page title icon ÉPISODE 71 –  Ingénieur Cloud DevOps, Fabrice Gauvrit

Épisode 71 : Fabrice Gauvrit, Ingénieur Cloud DevOps chez Capgemini.

Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir, Fabrice Gauvrit, Ingénieur Cloud DevOps chez Capgemini. Fabrice nous dévoile tous les aspects de son quotidien afin de découvrir son métier.

Merci à Fabrice, pour sa participation et nous espérons que l’écoute vous plaira ! Si vous aimez l’épisode, mettez-nous 5 petites ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ pour nous encourager.

Vous travaillez dans le digital et vous souhaitez faire connaître votre métier, partagez votre expérience ? 

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Un ingénieur cloud DevOps, c’est un étudiant permanent. On est obligé de se former sur les technologies en permanence, ça va à une vitesse folle et puis encore plus avec l’arrivée de l’IA. Il faut vraiment suivre le rythme.

Fabrice Gauvrit, Ingénieur Cloud DevOps

Notes du podcast et liens utiles :

Notre invité : Fabrice Gauvrit – Profil LinkedIn

Interview faite par : Madjeline Souhnoun – Profil LinkedIn

La retranscription de l’épisode 71 :

Majdeline
Bonjour Fabrice.

Fabrice
Bonjour Majdeline.

Majdeline
Merci Fabrice d’avoir accepté l’invitation du Gagne-Pain. Fabrice, tu es ingénieur Cloud DevOps chez Capgemini. On va avoir l’occasion de revenir en détail sur ton métier assez spécifique, mais est-ce que tu peux te décrire avant ça en quelques mots ?

Fabrice
Oui, j’ai 51 ans, ça fait 42 ans que je fais de l’informatique, et 26 ans professionnellement. En fait, j’ai toujours été passionné par les ordinateurs. Tout petit, j’avais les yeux qui brillaient devant les jeux vidéos. Et puis quand j’ai eu mon premier ordinateur à l’âge de neuf ans, tout de suite, je me suis mis à faire de la programmation et j’ai même monté mon propre club d’informatique. J’ai fait un peu de chemin depuis tout ce temps.

Majdeline
Un vrai geek ?

Fabrice
Absolument.

Majdeline
Alors aujourd’hui, tu travailles chez Capgemini en tant qu’ingénieur cloud DevOps. Mais qu’as-tu as fait avant ? Quel a été ton parcours professionnel ?

Fabrice
Alors sur les 26 ans de carrière, j’ai changé à peu près 26 fois de métier. Comme vous savez, l’informatique évolue sans arrêt. On a des opportunités qu’il faut saisir et pour ne pas se retrouver obsolète sur le marché, il faut se mettre à jour. Et donc j’ai commencé par faire du support utilisateur et puis de la maintenance de serveurs. C’étaient les tous premiers serveurs de Microsoft. Par la suite, je suis passé en tant qu’expert sur plein de technologies différentes. J’ai travaillé pour les premiers Ad Exchange pour la messagerie, je suis passé par la case BlackBerry, sur de l’infrastructure virtuelle. C’était la première infrastructure virtuelle qui tenait la route. Naturellement, je suis allé vers le cloud computing Azure et puis Terraform qui est une plateforme d’automatisation. Plein d’outils, je ne peux pas vous citer tous les outils parce qu’en tant que DevOps, il y en a beaucoup.

Majdeline
Fabrice, tu travailles chez Capgemini, est-ce que tu peux nous présenter cette entreprise ? Et finalement, pourquoi tu as choisi cette entreprise ?

Fabrice
Capgemini, c’est une « petite » société de juste 350.000 personnes. C’est une société de service. Toutes les sociétés de services ont le but d’accompagner les organisations à travers le monde dans leur transformation numérique ou technologique. Typiquement, moi, j’ai fait le choix de la société de service pour la simple et bonne raison que j’aime toujours être en défis, en challenge quand je pratique un métier. Et si on se retrouve un peu à faire tout le temps la même mission, on arrive vite à faire le tour et puis on commence à s’ennuyer. Ce n’est pas ce que je souhaite. L’avantage d’une société de service, c’est d’être capable d’accompagner les collaborateurs dans leur évolution de carrière. Donc, ils peuvent nous accompagner sur les formations, les certifications…

Majdeline
Pour des personnes qui veulent changer d’environnement assez régulièrement, découvrir un maximum de secteurs et d’entreprises, tu conseilles ce genre de société de conseil ?

Fabrice
Oui, et puis dans tous les cas, ça tire vers le haut. On va avoir plein d’environnements différents, plein de technologies différentes, on va à chaque fois devoir faire l’effort de s’adapter. C’est très positif sur une carrière professionnelle.

Majdeline
Ok, très clair. Fabrice Qu’est-ce qu’un ingénieur cloud DevOps ?

Fabrice
Un ingénieur cloud DevOps, c’est quelqu’un qui va aider une entreprise à automatiser des process en fonction de ce que l’entreprise va mettre à la disposition de l’ingénieur. Des outils cloud, c’est la partie qui concerne les providers (les fournisseurs) de cloud, Microsoft Azure, AWS pour Amazon et Google Cloud Platform. Et donc ce sont des personnes qui sont capables de donner des conseils de design en architecture et aussi de mettre en place tout le déploiement automatique et la configuration automatique de ces architectures.

Majdeline
Ok, c’est très clair. Mais est-ce que tu aurais un exemple pour illustrer le métier de Cloud DevOps ?

Fabrice
Par exemple, une entreprise a besoin d’une interface web, pour vendre des produits avec une base de données. Elle va faire sa demande à l’équipe DevOps. L’équipe DevOps va étudier le design à adapter en fonction de la charge. On peut assurer que s’il y a beaucoup d’utilisateurs en même temps, qu’il y aura plusieurs serveurs à déployer en même temps pour absorber la charge. On peut estimer une disponibilité 100% parce que sinon elle perd beaucoup d’argent. Donc, on va mettre en place une résilience des machines plus adaptées. On va gérer tout l’aspect sécurité pour éviter que le site web se fasse hacker. Et puis, s’assurer que vraiment le client est tout en main pour que son projet fonctionne au mieux et de manière optimale.

Majdeline
Ok, Fabrice. Quelles sont tes missions quotidiennes en tant qu’ingénieur cloud DevOps ?

Fabrice
Alors mes missions, on va découper ça en plusieurs catégories, on va avoir du design, des tests, du codage et de la documentation.

Majdeline
Sur le design, quelle est ton activité ?L

Fabrice
Le design, c’est de s’assurer que l’architecture que l’on va proposer est adaptée aux projets du client. Donc dans tous les aspects, en respectant les normes de sécurité recommandées. Ça peut être des normes de sécurité recommandées par nous ou des normes de sécurité déjà actées par le client.

Majdeline
Ensuite au niveau des tests ?

Fabrice
Alors, c’est un piège les tests ? Il y a des codeurs qui font l’erreur de décrire leurs tests après avoir codé. Donc, ils vont écrire leurs tests en fonction du code qu’ils ont développé. Là, ce que l’on a souvent préconisé au sein de l’équipe en faisant des réunions, c’est de décrire les tests avant de coder. Comme ça, on a plutôt tendance à coder pour que ces tests qui soient réalisés dans les meilleures conditions possibles. Après effectivement, une fois qu’on a fait notre développement, il faut s’assurer évidemment que les tests soient positifs. Qu’on n’ait pas oublié des cas particuliers, le faire tester par des utilisateurs représentatifs, puis un panel un peu plus grand avant de livrer la fonctionnalité définitive.

Majdeline
D’accord, donc pas mal d’allers-retours, mais ça fait partie du travail et à la fin, j’imagine, écrire et documenter tout ce qui a été fait sur le projet ?

Fabrice
Après le code et le test, il est de documenter tout ça de telle manière qu’une autre personne qui n’avait pas le nez dans le code puisse comprendre ce qu’on a voulu faire. La documentation, ça commence par l’intérieur du code lui-même, puis aussi d’écrire cette documentation. On va en avoir deux types. La documentation technique plutôt adressée aux personnes qui vont éventuellement reprendre la fonctionnalité et la faire évoluer. Et aussi une documentation moins technique ou plus orientée utilisation qui va s’adresser aux utilisateurs finaux.

Majdeline
Et toi, qu’aimes-tu le plus faire ?

Fabrice
Alors moi évidemment, là où je m’éclate le plus, c’est en recherchant la solution optimale pour répondre à un besoin. Et puis le codage, j’adore ça, la logique et toute la réflexion que ça demande. Après, ce que j’aimerais le moins, c’est peut-être la documentation, mais c’est essentiel pour faire livrer un bon projet.

Majdeline
Quelles sont les trois principales compétences requises pour ce job ?

Fabrice
Alors déjà, logique, puisqu’on va être amené à manier des algorithmes. Et puis en termes de design, d’architecture, il faut être hyper logique. Voilà, Mettre les choses, ne pas mettre « la charrue avant les bœufs » comme on dit. Par ailleurs, il faut beaucoup de rigueur, car ce qu’il ne faut pas oublier de ne pas de coder à toute vitesse sans se poser les bonnes questions au moment où on code. Donc ça demande beaucoup de rigueur pour éviter justement de se retrouver avec ce qu’on appelle de « la dette technique ». Ça veut dire que quand quelqu’un va rajouter des choses, ça va fonctionner de moins en moins bien et en conséquence ce n’est pas la bonne idée. Et enfin, je dirais que la capacité d’adaptation dans le sens où on a les technologies qui évoluent, mais c’est plutôt général à l’informatique. À partir du moment où on fait de l’informatique, ça évolue, on est obligé d’évoluer avec. Quelqu’un qui ne sait pas s’adapter, qui va aller chez un client, qui a une infrastructure, qui n’évolue pas beaucoup et puis il va rester là. Ce n’est pas ma philosophie, j’estime que l’adaptabilité, c’est quelque chose d’important dans ce métier, surtout dans le digital et dans le cloud.

Majdeline
Attention Fabrice, la question Gagne-Pain, Combien ça gagne un ingénieur cloud DevOps ?

Fabrice
Alors, tout dépend de l’expérience et des compétences, évidemment. Je dirais une fourchette entre 40K€ et 80K€ brut annuel. Je parle sur des salaires en ESN (Entreprise de services du numérique) ou en société de service.

Majdeline
Fabrice. En plus de 26 ans de carrière, quel est le plus grand défi que tu as relevé en arrivant dans ce métier ?

Fabrice
Alors ce défi n’est jamais relevé complètement. C’est un défi quotidien. C’est de suivre la cadence de l’apprentissage et de la certification. Donc quand je dis certification, ce n’est pas obligatoire. Mais quand on est en société de service, si on veut faire valoir ses compétences, il faut les certifier. Voilà, et tout va très vite. Comme je l’évoquais tout à l’heure en informatique. Il faut suivre la cadence.

Majdeline
Que changerais-tu dans ton parcours si jamais tu pouvais revenir en arrière ?

Fabrice
À part acheter du Bitcoin fin 2015… C’était ma super blague. Je pense que je ne changerai pas grand- chose. Ce n’est jamais parfait, mais le but, c’est d’être fier d’arriver à un point. Et je suis fier d’être arrivé où je suis.

Majdeline
Super ! Est-ce que tu as un projet sur lequel tu as le plus aimé travailler ?

Fabrice
Alors c’est une mission que j’ai faite chez Capgemini, pour un client qui a duré un peu plus de trois ans. Et je suis arrivé en support aux machines virtuelles. Et on m’a donné les clés pour développer des outils et aider le support. À faire des opérations un peu redondantes, à automatiser tout ça, et puis générer des rapports d’infrastructure qui était assez énorme et ils avaient besoin de savoir quel était le dimensionnement de tel ou tel point sur l’infrastructure. Et du coup, j’ai été très sollicitée pour développer tout ça et ça a été passionnant, « un bon kif » durant un peu plus de trois ans.

Majdeline
Génial. Quel est pour toi la bonne formation pour faire ce métier ?

Fabrice
Alors, il y a beaucoup de formations disponibles si on cherche un peu DevOps sur YouTube. Il y a des chaînes YouTube que j’apprécie, par exemple Tech World with Nana. C’est très bien fait et très complet. Et puis sur les sites d’apprentissage, il y a un site qui se démarque un peu des autres, ça s’appelle Cloud Guru. L’avantage, c’est qu’il y a des Labs intégrés, donc des Labs en live. Quand on travaille sur un cloud provider, on a besoin d’un tenant (Tenant désigne un nuage privé dans lequel les données du locataire vont être stockées). En gros, c’est une instance avec laquelle on va pouvoir jouer, on va pouvoir créer ce qu’on appelle des playground. Sur Cloud Guru. Où on va pouvoir travailler tel ou tel Lab ou telle infrastructure et sur laquelle on va apprendre beaucoup de choses. Donc il faut beaucoup de pratique et puis beaucoup de théorie, mais surtout beaucoup de pratique pour bien comprendre comment tout s’enchevêtre. Parce que c’est une jungle avec beaucoup d’outils. Et, il faut de la logique, mais pour l’appliquer, il faut comprendre comment tout ça se goupille.

Majdeline
Fabrice, est-ce qu’il y a un mode de vie type pour être ingénieur cloud DevOps ?

Fabrice
Un ingénieur cloud DevOps, c’est un étudiant permanent. On est obligé de se former sur les technologies en permanence, ça va à une vitesse folle et puis encore plus avec l’arrivée de l’IA. Il faut vraiment suivre le rythme. Après, c’est un métier évidemment très sédentaire et avec beaucoup de possibilités de télétravail puisqu’on travaille des providers cloud. Le cloud, c’est quoi ? C’est un datacenter qui est hébergé quelque part et qu’on peut attaquer à distance depuis n’importe où dans le monde. Donc forcément, pour le télétravail, il n’y a pas de soucis. Après, les sociétés de manière générale, pour les DevOps, c’est à peu près trois jours de télétravail par semaine. Il faut quand même voir des gens un minimum. Il ne faut pas s’isoler. C’est sédentaire, mais pas isolé. Et il y a quelques « cérémonies » (événement inhérent au processus Agile pendant lequel votre équipe se retrouve pour discuter des actions à venir). Alors quand on travaille en mode agile, c’est un mode de gestion de projet particulier. Il y a quelques « cérémonies » donc en général en présentiel. Après, on reste très autonome sur notre mission et puis on rend des comptes avec des réunions quotidiennes auprès des équipes et on s’entraide entre nous. On n’est jamais complètement seul, mais il faut quand même être très autonome sur notre travail.

Majdeline
Tu nous parlais de l’IA. Est-ce que tu penses que l’IA va avoir un impact dans ton métier ?

Fabrice
Oui, sur la façon de travailler. On se sert régulièrement de l’IA pour trouver des bases de code. Après, on part de ces bases pour les modifier, les utiliser pour gagner un peu de temps. Mais c’est loin d’être parfait pour le moment. Ça évoluera sans doute et ça nous demandera de moins en moins d’énergie pour mettre en place des solutions. Mais il ne faut pas oublier que c’est un métier proche des clients. Au départ, ce sont des besoins client, donc l’humain reste indispensable dans ce métier.

Majdeline
Est-ce qu’il y a une différence entre le métier que tu fais aujourd’hui et celui que tu imaginais avant de le faire ?

Fabrice
Pour reprendre au début, j’ai longtemps hésité entre faire de l’administration serveur, c’est la personne qui va faire de l’installation et de la configuration de serveur ou faire du développement. Du coup, j’ai fait le choix de faire de l’administration plus par opportunité, mais aussi en me disant que le développement ça avait l’air d’être un peu routinier. Qu’on allait faire un peu tout le temps la même chose et qu’au bout d’un moment, on s’ennuie. En fait non. Le DevOps, c’est une espèce de liant entre l’administration et le développement et on ne s’ennuie pas du tout. Et puis comme je disais, ça évolue tellement vite qu’on est tout le temps à apprendre quelque chose. Donc voilà, c’est un métier de défi et d’évolution perpétuelle.

Majdeline
Est-ce que tu aurais des films, des séries, des livres, podcasts en rapport avec ton métier à nous conseiller ?

Fabrice
Alors c’est un métier qui est assez récent quand on le compare avec plein de métiers. Donc il n’y a pas vraiment de beaucoup de contenus dessus. Après, quand on parle de série avec l’informatique. Ça me fait tout de suite penser à Monsieur Robot, mais c’est plutôt tourné vers le monde des hackers. Même si dans notre métier, on est obligé d’être très vigilant côté sécurité. C’est un aspect à ne pas mettre de côté. Après, on pourrait développer un concept de téléréalité qui s’appellerait « DevOps Story ». Je ne sais pas, si ça serait une bonne idée, mais dans tous les cas, le DevOps c’est il y a beaucoup de choses visuelles. La programmation, c’est pour moi, c’est visuel. Donc YouTube, tout ça, ce sont de très bons formats pour pouvoir apprendre toutes les technologies.

Majdeline
Ok pour un auditeur qui serait potentiellement intéressé par ton métier, est-ce que tu aurais un dernier conseil à lui donner ?

Fabrice
Alors dernier conseil important et c’est plutôt une philosophie : « ne restez jamais sur vos acquis ni dans votre zone de confort, ça vous tirera vers le haut tout au long de votre carrière ».

Majdeline
Merci Fabrice.

L’épisode 71 du Gagne-Pain, métier « Ingénieur Cloud DevOps », est également disponible sur :

le podcast le gagne-pain sur Deezer

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