlors, je pense qu'on mon plus grand défi, c'est ma première initiative produit. Parce que, comme je l'ai dit, on me demande d'être très autonome et de très rapidement faire ses preuves. C'est vrai, on en a parlé au début, on a un peu un mois de lune de miel. On va avoir un petit onbording, on est très bien couvé. On va nous faire monter en compétence sur les outils Low-Code. Les personnes sont très disponibles pour répondre à nos questions, pour découvrir les autres départements, etc. Et en fait, une fois que ça, c'est fini. Ben voilà, on se dit OK, voilà, on m'a dit, écoute on va te positionner sur le onboarding, l'accueil des nouveaux clients, et le paramétrage des comptes des nouveaux clients lorsqu'ils arrivent sur l'outil SaaS. On m'a dit Bah voilà, on a détecté telle opportunité. À toi de jouer. MajdelineNassim quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et puis celle ensuite qui te plaît le moins ? NassimAlors je répondrais par une non-réponse. Mais c'est vrai, ce qui me plaît, c'est que tout simplement, il n'y a pas de tâches quotidiennes. Comme j'ai dit, c'est un rôle qui est hyper polyvalent et du coup, en fonction de mes projets, des initiatives, de leur maturité, ou ça en est... Je peux très bien être en recherche utilisateur et juste passer ma journée avec des utilisateurs. Tout comme le lendemain, être plutôt sur des enjeux de data ou je vais essayer de définir des dashbord pour essayer justement de monitorer un peu mes actions et l'impact de mes initiatives sur la stratégie business. Tout comme un autre jour, je peux être plus à structurer un plan de go to market d'une de mes feature, donc, c'est très, très varié et c'est justement ça qui me plaît. Après, s'il y a vraiment une de toutes ces tâches là, je devrais être sélectionné en amont. Ce serait quand même la recherche d'utilisateurs. C'est quelque chose qui me plaît beaucoup parce que je suis quelqu'un de très sociable, m'entretenir avec les utilisateurs et essayer de comprendre leurs problèmes, c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup. Et celle qui me plaît le moins en soi, c'est ce qu'on appelle la maintenance. Donc, concrètement, c'est répondre aux tickets clients lorsqu'ils ont des problèmes de bugs sur l'application. Et ça, c'est un enjeu quand même en tant que Product Builder, parce que vu que l'on code et qu'on met concrètement les choses en production, on a aussi une responsabilité sur justement la qualité du code qu'on met en prod quand on répond bien aux attentes des clients. Il y a toujours des cas un peu spécifiques qu'on n'avait pas pris en compte et du coup, qu'ils font qu'ils peuvent faire remonter les tickets clients et des demandes de clients. MajdelineAlors, Nassim, la communauté du Gagne-Pain nous interroge régulièrement sur l'utilisation de l'anglais dans le travail. Est ce que c'est particulièrement utile d'avoir un Anglais professionnel pour être Product Builder ? NassimEn soi, ce n'est pas obligatoire, je dirais. Parce que c'est vrai que déjà, moi, je travaille sur le marché français. Donc les clients à qui on s'adresse, les expériences qu'on développe, tout est en français. Et c'est vrai que du coup, les trois quarts de mes collègues sont quand même  français. Donc c'est vrai que c'est pas forcément obligatoire, mais c'est vrai qu'on est quand même dans un contexte où on est une Scale-Up. On est présent beaucoup en Europe. On a des bureaux dans d'autres villes comme Londres, Barcelone, etc. Il n'y a pas mal de documents de formalisation qui sont échangé avec les équipes globales. Donc en soi, c'est quand même assez important d'avoir un Anglais professionnel, surtout si on veut vraiment profiter de l'expérience Payfit jusqu'au bout et justement dans les différents locaux, échanger avec les équipes globales, etc. Et je pense qu'au delà de ça, c'est vrai que l'univers du produit Product Manager de manière plus globale. C'est assez récent en France et c'est vrai qu'ils ont un peu quelques années d'avance aux Etats-Unis, où c'est un peu plus développé, par exemple. Et si on veut se former en continu par le biais de podcasts, par le biais d'articles, par le biais de d'influenceurs qui parlent beaucoup de ces sujets là. C'est vrai que les pointures sont là. Il y en a de plus en plus en France, heureusement. Mais c'est vrai qu'il y a pas mal d'articles qui sont plutôt en anglais. Et du coup, je pense que si on se forme en continue et avoir à un benchmark exhaustif sur l'univers de la Tech, du Product Manager, etc. Je pense. C'est important aussi d'avoir un Anglais professionnel pour cette raison là. MajdelineNassim tout à l'heure tu nous parlais de podcasts en rapport avec son métier que tu écoutais régulièrement? Est ce que tu en as certains que tu nous conseillais. ? NassimOui alors les podcast m'a beaucoup aidés au début parce que justement, en m'orientant vers le produits. On sait pas exactement ce que s'est. Ca m'a permis un peu mieux comprendre les attentes du poste. D'avoir les bons éléments de langage pour etre crédible en entretien. Ca m'a beaucoup aidé, notamment dans "la tête d'un PM". "Product Tribe"... C'est un peu des podcasts qu'on trouve facilement en tapant le mot produit sur Spotify. Mais maintenant que je suis un peu plus dans le métier, j'essaye vraiment d'aller encore un peu plus loin. Il y a un podcast particulièrement, qui me plaît beaucoup, ça s'appelle "Clef de voûte". Le format est juste vraiment dingue, parce qu'en fait, c'est très synthétique. C'est vraiment 20 minutes, donc ça va à l'essentiel et c'est vraiment à chaque fois sur des thématiques très précises de différents aspects du produit, avec des Product Manager assez séniors qui sont interviewés. Et du coup, c'est un format très cool pour monter en compétence, vraiment concrètes sur des aspects du poste sur le Product Manager, de manière générale, MajdelineOK, je mettrai le lien de "clef de voûte" dans les notes du podcast. Merci Nassim pour conclure, quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoute, qui souhaiteraient se lancer dans le métier Product Builder ? NassimJ'ai un conseil très simple, c'est juste de se lancer. C'est des métiers qui sont nouveaux ou on accueille un public qui est très large. Tant que quelqu'un a une appétence pour la Tech, une appétence pour le design et une envie de participer à une aventure entrepreneuriale, de gérer des projets, etc. Ecoles de commerce, écoles d'ingénieurs, au final, c'est pas forcément ca qui importe. c'est la mentalité de la personne, donc il faut pas hésiter à vraiment se lancer et à postuler si il voit une offre. Parce tout profil peut correspondre en fonction de l'appétence. Et ensuite c'est des métiers qui sont quand même nouveaux. Le Product Manager c'est quand même relativement nouveau, le poste de product builder, utiliser des outils le code pour justement gagner en agilité et vélocité dans la façon de concevoir les produits. C'est encore plus nouveau donc, il ne faut pas hésiter, ne pas avoir de syndrome de l'imposteur, juste se lancer et y aller MajdelineMerci Nassim, je pense que grâce à toi, nos auditeurs ont bien compris ce que c'était un product Builder. NassimAvec plaisir Majdeline, Merci beaucoup pour l'invitation. Si les auditeurs ont encore des questions ou si ils sont intéressés par le métier ou par Payfit de manière plus générale, qu'ils n'hésitent pas à me contacter sur LinkedIn. Je répondrai avec plaisir. MajdelineOK je mettrai à ton lien LinkedIn dans les notes du podcast. Au revoir à bientôt NassimAu revoir. L'épisode 25 du Gagne-Pain, métier "Product Builder", est également disponible sur : ### L'IA générative pour créer du contenu – Julien Pibourret : LinkedIn Julien Pibourret, auteur de "La petite Boîte à Outils de LinkedIn" Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Dans ce quatrième atelier du Gagne-Pain, nous avons l'honneur de recevoir Julien Pibourret, qui saura vous parler de l'utilisation du réseau LinkedIn pour trouver votre futur job ! Merci à Julien pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Julien Pibourret – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 24 : Trouver son job avec LinkedIn BertrandBonjour et bienvenue c'est l'atelier Gagne-Pain. L'Atelier Gagne-Pain, c'est l'occasion de s'interroger des professionnel pour vous aider à trouver un job dans le digital. Pour ce quatrième atelier et nous avons le plaisir d'accueillir Julien Pibourret. Bonjour Julien. JulienBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup, Julien, d'avoir accepté notre invitation. Julien est l'auteure de "la petite boite à outils de LinkedIn" chez Dunod. Il a aussi proposer une méthode UCI pour développer sa marque personnelle sur LinkedIn, il assurent des formations sur les réseaux sociauxet sur linkedIn Ads. Est-ce que j'ai oublié quelque chose julien ? JulienJe fais aussi peu de recrutement. Je ne vais me lancé en plus dans la formation prospection commerciale. c'est un sujet aussi que j'affectionne tout particulièrement. BertrandEt j'avais cru comprendre que tu avis une petite passion pour le rugby? JulienJ'ai fais beaucoup de rugby un plus jeune, a côté de Pau. Et c'est une partie aussi de ma personnalité. Ça joue aussi un peu sur ma façon de de passer à l'action et je pense. BertrandOK le Gagne-Pain, l'Atelier de Gagne-Pain, a pour objectifs de proposé des conseils aux jeunes qui nous écoutent, pour trouver un job notamment dans dans le digital. Et si tu en es d'accord, j'aimerais organiser l'entretien sur 4 sujets. Le premier, c'est quoi LinkedIn ? Le 2ème comment optimiser son profiling LinkedIn, son CV en ligne ? Le 3ème c'est comment développer son réseau et ses contact sur LinkedIn ? Le 4ème, pourquoi et comment Publier sur LinkedIn. On le fait par étapes, on peut commencer par le 1er sujet. C'est quoi LinkedIn ? JulienC'est un réseau de références, c'est le 1er réseau professionnelles. C'est le premier réseau social et professionnel dans le monde.  Sur des chiffres concrets, c'est en France 22 millions de comptes. On ne peut considérer de puis 2019 qu'a chaque seconde entre 2 & 3 comptes qui se créent dans le monde. Donc c'est un passage obligé, je pense, pour construire son réseau d'opportunités professionnelles aujourd'hui. BertrandEt qui sont des gens qui sont présents sur sur LinkedIn ? JulienOn à un spectre qu'est assez large. Et c'est vrai que les gens qui sont les actifs, ce n'est pas forcément du plus jeune. Ça va être les actifs qui sont déjà entré dans la vie professionnelle. L'âge le plus présent, ça va être plutôt de 30 ans jusqu'à 50 ans. BertrandDonc ce sont des professionnels de 30 à 50 ans, si on veut faire une sorte de portrait robot. Et c'est des gens qui ont  du pouvoir, ils recrutent, ils cherchent des collaborateurs, ils sont dans cette logique la. C'est à ça que Ca sert LinkedIn ? JulienTout a fait. Je crois beaucoup la dimension du business de la plateforme. Je pense qu'il faut toujours l'avoir en tête. Les gens qu'on va trouver sur LinkedIn, c'est fondamentalement pour construire quelque chose, une relation, une opportunité business. BertrandMerci beaucoup, c'est très clair. On comprend bien LinkedIn. Maintenant, la question c'est quels sont tes conseils pour optimiser son profil, son, son CV en ligne sur LinkedIn? JulienIl faut bien comprendre que sur LinkedIn, il y a une notion de référencement. D'accord, on peut se référencer notamment sur les moteurs de recherche. Il y a du SEO, hors de LinkedIn, il y a du SEO dans LinkedIn. Il faut bien mettre les mots clés qui correspondent aux métiers et aux fonctions qu'on souhaite atteindre, dans lequel on souhaite travailler. BertrandDonc, ça veut dire que déjà, dans ce que tu dis, LinkedIn c'est pas juste un CV. C'est un CV électronique dans lequel il faut comprendre, pas seulement ceux qui regardent le CV, mais aussi la machine qui le regarde ? JulienTout à fait. Pour moi, je crois que le CV n'est pas un profil. Le CV est un site Internet. C'est pour ça qu'il faut montrer ce qu'on peut apporter. BertrandQuand on parle de créer son profil, on parle surtout de photo, de photo de couverture, titre & descriptif. Qu'est ce que c'est que tout ça ? JulienAlors moi, je recommande trois piliers sur LinkedIn pour réussir au niveau du profil. Il y a le premier pilier ou on va trouver tout ce qui va toucher la bannière LinkedIn, le titre et la photo. BertrandÇa, c'est ce qu'on voit quand on recherche quelqu'un sur LinkedIn, la grande bannière, la photo de profil et le titre qui résume qui on. JulienC'est la première information que va voir le visiteur, le recruteur, le décideur. C'est ce qu'on appelle aussi, sur un site internet, au-dessus de la ligne de flottaison... Ensuite, il y a un deuxième volet sur le profil qui va concerner notamment tout ce qu'on va trouver sur la partie infos. La partie sélection du contenu. Il faut donner des informations sur ce qu'on peut apporter, qui on est, qu'est ce qu'on peut faire... BertrandEt là, on a plus de liberté, on peut dire plus de choses, on a du texte... JulienOn peut montrer aussi des choses qu'on a fait, des portfolios, ne pas mettre que son CV. Je pense comme beaucoup de personnes font sur LinkedIn. Ça c'est le deuxième bloc. Et le troisième bloc, c'est toute la partie expériences, formation et recommandations. On peut recommander des compétences. On peut avoir aussi des recommandations écrites, comme des témoignages sur un site d'e commerce. BertrandLà, ça veut dire que l'on est déjà passé en dessous de la ligne de flottaison. C'est à dire que là, on va décrire ces expériences qu'on sait faire. Ces expériences professionnelles, pourquoi pas ses autres expériences, du bénévolat, du sport, etc... Et c'est une question qui revient souvent parmi les auditeurs du Gagne-Pain. Qu'est ce que je fais sur mon profil quand je n'ai pas beaucoup d'expérience ? JulienBien sûr, les formations qu'on fait. Je parlais de tout à leur des mots clé. Ça veut dire quoi concrètement, a un exemple quand je donne, c'est quand on suit une formation. On prend le plan de la formation, le module de la formation. On Note les mots clé, les compétences, qui reviennent à en terme de module, et on va les ajouter en priorité dans la partie en formation. Ça, c'est la première chose qu'il faut faire. Et ensuite, quand on manque un peu d'expérience au début, il faut commencer à à construire son réseau d'opportunités professionnelles. Surtout ne pas avoir peur d'entrer en relation avec d'autres professionnels. BertrandMerci Julien. J'aimerais m'arrêter sur des Soft Skills, c'est fameuse. Compétences douces de comportement. Est-ce que selon toi, pour les jeunes qui nous écoutent, il y a des possibilités sur LinkedIn de montrer ses Soft Skills. JulienIl est vrai que dans tous les écoles où je pense quant à la possibilité de réaliser beaucoup de projets associatifs, de projet concret d'entreprises et qui viennent solliciter les écoles. Cela, je pense qu'il faut le mettre en avant. Ça peut être de la partie gestion de projets, la partie savoir faire... BertrandLe sport aussi c'est important ? JulienJe pense bien évidemment, Soft Skills ce sont des compétences qui sont peu périssables, qui vont durer tout au long d'une carrière professionnelle. Mais je pense que c'est ça qui fera la différence de plus en plus, parce que les hard Skills ont une obsolescence beaucoup plus rapide... BertrandC'est une notion très intéressante, ça. Et c'est vrai que, des l'école, dès les premières expériences, les Soft Skills existent chez les individus et elles vont rester, tout au long de leur vie. C'est une compétence comme tu disais, durables. JulienIl y a même des entreprises aujourd'hui qui cherchaient de plus en plus à analyser, à détecter de manière très précise, c'est Soft Skills. BertrandDonc on a parlé de LinkedIn, de l'entreprise. On n'a parlé du profil, du CV en ligne. Maintenant, la chose importante, c'est le réseau, c'est ça qui fait passer LinkedIn à une nouvelle dimension. C'est qu'on peut y associer ses contacts, son réseaux. Donc comment tu vois les choses pour les jeunes nous écoutent pour développer leurs leur réseau LinkedIn  ? JulienAlors, la première chose qu'il faut faire, c'est arrêter d'utiliser LinkedIn pour ajouter des gens que l'on connaît. C'est à dire que les gens ou tu as déja leur numéro de téléphone & leur adresse email, tu peux les ajouter, mais ce n'est pas suffisant. C'est la première chose. Deuxième point, c'est qu'il faut aussi identifier des gens qu'on veut atteindre. Selon moi, il y a deux typologies de cibles en priorité pour les étudiants. La première, ça va être des recruteurs. La deuxième, ça va être des décideurs. On va chercher avec des fonctions, avec des métiers. C'est très important. BertrandQuand tu dis décideurs, tu veux dire des responsables dans des entreprises qui intéressent les étudiants. Cette entreprise m'intéresse, ce métier m'intéresse, je vais essayer de trouver ces personnes là ? JulienTout à fait, sur LinkedIn selon moi, la plus grande opportunité de LinkedIn, c'est que c'est un incroyable point de contact supplémentaire. Une fois qu'on a compris ça, à chaque fois que je montre ca en formation, les gens sont très surpris. Mais LinkedIn, c'est avant tout de la data. BertrandClairement, et donc d'une certaine manière, c'est un moteur de recherche, de contacts ? JulienD'ailleurs, c'est pour ça que LinkedIn dans sa version payante, au bout d'un moment, ce qu'on a en plus, ce sont les recherches illimitées... BertrandEt donc ça, c'est le premier conseil que tu donnes sur le développement du réseau. C'est évidemment d'abord d'inviter les gens qu'on connaît, mais aussi d'aller plus loin et de développer son réseau. JulienJe pense qu'il faut s'intéresser au Professionnel. Il faut s'intéresser aux gens. Je le vois dans mon quotidien, il y a des personnes qui me sollicitent. À partir du moment où je vois ça de manière sincère, qui s'intéresse à ce que je fais, je réponds favorablement. BertrandAlors il y a une question qui revient aussi, c'est comment je ne connecte avec ces personnes? Comment je me connecte à une personne que je connais pas ? JulienSelon moi, on va parler un petit peu de la note personnelle. C'est le petit mot que l'on va ajouter pour se connecter à quelqu'un. D'ailleurs, c'est vrai que ça il faut vraiment le faire tout le temps. Je le recommande. Il faut mettre rapidement le point en commun qu'on a avec la personne. BertrandDonc, très concrètement, ça veut dire que je n'invite pas une personne sans mettre un petit message pour lui dire pourquoi je l'invite ? BertrandMoi, je mets toujours un message. Il y en a qui vous diront le contraire que ça peut fonctionner aussi. Moi, je vous dis de mettre toujours une note parce que c'est le début d'une conversation. C'est le début d'une relation. BertrandOui. Et puis, c'est aussi un moyen d'engager la conversation. On rentre pas dans un bureau sans frapper à la porte. Là, c'est un peu pareil. On frappe à la porte et on dit bonjour, on se connaît pas, mais j'ai envie de te rencontrer... JulienTout à fait. BertrandÇa veut dire invitation personnalisée, et ça, c'est assez simple sur LinkedIn, c'est pas très compliqué et faire son petit message personnalisé, ce n'est pas non plus très sorcier ? JulienIl faut se renseigner sur qu'est ce qu'on a comme un point commun, qu'est ce qu'on a comme contexte qu'on peut utiliser avec un recruteur? Ça peut être une actualité de son entreprise. Ça peut être une conférence qu'on a suivie. C'est assez simple, c'est la prospection finalement, c'est la même chose, sauf qu'on va essayer d'apporter de l'ultra personnalisation. BertrandMoi aussi, j'aime votre entreprise ou moi aussi, j'ai envie de travailler dans cette entreprise. C'est le genre d'engagement qu'on peut prendre pour se connecter quelqu'un qu'on ne connait pas encore. Est ce que selon toi il y a un volume de contacts qu'il faut avoir dans son réseau ? Quand on est étudiant et qu'on se dirige vers la vie professionnelle et qu'on a envie de faire un job, particulièrement dans le Digital. Est ce qu'il y a une une notion de volume de contacts qu'il faut avoir ? JulienC'est un sujet aussi, il y a beaucoup d'avis. J'ai tendance à recommander d'aller chercher au moins 500 relations. Je pense qu'à partir de là, moi j'utilise beaucoup les différents cercles pour faire mes recherches LinkedIn. À partir de 500 relations, on peut construire des véritables opportunités si on ajoute des gens qu'on veut atteindre. C'est toujours pareil. BertrandParlons des cercles justement parce que effectivement c'est intéressant. Le premier cercle, c'est les gens qui sont dans notre réseau. C'est comme ça que ça fonctionne, c'est ceux qu'on a déjà invité, ce qu'on connaît déjà les premiers. Parle nous, des autres cercles, il y a le deuxième cercle, le troisième cercle, c'est ça ? JulienMoi, j'utilise exclusivement le deuxième cercle quand je veux atteindre des gens là. Aujourd'hui, je suis en train de rechercher des personnes, des personnes avec qui je vais collaborer. Donc, j'utilise le deuxième cercle, le deuxième cercle. Je ne connais pas la personne, mais quelqu'un de mon réseau peut me recommander peut me permettre d'atteindre cette personne. BertrandDonc, tu as une personne en commun avec cette personne là et donc tu peux utiliser cette personne pour échanger avec elle. Le troisième cercle, c'est des gens qui sont assez éloignés ? JulienTroisième cercle, on ne les connaît pas. Notre réseau ne les connaît pas. BertrandDonc là, on a peu d'opportunités d'échanger avec elles. C'est vraiment très, très hypothétique ? JulienAlors, on peut les ajouter. Rien n'interdit, on peut lui demander relation, c'est permis. Mais moi, je pense que c'est les personnes qui vont moins nous identifier qui vont peut être trouver ça un peu bizarre... BertrandJulien Dans l'idée du réseau, on a parlé dans un autre atelier du Gagne-Pain, du marché de l'emploi caché. Le marché de l'emploi caché, c'est celui qui ne génère pas une offre d'emploi. Et donc, il est évidemment important sur LinkedIn puisque c'est un moyen de discuter avec tout le monde. Comment tu vois les choses pour encore une fois, les jeunes qui nous écoutent ? JulienOn sait que c'est un sujet important. Je crois qu'on peut considérer que c'est quasiment 60% des offres d'emploi. Je crois qu'il faut être identifié. À partir du moment où on a été identifié, à partir du moment où on comprend cette logique de réseau, les opportunités qui vont arriver. J'ai des personnes en formation en 15 jours elles trouvent leur stage, mais pas forcément en ayant postulé à des offres de stage. Donc, une fois qu'on a compris ça aussi, ça veut dire que peut être, c'est des choses qui sont un peu moins palpables. C'est une réalité. On ne peut pas dire que j'ai postulé à tant d'offres d'emploi, mais il y a des gens qui vont vous identifier, qui vont vous recommander. Moi, c'est comme ça que ça fonctionne pour moi au quotidien. BertrandEt le marché de l'emploi caché, c'est un peu ce qu'on dit "tu connais pas quelqu'un qui saurait faire ça" ? Sur LinkedIn, c'est assez facile de trouver cette personne qui sait faire ça parce qu'on l'a mis en avant sur son profil ? JulienTout à fait, moi souvent je prends cet exemple d'une personne que j'avais formé et qui faisait du consulting pour les banques financières. Juste en publiant peu de contenu sur son profil LinkedIn, en montrant un petit peu ce qu'elle faisait. Il y a des gens dans son premier cercle qui lui envoient des messages... BertrandMerci Julien. On a vu donc LinkedIn. On a vu le profil, le CV en ligne. On a vu le réseau LinkedIn. Maintenant, on va voir la publication. Qu'est ce que ça veut dire de publier sur LinkedIn ? JulienPublier c'est être vu, c'est être identifié, c'est être visible de son réseau. C'est un avantage compétitif incroyable. BertrandQu'est ce qu'on publies alors? JulienSelon moi. Il y a 2 méthodologies que l'on peut utiliser. La première, ça m'a surtout concentré sur le fait de reprendre le contenu des autres, la deuxième de manières personnelle. BertrandReprendre le contenu des autres, c'est une certaine forme de Veille. Sélectionner les articles des choses qui ont déjà été dîtes par d'autres et on va reprendre à son compte. Ça, c'est ce qu'on peut on faire pour commencer ? JulienTout à fait. Je suis passionné admettons par la data, je veux être data scientist. Je vais reprendre un article par semaine chez mon profil LinkedIn. Je m'engage sur une journée où je m'engage vraiement, c'est important, de même, noter sur un agenda. Je vais montrer une réflexion, ou ce que j'ai appris. Ça va intéresser d'autres personnes. BertrandTu vas faire sa propre sélection sur le sujet de la DATA, sur le sujet commerce, sur le sujet du luxe... Sur les sujets qui t'intéresse. Et tu vas prendre cet engagement de le faire régulièrement pour avoir un impact. JulienIl faut s'engager parce que je crois a l'effet cumulé. Ce sont les petits pas, petit a petit, qui vont apporter des opportunités. BertrandEst-ce que cette publication, par rapport à ce qu'on évoqué tout à l'heure sur les mots clé, elle a un impact aussi sur les mots. Est-ce le fait de publier beaucoup de chose sur la data va renforcer la recherche que l'on pourrait faire un data scientist et qui arriverait sur mon profil ? JulienOui, ça peut avoir un impact. Un impact parce que LinkedIn va détecter, est ce qu'on est actif ou pas? Sur quels sujet? Donc, oui, en effet, en a aussi un petit modes sur le profil, le mode de créateur, c'est nouveau. On peut dire aussi quels sont les sujets qui vont nous intéresser, en mettant notamment des hashtag. Mais il faut essayer d'avoir une relation aussi avec ça. BertrandMais sur ce sujet de publier régulièrement, il faut le faire avec une certaine régularité, sinon ça ne sert à rien ? JulienFaut de la discipline, et ça c'est valable partout. BertrandÀ part republier, y a également créer et du contenu ? JulienOui, on peut aussi créer du contenu propre. Et moi, ce que je recommande comme méthodologie. C'est justement d'arriver à détecter, dans son quotidien d'étudiants. Quels sont les éléments que je peux extraire. par exemple, après une formation, un atelier, après une conférence sur ce que j'ai appris concrètement. Et le diffuser je vais l'offrir, c'est toujours pareil, avec de la réflexion pour mon audience. BertrandDonc la ça veut dire que il y a un travail à un peu plus fourni, de rédaction et de réflexion pour alimenter du contenu propre ? JulienOui, il y un travail de création, de rédaction. On pourrait parler aussi, si tu veux de ce que je utilise comme méthodologie pour écrire le contenu. BertrandMaintenant contenu que l'on crée ? Il y a évidement du contenu du texte. Il y a aussi du contenu photographique, il y a du contenu sous forme de documents, contenu vidéo. Tout ces contenus sont disponibles sur ce LinkedIn ? JulienOui, il y a une variété, une palette est assez importantes je trouve, de thématique de contenus, de formats de contenus sur LinkedIn. Par contre, n'oubliez pas une chose. Il faut être bon sur le message. Si vous n'avez rien, ne l'oubliez pas. Ça c'est très important. Après bien sur il y a des formats qui marchent mieux que d'autres. Notamment le format document, format texte.  Ça paraît bizarre mais le format texte fonctionne. Moi ça fait quasiment  3 ans que j'utilise le texte et ça marche ! BertrandÇa veut dire quoi pour créer du contenu, On a une multitudes de solutions n'est pas seulement une solution. C'est aussi ce que je voulais dire alors, Si l'on est sur Tiktok on fait de la vidéo, on fait rien d'autre. Et si on est sur Instagram on fait de la photo. la on a vraiment une multitudes de contenus, à commencer par le texte dont tu parlais. Ça, c'est aussi importants de montrer sa créativité. JulienTout à fait, LinkedIn change, LinkedIn pivote. On est sur un réseau professionnels, ou maintenant, on peut aussi diffuser de l'information. BertrandDans la présentation que j'ai fais de toi tout à l'heure on parle de LinkedIn évidemment, parce ce que tu as fait est déjà beaucoup de choses sur LinkedIn. Tu écris, tu publies, bref, tu es très actif. Mais tu as ajouté quelque chose qui me semble intéressant, c'est développer sa marque personnelle. Qu'est ce que ça veut dire ? Là, on est vraiment à l'étape ultime. On développe sa propre marque sur LinkedIn ? JulienEn fait, qu'est ce qui fait qu'on va s'intéresser à une personne ? Ça va être ses aspérités, ses qualités, ses défauts. C'est pour ça que, quand on est étudiant, c'est peut être quelque chose qui n'est pas évident, marque personnelle & personal branding. Mais il faut travailler justement sur ses prises de position et sur ces opinions. Que ça soit qualitatif, que ça soit constructif, ce qu'on va dire, c'est ça la marque personnelle. Qu'est ce qui va faire que je vais me différencier d'une autre personne. C'est pour ça que, dans son profil LinkedIn, je pense, qu'il faut mettre en avant ses compétences. Et aussi, on peut avoir des passions, on peut avoir des hobbies, voire même des engagements associatifs qui vont faire aussi finalement la différence. BertrandEngagement pour la planète, engagement pour les minorités, engagement... On a beaucoup de ces engagements, ce qui fait partie de sa propre personnalité. Mettons-le en avant sur son LinkedIn, c'est ce que tu dis ? JulienTout à fait. On peut avoir un titre LinkedIn ou on a d'abord des compétences métiers et ensuite un engagement ou ensuite une passion qu'on peut avoir. BertrandExcellent, ça montre la richesse de ce qu'on peut faire sur LinkedIn. J'ai une dernière question sur la publication sur LinkedIn. Comment est ce que ces publications peuvent nous aider à trouver notre futur métier? Ça a quel impact sur le choix de ce futur métier ou sur la découverte de ce futur métier ? JulienAlors, les publications, encore une fois, ça permet de gagner en visibilité, donc d'atteindre de nouvelles personnes. Et donc, ces nouvelles personnes, si on a bien comprit la dimension business de LinkedIn, ça va être des décideurs ou des recruteurs. Donc ce sont des gens avec qui on va pouvoir échanger. LinkedIn est un point de contact supplémentaire, donc le contenu sert à ça. Moi, au quotidien, je rencontre de nouvelles personnes grâce à ce que je fais sur LinkedIn, tout simplement. BertrandJulien, pour terminer cet entretien, j'aimerais bien qu'on parle des opportunités sur LinkedIn qui s'offrent suite à la pandémie. Il y a eu des changements importants dans nos comportements et je crois que là aussi, il y a des changements importants sur l'usage de LinkedIn. JulienC'est vrai qu'on parlait d'utilisation plus importante depuis la période qu'on vit actuellement. On a un usage qui augmente, des réseaux sociaux. C'est indéniable. LinkedIn fait partie des réseaux sociaux, donc ça veut dire plus d'opportunités. Plus de gens qu'on peut atteindre. BertrandÇa veut dire que, y compris pour les réseaux sociaux professionnels, l'usage s'est développé suite à la pandémie. JulienOui, on le constate très clairement, même sur les demandes aussi que je reçois. Il y a des gens qui veulent maintenant prendre le train. BertrandD'accord, allez vite. Une deuxième question suite à la pandémie, c'est est ce que tu constate aussi le fait que de plus en plus de rendez vous se font à distance, en visio. Et ça aussi, ça a un impact puisque évidemment, c'est plus facile de partager son profil LinkedIn quand on quand on est en visio, est ce que tu vois ça ? JulienOui, je le vois. Moi, sur la partie recrutement, j'ai déjà fait pas mal l'entretien en visio avec des candidats. Je pense qu'il faut se préparer aussi à ça. Ça peut être des choses très basiques, ne serait ce qu'un bon matériel. Et aussi la première impression parce que la visio, c'est différent au niveau de l'interprétation qu'on peut en avoir. Donc oui, c'est un phénomène très important. BertrandDonc, il faut s'y préparer comme on se prépare à LinkedIn. JulienExactement. BertrandJulien, merci beaucoup. Dernière petite chose. Est ce que tu acceptes les invitations qui vont venir des auditeurs du Gagne-Pain pour rejoindre ton réseau ? Et si oui, qu'est ce qu'il faut qu'ils fassent ? JulienAlors oui, j'accepte la plupart des demandes. La contrainte, je pense qu'on en a parlé déjà pendant l'entretien, c'est d'ajouter un contexte avec une note personnelle. BertrandJe vous ai entendu sur le Gagne-Pain, j'ai bien aimé. Est ce que vous accepteriez de rejoindre mon réseau professionnel ? JulienExactement. BertrandMerci Julien. BertrandMerci Bertrand. ### Consultante e-commerce – Émilie Arthaud Épisode 23: Émilie Arthaud, Consultante E-commerce chez Publicis Commerce Dans cet épisode, nous recevons Émilie Arthaud, Consultante E-commerce chez Publicis Commerce.  Émilie nous explique comment elle en est arrivée à choisir ce métier, son quotidien mais également les avantages d'une Consultante. Merci à Émilie, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Émilie Arthaud – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 23 : BertrandBonjour Emilie, EmilieBonjour Bertrand, BertrandÉmilie on est ravi de t'accueillir le podcast du Gagne-Pain. Tu vas nous parler du métier de consultante E-commerce chez Publicis. Mais avant ça, j'aimerais bien que tu te présentes en quelques mots... EmilieDonc, je m'appelle Emilie. J'ai 25 ans, je suis originaire de région parisienne. Après ma prépa, j'ai fait une école de commerce à Grenoble qui est très bien pour le ski. Et dans le cadre de mes études, je suis parti en échange à Vancouver et à Madrid. Je me suis spécialisé en marketing digital. Et aujourd'hui, je suis de retour pour travailler à Paris. BertrandExcellent. Est ce que tu peux aussi nous parler de tes expériences professionnelles et notamment de tes trois stages qui t'ont amené jusqu'à chez Publicis ? EmilieTout à fait. J'ai fait trois stages, un chez C-discount, un chez Accenture et un autre chez Jow. Mon premier, chez C-discount, j'étais en marketing dans la régie publicitaire de C-discount à Paris. Mon deuxième chez Accenture, j'étais consultante dans le secteur bancaire. Et mon troisième, c'est chez Jow, qui est une start up dans la FoodTech. BertrandMerci Emilie, est ce que tu peux nous dire maintenant dans quelle entreprise tu travailles? EmilieAlors, je travaille chez Publicis Commerce qui est une entité de Publicis Groupe. Publicis Groupe, c'est une des trois première  entreprise mondiale de communication. Et concrètement, Publicis accompagne des marques dans leur transformation de communication, en passant de la création à la production jusqu'à la transformation digitale. BertrandEt donc, au sein de Publicis Commerce, tu es consultante E-commerce. Qu'est ce que ça veut dire? EmiliePublicis Commerce c'est la brique E-commerce dans cet écosystème et l'objectif, c'est d'apporter une expertise sur le E-commerce. Donc d'accompagner des marques à vendre mieux en ligne. Donc, concrètement, si vous vendez des ordinateurs, ça va être, optimiser les ventes sur Amazon, C-discount. Si c'est des soupes, ça va être sur Carrefour ou Leclerc... BertrandOK, Emilie, est ce que tu peux nous parler de tes missions dans ce rôle de consultant E-commerce ? EmilieAlors faut savoir déjà, que les habitudes de consommation, notamment sur le E-commerce, ont été totalement chamboulées par la pandémie, par le Covid. Et donc, aujourd'hui, il y a un vrai besoin de plein de marques d'aller se positionner sur l'e commerce. BertrandC'est là où intervient Publicis Commerce. EmilieExact, et on intervient sur trois piliers principaux qui sont la stratégie et la formation. Un deuxième pilier, qui est le merchandising, le E-merchandising et un troisième E-Retail Média BertrandLa stratégie et la formation, ça veut dire quoi ? EmilieLa stratégie et la formation, concrètement, ça veut dire que si aujourd'hui une marque veut se lancer sur le E-commerce, nous, on va l'aider à savoir quel distributeur prioriser. Ou mettre ses produits en priorité, dans l'écosystème, comment ça fonctionne. Et former aussi des équipes en interne, commercial et marketing principalement, pour qu'elle comprenne comment travailler ensemble les enjeux et qu'elle réussisse à prendre ce tournant digital. BertrandDonc ça, c'est la première mission. La deuxième mission, tu as dit E-marchandising. Ça veut dire quoi ? EmilieLe E-merchandising, pour être très concret en magasin physique, c'est si vous allez par exemple chez Carrefour, c'est ce qui va faire que vous allez choisir un produit plutôt qu'un autre. De manière très inconsciente, parce qu'il est placé à tel étage, parce que sa couleur est le ressort plus, etc. BertrandDans le monde physique, c'est l'art de mettre le produit au bon endroit. Et qu'est ce qui se passe pour le E-marchandising ? EmilieC'est exactement pareil. Vous allez rarement à la deuxième page sur Internet et l'objectif, c'est d'être assez haut placé pour que vous soyez bien présent et que vous ayez de la visibilité. BertrandDonc là, vous accompagnez vos clients pour faire du bon, E-marchandising ? EmilieExactement et ça passe par plein de choses. En fait, ça passe par du référencement, ça passe par des banques d'image et de la bonne distribution. BertrandLa troisième mission dont tu parlais, c'est le E-Retail Média. Donc là, il y a peut être besoin de s'arrêter un peu pour expliquer clairement EmilieE-Retail Média concrètement, et de manière très simple, c'est du référencement payant. C'est comment vous allez sortir, être visible dans un univers en payant des emplacements. Si vous allez en magasin, ça va être un corner, par exemple de marque, ça va être une grande bannière à l'entrée du magasin qui va vous faire voir la page. BertrandQuand j'arrive chez Carrefour, je vois un grand panneau qui me dit Il y a ce produit là en promotion en ce moment. Qu'est ce qui se passe pour le E-Retail Média? EmilieC'est exactement pareil. Vous allez arriver sur la homepage, la page principale de Carrefour. Vous allez voir qu'il y a tel produit qui a des promotions où il y a une dernière nouveauté. Sur Amazon, vous allez voir un encart sur le côté, par exemple pour un produit. C'est exactement pareil. C'est des emplacements qu'on achète pour mettre en avant une marque. BertrandDonc, c'est de la pub sur le lieu de vente? EmilieExactement. BertrandOK c'est clair, trois missions. Est ce que tu peux nous dire maintenant, Emilie, pourquoi avoir choisi ce métier de consultant E-Commerce chez Publicis ? EmilieAlors, la première chose, c'est que j'avais beaucoup aimé l'univers du digital quand j'étais chez Cdiscount et je voulais y revenir. Et l'avantage de l'agence de communication, c'est qu'on travaille avec plein de clients sur des problématiques très intéressantes. Donc ça m'a permis de revenir dans le digital, qui est un monde qui bouge énormément, très jeune, très dynamique et où on n'arrête jamais d'apprendre. Parce que le digital, ça bouge tout le temps et où on est confronté à différentes problématiques client, à plein d'interactions au quotidien. BertrandQuand on a préparé cette interview, tu as dit que c'était un moyen de rencontrer de belles personnes, des gens, souvent régulièrement. Est ce que c'est aussi un attrait du métier? EmilieOui Publicis, c'est un groupe énorme, donc on rencontre plein de types de métiers en interne. On travaille avec les clients, on travaille aussi avec des régies. Au quotidien, On parle, je ne sais pas à 20 ou 30 personnes différentes. Et ça, c'est très enrichissant. BertrandEt je me souviens que tu as dit on ne s'ennuie jamais EmilieEt on ne s'ennuie jamais... BertrandC'est pas mal ça donne envie. Pour ceux qui nous écoutent, est ce que tu peux nous dire quelles sont les compétences requises pour ce job de consultante E-commerce. EmilieAlors, je pense qu'il y a trois compétences principales pour travailler en tant que consultant E-commerce. La première, c'est qu'il faut faut être curieux et adaptable. Comme je disais, le digital, ça bouge beaucoup. Donc, il faut être prêt toujours à apprendre et à s'adapter à différentes problématiques clients, à des évolutions en permanence. C'est super intéressant parce que on a des nouvelles possibilités tous les jours, mais il faut être prêt à aller les chercher. BertrandDonc, curieux, adaptable, première première qualité, . EmilieLa deuxième, c'est qu'il faut être assez rigoureux parce qu'on est dans un métier où on est sur-sollicités aussi. Il faut savoir prioriser ses tâches. Savoir s'organiser. Et c'est impossible de tout faire et il faut savoir s'organiser. BertrandTroisième élément important que tu as évoqué, c'est l'analyse. EmilieTout à fait. En E-commerce, faut savoir qu'on travaille de plus en plus avec de la data. Donc sur de l'analyse, il faut être un peu à l'aise avec Excel avec les chiffres et avec de l'analyse pure et dure. BertrandEt dans les expertises que tu as évoquées, qui correspondent aux compétences, tu a aussi parlé d'outils que tu utilises. Ça, je veux bien qu'on s'arrête. Par exemple, l'analyse que tu peux faire sur Amazon, ça veut dire quoi? Qu'est ce qu'on fait concrètement quand on fait cette analyse de la data? EmilieEn fait, on travaille avec de plus en plus d'outils pour analyser la donnée E-commerce, comme disait. La data d'Amazon, ça en fait partie. Ça va être concrètement, d'aller comprendre comment fonctionne notre produit sur Amazon ? Ou est ce qu'il est placé ? On parle de linéaire, c'est l'emplacement sur une page. Qu'est ce qu'on peut améliorer et comment? Avec des stratégies de mots clés ou d'images, etc. BertrandEt donc, concrètement, ça veut dire que tu vas dire à ton client ton produit il est pas assez visible ou ton produit il est pas assez acheté parce qu'il n'a pas été suffisamment vu, pas suffisamment cliqué, pas suffisamment vu par les bonnes personnes, par exemple? C'est ce genre d'information que tu vas lui donner ? EmilieExactement, mais ça va encore un step en dessous qui est de comprendre, si la logistique fonctionne bien en fait au niveau d'un produit. C'est pour ça qu'on travaille avec les équipes commerciales et marketing. Si la logistique est là, ensuite, on va travailler au bon référencement, le E-merchandising du produit, d'avoir une bonne page produits pour que toutes les informations disponibles pour un consommateur. Et ensuite qu'il soit bien visible sur le site grâce à du référencement payant. BertrandLogistique, ça veut dire que le produit est disponible si je l'achète. C'est ça que tu veux ? EmiliePas de rupture de stock parce que s'il y a de la rupture de stock, le produit, de toute façon, ne sera pas poussé sur les distributeurs. BertrandDonc, ça veut dire qu'on ne met pas en avant un produit s'il n'est pas directement disponible tout de suite pour le client. EmilieEt çà il faut réussir à le comprendre. Et pour le comprendre, on analyse la data d'Amazon, entre autres... BertrandOK, c'est clair. Quel a été le plus grand défi que tu as eu à relever dans ce métier de consultante E-commerce chez Publicis ? EmilieAlors, j'ai eu deux défis principaux. Le premier, ca a été de comprendre l'écosystème en agences de communication, de comprendre comment ça fonctionne. Ça veut dire que nous, on travaille pour des clients, mais on travaille au quotidien avec des régies et des technologies pour répondre aux enjeux du client. Donc comprendre qui fait quoi là-dedans et quels sont tous les acteurs, sachant qu'il y en a beaucoup. BertrandIl y en a beaucoup et en plus, je suis dans un grand groupe. Il y a aussi beaucoup de personnes en interne qui interviennent. Ça fait beaucoup de monde, à la fois en interne et en externe. EmilieTout à fait, d'où la richesse des interactions... BertrandEt le deuxième défi ? EmilieLe deuxième défi, ça a été que je suis arrivé en début d'année chez Publicis, en pleine période de Covid et qu'on était. On était en distanciel et que ça a été beaucoup plus compliqué de pouvoir poser toutes mes questions et surtout de pouvoir saisir toutes les petites discussions de bureau qui sont très utiles en fait, quand on arrive dans un nouveau travail, pour comprendre qui fait quoi et comment ça fonctionne. BertrandDonc, une arrivée en distanciel sans pause café. Quelles sont les tâches quotidiennes qui te plaisent le plus et celles qui te plaisent le moins ? EmilieAlors, celle qui me plaît le plus, je pense, ça va être de travailler en totale autonomie avec mon client. Mon client principal, c'est un client dans la boisson et je gère tout son budget E-commerce tous les jours, donc c'est très gratifiant et on a beaucoup de marge de manœuvre. Ca c'est passionnant. BertrandEt celle qui te plaît le moins ? EmilieEt celle qui me plaît le moins, c'est qu'on reçoit des centaines de emails tous les jours, qu'il faut trier, qu'il faut gérer. Et ça, c'est très chronophage. Et donc, à l'heure actuelle, je m'organise en les triant le matin, en prenant des temps spécifiques dans mon agenda pour les trier le matin et le soir. Mais c'est vrai que c'est très chronophage. BertrandEt gérer des centaines de emails, ce n'est pas ce qui a de plus rigolo. Emilie, quelle a été ta plus grande surprise dans ce métier de consultante E-commerce? EmilieMa plus grande surprise, ça a été de me rendre compte que c'est un milieu qui est très récent, le E-commerce. Donc, il y a encore énormément de choses à construire. Il y a beaucoup de choses qui sont encore imparfaites, mais du coup, ça en fait un très beau challenge au quotidien. BertrandDonc, c'est un métier qui est en pleine évolution et ça fait aussi partie de l'attrait de ce métier. EmilieExactement. Par exemple, on continue de construire en fait ce que va être le E-commerce de demain, avec les régies mains dans la main. BertrandEst ce qu'il y a une journée type et quelle est à ta journée type en tant que consultante E-commerce chez Publicis ? EmilieOn n'a pas vraiment de journée type en agence de communication, notamment du fait qu'on travaille avec plein de types de clients. Donc, du coup, je dirais que le matin quand même, j'ai un temps pour trier des emails. Dans la journée, j'ai diverses réunions, que ce soit en interne ou avec les clients ou avec des régies. Et entre temps, on avance des projets d'analyse, de nouvelles offres, etc. Ce qui est très intéressant, c'est qu'on travaille avec des clients qui sont très différents, que ça aille de l'électroménager, de la grande consommation, du luxe et du coup, on passe d'une problématique à une autre qui sont totalement différentes. BertrandÇa fait l'intérêt du métier, cette diversité de clients que tu as à gérer ? EmilieEt du coup, ça nous permet de continuer d'apprendre tout le temps parce que justement, les problématiques d'un client a un autre elles vont être très différentes en fonction du secteur. BertrandDonc, pas de journée type, quelques rendez vous réguliers, notamment pour l'histoire des mails. Et puis, après une ouverture vers tes clients qui vont avoir besoin de toi sur plein de sujets. Emilie La communauté du Gagne-Pain nous interroge beaucoup sur l'utilisation de l'anglais professionnel. Est ce que c'est important pour toi dans ton dans ton métier? EmilieC'est très important parce on a des clients avec qui on parle partiellement ou exclusivement en anglais. Donc, il faut savoir interagir avec eux, que ce soit à l'écrit ou à l'oral. Publicis c'est aussi un groupe mondial, donc on est aussi amené à interagir beaucoup avec des équipes dans le monde, que ce soit les Etats-Unis, l'Angleterre, l'Allemagne, etc. Pour se soutenir, en fait, parce qu'on a beaucoup de clients qui sont des clients globaux. BertrandEmilie, est ce que tu peux nous dire quelles sont les bonnes formations pour devenir consultante E-commerce en agence de communication ? EmilieAlors pour faire ce job, le mieux, c'est de faire des études de marketing, de marketing digital ou de E-commerce. Pour comprendre quels sont les codes du marketing ? Quel langage aussi comprendre de ce langage. Et comprendre comment fonctionne un parcours consommateur BertrandEt parler à tes clients, pour pouvoir parler correctement à tes clients et comprendre de quoi il parle... EmilieEt comprendre qui sont les consommateurs d'une marque... BertrandExactement, est ce que toi, tu continues à te former régulièrement? Et si oui, comment et à quoi ? EmilieTout le temps. Parce que le digital, ça évolue tout le temps. En interne, on a des formations qui nous sont proposées. On se forme aussi souvent sur des nouveaux outils et on a aussi des nouvelles innovations qui sont amenées à arriver en permanence. Dernière en date, par exemple, le social commerce. BertrandQu'est ce que c'est ? EmilieC'est le concept de faire un achat directement via un réseau social. Vous avez déjà vu des petits encarts où vous pouvez acheter. C'est tout nouveau. Ça va être amené à de plus en plus arriver. Comment l'intégrer dans la stratégie? BertrandMerci Emilie. Est ce que tu peux nous dire maintenant quel est le mode de vie d'un consultant E-commerce dans une grande agence comme Publicis? EmilieAlors, il est multiple. Donc déjà, on est au cœur de Paris et ça, ça en fait un énorme avantage. On fait des horaires de bureau somme toute basique à Paris, donc à peu près de 9h30 18h30. Et depuis le Covid, on a aussi intégré à part entière le télétravail. Donc, on a deux jours de télétravail par semaine qui sont non obligatoires. Mais sinon, globalement, on reste sur Paris. On a peu de déplacements professionnels, sauf dans le cadre de pitch pour des clients où on est amené à se déplacer. BertrandC'est quoi un pitch pour un client? EmilieUn pitch pour un client? C'est une réunion où on présente ce qu'on peut faire pour les accompagner sur Publicis Commerce. BertrandEst ce qu'il y a une différence entre le métier que tu fais et celui que tu imaginais quand tu es arrivé le premier jour chez Publicis ? EmilieAlors je savais pas forcément à quoi m'attendre il faut savoir, mais ce qui m'a le plus surprise, c'est la diversité des missions qu'on peut avoir en E-commerce. Et notamment l'importance de l'aspect data. Il y a un nombre de data qui est phénoménal en e-Commerce et du coup, il y a une grosse partie d'analyse, de compréhension des sites, de la vente sur les marques, etc. BertrandDonc, il faut être à l'aise avec la gestion des chiffres quand même, c'est important. Et donc ça passe par Excel principalement pour toi à ton niveau ? EmilieÇa passe beaucoup par Excel et ça va de plus en plus passer par des plateformes d'analyse data des ventes. BertrandQuelles sont les trois principales qualités d'un consultant E-commerce ? EmilieIl y en a trois, ce serait la première d'être adaptable parce qu'on travaille avec plusieurs clients. La deuxième, d'être organisé parce qu'on est sur-sollicités. Et la troisième, ce serait d'être curieux. Parce que le digital, ça évolue tout le temps. BertrandQuels seraient tes conseils Émilie pour ceux qui nous écoutent et qui voudraient faire ce métier de consultant E-commerce ? EmilieAlors le premier, ça serait d'être curieux, de poser des questions, de se renseigner sur le digital, etc. Et aujourd'hui, on a un outil merveilleux qui s'appelle LinkedIn et qui vous permet d'aller directement contacter des gens qui font ce métier pour leur poser toutes les questions que vous voulez. Donc, ne pas hésiter à poser des questions. BertrandC'est un très bon conseil, c'est la deuxième fois qu'on nous fait ce qu'on fait ce conseil sur le Gagne-Pain. C'est effectivement la possibilité d'interroger des gens pour avoir des réponses à ses questions. Et LinkedIn le permet, c'est assez simple. EmilieEt je connais personne qui ne sera pas ravi de parler de son métier. BertrandDonc, ça veut dire que  si les auditeurs du Gagne-Pain ont envie d'en savoir plus sur ton métier, ils peuvent se connecter avec toi sur LinkedIn. De ton côté, qu'est ce que tu envisages comme évolution ? EmilieÀ terme, je pense que je voudrais à aller travailler directement chez les marques. Donc, je fais aujourd'hui pour plusieurs clients, allait le faire à temps plein sur un client en particulier en voyant d'autres aspects du E-commerce. BertrandIl y a des secteurs qui t'attirent plus particulièrement ? EmilieLa grande consommation, j'aime beaucoup. BertrandGrande consommation, c'est à dire les produits du quotidien ? EmilieTous les produits du quotidien que vous pouvez trouver dans un supermarché. BertrandEt c'est ça qui t'attirerait, de travailler sur ces sujets là ? EmiliePotentiellement oui. BertrandExcellent, Emilie, nous allons recevoir sur le Gagne-Pain bientôt un DPO, c'est à dire un Délégué à la Protection des Données. Est ce que tu aurais des questions à lui poser? EmilieAlors oui, déjà, j'adorerais connaître plus son métier parce que aujourd'hui, il y a énormément d'enjeux sur la data. Donc le comprendre de par mon métier, mais aussi de comprendre un point de vue consommateur. Qu'est ce qu'on fait avec ma Data aujourd'hui sur un site? BertrandMerci. Est ce que tu voudrais rajouter quelque chose en conclusion pour ceux qui nous écoutent ? EmilieEn conclusion, sur le digital, le plus important, c'est vraiment d'être curieux et d'oser. Encore une fois c'est des univers qui sont récents et qui sont assez complexes, donc il ne faut pas hésiter. Il ne faut pas avoir peur de poser des questions, de se renseigner. On ne peut jamais tout connaître, mais le plus important, c'est d'essayer. BertrandExcellent. Je pense que c'est un très bon conseil. Testez, essayez. Merci beaucoup Emilie. EmilieMerci Bertrand. BertrandMerci beaucoup d'avoir écouté ce nouvel épisode du Gagne-Pain. Si vous aimez le Gagne-Pain, laissez nous cinq petites étoiles sur Apple Podcasts ou votre application de podcasts ou de streaming préférée. N'oubliez pas de vous abonner au Gagne-Pain. Vous pouvez nous écrire, nous envoyer vos suggestions et vos commentaires sur LeGagnePain.fr Retrouvez nous également sur les réseaux sociaux pour suivre notre actualité. A bientôt pour un nouvel épisode du Gagne-Pain. L'épisode 23 du Gagne-Pain, métier "Consultante E-Commerce", est également disponible sur : ### CRM Manager – Jérémy Moinard Épisode 22 : Jérémy Moinard, CRM Manager chez Openclassroom  L'atelier du Gagne-Pain c'est votre nouveau rendez-vous qui vous fera découvrir des professionnels du recrutement. Aujourd'hui, nous recevons Jérémy Moinard, CRM Manager chez Openclassroom. Avec Jérémy, nous découvrirons ce métier du digital et ses avantages. Merci à Jérémy, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Jérémy Moinard – Profil LinkedIn Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 22 : MajdelineBonjour Jeremy, merci d'avoir accepté cette invitation à du Gagne-Pain. Tu es CRM chez OpenClassrooms. On va avoir l'occasion de revenir en détail, mais avant ça, est ce que tu peux te décrire en quelques mots? JeremyBien sûr, mon prénom, c'est Jérémie Jerry Moinard. Je rejoins OpenClassrooms, du coup, il y a environ un an et demi, et ça fait suite à tout un parcours dans le marketing digital. Suite à une école de commerce, j'ai pu travailler chez General Electric, où je faisais de marketing digital en général MajdelineEn tant que stagiaire? JeremyC'était une alternance pendant deux ans. Ensuite, premier métier, j'étais chez Ubisoft. Chez Ubisoft Côté Life cycle, la partie stratégique du CRM pour le EMEA pour des titres Ubisoft comme Just Dance, par exemple, un des plus connus. Et ensuite, j'avais envie d'entreprises qu'on appelle Scale-Up, c'est à dire des entreprises à taille humaine, mais en pleine expansion et OpenClassrooms de par sa mission, m'intéressaient. Et du coup, je suis arrivé un peu comme ça chez OpenClassrooms suite à toutes ces expériences dans le marketing digital pour intégrer en charge du CRM. MajdelineÀ la fin de tes études? JeremyAprès mes études et après Ubisoft qui a été mon premier CDI. Du coup, le deuxième chez OpenClassrooms. MajdelineDonc aujourd'hui, comme tu nous a dit, tu es chez OpenClassrooms en tant que CRM. Donc, quel est ton activité est émission quotidienne? JeremyAujourd'hui, très concrètement, ça va se situer sur tout ce qui est la partie gestion de la définition des objectifs qu'on va avoir en CRM pour OpenClassrooms à l'horizon 2022. Et ensuite, ces objectifs là, les faire découler en stratégie. Sa stratégie ensuite, on va la faire découler en chantier et ses chantiers en projet. Mes missions aujourd'hui, ça va se situer sur chacune de ces étapes, de la définition de ces objectifs, jusqu'à Bien sûr le déploiement de chacun des projets qui aura pu être défini en amont MajdelineDonc tu pars des décisions stratégiques et tu les découles en opérationnel ? JeremyOn peut par exemple parler d'un objectif qui est plus de canaux. Comment aujourd'hui, je fais pour avoir plus de canaux. Quelle est ma stratégie par rapport à ça? Quels sont les use cases que je définis et par rapport à ces use cases, Bien sûr je définis des chantiers ou des projets. Ensuite dans notre équipe CRM, aujourd'hui, on est deux. On va venir ensuite participer au déploiement de toutes ces campagnes. Bien sûr en collaboration avec toute l'entreprise. MajdelineD'accord, mais concrètement, quel est ton rôle? Quelles sont tes tâches ? JeremyConcrètement, ça va être de gérer toute la demande entrante premièrement. Et dans un deuxième temps aussi, gérer toute la demande émanant de nous mêmes, c'est à dire. Le CRM. C'est aujourd'hui ce qu'on peut qualifier un outil, c'est à dire que c'est un outil qui, c'est un peu comme j'utilise souvent l'analogie, c'est un tournevis avec tout ce qu'on veut comme technologie, wifi, Bluetooth, tête rotative... Mais c'est un tournevis. Il n'apprend pas de lui même. MajdelineOn ne vise pas de lui même une vis. Du coup, il reçoit ses demandes et ensuite, il l'interprète de la meilleure manière, ce qui va recevoir comme comme demandes, comme problématiques pour y apporter une solution. Ce qui va se passer, c'est ça, donc c'est recevoir premièrement toutes les demandes. Les gérer, définir la roadmap par rapport à ces demandes là et, dans un deuxième temps, faire nous des request côté CRM. C'est à dire définir les enjeux sur lesquels j'ai envie d'apporter une réponse à l'horizon Q1, Q2, Q3, 2022 ou 2023, etc. JeremyEt comment je fais pour arriver à exécuter ces demandes? C'est à dire j'ai besoin, par exemple, d'un nouveau canal. Ce canal, il faut que je travail avec l'équipe produit pour le développer. Il faut que je travaille avec l'équipe. Je ne sais pas, une équipe marketing ops pour la partie design, etc. Donc, ça va être à la fois de l'entrant comme du sortant. MajdelineEt quel serait un exemple concret, quel nouveau canal OpenClassrooms pourrait développer pour que nos auditeurs puissent visionner tes missions ? JeremyAlors il y a beaucoup de canaux dont on entend beaucoup parler aujourd'hui. Et forcément, comme toute entreprise, OpenClassrooms aussi s'y intéresse. Tout ce qui est la question de contenu intelligent. Par exemple, je vais demain sur un site Web, le site Web apporte une expérience propre, à ce que je recherche aujourd'hui en tant qu'utilisateur. Par exemple, j'arrive sur un site web, à savoir la plateforme OpenClassrooms, je suis sûrement un utilisateur qui suit beaucoup de cours. MajdelineJ'ai envie qu'on me propose plus de cours. Pourquoi pas imaginer un contenu intelligent qui serait celui là. À savoir, on va définir des encarts sur lesquels on va pouvoir mettre des contenus intelligents qui pourront pousser un certain contenu. Je suis beaucoup de cours. On va me pousser des recommandations de cours. Je suis très intéressé par la partie formation. On va me pousser des recommandations de parcours ou je suis même intéressé par des solutions de financement. On va me pousser soit des solutions de financement, soit j'ai commencé une candidature, on va me proposer de reprendre ma candidature, etc. JeremyLa plateforme s'adapte à l'utilisateur plutôt que l'utilisateur qui s'adapte à la plateforme. MajdelineDonc, la plateforme s'adapte à l'utilisateur à travers des cookies ou à travers l'utilisation que l'utilisateur va faire sur la plateforme. Avec le temps, où est ce que c'est une personnalisation que vous faites dès le début ? JeremyAlors, on s'intéresse au CRM dans le sens où on est sur de la data utilisateur et on est sur la First Party Data, c'est à dire la connaissance que l'entreprise a de l'utilisateur. Par rapport à ce que l'utilisateur a bien voulu donner, ce qui  va nous permettre de pouvoir définir cet utilisateur là. Il a suivi tant de cours. Il est plutôt intéressé par ci par cela. MajdelineJ'ai envie de lui pousser ce contenu qui va l'intéresser. L'objectif, c'est vraiment de tendre vers une logique 360. Le CRM arrive comme une réponse, sur la plateforme, mais arrive aussi comme une réponse dans tout l'écosystème autour d'OpenClassrooms. C'est à dire qu'un utilisateur, il est sur OpenClassrooms et on lui apporte des solutions par rapport à ce qu'il recherche. Il sort de la plateforme ? L'expérience peut continuer. JeremyIl a suivi des cours. Par exemple, il peut recevoir peut être un email qui va lui proposer de reprendre le cours sur lequel il était. On a une application, pourquoi pas imaginer des communications push pour lui proposer de reprendre aussi, etc. Donc, c'est vraiment de l'écosystème dans son ensemble, à la fois sur la plateforme, mais aussi à l'extérieur de la plateforme. On va venir l'accompagner et faire en sorte que l'expérience soit la plus plaisante possible. En CRM, c'est toutes les communications de masse qu'une entreprise va faire à sa base de données acquise. C'est à dire quand vous allez par exemple sur le site OpenClassrooms et que vous créez un compte utilisateur, on vous apporte une expérience "plus" qu'un utilisateur qui n'aurait pas créé de compte. Parce que on peut savoir ce que vous faites et vous proposer, si vous le souhaitez, des contenus adaptés à votre utilisation. Et l'objectif du CRM est d'apporter des solutions par rapport à l'utilisation des utilisateurs d'une base de données et d'une plateforme MajdelineD'accord, c'est clair. Tu utilises quoi au quotidien comme comme outils qui permettent de faire ça? JeremyVaste question. Disons qu'aujourd'hui, beaucoup d'entreprises proposent beaucoup de solutions et beaucoup de logiciels. Qu'on peut mapper sur plusieurs grands axes, à savoir verticalement, est ce qu'ils sont capables de faire en termes de canaux ou horizontalement, ce qu'ils sont capables de faire en termes de sujet. Je prends par exemple deux outils qu'on peut utiliser typiquement Blueshift et Hubspot. Blueshift est un outil qui permet de faire beaucoup de verticalisation parce que c'est un outil qui va permettre de faire autant du push que du live content, que de l'email, etc... Mais par contre, Hubspot est un outil qui lui va permettre de générer des landing pages, des formulaires, des chatbot, on est plus sur de l'horizontalisation de chaque sujet au niveau marketing général. Ensuite, on a beaucoup d'outils qui vont arriver et c'est un peu en fonction de ce que l'entreprise souhaite et de ce qu'elle a comme compétences. Typiquement, on entend aujourd'hui beaucoup parler de Salesforce Marketing Cloud, qui est la solution de Salesforce sur le CRM marketing. MajdelineC'est une super solution que je connais bien parce que j'ai pu travailler avec. Par contre, c'est une solution qui demande des compétences techniques assez fortes. C'est à dire que c'est compliqué aujourd'hui. Une entreprise qui n'aurait qu'une seule personne au CRM, qui ne serait pas une personne qui s'y connaissent au niveau technique, de faire tourner cette machine, qui est magnifique, qui a de très belles opportunités, mais qui est assez difficilement comestible de prime abord. Le CRM aujourd'hui vient apporter une solution sur six grands axes de l'expérience utilisateur d'une base de données. JeremyPremièrement, l'acquisition. Comment on fait pour avoir des utilisateurs qui créent un compte effectivement sur la base de données. L' onboarding, comment on fait pour que ces personnes qui arrivent sur une plateforme est le service le plus adapté pour elles? La rétention, ces personnes qui sont arrivées sur le service, sur la plateforme en tant que tel, on souhaite qu'elles restent sur la plateforme. L'engagement, une fois qu'elles sont restées, on veut qu'elles utilisent plus la plateforme. La monétisation, parce que bien sûr, au bout d'un moment, a une entreprise qui est à but lucratif, va forcément chercher à générer de la valeur.Enfin, ce qu'on appelle l'advocacy. C'est une personne qui a été engagée, qui a été monétisé et qui est tellement, on va dire heureuse du service qu'elle a pu percevoir ou du bien qu'elle a pu percevoir qu'elle en fait la publicité sur les réseaux sociaux. C'est une évolution des logiques un peu plus anciennes où on appelait ça de la ARM, où on s'arrêtait vraiment Acquisition, Rétention, Monétisation, c'était très sales orienté, génération de valeur ajoutée et moins engagement. Toutes ces choses qui font en fait aussi une expérience bénéfique pour l'utilisateur MajdelineOK, très clair. Pourquoi aujourd'hui, tu as choisi ce métier ? Qu'est ce qui a amené à devenir CRM ? JeremyTrès bonne question. Ça m'est un peu tombé dessus, c'est à dire que j'aime beaucoup le marketing et j'aime beaucoup le digital. Et du coup, je cherchais des choses qui s'orientées dans les deux. Ensuite, il y a plusieurs grandes choses dans le marketing digital et on peut après en différencier deux grandes qu'on va appeler le CRM premièrement, base de données. Et deuxièmement, le média, sur Google, Facebook, etc. Donc, il y a les deux. Est ce que j'aime beaucoup avec le CRM c'est qu'on est sur une solution ou on apporte une expérience à l'utilisateur final ou on sait qui est l'utilisateur à la fin, ou en tout cas, on peut définir à la fin qui va profiter du service. Ça fait aussi un peu sens avec la raison pour laquelle aujourd'hui je suis chez OpenClassrooms, c'est que c'est une entreprise qui est à mission et c'est une entreprise qui porte vraiment fortement ses valeurs, à savoir rendre l'éducation accessible à tous. C'est à dire que avec le CRM, on cherche aujourd'hui à apporter une belle expérience à l'utilisateur. On n'est pas sûr simplement de générer de la valeur. On est sur générer une expérience. Et c'est ça aujourd'hui qui fait que j'aime beaucoup, en tout cas le CRM, parce que justement, on est vraiment sur la génération d'expériences. MajdelineEt aussi, c'est pour ça que tu as choisi cette boîte parce que les valeurs te parle et te plaisent. Et c'est ça et c'est important pour toi ? JeremyC'est important, une entreprise aujourd'hui qui a du sens et c'est aussi pour ça que je suis chez OpenClassrooms. C'est parce que avec un peu d'expérience professionnelle, on se rend compte que aller dans une entreprise à mission, aller dans une entreprise qui porte des valeurs, c'est vraiment en tout cas humainement très intéressant. MajdelineAttention, Jérémy, la question Gagne-Pain. Combien ca gagne un CRM ? JeremyTout va dépendre un peu de ce qu'on va faire et de quel niveau d'ancienneté on va avoir. C'est à dire que de ce que je vois sur le marché en entrée, on va commencer, suite aux études entre 32k€ et 35k€ par an. Et ensuite, ça peut monter et tout dépend du niveau de séniorité. C'est à dire que si on arrive sur vraiment du CRM management, on va aller jusqu'à du 45.000. Et puis après, c'est un peu, ça peut aller jusqu'à haut. J'invite tout le monde à aller voir typiquement ce qui se passe sur Glassdoor et on voit que ça peut monter à des salaires assez intéressants. MajdelineEt en tant que junior, le minimum, ce serait combien pour toi ? JeremyEn tant que junior, le minimum, c'est vraiment 32k€. Ca peut être 30k€. On est toujours à plus ou moins 10%. MajdelineOK, c'est clair. Est ce qu'il y a une journée type en tant que CRM? JeremyOui et non. C'est aussi pour ça que j'aime bien ce métier. Parce que, justement, il n'y a pas de journée type. Parce que ça fait partie des métiers qui, aujourd'hui, vont travailler avec tous les services de l'entreprise. Ce qui veut dire que tous les services d'une entreprise vont peut être avoir un besoin CRM, marketing ou non. Ce qui fait que tous les jours, on va avoir une nouvelle problématique à laquelle on n'avait peut être pas été confronté dans le passé. MajdelineA quoi ça ressemble? JeremyLa première demi-journée, ça va être toute la partie où on va recevoir des demandes, sur lesquelles il va falloir réfléchir parce que, justement, on est confronté pour la première fois à cette problématique là. Et nous, derrière, on a des canaux, on a des outils pour apporter, on a des cartes pour répondre à cette problématique là de la meilleure des manières possibles. Et ensuite, du coup, la deuxième partie de la journée, ça va être à la fois manager tous les différents projets par rapport à tout ce qu'on va venir déployer. Travailler avec les différentes équipes pour bien cadrer leurs besoins. Déployer les projets, définir les plans CRM et bien sûr, toute la partie stratégique et définition de tous les chantiers qu'on va faire. MajdelineUne matinée très opérationnelle réponse au mail ou au ticket du jour et une après midi un peu plus stratégique global en fil rouge ? JeremyPlutôt l'inverse, plutôt une matinée plutôt brainstorming. On a un besoin, on le reçoit, il faut qu'on réfléchisse dessus, etc. Et une après midi plutôt justement encore stratégique. Mais là, sûr, maintenant que j'ai bien cadré le besoin, j'y réfléchis à froid et je fabrique mon plan CRM. Ensuite, je le synchronise avec les différents stakeholders pour arriver à le déployer. La partie marketing design qui va créer le design, la partie copy writing qui va créer le texte, la partie intégration qui va intégrer et déployer la communication, etc. MajdelineJeremy, est-ce que tu utilise l'anglais au quotidien dans ton métier? JeremyOui, totalement. Dans chacune des expériences que j'ai pu avoir. Ça a été le cas. Chez General Electric ou Ubisoft forcément ce sont des groupes internationaux et je travaillé pour l'Europe (EMEA), donc forcément beaucoup de stakeholders multiculturels. Chez OpenClassrooms aussi, on met beaucoup en avant ce côté multiculturel aussi, et on a en effet beaucoup de langues, et en tout cas, l'anglais, c'est une langue qu'on parle beaucoup. MajdelineJérémy, est ce qu'il y a un profil type de personnes qui se forme sur OpenClassrooms aujourd'hui? JeremySi on regarde aujourd'hui les valeurs OpenClassrooms : rendre l'éducation accessible à tous. On se rend compte qu'il y a une grande pluralité de profils qui, aujourd'hui, se forme avec la plateforme, que ce soit sur des cours purement gratuits ou que ce soit sur des formations diplômantes. MajdelineQuelle est la tâche quotidienne dans ton métier qui te plaît le plus et celle qui te plait le moins? JeremyBonne question. Alors, le plus, c'est que comme on travaille avec beaucoup de gens. Forcément, c'est super intéressant parce qu'on rencontre tous les jours de nouvelles personnes et on apprend vraiment à connaître toute l'entreprise. Aujourd'hui, je suis au OpenClassrooms, je connais, on a beaucoup grossi, donc forcément, ça devient plus difficile. Mais je connais énormément de gens parce que justement, tous les jours, j'ai des nouvelles personnes qui viennent avec un problème. MajdelineTu aimes créer du réseau ? JeremyJ'adore ce côté humain, j'adore ce côté relationnel échanger, discuter, etc. Je dirais que c'est ça qui me plaît le plus. La deuxième chose qui me plaît le plus, c'est la partie stratégique et vraiment réflexion. C'est à dire qu'on a une problématique, c'est jamais la même. Il faut trouver une solution et on se creuse les méninges. Et j'adore ça. Après ce qui me plaît le moins, le CRM, c'est vrai que ça repose beaucoup sur de la data. Je suis très bon sur Excel, mais beaucoup moins en data science. Tout ce qui est architecture, data, etc. C'est assez difficile. Du coup, il faut arriver à pouvoir discuter, par exemple avec des développeurs, avec des data scientist, etc. Sur l'architecture data, sur les ponts de données, entre différentes plateformes, etc. Il faut arriver à comprendre parce que forcément, quand on n'a pas fait des études de data science de développement backend, ça devient plus difficile. C'est très intéressant. C'est un gros challenge, mais c'est vrai que c'est la partie la plus challengeante du métier. MajdelineDonc analyser les chiffres, c'est un peu moins fun ? JeremyAnalyse et les chiffres c'est très faciles. Par contre, arriver devant un développeur backend qui vous parle d'événements et de différences entre track et Identify quand on ne sait pas ce que c'est. Forcément, c'est challengeant. Il faut se renseigner pour apprendre justement à peu déchiffrer, ça a beaucoup de sens, forcément, quand on sait ce que la personne nous dit. Mais il faut arriver à la déchiffrer de cette personne et c'est le challenge. MajdelineT'apprends tous les jours aussi notre métier? JeremyOn apprend tous les jours. MajdelineJérémy, quels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient se lancer dans le métier de CRM? JeremyAlors, il y a deux grandes choses. Premièrement, on va forcément se renseigner sur Internet. On propose des cours en CRM chez OpenClassrooms, donc suivre les cours CRM OpenClassroom, bien sûr. Premièrement, se former sur Internet ou en tout cas se renseigner sur Internet. Deuxièmement, je dirais, par le biais de stages, quand on travaille soit dans le marketing, soit même sur un service qui est proche du marketing pendant un stage d'alternance ou n'importe quelle expérience professionnelle. Ou même si on connaît des gens qui travaillent dans ces domaines là bas. Aller les voir, discuter avec eux, échanger. Comment ça fonctionne précisément aussi dans le cadre de l'entreprise ou si c'est pendant son stage dans le cadre de l'entreprise. Aller discuter avec ces gens là, vraiment deux grands axes pour vraiment en apprendre plus sur ce métier là et en apprendre plus sur quelles sont les opportunités du haut du CRM. MajdelineOK, merci beaucoup Jérémie. JeremyMerci beaucoup, à bientôt. L'épisode 22 du Gagne-Pain, métier "CRM Manager", est également disponible sur : ### Cheffe de projet Digital Learning – Arnaude Lintzer Épisode 21 : Arnaude Lintzer, Cheffe de Projet Digital Learning. Dans ce 21ème épisode, nous avons l'honneur de recevoir Arnaude Lintzer, qui saura vous parler de son métier en tant que Cheffe de Projet Digital Learning. Merci à Arnaude pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Arnaude Lintzer – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 21 : BertrandBonjour Arnaude, ArnaudeBonjour Bertrand BertrandTu es chef de projet digital learning. On va avoir l'occasion d'expliquer ça dans le détail, mais avant, j'aimerais que tu te présentes, que tu nous explique qui tu es. ArnaudeOui, je m'appelle Arnaude. Je suis originaire de Paris, mais mes parents viennent du sud de la France, plus exactement Corse et Provence. Je suis diplômé en linguistique. Plus exactement. FLE, ce qui veut dire Français, Langue Etrangère. BertrandDonc ça, c'est le français qu'on apprend à des étrangers. ArnaudeExactement. et je suis spécialisée en pédagogie des langues et en pédagogie numérique ou digital learning. BertrandD'accord. Donc, là, on est vraiment au coeur du sujet qui va nous occuper dans ton métier aujourd'hui? J'aimerais bien aussi que tu nous parle de ce que tu m'as dit précédemment, c'est à dire ton envie d'apprendre. ArnaudeAh oui, je suis complètement accro à l'apprentissage. J'adore me former. Alors avant, je me formais davantage avec des livres. Là, j'étais un peu le rat de bibliothèque, mais maintenant, je me forme beaucoup en ligne. Je cherche, je passe des certifications en ligne, j'adore ça. BertrandTu es un peu geek en fait ! ArnaudeOui, j'adore toute la culture geek. J'adore les séries comme Big Bang Théory ou des films des années 80 du genre Retour vers le futur. J'assume complètement mon côté geek. BertrandOK, excellent, Arnaude. Est ce que tu peux maintenant nous décrire un peu ton parcours professionnel avant le métier que tu exerce aujourd'hui ? ArnaudeSuite à mon diplôme en FLE, j'ai exercé le métier de professeur de FLE. Donc, j'enseignais le français à un public étranger. Et puis après, je me suis spécialisé en pédagogie numérique. Donc, parallèlement à ce métier de professeur de FLE, j'étais formatrice de formateurs. BertrandD'accord, donc, tu as formé des gens qui forment. ArnaudeExactement, c'étaient des professeurs au début de FLE. Et puis après, ça s'est étendu. J'ai formé des professeurs de langues et puis après des professeurs tout court. BertrandEt maintenant, explique nous un peu ou du travail, est ce que tu fais? ArnaudeAlors, je travaille au pôle Léonard de Vinci, qui comprend trois école, une école de management, une école d'ingénieurs et une école digital. Et puis aussi un institut et je suis chef de projet digital learning. BertrandEt donc, quand tu parles de chef de projet digital learning au pôle Léonard de Vinci, ça veut dire que tu travailles dans un service qui s'occupe de ces trois écoles. Tu es dans un service qu'on appelle transverse? ArnaudeExactement. On est un service transverse. Donc, même si je suis peut être plus spécialisé dans une école du fait de mon parcours et un département parce que je m'occupe principalement du département des langues. On peut aider les étudiants et les professeurs de ces trois écoles. BertrandDonc, Arnaude, quelles sont les missions quotidiennes d'un chef de projet en digital Learning? ArnaudeAlors, on pourrait résumer mes missions en 4 grands points, ce serait en 1, la mise en place de dispositifs de formation. BertrandDonc là, on conçoit les dispositifs. ArnaudeExactement en 2, on assure la gestion de projet, et en 3 (c'est un peu en parallèle) on assiste les professeurs et les étudiants qui ont des problèmes avec les outils numériques. BertrandDonc là, tu fais du service après vente ? ArnaudeOui, et le 4, ce serait l'analyse des données de ces dispositifs qui ont été mis en place. BertrandC'est clair. Donc, si on reprend chacune des grandes missions, la mission 1, c'est concevoir. Donc là, ça veut dire quoi? Comment on réfléchit à des nouveaux programmes de digital learning ? ArnaudeLe premier point, c'est la mise en place avant de mettre en place les dispositifs de formation. Il faut d'abord se renseigner sur ce qui se fait sur le marché. Donc, peut être faire des études de marché, des benchmark, voir ce que la concurrence fait. Donc ça, c'est un premier point. Après, il faut déterminer quel sera ce dispositif de formation. BertrandQu'est ce qui va accompagner l'école pour laquelle tu vas travailler? Les étudiants pour lequel tu vas travailler? ArnaudeEt puis aussi déterminer son format. Donc, c'est important parce qu'il y a plusieurs formats de dispositifs de formation en ligne. Il y a des choses qu'on trouve qui sont en ligne, sans tutorat. Il y a des choses qui vont être ce qu'on appelle du blended learning. Donc, ça va être une partie qui est en ligne et une partie qui est en présentiel avec un professeur. BertrandDonc, on mélange les deux. ArnaudeExactement, c'est l'apprentissage mixte. Et puis, il y a des dispositifs où il y a beaucoup de présentiel, donc un prof et des étudiants en salle, mais avec l'apport du numérique en salle. BertrandOK, la mission 2 est sur la mise en œuvre. Donc là, comment ça se passe? Ça veut dire que tu accompagnes des profs, tu accompagnes les étudiants pour leur expliquer ce nouveau projet. ArnaudeVoilà donc tout ce qui est gestion de projet. C'est un peu le pendant (pas le avant ni après, mais le pendant). C'est l'accompagnement des enseignants. L'accompagnement des étudiants aussi Bien sûr. Pour le professeur, c'est plutôt comment mettre en place ça facilement auprès de ces étudiants. BertrandD'accord, c'est aussi comment changer ce qu'il faisait précédemment parce qu'ils avaient déjà une méthode. Il faut qu'il la change. ArnaudePas toujours, mais ça peut arriver, il y a un peu de l'accompagnement au changement… BertrandEt ça, c'est vraiment la partie gestion de projet. Tu vas faire en sorte que le projet se déroule bien à la fois pour les étudiants et pour les enseignants. ArnaudeOui, et c'est important ce que tu dis. C'est important que ça se déroule bien. Donc, on interroge le prof. On interroge aussi les étudiants pendant la formation, alors ça peut être de manière totalement informelle ou avec des questionnaires de manière un peu plus formelle. BertrandEt puis après, il y a une troisième partie que tu évoquais tout à l'heure, qui est de répondre aux questions que j'appelais moi le service après vente. Donc, ça veut dire que là, en cours de formation tu interviens ? ArnaudeOui, parce que dans le métier de chef de projet digital learning, il y a un aspect numérique, informatique. C'est pas toujours facile pour les professeurs ou les étudiants d'être au top en informatique ou en numérique. Et donc il faut apporter une assistance, un support technique en cas de difficulté. BertrandTu viens en soutien quand il y a, quand il y a une question ou quand il y a un problème pour que pour que ça se déroule bien. ArnaudeC'est une petite partie de la mission. C'est pas le gros du job, on va dire, mais ça peut arriver. Et là, il faut être très réactif. BertrandLa dernière mission que tu as évoqué tout à l'heure, c'est la mission de mesure de vérifier comment ça se passe. Donc là, qu'est ce que ça veut dire concrètement? ArnaudeAlors j'évoquais tout à l'heure les questionnaires. Donc, on va d'abord voir à posteriori si la formation s'est bien passée et pourquoi. Et puis, il y a aussi des instruments de mesure des formations. Si c'est une formation 100% en ligne, on va voir quel est le taux de complétion des activités. C'est à dire si les activités ont été faites par les étudiants, si elles ont été faites jusqu'au bout pour voir si elles répondent à leurs besoins. BertrandEt puis, si on apprend et si on apprend mieux, d'une certaine manière? ArnaudeIl y a tout un tas de données à analyser pour savoir si la formation a fonctionné ou moins bien fonctionné que ce qu'on espérait pour pouvoir après l'améliorer. BertrandArnaude, est ce que la pandémie a changé quelque chose sur les missions d'un chef de projet en digital learning ? Et si oui, lesquelles ? ArnaudeAlors? Je dirais que sur mes missions, pas vraiment. Sauf qu'il faut être un peu plus réactif qu'avant. Mais par contre, ça a beaucoup changé pour les personnes que j'aide, c'est à dire les enseignants, les étudiants… BertrandEux ont senti une beaucoup plus grande urgence de faire du digital dans l'apprentissage ? ArnaudeOui, parce qu'ils ont été poussés du jour au lendemain à prendre en main le numérique. Et ce n'était pas toujours évident pour tout le monde. Donc là, l'accompagnement a été d'autant plus important auprès des enseignants et des étudiants. Les missions n'ont pas fondamentalement changé, mais elles se sont peut être amplifiées. BertrandD'une certaine manière, ça a accéléré un peu l'importance de ton métier dans l'école ? ArnaudeOui, de mon métier et peut être de la reconnaissance de mon métier. On parle davantage de chef de projet digital learning ou chef de projet en pédagogie numérique. On sait davantage à l'extérieur de mon monde ce que c'est sur la gestion de projet, quelles sont les compétences dont on a besoin pour être chef de projet en digital learning.J'ai fait beaucoup de gestion de projet classique dans un premier temps. Et puis après, je me suis formée, donc j'ai obtenu des certifications en gestion de projet Agile et Scrum. BertrandDonc, des certifications sont utiles pour pour ce métier ? ArnaudeOui, ça peut être intéressant parce qu'il faut s'adapter à la personne qu'on a en face au client. BertrandDeuxième compétence il faut être pédagogue. ArnaudeOui, alors moi, je suis parti avec un peu d'avance parce que j'étais prof, donc ça m'a un peu aidé. Mais il n'empêche qu'il faut se tenir au courant des nouvelles formes d'enseignement. BertrandD'accord. Et la troisième compétence, c'est la veille ? ArnaudeOui. Et la veille, je dirais plutôt sur les outils qui sont mis à la disposition de l'enseignement. BertrandEt donc là, ça m'amène à une question suivante. Quels sont les outils dont on a besoin quand on est chef de projet en digital learning? ArnaudeAlors on peut avoir tous les outils de visioconférence ou audio conférence. On peut avoir des outils d'animation, de cours de Quizz interactifs, par exemple. On peut avoir aussi ce qui est un tableau interactif tableau numérique interactif. BertrandDonc là, ça va jusqu'à l'équipement de la salle de cours. ArnaudeTout à fait. Voilà à peu près les trois grands… BertrandDonc, c'est ce qu'on fait, ce qu'on appelle les EdTechc ? ArnaudeExactement. BertrandTu fais ta petite veille dans les EdTech pour savoir quelles sont celles que tu vas pouvoir mettre en œuvre au sein du pôle Léonard de Vinci ? ArnaudeOui, et aussi, quel partenariat on pourrait envisager avec ces EdTech ? BertrandOk, Attention QGP, la Question Gagne-Pain. Combien ça gagne un chef de projet en digital learning? ArnaudeAlors, il faut savoir qu'il y a trois intitulés de postes pour à peu près les mêmes missions, à savoir ingénieur pédagogique multimédia, chef de projet digital learning et digital learning manager. BertrandEt des salaires différents pour ces différents intitulés de postes. ArnaudeOui, malheureusement. Alors, un ingénieur pédagogique multimédia va gagner environ 40K€ brut par an. Un Chef de projet Digital Learning va gagner environ 45K€ brut par an et au contraire, un digital learning majeur va gagner à peu près 49 K€ brut par an. BertrandD'accord, donc, il y a quand même des différences, j'imagine à la fois de missions et de salaire, quand on est dans l'intitulé chef de projet digital learning. ArnaudeOui, on a un peu plus de responsabilité dès lors qu'on est chef de projet ou manager. BertrandOK. Arnaude, quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le plus et celle qui te plaît le moins? ArnaudeAlors, la tâche quotidienne qui me plaît le plus, c'est de concevoir des parcours de formation. J'aime beaucoup le côté créatif, réfléchir à quel dispositif on pourrait mettre en place, comment, etc… Et la tâche qui me plaît le moins, c'est celle dont on parlait tout à l'heure, c'est l'analyse des données… BertrandC'est à dire de vérifier à la fin. Quantitativement, ce qui s'est passé, si ça a marché, sur quels aspects. Ça, c'est un peu plus rébarbatif. ArnaudeExactement. BertrandOK, Arnaude, est ce que tu peux nous dire si l'anglais est important dans le métier de chef de projet en digital learning? ArnaudeAlors je dirais que oui. Il faut avoir un niveau assez avancé niveau, C1 du CECRL. BertrandDonc ça, c'est un anglais professionnel, quasi courant ? ArnaudeOui, parce qu'un certain nombre d'articles d'études sont rédigés en anglais et il faut pouvoir les lire avec aisance. BertrandD'accord, on parle des outils et des EdTech. Il y a aussi beaucoup de sociétés qui sont étrangères, anglo saxonnes pour la plupart. Donc, il faut aussi travailler avec ces sociétés là ? ArnaudeOui, et il y a beaucoup d'outils dont l'interface, en tout cas, est en anglais. BertrandDonc, l'anglais est quand même primordial. C'est une question qui revient souvent parmi les auditeurs du Gagne-Pain. Donc, là aussi, il faut un bon anglais? ArnaudeOui, tout à fait. BertrandArnaude, est ce que tu peux nous dire, est ce qu'il y a des formations pour devenir chef de projet en digital learning ? ArnaudeAlors il faut savoir que le métier est encore jeune. Il n'y a pas beaucoup de formations universitaires. Il y a quelques masters. J'ai en tête le Master EdTech, par exemple. Mais il y a plutôt des certifications en ligne. Je pense à des organismes comme OpenClassrooms, LinkedIn learning. BertrandDonc, ça veut dire qu'on est plutôt sur de la formation en ligne pour effectuer ton métier aujourd'hui. Et ceux qui nous écoutent peuvent aller sur ces organismes pour se former directement. Il y a beaucoup de choses qui sont gratuites ? ArnaudeOui, beaucoup de choses gratuites. Je dirais que c'est intéressant parce qu'en plus de son cœur de métier, on peut se former en parallèle en gestion de projet. BertrandC'est clair, c'est sûrement très intéressant de faire les deux si on a envie de faire ce métier. Avoir une formation de gestion de projet classique. On a déjà interrogé plusieurs chefs de projet dans le Gagne-Pain et là, se spécialiser sur la partie digital learning. Excellent conseil. Et toi, est ce que tu continues à te former régulièrement? Et comment? ArnaudeAlors oui, je vous disais dans ma présentation que j'étais accro à la formation. Moi, j'adore me former et principalement en ligne. Donc, j'utilise beaucoup LinkedIn Learning, un peu OpenClassrooms et je suis absolument fan de Unow et des certifications et des formations qu'il propose. BertrandOK, on mettra les liens dans les commentaires du podcast pour que tout le monde puisse s'y retrouver. Arnaude, tu parlais aussi de curation de contenu. Est ce que tu peux nous dire comment tu effectues cette curation et qu'est ce que c'est? ArnaudeOui, alors, la curation de contenu, c'est de la veille. Donc je vous disais que c'était hyper important de se tenir en alerte devant toutes les nouveautés. Et puis, pour cette curation de contenu, j'utilise un outil en ligne qui s'appelle Scoop.It. BertrandD'accord, excellent. Merci beaucoup. Est ce qu'il y a un mode de vie pour ton métier? Quand on pose cette question, c'est pour savoir si on peut faire le métier à distance. Si le télétravail s'y prête bien, c'est une question qui revient aussi très souvent en ce moment de la part des auditeurs du Gagne-Pain. ArnaudeAlors, je dirais qu'on travaille davantage en entreprise et que le télétravail n'est pas encore démocratisé. On a quelques jours. Je connais quelques personnes qui sont digital nomade, qui travaillent complètement à distance, mais ça reste à la marge. BertrandOn a encore besoin d'être présent auprès des enseignants, auprès des étudiants, et la présence physique est importante ? ArnaudeOui, c'est ca. BertrandOK à la fin de cet entretien, on aime bien poser des questions sur la culture, les films, les livres, les podcasts qui sont en rapport avec ton métier et est ce que tu peux nous nous livrer un peu des sujets culturels qui sont en lien avec ton métier? ArnaudeOui, alors je pense à des podcasts comme le podcast Digital Makers qu'on peut trouver sur les plateformes. Il y en a plein, si vous tapez tout bêtement digital learning, vous allez en avoir quelques uns. Des livres. Alors il y a une kyrielle de livres, mais je pense à toute une collection qui est sympa, qui s'appelle Mythes & réalité aux éditions Retz. Qui traite d'innovation, de pédagogie numérique, de neuro mythes aussi. C'est sympa. Il y a aussi un magazine que j'aime bien, qui s'appelle Shut! Magazine. BertrandD'accord, ça traite aussi de digital learning ? ArnaudeDu digital au sens large et puis, un peu de digital learning. Et puis, il y a des sites Internet que j'aime bien, des sites à surveiller ce sera le site de Sydo. Et puis le site de Unow que je citais tout à l'heure. BertrandExcellent. En conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter pour ceux qui nous écoutent et qui auraient envie demain de devenir chef de projet en digital learning? ArnaudeAlors, j'ai envie de vous dire que c'est un métier où ce n'est jamais la même chose et c'est ça qui me plait. BertrandIl n'y a pas de journée type ? ArnaudeNon, il n'y a pas de journée type. Bien sûr. Il y a des tâches qui reviennent, mais il n'y a pas de journée type et c'est ça que j'aime bien dans mon boulot. BertrandArnaude est ce que tu pourrais nous dire quels sont les conseils que tu donnerais un jeune qui nous écoute et qui a envie de devenir chef de projet en digital learning? ArnaudeJe donnerai comme conseil de rester curieux, de rester en alerte, de rester éveillé. Et puis aussi, si vous avez bien aimé ce qui se faisait en classe dans vos cours, que vous avez touché du doigt un peu les tous les outils que vous avez expérimenté avec vos profs. BertrandLes Zoom, les Wooclaps des choses comme ça, et que vous avez envie de les mettre en œuvre. C'est ça qui peut donner envie? ArnaudeOuais, tout à fait. De passer un peu de l'autre côté… BertrandDe voir comment ça se passe quand on gère les outils, quand on fait de la gestion de projet. ArnaudeExactement. BertrandMerci beaucoup arnaude, à bientôt. ArnaudeA bientôt. L'épisode 21 du Gagne-Pain, métier "Projet Digital Learning", est également disponible sur : ### Les métiers du Digital – Hymane Ben Aoun Hymane Ben Aoun, recruteuse dans le Digital Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Hymane Ben Aoun, fondatrice d'Aravati, DG de TeamInside et Présidente de Syntec Conseil. Hymane nous donne tous ses conseils de recruteuse afin de trouver un job dans le digital. Que doit-on absolument indiquer dans son CV ? Comment bien utiliser Linkedin ? Quelle est la qualité essentielle pour travailler dans le digital ? Comment préparer ses entretiens de recrutement ? Vous trouverez toutes ses réponses à travers notre podcast ! Merci à Hymane pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Hymane Ben Aoun – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 20 : Recruteuse Digital BertrandMerci beaucoup d'avoir accepté l'invitation de l'atelier du Gagne-Pain. Comment présenter Hymane ? Hymane et à la fois présidente d'Aravati un cabinet de conseil en RH spécialisé dans les manageurs digitaux. Elle est également directeur général de Teaminside, spécialiste des métiers du digital, et elle est présidente de Syntec Recrutement. Ça fait beaucoup, est-ce que j'ai oublié quelque chose Hymane ? HymaneIl y a des choses qui sont moins faciles à trouver, qu'on ne verra pas forcément sur mon profil LinkedIn. Je suis aussi membre du club du 21eme siècle qui est un club que j'adore et que je défends beaucoup parce que c'est un club qui fait la promotion de la diversité, et j'y tiens, c'est un sujet qui me tient à cœur. BertrandOn mettra les liens dans les notes du podcast comme ça. Si des gens veulent en savoir plus, ils pourront aller voir. HymaneAvec plaisir, oui, c'est un sujet qui me tient à cœur parce que pour moi, c'est une richesse, la diversité, et j'ai envie de faire partager cette richesse à un maximum de gens. BertrandOn est 100% d'accord avec toi au Gagne-Pain. Est ce que tu peux simplement nous dire, en quelques mots, ton rôle dans le recrutement. Ce que tu fais dans le recrutement et depuis combien de temps tu es dans le recrutement ? HymaneJe suis une vieille du recrutement. Je suis une pionnière, comme disent certaines de mes amies, je suis une pionnière du digital. Quand j'ai commencé à recruter pour les métiers du digital en 1997, dans un premier cabinet qui s'appelait Diaphane ressources humaines et qui est devenu un cabinet 100% digital et qu'en 2004, on a transformé en Aravati avec un réseau international. Donc oui, je fais du recrutement. C'est mon métier de cœur. C'est vraiment un métier que j'ai choisi et sur lequel je suis venue après une première carrière, parce que ça me semblait naturel. Je fais du recrutement vraiment par passion et je fais ça depuis 97. BertrandOK, donc on parle avec quelqu'un qui connaît le sujet. C'est pour ça qu'on a prévu de parler avec toi de 4 sujets, pour accompagner les jeunes qui nous écoutent à trouver un job dans le digital. C'est ça l'objectif du Gagne-Pain. Pour essayer de les accompagner avec toi, pour essayer de se servir de tout ce que tu peux leur apporter, on a prévu de faire un entretien en 4 étapes. HymaneUne première étape, qui serait un peu les conseils pratiques. Qu'est ce que tu vois, toi, tous les jours, comme conseils pratiques à mettre en œuvre pour un jeune qui cherche du boulot dans le digital? Un peu les conseils tactiques, donc là plutôt, quels secteurs commencent à s'orienter dans l'univers du digital? Tes conseils stratégiques là, on parle un peu plus de qu'est ce que ça veut dire? Les métiers à l'horizon 2030 ou 2050? Qu'est ce que ça change? BertrandPuis après, moi il y a une partie que j'aime bien aussi, et c'est la quatrième partie, qu'est ce qui change avec ce qu'on a connu pendant la période de confinement? Est ce qu'il y a des choses qui ont fondamentalement changé? Si ça te vas, on commence par la première partie, les conseils pratiques dont tu as parlé tout à l'heure. L'Environnement digital, et tu avais envie d'insister sur cet environnement digital qui est important pour les candidats. HymaneCe que j'ai envie de dire à des gens qui envisagent une carrière dans le digital, c'est que le digital, d'abord, c'est vaste. C'est quoi le digital? Pour moi, c'est aussi bien construire des plateformes digitales. Donc là, il y a les métiers qui sont liés à la construction de plateformes. Il y a les métiers digitaux autour de la communication, du marketing, de la relation client, de l'animation de communautés. Il y a plein de métiers dans le digital.Le digital, c'est vaste. En revanche, il y a quelque chose qui caractérise cet univers. Pour moi, fortement, c'est le fait que c'est un environnement qui n'est pas figé. l'Environnement digital, les métiers du digital nécessitent vraiment d'être capables et d'avoir envie d'apprendre en permanence, de se renouveler en permanence. BertrandOn dit apprendre à apprendre ou être curieux. C'est ça que tu veux dire? HymaneIl faut que dans l'ADN de l'individu qui veut se lancer dans une carrière digitale, il faut qu'il soit convaincu que la curiosité, c'est sa première qualité ou son plus gros défaut.Mais vraiment, il faut être extrêmement curieux aussi. Si il n'est pas curieux, il n'aime pas apprendre. Et si on n'aime pas apprendre, on ne faut pas aller dans le digital parce que le digital, c'est apprendre en permanence et renouveler ses compétences en permanence. BertrandÇa, c'est ton premier conseil : apprendre à apprendre, d'être curieux. Et si on veut se lancer dans le digital, il faut avoir ça en soi. HymaneIl faut avoir ça en soi, il faut que ça soit une qualité intrinsèque.Ce soit quelque chose qui vraiment catégorise l'individu. Il y a une autre dimension. Dans le digital, l'employabilité peut être courte. c'est à dire qu'on peut être très bon sur une expertise verticale, c'est super. Si on n'a pas fait de veille, si on n'est pas allé chercher, si on n'a pas observé le marché. Regardez ce qui se passe et ce qui évolue, qu'on ne sait pas renouvelé l'expertise ne dure pas longtemps et on est vite obsolète comme un iPhone 8… BertrandDonc, il faut remettre à jour le logiciel HymaneTout le temps. Mais le remettre à jour, apprendre, c'est une chose. Mais tester, innover, aller chercher les innovations, regarder ce qui se passe sur le marché. Aller sur des événements, sur des salons, écouter, regarder ce que font ses pairs, c'est hyper important, ca fait vraiment partie du job. Les gens qui vivent tout seul dans leur job sans regarder ce qui se passe autour, ils n'ont pas une durée de vie suffisamment intéressante BertrandPour ceux qui nous écoutent, qui sont plus juniors, ont souvent moins d'expérience que ceux dont tu viens de parler. Qu'est ce qu'il faut qu'ils fassent ? Qu'est ce qu'il faut qu'ils mettent en avant? Quand on sort d'école, quand on est encore à l'école, qu'est ce qu'on met en avant dans son CV, et comment on gère ça? HymaneCe qu'on imagine qu'on peut apporter à une entreprise. Moi, j'aime les CV où la personne dit, je veux rejoindre une entreprise a un poste comme celui là. Et voilà pourquoi je pense que je suis la bonne personne pour ce poste. BertrandOn se projette ! HymaneÇa manque beaucoup dans les CV. Nous, on s'attache beaucoup à comprendre la motivation des candidats, parce que pour nous, c'est une clé de succès importante. Donc, qu'est ce qui motive quelqu'un?Si on nous l'écrit, c'est quand même plus facile. Puis ça interpelle. Voilà donc quelqu'un qui n'a pas beaucoup d'expérience, mais qui est capable de dire moi, ce que j'aime faire, voilà ce que je sais faire, ce que j'ai envie d'apporter à une entreprise. Voilà le type de poste sur lequel je me projette. C'est quelques clés qui permettent de bien comprendre ce qu'on peut lui proposer ou pas. BertrandEn dehors du CV, on parle beaucoup LinkedIn et tous les auditeurs du Gagne-Pain le savent. LinkedIn C'est clé, qu'est ce que ça veut dire pour toi LinkedIn pour ces jeunes recrutés? HymaneLinkedIn, c'est un vivier. C'est un vivier de talents, un vivier de candidats pour nous. Donc, c'est un des endroits où on sait qu'on peut identifier des candidats qui ont une compétence qui nous intéresse. Donc, oui, c'est une grosse base de données candidats LinkedIn. Il y un truc quand même auquel il faut être attentif pour quelqu'un qui serait en poste et qui cherche un job et qui le fait savoir sur LinkedIn. HymaneC'est que LinkedIn c'est public, que les infos que vous mettez sur LinkedIn ne sont pas confidentielles. Pour moi, la différence entre LinkedIn et un CV. LinkedIn, c'est un teaser, mais je ne peux pas vous parler de mes couts d'acquisition. Je peux pas vous parler des performances des campagnes média ou de la campagne en social sur Instagram que j'ai faite pour l'association Tartempion. Parce que c'est il peut y avoir un problème de confidentialité. Dans un CV on a le droit d'écrire des choses comme celle là parce qu'un CV, c'est un document confidentiel. BertrandC'est très intéressant, cette notion que tu évoques. C'est la première fois que je l'entends, mais il me semble très importante. Sur LinkedIn, on peut dire plein de choses, mais dans un CV, on peut tout dire. HymaneAbsolument, c'est un document confidentiel, donc on peut y mettre des informations qui n'ont pas vocation à être dévoilées. Donc, rien de stratégique, bien sûr, sur un CV. Vous pouvez pas dévoiler les chiffres confidentiels de votre entreprise, mais vous pouvez donner un certain nombre d'indices que vous mettrez plus difficilement sur un site public comme LinkedIn. BertrandDans la deuxième partie de notre entretien, j'aimerais parler de tes conseils plutôt tactiques. Là, on parle un peu de des entreprises, des secteurs vers quels secteurs les jeunes qui nous écoutent peuvent s'orienter. Qu'est ce qui est, à ton avis, le secteur, les secteurs les plus porteurs pour ces jeunes? HymaneJe ne sais pas s'il y a des secteurs plus porteurs. Il y a énormément de secteurs et de nouveautés, de nouvelles entreprises. Il y a eu des énormes levées de fonds pour quelques ssociétés françaises qui, du coup, ont des campagnes de recrutement colossales. Donc, il y a tous ces secteurs là, soit les fintech, le gaming. Il y a en ce moment tout ce qui est lié aux Marketplace, donc aux plateformes de vente multimarques.Donc, il y a énormément de secteurs d'activité qui recrutent et les secteurs d'activité traditionnels qui recrutent pour les métiers du digital. Dans toutes les grandes sociétés de distribution, de textile, de mode, de parfumerie. Les start up, de mono-produit. Il y a un volume de postes ouverts qui est colossal. BertrandCe que j'entends, c'est le digital est partout. HymaneLe digital est partout, dans tous les métiers, dans toutes les entreprises. Et il y a des entreprises qui sont purement digitales. Ce qu'on a appelé les start up ou les pure players. Et puis, il y a les grandes entreprises, les ETI (Entreprise de taille intermédiaire) qui ont toutes des départements digitaux qui recrutent également. BertrandSur la troisième partie de l'entretien, j'avais envie de parler de stratégie parce que, ça veut dire quoi, son job dans 20ans ou 30 ans? On entend souvent dire que les métiers dans 30 ans n'existent pas encore. Est ce que toi, tu, tu as une vision là dessus sur justement, comment un jeune qui sort de l'école peut se projeter? Est ce que c'est encore possible de se projeter à l'horizon de 30 ans? HymaneJ'ai envie d'être un peu pragmatique là dessus. Oui, il y a probablement des métiers d'aujourd'hui sont des métiers qui n'existaient pas forcément hier. Un chef de projet digital hier, ça n'a plus rien à voir avec ce que c'est un chef de projet. Aujourd'hui, d'ailleurs, il s'appelle Product owner Business Analyst. Ils ont changé de métier, ils ont changé de de nom de poste. Donc oui, les métiers évoluent, ils évoluent vite. HymaneJe serais curieuse de voir ce que ce que pourrait dire mes confrères sur les métiers dans 30 ans. Moi, je prétends pas savoir ce qui va se passer. Ce que je peux dire pour une construction de carrière, en revanche, c'est qu'il faut être cohérent dans ses choix. Il y a des carrières qui se font pas par hasard. Donc une carrière, ça se construit. Et moi, je vois des candidats de temps en temps qui sont très opportunistes, voire trop opportunistes, qui sautent d'un truc à un autre sans se poser de questions, de cohérence, de construction, de développement de compétences, de façon un peu structurée. HymaneEt là, on va avoir un problème à un moment ou un autre. Donc, je trouve que ce qui est intéressant, même quand on est très jeune, c'est d'essayer d'imaginer une trajectoire, d'essayer d'imaginer où on a envie d'aller à moyen et à long terme. Et puis de voir comment on va construire ce voyage, ce parcours, BertrandComme on construit un jardin, d'une certaine manière? HymaneCe que vous plantez aujourd'hui, c'est ce que vous aurez dans 3 ans, dans 5 ans. Et si vous serrez trop les les plants, vous aurez un problème. Tout va se chevaucher. BertrandEt si on n'arrête pas de changer de jardin, ça ne marchera pas non plus. HymaneTout à fait. Et je pense qu'il faut vraiment construire son sa trajectoire et essayer de l'envisager. Après, on a le droit de changer d'avis. On a le droit de bifurquer et je vois énormément de gens qui décident, j'ai fait 6 ans ça. Maintenant, j'ai vraiment envie de faire autre chose. Voilà comment je vois les choses et c'est possible et c'est envisageable. En revanche, essayer dans la mesure du possible de construire une trajectoire, de se positionner sur ce qu'on aime, ce qu'on n'aime pas, ce qu'on a envie de faire, comment, avec quel type de personnes on a envie de le faire? A quel rythme? Parce que le rythme dans une start up, le rythme dans une PME ou le rythme dans un grand groupe vont pas être le même? BertrandQui est à ton avis pour les jeunes qui nous écoutent le meilleur conseil ?Qui est ce qui apporte le meilleur conseil à ces jeunes, justement pour se projeter, pour essayer de voir un peu l'avenir ? C'est souvent une question qui nous est posée. Qui est le plus à même de conseiller les jeunes famille, les amis ? HymaneC'est LinkedIn. J'ai envie de dire aller à la source, aller là où l'info est réelle. Ça veut dire que vous avez pensé à un métier, identifier des gens sur les réseaux qui font ce métier là, contacter les. Demandez leur de vous parler de leur métier, de vous aider à comprendre comment on y arrive, etc. C'est la meilleure des stratégies. Les parents peuvent aider bien sûr si ils connaissent les métiers. Je suis maman moi même d'une jeune fille de 17 ans, donc on est en plein dedans et moi j'ai plein d'idées, plein d'envies, mais j'ai envie de lui dire : elle a envie d'être journaliste. Donc va parler à des journalistes, contacte les, essaye d'avoir de l'info, soit poli, soit gentil et soit clair dans tes questions. HymaneEt et avec un peu de chance, des gens vont te répondre et vont écouter. Donc faites ça. Moi, je pense que l'ère des réseaux sociaux, c'est aussi la facilité de contacter des gens, d'échanger avec un maximum de personnes. Donc, faites vous votre opinion en allant à la source, en allant aux gens qui font ce métier? BertrandMerci beaucoup, Hymane. C'est un excellent conseil. Effectivement, pour trouver son métier, pour tracer sa voie, simplement poser des questions à ceux qui le font déjà, c'est assez facile aujourd'hui, c'était très compliqué il y a quelques années. C'est assez facile aujourd'hui et LinkedIn est le bon outil.Dans la dernière partie de l'entretien, je voulais parler des opportunités qui s'offrent suite à la pandémie parce que ça a changé pas mal de choses. Ça a remis pas mal de choses en perspective. Parfois, ça a remis à plat un certain nombre de choses. C'est quoi ta vision de ce que la pandémie a changé pour les métiers du digital ? HymaneIl y a un monde d'après. On est déjà dans le monde d'après. Pour moi, c'est plus un sujet. On parle d'hybridation du travail en parlant de est ce que le travail demain, est en télétravail, est ce qu'il est en présentiel? Nous ce n'est plus du tout une question qu'on se pose. On a vraiment résolu le problème. L'efficacité, c'est la clé. Et donc je crois que ça, ça va rester, ça va se pérenniser ou on travaille n'est plus. Le sujet n'est plus la question. La question, c'est comment on collabore? Est ce que si je viens pas au bureau, je collabore de la même manière que si je suis au bureau? Je dis non. HymaneIl y a des sujets ou des missions sur lesquelles on doit collaborer et travailler en équipe, délivrer des choses en groupe. C'est bien de venir au bureau pour faire ça. Mais venir au bureau pour faire des entretiens toute la journée avec un casque, non. Ça, on peut très bien le faire chez soi si on est à l'aise pour le faire chez soi. Tout le monde n'est pas à l'aise pour le faire chez soi. BertrandDonc, ça veut dire adaptabilité, ça veut dire qu'on s'adapte à chacun. On s'adapte au métier de chacun? HymaneOn adapte le lieu à la mission. Ça veut dire que si ma mission comprend des choses sur lesquelles je dois me concentrer pour délivrer. Ça, j'ai besoin d'être isolé, d'être un peu concentré pour le faire. Est ce que c'est intéressant de le faire au bureau ? Et si c'est plutôt de l'échange, si c'est plutôt de l'informel, si c'est de la création, s'il y a du brainstorm, etc. C'est plus difficile de faire à distance.J'adapte ma localisation au type de mission que j'ai à faire dans une journée. Donc ça, pour moi, c'est réglé. BertrandLe premier grand changement, c'est le bureau et l'organisation du travail. HymaneLe deuxième changement, c'est la rapidité avec laquelle on a repris la transformation des entreprises post Covid. C'est dire que pendant le Covid les entreprises se sont aperçues que elles ne savaient pas parler à leurs clients sans les voir. Donc les gens qui avaient des points de vente misaient tout sur le point de vente. Les points de vente sont fermés. Ils ne savent pas écrire un client parce qu'ils n'ont pas rentré dans une base de données les clients. On s'est aperçu que on ne savait pas livrer beaucoup de monde en même temps, etc. HymaneIl y a eu d'énorme prise de conscience des entreprises. Et là, je vous ai donné un exemple qui est très commerce & retail. Mais prenons les DRH. Moi, je travaille au quotidien avec des DRH qui sont mes clients et ils se sont aperçus que c'était difficile de parler à leurs collaborateurs, aux collaborateurs de l'entreprise. C'est difficile parce qu'on les connaissait pas forcément bien et que la facilité, c'était de leur parler au bureau. Mais s'ils ne sont plus au bureau, comment on leur parle comme on les connaît ? Comment est ce qu'on les épaule, qu'on les aide ? Comment est ce qu'on les anime ? Il y a une vraie prise de conscience. Ces deux exemples, mais il y en a des centaines… BertrandÇa veut dire que la pandémie a joué un rôle d'accélérateur pour la digitalisation des entreprises ? HymaneJe crois qu'on a gagné 7 ans. Il y a une étude, je peux te la retrouver si tu veux. Qui dit que l'on a gagné 7 ans dans la transformation digitale des entreprises. C'est une bonne nouvelle et elle a eu des côtés plus difficiles que d'autres. En revanche, elle a provoqué une prise de conscience sur laquelle on va pouvoir capitaliser et gagner et développer. On parle du télétravail. Moi, je parle du travail à distance maintenant. J'avais déjà un collaborateur qui vit à Nantes, parce que ses parents sont âgés. Et qui venait une journée par semaine au bureau, mais qui le reste du temps faisait son métier à partir de Nantes. Et c'était tout à fait possible et envisageable. BertrandOui, pour le travail à distance, mais pas forcément à 100% à distance parce que la proximité reste importante. C'est le même constat que font les clients ou où vous, en tant que cabinets de recrutement, vous êtes un peu en avance sur ce sujet ? Qu'est ce que tu vois chez tes clients? HymaneNous, on a une population et une proximité avec les métiers du digital qui font qu'on est probablement en avance. On a des clients qui demandent aux collaborateurs de revenir à 100%. On a des entreprises qui recrutent et qui autorisent une journée de télétravail ou de travail à distance. Sur un marché qui se tend un peu en termes de compétences. Vous avez vu, il y a 80.000 postes non pourvus dans le digital. Il y a plus de postes ouverts que de candidats en demande. Donc, il y a un moment où le candidat choisit le rôle ou le poste ou l'entreprise. Et les entreprises qui font preuve de peut de souplesse, de peu d'adaptabilité, de peu d'ouverture. Elles vont avoir plus de mal à recruter que les autres et il faut, les prendre en compte. BertrandMerci beaucoup pour tous ces conseils. Hymane, en conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais dire, encore une fois à ces jeunes qui nous écoutent, qui veulent se lancer dans le marché de l'emploi et du digital ? Ce serait quoi, tes 2 ou 3 principaux conseils ? HymaneNe pas croire que le digital, ca n'est que Instagram et Tiktok. Le digital, c'est beaucoup d'autres choses. J'ai envie de leur dire que le fait de travailler dans un environnement digital abolit quand même relativement les frontières. Donc ils se préparent à parler d'autres langues que spécialement le français. BertrandOui, c'est un sujet qui revient tout le temps : apprendre l'anglais, et le pratiquer au moins professionnellement… HymaneLe plus possible parce que on est dans un monde digital, sans frontières. S'intéresser à ce qui se passe en dehors de chez nous, de ce qui se passe aux Etats-Unis, de ce qui se passe en Asie. Il y a énormément d'avancées, alors pas toujours les plus sympa. Et s'ils ont envie de faire une carrière digitale, qu'ils fassent preuve de curiosité dès maintenant en s'intéressant à d'autres choses que ce qu'ils ont sous les yeux en permanence. BertrandOn rejoint un peu ton premier sujet. Être curieux, regarder ce qui se passe autour de soi? HymaneAbsolument. BertrandMerci beaucoup Hymane, HymaneC'était un plaisir. L'épisode 20 du Gagne-Pain, l'atelier #3 sur le recrutement digital, est également disponible sur : ### Drive to Store Manager – Augustin Evrard Épisode 19 : Augustin Evrard, Drive to Store Manager chez DS Automobiles  Nous avons le plaisir de recevoir Augustin Evrard pour cet épisode, qui met en avant son métier de Drive to Store Manager chez DS Automobiles . Augustin nous explique comment il en est arrivé à choisir ce métier, son quotidien mais également les avantages d'un de son métier. Merci à Augustin, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Augustin Evrard – Profil LinkedIn Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 19 : MajdelineBonjour Augustin, AugustinBonjour Majdeline, MajdelineOn est ravi de t'accueillir ce Gagne-Pain aujourd'hui, on va parler de digitalisation des points de vente et de drive to store. Mais avant de commencer, on aimerait en savoir plus sur toi. Est ce que tu peux te décrire en quelques mots? AugustinOui, bien sûr. Je m'appelle Augustin Evrard. J'ai 26 ans et j'ai fait des études de marketing et de communication. Et ensuite des études de commerce spécialisé dans le marketing digital et le e-commerce. J'ai fait différents stages tout au long de mon cursus et j'ai terminé par deux ans en alternance chez DS Automobiles au sein du groupe Stellantis, dans lequel je suis toujours aujourd'hui. MajdelineAlors, comme tu l'as dit aujourd'hui, tu travailles chez DS Automobiles. Mais du coup, quelles études t'ont amené à ce poste de Drive to Store Manager? AugustinEn fait, j'ai commencé à l'ISCOM, une école de communication. Et puis, grâce à l'ISCOM, je suis parti aux Etats-Unis où j'ai pu perfectionner mon anglais. Et en revenant des Etats-Unis, j'avais vraiment envie de me tourner vers le digital, de faire quelque chose de digital et e-commerce. J'ai intégré l'IÉSEG, donc dans leur master marketing digital et e-commerce et c'est là où j'ai fait mes 2 ans d'alternance. Donc, j'ai vraiment pris ce que j'avais dans mon master à l'IÉSEG en alternance et je pouvais l'appliquer directement chez DS Automobiles, chez Stellantis. MajdelineEt du coup, tu es resté après ton alternance chez DS ? AugustinExactement, ils m'ont proposé directement après mon alternance, de prendre le poste sur lequel j'étais à temps plein en CDI. MajdelineAlors, concrètement, qu'est ce qu'un Drive to Store Manager? AugustinLe rôle d'un Drive to Store Manager, c'est comme son nom l'indique, d'amener des prospects en concession. Pour ce qui est de l'automobile, mon but est d'arriver à ce que tous les utilisateurs sur le site Web prennent rendez vous dans ma concession ou dans une concession autour de chez eux , et dans mes différents pays. Et donc, on a plusieurs leviers la dessus, on a les formulaires ou chaque lead généré,( il s'agit d'un contact entre un prospect, un utilisateur et un concessionnaire, par exemple). Donc, on a différents leviers, donc un formulaire, une demande de rendez vous, que ce soit après vente ou bien juste un véhicule neuf pour avoir une offre commerciale ou un essai. Tout ça, c'est autant de leviers qu'on utilise, qu'on vient améliorer, qu'on vient mettre à disposition des pays dans le monde, parce que je suis central, donc communique énormément avec les pays aux quatre coins du monde. Et donc, on vient leur mettre à disposition des outils dans le but de convertir, d'amener ces utilisateurs en concession. MajdelineDonc, c'est utiliser le digital a une fin physique, finalement AugustinTout à fait exactement. Dans l'automobile, aujourd'hui le parcours d'un utilisateur et d'un client commence toujours et de plus en plus sur le digital. C'est à dire qui viennent de prendre de l'information sur le digital et ensuite seulement, ils se rendent en concession. Donc, on va avoir une phase awareness, de découverte du produit, par nos sites web, découvrir le véhicule et autres. Mais à la fin, notre but quand même, c'est d'amener cet utilisateur, un maximum d'utilisateurs, en concession pour que le conseiller expert, notre vendeur, prenne le relais et conclut une vente derrière. MajdelineEt puis, s'ils se rendent en concession, c'est que déjà, il y a la moitié du travail qui a été fait en amont en termes d'information. AugustinExactement, En fait, aujourd'hui, on voit de plus en plus avant, en point de vente, que l'on se rendait peut être deux ou trois fois avant d'acheter ce qu'il vient de découvrir le véhicule, d'avoir énormément d'informations. Aujourd'hui, ces informations, il les trouve sur notre site web. On a des technologies qui permettent de configurer son véhicule qui permet de visualiser le véhicule sous tous ses angles. Donc, l'information, le prix, le design, la couleur disponible. Tout ça, il l'a déjà sur le digital. Donc on utilise vraiment ses outils digitaux. Et ensuite, on arrive en concession quasiment presque pour signer. C'est peut être une à deux visites en point de vente. MajdelineDonc toi, ton rôle, c'est d'apporter cette information là et que quand il arrive en concession, le vendeur n'est plus qu'à conclure la vente. AugustinC'est un des gros enjeux. Il faut qu'on apporte la bonne information au bon moment à notre vendeur, à notre commercial derrière. C'est à dire que si jamais le client de l'utilisateur me dit écoutez aujourd'hui, moi j'ai une BMW et je souhaite la faire reprendre pour passer sur un DS7 crossback, par exemple. Et dans ce cas là, il faut qu'on lui donne l'information a notre vendeur. Comme ça, il peut préparer son argumentaire. Il connaît déjà le client. Est ce que le client souhaite être contacté par téléphone ou bien par mail? Quels sont les horaires dans lesquels il souhaite être contacté? Parce que, peut être, il n'est pas disponible entre 9 heures et 18 heures. Il a peut être une préférence pour être contacté entre 18 et 20 heures. Donc, tout ça, c'est tant d'informations que l'on doit d'abord, capter la part du client via nos formulaires des champs dédiés. Et ensuite l'acheminer correctement au Conseiller commercial pour qu'il puisse ensuite prendre les meilleures mesures et établir tout son argumentaire et surtout servir le prospect de la meilleure manière, qu'il soit. MajdelineLe Digital lui mâche le travail. Et quels outils vous utilisez au quotidien, justement pour y arriver? AugustinAlors nous, on travaille beaucoup. On a une digital factory, du coup, qui nous permet de développer nos formulaires. Donc on travaille énormément avec les pays, pour recueillir leurs besoins. Dans chaque pays, la France ne va pas avoir les mêmes besoins que la Belgique ou que l'Allemagne. On essaie d'harmoniser un maximum. Il y a toujours des spécificités pays et ensuite on va travailler de concert avec les product owner de la Digital Factory. Pour qu'ils puissent (un product owner est le responsable d'un produit) et là, en l'occurrence, on a un responsable d'un produit "formulaire" responsable d'un produit "rendez vous après vente". Donc ça, c'est les plateformes digitales et on va travailler avec eux. Donc, je vais faire une expression de besoins pour leur dire mais voilà, j'ai besoin d'un formulaire qui intègre un tel champs que ces champs arrivent à tel endroit dans les bases de données. Et ensuite, un email de confirmation doit être envoyé à la personne qui a rempli le formulaire. Donc, tout ça, on travaille sur des sprints qui permettent de créer ces formulaires, ces plateformes qui sont ensuite utilisées par les pays. MajdelineEt donc, quelle est ta journée type ? AugustinCe qui est génial dans mon métier, c'est qu'elles se ressemblent jamais. C'est une journée je peux avoir beaucoup de problèmes à gérer, donc des bugs et résolution de bug. Un pays qui me dit j'ai un problème de redescente de donnes mon lead, les informations clients, n'arrivent pas jusqu'à mon point de vente. Je fais déjà un premier travail de rechercher d'où pourrait venir le problème. Est ce que c'est un problème de Regex? MajdelineQu'est ce qu'un Regex? AugustinC'est vrai, c'est une "regular expression" . En gros, c'est un petit bout de code qu'on vient mettre dans un formulaire dans un champ de formulaire. Donc, on en a souvent le niveau des adresses email pour pouvoir, qualifier le champ et être sûr que ce champ soit bien bien pris en compte dans le formulaire, c'est à dire que si jamais je commence à mettre des chiffres dans mon adresse mail, ça ne va pas marcher. MajdelineC'est quand à chaque fois, quand on veut valider un formulaire et qu'on nous dit que ce n'est pas la bonne information, AugustinExactement. Si jamais dans le champ adresse mail, je n'ai pas un arobase et un point quelque chose. Derrière, il ne va pas me le prendre. Il va me dire ah non, c'est pas la manière dont ça doit être rempli, ce champ là. Si je mets un numéro de téléphone dans mon champ adresse mail, on me dit que c'est pas assez bon. MajdelineEh bien, vous le saurez les auditeurs du Gagne-Pain s'appelle un regex. AugustinExactement comme ça qu'on appelle ça. Et du coup, je vais aller chercher dans les bases de données, voir vraiment le chemin du lead. En fait, le digital, je compare ça à de la plomberie, c'est à dire que le lead génère l'information. Et ensuite, toutes les bases de données se transmettent l'information et viennent déclencher différentes actions. Donc, un email de confirmation à un autre endroit, ça va te retomber dans la base de données CRM et un autre endroit dans la base de données concessionnaires. Est ce que déjà, tous les chemins sont bons et voir en fait, c'est important d'analyser l'endroit où le problème survient pour ensuite pouvoir régler ce problème. Une fois que j'ai analysé le problème et je sais où il se trouve, le problème. Je peux aller voir, mais mes développeurs, le product owner et lui dire écoute, j'ai un problème à cet endroit là. Telle information ne passe pas. Est ce que tu pourrais aller plus en détail? Ça, c'est typiquement ça peut être une première journée, MajdelineDonc ça, c'est un peu un rôle de chef de projet. T'as un dégât des eaux si on reprend la plomberie et tu cherches le bon interlocuteur pour te régler ton problème. AugustinC'est ça exactement. C'est pour ça que c'est très important à un poste comme le mien, c'est de comprendre une infrastructure. Si on a besoin. dans le digital, il y a énormément d'infrastructures. C'est hyper important, vraiment, de comprendre par quelle base de données tout passe, quel est le mapping. Donc, faire vraiment une carte de toute l'infrastructure du digital. Pour derrière, allez identifier tout de suite le bon interlocuteur. Dans un grand groupe comme Stellantis, des interlocuteurs, il y en a des milliers. C'est à dire qu'on peut passer énormément de temps, de jour, de semaines, voire de mois, des fois, pour chercher la bonne personne. MajdelineDonc ça, ça peut être une journée type que tu peux passer? AugustinExactement une journée à résoudre des bugs, il en faut. Et il y a d'autres journées qui sont peut être parfois un peu plus challengeantes ou un peu plus sympa ou je vais travailler avec un UX designer pour revoir la manière dont nos formulaires sont construits ou la manière dont nos sites web pour nos dealers, nos concessionnaires, nos points de vente, sont construits et améliorer cette expérience utilisateur. Ça fait partie aussi d'une journée. C'est un peu plus sympa. On fait quelques itérations, on voit des maquettes, on réfléchit ensemble et on arrive à bien déterminer, quelle est la meilleure manière de faire l'expérience utilisateur. MajdelineDonc, des tâches un peu plus opérationnelles au jour le jour et un peu plus stratégique pour améliorer l'expérience utilisateur. AugustinExactement. Toujours en prenant l'insight à la fois des pays à la fois en accord avec la stratégie marque, elle évolue, elle peut changer de cap. Elle peut elle vraiment aller dans un sens ou d'un autre, donc vraiment toujours en accord avec la stratégie marque avec l'identité de marque et surtout avec les besoins des différents pays. MajdelineTrès bien. Merci Augustin, c'est clair. Attention, la question Gagne-Pain combien ça gagne concrètement un Drive to Store Manager? AugustinLe salaire d'un Drive to Store Manager, ça va énormément dépendre de la structure et de la localisation dans laquelle on évolue. À Paris, dans une grande structure en juniors aujourd'hui, on peut espérer entre 37 et 45 K€ annuel brut pour ce type de poste là. MajdelineSuper merci! Pourquoi avoir choisi ce métier? Et qu'est ce qui te plaît au quotidien dans tes fonctions? AugustinPourquoi avoir choisi ce métier? C'est vrai que j'avais toujours voulu quelque chose de digital et surtout de digital avec des résultats. C'est à dire qu'aujourd'hui, je mets quelque chose en place. Je peux ensuite analyser, puisque l'on a toute une équipe d'analystes, analyser les performances. On a refondu les sites concessionnaires, donc on a revu le design des sites concessionnaires pour les rendre un peu plus user friendly, plus facile à appréhender par un utilisateur. Et demain, on peut mesurer. Est ce que mon site, dont la fonction principale est de générer du lead, donc d'amener du trafic en concession. Est ce que ça a augmenté versus le traffic que j'envoyais dessus auparavant? Donc, c'est ça qui me plaît énormément et en fait mettre des choses en place et tout de suite regarder derrière. Est ce que ça performe plus ou moins? Et dans ce cas là, quels sont les éléments que je peux améliorer? C'est vraiment du "test and learn". MajdelineDonc tu aimes le challenge et le fait d'avoir des résultats, de savoir si ça s'est bien passé ou non et analyser les chiffres. Donc il y a aussi une partie chiffre dans ton métier? AugustinOui, un peu. Moi, je m'intéresse beaucoup. J'ai beaucoup de curiosité sur les différents métiers qui qui entourent mon poste. Donc vraiment, je vais voir l'analyse et je vais lui demander comment est ce que je peux faire un rapport pour vraiment comprendre les leads? Donc, j'utilise plein d'outils différents, donc Google Analytics bien sûr. On a nos propres systèmes de redescente de lead avec les taux de transformation derrière et ensuite, c'est d'agréger tout ça. Je travaille avec Excel, je travaille avec Google Data Studio aussi, qui me permettent de créer mes petits rapports à moi. Parce que j'ai besoin parfois un besoin très spécifique de voir vraiment la performance de tel pays. Parce que tel directeur marketing me dit que sa performance baisse qui comprend pas pourquoi il a moins de leads, peut être aujourd'hui. Donc là, j'ai besoin de faire un zoom et j'ai besoin de réagir vite. Et du coup, c'est important pour moi d'aller voir ça et de pouvoir comprendre les chiffres. Donc effectivement, il y a une partie chiffrée et d'analyse qui me permet de mieux comprendre ton environnement. MajdelineC'est hyper important, je pense. De ton point de vue et avec ton expérience, quelles sont les compétences clés qu'il faut pour faire ce métier? AugustinDe mon point de vue, je dirais que la curiosité et l'adaptabilité, c'est très important. La curiosité parce que, comme je le disais, j'ai besoin parfois, je vais voir vraiment d'autres métiers qui n'ont pas tellement de rapport avec celui que je fais. Par contre, ça donne une vue d'ensemble et en fait, en allant chercher dans le dans le petit coin et en cherchant au delà de mon périmètre, vraiment m'intéresser à ce que les autres font, ça me permet vraiment d'avoir une vue d'ensemble et de mieux comprendre la structure dans laquelle j'évolue. Et quels sont les tenants et aboutissants de chaque décision. La curiosité, c'est vraiment, quelque chose d'hyper important. Et l'adaptabilité, parce que on change énormément de stratégie. On change, on a des besoins immédiats on a un problème de redescende, de données, de lead des données qui n'arrivent plus aux concessionnaires. C'est de la perte de business sèche pour un point de vente. Donc, à ce moment là, il faut une réactivité, une adaptabilité. Et surtout, comme je le disais début aller contacter tout de suite la bonne personne, la curiosité toujours, de savoir quelle est la personne derrière qui détient la clé pour m'aider. C'est aussi un des éléments. MajdelineLa gestion du stress également ? AugustinOui, il y a eu, il y a eu. Il y a des périodes de stress parfois, mais là, je le disais avec ces histoires de leads qui peuvent parfois ne pas retomber. Pour une raison X ou Y, c'est ce qu'on appelle le business critique. Tout le monde est sur le pont pour remettre le business sur la route. Donc, à ce moment là, effectivement, il peut y avoir beaucoup de pression sur un poste comme ça parce qu'on est maintenant au cœur du business quand même. C'est challengeant, mais il y a le revers de la médaille ou quand il y a un problème et bien voilà, il y a de la pression. Mais ça, ça me permet d'avancer plus vite. MajdelineTu nous as parlé de Stellantis. Qu'est ce que c'est ? Qu'est ce que ce groupe dont on ne connaît pas forcément le nom, mais dont les auditeurs, j'imagine, connaissent les marques? Est ce que tu peux nous expliquer? AugustinOui, bien sûr. En fait, Stellantis, c'est le groupe qui résulte de la fusion de deux grands groupes automobiles qui sont le groupe PSA, qui avait historiquement donc la marque Peugeot, Citroën, DS et Opel, et le groupe Fiat-Chrysler, qui a toutes les marques comme Fiat, Lancia, Alfa Romeo, Jeep, Dodge. Donc voilà beaucoup de marques américaines et ces deux groupes ont fusionné début de l'année 2021 pour former une énorme entité qui s'appelle Stellantis. Et chaque marque a sa place et son positionnement au sein de ce groupe là. MajdelineEst ce que cette fusion a impacté DS? AugustinAlors aujourd'hui, on ne sent pas encore les effets de la fusion. Très, très peu. Par contre, on sait que demain, on va créer des pôles premium ou des certains pôles. Donc nous, DS, on est la marque premium du groupe PSA. Et en gros, on vient joindre un pôle premium qui est composé de Lancia, Alfa Romeo et donc de DS. Donc il y aura des synergies derrière entre ces trois marques. On va énormément travailler ensemble. On va avoir des positionnements différents, mais quand même, garder ces pôles. Stellantis a été divisé en différents pôles. On a le luxury avec Maserati, le pôle premium avec DS, Alfa et Lancia. Le "upper mainstream" avec Peugeot et Opel. On a le "core business" avec Citroën et Fiat. On a "Américan Brands" avec Jeep, Dodge, etc. Donc a vraiment différents pôles qui ont été créés au sein de Stellantis, donc évidemment, il y aura des synergies entre toutes ces marques là dans le but toujours d'être plus efficace, efficiente et d'être le premier premier constructeur mondial. Je pense que c'est le but. MajdelineOn sent que tu es passionné par l'automobile. AugustinOui, mais je ne suis pas un passionné de la première heure, mais le produit, en fait, ne me passionne et et j'arrive facilement à le vendre à des amis. Donc, quand j'arrive à en parler comme ça, je sais que je suis. Je suis passionné par le produit. MajdelineEst que tu as une anecdote à raconter aux auditeurs du Gagne-Pain ? AugustinAlors oui, j'en ai une. C'était au tout début. C'était en 2018, donc quand j'étais encore alternant chez DS Automobiles. Où j'ai été envoyé en concession en Allemagne, à côté de Hambourg. Et c'était la première fois que je me rendais concession, la première fois que j'étais en contact avec un concessionnaire en étant la marque centrale. En on m'avait demandé de faire un retour, un rapport sur plusieurs points de mon passage en concession et j'avais trouvé plusieurs points très justes, très limites de la part du concessionnaire et du Zone manager. Et en fait, j'avais écrit un mail, un énorme mail en remontant les points qui n'allait pas. En envoyant ça directement au directeur marketing monde de la marque, en mettant au moins une vingtaine de personnes en copie. Et depuis le temps, mon boss m'appelle le sniper parce que ce n'est pas des choses qui se faisaient dans ce type de groupe là. Donc, j'ai gagné mon surnom de Sniper et je pense que je me reprendrais à deux fois avant de faire un mail de ce type là. MajdelineEt ils doivent t'attendre au tournant. Du coup, quand tu te déplace en concession Augustinexactement, ça a été un peu. Le jeu, c'est de se dire on lui, on peut l'envoyer en concession, et on va voir comment est-ce qu'il réagit aujourd'hui. J'ai pris des pincettes, maintenant, j'ai mis un peu d'eau dans mon vin et j'ai plus beaucoup de retenue dans mes emails de retour. MajdelineJ'en profite du coup. Transition, tu parlais de déplacements. C'est un mode de vie qui est courant dans ton métier? AugustinC'était extrêmement courant avant le Covid. Aujourd'hui, la crise du Covid nous bloque un peu plus. Mais il y a une deuxième casquette, qui j'ai la digitalisation des points de vente. Et à ce titre, effectivement, je me suis pas mal déplacée en Espagne, en France, en Allemagne, au UK, (en Angleterre), Belgique, Pays-Bas, Italie aussi. Pour aller voir justement des concessionnaires, aller prendre en compte vraiment de insight terrain. En fait vraiment avoir le feedback d'un concessionnaire parce que c'est lui qui est en première ligne face à nos clients. Au final, si demain on est tous payé, c'est parce que le concessionnaire a réussi à faire une vente. Donc, j'ai besoin vraiment d'avoir à la fois des informations venant d'eux. Souvent je suis en contact des concessionnaires ici en France ou je les appelle et je leurs dit dis tu penses quoi de ça? Ou qu'est ce qui t'aimerai sur un tel outil? Les formulaires? Quelle est l'information qui t'aiderait, ou l'outil qu'on te met à disposition, de quelle manière je pourrais le rendre plus efficace? Et c'est hyper important. Donc je me déplacer au titre digitalisation des points de vente, mais je prenais aussi beaucoup d'insectes pour l'autre casquette qui était le drive to store en disant mais qu'est ce qui t'intéresse d'avoir comme information? Quelle information t'intéresse d'avoir sur un client quand il arrive? Qu'est ce que tu aimerais bien savoir? Quels outils? Et donc, au titre de la digitalisation des points de vente, on a sorti un nouvel outil qui a un configurateur 3D sur un écran tactile qui permet vraiment de configurer son véhicule grâce à des images 3D haute définition. Et de le voir sous toutes les coutures et d'ajouter toutes les options. Ça, aujourd'hui, on a énormément travaillé avec avec des points de vente pour savoir quel outil, quelles fonctionnalités vous aimeriez bien avoir dedans? La sauvegarde, l'envoie directement de la configuration dans l'outil du point de vente, pouvoir faire une offre commerciale directement sur la configuration, l'intégration des stocks de véhicules neufs ou de véhicules d'occasion. Ça, on a travaillé. Et c'est grâce à tous ces insight terrain qu'on arrive aujourd'hui à sortir des outils qui soient performants pour notre réseau. MajdelineC'est eux qui vont l'utiliser. Finalement, AugustinC'est eux qui l'utilisent. Et encore une fois, c'est eux qui sont en première ligne et c'est eux qui vendent les voitures directement aux clients. MajdelineDonc, avant le Covid de pas mal de déplacements, j'ai entendu UK quelques pays qui parlent anglais. Donc l'anglais est primordial dans ton métier? AugustinDans mon métier, en fait, je dirais plus c'est plus dans la structure dans laquelle on évolue qu'une langue est importante. C'est à dire que aujourd'hui, on fait partie du groupe Stellantis. Moi, je suis en central Marques. Donc effectivement, j'ai des contacts avec tous les pays, principalement en Europe, mais aussi le Japon ou la Malaisie, etc. Donc effectivement à ce moment là l'anglais est important. Un Drive to Store Manager qui n'a comme marché que la France s'il n'a que des fournisseurs français. Evidemment, il peut se permettre de ne parler que français. Mais moi, aujourd'hui, c'est primordial. Je fais quasiment au moins 80 % de mes réunions en anglais parce qu'on a des collègues en Espagne, que je parle avec des Italiens aussi de chez Stellantis. J'ai un fournisseur qui est basé en Allemagne et donc l'anglais et la langue commune sur laquelle on se retrouve tous. MajdelineSuper merci Augustin. Est ce que tu aurais un livre ou un film à conseiller à nos auditeurs autour de ton métier, de ton mindset ? AugustinAutour de mon métier, je ne vais pas en avoir comme ça. Par contre, le mindset, oui, la curiosité et surtout l'envie d'aller plus loin. Il y a pas mal que j'ai que j'ai regardé tous les films et les livres un peu auto biographiques. Typiquement, la biographie de Elon Musk est très inspirante. La biographie, le film de Steve Jobs est aussi très, très sympa de Social Network sur la création de Facebook et même d'autres en dehors du digital sur sur la création de McDonalds. Tout ça, c'est des films qui m'inspirent et qui me permet de me dire Allez, faut aller encore plus loin, il faut aller chercher toujours derrière. Il ne faut pas seulement s'arrêter à ce qu'on a devant nous. Toujours aller chercher plus loin, toujours aller gratter plus loin, s'entourer des bonnes personnes, poser des questions et surtout, toujours garder un esprit positif dans le travail. Et ça, c'est important, surtout dans la durée. MajdelineC'est ce que tu applique au quotidien. AugustinExactement ce que j'essaye d'appliquer au quotidien. MajdelineMerci Augustin pour cette interview. AugustinMerci Majdeline à bientôt. MajdelineA bientôt. L'épisode 19 du Gagne-Pain, métier "Drive to Store Manager", est également disponible sur : ### Content Manager – Nora Leon Épisode 18 : Nora Leon, Content Manager chez OpenClassrooms. Dans cet épisode, nous sommes heureux de recevoir Nora Léon, Content Manager chez OpenClassrooms. Nora nous dévoile dans ce podcast, son parcours, son quotidien afin de découvrir son métier. Merci à Nora pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Nora Leon – Profil LinkedIn Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 18 : Bertrand Bonjour Nora, Nora Bonjour Bertrand, Bertrand Nora on est ravis de t'accueillir dans le podcast du Gagne-Pain. Nora, tu es content manager chez OpenClassrooms. On a l'occasion d'en parler, mais d'abord, j'aimerais que tu te décrive en quelques mots. Nora Tout d'abord, merci beaucoup pour l'invitation. Je m'appelle Nora, j'ai 30 ans. J'ai passé mon bac en 2009 à Colmar, en Alsace. Entre temps, j'ai fait une prépa lettres 2 licences de master en lettres, langues vivantes et puis une année en master spécialisé en école de commerce. Et aujourd'hui, je suis dans la communication et dans le marketing à Paris. Bertrand Est ce que tu peux expliquer ce que tu as fait avant d'arriver chez OpenClassrooms ? Des stages, des expériences professionnelles ? Comment tu es arrivé à ce poste aujourd'hui de Content Manager ? NoraJ'ai fait une licence d'anglais, une licence de lettres modernes, un master de lettres et d'histoire de l'art à l'Université en Ecosse. Donc, je suis parti à l'étranger. Et puis après ça, en fait, j'étais toujours un peu paumé, comme peut être pas mal d'éditeurs ou des gens qui veulent se reconvertir aussi. Et j'étais un peu perçu en France comme une saltimbanque. Parce que par rapport au marché anglophone, dans lequel c'est très facile de dire qu'on a des compétences, qu'on a la tête bien faite et qu'on peut exercer un métier qui n'est pas forcément lié exactement à nos études. En France, c'est pas trop le cas. Et donc, je suis passé par un master spécialisé d'école de commerce pour avoir cet aspect un peu plus business. J'ai fait des stages longs dans des maisons d'art aux enchères parce que je voulais travailler dans ce marché là. Bertrand Ça a commencé par l'art. Nora Ça a commencé par l'art. Je voulais travailler en art contemporain et au travers de ces stages, je me suis rendu compte que c'était un milieu très fermé dans lequel les opportunités étaient rares. Il fallait trimer pendant plusieurs années à des postes qui n'étaient pas très intéressants avant d'avoir quelque chose de chouette. L'opportunité n'est pas venue à ce moment là et je me suis tourné vers deux milieux différents le milieu de l'enseignement, parce que j'avais déjà donné pas mal de cours particuliers. J'en ai redonné notamment avec Live mentor et d'autres organismes, et j'ai commencé à être journaliste vraiment sur le tas, en travaillant pour plusieurs journaux et en me servant de ma plume. Bertrand Donc là, tu as mis en avant ce que tu avais comme talent, c'est à dire l'écriture. Nora Tout à fait. Et puis, un peu de créativité. Juste l'envie d'être curieux et de me documenter sur des choses. Et après? J'ai travaillé pendant un an dans un institut d'études marketing où j'ai fait du Qualitatif et du quantitatif c'était assez formateur. Avant ça, j'avais aussi travaillé six mois chez L'Oréal en marketing, mais c'était encore différent. Et puis, en fait, je suis arrivé chez OpenClassrooms par un heureux hasard. Ulysse, si tu m'entends. C'était mon ami qui faisait du théâtre d'improvisation avec moi qui, un jour, est arrivé au théâtre d'improvisation en disant notre social media manager et responsable communication est vraiment nulle il faut qu'on en change et j'ai postulé. Ça fait quatre ans que j'y suis et j'ai exercé plusieurs métiers dans cette entreprise. Bertrand Merci Nora. Est ce que tu peux nous dire où tu travailles maintenant? Et qu'est ce que c'est OpenClassrooms ? Nora OpenClassrooms, c'est une école en ligne qui a été fondée il y a 22 ans par Mathieu Nebra et Pierre Dubuc, qui a vocation à rendre l'éducation accessible tout autour du monde. Aujourd'hui, on est plutôt en France et dans les pays anglo saxons, mais demain, on espère être dans beaucoup d'autres pays. C'est une école en ligne qui se concentre sur des formations afférentes au numérique et apparentés, donc le développement, la data, mais aussi, par exemple, le marketing ou les RH ou d'autres choses encore. Bertrand Ce sont des formations qui sont gratuites ? Nora Ce sont des formations qui sont parfois gratuites, parfois payantes. Bertrand On est en freemium, on peut avoir du gratuit et du payant. Nora En fait, vous avez des cours qui sont gratuits et qui le resteront toujours. Que vous pouvez d'ailleurs elle regarder si vous vous intéressez à un métier en particulier. En ayant écouté le Gagne-Pain, vous pouvez aller vous tester en faisant un cours gratuit. Mais on a aussi des formations diplômantes de niveau reconnues par l'Etat, qui durent six mois, un an, le double en alternance et d'autres formats aussi de formation. Mais je veux pas rentrer forcément dans le détail et on a plusieurs cibles. On travaille avec des entreprises, on travaille avec des étudiants comme les personnes qui nous écoutent et on travaille aussi avec des organismes publics. Ça, c'est la verticale B to G. Donc, on travaille avec Pôle emploi, des régions, des mairies. Bertrand Et ton métier de content manager, comment ça se passe ? Qu'est ce qu'on fait en content management chez OpenClassrooms ? Nora Alors le métier de Content manager on pourrait le traduire peut être par responsable contenu. Moi, je suis com and content manager, donc je suis responsable communication et contenu. Et ce métier là, il est assez lié au journalisme et à la communication en général. Le but, c'est de créer les contenus qui vont nous permettre d'irriguer la façon dont on parle d'une marque. Donc, ces contenus, ça peut être des contenus écrits. Des articles, des livres blancs, des guides, des brochures, etc. Le texte d'un site, ça peut être aussi des contenus vidéos, ça peut être des podcasts, ça peut être des contenus liés à un événement. Enfin, c'est très large et très polyvalent. Bertrand C'est quoi la journée type d'un content manager chez OpenClassrooms ? Ça se passe comment? Est ce qu'il y a une journée type? Nora Heureusement, il y en a pas. Et si y en avait eu, je pense que je ferais pas ce métier. Ça dépend vraiment des projets sur lesquels on est. En général, on travaille sur plusieurs projets en même temps. Par exemple, là, en ce moment, je travaille sur la vidéo, des shooting photo, des articles. J'ai toujours des présentations et des brochures à faire pour différentes équipes et donc j'organise mes journées en fonction des tournages que j'ai et je place quand je n'ai pas de tournages, les tâches les plus urgentes et les plus importantes. J'utilise du coup cette matrice d'Eisenhower urgent et pas important pour pouvoir dire non parfois ou dire à certaines équipes que je fais des choses plus tard. On a aussi une personne qui en marketing opérations, pour nous aider à faire ça et le but est vraiment dans une journée. Voilà, c'est des horaires normaux à 9 heures, 18 heures, 19 heures. Ça dépend, avec une pause dej, de pouvoir créer les contenus rapidement et efficacement et surtout créer des contenus qui sont qualitatifs. Donc il y a toujours une phase de validation. Donc, en termes de tâches, ça peut ressembler à. Le matin, je vais à un tournage que j'ai organisé au préalable, donc il y a eu pas mal de gestion de projet. Ce tournage, je pose les questions, j'accueille les participants. Derrière j'ai rendez vous avec mon agence vidéo pour cadrer un peu les projets suivants. En tout cas ce que j'ai récupéré. Après, je vais aller faire la revue de mes mails et voir si j'ai des collègues qui ont envoyé des briefs. L'après midi, si j'étais le tournage, je peux rédiger le texte d'une brochure et puis voir avec notre directeur artistique comment va la designer. Bertrand C'est très diversifié, Est ce qu'il y a dans cette diversité ce qui a quand même des petites routines? Est ce que toi, tu as tes petits trucs qui sont importants à faire? Parce que je ne sais pas quoi tu fais petite revue de presse. Il y a des choses importantes que tu veux regarder sur sur les réseaux sociaux. Ces petites routines, ces petits trucs qui sont importants pour toi et qui rythment ta journée ? Nora Je n'ai pas de routine du tout. Je ne fais pas, par exemple, de veille sur du contenu ou ce genre de choses. La veille sur le contenu. Je vais la faire quand j'ai par exemple, je un set de dix vidéos à faire sur des teasers de parcours, je vais regarder sur le marché. Qu'est ce qui se fait de bien? Qu'est ce qui peut m'inspirer pour pouvoir créer mon concept créatif? Mais au quotidien, je ne le fais pas parce que ce serait une perte de temps. Bertrand Alors, tu parles de formation, une certaine manière de se former en permanence. C'est quoi les éléments qui permettent d'arriver à ce métier de content manager? Quelle formation? S'il y en a un, c'est quoi les formations que toi tu suis régulièrement pour justement améliorer? Nora Alors, contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est un métier qui est assez ouvert. On peut arriver à ce métier avec des formations classiques d'écriture. Ça peut être une école de journalisme, ça peut être une école de commerce avec une grande composante marketing. Ça peut être science politique, ça peut être des études en sciences humaines, les lettres, la philosophie. Bertrand Il y a quand même une composante littéraire d'écriture. C'est quand même un élément important. Nora Il y a quand même une composante littéraire, mais vous pouvez avoir fait une école de commerce sans jamais vraiment toucher à l'écriture, ou une école d'ingénieurs, d'ailleurs. Avoir vu que dans votre association, vous avez été en charge de la newsletter, d'organiser certains événements, de tourner des vidéos et que ça vous a plu. Et décider en fait sur le tas, de participer à plusieurs journaux et d'exercer votre plume. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut avoir beaucoup lu et qu'il faut aimer écrire et qu'il faut aimer la créativité, avoir de l'imagination. Sinon, on est un peu perdu. Bertrand Il faut aimer écrire. Je pense que ça, c'est un élément important qu'il faut répéter parce qu'il y a quand même une grosse partie du contenu et du contenu écrit. Donc forcément, il faut, il ne faut pas l'oublier. Nora Alors oui et non. Parce que vous avez des content managers qui sont encore plus spécialisés. Tout à l'heure, je disais que dans les grosses boîtes, vous pouvez avoir des postes qui sont très verticalisés finalement. On peut être par exemple responsable contenu vidéo, responsable, contenu podcast chez Welcome to the jungle, par exemple, un journal pour lequel je travaille. Je sais qu'ils ont des spécialisations comme ça. Si vous allez chez Brut, vous n'allez pas du tout avoir de contenu, écrit vous, alors que la vidéo, en fonction de la coloration que vous avez envie de donner à ce métier, vous pouvez trouver une entreprise où vous ferez plus de quelque chose. Plus de presse écrite ou plus de vidéo. Bertrand C'est clair, merci beaucoup. Alors attention que QGP, c'est la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un content manager? Est ce que tu peux nous donner un peu des indications de fourchette et puis évidemment, de différences en fonction des entreprises et des secteurs? Nora Alors, je commencerais par le fait qu'on peut exercer ce métier en free-lance donc si on est par exemple rédacteur web ou Copy Writer free-lance, qui est un métier très proche. Un peu plus réduit parce que vous allez avoir du coup pas l'aspect du podcast ou du vidéo, mais en tout cas, ce métier là, en freelance, on va commencer à 250-300 euros jour. Et puis, quand on est vraiment bon et qu'on a vraiment beaucoup de bouteille, on va aller jusqu'à 1000-1500 euros de prix comparé à un bon développeur. Bertrand Excellent. Nora Donc, il y a une vraie marge de progression après quand on est salarié. Evidemment, les fourchettes sont différentes. Le plus bas, je pense que c'est en agence. Quand on commence en agence, on va en être à 28-32 K. Bertrand La on parle de kilo euros annuels brut annuel brut. Nora Quand on a plus de bouteille en agence, on va être entre 32 et 37. Après, plus de séniorité, on va aller jusqu'à 60. Mais c'est vraiment pour des gens qui sont très senior. Quand on est dans une PME, ça va être un petit peu plus. Les fourchettes vont être 3 ou 4 K, de plus que ce que je viens d'annoncer. Dans une entreprise qui est déjà plus établie ou une Start-Up qui est en phase de croissance, on appelle ça des Scale-Up. Donc, OpenClassrooms est une Scales-up . On est 450. Aujourd'hui, on sera 650. C'est plus une startup. Par définition, c'est une entreprise qui n'a pas encore trouvé son business model, nous, ca y est on l'a. Dans des entreprises comme ça ou dans des grands groupes. Vous travaillez chez Total, vous travaillez chez Alten ou n'importe. Il va y avoir des fourchette de prix qui vont être différentes. Vous allez commencer entre 35 et 40. Être entre 40 et 50 en confirmés, peut être 55 si la boite paye vraiment bien et entre 55 et 80-90, si vous êtes vraiment senior. Les superstars qu'on veut vraiment, vous êtes quelqu'un qui est reconnu sur le marché. Je ne sais pas, par exemple, Laetitia Vitaud pour le marché du travail en journalisme, est très reconnue. Vous allez pouvoir vous vendre justement 1000 1500 euros en freelance et vous allez toucher plus de 100K en CDI. Bertrand Nora est ce que tu peux nous dire quelles sont les tâches que tu aimes le mieux et celles que tu aimes le moins? Nora Alors moi, j'adore écrire. C'est une composante importante de mon métier. Bertrand Donc, c'est numéro 1 Nora Numéro 2. J'adore les gens la rencontre, l'échange, trouver la bonne personne pour exprimer le bon contenu et la magie qui se crée quand tu rencontres la personne et que tu te rends compte que c'est encore mieux en vrai ou au téléphone que ce que tu avais imaginé. La rencontre et le troisième aspect, c'est que c'est un métier qui est très créatif quand même, si on veut bien nous laisser le temps d'être créatif. Bertrand Maintenant, qu'est ce que tu peux nous dire sur les tâches que tu aimes le moins? Nora Alors si je reviens sur la créativité, on n'a pas forcément toujours le temps, le luxe d'être créatif. On est parfois sur des tâches très opérationnelles, un peu chiante et surtout, on travaille souvent dans l'urgence, en fonction de comment l'entreprise est structurée et du temps qui est alloué au marketing. De la connaissance aussi que les gens ont, du temps que ça prend pour créer des contenus. Parfois, on peut avoir un collègue qui nous dit du jour au lendemain il faut que tu me fasse et ça, c'est très important. Et puis, tu n'as pas le temps de faire des choses qualitatives. Très énervant Bertrand Ce que tu aimes le moins. C'est l'urgence ou au contraire, le manque de temps pour faire les choses importantes. Nora C'est un peu ça. Et puis aussi le fait de devoir toujours faire de la pédagogie pour expliquer la qualité de ton travail et l'importance que ça a dans le business. Bertrand Je comprends et tu parlais tout à l'heure de la mesure. Est ce qu'il y a aussi un élément là dessus? C'est à dire que le contenu, ça se mesure pas toujours. Nora Ça se mesure très bien sur certains aspects. Dans le marketing qui est lié, par exemple Growth Hacking, donc là, c'est plus des choses sur les réseaux sociaux, etc. C'est facile de dire que le coût par clic de telles publications social media a augmenté ou baissé, qu'on a ramené tant de clients parce qu'il y a eu tant de clics sur le bouton je m'inscris! Mais par contre, quand c'est par exemple un documentaire avec un grand média qu'on a fait une publicité sur sur la télévision qui est vraiment du contenu pour parler de la marque et faire en sorte qu'on nous connaisse et qu'on ait une bonne image de nous. C'est difficile de dire ce contenu là à ramener tant de personnes et donc parfois, c'est difficile aussi d'avoir des budgets. Bertrand Je comprends, Nora, les auditeurs du Gagne-Pain. Nous nous posons la question de l'engagement des gens que l'on rencontre. Quels sont tes engagements en dehors de son activité de content manager ? Nora Alors déjà, je pense qu'on est beaucoup à vouloir trouver du sens dans notre travail, même dans notre entreprise. Moi, je travaille pour une entreprise qui rend l'éducation accessible et c'est très palpable. Comme je rencontre les étudiants, je vois qu'on a changé la vie des gens de manière très concrète. Des gens qui avaient du mal à joindre les deux bouts, qui ont un métier qui leur plaît et qui leur permet de vivre. Donc ça, c'est vraiment très concret au quotidien. Mon impact, Bertrand C'est mon premier engagement grâce à OpenClassrooms. Nora C'est mon premier engagement et qui est très important. Si je travaillais pas chez OpenClassrooms, je voudrais pas travailler pour une entreprise qui vend du shampoings avec du bisphénol A dedans. Mon deuxième engagement, c'est que depuis à peu près 18 ans, j'ai très souvent donné des cours à des personnes qui n'avaient pas forcément les moyens de se les payer pour entrer dans des écoles de commerce pour passer le bac. Et ça, je trouve que c'est hyper important de rendre ce qu'on a donné. Moi, j'ai eu la chance qu'on me paie mes études, donc je voulais le faire. Bertrand Donc là, tu rends aux autres ce qu'on a donné? Nora Tout à fait. Le troisième engagement, c'est que je pense qu'on peut avoir des projets personnels qui s'inscrivent dans une problématique qu'on a remarqué. Moi, je vois qu'au niveau de l'agriculture, il y a plein de questions qui se posent sur notre résilience alimentaire, sur l'effondrement de la biodiversité et aussi de la biodiversité cultivée. Et donc, j'ai voulu aller interroger des agriculteurs, des entrepreneurs, des chercheurs pour savoir comment est ce qu'on cultive aujourd'hui et comment est ce qu'on devrait cultiver demain. Et donc, j'ai lancé un podcast sur ce sujet et c'est vrai que ça me nourrit au quotidien d'enregistrer ces épisodes de plan B. Bertrand Merci Nora, est ce que tu peux nous dire quels seraient tes trois conseils pour ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient devenir Content manager? Nora Le premier conseil, c'est de ne pas attendre, de se lancer. Si vous avez un journal pour lequel vous avez envie d'écrire, écrivez leur, même en proposant de faire d'abord un premier papier gratuit derrière peut être qui collaboreront avec vous, que vous pourrez voir si ça vous plaît, que vous pourrez exercer votre plume c'est ça l'important, en fait. Bertrand Premier conseil pratiquer ? Nora Pratiquer, pratiquer, pratiquer. Deuxième conseil si vous êtes un peu faible en orthographe, c'est très important de rectifier ça, par exemple avec le projet Voltaire ou d'autres formations du genre. Bertrand Deuxième conseil faire attention à son orthographe. Nora Tout à fait, parce qu'en étant la voix des marques, il faut être irréprochable là dessus et ça fait partie du métier. Et le troisième conseil c'est être ouvert sur le monde être curieux, se nourrir de ce qu'il y a autour de nous, Bertrand Donc apprendre par la recherche, la curiosité, tout simplement, regarder ce qui se passe autour. Nora En fait, le contenu, c'est quelque chose de créatif. Un article, vous pouvez avoir une manière de l'écrire qui peut être originale. quand vous faites du contenu vidéo, vous pouvez vous nourrir de beaucoup de choses du cinéma, de l'histoire de l'art même fait de choses que vous avez vu sur un site d'un entrepreneur que vous connaissez. Et donc rester ouvert et être un peu à l'affût de ce qui se fait de beau, d'original, de sympa, de catchy, c'est hyper important. Bertrand Dernière question Nora, c'est quoi la suite ? Comment on évolue dans ce métier de contact manager ? Et toi, qu'est ce que tu envisage de faire ? Nora Alors, on peut évoluer soit verticalement, avoir une équipe, devenir rédacteur en chef, manager, voila Head of content, VIP communication, etc. Donc là, c'est du côté de la communication. On peut faire ça aussi en marketing. On peut décider que nous, on aime le marketing de contenu et que donc on va se spécialiser plutôt pour devenir CMO. Bertrand Chief Marketing Officer. Nora Tout à fait. Chief Marketing Officier, qui est plus du côté de ramener des clients, faire en sorte que le business tourne alors que la communication on est plus du côté de l'image. Faire en sorte que l'image soit bonne pour que le business tourne aussi, c'est plus indirect. On peut aussi décider de se spécialiser sur des métiers qui sont plus techniques. Il y a un métier qui s'appelle UX Writer, qui nous vient des Etats-Unis et qui consiste à se spécialiser sur du contenu court, par exemple les descriptions de produits, les petits textes sur les boutons. Que tout ça soit cohérent, c'est un petit bordel. Et donc, ce métier là, il commence à monter très fort. Bertrand Donc, UX Writer, c'est vraiment pour l'expérience utilisateur. Écrire pour l'expérience utilisateur. Et toi, qu'est ce que tu envisages? C'est quoi ton envie? Ce que tu envie d'en parler? C'est quoi la suite? Nora Moi, je préfère l'aspect communication, donc plutôt monter là dessus. Après, je pense aussi qu'on est dans un marché du travail qui change et qui évolue, qu'on fait pas le même métier toute la vie. Moi, j'aime aussi l'enseignement et je pense aussi que l'on peut devenir slasher, c'est à dire faire plusieurs choses en même temps. Et puis, peut être, qui sait que demain, j'animerai mon podcast Plan B en parallèle de mon travail chez OpenClassrooms et que j'aurais aussi une activité d'enseignement. Ou alors je deviendrais quelque chose de totalement différent. Peut être à côté que je serais céramiste ou artisan verrier… Bertrand Nora Merci beaucoup. On va suivre attentivement sur ton profil LinkedIn à très bientôt. Nora Merci beaucoup à très bientôt. Merci Bertrand pour l'invitation. L'épisode 18 du Gagne-Pain, métier "Content Manager", est également disponible sur : ### Product Manager – Paul Fouassier Épisode 17 : Paul Fouassier, Product Manager chez Rakuten France. Nous avons le plaisir de recevoir Paul Fouassier pour cet épisode, qui met en avant son métier de product manager chez Rakuten France. Paul nous explique comment il en est arrivé à choisir ce métier, son quotidien mais également les avantages de son métier. Merci à Paul, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Paul Fouassier – Profil Linkedin Interview faite par : Madjeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 17 : MajdelineBonjour Paul, merci d'avoir accepté notre invitation. Alors Paul tu es Product Manager chez Rakuten. On aura l'occasion de revenir un peu plus en détail sur ton métier, et sur l'entreprise Rakuten. Mais avant de commencer, j'aimerais que tu te présentes en quelques mots. PaulJe m'appelle Paul. J'ai 26 ans, j'ai fait des études en management, donc j'ai fait un master et ça va bientôt faire 3 ans et demi que je suis chez Rakuten. MajdelineAlors tu as fait un master. En quoi? PaulJ'ai fait un master en management généraliste, sachant que de base, je m'étais spécialisé en logistique et on y reviendra peut être. Mais j'ai un peu changé en cours de route, d'ambition professionnelle. MajdelineEst ce que tu as fait de l'alternance des stages qui t'ont permis d'en arriver là? PaulOui, tout à fait. J'ai fait 3 stages pendant mon cursus. Un premier en tant qu'assistant commercial export dans une entreprise de logistique, donc une expérience en sales. Après, je suis allé dans la grande distribution chez Carrefour en tant que chef de projet, ouverture de grand magasin. Et enfin, mon stage de fin d'études chez Rakuten qui fait que je suis ici maintenant en CDI. MajdelineD'accord, tu as été recruté juste après ton stage. Et ça fait combien d'années, du coup que tu es là? PaulÇa fait trois ans et demi, stages inclus. MajdelineDonc aujourd'hui, tu es Product Manager, Qu'est ce que c'est concrètement un Product Manager? PaulConcrètement, un product manager c'est quelqu'un qui va s'occuper d'un produit. Dans le cas de Rakuten, il s'agit de l'expérience d'achat. Cela ne peut pas être un produit par exemple, un téléphone, ce n'est pas ce genre de produits, c'est un produit en tant que service. Donc, dans mon cas, je m'occupe du tunnel de conversion, c'est à dire au moment où la personne va ajouter à son produit en panier, c'est moi qui vais gérer un peu toute l'expérience utilisateur et faire en sorte qu'elle soit la plus fluide possible. Et le Product Manager, c'est la personne qui va être en interface avec tout le monde dans l'entreprise pour sortir les nouvelles améliorations des fonctionnalités sur le site. MajdelinePaul, quel est ton activité et tes missions quotidiennes chez Rakuten ? PaulAlors la première est une des plus importantes, l'élaboration de la feuille de route. Concrètement, la feuille de route, c'est un planning sur les six mois à venir. On est capable de voir d'y les différentes améliorations qui seront apportées à la plateforme. Ensuite, deuxième grande mission, est la communication avec les parties prenantes de chaque projet. Comment ça se concrétise? il s'agit des réunions que j'anime, toutes les deux semaines dans mon cas. Où je vais réunir tous les acteurs concernés par mon produit pour leur dire ce qu'on va faire, ce qu'on a fait, et ce qu'on est en train de faire actuellement. C'est aussi le moment opportun pour eux de remonter certains besoins. Et enfin, la partie assez opérationnelle c'est le temps que je vais passer avec l'équipe de développement. PaulDonc, à savoir que chez Rakuten, il y a plusieurs équipes qui s'occupent de périmètres différents. Une équipe qui va s'occuper de la page d'accueil et de l'expérience de recherche. Mon équipe qui va s'occuper du parcours de paiement et d'inscription sur le site et d'autres équipes qui s'occupent, par exemple des outils qu'on offre à nos vendeurs. Comment cela se concrétise, toutes les deux semaines on se fixe un objectif avec l'équipe de développement. En fonction de la capacité pour développer et de cet objectif, on le suit tous les matins dans une réunion qui s'appelle le Daily. Au cours de cette réunion, on va se dire qu'est ce qu'on a fait hier? Qu'est ce qu'on va faire aujourd'hui? Et quels sont les points de blocage qui pourraient nous empêcher d'atteindre cet objectif? MajdelineC'est la fameuse méthode de SCRUM agile ? PaulC'est ça la méthode Scrum agile, on utilise cette méthode pour la bonne et simple raison que vu qu'on se base sur un rythme toutes les deux semaines, on peut rapidement changer d'avis selon les retours utilisateurs ou même des changements par rapport à la vision qu'on a pour l'entreprise. MajdelineEst ce que tu aurais un exemple concret d'un projet que tu a mené et que tu peux partager avec nos auditeurs pour qu'ils aient vraiment une idée précise de ce que tu fais? PaulLe projet que j'ai mené récemment et dont je suis assez fier, c'est la refonte de l'expérience de notre club de fidélité, le club Rakuten. On a vu une expérience qui commençait un peu à devenir vieille par rapport au reste du marché. Et donc, on a vraiment travaillé avec plus d'une trentaine de personnes sur la refonte de l'expérience axée sur la personnalisation. Le parti pris, c'est si l'expérience utilisateur,la personne qui parcourt le site, se sent bien accueillie sur le site, elle reviendra. PaulC'est la rétention. Comment on a fait ça? On a différents statuts dans ce club là, selon la fréquence d'achat et la fidélité, et on a personnalisé l'affichage selon les statuts. Quelque chose qu'on ne faisait pas auparavant. Et au delà de ça, on a rajouté des nouvelles fonctionnalités qui permettent aux utilisateurs de retrouver sur cette page les coupons promotionnels et les campagnes en cours ou les jeux concours, par exemple. MajdelineQuand tu dis statut, c'est à dire ? PaulDonc les statuts, c'est propres Rakuten, une personne qui va s'inscrire va être un membre regular. Et plus elle va faire d'achat plus elle aura un statut élevé. Dans notre statut, le plus élevé étant le statut platinium qui procure plusieurs avantages en termes de cashback et même d'expérience au global. MajdelineOK, le statut, c'est la fréquence d'utilisation du site Rakuten PaulLa fréquense d'utilsation du site permet donc d'augmenter en statuait. Sachant qu'on a également ajouté un nouveau statut qui récompense les achats de seconde main pour pouvoir aller un peu plus loin et pour encourager l'économie circulaire. MajdelinePaul, la question Gagne Pain : Combien ça gagne aujourd'hui concrètement un Product Manager? PaulAlors, un Product Manager en sortie d'école, on va être sur une fourchette de 37-40 K€ pour un junior. Et après, ça monte assez rapidement je dois dire ce que c'est un métier aussi qui est assez recherché, et sur 3 ans d'expériences on arrive sur du 50-55 K€ brut annuel et après, il y a des opportunités d'évolution vers des postes de CPO, Chief Product Officer. Donc c'est quelqu'un qui va manager, plusieurs product managers. MajdelineDonc c'est la fameuse évolution après le Product Manager, c'est le CPO. PaulLe CPO, Chief product officer, le directeur produit en soi, MajdelineVu que tu as été aussi chef de projet. Quelle est la différence entre un chef de projet et un Product Manager puisque dans ton discours, les deux gèrent aussi des métiers autour de leurs produits? Donc, quelle est la différence? PaulLa différence, je dirais, c'est principalement le fait qu'on utilise la méthodologie Scrum. En tout cas, chez Rakuten par rapport à un Carrefour, où j'étais chef de projet ouverture d'hypermarchés. Où là, on avait un rétro planning et une date d'ouverture de l'hypermarché qu'il fallait absolument respecter. Alors que chez Rakuten, en tant que Product Manager, ça change toutes les deux semaines. Et au delà de ça ce n'est pas qu'un seul projet. Dans l'équipe dans laquelle je travaille on a le parcours de création de compte, le panier, le choix des modes de livraison, le suivi de la livraison et le club Rakuten, donc, c'est vraiment plein de fonctionnalités à gérer en même temps. C'est là dessus où je trouve ça diffère d'une gestion de projet ou on s'attend à un livrable, à une finalité alors le produit, il évolue constamment. PaulC'est d'ailleurs un des rôles du manager, c'est de sortir le minimum de fonctionnalités au départ pour ensuite itérer. Le but aussi de Scrum, c'est l'itération. On sort par exemple la nouvelle page du club, imaginons, on peut juste consulter ces soldes de cagnottes, j'ai par exemple cinq euros a dépensés et j'ai 10 euros en attente. Et le prochain lot, ça va être comme je disais, la visibilité des coupons ou des offres promotionnelles et un autre lot ça pourrait être le fait de partager, une offre à ses amis via les réseaux sociaux. A chaque fois, c'est plein de petites briques. Le Product Manager va rajouter plein de petites briques petit à petit, alors qu'un chef de projet, on va lui demander une tâche précise. C'est ça. C'est comme ça que je décrirais la différence entre un chef de projet traditionnel et un Product Manager. MajdelinePaul, au niveau des compétences, tu m'as parlé tout à l'heure de la communication, de la curiosité. Est ce que tu en d'autres? PaulAlors oui, j'en vois une en particulier. Ce serait de savoir dire non. Ça, arrive souvent. Ça m'arrive presque toutes les semaines. Je dirais une situation où je dois dire non à quelqu'un qui va venir me voir en proposant une amélioration ou même une demande de projet au global. Bon, bien sûr, c'est pas des non catégoriques. C'est aussi une des autres compétences requises. C'est de savoir faire des compromis, de trouver le bon équilibre entre ce qu'on est capable de faire dans la feuille de route, une fameuse roadmap et le besoin de la personne qui vient nous voir. MajdelineEst ce que tu as une tache qui te plaît le moins dans ton travail ? PaulAlors une tâche qui me plaît le moins? Oui, même si elle est essentielle, je dirais, c'est celle de rédiger des comptes rendus qui sont essentiels. Pourquoi? Parce que c'est très important pour la transparence, oui, et cela passe par les comptes rendus. Si c'est écrit, c'est aussi un peu gravé. Donc, ce n'est pas quelque chose que j'apprécie particulièrement. Mais est ce quelque chose d'essentiel. MajdelineEt celle qui te plaît le plus? PaulCelle qui me plaît le plus? C'est pendant la phase de la phase de conception de ces travaux avec les designers. Est ce que c'est vraiment le moment où on voit on voit visuellement le projet se concrétiser et c'est toujours la partie un peu fun à faire et c'est, je pense, une des parties que je préfère dans mon métier, MajdelineTu es quelqu'un de créatif, toi Paul ? PaulAlors j'aimerais penser que oui, je suis peut être pas au maximum de ma créativité, mais il faut aussi un peu de créativité et réussir de temps en temps à penser en dehors de la boîte. J'ai un peu traduit l'expression. MajdelineIl faut savoir se projeter ? PaulC'est ça. C'est un des trucs que j'aime dans ce métier, c'est de pouvoir prendre des risques par rapport à certains choix. Comme des choix sur les fonctionnalités. Et c'est toujours excitant de voir lorsqu'on sort ces projets là. La réaction des utilisateurs qu'on peut mesurer de manière qualitative ou quantitative. On a plusieurs outils qui sont mis à notre disposition pour évaluer ça. MajdelineD'accord, est ce que tu t'adaptes justement aux retours utilisateurs? PaulOui, tout à fait. C'est vraiment clé dans le rôle du Product Manager de s'adapter par rapport aux retours utilisateurs. Ils sont vraiment cruciaux et souvent, ça va être la base de la construction, des améliorations. C'est le retour aux utilisateurs. MajdelinePaul, est ce que tu aurais une anecdote à nous raconter d'une erreur ou d'un évènement qui t'a marqué chez Rakuten? PaulAlors oui, il y en a une dont je suis pas super fier, mais assez marrant à raconter. On venait, on venait de refaire toute toute l'expérience de paiement sur le site et un matin, j'accède à l'outil, de paiement et sans faire exprès, j'ai désactivé tous les paiements par carte pendant un quart d'heure sur le site. Donc, les gens ne pouvaient pas payer avec leur carte bleue pendant un quart d'heure. Autant dire que c'était le pire quart d'heure de ma vie, le plus long. Heureusement, les gens ont retenter le paiement par la suite. PaulMais j'étais quand même un peu perturbé et après j'ai demandé a ce qu'on est ce qu'on revoit un peu l'écran de validation sur le paiement parce que, justement, c'était une erreur de conception dans le sens où il n'y avait pas de demande de validation de changement. Il n'y avait pas d'écran "etes vous sûr ?" c'était instantané. Nous avons donc du coup apporté l'amélioration de l'écran "êtes vous sûr de vouloir changer les paramètres?" et cela évite que le problème se reproduise. Une erreur qui fait qui a découlé sur une amélioration du produit. MajdelineEt c'est là où tu t'es aussi rendu compte que tu avais un impact réel et des responsabilités énormes aussi non? PaulOui, tout à fait. Le Product Manager a la responsabilité de son produit. Dans mon cas, c'était le paiement et j'ai eu la responsabilité sur cette petite erreur. Mais bon, ça s'est bien terminé en soi, mais même beaucoup de stress sur le moment. MajdelinePaul, est ce que tu aurais un exemple de journée type en tant que Product Manager? PaulAlors, une journée type, oui notamment par les rituels agiles. Donc on se retrouve tous les matins avec mon équipe, l'équipe de développement à 9h45 pour le daily pendant un quart d'heure. Ensuite, j'aime bien un peu regarder ce qui se fait un peu ailleurs. Je ne fais pas tous les matins, mais c'est quand même quelque chose que j'aime bien avoir dans ma routine. Donc, regarder un peu les articles sur les boites de tech, etc. Ensuite, je ça va être discuter un peu avec les products designers sur les maquettes en cours de conception et enfin, ça va être allez voir les gens et leurs bureaux. Les parties prenantes les tenir informés, un peu savoir, comment ils perçoivent les évolutions à venir. L'informel est très important. Je trouve quand on travaille en tant que Product Manager. MajdelineEst ce qu'il y a des certifications professionnelles utiles pour ton métier? PaulAlors, il y en a une qui existe. C'est fait par l'Institut Scrum, c'est la certification de PSPO, Professionnelles SCRUM Product Owner, qui permet vraiment d'avoir d'avoir les bases de comment fonctionne une équipe SCRUM. C'est une formation qui est très théorique et qui ne va pas trop non plus stimuler la créativité de la personne. Et pour ce faire, le mieux, c'est vraiment de rechercher sur Google et de lire plein d'articles. Après, je sais qu'il y a de plus en plus de formations qui apparaissent, des formations très courtes et intensives pour apprendre le métier de Product Manager. MajdelineEst ce que tu as des films, podcasts, livres à nous conseiller en rapport avec ton métier? PaulAlors des films, je ne pense pas. J'aimerais bien faire. Je ne sais pas si j'aimerais voir un film, sur mon métier. Je ne sais pas a quoi cela ressemblerait. Il y a un livre que j'ai beaucoup apprécié, qui s'appelle Inspired de Marty Kagan. C'est un livre qui parle de comment ont été conçus les produits que l'on aime tous. De la phase de cadrage, du design jusqu'à la mise en production ou la mise à disposition aux utilisateurs. PaulC'est un livre qui est plutôt pas mal pour se lancer dans ce beau monde qu'est le product management. Et ensuite, un format que j'apprécie particulièrement, c'est la vidéo d'une entreprise de consulting produit qui s'appelle "Wivoo". Ils font justement des émissions sur Twitch qui s'appelle "l'After Produit" ou à chaque fois, ils invitent des gens du produit à parler de leur expérience, faire des retours d'expérience. Et c'est un format que j'aime bien. MajdelineD'accord, je mettrais les deux références dans les notes du podcast Paul pour conclure. Est ce que tu aurais des conseils à donner à des jeunes diplômés ou étudiants qui se renseignent sur ce métier et qui voudraient peut être faire un stage ou se lancer? PaulAlors oui, je pense y un premier conseil que j'aurais, c'est si vous postulez en tant que product manager : connaissez le produit pour lequel vous postulez ! C'est essentiel de pouvoir se projeter et de se dire OK. Moi, ce produit, j'aimerais bien l'améliorer de telle ou telle manière. Ensuite, je conseille de lire beaucoup de choses sur le product management et enfin, et c'est un peu lié à l'aspect curieux que je mentionnais auparavant, c'est d'avoir l'œil ouvert sur toutes les expériences utilisateurs qu'on va rencontrer. Ça peut être le site pour déclarer ses impôts, la caisse automatique au supermarché ou son service préféré de streaming. Se poser la question : comment l'expérience pourrait être encore meilleure? Et comment je voudrais améliorer cette expérience? C'est vraiment un peu cet œil critique, MajdelineSe mettre dans la peau de l'utilisateur ! PaulC'est vraiment tout à fait ça. Et quand je dis aspect critique autant positifs que négatifs. C'est pour moi les trois points, les trois conseils que je donnerais à quelqu'un qui veut se lancer dans ce monde là. MajdelineEh bien, merci Paul. Qu'est ce qu'on peut te souhaiter pour l'avenir? PaulDe continuer à tester des centaines de choses auprès de million d'utilisateurs. Ça, c'est vraiment une chance que j'ai chez Rakuten c'est que nous avons plus de 10 millions de membres et chaque fois qu'on lance quelque chose, on voit tout de suite voir les résultats et j'aime beaucoup tester plein de choses. Et un jour sans tester, c'est un jour gâché. C'est ce qu'on se dit chez Rakuten dans l'équipe produit. MajdelineC'est une belle fin d'interview, Merci beaucoup à bientôt. PaulMerci à bientôt. L'épisode 17 du Gagne-Pain, métier "Product Manager", est également disponible sur : ### Cheffe de projet digital – Noémie Christopher Épisode 16 : Noémie Christopher, Cheffe de projet Digital. Dans cet épisode, nous recevons Noémie, Cheffe de projet digital. Noémie nous explique comment elle en est arrivée à choisir ce métier, ce qu'elle aime dans son quotidien mais également les avantages de ce métier. Merci à Noémie, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Noémie Christopher – Profil Linkedin Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 16 : BertrandBonjour Noémie, Noémie, on va parler avec toi du métier de chef de projet digital. On est vraiment ravis de partager ce moment avec toi pour expliquer ça à nos auditeurs, mais avant, j'aimerais bien que tu te présentes et que tu nous explique un peu qui tu es. NoémieDonc, je suis Noémie. J'ai 27 ans, je suis chef de projet digital. Je suis originaire de la Guadeloupe. Je dirais que mon parcours est un peu atypique parce que rien ne me destinait particulièrement à faire ce métier. Donc, j'ai un bac L que j'ai effectué en Guadeloupe. J'ai ensuite poursuivi avec une classe préparatoire pendant trois ans que j'ai également effectuée en Guadeloupe. Et puis, je me suis posé la question qu'est ce que j'allais faire plus tard, donc, après ses études littéraires?Donc, j'ai donc décidé de passer les concours d'école de commerce et c'est ainsi que je suis arrivé en France dans une école de commerce où j'ai découvert réellement le marketing digital. BertrandEt donc, c'est la métropole, d'une certaine manière, qui t'a fait découvrir le métier de chef de projet digital? NoémieExactement. Bien sûr. Étant jeune, j'utilisais les réseaux sociaux. J'avais totalement conscience du monde qui m'entoure et de l'essor du digital. Mais c'est vraiment en école de commerce que j'ai eu l'occasion d'y travailler et d'en faire mon métier aujourd'hui. BertrandNoémie, est ce que tu peux nous parler de ton parcours professionnel, des stages, des alternances, des premiers jobs? NoémieJ'ai tout d'abord effectué un stage, puis j'ai basculé sur l'alternance et j'ai pu décrocher mon premier job juste après. Mon premier stage était stage à Londres pendant six mois en tant que community manager. En revenant en France six mois après, j'ai pu décrocher donc une alternance de deux ans dans un grand groupe de recrutement où là, pour le coup, j'ai été recrutée sur un poste de chef de projet, BertrandDéjà chef de projet ? NoémieC'est ça que j'avais toutes les responsabilités et les missions qui m'étaient déjà confiées. Ce qui m'a permis très vite, après cette alternance, de trouver mon premier CDI, donc dans une agence web média pure player. BertrandExcellent, et donc maintenant, aujourd'hui, est ce que tu peux nous dire où tu travailles, est ce que tu fais ? NoémieAujourd'hui, je suis chef de projet digital dans une agence web spécialisée en marque employeur et j'accompagne mes clients dans toute la problématique de sites web et de communication plus spécifiquement dédié envers les employés et les candidats. BertrandMarque employeur, juste pour bien comprendre et bien expliquer à ceux qui nous écoutent. Qu'est ce que ça veut dire? NoémieC'est comme une marque produit, mais qui est spécifiquement développée pour vanter les mérites de l'entreprise auprès de sa cible. Employés et candidats, donc ceux qui veulent recruter. BertrandD'accord, donc, c'est vraiment la marque pour recruter. Noémie, est ce que tu peux nous nous décrire les missions d'un chef de projet digital? NoémieLa première phase, ça va être la phase de récolte et de cadrage. La seconde mission, ça va être la définition des coûts et du planning. Ensuite, on va arriver en phase de production et on va terminer par la livraison finale. BertrandDonc, la collecte, le cadrage, comme on dit, qu'est ce que c'est exactement? Qu'est ce qu'on fait là dedans? NoémieÇa va être la définition technique et fonctionnelle du besoin, c'est à dire qu'on va vraiment rédiger et s'assurer qu'on a bien défini ce que le client attend de nous. BertrandDonc, c'est un vrai échange avec le client pour bien comprendre ce qu'il veut et répondre concrètement par écrit d'abord à ce qu'il veut. NoémieC'est ça. On va poser toutes les questions nécessaires et on va s'assurer qu'on a toutes les cartes en main pour pouvoir passer en phase de planning et de coûts et ensuite en phase de production. BertrandDonc, la deuxième phase, c'est celle de planning et de coûts dont on vient de parler. Donc là, ça veut dire on va dire en interne cette fois, combien ça coûte. NoémieC'est ça, on va dire combien ça coûte aux clients et surtout, combien de temps ça prendra. Et si on a relevé des choses, on va aussi les partager à ce moment là. BertrandDonc, ça veut dire que la première phase est vraiment orientée vers le client. La deuxième, elle, est beaucoup plus orientée vers l'entreprise pour organiser ce qui va se passer dans l'entreprise. BertrandEt après? Il y a une troisième mission dont tu parles, qui est la phase de production. NoémieOui, donc, là, c'est la phase la plus importante. On a le plus de boulot, c'est à dire toute la partie développement. Donc, je fais le suivi avec les équipes, par exemple créatives, qui vont faire les maquettes et les design, et les développeurs qui vont créer la solution créer l'outil. BertrandDonc là, on est là aussi très orienté interne dans ton entreprise, il faut travailler avant la quatrième phase. qui est la phase de ? NoémieLa livraison, on va livrer le travail, donc le produit fini. Donc théoriquement, le site Internet. Et il y aura aussi avant tout une phase de recette. Donc, c'est à dire à la phase de test, on va s'assurer que tout fonctionne correctement. BertrandC'est un mot qu'on emploie souvent en informatique. La recette, ça n'a rien à voir avec les recettes de cuisine. Qu'est ce que ça veut dire? La recette? NoémieAlors, ce sont des tests qu'on va mettre en place, des plans de tests, c'est à dire on va se mettre dans la peau de l'utilisateur et on va dire si on fait tel parcours sur le site Internet, on est censé avoir un tel résultats et s'il y a un bug de cette façon, on pourra le repérer et corriger. BertrandD'accord, donc, on est vraiment en phase avant la mise en place opérationnelle afin de tester en conditions réelles, mais en train de tester. Noémie, pourquoi avoir choisi ce métier de chef de projet digital? NoémieJ'ai choisi ce métier parce que je voulais un métier où il n'y pas de routine, où je puisse continuer à apprendre des choses. Et c'est le cas. Forcément, en travaillant dans le digital, les clients sont assez exigeants. Ça nous pousse toujours à progresser et à apporter de nouvelles idées. Et la raison que je préfère, c'est parfois je fais face à des clients qui sont vraiment des pointures dans leur domaine, qui sont vraiment des spécialistes de certains secteurs d'activité. Et malgré tout, j'arrive à leur apporter quelque chose de par mon expertise et les besoins pour lesquels ils font appel à mon agence. Donc c'est vraiment cool. BertrandDonc, il y a quand même aussi cette idée de rencontre, d'échange, de partage. Et ça fait partie du métier de chef de projet digital ? NoémieOui a 100 pourcent . On est totalement tout le temps, à tout moment, dans le partage d'idées, d'expériences, de compétences. Et c'est vraiment ça qui fait le cœur du métier de chef de projet digital. BertrandExcellent, pour ceux qui nous écoutent. Quels sont les trois principales compétences qu'il faut pour faire ce job? NoémieJe dirais la rigueur, la curiosité et la communication. Donc la rigueur, parce que forcément, c'est des métiers qui demandent beaucoup d'organisation, parce qu'il y a beaucoup de parties prenantes autour d'un même sujet. La curiosité, parce qu'il faut aimer aller vers les autres, poser des questions et s'enrichir. Et la communication, parce qu'il faut être un bon communicant et pouvoir partager le savoir autour de soi. BertrandTu as mis la rigueur, Noémie, comme première qualité. Ça veut dire que cette notion là, il faut vraiment l'avoir, pour être chef de projet, il faut organiser les choses. Il faut être une sorte de chef d'orchestre pour que ça fonctionne. NoémieOui, c'est ça que la notion de chef d'orchestre représente tout à fait ce métier. La rigueur, c'est peut être la qualité la plus difficile à obtenir, mais il faut l'acquérir. Et ça se fait au fil du temps. BertrandÇa se travaille au fil du temps, alors QGP, la question Gagne-Pain. Combien ça gagne combien un chef de projet digital ? NoémieLes salaires commencent entre 30 et 35 K€ brut par an, ça varie énormément entre ceux qui travaillent en agence ou chez l'annonceur. C'est à dire directement chez l'entreprise, et on peut espérer évoluer assez rapidement entre 40 et 45 K€. Et encore plus si on a des fonctions de manager. BertrandMerci Noémie. Quel est le plus grand défi que tu as eu à relever dans ce métier? NoémieC'était lors de ma première expérience professionnelle. J'ai dû reprendre au pied levé un projet qui avait déjà été lancé. C'est une expérience qui aurait pu être traumatisante, mais j'ai essayé le plus possible de garder mon calme et de faire les choses. Et aujourd'hui, dans mon agence actuelle, c'est une remarque que l'on me fait souvent que je garde toujours mon calme. BertrandTu sais garder ton calme. Ça se sent d'ailleurs dans cette interview, est ce que garder son calme c'est aussi une qualité importante pour un chef de projet ? Il ne faut pas céder à la panique ? NoémieOui, il faut surtout pas céder à la panique. Qui peut être le stress du client ou les pressions qu'on a en interne, dû au fait qu'on manque parfois de temps de développeurs. Il faut vraiment savoir garder la tête froide, si on peut dire BertrandDans les tâches quotidiennes. Noémie, quelles sont celles qui te plaisent le plus et celles qui te plaisent le moins? NoémieParmi celles qui me plaisent le plus, c'est toute la partie créative. Vraiment de création va faire des brainstorming avec les équipes de designer pour proposer des projets innovants. Et ce qui me plaît le moins, ça va être la partie vraiment administrative, planning gestion des tâches. BertrandEst ce qu'il y a une grande surprise dans ce métier? Est ce qu'il y a quelque chose qui t'a vraiment surpris par rapport à ce que tu imaginais du métier avant de le faire? NoémieAlors en termes de mission? Ça correspond tout à fait à ce que je m'étais imaginé. De par mon expérience, c'est mon alternance. Ce que j'avais peut être sous estimé, c'est la pression que peut engendrer ce métier et où je pense qu'il est vraiment important de pouvoir et de savoir garder son calme. BertrandDonc, ça veut dire que cette notion là que tu as en toi, qui se sent garder son calme, c'est important pour le métier de chef de projet? NoémieOui, tout à fait. BertrandNoémie, quelle est la journée type d'un chef de projet digital? NoémieMa journée commence avec un meeting avec les équipes de développeurs, de chefs de projet qui sont à Londres. Par la suite, je vais faire un brief créatif avec les designers. Ensuite, je vais enchaîner avec des calls clients et je vais terminer sur toute la partie remontée de bugs, anomalies et gestion des plannings. BertrandD'accord, donc, c'est une journée déjà bien remplie. Si je comprends bien. NoémieOui. BertrandLes réunions que tu as avec tes collègues à Londres, elles se passent déjà en anglais. NoémieOui, tout est en anglais. Notre agence est une agence internationale, donc nous sommes l'agence française. Mais le gros des équipes sont anglais ou anglophones. BertrandDonc, ça veut dire que l'anglais est un élément important dans la mission d'un chef de projet digital? NoémieTout à fait parce que la plupart des outils sont en anglais et surtout lorsqu'on travaille avec certains clients qui sont des filiales de grands groupes. A un certain niveau, on se retrouve à devoir parler anglais ou en tout cas comprendre l'anglais. BertrandEt donc, ça veut dire qu'aujourd'hui, après cette première expérience de stage dont on nous a parlé tout à l'heure en Angleterre, à Londres. Maintenant, tu a un niveau d'anglais professionnel complet. NoémieJe ne dirais pas que je parle couramment anglais, mais en tout cas, oui, j'utilise l'anglais tous les jours. Donc, si c'est suffisant pour faire mon métier. BertrandEst ce que tu peux nous indiquer quelles seraient les bonnes formations pour pour ceux qui nous écoutent et qui voudraient faire ce métier de chef de projet digital? NoémieAlors, le plus simple sera de faire une école de commerce, qui propose des parcours digitaux. Ensuite, si vous voulez vraiment vous spécialiser dans certains domaines, il serait plus intéressant de faire une école d'ingénieur ou d'avoir un background de développeur. BertrandD'accord. Et ce background, on peut aussi l'avoir, l'acquérir avec des certifications. Il y a des certifications professionnelles qui sont utiles pour ce métier de chef de projet ? NoémieOui, il peut avoir les certifications Scrum qui sont vraiment relatives à la gestion de projet. Donc, c'est tout ce qui est méthodes agiles. Et les certifications qu'offre Google sur les outils Google. BertrandQuel est le mode de vie type d'un chef de projet digital? Quand on pose cette question, c'est pour comprendre le télétravail, le travail à Paris ou en région. Comment ça se passe? Est ce qu'on peut vraiment télétravailler complètement pour ce métier? NoémieOui, on peut faire ce métier 100% en télétravail. Il faut quand même savoir qui a plus d'offres sur Paris qu'en régions. Donc, on peut habiter en région et travailler et avoir son entreprise sur Paris. BertrandEt pour l'entreprise pour laquelle du travail? Compte tenu des origines guadeloupéennes dont tu nous as parlé tout à l'heure, est ce qu'on pourrait imaginer faire ce métier depuis la Guadeloupe. NoémieOui, ça, c'est mon rêve, serait d'avoir mon entreprise sur Paris, de travailler toute l'année en Guadeloupe. BertrandD'accord, donc, on sent quand même que t'as envie d'y retourner un jour. NoémieOui, un jour, c'est sûr. BertrandY a t il une différence entre le métier que tu fais et celui que tu imaginais? C'est à dire est ce qu'il y a des grosses différences entre ce que tu avais en tête et ce que tu fais vraiment concrètement? NoémieNon, pas vraiment, je fais ce pour quoi je me suis formé, ce qui a dépassé peut être mes attentes. Ce sera les entreprises avec lesquelles j'ai travaillé. Je travaille avec des entreprises auxquelles je n'aurais jamais imaginé et pour lesquelles je n'aurais jamais imaginé travailler un jour. BertrandC'est la diversité des entreprises, la qualité des contacts dont tu parlais tout à l'heure. Noémie, quelles seraient tes tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui voudraient faire ce métier de chef de projet digital? NoémieAlors, il faut savoir que le digital recrute beaucoup, notamment dans les ESM, les Entreprises de Services Numériques et en agence. Donc, il faudra faire votre choix entre les agences généralistes et les agences spécialisées dans un secteur comme par exemple celles où je suis… BertrandExcellent, donc il y a du boulot pour les chefs de projets digitaux? NoémieTout à fait. C'est vraiment un métier en plein essor. BertrandJ'ai vu dans ton CV que tu avais fait de la photo, j'aimerais bien que tu nous raconte un peu le prix que tu as gagné en faisant de la photo et que tu nous parle un peu de cette expérience photo. NoémieOui, donc, lors de mon école de commerce, j'ai participé à un concours avec le concours Express. Donc on a dû rédiger un magazine sur notre ville et j'étais responsable photo. Donc j'ai dû recueillir toutes les photos du magazine et nous avons gagné un prix lors de la cérémonie qui était le prix photo. BertrandExcellent et tu en garde un attachement particulier pour la photo. Ça reste quelque chose d'important pour toi? NoémieOui, ça reste quelque chose que j'aime beaucoup, notamment la photo de journaliste. C'est un métier que j'ai toujours rêvé de faire, le journalisme. Donc oui, c'est quelque chose qui reste un de mes loisirs. BertrandExcellent. Est ce que tu aurais des choses que tu voudrais ajouter pour ceux qui nous écoutent? Quelles seraient tes conseils? NoémieDe rester curieux, de toujours s'informer sur les nouvelles tendances, les nouveaux outils. C'est quelque chose qui sera toujours utile. BertrandIl faut regarder ce qui se passe pour comprendre ce qui se passe autour de soi parce que le digital bouge beaucoup, c'est ça ? NoémieExactement, et les clients suivent les tendances, donc ils demandent souvent de l'expertise et des retours. BertrandEst ce qu'il y a des évolutions? Et toi, quelles évolutions tu envisages dans ce métier de chef de projet? NoémieAlors moi, j'aimerais beaucoup devenir manager et partager avec d'autres ce que moi j'ai pu apprendre. BertrandDonc, continuer ce que tu fais, mais le faire avec d'autres et pour d'autres, NoémieC'est ça. Tout a fait BertrandMerci beaucoup, Noémie, d'avoir partagé tous ces conseils, toutes ces expériences avec nous. A très bientôt. L'épisode 16 du Gagne-Pain, métier "Cheffe de projet Digital", est également disponible sur : ### Le métier de recruteur – Hélène Ly Hélène LY, professionnelle du recrutement IT Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Dans ce deuxième atelier, nous sommes heureux de recevoir Helene LY, formatrice de recruteurs et recruteuses IT. Helene nous dévoile dans ce podcast, son parcours, son quotidien afin de découvrir les tips pour réussir un entretien dans ce secteur. Merci à Helene pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Hélène LY – Profil Linkedin Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 15 : BertrandMerci beaucoup d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Comment vous présenter Hélène ? Hélène et entrepreneuse. Elle est formatrice de recruteurs et recruteuse. Elle a publié, entre autres "recruteurs, 80 questions pour réussir votre entretien". Elle est blogueuse influenceuse. Elle a été Top Voice 2020 sur LinkedIn. J'ai rien oublié, Hélène ? HélèneJe pense que c'est bien complet. Bertrand, j'ajouterai simplement que ma spécialité, c'est la formation des recruteurs et des recruteurs dans la tech. Bertrandl'Atelier du Gagne-Pain a pour objectif de proposer des conseils aux jeunes pour les aider à trouver un job, notamment dans le digital. On est au cœur du sujet et si tu es d'accord, j'ai prévu cet entretien en quatre parties, une première partie sur les conseils pratiques. Qu'est ce que tu peux apprendre aux jeunes qui nous écoutent pour trouver un job? Des conseils tactiques? Quels secteurs ? Quelle entreprise ? Les opportunités qui se présentent avec la pandémie ? Et ce que ça a changé pour le recrutement. BertrandEt puis les métiers de recruteur dans la tech. Sur ce sujet, tu es une grande spécialiste, donc on essaiera de s'arrêter un peu parce que c'est aussi un métier qui recrute. Alors pour commencer, j'aimerais t'interroger sur sur tes conseils pratiques. Les conseils pratiques, c'est un peu les astuces, le CV, le profil. Préparer ce rendez vous. Qu'est ce que tu peux dire pour que ceux qui nous écoutent se démarquent lors d'un entretien? HélèneMoi, le premier conseil que j'ai, c'est prenez les conseils qui vous paraissent pertinents. HélèneNe vous escrimez pas à vouloir tout appliquer parce qu'il y a tellement de choses. On voit tellement de conseils qui sont parfois contradictoires que moi, je vois souvent des jeunes, notamment, qui se sont perdus, qui se disent il faut absolument que je fasse tout ce qu'on m'a dit. Sauf qu'à un moment, ça fait trop. Ça fait trop, ça rentre pas. BertrandEt donc, ça veut dire qu'il faut quand même avoir en tête que c'est quelque chose de simple. Un CV, ça doit être lisible. Ça doit être clair sur une page. C'est quand même des choses qui fonctionnent ca ? HélèneExactement, une règle que je donne souvent aux étudiants que j'accompagne, c'est de leur dire. N'oubliez pas que le titre d'un CV, ce n'est pas votre prénom et votre nom. Le titre d'un CV, c'est l'intitulé du job que vous visez. BertrandDonc, ça veut dire un CV personnalisé déjà. HélèneUn CV personnalisé qui va changer en fonction de l'entreprise et de l'annonce à laquelle on répond. Qui ne va pas toujours avoir le même intitulé de Job. Et puis, quand on dit personnalisé, les gens ont du mal à comprendre ce que ça veut dire. Ils se disent Je vais juste changer le titre de poste à chaque fois. Mais ça veut dire aussi mettre en avant certaines compétences, différentes d'un poste à l'autre, mettre en avant les fameux Soft Skills d'un poste à l'autre parce que ça ne va pas tout à fait demander les mêmes choses. BertrandSoft Skills ? On en parle souvent, qu'est ce que tu aurais à dire pour expliquer aux jeunes qui nous écoutent? D'abord ce que c'est qu'un soft skills, ce que c'est que les soft skills et comment ils peuvent le mettre en avant dans leur profil, dans leur CV. HélèneAlors déjà, pour expliquer ce que c'est les Soft Skills. Aujourd'hui, pour schématiser, on va avoir les Hard Skills qui sont des compétences métier, qui sont des compétences techniques. Si, par exemple, je prends le recrutement, faire du sourcing, c'est à dire chercher des CV, c'est un Hard Skills. HélèneC'est une compétence liée au métier de recruteur. Un Soft Skills, c'est davantage une compétence comportementale, une qualité, un trait de caractère, éventuellement, qui va être utile pour un poste, mais qui va être utile, de manière générale, dans ton job, dans ta vie professionnelle et qui est propre en général à toi. Donc pour un jeune, le premier conseil que je donne parce que souvent, les jeunes me disent mais moi, je ne sais pas ce que c'est mes Soft Skills. HélèneEn fait, on en a tous et on les connait pas parce qu'on n'a pas l'habitude de les mettre en avant, d'en parler. Premier conseil demandez aux autres comment ils vous perçoivent. BertrandBonne question. HélènePar exemple, vous allez prendre, je ne sais pas, une feuille de papier. Vous avez noté 10 des adjectifs : autonome, débrouillard, curieux, inventif, créatifs, polyvalents, etc. Et puis, vous allez donner ce papier à votre entourage, à vos amis, votre famille et vous allez leur dire. Est ce que tu peux entourer les cinq adjectifs qui me correspondent le plus? BertrandExcellent, ça c'est un bon conseil pratique, simple, qui permet de mettre les Soft Skills dans son CV. Et une deuxième question qui revient souvent, qui est : je n'ai pas beaucoup d'expérience. Comment est ce que je mets ces expériences et petites expériences en valeur dans mon CV, dans mon parcours. HélèneAlors déjà, quand on est débutant, il n'y a pas de petites expériences parce qu'une petite expérience, quand on débute, c'est une expérience, un stage, c'est une expérience, un job d'été, c'est une expérience. Un hobby par exemple, quand on fait du sport, de la musique. C'est une expérience. La seule chose, c'est comment je vais le présenter pour en tirer quelque chose pour un recruteur. Je vais donner un exemple très concret. HélèneJ'ai souvent des jeunes ou moins jeunes d'ailleurs, qui vont parler de leurs centres d'intérêt dans leur CV. Et par exemple, j'ai en tête l'exemple d'un jeune qui a mis pratique du basket depuis dix ans. OK, c'est intéressant. Sauf qu'en creusant un peu avec lui en l'interrogeant, il m'explique que ça fait 10 ans qu'il fait du basket, mais qu'en plus, depuis trois ans, tous les week-ends, il entraîne une équipe de jeunes qu'ils les accompagne dans des tournois, qui les motive, etc. HélèneEt là-dedans, c'est bourré Soft Skills BertrandBen oui, forcément. HélèneForcément donc, comme je n'ai pas beaucoup d'expérience quand mon CV un petit peu light, quand je suis jeune, je vais développer cette partie là. Et donc, plutôt que de mettre hobby pratique du basket depuis dix ans, je vais développer un petit peu et je vais en tirer les Soft Skills qui peuvent être intéressants pour un poste. BertrandSi on passe sur les conseils un peu tactiques, tu avais envie de parler beaucoup de LinkedIn, donc on peut peut être s'arrêter là dessus parce que c'est à la fois tactique, mais c'est évidemment très important de compléter son CV avec un profil LinkedIn et pas seulement un profil LinkedIn. Tu vas nous nous dire ce que tu en penses? HélèneEffectivement, c'est un très bon conseil de dire qu'il faut aller sur LinkedIn. Pour moi, aujourd'hui, c'est probablement le réseau incontournable, pas uniquement réseau professionnel. Je le vois comme un vrai réseau social, donc je pense que c'est évidemment important d'avoir un profil. Mais au delà d'avoir un profil, LinkedIn c'est une mine d'or d'informations. Moi, j'ai l'âge que j'ai quand j'ai commencé à faire mes études, quand j'ai quand je suis arrivé sur le marché du travail. HélèneSi j'avais eu LinkedIn, mais je pense que ça aurait tellement changé ma manière de chercher. En fait, aujourd'hui, c'est un accès à tellement d'informations à la fois sur les entreprises, leur actualité et les entreprises qui recrutent. On peut s'abonner à des pages d'entreprises pour suivre leur actualité, voir ce qu'elles font éventuellement des offres d'emploi qui ne vont pas être diffusées ailleurs, qui vont pas être diffusées sur sur des sites d'emploi ou autres. Ça va être aussi la possibilité de suivre l'actualité LinkedIn à une rubrique actualité à laquelle on peut s'abonner. HélèneÇa va être aussi des hashtags. Donc, tous les hashtags qui peuvent être intéressants, qui vont être liés à un job ou à un secteur qui nous intéresse. Des groupes aussi, dans lesquels on peut rencontrer des gens avec lesquels on peut échanger. Et par exemple, récemment, il y a moins d'un mois, je crois, LinkedIn a publié un top des entreprises qui recrutent en 2021. Il n'y a pas mal de start up, mais pas que. HélèneEt ça, c'est des informations qu'on va, qu'on trouve ailleurs, mais elles sont toutes regroupées sur LinkedIn. Donc c'est un excellent moyen de faire de la veille et de se renseigner sur l'actualité du secteur des métiers qui nous intéresse. BertrandDonc là, tu es déjà en train de parler de toutes les possibilités qu'offre LinkedIn. Mais avant, il faut quand même rappeler qu'il faut un profil, il faut un réseau. Il y a quand même peut être des petites choses qu'il faut rappeler pour être sûr que tout le monde est bien en tête avant de passer à cette version LinkedIn, c'est une source d'information extraordinaire. Il faut déjà être prêt. HélèneBien sûr, la base de la base, c'est quand même de créer un profil, parce que de toute façon, si on veut avoir accès aux informations qui sont sur la plateforme, il faut se créer un profil. HélèneAprès, je vois beaucoup de gens qui créent un profil et qui n'en font rien du tout. Donc déjà, créer un profil, ça veut dire créer un profil aussi complet que possible. Toutes les rubriques doivent être complétées. On va mettre une photo qui nous correspond, une photo qui nous met quand même en valeur professionnelle, si possible une bannière. Toutes les infos qu'on va pouvoir compléter. Pourquoi pas demander des recommandations? Tout à l'heure, tu me demandais pour les jeunes comment on fait quand on n'a pas beaucoup d'expérience. HélèneÇa peut être aussi solliciter des recommandations, solliciter des recommandations. Pourquoi pas solliciter des recommandations d'anciens professeurs, de tuteurs de stages? Des gens qui vous ont vu dans d'autres situations que ce que simplement un étudiant qui est en train d'apprendre. BertrandÇa peut être le sport, ça peut être la musique, les activités en dehors de l'activité professionnelle. HélèneExactement parce que ça parle de nous, parce que ça va mettre en avant qui on est et ça peut être aussi des compétences qu'on a développées. D'ailleurs, on peut mettre jusqu'à 50 compétences sur LinkedIn, donc autant en profiter. Ça, c'est l'idée de faire un profil complet, mais un profil complet si on en fait rien du tout. Ça ne sert pas à grand chose, on fait un profil complet, il va permettre derrière d'exploiter la plateforme, donc ça veut dire quoi pour moi aujourd'hui? HélèneLinkedIn, c'est un outil qu'on peut utiliser de trois manières et je dirais que c'est un peu graduel. L'idée, c'est de commencer, par exemple par réagir. Donc réagir, ça veut dire quoi? Ça va être? Je suis quelqu'un, je trouve que son contenu est intéressant. Je vais aller lui mettre une réaction : un petit pouce, un petit bravo... BertrandC'est ce qu'on fait déjà, ce que font nos auditeurs en allant sur Instagram et en mettant un pouce sur sur les publications qu'ils voient pareil. HélèneExactement, c'est la même chose sur linkedIn. J'aime quelque chose, j'y réagi. Premier niveau d'interaction sur la plateforme. Le deuxième niveau, ça va être le commentaire. Et je pense que les gens n'ont pas conscience à quel point le commentaire est puissant. Commenter un contenu de quelqu'un, c'est non seulement lui donner une certaine visibilité, mais c'est aussi se donner à soi même de la visibilité parce qu'on va parler de son point de vue. On va donner un point de vue, on va réagir sur un contenu, on va dire ce qu'on en pense, qui on est, etc. HélèneDonc, il faut faire évidemment attention à ce qu'on écrit, se relire essayer de pas faire trop de fautes. Mais on a un gros potentiel parce que on va pouvoir commenter le contenu de quelqu'un d'autre sans avoir soi même à chercher une idée de contenu. Mais tout en étant capable de donner de la valeur ajoutée à un point de vue des idées, se positionner... BertrandÇa peut être un parallèle avec la participation en classe. Je participe, je pose une question, j'interagis dans la classe, mais là, c'est un peu pareil,  je j'interagit  dans une publication qui m'intéresse. HélèneExactement, je vois un sujet qui m'intéresse. Je vois des gens qui ont l'air sympa. Je vais aller discuter avec eux parce que j'ai des choses à dire sur le sujet. BertrandC'est aussi un moyen de se faire repérer HélèneComplètement, et en plus, dans les commentaires, il peut y avoir plein de gens qu'on n'aurait peut être pas rencontrés ailleurs et qui vont voir. Ça peut être des recruteurs, ça peut être des entreprises, ça peut être des gens qui font un job que vous ciblez et donc c'est un très, très bon moyen de rentrer en contact avec les gens. Et puis, le dernier point, le point ultime... HélèneC'est le fait de créer sa propre publication, son propre contenu, donc de créer son post. Aujourd'hui, on en parle beaucoup. Il y a à peu près 1% des gens qui se sont inscrits sur LinkedIn qui créent du contenu. Maintenant, attention, publier pour publier, ça n'a pas de sens. Il faut déterminer à qui on a envie de s'adresser. Pourquoi je vais publier aujourd'hui? À quoi ça va me servir? Qu'est ce que j'ai à dire et à qui je vais le dire? HélèneParce que si je m'adresse à des entreprises ou à des recruteurs, je ne vais pas faire le même post que si je m'adresse. Je ne sais pas à des collègues ou à mes amis, etc. Il y a quand même une réflexion à avoir sur ce que je vais publier. Mais là, effectivement, c'est vraiment le niveau maximal d'interactions sur LinkedIn c'est de créer sa publication pour créer une audience, engager une audience. Et l'idée, ce n'est pas forcément de faire un buzz ou de faire un post qui cartonne, mais de faire un post qui est lu par les personnes qui vous intéressent. BertrandEt puis, ça permet aussi de montrer son intérêt sur tel ou tel sujet. On parle du digital, je ne sais pas, je suis spécialiste SEO,  je vais parler de SEO, je vais commenter ce que fait Google. Donc, on peut apporter sa petite pierre à l'édifice. HélèneExactement. Et alors? Une petite précision, ça peut être de partager un article. On peut partager des articles, on peut partager des liens sortants sur LinkedIn. Par contre, c'est vrai que le partage aujourd'hui, ce n'est pas forcément quelque chose qui est très, très mise en avant par LinkedIn. Donc, si je veux créer une publication, par exemple, j'ai vu un contenu qui m'intéresse sur LinkedIn. Imaginons Bertrand, tu partages quelque chose qui m'intéresse. J'ai envie de le mettre en avant plutôt que de cliquer sur Partager mon post. HélèneJe vais reprendre le lien de ce que tu as partagé. Je vais créer ma propre publication et je vais expliquer aux gens pourquoi je partage ça. BertrandOK, ça, c'est une bonne petite tactique pour être mieux valorisé par les algorithmes de LinkedIn. HélèneExactement. BertrandAlors tout à l'heure, on a dit que on allait parler du métier de recruteur puisque toi, tu es formatrice de recruteurs dans la tech, dans le digital, dans l'IT, comme on disait précédemment, est ce que tu peux nous expliquer d'abord ce métier, ce que tu fais? Et puis, qu'est ce que ça veut dire, ce métier? Ce qu'il y a aussi des opportunités dans ce métier là ? HélèneAlors c'est un métier que je connais bien puisque moi même, j'ai été recruteuse IT pendant sept ans. HélèneJe forme donc des recruteurs dans ce domaine. En fait, pour une raison simple, c'est qu'en gros, les recruteurs tech ou les recruteurs IT sont des recruteurs qui travaillent dans des entreprises. Peu importe les entreprises d'ailleurs, mais dans des entreprises qui recrutent des profils plutôt très techniques. Alors on veut surtout parler de développeurs. Pas mal de métiers dans l'infrastructure, les systèmes, les réseaux, la cybersécurité. Et puis, de plus, la data. HélèneEt en fait ce qu'on sait très peu, c'est que la plupart des recruteurs qui arrivent dans ces domaines là, non absolument pas de formation sur la Tech elle même. C'est dire que ce sont des recruteurs qui, pour certains, ont tout cas pour une majorité d'entre eux, ont un cursus RH ou école de commerce assez classique et ils ne connaissent pas les métiers pour lesquels ils sont censés recruter. BertrandDonc, ce sont des bons techniciens, mais ils connaissent pas forcément le métier en lui même. HélèneExactement, en fait, ils n'ont pas de vernis technique. Ils n'ont pas le vernis technique et ça peut créer des tensions très, très fortes avec les candidats qui en fait souvent vont dire. Mais de toute façon, les recruteurs ne servent à rien puisqu'ils ne comprennent pas mon job. BertrandEt donc, toi, ton métier, c'est de former ces recruteurs et donc ces recruteurs. C'est plutôt là aussi des jeunes. Donc ça veut dire que là aussi, il y a des opportunités pour recruter, pour être formés, pour recruter dans le digital. HélèneEffectivement, c'est plutôt des jeunes parce que le métier de recruteur est encore un métier de débutant. On fait encore très souvent parce que c'est un métier qui est réputé assez simple. Donc, ça a ses avantages et ses inconvénients, on va dire. Le gros avantage, c'est qu'effectivement, c'est un métier qui est ouvert aux jeunes diplômés. Et même c'est un métier qui est ouvert avant d'avoir validé un diplôme, puisqu'on peut y accéder, par exemple en alternance. HélèneMoi, je forme régulièrement des recruteurs qui sont encore pour certains en alternance ou qui viennent tout juste d'être diplômés. Et donc, c'est un vrai métier qui peut être accessible quand on est jeune. L'inconvénient, comme je disais tout à l'heure, c'est que on arrive souvent dans un domaine où on n'est pas formé, pas forcément bien accompagné, donc, il faut avoir beaucoup de curiosité et beaucoup de débrouillardise. BertrandEt c'est pour eux que tu as écris "Recruteurs, 80 questions pour réussir vos entretiens". C'est à eux que tu t'adresses quand tu fais ça? HélèneAlors oui, c'est une partie des personnes à qui j'ai voulu dédier le livre. Mais "Recruteurs, 80 questions" c'est aussi un livre que j'ai écrit pour les personnes qui font du recrutement, mais dont ce n'est pas le métier principal. Et ça aussi, on en a peu conscience. Mais beaucoup de gens font du recrutement sans que ce soit leur métier. BertrandDonc, on en revient un peu à la question de l'emploi caché de quelqu'un qui va forcément s'occuper de recrutement alors qu'il n'est pas rentré dans un processus de recrutement complet. HélèneC'est ça, exactement. Et juste pour répondre à ce que tu disais tout à l'heure, est ce que le métier de recruteur dans la Tech c'est un métier d'avenir? Ben oui, parce qu'en fait, on voit bien que la Tech, c'est un domaine qui va embaucher. Alors on peut dire le digital, le numérique, parce qu'on peut l'étendre à des postes un petit peu moins tech. Mais en tout cas, puisqu'il y a beaucoup de besoins puisqu'il y a beaucoup d'opportunités, on a plein de postes qui sont à pourvoir. HélèneC'est très difficile de recruter dans ces domaines là et ça va continuer de l'être dans les prochaines années. Il faut aussi des personnes qui comprennent bien ce marché là et qui vont être capables de recruter les personnes dont les entreprises ont besoin. Donc, recruteurs dans la Tech. C'est un vrai métier d'avenir. BertrandExcellent. Ça, c'était une nouvelle solution à proposer à ceux qui nous qui nous écoutent. Dans la dernière partie de notre entretien, j'avais envie de parler des opportunités qui s'offraient suite à la pandémie. Qu'est ce que ça change pour ces jeunes qui nous écoutent et qui cherchent un métier dans le digital? HélèneLa première chose, c'est que je pense que ça permet déjà d'enlever certaines barrières. On parlait tout à l'heure de l'entretien visio. Je pense que pour des gens qui sont très, très timides, par exemple le fait de savoir qu'on peut passer des entretiens à distance, des entretiens en visio, ça peut enlever un stress parce que je pense que pas mal de recruteurs aujourd'hui ont conscience que ça peut être difficile. J'échange beaucoup avec des recruteurs qui me disent je suis plus indulgent. HélèneJe vais continuer à proposer les entretiens à distance pour certaines personnes. Et forcément, qui dit entretiens à distance et télétravail puisque ça a été le gros gros sujet depuis le début de la pandémie, dit aussi d'autres portes qui s'ouvrent. C'est à dire que tu as des frontières qui sont sans dire abolies, mais qui se gomment. Aujourd'hui, je peux faire du, peut être pas du 100% télétravail, parce que je pense qu'on va revenir un petit peu au présentiel quand même. HélèneMais en tout cas, je peux me dire je suis peut être pas obligé d'aller vivre à Paris pour travailler dans une entreprise parisienne. BertrandMerci. Est ce que tu souhaiterais ajouter quelque chose en conclusion pour ceux qui nous écoutent sur encore une fois, les bons conseils pour trouver un job aujourd'hui? HélèneJe dirais surtout de ne pas se fermer de portes, de ne pas avoir d'a priori, de se dire que en fait, quand on a un métier en tête de pas se fermer par rapport à ce qu'on a simplement en tête ou à ce qu'on a entendu ou qu'on a vu une fois à droite, à gauche. Mais vraiment, de se renseigner et de profiter, par exemple, d'aller sur LinkedIn et pourquoi pas, de faire des enquêtes métier, de regarder ce que font les gens, etc. BertrandÇa veut dire un peu de curiosité, ça en fait. HélèneAlors oui, la curiosité, mais surtout oser. C'est à dire qu'il y a beaucoup de gens qui me disent ah non, mais je n'ose pas écrire à untel ou interpeller untel. LinkedIn sert à ça, c'est a dire que c'est génial d'aller pouvoir commenter le post d'une personne qu'on suit depuis un moment et simplement d'aller commenter son post. Ça peut permettre tout de suite après de lui envoyer un petit message en disant J'ai trouvé votre post super intéressant. Est ce que vous auriez une dizaine de minutes à m'accorder pour boire un café par Zoom et simplement répondre à 2 ou 3 questions sur votre métier et donc très simplement... BertrandNe pas avoir peur y aller.. HélèneExactement. Oser ! BertrandMerci beaucoup, Hélène. HélèneMerci Bertrand. L'épisode 15 du Gagne-Pain, l'atelier #2 sur le recrutement IT, est également disponible sur : ### Entrepreneur – Pierre Paris Épisode 13 : Pierre Paris, entrepreneur. Dans ce treizième épisode, nous avons l'honneur de recevoir Pierre Paris, entrepreneur. Pierre nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier d'entrepreneur. Merci à Pierre pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Pierre Paris – Profil Linkedin Interview faite par : Majdeline Souhnoun La retranscription de l'épisode 13 : MajdelineBonjour Pierre. Tout d'abord merci d'avoir accepté cette invitation, c'est avec un grand plaisir qu'on te reçoit sur le Gagne-Pain. C'est vrai que tu as un métier très atypique qui nous a été énormément demandé par la communauté du Gagne-Pain. On va découvrir tout ça tout au long de l'interview. Mais pour commencer, je te propose de te présenter, te décrire en quelques mots. PierreMerci pour l'invitation. Je m'appelle Pierre Paris, j'ai 25 ans, bientôt 26 et je suis le CTO (Chief Technical Officer ou Directeur des Nouvelles Technologies) et co-fondateur de My name is Bond qui est une agence d'automatisation. Je suis ingénieur de formation. J'ai fait les Arts et Métiers et ensuite j'ai travaillé. Je suivais un peu le parcours classique en travaillant deux ans dans un cabinet de conseil parce que je savais pas trop ce que je voulais faire et que je voulais tester dans un minimum de temps, un maximum de métiers différents. Et ensuite, petit à petit, un peu par une bizarrerie de la vie, je suis tombé sur l'agence d'automatisation My Name is Bond avec un très bon ami qui est maintenant mon cofondateur Maxime Blondel. J'ai rejoint le projet de l'agence d'automatisation, début 2020. En fait, notre but pour My name is Bond, c'est vraiment d'accompagner les entreprises sur l'automatisation de leur croissance. Ça passe par des licences de robots sur les réseaux sociaux qui leur permettent d'automatiser des actions, mais aussi par de l'accompagnement directement chez eux en entreprise, en mode missions de conseil, pour vraiment les aider à choisir les bons outils et à automatiser le maximum d'actions. MajdelinePour ceux qui s'y connaissent pas du tout dans ce métier et dans le monde digital et qui veulent en savoir plus sur l'automatisation. Qu'est ce que c'est concrètement? Est ce que tu peux un peu vulgariser ce que vous faites? PierreEn fait, on va prendre une image simple. L'automatisation, quand on dit ce mot là dans la tête des gens, on pense robots. Un des robots les plus connus aujourd'hui dans le monde, c'est Wall-e, le robot de Disney. Et donc, on pense à un programme ou quelque chose de très mécanique qui réalise des actions. L'automatisation, c'est un pan de ce qu'on appelle le no- code. C'est mettre en place des actions de manière automatique pour ne plus avoir à les faire à la main. Et donc, c'est s'affranchir de toutes les tâches qui sont chronophages comme type je fais des copier coller type j'envoie tout le temps le même mails, même personne. Pour s'affranchir de ces actions là, on met ce qu'on appelle des automatisation en place. Donc, ces automatisations, elles permettent vraiment de gagner du temps. Et ça permet aussi de mieux gérer ses données, de mieux les retrouver, etc. Donc, ça s'englobe vraiment dans un monde qui, pour moi, est aujourd'hui le monde de demain. MajdelineEst ce que tu aurais un exemple concret d'une chose qu'on peut automatiser? PierreIl y en a plein, on ne s'en rend même pas compte et il y a énormément de use cases possibles. On a par exemple automatisé des newsletters, c'est à dire que je donne un exemple concret. Tous les jours, la NASA prend en photo l'univers tous les jours et il le stocke dans ce qu'on appelle une API (Application Programming Interface ou interface de programmation d'application) et donc il le stocke. Nous n'allons pas entrer dans le détail des API, mais il le stocke dans un endroit. On a créé une automatisation qui, tous les jours, tous les matins, va chercher cette photo et il l'envoie par mail à une panoplie d'adresses emails. On a vraiment automatisé toute la chaîne qui fait que tous les jours, à 9 heures 04, le email est envoyé. MajdelineDonc, c'est faciliter la vie des utilisateurs et les affranchir de tâches chronophages et pas pas sympa a faire quoi? PierreDès qu'on n'a pas besoin de son cerveau, on peut le automatiser. MajdelineOn peut utiliser notre cerveau pour autre chose un peu plus sympa. OK, toi, qu'est ce qui a motivé à créer ta boîte? Pourquoi avoir créé ta startup? PierreMon schéma de pensée, il a été très simple de me dire, je vais aller dans une boite de conseil parce que dans les entreprise de conseil a énormément de possibilités en très peu de temps. Donc, c'est une très bonne école et c'est un peu le schéma classique qu'il y aujourd'hui, quand les gens sortent d'une école de commerce ou d'ingénieurs, ils vont dans une boite de conseil parce que c'est de plus en plus commun et ça te permet d'arriver rapidement dans des réunions avec des décisionnaires et avoir des responsabilités assez importantes. Donc moi, j'ai fait ça pendant 2 à 3 ans chez SIA Partners. Et j'ai découvert justement l'automatisation. J'ai découvert le nouveau code. J'ai pas mal voyagé, j'ai vu des grands groupes, de petits groupes et inconsciemment, je me suis un peu fait ma liste de ce que j'aimais bien. Et ce que je n'aimais pas. Et je me suis rendu compte qu'en fait, il y avait dans le monde du salariat et des CDI, beaucoup de freins à la productivité et je savais que je n'étais pas capable de changer le monde là dessus. je vais te donner des exemples simples. Il y a beaucoup de présentéisme. Tu dois rester jusqu'à 19 heures pour montrer à ton boss tu es là jusqu'à 19 heures. Aller dans des pays comme la Suède, ça existe pas. Tu es là à 19 heures au travail. Ton boss vient te voir. Pourquoi est ce que tu es en retard? Est ce que je peux t'aider, etc. Alors qu'en France, il y a énormément de présentéisme, je te rassure, je le faisais très bien le présentéisme, je savais venir tôt et repartir tard. Mais derrière ça, il y avait un problème d'évaluation de la performance, alors qu'une startup, c'est radical. C'est à dire que tu gagnes de l'argent tu es dans le vrai, tu perds de l'argent tu es dans le faux, c'est tout. Il n'y a pas, de mon boss va me dire que… PierreEt après, il y avait d'autres freins aussi dans le salariat qui me gênait un peu. C'est à dire le fait de devoir poser des congés. Le fait de dire j'ai un rendez vous médical à 15h30 le jeudi. Il faut que je pose mon après midi. Aujourd'hui, je suis à mon compte. Je travaille beaucoup plus que quand j'étais en CDI, mais j'ai une liberté sur ce genre d'actions qui sont vraiment très bonnes. MajdelineTu gère ton temps est libre, contrairement au salariat. PierreOn va dire que tu es moins maitre de ton temps parce que ton cerveau, il est beaucoup plus occupé, parce que c'est ton bébé. C'est à toi de le faire avancer. Personne va dire oui ou non, il n'y que le compte bancaire à la fin du mois ou de l'année. Mais par exemple, la semaine prochaine, c'est mon anniversaire. Ça fait 2 semaines que j'ai déjà dit que le lendemain, j'avais posé mon jour de congé. Je sais que on va faire une grosse fête le soir et j'organise mon emploi du temps pour être tranquille. MajdelineDonc, créer sa boite aujourd'hui, c'est pas forcément avoir plus de temps? PierreOui, c'est un peu le paradoxe en fait. En fait je le calcule plus en terme de charge mentale. C'est à dire que quand tu es en CDI, tu fais ta journée, même si tu as des périodes où parfois tu as des grosses réunions, ça prend un petit peu la tête. Mais à l'heure à laquelle tu pars de ton travail, c'est fini tu as quitté ton travail et plus personne te demande de travailler. Alors que quand tu es un entrepreneur, la différence va se faire sur des petites actions sur lesquelles tu vas y penser et tu vas peut être en train de boire un verre avec tes potes et tu vas penser à cette action là. Tu vas l'a noter quelque part. Mais au final, ton esprit, il est vachement occupé. Et donc, même si tu peux mettre des stories sur Instagram ou t'es en télétravail je ne sais où. Au final, la charge mentale en tant qu'entrepreneur, elle est vraiment beaucoup plus forte que quand on est en CDI. MajdelineTu penses y sans cesse PierreOui il faut être aussi capable de faire ce qu'on appelle des sprints. Et ça, c'est quelque chose qui est très répandu dans les projets et quand tu est t Product Manager. Quand tu travailles, tu essayes d'avoir ton emploi du temps avec des tâches qui sont toutes les semaines à réaliser, mais tu te mets aussi des sprints de 2 semaines, 3 semaines ou d'un mois ou tu te dis voilà, à la fin de cette période là, il faut que telle grosse tache, comme par exemple mettre en place un site Internet, créer une application mobile. Ça, c'est un sprint, il faut qu'à la fin de ces quelques semaines, ce soit fait. Et donc là, tu te mets la tête dans le guidon, tu annules tout tes projets perso, etc et tu y va a fond MajdelineQu'elle a été la plus grande difficulté que tu as rencontré dans ton parcours ? PierreAlors, la plus grande difficulté? Je pense que c'est vraiment la transition entre CDI et entrepreneuriat. Quand j'ai commencé My Name Is Bond, c'etait un "Side Projet" que je faisais en plus du CDI. Et à un moment donné, j'ai senti qu'il y avait quelque chose qui se passait avec My name is Bond et j'ai pris la décision de quitter mon CDI et de m'y mettre à fond. En fait, la plus grosse difficulté a été dans cette période de passer d'une période un peu, on va dire, entre "Facile", dans le sens où on a un pôle qui gère la finance, un pôle qui gère la RH, etc. À devoir mettre les mains dans le cambouis de tous les sujets, de se mettre à jour à fond, de vraiment comprendre comment tout le moteur de l'entreprise fonctionne. Et donc vraiment de monter en compétence rapidement tout en gérant la production et le développement de la start up à côté. Et donc, ça, c'est vraiment pour le coup un énorme défi. Mais après ça, on apprend tellement de choses que c'est juste que du bonheur MajdelineDe quitter sa stabilité, c'est pas facile, quoi. Et autour de toi, est ce que tu as eu des inquiétudes de la part de de ton premier cercle? je sais que c'est quelque chose qui inquiète beaucoup ceux qui veulent se lancer? L'avis des gens, toi est ce que tu aurais un conseil à donner à des personnes qui veulent lancer leur start up? PierreEn fait, le conseil vraiment premier que je donnerais. C'est, il n'y a pas de bon moment, il faut le faire. Et si on a peur de se lancer, il faut le faire en parallèle d'un autre projet. Comme ça, on a la sécurité financière d'un côté et en même temps, on est capable de développer. De toute façon, quel que soit le projet, ce qu'il faut, c'est de l'intensité. C'est comme ça qu'un projet continue de vivre ou meurt. C'est vraiment l'intensité. My name is Bond ça aurait pu mourir 15 fois si on n'avait pas une équipe ultra soudée. D'ailleurs, je fais un petit Big Up Marion, ma cofondatrice à Maxime, Julian, Coline et à Théo parce qu'on est vraiment une team hyper soudée. Et on est là dans les bons moments comme dans les mauvais. On a la chance de faire la fête ensemble, de faire des activités "extrascolaires" ensemble, donc ça, c'est vraiment le plus important, c'est de se lancer. Il n'y a pas de bons moments, donc il faut y aller. Un autre conseil qui est assez important de garder en tête, c'est que font l'avis de ton entourage est important. Moi, j'ai eu la chance de quand j'ai annoncé que je me lançait à fond. Ils m'ont tous dit mais évidemment, on était fait pour ça. Pourquoi tu l'as pas fait avant? Mais en même temps, en France, on a une peur de l'entrepreneuriat. Donc ça m'étonnerait pas de voir le cas inverse j'ai déjà vu le cas inverse. Je connais notamment un de mes amis que je ne citerai pas, qui est entrepreneur aujourd'hui et qui ne l'a même pas dit à ses parents, par peur de l'inquiétude. Il veut simplement les protéger pour leur dire ne vous inquiétez pas, ça va aller, on va aller "to the moon" avec mon entreprise. MajdelineParce qu'il n'est pas encore stable financièrement et qu'il a peur que ses parents s'inquiètent. PierreParce que c'est hyper risqué. Après, on vit dans un magnifique pays qui est la France. Et en terme d'entrepreneuriat, il n'y a pas un pays plus confortable pour se lancer en tant qu'entrepreneur, comparé aux Etats-Unis. Aux Etats-Unis, tu lances ta boite. Le chômage, ça n'existe pas? Et tu te casse la jambe c'est 15.000 dollars qu'il faut sortir de ton compte bancaire. En France il y a une sécurité autour de l'emploi qui est impressionnante. Donc, il faut se lancer et par rapport à l'entourage, quelle que soit les avis. Il faut faire attention aux avis de son entourage parce que l'avis qu'ils vont donner sur sa startup, ils vont souvent être positifs. Sauf qu'ils vont jamais être les premiers clients. Et moi, je l'ai eu avec mon entourage et c'était quelque chose qui m'a vraiment frappé. Dire que j'ai lancé mon projet et c'est à ce moment là que tu as besoin de ton entourage, des gens qui achètent des produits, parce que l'itérations sera facile. En fait, tout mon entourage a commencé à utiliser mon produit après 6, 7, 8 mois. En France, on attend que le produit soit stabilisé et se dire OK. Il a mis des efforts, il a mis de l'intensité. Je vais le soutenir. MajdelinePour avoir confiance en suite… PierreExactement, alors que quand tu vas dans d'autres pays, j'ai un ami libanais. Un de mes potes ouvre un resto au Liban, ils vont au resto et à la fin, ils lui donnent encore plus que l'addition. Alors quand France c'est aller "tu me payes l'apéro" et c'est vraiment deux mentalités hyper différentes. MajdelineEst ce que tu utilise l'anglais dans ton travail ou une autre langue étrangère? PierreOuais, je vois un peu où tu veux en venir. Moi ce que j'ai fait, c'est que j'ai fait un an en master pendant un an aux Etats-Unis, où j'ai appris l'entrepreneuriat, L'industrial engineering. Je suis parti à Texas Tech. C'est hyper important l'anglais et honnêtement, je n'aurais jamais pensé à ma startup si je n'étais pas bon en anglais, tout simplement. Déjà pour la première, la première raison, c'est que il y a énormément de tutoriels et toutes les meilleures ressources sur les logiciels ou sur être autodidacte sont en anglais. Et aujourd'hui, quand on a lancé My name is Bond et qu'on a eu un peu, on va dire un pic d'audience, on a eu énormément de clients étrangers et sans ces clients étrangers, sans leur feedback étrangers, on n'aurait jamais autant améliorer le produit. Donc, c'est hyper important d'être à l'aise. Moi, je me souviens de certains calls de prospection au début de l'aventure ou je ne savais même pas si il était français ou anglais. Et le call commençait directement en anglais. Donc, il faut être prêt. Et s'il y a vraiment un truc, on peut prendre de l'avance en entrepreneuriat c'est se former en anglais. MajdelineTu parlais de ressources, de logiciels, etc. Est ce que toi, tu as des conseils à donner à ce niveau là pour se former en autodidacte et en savoir plus sur ce métier? PierreJ'ai justement, ça fait deux, trois ans que j'utilisais énormément d'outils près de 250 ou 300. J'ai tout essayé pour les To do List, pour envoyer des mails, même créer des podcasts. Et en fait, j'ai créé une liste. Je pourrais donner un lien qui est vraiment une base où j'ai classé tous les outils en fonction du besoin. Justement, comment envoyer des mails? Comment faire une base de données? Comment automatiser des actions? Et donc, tout ça est répertorié dans cette liste MajdelineEt dans cette liste, justement, on a aussi des conseils pour ceux qui veulent lancer leur start. Les outils, qui pourraient les aider? PierreOn a monté avec The Secret Company, une formation qui s'appelle Secret et qui a pour but, en dix heures, d'expliquer tous les différents aspects pour lancer son Side Project et générer un revenu passif. Mais pour moi, c'est vraiment le meilleur moyen et la meilleure porte d'entrée pour se lancer dans l'entrepreneuriat. De manière un peu, on va dire Sécurisé. MajdelineQu'est ce qu'un revenu passif ? PierreUn revenu passif, c'est un revenu qui ne demande pas beaucoup d'effort à mettre en place et qui permet de générer, de manière passive, en automatique, de l'argent tous les jours. Les exemples sont assez variés, ça peut être. J'ai écrit un livre pendant une certaine période donc, en mode sprint. Tu sors le livre et ensuite tu as des petites actions à faire une heure, deux heures par jour d'interview, de j'envoie des messages, j'envoie des mails. Mais au final, le revenu rentre tout seul. Ce qu'on appelle des "muses", c'est la meilleure muse c'est de créer un livre, même si, au moment de la création ça prend du temps. Il y a énormément d'exemples de muses. On donne d'ailleurs dans la formation 30 idées de muse à lancer tout de suite pour vraiment lancer ceux qui veulent et qui sont intéressés par ça. MajdelineEt cette formation du coût est une muse. PierreCette formation du coup est une muse. C'est un peu l'inception de la muse. MajdelineAujourd'hui, le télétravail a pris une place importante dans notre mode de travail. Est ce que être Entrepreneur / CTO ça s'adapte bien à ce mode là ? Et est ce que c'est totalement faisable de partir de la France, de travailler à l'étranger, travailler à distance? Et toi, est ce que tu le fais? PierreOui pour le coup, CTO en mode remote, il n'y a pas de souci. Il faut juste bien gérer si tu as une équipe en dessous de toi les différents meetings et être sûr que la personne que tu manages est pas trop sensible au management de proximité et donc tu peux la former par Zoom ou en lui envoyant des video (et des Loom). Moi, c'est quelque chose qui me faisait très peur par rapport au CDI. J'étais très attaché aux AfterWork, au séminaire, à la pause café, etc. Et donc, nous, on a pris le choix, dès le début de la création de My name is Bond, d'être une boite en remote et de ne pas acheter de locaux. Ce qui nous permet, du coup, de dégager un budget qu'on aurait alloué à des locaux pour aller en Airbnb à droite, à gauche, tous ensemble et pouvoir bosser. MajdelinePierre, quelles seraient tes conseils pour ceux qui veulent se lancer dans ce métier? Si tu avais un petit cousin, un petit frère qui souhaite faire ce que tu fais, qui va se lancer dans les études, qu'est ce que tu lui dirais? PierreJe dirais que il n'y a pas de bons moments. Il n'y a pas de produit parfait et qu'il faut toujours rentrer sur le marché par une niche. C'est a dire prendre vraiment une expertise ultra spécifique, la tester, se faire plaisir. C'est à dire que si ce qu'on fait tous les jours, surtout l'entrepreneuriat, vu que c'est du 70/80 heures par semaine, il faut vraiment faire quelque chose qu'on adore. Et donc, il faut rentrer par là. Et une fois qu'on a ça, une fois qu'on a un socle solide, des clients, etc. Commencer à se diversifier. MajdelineD'accord, pourrais tu nous conseiller les films, séries ou livres? Même des podcasts en rapport avec ton métier? PierreEn terme de podcast, je suis tout ce qui est sur No Code Family. Il y a énormément de podcasts sur Spotify qui sont très bien faits. Donc ça, franchement, c'est les très bonnes ressources et tout ce qui est no code comme c'est hyper large comme notion, ça touche tous les aspects de l'entrepreneuriat. En terme de livres, j'avoue vous que moi, je ne lis pas beaucoup. Quand je lis, c'est plus sur la vulgarisation scientifique, donc je lis des livres comme Sapiens ou même l'univers expliqué à mes petits enfants . Tu comprends d'une manière macro parce que c'est ça qui est vraiment important dans CTO. C'est d'être capable de vulgariser un programme hyper complexe et en même temps, être capable de mettre les mains dans le cambouis pour le débugger. MajdelinePour conclure, qu'est ce que je souhaiterais ajouter et quelle évolution envisages tu pour ta carrière professionnelle? PierreMais écoute, j'espère être millionnaire avant 30 ans… MajdelineEn tout cas, c'est un plaisir de t'avoir reçu dans le Gagne-Pain. Et puis, on te souhaite le meilleur pour My name is Bond et The secrets de company. Merci beaucoup. L'épisode 13 du Gagne-Pain, métier "Entrepreneur", est également disponible sur : ### Account Manager / Account Strategist – Coline Malaise Épisode 12 : Coline Malaise, Account manager / Account strategist chez Criteo. Coline est Account Manager / Account Strategist chez Criteo, basée à Barcelone ! Alors on se prépare quelques tapas et une petite sangria fraîche (à consommer avec modération !), c'est parti pour l'écoute de ce nouveau podcast. Merci à Coline pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Coline Malaise – Profil Linkedin Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 12 : BertrandColine, on est ravi de t'interviewer. Pour la première fois, on fait une interview à distance car tu es basée à Barcelone. On aura l'occasion de revenir sur ce sujet. Mais avant ça, j'aimerais bien que tu puisses te décrire en quelques mots. ColineOui, bien sûr, j'ai 27 ans, je suis originaire de région parisienne, 92 plus précisément. Comme études, j'ai DUT en techniques de commercialisation au sud de Paris. Un DUT c'est une formation en deux ans qui se focalise sur notamment la négociation et la vente. Après ce DUT, j'ai eu envie de partir à l'étranger… BertrandTout de suite à l'étranger ? ColineTout de suite à l'étranger, exactement. Donc, j'ai fait une licence en Business, c'est aussi tout ce qui va être négociation, finance, la gestion de projet. Et j'ai passé un an de première expérience à l'étranger et j'ai adoré. Et je me suis dit que c'était le début. BertrandC'était en Irlande, ColineC'était en Irlande exactement. Et ensuite, pendant cette année là, j'ai passé des concours pour intégrer une école de commerce. Après, j'ai fait un master à Lyon qui m'a permis de partir six mois à l'étranger en stage et ensuite de faire ma deuxième année de master à Munich. BertrandDonc, déjà, tout de suite dans les études, tu étais déjà orienté vers un vers l'étranger. ColineExactement. Je pense que mon expérience à Dublin m'a permis de me dire, je vais chercher une école de commerce, mais il faut absolument que je sois orienté à l'international parce que c'est ça que j'aime. BertrandAlors, est ce que tu peux nous parler de tes expériences professionnelles maintenant ? Des stages, des jobs ? ColineBien sûr, mes expériences professionnelles, encore à l'étranger. Mon premier stage de six mois a été à Barcelone, et c'est ça qui m'a donné envie aussi de revenir, chez SAP. Et le stage de fin d'études, je l'ai fait à Paris dans une startup qui s'appelle T.V.T.Y. également dans l'équipe commerciale. Ils sont dans le secteur publicitaire et je suis resté chez T.V.T.Y. parce que j'ai eu l'opportunité de continuer en CDI et je faisais partie de l'équipe commerciale et je travaillais avec deux agences Média, Dentsu Aegis et Publicis. BertrandAlors, est ce que tu peux nous expliquer maintenant où tu travailles et dans quelle entreprise ? ColineEn ce moment, je travaille chez Criteo depuis 3 ans et demi à Barcelone. Criteo, ça fait partie des licornes françaises. Ce que l'on appelle comme licorne française, ce sont des entreprises qui ont fait une ultra croissance. Criteo est dans le domaine de la publicité. Criteo a été connue par le Retargeting, donc le reciblage publicitaire. L'idée, un utilisateur qui visite un site E-commerce, qui quitte ce site e-commerce et potentiellement, qui finissent par acheter le produit qu'il a vu ou qui est potentiel de l'intéresser. Ça, c'est le métier de Criteo. C'est comme ça que ça a été connu. Et les dernières années, on s'est développé sur des solutions d'acquisition. Donc aller chercher des nouveaux utilisateur pour un site et aussi de notoriété. BertrandEt donc, ton activité là bas, c'est une activité commerciale. Est ce que tu peux la décrire, la nommer? ColineOui, c'est une activité commerciale. J'ai fait pas mal de jobs différents, on va dire chez Criteo. J'ai commencé dans l'équipe commerciale en tant qu' Account Executive. L'idée, c'est d'aller chercher de nouveaux clients et de les faire signer. Ensuite un an après, j'ai intégré l'équipe d'Account Stratégist, donc, ce qui équivaut à Account Manager, donc c'est gérer un portefeuille de clients et le développer. BertrandLà, on te confie des clients et tu suis ses clients, tu accompagnes ses clients, tu développes le chiffre d'affaires de ces clients. ColineExactement on me confie des clients et en partenariat avec l'équipe account executive qui lance justement ces clients, qui lancent ces campagnes. Je travailles avec cette équipe pour développer les campagnes, potentiellement en créer d'autres aussi, en fonction de la stratégie des clients et du coup, faire évoluer ces comptes qui vont ensuite passer dans une équipe qui gère des comptes "existing business", des comptes qui ont une certaine maturité chez Critéo. Alors en termes de missions, j'en donnerais quatre. La première, ça va être la gestion des campagnes. Deuxièmement, ça va être de conseiller les clients. Troisièmement, vu que je travaille bien évidemment en collaboration avec l'équipe account exécutive, les conseillers eux. Et quatrièmement, c'est d'être l'intermédiaire entre nos différentes équipes supports. BertrandPour la gestion des campagnes. Comment ça se passe? Donc ca, c'est un suivi régulier, quotidien, hebdomadaire. Comment ça se gère? ColineCa a beaucoup évolué parce que maintenant, on a une plateforme de suivi de campagnes qui permet aux clients d'être plus autonomes. Et pour prendre un exemple, plus de se rapprocher de ce qu'un Google et un Facebook peut faire en totale autonomie. Mais en effet, la gestion de campagnes, ça va consister à savoir en termes d'investissements, en termes de performance, comment se situe le client et lui apporter des éléments de réponse, des optimisations et des conseils pour ajuster ces enchères, mais également ses investissements en fonction de la période et de la saisonnalité. BertrandDans les deuxième mission, tu parles de conseils. Là, ça veut dire rendez vous ou échange téléphonique. Comment ça se passe là, cette partie conseil ? C'est des rendez vous réguliers que tu organises ? ColineTout dépend du client. Tout dépend également de son investissement. Généralement, on essaye de faire une fois par trimestre un rendez vous où on va présenter les résultats du trimestre dernier et essayer de discuter un petit peu des prochaines étapes. Ce qu'on peut faire, de ce qu'on peut améliorer. Donc ça, je dirais à peu près une fois par trimestre. Maintenant, on a quand même des contacts assez réguliers par téléphone avec le client. Pour aussi optimiser la campagne ou les lancements de campagnes qui sont prévues. BertrandIl a conscience le client que tu es à Barcelone, vous en parlez ou ça existe même pas ? ColineIl a conscience. Je pense que c'est assez connu dans le milieu. On a également à un bureau à Dublin, et c'est plus commun d'être basé à Dublin. Maintenant, on nous envie plus aussi d'être à Barcelone. Donc tous les clients ont conscience en effet, que l'on est basé à Barcelone assez rapidement. Parce que l'on parle de l'endroit où on est et en fonction des clients et ne sont pas forcément tous à Paris ou dans les grandes villes. Donc, on en discute généralement assez rapidement. BertrandAprès, dans tes missions, tu as cité le conseil auprès des commerciaux, des "Sales". Ça veut dire que c'est du conseil en interne que tu fais ? ColineOui. Alors avec les "Salses", donc les accounts exécutifs, comme on les appelle. Il va s'agir essayer de travailler en binôme. Ils vont avoir toute la connaissance sur le client qu'ils vont lancer, sur ses problématiques. l'idée c'est qu'en début de campagne, de pouvoir bien échanger, s'accorder et permettre de gérer au mieux la campagne. Après, là où je vais pouvoir les aider, ça va être sur les bonnes pratiques. Qu'est ce que je recommande? Qu'est ce qu'on peut mettre en place? Ils vont pouvoir me dire aussi, en termes de stratégie, ce qui a été discuter avec le client et comment ensemble on va pouvoir améliorer la campagne. BertrandDernière partie de tes missions, un intermédiaire entre le client et les équipes support est ce que tu peux en dire deux mots, nous expliquer ce que ça veut dire? ColineOui, en dernière mission. Ce qui est intéressant, c'est qu'on a vraiment la vue d'ensemble et on est en contact avec à peu près tous les corps de métier de Criteo. Ça veut dire que, je vais être l'intermédiaire entre le client et ce que j'appelle les fonctions support. Ça va être l'équipe qui nous accompagne, le côté technique, le côté créatif, pour justement changer les bannières, donc les visuels, que l'on crées pour le client. Les analystes. Même chose, sur une campagne on va avoir besoin de leur support pour une certaine problématique. Et du coup, je vais vraiment faire ce lien entre le client et ces différentes fonctions. Ce qui va me permettre de ne pas être expert sur un sujet. Mais en tout cas de pouvoir comprendre tous les sujets et les expliquer aux clients et bien évidement les gérer avec les équipes en question. BertrandAlors attention. QGP. La question Gagne-Pain combien ça gagne un account manager ? ColineAlors, un account manager, je parle du coût des salaires en Espagne. A différencier de Paris et des salaires en France. On va différencier déjà juniors et seniors. En arrivant sur un poste de juniors on parle en package, c'est à dire qu'il y a une part de fixe et une part de variable en fonction des objectifs qui sont définis par trimestre. On est sur 42K€ pour un junior et environ 60K€ pour un profil sénior. BertrandEst ce qu'il y a eu une part de variable? Tu l'as dit. Est ce qu'elle est importante, cette part de variable? Elle représente un poids important dans le salaire d'un account manager chez Criteo. ColineAlors oui, elle représente, en termes de pourcentage, on va dire c'est à peu près 30% du package. Ensuite, elle est forcément plus importante sur des postes d'account executive ou de "sales" où là le package est plus important, le fixe plus bas, mais le variable est plus important. BertrandEst ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier, comment ça s'est fait, comment tu es arrivée vers ce métier de account manager et de rôle commercial? ColineBonne question. Alors tout d'abord, c'est vrai que le côté touche à tout, et notamment ce que j'expliquais, faire le lien en fait entre différentes équipes et le client. Pouvoir assurer des tâches qui ne sont pas forcément répétitives aussi. Apprendre continuellement, c'est quelque chose qui m'a attirée. Après, bien évidemment, c'est aussi le côté relationnel, la majorité de notre temps reste avec le client. C'est un point qui était super important pour moi aussi dans ma recherche de travail, qui n'est pas évidente après en sortie d'école. Je pense que voilà, on a plein de possibilités et il faut en choisir une. Donc, ce sont ces deux aspects qui m'ont intéressé. BertrandOn va revenir un peu à ta position à Barcelone. Et cette relation client, elle se fait très bien à distance, elle se gère même si vous avez besoin de vous rencontrer de temps en temps. ColineJustement, c'est tout le challenge et encore plus sur des nouveaux clients où il faut construire une relation de confiance. Ce n'est pas évident et encore moins quand on est à distance. Après, c'est vrai que la sensation, quand on arrive à avoir la confiance du client, on sait qu'on va pouvoir aussi bien avancer ensemble et que le partenariat est bien construit. C'est très satisfaisant aussi de se dire que tout ça s'est fait à distance. BertrandEt cette relation à distance, est ce qu'elle a évolué avec la période de pandémie qu'on a vue, c'est à dire est ce qu'il y a une certaine habitude plus grande de se voir à travers un écran ? ColineOui, totalement. C'est vrai que j'avais peu de Zoom, de Teams, des vidéoconférences avec les clients auparavant. C'était très orienté avec des contacts par téléphone. Même sur des présentations un peu plus longues, un appel téléphonique de 30 minutes, on restait quand même beaucoup sur le téléphone et on partageait rarement la vidéo. Maintenant, il y a quand même un besoin de contacts et notamment de voir la personne, de voir le client beaucoup plus important. Maintenant, ça a justement changé on passe de, on faisait tout par téléphone, a on fait tout par vidéoconférence et dans 90% des cas, on met la vidéo et on se voit. Donc c'est plus sympa ça nous a rapprocher et ça a aidé. BertrandPour ceux qui nous écoutent, quelles seraient les compétences requises pour ce job d' Account Manager ? ColineAlors, en termes de compétences, je dirais adaptabilité. Pourquoi ? Parce que, notamment, sur le poste où on gère tout ce qui est lié au business des nouveaux clients on va parler à un CEO (Chief Executive Officer ou PDG) comme on va parler à un responsable acquisition. On va avoir beaucoup de secteurs différents également. Donc, il va falloir comprendre les problématiques de chaque secteur. La curiosité. C'est une industrie qui évolue constamment. Donc, il faut se renseigner, il faut. Il faut vouloir découvrir les nouvelles choses et les changements pour accompagner au mieux son client. l'Esprit d'équipe, totalement. On est vraiment dans une entreprise où un des gros points forts de Criteo, c'est le recrutement. Notamment les équipes qui s'entendent très bien et qui travaillent bien ensemble. C'est une force, justement, tout ce partage qui n'a pas été perdu pendant le COVID. Forcément, on échange moins , mais on est plus au bureau en ce moment. Mais c'est quand même quelque chose qu'on a réussi à garder. BertrandEst ce qu'il y a des difficultés que tu as rencontrées, que tu voudrais partager avec ceux qui nous écoutent ? ColineAlors comme difficulté et comme on va dire erreur potentielle que j'ai pu faire dans ce métier. De dire oui à tout, de tout accepter. On est face à un client. On a envie de lui donner le meilleur service possible. Donc, le premier réflexe c'est de dire OK, c'est possible, je le fais. Que ce soit dans l'équipe d'account Executive ou d'account stratégist. Ce n'est pas la bonne idée. Pourquoi? Parce qu'on n'est pas forcément en adéquation avec ce que veut vraiment le client, avec ce qu'il est possible de faire aussi, on a des contraintes en interne, tout n'est pas possible. Donc c'est d'apprendre à dire non. C'est assez simple, mais ça débloque beaucoup de situations. BertrandC'est un très bon conseil parce que c'est vrai que c'est souvent difficile de dire non et c'est souvent utile. Est ce qu'il y a des tâches que tu peux décrire parmi celles que tu fais quotidiennement qui te plaisent le plus, et puis d'autres qui te plaisent un peu moins ? ColineJe dirais donc, pour commencer par le positif, je parlerai de tout ce qui est l'aspect stratégique. Comme je le disais au début, et notamment sur Criteo on a été connu par le retargeting, c'est la solution qu'on vendait au début, on n'avait pas d'autre solution à vendre. Maintenant, vu qu'on est positionné partout dans le tunnel, de la notoriété sur des utilisateurs qui connaissent pas le site à la conversion sur des utilisateurs, justement, qui ont déjà au moins visité une première fois. On est aussi intégré dans toute la stratégie du client et on a justement cette vue d'ensemble qui est très intéressante et en plus, tous secteurs confondus. BertrandDonc ça, c'est l'aspect stratégique de ton job de discuter de tous les leviers marketing que Criteo peut proposer ? ColineExactement et pouvoir voir comment s'imbriquer justement dans ce mix marketing et dans cette stratégie BertrandEt ce qui te plaît le moins ? ColineCe qui me plaît le moins et qu'on commence de moins en moins à faire c'est tout ce qui va être coté, très opérationnel. On travaille maintenant sur des modèles justement d'optimisation qui sont plus automatiques que ce qu'on avait avant. Mais on a quand même toujours des tâches opérationnelles à faire pour certains clients, en fonction aussi des paramétrages qui sont en place. BertrandDonc là, c'est mettre les mains dans la machine, dans la plateforme et gérer les paramètres de la campagne. ColineExactement, c'est ça. C'est bien à faire au début. C'est très utile et il faut le faire pour comprendre. Mais c'est vrai qu'au bout d'un moment, une fois qu'on a compris quand ça marchait c'est répétitif. BertrandColine, quelle a été ta plus grande surprise quand tu es arrivée dans ce métier chez Criteo. ColineAlors, je dirai premièrement sur l'industrie qui bouge assez rapidement, donc c'est bien, mais dans un cadre très dynamique. Ça rejoint également ce que je disais le besoin de changement, de ne pas faire tout le temps les mêmes choses et d'évoluer. Deuxièmement, c'est la diversité des profils que j'ai rencontré chez Criteo à Barcelone. BertrandEst ce qu'il y a une journée type pour un account manager chez Criteo? ColineOui, il y a une journée type. On a quand même beaucoup de rendez vous clients. De rendez vous téléphonique ou vidéoconférence. Tout dépend également des marchés. Il y en a qui sont plus orientés sur les échanges email, d'autres plus, comme le marché français sur l'échange oral. On va avoir pas mal de formation aussi. Pourquoi? Parce qu'on se développe et il y a de nouvelles solutions. On a plus de formation qu'avant. Et après ça va être ce qui reprend également pouvoir gérer les campagnes des clients, échanger avec les différentes équipes, avoir des points avec les équipes de support en fonction des sujets qui sont en cours. BertrandDonc, beaucoup de diversité dans dans une journée type ? ColineOui, beaucoup de diversité qui demande beaucoup d'organisation pour ne pas se perdre. Et ce qui est important aussi, c'est de prioriser. On ne va pas pouvoir tout faire, quelles que soient les heures de travail qu'on a, mais du coup, il faut pouvoir prioriser les tâches en fonction des clients et de ce qui est le plus important. BertrandOn a une question traditionnelle dans le podcast du Gagne-Pain sur l'utilisation de l'anglais. Dans ton job, toi évidemment, l'anglais, c'est au cœur de ton activité tous les jours ? ColineOui, en effet, j'ai besoin de l'anglais tous les jours, tout simplement parce que en interne, toutes nos communications sont en anglais. Donc avec les équipes support, avec tout ce qui est formation également, tout va être en anglais. Je parle bien évidemment français avec mes clients français. J'ai récemment changé et j'ai intégré du coup l'équipe Nordics, tous les pays scandinaves. Donc maintenant, je travaille essentiellement en anglais. BertrandTu veux aussi parler anglais avec tes clients, et un peu espagnol quand tu sors du bureau quand même? ColineEt un peu espagnol, bien évidemment, ou catalan. BertrandQu'est ce que tu pourrais ajouter pour ceux qui souhaitent faire comme toi et peut être aller travailler à l'étranger ? ColineAlors pour ceux qui souhaiteraient aller travailler à l'étranger, ce que je conseille, c'est d'avoir une première expérience à l'étranger, une ou plusieurs fois. Que ce soit dans un contexte universitaire ou dans le contexte d'un stage, parce que sera forcément mis en avant. Et même de savoir si c'est vraiment un cadre qui est adapté aussi bien pour la personne en question. BertrandDonc, il faut s'y préparer assez tôt. ColineOui, et tester. On est tous différents, on a tous des attentes différentes, donc je pense que tester si c'est le meilleur des conseils. BertrandMerci beaucoup, Coline. Je crois que c'était très clair et beaucoup de ceux qui vont nous écouter auront envie d'aller tester Barcelone. ColineJ'espère. L'épisode 12 du Gagne-Pain, métier "Account manager / Account strategist", est également disponible sur : ### Chef de projet e-commerce – Alexandre Abecassis Épisode 11 : Alexandre Abecassis, chef de projet E-commerce free-lance. Dans ce 11ème épisode, nous recevons Alexandre Abecassis, chef de projet E-commerce free-lance pour une interview originale et vivante afin de découvrir les aspects de son métier d'indépendant. Merci à Alexandre pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Alexandre Abecassis – Profil Linkedin Interview faite par : Majdeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 11 : MajdelineBonjour et bienvenue sur Gagne-Pain, nous recevons aujourd'hui Alexandre, chef de projet e-commerce. Bonjour Alexandre. AlexandreBonjour MajdelineMerci d'avoir accepté notre invitation. Alors, Alexandre, est ce que tu peux te décrire en quelques mots? AlexandreYes! Alors je m'appelle Alexandre, j'ai 28 ans, je suis de Rueil-Malmaison, donc petite ville en region parisienne. J'ai fait mes études là bas, mon lycée là bas. Ensuite, j'ai fait une école de commerce à Paris. Et aujourd'hui, je suis donc chef de projet et e-commerce. AlexandreAlors, à la suite de mon école, après mon alternance, je suis parti. Il y avait une opportunité qui me plaisait pas et j'ai décliné. En fait, on m'a rappelé quelques mois plus tard dans la même structure pour me proposer un poste en CDD, donc en gestion de projet. MajdelineEt aujourd'hui, tu en es ou par rapport à tes expériences et par rapport à ton parcours ? AlexandreAprès cette expérience là, à peu près un ans en gestion de projet, en gestion de projet pure, mais pas forcément dans le milieu du e-commerce ou du digital. Je suis arrivé dans une entreprise qui n'avait rien à voir avec celle où j'étais avant. Avant, j'étais dans un très grand groupe. Je suis arrivé dans une start-up où là, j'avais un poste de chef de projet mais sur des missions e-commerce. Et j'ai vraiment fait mon expérience et appris sur ce domaine là, pendant ce poste là, je suis resté un peu plus de trois ans dans cette boite où j'étais chef de projet e-commerce. Et puis je suis parti, donc au bout de trois ans. Aujourd'hui, je fais toujours de la gestion de projet commerce, donc sous différents formats. Donc, ça peut être du conseil en gestion de projet, en stratégie, et de la gestion de site. Et ça, je le fais pour l'instant en freelance. Depuis que je suis parti de mon ancienne boite. MajdelineDonc tes missions quotidiennes a quoi ça ressemble un peu ta journée type? AlexandreAlors en fait, en gestion de projet. Moi, j'aurais tendance à dire qu'il n'y a pas de journée type ou peu de journée type. Parce qu'en fait, on est assez dépendant de ce qui va se passer au quotidien. Moi, dans mon cas, par exemple, je bossais avec un assez grand nombre de clients en parallèle, une dizaine de clients qui fait que, on arrivait le matin et le rôle du chef de projet à ce moment là, c'est de définir les priorités. Donc, on a des projets qui sont plus ou moins urgents que d'autres. On a des équipes qui ne sont pas illimités, donc on va devoir manager les ressources, manager les équipes, gérer les plannings des uns et des autres pour pouvoir faire en sorte que les priorités soit soient faites. Moi dans mon cas, j'avais également dans ma gestion de projet, en plus des missions, qui était très orientée client. J'avais aussi des missions qui étaient orientées plus produits, plus internes à la boite. Et donc, il fallait aussi prioriser en fonction de l'avancement qu'on avait envie d'avoir sur notre produit et celui qu'on se devait d'avoir vis à vis de nos clients. MajdelineD'accord, toi, t'es un peu un point relais entre tous les métiers autour du digital. C'est ça ? Alexandrec'est exactement ça. Un chef de projet dans une entreprise de manière générale, c'est, un maillon central qui est là, effectivement, pour réunir les besoins et les exprimer aux équipes pour faire la phase de production. En fait, je vous ai donné l'exemple de ce que je faisais dans mon expérience précédente, mais les points communs dans n'importe quel poste de gestion de projet, peu importe le projet, c'est qu'effectivement, il va y avoir une phase de récolte des besoins et souvent une phase de traduction, de passerelle entre les équipes. C'est à dire que là, moi je traduisais les besoins d'un client pour des équipes de développeurs. Mais ça peut être sur d'autres projets, traduire des besoins qu'on appelle métiers, des besoins fonctionnels en besoins techniques pour les développeurs pour construire le projet. MajdelineDonc, pour être chef de projet, de manière générale, pas forcément spécialisée dans le e-commerce. Il faut avoir une certaine appétence et une certaine connaissance de tous les métiers du monde digital ? AlexandreExactement. Je pense que c'est un métier qui nécessite d'être ouvert, d'aimer le dialogue avec les autres, avec les autres gens de l'équipe, avec les clients, etc. Et effectivement, d'être curieux sur les différents métiers et de savoir écouter les différents besoins et faire la passerelle entre les différentes équipes. Moi, je pense vraiment que c'est un métier où les compétences humaines ce que l'on appelle Soft Skills. Globalement, sont hyper importantes par rapport aux Hard Skills. C'est à dire les Hard Skills en fait le problème dans un métier comme ça, surtout sur du e-commerce ou du digital, c'est que ça va évoluer en permanence. Donc, en fait, il faut être capable de se former en permanence. Il faut être capable de connaître les nouveaux outils. Vous allez arriver dans une boite, la boite a utiliser un outil que vous n'aurais pas utilisé avant. Il va falloir apprendre à gérer cet outil. Ce sera toujours le cas, peu importe le nombre d'outils que vous connaissez. Donc il faut avoir cette polyvalence. Cette ouverture et ce qui est le plus important. C'est effectivement les compétences humaines, c'est à dire la capacité de communication, d'écoute, mais aussi d'organisation. D'avoir la capacité de voir les problèmes dans leur ensemble et d'en faire quelque chose de compréhensible pour les interlocuteurs qu'on a. MajdelineDonc les qualités premières, c'est l'adaptabilité, l'écoute, la compréhension et le relationnel… MajdelineEt alors? Attention, la question Gagne-Pain combien ça gagne aujourd'hui un chef de projet e- commercent plus particulièrement, quel est le salaire annuel brut et une fourchette entre un juniors et un senior? AlexandreAlors un junior, ça va gagner 35 K brut annuel, quelque chose comme, un un sénior, ça peut gagner entre 45 et 50k on a dire toujours brut annuel. Après, ça va évidemment dépendre de quand vous êtes junior, potentiellement de l'école que vous avez faite et quand vous êtes plus sénior, de l'entreprise tout simplement dans laquelle vous êtes et des expériences que vous avez avant. 45-50 K, je pense que c'est une bonne moyenne. Mais ça peut être plus élevé en fonction des entreprises, en fonction des projets, etc. MajdelineOK, super Alexandre. Pourquoi tu as choisi ce métier de chef de projet e-commerce? AlexandreComme je le disais par rapport à ma formation, je me suis orienté d'abord sur du marketing et je suis arrivé après sur la gestion de projet par opportunité. Et en fait, ce qui me plaisait, c'est ce qui est lié aux qualités que j'ai dit tout à l'heure. C'est que c'est un métier où on touche à beaucoup de choses. Non seulement on touche à plein de métiers différents. Avec les développeurs, les designers, etc. Moi, je faisais des missions où je devais avoir des recommandations, à la fois en termes de dev, mais aussi en termes de design, d'UX de manière très générale. J'apporte aussi des recommandations stratégiques à mes clients. Donc voilà, ça touche à beaucoup de sujets. Et en fait, c'est toujours un plaisir d'être dans l'échange, ce point centrale, dans la boite, et c'est vraiment ces qualités là qui me plaisaient. Et en plus de ça, dans cette diversité, moi, j'avais l'opportunité de travailler avec plein de clients différents. Qui dit plein de clients, dit plein de projets, qui parfois sont hyper intéressants, parfois moins. Mais du coup, on voit beaucoup de choses différentes. MajdelineQuelle est la tâche qui te plaît le plus et celle qui te plait le moins? AlexandreAlors, celle qui me plaît le plus, je pense que c'est la partie, ou on définit en fait les besoins avec le client. Parce que c'est aussi une partie où on peut faire part de son expertise. Comme je le disais tout à l'heure, j'ai travaillé avec pas mal de clients différents et ça permet d'avoir une bonne vision d'ensemble. Ce qui fait que quand un client vient nous voir en disant mon besoin, c'est ça. Ça permet de lui répondre et lui dire OK, je vois où tu veux en venir, je vois ce que tu veux faire, mais à ta place, je le ferais peut être plutôt comme ici, ou plutôt comme ça. Ça donne lieu à des moments d'échanges avec le client. Et en fait, on se projette assez vite dans des projets qui ne sont pas forcément les nôtres, mais du coup, auxquels on s'identifie parfois. Et ça, c'est hyper intéressant et parfois, on a des très bons échanges avec les clients. Sur le moins marrant on va dire, la partie très organisationnelle de gestion de planning où il faut, quand même aimer être bien carré, bien structuré et bien organisé, modifié en permanence pour bien gérer les priorités. Ca, ce n'est pas forcément la partie la plus marrant. Je pense que ça peut plaire à certains. MajdelineIl faut se former régulièrement pour eux pour garder le cap en tant que chef de projet commerce? AlexandreAlors, je pense que le plus important, c'est de rester à l'écoute, en fait, de ce qu'on voit autour de nous. L'avantage, c'est que comme je travaille avec pas mal de clients différents, je voyais un peu ce qui se passait aussi et je regardais un peu ce qui se passait sur le marché. Mais oui, il faut être capable de savoir que, par exemple, sur les plateformes e-commerce, lesquelles sont utilisées les plus en ce moment. Quels outils peuvent être importants ou intéressants pour le client pour l'aider dans ses missions ? Quel est le mode de vente ou quel type d'offre "ont la cote" sur le marché ? Qu'est ce qui se fait ailleurs, en fait, pour conseiller les clients et les orienter comme il faut et mener à bien le projet? MajdelineDonc, il faut vraiment se tenir au courant par le travail, par les clients et par l'actualité mais est ce qu'en dehors de tout ça, il y a des formations concrètes que toi, tu as faites ou des certifications? AlexandreAlors il y a des formations, des certifications. Moi je pense pas qu'il y ait besoin de formation en école très spécifique. Mais par contre, des certifications, il y en a que vous pouvez trouver en ligne. Et là, ça va être sur des choses très basiques dans le e-commerce, qui sont savoir ce que c'est Google Analytics et savoir ce que c'est Google AdWords. Connaître les différents outils par foyer a besoin de se former dessus. Les plateformes de commerce, j'en parlais tout à l'heure, ce qu'on appelle les CMS, donc PrestaShop, WordPress, Shopify, les choses comme ça. En fait parfois, ça demande effectivement des formations. Et sur la partie gestion de projet pure, il faut savoir qu'on est en terme de compétences techniques, d'outils qu'on utilise. Ils peuvent énormément varier d'une entreprise à l'autre et ils sont pas forcément figés, très structurés. Ça dépend des entreprises. Par contre, il y a des méthodes qui sont très connues et qui doivent vous parler à ce moment là. C'est les choses comme les méthodes agiles qu'on entend beaucoup en ce moment là, le Kanban, le Scrum, les choses comme ça. Toutes les différentes méthodes de gestion de projet. Faut au moins que ça vous parle, que vous sachiez plus ou moins ce que c'est. Je vous dis pas que vous allez l'utiliser pile poil, comme c'est écrit dans l'information au quotidien. Mais clairement, ça vous aidera. Et après, comme je disais tout à l'heure sur la gestion de projet, surtout en Web e-commerce, digital, vous êtes souvent amené à travailler des développeurs. Donc, il faut avoir une base et pas besoin de plus. On vous demande pas de développer une action. MajdelineUne introduction? AlexandreVoilà exactement à des sujets de voir tout ce qui concerne HTML, Java, CSS. Savoir de près ou de loin ce que c'est. Parce que quand les développeurs vont vous parler de ça, faut pas que ça soit du chinois pour vous. MajdelineEst-ce que tu utilise l'anglais dans ton travail? AlexandreAlors moi, j'ai utilisé l'anglais assez rarement dans un premier temps, parce que c'était les entreprises qui venaient nous voir était majoritairement sur le marché français. Donc parfois, on avait besoin de l'anglais, souvent l'anglais écrit dans un premier temps pour les pour les entreprises qui avaient besoin de vendre à l'étranger. Et ensuite dans un second temps je travaillais sur la partie produits dont je parlais tout à l'heure où je travaillais avec une équipe de développeurs à l'étrangers, on travaillait en anglais. Mon avis sur la question, c'est que ça va vraiment dépendre de la boite avec laquelle vous travaillez. Souvent, si la boite, elle est sur le marché national français, ce n'est pas forcément indispensable. Dès que la boite va vouloir s'internationaliser, dès qu'elle va avoir des clients qui vendent à l'étranger. Oui, il va falloir avoir un certain niveau d'anglais. Souvent, il s'agit pas d'être bilingue, mais au moins d'être capable d'échanger avec des clients en anglais, par écrit, par oral. MajdelineEt est ce que c'est un métier qu'on peut faire à distance, ce qu'on est obligé d'être en présentiel? C'est un sujet vraiment d'actualité aujourd'hui. Les étudiants, les jeunes diplômés se posent la question. Est ce qu'il faut rester en France? Est ce qu'on peut travailler d'étranger? Toi, t'en penses quoi? Et est ce que ce métier se porte à ce type de travail? AlexandreOui, bien sûr. Je pense que c'est un métier effectivement qui s'y prête assez bien, qui se prête assez bien au télétravail. Tout simplement parce que les outils peuvent être tous en ligne, que vous avez le téléphone ou avez la visio pour contacter les clients pour contacter les équipes. C'est possible, moi, à vrai dire, avant qu'il y est la situation Covid, en fait, on avait à peu près un tiers de notre team qui était en remote l'intégralité du temps, les développeurs notamment. Donc oui, ça se passe très bien. Après moi, j'ai tendance à dire, mais ça c'est plus une question d'organisation et de stratégie de la boite. On est un point central. On a besoin de fonctionner en équipe et pour ça le full télétravail, c'est parfois compliqué. Et si on peut mettre une tête de temps en temps au bureau pour avoir le dialogue en direct, la réunion, c'est quand même bien. Mais voilà, les trois quarts du temps, ça peut quand même se faire en travail. MajdelineAlors Alexandre, question qui n'a qui n'a rien à voir avec tout ce qu'on vient de se dire. Mais voilà, j'ai remarqué que tu étais très sportif. Est ce que pour toi, il y a un lien entre l'équilibre professionnel et et l'équilibre personnel, notamment dans le sport? Est ce que c'est important pour toi? AlexandreC'est hyper important pour moi. C'est comme je disais, c'est comme c'est un poste, le poste de chef de projet assez central on doit s'adapter, c'est un poste qui peut être générateur de stress. Voilà et moi, clairement oui, le sport, c'est un moyen de se décharger, de défouler, de penser à autre chose qui me fait beaucoup de bien. Et je pense que c'est hyper important, surtout maintenant quand on a du télétravail un peu plus généralisé. Et comme je viens de le dire, qui peut être OK pour ce genre de métier. C'est hyper important, selon moi, de garder une activité physique régulière, de pouvoir se dépenser. Après chacun fait ce qu'il aime. On va dire moi, j'adore le sport, mais si vous vous êtes OK avec l'idée de juste aller faire de la marche et peut être que c'est autre chose qui va vous permettre de penser à autre chose. Je ne sais pas de la musique, de la peinture ou je ne sais quoi. Ça marche aussi, mais j'ai tendance à penser que le travail, c'est au travail, qu'à côté, il faut avoir un passe temps, une passion, quelque chose qui nous qui nous sort un peu du quotidien. MajdelineEst ce que tu aurais un conseil à donner à une personne qui souhaite faire ce métier, qui est encore étudiant ou jeune diplômé et qui recherche des conseils? Qu'est ce que tu pourrais lui dire? AlexandreCe n'est pas la formation technique qui est le plus important, c'est ce que vous allez montrer finalement sur le terrain. Donc, il faut accorder de l'importance à un poste de junior à être capable de se plier aux exigences de la boite dans un premier temps. Et pendant cette phase d'apprentissage, d'être hyper à l'écoute, hyper dans l'apprentissage, comme on disait tout à l'heure sur les différents métiers. Vraiment, être curieux de voir ce qui se passe autour de vous et d'accepter de prendre le temps d'apprendre. MajdelineOK, merci Alexandre. Pour conclure, est ce que tu as quelque chose à ajouter? Quelle l'évolution, toi, tu envisage pour l'avenir? Qu'est ce qu'on peut te souhaiter? AlexandreAlors moi, l'évolution, c'est en fait ce qui est en train de se passer avec avec le Covid. Ce dont a mon avis on va tous avoir besoin, c'est de prendre conscience que la vie et le monde du travail, ce n'est pas une ligne droite. Que on va de plus en plus, on ne fera pas le même métier pendant toute notre vie. Qu'on est amené à changer, même sur un même métier, que ça peut énormément varier en fonction de votre mission, en fonction du type d'entreprise dans laquelle vous allez travailler. Et donc, il faut vraiment accepter "l'inattendu", accepter d'être ouvert. Pour ma part, ça s'est traduit par exemple récemment avec le Covid, etc. Dans le fait que le travail sous d'autres formes, c'est à dire en freelance par exemple, s'est "imposé"à moi alors que c'est quelque chose auquel je pensais pas vraiment jusqu'à peu. En fait, je me rends compte aujourd'hui que c'est possible. Même un monde que je connaissais pas forcément avant. En fait, je me rends compte que c'est possible. Et ça, c'est parce qu'il faut. Comme je disais, il faut se permettre de n'être ouvert et de l'accepter, que ce n'est pas une ligne droite. MajdelineDonc c'est une des qualités de ton métier. C'est s'adapter? AlexandreOui, carrément. MajdelineOK, merci beaucoup Alexandre, A bientôt. Au Revoir AlexandreAvec Plaisir. A bientôt. Au Revoir L'épisode 11 du Gagne-Pain, métier "Chef de projet E-commerce", est également disponible sur : ### Les métiers du Futur – Isabelle Rouhan L'atelier du Gagne-Pain d'Isabelle Rouhan sur la route du succès Dans l'Atelier du gagne pain, nous allons prendre le temps de rencontrer régulièrement des professionnels du recrutement. Avec eux, nous découvrirons un autre regard sur les métiers du digital. Dans ces ateliers, nous vous proposerons les conseils de ces professionnels pour faire les bons choix dans votre projet et vous aider à trouver le gagne pain qui vous convient. Pour ce premier atelier, nous avons le plaisir d'accueillir Isabelle Rouhan, entrepreneur, présidente de l'Observatoire des métiers du futur. Avec son expérience. Isabelle est avec nous aujourd'hui, pour nous parler de son expérience et de ses conseils sur les métiers du futur Merci à Isabelle, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Isabelle Rouhan – Profil Linkedin Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 10 : l'atelier du Gagne-Pain : les métiers du futur BertrandBonjour et bienvenue, c'est l'atelier du Gagne-Pain. L'atelier du Gagne-Pain, c'est l'occasion d'interroger des professionnels du recrutement pour éclairer et conseiller les jeunes qui nous écoutent. Aujourd'hui, nous avons le plaisir et le grand avantage d'accueillir Isabelle Rouhan. Bonjour Isabelle. IsabelleBonjour Bertrand, BertrandMerci beaucoup d'avoir accepté l'invitation du Gagne-Pain. Comment présenter Isabelle? Isabelle est entrepreneur, présidente de l'Observatoire des métiers du futur. Elle est la créatrice de Colibri de talents, un cabinet de recrutement et de out-placement. Elle a publié "Les métiers du futur" en 2019 et a prolongé ce travail d'écriture avec un podcast qui s'appelle également "Les métiers du futur". Je n'ai rien oublié, Isabelle? IsabelleIl y a plein de choses à ajouter puisque je suis également réserviste citoyenne dans l'armée de terre au grade de commandante. Ce qui me permet de contribuer à la direction des ressources humaines de l'armée de terre. Et effectivement, moi, j'aime bien toucher à tout ce qui interpelle sur le futur du travail. Le futur de l'emploi, c'est ma grande passion et j'ai la chance de pouvoir illustrer ça de plein de manières différentes, BertrandY compris avec l'armée, Bravo ! IsabelleY compris avec l'armée que je salue ! BertrandDans l'atelier du Gagne-Pain, que nous inaugurons avec toi, nous avons pour objectif de proposer des conseils aux jeunes pour trouver un job, notamment dans le digital. Si ça te va, j'ai organisé cet entretien en quatre parties. Premières partie, sur les conseils pratiques, une deuxième sur les conseils un peu plus tactiques, une partie sur les conseils plus stratégiques, notamment, qui va s'appuyer sur les métiers du futur. Et puis une quatrième partie, opérationnelle tout de suite, avec le métier post-Covid. Qu'est ce qui va se passer suite à cette pandémie. Si on commence par les conseils pratiques, on peut parler rapidement, CV Profil LinkedIn. Qu'est ce que tu conseilles à ceux qui nous écoutent? IsabelleAlors, je conseille surtout de se préoccuper beaucoup de son profil LinkedIn. Je pense plus important comme carte de visite que le CV. Le CV, il y a deux ou trois règles d'or. Bien sûr, faire en sorte qu'il tienne sur une page qui soit très lisible, que la photo soit accrocheuse et vous représente vraiment. Mais il n'y a pas de règle d'or du CV. Par contre, LinkedIn, il y a vraiment des choses à connaître pour être efficace et être repéré par les recruteurs. Ça démarre déjà dans le fait d'avoir une communauté qui soit importante et bien animée. Donc je ne peux que vous engager à publier de manière extrêmement récurrente des contenus qui soient pertinents et qui vous soient propres. Pas simplement partager, mais vraiment publier. Il faut aussi illustrer un maximum vos compétences. Donc, le plus de compétences, on peut mettre jusqu'à 50 sur LinkedIn, donc le plus de compétences, tu peux mettre en avant, le plus tu peux être recommandé sur ses compétences et le plus ce sera efficace. BertrandEst ce qu'il y a des erreurs classiques que tu as déjà repérées, qu'il faut éviter? IsabelleMentir ! Bertrandil y en a eu une aussi que je vois souvent. C'est Je suis en recherche de… Est ce que tu penses que c'est une bonne idée ? IsabelleNon, je pense que je pense qu'il faut oublier. Je pense que c'est beaucoup plus efficace, de dire je efficace là-dedans, j'ai envi de, je suis expert de, je suis spécialiste de. C'est beaucoup plus parlant. Et de toute façon, LinkedIn propose aujourd'hui un badge vert Open to work, qui est très clair, qui permet à tous les recruteurs de voir hyper nettement qui est à la recherche d'un nouveau challenge, d'un emploi, d'un apprentissage. Et ça, c'est chouette. BertrandSur la partie un peu plus conseils tactiques, on peut parler secteur parler entreprises. Quels sont les secteurs et les entreprises sur lequel tu penses que ceux qui nous écoutent doivent se concentrer. IsabelleEn priorité le digital, puisqu'il y a 80 000 postes non pourvus chaque année en France du fait d'un déficit de compétences dans l'univers du digital. Donc, c'est vraiment un océan d'opportunités. Le digital est le secteur qui recrute le plus en France, donc il y a vraiment beaucoup de possibilités. Il manque 900.000 codeurs en 2021. A l'échelle européenne. BertrandQu'est ce qu'on peut faire pour répondre à cette offre? Qu'est ce qu'il faut faire pour répondre à cette offre et ce qu'il faut continuer à se former? Il faut regarder attentivement ces offres. IsabelleIl faut se former. Tout repose sur la formation et sur la capacité à se former en permanence. Parce que les métiers, notamment dans le digital, changent énormément. Les compétences techniques sont très volatiles. Donc, il faut, au delà de la formation initiale, être capable de se former en permanence. Et puis, le digital s'apprend en surfant. On ne va pas se mentir. BertrandEst ce qu'il y a des petits trucs qui t'apparaissent importants, liés notamment, à cette période de pandémie. Dans l'organisation des rendez vous de recrutement, je pense notamment évidemment à la visio, est ce qu'il y a des choses là aussi auxquelles tu penses et qui peuvent être des bons conseils pour ceux qui nous écoutent? IsabelleUne bonne visio, ça se prépare, ça se prépare autant qu'un entretien en face à face. Alors je vais enfoncer quelques portes ouvertes. Bien sûr, il faut faire attention au fond derrière soi et être au calme. Mais un truc aussi qui fonctionne bien en visio, c'est d'essayer de se mettre debout parce que c'est très compliqué quand on est en entretien de recrutement, de transmettre de l'énergie à travers à travers un écran. Donc, plus vous vous tiendrez droit, plus vous vous mettrez debout, plus vous mettrez des très jolies chaussures aux pieds. Même si on les voit pas, c'est pas grave. Mais le fait d'être dans ces conditions là mentalement, de faire cet effort là, je pense que c'est important. Donc vous habiller, pas que le haut. Mettez les plus belles chaussures que vous avez et rien que, ça met dans l'ambiance. BertrandOn se prépare comme un entretien classique ? Isabelleon se prépare comme un entretien classique et on a aussi les astuces de l'entretien classique. C'est à dire que quand on fait un entretien classique, on n'oublie pas d'arriver avec une ou deux questions à poser à la fin. On n'oublie pas d'être à l'heure, on n'oublie pas de prendre des notes. Parce qu'il n'y a rien de plus désagréable pour un recruteur que d'avoir en face de soi quelqu'un qui ne prend pas de notes alors qu'on passe beaucoup de temps à pitcher le poste, l'entreprise et le contexte. Donc, il y a effectivement ces astuces là où c'est savoir être là qu'il faut avoir, y compris en visio, BertrandEt se préparer un peu pour parler un peu, connaître l'entreprise. J'entends souvent ça aussi, non? IsabelleConnaître l'entreprise et surtout au-delà de entreprise, parce que quand on en est au stade de l'entretien, c'est qu'on a quand même passé les premières barrières. Arriver à exprimer en trois phrases très simples la valeur ajoutée qu'on a pour ce poste dans l'entreprise. C'est au delà de je rêve de travail dans cette boîte là. C'est pourquoi ce que je rêve de faire, ce métier là, dans cette boîte là, et pourquoi c'est moi la bonne personne. Si déjà on a la réponse à ça, on a fait un gros bout de l'entretien. BertrandEt tactiquement, aujourd'hui, on a parlé du numérique. Mais s'il y a d'autres secteurs sur lesquels il faut se pencher, sur lequel il y a du potentiel ? Compte tenu justement de cette vision que tu as sur les métiers du futur ? IsabelleAlors je pense qu'il y a beaucoup de potentiel dans les métiers du soin et de l'accompagnement et tout type d'accompagnement. On manque de gens pour s'occuper de nos enfants, on manque de gens pour s'occuper de nos parents et on manque de gens pour s'occuper de nos clients. Il y a un énorme besoin… Plus on digitalise une relation client, plus on a besoin d'avoir un contact humain. Je crois que toute personne qui a passé un peu de temps avec un serveur vocal devient dingue et voit à peu près de quoi je parle. Et donc, il y a beaucoup de potentiel dans ces métiers là qui sont pour partie automatisable puisque c'est l'automatisation qui change les métiers du futur. Mais pour partie non-automatisable, on peut faire des choses avec un chat-bot. Mais dès que vous avez des requêtes complexes à traiter, il faut un humain. Et cet humain là, vous pouvez tout à fait le former à faire de la vente additionnelle. Tout le monde y gagne. BertrandDonc là, on se rapproche de la troisième partie de ce qu'on voulait dire, c'est à dire les métiers stratégiques ou les conseils stratégiques que tu peux apporter. Donc, comment cette vision que tu as des métiers du futur peut influencer ceux qui nous écoutent dans le choix de leur formation et le choix de leur métier? IsabelleAu delà du choix d'une formation ou d'un métier, je pense qu'il faut surtout être extrêmement curieux. On se fait souvent une idée d'un métier et celle ci est parfois très éloignée de la réalité, de ce que ça peut être. Je pense que c'est d'ailleurs tout l'intérêt de ce que tu fais aujourd'hui avec le Gagne-Pain en incarnant des métiers et, du coup, en permettant aux jeunes de se projeter dans un univers avant d'entamer des études. Il vaut mieux se projeter avant que après trois ou cinq ans d'études. Donc le premier conseil que je donne d'un point de vue stratégique, c'est soyez curieux, ouvrez vos chakras. Et effectivement, si tu peux essayer de te renseigner, si tu peux essayer de faire en vis ma vie une journée, avec un fleuriste, si tu veux devenir fleuriste, une journée dans une salle d'audience, si tu veux devenir avocat, une journée dans une agence si tu veux travailler dans une agence de publicité. Si c'est quand même souvent assez accessible, il y a peu de gens qui refusent de présenter leur travail ou de présenter leur quotidien. Donc, il faut souvent taper à la porte pour aller voir comment c'est en vrai, si on en a envie. BertrandAlors, pour ces fameux métiers du futur, on parle souvent de l'obsolescence des compétences techniques. Est ce que tu peux nous dire un mot là dessus, parce que j'avoue que j'ai été très intéressé par ce que tu as dit sur ces sujets. IsabelleAlors, c'est pas moi qui dit en fait, c'est l'OCDE. Je relaye une étude de l'OCDE sur l'obsolescence accélérée des compétences techniques. Une compétence technique dans les années 70, elle avait une durée de vie de 20 ans. Donc, on allait à l'école, on se former à un métier. Éventuellement, on se reformer à mi parcours. Mais les carrières étaient relativement simples et relativement linéaires. Ça, c'est fini, terminé ! Aujourd'hui, une compétence technique dans le digital a une durée de vie entre 12 et 18 mois. C'est extrêmement court, à horizon 2025 sur l'ensemble des compétences techniques, on est sur des durées de vie un peu plus longues qui vont tourner entre 3 et 5 ans. Mais on est sur quelque chose qui, de toute façon, est extrêmement volatile. Et ça s'accélère. Le World Economic Forum estime que d'ici 2025, 50 % des employés auront besoin d'une requalification. Donc, en fait, ça s'accélère pour tout le monde, qu'on soit en début de carrière ou qu'on soit à la fin de son parcours. Tout le monde est concerné et du coup, ça crée d'une part un besoin massif de formation, et de formation tout au long de la vie et donc de curiosité. Et ça crée aussi un besoin extrêmement important de capitaliser sur un autre type de compétences qui, elles ont le bon goût d'être pérennes. Qui sont les compétences de savoir être les fameuses, Soft Skills? BertrandCa ça m'intéresse bigrement aussi parce que je trouve que c'est très intéressant de faire le parallèle entre ces deux compétences. Parce que celles-là, au contraire, elles sont durables. IsabelleExactement. Elle progresse tout au long de la vie. Des Soft Skills, il y en a plein, BertrandResituons le débat pour ceux qui nous écoutent. C'est quoi un Soft Skills ? IsabelleSoft Skills, c'est des compétences dites douces et des compétences de savoir être. Donc c'est des compétences qui sont extrêmement importantes, mais pas toujours très bien mesurées ou pas, toujours très bien prises en compte. Ça va être l'agilité, la capacité à aller travailler en équipe, à savoir travailler en équipe. Ça va être le leadership, la capacité à porter une idée auprès des autres. La capacité d'apprendre à apprendre cette compétence là, par exemple, c'est peut être la plus importante. C'est la curiosité dans le savoir. C'est celle qui va servir tout au long de la vie, justement pour aborder ces métiers du futur et pour pouvoir se reconvertir régulièrement. BertrandEt ces compétences là, elles ont un avantage, c'est qu'elles sont durables. IsabelleExactement, elles sont durables. Plus on progresse dans le temps, plus on progresse dans la vie, plus on gagne en maturité, plus on apprend à se comporter en entreprise et plus ces compétences là, elles vont avoir une façon de se sédimenter. BertrandDonc, ça veut dire qu'il y a un élément important dans le métier du futur, c'est qu'il faut se former en permanence ? IsabelleExactement, c'est vraiment ça la clé. Il faut se former en permanence et il y a deux façons de se former en permanence. Il y a le fait de se requalifier. Je suis désolé, je vais faire un anglicisme, mais il y a deux façons de se requalifier, ce qu'on appelle l'upskilling. Donc, le fait de monter d'un cran en acquérant une compétence supplémentaire. Où il y a ce qu'on appelle le reskilling qui est là, le fait de changer complètement de voie et de changer complètement de métier. Ce qui est un peu plus long et prend souvent 12, 18 mois, 2 ans. Donc, il y a vraiment les deux façons de voir les choses qui sont complémentaires. Je n'ai pas trouvé le mot en français pour la requalification qui illustre cette nuance. BertrandEst cette requalification là, elle est aussi très au cœur des préoccupations de la jeune génération. On voit beaucoup de gens qui se "reskill", qui changent de compétences, qui changent de métier et qui se disent je vais faire complètement autre chose. Donc ça aussi, ça fait partie des métiers du futur, de se dire je peux complètement changer d'environnement ? IsabelleÇa fait partie des métiers du futur et en fait, je pense que ce qui est clé, c'est de se dire c'est quoi mon coup d'après ? Ou est ce que je vais amener de la valeur ajoutée? Ou est ce que j'ai envie d'aller? Où est ce qu'il y a un besoin en entreprise ou sur le marché? Et du coup, comment est ce que je prépare ce coup d'après là? Est ce que c'est en formant? Est ce que c'est en allant chercher un métier un peu connexe dans l'entreprise où je travaille déjà? Mais comment est ce que je deviens toujours plus employable? C'est à chacun d'être acteur de son employabilité. Ce n'est pas le boulot de votre boss de vous rendre employables, c'est votre boulot. BertrandEt il y a dans la même idée l'idée que l'on va changer de métier plusieurs fois dans sa vie. Ça aussi, ça m'a beaucoup intéressé. Dans ce que tu as écrit, repris, est ce que tu peux détailler cette notion là? Combien de fois on va changer de boulot? Aujourd'hui, quand on est un jeune qui rentre sur le marché de l'emploi? IsabelleAlors il y a plusieurs sources là dessus. Il y a plusieurs chiffres. Le chiffre le plus bas, c'est un chiffre qui est donné par un chercheur à Harvard qui s'appelle (Bob) Robert Kegan et qui dit qu'aujourd'hui, on va changer de métier six fois et demie dans sa vie. Et le chiffre le plus haut, c'est celui qui est donné par le World Economic Forum et il tourne autour de 9 à 10 fois. Je ne sais pas où est la vérité entre les deux. BertrandEntre 5 et 10… IsabelleEntre 5 et 10. En tout cas, ce qui est certain, c'est que les carrières linéaires dans une seule entreprise ou on montait de grade ou de poste très régulièrement. Aujourd'hui, c'est plus ce qui est recherché et donc il faut s'apprêter à changer très souvent de métier. Je crois que j'ai changé 7 fois personnellement et j'ai 45 ans, donc je suis pas du tout au bout de ma vie, de ma vie professionnelle. Aujourd'hui, je change plus, je rajoute des métiers et je me rajoute des cordes à mon arc. Mais en tout cas, il faut effectivement se dire que plus rien n'est permanent, sauf le changement. BertrandIsabelle, dans tes prises de parole et aussi quelque chose qui m'a beaucoup intéressé sur ce monde de plus en plus technologique. Mais en fait, les métiers vont être de plus en plus tournés vers vers l'humain, la relation client, l'écoute consommateur. Ça, c'est vraiment un sujet aussi sur lequel j'aimerais bien qu'on s'arrête quelques minutes. C'est un sujet qui doit vraiment intéresser tout le monde… IsabelleOui. Et puis, ça peut être contre intuitif parce que c'est vrai qu'il y a parfois à bas bruit ou à haut bruit, je ne sais pas. Mais l'idée de se dire plus on met du digital et plus on met de l'intelligence artificielle et quelque part, on déshumanise les choses. Moi, je pense pas ça du tout. Pourquoi? Parce que ce qui change les métiers, c'est l'automatisation. C'est ça qu'il faut vraiment avoir en tête aujourd'hui la moitié des heures travaillées en France et potentiellement automatisable d'ici 2022, donc c'est absolument colossal. Mais ça ne veut pas dire que la moitié des métier, la moitié des emplois vont disparaître d'ici l'année prochaine. Heureusement, 5% des emplois pourraient être totalement automatisés et vont être concernés par des disparitions. Et en revanche, 60% des emplois vont être partiellement automatisés, ce qui, du coup, libère du temps. Justement, pour se pencher un peu plus sur la stratégie, sur les coûts de clients et sur et sur les besoins de formation. Moi, je me dis que l'automatisation, c'est plutôt positif. Ce qu'on automatise, c'est toujours quelque chose de répétitif. C'est souvent quelque chose de pénible. Donc l'idée, c'est de se dire ce qui est répétitif. Je lui délègue à la machine et qu'est ce que je fais du temps que ça me libère, pour être plus efficace dans mon job, pour être plus pertinent dans mon job et pour être plus épanoui, tout simplement. BertrandEt on en revient quand même à la question de tout à l'heure qui est pour faire ça? Il va falloir se former pour changer de métier, pour faire évoluer son métier. Se former. Apprendre à apprendre. IsabelleExactement. BertrandAlors si on passe à la quatrième partie de cet entretien, moi, j'avais envie de m'arrêter aussi sur ce que tu peux apporter à ceux qui nous écoutent, sur les suites de ce qu'on vit en ce moment. C'est à dire cette crise pandémique qu'on a pris de plein fouet, qui a quand même considérablement changé le travail, la relation au travail, notamment avec les visio, le télétravail, le management à distance. C'est quoi ta vision de ce qui va se passer dans les quelques prochains mois quand on va réouvrir un peu normalement les entreprises? IsabelleAlors, je ne suis pas futurologue. Après, je pense que cette crise, elle a eu effectivement des conséquences dramatiques d'un point de vue sanitaire. Elle peut aussi être vue comme quelque chose de positif, en partie, sur le monde du travail, puisque, effectivement, elle a rendu possible le télétravail à très grande échelle pour de très nombreux métiers. Ça, c'est très positif dans certains cas, parce que ça permet à des gens qui sont pour certains éloignés de certains bassins d'emploi, pour d'autres des gens qui sont par exemple handicapés et qui ont plus de difficultés à se déplacer, de revenir dans le marché de l'emploi. Après, moi, je crois pas au tout télétravail ad vitam æternam. Je pense qu'on a quand même besoin d'avoir un sentiment d'appartenance à l'entreprise. Je pense qu'on a quand même besoin d'avoir un sentiment d'appartenance à son équipe, de connaître son manager, de connaître ses collègues, d'avoir des discussions dites de machine à café. Donc, je pense pas qu'on reviendra ou 100% présentielle. Parce que les gens quand même, ont pris goût à pouvoir en partie travailler chez eux et que de temps en temps, avoir une journée aussi où on est chez soi, où on peut gérer des sujets de fond sans être interrompu, c'est chouette. Et inversement, je pense qu'on sera pas en 100% distancielle non plus. BertrandDonc, c'est un entre deux qui va se mettre en place. Par contre, ça voudra dire qu'il faut quand même apprendre à télétravailler beaucoup plus. IsabelleIl faut apprendre à télétravailler. Il faut repenser les bureaux. C'est à dire qu'il y a un moment où les bureaux, on ne va pas aller au bureau juste pour faire des zooms avec des collègues qui sont chez eux ça n'a aucun sens. Donc, il faut avoir une notion du bureau qui devient un espace de travail, on va dire de co-création et d'espace collaboratif qui va être un moment et un lieu de rencontre. Je vais au bureau parce que j'ai des gens à y voir et parce que j'ai des temps forts où je me retrouve en équipe, où je rencontre mes clients et je télétravail de chez moi au calme. Et ça me permet de faire les tâches de fond que je peux parfois moins bien faire au bureau parce que je suis sans cesse interrompu. C'est cette bascule qu'il faut faire. Et je pense aussi qu'on aura un essor de ce qui s'appelle les tiers lieux. C'est à dire des lieux qui sont pas votre bureau, mais pas chez vous. Il y a aussi des gens qui sont quand même en grande souffrance quand ils sont en télétravail, à domicile, quand ils n'ont pas un espace agréable pour travailler. Et on voit qu'il se développent de plus en plus de tiers lieux qui sont proches du domicile, mais qui permettent de travailler dans de bonnes conditions. Je pourrais citer l'expérience de la station Sainte-Omer, qui est une gare qui est devenue un espace de coworking et où certains, certains bureaux sont loués notamment par la métropole lilloise pour éviter aux collaborateurs d'avoir à faire le trajet tous les jours. BertrandEt le management là-dedans? Là aussi, il y a des remises en cause sur la façon dont on va manager les équipes, pas simplement passer dans le bureau pour vérifier que tout le monde soit là ? IsabelleAlors, au delà du présentiel et effectivement, du manager qui check que tout le monde est là, je suis pas sûr que ce soit ça le rôle du manager. En fait, ce qui est complexe dans le management à distance, c'est qu'on perd toute la communication informelle. On ne sent plus, entre guillemets, ce qui se passe dans la tête du collaborateur. Alors qu'on peut le percevoir quand on est, quand on est dans la même pièce et quand on a des échanges réguliers. Moi, je le vois avec certains de mes clients. Je fais du recrutement et effectivement, j'ai des clients qui me disent il faut m'aider à recruter sur tel était le poste parce que j'ai eu des démissions que je n'attendais pas du tout. Le manageur n'avait pas perçu le fait qu'il avait en face de lui un collaborateur qui était en train de se désengager et de chercher ailleurs là où il l'aurait probablement vu s'il y avait eu des temps partagés en présentiel, BertrandEst ce qu'il y a d'autres choses que tu vois suite à cette période de pandémie qui sont importantes à intégrer par rapport à la vie et au travail pour les jeunes qui nous écoutent? IsabelleMoi, je vois surtout une accélération incroyable. Tu vois, quand j'ai écrit le bouquin (Les Métiers du Futur) , je l'ai écrit en 2018, il est sorti en 2019. Je l'ai écrit avec cette fameuse perspective de 2030 et du chiffre de l'Institut du futur qui dit qu'en 2030, quand on est actuellement en train de se former dans 85% des cas, le métier qu'on n'effectuera n'existe pas encore. Et en fait, ce prisme de 2030, qui était pour moi quand j'ai écrit un horizon à 10 12 ans, il y a des choses qui sont en train de se passer. Maintenant, on est en 2021, donc en fait, il y a une espèce d'accélération de la transformation des métiers du travail, du lien distanciel / présentiel et de la digitalisation qui est phénoménale. Parce qu'en fait, il y a un moment où, le 17 mars 2020, on a dû tous y aller à marche forcée. BertrandMerci Isabelle, est ce que tu souhaiterais ajouter des choses pour encore une fois accompagner ceux qui nous écoutent dans la recherche d'emploi, dans la recherche de métier, dans ce qu'il faut qu'ils fassent pour être le mieux dans leur métier de demain? IsabelleSoyez heureux dans votre métier de demain. Soyez curieux, soyez agiles, rencontrer des gens, rencontrer des gens en dehors de votre cercle habituel, en dehors de l'entreprise, vous faites votre stage ou votre alternance. Essayez en fait d'avoir un maximum de champ des possibles ouvert parce que c'est ça qui vous rendra extrêmement employable. BertrandJ'aime beaucoup cette idée d'être curieux. Pour conclure, parce que je pense que c'est un sujet majeur. On a besoin de curiosité sur tous les sujets. IsabelleTout à fait. BertrandMerci beaucoup, Isabelle. IsabelleMerci Bertrand. L'épisode 10 du Gagne-Pain, l'atelier #1 et les métiers du futur, est également disponible sur : ### Customer Success Manager – Camille Bourachot Épisode 9 : Camille Bourachot, Customer Success Manager chez Launchmetrics Dans cet épisode, nous recevons Camille Bourachot, customer success manager chez Launchmetrics pour une interview passionnante nous permettant de découvrir son métier, inconnu pour beaucoup ! Merci à Camille, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Camille Bourachot – Profil Linkedin Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 9 : BertrandBonjour Camille. CamilleBonjour Bertrand. BertrandMerci beaucoup d'être là. On est ravi de rencontrer, de t'accueillir dans le Gagne-Pain parce que le métier que tu fais est extrêmement intéressant. Et pour commencer, j'aimerais bien que tu te décrive un peu et que tu racontes qui tu est CamilleBien sûr. Alors je m'appelle Camille, j'ai 27 ans et je viens d'un village près Roanne dans la Loire. BertrandD'accord. Et tu a grandi là bas. Après, tu as fait quelques études ? CamilleExactement, J'ai grandi là bas. J'ai passé mon bac à Roanne, un bac scientifique et après ça, je suis partie à Clermont-Ferrand pour faire ma licence en histoire de l'art. J'ai eu la chance pendant cette licence de partir en 3ème année en Erasmus en Italie. Et après ça, j'ai décidé de me spécialiser dans le marketing digital, la communication et donc j'ai fait un master en marketing opérationnel et digital à Paris. Cette fois ci, BertrandEst ce que tu peux nous parler de tes premières expériences professionnelles, stages, alternance avant mon arrivée dans ton entreprise actuelle ? CamilleOui, mes premières expériences professionnelles, c'était effectivement des stages que j'ai fait quand j'étais en histoire de l'art. J'ai fait deux stages différents dans des galeries d'art. À l'époque, je me destinait à travailler pour le marché de l'art et donc le premier stage dans une galerie à Clermont-Ferrand et le deuxième stage dans une galerie à Florence. Et après ça, pendant mon master en marketing opérationnel et digital que j'ai fait en alternance, c'est important de le préciser puisque ça a été deux expériences très formatrices. La première année, je l'ai faite chez Plastic Omnium en tant que chargée de recrutement et communication RH et ensuite ma deuxième année de master. Je l'ai faite en alternance chez Lacoste en tant que chargée de communication interne. BertrandEt puis après, tu es arrivée chez Launchmetrics. Est ce que tu peux nous parler de cette entreprise ? CamilleBien sûr. J'ai été embauchée effectivement juste après avoir été diplômée, en janvier 2019. Launchmetrics c'est une Saas de la Fashion Tech. Qu'est ce que ça veut dire ? Saas ca veut dire "Software As A Service" c'est à dire que c'est une société qui va vendre & proposer des services à d'autres sociétés. Donc, on travaille en B-to-B. Voilà une société qui s'adresse à une autre société et donc de la Fashion Tech, c'est à dire dans l'univers digital de la mode. Donc aujourd'hui, nous, on va proposer des solutions digitales et de la data, donc des données, à des services communication, RP ou influence de marques de mode, luxe ou beauté. BertrandEt ça touche l'univers des relations publiques, des relations presse, de l'influence & de la communication digitale ? CamilleExactement ça, c'est vraiment les métiers qu'on va chercher à aider grâce à nos solutions digitales et nos données. En fait, on va les aider à mesurer la performance de leur marque. Puisqu'aujourd'hui, il y a beaucoup de solutions pour mesurer la performance financière ou la performance commerciale. Et on s'est rendu compte qu'il n'y en avait pas pour mesurer la performance de marque. Ce qui est très important. Et donc, nous, on est là pour ça. On est 250 dans le monde et on a environ 1.000 clients. BertrandOK, Camille, donc, chez Launchmetrics, tu es Customer Success Manager. Qu'est ce que ça veut dire? CamilleAlors ça veut dire que je suis là avant tout pour gérer la relation avec les clients de Launchmetrics avec un certain nombre de clients. BertrandSi on le traduit en français, ça veut dire quoi? CamilleÇa voudrait dire responsable de la satisfaction client. BertrandDonc, tu gère un portefeuille de clients dans l'univers de la mode, de la fashion et du luxe ? CamilleC'est çà, mes clients sont des services, communication, relations presse ou influence de marques de l'industrie mode, luxe ou beauté. BertrandD'accord. Qu'est ce que ça veut dire concrètement? Les missions d'un Customer Success Manager chez Launchmetrics. CamilleAlors les missions d'un Customer Success Manager chez Launchmetrics, on peut dire que c'est un cycle de plusieurs missions qui viennent les unes après les autres. Ça va être la première de l'aide à l'avant vente. Ensuite, on va passer sur de la gestion de projet pour l'implémentation du projet. Vient après le moment de la formation… BertrandFormation des équipes chez ton client. CamilleOui formation du client à nos produits. Ensuite, on va passer sur la phase de suivi et de fidélisation du client. Un fois que le projet est implémenté et que la formation a été faite. Et enfin, vient une dernière partie qui n'est pas vraiment la dernière puisqu'elle vient en général en même temps que le suivi et la fidélisation, qui est la partie de up-sales. Celle où on va chercher à essayer de comprendre les produits et services que l'on fournit que le client n'a pas encore et qui pourrait l'aider dans ses missions. BertrandUp-sales ? CamilleÇa veut dire ça veut dire ventes additionnelles, c'est à dire le client bénéficie d'un service ou d'un produit chez nous. Et s'il y a quelque chose d'autre qui répond à un besoin qui est né récemment, on lui propose autre chose. BertrandSi on revient sur chacune de ses missions, donc la première, c'est l'avant vente. Donc ça veut dire que tu accompagne un commercial qui va essayer de proposer ses services à un nouveau client. CamilleC'est ça, nous on vient apporter vraiment notre expertise sur le produit et sur la faisabilité du projet puisque seconde phase, seconde mission, gestion de projet, c'est nous qui allons implémenter et donc mettre en place ce projet chez le client. Donc, c'est bien qu'on soit là dès le début pour savoir exactement quelles ont été les besoins du client et pouvoir nous les retranscrire dans la phase de mise en place du projet chez le client. BertrandEt dans cette phase là, c'est toi qui est une sorte de chef d'orchestre vis à vis du client pour tous les services de Launchmetrics CamilleComplètement. Nous, on va vraiment orchestrer le développement du projet. Il peut arriver parfois qu'on déploie des projets dans 10 pays, donc on doit jongler entre les besoins des différents pays qui reporte souvent à un quartier général (HQ), BertrandDans tes missions, il y a aussi une mission de formation. Donc ça veut dire formation chez le client pour l'accompagner sur les produits de Launchmetrics. CamilleC'est ça, c'est à dire que nous, au delà d'être chez Launchmetrics, les personnes qui connaissent le mieux nos clients. On est aussi ceux qui connaissent le mieux l'intégralité des produits puisqu'on doit être en mesure de former tous nos clients sur tous nos produits. BertrandEt après, il y a une question de suivi et de fidélisation qui intervient donc là, ça veut dire qu'au fur et à mesure, vous faites des reporting, vous vérifier que tout se passe bien et vous essayez de faire en sorte que le client reste le plus longtemps chez vous ? CamilleC'est ça, nous, on va vraiment essayer, de toujours dans cette idée d'aider le client, à avoir l'utilisation la plus optimale de nos produits. Celle qui lui permet à lui d'en tirer le plus de bénéfices. Puisqu'ils prennent nos outils ou nos données pour une raison, un objectif à servir ou une stratégie à orienter. Et donc, nous, on va vraiment être là pour faire en sorte que ces outils répondent au mieux à leurs besoins. BertrandEt puis, dernière mission l'Up-sale, je veux bien que tu reviennent sur cette notion d'Up sales. Donc ça veut dire vendre plus ? CamilleÇa veut dire oui, ça veut dire vendre plus. BertrandÇa veut dire proposer des nouvelles options, des nouveaux produits. CamilleExactement, surtout quand on est une société très en mouvement. Qui s'adapte beaucoup à l'industrie et au contexte. Donc, autant vous dire que cette année, il y en a dû beaucoup s'adapter aux fashion-week qui sont devenues digitales etc… Donc, effectivement, on est là, nous pour faire le lien entre la société qui évolue. Enfin, nos produits évoluent, une proposition qui évoluent et les clients pour qu'ils soient toujours au fait de ce qu'on fait et potentiellement, de se rendre compte que ça répond à un besoin qui est également né chez eux. Nous, on est là pour, pour bien avoir en tête tout ce que fait Launchmetrics, sa stratégie et le proposer au client en fonction de ses besoins. Encore une fois, c'est nous qui les connaissons le mieux. BertrandOK, merci Camille. C'est très clair. Est ce qu'on pourrait essayer de trouver une façon simple d'expliquer ton métier à ta mère ? CamilleAlors oui, j'ai essayé de la trouver. Dès mon arrivée chez Launchmetrics. Donc, j'ai commencé par traduire le poste puisque Customer Success Manager, ça peut paraître un peu opaque. Donc, l'équivalent, comme j'ai dit tout à l'heure, est responsable de la satisfaction client. Et ensuite, je lui explique que au quotidien a travers des outils qui sont des logiciels et de la donnée. J'aide des services communication, influence ou relations presse de marque mode, luxe, beauté à faire parler de leur marque par les bonnes personnes à la bonne cible. Et ensuite, je les aide à mesurer l'impact que ces prises de parole ont eu pour leur marque. BertrandOK, je pense qu'elle a compris. CamilleOui, je pense aussi. BertrandAlors attention au QGP la question Gagne-Pain: Combien ça gagne un customer success manager ? CamilleSelon le site Glassdoor, un customer success manager à Paris, ça gagne environ 41 K€ bruts annuels. Après, j'ai aussi vu récemment une étude du cabinet Robert Half qui donne une fourchette un peu plus large entre 40K€ et 60K€ brut par an. Et donc là, en fait, ça va vraiment dépendre de l'expertise et de l'expérience du CSM, Customer Succes Manager, et aussi des entreprises, des lieux, etc… BertrandEt ça inclut une partie fixe et une partie variable. Puisque tu es aussi incentivée dans ce métier, tu peux avoir des incentives ? CamilleOui, effectivement, un CSM peut totalement être indexé sur les up-sales qu'il fait. C'est à dire que dès qu'il y a une vente additionnelle qui est fait sur un de ses clients et peut toucher un pourcentage de cette vente. Après, il peut aussi y avoir des objectifs d'équipe puisqu'il faut savoir quand même que je vais parler d'up-sales. L'objectif principal d'un CSM, c'est de n'avoir pas de ce qu'on appelle "churn", qui est la résiliation. Donc, on peut être aussi objectivé sur le taux de résiliation et c'est à dire faire en sorte qu'il soit le plus bas possible, que les clients restent le plus longtemps. BertrandLa fidélisation client. CamilleExactement ça, c'est le plus important de ce métier. BertrandOK, donc, il y a une vraie notion d'objectif et d'incentive dans la rémunération d'un CSM ? CamilleC'est possible, effectivement. Ça varie selon les entreprises, mais c'est quelque chose qui est assez fréquent. BertrandCamille Si on devait montrer, expliquer les compétences qu'il faut pour faire ce job de CSM à ceux qui nous écoutent. Qu'est ce que tu dirais ? CamilleAu fil du temps, après plusieurs années à faire ce métier, je me suis rendu compte qu'il y avait trois compétences qui étaient essentielles. La première, ça va être d'être très curieux. Ensuite, ça va être d'avoir une grande capacité d'écoute et enfin, d'être plutôt bien organisée. BertrandComment ça se matérialise alors, cette curiosité ? CamilleLa curiosité, ça va vraiment se matérialiser par le fait d'être très intéressé par ce qui se passe dans l'industrie, d'être toujours au fait des actualités. BertrandC'est de faire de la veille concurrentielle, de connaître exactement ton marché et ta concurrence ? CamilleOui c'est ça. C'est connaître son marché pour plusieurs raisons. Déjà parce que ça nous permet potentiellement d'avoir des sujets de discussion à aborder avec nos clients. Si on voit qu'il y a des changements chez eux, etc. Mais aussi, ça va nous permettre d'être légitime face à eux parce que c'est leur quotidien au quotidien. Ils mangent et dorment, ils vivent mode ou luxe ou beauté. Et donc nous, en face, il faut qu'on soit vraiment légitime et donc qu'on qu'on connaisse bien aussi le sujet. BertrandDeuxième compétence, tu as dit tout à l'heure, être à l'écoute du client ? CamilleOui, ça c'est essentiel. C'est à dire que comme on est vraiment le visage de la société chez le client, on est ceux qui les connaissent le mieux. Ce qui leur parle le plus. Et donc, si on veut bien les connaître, si on veut savoir ce dont ils ont besoin, si on veut connaître les challenges qu'ils rencontrent un peu tous les jours. Et comment comprendre comment on peut les aider? Il faut bien les écouter. BertrandEt troisième compétence ? CamilleL'organisation. Alors celle là, elle est nécessaire. Surtout que moi, aujourd'hui, chez Launchmetrics j'ai plusieurs dizaines de clients. Mais également, je les aide sur sept produits différents. Donc, ça veut dire que parfois, je vais être en rendez vous avec un client qui va me parler de d'un sujet sur un produit. Et puis après, j'ai un call avec un autre client qui va me parler d'un nouveau produit, donc ça me demande vraiment d'avoir un cerveau élastique et de savoir bien s'organiser. BertrandEst ce que tu peux nous nous parler de difficultés que tu aurais rencontrées, des choses que tu voudrais expliquer sur la difficulté de ce métier ? CamilleC'est vrai que la plus grande difficulté que j'ai rencontrée en découvrant le métier de CSM, ça a été à apprendre à poser des limites. Parce que j'avais un peu cette idée que le client est roi. C'est vrai que moi, quand on me demande quelque chose en général, je vais dire oui… Bertrandc'est possible. CamilleC'est possible. Bien sûr tout de suite évidemment. Sauf que ça a clairement ses limites pour tout le monde. Et donc c'est vrai que dans la première année, je me suis retrouvé à faire une semaine avec plus de 10 heures de formation pour différents clients parce que je n'avais pas su dire non et pas su dire peut être qu'on peut faire la semaine prochaine. Voilà, je me suis un peu laissé prendre la dedans et après ça, j'ai eu un manager qui était là, qui m'a dit écoute, on va poser des limites. C'est pas grave. Juste maintenant, essaye de priorisé de penser d'abord aussi à toi, à ce qu'il est possible de faire sur telle ou telle semaine. Donc moi, ma difficulté, c'est vraiment de poser des limites parce que, j'ai de très bonnes relations avec tous mes clients et je les aime bien. Et donc, c'est compliqué de dire non. BertrandÇa sent la passion, donc c'est difficile de trouver des limites dans la passion. CamilleMais ce que j'ai compris, en tout cas, c'est que dire non, ca n'est être méchant, ce n'est pas être un mauvais CSM, c'est juste. c'est savoir économiser ses forces pour aller dans la durée et pour pour proposer un meilleur service client. BertrandQuelles seraient les bonnes formations à faire pour faire ce métier de CSM? Pour faire comprendre à ceux qui nous écoutent le chemin qu'il faut parcourir pour devenir customer success manager. CamillePour le coup, moi, je suis pas le meilleur exemple parce que ma formation est assez… Entre histoire de l'art, le marketing digital… Il faut avant tout que les études intègrent une composante de gestion de projet. Ça, c'est vraiment l'essentiel. Je pense pour le métier de CSM. Et ensuite, oui, c'est vrai que forcément, pour travailler dans la Tech, des études en marketing digital, des études en digital, je pense que c'est bien. BertrandY a t il des certifications professionnelles qui sont nécessaires? Tu m'as dit pas vraiment. Mais par contre, il y avait des choses importantes que tu voulais dire sur ce sujet. CamilleOui, c'est vrai qu'on n'a pas de certifications, ce qui vient en tête d'abord, c'est la certification agile etc… Je pense pas qu'elle soit nécessaire pour être CSM aujourd'hui. En revanche, il est certain qu'il faut être très agile, comme je disais tout à l'heure, il faut avoir un cerveau élastique. Il faut pouvoir sauter d'un rendez vous à un autre et se remettre à chaque fois dans le sujet. Donc, je pense que cette agilité, cette capacité d'adaptation est essentielle. BertrandElle est aussi essentielle pour comprendre les produits sur lequel tu travailles, qui ne sont pas des produits forcément simples. CamilleOui, effectivement, c'est clair qu'en arrivant chez Launchmetrics, une grosse partie de mon onboarding, c'est à dire que mon intégration sur le poste de CSM. Ça a été d'apprendre à connaître les produits et d'être en mesure de former à ces produits. Puisque c'est deux choses bien différentes. Au début, on a l'impression qu'on connait très bien les plateformes quand il s'agit de former des gens, d'être face à des questions parfois assez pointues. Il faut vraiment se plonger à corps perdu dans l'utilisation des outils pour bien les connaître et être au top sur la gestion des outils. BertrandCustomer success, onboarding, il y a beaucoup d'anglais là dedans. Est-ce qu'il faut aussi une bonne connaissance de l'anglais professionnel pour travailler dans ce genre de société ? CamilleAlors, je ne veux pas parler pour toutes les sociétés, mais il est certain que pour travailler chez Launchmetrics, oui ! BertrandDonc, c'est une utilisation quotidienne de l'anglais que tu fait ? CamilleUtilisation quotidienne de l'anglais, surtout pour l'interne. Le CSM est vraiment en relation avec tous les départements et services de chez Launchmetrics. Je vais être en relation avec les commerciaux, avec le support téléphonique. Je vais être en relation avec le marketing, avec les chefs de produits qui créent les logiciels et qui les développent. Donc bien sur ces gens là, ils sont partout dans le monde. Ils parlent plein de langues. Donc, on se retrouve tous autour de l'anglais. Et c'est vrai qu'au quotidien, j'utilise beaucoup l'anglais. Et en plus, j'ai la chance de pouvoir utiliser aussi, peut être pas quotidiennement, mais de manière hebdomadaire, l'italien… BertrandEt j'ai vu qu'il y avait dans ton profil plusieurs langues, effectivement, avec un italien parfait. Donc, c'est aussi utile pour pouvoir parler avec les équipes italiennes. CamilleExactement, je ne dirais pas que c'est nécessaire parce que mes collègues qui parlent pas forcément italien, parlent anglais. Mais c'est toujours un plus, c'est toujours agréable pour eux d'avoir quelqu'un qui parle leur langue natale… BertrandQuels seraient tes conseils pour ceux qui nous écoutent et qui voudraient faire ce métier ? CamilleCe que je leur conseillerais c'est vraiment de travailler pour une société qui propose des services et des produits qui les intéressent vraiment, c'est à dire auxquels ils croient. BertrandFaut être en accord avec le produit qu'on vend ? CamilleComplètement, je dirais même au delà de ça, il faut l'aimer, il faut vraiment l'apprécier. BertrandPourrais tu nous conseiller des films, des séries, des livres? Je crois que t'avais des Podcasts en tête. Pour comprendre bien ce métier ou comprendre bien l'entreprise dans laquelle tu travailles. CamilleOui, effectivement, pour bien comprendre en tout cas l'industrie mode, luxe, beauté dans laquelle aujourd'hui Launchmetrics, c'est un vrai acteur. Il y a une série de podcasts créés par Launchmetrics qui interviews, soit des personnes en interne chez nous, des experts puisqu'on a un certain nombre, soit des personnes à l'extérieur. Donc des personnes dans la presse, des personnes dans le monde de la mode. Donc, c'est un podcast qui s'appelle "essential insights" en anglais. BertrandTrès bien, ca fera réviser l'anglais, puisqu'on a dit qu'il fallait de l'anglais. CamilleOui, effectivement, mais en tout cas, si vous tapez Launchmetrics sur n'importe quelle plateforme de podcast, vous le trouverez très facilement. Et on a également aussi une bonne présence sur Instagram ou et sur Linkedin, bien entendu. Mais sur Instagram, il y a pas mal de voilà, souvent d'infographie ou de choses vraiment liées à l'industrie, qui sont très intéressantes. On fait aussi souvent des classements d'influenceurs pour voir ce qui génère le plus d'impact pour les marques. Si vous vous intéressez à cette industrie, vous y trouverez vraiment des informations percutantes. BertrandÇa va intéresser beaucoup de monde, j'en suis sûr. En conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter à cet entretien, encore une fois pour aider ceux qui, ceux qui nous écoutent ? CamilleDéjà, on peut dire que CSM, c'est vraiment un métier qui recrute. C'est un métier d'avenir. C'est un métier, ça fait déjà quelques années qu'il est installé, mais qui se développe de plus en plus. Nous typiquement chez Launchmetrics on recherche des CSM un peu partout dans le monde. Et moi en tout cas pour la suite, je sais que il y a de très beaux projets qui arrivent chez Launchmetrics qui vont encore aller un pas de plus dans comment on aide l'industrie et comment on la sert. Et donc ça, je sais que c'est quelque chose qui me fait avancer. BertrandÇa motive à la fois ceux qui nous écoutent. Mais ça reste motivant pour toi? CamilleTout à fait. BertrandMerci beaucoup pour ce partage à très bientôt. CamilleMerci à vous. L'épisode 9 du Gagne-Pain, métier "Customer Success Manager", est également disponible sur : ### Développeur Full Stack – Maxime Gasnier Épisode 8 du Gagne-Pain : Maxime Gasnier, Développeur Full Stack chez Oxynum Dans ce huitième épisode, nous recevons Maxime Gasnier, développeur full stack chez Oxynum. Les lignes de codes et les beaux sites web vous feront de l'oeil après avoir écouté cette interview passionnante ! Merci à Maxime, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Maxime Gasnier – Profil Linkedin Interview faite par : Majdeline Souhnoun - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 8 : MajdelineSalut Maxime Maxime Salut. MajdelineMerci d'avoir accepté cette invitation, c'est un plaisir pour nous de recevoir sur le Gagne-Pain. Alors, est-ce que tu peux, dans un premier temps, te décrire en quelques mots? MaximeMoi, c'est Maxime. J'ai 25 ans et je suis développeur Full Stack. MajdelineEst-ce que tu peux également nous présenter ton parcours professionnel? MaximeJ'ai commencé par un bac S. Ensuite, j'ai suivi avec une école d'ingénieur où j'étais spécialisé en informatique, big data et objets connectés, option cybersécurité. Comme ça, on se dit qu'il n'y a rien de commun avec les autres domaines. Mais en fait si. Moi derrière, je me suis spécialisé en développement web suite à un stage que j'ai fait du coup chez Askia. C'était mon premier stage et c'est ce qui m'a fait adorer le code et spécialement du JavaScript. Après, j'ai enchaîné avec d'autres stages, notamment chez Oxynum, dont je suis associé aujourd'hui. MajdelineAlors, en quoi consiste le métier de développeur Full Stack et quelles sont tes missions au quotidien? MaximeAu quotidien, mes missions, c'est de réaliser les projets de mes clients. Donc, ça passe de la gestion de projet jusqu'aux lignes de code. Du coup, je ponds des lignes de code toute la journée. Donc c'est pas comme on l'imagine, un développeur c'est pas quelqu'un qui va vraiment coder sans s'arrêter toute la journée. En général, on code les 30 40 % du temps et le reste. Voilà, on update un peu tout ce qu'on a fait. On s'assure de bien communiquer sur toutes les tâches qu'on a réalisées. MajdelineQu'est ce que tu préfères dans tes tâches, ce qui te plaît le plus et qu'est ce qui te plaît le moins. MaximeCe qui me plaît le plus, c'est de développer. Forcément, c'est plus de créer. Je dirais que dans le développement, il y a différents types de développeurs. Moi, j'adore créer, j'adore ça. Et par contre, ce que ce que je n'aime pas trop faire. C'est clair que c'est remplir les tickets, respecter les process, etc. Voilà, c'est vraiment la partie du développement qui est un peu un peu pénible à mon sens. MajdelineEt pour ceux qui connaissent pas ce monde là, qu'est ce qu'un ticket ? MaximeUn ticket ? C'est une note sur laquelle, en général, les Product Owner, donc les Product Owner, ce sont les personnes qui sont en charge de gérer une partie du produit. Le produit, un site web, par exemple, si vous êtes sur un site d'e-commerce, on va dire que le Product Owner s'occupe que de la partie du panier du site, le Product Owner en général sera chargé de créer des tickets. Du coup, il va te dire, par exemple change la couleur du panier et il va le formuler dans un ticket. Et du coup, tu devras répondre au ticket et dire quel est l'état d'avancement du ticket. Donc, si tu l'as commencé, s'il est terminé, s'il est en phase de test, s'il y a des retours, etc.. C'est une partie un peu pénible, mais en soi, c'est vrai qu'elle est nécessaire, sauf parfois s'il y a trop de process. Je pense que ça peut devenir très, très redondant. MajdelineAlors attention, la question Gagne-pain combien ça gagne aujourd'hui, un développeur Full Stack ? MaximeTout le monde veut savoir ça. Alors, il y a beaucoup de gens qui veulent devenir développeur parce que apparemment, un développeur, ça gagne bien. Et je ne suis pas d'accord. Non, je rigole en vrai, un développeur, ça gagne plutôt bien. En sortie d'école je pense qu'on peut tabler sur du 2.700 à 2.800 €. Voilà pour un bon profil et ensuite, ça peut très vite monter. Après, il y a un phénomène qui se passe surtout sur Paris, qui a de plus en plus de développeurs free-lance. Moi même, j'ai été free-lance et aujourd'hui, quand je réalise de la prestation, je reste du coup sur ce modèle là. Et il faut savoir qu'on peut doubler, voire tripler son salaire en free-lance en tant que développeur. MajdelineDonc, il vaut mieux être en free-lance dans ce métier là que salarié ? MaximeJe dirais pas que le free-lance est fait pour tout le monde. C'est pas compliqué à gérer en soi, mais le free-lance est quand même quelque chose qu'il faut savoir faire. Il faut savoir s'organiser, il faut savoir bosser. Savoir se motiver tout seul. Il faut savoir se dire bon, voilà, je n'ai pas trop de cadre. Mais voilà, je m'en fixe un juste pour pouvoir travailler et répondre comme il faut à mes clients. Produire mes applications ou mes lignes de code et également facturer le client, etc. C'est une petite organisation, mais free-lance, faut savoir que c'est une aventure et que c'est un truc super motivant. MajdelineEt puis, il y en a free-lance, on a tendance aussi à prendre beaucoup de projets pour avoir encore plus d'argent, et après être dépassé parfois ? Maximec'est possible. MajdelineComment tu l'as vécu toi ? MaximeÇa m'est arrivé, j'ai déjà pris plusieurs projets en même temps et au final, je me suis retrouvé un peu sous l'eau. Mais voilà, il faut savoir que ça fait partie de l'expérience. Si des personnes veulent prendre plusieurs projets, elles le peuvent, mais il faut s'attendre à perdre quelques cheveux... MajdelinePourquoi avoir choisi ce métier? Qu'est ce qui t'as motivé ? MaximeIl faut savoir qu'au début, je n'aimais pas du tout le code. Je n'aimais pas du tout les développements informatiques, voire même je détestais ça. Je ne pouvais pas voir une seule ligne de code. En revanche, j'ai fait un stage lors de ma troisième année d'école chez Askia et c'est là que ça m'a révélé mon amour pour le code. Donc, j'ai développé un IDE. C'est un outil de développement qui permet justement d'écrire des lignes de code, de suivre ton projet, etc. Et ce projet là m'a vraiment vraiment mis dedans parce que j'ai vu que je pouvais créer. MaximeEn fait, je pouvais créer des choses, je pouvais créer des sites Internet et j'avais le champ du possible devant moi. Et voilà. Aujourd'hui, quand on est développeur, c'est cool de bosser pour de grands clients. Mais ce qui est mieux, c'est d'être développeur et de faire un projet qui servent aux gens, je pense, et c'est en ça qu'être développeur, c'est fou. Parce que le monde d'aujourd'hui le digital, ça amène à ce focus sur sur l'innovation. Et dans l'innovation, c'est ce qu'on veut, c'est des lignes de code pour innover, pour répondre aux besoins des gens. Pour rendre service aux gens. MajdelineIl faut être énormément créatif aussi. Dans ce métier, tu penses ? MaximeJe dirais pas créatif, comme je l'ai dit, il y a deux types de développeurs. Je pense qu'il y a des développeurs plutôt créatifs. Il y en a qui sont un peu plus exécutifs. Je dirais pas qu'il faut forcément être créatif, mais ce qu'il faut, c'est surtout être rigoureux. Parce que c'est vrai que ce n'est pas facile. Il faut de la patience. On me dit souvent en informatique, il faut de la patience. Mais oui, c'est vrai, il faut de la patience. MajdelineDonc, les compétences requises pour ce job seraient rigueur, patience. Est-ce que tu en as d'autres conseils pour des personnes qui souhaiteraient faire ce métier et qui, justement, veulent savoir s'ils correspondent ou pas à ce job ? MaximeOuais, carrément. Alors, rigueur, patience. C'est clair que c'est deux choses qu'il faut. Je pense que ce qu'il faut aussi, c'est ne pas tomber dans ce qu'on appelle ce qu'on appelle le trap, c'est à dire prendre des tutos sur Internet et faire des tutos et des tutos et des tutos. Parce qu'au final, être développeur, c'est pas, apprendre un langage en fait. Développeur, c'est surtout comprendre les concepts, les mettre en place, comprendre ce qui se passe dans du code. Pouvoir être à l'aise en passant d'un langage à l'autre, ça ne veut pas forcément dire connaître le langage par cœur. Ça veut surtout dire connaître le concept, savoir ce qui se passe derrière. Comprendre l'architecture, un peu des projets et voir ce qui peut être amélioré ou pas. Donc, voilà, donc ça demande, ça demande pas mal de choses être développeurs, c'est vrai. Donc, patience, rigueur. Ne pas tomber dans le Course Trap et et surtout prendre du plaisir. Parce que voir des lignes de code toute la journée, si on ne prend pas de plaisir, c'est compliqué. MajdelineQuelle est la plus grande difficulté que tu as rencontré durant ton parcours? Le plus grand défi à relever ? MaximeLe plus grand défi que j'ai dû faire, je crois que c'était réaliser une application métier en un mois et demi. Donc ça, j'étais tout seul sur le projet. C'était quelque chose d'assez assez balèze à faire, en fait. Voilà, donc je l'ai faite. Ça marche et c'est en production. Majdeline Tu as réussi MaximeJ'ai réussi, mon client est plutôt content. C'était pas facile parce qu'il fallait s'organiser. En tant que développeur Full Stack. Ça veut dire que je touche à la partie front end et à la partie back end. Donc, il y avait énormément de choses à faire, sachant qu'il fallait faire des comptes rendus aux clients, etc. Mais bon, ça, c'est un des plus grands défis que j'ai réalisé. Et le deuxième défi que j'ai réalisé, c'est tout de même, en tant que développeur, devenir associé d'Oxygène numérique qui est la boite dans laquelle je voulais vraiment travailler. Avec un esprit cool. Voilà, on bosse, mais on sait aussi s'amuser. MajdelineEt c'est quoi la différence entre un développeur et un développeur Full Stak ? Puisque là, tu vas parler de front end et back end. Ce que tu peux juste expliquer pour les personnes qui ne sont pas dans ce monde là et qui ne comprennent pas la différence. ? MaximeAlors du coup, on va commencer par développeur Front End. En général, quand vous ouvrez une application, ce que vous voyez, c'est un Front. Donc que vous ouvriez une application mobile ou un site Internet. Vous allez voir une belle interface avec des boutons, avec des champs pour renseigner des données, etc. C'est ce qu'on appelle le Front. Un développeur Front, son rôle va être de travailler avec l'équipe de design pour réaliser les maquettes qu'ils ont produits, mais en web. Avec une réelle interaction lorsque les personnes vont aller sur le site. Et derrière tout ça, il y a forcément des données, des données à gérer, des données qui vont être stockées et en général, ces données sont gérées par le Back End. Le back end va s'occuper de tout ce qui est les liens à la base de données. On peut séparer un peu les deux métiers en tant que développeur Front et développeur Back. Du coup, lorsqu'on maîtrise les deux et qu'on a fait des projets sur les deux, qu'on voit surtout comment se passe l'architecture au niveau du projet. On peut parler de développeur Full Stack. MajdelineDonc c'est deux métiers différents, mais qui se rejoignent forcément, Maximequi se rejoignent à l'intérieur du métier Full Stack, MajdelineD'accord, toi et tu es complet quoi ? MaximeComplet? Je sais pas, mais on va dire ça. MajdelineEt est-ce que tu as une journée type dans ton entreprise aujourd'hui? MaximeCarrément. Je sais pas si je dois dire la vérité ou pas ? MajdelineSi sur le Gagne-Pain, on dit que la vérité. MaximeAlors ok si c'est pour le Gagne-Pain, alors du coup, ma journée type, je me lève à environ 9 heures. Ensuite, je fais un peu de sport quand je peux bien sûr, on ne va pas se mentir c'est le confinement. Ensuite, j'ai mon premier Daily du coup, mon premier Daily qui est à 9h45. MajdelineQu'est ce qu'un Daily? MaximeUn Daily, ça fait partie des réunions et des cérémonies scrum & agile. Et donc la Méthodologie Agile. Je ne vais pas m'étendre là dessus. Il y a plusieurs cérémonies qui te permettent de mieux gérer le travail en équipe et donc le Daily fait partie fait partie de ces cérémonies. Et c'est un peu la réunion où, tous les matins, les développeurs et les PO se réunissent. MajdelinePO, pour Product Owner ? MaximeExactement afin d'échanger sur les tâches qui ont été faites. S'il y a des points bloquants comme on peut les débloquer, etc. Donc, j'ai mon premier Daily à 9h45. Ensuite, je commence à coder environ vers 10 heures et demie, le temps de voir les tâches que j'ai à faire, de lister, de regarder les mails, etc.Ensuite. Beaucoup de café, oui, c'est pas une légende de développeur qui boit du café, c'est pas une légende. Ensuite, vers midi, voilà, on mange ou on s'amuse, on va faire du sport ou on joue à la console. Et ensuite, vers 14h, on reprend. Donc là, en général, il y a une ou deux réunions dans la journée. MaximeEnsuite, on continue de coder jusqu'à bien sûr, mettre à jour son code et pousser les modifications qu'on a fait en fin de journée pour que tout le monde y ait accès. >Voilà ça, c'est une journée type, je dirais, dans un grand groupe. Dans un grand groupe lorsqu'on est développeur, c'est vraiment une journée type. Derrière dans une start up, je pense que c'est vraiment différent. Pour avoir fait les deux. Dans une start up, on a beaucoup plus de réunions, mais c'est des réunions beaucoup plus rapides, avec beaucoup moins de monde, ce qui fait que la prise de décision est vraiment plus rapide et qu'on peut produire et développer plus et plus rapidement. MajdelineEst ce que tu utilise l'anglais dans ton travail ou une autre langue étrangère ? Est-ce utile pour le métier de développeur Full Stack ? MaximeOui, clairement. Par exemple, j'ai travaillé pour Fenty, la marque de Rihanna. Et du coup, ont été ont été amenés à bosser avec des équipes en Ukraine. Il faut savoir que quand on code en général, on ne code que en anglais. C'est cool parce que à l'écrit, c'est plutôt sympa. Et ensuite, quand on communique avec d'autres équipes, c'est vraiment important de maîtriser l'anglais. Après, voilà, ce n'est pas obligatoire, mais c'est vrai que c'est un peu mieux de le maîtriser. MajdelineQuelle est la bonne formation pour ce métier et est ce que toi, tu continues à te former régulièrement ? MaximeAlors oui clairement, moi, je continue à me former régulièrement. C'est ce qu'on appelle la veille en général. Donc, quand vous allez passer des entretiens, on vous posera souvent la question, comment tu fais ta veille? Donc voilà, il y a des réponses clés, du style sur Twitter. Sur Twitter c'est vrai que si vous suivez toutes les personnes qui créent aujourd'hui des outils de code ou des librairies, etc. Ils publient vraiment au jour le jour ce qu'ils font. Et ça vous permet de rester à jour sur sur le développement. MajdelineDonc les outils de code et les librairies c'est des endroits où tu vas piocher des nouveautés ? MaximeExactement, tu vas piocher, c'est des outils qui vont aider à développer, qui vont aider à styliser ton code. Je ne sais pas, il y a énormément de choses qui sont possibles, en fait. Donc voilà donc la veille, c'est important. Il faut savoir que moi, je ne suis pas tellement attaché à la formation de quelqu'un. Aujourd'hui, quand je fais passer des entretiens, je m'intéresse pas tellement à la formation de quelqu'un. Mais je m'intéresse surtout à d'où il vient, d'où vient la personne et quelle est sa motivation dans le code. Quelle est sa motivation en tant que développeur ? MaximeParce qu'aujourd'hui, il y a des personnes qui connaissent très bien le développement Web et qui se sont formées toute seule, entre guillemets. Ils ont pris quelques cours, etc. Et ensuite, ils ont été passionnés. Ils sont restés des heures, des nuits entières à étudier. Moi, j'ai fait une école d'ingénieur, du coup, j'ai peut être quelque chose en plus, entre guillemets, au niveau des maths ou de la physique. Mais derrière un développeur, peut très bien s'auto former. MajdelineIl n'y a pas besoin de faire de grandes écoles. Si on est motivé, on peut y arriver tout autant qu'une personne qui fait une école ? MaximeExactement. La seule chose, je dirais vraiment qui reste à travailler c'est vraiment la logique. La logique et la communication qui, pour moi, sont des éléments essentiels dans le développement. Il faut savoir communiquer. MajdelineQuel est le mode de vie type d'un développeur Full Stack ? Est ce qu'on peut travailler à distance ? Est ce qu'on peut télétravailler ? Comment ça se passe ? MaximeAlors clairement, pour moi, un développeur, il peut travailler de partout. Moi même, quand j'étais Free- Lance, je bossais pour des clients en France alors que moi même, j'étais en Espagne toutes les deux semaines. Donc vraiment, on peut travailler de partout. Récemment, j'étais en Martinique pour des vacances, en décembre, Bien sûr et du coup, je bossais pour mon client qui lui était en France alors que j'étais en Martinique. On sait qu'il y a le décalage horaire à gérer, mais en soi, on peut travailler de partout et j'ai des amis qui bossent de Bali en ce moment, donc ils font partie du groupe. Je crois que c'est Nomade Code quelque chose comme ça. MajdelineDes Digital Nomades ? MaximeExactement, donc ils bossent de Bali. Et ils peuvent du coup, moyennant le décalage horaire, répondre aux réunions, faire leur boulot, etc. MajdelineÇa fait rêver ! MaximeC'est vrai que ça fait rêver. MajdelineParfois, certains clients veulent vous voir en physique ? MaximeOui, surtout sur la sphère de Paris. Il y en a pas mal qui veulent. Un jour sur place maintenant. Mais avec la situation (Covid), c'est un peu différent, maintenant, on est quasiment tous en télétravail. Ils nous poussent même à être en télétravail. Du coup, c'est top. Mais c'est vrai que pour la cohésion d'équipe, c'est peut être un peu mieux d'avoir un jour par semaine ou deux jours sur place. Je ne suis pas forcément fan parce que moi, j'arrive quand même à avoir de bonnes relations avec avec mes collègues. Si je ne suis pas sur place. Mais c'est clair que si on est nouveau dans une mission, si on est nouveau dans un boulot et qu'on veut sympathiser avec l'équipe, c'est clair que c'est toujours mieux d'avoir un jour par semaine, peut être, histoire de connaître les gens. MajdelineMaxime, quelles seraient tes conseils pour ceux qui veulent se lancer dans ce métier ? MaximeMes conseils pour ceux qui veulent se lancer dans ce métier ? MajdelineSi tu avais un petit frère qui veut faire ton métier. Qu'est ce que tu lui dirais? MaximeMalheureusement, je n'ai pas de petit frère, mais du coup, si j'en avais, je lui dirais. Ecoute, petit frère, si tu veux être développeur, il ne faut pas abandonner. Parce qu'il y a plein de fois où tu vas avoir envie d'abandonner ou tu vas te tirer les cheveux ou tu vas en avoir marre ou tu vas te dire oh là là, c'est trop dur, mais ça ne marche pas, mais c'est trop long. Le client, il est chiant. En vrai, il ne faut pas abandonner parce que le jour où tu prends part à un projet qui est vraiment innovant, qui répond à un besoin, qui va aider des gens, bref, un projet qui motive quoi. Là, tu vas, vraiment te dire j'ai créé quelque chose de fou ou j'ai pris part à quelque chose de fou. Et ça, pour moi, c'est la chose la plus satisfaisante. Voilà, petit frère. tu sais tout. MajdelineC'est beau. Pour conclure, Maxime, est ce que tu as quelque chose à ajouter ? Quelle évolution tu envisage pour la suite ? MaximeMon évolution pour la suite, ça serait qu'on puisse réaliser nos propres produits. Donc, on est en train de les développer. On aimerait bien enrichir notre communauté, notre communauté qui est déjà bien remplie. Mais c'est toujours cool d'avoir plein de feedback en tant que développeur sur ce qu'on fait, sur la communauté Open Source, etc. Personnellement, pour moi, le développement, j'adore ça, mais ce n'est pas mon but à terme. Il faut savoir que je danse depuis pas mal d'années et que mon but, à terme, c'est de monter mon école de danse. Donc, ca n'a rien à voir. Mais je promets de faire au moins quelques lignes de code pour rendre service à cette école de danse. Je ne sais pas comment, mais voilà, c'est vraiment mon rêve, pour plus tard. MajdelineC'est dans un coin de ta tête. Tu avances, mais tu sais qu'un jour... MaximeExact, je fais mes tickets et je me dis demain, l'école de danse. MajdelineMerci beaucoup, Maxime. Maxime Merci à toi Majdeline À bientôt. L'épisode 8 du Gagne-Pain, métier "Développeur full stack", est également disponible sur : ### Community Manager – Isaure Bonnetain Épisode 7 du Gagne-Pain : Isaure Bonnetain, Community manager chez Biocoop Dans ce septième épisode, nous recevons Isaure Bonnetain, Community manager chez Biocoop. Instagram, Facebook, Linkedin et bien d'autres réseaux, découvrez comment on peut tisser sa toile en tant que community manager ! Merci à Isaure, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Isaure Bonnetain – Profil Linkedin Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 7 : BertrandBonjour Isaure. IsaureBonjour Bertrand BertrandOn est ravi de t'accueillir parce que le métier que tu vas nous présenter Community Manager, c'est un métier a la fois intrigante, mystérieux et très intéressantes. Donc, on est ravis de t'accueillir. Est ce que tu peux te décrire en quelques mots ? IsaureOui, bien sûr, je m'appelle l'Isaure. Jai 26 ans, je suis Community Manager. J'habite en région parisienne. J'ai fait une école de commerce post-bac et j'exerce mon métier depuis bientôt 5 ans. BertrandExcellent, est ce que tu peux également décrire ton parcours professionnel, les différentes entreprises dans lesquelles tu as travaillé éventuellement les stages pour expliquer comment tu es arrivé aujourd'hui à ce métier. IsaureAlors quand j'ai terminé mes études, j'ai eu deux stages, un premier dans une agence de communication corporate qui s'appelle Parties prenantes (www.partiesprenantes.com). Ensuite, j'ai travaillé pour Webedia pour une entreprise qui s'appelle illico fresco , où j'ai découvert le métier de Community Manager et par la suite, j'ai été Community Manager et social media manager pour la maison Lenôtre. Et maintenant, je travaille pour Biocoop. BertrandDonc, tu as déjà trois expériences de Community Manager derrière toi. IsaureOui, à chaque fois, c'est différent, donc c'est ce qui est hyper enrichissant. BertrandEst ce que tu peux nous décrire l'entreprise dans laquelle tu travailles actuellement? IsaureJe travaille actuellement du coup chez Biocoop. C'est une entreprise qui est une coopérative. Ça change un peu des entreprises pour lesquelles je travaillais précédemment. Pourquoi j'ai choisi de travailler chez Biocoop? C'est pour son côté militant et engagé. Je pense que beaucoup de personnes se sont posées la question avec le confinement du sens de leur métier et je pense avoir trouvé chez Biocoop. BertrandExcellent. Et donc, tu as choisi de continuer le même métier de Community Manager en partant d'entreprises dans laquelle tu faisais déjà ce même métier, mais pour le faire avec un engagement plus militant ? IsaureC'est ça, exactement, le métier de Community Manager, c'est un métier qui me plaît énormément pour sa partie créative. Notamment sur la rédaction, la réalisation de visuels et aussi pour le côté stratégique. C'est un métier qui demande beaucoup de réflexion, d'arriver à se mettre à la place du client, Comment on projette des messages clés. Et j'ai beaucoup. J'ai vraiment eu un coup de cœur pour ce métier là. Et du coup, après, ce qui me manquait, c'était le côté plus engagé. BertrandDonc, l'engagement est aussi important pour le métier de Community Manager ? IsaurePas forcément, je pense qu'après, c'est plus un point qui qui m'est propre et qui est peut être propre aussi à ma génération, puisqu'on a beaucoup, notamment en école de commerce, j'avais des cours d'éthique et c'est quelque chose qui me parle. Ou de se dire qu'on travaille pour une entreprise dont on est fier, qui est engagée pour l'environnement, qui promouvoir une consommation peut être plus juste & moins nocive. BertrandOK, est ce que tu peux nous décrire? Ton activité et tes missions quotidiennes en tant que Community Manager chez Biocoop ? IsaureAlors en tant que Community Manager chez Biocoop, j'ai quatre missions principales. La première, c'est de créer des liens avec des communautés puisque il y a plusieurs réseaux sociaux, notamment Facebook, Instagram, Twitter, LinkedIn, YouTube et Pinterest. Donc, ça se fait au travers des commentaires et des interactions. Il y a une partie aussi transmettre les messages de l'entreprise. Une dernière partie sur l'optimisation. De vérifier les résultats et que tout fonctionne bien. Et après, on peut avoir des missions qui sont plus ponctuelles et propres à chaque entreprise. On peut travailler avec des influenceurs, on peut mettre en place des campagnes publicitaires. Ça dépend un peu des entreprises. BertrandDonc c'est très riche en fait, il y a aussi une importance de l'humain là dedans. Tu y mets une partie de ce que tu veux dans ce métier ? IsaureOui, je pense que c'est exactement ça. Un Community Manager en fonction de sa vision, il va forcément mettre une partie de sa personne, ça se sent dans le rédactionnel. Ça se sent dans les choix visuels, ça se sent dans l'optimisation à quel point on va chercher à comprendre le client, les stratégies. Il y a aussi, je pense, un niveau de compétence. Est ce qu'on va rechercher le niveau de compétence, par exemple, pour les campagnes publicitaires. C'est une capacité que moi, je suis allée chercher, mais des fois, c'est sous traitée à des agences. Pareil pour les influenceurs. BertrandDans les tâches, dans les missions que tu effectue quotidiennement, quelles sont celles que tu préfères et quelles sont celles qui sont un peu plus barbante? IsaureAlors moi, j'aime beaucoup la partie idéation. Le fait de se mettre dans les chaussures du client et de nous demander est ce que le contenu va lui plaire? Comment il va réagir ? A quel moment il vaut mieux le poster? Quel est l'angle d'attaque pour les visuels? Comment on arrive à susciter de l'émotion par les mots? J'aime aussi beaucoup interagir avec les clients quand ils posent des questions, de parvenir à leur répondre ou quand ils ont des doutes, des craintes d'arriver aussi à apaiser ces sentiments là. Et pour la partie que j'aime un peu moins, je dirais que c'est peut être aussi de la veille puisque, par exemple, pour Biocoop, ça peut très vite monter en volume. En commentaire, il faut regarder sous toutes les publications, sur tous les réseaux sociaux. Ça peut induire un peu de stress. Et sinon, la partie reporting aussi, puisque ça, quand on n'a pas les bons outils, ça peut prendre deux à trois heures, voire même deux ou trois jours... BertrandComme tu as fait déjà ce métier dans plusieurs entreprises. Qu'est ce qui a poussé à choisir ce métier de Community Manager? IsaureJe pense que j'ai choisi le métier de Community Manager parce que j'aime beaucoup rédiger. C'est un peu ma partie créative et c'est quelque chose qui, du coup, me donne la satisfaction au quotidien. BertrandOn peut s'arrêter deux secondes là dessus parce que j'entends ça maintenant beaucoup. Community Manager, ça veut dire rédacteur quand même il faut savoir écrire, il faut savoir parler aux clients... IsaureOui, c'est très important d'avoir une bonne orthographe et c'est aussi très important d'avoir la bonne tonalité, le bon phrasé, dans le sens où, sur chaque communauté, on s'adresse à des cibles qui sont différentes. Par exemple, si je prends Facebook, on est plutôt sur un public entre 30 et 50 ans. Si on est sur Instagram, on est plutôt sur du 18-30 ans. On s'adresse pas de la même façon, on ne vend pas de la même façon. Les attentes ne sont pas les mêmes. Donc, c'est d'arriver à retranscrire avec la bonne tonalité les messages de l'entreprise. BertrandIl faut à la fois savoir écrire et s'adapter à son auditoire ? IsaureC'est exactement ça aussi, je pense, la partie stratégique que je trouve très riche puisque d'une entreprise à une autre, on n'a pas les mêmes cibles. Si je prends le cas de la maison Lenôtre, c'était ça aussi qui était très riche dans mon expérience. On parlait à la fois des clients qui allaient en magasin. Il y avait aussi une école où on s'adressait à des professionnels, peut être le chocolatier qui habite à Toulouse. Et on a vu aussi une partie événementielle où on s'adresse à une cible plus professionnelle via LinkedIn. Et là, ce n'est pas du tout les mêmes enjeux, les mêmes messages, la même façon de vendre. BertrandDonc, dans ce métier, tu as dit que la première raison de ton choix, c'était la rédaction, l'écriture. C'est quoi les autres éléments qui ont déterminé ce choix de devenir Community Manager ? IsaureJe pense que la partie stratégique m'a beaucoup plu. Il y a quand même une grande part de réflexion de comment on se projette tout au long de l'année sur des cibles différentes. Je dirais aussi qu'il y a une grande part d'autonomie. C'est un métier qui est assez jeune, qui n'est pas forcément très cadré dans une entreprise. On peut vite gagner en responsabilité. C'est intéressant. BertrandUne partie créative aussi, parce que dans l'introduction de notre discussion, tu as parlé aussi de création, et donc de la partie créative. Elle est aussi importante dans la partie Community Management ? IsaureOui, la créativité, c'est, je pense, un des atouts, un must. Il faut arriver à se projeter à la place du client, mais il y a aussi la partie, comment on rédige la partie visuelle aussi. Je pense que c'est très important pour moi, sur les réseaux sociaux. Un bon poste, c'est le visuel qui arrive à retenir l'attention quand on est en train de scroller, sur une Linkedin, sur Instagram, sur Facebook. Et après la personne, elle aura peut être envie de lire le texte. Et du coup, c'est un très gros enjeu. Ça peut dépendre des entreprises. Des fois, il y a des services dédiés aux contenus. Des fois, ce n'est pas le cas. Il faut savoir être autonome. Par exemple, quand je travaille pour la maison Lenôtre, c'est moi qui faisait les photos. Donc là aussi, c'est des petits plus à aller chercher. BertrandQuelles sont les compétences attendues pour un bon Community Manager ? IsaureLes compétences attendues pour un bon Community Manager, je pense qu'il y a une partie créative et rédactionnelle. Il faut savoir écrire. Il faut savoir vendre. Ensuite, je dirais qu'il y a une partie, un peu plus de technique et d'analyse. Il faut savoir analyser ses résultats. Voir ce qui fonctionne, ce qui fonctionne pas et comment on peut optimiser ou en apprendre si on n'a pas réussi. BertrandLa partie technique est ce qu'elle inclut aussi la connaissance précise de chacun des réseaux sociaux, des fonctionnalités, des solutions nouvelles, une sorte de veille, un peu de ce qui se passe sur les réseaux sociaux ? IsaureJe pense qu'effectivement, il y a aussi une partie technique où il faut toujours être en veille des dernières tendances et de s'adapter. Pour chaque réseaux sociaux on voit souvent des infographies avec ce qu'il faut mieux poster à telle heure. Je ne crois pas qu'il y ait de vérité absolue. Il faut arriver à prendre le pouls de chaque communauté, le sentir. Donc par exemple, pour la maison Lenôtre, je savais que c'était à 15h qu'il fallait poster des pâtisseries puisque c'est le moment où les gens commencent à avoir faim. Pareil. Je sais que pour LinkedIn, les gens ont tendance à regarder soit le matin, soit le soir en sortant du travail. Donc ça demande aussi tout cet esprit d'analyse. BertrandEt les analytics, est ce que c'est aussi une partie importante des compétences attendues? Il faut gérer des chiffres quand il faut regarder ce qui se passe ? IsaureOui, exactement. Il ne faut pas avoir peur de mettre les mains dans les chiffres. Il y a certaines personnes a qui ça peut faire un peu peur. Mais c'est une partie qui est essentielle d'arriver à bien analyser les chiffres. De toute façon, je pense qu'un Community Manager est forcément amené à faire du reporting à sa direction, à son comité de direction. Pour expliquer si les campagnes fonctionnent bien. Qu'est ce qu'on peut faire pour optimiser? C'est aussi un accompagnement vis à vis des différents services pour promouvoir un événement, pour promouvoir un produit. Donc, c'est important de suivre les données. Ces données, c'est aussi une occasion d'optimiser par la suite. Comment on fait mieux les fois suivantes. C'est aussi une façon de justifier les budgets qui sont investi, notamment pour la partie publicitaire, et de demander un budget plus important l'année suivante. BertrandIl y a aussi une partie commerciale, parce qu'on fait de la relation client. C'est un peu du service après vente, d'une certaine manière. Est ce que ça, c'est aussi une composante importante de savoir parler à ses clients ? IsaureJe pense que oui. Les deux parties importantes, c'est effectivement la partie relationnelle, puisque Community Manager sont traduits en français, c'est manager de communauté. Donc on a en charge des communautés d'une entreprise. Donc c'est d'arriver à échanger, de créer du lien, c'est une partie marketing quand même très importante. On est à la fois en amont des ventes, d'arriver à séduire et donner envie de créer une obsession vis a vis du produit. Et c'est aussi service après vente puisqu'on a des nouvelles générations, des nouveaux usages. Les personnes ne prennent pas forcément leur téléphone. On va pas forcément écrire un email, on a besoin de l'immédiateté. Et du coup, on peut aussi avoir l'insatisfaction à gérer les réseaux sociaux. BertrandAttention QGP à la question en Gagne-Pain combien avec Community Manager? IsaureAlors un Community Manager, je pense que ça dépend de son ancienneté, de son emplacement géographique, de l'entreprise et de son secteur. Parce que forcément, son travail en banque ou dans une entreprise du CAC 40 ou pour une toute petite structure, les budgets sont pas le même Moi en moyenne, entre 0 à 3 ans j'ai constaté qu'on avait des budgets qui allaient entre 26.000 et 32.000 et au delà, plutôt 30 000- 40 000. BertrandOn parle bien K euros annuels ? IsaureOui, exactement. BertrandEst ce que tu as rencontré des difficultés? Y aurait il une difficulté dont tu voudrais parler dans ce métier de Community Manager ? IsaureAlors une difficulté que j'aurais pu rencontrer. Il y a une fois où j'ai eu une mauvaise surprise quand j'ai organisé un live sur Instagram avec deux chefs pour la maison Lenôtre, Guy Krenzer et Claire Heitzler, et je n'avais jamais testé de live à deux personnes. Et les problèmes techniques qui surviennent et qu'on a pas anticipé ou le cadrage caméra n'étaient pas bien adaptés. On a eu un petit moment de panique, on a eu aussi des problèmes de sons et on en apprend pour la fois suivante. On s'entraîne pendant une heure avant et on refait la même erreur. BertrandQuelle a été ta ta plus grande surprise dans ce métier ? Quelles sont les choses que tu n'avais pas anticipé par rapport à ce que tu as vécu dans les expériences de Community Manager ? IsaureLe point que moi je n'avais pas anticipé, c'est sur la partie droit à la déconnexion. Ou un Community Manager ne débranche pas, les communautés, elles ont tout le temps envie d'avoir une réponse et du coup, ça peut être assez difficile d'avoir d'avoir le réflexe de décrocher, d'éteindre son téléphone.  On reçoit les notifications sur le téléphone. Pour peu qu'on soit un peu impliqué et concerné et qu'on aime vraiment sa communauté. On a envie de répondre tout de suite. Et ça, c'est des problématiques qui ne sont pas encore très encadrées par les équipes RH. BertrandEst ce que tu vois des différences entre le métier que tu imaginais et ce que tu fais vraiment ? IsaureLa différence ? Je pense que c'est un métier qui est très idéalisé, un peu glamour, sur gérer une communauté, gérer les réseaux sociaux. C'est un peu un métier où on a l'impression que tout le monde peut le faire, que c'est à la portée de tout le monde. J'avais même une fois ma tante qui m'a demandé, mais tu arrives vraiement a t'occuper toute la semaine? Et c'est un métier qui est idéalisé, mais sur lequel il faut prendre du recul. Il y a quand même des compétences qui sont nécessaires... BertrandEst ce que c'est aussi influencé par justement ces influenceurs. Parce que c'est quand même quelque chose qui brille, quelque chose qui attire un peu la jeunesse. Est ce que ça a un impact sur la différence entre ce métier et la façon dont réellement ça se passe ? IsaureJe pense qu'effectivement, il y a eu toute une vague d'influenceurs qui ont rendu ce métier très désirable. Les gens ne voient pas forcément le travail qu'il y a derrière, qu'il y a des équipes pour un influenceurs notamment. Je pense aux YouTubeurs, ils réfléchissent à leurs sketchs, ils font des mises en scène, mais il y a aussi tout un travail de montage, de prise de son. C'est très idéalisés. Et c'est souvent mérité, il y a beaucoup de travail derrière, mais les gens ont un peu l'impression que du jour au lendemain, ils peuvent devenir influenceurs. C'est un peu, l'effet d'Instagram... BertrandÇa semble un peu facile ? IsaureÇa a l'air facile, mais ça demande énormément de travail. Et je pense que beaucoup d'influenceurs le disent, ça demande de la dédication, ça demande de s'intéresser à une communauté, ça demande du temps et les gens le voient pas forcément. On peut avoir des dérives, notamment avec la monétisation, on peut acheter des influenceurs, acheter des like, mais n'importe quelle entreprise qui prend le temps de bien regarder elle le détectera. BertrandComment se passe ta journée dans ton métier de Community Manager ? IsaureJe dirais qu'il n'y a pas de journée type. C'est l'un des avantages d'être Community Manager. Il y a des missions principales qui sont récurrentes, donc faire de la veille, matin et soir, rédiger ses posts, réfléchir à quel contenu on va faire pour la saison suivante. Il y a aussi une partie d'analyse de toujours prendre la température, vérifier que ça fonctionne bien, qu'on ne part pas sur un bad buzz. Mais pour peu qu'on soit lassé de l'une d'entre elles, on passe à la suivante. BertrandEst ce qu'il y a des bonnes formations ? Qu'est ce qu'il faut faire comme formation pour devenir un bon Community Manager ? IsaureJe dirais qu'une bonne formation, ça serait une formation en marketing et en communication pour avoir les bases, pour bien comprendre les cibles, pour mettre en place des stratégies, faire preuve un peu de discernement et challenger ses décisions. BertrandEst ce qu'il y a des outils qu'il faut maîtriser pour être un bon Community Manager ? IsaureIl faut maîtriser les réseaux sociaux, c'est un peu la base. Après, il y a des outils supplémentaires, mais ce n'est pas obligatoire. Ça dépend aussi de l'organisation des entreprises, mais ça devient de plus en plus vital. Photoshop, InDesign, on peut aussi avoir des notions de montage vidéo. Ça, c'est un vrai atout, ça donne une vraie force à un profil. BertrandOn parle de Canva aussi pour simplifier les tâches. IsaureOui, on peut aussi parler de Canva pour ceux qui n'ont pas envie de faire de formation. BertrandQuel est le mode de vie d'un Community Manager? Quand je pose cette question, c'est Paris ou Province, déplacements professionnels, télétravail, évidemment dans la période qu'on vit actuellement ? IsaureOn peut tout faire en tant que Community Manager. Tant qu'on a une connexion Internet, on peut être au fin fond de la campagne, au bord de la plage, on peut gérer les réseaux sociaux. Après, ça dépend de la politique de l'entreprise. Les entreprises un peu à l'ancienne traditionnelle n'acceptent pas forcément le télétravail, mais c'est là aussi l'avantage de 2020. Ça remet un peu en question toutes ces règles et ces habitudes. BertrandIsaure, quels seraient les conseils pour ceux qui nous écoutent et qui veulent devenir Community Manager ? IsaureLe premier point, c'est de rester humble. On ne va pas révolutionner la vie. Être Community Manager, c'est un métier comme les autres qui demande du travail, c'est d'enlever un peu le glamour autour de ça. L'orthographe, de faire attention, c'est très souvent testé en entretien. Un autre point de s'informer via des médias, comme J'ai un pote dans la com, le blog du modérateur et en dernier, un conseil que j'aurais bien aimé avoir Il y a cinq ans, c'est de ne pas avoir peur d'apporter ses convictions autour de la table. Quand on rentre dans une entreprise, on est souvent un peu timide. On a envie de faire plaisir à la direction et des fois, ça nous sert pas. Faire un format parce qu'un concurrent l'a fait. Juste parce qu'un concurrent l'a fait, alors qu'on sait qu'au fond, ce n'est pas pertinent, ça sert à rien. Poster à telle ou telle heure parce que ça fait plaisir aux dirigeants de l'entreprise, ça ne sert a rien non plus. BertrandIl faut arriver aussi avec ses convictions. IsaureOui, c'est ça. BertrandEst ce que tu pourrais nous conseiller des films, des séries, des livres pour préparer ce métier de Community Manager? IsaureAlors, pour l'anecdote, c'est une question que j'avais posée à Mercedes Erra. Il y a quatre, cinq ans et qui m'avait conseillé deux très bons livres. Le premier, c'est de Jean-Marie Dru, "Le Saut créatif : Ces idées publicitaires qui valent des milliards" qui permet d'analyser différentes campagnes publicitaires avec un peu de contexte. Et je trouve ça bien comme première approche pour la participation idéation des réseaux sociaux, puisque la publicité. Les réseaux sociaux, c'est quand même une forme de publicité. Le deuxième, c'était "Le Publicitor". BertrandC'est la Bible "Le Publicitor"... IsaureExactement, on voit un peu tous les différents métiers, donc ça peut être bien pour une personne qui ne sait pas encore exactement quel métier l'intéresse. Et en dernier, c'est un livre qui s'appelle "L'Essentialisme", qui m'a fait beaucoup de bien pendant ce confinement. BertrandOK, excellent. Est ce qu'il y a des séries qui t'ont inspiré des choses qui te semblent intéressantes sur ce sujet là ou pas du tout ? IsaureAlors, en termes de séries, celles que je regardais beaucoup en début d'école de commerce, c'était "Mad Men". Du coup, ça vulgarise très bien la publicité. Comment la société a évolué et comment s'adapte aussi aux évolutions de la société ? BertrandExcellent. En conclusion, qu'est ce que tu souhaiterais ajouter encore une fois pour aider ceux qui nous écoutent à comprendre mieux ce métier? IsaureLe conseil que je donnerais une fois qu'on a passé le cap de l'idéalisation de ce métier, de l'impression que c'est facile. C'est de vraiment s'imprégner, de se dire que c'est très, très riche. Que ça va changer d'une entreprise à une autre. Donc, pour peu qu'il y ait un secteur qui vous plaise, l'alimentation pour moi. Mais ça pourrait très bien être les jeux vidéo, la banque, l'automobile. C'est un métier qui est très, très riche. Je recommanderais au tout début de commencer par une agence de communication. Pour pouvoir justement tester avec différents clients. Moi, ça m'a beaucoup servi quand j'étais chez "Parties prenantes" en stage. Et de s'amuser... BertrandOK, merci beaucoup. C'était très utile, très intéressant à bientôt Isaure IsaureMerci beaucoup. L'épisode 7 du Gagne-Pain, métier "Community Manager", est également disponible sur : ### Account Manager – Nicolas Deniel Épisode 6 : Nicolas Deniel, Account manager chez MediaCom. Dans ce sixième épisode, nous recevons Nicolas Deniel, Account manager dans le digital chez MediaCom France. Entre relation clients, projets exaltants et publicité digitale, découvrons ensemble le quotidien trépidant de Nicolas ! Merci à Nicolas, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Nicolas Deniel – Profil Linkedin Interview faite par : Caroline Bibré - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 6 : CarolineBonjour Nicolas NicolasBonjour Caroline, CarolineNicolas, peux tu te décrire ? NicolasOui, bien sûr. Je m'appelle Nicolas Deniel. J'ai 26 ans et je suis né dans la petite bourgade normande de Deauville. CarolineTrès bien. Et est ce que tu peux nous présenter ton parcours professionnel? NicolasOui, bien sûr. J'ai commencé par les études parce que c'est quand même le fondamental. Issu de Normandie, j'ai été en faculté, plus particulièrement à l'IUT Information Communication, option publicité à Ifs, une toute petite ville en dessous de Caen. Et donc, j'ai commencé là-bas avec deux ans d'IUT pour un DUT en termes de diplômes. Et ensuite, je suis monté sur Paris pour poursuivre les études puisque en Normandie, ca reste assez limité lorsqu'il s'agit de passer sur un master ou une troisième année d'études. CarolineAu niveau des choix, j'imagine. NicolasMalheureusement, effectivement c'était assez limité. Donc, du coup, je suis monté à Paris, j'avais vu différentes écoles, j'ai passé différents concours. CarolineD'accord. Et dans quelle entreprise travaille tu aujourd'hui? Quel métier fais tu exactement? NicolasAujourd'hui, je suis chez Mediacom qui est une agence conseil de GroupM (WPP). GrouM est un groupe publicitaire média, et WPP, qui est un groupe de communication. On va retrouver des agences de pub, un média de com classique aussi, mais aussi de RP et autres. CarolineEt donc, tu es Account Manager ? NicolasAccount manager. C'est le titre qu'on donne. Effectivement CarolineEst ce que tu peux nous expliquer ce qu'est le métier d'Account Manager ? NicolasBien sûr Account Manager, disons que c'est pour le traduire en français consultant médias. Consultant, pas au sens entrepreneurial plutôt qu'au sein de l'agence. C'est à dire qu'en fait, je vais être dans un rapport un peu commercial. Je vais être le point d'entrée principal des annonceurs clients marques. CarolineConcrètement au quotidien, ça se traduit comment Ton métier ? NicolasAu quotidien ? C'est vrai qu'on va avoir beaucoup de prise de brief. Donc les annonceurs vont venir vers nous en nous disant, on va lancer une campagne pour le lancement d'un produit, pour communiquer sur des engagements RSE, sur X ou Y sujet en fonction de leur problématique. Et ensuite, je vais donc récupérer ce brief. Souvent, on essaye d'en discuter au téléphone, C'est toujours plus sympa pour bien comprendre les problématiques. Ça, c'est assez clef. Il faut bien comprendre ce que le client a en tête. Évidemment, l'objet du brief, mais aussi s'il a déjà des pistes, des idées qui sont déjà en place et vraiment bien comprendre ses attentes. Pour moi ensuite aller distribuer les tâches auprès des expertises de GroupM. Quand je dis expertise, effectivement, on a des experts pour chacun des médias. Donc, le média télé, le média affichage, le digital, la radio, la presse et j'en passe. Jusqu'au brand content et l'influence, par exemple. Et donc, nous, au sein de GroupM, on a des expertises pour chacun de chacun de ces canaux de communication. Et donc après, je vois avec ces experts pour que je puisse proposer des recommandations et des plans média pour mettre en place les campagnes. CarolineD'accord, très bien. Et alors, en parlant d'expertises, quelles sont les compétences requises pour faire ton job d'Account Manager ? NicolasOui, alors effectivement, contrairement aux expertises métier qu'on a au sein de GroupM, des personnes qui sont vraiment spécialisées sur un média. C'est à dire qui connaissent tous les rouages. Je vais prendre l'exemple de la télé. Un expert télé, il sait exactement où placer les publicités pour avoir les meilleures performances en fonction de la cible des clients. Là où moi, c'est vrai que j'ai une connaissance de chaque média, mais qui n'est pas aussi experte. C'est à dire que je vais avoir une bonne connaissance de tous les médias. Une connaissance plurimédia, mais qui est peut être un peu moins poussée. D'ailleurs, on ne va pas se mentir, elle est moins poussée que ceux de nos expertises. Et moi, je fais un peu le garde fou, c'est à dire que je dois bien vérifier que le travail de chacun est respecté par rapport au brief du client. Essayer de créer des synergies entre les médias, c'est ce qu'on fait aujourd'hui, par exemple entre la télévision et la vidéo en ligne, l'affichage et la publicité mobile. Plein de petites choses comme ça et en fait, on a vraiment des réflexions très stratégiques qui démarre de la cible du client en général, de ses ambitions et de son brief.. CarolineDonc, il y a des compétences de coordination, de commercial, d'organisation. C'est à peu près ça. Si j'ai bien tout compris ? NicolasTout à fait, et je dirais qu'il y a quelque chose qui est clé, c'est se rapprocher du commercial. Mais c'est la relation clientèle et d'avoir des bonnes relations avec avec ses clients, mais aussi avec les experts. Il faut savoir être compréhensif pour tout le monde et essayer d'optimiser le temps passé sur les sujets pour chacun et surtout arriver à combler les attentes des clients. C'est la finalité. CarolineC'est un peu un équilibriste en fin de compte ? NicolasFinalement, c'est un peu ça. On est pas loin du cirque, et quand on voit les outils sur lesquels on travaille avec les différentes courbes, on arrive vite au bord du fil... CarolineD'accord, en parlant d'outils, est ce que tu peux nous expliquer quels sont ceux que tu utilises le plus au quotidien ou régulièrement dans ton métier ? NicolasOui, en tant que Account Manager, je ne vais pas rentrer dans les outils des experts. Par exemple à la télévision, ils ont des outils bien précis pour acheter les spots télé. Les équipes digitales et je pense par exemple à tous l'achat de publicité sur les médias sociaux. On passe par les plateformes de Facebook, Instagram, etc. J'en ai une connaissance, mais je les utilise pas. Moi, je vais plutôt utiliser des outils de planning qui vont cumuler les médias. Donc, en général, ce sont des outils propriétaires des agences, qu'ils ont développés de leur côté, où, effectivement, on rentre des items de cibles, de performance, de budget et ensuite, ça nous permet, en fonction de cette cible, de voir si les médias qu'on propose correspondent bien à la consommation de média de l'audience. CarolineEst ce que cet outil est le fameux media planning dont on entend souvent parler dans les agences de communication ? NicolasTout à fait. En fait, comme je le disais, chaque agence a un petit peu le sien. Ca dépend vraiment de comment ça a été fait. Mais c'est souvent vraiment des outils propriétaires, donc, qui, finalement, ont des similitudes entre elles. Mais avec chacun sa petite touche en fonction de l'identité de l'agence. Et là, pour le coup, nous, chez Mediacom, s'appelle System Planning, qui est un outil qui mêle planning stratégique, donc vraiment étude des cibles et de la consommation média et le média planning qui est la suite, finalement. CarolineQuelles sont les difficultés que tu as déjà rencontrées dans ton métier ? NicolasLes difficultés, il y en a quelques unes. Effectivement, quand je parlais de la compréhension de ce que souhaite le client, c'est quelque chose qui est vraiment clé pour éviter de partir sur de mauvaises pistes. Difficulté, souvent elles sont liées à un groupe, à une agence et à un fonctionnement. Je dirais qu'il y a des process, beaucoup de process qui sont mis en place, qui sont différents pour chacun des clients. Il y a des difficultés lorsqu'il faut interagir avec des personnes qui sont pas du tout en France, à Londres, aux Etats-Unis, en fonction de ses clients et local ou international. Et donc c'est un entremêlement de plusieurs difficultés qui ne sont pas inatteignables. Les objectifs, on arrive à les remplir, mais il y a toute une synergie à avoir et des compétences qui s'entremêlent pour pour arriver au bon résultat. CarolineDonc parfois, ça peut manquer un peu de fluidité avec la lourdeur des process ou le nombre de personnes qui interviennent dans tes dossiers ? NicolasAbsolument. On passe beaucoup de temps à suivre des process qui sont mis en place pour des bonnes raisons. On a souvent l'habitude de dire que la publicité digitale, on appuie sur un bouton et c'est parti. C'est complètement faux. CarolineOh là là, ça, je n'y crois pas du tout... NicolasEt effectivement, il est nécessaire d'avoir certains de process mis en place pour respecter le travail de chacun et un peu plus loin la santé mentale puisque sinon, on arriverait sur des flots de travail intenables. CarolineAlors attention, on arrive sur la question Gagne-Pain combien ça gagne un Account Manager ? NicolasJe vais remettre un tout petit peu de contexte avant de parler de mon post à moi. Donc dans une agence média en général on a donc account manager qui est mon post. D'un point de vue hiérarchique, même si je n'aime pas du tout la hiérarchie. En dessous, entre guillemets, il y a les Account Exécutifs qui sont un peu plus junior et qui vont accompagner les Account Manageurs dans la gestion des clients. On a des Account Director qui, en général, gèrent plusieurs clients et qui sont du coup un peu plus décisionnaire et qui vont travailler sur des problématiques plus stratégiques. Et après, on arrive sur la direction avec des business director, DG, client Chief Officer, etc. Et autant que vous en voulez. Et donc, du coup, en général, quand on commence en agence de publicité et surtout en agences média, puisque c'est là que je vais pouvoir vous donner un maximum d'infos, on va parler en net. Je pense que ça parlera mieux. CarolineExactement comme ça. Nos auditeurs sauront combien ils peuvent se mettre dans la poche... NicolasExactement je ne vais pas rentrer dans les histoires d'impôts, etc. Prélèvement à la source. Globalement, on commence le métier entre 1700 et 1900 euros en account exécutive net mensuel. Et donc après, on arrive sur account manager on est un peu plus haut, donc on est plutôt entre 1900 et 2100 2200 2300. En fonction aussi il y a beaucoup de négociations qui rentrent en place, évidemment. Et puis après, plus on monte, plus ça augmente évidemment à chaque fois et il faut savoir négocier son salaire. C'est très, très important. CarolineEt est ce que dans cette rémunération, dans le métier d'Account Manager, est ce qu'il y a une part de variable ? NicolasIl y en a une. Ça dépend des agences. Chaque agent choisit ce qu'il souhaite faire. Mais par exemple, on peut avoir des primes de cooptation, donc, c'est à dire de recrutement, parce qu'on a conseillé un profil en CV aux RH. Et de l'autre côté, on peut avoir des primes aussi si on a des offres, si on fait rentrer un client dans l'agence ou encore si on développe le client sur des problématiques qui ramènent de l'argent aux agences. Donc ça, c'est vraiment au cas par cas et en fonction des agences s'il le souhaitent ou non. Mais ça peut arriver, effectivement. CarolineTrès bien, Nicolas, peux tu nous raconter quelle est la journée type d'un Account Manager? En quelques mots... NicolasAlors ma journée type, je vais parler vraiment de moi pour le coup. En général, j'essaye une à deux fois par semaine le matin, donc ça commence entre 9 heures et demie 10 heures d'avoir un rendez vous, ce qu'on appelle nos rendez vous, régie. C'est à dire qu'en fait, on a un partenaire média qui va nous présenter son offre. Donc, ça peut  être effectivement, comme je le disais un TF1 ou un M6 pour la télévision, JC Decaux ou Clear Channel pour l'affichage, des partenaires digitaux type Webedia qui ont les sites Allociné, jeux vidéo.com, ce genre de choses. Et donc ils viennent, soit on se retrouve autour d'un café en ce moment, on est plutôt en visio, évidemment. Mais du coup, il va nous présenter son offre. En général, on connaît les offres et donc plutôt les nouveautés, les innovations, qu'est ce qu'il y a de nouveau? Comment on s'adapte au marché et aux restrictions légales aussi, puisque on a beaucoup de problématiques, je pense à la RGPP, qui va empêcher certaines régies digitales d'aller traquer trop près les internautes, ce genre de choses. Donc, on commence par ça un petit rendez vous. Ensuite, potentiellement, on a pas mal de calls, de points de prise de brief. Et donc différents rendez vous dans la journée qui se font soit en physique, soit encore call en fonction de la situation. Et en fonction de ça beaucoup de réponses à des emails, d'échanges, que ce soit téléphonique ou par mail. CarolineTrès bien pour accéder à ton métier d'Account Manager au niveau de la formation, tu nous a dit que tu avais fait une école de commerce. Est ce que tu vois d'autre moyen d'y accéder? Où c'est vraiment la voie royale pour faire le métier d'Account Manager ? NicolasIl n'y a pas vraiment de voie royale, finalement. En fait, je vais citer quelqu'un qui m'avait dit ça quand j'ai commencé dans la publicité, côté créatif, on s'en fiche de tes diplômes, ce qui compte, c'est vraiment l'expérience. C'est à dire qu'effectivement, c'est mieux d'arriver avec un Master 2, d'avoir fait une école de commerce spécialisée dans la communication et la publicité. C'est un petit peu mieux, mais c'est pas ça qui va jouer. Si on à fait une formation qui est plutôt littéraire ou de langue, mais qu'on a fait des alternances ou des stages dans des entreprises de communication, de publicité. C'est ce qu'on va regarder en premier. L'école c'est un plus, après c'est vraiment qu'est ce qu'on a pu faire sur le terrain professionnel, mais aussi sur des projets perso... CarolineDonc, la personnalité rentre en compte aussi ? NicolasAbsolument. Et puis après, en terme de recrutement, il faut aussi qu'on ait des valeurs communes avec l'équipe dans laquelle on va se retrouver. Ce genre de choses. Et que finalement, une bonne ambiance puisqu'on ne travaille pas seul, on travaille tous en équipe, donc c'est vraiment important que ça fit. CarolineTrès bien. Aurais tu un film ou un livre à nous conseiller pour découvrir ton métier ou juste en rapport avec ton métier ? NicolasPour découvrir la publicité, il y a quelques livres de Jacques Séguéla qui sont assez intéressants. C'est un personnage mythique dans la publicité, il a écrit quelques livres dont je n'ai plus le titre en tête. Mais c'est dans sa bibliographie où, justement, il parle de ses grands coups de com. Ou il va pouvoir raconter parfois même, a l'époque, c'était donc le changement de nom de la ville de Léningrad qui est devenu Saint-Pétersbourg, si je ne m'abuse. Et donc, il a participé à ce renaming de la ville et c'est assez intéressant. Et sans spoiler, Il se passe quelque chose d'assez incroyable à la fin de cette petite histoire, des petites nouvelles comme ça. Et sinon, je n'aurais pas spécialement de film. Effectivement, il y a 99 francs qui va être le stéréotype même de la publicité, mais qui n'est pas forcément recommandé puisque c'est pas, ce n'est pas la vérité. Ce n'est plus la vérité. Et peut être, pour finir, the Social Dilemma qui est un documentaire sur Netflix. Ou en fait, on va comprendre l'envers des réseaux sociaux et pourquoi les réseaux sociaux sont gratuits grâce à la publicité. Beaucoup de manipulations, c'est ultra intéressant. Ça peut aussi dégoûter de faire ce métier. CarolineAlors, j'ai deux dernières petites questions. La première, c'est quelles sont les évolutions que tu envisages pour la suite, même si, quand tu nous a expliqué le salaire, on a une petite idée désormais. Et quel conseil donnerais tu à un jeune Account Manager qui débute ? NicolasAlors, effectivement, la suite et l'évolution, je la souhaite dans l'agence dans laquelle je suis, qui est une agence vraiment bienveillante. Pour le coup, je suis très content d'être arrivé là bas. Donc, évidemment, de grandir. Mais grandir, ça se fait aussi en prenant du management. C'est à dire que là, on rentre dans quelque chose de très différent des missions quotidiennes, puisqu'il faut aussi accompagner ses équipes. Moi, j'ai la chance de pouvoir le faire avec des personnes exceptionnelles qui sont Account Executive. Et donc pour moi, en fait, il s'agit pas simplement de se faire évoluer soit il faut faire évoluer tout le monde autour de soi et faire grandir tout le monde. Et donc, effectivement, après aller chercher le poste au dessus, qui est donc du coup plus managérial et un peu moins opérationnel. Et après, personnellement, j'aimerais bien dans quelques années travailler chez un annonceur, chez une marque. Une marque qui aurait des valeurs communes à la mienne et qui serait dans un secteur qui m'intéresse au plus haut point pour la développer. Et pourquoi pas le faire à l'étranger j'ai toujours voulu voir ce qui se passe un peu en dehors de la France aussi, pourquoi pas. CarolineDonc, l'esprit d'équipe, c'est un indispensable dans le métier Account Manager et en plus, c'est un métier qui peut se faire à l'étranger, qui permet d'avoir une certaine mobilité. Et aussi, si j'ai bien compris lors de notre interview, c'est aussi un métier qui peut se faire à distance, en télétravail, assez facilement ? NicolasTout à fait, on l'a vu avec le contexte actuel, on est tous en télétravail une grande partie du temps. Après, c'est toujours plus agréable d'être avec ses collègues au bureau, évidemment. Mais c'est tout à fait possible de gérer les missions à distance. On a même des gens qui, au sein de l'agence, vivent à Bordeaux, vivent d'ailleurs mais qui travaillent pour une entreprise parisienne. Et l'intérêt est aussi, effectivement, c'est que lorsqu'on est dans un grand groupe international, c'est de pouvoir aller chercher des opportunités dans d'autres pays au même poste. Mais découvrir les subtilités du pays en question. CarolineTrès bien, c'est parfait. Merci Nicolas pour ton temps et à bientôt. NicolasMerci Caroline à très bientôt. L'épisode 6 du Gagne-Pain, métier "Digital account manager", est également disponible sur : ### Cheffe de projet e-commerce – Morgane Collin Épisode 5 : Morgane Collin, Cheffe de projet e-commerce chez Make-Up For Ever. Dans ce cinquième épisode, nous recevons Morgane Collin, Chef de projet e-commerce chez Make Up For Ever - LVMH. Entre reportings, mise en avant des produits et choix stratégiques, nous allons découvrir les coulisses de ce métier au coeur de l'actualité digitale ! En effet, en France en 2020, l'e-commerce représente 112 milliars d'Euros de chiffre d'affaires (source Fevad). Merci à Morgane, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Morgane Collin – Profil Linkedin Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 5 : BertrandBonjour Morgane, MorganeBonjour Bertrand. BertrandMorgane, on est très contents de recevoir aujourd'hui parce que le métier que tu fais nous intéresse beaucoup. Avant qu'on rentre dans ce métier, j'aimerais que tu puisses te décrire en quelques mots. MorganeAlors je m'appelle Morgane, j'ai 27 ans, je suis originaire de Bretagne et je vis et je travaille à Paris depuis quasiment trois ans. BertrandEst ce que tu peux également présenter ton parcours professionnel avant l'entreprise dans laquelle tu travailles aujourd'hui ? MorganeOui, alors j'ai un DUT GEA, donc Gestion des Entreprises et des Administrations que j'ai fait à l'IUT. Et ensuite, j'ai fait une école de commerce avec une spécialisation en digital, puis en distribution e-commerce, et j'ai intégré la société Make Up For Ever en 2018. C'était mon stage de fin d'études, donc je suis dans la société depuis près de trois ans. BertrandAlors, est ce que tu peux nous décrire Make up forever? MorganeAlors Make Up Forever, c'est une entreprise française. C'est une entreprise française de cosmétique qui appartient à la société LVMH. Donc, la marque est présente en France et distribuée principalement chez Sephora, via le e-store également. On a un réseau de boutiques et un site e-commerce, et la marque est également présente à l'international. BertrandEt le site de e-commerce, c'est ça qui va nous intéresser puisque tu es chef de projet e-commerce. Donc, est ce que tu peux nous décrire, ce métier ? Qu'est ce que ça veut dire, chef de projet e-commerce ? MorganeLe chef de projet e-commerce, il pilote l'activité du site. Moi, j'interviens sur la partie France Europe puisqu'on est présent dans différents pays. Donc, le chef de projet e-commerce a vraiment un rôle de coordination pour faire en sorte que le site fonctionne. BertrandDonc, l'idée, c'est que tu dois tout faire pour que ça marche, qu'on puisse acheter sur le site de Make Up For Ever. MorganeC'est ça BertrandParfait. Alors maintenant, on a décrit différentes missions. Je veux bien que tu nous précise ces différentes missions. Quels sont les quatre missions du chef de projet? MorganeAlors j'ai quatre casquettes. Il y a une première casquette qui est plutôt orientée animation. Ensuite, il y a la partie technique. Il y a une partie qui est plus orientée business et ensuite, on a une partie qui est plus acquisition de nouveaux clients (Paid search). BertrandSi on parle de la première casquette, on parle de l'animation du site. Qu'est ce que tu peux dire sur cette mission d'animer le site ? MorganeAlors moi, je définis et je mets en place l'animation du site. Donc, je travaille avec différentes équipes et notamment le Retail (Point de vente), puisqu'on fait en sorte de se coordonner pour que les animations qu'on va mettre en place sur le site, et en Point de vente, fassent sens pour le client. Ensuite, je coordonne également les lancements produits. Donc là, on travaille avec toutes les équipes du marché Europe. Il y a l'équipe marketing, le commercial, l'équipe également Retail, etc... Et en fait, c'est un 360 vraiment pour se coordonner sur l'activation de tel ou tel lancement. BertrandDonc, cette première partie de tes missions, elles concernent tous les produits qu'on va mettre en vente sur le site de e-commerce pour se coordonner avec les autres équipes qui vendent également des produits ? MorganeC'est ça, BertrandDonc après, on a parlé d'une partie plus technique de tes missions. Est-ce que tu peux nous nous décrire cette partie là ? MorganeAlors il y a une partie plus technique opérationnelle puisqu'on travaille sur un CMS (Content Management System ou Système de gestion de contenu) qui est un outil de gestion de contenu. C'est le back office, c'est vraiment les coulisses du site e-commerce. Donc, c'est là qu'on va venir paramétrer tout ce qu'on peut voir sur un site. Donc, il y a toute la gestion du catalogue, de toutes les fiches produits. Il y a également tous les contenus, tous les articles, tous les visuels, tous les paramètres en fait. BertrandDonc, c'est là où on voit beaucoup de visuels. Parce que sur un site comme Make Up For Ever, il y a évidemment beaucoup de visuels ? MorganeOui, après comme tout site, ce qui va nous prendre beaucoup de temps, ça va être tout ce qui est fiche produit. Ça dépend de l'ampleur du catalogue, mais ça peut être un travail assez conséquent. Après, il y a toute l'animation du site, effectivement, il y a plein de petites choses qui se paramètre qui, mis bout à bout, prennent beaucoup de temps. BertrandOn a parlé d'une troisième mission qui était plus une, une casquette business, comme tu l'as décrite tout à l'heure. C'est à dire vraiment regarder ce qui se passe, ce qui se vend, ce qui marche ? MorganeAlors on a le plan d'animation, mais effectivement, il faut prendre la mesure des impacts business de ce qu'on fait. Donc, il y a une partie business qui est très importante puisqu'on va suivre les chiffres au quotidien et mensuellement. Donc vraiment, il y a une partie, une grosse partie business... BertrandEt là, tu utilises des outils pour faire ça ? MorganeAlors Excel surtout, et également Google Analytics, sur lequel on travaille beaucoup. BertrandEt puis, dernière partie, l'acquisition de clients, la communication pour aller chercher des nouveaux clients pour le site . MorganeDonc là, je travaille avec différentes agences qui nous aident sur la partie Paid Search, acquisition de nouveaux clients. Par exemple pour un lancement, ça va être sur quels mots clés est ce qu'on va se positionner ?Le but étant de remonter sur des requêtes spécifiques pour venir cibler de nouveaux clients en fonction de la requête qui était qui était recherchée. BertrandCes actions ont pour but d'aller chercher des nouveaux clients principalement ? MorganeAlors ces actions ont deux objectifs. Il y a un objectif effectivement d'acquisition de nouveaux clients, mais il y a également un objectif de conversion de clients qui pourraient déjà être intéressés par la marque et déjà connaître la marque. BertrandAttention, QGP la question Gagne-Pain. Combien ça Gagne-Pain chef de projet e-commerce ? MorganeAlors ça dépend des secteurs d'activité des entreprises. Mais un junior peut peut débuter entre 35 et 45K€ annuel brut. Et après, il peut y avoir effectivement des primes sur objectifs, par exemple. Tout dépend de l'entreprise et quelqu'un de plus senior, ce sera plus autour de 45-55K€, voire plus. Après, ça dépend de l'entreprise. BertrandMerci. Pourquoi avoir choisi le métier de chef de projet ? MorganeAlors moi, c'est totalement par hasard puisque quand j'ai commencé mes études, je ne connaissais pas du tout ces métiers là. Du coup, j'ai découvert les métiers du digital en me spécialisant en 1ère année de master. Ensuite, j'ai fait un premier stage en tant qu'assistant chef de projet digital qui m'a incité à poursuivre dans ce domaine. BertrandDonc, dans ton expérience, le stage a été un élément déclencheur de ton choix de métier ? MorganeEn tout cas, ça m'a vraiment permis de connaître ce métier. C'est une des choses qu'on apprend pas forcément à l'école et qui s'apprenne en entreprise. BertrandEt après, ça a également permis de rentrer directement dans l'entreprise à la suite du stage et d'être embauchée parce qu'à priori, tu avais bien fait le job ? MorganeJ'y suis restée, effectivement. BertrandMorgane, qu'est ce qu'il faut comme compétences pour exercer ce métier de chef de projet e-commerce? Et quelles sont celles que tu veux mettre en avant pour expliquer à ceux qui nous écoutent ce qu'il faut qu'ils cultivent pour devenir chef de projet ? MorganeAlors, il faut être quelqu'un de flexible. Il faut être également assez analytique, avoir le goût pour les chiffres. Il faut être créatif aussi, je dirais. Et il y a aussi une partie technique... BertrandDonc des compétences techniques également ? MorganeC'est ça. BertrandEst ce que tu peux revenir sur chacune de ses compétences? Et donc flexible qu'est ce que ça veut dire dans l'univers du e-commerce, quand on est chef de projet ? MorganeAlors quand on travaille sur un site, on n'est jamais à l'abri d'un bug, par exemple. Donc voilà, il faut pouvoir réagir assez rapidement et on peut être tributaire de l'actualité, notamment avec le confinement. Qu'est ce qu'on met en place pour réagir vite ? Comment est ce qu'on communique ? Qu'est ce qu'on communique au client ? Faut pas avoir peur de travailler dans l'urgence et du coup, il faut être flexible. BertrandEt flexible ça veut dire aussi s'adapter en permanence à l'environnement et à ses clients ? MorganeC'est ça, et aussi parce qu'on travaille avec différentes équipes. Donc, il faut aussi s'adapter tout simplement aux interlocuteurs qu'on peut avoir. BertrandOK après, dans la deuxième compétence que tu as cité, tu as dit esprit d'analyse. Donc là, on est dans l'analytics ? MorganeIl y a une partie business qui est très importante puisqu'on suit les chiffres au quotidien. Tout ce qu'on met en place, on l'analyse derrière. Donc, effectivement, il faut avoir un goût pour les chiffres et au delà de ça, il faut pouvoir les faire parler. Donc, c'est très important. Il ne faut pas avoir peur d'Excel, mais tout s'apprend. Et on utilise aussi beaucoup Google Analytics. Donc effectivement, il faut aimer les chiffres... BertrandTu as également dit que dans les compétences, il fallait être créatif ? MorganeOui, alors, on travaille au quotidien avec un graphiste, pour tout ce qui est créa. Mais on le brief sur toutes les animations qu'on va mettre en place sur le site. Après, quand je dis créatif, faut aussi être curieux de ce qui se passe en fait. Quelles sont les best practices ? Quelles sont les nouvelles tendances digitales ? Pour pouvoir mettre en place aussi des nouvelles choses sur le site et tester ces choses. BertrandEst ce que ça veut dire aussi qu'on benchmark? qu'on regarde ce qui se passe ailleurs? MorganeTout à fait, c'est très important. BertrandEt dernière compétence, la compétence technique, qui est quand même aussi importante, j'imagine, pour ce métier ? MorganeOui, alors, avoir déjà travaillé sur un CMS, c'est un plus. BertrandCMS, est-ce que tu peux juste préciser STP ? MorganeUn outil de gestion de contenu, qui permet de paramétrer tout ce qu'on peut voire sur un site. Donc avoir déjà travaillé sur sur ce type d'outils, peu importe, il y en a plusieurs qui existent. Mais avoir déjà travaillé sur un CMS, c'est bien, c'est une bonne base. Et ensuite, avoir des notions en langage HTML et CSS, c'est un vrai plus aussi. Même si, effectivement, on n'a pas un métier de développeur. C'est bien d'avoir des notions... BertrandDonc là, l'idée de connaître ces langages, c'est aussi de parler avec les développeurs, de pouvoir comprendre les développeurs, de pouvoir entretenir un vrai dialogue ? MorganeAlors, c'est bien effectivement de pouvoir comprendre, même si être développeur, c'est bien plus poussé. Mais au delà de ça, nous, par exemple, sur le back office, on a certaines parties qui sont du code HTML ou CSS. Donc, si on veut venir modifier, ne serait ce qu'un texte, ça se passe dans le code. BertrandIl faut que tu saches le faire aussi ? MorganeC'est ça, même si on nous demande pas de coder, c'est bien de comprendre quand même le langage. BertrandOn parle beaucoup de certifications professionnelles pour acquérir des compétences avant de trouver un job. Quelle serait celle qui serait la plus utile pour devenir chef de projet de e-commerce? MorganeAlors, on travaille beaucoup sur Google Analytics. Donc, je pense qu'avoir une certification sur cet outil peut être un vrai plus quand on débute. BertrandEst ce que tu peux nous parler des difficultés que tu as rencontrées et comment ça s'est passé au début,  etce qu'il y a des choses qui t'ont un posé problème ? Si oui, lesquelles ? MorganeAlors. C'est vrai qu'au début, il faut prendre en main les outils. Moi, j'ai commencé un stage, je n'avais jamais travaillé sur un CMS. Je n'avais jamais utilisé Google Analytics. Donc c'est des outils qu'il faut prendre en main. Mais voilà, ça s'apprend sur le tas et une fois que c'est bon, ça se passe très bien et ça s'apprend rapidement. BertrandDonc, des difficultés que tu as facilement surmontées? MorganeOui, oui. BertrandSi on parle des tâches, c'est à dire ce qu'on fait quotidiennement. Est ce que tu peux nous dire celle qui est la plus intéressante, celle qui te plait le plus? Et puis, a contrario, celle qui te plaît le moins ? MorganeAlors, celle qui me plaît le moins, ce serait tout ce qui paramètrage dans le back office du site. Parce que c'est long, c'est assez fastidieux. C'est une tâche qui est incompressible, et ça peut être assez redondant. Après, c'est aussi intéressant et assez satisfaisant de voir en front office, donc, c'est à dire vue de l'utilisateur, ce qu'on nous, on est venu mettre en place en back office. Et là, ce qui me plaît le plus, je dirais que ce serait la gestion de projet. Notamment sur les lancements produits, se coordonner avec les autres équipes ou après la gestion de projet avec d'autres agences en externe avec lesquelles on peut être amené à travailler. BertrandEst ce qu'il y a des difficultés ou des échecs que tu as rencontrés, dont tu voudrais faire part à ceux qui nous écoutent ? MorganeAlors, je n'appellerais pas ça des échecs, mais effectivement, on peut rencontrer des difficultés. On travaille avec beaucoup d'équipes différentes, donc il peut y avoir des soucis de coordination, par exemple. Ou des soucis sur la gestion de projet. C'est vrai qu'en e-commerce, il faut être flexible, mais il faut aussi être rigoureux. Et c'est vrai que c'est pas forcément toujours évident. BertrandMorgane est ce que tu peux nous nous parler du d'une journée type ? Comment ça se passe la journée d'un chef de projet e-commerce ? MorganeAlors il n'y a pas de journée type. Ça dépend vraiment des des temps forts qu'on a, des projets qui sont en cours, des lancements qui sont à venir. Il y a un périmètre qui est assez large. On a une partie qui est business, une partie un peu plus opérationnelle et paramétrage. Il y a beaucoup de coordination avec les autres équipes également. Donc vraiment, il n'y a pas de journée type. Après moi, ce que je fais chaque chaque matin en arrivant, c'est effectivement de voir les performances de la veille. Donc, voilà quel a été le chiffre d'affaires réalisé la veille ? Les visiteurs qu'on a eu ? Etc... BertrandDonc, c'est là qu'on se penche sur les chiffres. On veut savoir combien de chiffre d'affaires on a fait, combien de clients sont venus et combien ils ont acheté ? MorganeC'est comme dans une boutique classique. On va suivre les performances chaque jour. Nous, on appelle ça un taux de conversion. Mais sinon, faut suivre le chiffre d'affaires et les visiteurs également. Et après, il y a tout un tas de KPI (Key Performance Indicator) donc d'indicateurs clés de performance à suivre. BertrandEst ce qu'on utilise beaucoup l'anglais dans ce métier. Et est ce qu'on a besoin éventuellement d'une autre langue étrangère où l'anglais est déjà suffisant ? MorganeAlors, je pense que l'anglais est suffisant. Après, tout dépend de l'entreprise dans laquelle on travaille. Make up forever, c'est une entreprises internationales, donc effectivement, toutes les présentations et les documentations vont être en anglais. Après moi, sur mon périmètre, je ne vais pas être amené à parler anglais tous les jours. Mais on peut être amené à être en contact avec d'autres marchés, dont des réunions groupées, par exemple quand on travaille avec les développeurs, par exemple, tout ce qui bug, c'est des choses qu'on va remonter en anglais. Et donc toute la documentation sur les spécificités fonctionnelles vont être fournies en anglais également. Donc, je dirais que c'est bien d'avoir de bonnes bases en anglais Professionnel. BertrandQuel est le mode de vie d'un chef de projet e-commerce ? On se pose cette question aussi sur la façon dont on peut travailler à Paris, en province, à l'étranger. Evidemment, on peut se poser la question du télétravail en ce moment. Comment ça se passe, le mode de vie d'un chef de projet de e-commerce ? MorganeJe pense que tout dépend de l'organisation de la société. On n'est pas obligé d'être à Paris. Il y a de l'e-commerce dans beaucoup d'entreprises, après, ça dépend de l'organisation de la société. On n'est pas obligé d'être en présentiel non plus. C'est quelque chose qui peut se faire à distance. Donc, tout dépend... BertrandEt là en ce moment l'organisation chez toi, ça se passe comment. C'est du 100% télétravail ou une partie de présentiel ? MorganeOn est en 100% télétravail. Moi, j'y vais une fois par semaine. Mais sinon, c'est télétravail. BertrandDonc ça veut dire que c'est un métier qui se fait complètement à distance. Si on le souhaite ? MorganeOui, ça peut, effectivement. BertrandEst ce que tu aurais des conseils pour des étudiants, des jeunes qui cherchent un job et qui se poseraient des questions sur ce métier ? Qu'est ce que tu leur conseillerais de faire ? MorganeAlors, je dirais tout d'abord il faut être forcément attiré par le Web, par les métiers du Web. Ensuite, ce que je conseillerais, c'est de faire des stages dès qu'on en a l'occasion, c'est vraiment là qu'on va apprendre et découvrir ces métiers là. C'est des métiers qui embauchent, un domaine qui embauche, le e-commerce a vraiment explosé. Et surtout, c'est un métier qu'on peut faire dans beaucoup de secteurs différents. Donc moi, je le fais dans une entreprise de cosmétique, mais ça peut être plein de secteurs d'activité différents. BertrandEst ce qu'il y a des formations, où est-ce qu'il faut, comme c'est peut être ton cas, se former régulièrement pour faire ce job ? MorganeUne école de commerce avec une spécialité e-commerce ou un IAE sont très bien. Après, en terme de formation. Ça dépend de l'entreprise. Moi, je me suis formée l'année dernière sur le langage HTML et CSS. Après, y a aussi tout un tas de formations qui sont disponibles en ligne. Je pense notamment à OpenClassrooms, par exemple. BertrandMorgane, est ce que tu peux nous nous parler des évolutions possibles dans ce métier de chef de projet e-commerce ? MorganeAlors, il peut y avoir des évolutions verticales. Donc, passer manager, ça peut être en 3, 4 ou 5 ans. Après ça dépend un peu de l'entreprise et de la structure. Et après, il peut aussi y avoir des évolutions qui vont être horizontales. Donc, par exemple, sur un métier de Product Owner et Product Manager, ce genre de métiers où la passerelle se fait assez facilement. BertrandMerci beaucoup, Morgane. Qu'est ce que tu souhaiterais ajouter pour expliquer ton métier et expliquer ces évolutions aux gens qui nous écoutent ? MorganeAlors, je dirais qu'il ne faut vraiment pas hésiter à faire des stages. Comme je le disais tout à l'heure, c'est vraiment important. Il y a des choses qu'on n'apprend pas à l'école et qui s'apprennent sur le tas en entreprise. Effectivement une spécialisation en e-commerce peut nous ouvrir des portes pour un premier stage, mais ensuite, ce qui va compter, ça va être l'expérience. Donc, je dirais ne pas hésiter à faire des stages et à se tenir au courant également des tendances digitales. C'est important d'avoir une vraie affinité Web... BertrandDonc ça, c'est la curiosité dont tu parles. J'entends souvent ce mot qui revient dans toutes les interviews qu'on fait. Donc être curieux dans le digital, c'est un plus ? MorganeOui, C'est ça. BertrandMerci beaucoup, Morgane MorganeMerci à bientôt. L'épisode 5 du Gagne-Pain, métier "Chef de projet e-commerce", est également disponible sur : ### UX Designer – Peter Staffe Épisode 4 : Peter Staffe, UX Designer chez Oscaro. Dans ce quatrième épisode, nous recevons Peter Staffe, UX Designer chez Oscaro.com. Nous allons prendre la mesure artistique, marketing et technique de ce métier en vogue dans l'univers du digital ! Merci à Peter pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Peter Staffe – Profil Linkedin Interview faite par : Caroline Bibré - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 4 : CarolineAujourd'hui, nous recevons Peter Staffe, UX designer, Bonjour Peter PeterBonjour Caroline. CarolinePeter, est ce que tu peux te présenter en quelques mots, s'il te plaît? PeterOui, je suis Peter Staffe. Je suis UX designer chez Oscaro.com. Je suis originaire de Giverny, en Normandie, et maintenant, je vie à Paris. Je travaille sur Paris et je suis Parisien... CarolinePeux-tu nous parler de ton parcours professionnel et de ton métier? PeterAvec mon bac, j'ai fait un bac STI art appliqué, qui s'appelle STD2A (SCIENCES ET TECHNOLOGIES DU DESIGN ET DES ARTS APPLIQUÉS). Et c'est un bac qui est spécialisé dans le domaine des arts appliqués, qui est un domaine qui regroupe l'architecture, le design, le stylisme ce genre de choses. Et par la suite, j'ai fait une école qui s'appelle Strate école le design qui est une école donc c'est un master spécialisé dans le design industriel, avec une spécialisation en branding et création de marque. Pendant que j'étais dans cette école, j'ai pu faire plusieurs stages. J'ai été dans des entreprises qui ont été très formatrices. Mais j'ai été dans une agence qui s'appelle PINK DESIGN, qui faisait de la cosmétique de luxe pour femmes. C'était mon premier métier, ce qui est assez original. Après, je partais faire du branding et de l'horlogerie en Suisse, chez Dietrich. Chez Emmanuel Dietrich un grand design Français. Et par la suite, j'ai été. J'ai travaillé dans une maison de parfum qui s'appelle Givaudan. Et mon premier métier, mon premier travail en tant que UX designer ça a été chez Antescofo pour l'application Metronaut. Et d'ailleurs c'est toujours mon UX qui est derrière. J'ai fait ça tout juste en sortie de sortie d'école. CarolineAlors justement, tu nous parle de UX. Est ce que tu peux nous expliquer ce que c'est et en quoi consiste ton métier? PeterAlors, mon métier, c'est UX designer. UX ça veut dire eXpérience Utilisateur. Donc, c'est toute l'expérience utilisateur qu'on a sur des produits, sur des services, sur n'importe quelle plateforme. C'est principalement un métier qui est digital, mais ça s'applique très largement à d'autres formes de design. Soit produits, matériel, mobilier ce genre de choses. Mais en l'occurrence, comme on l'appelle en France à l'heure actuelle, UX s'est spécialisée sur les interfaces. CarolineDonc, tu es le dessinateur des sites Web ? PeterOui, en quelque sorte de sorte pour faire simple. CarolineDonc, tu es celui qu'on doit accuser quand on n'arrive pas à cliquer sur un bouton sur le sur un site Internet mobile, par exemple ? PeterOui, exactement exactement. C'est moi qu'il faut blâmer. Si vous n'avez pas compris comment quelque chose fonctionne. c'est moi le responsable dans cette histoire, c'est moi qui n'ai pas fait mon travail. CarolineAlors aujourd'hui, tu travailles chez Oscaro.com ? PeterC'est ça. CarolineEt donc, tu es UX designer à la base, puisque c'est la raison de cette interview. Est ce que tu peux nous parler un peu de tes missions ? Comment se passe une journée dans ton métier, dans ta peau de d'UX Designer chez Oscaro ? PeterTout commence avec ce qu'on appelle le daily, qui en fait un quart d'heure au sein de l'équipe je travail. Pour savoir si tout se passe bien? Qu'est ce qu'on va faire dans la journée, si il y a des points de blocage ou non? Ou si on peut aider les personnes ou pas sur certains sujets ? CarolineAlors, c'est une réunion d'équipe, finalement, avec les développeurs les chefs de produit... PeterQue l'on a tous les matins à 10 heures pendant un quart d'heure. Elle doit rester courte pour qu'on aille à l'essentiel de ce que l'on a à faire la journée. Il ne faut pas qu'on s'étale sur des sujets, etc. il faut rester sommaire. Ensuite généralement, ça commence avec la demande du Product Owner. Il y a un besoin et lui, il arrive à définir un besoin qui soit commercial, de vision d'entreprise, que ce soit technique. Et il vient matérialiser tout ça sous forme d'un problème. Il vient en parler. On se fait une courte réunion, la dessus aussi pour comprendre les enjeux de de son besoin. Enfin, je travaille de mon côté en commençant à faire des recherches sur le marché, sur les utilisateurs, ce qu'on appelle des Users Research et du Benchmark. Mais en clair, je recherche ce qui important par rapport au sujet. Quelles sont les contraintes, quelles vont être les enjeux? Tout ce qu'il peut y avoir autour, tout ce qui gravite, ce qui a déjà été fait ou du moins ce que les utilisateurs attendent déjà, ou vont attendre de la solution qu'on voudrait apporter. Par la suite j'arrive avec des premières maquettes relativement simples pour exprimer à peu près quelle intention j'ai, quelles pistes on a pour solutionner ce problème. Et je l'ai fait challenger par les intégrateurs et développeurs. C'est à dire les ingénieurs en informatique qui viennent challenger mon idée. Et qui viennent me dire si c'est possible ou pas ? Une fois ce que je fais, je continue derrière, en finalisant la maquette, on arrivant généralement à une seule solution, une seule piste viable. Et qui est sensée être du coup, la solution parfaite entre guillemets. Et si elle fait l'unanimité et qu'on n'a pas forcément trop de doute là dessus, ça peut continuer derrière, le Product Owner valide ça, le chef de projet valide ça. Et ça peut continuer derrière vers les développeurs. Si on n'est pas sûr. Moi, j'ai une phase intermédiaire qui peut apparaître, qui s'appelle les tests utilisateurs. Ce que je sais faire, c'est que je vais aller voir des personnes dans la rue. Je vais voir où je vais proposer à des utilisateurs de venir chez Oscaro pour que je puisse les mettre devant la solution et leur demander s'ils ont bien compris ce que je voulais leur montrer ou leur faire faire. CarolineAlors si je résume, le Product Owner s'occupe du fond, l'UX designer s'occupe de la forme et le développeur code tout ça pour mettre le fond et la forme en place ? PeterC'est ça exactement CarolineD'accord, c'est clair. Et alors ça y est, on arrive sur la question Gagne-Pain. Peux tu nous dire combien ça gagne un UX designer ? PeterAlors pour un junior, c'est dans les 35 à 40 K€ bruts. En France du moins. Pour un senior, ça peut monter jusqu'à 50 à 55 K€ relativement facilement. Tant qu'on a une appétence assez forte pour l'UX et qu'on maitrise le sujet. Ça peut avoir beaucoup de valeur pour certaines entreprises. CarolineAlors, tu parles de junior & tu parles de senior. Justement, peux tu nous parler des évolutions possibles de ton métier ? Des passerelles qui sont éventuellement possibles ? Des débouchés quand on est UX designer. Est ce que tu as une idée de qu'est ce qu'on peut faire par la suite & comment on évolue ? PeterOn évolue plus dans une gestion d'équipe et dans la coordination d'équipe ou entre équipes. Du coup, il y a deux pistes possibles, la première, c'est d'être beaucoup plus orienté produit. Donc, c'est à dire de passer ce qu'on appelle product designer ou responsable produit & design. C'est une des premières pistes quand on veut s'accentuer vers le côté services UX. Ou alors l'autre partie, c'est devenir directeur du design, responsable du design dans une entreprise. Et du coup, ça englobe généralement l'UX. Mais ça va aussi englober d'autres métiers, type graphistes ou alors Web Designers. Donc c'est deux pistes possibles qu'on peut avoir dans le métier. CarolineAlors, on entend bien, à travers tes explications, qu'il y a un côté artistique aussi dans ton métier. Quels sont les trois compétences clés à avoir pour être UX designer ? PeterJe pense que pour être UX designer, la première chose, c'est être curieux. Il faut poser les questions, il faut savoir les poser. Dans le sens où il y a à peu près deux composantes majeures dans l'UX, la première c'est connaître les métiers des autres, connaître tout ce qui se passe autour. Donc, il faut connaître et comprendre l'aspect commercial, l'aspect vente et vision de l'entreprise : Il faut que ça rapporte l'argent. Quand on parle pour une entreprise, mais quand c'est pour des associations, c'est au moins quelle est la vocation de l'entreprise, de connaître cette première partie du métier. Et la deuxième partie, c'est connaitre le métier de l'ingénieur, du développeur ou de l'intégrateur. Puisqu'en fait, il ne faut pas leur proposer des solutions impossibles à résoudre. Il faut être capable de leur proposer les bonnes solutions. Donc, il faut connaitre l'entièreté du scope qui nous entoure, c'est à dire une grosse partie de l'entreprise. Il ne faut pas forcément être expert. Il faut pas savoir exactement comment on va le faire dans les détails, mais il faut savoir de manière générale, comment ça marche. Et ça, ça passe surtout par la curiosité. La curiosité c'est le principal. Ca touche aussi la culture art graphique, artistique qu'on peut avoir. CarolineSuivre les tendances, j'imagine ? PeterC'est ça, suivre les tendances, mais aussi connaitre d'où ça vient, d'où vient une tendance. Comprendre pourquoi il y a telle ou telle tendance qui apparaît, ou pourquoi les gens. Pourquoi les utilisateurs tendent vers tel ou tel type d'attente. Il faut être curieux là dessus. C'est plutôt la curiosité sociologique et historique. Mais ça permet de définir l'avenir. C'est avec le passé qu'on définit l'avenir, donc du coup il faut les connaître. CarolineEt par rapport aux tendances, quelles sont celles de 2021 ? Par exemple, quand tu as un client qui arrive, qui te demande un site pour dans deux mois ? Quelles vont être les grandes tendances que tu peux leur conseiller aujourd'hui ? PeterL'une des tendances qui va devenir l'un des plus importantes qu'on a à l'heure actuelle dans le Web. C'est principalement de faire ce qu'on appelle du mobile first. Donc c'est de penser mobile d'abord et après, de penser ordinateur fixe, desktop. Pourquoi? La raison est assez simple, il y a de plus en plus d'utilisateurs sur mobile. C'est accessible de partout. De notre poche. On le fait tous. Tandis qu'un ordinateur, on ne va pas sur tous les sites avec notre ordinateur. On va sur certains sites, on y a beaucoup moins sur certains sites avec votre ordinateur. Donc, le mobile first, c'est une des choses les plus importantes et c'est plus une manière de penser et de concevoir plus que réellement une tendance. Après Bien sûr, avec le fait que beaucoup de gens se mettent à penser, mobile first. Du coup, ça crée une tendance. CarolineAlors, je vous conseille d'aller sur le site mobile d'Oscaro.com. Si c'est pas bon, je vous donnerais les coordonnées qu'il faut contacter. N'hésitez pas... PeterC'est pas cool. C'est l'un des mots d'ordre qu'on a en design chez Oscaro. C'est penser mobile first. Et aussi, c'est vrai, c'est toujours plus facile de concevoir un desktop mobile. Il y a beaucoup plus de contraintes. Il y a plein de formes de device, de tablettes, de tailles d'écran. Et du coup, c'est beaucoup plus compliqué d'arriver avec la bonne solution pour un écran, puisque ça ne va pas fonctionner sur tous les autres écrans. Donc, c'est important d'avoir cette transversalité et d'être capable d'arriver à la solution la plus compacte et la plus efficace. CarolineJustement, peux-tu nous parler des difficultés que tu rencontres dans ton métier. On entend qu'il y a l'adaptation aux tailles d'écran. Est ce qu'il y en a d'autres? PeterOui, il y a tout ce qui est l'adaptation aux nouvelles technologies, surtout dans le Web, c'est en perpétuelle évolution. Et ça dépend énormément des Google (Chrome) des Microsoft (Internet Explorer), de Firefox etc... De toutes ces entreprises qui mettent à jour lors leur navigateur par rapport à leurs technologies pour arriver à plus de fluidité et avoir de meilleures performances. Et il faut être capable d'adapter sa technique derrière et adapter sa technique. Ça veut dire aussi revoir son design système, revoir sa manière de concevoir les solutions sur ses navigateurs. CarolineEt quelle est la tâche que tu préfères faire dans ton métier? Quelle est l'activité, où quand on te dit Peter il faut que tu nous fasse ça, tu fais ouais, trop cool ? PeterMoi, c'est la recherche utilisateur, dans le sens ou c'est ce qui est le plus intéressant. Il faut parler à du monde c'est toujours cool. Parlez à des utilisateurs et c'est là qu'on a les plus belles surprises j'ai envie de dire. En vrai c'est là où tout ce qu'on pense savoir ne l'est pas. Et en fait, chacun a sa manière de penser ou de prendre ou de percevoir un objet ou un produit. Et en l'occurrence c'est quelque chose, si je n'ai pas compris pourquoi il fallait cliquer à cet endroit là pour faire l'action nécessaire. Eh bien, c'est que le design est mauvais et pas que l'utilisateur est mauvais. Donc c'est pour ça qu'il faut vraiment se pencher sur l'utilisateur et savoir qu'est ce qu'il attend, qu'est ce qu'il veut pour le proposer la meilleure solution possible. Et c'est un vrai challenge. C'est vraiment complexe parce que, du coup, l'exemple d'Oscaro, c'est on a 10 millions d'utilisateurs par mois, donc c'est difficile de tous les interviewer tous les mois. C'est a dire qu'ils changent. Donc, on ne peut pas se dire il faut en interviewer 5 et puis ça suffira ? Non, il faut rentrer dans les détails. Il faut regarder de manière quantitative, donc regarder l'entièreté de tout les utilisateurs de manière assez concrète. Et il faut aussi leur poser des questions aller les voir et leur parler ceux qui ont déjà commander chez Oscaro, il faut aller leur demander ce qu'ils ont aimé ou pas aimé, ce qu'ils voudraient voir, ce qu'ils ne voudraient pas avoir et c'est leur poser des questions. Et ça, c'est une chose super intéressant. On apprend à chaque fois qu'on fait ça, on apprend des nouvelles manières de voir et ça remet souvent en cause ce qu'il y a un peu en amont. C'est à dire tout qui est la partie business et tout le besoin, en fait. Il est souvent remis en cause par rapport à ça. Des fois, on va être guidé par la technique, par la technologie. On va dire bon de logistique, on va refaire telle ou telle manière de présenter ou de présenter sur le site puisque c'est plus facile pour nous. Et on va vite se rendre compte que ça pose plus de problèmes à l'utilisateur que ça, que c'est lui a fait gagner. Et là, on risque de détruire toute conversion. Enfin, on risque d'arriver à une mauvaise solution. Donc, il faut reprendre ça dans le contexte utilisateur. CarolineEt comment tu la fait cette recherche d'utilisateurs ? Ou est ce que tu les trouve? PeterBonne question. en réalité je vais souvent dans la rue. J'aime bien le faire avec des gens que je connais plus ou moins. J'aime bien que ce soit pas des gens qui soient réellement dans mon entourage, mais des gens qui sont un peu autour, qui gravitent autour. Parce que ce sont des personnes qui vont vouloir vous écouter, vouloir vous aider. Mais sans forcément être biaisées. Et c'est super intéressant. Et en fait, il y a généralement quand on touche autour de son cercle de connaissances, mais d'utilisateurs, on va tomber sur des cas particuliers, etc. Les personnes qui sont plus âgées, un peu plus jeunes, un peu plus ont plus de facilité ou pas avec les ordinateurs. CarolineTout à l'heure, quand il nous parlait de ta journée type, tu nous expliquais que tu faisais des maquettes, notamment. Est ce que tu peux nous parler des outils que tu utilises dans ton métier ? PeterOui, les outils que j'utilisent c'est généralement Sigma, qui est un des outils les plus utilisés. C'est un logiciel qui permet de créer des maquettes, des maquettes digitales d'interface assez facilement, puisqu'il fonctionne en fait un peu comme Photoshop ou Illustrator pour ceux qui connaissent. Mais il les synthétise d'une autre manière qui est vraiment orienté UX / UI. C'est l'outil principal. Après un carnet, un stylo et de bonnes questions et un bon regard critique, c'est très utile pour aller poser les bonnes questions aux utilisateurs. Et pour tout ce qui est benchmark, connaître ce qui se fait, par rapport à la solution, un navigateur Web suffit largement. Ou alors, quand on parle du web, on utilise un navigateur Web, mais en vrai, c'est n'importe quelle autre solution, est une bonne, est un bon outil pour challenger notre propre vision des choses. CarolineDonc, finalement, c'est un peu des outils qu'on peut utiliser à distance, en télétravail. Est ce que c'est un métier qu'on peut faire en étant à l'autre bout du monde? Il n'y a pas d'obligation d'être à un endroit fixe pour être un UX designer ? PeterExactement. J'ai travaillé plus de 6 mois pour des clients aux Etats-Unis. Et je n'ai eu aucun sujet, je travaillais depuis le haut de la montagne en Auvergne, ça suffisait largement. J'avais tout ce qu'il fallait. J'avais juste un ordinateur, une connexion Internet. Et puis bon, faut se réveiller des horaires différents quand on est à l'autre bout du monde. Mais c'est pas très grave, ça passe. CarolineÇa permet de voyager un peu à distance ? PeterEn quelque sorte, effectivement, en soi, c'est ça les gros avantages. On pourrait travailler un peu n'importe où. Après trouver des utilisateurs, la partie recherche utilisateurs, ce qu'on appelle la recherche qualitative, c'est a dire poser des questions réellement aux personnes... Quand le sujet est très local, il vaut mieux être dans les parages. Il vaut mieux poser aux vrais utilisateurs et pas à des potentiels utilisateurs. Dans une autre langue, avec une culture. Il vaut mieux rester à peu près dans la même zone. Mais ça reste en soi largement largement réalisable puisqu'en fait il faut juste poser le problème de manière un peu différente quand on est à l'étranger. Mais peu, on peut trouver des réponses à nos questions. Mais l'idéal, c'est d'être avec les vrais utilisateurs, des vraies personnes. CarolineEt alors, est ce que l'UX design pour des clients américains c'est la même chose que l'UX design pour des clients français ? PeterOuais complètement. L'UX design, c'est un métier très jeune qui date de l'arrivée du Web. Avant on appelait ça des web designer, après, ça a été séparé entre Web Designer, UI et UX. Donc c'est effectivement un métier qui est très jeune. Donc ça vient des États-Unis principalement. En fait, c'est la Silicon Valley qui a développé toute cette partie là, donc ça s'est transmis à travers le monde en quelques dizaines d'années. CarolineÇa s'est mondialisé de manière à peu près identique partout ? PeterExactement. Et c'est la seule chose qui est intrinsèque à n'importe quelle solution créative, c'est la culture. La culture, c'est quelque chose de proche et de propre à l'utilisateur. En fait, c'est ce qui va s'attendre, à avoir. Pour certaines cultures, la couleur va pouvoir symboliser certaines choses et du coup, il va falloir mieux éviter cette couleur et plutôt utiliser d'autres. Donc, il faut prendre en compte ces éléments là. Il faut juste être au courant de tous ces éléments culturels, sociologiques qui sont intrinsèques aux utilisateurs et pouvoir les prendre en compte dans la solution et arriver avec la bonne solution pour ne pas les frustrer. CarolinePeux tu nous parler de la différence entre un UX designer et un UI designer (I pour interface) ? PeterVoilà, c'est ça. UX designer va être beaucoup plus orienté sur les recherches utilisateurs, sur qui est l'utilisateur ? Qu'est ce qu'il fait, qu'est ce qu'il attend? Pourquoi utiliser le service ou le produit. Tandis que l'UI designer, User Interface. Celui ci va beaucoup plus se baser sur la partie esthétique et visuelle de la solution. CarolineOK, est ce que tu aurais un livre, un site Internet, une formation à nous recommander pour en savoir plus sur l'UX design ? PeterPour tout ce qui est de l'UX design en tant que tel. En réalité, il y a beaucoup d'articles qui existent sur Medium ou il  y en a un peu sur Linkedin en  français, Si vous n'êtes pas forcément très anglophone, mais Médium est une bonne base pour connaître ce qui se passe sur le UX. Après, il y a des formations qui existent. Moi, je n'en ai jamais fait puisque du coup, j'ai fait un master assez poussé déjà sur le design ou ça permet un peu d'éviter ce genre de choses. c'est a vous de les chercher en soi. Regardez un peu les critiques qu'il peut y avoir dessus. Moi, je connais pas particulièrement sur l'UX en particulier. Après sur le design de manière général, effectivement, il y a de très bonnes écoles, Strate. Est une super école qui fonctionnent comme le Bauhaus. Pour ceux qui s'y connaissent un peu, qui est extrêmement philosophique et très posé sur l'ouverture d'esprit. Donc très porté sur l'ouverture d'esprit. Donc, c'est un bon moyen d'en apprendre plus sur le design de manière générale. Et il y a un  très bon livre qui existe sur comment le design fonctionne et d'où vient le design et quelles ont été les évolutions qu'il peut y avoir dans les 50 dernières années. Et l'un des exemples qui donne, c'est quand vous arrivez devant une porte et que vous ne savez pas comment elle s'ouvre. C'est pas vous qui êtes stupide, c'est le design qui est très mal fait. CarolineAu moins au moins, c'est clair. Et tout a l'air de nous parler de Médium au niveau des sources, pour découvrir l'UX design. Est ce qu'il faut être obligatoirement bilingue anglais pour faire ton métier ? PeterCe n'est pas nécessaire puisque, en l'occurrence en France, on est très porté sur la langue française. Mais c'est un plus. Moi, je pense qu'en général, c'est un plus de parler au moins une ou deux autres langues. Donc ça permet d'avoir des informations qui viennent du bout du monde, d'apprendre ce qui se passe chez les entreprises qui dépensent des millions, voire des milliards, tous les ans pour améliorer leur UX. Sans parler des GAFA. Mais si vous voulez en savoir plus vraiment, c'est il y a quelques Français qui rapportent ce qui se passe ou ce qu'ils apprennent dans ces entreprises là, on aurait les plus grosses sources d'information pour tuer un peu l'incertitude, c'est toutes les personnes qui travaillent dans ces entreprises là. Tous les GAFA Google, Apple, Facebook, Amazon. Ils ont des recherches utilisateurs qui sont extrêmement poussées, avec des budgets quasi illimité. Donc ils en  apprennent beaucoup plus et plus vite que nous. CarolineEt pour terminer, cette interview a un conseil à donner à toutes les personnes qui aimeraient faire ton métier ? PeterUn conseil, la curiosité. Renseignez vous et regardez que c'est un super métier. Je décris assez souvent mon métier comme quoi on me  paye encore à dessiner (alors que je le faisais en cours et que je faisais des heures de colle pour ça). Mais c'est un métier qui est créatif et qui nous laisse énormément de liberté. Si on a les moyens de s'exprimer, on a la liberté de penser ce que l'on veut d'une solution et d'apporter quelque chose de meilleur dans le monde. Donc, c'est un des rares métiers, je pense avoir cette opportunité là. Et les contraintes sont suffisamment légères pour ne pas être totalement enfermé créativement. CarolineTrès bien. Merci beaucoup, Peter. À bientôt. PeterA bientôt. Merci. L'épisode 4 du Gagne-Pain, métier "UX Designer", est également disponible sur : ### Product Operations Manager – Servane Garcia Épisode 3 : Servane Garcia, POM (Product Operations Manager) chez Sublime. Dans ce troisième épisode, nous recevons Servane Garcia, POM (responsable des opérations) chez Sublime. Nous allons découvrir les missions de ce métier mystérieux pour beaucoup d'entre nous ! Merci à Servane pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Servane Garcia – Profil Linkedin Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 3 : BertrandBonjour et bienvenue dans l'épisode 3 du Gagne-Pain. Aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir Servane. Bonjour Servane. ServaneBonjour Bertrand BertrandServane va nous parler de son métier de Product Operations Manager. Et on est très impatient de découvrir ça. Parce que c'est un métier un peu mystérieux sur lequel on va essayer de faire toute la lumière. Servane, est ce que tu peux d'abord te décrire en quelques mots? ServaneJe m'appelle Servane. J'ai 28 ans, j'ai grandi en région parisienne. J'habite toujours Paris et j'ai fait mes études à Angers. BertrandEst ce que tu peux nous décrire aussi en quelques mots ton parcours professionnel avant le métier que tu exerce aujourd'hui? ServaneAlors, j'ai fait une école de commerce où j'ai eu l'occasion de faire pas mal de stages longs de six mois. J'ai fait un premier stage en agence média Publicis. Ensuite, j'ai fait un second stage à l'étranger, à Hong-Kong, dans une entreprise de vêtements où là j'étais plus sur le marketing et les sales. Je suis rentrée à Paris, j'ai fait un autre stage encore dans une entreprise de street food. Ensuite, à partir de là, j'ai décidé de reprendre une spécialisations en digital. Ça m'a permis de trouver une alternance et d'arriver chez Sublime. BertrandC'est cette spécialisation digitale qui a permis d'exercer ce métier aujourd'hui chez sublime ? ServaneOui exactement. BertrandTu es Product Operations Manager chez Sublime. Est ce que tu peux nous dire deux mots sur l'entreprise dans laquelle tu travailles ? ServaneSublime, c'est un spécialiste de format et de l'expérience digitale impactante. On travaille avec des agences médias et des annonceurs, pour lesquels on crée ces expériences publicitaires et on les diffusent à travers un réseau de sites partenaires premium. BertrandC'est une entreprise de l'AdTech ? Servane Exactement BertrandQu'est ce que tu fais quotidiennement dans ce métier de Product Operations Manager ? Est ce que tu peux nous nous décrire ça ? ServaneAlors le métier de Product Operations Manager. Je dirais qu'on a trois casquettes. Une premier casquettes qui serait support aux équipes business métier. Une autre casquette qui est plus chef de projet. Et enfin une autre qui est plus sur la communication. BertrandÇa veut dire que tu es un peu à la croisée des chemins pour guider l'entreprise ? ServaneExactement le Product Operations Manager il parle avec toutes les équipes. Que ce soit produit, Tech, marketing, sales et opérations. BertrandCa veut dire qu'il faut aussi savoir parler un peu le langage des "Techos", ce qui n'est pas toujours évident ? ServaneExactement il faut pouvoir expliquer des choses, peut être un petit peu plus complexe a des gens qui ne sont pas techniques. Il faut avoir cet esprit pédagogue et adapter un peu son discours à son interlocuteur. BertrandSi on veut rentrer dans le métier de Product Operations Manager (POM). Qu'est ce qui se passe au quotidien? Qu'est ce que tu fais tous les jours? C'est quoi une journée type? Comment ça se passe? ServaneAlors pour la casquette support. On a ce qu'on appelle un service desk. C'est une plateforme sur laquelle les différentes équipes, que ce soit sales, opération, publisher, viennent créer ce qu'on appelle des tickets des requêtes. Soit sur des bugs qu'ils ont rencontrés en utilisant des produits, soit des demandes pour voir des améliorations sur tel ou tel produit ou tel ou tel process. BertrandPour faire évoluer le produit globalement et le produit chez toi, ça se matérialise par quoi? C'est quoi le produit dont tu t'occupes? ServaneAlors chez Sublime on diffuse des formats publicitaires sur des sites. Le produit en tant que tel c'est un tag qui est posé sur des sites éditeurs. Ensuite, on vend également toute une panoplie de formats et d'offres qu'on vend à destination des agences et des annonceurs en direct. Le produit, ça peut aussi se matérialiser par les différents formats qu'on vend. BertrandQuand on a parlé tout à l'heure de ton métier, tu m'as dit qu'il y avait trois casquettes dans le métier de Product Operations Manager. Est ce que tu peux nous dire quels sont ces trois casquettes? ServaneIl y a une première casquette de support aux équipes Business. Ensuite il y a une casquette plus chef de projet et enfin une casquette plus communication. BertrandOK sur la casquette support, tu es en relation avec qui et comment ça se passe ? ServaneSur la partie support, c'est donc les équipes business qui vont me pousser des bugs par exemple. Ça peut être très varié. Des bugs sur des produit qu'ils utilisent. BertrandDes Bugs techniques ? ServaneOui, des choses comme, une compagnie qui va mal performer, un problème de stat qui ne remonte pas correctement, ce genre de choses et je vais essayer de les résoudre. Moi même, si c'est relativement accessible, je vais résoudre le bug. Si ça nécessite des développements de nouvelles choses je vais vous pousser un ticket à la Tech. BertrandEt après, tu m'a dit qu'il y avait une casquette chef de projet ? ServaneOui, chaque début d'année et de trimestre, on établit ce qu'on appelle une Road Map. La Road Map produit, ça va être la feuille de route de l'année et du trimestre. Sur les projets à prioriser, on a effectivement une road map qui est propre aux POM en plus de la road map Tech. Dans l'équipe on est trois, on va donc ce dispatcher les différents projets. Et donc on va mettre tout en œuvre pour amener ces projets à terme à la fin du trimestre. BertrandDans la casquette de chef de projet tu vas conduire des projets tout au long de l'année et tu vas animer les équipes, c'est comme ça que ça se passe ? ServaneExactement. Ca peut être la rédaction d'une nouvelle offre commerciale. La première partie ca va être de récupérer les besoins. Aller interviewer peut être des clients directement en agence ou les commerciaux avec qui les clients sont en contact sont tout les jours. Ensuite rédaction des spécificités technique si il en a, ce genre de chose. Et ensuite ça peut être pour une offre commerciale, par exemple, de travailler avec le marketing pour bien nommer les choses. Et permettre aux commerciaux de présenter correctement l'offre. BertrandSur la casquette de chef de projet, ce que tu peux nous raconter, comment ça se passe? ServaneJe prends un exemple, le projet être la création d'une nouvelle offre commerciale. Donc il va y avoir une partie récupération des besoins. Donc je vais aller interviewer des clients ou les commerciaux qui parlent avec les clients tous les jours pour savoir quels sont les nouveaux besoins sur cette offre. Ensuite, il y a toute la partie de rédaction de l'offre. Je vais travailler souvent avec peut être le marketing qui va m'aider a expliquer l'offre et l'intégrée dans la présentation commerciale. pour qu'ensuite les commerciaux puissent la vendre correctement. BertrandDonc c'est dans cette partie chef de projet que tu es un peu à la croisée des chemins des différents services de l'entreprise. Servane Exactement BertrandSur la casquette communication, est ce que tu peux expliquer quelle est ta mission, quelles sont tes missions sur la partie communication ? ServaneSur la communication, donc une de mes missions, c'est de créer de la documentation interne. Ça permet, par exemple, pour le lancement d'un nouveau produit. On va évidemment décrire les différentes fonctionnalités, les différents process pour utilisé ce produit par exemple. BertrandEt ces communications, elles sont à destination des équipes de l'entreprise. ServaneOui exactement. BertrandOK, ça me semble très clair. Quelles sont les compétences dont il faut faire preuve pour pouvoir faire ce métier? Quelles sont les compétences qui te semblent essentielles? ServaneJe pense qu'il faut avoir un bon relationnel, parce qu'on parle avec toutes les équipes. Il faut savoir être à l'écoute et pédagogue quant on explique les choses. Savoir se mettre au niveau de l'interlocuteur avec qui on parle. BertrandEst ce qu'on a besoin de notions techniques pour faire ce job? ServaneJe dirais que oui, on n'a pas besoin d'être technique en soi. Par exemple le SQ peut-être utile de savoir faire quelques requêtes en base de données. On ne vous demande pas d'être un data analyst ou un pro du SQL. Mais pouvoir requêter soi même quand on a besoin de résoudre un ticket ou un bug ça peut-être utile. BertrandOn a parlé dans les compétences des connaissances sur les différentes méthodes agiles. Est ce que c'est utile et important pour les gens qui nous écoutent et qui voudraient faire ton métier de product operation manager? ServaneOui, je pense que c'est important de connaître l'agilité et les grands principes. Savoir comment s'organise une équipe technique. D'une part, parce qu'on travaille avec eux quotidiennement et d'autre part parce qu'on a aussi besoin, quand on a des besoins clients qui arrivent par le biais du support, de savoir comment rédiger ce qu'on appelle une user story, c'est vraiment le besoin de l'utilisateur. Et de le transformer en quelque chose de plus rédigé pour que la tech puisse ensuite s'approprier le ticket. BertrandDonc, ceux qui nous écoutent et qui auraient besoin d'acquérir ces compétences de gestion de projet agile, qu'est ce qu'ils faut qu'ils fassent? ServaneIl y a plein de choses et plein de documentation sur Internet là dessus. Je pense par exemple a une entreprise qui s'appelle Product Plan (https://www.productplan.com/). Sur son site internet, on peut trouver des guides sur le Product Management, sur comment rédiger une road map, plein de choses comme ça, comment prioriser différent projet. C'est très intéressant et je pense que c'est bien de commencer par là et de ce renseigner Bertrandil y a aussi des certifications sur ces sujets. Est ce qu'elles sont utiles, nécessaires? Est-ce qu'elles peuvent apporter un plus? ServaneIl y a des certifications, par exemple sur le métier de Product Owner, sur le métier Product Operation Manager, c'est pas vraiment utile, mais c'est un plus je pense. BertrandQuelles sont les principales difficultés que tu as rencontrées en faisant ce métier? Est ce que tu peux en décrire une, par exemple, qui serait un peu emblématique des difficultés que tu as rencontrées sur ce métier? ServaneJ'étais d'abord, avant d'être POM, j'étais aux opérations. Je mettais en ligne toutes les campagnes, et je n'ai pas un background technique très poussé. Donc pour moi, la grande difficulté que j'ai rencontrer dans ce métier ça a été de me remettre à apprendre des choses comme le SQL, différents langages de codes. Pour que j'arrive un peu à déchiffrer le langage de code. BertrandCa veut dire quelle langage de code ? ServaneHTML par exemple, JavaScript? BertrandD'accord, donc les langages de code classiques. Et ça aussi, ça peut être utile de se former, d'apprendre avant de vouloir faire ce métier ? ServaneJe ne suis pas certaine que ce soit très utile de savoir coder et que ce soit très utile de se former vraiment avant de faire ce métier. Après ce sont des choses qu'on apprend sur le tas. Notamment le SQL c'est en faisant des requêtes qu'on comprends comment s'améliorer. BertrandServane, est ce que tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce métier et comment ça s'est passé, ce choix de métier? ServaneComme je disais au début, je suis resté presque trois ans dans le métier de ad opération. C'est très intéressant, mais voilà, au bout de trois ans, j'avais un peu fait le tours de la question, je souhaitais un peu évolué. On m'a redirigée vers ça en interne. J'aimais bien déjà quand j'étais au opérations me former un peu aux choses techniques. J'aimais bien comprend un peu ce qu'il y a sous le capot. Et voilà ça c'est un peu présenter a moi comme ça. BertrandEt est ce que tu avais déjà entendu parler de ce métier avant de le faire ? Est ce que tu en avais déjà une idée ? Est ce que ça a été une découverte ? ServaneDu coup, je travaillais souvent avec les product operation qui était là avant moi. Puisque quand j'étais aux opérations, j'étais client moi-même puisque je remonte des bugs et je faisais des demandes de nouvelles fonctionnalités. Je travaillais en collaboration avec des POM. Mais oui, j'ai découvert toute l'étendue du métier en le faisant, je pensais que c'était très limité le support. En fait, c'est beaucoup plus que ça. BertrandEn fait, tu n'avais pas une connaissance très précise, si ce n'est avoir travaillé déjà avec un POM dans l'entreprise ? Servane Exactement. BertrandOK, quelle est la tâche quotidienne qui te plaît le moins et a contrario, quelle est celle qui te plait le plus? ServaneC'est un peu bizarre ce que je vais dire, mais c'est un peu la même tâche. Le support, c'est quelque chose que j'adore faire. parce que c'est aussi rendre service, s'intéresser aux problème que rencontre les utilisateurs. Et en même temps parfois c'est quelque chose que j'aime le moins faire. Parce que ça peut être redondant. Il peut y avoir des mêmes tickets qui sortent une semaine après l'autre avec les mêmes questions. Ça peut être frustrant de travailler sur les mêmes sujets. BertrandAlors attention, QGP la question Gagne-Pain. Combien ça gagne un product opération manager? ServaneMoi, j'ai vécu qu'une seule expérience chez Sublime uniquement. Donc je vais, pour ma part, je pense qu'un ça doit gagner entre 40 et 45 K€. Puis une expérience peu plus longue, je dirais plutôt entre 45 et 55 K€. BertrandQuelles sont les perspectives d'évolutions dans le métier. Est ce qu'il y a évidemment une perspective en termes d'évolution de management, est ce qu'il y a d'autres perspectives d'évolutions ? ServaneJe pense qu'il y en a une verticalement, c'est être manager d'une équipe de POM. Je pense que ça peut être assez facile d'avoir des passerelles pour faire des métiers du produit comme par exemple Product Owner ou Product Manager. BertrandEst-ce une journée type? Comment ça se passe? Tu arrives le matin, il y a des choses à faire, des outils à consulter. Est ce qu'il y a une petite routine qui s'installe, comment ça s'organiser une journée de POM ? ServaneIl n'y a pas vraiment de journée type dans le sens où on ne fait pas toujours la même chose tous les jours. Après effectivement il y a une petite routine. Le matin, j'arrive je lis énormément de newsletter sur le marché et sur les produits également... BertrandÇa c'est la veille concurrentielle qui est importante dans ce métier. ServaneOui parce que l'AdTech c'est un écosystème qui évolue très vite, et donc c'est très important de ce tenir au courant des dernières choses qui sortent sur le marché. J'ai une grosse partie veille. Ensuite j'ai des dashboard, que je regarde beaucoup qui vont me donner des indications sur le business, notamment sur des offres que l'on a lancées. Ca peut être suivre le revenus d'une certaines offre, différentes statistiques pour voir que tout fonctionne et qu'il n'y a pas de soucis. BertrandDonc de la veille, des tableaux de bord. Est-ce qu'il y a d'autres choses routinières qui arrivent, ou après est ce qu'on est à chaque fois dans l'inconnu, des choses qui arrivent sans qu'elles soient prévues ? ServaneAprès en général, je vais aller faire un tour sur mon supports. Voir quels sont les tickets les plus urgent à résoudre. Si Il y a des choses sur lesquelles on a prit du retard ou pas. Ca peut être un premier check ensuite, j'y retrouve plusieurs fois dans la journée parce qu'on des alertes a chaque fois qu'un ticket est crée. BertrandEt dans tes routines, tu vas retrouver les trois casquettes dont on parlait tout à l'heure, c'est à dire à la fois la partie support, à la partie chef de projet et la partie communication ? ServaneOui quasiment, on travail sur la partie communication sur Slack en interne. Il y a une partie qui va être l'animation de chanel avec les équipes, c'est un espèce de groupe avec certaines équipes business. Ça va être animé ces chanels là, en expliquant les nouvelles fonctionnalités qui viennent de sortir des choses comme ça. BertrandEst ce que l'anglais est important ? J'ai vu que dans ton CV, l'anglais était assez bien placé avec une bonne maîtrise. Est ce que l'anglais est important pour faire ce job de POM ? ServaneJe pense que oui. D'une part, parce que toutes les communications qu'on fait sont en anglais. La documentation que l'on produit en interne et même les présentations qu'on peu faire à nos équipes sont majoritairement en anglais. Aussi parce que Sublime est une entreprise international et que forcement on force l'anglais au maximum pour que tout le monde puisse consulter les même documentations. Même au niveau du service desk, quand on demande aux utilisateurs de créer des tickets on leur demande de la faire en anglais. Pour que les autres équipes dans les autres pays puissent aussi consulter les ticket voir ce qui a été créer et tout ça. BertrandÇa veut dire que tu parles, tu rédiges, tu écris des spécifications, tout ça en anglais ? ServaneOui exactement BertrandL'Espagnol est aussi visiblement important dans tes connaissances. Est ce que tu l'utilises professionnellement ou pas du tout ? Servane Pas du tout. BertrandC'est juste personnel. Servane Est-ce qu'il y a des échecs qui ont permis d'avancer ? ServaneJe n'appellerais pas ça des échecs, mais effectivement, parfois, on rencontre des difficultés, a manager un projet. Ça m'a permis de mieux cadrer les choses maintenant. Je sais qu'il faut que je sois plus rigoureuse, plus organisée dans la gestion du projet et avec les différentes personnes avec qui j'échange. BertrandEst-ce qu'il y a des bonnes formations ou des formations en ligne qui permettent d'arriver, pour se préparer au mieux à ce métier de product operation manager ? ServaneQuand j'ai commencé, j'ai fait beaucoup de formations en ligne, notamment sur un site qui s'appelle Openclasserooms qui propose de cours gratuites. J'ai pu me former comme ça sur le SQL, sur le JavaScript et sur le HTML. BertrandDonc, tu recommande la formation en ligne pour pouvoir améliorer ses compétences et postuler sur ce job ? ServaneOui tout a fait BertrandAlors maintenant, la question porte sur le mode de vie. Comment ça se passe, la vie d'un Product Opération Manager ? Comment ça se passe, globalement, est ce qu'il y a des déplacements, est ce qu'on a besoin de d'aller voir des clients? Et puis aujourd'hui, clairement, est ce qu'on fait 100 % de télétravail ou est ce qu'on a aussi besoin de se rendre au bureau, dans les conditions actuelles ? ServaneIl y a un ans j'aurais fait une réponse tout a fait différente, puisque on faisait peu de télétravail. Aujourd'hui, c'est devenu la norme. J'essaie quand même d'aller au travail, une fois par semaine. pour maintenir un peu le lien avec les collègues et changer un peu d'air. Tout est faisable en télétravail. En terme de déplacement, ça peut arriver, effectivement, qu'on fasse des meetings avec des clients parce qu'on va expliqué un nouveau produit qui vient de sortir et que le commercial n'est pas forcément à l'aise avec les aspects techniques du produits. Et ensuite, c'est peut être aussi participer à des conférences. Bertrand Du métier. ServaneDu métier. Oui tout a fait de l'Ad tech sur différents sujets... BertrandEst-ce que les déplacements se passent à proximité en région parisienne ou est ce qu'il y a aussi des déplacements à l'étranger, comment se passent les déplacements d'un POM ? ServaneEn général, les déplacements chez les clients qui se passent soit sur Paris, soit en région parisienne. Personnellement, je n'ai pas fait de déplacement en dehors de la France. BertrandQuels seraient tes conseils à ceux qui nous écoutent et qui auraient envie de faire le métier de POM ? ServaneJe pense qu'il faut être curieux, il faut un peu connaître plein de choses, notamment sur l'agilité, par exemple, sur la gestion de projet. Mais je pense qu'il faut aussi être aussi ouvert, curieux et quand même organisé parce, qu'il faut savoir gérer plusieurs casquettes et plusieurs projet en même temps... BertrandOn parlait aussi de gestion d'équipe, donc il y a quand même aussi à gérer des équipes différentes avec des profils différents. Est ce que ça nécessite des compétences spécifiques ? ServaneJe pense qu'il faut être à l'écoute. Avoir un bon relationnel en générale pour pouvoir parler à toutes les personnes au sein de l'entreprise. BertrandPas être tout seul dans sa bulle... ServaneOui tout a fait. BertrandServane, est ce que tu pourrais nous nous conseiller des choses à faire pour avancer vers ce métier de Product Opération Manager ? ServaneJe pourrais conseiller de lire, par exemple, les différents guides qu'il y a sur le site Product Plan qui permettent d'appréhender qu'est ce que c'est le produit, comment ça fonctionne ? Comment on travail ? Quelle méthodologie ? BertrandDonc Product Plan et ça, on trouve ça facilement sur Internet. ServaneOn peu télécharger en les PDF. BertrandD'accord, il y a des tutos en vidéo ? ServaneNon, il n'y a pas de tutos en vidéo... BertrandC'est surtout de l'écrit ? ServaneC'est bien fait en plus puisque ce sont des cas d'une entreprise fictive sur laquelle on s'appuie pour expliquer les différentes théories. BertrandMerci Servane, est ce que tu voudrais ajouter quelque chose à l'intention de ceux qui nous écoutent et qui souhaiteraient devenir POM ? ServaneJe vous encourage à vous lancer. Ceux sont des métiers qui recrutent, qui se développent de plus en plus. On le voit beaucoup sur LinkedIn, ceux sont des métiers qui sont en plein développement. BertrandDonc beaucoup de perspectives de développement. Et puis, une petite dernière question pour toi, c'est quoi les évolutions? Comment tu vois les évolutions pour toi? ServaneAlors ce serait soit verticalement d'être manager d'une équipe. Soit je pense que c'est assez facile de faire la passerelle sur des métier d'équipe produit comme Product Owner par exemple ou Product Manager. BertrandMerci beaucoup, Servane, merci pour ce temps. Servane Merci a toi. L'épisode 3 du Gagne-Pain, métier "Product Operations Manager", est également disponible sur : ### SEO Manager – Florian Painset Florian Painset, SEO Manager chez Eskimoz. Dans ce deuxième épisode, nous recevons Florian Painset, SEO Manager chez Eskimoz. Nous allons découvrir les rouages et les coulisses de ce métier passionnant et évolutif ! Merci à Florian, pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invité : Florian Painset – Profil Linkedin Interview faite par : Caroline Bibré - Profil LinkedIn La retranscription : CarolineAujourd'hui, nous accueillons Florian Painset, SEO Manager. Bonjour Florian. FlorianBonjour Caroline CarolinePeux-tu te présenter en quelques mots? FlorianJe m'appelle Florian PAINSET. J'ai 25 ans. Je suis originaire de région parisienne et je travaille actuellement en région parisienne chez Eskimoz. CarolineEst ce que tu peux nous parler de ton parcours professionnel, de tes études ? FlorianBien sûr. Alors j'ai commencé, j'ai passé mon bac S et ensuite j'ai enchaîné avec une école de commerce post-bac. Un cursus assez généraliste sur les premières années. J'ai eu l'opportunité de partir un an en Nouvelle-Zélande pour faire ma troisième année et dernière année de bachelor. Et à mon retour, j'avais un peu changé de vision sur la spécialisation que je voulais. Et du coup, j'ai essayé de partir sur le digital business qui m'a permis de faire mon master sur deux ans et de m'orienter aujourd'hui sur les métiers du digital. CarolineEt donc, aujourd'hui, peux tu nous présenter ton métier de SEO Manager, ton entreprise? Ce que tu fais exactement? FlorianAlors, je suis SEO Manager. En d'autres termes, c'est responsable de référencement naturel chez Eskimoz, qui est une agence de référencement naturel sur Paris, mais pas que. Et le but de mon métier, ça va être de donner de la visibilité aux sites web de nos différents clients en les positionnant le plus haut possible sur Google. CarolineAlors, en parlant de SEO Manager, est ce que tu peux nous expliquer en deux mots? Qu'est ce que le SEO? FlorianLe SEO, c'est les abréviations de Search Engine Optimization en langage un peu plus français c'est l'optimisation du référencement naturel. Si on prend un exemple assez simple, ça va être quels sont les procédés, quelles sont les optimisations possibles pour que quand va être une recherche précise sur Internet, on trouve le site qui nous appartient pour maximiser nos ventes, notre visibilité, etc. CarolineAlors, notamment aujourd'hui, quels sont les critères à prendre en compte  justement pour être bien référencé quand on a un site Internet ? sur quels critères tu travail ? FlorianIl y a plusieurs piliers dans le SEO. Souvent, on va dire qu'il y a trois piliers qui vont être la technique, la sémantique et la popularité, l'autorité d'un site web. On n'a jamais eu les critères exacts parce que l'idée du SEO, c'est de déchiffrer l'algorithme de Google. Donc, essayer de faire des interprétations sur ce qu'il aime et ce qui va favoriser notre bon positionnement. La technique, ça va être vraiment toucher au code du site, aux temps de chargement, ce genre de pratique. La sémantique, ça va proposer un contenu qui va être à la fois agréable pour le lecteur, mais également pour Google et ses robots. Et l'autorité popularité d'un site, c'est la notoriété pure d'un site Web. Est ce que d'autres sites vont parler de notre site? Voilà tout ce genre de procédés. CarolineTrès bien. Pourquoi a tu choisi le métier de SEO Manager? FlorianAlors, pourquoi le métier SEO Manager. Moi, c'est par ma nature. Je pense que j'aime bien ne pas m'enterrer dans une routine. Et le SEO, c'est vraiment un métier qui n'est pas routinier, dans le sens que on est tout le temps dans une notion de recherche, d'interprétation. Et le moment où on pourrait croire qu'on trouve la solution et qu'on va réussir à devancer Google et à faire un site qui répond exactement à ce qu'il veut. C'est là ou vu qu'on est dépendant de Google, il va se mettre à changer les choses et le travail va recommencer en se disant il a changé, mon site ne se positionne plus comme avant. Il faut que je retrouve les bonnes pratiques et que je teste plein de choses. CarolineDonc, dans les compétences requises pour faire ton job. Très clairement, il faut être très curieux, faire régulièrement de la veille concurrentielle. Quels sont les autres compétences indispensables pour être un bon ou une bonne et SEO Manager? FlorianAlors, c'est vrai que la veille, c'est un pilier de notre métier, dans le sens que on est obligé de faire attention à tout ce qui se dit, tout ce qui se fait et tout ce qui se test. Les autres compétences, je pense, qui sont assez importantes. Et c'est là où notre métier, il est vraiment vraiment large. C'est que je pense qu'il n'y a pas un profil pour faire du SEO. On va retrouver des profils qui sont beaucoup plus techniques et qui ont peut être un background un peu plus développeur qui, vraiment, savent toucher au code. On va avoir des profils beaucoup plus sémantiques. Qui veut qui eux vont être expert de la notion d'écriture, de rédaction. Et puis, on va voir des profils peut être un peu plus bon dans tout ce qui va être la gestion de partenariats, la gestion d'un client et qui auront d'autres forces à proposer. Et en fait, l'idée du SEO je pense essayer d'avoir un combiné de ces trois notions sans forcément être expert sur chacune d'elles. Mais avec un bon taux de connaissance sur chacune, on peut vraiment exercer le métier le plus le mieux possible. CarolineD'accord. Quelles difficultés as tu déjà rencontrées dans ton métier? FlorianLa difficulté principale et je pense que c'est très lié au fait que moi, je travaille en agence et que dans le SEO faut différencier les agences et les annonceurs. C'est que nous, en tant qu'expert du métier, on sait que c'est un travail qui prend du temps. Que ce n'est pas comparable a ce qu'on peut entendre sur le SEA (référencement payant) où l'objectif est du retour sur investissement direct. CarolineLe SEA étant le référencement payant sur Google? FlorianExactement. Le SEO, lui, va prendre beaucoup plus de temps. Et ça, c'est une difficulté qui, parfois, nos clients ont du mal à comprendre et vont être un peu impatients. Je comprends quand on paye une prestation, on a envie d'avoir des résultats tout de suite, mais voilà. Le SEO, c'est vraiment un travail sur le long terme et il faut voir que les bénéfices. Une fois qu'on aura un SEO qui est vraiment puissant, on pourra peut être se dire qu'on capitalise sur tout ce qu'on a fait auparavant et qu'on peut réduire nos coûts sur les autres leviers d'acquisition, par exemple. CarolineIl faut souvent combien de temps pour voir les premiers résultats. Quand tu déploies une campagne de SEO ? FlorianAlors ça va dépendre de plein de choses. Pour moi, ça va dépendre de la taille du site sur lequel il travaille, son ancienneté, le travail SEO qui aurait pu être fait auparavant. Mais voila, je pense qu'en étant assez honnête vis à vis de son client, si on lui annonce des premiers résultats au bout de 3 mois, on est dans le vrai. Des bons résultats pourront arriver un peu plus tard. Mais souvent, on a tendance à dire, voilà l'idée, c'est de faire un point d'étape au bout de 6 mois. Et dans 6 mois, il y aura forcément des perspectives d'amélioration sur ton site. CarolineTrès bien. Est ce que tu peux nous raconter quelle est ta journée type ? FlorianAlors la journée type d'un SEO, c'est assez assez difficile à expliquer dans le sens que je pense qu'il n'y en a pas. Du fait que l'on travail plusieurs clients. Je pense qu'il y a peut être quelques tâches qui sont assez quotidiennes et qu'on refait tous les jours. Moi, je sais que la première tâche que je fais le matin, c'est de venir checker tous les positionnements de mes sites pour lesquels je travaille et m'assurer que il n'y a pas eu une modification de position. Mais après, au delà de ça, vu qu'on va travailler pour plein de sites et que l'univers Web peut être vite bousculé. On est un peu aussi dans l'expectative d'avoir un client qui va nous appeler nous dire Bah voilà, mon site, il est complètement HS aujourd'hui et donc ça bouscule un peu le planning qu'on avait prévu. CarolineD'accord, donc. Finalement, il n'y a pas tant de routine que ça. FlorianIl n'y a pas de routine parce que chaque client est différent. On va travailler dans des univers totalement différents, sur des termes de recherche totalement différents. Peut être la chose routinière qu'on va pouvoir dire, c'est sur le process. C'est à dire que le process, ça va être de faire des audits. Puis allez trouver toutes les toutes les erreurs, si je puis dire, du site de notre client. Et derrière, élaborer la stratégie, mais vu que cette dernière va être différente à chaque fois. Pour moi, le métier n'est pas très routinier. CarolineEt alors, quelle est la tâche que tu préfères dans ton métier et quelle est au contraire celle qui est la plus barbante à ton sens? FlorianAlors la tâche que je préfère et je pense que c'est encore une fois par ma nature. C'est la phase d'audit. Aller creuser vraiment le site. Et en fait, c'est peut être la phase que le client n'aime pas. Parce que on le met face à la réalité de lui dire que son site ne va pas, que cette pratique là, qu'il pensait excellente en fait, n'est pas du tout lié à un bon positionnement SEO. CarolineEt il y à l'ego qui peut en prendre un petit un coup. ? FlorianVoilà, ça, c'est vraiment la partie que je préfère et derrière lui, définir sa stratégie. Les parties peut être un peu plus, on va dire moins appréciée dans le métier. Moi, c'est vraiment la partie qui est un peu chronophage. Le partenariat pour travailler une notoriété de site. C'est pas la chose que je préfère faire. CarolineTrès bien. Est ce que tu vois des différences entre la manière dont tu imaginais ton métier et ce que tu fais réellement? FlorianAlors moi, de base, je n'avais pas forcément fait des stages ou une alternance dans ce secteur là. Mais je pense que j'étais arrivé avec une impression du métier qui était assez cohérente avec sa réalité. Donc, je n'ai pas été très surpris par le métier en lui même. Peut être que là où j'ai été le plus surpris, c'est comme je disais un peu auparavant sur l'échange client. Je pensais que les clients ils démarchaient une prestation de SEO, ils avaient plus conscience que ils faisaient un investissement moyen long terme. Et des fois, c'est un travail qu'on doit faire en tant que consultant manager. De leur expliquer à quel moment le SEO s'intègre dans une stratégie d'acquisition. CarolineTrès bien. Peut il me dire quelles sont les trois qualités indispensables pour être SEO manager? FlorianAlors je dirais qu'il y a la première si on a un peu parlé, mais c'est ce côté curiosité. Savoir que le SEO aujourd'hui, ça s'apprend tout seul ou en agence. Mais je veux dire, il n'y a pas forcément de formation qui va t'y amener et te sortir le discours exact de ce que tu vas devoir faire. Je pense qu'il y a aussi le côté gestion client. Moi, je mets ce point en avant parce que moi, je travaille en agence et quand tu travailles en agence, tu es obligé d'avoir un bon relationnel avec des clients. Il va falloir les familiariser avec les notions du SEO. Donc, c'est apprendre à avoir un discours ou les termes un peu barbares de notre métier deviennent des termes très simples à comprendre et limite le client s'il avait envie de s'y mettre, il pourrait petit à petit se faire une connaissance à SEO. Et enfin, je dirais qu'il y a un côté un peu plus stratégique. C'est quand on va connaitre les notions sur lesquelles il va falloir travailler mais après, il y a une vraie vision à avoir et chacun doit trancher sur sa stratégie. Il va falloir être très fort dans l'analyse de la concurrence, peut être anticiper ce que vont faire les concurrents et là, le côté vraiment de déployer une stratégie pour le client. CarolineEt alors, justement, est ce que ce côté stratégique plus on l'acquière est que c'est ça qui permet d'évoluer à un poste au dessus de SEO managers? Et quels sont les évolutions de ton métier ? FlorianAlors sur les évolutions du métier tout va dépendre dans quel milieu on se trouve. Moi, en tant que SEO manager dans une agence souvent, le niveau au dessus, ça va être de passer directeur SEO dans l'agence. Après ça, c'est vraiment une évolution verticale. Moi, je vois aussi des évolutions horizontales ou là, ça va se dire ben voilà le SEO, je sais que ça travaille tel pilier avec telle technique et j'ai envie devenir un référent sur ce sujet. Et c'est devenir un peu expert d'une thématique. Tout à l'heure, on parlait un peu des temps de chargement, de l'UX, devenir référent sur une de ces thématiques, ça peut clairement, est une évolution de métier. CarolinePeut il parler du mode de vie d'un SEO manager ? Est ce que c'est un métier qu'on peut faire à l'international? Est ce que c'est un métier qu'on peut faire facilement de chez soi? Comment, par exemple, tu as vécu ces confinements en étant SEO manager? FlorianAlors, le métier peut se faire un peu de partout. On entend souvent parler maintenant de la notion de digital nomade, c'est à dire qu'on peut travailler sans avoir un bureau fixe. Le SEO, c'est un métier qui s'inscrit totalement dans cette logique. Les confinements n'ont pas été des périodes difficiles dans le sens que mon métier n'a pas été impacté. J'ai depuis élaborer toutes mes stratégies de SEO. J'ai pu faire mes prestations comme si j'avais été au bureau. Voilà le mode de vie est assez simple. Le télétravail ce n'est pas quelque chose qui est apparu avec la crise sanitaire, c'était des pratiques qui étaient déjà mises en avant dans les métiers, dans les métiers du SEO. Donc, si c'est assez libre. CarolineTrès bien. Est ce que tu aurais un film ou un livre à nous conseiller en rapport avec ton métier ou pour découvrir davantage ton métier? FlorianAlors, il y a un livre qui est un peu la bible du SEO, si je puis dire, c'est réussir son référencement. Chaque année, il y a une nouvelle version qui est éditée par Olivier Andrieu chez Abondance. C'est clairement le livre si quelqu'un veut partir de zéro et se former jusqu'à des compétences assez poussées. Il y a tout dedans. Donc, c'est vraiment le livre que je conseillerai. Après, au delà de ça, je pense qu'il y a énormément de webinaires qui peuvent être retrouvés sur Internet. Il y a énormément de formations qui sont partagées. Il y a des event spécifiques au SEO. Si on veut se former au SEO, il y a plein de façons de faire en étant autodidacte. CarolineEst-ce qu'il y a des passerelles entre certains métiers et celui de SEO Manager ? Est ce que, par exemple, en tant que SEO Manager si demain, tu voudrais être Product Owner, chef de produit digital, est ce que c'est quelque chose qui serait possible? FlorianPour moi, c'est possible dans le sens que le SEO, c'est un levier d'acquisition du digital. Quand on travaille sur le SEO, on est un métier où on doit comprendre tout un environnement marketing, tout un environnement business. Et c'est là où on fait avec mon métier moi, je ne discute pas uniquement avec des dev ou uniquement avec des responsables marketing. CarolineDev pour developpeur ? FlorianOui. On va aussi aller parler directement avec des commerciaux, avec les chargés de produits, parce qu'on a besoin de comprendre tout l'environnement pour se dire. OK j'ai compris comment eux parler de leurs produits, comment leurs clients parlaient de leurs produits. Maintenant, je sais comment faire en sorte que les gens le retrouvent le plus facilement possible. Donc, il y a des passerelles sur ça parce que je pense que la vision en interne, en fait, est assez large,. Et on peut, entre guillemets, switcher d'un levier d'acquisition à un autre. Il faudra se reformer un minimum, mais je pense que la passerelle n'est pas impossible. CarolineEt as-tu un conseil pour les personnes qui souhaitent se lancer dans ton métier, faire son métier ? FlorianAlors pour faire mon métier, le conseil que je dirai le premier, c'est de s'informer, essayer de parcourir le maximum de bonnes pratiques qu'on peut retrouver sur Internet. Et le second conseil je pense que c'est un conseil pratique. Le SEO, c'est un métier qui doit se pratiquer pour comprendre et aujourd'hui créer son propre site web, se faire un blog, ce n'est pas quelque chose d'insurmontable. On a des des outils qui permettent de créer un site sans savoir coder. Et héberger son site n'est pas non plus quelque chose qui est hors de prix. Donc moi, j'invite ceux qui sont intéressés à faire du SEO, à créer un site sur une thématique qui leur plaît et leur passion. Essayer de lancer une marketplace, peu importe, en fonction de leur appétence. Et de tester directement sur leur site des pratiques SEO, nous les premier en agence la plupart des consultants ont leur site perso parce qu'ils aiment bien s'en servir pour tester. Pour se dire voilà, j'ai cette stratégie, que j'aimerais mettre chez mon client, je suis pas sûr à 100%. Est ce que je ne la testerais pas sur mon site perso d'abord, voir comment ça répond. Je prends moins de risques et je la dépose sur sur mes clients. CarolineAs-tu des outils de prédilection pour faire ton métier de SEO Manager? FlorianAlors, les outils, c'est un gros sujet sur le SEO parce que je pense qu'il en existe une multitude. Et on va dire qu'il y a des outils un peu les mastodontes du marché. Comme  SEMRuch qui vont permettre de suivre le positionnement de son site. Très clairement, si vous allez pouvoir découvrir sur quels mots clés votre site se positionne et donc allez faire le test directement après. De se dire sur telle terminologie mon site, il est troisième, ah oui, c'est vrai, je me vois 3ème. Après, les outils, qui sont plus des crawler. Les crawler ça devient un peu plus technique. Ça va permettre de comprendre quelles sont les failles techniques d'un site. Et puis, il va y avoir plein d'outils sémantiques pour pouvoir tester ces contenus. Savoir si les contenus vont être compliant avec ce que Google attend. Donc, honnêtement, il y a énormément d'outils. Beaucoup d'outils vont proposer les mêmes fonctionnalités. Je pense que c'est vraiment un match à trouver entre le consultant et un outil. Et de se dire que sur cet outil là, on a nos marques. On s'est rapidement trouvé l'information, on sait qui nous permet d'aller creuser tel ou tel sujet et et de savoir quel outil utiliser, dans quelle situation. CarolineAttention, maintenant, on arrive sur la question Gagne-Pain combien ça gagne un SEO Manager? FlorianAlors je pense qu'on va partir un peu de la base. Un consultant qui va commencer en tant que junior. Moi, je parle surtout du milieu de l'agence parce que je n'ai pas d'expérience chez l'annonceur. Mais dans le milieu de l'agence, je pense qu'une fourchette entre 30 000 et 35 000 euros par an est assez correcte. Après, en tant que manager, on va avoir des fourchettes qui vont évoluer. On va être plus sur des grilles entre 40 et 50. Et puis après, ça dépend vraiment de chaque agence. L'évolution finale, qui peut être le directeur SEO. Ou la je pense qu'on se retrouve plus sur une fourchette au delà du 50 000, mais ça donne des premières idées de rémunération dans ce milieu. CarolineSouhaite-tu ajouter quelque chose pour terminer notre interview ? FlorianJ'invite vraiment ceux qui ont ce côté intéressé par le SEO à se renseigner. Il y a énormément de formations en ligne et également à savoir que c'est un secteur qui recrute énormément aujourd'hui, que ce soit au sein des agences. Il y a énormément d'offres d'emploi à pourvoir, mais même directement chez l'annonceur, c'est un parcours qui peut totalement être pris. Chaque entreprise, entre guillemets, a besoin d'un SEO pour développer son site web. Chaque chaque entreprise a son site Web et d'autant plus avec la crise sanitaire aujourd'hui, on se retrouve avec de nombreux commerçants qui ne peuvent pas ouvrir  leurs magasins physiques et qui doivent se rabattre sur des solutions digitales. Donc, honnêtement, il y a énormément d'emplois à pourvoir dans le SEO. CarolineTrès bien. Merci beaucoup Florian. FlorianMerci Caroline. CarolineÀ Bientôt. FlorianAu revoir. L'épisode 2 du Gagne-Pain, métier "SEO Manager", est également disponible sur : ### Data Analyst – Margaux Lacroix Margaux Lacroix, Data Analyst chez The Fork Dans ce premier épisode, nous avons l'honneur de recevoir Margaux Lacroix, Data Analyst chez The Fork (anciennement La Fourchette). Margaux nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir ce métier du digital. Merci à Margaux pour sa participation et nous espérons que l'écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager. Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ?  N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer votre profil pour une prochaine interview en nous contactant via l'adresse legagnepain @gmail.com Notes du podcast et liens utiles : Notre invitée : Margaux Lacroix – Profil Linkedin Interview faite par : Bertrand Jonquois - Profil LinkedIn La retranscription de l'épisode 1 : data analyst BertrandPour ce premier épisode du Gagne pain, nous avons le plaisir de recevoir Margaux Lacroix pour nous présenter le métier de data analyst. Bonjour Margaux. Merci beaucoup d'avoir accepté cette invitation pour le Gagne-Pain. J'ai particulièrement hâte de t'écouter. D'abord parce que tu as été très enthousiaste à la suite de la sollicitation du Gagne-Pain et nous remercions. Deuxièmement, parce que ton métier Data Analyst est particulièrement intéressant et soulève beaucoup de questions. BertrandAlors, c'est parti. Margaux, peux tu te décrire en quelques mots ? MargauxBonjour Bertrand, merci beaucoup de m'avoir invitée. Je m'appelle Margaux Lacroix J'ai 27 ans, j'habite à Paris et j'ai grandi en région parisienne, à côté de Versailles, où j'ai fait mes études jusqu'à mon bac. Ensuite, j'ai déménagé à Paris, chez ma mère pour poursuivre mes études supérieures. J'ai aussi habité une année à Manchester dans le cadre de mes études supérieures. Je suis revenue à Paris, je travaille toujours aujourd'hui en région parisienne. BertrandJ'ai remarqué sur ton profil LinkedIn une prédisposition pour le sport et particulièrement pour un sport peu connu. Souhaite-tu nous en dire quelques mots ? MargauxAvec plaisir, le Horse-ball manque un peu de visibilité dans les médias. donc c'est l'occasion. BertrandC'est quoi le Horse-ball? MargauxLe Horse-ball ? Pour faire simple, c'est une sorte de Quiddich, à cheval pour les plus grand fan d'Harry Potter. Pour les moins fan d'entre eux ce serait un mélange entre du handball et du rugby, à cheval. Un sport d'équipe BertrandEt tu continues toujours. MargauxToujours BertrandBravo! Peux tu nous présenter maintenant ton parcours professionnel, stage, alternance, premier job? MargauxJ'ai commencé mon premier stage lors de mon année de césure entre ma première année de master et ma seconde année de master. J'ai fait deux stages de six mois et le deuxième stage que j'ai fais à ce moment là était mon premier pied dans le milieu de la donnée. J'ai fais un stage en tant que data analysts dans une entreprise qui s'appelle Synomia qui fait de l'analyse de données sémantique, textuelle. On récupérait du texte sur les réseaux sociaux qu'on analysait. J'ai été six mois là bas et ensuite j'ai poursuivi en alternance dans une autre entreprise qui s'appelle Sutter Mills qui dorénavant appartient à Accenture. Dans laquelle j'ai été de nouveau consultant data analyst, mais pour le coup, beaucoup plus sur la partie Web analyse. Donc l'analyse du trafic, le comportement des utilisateurs sur des sites web, etc. J'y ai passé un an en alternance. Ensuite j'ai commencé un premier CDI là bas, dans lequel je suis resté quelques mois. Et j'ai ensuite quitté cette entreprise pour me rendre chez LaFourchette, en tant que data analyst toujours, entreprise dans laquelle je suis depuis bientôt deux ans. BertrandAlors, parlons en dans quelle entreprise travaille tu? Peux tu expliquer ça, et puis quel est ce métier? MargauxLa fourchette pour ceux qui ne connaitraient pas. Par ailleurs, la faut s'appelle dorénavant the Fork. C'est une entreprise qui est une entreprise de la Food tech. C'est une plateforme qui permet de réserver en ligne des restaurants en profitant notamment d'offres spéciales sur les restaurants en question. Je suis Data Analyse chez la fourchette depuis bientôt deux ans maintenant. L'équipe data elle n'existe que depuis un an chez la fourchette. Initialement j'étais rattaché à l'équipe centrale sales ups. Depuis un an maintenant on est, les data analysts, regroupés au sein de l'équipe Insight. Ou on traite toutes les problématiques relatives à l'exploration et l'exploitation de la donnée. BertrandPour aller plus précisément dans le métier de data analyst, peux tu nous décrire quelles sont tes émission quotidienne? Qu'est ce que tu fais tous les jours en tant que data analyst? MargauxAlors, il y a deux choses principales qui composent mon métier. La première, ça va être la mise à disposition de la donnée auprès des équipes qui en ont besoin. On travaille en fait pour les autres équipes de la fourchette, les sales, le marketing, le produit et à peu près toutes les équipes, en fait, qui existent. Elles vont avoir besoin de récupérer et de suivre un certain nombre de métriques au jour le jour. Métriques qui ne sont pas forcément toutes disponibles au sein de la plateforme. Et nous, notre but, c'est que ces équipes soient à même de consulter cette donnée tous les jours de manière autonome. Sans avoir besoin d'action de notre part. Et donc pour ça, on leur construit des dash-bord, des tableaux de bord, qu'on leur met à disposition dans notre outils qui s'appelle Tableau. BertrandTableau, c'est l'outil Salesforce ou c'est l'outil interne ? MargauxIl a été racheté par Salesforce. C'est notre outil data visualisation dans lequel on va construire toutes les graph, toutes les courbes de tendance. BertrandDonc, ça veut dire que tu travailles avec tous les services de l'entreprise? MargauxTout à fait. Tous les services comme je disais tout à l'heure. On travaille par exemple avec équipes sales qui vont avoir besoin de mettre en relation toutes les données qu'ils ont dans leur outil de CRM avec les données par exemple chez nous de réservation. Qui elles ne sont pas présentes dans l'outils de CRM. On va travailler avec le produit qui va avoir besoin de savoir, c'est quoi l'usage de notre logiciel par les restaurants. Qu'est ce qu'on peut optimiser à cet endroit là ? On va bosser parfois avec des membre du CODIR directement pour des analyses qui vont nous permettent d'établir la stratégie pour 2021, par exemple. C'est vraiment extrêmement variés. il y en as un peu pour tout les plaisirs honnêtement... BertrandPourquoi est ce que tu as choisi ce métier de data analyst et quelles sont les compétences qu'il faut pour avoir envie de faire ce métier? MargauxAlors, je pense que ça m'est tombé dessus un petit peu par hasard. C'est à dire que lors du premier stage dans ce milieu là. J'ai trouvé le métier hyper ludique. En fait, je me suis vraiment amusé à explorer la donnée et trouver des réponses à des questions grâce a des choses sont tangibles finalement. Ayant un côté très rationnel, c'est quelque chose dans lequel je me retrouvais. Je pense que par rapport aux compétences ou qualités qu'il faut avoir pour être data analyst, Je pense qu'il y a beaucoup de rigueur important dans le sens où on manipule des données. La donnée n'est pas toujours propre, il peut y avoir des erreurs et c'est important de vraiment toujours vérifier les chiffres que l'on va communiquer. Parce que c'est des chiffres qui peuvent parfois, nous dans notre entreprise, être publiées auprès des médias ou des choses comme ça. Forcément, il faut s'assurer que ce qu'on a, c'est dans les ordres de grandeur auquel on s'attend. il faut être hyper rigoureux a ce niveau là. Dans un deuxième temps, il faut être aussi ouvert d'esprit dans le sens où, pour répondre à une question, par exemple, on va dire je vais récupérer telle ou telle ou telle donnée et elle va permettre de répondre à cette question là. Donc, on va se fier un petit peu à l'intuition. Sauf que potentiellement, il y a peut être un truc à côté duquel on va passer et, en discutant avec les collègues, peut-être que eux vont avoir fait un autre biais à l'analyse qu'on va faire. Et il faut être ouvert et à ce dire ah oui, pourquoi pas explorer aussi cette partie là que n'aurais pas pensé à faire forcément d'entrée de jeu. BertrandOn a parlé de Tableau (Data Visualization) tout à l'heure. Quels sont les outils sur lequels tu t'appuies et quels sont ceux sur lequels ceux qui nous écoutent devraient travailler pour préparer le métier de data analyst? MargauxDu coup, en effet, je parlais de Tableau que l'on utilise tous les jours, qui permet de faire de la data visualisation. Après c'est un outils, par exemple, moi j'ai appris a m'en servir chez la fourchette j'en avait jamais fait avant. Et donc on apprend un petit peu sur le tas si je peux dire. On trouve beaucoup de formations, beaucoup de conseils sur Internet. A côté de ça, au Quotidien utilise le langage SQL qui me permet de requêter dans les bases de données. C'est un langage qui est relativement simple. C'est assez logique et pareil on trouve de la documentation absolument partout sur Internet. Si l'on veut se former il y a plein de tutos qui existent. C'est quand même assez accessible, et de plus en plus on utilise Python. Pour l'instant, j'en suis au début à titre personnel, mais il y a de plus en plus data analysts à qui on demande de maîtriser totalement ce langage là. Parce que pour la manipulation des données et pour l'exploration de données c'est un truc hyper pratique et hyper utilisé. Et après, selon les spécificités, par exemple, un web analyste va avoir besoin de maîtriser des outils tels que Google Analytics ou Adobe Analytics, ou des outils de tags, par exemple, tels que TagCommander ou des outils plus spécifiques sur l'analyse des comportements comme Content Square. Après, selon la spécificité, qu'on choisit dans ce métier là, on va avoir les outils qui vont varier, évidemment. BertrandMerci beaucoup, c'est très clair. Alors attention QGP. La question Gagne-Pain: Combien ça gagne un data analysts ? MargauxAlors un junior comme moi, je pense que ça démarre entre 35 et 45 K€ brut annuel. Après, je pense que des analystes expérimentés, toujours au niveau des analystes qui vont toujours faire de l'opérationnel, ça peut monter, je pense, entre 50 et 60 K€ annuels. Après, je pense que l'évolution peut surtout se faire dans la hiérarchie en devenant manageur d'un équipe de data analyst. Et la pour le coup je connais moins bien les grilles de salaires. BertrandD'accord, il y a des primes ? MargauxIl y a des primes, BertrandIl y a de incentives dans ce métier ? MargauxÇa va plus être des incentives, en tout cas, je parle à titre personnel, mais qui sont basées sur les résultats de l'entreprise. Je sais que nous, on a un système de bonus qui se base en partie sur les résultats d'entreprise. Mais aussi évidemment sur nos objectifs individuels et qui vont donc mettre en avant les réussites personnelles de chacun. BertrandDonc un peu de primes quand même ? MargauxUn petit peu oui. BertrandQuelles sont les difficultés que tu as rencontrées dans ce métier ou les défis que tu as eu à relever? MargauxMoi, je vois deux difficultés principales dans ce métier là. La première, c'est de travailler avec de la donnée qui n'est pas toujours propre. C'est à dire qu'on va être obligé parfois de trouver des proxy pour pouvoir répondre aux questions du business, même si on n'a pas exactement la donnée qui nous permet de répondre à cette question. On va trouver un à peu près, on va trouver et pas exactement ce qu'on voulait, mais qui va s'en rapprocher. BertrandC'est une donnée un peu différente de celle qu'on aimerait avoir, mais qui permet de répondre à la question ? MargauxExactement. Mais je pense qu'il faut être pragmatique, vraiment dans ce métier. Et parfois, si on n'a pas ce qu'on rêverait d'avoir et bien on va trouver un a peu près qui permettra tout de même de répondre à la question. La deuxième difficulté que je vois, c'est de travailler avec des personnes qui vont avoir une intuition par rapport à ce qui s'attendent à trouver dans la donnée. Mais finalement de trouver quelque chose qui va pas forcément dans ce sens. Dans ce cas là, il faut trouver les mots et trouver le moyen de le raisonner. D'utiliser la données, finalement a bon escient... BertrandDonc là, c'est pas la donnée, c'est la compréhension de la donnée qui peut parfois être compliqué à faire passer ? MargauxJe pense qu'il y a une pédagogie à faire et que c'est important de sensibiliser les gens. BertrandOK, quelle est la tâche qui te plaît le moins? MargauxAlors, la tâche que me plait le moins au quotidien, je dirais que c'est la partie dashboarding. J'ai beaucoup appris en arrivant, chez la fourchette, justement sur logiciel qu'on utilise Tableau. Et ça a été une super opportunité de me former là dessus. Maintenant, construire des tableaux, c'est souvent un petit peu redondant. C'est toujours un petit peu le même process. On construit le data set, et la visualization etc... Et ça devient un petit peu répétitif. Donc, c'est vrai que c'est la tâche que je préfère le moins faire par rapport à justement, faire des analyses ad hoc pour répondre à des questions spécifiques du métier à explorer la donnée. Ça  pour le coup c'est une partie qui est beaucoup plus ludique et que je préfère faire. BertrandEst-ce que tu vois des différences entre ce que tu imaginais de ce métier et ce que tu fais réellement tous les jours? MargauxJe retrouve à peu près ce à quoi je m'attendais. La partie exploration de la donnée, la partie un petit peu partir à l'aventure finalement pour  trouver des réponses et parfois être surpris. Tous ça je m'y attendais un petit peu. BertrandIl y a un côté aventurier un peu dans ce que tu décris là ? MargauxVraiment, on part à la recherche en fait. Parfois c'est ce que je disais tout à l'heure. Parfois, on a une intuition, mais potentiellement, elle va être complètement bouleversé par ce qu'on trouve dans la donnée.  Et je trouve ça hyper intéressant. Parce que c'est des apprentissages qu'on trouve à partir de choses qui sont tangibles et c'est ça que je trouve top avec la donnée. BertrandEst ce qu'il y a un échec important qui pourrait être utile aux gens qui nous écoutent ? MargauxJe pense qu'en terme d'échec, ce qui a été plus compliqué pour moi. Ça a été, lorsque j'étais consultante, de remplacer d'autres consultants chez des clients et de me contenter un petit peu de poursuivre ce qu'ils avaient déjà fait sans forcément chercher à challenger, sans forcément chercher à aller plus loin. Et c'est vrai que du coup, c'est pas tellement que je me reposer sur leurs lauriers. C'est plus ce que je pense que je manque un petit peu de confiance en moi. Je pense que je manquais un petit peu d'expérience et de fait, j'ai juste perdu un petit peu leur travail sans chercher à aller. BertrandC'était plutôt de l'insatisfaction, en fait ? MargauxOui, je dirait c'est une insatisfaction personnelle. Après, j'ai fait avec ce que je pouvais faire à ce moment là. Mais c'est vrai que c'était à refaire. Je pense que je prendrais plus de recul et je j'essaierais un petit peut de plus penser avec un œil neuf, ce que je n'ai pas forcément fait. BertrandJ'ai vu pas mal de certifications professionnelles sur ton profil LinkedIn. Quelle est la bonne formation pour ce métier? Est ce que tu continues à te former régulièrement? Qu'est ce qu'on peut apporter à ceux qui nous écoutent et qui veulent faire ce métier demain ? MargauxAlors, les certifications présentes sur mon profil. J'ai eu la chance d'avoir beaucoup de formations qui m'ont été proposé lorsque j'étais consultante. Et j'ai saisie ces opportunités d'aller me faire former directement chez AB Tasty (solution d'A/B Testing) avoir des formations avec Google Analytics et c'est des moments où on a beaucoup appris et qui sont en effet terminés par des certifications. Maintenant, ce n'est pas forcément nécessaire. Typiquement, on a parler de Tableau un petit peu plus tôt. Tableau, c'est un outil sur lequel je n'ai jamais été certifié pour autant, ça ne m'a pas empêché de le former "sur le tas" et de parvenir aujourd'hui à faire des dashbord de A à Z en utilisant cet outil là. Je pense que s'il y a une formation à ne pas manquer, c'est vraiment la partie SQL. Je pense qu'on attend data analyst on va pas pouvoir s'en passer. De plus en plus, en tout cas, on peut encore faire quelque chose sur Excel, mais en même temps, même Excel finalement, il vient de ce qu'on aura récupéré des bases de données. Donc SQL pour moi, c'est primordial et de plus en plus se former à Python. Parce que c'est un langage qui est de plus en plus incontournable et qui permet de faire tellement de choses que aujourd'hui, en tant que data analyst, on peut difficilement s'en passer. BertrandOK, Margaux, est ce qu'il y a une journée type d'un data analyst ? MargauxPas vraiment dans le sens où à titre personnel, j'arrive au travail, je connais quels sont mes priorités, je connais quels sont mes projets en cours et je sais comment ça va s'organiser. Maintenant on n'est pas à l'abri que en cours de journée, on vous envoie un message ou quelque chose de très urgent ou qui va être priorisé par rapport à d'autres projets. Et donc qu'il faut être assez adaptable à ce niveau là .Mais pas forcément s'enfermer dans des schémas extrêmement précis parce que les choses peuvent être bouleversée assez rapidement. BertrandMais ce n'est pas répétitif. Si je comprends bien ? MargauxC'est pas répétitif. Honnêtement, ce que je disais plus tôt, c'est que la partie dashbording peut l'être. Encore, que on construit des dashbord sur des choses qui sont différentes. On va construire un dashbord pour  le produit, demain on va construire un autres dashbord pou l'équipe CRM ça ne va pas du tout être les mêmes problématiques, pas du tout les mêmes données. Même, à ce niveau là, c'est un petit peu différent. Et on va aussi partager notre journée entre la partie dashbording et la partie analyse plus ad hoc. Donc non honnêtement on ne s'ennuie pas. BertrandUne des questions qu'on se pose tous et que se posent nos auditeurs, c'est les langues ? On a besoin de quoi comme langue? Qu'est ce qu'il faut absolument maîtriser pour pouvoir faire ce métier de data analyst ? MargauxJe pense que l'anglais est incontournable, même si on travaille dans une entreprise française. Moi typiquement la fourchette initialement, c'était français, mais au fur et à mesure, ils ont racheté des concurrents internationaux. Et donc, moi, je sais que tous les jours je travail en anglais. Les analyses je les rend en anglais. Et les calls que je fait d'ailleurs avec des équipes plus centrales il vont ce passer en anglais. Pour moi, c'est indispensable de maîtriser l'anglais. Pas forcément être bilingue, mais en tout cas, de maîtriser pour comprendre et être compris. BertrandMaitriser l'anglais, ça veut dire en anglais Professional ? MargauxTout a fait. Je sais que il n'y a pas beaucoup de jargon dans le milieu et quasiment tout le jargon c'est déjà des mots anglais donc ça simplifie un petit peu la tâche. Mais l'anglais, pour moi, c'est indispensable. Après, je pense que ce sera jamais de trop de connaître d'autres langage. Alors après ça va plus être selon les appétences personnelle, pour une culture ou pour un pays dans lequel on voudrait peut être s'implanter et dans lequel on pourrait un jour chercher du travail. Ça, c'est plus quelque chose d'individuelles ou sur un secteur en particulier. Par exemple l'automobile c'est bien de parler allemand ou si on veut s'implanter en Amérique Latine de parler espagnol. ce sera plus à titre personnel. BertrandÇa nous amène à la culture, tout ça et la question suivante, c'est quoi le mode de vie d'un data analyst? Et quand je dis mode de vie, ça veut dire Paris, province, mobilité à l'étranger, horaires. Comment ça se passe, le mode de vie pour nos auditeurs ? MargauxAlors, le mode de vie, je dirais qu'il y en a pas qu'un. Dans le sens où je vois déjà, ne serait ce que par mes collègues on ne travail pas tous exactement de la même manière. J'ai des collègues qui travaillent à distance depuis Lyon, depuis Grenoble et qui sont venus pour quelques fois. On me dire une fois par mois pour me rencontrer. Parce qu'évidemment ce voir en physique c'est quand même beaucoup mieux et ça simplifie beaucoup les échanges. Mais on peut travailler autant à distance que sur place. Et d'ailleurs, c'est ce qu'on fait avec la plupart de nos équipes. Il y en a qui sont Barcelone, en Australie, etc. On trouve toujours un moyen. Après, en terme de journée, on va avoir des journées qui vont se faire en 9h et 18/19 heures. Maintenant, on est assez libre de s'organiser en termes d'horaires. Tant que le travail est fait, finalement, personne ne va regarder. Ça nous arrive de nous absenter parce qu'on a un rendez vous ou autre. C'est pas des métiers ou a priori, on va être surveillés sur l'horaire. Après ça dépend évidemment des entreprises j'imagine... BertrandUne des questions qu'on se pose aussi particulièrement pendant cette période, c'est le télétravail. Ce métier est complètement compatible avec le télétravail ? MargauxTotalement et les derniers mois l'ont prouvé. On est passé d'un mode où on était tous à peu près au travail, sauf exceptions. Même si le télétravail était favorisé chez La Fourchette. Il y a jamais eu de souci à ce niveau là. On est passé en mode 100% télétravail pour tout le monde. Et on est totalement équipé pour faire. Toutes les plateformes qu'on utilise sont accessibles à distance. On a tous un VPN (Virtual Private Network ou réseau privé virtuel) qui est installé sur notre téléphone qui nous permet d'avoir accès aux données privées de l'entreprise. Donc tout est fait de plus en plus et dans toutes les entreprises pour que le télétravail soit favorisé et que les gens puissent travailler d'où ils veulent BertrandDéplacement ou pas ? Est ce qu'il y a des déplacements chez d'éventuels clients ou déplacement à l'étranger, dans d'éventuelles filiales ? MargauxAlors moi, quand j'étais consultante, j'allais chez les clients. Soit en régie cinq jours sur cinq, j'étais totalement chez le client comme si c'était mon entreprise finalement. Soit de temps à autre, deux ou trois jours sur cinq. Ça dépendait. La depuis que je suis chez la fourchette, j'ai plus de clients extérieurs forcément. Mais étant dans  l'équipe centrale, ça m'est arrivé de me déplacer à Barcelone pour aller rencontrer les équipes locales là bas, ou à Milan ou à Nantes, où on a une partie de notre équipe Data. Tous nos data ingénieurs se trouve à Nantes. On se rend parfois dans les locaux de Nantes pour rassembler l'équipe et discuter de problématiques, avec cette équipe là. BertrandAlors Margot, pour aller plus loin pour les auditeurs du Gagne-Pain, quelles seraient tes conseils pour ceux qui souhaitent se lancer dans le métier de data analyst ? MargauxMon conseil, pour ceux qui ne sont pas forcément encore dans le métier, ça va être de s'intéresser aux différents pans du métiers qui existent. On en parlait un peu plus tôt, certaines personnes vont être web analyste, d'autres vont être business analystes, d'autres vont être analyst produits. Je pense que ça dépend un petit peu des appétences de chacun. Voir la différence entre ce qui pourrait vous plaire le plus potentiellement. Mon deuxième conseil, ce serait d'être curieux. On est dans le métier et même avant d'ailleurs. C'est un métier dans lequel tout évolue très vite. Le secteur est extrêmement dynamique. Il va y avoir des nouvelles technos qui vont sortir, des nouveaux outils. Il va y avoir de nouvelles manières de faire les choses. Il y a beaucoup de concurrence dans ce milieu là. Donc potentiellement, un concurrent va sortir un nouveau "feature" (Fonctionnalité) ou un nouvel outil, un nouveau produit. C'est hyper important d'être à l'affût de ce genre de choses, parce que ça peut faire gagner du temps, parce que ça peut donner de nouvelles idées et parce que ça peut donner lieu à des innovations. Etre hyper curieux je pense que c'est important. BertrandEn conclusion, Margaux, qu'est ce que tu souhaites ajouter à ceux qui nous écoutent et qui veulent entreprendre cette idée de devenir data analyst ? MargauxCe qui est top dans le métier data analyst, c'est que c'est un métier qui existe dans tous les secteurs. Si vous êtes passionnés automobile, vous trouverez forcément un travail dans une entreprise de ce secteur là. Si vous êtes passionné de la Food tech, quelque soit votre centre d'intérêt, vous trouverez forcément un métier de data analyst dans une entreprise dans laquelle vous avez envie de travailler. Et qui réunira potentiellement vos passions, donc lancez vous, foncez, renseignez vous. et franchement c'est un métier dans lequel on s'amuse. BertrandEt il y a du potentiel, si je comprends bien, on va en trouver de plus en plus et il y a du taf ? MargauxOui Il y a toujours plus besoin de data analyst. Rien de nous chez La fourchette, je sais qu'on recrute régulièrement de nouveaux data analyses. Donc oui il y a de l'offre. ce n'est pas du tout un secteur bouché, bien au contraire. BertrandEt alors dernière question, quelles sont les évolutions possibles pour toi? Comment évolue un data analyst ? MargauxMoi, je dirais que je vois deux évolutions. Pour ma part, dans un premier temps, j'aimerais évoluer de manière horizontale. Me spécialiser un peu plus sur l'analyse produit, les usages des produits, comment développer des features qui vont convenir aux différentes typologies de clients qu'on peut avoir. Cette partie là m'intéresse beaucoup et, dans un second temps, peut être évolué de manière plus verticale et devenir manageur, pourquoi pas d'une équipe de data analyst. BertrandEt déléguer les tâches que tu aimes le moins ? MargauxPeut être déléguer les tâche de j'aime le moins, en effet... BertrandMerci beaucoup, Margaux, MargauxAvec plaisir BertrandA bientôt. L'épisode 1 du Gagne-Pain, métier "Data analyst", est également disponible sur : ### Portfolio ### Actualités Retrouvez toutes les nouveautés du Podcast Le Gagne-Pain : L’idée du Podcast est avant tout d’aider les jeunes à trouver un job dans le Digital.  Avec Le Gagne-Pain, nous interviewons de jeunes professionnels pour qu’ils nous expliquent leurs métiers : Data Analyst, Développeur, UX designer, Community Manager, Data Scientist, Chef de projet digital, SEO Manager, Chef de projet E-commerce... Le Podcast permet d’expliquer ces métiers : les missions quotidiennes, les compétences requises, les formations & les certifications nécessaires, les avantages et les inconvénients, la présence au bureau ou le télétravail, les salaires et les primes, les perspectives d’évolution… Lire la suite ### Mentions légales En cours de construction ### L'équipe du Gagne-pain Découvrez ceux qui font le Gagne-Pain au quotidien : Bertrand jonquois Co-fondateur  « Serial entrepreneur » dans le marketing digital depuis 15 ans.Responsable du Master "Digital Marketing & Data Analytics" (DMDA) le double diplôme l’EMLV et de l'IIM au Pôle Léonard de Vinci, auteur de "Je Trouve un Job dans le Digital" chez Dunod MAJDELINE Mazza Co-fondatrice Spécialisée depuis six ans dans la gestion de projet marketing et la création de contenu.Passionnée par le Marketing d'influence, le Personal Branding & l'UGC.Intervenante en Personal branding et analytics à l'EMLV. Arthur PIRES Growth & Automatisation Entrepreneur et alumni du programme DMDA de l’EMLV. Intervenant et fondateur d’APRS CONSEIL, une agence spécialisée en automatisation, IA et social media. Nous développons des agents conversationnels IA dédiée aux social media, pensée pour accompagner les marques et les agences. ### Nous contacter Envoyez-nous un message Vous êtes un professionnel du digital et vous souhaitez être interviewé ? Vous avez un profil à nous soumettre ? Ou bien vous avez des commentaires sur notre podcast ? N'hésitez pas à nous envoyer un petit message ! 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